- Speaker #0
Pour moi, en fait, une ville apaisée, c'est une ville qui est aussi une ville hospitalière, en fait, qui sait accueillir tout le monde de façon digne. Qu'on ait la capacité, en fait, d'accueillir dignement les personnes et qu'on ait les infrastructures pour.
- Speaker #1
Bienvenue dans la série de podcast Grenoble 2040, chemin futur.
- Speaker #2
J'espère vraiment que la jeunesse sera plus solidaire, parce qu'il n'y a que comme ça que la Terre pourra continuer de tourner.
- Speaker #1
Une création sonore documentaire en six épisodes, imaginée pour la ville de Grenoble par Déborah Ozil.
- Speaker #3
Plus de végétation et plus de calme, parce que la pollution sonore et la pollution d'air, il faut qu'on essaie d'arrêter ça, parce que ça fait du mal pour notre santé.
- Speaker #1
Dans une époque traversée par de multiples bouleversements, Grenoble 2040 est née pour répondre à cette difficulté de penser l'avenir. Car c'est aujourd'hui que nous devons façonner un futur collectif, juste et désirable. Aujourd'hui que nous pouvons encore dessiner l'avenir que nous souhaitons laisser aux générations futures. À celles et ceux qui fêteront leur majorité en 2040 et toutes les suivantes.
- Speaker #4
Bienvenue dans ce cinquième épisode de la série Grenoble 2040, chemin futur. Et si Grenoble prenait soin de nous demain ?
- Speaker #1
Bonjour, je suis Eva. Grenoble est ma ville de cœur. J'y suis née et j'y ai grandi depuis mon premier jour. En 2040, je fêterai mes 18 ans, l'âge de voter. Mais avant ça, j'ai décidé de vous accompagner et de partir. J'ai voulu partir explorer de nouveaux chemins pour transformer le futur de notre ville. Pourquoi ? Parce que j'aime ma ville et que j'ai envie de continuer à pouvoir y grandir et m'y épanouir pleinement. Et parce que les décisions que nous prendrons, les transformations que nous engagerons aujourd'hui, dessineront mon futur et celui de toutes les prochaines générations, tout simplement. Un jour, quelqu'un m'a dit que nous avions la chance de vivre dans une ville aussi marquée par l'engagement et l'entraide. Que cet engagement se ressentait au quotidien et que c'était pour cette raison qu'elle avait voulu venir s'installer à Grenoble. Alors moi personnellement... Je n'ai jamais rien connu d'autre, donc ça me semble assez normal d'avoir une telle émulation associative. Mais ce qui est sûr, c'est que la ville continue d'attirer du monde puisque, depuis les années 80, le nombre d'habitantes et d'habitants aurait à peine bougé. En 2025, on dénombrait pas moins de 156 000 grenobloises et grenoblois et 455 000 pour la métropole grenobloise. Mais ça, ça risque aussi de bouger dans les prochaines années avec les courbes démographiques. Et pourtant, au milieu de cette cité bouillonnante, le sentiment de solitude et d'isolement gagnerait du terrain, comme dans bien d'autres villes françaises d'ailleurs. Un sentiment qui impacterait directement la santé mentale des personnes et qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà de ce qu'on pourrait imaginer, sur la santé physique notamment. Et bien que notre système de sécurité sociale, pilier de la solidarité nationale, nous serait envié dans bien d'autres régions du globe, on assisterait aujourd'hui à une dégradation et à des inégalités territoriales d'accès aux soins sans précédent.
- Speaker #5
La ville, c'est un endroit où on peut se sentir très seul, alors qu'on est très entouré de manière matérielle, mais on se sent très seul parce qu'il y a une digitalisation des relations, parce qu'il y a de la mobilité professionnelle, parce qu'il y a de l'individualisme, et puis parce qu'il y a tellement de monde qu'en fait, on ne fait pas communauté aussi facilement qu'en campagne, où telle ou telle personne va avoir un rôle et sa place plus facilement.
- Speaker #6
Je m'appelle Océane Pereira, je suis psychologue, neuropsychologue et je suis membre de l'association CARES. Les métiers du public et particulièrement les métiers du soin se précarisent énormément et donc on constate quand même une fuite du personnel soignant vers le libéral qui est lui inaccessible pour les populations les plus précaires. Donc l'idée de la caravane, en tout cas de CARES, c'est de re-rendre le soin accessible à tous. Parce qu'il y a des listes d'attente énormes aujourd'hui. Les services en sont à créer des petits services annexes pour faire descendre la liste d'attente tellement il y a deux personnes. Sur mes deux postes, ce que je vois, c'est ça, c'est que les gens sont en manque de lien social. Et pire que ça, c'est qu'ils ne savent pas où aller pour reconstruire du lien. Ils ne savent plus comment faire. Et c'est très... Compligeant en fait de voir ça, après on a de la chance, Grenoble c'est quand même une ville hyper dynamique.
- Speaker #7
Bonjour, je m'appelle Johan, moi je suis responsable du service jeunesse. C'est un constat partagé partout, les jeunes disent aller moins bien et on le constate dans la pratique autour du soin, sur le taux de suicide chez les jeunes, de tentative de suicide chez les jeunes. La santé mentale chez les jeunes s'est beaucoup dégradée depuis le Covid surtout et les différentes crises, on le sait. L'isolement est beaucoup créé par les réseaux sociaux, la pratique numérique, le téléphone, etc. On a beaucoup moins de liens sociaux au quotidien, donc on se retrouve à être isolé, donc à perdre confiance, donc à être en stress dès qu'on doit prendre la parole, discuter, échanger.
- Speaker #1
C'est quand même étrange de se dire que les gens se sentent de plus en plus seuls, y compris en ville, quand on sait qu'il y a pourtant des centaines de personnes autour de nous. Si Johan parlait d'un isolement grandissant des jeunes générations, cette situation serait aussi en augmentation constante chez les familles monoparentales, les personnes précaires ou chez nos aînés. En France, en 2025, près de 750 000 personnes âgées sont considérées comme étant en situation de mort sociale alors qu'elles n'étaient que 300 000 en 2017. Et ce chiffre, qui touche particulièrement les plus modestes, pourrait facilement dépasser le million d'ici 2030. Derrière cette expression se cache un isolement social et une grande solitude, reflétant une absence quasi totale de liens sociaux avec sa famille, ses amis, ses voisins voisines ou encore le tissu associatif. Sortir de l'isolement social serait donc une réelle responsabilité collective et un enjeu de santé publique majeur. Et pour ça, la crise du Covid-19 nous a démontré à quel point nous étions capables de recréer ces liens intergénérationnels, familiaux, amicaux, de voisinage, dont nous avons besoin pour vivre en bonne santé. Pour garder une société solidaire, vivante et inclusive. Mais finalement, au-delà de sa dimension personnelle, cette crise de la santé mentale serait un des résultats du dysfonctionnement de notre société tout entière. Et je me demande ce que ce symptôme d'une société fragmentée raconte de la manière dont nous avons bâti nos villes ces dernières décennies. Nathalie Rubin, ancienne chef de service santé environnementale à la ville de Grenoble.
- Speaker #8
Il y a deux notions qui sont sous-jacentes à l'éco-santé. C'est la définition de l'OMS. La santé est un état de bien-être physique, mental, économique, social. La santé, c'est bien au-delà de la vision traditionnelle que l'on a. C'est un état complet de bien-être. Et c'est parce que la santé mentale a aussi un impact sur la santé physique que tout ça est complètement lié.
- Speaker #2
Je suis Anne-Cécile Fouvet, je travaille à la ville de Grenoble dans un service de santé environnementale au sein de la direction de la santé publique. Le service santé environnementale de la ville a édité un document qui s'appelle une stratégie éco-santé. Cette stratégie éco-santé avait vraiment pour but de balayer les déterminants environnementaux de santé, c'est-à-dire en quoi l'environnement a un impact sur notre santé à travers différentes thématiques, que ce soit la qualité de l'air intérieur-extérieur, la question du bruit dans la ville qui peut avoir un impact très fort sur la santé, la question de la qualité de l'eau, de la qualité des sols, tous ces déterminants de santé qui sont vraiment importants puisqu'en fait c'est un chiffre qui est donné par l'Organisation mondiale de la santé et qui dit que sur les 102 maladies principales qui sont répertoriées, 85 sont liées à des enjeux environnementaux. Les politiques publiques ont des leviers pour améliorer la santé de leur population. Les achats publics sont vraiment très très forts. On achète des bâtiments qu'on construit. Donc quels sont les matériaux qu'on utilise pour construire ces bâtiments, que ce soit en rénovation ou en construction neuve ? On achète des fournitures scolaires, on achète du mobilier. Et du coup, comment est-ce que dans ces achats publics, On intègre la question de la santé de l'utilisateur, de l'usager.
- Speaker #1
Une bonne santé physique ne pourrait aller sans une bonne santé mentale, les deux étant intimement liées. Mais la santé, vous l'avez compris, ne se résumerait pas seulement à nos comportements individuels. Ces derniers ne représenteraient d'ailleurs que 10% de notre santé globale. Parallèlement, 25% de notre santé serait liée aux facteurs environnementaux et 45% à des facteurs sociaux comme l'emploi, l'éducation, l'alimentation ou les relations sociales et familiales. Et face à ça, nous serions bien inégaux. Les 20 autres pourcents dépendraient, quant à eux, du système de soins et du patrimoine génétique. Et c'est bien ce que le concept de santé environnementale nous fait comprendre, cette dernière étant liée à de multiples facteurs, certains sur lesquels nous aurions une prise réelle, d'autres beaucoup moins, voire pas du tout. Les collectivités publiques, quant à elles, auraient un rôle déterminant à jouer dans la protection et l'accompagnement de leur population, via les politiques de santé publique et d'aide sociale locale notamment. Mais tout ça se jouerait aussi dans la manière d'accompagner l'accès aux droits. droits ou d'organiser notre territoire en prenant en compte le bien-être des populations. Pourtant, entre le recul des moyens financiers alloués à la santé publique et à l'augmentation constante des maladies chroniques ou les cas de cancer, est-ce qu'il n'y aurait pas un enjeu à repenser totalement nos modèles et notre culture autour du soin et de l'entraide ? Est-ce qu'on ne gagnerait pas à passer d'une culture de soins curatifs en réaction à une culture préventive ?
- Speaker #5
Sur la santé, 80% des effets sur votre santé à vous, ça va être des sujets qui touchent à la prévention et à la santé publique. De manger des légumes, de ne pas passer trop de temps sur les écrans, d'avoir du lien social, ça c'est 80%. de votre bonne santé. Après, vous soignez quand une grippe passe, c'est 20% du job. Or aujourd'hui, 80% des moyens en santé sont mis sur 20% de ce qui va avoir des conséquences pour vous et on met très peu de moyens sur tout ce qui est prévention santé publique. La santé, c'est comment effectivement la ville est organisée, c'est avoir un logement décent dans lequel il n'y a pas de punaises de lit, il n'y a pas de cafards, où il ne fait pas 40 degrés l'été ou il ne fait pas 10 degrés l'hiver. C'est d'avoir une ville où on a des endroits où on peut se rencontrer.
- Speaker #9
Bonjour, moi je m'appelle Antoine. J'ai soutenu un projet de végétalisation et d'aménagement de la place de la gare dans la boucle du tram. Cette idée m'est venue du fait que je suis médecin à l'hôpital. En tant que praticien de la santé, je pense qu'on ne peut pas réfléchir la santé de l'humain indépendamment de son environnement. La santé, elle dépend de ce qu'on mange, de... de ce qu'on vit, de comment on bouge, mais aussi de ce qu'on respire, de la pollution, du soleil, de la chaleur. À l'avenir, je pense que les métiers de la santé vont évoluer ou ont déjà évolué. On apprend beaucoup à traiter les maladies, mais finalement, on en oublierait presque des fois qu'on peut prévenir beaucoup de choses. Et la nature, là où on vit, ce qu'on mange, tout ça, c'est ce qui nous amène à être malade. et qu'on soit... Un patient déjà malade ou qu'on soit simplement un citoyen encore en bonne santé, on est tous concernés par ces sujets-là. Il y a un axe préventif qui se construit à tous les âges de la vie et dès la naissance, dès les premiers mois. Et je pense que c'est important pour nous et pour nos enfants de leur donner cette chance de bien vivre.
- Speaker #10
Je m'appelle Lucille. Ce qu'on a détaillé avec Élise, on s'est dit que ça pourrait passer par... Peut-être des cours d'empathie. Ça se fait beaucoup dans les pays scandinaves. Je ne dirais pas forcément qu'on apprend aux enfants à être empathique, mais qu'on soutient l'empathie qui est déjà là chez eux, et qu'on la développe, et qu'on l'encourage, et qu'on la valorise. Je pense que ce côté altruiste, s'il arrive un jour, de là on découlera une baisse des inégalités. Parce que quand on est vraiment altruiste, et qu'on est tous bienveillants et bien intentionnés, la bonne intention fait forcément que... On va tendre la main vers son prochain qui est en difficulté sociale, en difficulté médicale. Peu importe le problème, on va tendre la main.
- Speaker #1
En regardant toutes ces questions de plus près, on se rend bien compte que beaucoup de choses pourraient évoluer en misant davantage sur l'anticipation plutôt que sur la réaction. Et c'est pas pour rien qu'on dit qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Mais changer nos imaginaires autour du soin et de l'entraide, c'est aussi mettre des choses en place en dehors du seul cadre de la santé. Et si possible, bien en amont. Dès l'enfance par exemple, en faisant de nos écoles des écoles promotrices de la santé et du bien-être. De promotion des valeurs telles que l'altruisme et l'empathie, notamment quand on sait que le harcèlement entre enfants est un vrai sujet aujourd'hui. De cette manière, on changerait complètement notre rapport au prendre soin, qui ne serait plus une affaire de genre, de classe ou de personnes, mais bien une responsabilité partagée et collective. Et ça, ça aurait des répercussions évidentes sur comment on fait société ensuite, sur le long terme. Comment on habite la ville ensemble ? Comment on la partage ? Comment on promeut davantage la solidarité plutôt que l'individualisme ? Mais ces actes de prévention ne s'arrêtent pas là. S'assurer de la bonne santé physique et mentale du plus grand nombre, c'est aussi intégrer les inégalités. sociale, environnementale et territoriale auxquelles Grenoble fait face. Et nous serions loin d'être égaux face à ça, car les populations les plus vulnérables seraient les plus exposées aux risques environnementaux ayant un effet direct sur leur santé et leurs conditions de vie. Repenser notre culture du soin pour prévenir, ce serait donc créer de nouveaux dispositifs dans les interstices. Redonner le pouvoir et les capacités aux personnes de s'impliquer pour une meilleure santé de soi, de l'autre, de notre environnement et de notre société tout entière. Childeric, président de l'association CARES, porteuse du projet de caravane santé mentale solidaire à Grenoble.
- Speaker #11
On a proposé ce projet-là qui a pour but d'aller justement amener ce petit fourgon qui sera équipé pour aller faire des consultations, de la sensibilisation et de la redirection dans les quartiers les plus éloignés pour pouvoir accueillir les gens, leur offrir un café, un thé et parler de ça. de santé mentale avec les bénévoles et pouvoir, comme ça, créer un peu une dynamique. Les gens se sentent bien, ils peuvent parler. Et on a un peu la volonté, surtout, de faire de la santé mentale quelque chose d'un peu politique, où la paire aidance est centrale, parce qu'on a un peu l'habitude d'imaginer qu'il faudrait beaucoup de psychiatres. La réalité, c'est que si les gens vont de plus en plus mal, c'est pas parce qu'il y a une épidémie de santé mentale. L'épidémie, elle est sociale et elle est politique. L'idée de la paire aidance, c'est qu'une personne qui a déjà vécu la situation puisse en accompagner d'autres. L'objectif qu'on imagine aussi à long terme, c'est simplement de pouvoir développer un peu ce profil d'intervention avec quelque chose qui est beaucoup moins basé sur du soin médical institutionnalisé, mais beaucoup plus sur quelque chose de l'aller vert.
- Speaker #7
La chaufferie au départ c'était un centre à dos, donc plutôt pour les 11-17 ans sur une entrée centre de loisirs. 2020, il y a eu une remontée des acteurs du territoire et la chaufferie s'est concentrée sur de l'accès au droit, de l'accompagnement individuel. d'accompagnement collectif pour les 16-25 ans. La grosse difficulté pour nous aujourd'hui, c'est de réussir à mettre en lien les pros qui travaillent cette question de bien-être et de santé mentale, mais par la porte du bien-être vraiment et pas toujours par le soin, et les jeunes sur le territoire qui ne vont pas bien. C'est une question qui reste taboue. L'évoquer et en parler avec ses copains, c'est une forme de faiblesse. Du coup, l'enjeu qu'on a aujourd'hui, c'est de réussir à créer ces discussions entre pairs, faire en sorte que les pros créer les espaces de confiance pour qu'entre pairs, ils arrivent à aborder ces sujets-là et qu'on puisse petit à petit aller jusqu'à du soin si nécessaire ou au moins trouver des pratiques qui permettent d'aller mieux. L'objectif pour nous et l'idéal, ça serait de réussir à former certains jeunes, avoir des ambassadeurs qui seraient capables d'en parler entre pairs à d'autres jeunes et pouvoir libérer la parole autour de ces sujets-là.
- Speaker #12
Bonjour, moi je suis Anouk Hermelin, je suis médecin généraliste au sein du soin de santé des géants à Grenoble. Tout ce qui est autour des espaces collectifs, de la mise en commun. On parle beaucoup de l'isolement, de l'isolement social. On peut être dans un même bâtiment et ne pas se croiser ou très peu. Et je pense qu'avoir des lieux phares comme ça, qui soient polyvalents, de rencontres, etc. C'est quelque chose de super concret, qui est déjà en train de se mettre en place et qui donne de l'empouvoirment aux usagers et aux personnes qui le gèrent. Et ça, c'est un truc. D'ailleurs, quand je parle d'empouvoirment, c'est un truc qui me semble primordial.
- Speaker #1
L'empouvoirment, c'est aussi l'autonomisation. Donner une réelle capacité aux personnes. de pouvoir agir. Et pour moi, c'est un vrai chamboulement dans notre manière de voir et de pratiquer le soin et l'entraide au quotidien dans une ville comme Grenoble. C'est miser sur la montée en compétence des personnes et des collectifs accompagnés. C'est les impliquer dans les décisions qui les concernent. C'est donner les moyens aux personnes de comprendre plutôt que d'infantiliser. Parallèlement, la dégradation de l'accès aux soins observés en France est aujourd'hui sans appel. Et c'est une problématique majeure de notre justice sociale nationale. Et Grenoble n'est d'ailleurs pas en reste sur ce point-là. Si nous avons la chance de pouvoir compter sur le douzième plus grand CHU français, nous faisons face à un système de soins local en crise. Du système hospitalier aux praticiens et praticiennes de santé plus largement. En 2026, 3 Français sur 4 ont déjà renoncé à un soin sur les 5 dernières années, soit 3 fois plus qu'en 2019. Et 40% des Françaises et Français qui renoncent à des soins le feraient pour des raisons financières. Et chez les jeunes de moins de 35 ans, ce renoncement atteindrait même 85%. Et c'est là que les dispositifs faisant appel à la pérédance, à l'allée verte et à la médiation prennent tout leur sens. Si de telles implications doivent être encadrées juridiquement et professionnellement, ces dispositifs pourraient être un réel levier pour venir en soutien à nos institutions du soin à bout de souffle. Mais cela permettrait aussi de regagner en démocratie et en éthique dans le parcours du soin, en valorisant le vécu des personnes et en donnant plus de place encore à l'humain et à l'empathie. Et au-delà de tout ça, prendre soin, on l'a vu, se joue aussi par notre expérience quotidienne de la ville. La vraie question serait-elle alors de savoir comment Grenoble pourrait réellement prendre soin de nous demain ?
- Speaker #8
Je crois qu'un des sujets majeurs, c'est comment on fait nos villes de main pour non seulement la santé physique, mais aussi la santé mentale et le bien-être. Un mal-être mental peut être lié à un besoin de nature qui n'est pas respecté. Ça en dit long sur comment on construit nos villes de main. Et l'environnement sonore, sur la santé mentale, il a un rôle très important. Sur la santé physique aussi, cardiovasculaire, sommeil. Donc c'est vraiment important et en jouant sur les formes notamment, en jouant sur les effets masques, sur un certain nombre d'effets, on a des opportunités d'améliorer l'environnement sonore dans la ville.
- Speaker #13
Alors moi je suis Olga Braudakis, donc architecte urbaniste. Je travaille à l'agence notamment sur les problématiques de santé. Donc l'agence d'urbanisme de la région grenobloise, c'est un outil de mutualisation. d'ingénierie urbaine à l'échelle du Sud-Isère. Ce qu'on sait aujourd'hui, en fait, c'est que la santé des personnes, elle est énormément influencée par leurs conditions socio-économiques, mais aussi de leur offrir un cadre de vie où cette interaction sociale est possible, avec des logiques de coopération, des logiques de rencontres, des logiques d'entraide, qui sont possibles si déjà on est capable de sortir de chez soi. Ça peut être un trottoir bien aménagé. et jusqu'à une place, une placette, voire un équipement à service public. Et c'est toute cette chaîne qui va faire que les gens prendront confiance et iront dehors pour faire des activités en interaction avec d'autres.
- Speaker #14
Moi, c'est Lucie. Je travaille dans l'association Madame Rutabaga qui anime le quartier de la Ville-Neuve et du village olympique. On est une association d'éducation populaire. Du coup, trois fois par semaine, on est dans le quartier. où on sort notre carriole et on va à la rencontre des habitants d'eux. Dans le quartier, il y a des grosses problématiques, comme il n'y a plus de lieu de sociabilité, il n'y a plus de commerce de proximité. Mais juste, il y a besoin d'un city, il y a besoin que les enfants s'occupent, il y a besoin que les personnes soient mises en lien, autre que sur du béton. Il y a besoin de places où on s'amuse, où on se rencontre, et ça, aujourd'hui, il n'y a plus du tout.
- Speaker #1
Recréer du lien et de la solidarité au quotidien, y compris entre les générations, reste donc un enjeu majeur aujourd'hui et demain. Pourtant, si on prend l'exemple de la Villeneuve justement, les images d'archives à la création du quartier, il y a 50 ans, montrent qu'il y avait beaucoup plus d'espaces partagés et de rencontres pour créer du lien que ce qu'il y en a aujourd'hui. Mais que s'est-il passé entre-temps ? Pourquoi avons-nous perdu ces espaces de sociabilité qui existaient déjà ? Et au détriment de quoi ? Si on sait que 80% de nos rues sont aujourd'hui destinées à la voiture, au stationnement ou à la circulation, qu'est-ce que ça raconte aujourd'hui de l'évolution de Grenoble ? Et quelle place souhaitons-nous donner demain au croisement, à la rencontre, à l'inclusivité, à la nature qui nous entoure ?
- Speaker #15
Bonjour, je m'appelle Sébastien Rogès, je suis parti d'une association qui s'appelle Andy Mouadou, qui s'occupe du handicap, de l'accessibilité dans la ville, de l'accessibilité... tout court pour l'autonomie des personnes handicapées. Moi, j'attends de la future ville de Grenoble qu'elle soit plus résiliente, qu'elle soit plus ouverte déjà, qu'il y ait des commerces accessibles. La ville du futur, je la verrai plus avec des centres de santé accessibles. Il y aura des médecins qui prendraient le temps pour les personnes portant des handicaps. d'écouter la personne.
- Speaker #12
Comment est-ce qu'on fait pour que les gens puissent bien vieillir dans leur domicile ? Et bien vieillir, ça veut dire à la fois avoir un logement adapté, mais aussi du coup pouvoir continuer à... Avoir accès à ses habitudes de vie, pouvoir garder un état de santé, de bien-être psychique qui soit important, parce que les troubles anxio-dépressifs chez les personnes âgées, c'est extrêmement sous-estimé.
- Speaker #1
La santé globale des grenobloises et grenoblois se jouerait donc aussi dans la planification urbaine et territoriale au service de la prévention. Pour penser la ville de demain comme un environnement... et un urbanisme favorable à la santé. Comme un support du mieux vivre pour toutes et tous, quelles qu'en soient nos différences, notre genre et nos âges. Et ça, ça pourrait passer par plein de choses. En faisant du sport un axe de prévention en santé par exemple. En permettant l'accès à des équipements fonctionnels du quotidien, gratuits et adaptés au plus grand nombre dans l'espace public. En pensant l'inclusivité et la diversité de ces espaces. En repensant le mobilier urbain comme un support utile au bien-être qui servirait de multiples usages, de la détente au sport en passant par la culture. En permettant l'accès de la ville aux personnes valides comme à celles porteuses d'un handicap. ou encore en créant des colloques intergénérationnels pour permettre l'entraide au quotidien et le bien vieillir chez soi. Bref, ce ne sont pas les idées qui manquent et la liste est loin d'être exhaustive. Mais ça ne pourra bien se faire qu'en associant réellement les premières personnes concernées dans la fabrique de la ville. Parce que toutes ces propositions ne sont que de belles paroles tant qu'elles ne sont pas confrontées au quotidien des personnes, à leurs vécus, à leurs besoins réels et à leur évolution nécessaire dans le temps. Alors finalement, si la question n'était pas la qualité de notre système de soins et d'entraide, mais plutôt l'organisation et l'accessibilité qui en découlent.
- Speaker #16
Bonjour, je m'appelle Maceo, je suis correspondant jeunesse. Je pense que ça fait beaucoup de bien d'avoir un lieu très proche de chez soi pour effectuer ces démarches, avoir un accès plutôt à même de la sociabilité de base. Donc là, on a un des outils. outils qui est utilisé ici à la chaufferie qui est un tableau qui répertorie ce qui est possible de faire ou ce qu'on doit faire à partir de 16 ans jusqu'à 25 ans sur différentes thématiques sur lesquelles on accompagne les jeunes, notamment il y a les études, du travail des vacances, de l'engagement bénévolat, etc. du sport, de l'accès à la culture de l'autonomie et de la santé et donc nous on essaie d'adapter notre accompagnement aux jeunes selon où est-ce qu'ils en sont et surtout il y a une question de temporalité
- Speaker #0
Je suis Nadege Briand, je travaille au service vie associative et citoyenne de la ville de Grenoble et je suis en charge de l'équipement maison de la vie associative et citoyenne. En 2025, on sait qu'on a 5000 associations et on a plus de 6000 personnes aujourd'hui sur Grenoble qui travaillent. Pour accompagner les associations, ce n'est pas uniquement des sous, c'est comment on les loge, comment on les forme, comment on leur offre des espaces de stockage, voilà. On a une particularité sur Grenoble, c'est qu'on a un fort tissu associatif qui est sur les questions de droit, défense des droits de l'homme, etc., humanitaire, donc la question migratoire elle est complètement dedans. Ça c'est une particularité de notre territoire. Il y a un très fort engagement autour des questions d'environnement et de cadre de vie. Puisque en fait Grenoble 2040 c'est quand même comment demain on va vivre la ville de façon supportable.
- Speaker #1
Ancien directeur de l'association Pointe d'Eau, agissant pour les personnes en grande précarité.
- Speaker #17
Alors, nous sommes à Pointe d'Eau, un accueil de jour pour personnes en grande précarité, mais aussi un chantier d'insertion, mais aussi un pôle solidarité alimentaire, donc plusieurs actions qui existent depuis 1991. Et avec un élément central autour de tout ça, qui est la question de la participation, et la question de la considération des publics, on a été identifié comme un acteur social. Il n'est pas comme un acteur de la santé, mais à force de travail, on a prouvé que sur notre structure, on accueillait quasiment une quinzaine d'autres structures issues de la santé. On a un rond-point, en tout cas, où on peut accueillir les personnes et les renvoyer vers les structures de la santé, mais il faut qu'elles viennent les chercher ici. On crée un climat de confiance et à partir de là, les personnes vont aller seules à la permanence d'accès aux soins.
- Speaker #11
Donc nous, l'objectif avec cette caravane de santé mentale, c'est aussi tout simplement de faire... de créer des liens entre les gens, que les gens puissent se parler et qu'ils aillent mieux par le lien social. Et pour moi, le meilleur moyen de créer du lien social, c'est de créer des endroits qui sont appropriés pour ça. Alors, en voulant être optimiste, je pense que ce qu'on pourrait imaginer, c'est avoir déjà des dispositifs comme ça qui sont complètement liés aussi aux structures hospitalières existantes, qui nous permettent de faire de la redirection rapide dans les cas d'urgence, que ce soit répandu dans le territoire. éventuellement aller même dans les déserts médicaux.
- Speaker #1
Chers amis, nous arrivons à la fin de ce cinquième voyage sonore Grenoble 2040, chemin futur. Après tout ce que nous nous sommes déjà raconté dans les précédents épisodes, je commence à être persuadée que la santé serait le centre névralgique de comment nous pensons et transformons notre ville demain. Et si elle est en tête de toutes les préoccupations aujourd'hui, nous avons déjà de précieux ingrédients pour amorcer un changement à l'échelle d'une ville comme Grenoble. D'abord parce que nous avons la chance de pouvoir compter sur un réseau associatif, de bénévoles engagés et de structures locales implantées à l'échelle des quartiers. Un maillage déjà établi, qu'il s'agit de renforcer, de financer et de développer encore et toujours. À l'image de la cité Baïa, tout juste sortie de terre en 2025. Un lieu ressource de rencontres, de mélanges et d'accueils, porté par le Centre Communal d'Action Sociale de la Ville et dédié aux aînés et à leurs aidantes et aidants au cœur du quartier Hoche. Mais en 2040, nous devons aller plus loin. Dans notre capacité à faire en commun, en écosystème plutôt qu'en stylo. dans notre capacité à construire collectivement une culture de la prévention et de l'allée verte, avec toutes celles et ceux qui œuvrent pour notre santé, avec les institutions du soin et évidemment avec les premières personnes concernées. Demain, est-ce qu'on pourrait aussi rêver de transformer les maisons des habitantes et habitants des lieux du soin et de l'entraide collective qui encourageraient l'engagement et la citoyenneté active et renforceraient le pouvoir d'agir de chacun chacune ? Et si j'ai bien compris une chose, c'est que la santé ne serait pas tellement une question d'âge, car nous finirions toutes et tous par être vulnérables à un moment ou à un autre de notre vie. Si bien que demain, la question ne serait pas de savoir qui prend soin de qui, mais plutôt comment on réorganise notre société toute entière, notre ville, pour que le prendre soin devienne une responsabilité collective et partagée, au service d'une justice sociale essentielle à notre avenir. Une création sonore originale, réalisée, produite et animée par Déborah Osil pour la ville de Grenoble. Avec Jeanne Ausha au montage-mixage et pour les musiques originales. Vous avez aimé ce contenu ? N'hésitez pas à nous mettre quelques étoiles et à le recommander autour de vous. Et pour suivre l'intégralité de l'actualité de Grenoble 2040, rendez-vous sur le site grenoble.fr dans la rubrique dédiée. Un contenu réalisé 100% sans IA.