- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Pauline Maria, bienvenue dans Virage. Le podcast est sur la vie et ses tournants qui nous font rire, parfois pleurer, mais qui toujours nous inspirent. Je suis ravie de vous accueillir dans cette quatrième saison de Virage qui promet d'être riche d'invités incroyables. Si vous voulez ne rien rater et soutenir ce podcast, je vous invite à vous abonner sur votre plateforme d'écoute. Et pour venir avec moi en coulisses, vous pouvez me suivre sur Instagram, pauline-du-bas-virage et sur TikTok, virage.podcast.
- Speaker #1
Je vous laisse avec l'invité du jour et je vous souhaite une très bonne écoute.
- Speaker #0
Bonjour Pierre !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Ouais, ça va super, je suis très contente qu'on enregistre un épisode ensemble. On va parler de toi aujourd'hui et de ton spectacle que tu joues en ce moment qui s'appelle Life Coach, qui n'est pas un spectacle de développement personnel dans lequel tu donnes des conseils pour reprendre le pouvoir sur la vie, mais un spectacle dans lequel tu explores tout un tas de sujets avec beaucoup d'humour. d'auto-dérision, je pense que c'est vraiment le maître mot de ton spectacle. J'avais envie de t'interroger sur l'inspiration, comment tu vas la chercher, comment tu choisis les sujets que tu as envie d'explorer, et plusieurs sujets en particulier qui m'ont retenu mon attention, dont on va parler progressivement. Mais d'abord, j'avais envie de savoir dans quelle bulle tu te mettais quand tu décidais d'écrire un spectacle, s'il te plaît.
- Speaker #1
Alors les sujets, au tout début, quand tu débutes le stand-up, c'est normal, tu essaies de survivre. Donc tu fais les sujets qui marchent, tu dis ça, ça marche, je vais parler de ça.
- Speaker #0
Et c'est quoi les sujets qui marchent,
- Speaker #1
par exemple ? Vie de couple, vie de couple, des sujets que je fais d'ailleurs même dans mon spectacle et tout. Mais les sujets un peu universels où tu sais que tu ne vas pas avoir de gros soucis et où c'est plus facile d'avoir des rires. Un peu le racisme, les vannes un peu communautaires et tout, ça peut être très bien fait. Mais c'est souvent les premiers trucs dans lesquels tu vas parce que c'est, je pense, les trucs les plus faciles. pour avoir des rires en tout cas, ça veut pas dire que tu peux faire des trucs bosser tout dessus, mais au début c'est ça en tout cas moi que j'ai fait cherchez pas à parler de trucs qui me plaît ou quoi forcément, c'est juste ok il faut faire des blagues, il faut arriver à être drôle pendant 5 minutes sur scène on verra et puis surtout moi c'est un peu à l'instinct quoi, je parle, je me dis si il y a un sujet qui me parle, qui est quelque chose qui m'obsède un peu, qui me fait peur ou qui prend de la place dans ma tête, c'est ça doit le faire aussi à d'autres gens donc j'y vais, tu vois le premier spectacle il a bien marché je parlais un peu dans tous les sens. Et là, sur le deuxième, j'ai dit, je vais parler des trucs qui me travaillent. On verra, on verra si les gens, ils aiment bien. Et j'ai l'impression que ça ne marche pas trop mal.
- Speaker #0
Et par rapport aux choses qui te travaillent un peu, ça part toujours de ça. Par exemple, même un spectacle d'humour, tu aimes bien y mettre un petit peu d'engagement et de sujets relativement importants dans lesquels les gens pourraient se retrouver. Est-ce que tu réfléchis à cette dimension, justement, que sur le moment, tu as l'impression que... Tu passes un super bon moment, tu rigoles et tout, mais en sortant, il y a un petit peu cette deuxième lecture du spectacle.
- Speaker #1
Ouais, ça, c'est un peu le rêve secret de les humoristes. On ne veut pas être que des clowns, mais il ne faut pas s'emballer non plus. Je ne suis pas un philosophe ou un gourou, tu vois. Mais c'est même un peu au niveau du challenge. Moi, je ne pense pas faire de l'humour particulièrement haut de gamme, conscient, intelligent ou quoi. Mais j'aime bien me dire, tiens, je vais faire ce sujet-là avec un peu cet angle-là. Ou, bah ouais, potentiellement, les gens, ils vont rigoler, mais peut-être, ça va leur faire dire après, peut-être, ça, c'était pas si con, ça, machin et tout. Mais comme je peux te faire des blagues, tu vois, j'ai un passage sur les Ausha de personnes âgées. Ouais, c'est juste parce que ça me fait rire. Faire cinq minutes là-dessus, et c'est juste que je trouve ça marrant. Alors, il y a sûrement une dimension sociale et tout derrière, mais c'est même pas volontaire.
- Speaker #0
Bien sûr. Et est-ce que tu dirais que quand tu grandis et que t'évolues, ce que t'écris, ça te suit un peu, tu vois, ça suit un peu le cours de ta vie ? Et forcément, ça grandit avec toi.
- Speaker #1
Ah bah ouais, puis nous, on évolue. Je pense que ce qui est marrant, moi, ça va faire un petit moment que je suis là, mais ça doit être assez intéressant à regarder sur les gens qui sont là depuis très, très longtemps, qui sont là depuis 20 ans et qui ont fait plusieurs spectacles. C'est regarder comment nous, on a évolué, comment peut-être des trucs qu'on pouvait dire sur scène il y a 10 ans ou pour les plus anciens, 20 ans, 30 ans, et se dire putain, comment aujourd'hui, je regrette, mais genre, je pourrais plus du tout dire ça, je pourrais plus tenir ces propos-là. Moi, je trouve ça intéressant de voir comment t'évolues. Moi, quand j'ai commencé, on était encore à la fin de... Tu fais un peu des accents limite sur scène.
- Speaker #0
Ah ouais.
- Speaker #1
Tu vois, moi j'en ai fait. J'en ai fait. Il y a des vidéos qui traînent. Heureusement que tu ne fais pas la même chose pendant 20 ans ou 30 ans sur scène.
- Speaker #0
Ouais, bien sûr. Et il y a une énorme partie du coup, quand on démarre, qui te met vraiment dans le bain tout de suite, dans laquelle tu es en totale impro parce que tu... parle un peu aux gens des premiers rangs, etc. Ça, est-ce que tu trouves que ça apporte quelque chose de particulièrement frais au spectacle ? Tu vois, le côté où, finalement, on peut venir voir ton spectacle dix fois, on verra jamais la même chose. Et aussi le fait que le public se sente vraiment hyper inclus dans le spectacle, finalement.
- Speaker #1
Ben ouais, parce que... À la base, l'impro de début de spectacle, c'est ce qu'on faisait dans les plateaux d'humour, quand on a tous commencé les stand-upers dans les comedy clubs. Ça ne faisait même pas partie du spectacle, c'était comme le chauffeur de salle. C'était pour mettre les gens dans l'ambiance. Et puis après, on s'est rendu compte, dans ceux qui l'ont vraiment bien fait, il y a eu Redouane, Bouguéraba, Caïron et tout, que les gens, il y en a qui venaient presque que pour ça. Parce qu'il y a ce côté, c'est authentique, on vit un moment unique, et puis on fait partie du spectacle. Et moi, j'aime bien. J'aime beaucoup la pro. Après, j'aime bien aussi faire le texte. Je trouve que c'est la partie la plus technique que moi, j'aime bien. Donc, c'est pour ça, j'en mets un peu au début. Mais des fois, même là, quand t'es venu, je sais plus comment ça s'est passé, mais des fois, en plein milieu du spectacle, il se passe un truc, je reparle aux gens. Mais voilà, j'essaie de répartir. Je veux pas faire que ce soit que de l'impro et pas que du texte.
- Speaker #0
C'est hyper bien fait. Et en plus, on a l'impression, du coup, que tout est de l'impro. Tu le fais super bien parce que t'es vraiment sur le même ton, etc. quand t'improvises et quand tu joues ton spectacle ?
- Speaker #1
Ben ouais, moi aussi je suis pas trop acteur, moi je sais pas faire s'il y a des gens du cinéma ça sert à rien de m'appeler moi je vais dire non, parce que déjà je sais pas faire, et je joue moi quoi, peut-être quand t'es sur scène t'accentues un peu, tu cries un peu plus j'en sais rien, t'en rajoutes, mais je suis assez naturel, c'est ce que les gens en général aiment bien dans le stand-up, c'est qu'ils se disent c'est à peu près la même personne sur scène que dans la vie pas sur tous les aspects sûrement, mais quand même ça y ressemble
- Speaker #0
Hum.
- Speaker #1
Donc, l'idée, c'est d'arriver à rester le plus naturel possible. Et moi, j'y arrive à peu près, je pense, en changeant le texte régulièrement aussi.
- Speaker #0
Ah ouais, t'aimes bien faire ça ?
- Speaker #1
Ouais, je rajoute des trucs, je teste des nouvelles blagues. Des fois, tu vas en plein milieu du spectacle, tout est rodé, mais je vais tester 20-30 secondes. Ça rigole pas, mais bon, ça va, ça s'est pas trop vu, c'était pas trop long, et je repars après dans le texte.
- Speaker #0
Ok, c'est intéressant.
- Speaker #1
On essaye.
- Speaker #0
Ouais, et tu fais ça aussi pour toi-même pas te lasser. ton propre spectacle ?
- Speaker #1
Moi, je remplace régulièrement... Je ne sais pas, il faudrait... Tu disais que tu es venue au spectacle et que tu avais revu l'espèce de captation qui doit être une des toutes premières dates de la tournée. Je pense qu'il y a déjà 4-5 minutes qu'on sautait. Des petits passages que j'ai enlevés, puisque je trouve que c'est un peu nul.
- Speaker #0
Forcément, ça ne m'a pas choquée d'avoir vu les deux, mais j'ai été impressionnée, c'est ce que je te disais au début, par le fait que les deux fois, Mais du coup, moi, je le savais maintenant parce que je l'ai vu deux fois. Je avais vraiment l'impression que t'improvisais notamment certaines parties, tu vois, où t'expliques des choses et tout. Et je trouve que c'est hyper fort, en fait, de s'approprier ton texte comme ça, au point que ça semble hyper naturel et fluide pour le public.
- Speaker #1
Le truc qui marche, c'est que des fois, vraiment, je vais l'improviser. Je vais improviser un truc, mais j'enregistre à chaque fois le spectacle pour réécouter.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et je réécoute et je dis, putain, ce truc-là que j'ai improvisé, j'avais même pas fait gaffe que je l'avais fait, ça rend pas mal. Du coup, je vais essayer de le garder maintenant et de l'inclure au truc. Donc ça part de trucs d'impro qui deviennent des trucs pas impro.
- Speaker #0
Et tu l'enregistres parce que t'es hyper perfectionniste et tu veux à chaque fois voir à peu près ce qui allait, ce qui allait pas, etc.
- Speaker #1
L'idée, c'est surtout dans les phases, quand tu testes dans les Comedy Club, si tu testes des nouvelles blagues, c'est bien des fois de se réécouter parce que... Tu vas avoir dit une blague dans un sens au lieu d'un autre, utiliser un mot, ça paraît con, mais tu utilises pantoufles au lieu de souliers, c'est plus marrant, donc peut-être qu'il faut garder pantoufles, on ne sait pas, c'est des petits détails que tu vas oublier, mais quand tu réécoutes, tu t'en rends compte. Moi, j'aime bien, je ne sais pas si c'est perfectionniste, mais j'aime bien essayer de faire que ce soit le plus drôle possible.
- Speaker #0
Ok, trop bien, intéressant. Et j'avais envie de te parler d'un sujet, parce qu'assez rapidement dans le spectacle, tu commences un sketch sur le fait que t'accompagnais toi. Vous vous interrogez sur le fait de choisir d'avoir ou pas des enfants. Et du coup, déjà, j'avais envie de savoir si ça partait d'un vrai vécu par rapport à toi. Et tu parles un peu à demi-mot aussi de la pression sociale, puisque tu dis, moi j'ai 35-36 ans, donc en fait, en gros, il est temps. Et c'est vrai qu'on parle beaucoup de la pression qu'on met aux femmes quant à l'horloge biologique, le fait qu'extrêmement régulièrement, à partir d'un certain âge, en général pour les femmes, c'est passé 30 ans. On commence un peu à te mettre la pression, à guetter si tu vas trinquer avec une coupe ou pas pour voir si tu as un truc à annoncer. C'est dur pour les femmes cette période un peu de vie, surtout quand soit tu as des difficultés à concevoir, soit tu n'en es pas là dans ta vie, etc. Et je trouvais intéressant de voir un homme s'emparer du sujet et j'avais envie qu'on en parle un peu. Est-ce que ça part déjà de quelque chose qui vient de ta vie privée ?
- Speaker #1
Ah oui, moi ce que je raconte sur scène, c'est à peu près vrai. Là, on est vraiment dans l'âge où on en discute avec ma copine. Et c'est vrai que peut-être, j'en sais rien, peut-être qu'il y a des mecs qui vont dire « Ouais, on a la pression sociale et tout » , mais je crois que c'est quand même beaucoup moins fort sur les hommes que sur les femmes. Déjà, nous, en théorie, d'un point de vue purement physiologique, Al Pacino, il en a fait un à 91 ans, je crois, l'an dernier ou il y a deux ans. Donc déjà, t'as moins ça. J'ai l'impression que plus on avance, et peut-être en fonction des milieux dans lesquels tu traînes, il y a moins les remarques, tu sais, à la con. « Ben alors, quand est-ce que tu fais un enfant ? Ben alors, il faut se dépêcher, machin. » Quand même, même si elles sont encore là, je pense. Mais pour les mecs, non, c'est... Enfin, moi, en tout cas, je...
- Speaker #0
T'appellerais pas ça comme ça.
- Speaker #1
Je crois pas la ressentir.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu peux peut-être avoir un truc... Après, moi, je suis dans des milieux, je sais pas si c'est prouvé statistiquement, ça, mais tu vois, genre mes potes qui sont un peu plus dans la vie normale. qui habitent à Poitiers ou qui sont restés un peu, ou qui sont plus, on va dire, en ville moyenne, ils ont fait les gamins et tout, la plupart. Mais OK, il y en a plus dans mon groupe de potes qui en ont maintenant. Et encore, je dirais que c'est peut-être encore 50-50. Mais dans mes potes du milieu, du milieu artistique, stand-up et tout, je ne connais presque personne qui a des enfants. Je connais très peu. Donc peut-être que... La pression serait différente si j'habitais dans le cliché, dans la petite ville. Et que tous mes potes, tout le monde a des gamins. Que toute la vie tourne autour d'eux. C'est-à-dire, ce week-end, on fait ça parce que c'est le foot, les gamins, le machin. Et où toi, tu sentirais une certaine...
- Speaker #0
Oui, tu te sens un peu laissé de côté. En tout cas, c'est plus ça qui te pèserait, tu penses, plutôt que le côté... Parce que parfois, on peut te faire ressentir, en tout cas, du côté des femmes. que tu n'avances pas comme tu devrais avancer, etc. Tu vois, ça, ce n'est pas quelque chose que toi, par exemple, tu as pu expérimenter. Ça ne vient pas de là, en tout cas.
- Speaker #1
Je crois que c'est... Là, pour le coup, on est dans un truc quand même assez injuste où c'est vraiment beaucoup pour la gueule des femmes. Je ne crois pas que je connaisse beaucoup de potes. Peut-être plus... Ouais, tu es célibataire. Tu es encore tout seul. Tu as 35 ans, tu n'es toujours pas maqué. Peut-être. Et encore. Mais le truc de, ben alors, tu n'as pas d'enfant, c'est vraiment... Je crois que j'ai haut que je connais... Peu de potes, ou alors ils ne me le disent pas, mais qui ressentent cette pression.
- Speaker #0
Et ta compagne, elle ressent, elle, cette pression, pour le coup ?
- Speaker #1
Ce n'est pas énorme, ça va, ça ne vient pas d'une famille où se met, oui, automatiquement, plus, et encore, ça va, on est dans un milieu où, dans ses collègues, il y a beaucoup de gens qui n'ont pas d'enfants, machin, dans ses potes aussi, mais oui, oui, plus, plus automatiquement.
- Speaker #0
Et aussi, et c'est super, tu vois, je trouve qu'on questionne davantage. Le désir d'être ou pas parent, tu vois, ce qui n'existait pas forcément il y a quelques temps. On part plus du principe aujourd'hui, j'ai l'impression en tout cas, que tout le monde veut nécessairement des enfants. Et il va plus, un petit peu plus, même si c'est le début, avoir la question de est-ce que tu veux des enfants ou pas, alors que tu vois, il y a quelques années, on partait encore du principe que si t'avais pas d'enfants, c'était nécessairement subi.
- Speaker #1
C'était un devoir d'avoir des enfants, je pense. Il y avait un côté, il faut faire des enfants pour... peupler la nation. Là, je ne sais pas, il y a plein de contraintes. Peut-être déjà le côté, il y a des femmes qui disent, moi, je n'ai pas envie de me taper toute cette charge mentale, même si c'est réparti maintenant un peu mieux, mais bon, quand même, c'est toi déjà qui le portes. Ce qui a l'air d'être une activité assez intense. Et je pense, pour certaines personnes, l'aspect écologie, réchauffement climatique, tout ça, ils rentrent en compte quand même. Il y en a qui disent oui, c'est une excuse, c'est une machin. Sûrement, de toute façon, il n'y a jamais eu d'époque où tout le monde s'est dit là, c'est le moment parfait, tout va bien. Tu peux tout le temps dire là, c'est la merde, rien de va. Mais je ne sais pas, moi, je vois un peu dans mes milieux, parce que voilà, mon spectre ne va pas plus loin que ça. Moi, je ne suis pas un sociologue spécialiste de la natalité. Mais je pense qu'il y a aussi, en tout cas moi, dans les femmes que je connais, il y en a qui disent putain... Professionnellement, j'ai un peu envie de m'accomplir, j'ai enfin un peu pouvoir d'achat, un peu liberté. Si là, direct, je fais un gamin, soit il y en a qui ont vraiment envie, mais il y en a qui disent « Ah, vas-y, laissez-moi un peu de temps, laisse-moi un peu kiffer, laisse-moi faire mon petit voyage, laisse-moi faire mon petit... »
- Speaker #0
Ouais, tu le dis d'ailleurs à un moment, tu dis « Maintenant que j'ai du pouvoir d'achat, je vais pas tout claquer dans la patrouille. »
- Speaker #1
Ah mais tu vois, cette blague, je la fais plus, faudrait que je la remette. Ah ouais ? Ouais, je l'ai enlevée, je sais pas pourquoi je l'avais plus.
- Speaker #0
Ah, elle est hyper drôle.
- Speaker #1
Ben oui, il y a des vannes que j'enlève des fois, aussi basse que j'oublie.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Faut être... T'es venu au jour où je parle de wingsuit et j'oublie de définir ce que c'est ? Parce qu'une fois sur deux, j'oublie.
- Speaker #0
Non, moi, tu l'as défini.
- Speaker #1
J'y ai pensé. Moi, j'oublie souvent.
- Speaker #0
Pour les gens qui écoutent et qui ne savent pas ce que c'est, en gros, tu expliques que les parents font tout pour leurs enfants, font tout pour qu'ils... survivent finalement, que le but de la parentalité, c'est quand même de garder tes enfants vivants. Et que eux, expliquent cette blague qui est quand même très drôle. Oui,
- Speaker #1
je fais des blagues sur le fait qu'on est dans des pays où ça va bien, parce qu'il y a des enfants, plus tard, pour ingrats qu'ils sont, ils vont après aller faire des sports extrêmes où ils se jettent dans le vide avec des combinaisons qui planent. Et le wingsuit, c'est un truc où il y a quand même beaucoup de gens qui se tuent avec ça. Donc c'est un petit parallèle. Bien sûr, un jour, j'ai joué mon spectacle et c'était à la montagne. Et dans la salle, il y a quelqu'un qui avait eu des gens dans sa famille qui faisaient du wingsuit et qui s'étaient butés. Ils étaient venus me parler à la fin et ils ont dit, c'est vrai, on peut rigoler. Mais bon, au début, je ne suis pas fier.
- Speaker #0
Parce qu'ils te l'ont dit tout de suite pendant le spectacle ?
- Speaker #1
Il y a quelqu'un qui est venu me le dire. Et après, ils sont venus me voir en mode, ça nous a fait rire quand même.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais il faut accepter aussi, moi je ne suis pas quelqu'un de l'humour choquant, je ne cherche pas à choquer, je ne cherche pas à avoir du « oh » dans la salle, ce n'est pas du tout un truc qui m'intéresse. Mais il faut accepter que des fois tu peux toucher à un sujet… Oui,
- Speaker #0
sensible.
- Speaker #1
Il y a des gens qui font des blagues sur les crashes d'avion, ça a l'air ok. Si dans la salle tu as quelqu'un qui, dans sa famille, a un proche qui est mort dans un crash d'avion, tu ne sais pas comment il va le vivre.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc ça c'est un peu comme tous les sujets. Oui, oui. Ça fait partie des risques.
- Speaker #0
Et donc du coup parmi les questions Qui font que du coup tu peux t'interroger Quelles questions tu dirais Qui sont comme ça en toile de fond Sur faire un enfant ou pas
- Speaker #1
Moi j'ai toujours un peu ce truc Pseudo conscience écologique J'en sais rien mais j'essaie d'en sortir un peu De oui mon dieu dans quel monde ils vont grandir Mais parce que déjà Quand j'étais petit Je parlais avec mes parents Tu sais toi quand t'es né Ta soeur elle est née il y avait Tchernobyl Ouais. Toi t'es né, c'était la fin, je suis en 89, je crois la guerre froide s'est arrêtée en 91. Il y avait encore, à tout moment, les Russes nous envoient des bombes atomiques sur la gueule. Eux, quand ils sont nés, ça va, c'était les 30 Glorieuses. Mais il y avait la Préga, il y avait les machins. Donc il n'y a jamais eu une période parfaite. Et peut-être, je ne sais pas si c'est qu'aujourd'hui c'est un peu anxiogène, parce que si tu veux tu peux regarder les infos toute la journée. Donc je ne sais pas, mais oui, oui, je peux avoir un peu cette tendance moi de... Mon Dieu, avec le réchauffement climatique, est-ce que c'est une bonne idée de faire des enfants ? Et en même temps, me dire, oui, est-ce que si je me laisse guider par ma peur, je ne fais rien du tout ? Je ne prends aucune décision dans ma vie, puis je reste là, j'attends, et puis je suis le lapin dans le tarier. Et puis à la fin, j'ai 85 ans et puis je n'ai rien fait. Donc je n'en sais rien, je ne sais pas.
- Speaker #0
Tu dis aussi à un moment dans le spectacle, oui, mais si je n'en fais pas, qui va venir s'occuper de moi à l'EHPAD ? Parce que les Ausha, ce n'est pas ouf pour faire ça. Sp...
- Speaker #1
Parce que tous les gens disent je fais un enfant parce que quand tu fais un enfant, c'est censé être guidé par l'amour. Et lui, il te doit rien. J'avais vu un... Il y en a 20 000, les life coachs ou les gens qui font des conférences qui disaient, le plus beau cadeau qu'il peut te faire ton enfant, c'est un moment où il part. Et s'il ne revient pas, il ne revient pas. Il ne te doit rien. C'est toi qui l'as mis sur terre. Lui, il peut t'en vouloir à la limite. Mais c'est ta décision. Il n'est rien censé te donner en retour. Bien sûr, ça ne marche pas comme ça. Tu n'as peut-être pas envie. Oui, de laisser ton parent.
- Speaker #0
Et puis même toi, en tant qu'enfant, tu te dis...
- Speaker #1
Mais je pense qu'il y a peut-être une petite part inconsciente ou consciente ou un peu égoïste, normale, de survie. Quand tu fais des gamins, tu te dis, bon, le jour où je commencerai à être un peu vieux et basculer un peu, ils pourront peut-être me rendre un peu l'appareil. Peut-être pas. Mais je pense qu'il y en a peut-être un petit peu quand même de ça.
- Speaker #0
Il y en a sûrement un petit peu comme ça, même si... comme tu dis, c'est vrai que quand tu l'interroges, ce n'est pas forcément une bonne raison, même si on ne peut pas juger, tu vois, les raisons qui poussent les individus à prendre des décisions. Mais il y a aussi, je pense, le côté pour certaines personnes, par exemple, j'ai connu des gens dans mon entourage qui s'interrogeaient, pareil, ce n'est pas une étude à proprement parler, tu vois, mais aussi qui se disaient même sans parler de venir te visiter à l'épate quand tu es hyper vieux, tu vois, ou s'occuper de toi chez toi, mais aussi le fait de te dire, ok, Quand j'ai vieilli, etc., que j'ai moins cette envie de voyager à droite, à gauche, etc., est-ce que je ne vais pas avoir l'impression que ma vie est un peu vide ? Et j'ai l'impression qu'on commence un peu à sortir de ça, parce que déjà, on se rend compte, ce que tu dis un peu dans ton spectacle, que ce n'est pas une bonne raison de choisir de faire venir un net sur Terre pour te tenir compagnie. Prends un chien, quoi. Quand tu es vieux, tu vois, c'est quand même une énorme responsabilité toute ta vie. Il faut le faire pour les bonnes raisons, parce que comme tu disais juste avant, les enfants n'ont rien demandé pour que tu les mettes sur terre. Et aussi, on espère qu'on vieillira de mieux en mieux, qu'on sera en meilleure santé de plus en plus tard. Donc on a un peu l'impression que petit à petit, tout ce qu'ils faisaient... que c'était un peu une réponse automatique et un peu remis en question.
- Speaker #1
Mais c'est quoi, du coup, tu sais, tu dis, parce que moi, j'en parle souvent, c'est les bonnes raisons. C'est les bonnes et les mauvaises raisons. Genre, il ne faut pas faire un enfant pour sauver ton couple. Il ne faut pas faire un enfant, justement, parce que tu as peur d'être seul. Il ne faut pas faire un enfant parce que tu as la pression sociale de faire un enfant. Mais alors, les bonnes raisons, c'est, OK, on a un désir, parce que notre couple, il est super uni, il est super fort, on fait un enfant. Et si, dans cinq ans, on divorce, tout est loupé, alors... Pas forcément. Je ne sais pas, j'ai un peu du mal. Je ne sais pas ce que c'est, les bonnes et les mauvaises raisons. J'ai des exemples de gens où, je ne vais pas dire qui c'est parce qu'on s'en fout, mais dans mon entourage où, putain, un pote a eu un gamin, c'était mal parti. Genre, ce n'était pas voulu, machin, plus en couple avec la dame. Il n'y avait rien qu'à aller. Et au final, avec cette arrivée de cet enfant, ils se sont redécouverts, remis ensemble. Et ils en ont fait d'autres. Et ils ont fait... trois gamins merveilleux dans une vie stable, machin, tout ce que tu veux. Alors que ça partait mal.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et d'autres, genre, tout a l'air parfait, on le fait parce que c'est le fruit de notre amour, machin. Et derrière, au bout de trois ans, hop, ça explose. Donc, je ne sais pas. Il y a le plan parfait. Puis, on aime bien dire, on s'occupe. Quand tu es en discussion, tu dis à lui, ils ont fait n'importe quoi, machin.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
D'ailleurs, tu en rigoles aussi vachement dans le spectacle. Tu dis, si vous voulez tester votre amitié quand vous n'avez pas d'enfant, vous donnez des conseils éducatifs. À vos amis qui ont des enfants.
- Speaker #1
Ouais, les gens qui ont des enfants, ça les fait... Je sais pas quelle est ta situation à toi, mais... Ouais,
- Speaker #0
moi j'ai des enfants.
- Speaker #1
Ok, donc moi si j'arrive demain, je te dis, ouais, l'écran quand même, tu devrais... Mais t'as envie de me foutre une patate. Ouais. Instantanément.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais oui, non, mais c'est le truc qui fait vraiment serrer. Mais ouais, donc je sais pas c'est quoi les... Moi ça m'intéresse, d'après toi, c'est quoi les... C'est moi l'intervieweur. Ouais. C'est quoi les bonnes raisons et c'est quoi les mauvaises raisons ? Y a des vraies statistiques, y a des vraies études, ou c'est des gens qui font des bouts ? qu'un Françoise Dolto ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Pour le coup, ces statistiques-là sur le désir d'enfant, je t'avoue, je ne m'y suis pas intéressée parce que moi, c'est vraiment un désir qui était présent en moi. Je voulais vraiment avoir des enfants. Je voulais vraiment être mère. Je n'ai pas eu à faire des recherches en cherchant dans la littérature scientifique des pours et des comptes vu que moi, tu vois...
- Speaker #1
J'ai l'impression, je ne sais pas si c'est prouvé et je ne veux pas dire une connerie, qu'il y a quand même ce truc, comment on dit, physiologique ou genre... à un moment, beaucoup de femmes, peut-être pas toutes les femmes, même celles, j'ai connu plein de potes qui me disaient à 25 ans, jamais j'ai les enfants, jamais les enfants, et à 30, 31, 32, j'en sais rien, le corps qui dit, putain, mais là, fais un enfant, fais un enfant, est-ce qu'il y a ça, ou c'est que psychologique ?
- Speaker #0
Déjà, je pense aussi, tu vois, pour nuancer un petit peu ton propos, que on a pendant des années un petit peu élevé les petites filles à être de futures mères. Donc, pour le coup, là, je parle vraiment pas de mon cas, mais tu vois... Par exemple, une petite fille, c'est logique qu'elle joue à la poupée. Un petit garçon ne va pas forcément lui en proposer. Et d'ailleurs, ça continue à choquer certaines personnes de voir un petit garçon jouer à la poupée. Je trouve ça hyper bien qu'un garçon puisse jouer à la poupée et justement investir un peu ce rôle qui était dit plus féminin. Donc, tu vois, pendant des années aussi, on n'a pas du tout, on n'a jamais demandé aux petites filles, si tu as envie d'avoir des enfants, on disait toujours... tu verras quand tu auras des enfants. Donc je pense que ça a un petit peu biaisé l'absence de questionnement du désir de maternité pendant un peu des décennies, voire des siècles.
- Speaker #1
Tu penses que pendant, et encore aujourd'hui, il y a des femmes qui pensent qu'elles veulent faire des enfants, alors que pas forcément plus que ça si elles étaient élevées dans une autre société ? Ou il y aurait moins l'impression qu'il faut que les femmes fassent des enfants ? Alors,
- Speaker #0
je n'irai peut-être pas jusque-là, mais je dis qu'en tout cas, cette question ne leur est pas... posées. On ne part pas du principe qu'elles ont à un moment donné la possibilité d'aller dans un autre chemin. Là où je pense que justement on en revient à la pression sociale, les petits garçons sont beaucoup moins conditionnés. Déjà ça s'est prouvé au caire, au fait de prendre soin, etc. Et donc du coup aussi, on ne va pas valoriser un mec dans son rôle de père.
- Speaker #1
Un peu plus maintenant, il y a le côté... Regarde, père moderne.
- Speaker #0
Ne me lance pas là-dessus.
- Speaker #1
Tu ne crois pas à ça ?
- Speaker #0
Non, je pense qu'en fait, malgré tout, la société a des attentes extrêmement basses envers les hommes dans l'investissement de leur rôle de père. La société va congratuler des actions qui sont juste le bare minimum. Vraiment, on va voir un mec au parc qui pousse son enfant en poussette et on va dire, oh là là, quel bon père ! Un père qui change une couche, etc. Mais il y a encore des chiffres qui sont vraiment... alarmant quant au fait que les hommes ne prennent pas encore suffisamment leur part dans les charges parentales. Tu vois, même quand un père accompagne son enfant chez le pédiatre, dans 85% des cas, ce n'est pas lui qui a pris le rendez-vous. Tout ce qui est suivi médical, etc. C'est un combo mère.
- Speaker #1
Putain, moi, j'ai la phobie administrative. Alors, ça va être la cata.
- Speaker #0
Ouais, tu devrais vraiment bien en parler. Même pour moi, c'est la cata.
- Speaker #1
Je suis un gars du ménage, par contre. Je n'ai pas que des points forts.
- Speaker #0
Après, c'est... important aussi, tu vois, je pense qu'on parle de plus en plus de la difficulté parentale, là où, il y a quelques années, je pense qu'elle est arrivée un petit peu comme une claque pour les jeunes parents. Là, aujourd'hui, on en parle un peu plus. Donc, ça offre au couple qui hésite la possibilité vraiment de discuter justement de qui va investir, quelle partie, tu vois.
- Speaker #1
Et, ben ouais, on va voir. Excuse-moi, parce que ça m'intéressait, toujours le truc de, du coup, c'est quoi les bonnes raisons, les mauvaises raisons ? Sur les trucs aussi vraiment, moi je sais pas si c'est vrai, les trucs physiologiques, est-ce qu'il y a des études ? Oui, les femmes ont plus de désirs corporels, je sais pas, de faire un enfant, que les mecs ont plus peur de l'engagement, ou je sais pas, ou l'inverse, ou je sais pas, ou si c'est pas du tout, c'est des fausses études.
- Speaker #0
Bah ça je sais pas, parce que je dois dire, j'ai pas vu des études qui vont en ce sens. Après tu vois, pour les bonnes raisons et les mauvaises raisons, je dirais que ça doit... Enfin, c'est ce que je pense, après c'est pas... Mais je pense que ça ne doit pas être guidé par un choix égoïste. Et ça doit être... Un enfant, il ne demande pas à arriver sur Terre. Donc après, tu lui dois tout. Tu dois vraiment faire en sorte que cette personne grandisse avec un socle solide. Et d'avoir les épaules et de l'accompagner au mieux.
- Speaker #1
Mais c'est automatiquement, comme tous les choix qu'on fait, c'est de la philosophie un peu égoïste. C'est une décision qui, toi, tu le fais parce que tu sens que toi, T'en as envie, ça va apporter un truc à ta vie, j'en sais rien. Donc, c'est... Mais sans avoir la garantie que cet enfant, de toute façon, il va avoir une vie. Donc, il aura des hauts, des bas, des machins et tout. Donc, c'est... Ouais,
- Speaker #0
mais assez tôt, tu vois quand même des parents, dont les enfants deviennent leurs parents, en fait. Et qui, du coup, ont peut-être eu des enfants pour les moindres raisons, en se disant « Il va m'aider » , ou tu vois...
- Speaker #1
Et gros chantage infectif et machin. Voilà, tu vois, avec tout ce que j'ai fait pour toi...
- Speaker #0
Et d'ailleurs, j'avais entendu une phrase qui disait quand on te dit avec tout ce que j'ai fait pour toi, ça veut dire qu'on ne l'a pas fait pour toi.
- Speaker #1
C'est pas mal ça. Oui, il y avait un truc, je crois que mon père qui était assistant social.
- Speaker #0
Il avait fait un bouquin, bien sûr, je ne retrouve pas la moindre idée, il a fait trois exemplaires pour les écoles primaires du Poitou-Charentes, et ça s'appelait « Les petites phrases assassines des parents » .
- Speaker #1
Ah, c'est intéressant, il était avant-gardiste.
- Speaker #0
Oui, mais du coup, je lui ai dit « Il est où maintenant ? » Il a dit « Je ne le retrouve pas, on ne peut pas faire d'oseille, papa » . Mais du coup, dedans, je crois qu'il y avait toutes ces phrases-là, que les parents sortent et s'en rendent compte. Et puis voilà, moi, tu vois, je n'ai pas de gamin, peut-être demain, rien. Et au bout d'un moment... Il me met la misère pendant deux mois, j'ai pas bien dormi. Tu peux sortir une dinguerie à un moment sans t'en rendre compte.
- Speaker #1
Oui, mais après, ce qui compte, c'est toujours de réparer derrière. Personne n'est parfait, tu vois.
- Speaker #0
Je sais pas si tu t'en rends compte. Il faut qu'il y ait peut-être... Et c'est là que des gens extérieurs, alors peut-être pas ce couple d'enfants, mais un petit regard extérieur peut aussi aider des fois, j'en sais rien.
- Speaker #1
C'est marrant. Pourquoi tu divises, toi, les gens qui n'ont pas d'enfants et les gens qui ont des enfants ? Parce que tu vois, par exemple... Je rigolais avec toi tout à l'heure sur le fait de te dire les écrans, par exemple, parce qu'on en parle beaucoup des écrans. Mais moi, tu vois, ce serait pareil que ça vienne d'une personne qui a des enfants ou qui n'a pas d'enfants.
- Speaker #0
Oui, oui,
- Speaker #1
c'est le côté intrusif.
- Speaker #0
T'es qui pour donner ton avis sur mes enfants ?
- Speaker #1
Oui, mais finalement, est-ce que ce serait pas un peu de la même manière ? Est-ce que ce serait pas juste l'intrusion dans ta vie privée ? Et du coup, est-ce que tu penses pas que tu le prendrais aussi mal si quelqu'un venait te donner des conseils sur ton couple ?
- Speaker #0
Je pense qu'on le prend mal par réflexe, par défense. par égo et tout, mais des fois il y a des points de vue extérieurs qui sont vachement bons à prendre bien sûr, mais voilà, j'ai l'impression qu'il y a un truc culturel, mais je le vois à moi déjà je fais aucune remarque aux gens sur le sujet mais j'ai l'impression que c'est le truc où les gens démarrent vraiment vite genre, tu parles à mon enfant, machin et tout alors que des fois, c'est frérot, regarde moi je te donne un petit point de vue extérieur, toi t'as la tête dans le guidon peut-être ça, c'est un peu n'importe quoi,
- Speaker #1
mais ça dépend toujours je pense, comment c'est dit, si tu sens que c'est dit avec bienveillance, vraiment pour t'aider, pour, comme tu dis, parce que parfois, quand t'es dans le dur pour quelque chose, après, parfois, c'est pas le cas.
- Speaker #0
Je pense que je disais par rapport aux gens qui n'ont pas d'enfants, qui font des remarques aux gens qui en ont, c'est que mine de rien, hormis circonstances exceptionnelles, je sais pas, quand t'as pas d'enfants, t'as pas vécu ce que c'est la charge mentale, le fatigue, le machin et tout, d'en avoir. Donc, tu peux pas complètement t'identifier. Mais tout comme, tu peux aussi dire, écoute... écoute, t'as fait un enfant, c'est ton choix, démerde-toi, viens pas te plaindre et viens pas m'emmerder. Donc je sais pas. Je parle du fait qu'il y ait deux gangs, les gens qui ont des enfants et les gens qui n'ont pas d'enfants. Je sais pas si c'est complètement vrai. Peut-être dans certains endroits, oui, vraiment, automatiquement, les modes de vie changent. Quand t'as pas d'enfants, tu vas traîner avec les autres gens qui n'ont pas d'enfants parce que t'as plus de temps libre, plus de machin, plus de vie. On part en vacances hors saison, alors que les gens qui ont des enfants, ah ben non, on part à Pâques et puis on part avec les enfants.
- Speaker #1
Oui, puis du coup, forcément, t'es... Enfin, les journées n'ont pas la même tête quand tu as des enfants et quand tu n'as pas d'enfants. Enfin, tu vois, ta journée démarre beaucoup plus tôt quand tu as des enfants. Du coup, les activités que tu vas rechercher, donc c'est normal, là, par exemple, pour tout ça.
- Speaker #0
Mais donc, tu vois, le truc, là, moi, c'est ce qu'on disait. Il n'y a pas de ce fameux truc de... Est-ce qu'il y a un bon moment, une bonne situation, machin, pour faire des enfants et tout ? J'en sais rien.
- Speaker #1
En vrai, ça, je pense qu'il n'y a pas de bon moment et qu'il n'y a jamais de bon moment. Et que quand tu veux attendre le bon moment et tout, enfin... Je pense qu'il y a toujours quelque chose dans ta vie qui ne sera pas parfait. Si c'est juste une question de bon moment, ça, je pense qu'il n'y en a pas. Mais bon, après, il y a peut-être des gens qui arrivent à faire que les planètes soient parfaitement alignées, etc. C'est rare pour le coup. Et par rapport à l'écologie, justement, aussi, tu en parles avec beaucoup d'humour, mais j'ai l'impression que c'est quand même un sujet qui est important pour toi, puisque tu en parles quand justement tu le relis avec le questionnement. de la question de ta parentalité. Mais tu dis, quand on est écolo, vraiment, il faut qu'on ait l'habitude de la loose, quoi.
- Speaker #0
On perd tout le temps. Être écolo, ça demande une force mentale, je pense, supérieure, à être... De toute façon, moi, j'y peux rien, c'est comme ça, et puis... Et puis voilà, j'avance, je m'occupe de mes petites affaires, et puis je continue. Moi, j'ai des côtés un peu écolo, et des fois, j'ai des côtés... De toute façon, il faut bien que moi aussi, je ne peux pas niquer ma santé mentale juste à penser à mon Dieu, qu'est-ce qui va se passer sur la planète. Et le côté qui s'en bat les couilles de tout ça, il vit mieux la vie que celui qui se préoccupe beaucoup de la planète. Après, tu fais un peu des actions. Et puis, je pense qu'il faut être très, très optimiste pour être un écolo heureux. Et je pense que moi, je ne suis pas assez optimiste pour être écolo à temps plein.
- Speaker #1
Ouais, mais tu vois, après, je pense que pareil, on a mis beaucoup de compétition là-dedans, etc. Mais le fait de juste faire des petits efforts, c'est déjà cool. Je pense que chaque action est cool.
- Speaker #0
Oui, mais c'est vrai que des fois, j'en parle, tu fais des trucs chez toi, tu es là avec ton seau de compost et tu regardes, c'est complètement con ce que je dis, mais tu regardes combien d'avions décollent en une heure à l'aéroport de Roissy et tu vois qu'il y en a 60. Donc tu te dis,
- Speaker #1
ok,
- Speaker #0
mais bon, c'est sûrement un peu con ce que je raconte. Mais il faut trouver le juste milieu. Moi, j'ai beaucoup de respect pour les gens qui lâchent tout pour une cause, celle-là ou une autre. Peut-être un jour, je ferai ça. Pour l'instant, j'avoue que je n'y suis pas encore. Je me mets partiellement dans la cause.
- Speaker #1
Et ce que j'ai trouvé marrant aussi, c'est que tu t'interroges un peu, tu vois, justement sur l'environnement. Quand tu dis, moi, ce qui me donne envie d'être écolo, c'est qu'on me dit que ça va être vraiment la merde dans 30 ans. Si on me disait 70 ans, tu vois, je me dis l'ours polaire, je ne le connais pas.
- Speaker #0
Oui, le côté être écolo. Surtout quand tu viens d'un pays comme le nôtre, si c'est ton premier combat, c'est-à-dire que l'écologie, c'est un vrai danger qui... La famine en Afrique, ça fait depuis qu'on est petit que ça existe, mais nous, on n'a jamais été vraiment concernés.
- Speaker #1
Là,
- Speaker #0
l'écologie, tu te dis, putain, même en France, je peux en subir les conséquences. Et c'est parce qu'on te dit, les prévisions disent, ça peut devenir un peu chaud dans 30-40 ans. Donc tu te dis, je serai encore là. Mais objectivement, si on te dit... Ouais, c'est dans 200 ans, tu vois, jusqu'à où tu te projettes. C'est comme si on disait, tu sais, la Terre va disparaître, puis le Soleil va mourir dans 3,5 milliards d'années. Ouais, je serais plus là.
- Speaker #1
Ouais, t'as intérêt à croire en la réincarnation, quoi, pour être dans cette théorie-là, pour être écolo.
- Speaker #0
Non, mais tu vois, c'est vrai que, je sais plus du coup ce que c'est la vanne que je fais, mais ça doit être sur les personnes âgées où je dis, tu peux pas les emmerder, enfin, il y en a qui sont très écolos, et tant mieux, tu peux pas aller... Faire la morale au mec de 75 ans qui tous les jours déjà doit apprendre à vivre avec « putain, je boite de plus en plus et j'ai de plus en plus mal au dos » et tout ça et tout. Et lui parler de l'écologie. Alors qu'il va dire « mec, j'ai d'autres trucs à gérer et puis de toute façon, je serai plus là. »
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #0
c'est les vannes que je fais là-dessus. Je ne sais pas si c'est fin.
- Speaker #1
Et ce que j'aime beaucoup aussi dans ton spectacle, moi vraiment, ça me fait beaucoup rire et je voulais savoir d'où ça partait, c'est que tu as une énorme... part d'autodérision, vraiment, que je trouve omniprésente dans tout le spectacle, où vraiment, tu vas un peu te tourner en ridicule et un peu te présenter comme un beauf, tu vois, incarner le rôle d'un beauf, et c'est là que tu me dis, ah bon ? C'est pas du tout voulu ?
- Speaker #0
Ouais, parce que si t'arrives et que tu fais que dire, je suis le meilleur et écoutez bien ce que j'ai à vous dire, je vous dis des trucs de ouf. C'est relou, puis déjà, parce que moi-même, je doute de ce que je raconte. J'essaie de me remettre en question assez souvent. Puis c'est marrant, l'autodérision. Moi, quand je vais voir un spectacle ou quand je parle avec des gens, j'aime bien les gens qui tirent un peu sur tout le monde et sur eux en premier. Si je fais que désinguer les gens du premier rang ou désinguer tel groupe de personnes, tel groupe de personnes, et moi, jamais m'inclure là-dedans et considérer que je suis parfait, c'est relou.
- Speaker #1
Par exemple, tu dis à un moment, en tout cas, le spectacle, je l'écris tout seul. Donc vraiment... vous pouvez partir, revenir vous ne perdrez pas le fil il n'y a pas parfois on se dit à quoi penser l'auteur et tout, moi c'est vraiment tout droit il y a un panneau de signalisation et tout,
- Speaker #0
c'est hyper drôle tu vois c'est l'auto-dérision un peu c'est l'auto-dérision de base tu fais des vannes sur tes défauts physiques et sur le fait que tu es un peu con ça détend tout le monde parce qu'il y a toujours ce risque quand même pendant une heure et demie tu parles dans un micro et personne n'a le droit de... le droit de répondre. Donc déjà, tu prends de la place. S'il t'arrive et que pendant une heure, tu dis que t'es le meilleur et que t'es pas capable de faire quelques petites blagues sur toi pour détendre un peu l'atmosphère, bah, ça va être long, ça va être chiant.
- Speaker #1
Et tu dirais que justement le fait de... parce que tu te permets quand même plein de blagues assez osées, tu vois, je trouve. Est-ce que tu dirais que justement cette auto-dérision, ça t'offre un peu cette possibilité, le fait de, comme tu dis, de frapper sur toi en premier lieu ?
- Speaker #0
Bah oui, puis ça équilibre, puis c'est... Je sais même pas ce que c'est les blagues osées, j'ai peut-être un peu sur le fait que ma copine elle est allemande ou des trucs comme ça, mais ouais j'ai des trucs un peu trash je crois sur le suicide et tout. Mais déjà j'essaie de faire que ça soit... Je sais plus, on m'avait donné un conseil, je sais plus qui c'est, il y a toujours des vieux sages du stand-up qui te donnent des conseils quand tu débutes, et il y en a des bons. Il y en avait un qui me disait, si tu fais une vanne, tu vois c'est complètement comme dit, si tu fais une vanne sur les noirs... Par exemple, il faut que tu te dises, est-ce que je vais l'assumer, est-ce que je vais être à l'aise, si au premier rang... Il n'y a que des noirs. Un truc comme ça. C'est parce que faire des vannes sur des gens et te dire, putain, s'il y en a, je ne vais pas assumer, ça veut dire qu'il y a un problème avec ta blague. Et donc, moi, j'essaie de partir toujours de ce principe. Je fais des vannes sur les dépressifs, je fais des vannes sur le suicide et tout. Je me dis, est-ce que si dans la salle, à la fin, il y a quelqu'un qui me dit, moi, j'ai perdu un proche à cause d'un suicide ou quoi, je suis capable de le regarder dans les yeux et de ne pas lui dire, pardon, je suis désolé, je ne voulais pas vous...
- Speaker #1
Et tu gères comment justement ça ? Parce que tu parlais tout à l'heure de l'alpiniste.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Quand quelqu'un vient te voir en te disant à la fin du spectacle, ça, ça m'a par exemple peut-être pas fait rire pour telle et telle raison. Toi, comment ? Quelle est ta position ?
- Speaker #0
Alors déjà, souvent,
- Speaker #1
c'est rarement frontal.
- Speaker #0
Parce que si on a quand même des métiers, ça aussi, c'est n'importe quoi. C'est quand même des métiers où tu as 99% des gens qui, toute la journée, te disent « Putain, t'es le meilleur » . Et donc, ça, c'est pas normal. et moi c'est un petit niveau je suis un humoriste un peu connu mais tranquille mais les gens sont dans du spectacle ils disent c'est génial les gens qui ont trouvé ça nul ils t'attendent pas à la sortir pour te dire c'était de la merde et sinon c'est en ligne que tu peux prendre des messages et ça ça fait partie du jeu c'est plus les commentaires les messages directs c'est rare les gens sont pas même si en ligne c'est n'importe quoi tout le monde se déchaîne et Je suis un mec, je suis plus protégé quand même, il faut dire la vérité. Tu prends moins de merde dans la gueule que les...
- Speaker #1
Ah c'est vrai, tu dirais ça ?
- Speaker #0
Oui, dès que t'es une humoriste meuf, c'est « Eh mais toi, t'es pas très drôle, mais je te baiserai bien » . Pas toutes, c'est pas vrai. Mais tu demandes aux humoristes femmes, elles prennent souvent plus de trucs dans la tronche que nous. Là, c'est pas faire de la démagogie. Ce que je dis, je sais pas si c'est le bon mot. J'ai jamais trop su le placer ce mot, mais je sais qu'il doit aller vers là à peu près.
- Speaker #1
Elle est forte. Mais c'est intéressant ce que tu dis, parce que tu vois, c'est vrai qu'il y a beaucoup de femmes humoristes qui disent que c'est beaucoup plus difficile parce qu'on n'attend pas déjà les femmes dans l'humour. On a plus l'habitude de s'imaginer un mec un peu marrant, charismatique, etc. Là où une meuf, on ne l'attend pas dans ce rôle-là.
- Speaker #0
C'est une pote humoriste. Elle me disait, ça me rend fou, vous les mecs, par exemple, les humoristes. ça peut t'ouvrir un peu des portes, tu peux te faire un peu draguer et tout. Elle me dit, moi, je me faisais plus draguer quand je n'étais pas humoriste que quand je suis humoriste. Et elle me disait, parce que moi, vous les mecs, quand on est par exemple en date, vous ne voulez pas d'une meuf qui vous fait rigoler, ça vous fait peur, vous voulez juste une meuf qui rigole à vos blagues. C'est comme conduire la voiture, c'est un truc de bonhomme. C'est un truc de mec. Ça évolue quand même.
- Speaker #1
Heureusement.
- Speaker #0
Mais ça évolue,
- Speaker #1
ouais. On s'est fait la réflexion une fois avec une amie, on était allés voir un spectacle, et il se trouve que la première partie, vous avez... pas faire rire, ça peut vraiment arriver, ça dépend des sensibilités, etc. Et c'était un mec, et on s'était dit, on ne mettrait pas une fille de ce niveau-là, ne pourrait pas jouer sur scène, tu vois.
- Speaker #0
Ah, ok. Après, la première partie, malheureusement, ça ne dure que 5 minutes, c'est hyper hostile quand tu montes sur scène, parce que les gens ne sont pas là pour toi. Tu peux très vite jouer beaucoup moins bien que tu fais d'habitude. En fait, je pense que le stand-up, après, c'est... C'est normal, tu te fais un avis en 30 secondes sur quelqu'un. Et une fois qu'il est dans ta tête, il est fait. Mais pour bien juger le niveau de quelqu'un en stand-up, je pense qu'il faudrait le voir 5-10 fois. C'est vraiment d'un jour à l'autre. Tu peux être très bon ou très nul. Moi, ça m'arrive encore régulièrement. Quand je teste des trucs, c'est nul. Ou même, ça devient rare, mais toujours dans des conditions vraiment dures. D'un coup, toi, tu te refermes. Tu te dis, vas-y, t'es quoi ? Flemme, merde, moi, j'ai pas que ça à foutre de galérer devant des cons. Et t'es nul, quoi. Pendant 5 minutes, t'es nul et tout le monde trouve que t'es nul. Peut-être que cette première partie que t'as vue, si tu le revois bientôt, tu trouveras ça. Ouais,
- Speaker #1
peut-être.
- Speaker #0
Ou peut-être qu'il est nul.
- Speaker #1
Ouais, ou peut-être que quelqu'un d'autre trouverait ça trop bien. Enfin, tu vois, heureusement, on n'a pas tous la même sensibilité.
- Speaker #0
Après, t'as des oreilles. T'entends si les autres rigolent ou pas. En général, dans la salle, t'arrives à capter si c'est que toi. Oui,
- Speaker #1
là, ça rigolait pas trop. Mais effectivement, comme tu dis, c'est peut-être une question de soir.
- Speaker #0
Ouais, oui. Non, mais oui, si, c'est possible. Je sais plus ce qu'on disait.
- Speaker #1
Oui, l'injustice homme-femme par rapport au monde de l'humour.
- Speaker #0
Oui, et nous, de prendre des critiques en ligne, tu vois, genre oui, des fois, j'ai des gens qui vont m'écrire et qui vont dire, je n'ai pas trop aimé ça et tout, mais je n'ai jamais eu des trucs, oui, il a cette blague-là que vous avez fait sur le suicide, je trouvais ça déplacé parce que moi, mais ça peut arriver, quelqu'un vient voir un spectacle d'humour, alors moi, après, normalement, j'en parle, les gens sont au courant, ils savent à peu près ce qu'ils viennent voir. C'est ça l'avantage quand c'est un humoriste que tu es censé connaître un peu, tu sais de quoi il va parler. Tu sais que quand tu vas voir un spectacle d'humour, ça peut toucher à des sujets sur lesquels tu es très sensible. Je n'ai pas de souvenirs pour l'instant de trucs où je me suis senti vraiment mal après un message ou un truc comme ça. Ça doit pouvoir arriver.
- Speaker #1
En tout cas, quelle serait ta réaction si ça t'arrivait une fois, si on te disait justement... Quand tu suis et t'incarnes le conseil qu'on t'a donné d'être capable de jouer, par exemple, un sketch que tu ferais sur une minorité quelle qu'elle soit, et qu'ensuite on vienne te voir en te disant « j'ai pas apprécié » , tu penses que quelle réponse t'apporterait ?
- Speaker #0
C'est parce que moi, l'humour, ça a toujours été un peu mon mode de défense à moi. Et quand il arrive un truc grave, un truc terrible, injuste, la mort, personne n'arrive à comprendre ce phénomène-là, n'importe quoi. L'humour, pour moi, c'est un des trucs qui marche. De rigoler de l'absurdité de tout ça.
- Speaker #1
Tu parles d'ailleurs de la mort et de la manière dont on en parle aux enfants quand nous-mêmes, on est hyper en bad par rapport à ça. Quand tu racontes un échange avec ton neveu.
- Speaker #0
Je raconte, oui, le truc où mon petit-neveu qui a un âge de 7-8 ans commence à se rendre compte qu'un jour, tout le monde va crever. Et qui me demande pourquoi. Ou toi, tu ne sais pas quoi répondre. Surtout si tu es athée. Je raconte un peu ça, je fais des blagues sur ce que je bricole. En ce moment, je fais des nouvelles vannes sur le côté « je suis athée, mais ça me fait chier, je me suis planté, j'aurais préféré une autre équipe » . Et je parle un peu de tous les trucs de spiritualité, développement personnel et compagnie.
- Speaker #1
C'est vraiment top d'en parler comme ça et de dire « on s'est trompé d'équipe » parce que c'est vrai qu'on aimerait tous se dire qu'il y a quelque chose, qu'il y a une raison, qu'il y a un truc après la mort. Ça rassurait, je pense, tout le monde.
- Speaker #0
Sauf, non, j'en connais pas beaucoup, mais j'en connais quelques-uns, des athées solides. Qui se disent, bah non, à la fin on meurt, tout le monde est mort, et puis y'a plus rien, mais on kiffe avant. J'en connais pas beaucoup, mais j'en connais quelques-uns. Peut-être c'est une posture, mais je crois pas. Je pense vraiment, genre, j'ai pas le cerveau, il doit envoyer de la sérotonine en permanence, et tout va bien. C'est ça, mon sketch, il est sur la liste, je divise la société en trois. Il y a les athées solides, les croyants, les croyants, les vrais croyants. Donc du coup, normalement... tout passe mieux. Et les athées moins solides, où les croyants, pas vraiment croyants, sont moins solides. Et du coup, on est beaucoup à essayer de trouver un peu des solutions pour tenir. C'est là qu'il y a le développement personnel, le paranormal et la voyante et tout le bordel.
- Speaker #1
Bah écoute, je te remercie beaucoup.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
J'ai adoré notre échange. Merci, c'était très cool. Et encore une fois, je vous recommande d'aller voir ton spectacle Life Coach. Alors du coup, quelles sont les prochaines actualités, les prochaines dates ?
- Speaker #0
Juin, mai-juin, après juillet-août, je fais une date par mois à Paris pour garder la main. Et puis je reprends après en septembre, de septembre à décembre. On remettra sûrement d'autres dates après en janvier, mais ce n'est pas fait encore. Et tourner partout en France. Là, ça va se calmer. Là, il doit rester Brest. et après... Et puis sinon, le reste, c'est rempli. Et puis, je repars à partir de septembre, des dates de tournée. Et partout dans toutes les grandes villes et tout, surtout en 2027. Voilà, la première année, c'est super bien passé. C'était rempli. Et donc, on va essayer de faire pareil.
- Speaker #1
De continuer sur cette lancée.
- Speaker #0
Et puis, le jour où il n'y aura plus personne, on arrêtera. On fera autre chose.
- Speaker #1
Bon, j'espère que ce jour n'est pas près d'arriver. Et je te souhaite plein de belles choses.
- Speaker #0
Merci beaucoup, c'était trop cool.
- Speaker #1
Voilà, le moment est venu de se quitter. J'espère que vous avez apprécié cet épisode. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir un nouvel invité, un nouveau parcours et se faire embarquer dans un nouveau virage. En attendant, prenez soin de vous et bonne semaine !