- Speaker #0
Bienvenue dans Walkie Talkie, parce que je crois que c'est plus simple en marchant. On suit un chemin, on se perd un peu et on se dit beaucoup. Bonne écoute. Arnaud, bienvenue sur Walkie Talkie. Salut. Je suis ravi de t'avoir ici aujourd'hui. Surtout qu'on est dans un décor un peu spécial. Tu vas m'expliquer dans quelques minutes où on se trouve et pourquoi tu as choisi cette balade. Tu as participé à Drag Race Belgique saison 1.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Tu finis finaliste. de cette saison-là, en 2023, donc sous le nom de Athénalikis, c'est comme ça qu'on t'a découvert. À l'époque,
- Speaker #1
c'était Sorgélikis, d'ailleurs.
- Speaker #0
C'était Sorgélikis à l'époque. À quel moment tu as fait le switch ?
- Speaker #1
Juste avant Global.
- Speaker #0
Ok. Explique aussi pourquoi peut-être c'était Sorgélikis et à un moment, c'était Likis ? Pour les gens qui savent.
- Speaker #1
Alors, c'était Sorgélikis, c'était lié à ma drag mom, qui s'appelle Sorgelson, et je voulais la même chose en grec, parce que je suis en moitié grec, et arriver à Globe. En fait, je l'adore, elle est géniale.
- Speaker #0
et à un moment j'ai aussi juste dit bon je crois que j'ai envie de voler de mes propres ailes du coup je vais juste queuter et juste prendre le mérite de mon travail tout seul c'est ça c'était l'évolution je l'adore on s'en veut ça adore non mais t'es cool de faire aussi cette transition il fallait que je parte du nid un petit peu je pense grave et on te retrouve quelques mois après dans une version beaucoup plus internationale de Nora Grace ouais parce que tu as eu la chance de participer à Drag Race Global All Stars quelques mois après. Je pense que c'est vite enchaîné pour toi à ce moment-là. Et là, je te retrouve là aujourd'hui. Je suis méga content parce que je suis très admiratif de ton parcours, très admiratif aussi des choses que tu as racontées dans Drag Race et qu'on va aborder aujourd'hui. Voilà déjà. Est-ce que tu peux me dire du coup où on se trouve et pourquoi tu as choisi le balade et où est-ce que tu m'emmènes aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, j'ai choisi Place Poulard. parce que mon premier job à Bruxelles quand je suis arrivé ici j'ai travaillé juste au Saint-Belouin à côté et ma première je m'étais déjà à Bruxelles faire la fête un petit peu quand j'étais en Wallonie mais ma première soirée le jour où je suis arrivé c'était à la Moplener ici à Poulard et j'adore la vue, je trouve que la vue est magnifique moi c'est la plus belle vue de Bruxelles il y a le Palais de Justice qui est le plus grand édifice en pierre de taille au monde et qui est en train d'être rénové, finally Bye. Mais voilà, du coup, je choisis cet endroit parce que vraiment, en fait, j'aime vraiment bien être ici. J'aime bien venir ici des fois, soit avec des amis ou soit seul, juste regarder la vue pour soit quelques minutes, soit plus longtemps et me poser, je ne sais pas, sur un côté, on respire en fait un petit peu.
- Speaker #0
Et en plus, la Belgique, c'est un pays qui est très plat. Et du coup, je trouve que de manière générale, ici, c'est un peu un point de vue qui est cool, qui te permet de prendre un peu de hauteur.
- Speaker #1
Oui, mais là, en fait, Bruxelles, c'est très plat, mais... On est quand même dans les hauteurs de la ville ici.
- Speaker #0
Ouais, ouais, de ouf. Il y a les hautes villes et la basse ville.
- Speaker #1
Mais c'est pour ça que le Pays de Justice est ici. C'est pour dominer la ville de Bruxelles et un peu imposer son poids justicier, tu vois. Carrément. Et d'ailleurs, il y a la Koukelberg, tu vois. La grosse basilique. C'est une des plus grosses d'Europe et une des plus grosses au monde. J'adore dire ça, mais c'est juste que j'adore la logique. J'ai l'impression que tu connais quand même une folle histoire. C'est pour montrer que c'est là-bas. C'est pour montrer que l'église dominait la ville et la justice dominait ensemble la partie de la ville. C'est pour ça que c'est très gros et c'est à l'opposé, c'est pour montrer qu'en fait ils englobent et de mieux en mieux...
- Speaker #0
Comme une bulle quoi. Exactement. C'est génial, je connais des trucs, c'est cool.
- Speaker #1
J'aime bien, à chaque fois quand des gens viennent, je fais toujours le tour de Bruxelles. Non mais c'est bien. Je fais le tour de Bruxelles, j'aime trop et beaucoup le centre parce que c'est là que j'ai toujours vécu dans le centre de Bruxelles depuis que je suis ici. Et ça fait 10 ans. Je vais fêter mes 10 ans bientôt.
- Speaker #0
Trop bien. Mais tu sais que moi je connais pas beaucoup le centre. donc je suis ravi que tu m'emmènes ici je viens et je fais le tour touristique à mes potes qui sont en Bruxelles mais là je suis content de faire avec un local un local qui n'en est pas un mais qui l'est au final pour moi ça fait 10 ans que je suis ici c'est ça,
- Speaker #1
t'es adopté mais je vais t'amener en plus dans les Marolles j'adore les Marolles c'est un quartier que j'adore, c'est super animé c'est le quartier des antiquaires, c'est le quartier des fripes c'est le quartier de la place du jeu de balle où il y a aussi le marché opus tous les jours Merci.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et c'est très animé. Bon là, ça va, il est tôt, mais c'est très animé le week-end. Et pour moi, c'est le plus chouette quartier pour être le week-end. Où il y a le plus de choses.
- Speaker #0
Trop bien, j'adore. Trop cool. J'aime bien parler de la première impression que j'ai des gens dans ce podcast. Qu'est-ce que j'ai pensé de toi ?
- Speaker #1
Tu m'as découvert où d'ailleurs ?
- Speaker #0
Dans Belgique.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
J'ai regardé la saison, pas en direct, mais sur le tard cette année. Je l'ai pas regardé quand elle a été diffusée, je l'ai regardé que cette année.
- Speaker #1
Et ça a bien j'ai dit ou pas ?
- Speaker #0
Franchement ouais.
- Speaker #1
Pour quelqu'un qui la regarde...
- Speaker #0
Mais tu sais que j'avais peur de ça parce que j'aime pas...
- Speaker #1
Parce que Belgique on a pas trop de budget franchement.
- Speaker #0
Ouais mais tu vois, je redoutais parce que je me suis dit bon je vais mettre dedans machin. Mais je trouve que ça a bien veillé Et parce que je ne suis pas du tout quelqu'un qui me fait des replays A regarder des trucs qui sont sortis il y a 3 ans Je me sens un peu genre Ça va être lourd tu vois Mais carrément pas, je me suis mis grave dedans et j'étais trop content Et quand je t'ai découvert toi Déjà je me suis dit bon le gars est magnifique Donc c'est cool Déjà physiquement il y avait un truc qui était cool
- Speaker #1
Et après Je ne sais pas où je ressemblais Ah j'avais un mulet blond je crois J'avais pas de sourcils mais j'avais un mulet blond C'est ça.
- Speaker #0
complètement différent d'aujourd'hui mais en vrai il y a plusieurs choses que j'ai ressenties quand j'ai regardé ta saison j'avais beaucoup de force dans ta personne et dans ton drague aussi et en même temps j'ai senti beaucoup de pudeur et d'humilité dans qui tu étais dans la façon dont toi tu te présentais et dont tu présentais aussi ton art mais aussi dans la façon dont tu interagissais avec les autres personnes autour de toi. Est-ce que c'est des choses, toi, qui te parlent quand je te dis ça ? Est-ce que c'est des choses que tu ressens en toi ou pas du tout ? Et c'est peut-être une mauvaise impression.
- Speaker #1
Je suis très humble, c'est vrai. Maintenant, en vrai, oui, franchement, je ne vais pas mentir et dire que je ne le pense pas. Alors, c'est marrant parce que je trouve que l'énergie que j'avais dans mon traquiste Belgique, c'était mon énergie à ce moment-là. Et je suis encore cette personne.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Mais j'avoue que maintenant, si je reviendrais à Grace, je pense que j'aurais une toute autre énergie. Parce que j'en ai fait deux, et parce que ça fait quatre ans et que j'ai énormément pris confiance en moi aussi sur plein de points. Mais je ne sais pas si c'est par mon éducation très religieuse ou juste un peu de personnalité, mais je suis quelqu'un qui va énormément saucer les autres. Je vais aussi me saucer, mais quand je me sauce souvent, j'amène beaucoup de second degré. Bien sûr. Pas que je ne le pense pas, je pense que je le pense, mais j'ai toujours peur de me la péter. Je suis quelqu'un, je ne veux pas me la péter premier degré. J'adore me la péter seconde degré, j'adore être genre en mode, je suis canon, je suis trop belle, je suis trop fort, machin. Mais je pense que j'ai énormément de... Premier degré, je crois que je ne pourrais pas. J'ai énormément de mal alors que je le fais pour les autres. D'ailleurs, quand on se fait des compliments, pendant très longtemps, je disais... Merci, ça me fait beaucoup de plaisir. Merci, et il y a une partie de moi qui ne croyait pas, je crois. Qui disait genre, merci, et puis je ne comprenais pas trop pourquoi. Et après, je me disais, s'il le pense, bon, il a le droit de le penser, mais je crois qu'il y a toujours une partie de moi qui...
- Speaker #0
Qui est hésitante. Et aujourd'hui, tu te sens beaucoup plus à l'aise avec...
- Speaker #1
Un petit peu plus, mais je crois...
- Speaker #0
Tu as de la confiance en soi ou pas ?
- Speaker #1
Je crois qu'il y a une partie de moi qui...
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ouais, qui... Je ne sais pas. Et ce n'est pas de la fausse humilité en disant ça, et derrière, je fais trop l'instar. Mais je crois que... Je crois qu'il y a quand même une humilité qui est là et je pense que c'est lié, c'est ma personnalité, je pense que c'est lié aussi à l'indication religieuse que j'ai eue. On va en parler après. Et ouais, et c'est ça qui a été chouette dans le Dreyfus Belgique, c'est qu'en fait on se connaissait toutes déjà avant. Moi ça faisait longtemps que je faisais du drague à Bruxelles, c'est un petit pays, j'avais bossé avec tout le monde quasi déjà. Du coup je suis arrivé avec toutes les copines et c'était vraiment, je me suis vachement bien amusé.
- Speaker #0
Ouais il y avait cette connexion qui était beaucoup plus... facile aussi à instaurer. Je trouve que ça se sent aussi vachement nous, derrière l'écran.
- Speaker #1
On peut pas se critiquer. Je pense que ça manquait. Je pense que ça manquait des fois. Moi, j'ai eu énormément de mal avec ce drag race, ce gramma, d'être en mode shady, tout ça. Alors, il y a des moments pour le faire, très bien. Mais quand c'est tout le temps, vraiment, moi, je suis pas comme ça. Ça me fait pas rire, c'est pas fun. Il y en a qui adorent le drama. Moi, j'aime pas le drama. Mais je pense que ça manquait un peu de... Parce qu'il y a des fois, tu vois, quand ils nous demandaient que c'était avancé du look de l'autre, moi j'ai mis toujours des pincettes parce que je voulais pas blesser l'autre non plus. Qu'il le voit après en se disant, même si j'ai pas aimé, je disais, j'ai pas trop aimé, mais c'était vraiment un truc positif. Mais des fois j'ai le droit de dire, en fait, j'ai trouvé ça moche. C'est ok. Ça fait partie du truc. C'est subjectif en plus. Mais je crois que des fois ça a manqué un peu de ce truc-là. On aurait pu un peu plus se dire ce qu'on pensait. Moi je parle pour moi, sans toi. On aurait pu plus se dire ce qu'on pensait. Mais je crois que c'est aussi une première pour nous toutes et on avait toute envie d'être bienveillants envers les autres.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est cool et c'est un sentiment ressenti. T'as dit quoi ?
- Speaker #1
Je regrette pas du tout d'avoir été comme ça, mais je me dis que ça a manqué peut-être un petit peu. Oui,
- Speaker #0
c'est toujours après le regard qu'on apporte au jeu.
- Speaker #1
Just a little bit of shade un petit peu. Just a little bit.
- Speaker #0
Toi et moi, on a le même âge. Là, t'as 31 ans.
- Speaker #1
J'ai 31 ans, je suis de 95.
- Speaker #0
95. 95. Je crois que quand t'as 30 ans, moi, comment je l'ai vécu ? Je sais pas, j'ai l'impression que je me suis fait un peu un point en mode qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que je veux, qu'est-ce que je veux plus ? Peut-être que toi tu l'as vécu différemment mais tu vas comprendre ma question. Comment je suis... Comment tu décrirais, toi, ces 31 années de vie sur cette terre, si tu avais un mot pour les décrire ?
- Speaker #1
Intense.
- Speaker #0
Direct. Intense, direct. Au moins, tu es sûr de toi. Intense.
- Speaker #1
Mais intense parce que j'ai... Bon, déjà, on sait que les personnes queer, on va tourner ici, on sait déjà que les personnes queer ont vu plus de stress dans nos 30 premières années qu'un mec hétéro dans trois îles. C'est ça,
- Speaker #0
même. Tu arrives au monde, déjà c'est le stress.
- Speaker #1
Exactement, c'est le stress. Mais je dirais intense parce qu'il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées. J'ai fait des trucs que je n'aurais jamais pensé faire. Enfin dans le positif, je veux dire, j'ai fait des projets que je n'aurais jamais pensé faire. Des fois quand je repense à la personne que j'étais jeune, je ne pensais pas avoir autant de courage des fois. Ça je me le dis parce que je trouve que c'est important de se le dire.
- Speaker #0
Carrément.
- Speaker #1
Je ne pensais pas avoir autant de courage pour aller jusque... Au bout des choses, juste me lancer, parce que j'ai souvent peur de faire des trucs, mais j'essaye que la peur ne m'empêche pas de les faire.
- Speaker #0
Ouais, tu la visualises et tu essaies d'aller au-delà. C'est ça, je sais que j'ai peur,
- Speaker #1
mais je me dis, et des fois ça me bloquait un peu, mais je me suis dit non, il faut vraiment que je passe au-dessus. Je pense que ça a été très haut, très bas, des middle, des droite-gauche, des retour en arrière.
- Speaker #0
Justement, la première fois que tu te mets en drague, c'est comment pour toi ?
- Speaker #1
La toute première fois ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ah waouh. Alors il faut savoir que j'ai toujours été en drague. Dans ma tête, je pense que j'étais déjà une drague. Et c'est un truc que j'ai remarqué là récemment, avec la trentaine, quand il y a tout qui change. Et moi aussi je pense que vers la trentaine, je ne sais pas si c'est la trentaine, mais peut-être inconsciemment c'est ça. J'avais besoin de faire un bilan, entre guillemets. D'ailleurs c'est marrant parce qu'à Noël, moi je ne fais qu'avec Noël et qu'avec mon frère, chaque année, enfin chaque année, enfin on est tous les deux. Et j'ai fait une ligne du temps cette année, et j'ai mis tous les cycles des 9 ans, machin, bref. Et j'ai fait les 9 dernières années, j'ai fait une ligne du temps, tout ce qui s'est passé, des trucs importants, tout ça. J'étais vraiment genre, waouh. Quand je l'ai remédié sur papier, j'étais genre, mais il s'est passé tout ça. Et donc c'était plus ou moins, alors, Double Drag c'était il y a 8 ans. Et je me suis dit, bon c'est presque, ça allait dans le début de ce cycle. Et je me regardais tout ça, je me disais, waouh, en fait, je pensais que c'était pas tant que ça. Et du coup je me disais, j'ai quand même hâte, même si j'ai l'impression que ça va être plus calme, je me dis, j'ai quand même hâte des 9 prochaines années du prochain cycle. Parce que je me dis que ça va quand même être... Vachement intéressant je pense. Mais du coup la première fois en drague, alors je me rappelle très bien, j'étais laide, mais laide !
- Speaker #0
Ah non déjà t'avais quel âge ?
- Speaker #1
J'avais 20... Alors pour savoir où ça se disait, j'ai toujours été une drague et... J'ai toujours été hyper à l'aise avec ma féminité, les autres l'étaient pas avec ma féminité, moi j'étais à l'aise avec ma féminité.
- Speaker #0
Ouais c'est ça, ça part toujours comme ça.
- Speaker #1
Mais en fait moi en grandissant je pensais du coup que j'avais un problème avec ma féminité puisque les autres en avaient un. Et je me suis rendu compte que le drague m'a permis de soigner ma masculinité. Alors c'est peut-être bizarre de dire ça comme ça, mais je trouve que mon drague m'a permis de soigner ma masculinité dans le sens où ma féminité, je pense que j'ai toujours été très à l'aise avec. Et en fait, je l'ai juste exprimé ce qui était déjà là, mais ça m'a permis de me reconnecter à ma masculinité et à mes formes de... à créer ma propre masculinité, parce que je pense que j'ai jamais pu jouer avec. Parce qu'en fait, je pense que j'étais bloqué, parce que j'étais une personne queer, qu'on m'a toujours dit des trucs, tu vois, les gens, une fois, ils rêvent qu'on les insulte, on connaît, mais même les trucs de... T'es une fille, j'aurais pensé t'es une fille banquée, ça veut dire quoi ?
- Speaker #0
En fait toi c'est un truc en tant qu'enfant que tu peux pas associer, parce qu'en fait t'es juste toi-même.
- Speaker #1
Mais surtout quand t'es tellement jeune, t'es jeune, t'es une fille banquée, t'es machin.
- Speaker #0
Oui c'est déjà un positif mot sur un truc qui est hyper sensoriel et naturel pour toi.
- Speaker #1
J'avais aucun sens, c'est comme, je rigolais mais ça faisait, je pense au moment ça me faisait pareil, mais quand j'étais petit qu'on me disait, t'es métrosexuel. j'ai réveillé ce mot et je me disais tu me mets une sexualité tu me mets des trucs je ne comprenais rien j'ai jamais pu exprimer ma masculinité j'avais un blocage avec j'étais
- Speaker #0
un gay je n'étais pas un homme le drague m'a permis de me reconnecter aujourd'hui c'est quoi cet état des choses ce rapport entre masculinité et féminité à l'intérieur de toi ça se passe comment ?
- Speaker #1
Mais je pense que là, il y a quand même une balance où je me retrouve bien. En fait, je sens qu'il y a un équilibre qui s'est créé. Parce que je pense qu'on a tous des parents. C'est très binaire. On a tous une part de féminité. Mais je pense qu'il y a quand même une énergie très mix. Et en fait, moi, je pense que cette énergie, elle est super balancée. Et je me sens beaucoup plus en adéquation avec ce que je suis. Je pense que dernièrement, peut-être que j'ai moins besoin de faire du drag aussi. Parce que je pense que j'ai aussi une euphorie de genre en dehors du drag.
- Speaker #0
Ok, explique-moi ça.
- Speaker #1
Ben, c'est compliqué, mais genre, je me sens... Mieux dans mon corps et dans ma tête avec mon genre ces dernières années je crois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et je crois que c'est aussi lié au drague.
- Speaker #0
D'accord, ça t'aurait permis de tout réconcilier, enfin en gros de réconcilier un peu ton identité de manière générale et globale.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tant qu'elle soit forcément binaire quoi.
- Speaker #1
Exactement. Mais je pense que, après ça pendant le temps je disais que j'étais non-binaire, et après je pense que je disais ça. Parce que je ne me retrouvais pas dans ces masculinités. Alors que maintenant, je pense que je me retrouve parce que j'ai créé la mienne.
- Speaker #0
J'allais te dire, oui, tu as créé ta propre notion de masculinité. Et du coup, c'est pour ça que maintenant,
- Speaker #1
mes pronoms, ils, elles, je m'en fous. Mais je ne me conserve pas non-binaire parce que je me sens un homme, mais je me sens l'homme que j'ai créé. Dans cette forme vieille que je dois correspondre à ses codes. Alors bon, c'est très cliché de dire ça, mais sans correspondre à ses codes, j'ai créé en fait cet homme avec toutes ses formes. Et du coup, il y a une... petite euphorie je crois c'est trop cool tu m'as dit en drague on revient sur ça,
- Speaker #0
ta première fois en drague qu'est-ce qui se passe,
- Speaker #1
comment ça se passe donc je regardais Drag Race déjà, je crois que j'ai commencé à regarder Drag Race, c'est la saison 6 saison 6 US je regarde mais je ne regarde pas en me disant c'est cool je me regarde en me disant je veux être à la place je regarde et je me dis donc en fait ça regroupe tout ce que j'aime, ça regroupe la danse ça regroupe le théâtre ça regroupe La mode, ça regroupe de créer des personnages, de se mettre en avant, que les gens te regardent. Moi, j'adore qu'on me regarde. Et du coup, j'étais en mode genre, attends, je comprends pas. Donc je regarde ça, je suis fasciné. Et je me dis, mais comment on fait ça ? Parce que ici en Europe, c'est pas... C'était quand ? C'était en 2017, 2018 ? Non, 2015. Je regarde 2015, je me dis, y'a rien ici en Europe, presque.
- Speaker #0
Oui, c'était la première fois que tu voyais un truc aussi flamboyant et aussi... poussé du coup dans ce truc-là.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup, il y a un bar qui faisait chaque année... C'est un bar, c'est le plus vieux bar de drag queen de Bruxelles. Donc chaque année, ils créent un week-end qui s'appelle La Nuit des Débutantes.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et ils prennent... Donc tu t'inscris, ils prennent 10 personnes, si je me rappelle bien. Et en fait, soit tu te maquilles seul, soit elle te maquille. Et tu crées ton personnage, tu choisis une performance et tu performes là. Pour la première fois. Le vendredi et samedi. Pour la première fois. Au second tour de scène, tu passes les deux week-ends. Et moi, je suis en train de me dire, il faut que je le fasse. Il faut absolument, absolument, absolument que je le fasse.
- Speaker #0
Tu avais conscience de la peur ou pas à ce moment-là ?
- Speaker #1
La peur ?
- Speaker #0
La peur de te dire, je vais monter sur scène, je n'ai jamais fait drague de ma vie.
- Speaker #1
Pas du tout. C'est juste en mode.
- Speaker #0
C'est ce qui me vient à l'esprit. Je me dis, moi, je serais en truc de malade.
- Speaker #1
Figure-toi, pas du tout. C'est juste en mode. J'ai trop hâte et tout. Moi, je me disais, je le fais pour le fun.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Je me dis, je le fais pour le fun, j'ai trop envie d'en faire, je le fais pour le fun et on verra, mais jamais je pensais faire du drague. Il y avait tellement peu d'opportunités que jamais je pensais en faire, tu vois. En fait,
- Speaker #0
t'as pas dit d'enjeu sur ça ?
- Speaker #1
Non, parce que c'était ici, pour faire du drague à l'époque, c'était institutionnalisé. Ça veut dire qu'en fait, soit t'étais une drague, déjà entre guillemets professionnelle, et tu rentrais dans un cabaret, soit tu faisais pas de drague, et encore on m'en voyait jamais en soirée et tout, tu vois.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Du coup, on m'a acquis. Moi j'étais laide, pour l'époque ça allait, mais on me maquille.
- Speaker #0
Les personnes de là-bas te maquillent.
- Speaker #1
Ouais, ouais, moi drag-bomb qui me maquille, du coup, il vient ma drag-bomb à ce moment-là. Donc là, maintenant que je recule, j'étais laide, mais pour l'époque ça allait. Et en fait j'étais déjà...
- Speaker #0
Est-ce que tu pourras m'envoyer les photos ? Je le mets sur le montant de l'épisode.
- Speaker #1
Ouais, je vais essayer de trouver ça, je vais essayer de trouver ça.
- Speaker #0
En toute bienveillance.
- Speaker #1
Bien sûr. Et je performe, et déjà... Ce qui est marrant, c'est que... Alors, pour maintenant... Et je dis pas, j'ai rien inventé, loin de là. Mais je veux dire, pour la scène, moi, que je connaissais d'ici, c'était tout des old school. C'était très... Grosse perruque, les seins, la taille comme ça, les paddings, les machins. Moi, je me retrouvais pas du tout. Moi, je suis arrivé, j'avais... Je crois que j'avais un top moulant, pas de seins, pas de corset. Bon, je faisais 10 kilos de moins, donc... J'avais un... Tu vois les trucs de cow-boy, là ? Sur le cow-boy, je crois que j'avais... Donc c'est ouvert et j'étais body. Non, le bras est furet au final. Body, cow-boy, énorme talon chunky, tu vois. Il a laissé les boucs carrés, éloigné en talon. La perruque, il glisse, glisse, glisse, plaqué. Les ongles comme ça. Et je crois que je vais sur l'ISO, je crois que je n'ai pas formé à l'époque. Boys. Et je monte sur scène. Je suis en folie. Je suis vraiment de la folie. Je performe de fou. Et je m'amuse trop, bref. Les deux week-ends, je suis en mode genre « Waouh, c'est pas grand d'émotion, c'est génial. » Le lendemain... Non, non, non, je suis marseillaise ici. Je crois une semaine après, deux semaines peut-être, je reçois un message du patron d'un cabaret ici, qui me dit « Je t'ai vu sur scène, et j'aimerais que tu rejoignes la troupe des artistes. » Moi j'ai fait « Une scène ? » Genre « What the fuck ? » Je suis en train de me dire « Mais attends, elle sait que je ne sais pas me maquiller, et elle me dit « Je sais que tu ne sais pas te maquiller. » Elle l'a écrit et après elle me dit « Voilà, du coup si ça t'intéresse, il faut que tu apprennes à te maquiller d'ici. » Donc là on était en tout début octobre. 2018 si je ne me trompe pas. Elle me dit pour janvier, il faut que tu apprennes à te maquiller, que tu es un personnage abouti, comme là, mais juste que tu le dessines, que c'est ça, tu bloques quoi. Tu peux toujours évoluer, mais tu bloques ça et que tu prépares trois performances. Et tu montes sur scène. En janvier 2019 du coup. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Et après, j'ai été résident là-bas pendant six ans.
- Speaker #0
C'est ouf à quel point le destin d'une personne peut basculer dans un truc qui part à la base sans pression. Toi tu le fais juste en mode, j'ai juste envie de m'éclater, vas-y. Et en fait tu te retrouves sur cette scène, mais en fait tu t'éclates vraiment. Parce que tu prends grave ton pied, t'es là, tu kiffes. Et du coup derrière de ça t'as une opportunité de fou qui te révèle du coup déjà à cette communauté et à cette drague.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Signe d'ici tu vois.
- Speaker #1
Mais tu vois c'est un giving un peu, tu vois Luce dans la nouvelle star. Tu arrives à un moment genre je déconne. Elle a gagné la nouvelle star. C'est ouf.
- Speaker #0
Elle a fait quelques albums. Oui, oui. Elle s'en est sortie.
- Speaker #1
Et c'était un peu ça. C'est un peu, je suis arrivé comme ça. Et j'avoue qu'à l'époque, vu qu'on était aussi beaucoup, beaucoup moins et qu'en Belgique, déjà c'est un petit pays, on n'était pas beaucoup et qu'en plus, maintenant, moi je suis comme tout le monde, tu vois, mais à l'époque, il n'y avait pas beaucoup de meufs qui ne voulaient pas se pader, pas de machin, des trucs qui étaient un truc un peu plus androgyne. Encore une fois, j'ai rien inventé, mais... Du coup, j'ai eu quand même pas mal d'opportunités assez vite. Alors moi, du coup, j'étais perdu. Je me disais, je ne comprends pas. Est-ce que les gens préfèrent quand je suis en femme ? Du coup, j'ai eu un peu une... Pas une dysphorie, mais j'ai été un peu perdu dans mon genre. Je me posais des questions, tu vois. Je me disais, est-ce que je suis une femme ? Est-ce que je dois continuer ? Est-ce que j'arrête mes études ? Et je ne fais que ça. Je ne comprenais plus rien à ma life. Je me suis dit, on va se calmer là, déjà. Les questions de mort. Tu vas finir ton mémoire, tu vas le rendre, et après, on verra ce que tu fais.
- Speaker #0
Et après, on voit. Justement, Là, on a parlé de ces années drag où tu es bouqué. Et à ce moment-là, tu en vis ou pas ?
- Speaker #1
Non, à ce moment-là, je performe beaucoup. Alors que c'est vrai qu'en Belgique, on est énormément taxé. Donc, en vivre, c'est très rare. Je pense que les personnes ont commencé à en vivre. Il y en avait quelques-unes qui en vivaient. Mais je crois qu'il y en avait... Apparemment, je les compte sur le doigt de la main. Et après Drag Race Belgique, on a été quand même quelques-unes à pouvoir en vivre grâce au statut d'artiste. Mais ça reste compliqué quoi, ça reste compliqué. Parce qu'on est très taxé et ça reste très précaire.
- Speaker #0
Mais du coup là on fait un bond en 2026, donc aujourd'hui.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Aujourd'hui t'es complètement en pause, tu dragues.
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #0
Si je ne me trompe pas.
- Speaker #1
Je suis un peu en pause ouais.
- Speaker #0
Un peu en pause.
- Speaker #1
Je crois que j'ai envie de revenir différemment.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je crois que j'ai envie de, là j'ai besoin de faire une pause. Comme je te disais, c'est peut-être la trentaine.
- Speaker #0
Oui, qu'est-ce qui t'a amené à faire cette pause là ?
- Speaker #1
Global. Tout à l'heure tu vois quand tu m'as dit, t'as eu la chance de faire global, eh ben... Je ne sais pas si c'est une chance.
- Speaker #0
C'est un goût d'amer en toi ou quoi ?
- Speaker #1
Un peu. Et ce n'est pas le fait d'être partie première, même si c'était totally unfair. Oui,
- Speaker #0
je suis d'accord.
- Speaker #1
Il y a un petit goût d'amer, mais je crois que c'est vraiment la façon dont on a été traité. Vraiment, c'était endurant. En fait, je ne peux pas tout dire parce que tu connais, c'est les Américains. J'ai signé des documents. Je ne peux rien dire sur la prod pendant encore 10 ans après le tournage. J'aimerais trop m'en balancer parce que vraiment... C'était des conditions vraiment compliquées. Moi je n'ai jamais été mistreadé comme ça. C'était vraiment compliqué de... Comment on nous a traité, les questions de queerness, ils n'en avaient rien à foutre. En fait, c'est des gens qui aiment l'argent. Ce ne sont pas des gens qui aiment le drag.
- Speaker #0
C'est une vision très normée du drag aussi.
- Speaker #1
Oui, très capitaliste, très normée, mais en dehors de ça, ils ne sont pas là. Ils sont là pour la thune. Ils ne sont pas là pour nous. Moi, je suis tellement naïf. Et ça,
- Speaker #0
tu as vu vraiment la différence entre la Belgique, une version européenne de manière générale, et la version américaine ?
- Speaker #1
La Belgique, ceux qui ont créé ça, ils n'avaient jamais réagi. Je crois qu'ils ne connaissaient rien aux dragues. On se le dise. Mais on s'est bien amusés. Il y avait quand même un respect. Il y avait quand même une petite envie de prendre un petit peu soin de nous. Bon, vite fait, mais ça va. Là-bas, pas du tout. Là-bas, c'est vraiment compliqué. Ça, plus le fait d'avoir... D'avoir dépensé énormément d'argent, je pense que financièrement je ne me retrouve plus. J'avais encore des dettes. Très longtemps, j'ai des dettes de global, pas belgique, de global.
- Speaker #0
Comment t'as financé ça ? C'est des questions que j'avais loin dans l'intérieur. Mais je suis déjà là, c'est parfait, naturel quoi.
- Speaker #1
Alors, ils nous donnent comme une somme d'argent qui était cool, mais ils demandent tellement de choses à faire, qu'en fait t'es obligé de rajouter de ta poche. Mais moi j'ai sorti de Belgique, donc j'avais déjà plus d'argent. Parce que là t'avais tout déjà aussi,
- Speaker #0
tu étais en Belgique.
- Speaker #1
J'avais tout mis dans Belgique, tu vois, à ce moment-là. Toutes mes pauvres économies. Et en fait, il lui demande tellement de choses que j'ai dû rajouter d'argent que je n'avais pas. Et en plus, vu qu'en tant que drague, même quand tu as des très beaux cachets en Belgique, tu te taxes à 60%, donc en fait, tu ne gagnes jamais d'argent. Et je suis en train de me dire, en fait, je ne me retrouve pas. Et ça,
- Speaker #0
tu as fait un prêt ou quoi pour financer ça ?
- Speaker #1
Non, j'ai demandé à mon ex, qui est très gentil d'ailleurs, je le remercie. qui est très gentil, qui a bien voulu, ça faisait deux semaines qu'on était ensemble, il m'a remporté une belle somme d'argent.
- Speaker #0
Il est arrivé au bon moment.
- Speaker #1
Il est arrivé au bon moment, très gentil, et ça m'a permis de pouvoir aller financer, rajouter la partie que j'avais besoin. Et voilà, je pense que du coup, le côté financier, le côté sur place, le manque de respect qu'il y a eu envers les artistes, et plus l'envers du décor qui a vraiment été la douche froide. Je n'avais pas ressenti dans Belgique. Je ne me retrouvais plus. Artistiquement, j'étais vraiment épuisé d'avoir fait deux saisons à la suite. Je crois que ça m'a vraiment cassé dans mon élan et dans ma joie du drague un petit peu, pour être honnête.
- Speaker #0
C'est déstabilisant ce moment où tu te dis je fais une pose d'un art que j'aime et qui aussi te représente et sur lequel tu as aussi basé une certaine identité. Est-ce que c'est déstabilisant à ce moment-là de te dire en fait, je suis qui si je ne fais pas ça ?
- Speaker #1
Oui, exactement. Ça a été beaucoup de questionnements. J'ai essayé, en fait, j'y arrivais plus à un moment, j'y arrivais même plus à performer, alors que j'adore ça. Mais je me sentais tellement vide et je faisais presque des angoisses en me disant que je devais aller performer que du coup, j'ai commencé à annuler mes gigs et à en faire de moins en moins. Mais l'entre-deux était bizarre et vu que je ne savais pas quoi faire, du coup, j'ai pris un nouveau job. J'ai pris un nouveau job, parce que je l'avais besoin, j'avais besoin d'argent, et je me suis dit peut-être que faire autre chose, ça va me donner peut-être envie de retourner vers un truc artistique. Bien sûr,
- Speaker #0
de faire une vraie pause. Oui, de rétablir cette zone de confort, cette zone de non-challenge, où du coup de là tu peux vraiment te reposer et du coup après reconnecter avec ta créativité je crois.
- Speaker #1
Oui, c'est juste que tu vois faire une pause entre deux où tu dis Merci. je fais une pause mais j'y pense quand même tout le temps et je suis un peu dans ce doute de j'attends que ça revienne c'est pas une vraie pause. Du coup je me suis dit je fais une vraie pause ou je prends un autre job je me consacre à autre chose et peut-être qu'en faisant ça ça va me donner envie et je crois que c'est ce qui commence à arriver c'est que là j'avais déjà commencé à écrire un un spectacle et je me suis dit ok ça sortira jamais, il y a forte chance que ça ne sorte jamais mais juste d'être dans ce processus créatif de réécrire de machin
- Speaker #0
Ouais pour toi ?
- Speaker #1
Ça me... tu vois ça me redonne envie donc je reprends des moments pour faire ça et ça c'est un peu excitant j'avoue, parce que ça me manque un peu quand même le...
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
là tu sais... Cette vie intense...
- Speaker #0
Tu sens qu'il y a une part de toi qui veut y revenir ? Intensément ou pas ?
- Speaker #1
Je sais pas, vraiment je réfléchis, je suis pas sûr. Oui et non.
- Speaker #0
Oui et non.
- Speaker #1
Oui mais pas comme ça. Ouais non je sais pas. Je pense que je vais, d'office je vais faire du drag, je ne vais pas aller au placard totalement, mais je pense que je reviendrai différemment.
- Speaker #0
Sans Athéna, tu te sens plus libre ou plus vulnérable ?
- Speaker #1
Plus libre ou plus vulnérable ? Aucun des deux, je me sens libre dans les deux, j'ai toujours été...
- Speaker #0
Et quand je dis Athéna,
- Speaker #1
c'est par ce job que ça représente aussi. Je dirais... Euh... Non, aucun des deux, parce que j'ai toujours été très libre. Non, pas toujours. Mais depuis que je me suis émancipé du climat familial, j'ai toujours été très libre de ce que je voulais. Et mon drague a été une extension. Une extension de cette liberté.
- Speaker #0
Bien sûr, ouais, trop bien. J'adore.
- Speaker #1
Et toi, c'était quoi ?
- Speaker #0
Plus libre ou plus vulnérable ? Mais cette vulnérabilité-là,
- Speaker #1
t'en as parlé à quel point ? Je suis plus vulnérable hors drague.
- Speaker #0
Je suis plus vulnérable hors drague, évidemment.
- Speaker #1
Bien sûr. Mais parce qu'il y a des gens qui arrivent à amener leur vulnérabilité dans leur drague, moi peut-être que je le fais mais je ne m'en rends pas compte.
- Speaker #0
Oui, ouais,
- Speaker #1
je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Mais j'avoue que j'ai énormément de mal à être vulnérable dans mon drague, parce que j'ai l'impression que si je le fais, je vais faire un trauma d'homme. Je vais te sortir d'un coup, ça va être un dégueulis de trauma.
- Speaker #1
Un dégueulis du passé.
- Speaker #0
Je vais dégobiller mes traumas, tu vois. Du coup, en général, j'ai l'impression que je ne le fais pas trop. D'une certaine manière, oui, mais en plus, il faut doser, quoi.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu dirais à une personne...
- Speaker #0
Je me fais dire, que dirais-tu au petit toi ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu dis à une personne qui, justement, veut se lancer dans le drague aujourd'hui et qui te regarde derrière ? C'est la même question ! Je me dis, ne fais pas de... Ne fais pas.
- Speaker #0
Non, en vrai, je dis toujours, si t'as envie de te lancer, lance, essaye, expérimente.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Juste, alors, pas toujours, t'es pas obligé de mettre beaucoup d'argent. Sache que c'est quand même une pratique qui est un petit peu onéreuse. Les gens, ils disent, oui, on peut toujours s'en sortir. Non, c'est toujours, pour les gens très précaires, c'est compliqué parce que même une perruque cheap, du maquillage cheap, des talons cheap, c'est un petit budget. C'est déjà cher. En fait, c'est déjà un petit peu cher. Il y a des gens qui ne peuvent pas se permettre ça. Même si tu vas en free, même si tu fais machin, à part si tu sais créer des chaussures tout toi-même, eh bien, il faut payer des matières premières, tu vois, dans tous les cas. Il faut juste savoir qu'on fait un peu onéreux, quoi.
- Speaker #1
Et comment font, nous, les dragues qu'on voit aujourd'hui qui sont médiatisées, etc., je pense notamment à... Il y a certaines dragues en France, etc., qui ont fait drag race, bien sûr, parce que je pense que c'est aussi un tremplin. Comment elles font pour vivre de ça après ? Est-ce qu'à un moment, tu peux passer de l'autre côté de, en fait, ça y est, je suis à l'aise et je peux vivre de mon drague ou pas ?
- Speaker #0
Alors, je pense déjà en France, elles sont beaucoup moins taxées qu'ici.
- Speaker #1
Ouais, déjà.
- Speaker #0
Je ne sais pas trop, je ne sais pas, je ne pourrais pas dire le pourcentage de drague qui vit que de ça en France. Même si j'en connais quand même beaucoup, je n'arrive pas à visualiser qui vit que de ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je ne sais pas, peut-être qu'elles sont peut-être toutes endettées, peut-être pas, et elles ne le disent pas aussi. Bien sûr,
- Speaker #1
oui, on ne sait jamais ce qui se passe réellement.
- Speaker #0
Je ne sais pas si elles sont toutes endettées ou pas, mais je pense qu'elles sont mieux payées. Elles sont peut-être payées plus que nous, mais forcément, elles sont mieux payées à la fin, plus qu'elles sont moins taxées.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et après, je ne sais pas comment elles s'en sortent, pour être honnête.
- Speaker #1
Et toi, tu as vu cet avant-après Drag Race, en termes de booking, de carrière et de cachets, etc. ?
- Speaker #0
Alors, oui. Ce n'était pas non plus la folie, parce qu'on est quand même en Belgique. Mais au niveau cachets, oui, j'ai quand même pu bien augmenter les cachets. Heureusement, les gens disent que ça permet de rembourser Drag Race. Je pense que les gens qui disent ça, c'était dans les saisons entre 1 et 7 de Drag Race US. Je pense que tu faisais drag race, mais tu étais la porte-chope. Directement, tu étais une star. Tu avais des cachets, tu avais de l'argent, tu faisais le tour du monde.
- Speaker #1
Oui, tu étais booké aussi dans d'autres pays. Moi,
- Speaker #0
quand j'ai commencé, il y en avait déjà partout. Je pense qu'on ne remboursait plus ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut réellement vivre de son drag aujourd'hui ?
- Speaker #0
C'est compliqué.
- Speaker #1
C'est compliqué.
- Speaker #0
Vraiment, c'est compliqué. Je pense qu'on peut, mais alors c'est à coup de sacrifice.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Parce que je pense que, par exemple, être, ici, tu peux avoir plusieurs statuts. Soit tu as un statut d'artiste, mais c'est très précaire. Et moi, je voulais vivre seul. Du coup, c'est qu'il y a un autre budget que vivre en colocation. Donc, si tu vis seul et tu es un statut d'artiste, c'est déjà très compliqué. Mais si tu veux en plus du travail, tu n'as pas d'argent pour le faire.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est un peu...
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu peux rajouter à... J'avais quelques questions qu'on a... déjà pas mal abordé sur Drag Race global. Qu'est ce que tu peux me dire sans que ça se mette dans la baisse ? Sans que j'aille en prison ? Ouais. Sur les choses que tu as vécu là bas et qui t'ont... Oh, ça, c'était dur.
- Speaker #0
Il y a une anecdote quand même. Déjà, mon arrivée, moi, je suis la première à rentrer sur le runway. Donc je suis déjà derrière, on se voit toutes.
- Speaker #1
Première arrivée, première marche.
- Speaker #0
Donc on arrive.
- Speaker #1
Mais c'est vrai.
- Speaker #0
C'est vrai. Global, c'est le temps d'un snap, je suis arrivé. Je suis la première à rentrer, donc déjà, je les vois toutes arriver derrière moi, et je suis là genre, oh waouh, ok, là je vois Soha, je suis là, ok. Ça va, il y a quand même des...
- Speaker #1
Et tu savais que Soha était là ou pas ?
- Speaker #0
J'avais des doutes, ouais. T'avais des doutes ? J'avais des doutes. On se doutait un petit peu. En fait, Soha, je la connaissais d'avant. Pitya, on avait déjà bossé ensemble, on est copines. Et c'est les seuls que je connaissais.
- Speaker #1
Bien sûr, ouais.
- Speaker #0
Mais c'est déjà bien, c'est déjà cool.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Et déjà là,
- Speaker #0
je suis dans un état de stress. Et là, il s'envoie genre, tu rentres, Moi, je suis là, habillé en gil avec mon truc qui va un peu de son côté, donc je le remets droit. J'ai mon sac en train de se casser. Je suis avec mes grelots. Je suis en mode genre, qu'est-ce que je prends, quoi ? Je ressemble à une poule de soie. Tu vois ce que c'est, les poules de soie ? C'est les poules avec les... Tu vois toutes les plumes du Muff Pansy. Je suis comme ça. Et là, je suis en mode genre, let's go, j'y vais. Et là, le... Et là... Et là, Roupol. Elle me regarde mais elle fait une gueule, elle est en train de me faire trop mal.
- Speaker #1
Mais en mode normal parce que je crois qu'elle regarde un peu ce monde comme ça. Oui, oui, oui, non mais non. Une espèce de joie.
- Speaker #0
Oui mais après à la caméra, ils n'ont pas mis la même image.
- Speaker #1
Évidemment. Bien sûr,
- Speaker #0
ils ont mis une image mais elle est un peu plus enjouée. Parce que là elle me regarde, elle me rate trop mal et en sortant je dis aux autres qu'il va vous arrêter comme ça.
- Speaker #1
Comme ça aussi.
- Speaker #0
Et du coup moi je suis là en mode genre, t'es là en train de faire la belle, droite, gauche, pa et l'autre il te regarde trop mal et t'es là qu'est-ce que je fais ici tu vois et surtout que moi avec mes gros loups ça fait guiling et là j'arrive ils sont en mode genre on a une question pour toi je fais qu'est-ce qu'elle me veut et là je sais plus ce qu'elle me dit je crois que c'est who was there first qui était là avant la poule ou l'oeuf Moi le truc c'est comme ça de base première réponse j'ai envie de leur dire du coup ils attendent peut-être un peu plus de rôle thank you but I don't give a shit en fait moi je me suis autant censuré en me disant j'ai le droit de dire ça je sais pas donc j'étais un peu genre j'ai sorti une connerie c'était nul à chier et là je me suis dit bon ben je suis vraiment dans le bain quoi tu sais que j'ai même pas regardé la saison oui j'ai même pas regardé global et ben dans Belgique ça m'a permis waouh ça m'a permis de hum De me réconcilier avec moi-même.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Parce que je ne sais pas si tout le monde a ça. Alors déjà, je trouve que les voices, ça nous a permis de nous réconcilier avec nos voix. Parce qu'avant, quand on s'écoutait parler, on était en train de dire « Ah,
- Speaker #1
c'est ça ma voix ! »
- Speaker #0
Alors que maintenant, je pense que c'est super normal d'en prendre soin. Et les voix,
- Speaker #1
des fois, elles savent que je m'écoute et je me dis
- Speaker #0
« Pas ça. » Mais de fou ! Mais de fou, tu vois ! « C'est ça ma voix, c'est vrai. » Mais du coup, j'ai tout, du coup, oh, on ne peut pas d'autres mots finalement. Je pense que les voices, déjà, ont permis de se réconcilier avec la voix, tu vois. et j'ai vu mon image à la télé dans Belgique et je me suis dit ça va en fait moi pendant ma tête j'étais gollum je m'imaginais parler comme ça et bouger comme ça je me suis dit je suis la folle du mus et puis je me suis dit on va se calmer quand même mais je me suis dit mais ça va en fait c'est bien moins pire que ce que je pensais mais j'avoue qu'on s'est sorti J'ai eu besoin de, quand l'épisode est sorti de Belgique, j'ai eu besoin de me regarder plusieurs fois. Parce qu'une partie de moi ne me comprenait pas ce qui se passait et j'avais besoin de voir aussi, je crois que c'est un peu mon contrôle fric, qui avait besoin de regarder, est-ce que c'était bien ce que je faisais, comment je bougeais, machin. Et je crois que je kiffais en fait ce que je voyais. Ouais, ouais, c'était très artistique.
- Speaker #1
T'étais satisfait de ta saison ?
- Speaker #0
Ouais, quand même, dans l'ensemble. Maintenant je vois, je me dis, j'aurais pu faire ça mieux, ça mieux, bien sûr.
- Speaker #1
Oui, puis il y a le temps aussi. Il y a trois ans qu'il se passe, bien sûr.
- Speaker #0
Mais je suis vachement content. Je me suis amusé. Je me suis beaucoup amusé en Belgique. On était avec les copines. Sur place, on était fatigués, mais c'est vraiment fun. C'est grave fun.
- Speaker #1
C'est bien qu'on se soit assis, parce que j'ai envie qu'on aborde un sujet qui est assez important pour toi et que tu as abordé aussi dans Drag Race. C'est le rejet de ta famille. quant à l'annonce de ton homosexualité quand tu étais jeune, est-ce que tu accepterais pour moi de retracer ce qui s'est passé ? Quel a été cet événement pour toi ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Qu'est-ce qui s'est passé ? Comme beaucoup de gens, je pense, je savais que j'étais queer très jeune. Et malgré mon éducation religieuse...
- Speaker #1
Catholique ?
- Speaker #0
Protestante. Protestante. Évangélique. Alors, il faut savoir que les évangéliques, c'est un délire. C'est un délire. Ça veut dire qu'ils sont vraiment... Moi je les trouve, je vais pas me faire des amnésiens en disant ça, mais je les trouve quand même très snob parce que c'est quand même nous on a la vérité, on sait mieux et on va vous apprendre à être dans le vrai.
- Speaker #1
C'est un peu le principe des religions.
- Speaker #0
Bien sûr. De manière générale. De manière générale. Mais je trouve que c'est le vrai plus personnel la religion. Moi je suis quelqu'un qui encore maintenant malgré tout ça qui est très spirituel, je pense que je... Ouais je crois encore à quelque chose, mais pas de la manière, je crois pas en la Bible. Je ne crois pas à tout ça. Ça, je ne crois pas du tout. Pour moi, je crois en ce que j'ai en moi, dans mon cœur. Mais la manière dont on nous l'apprend, ça ne me parle pas du tout. Donc moi, j'ai grandi là-dedans. Ce qui veut dire... C'est marrant parce que je crois que j'ai parlé de ça avec une copine hier qui avait fait la même chose que moi. Mais quand des gens qui ne sont pas grandis dans des milieux religieux, des fois, je raconte ça, je me dis qu'ils vont me prendre pour une folle. Mais oui, c'est vraiment un délire. C'est triste. Il y a un côté un peu sectaire quand même. Moi j'ai grandi dans une famille très religieuse, protestante, évangélique. Ce qui veut dire que tous les dimanches je suis à l'église, on prie avant de manger, mes parents ne font que parler de Dieu et de la religion, tout le temps, Et mes vacances ils m'envoient dans des camps chrétiens chaque vacances. Donc Pâques, l'été, voilà, toutes les vacances possibles et imaginables. Donc moi je grandis là-dedans, je grandis avec une culpabilité d'être queer. Une énorme culpabilité en me disant « je vais aller en enfer » . Donc moi je crois à tout ça forcément, on grandit, on t'apprend ça, tu crois qu'il y a un paradis, tu crois qu'il y a un enfer.
- Speaker #1
C'est un sujet qui est abordé à table par exemple, le fait d'être gay, d'être queer ?
- Speaker #0
Non, parce qu'il y a un énorme tabou de la sexualité, donc on n'en parle pas. Déjà on ne parle pas de la sexualité de base, même si je suis hétéro, on ne parle pas de la sexualité. Mes parents sont hyper stricts là-dessus alors qu'à mon avis bon... Du coup moi je grandis dans ce climat où tout est tabou et je me sens, déjà je sens un décalage, je sens que je suis en décalage mais je ne comprends pas parce que c'est mes parents donc... Je devrais être hommeux et en même temps je sens que je suis en décalage. Et du coup je grandis avec cette culpabilité énorme. Je commence à m'éloigner du haut, faire mesure déjà pendant l'adolescence, à m'éloigner pas physiquement mais émotionnellement. Je suis de plus en plus fermé avec moi-même. Je me suis farcelé quand j'étais plus jeune. Puis je grandis. Là, il y a un moment où j'arrête d'aller dans des camps chrétiens déjà parce que je reviens une fois énervé. Ça ne me fait pas du bien de m'arrêter. Et puis j'ai mon bac et je viens en Belgique après pour faire des études. Donc là je suis plus avec eux, ils vivent dans le sud de la France du coup toujours. Mais je vis chez ma grand-mère et mon père travaille toujours à Bruxelles. Donc en fait il était la moitié du temps chez ma grand-mère qui est sa mère du coup. Il vivait là-bas. Donc il était quand même là, donc il y avait quand même un climat familial qui était là. Et moi j'arrive ici, en fait je commence à... Donc je suis passé toutes ces années en me disant que je ne veux pas être gay. Je ne disais pas queer à l'époque, je disais je ne veux pas être gay. Je voulais pas, je voulais pas, c'était... En fait si j'étais, si je m'avouais, enfin je l'étais, mais si je partais là-dedans, c'est bizarre de dire ça comme ça, mais si... On m'a dit que j'avais peur parce qu'on m'avait appris que... Moi mes parents c'était du style à me dire, après du recul, mais ils disaient « Mais tu vas pas finir avec les sidaïques et tout ? » Genre c'était des trucs où on me faisait très très peur, tu vois. Ils connaissent rien, donc en fait ils sont très bêtes et ils me disaient des choses qui me faisaient très peur et moi je connaissais aucune personne qui roulait autour de moi, je n'avais... Moi je n'ai jamais... rencontrer des gays ouvertement queer jusqu'à mai ma vingtaine je crois.
- Speaker #1
Ouais donc après lycée, après le bac, après tout ça quoi.
- Speaker #0
Ouais ouais ouais, alors peut-être aller 18 ans, 18-19.
- Speaker #1
Je passe 18 ans de ta vie en mode...
- Speaker #0
Je n'ai jamais...
- Speaker #1
Est-ce que je trouve un semblable autour de moi ? Non.
- Speaker #0
C'est ça, il n'y avait pas TikTok, il n'y avait pas Instagram, tu... Rien. Tu étais fréquenté dans tes bulles tu vois, parce que t'es... Il y avait une partie cool de s'y d'être dans ses bulles mais du coup t'avais pas de représentation. Et encore moins, parce qu'ils m'avaient coupé la télé, tu vois, pour pas qu'on soit... pendant très longtemps, pour pas qu'on soit influencé par le monde, comme ils appellent ça, bien sûr. Du coup, 18 ans, j'arrive, et là, je me rends compte qu'en fait, peut-être que j'ai envie. En fait, je dis là, je suis pas heureux. Je fais une dépression, je suis vraiment mal, et je suis en train de me dire, peut-être que je devrais m'écouter. Et puis j'ai des amis qui sont hyper... À ce moment-là, je suis en première année d'études à l'université. Et j'ai un groupe d'amis qui est vraiment génial. Et je sens que je peux être moi-même avec eux. Ils ne me disent jamais « toi » , j'ai toujours entendu « t'es gay, t'es gay, t'es gay » tout le temps, sans que je le dise moi. Et eux, jamais. Et puis à mai, je leur dis, je crois, je commence à l'accepter à le dire, je crois, à mes 18-19 ans. Donc avant ça, moi j'ai mis de copine, je l'ai dit à personne, donc déjà le dire à personne, c'est horrible. Avec du recul, je me dis, j'ai passé 18 ans sans le dire à personne, c'est horrible.
- Speaker #1
C'était quelque chose que tu, dans ta tête, notamment adolescent, c'est déjà quelque chose sur lequel tu fantasmais ? Omniprésent, bien sûr. Omniprésent.
- Speaker #0
Omniprésent. Moi j'ai regardé, j'ai eu plein de gay awakenings. Quand j'étais jeune, je disais que j'étais amoureux des filles que je regardais. Non, non, je voulais être elle. Là, je me suis identifié qu'il y a des femmes fortes. Un peu masculine, j'avoue. Et j'avais déjà eu des amoureux quand j'étais petit, tu vois. J'avais des amoureux, en cachette, mais j'avais des amoureux, j'avais des petits trucs que je ne disais pas, tu vois. J'étais mon voisin, on s'était déjà embrassés et tout, tu vois.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et donc je fais mon coming out à mes amis, tout se passe super bien et tout. Là, je suis en train de me dire, oh waouh, en fait, quelle libération. Il y a vraiment ce... On enlève ce poids et là, je me dis, en fait, il faut que je m'écoute parce que si je ne le fais pas, je vais... je vais mourir en fait, je vais juste pas être heureux. Et là, je me dis déjà, il est hors de question que je vis pour les autres. Là déjà, même si j'ai été un people pleaser jeune, il est hors de question que je continue un people pleaser en étant adulte. Je ne veux pas de ça. Je le dis à mes parents et je le dis par Skype à l'époque. Je le dis par Skype parce qu'en fait, j'avais peur de le dire en live et qu'ils me jettent à la porte. Bon, c'est triste, mais j'avais peur qu'ils me jettent à la porte. Donc je me dis, si je le dis en Skype... Au moins je suis déjà dans ma chambre, pas avec eux, et voilà donc je le dis, et là je m'en rappelle très bien, je l'ouvre le truc et je suis là coucou, j'ai un truc à vous dire papa, et donc c'est ma mère qui décroche, je dis papa est là ? Elle me dit non il est pas là, mais là c'est trop tard, en fait j'aurais voulu le dire en même temps, c'est déjà tellement d'effort déjà de vous dire quelque chose, je pense qu'en tant que personne queer qui a fait un coming out, et c'est marrant parce que je me disais la dernière fois, je n'ai plus jamais fait de coming out, je ne vis pas dans un environnement... où il faut que je redis, je suis bien, c'est naturel, je n'ai jamais eu besoin de le redire. Que ce soit dans mes jobs, dans mes trucs, j'ai cette chance d'être dans des milieux, en fait je crois que je ne pourrais pas supporter d'être dans des milieux où en fait, je vais en parler après, mais je suis devenu très intolérant aux cons, je suis devenu intolérant aux intolérants, en fait je ne peux pas, mon temps est trop précieux pour fréquenter des cassos en fait, je ne peux pas, ou des gens bêtes.
- Speaker #1
Tu es devenu complètement imperméable à ce point ?
- Speaker #0
Alors imperméable, jamais totalement, parce que quand même je suis ouvert à la discussion, je suis ouvert de parler. les gens qui ne savent pas, je suis ouvert à discuter, mais je n'ai pas le temps d'éduquer les gens non plus. En fait, maintenant, on a tous Internet, on a tous accès à des choses, on peut en parler un peu, mais je ne vais pas conserver l'éducation des gens. Moi, je n'ai pas l'énergie. J'ai plus l'énergie en tout cas, et je dis ça alors que je le fais d'une certaine manière. Je le fais à mon travail, je le fais quand même. Mais je veux dire, je veux pas que ce soit ça, my main activity. Donc je joue Skype, et je leur dis, voilà. Là je suis en bas, j'ai dit, j'ai en tout cas à vous dire. Ma paille est là, non. Elle dit, ah tu dois me dire quoi ? Et là je pleure, mais je pleure, mais je suis incontrôlable. Il y a tout qui sort, je crois qu'il y a 18 ans, 20 ans. Il y a 20 ans qui sort. Je pleure comme une madeleine. Et elle ne comprend pas, elle dit qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu te fais agresser à l'école ? En fait, j'ai l'université, heureusement que je peux faire cela à l'université. On n'est pas aux Etats-Unis, tu vois, je suis à Savoie. Et je pleure, je pleure, et là je dis non, je suis uni. Ça me fait trop rire maintenant, je suis uni. Et elle me dit quoi ? Je dis, ben, j'aime les hommes, quoi. Et là elle dit, je ne comprends pas. Elle dit, comment ça tu ne comprends pas ? Et elle me dit, je ne comprends pas. Et là en fait, elle ne comprend pas ce que j'ai dit, elle ne comprend pas comment ça arrivait, tu vois. Je t'en doutais, t'es ma mère, je t'en doutais, tu vois. Pas du tout, je n'aurais jamais pensé. Tout le monde le savait sauf toi, je ne comprends pas.
- Speaker #1
Ça prouve à quel point on peut s'occulter le regard, même sur son propre enfant.
- Speaker #0
Quand tu as le nez dans la mer, tu ne la sens plus, tu vois. Et du coup, ils tombent des nues et je leur dis, moi je me sens moyennement soulagé. Parce que la réponse, c'est un peu genre... Je ne comprends pas, qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Et là, je suis genre, mais it's all about you, it's about me. C'est tellement que j'entrique, j'en dis, mais c'est pas à propos de toi. Les parents qui disent ça, mais genre, stop, ce n'est pas à propos de vous. Oui,
- Speaker #1
et encore une fois, qu'est-ce qu'on a fait ? Ça soulève le truc, il y a un potentiel problème à ça.
- Speaker #0
Mais pour eux, il y a un problème.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Bref, ils ont parlé à mon père, et là, ça a été, à partir de là, ça a été la descente aux enfers. Ça a été... Des menaces, du chantage affectif, du on va te couper les vives, genre m'écouper, m'écouper en fait, je m'en fous de votre thune, moi je préfère avoir des parents qui me donnent pas de thune plutôt que, enfin tu vois, mes parents sont pas riches mais ils m'aidaient un petit peu financièrement pour mes études, ça a été du chantage affectif, ça a été horrible, vraiment ça a été horrible, ils ont essayé de m'enlever dans des terres de compassion.
- Speaker #1
Comment tu l'as vécu ça toi par exemple ?
- Speaker #0
Ouais, pas très bien. Non, vraiment, ce n'était pas évident, mais je suis content parce que je... À ce moment-là, j'étais jeune, du coup, c'était un peu genre, je comprends votre point de vue, mais je ne suis pas d'accord.
- Speaker #1
Tu vois,
- Speaker #0
il y avait quand même ce truc de, je suis un peu tolérant à ce qu'ils disent. Et ça, ça a duré quand même des années où je me suis dit, j'essaie de leur faire comprendre. J'essaie de leur faire comprendre, regardez, je suis la même personne, c'est moi. Des trucs qui paraissent tellement bêtes aujourd'hui pour moi, mais j'essaie de leur faire comprendre. Mais en fait, ils sont tellement ancrés dans la religion que c'était impossible. C'était...
- Speaker #1
Tu rencontres la différence… Je ne sais pas si on peut vraiment poser ce regard-là sur ça, mais la différence de niveau d'amour, toi, tu es là, tu es jeune, tu as 20 ans, tu ne connais rien de la vie, mais c'est toi qui, par acte d'amour pour eux, vas aller leur expliquer et essayer de développer cette tolérance. Prends en compte déjà la maturité qu'un enfant comme ça peut avoir face à des parents qui, du coup, ont 30 ans de plus que toi et qui, eux, du coup, sont épris de cette intolérance. Et deviner leur amour dans ces moments-là, c'est très compliqué, je trouve.
- Speaker #0
Moi, je ne me sentais pas les plus aimés. Loin de là. Et j'essayais en me disant... Vraiment, j'ai essayé ça et je ne voyais pas ça comme ça. Mais je pense que j'étais plus mature que ce que je pensais.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça.
- Speaker #0
Et je ne comprenais pas ce que je me disais. Alors oui, il y avait ce qui est dans la Bible. J'entends que vous croyez à ça. Mais en même temps, il y a aussi l'amour que vous avez pour vos enfants. Je ne comprenais pas. La religion, c'est censé être l'amour de son prochain. On n'est pas là pour juger les autres. Tu vois genre je... Bref, du coup j'étais un peu perdu, du coup j'étais en colère contre eux, j'étais en colère contre... D'abord j'étais juste triste, perdu, parce que je sentais qu'en fait... Bon, je vais pas rentrer dans les détails, mais ils me disaient des choses horribles tout le temps, en fait ils ont parlé que de ça. Après, c'était même plus, on parlait que de ça, ils me parlaient que de ça. Que je devais changer, que je devais guérir, que je devais plus être comme ça, machin, et c'était aussi à coup de... Tu vois des gens qui sont tellement bêtes qu'ils connaissent pas, du coup ils confondent tout, c'était, et quoi, l'homosexualité, et puis quoi, la pédophilie ? La zoophilie, ça n'a aucun sens, on parle d'adultes consentants. La pédophilie, c'est une maladie mentale, tu vois. La zoophilie, c'est une maladie mentale. L'homosexuelie, ça n'a rien à voir. Enfin, je ne comprends pas. Et du coup, ça s'est enchaîné, s'est enchaîné, et ça a duré comme des années où j'essaie de leur faire comprendre.
- Speaker #1
Jusqu'à quel âge tu dirais ?
- Speaker #0
Quand même longtemps, mais je crois que... Jusqu'à Targaz-Belgique. Et j'ai toujours senti, j'ai toujours senti, quand c'est sorti, j'ai toujours senti... Je ne sais pas expliquer, j'ai une très très bonne intuition. Pas sur tout, mais je pense que je suis poisson. T'es télésyne toi d'ailleurs ?
- Speaker #1
Moi je suis capricorne, mais les poissons, normalement ça passe pas.
- Speaker #0
Pour l'instant ça va.
- Speaker #1
J'ai plein d'ex-poissons.
- Speaker #0
On est intense. On veut les avoir en amis je pense.
- Speaker #1
Franchement ouais.
- Speaker #0
Non mais je le prends pas. Je le prends pas du tout, je suis pas susceptible. Déjà je suis drague, avec les parents anglais je peux pas être susceptible. Sinon je serais chien. Donc voilà, donc je pense et j'ai toujours senti qu'ils allaient faire une dinguerie pendant un de mes gros projets de vie. Je ne sais pas expliquer. Déjà, ils ont déjà fait des dingueries, mais je sentais qu'ils allaient faire un gros truc. Un gros truc que je sens. Je me suis dit qu'il va se passer un truc cool dans ma vie. Même s'ils ne savent pas, il va se passer un truc. Je le sais parce qu'ils sont toxiques envers moi, tu vois. Bon, alors j'ai commencé aussi à vraiment couper les ponts à partir du moment où mon frère est trans. C'est un mec trans. Et euh... Et lui a vu la merde qu'ils m'ont fait, il a directement coupé les ponts. Asie chaude.
- Speaker #1
Il est plus vieux que toi ?
- Speaker #0
Il est plus jeune.
- Speaker #1
Plus jeune, ok.
- Speaker #0
Il a coupé les ponts. Asie chaude, Asie chaude. Moi j'ai juste que je suis trop sensible, non je suis jamais trop, mais je suis hyper sensible. Moi j'aime ce climat familial, j'aime toujours mais pas celui-là, mais j'aime ce climat familial, j'aime réunir, j'aime ce truc-là.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et je pense que j'essaie de garder ça en leur expliquant. Et en fait, je me suis rendu compte qu'ils ne méritaient pas. Avec le recul, ils ne méritaient pas. Ils ne méritaient pas mon temps, ils ne méritaient pas mon amour. Donc, j'ai coupé les ponts. Moi, je ne suis pas là de dire... Quand je vois des gens qui disent « Oh, mais c'est mes parents quand même, du coup j'accepte. » Ben non, en fait, j'accepte quoi ? J'accepte moi, je n'accepte pas. Et en fait, ils représentent tout. Même si je n'étais pas gay, ils représentent tout ce que je défends. Ils sont racistes, interrosés. Ils sont grossophobes. Ils sont transphobes. Ils sont homophobes. Tout ! Ils sont tout. Ils sont tout ce que... La culture du viol, il y a tout, en fait. C'est à tout que tu ne vas pas. Il n'y a rien qui va, tu vois. La culture du viol, c'est quand tu es très marcarcal, très... La femme, c'est un objet, voilà, le désir, machin. Donc, ils représentent tout ce que je défends. Donc, en fait, même si je n'étais pas gay, je ne crois pas que je voudrais traîner avec des gens comme ça. C'est bien de traîner avec ses parents, mais je ne veux pas être associé à ces gens-là. Bien sûr.
- Speaker #1
Oui, et donner ton temps, ton énergie, et pour toi, ça peut être... Parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui font avec, tu vois. C'est ultra drainant, imagine toi un repas de famille où en fait tu te reprends ça constamment dans la gueule parce qu'il y a zéro évolution de l'autre côté, c'est très compliqué je pense.
- Speaker #0
C'est très compliqué mais en fait c'était soit ça, soit j'étais malheureux et quand mon frère a fait ce coming out trans, j'ai vu comment c'était dur pour lui, il était hors de question que je sois entre les deux et que je dise oui oui à mes parents, non déjà, et que mes parents déjà je commençais à leur dire je suis pas d'accord, juste, et pas oui je comprends mais, c'était déjà non. Donc déjà je sentais qu'il y avait une évolution, mon frère a fait ce coming out, j'ai été... normal, j'étais là pour lui, on avance main dans la main, on est ensemble et là j'ai commencé à couper les ponts et la dernière fois que j'étais chez eux c'était en 2017 et attends, la dinguerie de ah oui de dry grace ma mère a fait une thèse parce que je crois que ma mère en fait je crois qu'on se rend pas compte ça jeune mais avec du recul en fait je pense que ma mère est dépressive chronique mais quand t'es jeune tu te rends pas compte c'était pas quelqu'un qui était au fond du lit tout le temps loin de là mais c'est quelqu'un avec du recul qui avait toujours Les piles plates comme elle disait, je suis fatigué, j'ai les piles plates. En fait je pense qu'elle était juste dépressive et elle faisait des phases de grosse dépression. On n'a pas fait énormément quand j'étais jeune, on en a fait une grosse. Mais des grosses c'est des grosses, c'est genre hospitalisé, je sors pas du lit, je m'occupe pas de nous tu vois. Donc c'est ça, une quand j'étais jeune et là, donc dépression plus tentative de suicide. Mais c'est ça qui m'a fait vraiment encore plus dire que je voulais hors de question que je sois associé à des gens comme ça et je ne veux pas de leur énergie autour de moi, c'est parce qu'ils ont dit que c'est à cause de mon frère. Ils ont dit que c'est elle a fait ça parce que mon frère est trans. Et du coup moi je me suis dit, et mon frère était tellement mal parce qu'en fait, ok on s'entend pas avec nos parents, mais on leur veut pas du mal non plus. Que tu le veuilles ou non,
- Speaker #1
ça t'atteint cette parole là.
- Speaker #0
Eux ils nous font du mal mais ils nous veulent pas du mal. Ils nous veulent du bien en nous faisant du mal. Donc c'est pour ça que je leur en veux pas aujourd'hui. Je veux pas être proche d'eux parce qu'ils nous font du mal, mais je pense que c'est sous couvert de leur bienveillance. Mais à ce moment-là, quand j'apprends qu'ils ont dit à mon frère que c'était de sa faute, moi je me dis « Attends, attends, attends, mais en fait, moi je vais perdre tout le monde. Je vais perdre ma mère, même si je ne la vois plus, mais je ne m'en veux qu'elle meure non plus. Et je vais perdre mon frère, parce que tu as tant de ça. Lui, il est en pleine transition. Je me dis « À moins qu'il se tue, tu vois. » Et là, je commence à hurler sur mes parents, mais je leur hurle dessus. Et c'est une des dernières fois où on se parle, parce que je me suis dit « Je ne peux pas. » Et du coup, j'ai pris soin. On s'est pris soin avec mon frère tous les deux. Et en fait ça a juste continué.
- Speaker #1
C'était quoi le plus dur dans le fait de les quitter ?
- Speaker #0
La solitude, c'est aussi le fait d'être seul, c'est la relation qu'on... La relation, ça faisait longtemps que j'étais un peu émotionnellement détaché parce que je sentais que ça n'allait pas fonctionner. Oui,
- Speaker #1
t'as dû te détacher.
- Speaker #0
Exactement. Mais je pense que c'est plus la solitude quand t'es jeune et tu te sens que des fois t'es là, genre en fait il y a l'enfant en toi qui est là, j'ai besoin de mes parents, tu vois. Et t'en as pas. Ils sont là, mais c'est pas genre ils sont... De toute façon ils sont morts, ils te disent juste pas, c'est très dur je pense. Mais là c'est dur aussi parce qu'ils sont là mais t'as pas accès à eux.
- Speaker #1
Bien sûr, ouais. Tu vois. Ouais c'est... Pour moi, il n'y a pas de pire, mais c'est un deuil.
- Speaker #0
C'est un deuil, en fait.
- Speaker #1
Ils sont là, mais ils ne sont pas là. C'est de sentir l'absence alors qu'il est physiquement là.
- Speaker #0
Oui, mais ils ne sont pas là. On vit beaucoup de ça.
- Speaker #1
Tu vois, il y a un espèce de brain bug. Je ne comprends pas. Il y a une erreur
- Speaker #0
404. Et c'était clairement un deuil des parents que j'aurais aimé avoir. C'était vraiment... Pour moi, c'était le plus dur. C'est que toutes ces années, ça a été le process où j'ai dit non. Et après, quand j'ai dit non, c'est que là, j'ai vraiment pu commencer à faire le vrai deuil.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
de mes parents ça a marqué un point et je pense que le deuil je l'ai fait mais en fait c'est ça c'est que j'ai fait mon combinat j'ai pleuré j'ai plus jamais pleuré mais pas une seule fois il n'y a rien qui sortait et pas que je ne voulais pas c'est juste que ça ne sortait pas jusqu'à jusqu'à le confinement 2020 bref j'ai arrêté un documentaire j'ai pleuré pour une connerie en plus mais j'ai pleuré pendant je pense 30 minutes sans arrêter mais toi genre les yeux qui brûlent la tête qui fait mal et tout j'ai pleuré comme une madeleine Et je me suis dit, waouh, ok, j'ai débloqué un truc, j'ai appelé une psy, j'ai dit, il faut que je prenne rendez-vous. Directement, directement, je suis en mode genre, voilà, je pense que j'ai débloqué un truc, maintenant il faut que j'aille mieux. Donc j'ai commencé, puis ça a été mieux. Et j'ai recommencé, et j'ai fait le deuil de mes parents, et je crois que ça fait peut-être maintenant un an et demi, je dirais. Le vrai deuil, je me sens vraiment guéri de ça. Tu te sens léger ? Léger, ouais, je me sens super léger. Tu vois, quand Noël est arrivé, c'était quand même compliqué, les fêtes de Noël, les fêtes de famille, tout ça. Et maintenant, plus du tout. Plus du tout, je... Je sais pas que ça me revient pas, mais c'est très rare et pas aussi intensément. Et depuis que ce deuil est arrivé, que vraiment j'ai senti que ça arrivait, j'étais très mal à ce moment-là, bizarrement, pour aller mieux après, eh ben je me suis ressenti qu'on est... C'est un peu bizarre, mais j'ai senti que j'étais de nouveau reconnecté à mes émotions, que j'avais plus pendant des années. Ah mais Mickaël, je le débranche. Oui, c'est ça,
- Speaker #1
ouais, c'est ça, parce que toi, tu gardes, parce qu'en fait, t'es obligé à ce moment-là de garder pour avancer et survivre, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je pense que pour ce livre, je me suis mis une muraille énorme. Et je pense qu'au fur et à mesure, elle s'est effritée. Je l'ai un peu balayé, enlevé, déconstruit. Et à partir du moment où j'ai fait le deuil, ça a été une période aussi très dure. Je ne sais pas, je suis en mode, le deuil est fini, je vais bien. C'était, je vais mal. Mais en fait, c'était parce que c'était la fin du deuil. Je me rends compte que c'est la fin là, c'est bon. Et je me sentais reconnaître mes émotions. Mais du coup, je me sentais beaucoup plus en moment présent. Je me sentais reconnaître. Du coup, je replerais. Alors, pas négativement, mais je replerais. Mais juste personnel.
- Speaker #1
Tu as ta sensibilité.
- Speaker #0
Exactement. J'ai toujours été connecté à mes sensibilités, mais je me reconnectais vraiment à ce truc de... Il y avait comme un... Tu vois quand tu sens que t'es heureux, tu sais que t'es heureux, mais tu le ressens pas.
- Speaker #1
Il n'y a pas le lien entre les deux.
- Speaker #0
C'est que tu sens que tu l'es, tu sais que tu l'es, mais tu le ressens pas. Et bien là, maintenant, je ressens que c'est reconnecté, tu vois.
- Speaker #1
C'est génial. Est-ce que tu trouves de manière générale que c'est du coup, toi en te reconnectant à ça et à cette sensibilité, à ces émotions-là, Est-ce que tu sens aussi que ça a débloqué certaines choses dans tes rapports humains autour de toi, outre tes parents et le deuil, etc., ou pas ?
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #1
Tu te sens plus heureux ?
- Speaker #0
Je me sens plus heureux, mais j'ai eu de la chance d'être entouré par des gens assez chouettes.
- Speaker #1
Parle-moi de ça, de comment toi tu as réussi à refaire confiance, à recréer une famille derrière choisie, parce que tu as besoin d'un support autour de toi et encore plus dans ces moments-là. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête de te dire
- Speaker #0
Là j'ai besoin, je vais refaire confiance à des gens qui vont m'aimer, je vais recréer ce cocon autour de moi. Comment tu crées tout ça ?
- Speaker #1
Alors accepter l'amour des autres, je pense que c'est encore un process. Je pense que c'est beaucoup mieux qu'avant. Déjà donc je suis très content. Merci à ma psychologue si elle écoute ce podcast. Je lui enverrai d'ailleurs comme ça. Ça sera pour moi. Oui c'est ça.
- Speaker #0
J'ai un peu évolué.
- Speaker #1
Madame regardez comme ça, je n'ai pas à parler autant. Je pense que oui, accepter l'amour des autres c'est toujours un petit challenge. Mais je le sens que j'ai... Beaucoup plus facile, dernièrement. Ça a pris quand même longtemps. Je fais confiance aux gens. Parce qu'en général, c'est peut-être mon intuition. Soit je sens, soit je ne sens pas les gens. Quand je les sens, je fais confiance. Quand ça ne va pas, j'ai plutôt tendance à me refermer sur moi-même. En tout cas, à demander de l'aide. Ça, ça se travaille aussi. Je suis en train de le travailler. J'ai un peu plus facile. J'ai un peu plus facile à demander de l'aide. Ouais.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ouais je pense que... Ça c'est une évolution. Il y a une évolution, je le fais, je suis entouré et je pense que ça c'est encore un petit mécanisme de défense. Mais regarde ce ciel bleu, la Belgique. Le français il l'avait dit. Il va dracher en deux minutes. Je pense qu'il y a un petit reste de mécanisme de défense où avec mes amis, où en fait ça a été... Tu vois quand tu... Je veux dire tu renies mais quand tu effaces tes parents de ta vie, quand même les personnes qui sont... Moi le lien de sang pour moi maintenant c'est plus important du tout. Le lien de sang pour moi je trouve ça, ça vaut zéro. Sauf que si, c'est la relation qu'on crée. si t'as un lien de sang et en plus t'as une chouette relation alors là c'est vraiment pour moi c'est le top du top c'est le Graal comme t'as avec ton frère comme j'ai avec mon frère là c'est vraiment le Graal une relation peut être aussi forte sans un lien de famille pour moi ça c'est fort et pourtant on grandit pas je trouve que à l'époque on grandit pas comme ça je pense que nos parents nous ont dit moi j'ai grandi avec des gens qui me disaient les amis c'est pas là toute la vie ouais ils te disent ouais mais c'est très hétéronormé aussi ouais c'est ça on n'a plus d'amis exactement exactement tu viens d'en parler exactement Donc j'ai grandi là-dessus, donc moi déjà j'étais déconstruit de cette image-là, donc je me refais mon cercle, je ressens que vu que j'ai débloqué un peu le boss final, vu que j'ai écarté le parrain de ma vie, c'est comme si j'avais déjà été au dernier niveau, tu vois, de ce côté-là relationnel, de détachement, que du coup je dois apprendre aussi à reconnecter, parce que, alors je suis très connecté à mes amis, je les aime d'amour, mais je pense qu'il y a toujours une petite voix en moi qui se dit que si... Jamais j'avais plus d'amis, ça se termine avec eux, mais ça irait quand même. Et c'est pas que je veux, je veux pas, je pense qu'au fond de moi je serais dévasté. Ça irait pas, ça me ferait trop de peine. Et j'ai entretien à mes relations, je le fais, pas parce que je dois, parce que je veux, parce que je les aime.
- Speaker #0
Oui t'es un ami aimant bien sûr.
- Speaker #1
C'est ça, je les aime, des fois peut-être je leur montre pas assez, mais je crois que c'est aussi un mécanisme de défense, peut-être j'ai toujours peur d'être déçu je crois.
- Speaker #0
Mais je sais que ça arrivera pas. Déçu de leur réaction ?
- Speaker #1
Non mais je pense que déçu d'être abandonné d'une certaine manière, tu vois. Et même si je le pense pas mais je pense qu'il y a un petit reste Ouais ouais c'est un débris C'est ça il reste un petit encore maintenant un petit débris de S'il m'abandonne ah qu'est-ce qu'il va se passer Peut-être que En tout cas je leur montre ils le savent je leur dis que je les aime J'essaye en tout cas au maximum Et il y a un petit ce côté des fois un peu Qui peut paraître détaché Je sais que même mon meilleur pote me l'a déjà dit Il me dit c'est vrai que des fois t'as l'air assez détaché Et c'est pas du tout le cas je lui dis c'est pas le cas Il le sait mais c'est juste Parce que je suis là, je suis dans le moment, mais des fois c'est vrai que je peux, en l'ensemble je fais ma life et je m'en fous, alors que c'est pas ça.
- Speaker #0
Et tu vois c'est ce dont tu parlais dans l'épisode, c'est ce que j'ai senti, même à travers l'écran, moi je l'ai ressenti, parce que c'est que comme ça que je t'ai connu, je t'ai parlé de cette force et de cette tudeur, c'est un truc que tu transpires malgré tout, et malgré le fait qu'on voit que tu es aimant avec les gens qui t'entourent, et notamment dans les épisodes de Bragueil, c'est tout que j'ai vu.
- Speaker #1
C'est ça qui est un bit de scule, je suis toujours en mode dès qu'il y a quelqu'un qui pleure, je le prends dans mes bras et tout.
- Speaker #0
Oui, mais tu sais, j'ai l'impression qu'il y a une pudeur derrière et ce truc dont tu parles, qui est hyper beau aussi à voir parce que tu apportes carrément de la conscience là-dessus et on voit que tu as réfléchi et qu'on voit que c'est en évolution et que ça s'ouvre de plus en plus aussi pour toi et là, on parle de débris, de ça en toi.
- Speaker #1
C'est des débris, ça veut dire que je suis très content de voir qu'il y a une évolution, de voir que la psychothérapie fonctionne, de voir que je suis en... Perpétuelle évolution. Et ça aussi, c'est un truc très important. Je suis hors de question de ne pas être en perpétuelle évolution tout le temps. À la fin de ma vie, c'est hors de question. Genre, ça me donne des angoisses. Et là, c'est encore sur autre chose. Mais quand j'entends plutôt des hommes gays dire ça, parce que c'est plus mon milieu aussi, on va dire, mais des hommes gays dire, après 30 ans, t'es périmé. Enfin, tu vois, là, c'est plus physique aussi. Mais aussi, la personne. Mais moi, ma phobie. Moi, je suis un Pokémon. Je vais évoluer jusqu'à la fin de ma vie. Je me sens plus cool à 30 qu'à 20. Plus je me sens plus beau, plus cool, plus drôle, et j'espère que ça sera pareil à 40. Mais bien sûr, à 40, à 50. Alors je dis pas en vieillit, mais j'espère que ça va continuer, parce qu'il est hors de question de pas être dans cette évolution perpétuelle et déconstruction. C'est pas possible. Je stagne, je deviens un vieux réac, je deviens un gros noob, je l'annule.
- Speaker #0
Et malheureusement, c'est un truc qui a été aussi un peu systémique à la communauté gay-homme, C'est la génération issu qui a voulu ça, et c'est ce qu'ils ont vécu aussi dans leur propre génération, qui font qu'ils sont... J'ai rencontré pas mal de gens aussi, d'hommes gays dans ma vie, plus vieux que moi, qui, du coup, deviennent un peu aigris, te parlent de cette date de péremption, etc. Et c'est dommage, parce que... Et je suis content de voir que nous, la nouvelle génération...
- Speaker #1
On est moins aigris.
- Speaker #0
On est moins aigris, on est dans cette logique-là de... Ouais, en fait, il y a des choses qui vont, il y a des choses qui vont pas, mais on évolue, et on y va, et on se pose un peu plus de questions.
- Speaker #1
Mais moi ce qui m'aide aussi c'est que je traîne, alors je vais pas dire que je traîne pas dans le milieu, loin de là, mais moi j'aime bien être entouré, déjà je me dis moins gay, je me dis plutôt queer, parce que c'est en train de, c'est beaucoup plus politique aussi, et c'est aussi dans un, parce que j'ai envie, et je traîne dans un climat beaucoup plus divers, il est hors de question que je traîne qu'avec des blancs gays, c'est ma phobie, des blancs gays musclés je peux mourir, moi je veux traîner avec eux aussi, mais avec eux, avec des femmes, avec des femmes trans, avec des hommes trans, je veux être entouré de personnes racisées, et c'est ce que j'ai dans ma vie, je veux être entouré d'un spectre large de personnes parce que c'est tellement enrichissant. Hors des questions que je sois avec des gens qui ont des mini-moi de certaine manière. Le problème, ce n'est pas qu'ils soient blancs et musclés, on s'en fout, mais c'est juste...
- Speaker #0
L'entre-soi.
- Speaker #1
Oui, mais c'est surtout qu'ils ne traînent qu'ensemble. Mais où est la diversité ?
- Speaker #0
Je pense que ça rassure l'être humain de se mettre ensemble en réalité.
- Speaker #1
Moi, ça m'angoisse. Pardon ? Moi, ça m'angoisse, mais en même temps, je le fais aussi de sa manière. Du coup, je ne traîne qu'avec des personnes queues. Quasi. Quasi. Je vais s'entourer que de personnes queer. Alors bien sûr, c'est un sphère beaucoup plus large, c'est très divers. C'est des gens de partout, de toutes les origines, toutes les morphologies, toutes les religions. Mais c'est quand même des personnes queer. Il y a quand même un truc qui nous lie. Après, c'est important, je pense.
- Speaker #0
Oui, carrément, bien sûr. Presque dix questions, mais c'est des questions tac au tac. Donc tu réponds assez vite, en assez court, si tu peux.
- Speaker #1
Assez court,
- Speaker #0
concise. Surtout qu'il y a plein de trucs qu'on a déjà vus avant.
- Speaker #1
Ok, très bien.
- Speaker #0
Donc tu vas voir, c'est juste un rappel peut-être. Est-ce que tu pleures facilement ?
- Speaker #1
Ça va.
- Speaker #0
Ça va mieux ?
- Speaker #1
Ça va mieux. En fait, je pleure très vite pour des conneries, genre des vidéos TikTok, des films.
- Speaker #0
Avec TikTok, on est dedans. Je t'en enverrai, l'agent l'a vu pas mal ce matin.
- Speaker #1
Moi, j'adore quand on est dedans, je vais me pleurer, ma passion. J'adore pleurer pour les inconnus. Je pleure très facilement pour ça. Pour des choses personnelles, j'ai plus de mal.
- Speaker #0
Ok, ok.
- Speaker #1
Mais dernièrement, j'ai pleuré à l'aide de rupture. Mais du coup, ça me fait du bien parce que je me dis que je suis... En fait, quand je pleure, je suis content. Je me dis que je connais très bien mes émotions. Dans les années, je ne l'ai pas fait.
- Speaker #0
C'est génial.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ton plus grand mécanisme de défense, on en a parlé.
- Speaker #1
Je me replie beaucoup sur moi-même. Alors, ça dépend de quelle situation. Soit je me replie sur moi-même et je vais juste dealer avec mes trucs. Et ça dépend. Si on m'attaque, mon plus grand mécanisme, c'est que je vais attaquer aussi.
- Speaker #0
OK. C'est intéressant.
- Speaker #1
Je vais rester très calme, mais je vais t'enchaîner.
- Speaker #0
Une émotion que tu caches trop souvent ?
- Speaker #1
Ouais peut-être mon manque de confiance, ma peur de l'abandon je crois. C'est un truc que je cache beaucoup, je fais trop de genre mais je suis toujours peur.
- Speaker #0
Ok, ouais.
- Speaker #1
Ah non, une émotion que je cache beaucoup, je crois que c'est... J'ai énormément de mal avec la colère du coup. Je sais pas dire avec la colère. Du coup c'est une émotion que je comprends pas, je suis gêné. En fait ma colère se transforme très vite en tristesse ou en déception, je sais pas dire avec la colère.
- Speaker #0
As-tu du mal à demander de l'aide ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je crois qu'il y avait des réponses, j'aurais pu répondre à ta place.
- Speaker #1
Vraiment, ouais, de fou. Comme je disais, ça va mieux, mais c'est un process.
- Speaker #0
Arnaud amoureux, il est comment ?
- Speaker #1
Je suis tellement romantique. Alors, les gens qui... Moi, je pensais être vanilla, mais pas du tout. Je ne suis pas du tout vanilla. Mais comment je suis ? Je suis très à l'écoute. Je suis très romantique. C'est-à-dire que moi, j'adore... Préparer les trucs, penser à ce que l'autre va aimer pour faire ça.
- Speaker #0
Attentionner.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, je suis très attentionné, je suis très romantique. Mais moi, genre... Mais en fait, romantique, seconde degré, c'est pas que je le pense pas, c'est que, tu sais, il y en a qui sont très cheesy, mais c'est un peu premier degré, t'es un peu genre, oh, ça pourrait être cringe. Bon, j'aime pas le mot cringe, mais c'est jamais cringe. Mais tu vois, moi, je sais que je suis romantique, du coup, j'en surjoue, et du coup, je te fais vivre... Une expérience de film de team vie romantique.
- Speaker #0
T'as peur de quoi en amour justement ?
- Speaker #1
J'ai peur de ne pas être respecté. Moi je ne suis pas quelqu'un de jaloux. Je suis pas du tout jaloux. Mais j'ai peur de ne pas être respecté. D'avoir beaucoup donné. Peut-être être abandonné d'une certaine manière aussi. Mais qu'on ne respecte pas mes limites et qu'on ne respecte pas mon intégrité. Je ne veux pas se parier aussi.
- Speaker #0
Il a du challenge celui qui va arriver. Ça va,
- Speaker #1
c'est la base.
- Speaker #0
C'est la base. La chose que tu préfères chez la personne que tu aimes de manière générale. Qu'est-ce que tu as envie d'aimer chez l'autre ?
- Speaker #1
Chez un homme, par exemple.
- Speaker #0
Je vais dire son paf, pas du tout. Moi, j'aurais répondu ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce que j'aime chez l'autre ? C'est une bonne question, ça. J'aime bien... C'est super narcissique. J'adore, j'adore... Dans mes relations, j'aimais bien quand mon... Pas tous, un mec qui m'a vraiment aimé me regarder. Tu sais, des fois, tu te retrouves les trois et qu'il te regarde et il te dit d'amour. Ah ça ma passion, ça j'adore.
- Speaker #0
Ouais tu te dis genre waouh.
- Speaker #1
J'suis en mode genre, et moi j'suis genre, genre, genre, t'es d'accord ? Y'a quoi ?
- Speaker #0
J'suis pas en brouille,
- Speaker #1
j'suis genre... Ouais j'aime bien des fois quand on est en train d'être des oeufs d'amour, ça me plaît. Quand t'es vraiment désiré et qu'ils t'aiment, t'es genre... Oh... J'l'aime trop.
- Speaker #0
Ah non,
- Speaker #1
c'est trop mignon. Ça j'aime bien.
- Speaker #0
Est-ce que tu pardonnes facilement ?
- Speaker #1
Non. Enfin non, ça dépend pourquoi. Enfin oui, genre c'est des petits trucs, oui je suis très compréhensif, on peut en parler, mais euh... Quand c'est vraiment un manque de respect, je pardonne pas. C'est une fois et c'est ciao.
- Speaker #0
Rancunier.
- Speaker #1
Non, mais juste je mets mes limites. C'est-à-dire que je vais pas t'en vouloir, mais par contre c'est mort. C'est-à-dire que si c'est vraiment un truc grave, c'est vraiment en mode genre voilà, on en parle et je...
- Speaker #0
Ouais, y'a pas de rancœur, mais y'a un point à le prendre. Non, y'a pas de rancœur,
- Speaker #1
mais je mets mes limites.
- Speaker #0
Ton plus grand rêve ?
- Speaker #1
Eh ben tu sais, je suis un peu perdu. Parce que je suis en train de me dire que je sais pas trop c'est quoi mes rêves, et c'est pour ça que je me sens un peu perdu pour l'instant. C'est que j'ai pas trop de rêves, je sais pas trop, pour l'instant j'avoue que c'est dur de se projeter. C'est dur avec tout ce qui se passe dans le monde. Moi, j'ai du mal à avoir des rêves pour l'instant. Après tout ça, j'ai déjà vécu mes rêves. Je voulais faire du drag, je l'ai fait. Je voulais faire du drag, je l'ai fait. J'ai fait les trucs que je n'avais pas pensé faire. Je ne stanne pas les gens. Ça aussi, c'est la religion. Je ne stanne pas les stars. Mais j'ai fait le projet avec des stars. C'est cool aussi, que je pensais pas faire, c'était peut-être un peu des petits rêves. Tu vois, j'ai dansé sur scène avec Charlie Xiex quand j'étais jeune, au début de mon drague.
- Speaker #0
Ah oui, tu avais dit avant. Oui,
- Speaker #1
j'avais été sur scène avec elle, c'était pour une connerie, mais tu vois, c'est des petits trucs sur moi, genre... Ah, c'était des petits rêves. En fait, c'est des petits rêves, tu vois. Mon rêve, vraiment mon plus grand rêve, c'est super cheesy, mais être heureux, quoi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Être heureux.
- Speaker #0
Non mais attends, c'est très bien. Être heureux. Faut s'en faire de là et ensuite ça deviendra peut-être plus...
- Speaker #1
Être heureux et continuer à évoluer de moi-même, déjà, ce serait très bien.
- Speaker #0
Dernière question qui est semblable à tous mes épisodes. J'aimerais que tu donnes un conseil à une personne qui peut-être galère émotionnellement derrière la caméra aujourd'hui et qui t'écoute.
- Speaker #1
Déjà, il faut s'écouter. Très important. Parce que les autres pourraient penser, non, non, vraiment ce qu'on a en fond de soi. Aller voir une psy. Alors, il y a des mauvais psy, mais aller voir une psy. Aller voir une psy, franchement, ça aide. Faire quelque chose, c'est ce qu'on a besoin d'être. On a besoin d'une béquille dans la vie. Aller voir une psy, s'écouter et prendre du temps pour soi aussi. Super important. prendre le temps pour soi et juste faire des choses qu'on aime on oublie ça juste de temps en temps se faire un petit date avec soi-même un film qu'on aime bien tout seul aller manger un truc qu'on aime bien c'est la base mais il y a plein de gens qu'on oublie des fois juste de faire moi j'adore aller au cinéma seul j'adore c'est compliqué mais après une fois que tu l'as fait une fois,
- Speaker #0
deux fois,
- Speaker #1
trois fois ça devient hyper naturel et c'est super cool donc je dirais ça prendre le temps pour soi et se faire rire aussi tu sais que moi je me rends compte qu'il y a des moments où je me fais tellement rire je suis tout seul pas toujours mais Merci. Des fois je suis là et je suis en fou rire et je me dis mais je suis trop con et j'aime trop ce moment je suis vraiment en joie avec moi même et je me fais des blagues à moi même et je suis là genre j'aime cette personne.
- Speaker #0
Se faire rire, d'autodérision etc.
- Speaker #1
J'aime cette personne, j'aime cette personne. Donc voilà.
- Speaker #0
Arnaud merci pour ta générosité. Merci. J'ai bon parlé. Non mais c'est trop bien, j'adore. Merci pour sa transparence aussi aujourd'hui.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Et je pense que ça va être un très bel épisode que les gens vont découvrir. N'hésitez pas à commenter, à liker la vidéo si ça vous a plu, à m'envoyer des messages à moi, à Arnaud. Je mettrai ses blazes partout sur la vidéo. Mais voilà, merci pour aujourd'hui et je te souhaite le meilleur pour la suite. Merci beaucoup. Merci Camille. Merci beaucoup. Ciao. Et attends, Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à l'envoyer à ta mère, à ta meilleure pote, à ton frère, enfin à qui tu veux. Et peut-être surtout à une personne à qui il pourrait faire du bien. Et si tu souhaites me soutenir encore plus, abonne-toi à la chaîne, commente et partage sur les réseaux sociaux. A très vite pour le prochain Walkie Talkie.