Speaker #0Bonjour mes belles bébites, ici Isabelle et bienvenue dans Ville de TDAH. On a vu la semaine passée l'importance de respecter notre nature profonde en tant que TDAH, en bâtissant notre propre charte de valeurs. Aujourd'hui, on s'attaque à un autre sujet super intéressant, la distinction. entre les différents termes qu'on voit souvent passer quand on parle de TDAH. H parle du HPI, TSA, HPE, hypersensible. On va commencer par définir ce qu'est le TDAH. J'aime bien la définition du Dr. Roussel Barclay, qui est l'un des plus grands spécialistes mondiaux du TDAH. Pour lui, le TDAH, c'est une difficulté de régulation de nos fonctions. exécutives. Autrement dit, c'est pas que le TDAH ne sait pas quoi faire, c'est qu'il n'arrive pas à faire ce qu'il sait. En effet, le TDAH est un parcours neurodéveloppemental qui touche principalement les fonctions exécutives qui sont, elles, si vous vous souvenez bien, situées dans votre cortex préfrontal au niveau de votre front. C'est celui-là qui est le chef d'orchestre du cerveau et il s'occupe De votre mémoire de travail à retenir l'info, le temps de l'utiliser, de l'organisation, de la planification et même la gestion des émotions. On divise le TDAH généralement en trois grandes formes de manifestation. Donc la première forme, c'est l'inattention. Dans le temps, on appelait ça les TDAH, sans hyperactivité. Puis en fait, l'inattention, c'est pas que tu as une absence d'attention. C'est juste que tu as de la difficulté à la diriger au bon endroit. Donc, la personne va papillonner, va oublier ses clés, va commencer plusieurs tâches, puis va avoir des difficultés à se concentrer sur une tâche à la fois. La deuxième manifestation, c'est l'hyperactivité, qui est plus le TDAH, avec le H. L'hyperactivité, ça peut être motrice, ne pas tenir en place, être comme une petite abeille tout le temps en train de faire quelque chose. et ou interne, le petit vélo qui pédale sans arrêt dans la tête. Puis, quand on a juste l'inattention, on peut aussi avoir le petit vélo qui pédale sans arrêt dans la tête. Donc, on peut combiner l'hyperactivité avec l'inattention. Et le troisième, c'est l'impulsivité qui va souvent avec l'hyperactivité. L'impulsivité, c'est agir ou parler avant d'avoir réfléchi aux conséquences. Donc, comme je disais, c'est caractéristique. caractéristiques peuvent s'additionner ou non. Par exemple, tu peux être plus dans le profil inattentif et avoir peu d'impulsivité. Ou tu peux vivre les trois. Et au-delà du diagnostic, avoir un TDAH, c'est aussi posséder un cerveau capable d'hyperfocus. Avoir une capacité de concentration intense sur un sujet qui te passionne. Puis même souvent, au point d'oublier de manger et de repousser le moment d'aller à la salle de bain. On peut aussi posséder un cerveau capable d'une créativité hors normes, à faire des liens que personne d'autre ne voit, avoir des horicots, trouver des solutions innovantes, avoir beaucoup d'idées. On est aussi capable de résilience et d'une grande capacité d'adaptation. À force de vivre dans le chaos, c'est sûr qu'on devient des champions du système D. En résumé, Le TDAH, c'est avoir un moteur de Ferrari avec un conducteur de mobilite. Le but, c'est pas de changer de voiture ou de conducteur, mais c'est d'apprendre à conduire ta Ferrari. Maintenant, voyons le HPI. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? HPI, c'est l'acronyme pour dire haut potentiel intellectuel. Bon, c'est quoi ça, le haut potentiel intellectuel ? On peut penser tout de suite que c'est être un super génie bolé en maths. Eh bien non. En fait, c'est une caractéristique. C'est pas comme le TDAH ou l'autisme qui est un diagnostic. Le HPI est une caractéristique, comme la couleur des yeux ou ta taille, mais elle a trait à notre manière de penser et de percevoir. Pour savoir si on est HPI, on fait des tests psychométriques qui comparent ton fonctionnement à celui de la moyenne des gens de ton âge. On peut être HPI et TDAH en même temps. On appelle ça... La double exceptionnalité. On peut comparer le HPI à un ordinateur ultra rapide qui traite les données avec une intensité et une complexité supérieures à la moyenne. À la moyenne, ça veut dire à la moyenne des autres cerveaux. Ça ne veut pas dire qu'on est plus intelligent, mais qu'on fonctionne avec une architecture cognitive différente. Je ne sais pas si tu as déjà entendu ça, mais on parle souvent de passant en arborescence. C'est comme avoir plusieurs onglets d'ouvert en même temps sur ton ordinateur ou sur ton cellulaire et qui sont en traitement continuel, comme en arrière-plan. Ça veut dire aussi qu'on a une rapidité de traitement de l'information et une curiosité. insatiable qui peut parfois mener à l'épuisement. Bref, une idée en entraîne dix autres et ça finit jamais. Le côté HPI a une soif d'apprendre et de comprendre le pourquoi des choses. Ça veut dire ça que sans logique ou utilité ou si ça n'a pas de sens, le HPI décroche. Donc, tu auras compris que le cerveau HPI a une capacité d'apprentissage et d'adaptation souvent plus élevée. Mais à condition que son environnement soit stimulant. Et avoir un haut potentiel intellectuel, ça ne veut pas dire qu'on n'aura pas de troubles d'apprentissage. Genre les troubles qui finissent en « i » , comme la dyslexie, la dyspraxie. Et dans le HPE, on peut retrouver aussi une caractéristique singulière. On la nomme l'hypersensibilité ou le haut potentiel émotionnel, le HPE. C'est un terme qui a été popularisé par Hélène... Aaron, qui est une psychologue et chercheuse, et ça, il y a plusieurs années. Pour elle, le HPE est un traitement de l'information émotionnelle beaucoup plus profond que la moyenne. Et attention, être au potentiel n'est pas un super pouvoir gratuit. Ça peut être très fatiguant à vivre, parce qu'on peut vivre, par exemple, de l'ennui. On peut vite s'ennuyer, comme nous. mettons, en présence de gens ou dans certaines situations, ou encore quand on était plus jeune à l'école, on peut vite s'ennuyer parce que la matière ne nous stimule pas. Ou même encore dans nos emplois aujourd'hui, quand ça ne nous stimule pas ou ça ne nous stimule plus, bien, on peut vite s'ennuyer et finalement avoir envie de changer. On peut aussi ressentir un décalage social, se sentir comme un extraterrestre parce qu'on ne partage pas nécessairement les mêmes centres d'intérêt. Dans le HPI, bien des fois, les centres d'intérêt vont être variés et parfois poussés. On va avoir des conversations un petit peu plus poussées. Et aussi parce qu'on n'a pas nécessairement les mêmes idées que les autres ou on n'a pas la même vitesse de réflexion que les autres. Donc ça, ça peut nous faire ressentir un décalage social. Puis certains peuvent ressentir le syndrome de l'imposteur. Tu sais, comme le haut potentiel, c'est ça. souvent décalé par rapport aux autres, il peut avoir tendance à taire sa forme d'intelligence pour la cacher, pour être comme les autres, pour faire partie du groupe. Et finalement, quand on a un haut potentiel, on peut avoir plus de sensibilité ou stimuler de l'environnement. Les sons, les bruits, les odeurs, la lumière, les textures, les comportements et émotions des autres peuvent être agressants. Et comment le TDAH et le HPI s'influencent ? Le HPI peut masquer le TDAH. Plusieurs TDAH réussissent bien malgré leurs difficultés liées au TDAH. Ça pourrait s'expliquer par le fait que la forme d'intelligence du haut potentiel, de cette caractéristique-là, permet de compenser les oublis et l'inattention. Par contre, la personne réussit ses examens Merci. ou son travail, mais au prix d'un effort épuisant. Ensuite, le TDAH peut, à son tour, masquer le HPI. Parce que l'agitation du système nerveux et les difficultés au niveau des fonctions exécutives peuvent empêcher le TDAH-HPI de briller lors des tests de QI. Donc, ces capacités restent invisibles à détecter. C'est pour ça que plusieurs ne reconnaissent pas leur intelligence singulière et restent avec l'impression d'avoir un défaut de fabrication. Pour résumer, le TDA. TDAH à haut potentiel, c'est comme avoir un ordinateur ultra puissant, mais qui peut être assez épuisant si on le canalise mal ou qu'on n'apprend pas à vivre avec. Le TDAH haut potentiel peut être un génie dans sa zone, mais incapable de rendre un dossier à l'heure. Maintenant, abordons le TSA qui est le trouble du spectre de l'autisme. L'autisme, c'est aussi considéré comme un parcours neurodéveloppemental atypique, comme le TDAH. Donc, on peut le diagnostiquer. Et tout comme le TDAH, le cerveau de l'autisme est câblé différemment de la norme. Tous les deux ont une manière de percevoir le monde et de communiquer qui est différente. Toutefois, contrairement au TDAH qui touche l'exécution, l'autisme impacte principalement les interactions sociales, la Merci. perception sensorielle et a un besoin de prévisibilité. Et je dois te dire qu'il est très fréquent que l'autisme et le TDAH cohabitent dans une même personne. On estime qu'il y a jusqu'à 50% des autistes qui ont aussi un TDAH et vice versa. C'est ce qu'on appelle en anglais le O-D-H-D qui est autisme et ADHD qui est le terme, l'acronyme pour pour TDAH en anglais. Et si le pourcentage est si élevé, c'est parce que ces deux conditions partagent des racines génétiques et neurologiques communes. C'est un trouble qui se ressemble. Ça vient de l'hérédité, c'est héréditaire. Donc, souvent, dans une même famille, on va trouver des membres TDAH et autisme. Il y a aussi, au niveau des fonctions exécutives, les deux profils ont des difficultés avec... la planification, l'organisation et la régulation des émotions. Et au niveau du traitement sensoriel, les deux types de cerveau ont souvent du mal à filtrer les stimuli. C'est un mélange qui ressemble à, il y a le petit côté TDAH, qui a soif souvent de nouveautés, d'imprévus, de chaos, et le côté autiste qui a besoin de calme, de routine et de contrôle. Donc, ça peut faire un drôle de mélange. C'est comme un mélange qui est, tu sais, vivre dans une contradiction permanente. Ça rend quand même ce profil-là assez particulier parce que, par exemple, au niveau des besoins, les deux côtés n'auront pas les mêmes besoins. Tu sais, comme je disais, besoin plus de prévisibilité au niveau de l'autisme, besoin de routine. Il y a besoin de se sentir en sécurité. Mais de l'autre côté, le TDAH va constamment chercher l'excitation, la nouveauté. Puis au niveau de la vie sociale, Tu sais, tu peux être très sociable et bavard, mais pas savoir quand t'arrêter ou encore mal interpréter les signes sociaux. Si tu parles sans arrêt à une personne, puis à un moment donné, c'est comme tu la laisses jamais parler, mais tu te rends pas compte que tu prends toute la place. Et tes interactions sociales peuvent aussi t'amener à un épuisement social intense, la fameuse batterie sociale à plat. Ça veut pas dire que si t'as une batterie sociale à plat, que t'es nécessairement autiste. C'est peut-être parce que... Tu as de la difficulté à t'affirmer, puis tu en prends beaucoup sur tes épaules. Et finalement, il y a le masquage. Les personnes au DHD, autiste TDAH, sont souvent des experts, des expertes, pour cacher leurs difficultés en utilisant leur intelligence pour imiter les comportements normaux. Et ça aussi, c'est extrêmement fatigant à faire comme tout le monde, parce que... Notre nature n'est pas nécessairement comme tout le monde, ça peut être aussi une raison pour laquelle la batterie sociale se vide rapidement. L'autisme et le haut potentiel intellectuel ou émotionnel peuvent aussi cohabiter. Et ça peut rendre le diagnostic très complexe, parce qu'ils ont des points communs trompeurs. Les deux profils partagent souvent une hypersensibilité, émotionnelle ou sensorielle. Aussi, une grande curiosité intellectuelle est le décalage ressenti avec le reste de la société. Il y a aussi des mécanismes de compensation qui peuvent rendre le diagnostic difficile à faire. L'intelligence singulière du HPI permet parfois de compenser ou de masquer les difficultés sociales liées à l'autisme. Ce qui différencie fondamentalement les deux, c'est que l'autisme implique des particularités dans la communication et les interactions sociales, et aussi le besoin strict de routine et de prévisibilité. Et attention Il s'agit d'une description très sommaire. Ça ne veut pas dire que si tu as une caractéristique dans les profils que tu es nécessairement autiste ou au potentiel. C'est vraiment juste à titre informatif et te donner des exemples de types de comportements qui pourraient te mettre la puce à l'oreille. Si tu veux en savoir plus, plus, c'est nécessaire de passer par des spécialistes afin que tu aies le bon diagnostic. Tu peux aussi faire des tests en ligne qui sont quand même offerts par des organismes sérieux, dont Asperger Québec, pour un mini-test sur l'autisme, et sur le site du CADRAC. qui est le Centre de sensibilisation au TDAH du Canada, t'as aussi des mini-tests pour le TDAH. Le but de cet épisode, c'est pas de te coller une étiquette. Loin de là. On cherche pas à rentrer absolument dans des cases. Moi, je te conseille d'utiliser ces mots et ces concepts comme des clés de connaissances pour mieux te comprendre, te pardonner et enfin apprendre à piloter Merci. ton cerveau. Et c'est pour ça que l'approche de TDAH en cavale est si importante. Elle permet de déculpabiliser ceux qui ont l'impression d'être trop compliqués pour les conseils classiques. Si jamais tu es un TDAH curieux et tu veux vraiment en savoir plus, je te conseille de te procurer le livre TDAH 360, Comprendre et optimiser sa neurodivergence Merci. qui est disponible sur le site tdhencaval.com. Comme promis, je te laisse avec un truc. À travers ces acronymes dans lesquels plusieurs se reconnaissent, tu dois absolument t'honorer. Tu dois honorer ta singularité. Et ça, ça veut dire que tu dois commencer à prendre des pauses avec toi-même. Que tu sois dans des lieux publics avec... ta famille en couple. N'hésite pas pour te retirer quand tu en as besoin. Comme par exemple, tu peux aller à la salle de bain. Passer un petit 5 minutes, un petit 5-10 minutes dans la salle de bain. Aller prendre une marche, si jamais un mané tu deviens trop envahi. Aller faire un tour, écouter de la musique ou un livre audio avec tes écouteurs. Mais le but, c'est de te retirer et d'être toi-même, avec toi-même dans des choses Merci. dans lesquelles tu es bien. Puis ça, cette petite action-là va faire son bout de chemin dans ton cerveau. Tu vas commencer à lui dire et à lui prouver que tu as le droit à ça. Tu vas commencer ainsi à nouer une relation avec toi-même et ça, c'est très important. Dans le prochain épisode, on parlera de la neurobiologie du TDAH et comment celle-ci peut. influencer notre motivation, notre énergie, mais aussi nos émotions. En attendant, je t'invite à liker et partager cet épisode si tu sois aimé. Si t'es pas encore abonné, abonne-toi au podcast Vie de TDAH pour ne rien manquer. Et n'hésite pas à suivre TDAH en cavale sur les réseaux sociaux. À bientôt mes belles bébites