- Speaker #0
Dans le cadre de la Biennale des villes en transition de 2025, la ville de Grenoble présente une série de podcasts. Vous écoutez l'épisode « Risques et résilience » dans un monde confronté à des bouleversements climatiques, sanitaires ou technologiques, comment les territoires se préparent, s'adaptent et inventent des réponses collectives, à travers conférences, témoignages et initiatives locales, plongées au cœur de ces enjeux cruciaux. Pour ouvrir cette réflexion, Éric Piolle, maire de Grenoble, présente la conférence du prix Nobel de la paix à l'ère nucléaire.
- Speaker #1
Bienvenue dans ce palais des sports qui est pour cette semaine le creuset, le terreau de la biennale des villes en transition avec un grand nombre de conférences, de formations, d'ateliers, de concerts, de spectacles, d'expositions également. Un programme extrêmement riche avec des délégations qui viennent de partout en France et qui viennent de partout dans le monde avec une vingtaine de pays différents. Et ce soir, un moment je crois très fort de notre biennale des villes en transition avec deux conférences d'exception qui vont s'enchaîner, dont cette première avec M. Satoshi Tanaka, un survivant d'Hiroshima. Il a consacré une large partie de sa vie à partager la condition des survivants d'Hiroshima et également à promouvoir la paix. J'ai eu l'occasion d'aller à Hiroshima, d'être reçu par Hidankyo, l'association des Ibakusha, les survivants de la bombe. Cette association Hidankyo a eu le prix Nobel de la paix. paix en 2024. Nous sommes ravis, honorés, émus aussi de recevoir monsieur Tanaka. Nous lui avons remis la médaille d'or de la ville de Grenoble dimanche. Un moment là aussi d'émotion extrêmement forte, plein d'émotion mais aussi plein d'un message pour les générations qui suivent. Cela qui marque et donc vraiment un immense merci d'être parmi nous ce soir.
- Speaker #0
Respiration artistique et engagée. La plastique aux fanfares de la compagnie Barbarin Fourchu transforme le recyclage en musique festive. Une fanfare pas comme les autres, construite à partir d'objets détournés. Prévenir les crises, c'est d'abord les comprendre. Le forum du rapport annuel sur les risques et la résilience réunit élus, techniciennes et techniciens, pour faire le point sur les vulnérabilités de l'ère grenobloise et imaginer ensemble les réponses à venir.
- Speaker #2
Le process d'animation, c'est plutôt dire qu'il y a un temps de réflexion individuelle où chaque personne note des idées sur les post-it. On essaie de faire une idée par post-it, pour qu'après, comme on est nombreux, on pourra peut-être adapter avec les témoignages.
- Speaker #3
Et là,
- Speaker #1
vous voulez nous emmener vers quoi ? Là,
- Speaker #2
on a un peu connaissant. L'idée, c'est plutôt d'aller explorer les conséquences que ça peut avoir sur notre territoire, sur l'air grenoblois. On est toujours en 2030. On est dans une blackout. Vous avez vu qu'il y a tout ce contexte-là. On est intéressé par la rurale. Plutôt rurale, voilà. C'est une conséquence du vote courant. Mais aussi en interaction avec tout ce qui s'est passé en amont. On a un système de soins fragilisé. On a des caisses publiques qui sont largement vides. On a des populations un peu exaspérées par toutes les baisses de moyens, les plus courts d'événements et tout ça. On a des extrêmes météos. On est déjà fragilisé, en fait. c'est pas juste exactement c'est exactement ça et ça peut être des conséquences du blackout mais aussi de la crise un peu structurelle vous voyez avec les sécheresses à répétition les extrêmes de température la santé qui déconne etc. et plein d'autres choses aussi à imaginer et l'idée derrière c'est qu'on va essayer de vous amener à tirer un peu le fil des effets dominants sur tout ça Vous êtes en plusieurs tours de parole à chaque fois.
- Speaker #0
Informer sans effrayer, c'est aussi un art. Le comédien Pascal Servais nous guide avec humour et... La pédagogie à travers les risques majeurs qui nous entourent et les gestes simples qui peuvent sauver des vies.
- Speaker #3
Je vous ai amené un tremblement de terre de poche. Regardez bien, attention. Ouais, regardez, il est là. Il est là, regardez. Il va bien voir. On dit que ça, c'est les bâtiments de Grenoble. Je lui fais une petite secousse. Comme ça. Qu'est-ce qui bouge en premier ? Il y en a un qui bouge plus que les autres. C'est le rouge. D'accord ? Ce rouge, ça veut représenter les cheminées à Grenoble, comme celles qu'on a sur les immeubles là. Et donc en fait... Si un jour il y avait un séisme, un tremblement de terre de poche, ce n'est pas très réaliste, voilà quoi. Si un jour il y avait un tremblement de terre, qu'est-ce qui tombe en premier ? Les cheminées. Et globalement, on peut considérer que c'est le risque maximum qu'on a à Grenoble. C'est-à-dire qu'il va faire tomber les cheminées les plus fragiles, les balcons les plus fragiles, les murs les plus fragiles. On n'est pas au Népal, ça ne va pas tous s'écouler. Mais on peut quand même avoir une bonne secousse. Ça, c'est un séisme en 2019 en Ardèche, au Thaïs. Et on voit à peu près les dégâts qui se sont faits. On est sur un séisme tel qu'on peut l'attendre au maximum à Grenoble. Parce que si on ne peut pas prévoir quand ça va bouger, ça, c'est absolument imprévisible. On sait à peu près quelle est la nature des sols et que ça va donner ce genre de séisme-là. Pas plus. Je vous disais, il ne faut pas être dehors quand ça tombe là. Tu disais tout à l'heure, le risque. C'est Vézo. C'est Vézo, c'est quoi ? L'industrie chimique, ça explose. On se fait péter une usine, ça vous va ? Regardez bien. Attention, on va se mettre là. Ça, c'est une usine verte connue. On va mettre un pétard dedans. Attention. T'as vu ? Juste un tout petit pétard. Ce que ça fait. Et après, t'as la fumée qui sort, qui va aller dans la ville. Regardez bien. C'est joli, non ? Voilà. Mais c'est toxique ! Comment on se protège ? Ça arrive où ? On ferme les fenêtres. On ferme les fenêtres. On s'enferme chez soi, on ferme les fenêtres. Si on peut, on calefeutre, on se confine un peu et on attend le signal qui nous dit c'est bon, vous pouvez sortir. D'accord ? Les enfants, ils sont à l'école, ils sont pris en charge, etc. On ne va pas les chercher. S'ils sont au parc, là, tu vas les chercher, tu les mets à l'abri. Voilà. En gros, c'est ça. Mais l'idée, c'est qu'on se confine. Risque d'inondation, on fait comment ? Tu as l'eau qui monte. on monte dans les étages voilà et pareil On attend. La mauvaise idée à faire en cas d'inondation, c'est quoi ? D'aller chercher sa voiture. Oui, de faire de la voiture. Pour une raison ou pour une autre. Pourquoi ? Parce qu'une voiture, ça flotte. Oui, parce que c'est une caisse relativement étanche montée sur quatre pneus pleins d'air, donc quatre bouées. Donc, tu as un bateau sur quatre bouées. Donc, ça flotte et tu n'as plus aucun contrôle. Féisme, la terre tremble, comme on a vu ici. Il y a un petit truc comme ça. Juste une fois, qu'est-ce que vous faites ? la majorité des gens va pas considérer ça comme un signal. Tu fais, oh, la Terre a tremblé, tu es en train de faire la cuisine, qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
Tu fais,
- Speaker #3
oh, c'est bizarre. Et puis tu refais la cuisine. Voilà. Alors qu'en fait, c'est juste une première secousse. Et qu'on ne sait jamais, évidemment, on ne sait jamais s'il va y avoir une réplique, s'il y aura une réplique identique, plus faible, plus forte, combien il y en aura, combien de temps ça va durer. Juste qu'on sait que la Terre, elle a bougé. Donc ça devrait être un signal pour se mettre en sécurité. Et c'est là que, comment on se met en sécurité ? Don, il est en catamaran. Ou sous les tables. Enfin, une table solide, pas une table de pique-nique. Et l'idée, ce n'est pas de rester sous la table. L'idée, c'est de quitter le bâtiment le plus vite possible. Dernière chose, à partir du moment où on se met en confinement, parce que ça a explosé, parce qu'il y a une mondation, à partir du moment où on a quitté le bâtiment, vous ne savez pas pour combien de temps vous allez vous mettre en sécurité, en gros. Donc, il faudrait avoir un sac. Avec tout ça dedans, il faudrait avoir de l'eau pour 3 jours par personne, 6 litres, 3 jours. La recommandation des sites du gouvernement, c'est quand tu te mets en sécurité, mets-toi en sécurité pour 3 jours. 3 jours de nourriture, si vous avez des médicaments, il faudrait les avoir tout près, une petite trousse de secours, ça bat de soi, les doubles de lunettes, couverture de service, c'est pas plus mal. Les papiers d'identité, là j'en ai fait une photocopie. L'harmonica, c'est juste pour vous dire qu'en fait, comme on part pour 3 jours, C'est bien d'avoir des moyens de se distraire. Alors, ça peut être un livre. Un piano, c'est plus encombrant dans un sac à dos. C'est plus compliqué. Tu vois, les trucs de base, un cinto, le doudou des enfants, des vêtements de rechange. Voilà. Et pour rester informé, le mieux, c'est d'avoir une petite radio. À pile. Et là, celle-là, elle a un avantage en plus. C'est qu'elle est à manivelle. Donc, si tu tournes la manivelle... Oula ! bon bref ça marche mais il faut que je regarde comment j'avais laissé marcher voilà je crois que vous savez tout merci voilà c'est fini
- Speaker #0
A Fukushima, la reconstruction du territoire soulève de nombreuses questions. Quelle résilience face à une catastrophe nucléaire ? Quel choix ? Quelles conséquences ? Un regard essentiel sur une transition aussi profonde que complexe. Une conférence de Cécile Hassanuma-Brice.
- Speaker #4
Alors la décontamination, qu'est-ce que c'est ? Eh bien la décontamination, ça consiste principalement à enlever les 5 premiers centimètres superficiels de terre et c'est là où la plus grande densité des nucléides se trouve. Donc ça fonctionne. On enlève ces nucléides-là et le taux automatiquement baisse. Le problème, c'est que d'une part, On l'a fait uniquement dans les régions habitées et dans les zones agricoles, sur les terrains cultivés, et 20 mètres autour des maisons. Pour ce qui est des maisons, on les a passées au jet d'eau. Le problème de ça, c'est que s'il y a une intention concrète qui est celle de l'ingénieur, l'ingénieur est face à un problème qui est la contamination d'un territoire. La solution qu'il va proposer, c'est la décontamination. Ça paraît évident. et assez positif en fait. Cette intention de l'ingénierie en fait elle est simultanée à une inattention. Les gens que j'ai interviewés qui vivaient dans ces contrées m'ont dit mais enfin tu ne te rends pas compte toute cette terre qu'ils mettent dans des sacs poubelle et qu'ils entreposent comme ça par milliers un petit peu partout autour de chez nous c'est la terre de nos ancêtres c'est la terre de nos esprits. Et ils la jettent comme si c'était un objet sans valeur. On ne vit pas dans un monde rationalisé. Nous sommes des humains, nous avons créé tout un système, qu'il puisse être religieux ou imaginaire, et vivre comme ça avec des décisions qui pourraient être trop... planificatrice ou qui relève uniquement du monde de l'ingénierie, forcément a des conséquences qui peuvent être assez dramatiques. Au delà de ces conséquences, la décontamination a généré plus de 13 millions de mètres cubes de sol contaminé qu'il a fallu entreposer un petit peu partout pour un coût total de 44 milliards d'euros. 44 milliards d'euros, je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que c'est, mais c'est 8% du budget de la France, c'est à peu près le budget du ministère de l'éducation. Par ailleurs, on a un problème avec les forêts, puisqu'on ne sait pas décontaminer les forêts. Ce qui se passe, c'est que les radionucléides sont absorbés par le système racinaire des arbres, que ça monte dans le... tronc, que ça arrive jusqu'à la canopée, à l'automne les feuilles retombent, c'est de nouveau absorbé par le système racinaire, ça remonte dans le tronc, etc. Il y a une espèce de cycle comme ça qui s'est mis en place, qui prend au piège la radioactivité qui reste fixée dans ces forêts. Alors effectivement, les taux globalement ont nettement baissé par rapport à l'accident nucléaire quand ça s'est passé. Et la raison pour laquelle ils ont baissé, c'est que le césium-134, qui a été épanché en grande quantité, a maintenant aujourd'hui quasiment disparu. Et ce que l'on mesure, c'est essentiellement du césium-137. Néanmoins, il y a encore beaucoup de hotspots assez élevés dans ces forêts à Fukushima.
- Speaker #0
Dans le cadre de la Biennale des villes en transition de 2025, la ville de Grenoble présente une série de podcasts. Vous venez d'écouter l'épisode « Risques et résilience » .