- Speaker #0
FED Group Bonjour et bienvenue dans Voix d'entrepreneurs du droit by FED Legal.
- Speaker #1
Dans ce podcast, nous recevons des acteurs du monde du droit. Leurs points communs ? Une vision entrepreneuriale de leur métier. Des parcours toujours inspirants et emprunts de sincérité et d'optimisme. Bonne écoute ! Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Voix d'entrepreneurs du droit by FED Legal. Je suis Audrey Déléris et aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Anne-Sophie Le Lay, Group General Counsel du Groupe Suez. Bonjour Anne-Sophie, tu débutes ta carrière comme avocate d'abord à Paris puis à Toronto, Canada. En 2001, tu rejoins le groupe Renault où tu passeras près de 17 ans jusqu'à en devenir directrice juridique en 2011. En 2018, tu rejoins Air France KLM en tant que secrétaire générale et membre du comité exécutif et pendant cinq ans, tu pilotes notamment les affaires juridiques, les affaires institutionnelles, la communication et le développement durable. Depuis 2023, tu es Group General Counsel de Suez et membre du comité exécutif et tu es également administratif indépendant d'Orano et membre du cercle Montesquieu. Anne-Sophie, bonjour et merci beaucoup d'être avec moi et avec nous aujourd'hui.
- Speaker #0
Avec grand plaisir, Audrey. Et bonjour à vous tous.
- Speaker #1
On était en train de se demander si c'était ton premier podcast, mais en fait, c'est vrai qu'on en a déjà fait un ensemble, le Legal Club Sandwich, mais dans une autre version avec une partie vidéo, alors que là, on est face à face, Anne-Sophie et moi, avec chacune un micro coloré devant nous. Exactement, voilà. Donc, merci Anne-Sophie. Est-ce que j'ai oublié de dire quelque chose sur toi ?
- Speaker #0
Non, sur ma vie professionnelle, ça me paraît un très bon résumé.
- Speaker #1
Bon, ça va. Alors moi, j'ai une première question pour toi. Après plus de 25 ans de carrière, Qu'est-ce qui te fait encore envie aujourd'hui ? Qu'est-ce qui t'enthousiasme ? Qu'est-ce qui te plaît dans ton métier ?
- Speaker #0
Ce qui me plaît énormément dans mon métier, c'est la diversité des sujets qu'on peut traiter et être toujours finalement dans la découverte, en tout cas pour moi, et on parlera en détail de ma vie professionnelle, finalement d'avoir changé d'industrie. Et je découvre encore tous les jours des nouveaux métiers chez Suez, des nouveaux projets en France et à l'international. Et je suis une passionnée d'entreprise, donc ça m'enthousiasme beaucoup.
- Speaker #1
Ok, donc en tout cas toujours ton enthousiasme à faire ce métier.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Justement, on va revenir un peu au début, mais il y a une question que j'aime bien poser, c'est comment tu t'es retrouvée à faire du droit à la base ?
- Speaker #0
Alors je me suis retrouvée à faire du droit, je ne savais pas très bien ce que j'avais envie de faire. Je ne me suis pas dit à trois ans, tiens, je vais devenir, comme beaucoup de filles, hôtesse de l'air, infirmière, voilà. Je ne savais pas du tout ce que j'avais envie de faire et j'ai finalement... Profiter de mon enfance un peu au jour le jour sans me poser trop de questions. Et puis arrivaient évidemment les années où il fallait un peu plus se décider. Et, je vais vous faire rire, mes parents m'ont emmenée voir, j'ai fait une analyse graphologique. Ça paraît fou aujourd'hui, c'est là que je me rends compte que j'ai plus de 50 ans. Ça paraît fou de faire ça, mais en fait à travers l'écriture, la façon dont on a des appuis, la façon dont on s'exprime par écrit. En fait, veut dire énormément de choses de notre personnalité, de nos envies, de qui on est. Et en fait, cette analyse m'a beaucoup aidée à finalement déterminer un peu quels étaient les plus et les moins de ma personnalité ou en tout cas ce qui pourrait me plaire dans des études. Évidemment, ça ne voulait pas dire tu feras ci ou tu feras ça de façon très particulière, mais ça me donnait des traits de personnalité. Et ressorti de ça, une grande envie d'indépendance. D'où le choix aussi d'aller plutôt vers l'université. D'être assez logique dans ma façon de raisonner, d'avancer. Et puis finalement, ça je le savais déjà non plus, ne pas être une mathématicienne ou en tout cas aller dans des études très scientifiques. Voilà, donc petit à petit on a regardé plein de choses, un peu plus dans le détail. Et le droit est ressorti comme étant une option que j'ai choisie et que je n'ai jamais regrettée.
- Speaker #1
J'adore cette histoire pour le coup. Et t'avais quel âge quand t'as fait cette test-là ?
- Speaker #0
J'étais première ou terminale, enfin j'avais 17-18 ans, quelque chose comme ça.
- Speaker #1
Et tu penses que, je sais pas si c'est la réponse, mais est-ce que tu penses qu'aujourd'hui quand on écrit quand même moins, on pape sur les claviers, tu penses que c'est encore un violateur ?
- Speaker #0
Je ne sais pas répondre à ta question et je t'avoue que c'est une question, j'aime bien chercher des réponses à plein de questions, mais je ne l'ai pas cherchée, mais elle m'a souvent taraudée. Je me suis souvent dit, tiens, finalement, est-ce qu'aujourd'hui, je vois même les étudiants, quand on parlait des étudiants, on voit plutôt des écrans d'ordinateur et des petites têtes derrière. Je me suis souvent posé la question de, finalement, quel impact ça a aujourd'hui. Et je me suis même demandé, mais je n'ai pas cherché, donc peut-être que vous allez tous, en nous écoutant, aller chercher sur Internet ou en utilisant l'IA. Je me suis même demandé si ce métier existait encore.
- Speaker #1
C'est une bonne question, oui.
- Speaker #0
Parce que voilà, c'est vrai qu'aujourd'hui on écrit de moins en moins, mais c'est vrai que si vous lisez des écritures des uns et des autres, on voit qu'on est tous très très très différents dans la façon dont on s'exprime à travers des jolies lettres.
- Speaker #1
Exactement. Et bien écoute, c'est en partie, en tout cas grâce à la graphologie, que tu as trouvé ta voie. Exactement. Tu as débuté comme avocate en France puis au Canada. Qu'est-ce que ça t'a appris d'être avocate et pourquoi ce choix de partir à l'étranger ?
- Speaker #0
Alors... Moi, si on fait un peu lien avec mes études, les études de droit m'ont énormément plu. Alors, je n'ai pas toujours de souvenirs, c'est-à-dire que toutes les matières m'ont plu. Je m'en souviens, je me souviens en tout cas qu'en première année, comme finalement un peu tous les étudiants, ce n'est pas complètement simple. Mais en tout cas, j'aimais la façon dont on s'organisait dans le travail, on avait de l'autonomie. J'aimais les fameux travaux dirigés, les TD qu'on avait en plus petits groupes. J'ai aimé cette ambiance de l'université. Et en fait, ce qui m'a énormément plu dans le droit, C'est cette capacité qu'on a, finalement, on se dit tout ça, c'est une matière très littéraire. Moi, je trouve que c'est une matière de démonstration. En fait, c'est de la logique. On démontre des choses. On démontre un raisonnement, on utilise des faits, et puis on essaie d'apporter une réponse en utilisant la règle de droit. Et c'est ça qui m'a plu, en fait, dans les études. Et puis, je vous ai... Enfin, je t'ai fait rire, Audrey, et peut-être que je vous ferai avec mon analyse graphologique, mais pour le choix D'avocat, c'était à peu près pareil. C'est qu'on maîtrise l'époque de droit. Donc en Master 2, il fallait s'inscrire à l'IEJ, donc s'inscrire pour là. Et puis moi, je ne savais pas trop ce que j'avais envie de faire non plus. Et puis je voyais tous les copains qui s'inscrivaient. Donc je me suis dit, bon, c'est que ça doit être une bonne idée. Et c'est comme ça que j'ai passé le barreau. Donc je n'avais pas une vocation particulière à devenir avocate en me disant, je vais faire du droit une fois, passer ça. Deuxième année, ça va être mon métier préféré. Non, ce n'est pas tellement ça. Je me suis laissée prendre finalement par le groupe. Et je l'ai eu ric-rac, Mais ce n'était pas grave, j'étais rentrée à l'école. Et pareil, en fait, ça a été une belle découverte. À la fois l'année de formation et puis les stages et puis ce métier. Donc voilà le choix de devenir avocate. J'ai travaillé pendant quatre ans à Paris. Pareil, j'avais fait le choix de... de rentrer dans un petit cabinet. Mes copains, copines, à l'époque, ils partaient plutôt dans les grosses structures. Moi, je n'ai pas fait ça. Je suis rentrée dans un petit cabinet parce qu'en fait, j'avais envie de toucher à tout. Comme j'avais quand même fait du droit immobilier, puis on verra après que ça m'a poursuivi un peu dans toute ma vie professionnelle. Finalement, je suis rentrée dans un cabinet où on faisait de la construction, on faisait des bouts commerciaux. Et en fait, assez vite, je suis devenue associée de ce cabinet. Mais on touchait à tout. Enfin, je veux dire, à l'époque... Ça fait un peu... À la fin de la journée, j'allais déposer le courrier à la poste parce que chacun prenait une petite part de l'organisation du cabinet et finalement, développer aussi un esprit un peu d'émerde, être capable de tout faire, je trouve que c'est un bon principe de vie. Et ça sert dans beaucoup de situations personnelles ou professionnelles, finalement, quelles qu'elles soient.
- Speaker #1
Et donc oui, c'est très tôt du coup pour devenir associée à une structure ? Oui,
- Speaker #0
c'était devenu très tôt parce qu'en fait, si ça les intéressait de me garder, et finalement, j'ai accepté pour des raisons personnelles. Avec mon mari, on est parti faire une expérience au Canada. Donc finalement, j'ai revendu mes parts. Donc ils étaient, il faut l'avouer, un peu déçus. Mais voilà, dans la vie, il faut prendre aussi les opportunités quand elles arrivent. Et je suis partie en fait pendant deux ans au Canada, à Toronto. On avait fait le choix d'aller dans la partie anglophone du Canada. Donc n'étant pas inscrite au barreau de Toronto, je ne pouvais pas être avocat de droit canadien. Mais en fait, je pouvais être consultant en droit étranger. Donc voilà, j'avais un statut reconnu et surtout, finalement, je suis devenue la consultante d'un petit cabinet canadien. qui était un spin-off de grosse structure, il faisait beaucoup d'IP, et puis c'était l'époque, c'était les années 2000, de tous les sites internet qui se créaient à l'époque, avec des petits jeunes de 16 ou 17 ans qui arrivaient à faire des levées de fonds incroyables, et qui lançaient des sites internet, et ce cabinet en fait c'était spécialisé là-dedans, donc on voyait arriver des bébés ados au cabinet, qui évidemment n'y connaissaient rien, avaient besoin d'être accompagnés, et donc moi je faisais deux choses, j'étais leur consultante sur ces sujets-là, Et puis, en même temps, je faisais le développement du cabinet vers la communauté française et francophone. Parce que ça les intéressait, évidemment, d'avoir de nouveaux clients, ne parlant pas français, ne connaissant évidemment pas cette communauté du tout. Voilà, donc j'ai ramené un super client dans les biotech à l'époque. J'ai vendu le cabinet auprès de la chambre de commerce à Bruxelles, puisqu'ils avaient un peu l'idée que... finalement, passer par le Canada, c'était un bon moyen d'attaquer le marché américain, l'ALENA, le Mexique, le Canada, et qu'évidemment, le Canada restait beaucoup plus accessible pour les Européens que les États-Unis directement. Donc, ça a été mon expérience pendant deux ans, où j'ai moins fait de droits dans le sens technique du terme, mais en tout cas, j'ai développé le commercial.
- Speaker #1
Et quand tu es rentrée en France, est-ce que tu es... Vous venez directement aller en entreprise ?
- Speaker #0
Alors, je suis rentrée, pour mettre un peu de vie personnelle dans tout ça. En fait, j'étais enceinte de 7 mois quand je suis rentrée. Donc, j'ai pris le temps d'avoir quelques mois avec ma petite fille. Donc là, on était en début 2001. Et puis, évidemment, arrive le questionnement, comme je devais tout recréer. J'avais vendu mes parts de mon cabinet. Je n'avais plus d'ancrage vraiment en France. Donc, c'est là que j'ai réfléchi et je me suis dit, finalement, qu'est-ce que je fais ? Donc je repars dans un cabinet, et puis je me suis pas mal renseignée, j'ai discuté avec beaucoup de monde, et je me suis dit, en fait ce qui me plaît moi c'est de suivre un projet de A à Z. Et donc j'ai cherché en entreprise, j'ai eu plusieurs opportunités, et puis j'ai une amie qui me dit, écoute, là je viens de passer un entretien dans le département droit immobilier. de la direction juridique de Renault, je crois qu'ils sont en train de clôturer le recrutement. Ils vont plus voir de... Dis-moi, ça ne m'intéresse pas trop, mais peut-être que toi, ça te va te plaire.
- Speaker #1
Et c'est comme ça que ça a pas mal marché. L'aventure a commencé.
- Speaker #0
Donc, je suis rentrée vraiment, en fait, comme juriste en droit immobilier, chez un constructeur automobile, ce qui, comme ça, on pourra en discuter un peu plus dans le détail, mais ce qui paraît pas complètement naturel. premier abord.
- Speaker #1
Tu faisais quoi en immo ? Alors, les gens qui s'interrogent...
- Speaker #0
Finalement, le droit immobilier, c'est très proche du business et de beaucoup de business. Parce qu'en fait, dans le droit immobilier, chez un constructeur automobile, on construit des usines, on rénove des usines, on doit maîtriser des terrains pour construire des usines, on rénove des garages. On vend des garages, on fait de la gestion de patrimoine immobilier. Derrière ça, il y a des enjeux environnementaux. Est-ce qu'on a pollué à une époque ? On était moins quand même soucieux du sol et du sous-sol de notre pays ou d'autres pays d'ailleurs. Et donc, il y avait un enjeu de dépollution extrêmement fort. Et puis, on prend à bail des nouveaux locaux. On a des bureaux. Donc finalement, quand on regarde ça, un juriste immobilier, il était embarqué. tous les projets pratiquement de Renault, que ce soit en France ou à l'international. Donc on travaillait beaucoup avec tous nos collègues de la direction juridique. Et puis c'était une direction où finalement, au niveau du siège à Boulogne, on avait la vision transversale de tous les projets de développement du groupe. Et donc je pense que c'est ça qui m'a passionnée en entreprise et qui m'a... Ce qui m'anime toujours aujourd'hui, c'est qu'on a un rôle en tant que juriste où on voit toute l'entreprise. Et c'est ça que je trouve ultra passionnant.
- Speaker #1
Et j'imagine quand tu es arrivée en tant que juriste IMO au tout début, donc au début des années 2000, tu ne pensais pas que tu allais passer 17 ans dans la même structure ?
- Speaker #0
Non, je n'avais pas imaginé ça.
- Speaker #1
Je vais poser la même question pour te le dire à Maria Gomri, qui est directrice juridique Europe du Sud de Google. qui était derrière ce même micro violet qu'elle devant toi, donc il y a quelques semaines. Et pareil, elle est encore chez Google et elle a commencé. Google était quand même beaucoup plus petit, évidemment ultra connu, mais elle ne se doutait pas de tout ce qui s'est passé depuis. Donc, je te pose la même question. Peut-être plus de 17 ans après, parce qu'il y a eu d'autres choses après, pour le coup. Mais quel regard tu portes sur cette formidable aventure ? Je pense qu'en 17 ans, ça a dû être... extrêmement chouette et déjà le premier poste que tu décris a eu l'air d'être passionnant donc j'imagine que tu as eu d'autres choses tout aussi passionnantes après jusqu'à en prendre la direction de toute l'équipe
- Speaker #0
En fait, quand on s'ennuie jamais et qu'on découvre tout le temps des sujets nouveaux des gens nouveaux, en fait on se pose pas la question des années en fait, les années filent presque et on sent, moi le plus important je trouve c'est de ne pas s'ennuyer mais finalement pas s'ennuyer c'est aussi être soi-même très proactif de sa vie professionnelle et de la façon dont on a envie de la piloter et d'en faire quelque chose. Donc c'est vrai que moi c'est une société dans laquelle je me suis tout de suite sentie bien. J'ai tout de suite aimé l'ambiance qu'il y avait à la direction juridique. On avait une capacité d'initiative très forte. Christian Husson, qui malheureusement est décédé depuis, mais qui était le directeur juridique de Renault, il était déjà très avant-gardiste dans sa manière de... de manager une équipe juridique parce qu'il nous poussait et il nous faisait faire énormément de formations là-dessus à devenir ce qu'il appelait des Voix d'entrepreneurs du droit. Et ce qui était dans les années 2000 finalement assez différent. Il ne voulait pas qu'on soit des experts en fait. Dans notre bureau, il nous poussait tout le temps à aller à la rencontre des opérationnels, aller les voir en réunion, aller sur les sites. Et voilà, on a fait des formations de prise de parole en public, on est allé faire des formations avec des sportifs de haut niveau à conduire des voitures de course sur des circuits. Donc en fait, ils travaillaient l'idée de nous mettre dans des environnements un peu moins connus par nous, et peut-être instables, parce qu'ils disaient en fait un juriste c'est ça, un juriste c'est, il évolue dans un univers, parce que le business est comme ça, qui sera toujours... finalement différents, avec des risques, avec des opportunités, avec des choses qui changent. Et en fait, ce n'est pas forcément comme ça qu'on a été élevés ou en tout cas éduqués par les formations juridiques. Et lui, il voulait nous pousser à être ça. Et c'était dingue. Du coup, ces formations aussi, elles FED Group beaucoup la direction juridique. Et c'était l'époque où on a développé aussi... Toute cette relation avec Nissan, puisqu'en fait, moi, j'ai évolué chez Renault la majeure partie de mes années sous le management de Carlos Ghosn. Et tout ce qu'avait initié Louis Schweitzer et repris après par Carlos Ghosn, c'était vraiment créer des partenariats avec beaucoup de constructeurs. C'est comme ça que Dacia s'est fait. C'est comme ça que Renault-Samsung s'était fait. Et la plus grosse alliance automobile de l'époque, c'était l'alliance Renault-Nissan. Et donc Christian Husson avait beaucoup participé à ça aussi et avait beaucoup développé avec son homologue de Nissan des travaux communs avec la direction juridique de Nissan. Donc on avait ça aussi comme exposition à l'international. Et grâce à l'immobilier, pendant toute cette période, j'ai participé à des projets de la nouvelle construction de l'usine Renault-Nissan à Chennai en Inde. Tiens, il y a un magasin de pièces de rechange pour alimenter tous les garages en Europe de l'Est. On est allé voir comment on allait le faire construire avec un partenaire, c'était en République tchèque. Tiens, comment on fait ? On veut revoir tout le réseau des garages en Europe, entre ceux qui nous appartiennent, ceux qui ne nous appartiennent pas. Il y a des enjeux immobiliers partout, donc il fallait fédérer les équipes juridiques locales avec des avocats pour regarder. En fait, c'était ça notre quotidien. au-delà de sujets purement français. Et puis, le projet emblématique qui m'a vraiment occupée au départ, c'était Boulogne-Biancourt, l'ancienne usine Renault et l'île Seguin. Je ne sais pas si certains d'entre vous repassent par ce quartier de temps en temps, mais c'est devenu un nouveau quartier de la ville de Boulogne et l'île Seguin. C'est la scène musicale, mais c'était une usine Renault. Et en fait, on a participé, c'était vraiment les... premiers mois chez Renault, j'ai fait ça, à vendre ces terrains à des promoteurs à la ville de Boulogne pour en faire ce nouveau quartier.
- Speaker #1
Hyper concret.
- Speaker #0
Hyper concret et voilà. Et peut-être pour anticiper une question que tu me poseras, en fait, si j'avais un métier que j'aurais voulu faire, autre que ça, c'était architecte. Et finalement, je me dis qu'il y a une certaine logique à avoir fait de l'immobilier d'une manière ou d'une autre. Et puis, je pense que ça rendait le droit, en tout cas à l'époque, ultra concret. Parce qu'en fait, le droit lié à la construction, à l'immobilier, c'est des problèmes. Il faut rentrer, je ne vais pas dire sous le capot de la voiture, mais c'est pratiquement ça. Il faut aller voir comment les choses fonctionnent, comment une usine fonctionne, pourquoi les gens dans les usines ont besoin de telle ou telle chose et pourquoi on construit ce bâtiment plutôt comme ci que comme ça. Voilà, donc c'est ça qui m'a plu en fait.
- Speaker #1
Et puis c'est une partie très importante de ta carrière aussi, où tu as grandi, j'imagine aussi avec des équipes que tu as connues depuis le début aussi, d'autres qui sont parties, d'autres qui sont arrivées. Non.
- Speaker #0
Mon plus gros challenge chez Renault, ça a été de devenir directrice juridique. Donc j'avais pratiquement dix ans de Renault quand je suis devenue directrice juridique. Et je devenais en fait la bosse de mes pères. Alors c'était assez touchant parce qu'à l'époque, ça s'est fait dans des conditions de gros chambardements, grands chamboulements en termes de gouvernance chez Renault. Christian Husson a dû quitter la... la société. Et en fait, évidemment, on s'est tous posé la question de qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce qu'on va avoir un directeur juridique ou une directrice juridique qui va venir de l'extérieur ? Et en fait, c'était amusant parce que mes collègues... Et certains d'entre eux m'ont dit, écoute, nous, on n'a pas très envie d'y aller, enfin de se proposer, mais et toi, pourquoi tu n'irais pas ?
- Speaker #1
J'ai demandé si c'était toi, tu t'es dit, tiens, j'y vais, ou est-ce que c'est l'autre qui t'a encouragée, on peut aller chercher ?
- Speaker #0
C'est amusant parce que je suis quelqu'un de relativement réservée et plutôt timide. Et je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je suis allée demander ce poste. Alors, je ferai une petite aparté pour les femmes, parce que j'en vois beaucoup et j'en rencontre. énormément parce que c'est aussi une fonction, un métier qui s'est beaucoup féminisé. Et je leur dis souvent, fais pas ta fille, vas-y, demande. Et voilà, et on sait pas tout. Et moi, j'ai passé ma vie à faire des choses que je ne savais pas faire. Mais je pense que les hommes se posent beaucoup moins de questions. Alors, ce podcast n'est pas un podcast pour les femmes. Et les hommes ont toute leur place parce que je crois en la diversité. Et c'est l'échange des points de vue et la diversité des points de vue qui fait... notamment dans les organisations qu'on prend les bonnes décisions. Mais voilà, je pense qu'homme ou femme, il faut aller demander sa vie professionnelle. On l'a fait tout seul. Et les RH sont des appuis, les managers sont des appuis, notre réseau en interne ou en externe, évidemment, est un appui. Mais en fait, c'est choix. Et ce qu'on veut faire, il faut le demander, en fait. Même chose quand on entend des gens qui n'osent pas demander des augmentations, qui n'osent pas demander... une évolution ou une formation pour faire autre chose, j'ai envie de leur dire, c'est dommage pour vous, mais allez-y. Qu'est-ce qui va se passer ? Rien du tout, au contraire. C'est ce qui va faire changer. Et nous, les managers, on ne voit pas. On ne sait pas tout. On voit des choses, mais on ne peut pas tout savoir non plus de vos envies très personnelles.
- Speaker #1
Merci pour ce message, parce que si certains d'entre vous écoutent tous les podcasts... Vous savez que c'est vraiment un sujet qui me tient à cœur, donc on n'en a pas parlé en plus avec Anne-Sophie, donc je suis totalement en phase avec toi. Et ce que tu disais déjà, je me suis notée qu'il faut être proactive dans sa vie professionnelle. Et c'est vrai que je vois beaucoup de gens en entretien pour le coup, et j'en ai certains qui me disent, oui, il y a un tel qui a été nommé, pas moi, qui sont un peu aigris parfois de ne pas avoir été nommé à tel ou tel poste. Alors, soit parce que la personne n'a pas demandé, soit parce qu'elle n'est pas bonne aussi, parce qu'on ne peut pas être bon partout. Mais c'est aussi, en tout cas, à chacun d'entre nous de se former sur des choses qui nous intéressent. Accepter parfois d'aller au-delà de sa fiche de poste, même si on n'a pas le titre, même si on n'a pas la rémunération qui est avec. Mais c'est vrai que c'est à nous d'aller chercher les sujets. Merci pour ce message.
- Speaker #0
Juste pour rebondir, en fait, c'est toujours un peu plus loin en faire un peu plus. Et quand je dis ça, c'est exactement ce que tu dis. Pour rassurer tout le monde, ça ne veut pas dire bosser nuit et jour, tous les week-ends. Je suis très attentive à mes équipes et je suis très attentive à ce que la vie reste équilibrée. Mais c'est exactement ce que tu dis, c'est quand même formidable d'avoir des gens qui sont contents de prendre un sujet en plus, qui se posent 50 questions. Et aussi important, tu disais tout à l'heure peut-être qu'ils ne sont pas très bons et qu'ils n'ont pas eu le poste, mais c'est aussi la capacité d'écouter les feedbacks qu'on peut faire. Personne n'est parfait, moi j'ai plein de défauts, mais ce qui est important c'est de se connaître. Et de savoir en fait quelles sont nos forces et les points où on est plus fragile. Et appuyer à fond sur les forces. Et puis essayer de s'entourer à la fois de collègues ou d'équipes qui justement compensent un peu les points plus faibles. Mais moi je sais en fait, quand mon boss me dit s'il y a des choses qui vont moins bien, en fait je sais qu'il y a des choses qui vont moins bien. Mais il faut savoir les écouter parce que c'est comme ça qu'on progresse. Et peut-être que cette fois-ci ce n'est pas le bon poste. Mais une fois qu'on a écouté, parce qu'il y a plein de gens aussi qui prennent très très mal, qui pensent qu'ils sont tout le temps parfaits, mais c'est pas vrai. Personne n'est parfait. Et je pense que d'écouter aussi, avoir cet échange-là, et parfois on n'est pas content et on râle sur le coup, et pour qui il se prend et pourquoi il m'a dit ça et blablabla. Mais finalement, tout le monde réfléchit un peu à tête reposée et il faut le prendre et le prendre comme une opportunité, justement, comme tu disais, d'apprendre quelque chose de différent. d'être formée. En tout cas, pour ceux qui travaillent en France, on a cette chance quand même d'avoir des comptes de formation, des sociétés qui aussi proposent des formations, des cabinets qui peuvent former aussi quand on est en cabinet d'avocat. Donc c'est quand même dommage de ne pas prendre ça.
- Speaker #1
Et c'est vrai que quand je disais, oui, pour ce poste-là, c'était peut-être pas la bonne personne, c'est parce que parfois ça vous est une question de timing et qu'il manque un petit quelque chose que cette personne-là n'a pas, mais que l'autre personne qui avait le poste finalement l'avait à ce moment-là. Et peut-être qu'en fait, c'est aussi intéressant de demander du feedback à son management, de savoir qu'est-ce qu'il faut que j'améliore, qu'est-ce qu'il faut que je travaille pour pouvoir atteindre ce poste-là. Et d'avoir des discussions et tout simplement échanger sur ses envies et sur les opportunités qu'il y a. Et parfois, c'est pas possible en interne et parfois, il faut regarder en externe. C'est là où moi, j'interviens. Et parfois, je me tire un peu une balle dans le pied, mais je dis aux gens, mais est-ce que déjà, vous avez regardé en interne ? Parce qu'il y a plein de gens qui sont très épanouis avec les gens avec lesquels ils évoluent, avec la structure, les valeurs. Comme c'était le cas pour toi, si tu as grandi au sein de Renault pour le coup, toutes ces années, et parfois, la solution est de l'interne. Et c'est bien aussi d'avoir des trajectoires, pas forcément que verticales, mais aussi transversales. Et ça, je pense que ce n'est pas grave de ne pas faire que du vertical et d'accepter que parfois, c'est juste un pas de côté pour agrandir son champ des compétences. Au contraire, d'avoir conscience de ça, je trouve que c'est vraiment important.
- Speaker #0
Et tu vas être utile aussi, Audrey, pour réagir à ça. Mais je pense que c'est important aussi, notamment dans nos métiers. C'est intéressant ce que tu dis sur le transversal. c'est que... En fait, tout le monde ne va pas devenir manager. Alors, je trouve qu'il y a deux choses à faire, c'est qu'il faut que les entreprises, elles arrivent aussi à valoriser des gens qui évoluent sans devenir manager. C'est vrai qu'on a l'impression que dans les entreprises, finalement, on est reconnu ou notre vie professionnelle, elle va forcément aller vers un poste de management. Je pense qu'il faut qu'on développe, qu'on revalorise les expertises très fort et le management transverse. Pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'il n'y a pas des postes de management pour tout le monde. Et puis, tout le monde n'a pas la fibre manageriale. Je ne sais pas si c'est la fibre ou si c'est le bon mot, mais c'est difficile d'être manager. Quand tout le monde est génial, c'est très facile. Tu es merveilleux, c'est top, tout ce que tu as fait, c'est génial. Tu es reconnu. Mais en fait, la vie, ce n'est pas comme ça. Il y a des gens à qui on doit dire des choses plus compliquées. Certains, ils prennent et puis on avance, mais d'autres, voilà. Et donc... Je pense que nous, à la fois managers en entreprise, et puis vous qui travaillez très proche des entreprises, je pense qu'il faut aussi qu'on arrive à valoriser des parcours de gens qui ne sont pas managers, mais qui ont soit une expertise, et de plus en plus aussi, c'est un message que j'aimerais aussi passer aujourd'hui, c'est travailler le management de projet, le management transverse. Et je dirais même en tant que juriste, si vous aimez votre métier et que vous voulez rester, être des juristes. Parce que cette capacité de s'organiser, de suivre des projets précis, des timelines très précises, ce n'est pas toujours la force des juristes non plus. Et je m'aperçois en fait qu'il y a une énorme demande de gens câblés pour être chefs de projet dans les entreprises parce que les sujets sont de plus en plus transverses. Ils réunissent plein d'expertises, des gens du business, de l'interne, de l'externe. Et je trouve que développer ces capacités-là aussi, c'est un atout énorme. Et il y a des formations pour ça.
- Speaker #1
Et des formations ou des opportunités internes de se mettre sur un projet, même si on se dit qu'on n'est pas forcément ultra compétent sur ces sujets-là. Parce qu'il y a l'opportunité au moment, c'est bien aussi de se positionner et d'apprendre en temps que le projet avance. Je rebondis sur ce que tu disais sur le management transverse, mais aussi sur la volonté, la non-volonté, du coup, d'être manager. J'ai eu encore la discussion tout à l'heure avec un manager juridique qui manage plus de 15 personnes aujourd'hui. pour qui j'ai travaillé il y a plusieurs années, et qui me dit « je voudrais votre avis, aujourd'hui j'ai découvert vraiment la compliance, il travaille vraiment le sujet, il me dit en fait, manager 15 personnes, c'est plus tout à fait ce qui m'intéresse, en tout cas à moyen terme, j'ai envie de faire de la compliance, j'adore ça, je veux être l'imam de Cambouis. Et il me dit « est-ce que vous croyez que c'est possible ? » Donc je lui dis « bah oui » . Et exactement ce que je lui disais, c'est que quand j'ai commencé il y a 17 ans, pour le coup, ça ne m'arrivait jamais qu'un profil expérimenté me dise « moi je ne veux pas manager, je veux être… » uniquement opérationnel, c'était pas trop entendable en fait. Alors qu'aujourd'hui, je trouve que les entreprises et les directeurs juridiques entendent beaucoup plus. Je trouve ça même très honnête aussi de se dire
- Speaker #0
Alors, j'ai personne qui me dit que je ne suis pas bon manager, mais il y en a qui n'ont pas envie en fait tout court et qui préfèrent être dans les dossiers. Il y a encore quand même quelques directeurs juridiques et directeurs fiscaux qui trouvent qu'il y a un loup quand la personne n'est pas directeur ou manager. Ils trouvent que c'est un peu bizarre, que la personne va partir au bout de six mois, un an quand il y aura un meilleur poste de directeur. Non, il y a des gens en fait qui n'ont pas envie. Il y a des gens qui n'ont pas envie. Ce que tu disais, c'est quand même hyper dur de manager. C'est à la fois passionnant parce que c'est l'humain, mais quand il y a de l'humain, c'est toujours à la fois super et à la fois très difficile. Et je trouve que les entreprises et les directeurs sont plus ouverts maintenant. Même s'il y a encore des doutes, parfois on me dit, vous êtes sûre Audrey ? C'est bizarre cette personne-là. Mais je trouve que c'est plus accepté. Je trouve ça très bien. Parce que comme tu le disais très justement, il n'y a pas la place pour tout le monde.
- Speaker #1
Non. Et puis, exprimez-le, en fait, c'est pareil, ça rejoint notre point de tout à l'heure, c'est exprimer que vous n'avez pas envie, mais évidemment pas comme ça, c'est voilà pourquoi je pense que j'ai plus de valeur ajoutée, en fait, pour... au sein de ma société, ou voilà pourquoi j'ai envie de me positionner autrement. Mais je vous dis, investissez le champ de la, ce qu'on dit en joli français, de la chefferie de projet, ou investissez vraiment ce sujet d'être du faire du management transverse, qui est une autre forme de management qui n'est peut-être pas non plus complètement simple, mais je pense qu'il est assez passionnant pour des gens qui n'ont pas envie de gérer de l'humain dans le sens... Parce que manager, c'est une très forte responsabilité et on est responsable aussi de la vie professionnelle de personnes de nos équipes et on doit les développer. Donc voilà, c'est un point important. Juste une anecdote, je me souviens comme ça d'une discussion que je devais avoir avec une personne et c'était très difficile pour moi parce que je devais lui annoncer qu'elle ne serait plus manager. Parce que voilà, et puis pour un des directions, je vous dis que c'est parfois on a du management de deux personnes, et de plus en plus les entreprises disent mais c'est pas du management, donc il faut revoir tout ça. Donc voilà, ça faisait partie d'un projet de transformation. Donc voilà, le matin, petit café, on s'arme de courage et on voit la personne et on lui dit écoute voilà, blablabla, ça va, les choses évoluent et tout. Et la personne me regarde avec un grand sourire et me dit mais c'est la meilleure nouvelle que tu pouvais m'annoncer. ça n'arrive pas mais je me disais tant mieux parce que finalement il y avait un un Je dirais un concours de décision qui correspondait bien aux personnalités de chacun. Mais quand je vous dis ça, c'est ça. C'est qu'il y a beaucoup de managers qui sont en souffrance. Et parfois, on promeut des gens parce que c'est le plus senior d'une équipe d'experts. Mais en fait, on ne devient pas manager parce qu'on est un bon senior et qu'on est un bon expert. Donc, à nouveau, dites-le. Et si vous avez, en revanche, envie d'être manager, c'est génial. Et vous pouvez être accompagné en termes de formation aussi pour l'être. Donc, voilà. Saisissez les opportunités.
- Speaker #0
Il faut dire les choses. Exactement,
- Speaker #1
dire les choses et saisir les opportunités.
- Speaker #0
Peut-être que ce sera ça le titre du podcast. Je prends plein de notes depuis tout à l'heure, depuis que tu parles. Après Renaud, il y a eu d'autres industries, donc Air France, KLM et aujourd'hui Suez. Est-ce que c'est compliqué d'arriver dans un nouveau secteur ?
- Speaker #1
Oui, c'est compliqué. C'est compliqué. Alors, oui et non. Oui ou non, parce qu'en fait, on s'aperçoit que... toutes les sociétés suivent à peu près les mêmes indicateurs financiers, de performance et tout ça, donc ça s'appelle différemment mais on arrive à suivre ça oui parce qu'on ne connait personne et puis on ne connait pas l'industrie en elle-même, donc ça demande beaucoup d'investissement à nouveau, c'est un mot que j'utiliserais souvent parce qu'il me plaît, c'est soyez curieux, et puis la plus belle chose que vous faites, c'est que finalement comment comprendre, vous n'avez pas passé votre vie à lire des documents ou aller chercher sur le site. Maintenant, l'IA m'aiderait à faire beaucoup de choses, mais c'est d'aller voir les gens. En fait, votre vie professionnelle, c'est de l'humain. Et c'est ça qui est la beauté, je trouve. Moi, j'ai rencontré tellement de gens formidables dans ma vie, pour plein de raisons. Ça va de l'opérateur dans une usine Renault, au pilote d'avion chez Air France KLM, à celui qui fait de la maintenance aussi chez Air France et qui est passionné de... maintenance d'avion et qui peut t'en parler pendant des heures parce que c'est génial. Aujourd'hui, la tournée du ramassage des poubelles que j'ai faite à 4h du matin avec un collaborateur suède qui était super content, je lui parle de ce que je faisais aussi. Enfin voilà, donc il y a plein de métiers différents et en fait, quand vous allez à la rencontre des gens, vous leur demandez ce qu'ils font, qu'ils soient membres du COMEX ou voilà, n'importe quel poste, en fait les gens sont toujours très très intéressés de nous raconter leur métier. Donc, moi, j'ai passé beaucoup de temps à aller voir les gens, à comprendre l'industrie sous cette forme-là. Et puis après, à nouveau, comme j'avais envie de tout comprendre, tout savoir, vous y passez le temps qu'il faut. Il ne faut pas sous-estimer le temps que ça prend. Puisque au quotidien, on ne peut pas passer toutes ces journées à aller se balader et visiter. On a un métier à faire, des équipes à manager. Mais en tout cas, ce temps nécessaire, il est important. Puis après, vous apprenez par les dossiers. Mais ça prend du temps. Moi, je trouve qu'il faut quand même plusieurs années pour aller dans le fond, fond, fond, fond, fond des choses. Notamment quand vous rentrez à des postes. Moi, je suis directement arrivée au secrétaire général d'Air France-KLM, au secrétaire général de Suez. plein de métiers différents, vous ne connaissez pas les équipes, vous ne connaissez pas vos collègues, vous ne connaissez pas l'entreprise. Et en même temps, on vous demande assez légitimement de prendre des décisions assez vite. Donc, il faut très vite finalement évaluer aussi les gens avec qui vous travaillez, leur faire confiance dans le jugement qu'ils peuvent avoir, parce qu'ils ont l'expérience que vous n'avez pas. Puis en fait, au début, vous êtes un peu à tâtons, et puis les choses avancent. Je ne me suis jamais dit quelques années après, j'aurais dû faire ça comme ci, comme ça. Mais je me rends compte que c'est au bout de 2-3 ans que je suis en pleine possession de mon poste, dans toutes ses composantes, et que je prends de meilleures décisions. Je profite de ça pour partager ces expériences avec mes propres équipes pour ceux qui arrivent. Et puis, ou mes collègues du COMEX, parce que dans les COMEX, il y a des changements, il y a de nouvelles personnes qui arrivent aussi de l'extraordinaire pour essayer de les faire avancer le plus vite possible.
- Speaker #0
On parle souvent des 100 premiers jours d'un directeur juridique, où certains préconisent de ne pas prendre de décision du tout. Et pour autant, il y a quand même l'entreprise qui tourne. Donc, comme tu le disais très justement, tu te retrouves à prendre des décisions malgré toi et vite, même si tu ne connais pas les gens, les collaborateurs, etc. Est-ce que c'est possible, justement, de prendre ces 100 jours ? pour vraiment hésiter sur la direction juridique, prendre le pouls ?
- Speaker #1
Je pense que c'est un bon conseil. Globalement, en politique, dans les entreprises, on dit toujours qu'il faut attendre les 100 premiers jours. Après, il y a des décisions qui s'imposeront avant. Je pense que là où il est raisonnable d'attendre, c'est aussi quand on est manager en particulier, c'est sur le choix de ses équipes. On ne va pas sortir comme ça. Des organisations nouvelles, des gens nouveaux, revoir les choses en profondeur sans connaître en fait qui sont les gens. Et même de ce point de vue-là, 100 jours, c'est très court. Voilà, donc je pense qu'on est toujours à doser. La vie, c'est ça. Ce qui doit être fait vite, ce qui peut attendre un peu plus longtemps, les gens avec qui on parle, les gens qui au début... tout par essaim, vous avez hyper confiance. Puis en fait, après, c'est moins comme si. Au contraire, il y a des gens qui sont plus réservés et qui se révèlent être des gens incroyables.
- Speaker #0
Parce qu'eux aussi tâtonnent. Oui, eux tâtonnent, c'est normal. Oulala,
- Speaker #1
la nouvelle est là. Qu'est-ce qui va se passer ? Elle va tout changer. Elle va s'y avancer. C'est vrai, il faut qu'on apprenne à se connaître. Je pense, le plus important quand on rentre dans une entreprise, et là, je mette à la place de ceux qui ne sont pas managers, c'est, je pense, c'est très, très vite aller voir du monde. Ce que je vous disais tout à l'heure. Et très vite, notamment quand on est juriste, comprendre la société, comprendre ce qu'elle fait, ses priorités, son plan stratégique, sans rentrer peut-être dans un niveau détail. Même si on rentre spécialiste IP, je fais de la compliance ou du M&A ou n'importe quelle matière, on a l'impression que finalement on va avoir des clients internes ou des gens du business avec qui on va travailler plus particulièrement dans un sous-domaine ou un domaine 2. On ne peut pas... ne pas s'intéresser à ce que fait l'entreprise de manière générale. Donc, il faut comprendre ça et aller demander de l'information. Il y a des gens qui le font plus spontanément que d'autres, mais vous ne vous laissez pas happer tout de suite par un quotidien de dossiers, il faut prendre ce petit temps de formation.
- Speaker #0
On soit le directeur journalier groupe ou juriste.
- Speaker #1
Exactement, je trouve que ça s'applique à tout le monde.
- Speaker #0
Forcément, le métier de directeur juridique, il a dû changer depuis le début de ta carrière et maintenant. Quels sont les plus grands changements selon toi que tu as vécu en tant que juriste, directeur juridique ?
- Speaker #1
Alors, je pense dans les chamboulements qu'on a eus, il y a eu tout le sujet de la compliance, de l'éthique et la conformité de la loi Sapin, voilà. Donc, ce n'est pas tout le temps à la direction juridique. Dans les organisations aujourd'hui, parfois c'est la direction juridique, parfois ça ne l'est pas. Mais ça a quand même, en tout cas en 2017, quand ça a pas ressorti et tout ça, ça a quand même pas mal bousculé l'idée de déployer un plan de prévention de la corruption. C'était pas tellement dans l'ADN non plus des juristes et de la direction juridique. Et donc voilà, les entreprises ont avancé pas mal là-dessus. Je pense qu'il y a... Alors je parlerai de l'IA après, parce que c'est ça qui va évidemment beaucoup bousculer, je pense, qui a déjà commencé, mais qui va beaucoup bousculer nos vies professionnelles de juristes. Je pense que ce qui a beaucoup changé aussi, c'est la complexité géopolitique. Et le fait qu'on est devenu, au fur et à mesure des années, on est passé, je trouve, d'un rôle de sachant, d'expert qui dit le droit, qui énonce la règle de droit, à un vrai partenaire du business qui évalue le risque. Le risque qu'on prend, parce qu'il faut prendre des risques, et le risque qu'on ne peut pas prendre, ou l'opportunité qu'on ne va pas saisir. Parce que ça ne va pas être bon pour l'entreprise, ça ne va pas être bon pour ses dirigeants. Et en fait, on est de plus en plus dans des zones de gris. Et c'est vrai qu'il faut être en capacité d'appréhender cela. Parfois, les juristes sont très mal à l'aise parce que le business me demande tout seul de prendre cette décision. Évidemment, personne ne prend tout seul une décision. Mais notre parole et notre... assertivité sur le fait que oui, là, on peut y aller, est attendue, et on doit le faire, et on ne peut pas se réfugier tout le temps de « Ah oui, peut-être que, mais attention, il y a ci, il y a ça, quatre réserves, tout le temps, ce n'est pas possible. » Et ce n'est pas facile. Ce n'est pas facile, mais moi, je trouve que c'est la partie passionnante de notre métier, et c'est là où il faut jouer l'équipe à fond. Il faut jouer l'équipe avec le business, avec les financiers, avec les autres métiers qui sont impliqués sur un projet. Il faut jouer l'équipe avec son manager, il faut jouer l'équipe avec ses collègues, et en fait, il faut confronter les points de vue. Ne jamais être seule face à une décision, et ça, je trouve que ça a beaucoup évolué, cette complexité-là, je trouve. Mais à nouveau, on est au cœur du métier de juriste d'entreprise, en fait, vraiment, dans toutes ces composantes business. Il ne faut pas trembler, mais à nouveau, on n'est pas seul. Et c'est... Cette confrontation d'avis pour prendre la bonne décision, pouvoir conseiller le cas échéant, elle est assez passionnante. Et on est, même nous, directeurs juridiques, confrontés à des situations où, entre gris foncé et gris foncé, on fait quoi ?
- Speaker #0
C'est un peu le quotidien.
- Speaker #1
Mais on a aussi toute cette communauté d'avocats externes avec lesquels on travaille, qui, eux, évidemment, ont un éclairage différent. Et on a besoin aussi de cette partition interne-externe, parce qu'il faut pouvoir échanger.
- Speaker #0
Et est-ce que c'est ça être un bon juriste, c'est savoir bien s'entourer ?
- Speaker #1
Je pense que c'est une des grandes qualités, oui. C'est exactement ça. Je pense que c'est important de connaître ses limites. Je pense qu'il faut savoir que là, je ne comprends pas, je n'arrive pas, et ce n'est pas grave. Il ne faut pas faire prendre des risques de façon inutile non plus à l'organisation. C'est un peu le pendant de « je ne veux pas y aller, j'ai très peur » et finalement, allez hop, je fonce et je fais n'importe quoi. Mais à la fois, c'est bien de prendre des initiatives. Et puis, savoir faire du reporting aussi auprès de son manager, de l'adjudicat d'échanger, qu'est-ce que tu en penses ? Parce que c'est comme ça qu'on grandit. En fait, moi, je n'ai jamais autant appris quand j'ai échangé avec des gens, managers ou des collègues. qui, bah ouais, ils avaient raison, quoi. Ils avaient vu, voilà. Et quand on devient manager, moi, c'est ce que je vis très fortement aujourd'hui, c'est à quel point mes équipes peuvent me faire changer d'avis, et j'adore. Parce que, on a une idée, on a une direction, on peut avoir des certitudes sur certains points, et puis vous échangez avec des gens avec des profils très variés au sein de la direction juridique, par exemple, et des plus jeunes, et au bout de quelques temps, on me dit, en fait, ils ont raison, quoi. Et je leur dis, hein, parce que... J'aime bien qu'ils me disent « t'as tort »
- Speaker #0
parce que ça fait bouger les lignes et puis il faut arrêter,
- Speaker #1
on ne sait pas tout, personne ne sait tout. Et puis à nouveau, le message que je veux passer aux juristes aujourd'hui, c'est que le monde est tellement incertain, les risques sont tellement partout, les opportunités aussi. Moi, j'aime toujours parler en termes de risques-opportunités, que c'est à plusieurs qu'on prendra les bonnes décisions.
- Speaker #0
à aborder brièvement le sujet de l'IA, on est obligé d'en parler à Anne-Sophie, parce que j'ai pas... aucune conférence, interview sans parler d'IA, donc je vais t'oublier de te poser des questions. Qu'est-ce que ça change en ton quotidien, toi, l'IA, en tant que juriste, après, dans ta vie ? Je ne sais pas si tu l'utilises aussi,
- Speaker #1
mais... Dans mon quotidien, on a eu accès, je pense que comme dans beaucoup d'entreprises, à des outils, c'était aucune marque particulière, mais qui nous permettent, mais c'est complètement fou, de simplifier des emails, simplifier des documents, lire des notes. des notes de synthèse, préparer tous ses rendez-vous avec son boss. Il va piocher les informations dans tous les charpons, les e-mails qu'on peut avoir. C'est complètement dingue. Je me souviens d'une discussion il y a quelques années avec mes collègues de l'équipe. C'était, oh là là, ça va nous remplacer. Moi, je n'y crois pas. En tout cas, pas maintenant. Peut-être que dans 5 ans, 10 ans, on sera obligé de faire le constat. Ou même dans 2 ans, 18 mois, je n'en sais rien, faire un constat différent. Mais moi, je veux qu'on soit rassurés en tant que juriste aujourd'hui. Et je veux aussi passer des messages ultra positifs pour les étudiants juristes aujourd'hui, étudiants en droit. Parce que je sais que beaucoup se posent des questions. Je discute avec des institutions, des universités, l'école de droit de Sciences Po pour ne pas la nommer. Toutes les organismes, les écoles de commerce, tout le monde se pose la question de comment je forme mes jeunes d'aujourd'hui pour qu'ils soient prêts sur le marché. Interdire l'IA, moi, ça ne me paraît pas une bonne idée parce que, de toute façon, et en particulier dans les entreprises, finalement, sur des sites complètement publics et de mettre de la donnée confidentielle, ça va être pire que tout. La question, c'est comment on va utiliser. J'encourage tout le monde à utiliser énormément tous les outils qui sont à disposition. Après, c'est comment on va le structurer dans les entreprises, notamment dans la partie juridique, sur l'analyse de contrats, la capacité de générer des contrats plus rapidement. Ça me fait penser à quelque chose. Je pense que ça fait des années maintenant. Tous mes confrères directeurs juridiques, jeunes juristes, on est tous confrontés à ça. C'est qu'on nous demande toujours de faire plus avec moins. Les budgets d'avocats ont été réduits. Les directions des achats, maintenant, discutent les honoraires d'avocats en interne. On se retrouve à devoir avoir de plus en plus de projets complexes. On nous dit qu'on ne peut pas embaucher. Donc, on est vraiment des gens formidables parce qu'on arrive à faire des choses incroyables avec des budgets réduits. Et je me dis, mais l'IA va être... va nous aider énormément à résoudre cette difficulté-là. Parce que finalement, des choses ou à faible valeur ajoutée, ou très récurrentes, finalement, on va pouvoir utiliser l'IA pour le faire. Et puis, on va retrouver toute la valeur des juristes quand il va réfléchir, se poser la question avec les opérationnels de quelles décisions on prend et tout. Donc, évidemment, l'IA peut éclairer. Et je pense que tout le monde a testé des raisonnements même complexes. C'est quand même extrêmement impressionnant. Il faut qu'on les prenne, il faut qu'on prenne tout ça et qu'on l'intègre complètement, je pense, dans notre quotidien. Et être rassuré en tout cas que des jeunes, il va falloir qu'ils apprennent à prompter intelligemment. Il va falloir réfléchir à ce qu'on attend de cette IA, comment on va la formater complètement pour nos besoins. Et donc ça, ça va être notre quotidien d'aujourd'hui. Mais moi, je le vois plutôt comme une opportunité compte tenu à nouveau des budgets. et des enjeux légitimes qu'on a à tenir les coups dans les organisations. Donc, utilisons l'IA au maximum, avec toutes les limites qu'on a. Testons, entre nous aussi, entre directions juridiques, ce qu'on peut en faire. Et soyons, je pense, des moteurs et pas des freins en interne de « Ah ben les juristes, ils n'ont encore pas envie de faire quelque chose de nouveau parce qu'ils sont plutôt conservateurs. » Moi, fonçons.
- Speaker #0
Et j'ai plutôt tendance à avoir justement un grand engouement par rapport à ça quand même. Les gens ont envie de tester, ils échangent. Les directeurs juridiques aussi entre vous, j'ai l'impression que vous le faites aussi. Donc c'est une bonne chose. Puis c'est aussi entre les mains, un peu comme tu le disais, des juristes et des gens en général, d'avoir entre les mains sa carrière. C'est aussi entre les mains des juristes de faire en sorte que l'IA soit un outil et pas juste un remplaçant aussi.
- Speaker #1
Je pense qu'il faut faire deux choses. D'abord, il faut tout tester. Il faut que nous, on soit à l'aise avec ça individuellement. Ça va au-delà de la direction juridique, mais il faut qu'on soit à l'aise avec ça. Et puis après, sur les agents, comment on pourrait l'utiliser plus particulièrement dans certains secteurs d'activité ou certaines analyses contractuelles et tout ça. Là, je pense aussi, il ne faut pas attendre que tout soit parfait parce qu'on n'y arrivera pas. Il faut faire des tests, des POC, comme on dit beaucoup. Et puis, on voit si ça marche. Il faut qu'on accepte le test and learn et qu'on va se planter sur certains trucs. Il y en a d'autres où ça sera un succès. Je pense aussi notamment dans l'analyse contractuelle où on a une formidable opportunité de se positionner en interne. Parce que nous chez Suez aujourd'hui, le contrat est clé. Comment on peut l'optimiser, ce qu'on peut en faire, comment on peut se protéger, comment on peut développer des facturations différentes. Et je me dis que si nous on est leader en tant que direction juridique dans cette analyse contractuelle au service, à la fois de nos business en interne, de nos clients en externe, on va se repositionner au cœur d'enjeux stratégiques de l'entreprise. C'est toujours important de voir comment la direction juridique parle business, elle parle comme le business. Et ça, je pense que c'est à nouveau une... une façon de le faire.
- Speaker #0
Oui, il faut le voir comme une opportunité, la saisir et au contraire, upgrader le positionnement du jury. Ça peut être que bénéfique si c'est bien utilisé et bien abordé.
- Speaker #1
Avoir peur n'empêchera pas le fait que de toute façon, tout le monde va y aller. Moi, j'aime bien, je préfère dans ces cas-là, le maîtriser et être moi-même acteur de mon changement plutôt que de le subir. C'est un peu comme ça qu'on le prend globalement.
- Speaker #0
J'aime beaucoup ce message. Est-ce qu'il y a eu des sources d'inspiration ? Tu as cité plusieurs personnes, notamment Christian Husson, mais est-ce que tu as eu d'autres mentors dans ta carrière, des gens qui t'ont inspiré, même des choses qui t'ont inspiré, des choses que tu aimes faire aussi ?
- Speaker #1
Oui, je ne pense pas que j'ai eu un mentor en particulier, mais j'ai rencontré des gens dans le business ou dans des domaines juridiques formidables. Et en fait, ce que je trouve intéressant, c'est que dans n'importe quel poste et dans n'importe quelle industrie, il y a des gens incroyables. et Et ça, c'est la richesse des entreprises, petites, grandes. Et je pense que, oui, on regarde comment les gens travaillent. Oui, il y en a qui sont plus ou moins inspirants. Mais moi, je pense que, ce que je te disais un peu tout à l'heure, je suis inspirée par plein de gens très différents. Et j'ai toujours été assez admirative des gens courageux, parce que je trouve que c'est un moteur de vie, globalement. de pouvoir assumer des décisions, être... J'ai toujours admiré aussi les managers qui étaient aux côtés de leurs équipes, quand tout allait bien, mais aussi quand il y avait des choses qui étaient... Moi, j'ai toujours invité mes équipes à discuter quand ils pensaient avoir fait une bêtise ou que les choses étaient moins claires, parce que ça fait partie de la vie, on n'est pas parfait. Et on ne fait pas tout, toujours, de façon incroyable. Mais il faut pouvoir le dire et pouvoir en discuter. Et on apprend de ses erreurs dans la... d'une façon plus anglo-saxonne de voir son métier. Au contraire, les gens qui se sont plantés, qui se sont trompés, justement, ils ont compris et on les valorise. C'est vrai qu'en France, on fait moins ça et c'est bien dommage.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu aimes faire à part pratiquer le droit en entreprise, qu'il y a des choses qui t'animent au quotidien et qui t'enthousiasment aussi ?
- Speaker #1
Je suis passionnée de sport, je fais beaucoup de sport. D'abord parce que je trouve que c'est une façon aussi de faire plein de choses en équipe. Et puis finalement, avoir de l'énergie et de l'énergie physique, je trouve que c'est très important. Donc je passe pas mal de temps à faire ça. Et puis je donne mon temps aux autres. Et c'est un peu ce qui me frusse dans des vies professionnelles très denses. Et qui me passionne par ailleurs, c'est manquer de temps. Donc bientôt peut-être, quand je serai à la retraite, j'aurai encore plus de temps à donner aux autres. Je ne peux pas dire que j'ai des passions particulières, mais je suis intéressée par plein de choses. J'essaie de rendre ma vie diverse, variée et passionnante. Mais vraiment, dans tout, et je pense que vous l'aurez senti, c'est l'humain qui me passionne.
- Speaker #0
Et c'est une très belle passion. Tu parlais peut-être de ce rêve d'avoir voulu être architecte. Est-ce qu'il y avait un autre rêve que tu avais enfant ? Donc, ce n'est pas celui d'être juriste et d'avocat, a priori ? Non, ce n'est pas celui-là. Il paraît que tu as des petites filles.
- Speaker #1
Je n'ai pas trop de souvient d'avoir des rêves en particulier. Je crois que je me suis laissée porter, en fait. Et ce n'est pas mal quand on est enfant aussi. Parce que finalement, on organise des vies incroyables pour nos enfants. Mais peut-être qu'il faut les laisser aussi s'ennuyer et se laisser porter par les choses. Et ça fait du bien aussi d'avoir ces moments-là. C'est un peu ce que je fais aussi. Dans mon temps libre, j'aime bien qu'on décide pour moi et me laisser porter, puisque quand on passe sa vie professionnelle à prendre des décisions plusieurs fois par jour, c'est vrai que les moments où on en prend moins, ce n'est pas désagréable.
- Speaker #0
C'est tout appréciable. Et puis ça laisse aussi l'opportunité de rencontre aussi, de gens et d'échanges. On en revient toujours à l'humain. Tu as donné énormément de conseils déjà dans cet échange. Est-ce qu'il y en aurait un particulièrement que tu aimerais soit redire, soit partager ? Un jeune étudiant qui sort de la fac de droit ou qui commence ses études, est-ce que tu as un conseil que tu aimerais lui donner ou au contraire un conseil qu'on t'a donné et qui t'a beaucoup servi ?
- Speaker #1
Le conseil à la fois qu'on m'a donné et que je répète tout le temps, c'est « Sois curieux » . Sois curieux tout le temps, tout le temps, tout le temps. Et fais toujours un peu plus. Ce qu'on s'est dit tout à l'heure. Un pas de côté, un pas en plus. Et puis le dernier conseil, c'est dis ce que tu as envie de faire. personne ne peut deviner. Personne n'est dans la tête des uns et des autres. Je pense qu'exprimer ses envies, ses besoins, il faut le faire.
- Speaker #0
Merci pour ces précieux conseils. Anne-Sophie, est-ce que tu as un dernier mot que tu aimerais partager à nos auditeurs ? Vraiment un message ultime.
- Speaker #1
On fait un métier formidable. On est au cœur des décisions des entreprises. N'ayez pas peur de l'IA. Je pense qu'au contraire, c'est une manière de faire évoluer nos métiers et continuons à le développer. Et surtout, embarquons plein d'étudiants parce que le métier de juriste d'entreprise est passionnant.
- Speaker #0
Merci Anne-Sophie, c'était passionnant pour reprendre ton dernier mot. Merci pour cet échange, c'était vraiment très intéressant de comprendre tes choix de carrière, comment tu vois ton métier et le métier de juriste. Donc merci d'avoir pris le temps de partager avec tous ceux qui nous ont écoutés, je suis sûre que vous avez adoré. En tout cas, moi, j'adorais. Merci pour l'échange. Et merci à vous tous de nous avoir écoutés. Et je vous donne rendez-vous à très bientôt pour un nouvel épisode de Voix d'entrepreneurs du droit by FED Legal et merci Anne-Sophie.
- Speaker #1
Merci beaucoup Audrey.
- Speaker #0
À la prochaine. À bientôt.
- Speaker #2
Merci pour votre écoute. Nous espérons que ce temps de partage vous a plu. Abonnez-vous pour plus d'histoires professionnelles et de témoignages enrichissants. Suivez-nous sur LinkedIn et retrouvez nos offres d'emploi sur notre site carrière
- Speaker #1
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