- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Pauline Maria, bienvenue dans Virage. Le podcast est sur la vie et ses tournants qui nous font rire, parfois pleurer, mais qui toujours nous inspire. Je suis ravie de vous accueillir dans cette quatrième saison de Virage qui promet d'être riche d'invités incroyables. Si vous voulez ne rien rater et soutenir ce podcast, je vous invite à vous abonner sur votre plateforme d'écoute. Et pour venir avec moi en coulisses, vous pouvez me suivre sur Instagram, pauline-du-bas-virage et sur TikTok, virage.podcast. Je vous laisse avec l'invité du jour et je vous souhaite une très bonne écoute. Bonjour Valentine.
- Speaker #1
Bonjour Pauline.
- Speaker #0
Comment ça va ? Bah écoute, ça va très bien et je suis très heureuse d'être là. Moi aussi, je suis trop contente qu'on enregistre un épisode, un épisode que je me réjouis de faire parce qu'on va parler du voyage seul, seul avec un E à la fin, c'est-à-dire le fait de voyager seul quand on est une femme. Tu y dédies désormais ton activité, tu viens de sortir un livre publié aux éditions Très Daniel. qui s'appelle Voyager seule. Ça vient d'une véritable transformation. Tu parles dans ce livre d'une rencontre avec toi. Et j'avais envie qu'on en parle, puisque au départ, tu étais juriste de formation. Donc, tu as pris les chemins, comme moi, de la fac de droit pour finalement passer par la case Burnout et avoir été vraiment transformée par un voyage que tu as fait toute seule en 2023 en Italie. Et j'avais envie qu'on parle un petit peu. De ce que ça représente pour une femme que de voyager seule, t'en parles un petit peu dans le livre, on fait face à des peurs, les peurs qui peuvent être les nôtres, les peurs qui peuvent être celles des autres, des questions, des jugements. Pourquoi tu penses que c'est particulièrement difficile quand on est une femme de voyager seule ?
- Speaker #1
Alors je pense qu'il y a beaucoup de raisons qui nous poussent à hésiter, à attendre. Moi j'en parle notamment dans le livre, j'ai mis dix ans à oser le faire. Parce que c'était quelque chose qui est venu à moi vraiment très tôt après le lycée, et il y avait beaucoup de peur qui était enfouie en moi. Donc c'était celle de la sécurité en tant que femme. C'est vrai que moi j'avais l'image tout de suite du film Taken, où il y a ce fameux kidnapping de deux copines. Et c'est vrai que c'est une image qui m'est restée en tête, où je me suis tout de suite dit, mais il va forcément m'arriver quelque chose. Comme si le fait de sortir de mon quotidien était synonyme de danger, alors que finalement, la vie nous montre même tous les jours que le danger, il peut être partout, et en même temps, les belles rencontres aussi. donc il y avait la question de la sécurité il y avait aussi cette question de solitude moi je suis une personne qui est très extravertie et j'avais ce paradoxe en moi qui était celui de vouloir sortir de ma zone de confort pour rencontrer des personnes mais à la fois avoir peur d'une potentialité ou peut-être que je serais amenée à rencontrer personne vu que par définition je voulais partir seule, donc il y avait cette deuxième barrière là et après il y avait la question de la barrière de la langue, je parle un anglais à l'époque qui était plutôt moyen et je me disais mais comment les gens vont prendre le temps temps de me comprendre, avec aussi un accent français qui fait que bon, c'est mignon à écouter, mais c'est pas forcément hyper audible tout le temps. Donc c'était ces trois principales barrières et aussi un entourage, parce que moi je suis fille unique et voilà, des parents qui ne connaissaient pas le principe de voyager seul, qui avaient tout de suite aussi peur pour moi, vu qu'ils n'ont qu'un enfant. Donc il y avait mes peurs à moi, celles des autres, donc celles de mon entourage qui faisaient que j'étais un petit peu tétanisée. pendant ces dix années.
- Speaker #0
Et donc au départ, toi, pendant ta carrière en tant que juriste, quand l'idée commence à arriver à toi de faire un voyage toute seule, est-ce que tu commençais à ressentir que ça allait à ce point te transformer ? Qu'est-ce que tu allais chercher dans cette expérience quand elle s'est imposée à toi comme étant une nécessité finalement ?
- Speaker #1
C'est exactement ça. En fait, c'est dix années de doute, de peur. Et après, comme tu le dis bien, Ça s'est imposé à moi, c'est devenu presque vital, où en fait j'avais tellement ce besoin de me prouver à moi-même que j'étais autre chose qu'une femme qui avait fait des études de droit sans rattrapage et qui avait un super job sur le papier. J'avais besoin de me prouver à moi-même. Et en fait j'étais dans une configuration où ça faisait déjà 5 ans que j'étais juriste. J'avais traversé des échecs personnels parce que oui j'ai réussi mes études de droit mais j'ai loupé deux fois le barreau pour être avocate. Donc ça, c'était un premier échec qui m'avait vraiment marquée. La résilience de se dire, en fait, c'est pas fini, tu vas faire juriste. Et en fait, même quand je fais le choix de devenir juriste, parce que j'ai fait les études pour, je ne me reconnaissais pas du tout dans le métier. Et j'ai persévéré pendant ces cinq années. Et en 2023, à un moment, je suis face à mon ordinateur et je me rends compte... que ce que je fais n'a pas de sens pour moi, c'est-à-dire que par rapport à ma personnalité, à aussi ce que je souhaite transmettre, à ma personnalité qui est plutôt celle de quelqu'un qui aime échanger avec les autres, partager. Je ne me voyais pas donner des conseils juridiques devant mon ordinateur et je me sentais un peu perdue. Et je me suis dit, attends, c'est quand la dernière fois que tu as fait quelque chose pour la première fois où tu t'es sentie vivante ? Je me le dis vraiment là, face à mon ordinateur. Et je repense à un voyage que j'ai fait au Sri Lanka, cette fois-ci avec deux amis. où je repense à toutes les expériences que j'ai traversées, où j'ai adoré faire du surf pour la première fois, découvrir ce pays qu'on appelle la Petite Inde, et je me suis dit, mais oui. Et là-bas, j'ai rencontré plusieurs voyageurs solos, qui m'avaient notamment rassuré en me disant, mais non, regarde, là, tu es au Sri Lanka, tu es avec deux copines, ok, mais regarde, moi, je le fais seule, ça se passe très bien, il y a des choses à savoir, mais c'est possible. Et là, je me dis, ok, il faut que tu partes, peut-être pas aussi loin, peut-être plus proche, donc j'ai choisi les Puy en Italie, et en fait, que tu te montres à toi-même que tu es... autre chose qu'un métier. Parce que j'étais aussi en souffrance. J'étais en train de perdre confiance en moi, vu que je ne me reconnaissais pas dans le job dans lequel j'avais choisi ma voie. Je me suis dit, il faut que je me trouve un challenge personnel qui me montre que je suis autre chose qu'une juriste en entreprise. Et non, j'étais loin de me douter après tout ce qui allait en suivre. Et j'en parle pas mal sur mes réseaux sociaux. Moi, je suis adepte de la technique des micro-pas ou même des petits pas de côté. Se challenger un petit peu tous les jours. Et en fait, ce voyage solo, il arrive aussi un moment où, avant ça, on en parlait avant d'enregistrer, j'ai mangé seule au resto, je suis allée seule au cinéma, j'ai commencé aussi à aller seule à la salle de sport. Donc ça a été des petites étapes. J'ai fait aussi une journée seule à Marseille. C'est pas venu comme ça, mais c'est venu un moment où, effectivement, j'avais besoin d'oser plus loin.
- Speaker #0
Ah oui, effectivement, tu vois, je me rends compte que, pour toi, par exemple, aller seule à la salle de sport, avant, c'était un concept.
- Speaker #1
Alors, je l'ai fait quand même. plutôt tôt, mais c'est vrai qu'avant, j'allais pas mal avec ma mère.
- Speaker #0
C'est marrant, tu vois.
- Speaker #1
Tu vois, début de vingtaine, je me rappelle, j'étais encore à la fac de droit, j'allais avec ma mère.
- Speaker #0
Tu vois, c'est très intéressant, je pense, pour les personnes qui nous écoutent, parce que ça veut dire que, comme tu dis, ça s'acquiert petit à petit, parce qu'on a tous des tempéraments très différents, et quelque chose qui va être, je suis sûre qu'il y a des tas de choses qui sont très difficiles pour moi, qui pour toi sont très faciles. Et la réciproque, c'est ça qui fait la beauté justement de l'humain, qu'on soit tous si différentes et différents. Et c'est intéressant pour les personnes qui n'osent pas sauter le pas de se dire que toi, c'était loin d'être innée.
- Speaker #1
Ah oui, c'était loin d'être innée. En fait, j'ai vraiment fait petit à petit, mais toujours avec ce goût du challenge. Mais en fait, moi, ce que je dis, c'est que la confiance, ce n'est pas quelque chose qui descend du ciel, c'est par l'action. Et on n'est pas obligé de se mettre la pression. Je sais qu'aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, On se compare beaucoup, on a l'impression que tout le monde va partir seul à Bali cet été. Non, non, non, vous pouvez très bien, et j'en parle dans le livre, commencer par faire un city break à Bruxelles. Arrêtons de nous comparer, chaque parcours est différent. Moi, j'ai accompagné des femmes. Amélie, elle n'a jamais pris l'avion. Elle est directement partie en voyage solo trois semaines en Indonésie. Truc de fou. Alors qu'elle est timide. En plus, elle me dit, moi je suis timide et tout ça. Elle est partie. Il y a d'autres femmes que j'ai aidées, sont parties dix jours ou même quatre jours en Espagne. On est toutes différentes.
- Speaker #0
Merci. Et ce que je trouve très intéressant, c'est qu'en fait, on en parle de plus en plus. Tu vois, je pense à Lorraine Bastide, par exemple, qui vient d'écrire un livre « Enfin seule » . C'est intéressant, tu vois, on se rend compte que les femmes ont été privées, socialement et dans le regard des autres, de prendre du plaisir dans la solitude. Comme si une femme qui aimait passer du temps avec elle-même et passer du temps seule, il y a forcément quelque chose qui cloche. C'est quelque chose que tu mets en lumière aussi dans un des chapitres de ton livre. Puisque tu parles du fait que finalement, c'est féministe de vouloir se retrouver seule avec soi, de voyager seule. Et tu m'as appris quelque chose qui m'a révoltée. C'est que dans le dictionnaire, la définition d'aventurière n'est pas le féminin d'aventurier. Toi, tu l'as appris par une femme féministe qui s'appelle Jeanne d'Aubonne. Et est-ce que tu peux nous expliquer ça, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors moi, c'est un livre que je vous recommande d'ailleurs. J'ai lu le livre de Lucie Azéma qui s'appelle « Les femmes sont aussi du voyage » , donc elle retrace tout l'historique des femmes à travers le voyage. Et la définition d'aventurier et d'aventurière, effectivement, à l'époque, il me semble que c'était dans les années 70, en fait, effectivement, n'était pas la même. L'aventurier, c'était un homme qui partait à l'aventure, qui allait explorer le monde, tandis qu'une aventurière, ça ne signifiait pas du tout que la femme était une exploratrice, C'était plutôt une femme qui... couraient les aventures, qui avaient des mœurs très généralement assez légères et qu'en fait l'aventure pour une femme c'était forcément associé au plaisir charnel, au fait que voilà la femme allait d'un partenaire à l'autre et en fait c'est même pas la question que ça soit bien ou pas, c'est la question que le mot Aventurier et aventurière n'est pas du tout associé à la même définition à l'époque. Donc ça montre déjà un décalage complet dans les droits des femmes à oser l'aventure et à oser explorer. Comme si la femme n'était que juste là pour être associée à un objet sexuel, à quelqu'un qui n'avait pas le droit de goûter le monde. Donc c'est vrai que quand j'ai lu ça, je me suis dit mais c'est... C'est révoltant et ça montre à quel point aussi le voyage solo est en train aussi de prendre de plus en plus de place parce qu'avant, c'était quelque chose que les femmes ne s'autorisaient pas.
- Speaker #0
Et je pense que les femmes ont de plus en plus de pression sur les épaules et de plus en plus besoin de se retrouver seule puisque tu casses un peu les codes aussi. C'est vrai qu'on a cette image quand on parle du voyage solo de quelqu'un. seul qui va partir sac à dos forcément, voilà mais en fait il y a des tas de manières d'envisager le fait de se retrouver seul avec soi-même et quelle que soit notre situation personnelle affective, sociale on peut choisir de partir toute seule.
- Speaker #1
Mais c'est ça, moi mon message c'est de démystifier le voyage solo. Pourquoi je prends à coeur ce message là ? Parce que ça part de mon histoire personnelle je ne suis pas non plus une baroudeuse qui a fait et... de l'autostop, je sais pas moi, dans un pays comme le Brésil ou l'Inde. Je suis pas partie non plus dans les quatre coins du monde. Et ce que je veux dire comme message, c'est qu'on n'est pas obligé d'être une grande aventurière pour voyager seule. Le voyage solo, il commence en bas de chez soi, quand on essaie de partir, je sais pas moi, seule au cinéma. Il peut commencer pour un city break de deux jours en France, dans le sud ou dans le nord, peu importe. Il faut se dire qu'on doit pas s'empêcher de vivre des aventures. Et surtout... des aventures qui nous ressemblent. On voit beaucoup passer sur les réseaux sociaux, Bali, l'Indonésie, tout ça. Vous n'êtes pas obligés d'aller là-bas. Vous n'êtes pas obligés d'aller loin. C'est ça mon message aussi pour partir à l'aventure. Comme je l'ai dit, j'ai commencé par une ville en France. Après, j'ai fait un week-end à Amsterdam. Après, j'ai fait deux semaines en Italie. Et après, je suis partie seule en Thaïlande pendant un mois. Je me suis écoutée au fur et à mesure. Et surtout, je me suis posé la question, quel est le voyage solo qui me ressemble ? Moi j'adore manger, donc tout de suite les destinations c'est très souvent par rapport à la nourriture, parce que voilà je suis bonne vivante. D'autres femmes ça va être peut-être aussi, je sais pas s'il y a des femmes qui aiment dessiner parmi les personnes qui nous écouteront, peut-être choisir une ville où il y a un côté artistique qui est développé, ou encore je sais pas si vous rêvez d'apprendre le flamenco, moi je suis partie seule à Séville, j'ai pris un cours de flamenco. Partir de ses passions pour oser une aventure qui nous ressemble.
- Speaker #0
Et quel a été ton premier moment ? Ce constat que tu as fait lors de ton premier voyage en 2023 quand tu es partie dans les Pouilles, quelle part de toi tu as rencontré et quelles sont les rencontres que tu as faites ? Qu'est-ce que ça t'a donné envie de faire et à quel endroit tu as pris conscience du fait que ça allait à ce point changer ta vie ?
- Speaker #1
En fait, déjà ce que j'ai retenu de ce voyage, c'est qu'il fallait que je me fasse confiance. Parce que j'étais en train de prendre une route qui n'était pas la mienne. J'étais en train de me dénaturer à travers un métier qui ne correspondait pas à qui j'étais à l'intérieur. Donc je me suis dit, Martine, il faut que tu t'écoutes, il faut que tu suives ton instinct, il faut que tu te fasses confiance. Et il y a une rencontre que j'ai faite en auberge de jeunesse à Paris, j'étais en train de quitter cette auberge, et il y avait un monsieur qui venait de prendre place dans le dortoir, j'ai échangé quelques mois avec lui, et il m'a dit cette phrase qui m'a bouleversée, mais bon, je vais te la donner, ça va te sembler anodin, mais en fait, à ce moment-là, quand il me l'a dit, Et par rapport à moi, à mon histoire personnelle que j'étais en train de traverser, lui il n'avait aucune idée de ce que je traversais, ça a tellement résonné en moi qu'encore aujourd'hui je la cite. Il m'a dit profitez de la vie, elle passe vite. Pourquoi ce monsieur me dit ça ? Ce monsieur il a 72 ans, il a fait Paris jusqu'à Paris, donc il a fait France-Italie à pied. Et il m'a dit si je peux vous dire quelque chose c'est profitez de la vie, ça passe vite. J'aurais aimé faire tellement de choses plus jeune, n'attendez pas. Et en fait ça m'a... Quand il me dit ces mots... Ça a vraiment résonné en moi et je me suis dit, ok, déjà, tu avais quand même des appréhensions avant de partir voyager seule dans les pouilles. J'ai eu des plaques rouges sur le corps avant de prendre l'avion. J'en parle dans mon livre. Je me suis dit, non, je suis à la bonne place. Et moi, je crois beaucoup aux rencontres un peu miroir. Et il y a beaucoup de voyageurs qui en parlent. Les rencontres ne se font pas au hasard quand tu pars seule. Parce qu'en fait, tu as le choix de parler ou pas avec les personnes. Tu n'es pas dans un groupe organisé. Tu es en auberge de jeunesse, tu es en activité. Parfois, il y a des histoires de vie qui vont résonner avec la tienne et ça va te donner des enseignements. Donc là, ce monsieur-là, il m'a donné une belle leçon de vie qui, à ce moment clé, m'a fait, comme tu dis, un déclic. Et j'ai compris que mon voyage allait prendre une autre tournure à mon retour. Et j'allais faire un virage par la suite.
- Speaker #0
Et donc, tu veux nous parler de ce virage. Est-ce qu'il se matérialise tout de suite ?
- Speaker #1
Donc déjà, moi, je rentre des Pouilles. Donc, j'ai passé deux semaines là-bas et je rentre du coup. en entreprise et il y a un manager qui me dit la question classique alors ce voyage ? et moi je la regarde, je lui dis extraordinaire et je me souviens, elle me regarde elle ne comprend pas ma réponse extraordinaire ? t'es partie en Italie non ? Et en fait, tout de suite, je vois un décalage par rapport à moi, mon ressenti personnel, par rapport à ce que j'ai vécu à l'intérieur de ce voyage qui n'est pas de simples vacances.
- Speaker #0
Oui, cette rencontre avec toi-même.
- Speaker #1
C'est ça. Donc elle me dit, ah ok, extraordinaire. Je lui dis, bah, je lui dis, oui, je suis partie seule, j'ai rencontré plein de monde. Enfin, je ne me suis pas trop étalée non plus. Mais voilà, moi, je sais à ce moment-là qu'il y a quelque chose qui se passe. Bon, après, la vie fait que, voilà, tu retombes dans les dossiers, tu retombes dans une charge de travail qui était... très conséquente pour un retour de vacances, parce que je suis rentrée au mois d'août, donc il y avait beaucoup de travail. Et en fait, je te disais au début de notre échange que moi, ça faisait plusieurs années que j'étais juriste, mais qu'à l'intérieur, je savais à l'intérieur de moi, mais tu sais, je n'écoutais pas. Je n'étais pas à la bonne place. Je n'étais pas là où je pouvais vraiment m'épanouir. Et en fait, deux mois après, diagnostic d'un burn-out professionnel qui s'est matérialisé aussi avec une paralysie de la jambe droite, où en fait, je n'avais plus de sensation sur ma jambe droite. Mais vraiment, j'étais HS.
- Speaker #0
Mon corps qui parle.
- Speaker #1
Voilà, parce que, encore une fois, je n'écoutais pas ma tête, je n'écoutais pas mes ressentis à l'intérieur. Donc, quand tu ne t'écoutes pas, c'est souvent ton corps qui te parle. Et en fait, quand ça se matérialise comme ça, je me dis là, il faut que tu fasses le point, il faut que tu affrontes aussi un message qui t'est donné. Et c'est là où je me suis dit, mais il faut que je prenne le temps là, parce que je suis dans la vie, comme dans une autoroute, j'ai fait les études pour... J'ai le job parfait sur le papier, tout ça, grande entreprise, très bien vu, les parents contents, mais t'es pas en train d'aller dans une direction qui est bonne pour toi en fait.
- Speaker #0
Ouais, tu vis pas ta vie à toi, tu vis pour les autres.
- Speaker #1
Ouais, et en tout cas t'essayes d'exister à travers des étiquettes que tu penses qui sont bonnes pour toi, parce que quand t'es jeune, on te dit, en tout cas à l'époque c'était tu fais du droit, sinon tu fais médecine, sinon tu fais architecte, c'était un peu ça les trois trucs. Et moi je me rappelle que plus jeune je m'étais pas écoutée, je voulais faire journaliste. Je me suis un peu auto-sabotée en me disant non, non, faire un truc un petit peu plus safe et tout ça va à la fac. Et en fait, je sais que si j'ai un conseil à donner à tous, c'est de s'écouter parce qu'on a parfois des aptitudes dans certains domaines. Et en fait, on peut aller beaucoup plus loin et plus vite que ce qu'on pense parce qu'on a certaines compétences. Alors qu'il y a d'autres chemins qu'on prend qui ne nous ressemblent pas, peut-être par sécurité. Et en fait, on n'est pas épanoui. Donc, oser, oser un petit peu.
- Speaker #0
Surtout que le monde change quand même beaucoup, le monde du travail en tout cas, je trouve. Je pense qu'on a une génération d'écarts, toi et moi, mais aujourd'hui c'est plus du tout comme ça. On est nombreuses et nombreux à vivre d'activités qui n'existaient pas il y a quelque temps. Et donc il y a moins de barrières dans le fait de choisir sa voie.
- Speaker #1
C'est ça, il y a moins de barrières, mais après pour avoir fait une conférence à la faculté lundi, J'ai échangé sur mon parcours auprès des étudiants de Master 2. Et c'est vrai qu'eux, ils ont aussi un autre challenge qui est l'incertitude. Parce que le monde bouge très vite. Mais en fait, ce que j'ai essayé de leur dire, c'est que le monde bouge vite ou non, essayez de déceler déjà vous ce que vous aimez. Et si vous cernez en vous vraiment ce avec quoi vous sentez que vous pourrez travailler, développer vos compétences, vous trouverez un chemin. Donc déjà, apprendre à croire en soi. Et on croit en soi, on...
- Speaker #0
en osant petit à petit et ce qui est très intéressant aussi dont tu parles dans ton livre et qui je pense beaucoup de femmes qui nous écoutent pourraient se reconnaître dans ce témoignage c'est que tu parles du fait de porter les émotions des autres et d'un moment donné dans sa vie se retrouver face à deux choix se dire que les émotions des autres ne nous appartiennent pas et qu'on est là pour vivre notre propre vie et s'en libérer ou continuer à s'en sentir responsable Merci. Toi, tu parles de ta mère, par exemple, dans le livre, en disant que ta mère est bien sûr extrêmement aimante, mais qu'elle peut avoir aussi des angoisses qu'elle projette sur toi, et que le fait de voir sa fille voyager toute seule l'avait beaucoup angoissée, et qu'avant, par exemple, un de tes premiers voyages, elle avait eu un zona, et que toi, tu as choisi, à un moment donné aussi, de ne plus porter cette culpabilité. Et qu'est-ce que tu aurais envie de dire aux personnes qui nous écoutent ? qui n'en sont pas encore là dans leur chemin pour le fait justement de ne pas se sentir responsable de ce que ressentent les autres quant à nos choix.
- Speaker #1
C'est une question tellement profonde. J'ai conscientisé et appris qu'il faut que je me détache du coup, notamment du poids, un petit peu des peurs de ma mère et aussi de mon papa. Mais c'est encore quelque chose que je travaille tous les jours. Donc le conseil que je pourrais donner, c'est d'oser petit à petit. Là, par exemple, pour le voyage solo, je me suis complètement détachée de leur peur. Parce que je parle de ma mère dans les remerciements en lui disant merci quand même d'avoir ce côté anxieux. Parce que je sais que ça m'a protégée. parce que moi j'ai du coup fait toujours très attention pendant mes voyages. J'ai toujours eu des petits réflexes ou des petits signaux. J'ai beaucoup écouté mon intuition, peut-être dans des situations où j'aurais pu me laisser un petit peu... Voilà, j'aurais pu peut-être créer des situations dangereuses, on ne le sait pas. Donc son anxiété m'a appris à me méfier, à m'écouter beaucoup. Mais dans le second temps aussi, c'est que je me suis dit que cette anxiété, je vais la prendre, mais l'utiliser pour moi, réaliser mes rêves et du coup, continuer à faire les choses qui me plaient. Parce que pareil... À un moment donné, il faut vivre pour soi. Par contre là, pour le voyage solo, du coup, c'est quelque chose dont je me détache. Mais par exemple, pour être sincère avec toi, tout ce qui est entrepreneuriat, donc ce que je suis en train de construire depuis deux ans et demi, c'est encore quelque chose qui est challengeant parce que ma mère, elle n'est pas du tout dans le domaine de l'entrepreneuriat. Donc maintenant, ce n'est plus les peurs sur le voyage solo, tu vois, qu'elle me met, c'est les peurs sur l'entrepreneuriat. Et là, c'est quelque chose que j'apprends.
- Speaker #0
Oui, c'est en sécurité.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Financière, finalement. Oui,
- Speaker #1
le fait d'avoir fait des grandes études, d'avoir travaillé dans des très beaux groupes avec une sécurité et une stabilité qui fait que les gens, généralement, ils commencent à 20 ans là-bas et ils restent jusqu'à la fin. Voilà, donc je la challenge maintenant sur un autre voyage, sur un voyage professionnel. Mais à la fois, tu vois, quand j'ai eu l'opportunité de faire le livre, elle était tellement contente. Là, c'est pareil, quand elle voit un petit peu l'impact que j'ai à mon niveau, toujours pareil. Mais elle est fière de moi, mais tu vois, sa peur, elle s'est décalée sur autre chose. Et c'est quelque chose que je comprends en tant que maman. Et je pense que la clé, c'est de rassurer. Si vous avez des personnes qui vous projettent un peu leur peur, pareil. Si vos proches ont peur pour vous pour le voyage solo, rassurez-les. Montrez-leur que vous avez choisi des logements safe. Envoyez-leur l'adresse. Rassurez-les aussi par rapport à la destination que vous choisissez. Renseignez-vous sur le ministère des Affaires étrangères et européennes en disant voilà, les risques sont très minimes. Pour moi, c'est presque de la pédagogie, il faut rassurer.
- Speaker #0
Accompagner.
- Speaker #1
Voilà, accompagner. Parce que très souvent, les personnes qui projettent leur peur, je parle du voyage solo, c'est souvent des personnes qui ne l'ont pas fait.
- Speaker #0
Oui, quand la relation, il y a quelque chose de bienveillant et que ce n'est pas une relation toxique ou quelque chose, effectivement, c'est un bon conseil de procéder de cette façon-là. Et ce que je trouve intéressant aussi, c'est que c'est vrai que c'est quelque chose dont on peut, j'imagine, beaucoup entendre parler et que toi, tu as exploré dans un chapitre. Et donc, j'imagine que ça fait partie de ton travail aujourd'hui. C'est que souvent, on peut entendre que voyager seul, c'est un peu pour fuir des problèmes. Et toi, c'est quelque chose auquel tu t'es attachée, tu as voulu y apporter une réponse en disant que finalement, c'est beaucoup plus compliqué que ça. et ce serait malhonnête intellectuellement de le résumer de la sorte puisque en fait c'est aussi accepter de se rencontrer de faire un peu la paix, de pouvoir prendre éventuellement de la distance face à quelque chose et que c'est pas forcément faire l'autruche pour justement fuir les problèmes et puis ensuite revenir et que les problèmes soient toujours là j'avais envie que tu me parles un petit peu de ça parce que je pense que nombreuses et nombreux sont les gens qui répondent ça face à quelqu'un qui décide de partir seul.
- Speaker #1
Alors on peut partir seule en ayant en tête la volonté de fuir. Et c'est pas quelque chose que je recommande. Comment éviter ça ? Moi je dis qu'il faut surtout partir, non pas en fuite, mais en quête. Et pour différencier la fuite de la quête, c'est qu'il faut d'abord conscientiser pourquoi on choisit à ce moment-là de partir. Par exemple, moi par rapport à mon histoire personnelle, quand je décide de partir, je ne fuis pas mon métier de juriste, mais je suis consciente que je suis à un moment de ma vie où ce que j'ai Créer ne me correspond plus. Donc en fait quand on part dans la quête de quelque chose, c'est que peut-être qu'on attend des réponses, mais il faut aussi se dire que peut-être qu'on les aura pas. Mais il faut aussi apprendre à se foutre un peu la paix en disant voilà je m'accorde un moment T en dehors d'un quotidien qui ne me correspond plus. J'essaie comme tu le dis de prendre du recul. Donc ça peut être du journaling, ça peut être sur le fait de discuter peut-être de ta situation avec d'autres voyageurs. Mais après il faut rester quand même conscient. et surtout consciente qu'au retour, ça sera la même situation. Par exemple, j'ai accompagné Sophie qui avait un job dans l'hôtellerie à haute responsabilité. Elle a fait un burn-out professionnel. Elle a fait le choix après de partir en Amérique du Sud. Là, elle vient de rentrer. Elle est partie un an et demi. Et elle m'a dit, donc là j'ai échangé avec elle, tu vois, il y a 3-4 jours, elle m'a dit, c'est difficile là de revenir parce qu'effectivement, moi je voulais avoir beaucoup de réponses pendant mon voyage. Et en fait, je suis revenue, je n'ai pas eu toutes les réponses. Mais pour autant, ce dont je suis sûre, c'est que je ne veux plus exercer mon métier en France. Donc là, du coup, elle s'est dit, je vais partir en PVT en Australie. Elle n'est pas partie pour fuir, elle est partie en quête pour avoir certaines réponses. Elle les a pas tout eues, et c'est ok. Par contre, en termes de modèle de vie, elle cherche quelque chose de différent que quand elle était partie.
- Speaker #0
C'est intéressant comme nuance, je trouve.
- Speaker #1
Ouais, mais la limite, elle est fine. Il faut pas se culpabiliser non plus. Mais pareil, il y a des personnes qui m'écrivent sur Instagram, je traverse un moment difficile, je suis même suivie médicalement. Il y a des personnes qui me disent, voilà, je suis sous antidépresseur, tout ça. Déjà, moi, la première chose que je dis, c'est, écoute, je ne suis pas professionnelle de santé, donc je ne peux pas du tout t'orienter. Par contre, si je peux te donner un conseil, c'est déjà parler avec ton professionnel de santé de ta volonté de voyager seule. Parce que voyager seule, c'est challengeant. Il faut quand même être armé dans sa tête. Il y a des imprévus, il y a des nouvelles rencontres, des nouvelles situations. Donc quelqu'un qui traverse une période difficile de sa vie, pourquoi pas attendre ? Je pense à Valérie aussi que j'ai accompagnée, qui est devenue il y a 4 ans veuve. Elle voulait voyager seule, mais elle l'a fait au bout de 4 ans. Elle avait besoin de peut-être stabiliser sa situation. conscientiser un petit peu son nouveau chapitre et au bout de quatre ans, hop, elle est partie. Donc donner du temps au temps et si vous traversez vraiment une période où émotionnellement vous êtes fragile, il ne faut pas partir. Il faut en tout cas aller voir un professionnel de santé qui va vous dire, écoute, là je pense que c'est, voilà, il faut se faire accompagner. Après si, voilà, ça va, c'est juste une période de vie un petit peu de doute ou vouloir se remettre un petit peu un moment pour soi. Là, bien sûr, il n'y a pas de souci, mais je préfère clarifier parce que c'est quand même une expérience, il faut la conscientiser.
- Speaker #0
Surtout que tu disais aussi juste avant que tu peux accompagner des femmes vraiment au parcours extrêmement diversifié.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et par exemple, tu as aussi des mères de famille, de trois enfants qui ont besoin de cette bulle de décompression de quelques jours par an. Et ce n'est absolument pas du tout toujours la fuite en avant qu'on peut imaginer, le voyage seul.
- Speaker #1
C'est même un moment pour moi de... Enfin, j'ai pas encore la chance d'être maman, mais comment je l'ai perçu par rapport aux femmes que j'ai accompagnées et aussi celles que j'ai rencontrées en voyage solo, moi, j'ai même l'impression que ça remplit les batteries. Tu sais, ça te... Je sais pas, enfin... J'ai une de mes amies, la Mariana, qui est partie 4 jours à Palma de Mallorca. Elle m'a dit, écoute, mais magnifique, quoi. Elle est scénariste à la base. Elle m'a dit, j'ai fait l'écriture de mon film, voilà, à Palma de Mallorca, j'étais bien. Premier jour, j'ai culpabilisé. Deuxième jour, un peu moins, mais j'ai culpabilisé. Bon, après, elle m'a dit, j'ai réussi à profiter quand même deux jours pleinement. Mais je suis rentrée chez moi. Déjà, elle était fière d'elle. Et elle était contente de s'être octroyée ce moment pour elle, en fait.
- Speaker #0
Moi, j'aime bien parler de réservoir patience en tant que mère,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #0
Je trouve qu'il y a des moments, on aime, on a beau... Enfin, on aime bien sûr ses enfants passionnément, etc. Il y a un moment où tu vois le réservoir patience, je trouve qu'il est vide. Et parfois, quand on a l'opportunité effectivement d'avoir un entourage de confiance à qui on peut confier ses enfants pendant quelques jours, si ce n'est pas possible avec le coparent par exemple, à ce moment-là, ou si c'est possible avec le coparent, qu'on veuille partir avec le coparent ou sans le coparent, donc le laisser au coparent ou le laisser à d'autres personnes quand c'est possible. C'est vrai que même deux jours, on revient et on est beaucoup plus armé pour les petites difficultés du quotidien, etc. Et ça, on l'a refusé au maire pendant longtemps, je trouve.
- Speaker #1
Oui, alors que moi, de ce que j'ai pu voir, en tout cas parmi les exemples que j'ai autour de moi, c'est qu'au contraire, en fait, le fait de s'octroyer cette place de femme qu'on a peut-être tendance un petit peu à oublier parfois dans son rôle de maman, en fait, le fait de se redonner un temps pour soi, qu'on rentre après dans le foyer familial, Déjà je pense qu'on a énormément de gratitude d'avoir construit ce cocon, cette famille et en plus on rentre, on rayonne.
- Speaker #0
Et ça se sent, moi je pense, pour l'enfant. En fait, est-ce que ça ne vaut pas le coup de partir deux, trois jours, parent, solo, se faire vraiment un moment détente pour soi, et après revenir et être armé, redynamisé et reposé, je pense aussi. En fait, l'enfant, il le sent. Et on dit souvent, c'est mieux d'avoir une maman contente, épanouie, qu'une maman malheureuse et fatiguée. Deux, trois jours.
- Speaker #1
La seule nuance, c'est qu'attention, ce n'est pas possible pour tout le monde.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Je pense au... parents solos, par exemple, qui n'ont pas vraiment de relais. Et ça ne fait pas des enfants moins épanouis. C'est la seule petite nuance, parce que c'est vrai que par moment, tu vois, de vie, je pense que ça peut être difficile de recevoir le « il faut prendre du temps pour soi » , alors que certaines personnes n'en ont pas du tout la possibilité. Mais prendre du temps pour soi, et c'est ça qui est intéressant dans ton livre, ça peut être juste un quart d'heure. Et ça, je pense que c'est possible. Votre enfant est à la sieste. Et vous vous accordez un quart d'heure qui est pour vous. Vous ne faites pas les tâches de la maison. Vous vous appartenez pendant ce quart d'heure. Vous allez faire quelque chose qui vous fait plaisir. Vous vous asseyez, vous prenez une tisane, vous faites ça. Vous pensez à vous pendant un quart d'heure et ça, c'est primordial.
- Speaker #0
Oui, lire un livre, acheter des crayons, faire un dessin. Enfin, développer sa créativité. Vous êtes une personne plutôt créative. S'il y a des passions que vous avez, ne pas enfouir vos passions. Et effectivement, tu disais 15 minutes, oui. Voilà, même une petite demi-heure. S'accorder un moment pour soi et surtout ne pas culpabiliser. Parce que vous vous l'octroyez. Ah bah non, j'aurais peut-être dû faire ces tâches-là au lieu de prendre un temps pour moi. Non, non, non, ça va vous faire du bien et après, vous allez vous sentir mieux.
- Speaker #1
Exactement. S'autoriser de temps en temps à se dire, ok, la maison attendra. Je suis aussi une priorité. Et ça, c'est important et c'est quelque chose qui, je trouve, ressort beaucoup dans ton livre. Le fait de se dire que c'est pas fuir quelque chose, c'est au contraire se rencontrer, s'autoriser à en apprendre davantage sur soi-même. Et tu parles aussi des rencontres qu'on peut faire là-bas, qui sont plus intenses parce que du coup, forcément, ça va plus vite, on se rencontre dans un autre contexte. Et ce que je trouve aussi passionnant, c'est que tu parles de toutes ces émotions qu'on peut ressentir quand on est en voyage seul. et en fait ben On n'est pas là-bas pour ne plus ressentir de tristesse, de nostalgie, d'ennui, de manque, etc. Au contraire, pour se reconnecter pleinement à toutes les émotions positives ou pas qu'on pourrait ressentir.
- Speaker #0
C'est ça. Le voyager, ce n'est pas que ressentir des bonnes émotions. Et c'est aussi une attente qu'on ne doit pas avoir en disant « j'ai voyagé seule, ça va être parfait » . Non, ça ne va pas être parfait. Si vous parlez l'anglais de manière approximative, oui, vous allez avoir des moments d'inconfort. Ou parfois, on ne va pas totalement vous comprendre. Mais après, vous allez être fiers d'avoir... essayé, c'est comme ça que vous allez progresser et ce qui va être de l'inconfort va se transformer en fierté donc ce qui va être au début une émotion, voilà un petit peu de qu'est-ce que je suis en train de faire ça va se transformer par quelque chose de la joie en fait je suis fière de moi j'ai osé le faire et je trouve que le voyage solo, ce qui est important aussi et le message aussi que j'essaie de passer c'est apprendre à être égoïste en fait apprendre à penser à soi, parce que ça a forcément un effet ricochet sur nos relations qu'elles soient amoureuses professionnelle, familiale, ça a un effet ricochet. Si on est bien déjà avec soi-même, si on est bien avec ce qu'on est en train de devenir, on le sera aussi avec les autres.
- Speaker #1
Et encore une fois, ça a une importance toute particulière quand on s'adresse aux femmes, parce qu'on a beaucoup, mis les femmes dans la position du care, du soin, et du coup de penser toujours à soi en dernier. Et c'est vrai que l'exemple qu'on donne toujours du masque à oxygène dans l'avion, il est assez parlant. le fait de... de pouvoir aider les autres d'abord, de devoir mettre son masque à oxygène, alors que c'est un peu contre-intuitif et qu'on a tendance à vouloir, par exemple, en tout cas quand il s'agit de son enfant, vouloir le mettre d'abord à son enfant. Mais en fait, ça s'applique dans beaucoup de situations de vie.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et toi, les personnes qui viennent à toi pour que tu les accompagnes, elles viennent tout de suite avec ce projet de voyager seule ou c'est toi qui l'amènes dans le cadre d'un accompagnement, s'il te semble opportun ?
- Speaker #0
Moi j'ai eu deux cas de figure. Du coup quand j'ai créé ma page Instagram qui s'appelle Oser plus loin, c'était quand j'étais partie dans les pouilles. Donc j'ai vraiment partagé de manière complètement anonyme. Moi à l'époque je suis juriste, je sais que je ne suis pas bien dans ce que je fais, mais je n'ai aucune vision vraiment d'un potentiel projet autour de ça. Et en fait je reçois des messages de personnes qui ont l'idée de voyager seule mais qui n'osent pas. Mais j'ai eu aussi d'autres femmes qui m'ont dit écoute je suis tombée sur ta page Instagram, ça m'a donné envie. Et j'en parle un petit peu dans mon livre. C'est vrai que... parfois on ne se rend pas compte de l'impact positif qu'on peut avoir sur des personnes qui disent « Tiens, cette idée de solitude choisie, ça m'a parlé Valentine. Je me demande si je ne vais pas aussi, moi, oser le voyage solo. »
- Speaker #1
Et tu m'as inspirée.
- Speaker #0
Voilà, tu m'as inspirée et surtout, j'ai montré que c'était capable. Parce que moi, je parle du fait que je suis une anxieuse, moi, à la base. Je ne suis pas non plus une grande aventurière qu'on pouvait voir au début de l'ère des réseaux sociaux où il fallait forcément gravir des montagnes, faire des treks, des trucs. Non. Vous pouvez partir en voyage solo en valise. Moi, parfois, je suis en valise, parfois, je suis en sac à dos. J'ai plusieurs facettes, selon mes envies. Et du coup, ces femmes-là, elles viennent souvent dans plusieurs chemins de vie. Parce que quand on voyage seul, moi, ce que je prends, c'est le voyage solo un petit peu transformateur, où on est à une intersection, on est à un virage, justement. Pour ma part, ça a été le burn-out professionnel. Il y a d'autres personnes qui savaient être à l'issue d'une rupture amoureuse. On parlait du fait d'être mère tout à l'heure. Il y a aussi des mamans qui ont été intéressées pour... partie en voyage solo. Donc j'ai notamment Aurélie qui est maman divorcée, qui est psychologue, qui est maman de deux enfants. Elle me dit, Valentin, je veux voyager seule pour me prouver que je suis capable de le faire. Mais je veux aussi surtout le faire pour après pouvoir voyager seule avec mes deux enfants. Je l'ai accompagnée au partir au Portugal. Elle a fait Porto et Lisbonne en solo pendant dix jours. Je l'ai accompagnée sur le choix de la destination. Je parlais de conscientiser son voyage. Quel est le voyage solo qui te ressemble ? Donc il y a une série de questions avec aussi mes Merci. recommandations parce que j'ai beaucoup voyagé que ça soit solo ou avant en groupe donc j'ai quand même une idée assez globale des destinations par rapport au type de voyage qu'on souhaite faire il y a eu aussi des séances mindset que j'ai donné sur le fait de sortir de sa zone de confort oser rencontrer sa peur c'est souvent un signe de curiosité comment aller au delà de ses peurs pour oser et après tout un une partie sur les applications à connaître comment éviter les arnaques on a beaucoup peur de se faire arnaquer aussi en france parce que ça existe les faux logements les scams et tout Une partie aussi sur la santé, sécurité, le côté administratif. Et elle est partie. Et deux, trois mois après, elle m'envoie une photo sur Instagram en DM. C'est une photo d'elle. Franchement, ça m'a touchée. J'avais l'air aux yeux. D'elle avec ses deux enfants. Donc, 8 et 11 ans. Donc, ils étaient en selfie. Elle était là et avait sa fille là et son garçon là. Et elle m'a écrit. Elle me dit, voilà, Valentine, on est bien parti à Rome pour notre trip. Merci beaucoup. C'est en partie grâce à toi que je suis partie. Donc, il y a aussi ce schéma-là quand on est maman séparée. Comment après on gère les vacances, les enfants ? Comment on ose voyager seule aussi avec ses deux bouts de chou ? Elle est partie. Et pareil, elle a pu partir parce qu'elle avait les ressources, la possibilité. Si vous, ce n'est pas le cas, il y a aussi d'autres choses à faire, bien évidemment. Ce n'est pas une injonction, c'est juste une illustration que le voyage solo peut se faire aussi quand on est maman et séparée.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, c'est quelque chose que tu mets vraiment en lumière. Tu le dis dans un chapitre, il y en a vraiment pour toutes les bourses. On n'est pas obligé ni de partir loin, ni de partir dans des conditions. Tu proposes des tas d'alternatives par rapport au budget. Et j'avais envie de revenir sur la sécurité. Tu parles d'un site, je ne me souviens plus comment il s'appelle, sur lequel tu recommandes aux femmes de s'inscrire.
- Speaker #0
Oui, le Filarian. Ça a été créé par le ministère des Affaires étrangères et européennes. Tu mets tes coordonnées, donc nom, prénom, numéro de téléphone et mail. Et ça te permet de connaître en situation réelle ce qui se passe dans le pays. Je prends un exemple. Admettons que vous partez au Sri Lanka, voilà vous êtes dans votre voyage, backpack etc. Et là je pense aux événements qu'il y avait eu là-bas, parce que j'y avais été peu de temps après. Il y a un mouvement de grève, des contestations à l'époque, c'était par rapport à tout ce qui était essence et tout ça. Il y avait une grève d'une partie de la population au Sri Lanka. En fait vous allez recevoir un message. Bonjour, nous tenons à vous informer que la partie nord du pays, en ce moment il y a... telle manifestation, on vous déconseille d'y aller parce que déjà, vous n'aurez pas de transport en commun. Tout ce qui est essence et tout, il n'y aura plus. Et en plus de ça, il y a des émulations entre les locaux et les pouvoirs politiques qui fait que en tant que voyageur, ce n'est pas recommandé. Donc ça, c'est quelque chose que je recommande. Pareil pour tout ce qui est... Bon là, je ne lui ai donné que des trucs catastrophes, mais bon, c'est bien d'être conscient quand on ne le voit pas. Tout ce qui est alerte tsunami, tremblement de terre, etc. Je pense... En Asie, il y a beaucoup ça, les tremblements de terre, les tsunamis. Quand ça arrive, vous recevez l'information. Parce qu'on n'a pas tout le temps le réflexe de checker les infos, tout ça. On est un petit peu dans notre bulle aussi. Donc, ça vous envoie directement les infos. La France sait où vous êtes. Vous êtes localisé. Donc, même en cas de rapatriement urgent, vous êtes dans les bases de données. Je pense notamment à ce qui s'est passé récemment au Moyen-Orient, à Dubaï. En fait, vous êtes directement... un peu sur la liste, la checklist des services français. Donc, vous êtes repérable. Et ça, pareil, le fait de le faire avant de partir, ça vous rassure. En termes de sécurité, j'ai un deuxième conseil aussi. Dans chaque pays, il y a un petit peu des arnaques. À Paris, il y a certains types d'arnaques qui existent pour les touristes. À Madrid, il y en a d'autres. Sur le site du ministère des Affaires étrangères européennes, vous tapez la ville dans laquelle vous souhaitez partir en voyage et vous avez un listing un peu des arnaques. À Madrid, il y a certains types d'arnaques. En Colombie aussi. Par exemple, à Barcelone, sur la Semblase, des femmes qui dansent devant vous, il y en a une derrière qui vous prend le porte-monnaie, à des personnes qui se déguisent en faux policiers, souvent en Amérique du Sud. Et quand je dis ça, le but, c'est pas de faire peur, c'est juste qu'une fois que vous avez conscience de ça, en fait, s'il y a un policier qui vient vous voir, ou une danseuse un peu comme ça qui vient vous voir quand vous partez en vacances, vous avez déjà l'information, donc vous serez plus méfiant, en fait, parce que vous serez averti.
- Speaker #1
Tout à fait. Et j'avais envie de te poser une dernière question. Toi, qu'est-ce que ça a changé en toi ? Et à quel moment de ta vie tu dirais que le voyage seul t'appelle ?
- Speaker #0
Moi, ça a transformé ma vie dans le sens où ça m'a donné beaucoup plus confiance en moi. Ça m'a révélé un peu sur le fait que je peux oser être qui je souhaite être et je peux me lancer des challenges. Après avoir osé voyager seule, déjà, je n'ai pas arrêté. J'ai fait plein d'autres voyages solo. J'ai osé me lancer dans l'entrepreneuriat. C'était mon rêve d'écrire un livre. C'est venu à moi. Alors que c'est quelque chose, vraiment, j'en parle depuis très longtemps. Et quand j'ai eu cette proposition, je me suis dit, mais c'est fou comment je te parlais que parfois, les choses peuvent aller. vite quand on est aligné avec ce qu'on fait. Moi, je suis tellement alignée avec ce que je fais aujourd'hui que j'ai confiance dans le fait que si tu es au bon endroit, les opportunités vont venir parce que tu es pleinement toi-même avec ce que tu es en train de faire. Donc, la confiance en soi, la résilience aussi, ça m'a donné aussi beaucoup de clés sur ça et ça m'a challengée et ça m'a permis de comprendre que chaque échec, chaque épreuve t'emmène vers une voie qui est tienne et moi ça arrivait un moment de ma vie où bas comme je te disais j'étais En crise existentielle, c'est un mot qui est beaucoup dit, j'étais un virage. Franchement, c'est le nom de ton podcast. Oui, j'étais un tournant de ma vie. Qui je veux être à la veille de mes 30 ans ? Qui je suis ? Du coup, j'essaie de devenir quelqu'un dont je suis fière. Pareil, je me dis souvent, si demain, je ne suis plus là, si je meurs demain pour x ou y a quelque raison, est-ce que je suis fière de ce que je suis en train de faire ? Encore une fois, je ne veux culpabiliser personne. Si vous n'avez pas... d'idées ou pas d'opportunités par rapport au métier. Nous ne sommes pas que quelqu'un par rapport à un métier. Donc, si vous voulez vous challenger, vous mettre à la course à pied, reprendre des cours de dessin, essayez et après vous vous direz, écoute, je suis fière en fait de recommencer de zéro, me mettre dans une passion qui m'anime. Je pense à mon partenaire, mon conjoint, qui vient de se mettre au tennis. À 31 ans, il s'est mis au tennis. Bon, ben voilà, il me dit franchement, ça fait des années, je ne sais pas pourquoi je n'osais pas, mais là, il s'éclate. Il n'y a pas d'âge, en fait.
- Speaker #1
Bien sûr, et ce n'est pas forcément quelque chose d'énorme, comme tu dis. Et aussi, je rebondis sur ce que tu dis, il n'y a pas forcément toujours quelque chose à changer. Il y a peut-être des gens qui s'interrogent sur le fait de, comme tu dis, se dire, tiens, si je devais mourir demain, est-ce que je suis fière de moi ? La réponse est peut-être oui. On peut se sentir d'ores et déjà alignée, et d'ailleurs, on peut se sentir alignée en étant salariée. Tout à fait. Vraiment, ce qui compte, c'est d'être bien avec la vie qu'on mène, et il n'y a pas de règles préétablies. Et ça, c'est vraiment quelque chose que tu dis. Ton livre n'est absolument pas une injonction à le faire. Tu n'es vraiment pas du tout ni dans la culpabilité. Tu proposes des solutions.
- Speaker #0
Je parle de plein de profils différents de femmes que j'ai accompagnées. Plein de solutions, même en bas de chez soi, pour oser. En fait, le voyage solo, je n'ai pas envie de dire que c'est une excuse, mais c'est un peu le prétexte. Le vrai message, c'est oser. Et le voyage solo... C'est un levier pour oser à son retour.
- Speaker #1
Oui, se rencontrer, se transformer.
- Speaker #0
Se rencontrer, sans se culpabiliser, en allant étape par étape. Mais si vous vous posez des questions, comment je peux faire là tout de suite ? Technique des micro-pas, petit à petit, et surtout, beaucoup de bienveillance avec soi-même. C'est important. Et peut-être s'entourer d'autres personnes qui ont déjà voyagé seules. Vous pouvez aller sur des groupes Facebook, les voyageuses solo, les backpackers, prendre des témoignages, écouter comme ça des podcasts. lire des livres, comment ça vous renseigner petit à petit ?
- Speaker #1
Je te remercie beaucoup Valentine, c'était super intéressant j'ai beaucoup aimé, j'ai appris beaucoup de choses dans ton livre donc je vous recommande la lecture si vous envisagez de voyager seule cet été par exemple, c'est sorti aux éditions de Très Daniel, il y a aussi ton compte Instagram dont t'as parlé Oser Plus Loin,
- Speaker #0
tout est taché et puis beaucoup de bonheur pour la suite Merci beaucoup et merci à toutes celles et ceux qui nous auront écouté c'était vraiment un plaisir d'échanger plaisir partagé
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Voilà, le moment est venu de se quitter. J'espère que vous avez apprécié cet épisode. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir un nouvel invité, un nouveau parcours et se faire embarquer dans un nouveau virage. En attendant, prenez soin de vous et bonne semaine.