- Patana
Bonjour à tous et bienvenue chez WePotes, le podcast où on papote entre potes. Parce qu'après mes parents, ce sont mes amis qui m'inspirent le plus dans la vie. Ici, nous partagerons sans filtre des histoires personnelles et nos réflexions sur la vie de trentenaires. Aujourd'hui, je suis super heureuse de recevoir l'une des personnes avec qui je suis la plus connectée, au sens figuré comme au sens propre, depuis cette aventure humaine qu'est la maternité. Pour ce nouvel épisode, je reçois celle qui a été mon coup de foudre amical il y a plus de dix ans, à Melbourne en Australie. Et dix ans plus tard, nous avons partagé nos grossesses en même temps. Elle, le second enfant, moi, le premier. Je vous souhaite d'avoir une lumière comme elle dans votre vie. C'est ma Margaux d'amour. Ma Margaux, comment tu vas ?
- Margaux
Bonjour à tous. Merci, ça va très bien, merci. Et toi ?
- Patana
Ça va très bien aussi. Comment tu te sens en ce moment ?
- Margaux
Très bien. Alors, pour donner un peu de contexte, on est en week-end ensemble, un peu au milieu de nulle part, dans un super environnement, avec nos enfants,
- Patana
on est entre amis du coup, et on a quand même cinq enfants au total. C'est un peu sport, mais c'est vraiment génial. C'est clair. En tout cas, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation à ce podcast. Et avant de démarrer, j'aimerais te proposer un petit icebreaker des familles. Déjà, première question, comment tu te décrirais en quelques mots ?
- Margaux
Alors, je suis Margaux, la maman de deux enfants, Paul et Judith. Incroyable ! Très prenant, mais incroyable ! Et je suis du coup mariée avec Florent depuis fort longtemps, depuis 2018. Donc ça commence à faire, on s'est rencontrés très jeune. Et du coup, on fait notre vie ensemble, proche de Bordeaux. Voilà pour les petites présentations.
- Patana
Génial. Et est-ce que tu te rappelles comment on s'est rencontrées et la première fois où on s'est vues et on s'est parlées ?
- Margaux
Je m'en souviens très bien. C'était il y a plus de dix ans à Melbourne en Australie, plus exactement sur la Great Ocean Road. C'était notre premier voyage organisé. Alors en fait, pour un peu de contexte, on a fait un échange universitaire en Australie toutes les deux. Moi, j'étais à Tours, toi tu étais sur Paris, je pense. Et donc, on a passé un semestre en Australie, à Melbourne, dans la même école, la Trobe University. Et moi, je suis vraiment arrivée au dernier moment et tout sur le campus. Et le lendemain, on partait en voyage organisé un petit peu avec tous les étrangers qui venaient passer un semestre dans cette université. Et en fait, le premier moment où j'ai posé mes yeux sur toi, c'est un moment où par chance, en fait, on m'a changé de chambre parce qu'au début, j'étais qu'avec des Américaines. Et les Américaines, là-bas, c'est vrai qu'elles restaient un peu en groupe entre elles. Elles voulaient rester entre Américaines. Et en fait, on m'a proposé, on m'a dit, si tu veux, il y a peut-être pas assez de place ici, on peut te mettre dans une autre chambre. Et j'ai sauté sur l'occasion. Et là, je me suis retrouvée dans un groupe de nanas adorables. Et tu étais là. Et je te vois encore très bien sur le lit, assise sur le lit, en train de papoter. Et c'est le premier moment que je t'ai vue. Voilà, je m'en souviens bien.
- Patana
Et je ne sais pas si tu te rappelles, mais moi, du coup, on s'était parlées en fait avant sur Facebook. Et en fait, c'était un groupe justement pour les personnes qui arrivaient dans le campus. Et j'avais posé une question à la con, je ne sais plus, j'avais demandé s'il y avait moyen de brancher sur la Wi-Fi ou un truc comme ça. Et j'étais trop contente parce que tu m'avais répondu super vite. Et je me suis dit, si je la croise dans le campus, c'est trop bien. Et quand tu t'étais présentée, je me rappelais très bien ta photo de profil sur Facebook. Je me suis dit, oh yes, bingo, c'est bon, elle est là. Je suis trop contente. Et ouais, du coup, après, ça a été une super histoire d'amitié où je me suis dit, enfin, je ne sais pas si toi, ça t'a fait ça, mais moi, j'avais vraiment l'impression de te connaître depuis super longtemps, alors que ça faisait, je ne sais pas, deux semaines qu'on se connaissait à peine, quoi. Et ouais, c'était ouf. Je me suis dit, ouais, c'est le genre de relation qui te marque à vie, quoi. Quel que soit ce qui va se passer après, c'est sûr que ça reste.
- Margaux
Ouais, je suis d'accord. C'est vrai que je pense aussi le contexte, le fait que quand tu es à l'étranger, à l'autre bout du monde de ta famille, tu crées du lien peut-être plus rapidement, un ancrage en fait avec des personnes. Du coup, tout était ouvert et en plus, je pense qu'on se ressemble beaucoup. Et du coup, ça a directement collé en fait. C'est resté après aussi, il y avait un risque de dire peut-être que quand cette aventure australienne se finira, on s'éloignera, ce qui peut arriver. Et ça n'a pas été le cas. On a réussi à maintenir notre amitié et à évoluer aussi dans le même sens en fait, aussi dans le même chemin. Et ouais, c'est vrai, c'est une belle amitié. C'est vraiment une belle amitié.
- Patana
Ouais, c'est clair. Et j'ai hâte qu'on raconte du coup la suite de toutes ces aventures-là. Pour terminer ce icebreaker, comment tu décrirais notre relation en un mot aujourd'hui ?
- Margaux
En un mot, notre relation ? Ah, c'est pas facile. Peut-être le voyage, dans le sens où à la fois parce qu'on adore voyager toutes les deux, on s'est rencontrés par le voyage, et je pense que la maternité qu'on a partagée aussi est un voyage. Je pense que c'est quelque chose qui nous caractériserait toutes les deux, en fait, dans beaucoup de points de notre vie.
- Patana
J'aime bien, j'aime bien. Très philosophique, j'aime beaucoup. Alors justement, pour raconter ce voyage qu'est la maternité. Pendant deux ans, nous sommes passés par les mêmes étapes de vie. Deux grossesses, deux accouchements et beaucoup de nuits sans sommeil. Et comme tu l'as dit, effectivement, on est dans un super cadre, dans une super maison de campagne entre darons, qui se passe super bien, franchement, super chouette. Et donc, aujourd'hui, nous allons vous raconter comment notre amitié a traversé les pleurs, la fatigue extrême, les baby clashs et tous ces moments magiques qui viennent avec la maternité. Et donc, j'aimerais d'abord qu'on commence par le commencement, à savoir comment se passe ton enfance et puis est-ce que tu peux nous raconter ta rencontre avec ton chéri ?
- Margaux
Alors, j'ai grandi dans une famille de... on était 5 donc des parents très aimants, très présents aussi pour nous et du coup j'ai un grand frère et une petite soeur une toute petite soeur, enfin on a 8 ans d'écart mais c'était un peu mon bébé. Et du coup on a vraiment grandi dans la campagne, campagne très profonde, il y avait vraiment rien au fond de l'Eure-et-Loir donc c'était vraiment un peu paumé. Et que dire d'autre du coup ? Ma famille aussi est marquée par un événement qui aura marqué ma maternité, c'est que mes parents ont eu cinq enfants. Ils ont pu en élever trois. Et en fait, ils ont eu deux petites jumelles au début, du coup, avant mon frère, et elles sont nées trop tôt. C'était en 89, c'était aussi un contexte différent en termes d'avancée médicale, etc. Et malheureusement, elles n'ont pas survécu. Donc, elles sont nées le 14 février, la première est... partie le 15 et la seconde le 16. Et pour la petite histoire, en fait, ça a été du coup une période très dure à chaque fois dans ma vie, cette période-là de février. Et mon fils est né le 16 février. Et en fait, il a ramené de la lumière dans cette période-là. Et il a beaucoup dénoué, c'était un peu un secret de famille, quelque part, cette histoire-là. On n'en parlait pas trop, c'était très tabou. Et d'un coup, en fait, j'ai eu mon fils et en fait, j'ai compris ce que ma mère a dû vivre. J'ai compris à quel point ça a dû être dur. Et j'ai commencé à lui parler des jumelles à ce moment-là, à en apprendre sur elles. Et en fait, ça a vraiment été, je ne sais pas, ça s'est ouvert en fait. Et maintenant, je dis que je suis une famille de cinq enfants, d'où le fait que j'en parle comme ça. Mais c'est vrai que ça s'est vraiment, il a réparé beaucoup de choses sans le vouloir en fait, cet enfant. Et il a apporté beaucoup de douceur sur une période très difficile. Donc du coup, pour mon contexte familial, ça a forcément impacté aussi tout mon rapport à la maternité parce que j'avais très peur de l'accouchement. Vraiment, c'était très marqué chez moi. Et pareil, Paul a vraiment apporté, a un peu réparé quelque part tout ça aussi en passant par là.
- Patana
Ok, j'allais te poser justement la question de ton rapport à la maternité. Justement, à quel moment tu t'es dit « Ok, je suis prête. Je suis prête à devenir mère. » Et comment ça s'est construit, ce désir de maternité avec ton chéri ?
- Margaux
Pour revenir aussi sur notre rencontre, c'est une rencontre qui était un peu en plusieurs temps. J'ai rencontré Florent, j'avais 12 ans, et il sortait avec la fille d'un ami de mes parents. Donc, je le trouvais magnifique. Vraiment, gros crush sur lui. Il avait les yeux bleus, mais les yeux bleus couleur Caraïbes, quoi. Ça m'a marquée. Et il m'est resté en tête plusieurs années. Je me souviens l'avoir recherché vers mes 16 ans. Mais à ce moment-là, il était avec une autre nana. Ca ne l'avait pas fait non plus. Il n'avait pas beaucoup de copines, je précise. Malheureusement, à chaque fois que je venais vers lui, c'était le cas. Et en fait, un jour, ma mère, j'étais en train de ramasser les feuilles. Je ne sais pas pourquoi ça m'est resté en tête à ce moment-là de ma vie. Elle est arrivée en courant et rentrée de chez le coiffeur. Et elle me dit, Margayx ! Le mec trop mignon là, que tu trouvais trop mignon. Bah, tu sais quoi ? Il était chez la coiffeuse avec moi. Et il est célibataire. Et là, j'ai trouvé ça un peu fou. Parce que je partais de chez mes parents. J'allais m'installer à Tours pour mes études. Et je me suis dit, allez Margaux, lance-toi. Et je l'ai ajouté à l'époque sur Facebook. Et c'est là où on se dit quand même qu'on a pris un coup de vieux parce que maintenant c'est plus sur Facebook. Et du coup, ça a plutôt collé directement entre nous. On a parlé voyage. Lui, il voulait aller au Canada, moi en Australie. Et c'est ce qui nous a rapprochés au final dès les premiers instants. Et après, en fait, j'attendais qu'il revienne me parler. Et lui attendait aussi que je lui en parle. Ça a duré deux longs mois, cette histoire. Jusqu'à ce qu'il recroise, que sa mère recroise ma mère chez le coiffeur. Vraiment, la coiffeuse, c'est notre ange gardien. Et elle est venue m'en parler. Donc, il est venu vraiment me parler. Il a dit cette excuse-là pour revenir vers moi. Et à partir de ce moment-là, on ne s'est plus jamais... On n'a pas passé un jour sans se parler depuis cette époque-là. Et en fait, j'étais pas du tout sur le fait d'avoir des enfants parce que justement je pense un petit peu d'historique familial un peu compliqué, et en fait je n'avais pas forcément d'avis mais j'étais pas plutôt sur ça. J'étais plutôt focus sur ma carrière, sur mes études, sur tout ça. Et en fait lui il est arrivé avec sa fraîcheur, son envie de famille et vraiment où il voulait au début quatre enfants. Il a revu à la baisse avec les nuits blanches Et en fait, rapidement, il m'a embarquée un petit peu dans ses projets de vie de famille. Et je ne me suis pas trop posé de questions. C'est vraiment lui qui m'a apporté cette volonté d'avoir des enfants, d'avoir une famille. En fait, plutôt d'avoir une famille avec lui.
- Patana
Ouais, c'est super important.
- Margaux
Je n'étais pas attirée par les enfants. J'étais vraiment attirée par le fait d'élever les enfants avec lui. Et voilà, du coup, ça s'est fait comme ça. Et ce qui a confirmé le fait qu'on veuille des enfants, c'est qu'on a eu des chats. Mais des chats qui pour nous étaient vraiment nos enfants. Vraiment notre premier chat Milo avait sa propre chambre dans notre appart. C'était un chat gâté, vraiment gâté, c'était un sale gosse. Forcément ça met un peu à l'épreuve de voir si on s'aligne un petit peu aussi, comment on réagit quand il fait une connerie. Et en fait on était vraiment alignés, ça a vraiment confirmé notre désir d'élever un humain cette fois-ci ensemble. Il m'en a reparlé car il est plus vieux que moi, Florent a quand même presque 5 ans plus que moi. Et il était prêt beaucoup plus rapidement que moi. Donc quand il m'a reparlé enfant, on a pris un deuxième chat. Ça m'a fait gagner 2 ans. Et au bout d'un moment, je me suis sentie prête. Et en fait, je lui ai fait une demande de bébé.
- Patana
C'est trop mignon, j'adore.
- Margaux
Lui m'avait fait une demande d'un mariage, et je me suis dit, il va avoir sa demande aussi. et j'ai fait une demande de bébé. Donc, j'avais acheté une montre. J'avais loué un chalet paumé au milieu de nulle part et j'ai fait ma demande de bébé. Donc, c'était un beau moment.
- Patana
Génial. J'adore, c'est trop beau. Il faut savoir que Margaux, elle est super méga créative. Donc, ça ne m'étonne même pas de toi. Donc, effectivement, tu tombes enceinte de ton premier et la naissance arrive. Comment ça se passe ? Comment se passe la rencontre et la vie à trois ?
- Margaux
Alors, pour Paul, déjà il est arrivé plus tôt que prévu. Mais du coup, souvent on me disait « tu dois avoir hâte qu'il arrive » . Mais on aime bien dormir avec Florent, donc on n'avait pas vraiment hâte de le rencontrer. On n'avait pas hâte de passer sur des nuits blanches, etc. Et je me souviens vraiment la veille de l'accouchement, on calculait le nombre de grasse mat' restantes. On disait « ok, encore deux week-ends de grasse mat' » . On était ultra contents. Et en fait, il est arrivé comme il est dans la vie, c'est-à-dire comme une bombe. Vraiment, il nous a surpris. J'ai perdu les eaux en pleine nuit. Et en plus, Florent, pour le coup, c'était son premier enfant. Et je pense qu'on lui avait dit, date estimée du terme, je ne sais plus quand c'était, mais c'était début mars. Et pour lui, vraiment, j'allais accoucher début mars. Du coup, il n'était pas prêt. Il était prêt mais il ne s'y attendait pas et il a été très décontent. C'était vraiment, il me posait des questions, attends on va se garer où ? Enfin des questions et à la fin je lui dis attends, reprends tes esprits là, on y va. Oui le sac c'est ça. C'était peut-être 10 minutes et après il a assuré parce que j'avais ce projet de faire un accouchement naturel. En tout cas je ne m'étais pas mis de limite mais je me disais si ça se passe bien je ne vais pas faire de péridurale. Et du coup il m'a beaucoup accompagné là-dessus aussi. Il a été un vrai soutien, il avait fait des cours de prépa accouchement avec moi. Il avait fait aussi des cours d'hypnonaissance, c'est donc de l' hypnose. Ouais, il est venu avec moi et tout pour comprendre comment ça se passait. L'hypnonaissance, c'est comment dire, c'est être plutôt très zen. Dans un état, tu sais, quand tu t'endors, t'as un état un peu entre le rêve et la réalité. Et c'est réussir à te mettre dans cet état-là, comme ça le temps en fait il passe plus vite aussi. Et t'es vraiment dans un état un petit peu second. Mais ça par contre, il faut vraiment un environnement particulier pour l'avoir, pour vraiment te mettre dans un état très calme comme ça. Et lui du coup, il avait tous les outils pour m'accompagner là-dessus. Et donc Paul est arrivé. Donc ça a commencé mes contractions vers 2h du mat et on est arrivés à la maternité, il était 10h. Et il est arrivé à 10h40 quoi.
- Patana
Ah ouais, effectivement la bombe quoi.
- Margaux
Vraiment très rapide. Et ces premiers pas en tant que parent, très bien. On a juste eu deux enfants avec des coliques et des RGO, donc avec des reflux. Et ça induit des enfants qui ne dorment pas seuls, qu'il faut tout le temps bercer, les tenir un peu droits. Ils sont très gênés. Et ça, par contre, directement, la fatigue a pris le dessus. Et ce qui marque vraiment cette période, c'est qu'on se sentait un peu seuls. On n'avait pas beaucoup d'amis proches de nous, qui avaient des enfants. Et en fait, c'est vrai qu'on se sentait un petit peu seuls, incompris un peu sur ce qu'on vivait, parce qu'on n'avait pas de proches qui avaient vécu ça. Et Florent aussi faisait des déplacements, donc j'étais souvent seule aussi. Et je me souviens, par exemple, des fois, je ne voyais personne dans la journée, et j'allais à la pharmacie, parce que j'adorais la pharmacie. Et en fait, j'y allais tous les jours, je m'achetais un vernis chaque jour, juste pour trouver une excuse pour voir une personne. En fait, c'est triste quand on y pense. J'avais des ongles parfaits. Mes ongles étaient impeccables. Mais c'est vrai que j'essayais de trouver du lien, en fait, comme je pouvais.
- Patana
Effectivement, moi, à côté de ça, c'était l'année où je me suis mariée. Du coup, on avait fait le choix d'un mariage sans enfant, donc c'était la première soirée que tu passais sans ton chéri, ton petit bébé. Et donc à ce moment-là, j'étais hyper détachée. Il y avait des guêpes à côté. Pas trop enfant, on en a parlé d'ailleurs pendant le week-end. Et en fait, quand nous on s'est mariés, on a un peu caché à tout le monde qu'on essayait d'avoir un enfant, parce qu'on ne voulait pas avoir la pression sociale. Et puis je trouve que tu as vachement une étiquette, une fois que tu te maries, de la prochaine étape, c'est les enfants. Et en plus, je trouvais que la pression était vachement sur les femmes, que ce soit du côté de la famille de Philou ou de la mienne. C'était moi qu'on regardait, comme si c'était moi qui avais le compte à rebours. Ce n'était pas très agréable, je n'étais pas très à l'aise. Et donc, un an plus tard, je commence à m'inquiéter. On prend rendez-vous pour faire le bilan de fertilité. Je sais que tu m'avais aussi pas mal encouragée sur la démarche. Et veille du premier examen, boum, prise de sang, enceinte. Je n'ai même pas eu le petit test de grossesse pour le confirmer. Et donc, c'était un mois avant notre week-end entre copines. Et c'est là qu'on a commencé la grande aventure à Minan. Grande aventure qu'on va commencer ensemble.
- Margaux
Mais tu sais que même pour ça, on a presque le même chemin pour nos premières grossesses. Paul, j'ai mis presque un an à tomber enceinte de lui. Pareil, je ne disais pas trop autour de moi parce qu'en fait, on s'est mariés quand même, j'étais jeune, j'avais 24 ans moi. Et du coup, pareil, direct, je pense que tout le monde s'attendait à ce qu'on ait des bébés et en fait, ce n'était pas le plan. On se mariait vraiment pour se marier et pas pour avoir des enfants directement. Et sauf que le souci, c'est que moi, je ne bois pas d'alcool ou très peu. Et en fait, du coup, à chaque repas de famille... Si tu prends pas de verre à l'alcool. Comme d'habitude en fait. Mais maintenant ça a une autre saveur, les gens guettent en fait. Et c'est vrai que c'est très inconfortable. Ça te met une pression, limite t'as envie de boire de l'alcool juste pour montrer que tu bois de l'alcool. C'est vraiment une situation très bizarre en fait. Pourquoi ne pas garder la surprise et pourquoi pas attendre qu'une personne t'annonce une grossesse plutôt que d'essayer de savoir si c'est le cas.
- Patana
Je suis d'accord.
- Margaux
Je ne sais pas ce qu'on y gagne en fait. C'est vraiment, j'ai rien compris. Ou alors après quand tu te déclares que t'es enceinte, alors que vraiment tout le monde s'y attendait. Vraiment tout le monde était là « mais je le savais ! » Alors que chaque année on te dit « ah t'es enceinte » mais pas du tout ! Donc ouais, je sais pas, il y a une pression en effet sur ça, sur le fait de devoir deviner absolument que t'es enceinte. Et c'est le même chemin, du coup j'avais pris mes rendez-vous un peu plus tôt. Parce qu'on savait pas avec Florent si on pouvait, enfin c'était bête, mais on a jamais eu d'accident. Du coup on savait pas si ça fonctionnait quelque part.
- Patana
Tu ne savais pas à quel point tu étais fertile ou pas ?
- Margaux
Exactement, donc on ne savait pas. Et en fait, du coup, j'avais pris rendez-vous plutôt tôt. J'avais fait les examens et en fait, on m'avait dit, mais nickel, il n'y a rien, tout va bien. Et Florent, du coup, c'était ce que c'est pas aussi, on sent de la femme avant de voir côté homme si ça va. On pourrait faire tout en même temps, mais non, c'est avant tout très focalisé sur la femme. Et après, donc Florent avait des examens à faire et il n'y est jamais allé. Il a dû annuler parce que pareil événement pas très drôle, mais en fait on a eu de la grêle très intense à Bordeaux, il y a eu beaucoup de dégâts, des maisons qui se sont effondrées etc. Nous on a eu des infiltrations, on a eu beaucoup de dégâts aussi. Et en fait on était en train de faire des démarches pour l'assurance et là je sais pas, j'ai un peu envie de vomir. Et en fait Florent avait tout installé sur son téléphone, il suivait mes cycles depuis un an et il savait que j'avais un jour de retard, moi pas du tout car j'ai jamais suivi mes cycles. Et donc en fait on a appris comme ça ensemble, mais du coup c'est un petit peu similaire. En fait notre première grossesse on a beaucoup de choses en commun, on a eu un garçon, on a mis un an avant de réussir. C'est drôle quand il y a parfois des ressemblances sur ce que tu vis, c'est rigolo. Mais ouais je le sentais vachement, je sentais le point de repère quand je te racontais mes histoires en plus.
- Patana
Du coup on va le dire après, mais je suis tombée enceinte un mois avant. Donc, du coup, c'était un mois en décalé. A la fois, je te faisais le teasing de ce qui allait se passer. En même temps, tu l'avais vécu. Donc, c'était trop marrant, en fait, comme expérience à vivre.
- Margaux
C'était vraiment chouette. Et en même temps, il ne fallait pas trop que je me projette parce que je ne voulais pas trop me projeter et te partager des choses, tu sais, en me disant « Ah, peut-être que tu devrais ça, moi, ça me va aider, par exemple. » Parce que ce qui était bon pour moi et n'était pas forcément bon pour toi et aussi on fait un peu notre propre apprentissage de vie de materniité. Du coup j'essayais toujours de pas trop en dire aussi mais te donner quand même, de te rassurer sur le fait que ce que tu vivais j'avais aussi vécu. Enfin c'était rigolo.
- Patana
En tout cas c'est pas parce que t'es dans mon podcast, mais je trouve que tu l'as très bien fait, c'était un très bon équilibre. Si je reviens, du coup, en petit flashback sur le concert de Taylor Swift à Milan. Notre premier week-end finalement, premier week-end toutes les deux, parce qu'en fait, on s'était pas mal vues, mais avec nos chéris respectifs. Mais toutes les deux, depuis l'Australie, ça faisait neuf ans. Est-ce que tu te rappelles comment tu as appris ma grossesse ?
- Margaux
Je m'en souviens très bien. Donc, on part à Milan. En vrai, c'était un peu l'excuse Taylor Swift, parce que j'avais des places pour Taylor Swift. Et par la force des choses, je sais pas, à un moment donné, on est côte-côte, et je vois que t'écoutes du Taylor Swift. Et moi, je suis pas particulièrement fan d'elle, mais ma sœur l'était, et elle ne pouvait pas venir. Et du coup, je t'ai dit, mais tu aimes Taylor Swift. Mais viens, on y va ensemble. Et donc, du coup, on s'est trouvé cette excuse, cette très bonne excuse, c'était incroyable, pour aller passer un week-end en Italie ensemble. Et donc, on arrive en Italie. Il y avait des signes. Parce que je me suis... Moi, je conduisais. T'étais ma copilote. Je me suis jamais autant perdue de ma vie en voiture. Tu déconnectais. T'avais des moments de déconnexion totale. Tu me disais de tourner 5 mètres après. C'était très drôle. Et on arrive, je te dis, on arrive en plus dans un logement. Et on avait quand même une petite voiture, mais impossible de passer la voiture dans le logement. Et bref, le soir, on mange dans une taverne. Et moi, je prends de l'alcool, je crois. Alors que je ne bois jamais d'alcool. Je mange toute la charcuterie qui existe dans le restaurant.
- Patana
Oui !
- Margaux
Je prends de la carbonara avec œufs crus. Enfin, vraiment,et je dis tu ne veux pas de charcuterie ? Franchement, c'est la meilleure au monde. Et en fait, tu m'annonces là que tu es enceinte. Oui ! Alors que moi, je m'enpiffrais de trucs pas du tout possible pour une femme enceinte. Et tu m'annonces là que tu es enceinte. C'était incroyable.
- Patana
Oui. J'étais trop émue, parce que c'était sûr en fait que je te le disais au début. Parce que avec toutes les cochonneries et les tentations qu'il y avait à faire. Et puis ouais c'était incroyable parce que du coup t'avais vachement envie de charcuterie, t'avais envie de taper des sprites et tout mais c'était incroyable.
- Margaux
La petite histoire du coup, sans que je le sache moi aussi j'étais enceinte. Et ça m'a toujours fait ça pour Paulo. Dès que je suis enceinte, j'ai envie d'alcool. Voilà c'est le moment où je bois. Alors heureusement je ne mets pas non plus des caisses quand même. Mais en tout cas, c'est vrai que c'est le seul moment où j'ai envie d'alcool. Et ouais, je ne sais pas, il y a des signes aussi de mon côté avec la bouffe. Mais du coup, on se retrouve, toi qui m'annonces que tu es enceinte, moi qui suis enceinte mais qui ne le sais pas encore.
- Patana
Mais oui.
- Margaux
Et nos bébés ont vécu le concert de Taylor Swift in utero. C'est fou. Ils ont partagé un truc avant l'heure, quoi.
- Patana
C'est clair. Je me rappelle très bien de te dire, imagine, il y a un monde où tu es enceinte et puis on se marrait.
- Margaux
Pour la petite histoire, je ressortais quand même de Paul, à ce moment-là, qui n'avait même pas un an et demi. On sortait quand même d'une période, côté sommeil, ça a été la guerre. Ça a été la guerre et c'était les premiers moments avec Florent où on retrouvait un peu des moments de couple. On pouvait prendre des baby-sitters, il pouvait aller chez les grands-parents en vacances, en week-end. Et on retrouvait un petit peu cet espace. Et je pense qu'on a retrouvé aussi du temps pour nous à un point où on s'était un peu lâchés.
- Patana
Normal.
- Margaux
Et en fait, on a eu la surprise d'avoir un bébé surprise. Et c'est rigolo ce que j'avais dit à une de mes amies. Donc Paul était vraiment très attendu. Et j'avais dit j'aimerais beaucoup vivre une autre expérience. Pas de quand tu as des... enfin quand tu ne fais plus l'amour, tu fais un bébé. Je trouve que ça a fait un rapport un peu différent. Et j'avais très envie d'avoir une surprise.
- Patana
C'était écrit en fait.
- Margaux
Ouais on m'a trop écoutée. Là si jamais, j'ai envie de gagner au loto. Mais du coup, c'était incroyable. Quand tu me l'as annoncé, je savais que tu essayais pour le coup. Oui, je le savais. Donc, j'étais trop contente. En plus de le savoir dans un tel environnement, au fin fond de l'Italie, en week-end, entre copines, c'était fou.
- Patana
Mais c'était impossible de te le cacher, encore une fois, parce qu'au-delà de la bouffe, j'étais ultra fatiguée. J'étais à la traîne, je te voyais tracer et tout. J'étais à la ramasse totale. Je pense qu'on est arrivées, je ne sais pas combien, au moins une heure et demie en retard, à l'Airbnb de Milan.
- Margaux
Parce que surtout, ce n'était pas ton caractère, dans le sens où on en parlait plus tôt avec les garçons. Toi, tu étais plutôt en vacances, à faire du 7h à 20h non-stop. Tu m'as envoyé un PowerPoint pour les vacances où il y avait chaque demi-heure qui était détaillée au moins après. Et on est partis en live parce qu'en fait, impossible de suivre le plan. On se perdait en voiture. Ensuite, t'étais KO, t'étais vraiment KO. Et ouais, c'était trop drôle. Parce que vraiment, on avait un plan initial et en fait, on ne l'a pas suivi. C'était trop drôle, on ne l'a vraiment pas suivi.
- Patana
En fait, c'était trop bien au final, je trouvais, d'avoir ces anecdotes-là.
- Margaux
Et on a vécu aussi des choses. On est arrivés, je ne sais pas, trois minutes avant le concert parce qu'on était arrivées tellement en retard. Après, il y avait des bouchons. Enfin, on a vécu des trucs. On est rentrées à pied. Je ne sais pas si tu te souviens. On n'arrivait pas à partir.
- Patana
C'est vrai.
- Margaux
On est rentrées à pied. Moi, j'étais trop inquiète. Je me disais, la pauvre, elle est enceinte. Elle a marché pendant deux heures. C'était sport, mais c'était rigolo. On n'avait vécu que trois jours là-bas, je crois. Mais c'était ressenti quand même. On a eu beaucoup d'aventures intenses.
- Patana
Et donc, du coup, comment tu accueilles cette seconde grossesse surprise ?
- Margaux
Alors, j'ai été hyper surprise par cette grossesse. Vraiment surprise. Et en fait, je pense que c'est la plus belle chose qui me soit arrivée. Paul m'a appris à être maman, mais Judith m'a vraiment appris à être bienveillante avec moi-même. Et du coup, être une meilleure maman. Et je trouve que ça a été... Pour Paul, je voulais vraiment être une maman parfaite. Et pour Judith, en fait, tu ne peux plus quand tu as deux enfants. Tu ne peux plus faire tout comme ce que tu aimerais faire. Et en fait, tu mises sur les choses qui te sont vraiment chères et vraiment importantes. Donc, c'est vraiment une approche différente. Et du coup, je suis entrée dans cette grossesse en étant très surprise. J'avais très peur, en fait, de ne pas réussir à tout mener. Parce qu'on a des métiers prenants. J'avais un bébé d'un an et demi, même pas un an et demi. Et j'avais peur, en fait. J'avais très, très peur de ne pas réussir. Et en fait, je me souviens, pire annonce à mes parents. Parce qu'on l'a appris, en plus, la veille de notre départ en vacances. Et j'étais très stressée. Pour Flo, il n'y a jamais eu aucun sujet. C'était génial, c'était incroyable et tout. Et moi, j'ai eu plus peur au début. Et je me souviens, j'ai appelé ma maman et j'ai dit « Maman, tu vas avoir la pire annonce, mais je suis enceinte et j'ai peur. » Et ma mère m'a dit « Mais en fait, tu vis un peu ce que j'ai vécu pour toi. Tu es arrivée très vite aussi. » Et j'avais ton frère qui avait le même âge de Paul quand j'ai appris que j'étais enceinte de toi. Et en fait elle m'a dit, ça a été sport au début mais c'était incroyable. Et à partir du moment où elle m'a dit ça, je me suis projetée en me disant ok c'est quand même quelque chose que je connais, j'ai vu mes parents m'élever quand j'étais toute petite. En tout cas je savais, je me projetais plus facilement et une fois que ma mère m'a parlé, il n'y a plus de sujet. Je me suis lancée mais vraiment à corps perdu en me disant ok, maintenant le défi ça va être de pouvoir offrir à Judith tout ce que je voulais lui offrir. Mais qui était peut-être plus difficile parce que j'avais moins de temps et je voulais vraiment faire en sorte qu'elle se sente vraiment choyée, aimée même en étant un bébé surprise. Et ça a été un gros sujet de vouloir lui montrer qu'elle était ultra attendue et que c'était la plus belle surprise de ma vie. Je me suis jamais posée de questions. C'était une évidence en fait. Et vraiment dès que je l'ai vue... Paul quand il est né je ne l'ai pas reconnu immédiatement parce que je pense que c'était la première fois que j'étais maman. Mais par contre j'ai eu un coup de foudre je pense deux jours après à la maternité où en fait, je me souviens, il a eu le hoquet et j'ai reconnu le son, la vibration que j'avais dans mon ventre. Et là je l'ai reconnu en fait. C'est beau, incroyable. Et Judith par contre je l'ai vue et là ça a été c'était une histoire un peu différente et tout aussi intense.
- Patana
Finalement, même si c'était surprise, tu as vraiment pris le temps des neuf mois pour préparer sa venue. Même psychologiquement parlant, je pense que justement le fait que tu avais eu Paul avant, tu savais ce qui t'attendait et tu savais ce que tu voulais aussi pour elle, je pense plus que pour ton premier peut-être.
- Margaux
Je me suis aussi rendue compte de ce que je voulais pour elle. Au final, je pensais voir lui offrir la même chose que pour Paul. Je me suis rendue compte que ce n'était pas ce qu'il me fallait. Et c'est là aussi où j'avais pris les mêmes rendez-vous que pour la grossesse de Paul. Et en fait je me suis dit c'est pas ça qu'il me faut, c'est différent, et ça il fallait aussi un petit moment pour accepter que c'est pas forcément pareil et qu'il faut s'adapter à ce que tu ressens. Donc l'hypnonaissance je me souviens, j'avais pris des rendez-vous et en fait c'était encore tout frais dans ma tête donc j'avais peut-être pas besoin de refaire des préparations comme ça. Mais en fait j'avais plus misé sur le fait que j'allais tous les deux jours à la piscine. J'avais misé sur d'autres préparations. Et en fait, c'est à partir de ce moment là où j'ai lâché un petit peu. Je me suis dit ça ne sera pas la même grossesse, ça ne sera pas le même enfant. Et c'est OK. Et tu feras d'autres choses avec elle. Et voilà. Et c'est là où je me suis sentie vraiment lâcher prise. Et toi, comment tu as vécu justement cette grossesse ? En fait, c'est marrant parce que je pense que l'une des premières questions qui m'avait hyper perturbée, c'était « Est-ce que tu aimes être enceinte ? » J'ai bugué complet sur cette question. Parce qu'en plus, déjà, c'était, je pense, c'était nos amis, la belle marraine d'ailleurs de mon bébé. Et c'était au moment où on avait annoncé la grossesse. Donc, je pense que c'était à trois mois, quelque chose comme ça, de grossesse. Et en fait… Ouais, j'ai bugué complet. A ce moment-là, à la fois je réalisais, en même temps, j'étais hyper crevée, donc j'étais un peu dans les vapes. Et c'est aussi la période où je commençais à faire mon burn-out de grossesse, en fait, par rapport au boulot. C'était un peu le brouillard. En même temps, j'étais quand même hyper contente d'annoncer ma grossesse. En plus, on s'était fait un petit délire avec Philou. On filmait chaque annonce. Il y avait un peu ce petit jeu qu'on s'était mis entre nous. C'était quand même hyper chouette. Je ne savais pas du tout répondre à cette question. Là, si tu me reposes la question aujourd'hui, je te dirais oui, je pense, sans hésiter. Ah oui ?
- Patana
Oui, parce qu'en fait, moi, je me sentais rassurée qu'il soit dans mon ventre et pas à l'extérieur. Ça, c'était vraiment le truc où, justement, moi, l'accouchement, la naissance, l'après, je n'arrivais pas à me projeter du tout. Tant qu'il était en moi et que, justement, je le sentais bouger. Donc je l'ai senti bouger après qu'on m'ait posée cette question. Là, c'était devenu une évidence, en fait, que j'adorais ça. J'ai eu la chance de ne pas avoir eu ces nausées, enfin, toutes ces incommodités que tu as eues, toi. Mais en même temps, après, j'ai eu quand même un suivi hyper médicalisé parce que j'avais mon hypertension, mon diabète gestationnel. Donc, il y avait des choses qui étaient un peu chiantes, mais comparées au fait que je me sentais quand même bien, justement de ne pas avoir le travail à côté, j'ai vraiment pu vivre ma grossesse à fond. Enfin, vraiment, je me suis fait du bien. Je me suis vraiment fait une introspection pendant ma grossesse, qui fait que quand tu parlais de Judith en disant "Pour ma deuxième, je me suis vraiment mise dans une posture de mère bienveillante, et de bienveillance envers toi-même." En fait, j'étais plus ou moins dans ce truc-là aussi. C'est-à-dire que je n'essayais pas d'être parfaite, mais j'essayais d'être bien dans ma peau pour me dire que mon bébé sera bien. Après, les circonstances ont fait que j'ai un peu tendu à essayer d'être la mère parfaite parce que je n'avais pas pu être là pour lui au début, quand j'ai accouché. En tout cas, la grossesse, je trouve l'avoir bien vécue dans l'ensemble. En tout cas, ça a été de grosses remises en question, mais positives. Donc, je l'ai bien vécue, en fait, ma grossesse. Et ce qui m'a aidée beaucoup, c'est que justement, on a vécu notre grossesse en même temps. C'était marrant parce que justement, la grossesse, on n'a pas vécu exactement les mêmes étapes. Mais pour autant, je trouvais qu'il y avait quand même une connexion. On se comprenait malgré tout, on s'écoutait vachement. et puis juste le fait d'être justement dans ce même mood parce que même si on vivait pas les mêmes étapes, on avait quand même la finalité était la même, c'est qu'on attendait notre bébé. Donc je trouve que ça nous a vachement rapprochées et ça m'a fait vachement du bien d'avoir le soutien que toi, t'as peut-être pas forcément eu justement avec ton premier. En tout cas moi je me suis pas sentie seule ou sans personne pour me comprendre. Tu étais vraiment mon pilier. Après Philou, bien sûr. Mais ça m'a fait vachement du bien.
- Margaux
Je suis d'accord. De pouvoir partager avec une personne qui comprend ce qu'on vit, ça change vraiment la dynamique. Et il y a un moment, tu me posais aussi la question de... Je me suis rendue compte aussi que le moment où j'étais prête à avoir un enfant pour revenir sur la bienveillance, c'est le moment où je me suis sentie moi-même heureuse, seule, en fait. De me dire... En fait, je ne voulais pas faire un enfant et d'attendre de lui qu'il m'apporte le bonheur, parce que sinon, ça mettait trop de pression sur lui. Et du coup, je me suis sentie prête à avoir un enfant le jour où je me suis dit « Ok, là, je me sens heureuse dans ma vie actuelle. » Et je suis prête plutôt à apporter à cet enfant du coup aussi du bonheur, enfin, comme je peux, quoi. Et je trouve que ça a aussi une dimension un peu de ne pas avoir d'attente. Il y a des personnes qui ont de l'attente des enfants, des fois de devoir recoller des morceaux pour son couple, où il manque quelque chose, et d'espérer que ça comble quelque part. Et chacun, au final, son aventure. Mais des fois, ça peut apporter aussi un peu de déception.
- Patana
Oui, c'est sûr.
- Margaux
Et il y a beaucoup de pression sur l'enfant. Et du coup, pour revenir à la grossesse, clairement, deux histoires différentes. Parce que moi, j'ai vomi jusqu'à la fin. Je vomissais tout le temps. Pour. Paul, du diabète G aussi. Du coup, déclaré au premier mois de grossesse et après, j'ai fait une fixation. Je trouve que tu l'as mieux vécu que moi pour le coup, le diabète G. Peut-être aussi plus tardivement, je ne sais pas.
- Patana
J'ai eu la chance d'être passée sous les radars. Alors que pareil, j'aurais dû, je pense comme toi, quand on a regardé mes prises de sang, dès le départ, c'était rouge. Mais personne n'avait capté. Moi, clairement, je n'ai pas remis en question la parole du médecin. Je me suis dit, tant mieux si je n'ai rien. Nickel. Et en fait, moi, ça s'est déclaré en décembre. Et donc, j'ai accouché en mars. Donc, c'était le troisième trimestre. Mais le pire, je trouve, en même temps, parce que, OK, j'ai vécu deux mois cools. Et je n'ai pas pris beaucoup de poids pendant cette période-là. Donc, c'était quelque chose qui m'avait aussi rassurée par rapport à ça.
- Margaux
Il y a quand même un point positif du diabète. Tu ressors de là, tu es en bombe.
- Patana
Franchement. C'est vrai qu'il y a des avantages, c'est clair.
- Margaux
C'est vraiment, tu rentres dans tes jeans direct. Franchement, c'est ce que m'avait dit ma médecin. Quand à un mois de grossesse, il m'a dit, allez, diabète G, vous allez vous piquer avant et après chaque repas. Et gros suivi. Enfin, vraiment, c'était un peu lourd quand même comme suivi. Et en plus moi je sais pas, je suis devenue un peu folle en fait, j'ai vraiment pas mangé un gramme de sucre pendant ma grossesse, j'étais une grande malade de la chasse au sucre. Et du coup j'avoue par contre que je suis ressortie de là j'étais pas mal.
- Patana
Tu m'étonnes. C'était en décembre et donc période des fêtes c'était horrible parce que du coup moi j'avais jamais eu de fringales ou quoi que ce soit avant l'annonce du diabète gestationnel. Et à partir du moment où on m'a dit plus de sucre, plus de machin à tout, j'avais des envies de chocolat, de tout dégommer. C'était horrible psychologiquement parlant de dire que tu as de la privation, alors que de base, je ne me sentais pas spécialement dans le cas de quelqu'un qui prenait beaucoup de poids ou qui mangeait beaucoup. Et là, d'un coup, c'était le couperet. Et le fait de contrôler tout le temps, ça m'avait beaucoup miné le moral, surtout que j'avais déjà l'hypertension de base. C'est un truc à se rajouter en plus, et des contraintes, en plus de tout ce qu'il y a à faire quand t'es enceinte.
- Margaux
Il y avait des points tout le temps. Mais je pense que c'est comme un régime, quand on parle de dire attention à la bouffe, tu penses qu'à ça. Moi aussi je pensais qu'à ça, c'était horrible. J'imaginais déjà que t'es au petit-déj, le déjeuner, le goûter, le dîner que j'allais prendre. C'était mon obsession quotidienne. Mais ouais, c'est une aventure.
- Patana
C'est clair. Effectivement, vivement que bébé naisse. Et donc, nos bébés arrivent à un mois d'écart. Comment se passe ton accouchement, du coup ?
- Margaux
Alors, du coup, pour la grossesse, moi, je n'aime pas trop être enceinte. J'avoue, ce n'est pas... En fait, je suis tellement en train de vomir tout le temps qu'en fait, je suis en gueule de bois neuf mois. Donc du coup, c'est long. C'est long, c'est long. Et je voyais Paul aussi qui était un peu perturbé de me voir vomir. Ce n'était pas ce que je préférais. Par contre, j'adorais la sentir bouger. C'était vraiment quelque chose d'incroyable. Et donc, c'est vrai que Paul étant arrivé vingt jours avant, je me pensais vraiment que Judith allait arriver aussi tôt. Je m'étais projetée sur le fait qu'elle arrive tôt. Et c'était aussi un deuxième enfant, c'était un autre dossier aussi parce que t'as le premier à faire garder. Sauf que nous on n'a pas nos familles proches et tout. Donc du coup on s'était fait un emploi du temps de dire si j'accouche tel jour, il faut qu'on puisse appeler telle personne. Si j'accouche tel jour, c'est telle personne. On avait fait un rétroplanning sur un mois entier. Je me rappelle, j'avais noté comme partout, une personne une couleur, parce que il y a des personnes par exemple je sais pas la nounou des enfants, adorable, elle me dit "Si c'est sur une semaine où je n'ai pas ma fille, tu m'appelles même si c'est la nuit. Je le mets en sonnerie mon téléphone." Mais adorable ! Du coup, j'avais noté ses semaines de garde pour savoir quand elle était dispo. C'est vraiment un sacré sujet. Et en fait,Judith est arrivée une semaine avant le terme. J'appelle quand même mes parents en leur disant venez chercher Paul, il ne reste qu'une semaine. C'est imminent là. Et en fait, je pense que ça m'a libérée. Je veux dire, Paul est en sécurité. Il est avec mes parents. On n'a pas ça à penser.
- Patana
Ouais.
- Margaux
Et là, j'ai dit à Judith, clairement, c'est quand tu veux. Et aussi, un autre truc, on avait pas reçu sa tenue de naissance. J'avais commandé une super tenue de naissance. Cousue main par une nana trop talentueuse. Et manque de bol, elle était tombée un peu malade la pauvre. Mais du coup, ça a pris un peu de retard. Et j'ai reçu la tenue de naissance un jour avant d'accoucher. Oh là là. Mais oui, je pense que Judith disait, écoute. Je vais attendre qu'elle arrive. Moi, je vais arriver à être nickel. Et donc, les contractions commencent tôt le matin, au réveil et je dis à Florent, va travailler, mais je pense que je vais bientôt te rappeler. Et je reconnais vraiment mon premier accouchement, à savoir ça monte crescendo, c'est nickel, j'arrive à trop bien gérer, je suis super contente. Toujours le même projet que pour le premier, à savoir quelque chose de plus naturel possible, possiblement sans péridurale, Paul ça avait fonctionné. Donc j'avais un peu le même projet, sans mettre trop de pression aussi, parce que ce n'était pas la même situation. Mais bon, tout se passe bien. J'appelle Flo. Non, là, écoute, il faut que tu viennes parce que là, c'est intense. Deuxième bébé, je suis toute seule à la maison. Viens. Il rentre à la maison. Il arrive à la maison et tout s'arrête. Plus aucune contraction. Et là, j'étais vénère. Je me suis dit, non, mais c'est quoi ce faux signal ? Je suis partie faire le tour de la ville sous la pluie, vraiment limite en courant, quoi. Vraiment, j'étais allée acheter des fruits, des bananes. Et j'ai fait le tour de la ville pour aller chercher mes bananes. Il n'y avait plus de raison. Vraiment, c'était je voulais accoucher là-bas. Et je suis rentrée. Toujours rien. On passe la soirée. On regarde Koh-Lanta. Et là, générique de fin. Bam, contraction. Mais par contre, là, j'ai douillé. Là, on est rentrés dans une dimension de contraction de fin d'accouchement. C'était ultra vénère. Vraiment je me jetais par terre, j'arrivais plus du tout à être un peu en mode yogi tu vois à faire mes "ohm" là tranquillou en mode position de yoga. J'étais vraiment plus à ce stade là, j'étais au stade de mais qu'est-ce qu'il se passe ? Sortez moi de là. Et en fait au bout de deux heures, je dis à Flo : écoute c'est pas comme ma première fois en fait, je comprends pas là je douille quoi, je douille, je douille. Je lui dis mais emmène moi à la maternité. Si j'en ai encore pour 9h comme pour Paul, 9h comme ça je vais crever. Et donc il m'amène et tout 2h du mat ou 2h30. On traverse toute la ville. A chaque contraction il devait s'arrêter et je sortais de la bagnole et je gueulais. Je faisais des ohm ohm mais je gueulais dans la ville, j'ai eu très peur après qu'il y ait des gens qui mettent des messages en mode c'est quoi cette malade qui crie 2h à 2h du mat. On arrive tant bien que mal à la maternité pendant un temps qui m'a paru mais tellement infini. Heureusement il était deux heures du matin, donc personne sur la route parce que ça aurait été vraiment au milieu de la rue quoi. Et on arrive, on rentre et la sage-femme me voit, elle regarde Florent et elle dit ça fait combien de temps qu'elle souffre comme ça. Là pendant une ou deux heures. Elle regarde sa collègue et elle lui dit prépare tout de suite la salle d'accouchement. Et là, je me dis, ok, c'est bon. Je suis prise au sérieux. Nickel. Elle m'ausculte. Elle me dit, vous êtes dilatée à 5 cm. Donc sur 10, Et je lui dis, mais c'est nul ! Avec la douleur que j'ai ! Moi, je voulais un 12 sur 10 ! Elle me dit, non mais madame, c'est votre deuxième bébé. On va percer la poche des eaux. Et là, il va arriver direct le bébé. Et je lui ai dit, non mais écoutez, vous me faites pas dire franchement, vous faites pas des faux espoirs comme ça d'accord ? Je sais que je veux un accouchement naturel, mais pas à tout prix. Et en fait, j'étais vraiment dans une phase de désespérance. C'est une phase hyper impressionnante que les femmes traversent juste avant d'accoucher qui est vraiment de dire, je ne vais pas y arriver, je suis en train de crever. Et pour Paul vraiment j'ai connu cette phase là, mais c'était hyper lisible parce que je me suis jetée par terre en disant je vais mourir, c'était impressionnant. Et donc, je suis en pleine phase de désespérance et tout. On arrive dans la salle d'accouchement pour du coup, petit signe de la vie. Même salle que pour Paul. Même médecin que pour Paul. Je le vois arriver. J'ai dit, c'est fou.
- Patana
Ce n'était pas programmé ?
- Margaux
Non, ce n'était pas mon médecin de base. Et je le vois arriver. Même salle. Je me vois deux ans en arrière. Et j'étais trop contente, refaite. Vraiment, je me suis dit, c'est génial. J'ai mes repères. Et elle perce la poche tant bien que mal parce que je douillais, elle perce et là incroyable mais vraiment j'étais dans, je ne sais pas, un nuage quoi. Je planais. On aurait dit que j'étais shootée. Ouais, j'étais shootée des hormones. Ah mais là, j'allais tellement mieux. C'était tellement facile d'un coup. Et là, je sentais Judith, sa tête en fait qui voyagait dans mon corps. Vraiment, je la sentais descendre. Et je sais, je ressens tout. Et c'était très, vraiment un peu magique. Un peu perturbant, mais magique. Et en fait, je captais tout quoi. Je n'ai même pas attendu qu'il me guide. Pour Paul, premier enfant, j'attendais qu'il me guide, là vous poussez etc. J'étais vraiment sur un côté, je les écoutais, alors là j'étais là, mais si elle n'était pas là ça aurait été pareil, vraiment je suivais ma vie. A un moment elle me regarde et me dit "mais vous êtes en train de pousser là !" J'étais pour les deux accouchements, debout appuyée contre la table en salle d'accouchement. Et du coup bah en fait ouais elle arrivait super rapidement mais d'une douceur. Pendant longtemps, je l'ai appelée ma douceur parce que vraiment, elle s'est imposée mais d'une douceur, c'était incroyable. C'était fou, magique. Ouais, c'était fou.
- Patana
Et du coup, comment tu te sens émotionnellement parlant les premiers jours ?
- Margaux
Les premiers jours, non, ça s'est bien passé. Franchement, c'était plutôt… Rapidement, ça s'est imposé comme une normalité. Comme ma vraie place et tout, c'était pas bizarre. J'avais un peu peur de Paul qui a été fils unique pendant deux ans, de savoir comment il allait accueillir sa soeur et en fait il l'a vue et ça a été d'un naturel. Mais il l'a vue il a fait une petite caresse sur la joue et en fait il était tout fier de la montrer à ses grands-parents. Et en fait c'était même pas un sujet, on a pensé qu'il la connaissait, c'était très étrange. Vraiment il a pas été étonné en fait. Il l'a vu, direct il a fait, ouais c'est ça, caresse sur la joue, « Ah ma Juju ! » Vraiment incroyable, c'était normal, c'était fou. Alors après, très rapidement, s'est imposée aussi à nous la fatigue. Parce que là c'est un dossier de coup d'avoir deux... Paul a fait une grosse régression au sommeil, il se réveillait toutes les deux heures pendant longtemps. Et du coup, c'est un moment où je pense qu'au final, la présence d'une petite sœur, il voulait que ce soit toujours moi qui vienne. Et du coup en fait toutes les deux heures j'allais voir Paul et après Judith se réveillait pour manger, et en fait je faisais ça non stop et vraiment la fatigue est immense. Franchement de cette première année de vie j'ai quand même des trous noirs. Je pense que mon corps est en mode survie, j'ai beaucoup de moments où je me souviens plus ce qui se passait en fait. De ce que j'ai vécu je m'en veux un peu de pas avoir autant de souvenirs avec Judith petite qu'avec Paul mais je pense que vraiment mon corps et mon cerveau étaient en mode survie, de faire comme on peut.
- Patana
C'est clair. C'est intense, quoi. Intense positivement, mais aussi négativement, comme tu as dit, avec la fatigue, etc. Moi, je me rappelle, ça me rendait aigrie, en fait. Et je détestais cette période-là, justement, parce que je trouvais que je n'étais plus moi-même. Parce qu'à la fin, quand le congé paternité s'arrête et que ton congé maternité continue, C'est encore un autre épisode.
- Margaux
C'est clair, et tu vois ça te prend aux tripes. Moi, je me souviens, pour Paul, j'avais pleuré. Je disais, me laisse pas toute seule avec lui. Il était mignon comme enfant. Mail il fallait le berçait toute la journée. Et vraiment, il rentrait le soir, je lui mettais le bébé dans les bras et j'allais marcher. Parce qu'en fait, tu fais que ça. Et c'est intense. Des fois, tu vois ton bébé, tu te dis, il est merveilleux. Tu te mets à pleurer pour ça. Les hormones aussi. Et d'autres fois, tu te dis, mais j'en peux plus. C'est vraiment une intensité folle, quoi. Il n'y a pas de mesure.
- Patana
Et comment tu as vécu justement cette période ? Est-ce que tu as eu, vis-à-vis de ton chéri, est-ce que vous avez eu des baby-clash ? Comment vous avez surmonté tout ça ?
- Margaux
Alors déjà, ce qui m'a vraiment beaucoup aidée sur la période, c'est de t'avoir, clairement. On vivait la même chose. Et en fait, je pense qu'on s'est rapidement dit, écoute, tu vas être la safe place, on va tout se dire, et par contre pas de jugement. J'ai envie de me plaindre de mon mec et pas avoir une personne en face qui le juge.
- Patana
Je crois qu'on n'a même pas eu besoin de se le dire. C'était implicite. Je pense qu'on s'est senti vraiment, comme tu as dit, safe place. En tout cas, moi, à aucun moment je me suis dit, c'est un gros connard.
- Margaux
C'est ça. Je pense que des fois, on a juste besoin de verser un petit peu. On est un peu aigries, on manque de sommeil. Et tout peut devenir un vrai sujet. Et on sait au fond que ce ne sont pas des vrais sujets. Mais la fatigue, les hormones, tout ça, le fait qu'il y a un bébé qui pleure tout le temps, qui ne dort pas. Et en fait, tu as juste envie de te confesser quelque part.
- Patana
Et puis tout est amplifié aussi. Parce qu'on vit que pour ça quand on est en congé. Oui, parce que même si je pense que nous deux, on a essayé de trouver des moments pour soi, mais c'était quand même rare. Et puis tu reviens très, très rapidement au quotidien. Donc ça redevient dans l'intensité des moments.
- Margaux
Totalement. Donc oui, tu vois qu'il y a des sujets, tu vois, en couple qui montent plus rapidement et c'est là où je pense que quand tu as une bonne communication, tu traverses tout, quoi. Parce qu'en fait, il y a des fois, je me souviens en pleine nuit où j'appelais Flo un peu en détresse parce que du coup, en fait, Paul pleurait tellement que Flo dormait à côté de Paul et moi, je dormais à côté de Juju. Comme ça, on avait chacun un enfant qui ne dormait pas. Et des fois, je l'appelais... en détresse, en disant « Vas-y, prends-la un peu » . Et des fois, je ne sais pas, il me disait « Est-ce que tu as essayé ça ? » Et ça pouvait monter très, très vite. Je me suis retrouvée des fois à l'insulter. Et en fait, après, on en rigolait parce qu'on savait que ce n'était pas du tout méchant. C'était juste la fatigue extrême qui faisait ça. Mais d'avoir une personne avec qui en parler, je veux dire... Oh purée, il m'a saoulée sur ça. Tu sais pas ce qu'il m'a dit. Il m'a dit, est-ce que t'as essayé de lui donner le sein ?
- Patana
En plus, ça tombait quand même largement sur les mêmes sujets.
- Margaux
Mais oui, même lui, je pense qu'il y avait la fatigue extrême aussi des deux côtés. Donc, tu vois, ils vont nous poser des questions qu'ils ne devraient pas poser s'ils avaient été en pleine conscience, en pleine maîtrise. Et là où c'est fort, c'est que je trouve que nos chéris, quand même, dans une bonne communication, ont verbalisé directement ce qui n'allait pas. Et à côté de ça, on avait aussi notre safe place où on pouvait partager sur ce qu'on vivait. Et on se rendait compte qu'on vit un peu des fois la même chose. Et ça rassure tout de suite. Et on n'a jamais jugé nos chéris.
- Patana
Et ça, c'est trop important. Je trouvais que c'était important aussi. On arrivait quand même à se dire « Ok, c'est normal, ça va passer. » Même si sur l'instant, on dit « Ouais, c'est chaud. » Mais justement, le fait d'avoir nos histoires similaires, ça nous permet quand même de relativiser vachement aussi.
- Margaux
Il y avait un très beau conseil que m'avait donné mon prêtre à notre mariage. C'était de dire, après une dispute, finissez par « mais je t'aime quand même » . Et en fait, ça fait redescendre la pression tout de suite. Et du coup, j'ai essayé d'intégrer et de dire « franchement, ça, ça me saoule. Mais par contre, je t'aime » . Parce que du coup, ça remet vraiment... Ouais, ça baisse l'importance du reproche que tu vas faire, qui après, avec du recul, tu te dis... Tu sais, genre le lendemain, on se dit en vrai, qu'est-ce qu'on s'en fout de ça, tu vois ? Et sur le moment, ça te prend des proportions tellement énormes, parce qu'en fait, la maternité devient le centre de ton monde pendant quelques temps. Tu vis que ça, en fait. Tu vis que bébé. Et du coup, en fait, ça prend des proportions énormes. Pour le positif et le négatif aussi. Et il faut vraiment être à l'aise je pense dans son couple. Et surtout sur la communication, pour traverser ça, traverser des nuits blanches, où on se relaie toutes les deux heures. C'est chaud, quoi.
- Patana
Je trouve qu'effectivement, on a eu la chance d'être aussi dans une génération où effectivement, nos chéris sont plus en conscience aussi, plus préparés, plus justement dans la mentalité de pas juste être aidant, mais être vraiment parent. Et je me rappelle justement, ma sage-femme qui disait, on n'est plus dans une génération de mamans sacrificielles. Et je trouvais ça vachement important comme parole, parce que je ne sais pas, en fait, peut-être que le fait d'être souvent en contact et connectée avec toi, ça m'aurait quand même ouvert les chakras, mais qu'elle me dise ça, ça m'a quand même planté une graine en me disant qu'il faut quand même que dans les moments justement de trou noir dont tu parlais, pense à toi, essaie de te faire du bien, essaie de sortir un peu du cercle pour prendre un peu de recul et souffler.
- Margaux
Comparé à mon premier postpartum, au final, je voulais en faire des fois un peu trop, je pense. Tu sais, je voulais trop être maman parfaite, en fait. Et j'ai beaucoup plus lâché avec deux enfants, parce qu'en fait, tu peux plus suivre la cadence. Et aussi, j'ai beaucoup plus misé sur des moments pour moi, de m'inscrire, du coup, au sport, pour avoir au moins une soirée dans la semaine, tu vois, un soir que pour moi, d'aller voir plus de monde. Florent aussi, qui me mettait un peu dehors des fois, il me disait, prends du temps pour toi, ça va te faire du bien. Et c'est important aussi de rentrer, d'avoir d'autres choses aussi à partager, de ne pas être qu'une maman, en fait. Et ça, ça a été hyper important pour mon bien-être et je pense aussi pour être une meilleure maman qu'ils me voient bien. Je pense que du coup, ça leur apporte aussi beaucoup de bien-être.
- Patana
Oui, c'est clair. C'était quoi le moment le plus absurde que tu as vécu dans ton postpartum ?
- Margaux
Alors du coup, j'ai parlé rapidement des soucis de santé que mes enfants ont pu avoir, les coliques, les reflux. Et pour le coup, Judith a eu des reflux. En fait, c'était tellement intense pour donner un ordre d'idées. Pour Paul, par exemple, ça a duré six mois les coliques. Et je le berçais sur le ballon de grossesse. C'est drôle parce qu'on a fait la même technique toutes les deux. Donc c'est les petits rebonds avec ton bébé dans les bras sur le ballon de grossesse. Ça te défonce le dos. Mais en tout cas, c'est très efficace pour les faire dormir. Et en fait, ça m'est arrivé. En fait, il y a des jours où je commençais à 10h à partir du moment où il allait mal. Et je... j'arrêtais à 2h du mat et il arrivait enfin à trouver une fatigue à ce moment là et en fait c'était énorme. Et pour Judith pareil. En fait ça a duré plus longtemps, ça a duré plus longtemps car on devait la bercer tout le temps. Elle dormait que dans mes bras alors que j'étais à moitié assise et tout ça a duré jusqu'à ses 9 mois. Jour où vraiment à sa visite de contrôle, enfin on a été écoutés par la pédiatre parce qu'on disait vraiment tout depuis le début qu'on voyait qu'il y avait un truc qui allait pas, on voyait en fait qu'elle avait mal, qu'elle était gênée et on nous écoutait pas. Si je reprends les comptes rendus des premiers rendez-vous des 6 premiers mois, on disait bon tétée de réconfort tu vois des choses comme ça. Non non, elle avait mal et elle passait sa nuit sur mes seins quoi, elle avait super mal, c'est le seul truc qui la soulageait, elle ne pouvait pas être allongée. Et aux 9 mois,. j'avais fait un compte-rendu de tout ce que je traversais. Et j'avais demandé à ChatGPT de le transformer de façon un peu plus médicale. Pour vraiment avoir des termes plus neutres que mes termes, peut-être un peu impactés par le manque de sommeil, etc. Et je suis arrivée au rendez-vous avec ça. Je lui ai tout lu. Elle a vu Judith qui n'arrivait même pas à être allongée pour la changer, pour la peser. Et en fait, je me suis mise aussi à pleurer. Et là, elle m'a dit, OK, on commence un traitement anti-reflux. Et c'était ça, en fait. Ce matin, elle va bien. Mais je me suis dit, il vous a fallu neuf mois pour m'écouter. Alors que pendant neuf mois, je vous ai dit qu'il y avait un truc à départ.
- Patana
Surtout, il a fallu que tu pleures, quoi. Que tu te donnes de toi, en fait, finalement, pour que tu sois entendue. C'est dingue. Franchement, ça m'a beaucoup attristée quand tu m'avais raconté ça. Je me suis dit, quand même, t'es parent, on est quand même censés te faire confiance. Et je trouve que c'est vachement infantilisant, justement, tout ce milieu médical. Et pareil, je trouve qu'il y a aussi une question de génération aussi. Tu vois, il y a des médecins qui sont quand même beaucoup plus alertes que d'autres sur ces sujets-là. Alors que, normalement, c'est comme pour tout travail. Tu évolues avec le temps. Tu parlais de l'IA. Tu vois, ce genre de choses, tu ne l'apprends pas dans les années 80. Donc, il faut bien que tu sois aussi à jour avec ce qui se passe dans le monde d'aujourd'hui. C'est vrai qu'il y a comme pour tout, un décalage par rapport à la parentalité. C'est quand même incroyable.
- Margaux
Il y a un manque d'écoute, de considération aussi de ce que tu vis. Ça semble normal à tout le monde que tu ne dormes pas de la nuit. Et on te dit même, je pense pour donner un peu de bonne conscience, « Ah ben, t'as bonne mine ! » « Ouais, ben, je ne dors pas ! » « Ouais, super, écoute, mon corps réagit bien ! » Mais c'est vraiment un élément, souvent, pour les bébés qui ont des reflux. En fait, c'est vraiment une case à cocher limite, de voir la détresse parentale. C'est un bon signe qu'en fait, oui, l'enfant, il a vraiment des reflux. Et c'est triste en fait d'en arriver là, parce que je me dis du coup, on te laisse être dans une détresse telle que tu n'en peux plus. Et je me dis, c'est un peu inhumain en fait, de laisser les parents comme ça, et surtout de ne pas considérer la douleur d'un enfant, parce qu'on ne laisserait jamais un adulte souffrir comme un enfant souffre, comme un bébé souffre. Ça fait un peu sous-humain. Il y a un côté un petit peu où tu te dis qu'ils ne sont pas considérés comme ils devraient. C'est normal s'ils souffrent maintenant, en fait. Exactement. Ça passera. En attendant, ils se plient de douleur. Ce n'est pas normal. Ça te brise le cœur de voir ça. Ça te brise le cœur de ne pas être accompagnée. Ça, c'est absurde pour moi. C'est vraiment absurde qu'aujourd'hui, on ne considère pas que ce soit des douleurs accompagnées et on te laisse en disant que ça va passer. Non, ça ne passe pas. Et vraiment, c'est un point qui m'a vraiment choquée pendant tout ce temps, de me dire qu'on n'est vraiment pas écoutés.
- Patana
Donc, du coup, tu parles effectivement des nuits compliquées. C'est vrai que nous, je me rappelle très bien d'avoir dit, bon, de toute façon, moi, je suis résignée. Je me suis psychologiquement dit, Clément ne dormira pas avant ses un an. Je pense que j'ai le souvenir que tu avais laissé un silence dans cette discussion parce que je pense que tu avais un certain déni là-dessus. Et pour expliquer un peu, je crois que Paul, lui, il a dormi à ses six mois, c'est ça. Et donc, du coup, je pense que quelque part, tu te disais, bon, les six mois, c'est les six mois charniers, puis après, ça va aller.
- Margaux
Oui, alors Paul, c'était ultra compliqué pour un chiffre majeur. Vraiment, il se réveillait toutes les demi-heures. Et en fait, on se disait souvent avec Florent, quand on est à la grossesse ou le début, on se dit au pire, on vit la même chose. Mais ça ne peut pas être pire. Et ça a été tellement pire ! Judith allait des fois s'endormir à 6h du mat. Et à 7h, je la réveillait et je partais au travail juste après. Et ça a duré jusqu'à ce qu'on ait le traitement qui fasse effet. Donc, il a fallu avoir un mois d'effet à peu près pour ce traitement-là. Et elle a vraiment commencé à dormir à 11 mois. Donc, franchement, on ne l'a pas dépassé. Oui, toutes les deux d'ailleurs. Juste avant ! C'est pas encore ça, cette nuit, tu vois, elle n'a pas forcément dormi. C'est un nouvel environnement aussi, ça fait que deux semaines qu'elle dort vraiment. Mais c'est mieux, en fait, on a des soirées maintenant avec Florent alors qu'avant, on faisait que la bercer à tour de rôle le soir. Là, on a des soirées. Mais oui, je pense que t'espères quand même, t'as de l'espoir, quoi. Faut te dire, allez, profite que ça dure, allez, max, un mois encore. Et en fait, quand tu subis pendant un an, t'as passé des nuits pourries. Vraiment, je pense que les gens s'imaginent pas. Vraiment quand j'en parle, surtout quand on parle avec des gens qui ont des enfants qui ont dormi, mais tu vois qu'on a une maternité tellement différente. Ils ont pas connu la douleur, et encore chaque maternité a son lot d'inconfort aussi, mais vraiment je trouve qu'à partir du moment où tu dors, t'es patient c'est le jour et la nuit, et même aller au travail en ayant dormi juste ça, Comment on faisait pour gérer nos journées en ayant des bébés qui se réveillaient des dizaines de fois chaque nuit.
- Patana
Et d'ailleurs tout à l'heure quand on parlait avec les potes, tu disais que tu n'aurais pas vécu peut-être notre lien pareil si on n'avait pas vécu les mêmes choses, c'est à dire les nuits de pleine lune comme on appelait ça, où le bébé dormait pas du tout. Nous la pleine lune a duré 9 mois. Il y avait une fois ma nounou m'avait parlé de lune merveilleuse, c'était genre la maxi pleine lune, je me suis dit ah ouais je te confirme c'était la maxi pleine lune...
- Margaux
Mais oui parce qu'en fait t'as un peu peur. Quand j'ai appris qu'on avait le même terme presque, et qu'on aurait un bébé en même temps, en fait le risque qu'il peut y avoir, c'est qu'on ne vive pas la même chose. Et en fait, imaginons si Clément avait dormi direct et que moi je me trouve avec Judith qui fait des nuits blanches de malade bah après, quand tu échanges t'es pas dans le même mood, enfin tu vois c'est pas la même vie que tu vis en fait. Et ça je l'ai vécu du coup pour ma première grossesse où en fait j'avais une copine un peu de maternité et son bébé, c'était le genre de bébé posé, il dormait direct pendant 3 heures. Mais vraiment, aucun sujet. Il dormait n'importe où. Même par terre, il dormait. Ça m'a toujours épaté, ce bébé. Et du coup, quand je lui partageais ce que je vivais, elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait vraiment pas. Elle me disait, mais pose-le. Non, mais évidemment que j'ai essayé de le poser. Enfin, c'est la base, je pense. Et du coup, je pense que les gens ne comprennent pas forcément, même ma maman. C'est vrai qu'elle a dû le voir pour le croire. Du coup en fait tu te dis le risque c'est que tu ne vives pas la même chose que moi et qu'on ait trop un fossé entre nos vies de maman parce que forcément j'aurais du mal en fait à partager un peu sur nos vies de maman si tu me disais c'est génial, c'est trop facile mais les nuits sont merveilleuses, et moi à côté je suis en détresse totale. Au final la force des choses a fait qu'on a vécu globalement un peu la même chose. Et ça, ça fait du bien quand même du coup de partager sur nos galères.
- Patana
Complètement. Je pense qu'à l'inverse, je me serais sentie mal aussi, seule aussi. J'avais aussi des copines, dont les enfants n'ont pas fait leur nuit, même là, même aujourd'hui, au bout de deux ans. Mais t'es quand même dans un décalage. On ne vivait pas le truc dans l'instant. Puis même en termes de disponibilité, des fois, on s'envoyait des messages tard la nuit, je me rappelle, encore en postpartum, moi, en détresse, en train de conduire le nuit pour qu'il dorme un petit peu, et je te disais « J'en peux plus ! » Tu galérais aussi à ce moment-là. Donc, du coup, ça fait vachement du bien, de s'écouter et de pouvoir lâcher tout. Je pense que quand tu es dans le dur, tu ne vois pas la sortie.
- Margaux
Moi, je me souviens d'une amie Pauline qui avait eu aussi un bébé RGO. Et en fait elle m'avait dit tu vas voir c'est des bébés on appelle ça des bébés aux besoins intenses. C'est des BABI en fait que tu dois énormément accompagner, vraiment qui veulent les bras tout le temps, c'était un peu nos bébés en fait. Et elle m'avait dit tu vas voir c'est dur là mais en fait bébé tu vas créer une relation avec lui incroyable et tu vas voir plus tard en fait il va être super autonome au final. Alors que que là maintenant t'as l'impression que ce n'est pas du tout le cas, qu'il va jamais te lâcher mais plus tard il va être tellement autonome et en effet je vois sur Paul du coup mon aîné, tu vois il est sur une aire de jeu il est vachement à l'aise en fait. Il est vachement à l'aise parce que je pense qu'il est en sécurité, parce qu'en fait on a apporté aussi la sécurité dont il avait besoin quand il était petit. Et du coup il est pas du tout intimidé, il va vraiment voir les autres et en fait c'est rassurant. Et c'est vrai que sur le moment tu vois pas la lumière au bout du tunnel mais après avec du recul comme ça, cette amie-là, elle a eu de bons mots. Là, c'est dur, mais bientôt, tu vas voir. Ça aura des effets incroyables sur votre relation, sur tout ça. Et du coup, ça donne l'image de ce que tu auras demain, tu vois.
- Patana
Et ça te rassure. Oui, c'est ça, exactement. Et du coup, justement, pour terminer cette ère, parce que la nouvelle ère est débloquée, nos bébés qui dorment et qui ont eu un an, du coup. Donc toi, ce week-end... Qu'est-ce que t'as ressenti à son anniversaire et quels flashs tu as quand tu revois l'année écoulée ?
- Margaux
Ça a été une année intense. Ça a été une année aussi où j'ai beaucoup appris sur moi, même sur mes limites aussi. Tu vois, j'ai osé me mettre en arrêt 10 jours pour juste dormir. Et ça, tu vois, c'est pas mon caractère en fait de me projeter sur des arrêts, sur tout ça. Mais bon, moi, au bout d'un moment, quand tu accumules des nuits blanches, tu peux plus en fait. Donc ça j'ai osé aussi me dire que j'avais des limites et du coup ça a été hyper précieux, et à côté de ça j'ai une petite fille incroyable qui grandit, qui est ultra drôle et tu te dis wow en fait ça c'est tellement précieux. Enfin ok c'était dur mais bon tu vois c'est pour elle quoi. Et en fait elle est tellement incroyable que tu te dis bon c'est ok. Ouais c'est clair. Et quand je la vois hyper tu vois débrouillarde je me dis, c'est plus un bébé. Moi j'ai la nostalgie pour ce postpartum parce que je pense que Judith, faut jamais dire jamais mais je pense que Judith sera mon dernier bébé et du coup en fait tout ce que tu vis c'était la dernière fois tu vois. Quand elle a commencé à marcher, j'étais ultra fière d'elle mais au fond de moi je me disais c'est mon dernier bébé qui fait du quatre pattes et j'aurais plus jamais de bébé qui fera ça en fait. Et à chaque fois, à chaque étape je suis ultra fière d'elle. Et en même temps, j'ai une nostalgie qui me dit « C'est la dernière fois que je vis ça. » Et du coup, c'est un peu dur.
- Patana
Je comprends, mais c'est normal. C'est normal. Du coup, tu es une super maman.
- Margaux
Par contre, c'est clair que j'essaie de documenter, de garder un peu tout. Ce que toi aussi, je sais que tu fais beaucoup. Parce qu'en fait, tu te rends compte aussi que tu oublies. J'ai oublié beaucoup de choses déjà, de mon accouchement, de la période et tout. Et du coup, j'essaie de tout écrire, de prendre des photos. J'ai un album photo énorme comme toi, je crois. Pour me souvenir de tout, à quel point c'était dur mais incroyable. Et à quel point aussi Juju le mérite.
- Patana
Ben, bien sûr. Mais toi aussi, d'ailleurs. C'est génial. Bon. En tout cas, j'ai vu, d'ailleurs, tes petites notes et juste pour remettre une anecdote marrante. Je veux dire, je t'ai entendu dire à Flo, c'était quoi le truc qu'il t'a dit la dernière fois ? C'est le lit parasol au lieu du lit parapluie.
- Margaux
C'est ça, en fait, j'ai des notes dans mon iPhone qui s'appellent « ces choses que je ne veux pas oublier » . Sauf qu'en fait, mine de rien, tu vis tellement de choses avec des enfants que, selon moi, tu vis des choses jolies. Et après, il y a d'autres choses qui prennent le dessus. Et ton cerveau n'est pas assez fait pour retenir toutes les choses qu'ils te disent ou qu'ils font. Et du coup, j'essaie de noter toutes les petites choses qui me créent du bonheur ou à rire aussi, tu vois. Donc, hier soir, oui, Paul m'a dit, en parlant de son lit parapluie, il m'a dit... Le lit parasol. Il m'a dit, maman, je vais dormir dans le lit parasol. Et c'est vrai que c'est genre la chose où je sais que je vais oublier, en fait. Donc, j'ai toutes ces notes dans mon téléphone qu'un jour, je ferai imprimer. Et en fait, ça suit un petit peu toutes les petites choses que je ne veux pas oublier. Et des fois aussi, quand j'ai un coup de mou, en fait, je me les relis. Et ça te donne aussi, tu vois, ça te fait rire. C'est marrant.
- Patana
Moi je fais ça beaucoup avec les vidéos des fois je me prends, je scrolle à fond et puis ça tombe sur avril 2025, il était si petit puis des fois j'envoie à Philou parce que je ne peux pas m'en empêcher. Du coup on part dans les trucs. C'est vrai qu'il y a un cap quand ils se mettent à marcher en plus nous on a eu de la chance, ils ont marché et ils n'ont dormi pas très longtemps après, donc ça a été le gros package d'un coup. Ah ouais, c'est plus un petit bébé, c'est un grand bébé.
- Margaux
Tu te dis vraiment, ouais, là, c'est vraiment un plus bébé, tu sais, qui était dans tes bras tout le temps, tout petit, qui ne pouvait pas se déplacer sans toi. Tu es sur un autre niveau. Et c'est un niveau, à chaque fois, pour Paul aussi, tu recules. À chaque fois, je me disais, là, c'est mon moment préféré. Et à chaque fois, mon petit grand-né, non, là, c'est mon âge préféré. Non, là, c'est mon âge préféré. Et à chaque fois, en fait, chaque âge apporte un lot merveilleux en fait. Je trouve c'est vraiment très différent, c'est aussi très dur. Tu vois je trouve que par exemple les bébés c'est la fatigue physique le manque de sommeil tout ça, et les bébés enfin les les grands garçons de l'âge de 3 ans c'est plutôt un peu plus moral la fatigue, vraiment de pousser un peu tes limites et en même temps c'est cool parce qu'en fait il grandit, il prend son indépendance. Il nous a fait une crise un dimanche soir à 19h ce qu'il veut pas manger de courgettes Euh... C'est pas facile. Alors que tu as fait plein de trucs oufs toute la journée. Mais c'est ça. Quand tu retournes voir la nounou et qu'il parle d'un moment où il est tombé parce que malheureusement, à cause de moi, enfin ça reste très bien sûr, mais qu'il a trébuché sur ma jambe et qu'il est tombé. Alors que pendant toute la journée, tu as fait des activités peinture. Tu as trouvé un vélo trop bien sur le bon coin. Tu l'as accompagné au parc de jeux. Enfin, tu as fait des crêpes avec lui. Et que là, il rentre chez la nounou et il dit... Je suis tombée à cause de maman. Pourquoi ? Petit ingrat.
- Patana
On est vraiment des victimes quand même, en tant que parents.
- Margaux
Et là, je comprends aussi ce que disent mes parents. Tu vas me dire, mais disons-leur merci. Tu te rends compte à quel point tes parents aussi se sacrifient. Je ne peux pas dire sacrifier, parce qu'ils ont décidé d'avoir des enfants, mais à quel point ils se donnaient pour toi. Tu te rends compte quand tu deviens parent, quand tu te vois à quel point c'est... C'est de l'énergie en fait.
- Patana
Ouais, c'est clair. On arrive sur la dernière partie du podcast, un peu rétrospective justement. Je vais parler de notre année postpartum en cinq émotions. Je vais te demander de me dire à quoi ça te fait penser quand je vais te parler de l'émotion. Déjà, le premier, c'est la joie. Qu'est-ce qui t'a fait sourire ?
- Margaux
Pendant tout mon postpartum ? Vraiment le moment intense de joie, ça a été la rencontre... entre mes enfants. Ou en fait, tu te rends compte que tu leur offres aussi... Tu te rends compte que tu leur offres aussi un compagnon de jeu et une nouvelle personne dans ta vie qui serait hyper importante. Vraiment, ça te joue un tour de voir que Paul a accepté sa soeur et que sa soeur le regarde avec des yeux d'amour. C'est vraiment le moment le plus fort de ma vie, je pense.
- Patana
C'est normal. La fatigue, ce que tu as traversé, ce qui t'a transformée.
- Margaux
La fatigue. Alors là, franchement, je pense que je n'aurais pas pu... Je me suis découverte encore plus. J'ai cumulé des nuits blanches. J'ai fait vraiment des nuits blanches. Et j'allais au travail le lendemain, tu vois. Et en fait, tu te dis quand même, mais qu'est-ce que ton corps est capable de faire là ? Tu vois, il n'a pas lâché, quoi. Et vraiment, je pense que... Ouais, tu te rends compte à quel point tu es une machine. Vraiment. Et en fait c'est la fatigue qui prouve à quel point t'es une machine et je pense que vraiment nous, les femmes, sommes tellement pleines de ressources. On arrive à nourrir nos enfants, à gérer des nuits blanches, à gérer la journée, à travailler c'est fou quand tu y penses.
- Patana
Ouais c'est clair, H24 vraiment littéralement. Ouais totalement H24. On est super fortes, c'est clair. La gratitude, ce que tu veux remercier ?
- Margaux
Je pense que je suis très heureuse de voir qu'avec Florent, elle nous a encore plus rapprochés. Vraiment, de rester autant en mode équipe de vie, c'est très gratifiant. Et après... Je pense que vraiment, ce côté, tu sais, il faut un village pour élever un enfant. Mes parents s'occupent beaucoup de Paul. Je pense que Judith doit encore grandir un peu. Mais de voir qu'ils prennent Paul et qu'ils ont une relation hyper proche, c'est aussi gratifiant. Et les amis aussi. Tu vois que c'est naturel aussi quand on fait rencontrer nos bébés. Parce qu'aujourd'hui, ils se rencontrent pour la première fois. Toi aussi, tu as rencontré Judith pour la première fois. Et c'est vraiment... Trop bien de voir que tu as élargi ta famille aussi, être des amies.
- Patana
Oui, complètement. Moi, j'allais dire exactement la même chose, c'est de découvrir la communauté de parents. C'est la phrase un peu bateau, mais tant que tu n'es pas dedans, que tu ne vis pas le truc, tu ne peux pas deviner. Tu ne te rends pas compte à quel point c'est immense, tout ce qui se cache autour. C'est vraiment un nouveau monde. Et de le voir effectivement à travers les yeux de nos amis qu'on a choisis, c'est super puissant en fait.
- Margaux
Et on en parlait aussi de comment on était avant d'avoir des enfants. De se dire, mais quand tu ne vis pas, tu ne sais pas ce que c'est. Mais même, je réfléchis un peu aux cadeaux de naissance que je faisais avant. C'était beaucoup de matériel, des vêtements, des petits doudous. Maintenant, j'offre des cartes cadeaux pour commander à manger. Des choses comme ça. Une fois, j'ai offert aussi à une amie une carte pour une nurse de nuit, pour avoir une nuit totale de repos. Au final tu captes plus ce dont ont besoin les parents. Des fois c'est juste de l'écoute, des fois c'est un petit plat que tu rapportes, en fait c'est pas forcément des choses très chères, tu comprends ce qu'ils vivent.
- Patana
Tu m'avais offert le bain thérapeutique pour Clément mais qu'est-ce que c'était incroyable, en plus ça arrivait au moment où je sortais de mes traumas d'accouchement, d'ailleurs je n’en suis pas vraiment sortie parce que ça m'a pas mal poursuivi pendant le postpartum. Et le fait d'avoir ce moment hors du temps à 20 jours de vie, où en fait il se sentait tellement bien dans son bain que l'infirmière m'a dit qu'en fait il n'a pas vécu lui ces traumas d'accouchement et qu'il était hyper serein, ça m'a tellement touchée. Et je te remercie pour ce cadeau parce que du coup je regarde de temps en temps ces vidéos là et ça me met beaucoup de nostalgie. Et je me rappelle que pour ta seconde grossesse, je t'avais offert un massage, mais chose que je n'aurais jamais vécue pour ton premier parce que ça ne me serait même pas venu à l'esprit de me dire, OK, pour les parents, c'est important aussi d'avoir des cadeaux et de penser à soi. Et c'est vrai que c'est le genre de choses, quand tu n'es pas dedans, tu n'as pas forcément conscience des choses. Et oui, je suis d'accord avec toi. Moi, c'est pareil, j'ai acheté beaucoup de matériel. Je ne pensais pas non plus aller dire, mais de quoi tu as besoin ? C'était plutôt... qu'est-ce qui est mignon et qu'est-ce qui ferait plaisir sur l'instant.
- Margaux
Et qu’est-ce qui ferait plaisir aussi d'offrir. Je pense que c'est plutôt ça. Le bain thérapeutique, pour le coup, c'est vraiment... Moi, je suis un peu comme ça. J'aime bien tout ce qui est un peu hypnose, énergéticienne, tout ça. Et là, c'est vraiment quelque chose, pour le coup, thérapeutique, ça fait du bien à maman et au bébé. Je me suis dit que c'était deux en un. Je suis contente que ça ait bien servi et que ça ait vraiment été utile. C'est toujours un peu compliqué quand on t'offre un cadeau. T'es une autre personne, t'as pas forcément à quoi s'attendre. Ça peut être bien et ça peut être un peu bizarre.
- Patana
Quatrième émotion, la fierté, ce dont tu es fière ? Ca réfléchit !
- Margaux
Je pense que je suis fière de voir quand même qu'on s'en sort. Entre deux fois ce qu'on a vécu pendant un an ou là pendant trois ans au final. Et tu vois souvent, j'ai la réflexion de me dire, en fait, j'aurais réussi ma parentalité si mes enfants sortent de leur enfance sans trauma à régler. J'ai vraiment envie qu'ils aient une pensée de douceur sur leur enfance. Et bon, des fois, il y a des hauts et des bas. Des fois, c'est moins doux que d'autres. Mais globalement, je pense que pour l'instant, on ne s'en sort pas trop mal. Et du coup c'est très valorisant parce qu'il y a quand même la fatigue qui est là, on a quand même des vies aussi très occupées en dehors de notre famille et on essaie quand même je trouve d'être toujours attentifs. Je me souviens qu'il y avait une personne qui m'avait dit tu auras chaque jour, essayez d'avoir 10 minutes vraiment dédiées à votre enfant, vraiment sans téléphone, sans stimuli et autres, vraiment 10 minutes dédiées. Mais clairement. je pense que je suis à plus et du coup je suis hyper contente de me dire non moi mes soirées leur sont dédiées en fait. Du coup c'est valorisant de se dire bon je me mets un peu de côté mais c'est pour eux et je sais quand même que tu vois, j'essaie de miser sur des moments pour moi pour aussi nourrir le fait de leur offrir du bien-être pour être bien pour eux. Du coup c'est aussi la fierté de savoir penser à soi mais aussi que ça se déverse sur tes enfants aussi et sur ton conjoint.
- Patana
Pour compléter me concernant, je te rejoins totalement. Moi c'était devenir mère pour le coup parce que ça m'a vraiment transformée et ça m'a permis de recentrer mes priorités aussi. Parce que en fait c'est marrant, quand j'étais enceinte je me projetais dans rien c'est à dire que je me projetais même pas maman au final, alors que j'avais envie d'être mère enfin tu vois j'ai quand même neuf mois pour me préparer, etc. Mais j'arrivais à me préparer à l'accouchement. Je crois que j'avais fini par me dire, OK, ça va être un événement et de me préparer pour ça. Mais par contre, l'après... C'était yolo, vraiment. Et même par rapport au boulot, etc. En plus, je sortais d'un burnout, donc j'étais vraiment dans le brouillard. Et ouais, je trouve que ça m'a vraiment... Ça m'a éclairée, en fait.
- Margaux
En fait tu recentres tes priorités. Je pense qu'on a un profil un peu pareil, tu vois. Un peu très studieuse. Première de la classe, tu vois. Et en fait, tu recentres vraiment tes priorités et... Tu vois, par exemple, le soir, mon objectif de la journée, c'est de partir assez tôt pour les récupérer chez la nounou, tu vois. Mais vraiment, c'est hyper drôle, c’est de dire que c'est ma priorité du jour. Et du coup, je vais sauter ma pause-déj pour arriver à partir tôt et arriver à les récupérer. Et en fait, tu vois, c'est vraiment centré un peu sur eux, c'est vrai. Après, ils sont encore petits aussi. Je pense que c'est aussi un moment où tu leur donnes un peu de tout. Mais c'est vrai que... Il y a beaucoup de définitions de mère, et c'est dur de savoir quelle mère tu seras, mais c'est intéressant de le voir aussi. Une fois, j'avais demandé à Florent de me dire, est-ce que tu es fière quand même de la mère que je suis devenue ? Est-ce que tu peux aussi avoir une projection de la personne qui soit un peu différente de ce que tu découvres de la personne ? Et c'est là où il m'a dit, non, tu es une super maman, et en fait, ça m'a fait du bien de me dire, on est alignés.
- Patana
Oui, complètement. Et le dernier, c'est la sérénité. Ce que je choisis d'emporter pour 2026 ?
- Margaux
Des bonnes nuits. Des bonnes nuits de sommeil. Des bonnes nuits de sommeil. Continuer aussi à être doux. À être doux dans beaucoup de choses, beaucoup d'éléments, de penser à soi. Et de se dire, en fait, t'as tellement vécu la guerre. que ça va le faire, quoi. Tu vois ? Là, on passe même sur la partie un peu plus simple. Et toi ?
- Patana
J'avais mis du lâcher prise, profiter des bonheurs simples et de l'instant présent. Mais je prends les nuits aussi avec plaisir. Pour finir, la tradition chez WePotes, c'est trois questions flash personnalisées.
- Margaux
Très bien.
- Patana
Question 1. Tu es en pleine partie de jeux de société. Tu dois jouer un coup qui va te mettre en difficulté. 3 choix s'offrent à toi. 1. Tu t'accroches jusqu'au bout, il y a peut-être une solution. 2. Tu abandonnes, de toute façon, tu détestes ce jeu. 3. Tu joues vite, qu'on en finisse.
- Margaux
C'est drôle parce qu'en fait, hier soir, on a fait une soirée jeu de société. Et on a joué à Flip 7. Et clairement, je n'ai pas forcément brillé là-dessus. Mais j'ai quand même fini deuxième. C'est clair. Parce qu'au bout d'un moment, tu te dis foutu pour foutu allons-y quoi. Et du coup je pense que c'est un mélange du 1 et du 3 tu vois, foutu pour foutu et en même temps non allons jusqu'au bout des choses tu vois. Voyons voir ce que ça m'apporte. Donc autant te dire que j'ai beaucoup perdu dans ce jeu mais bon au final, il y a un coup qui a été plutôt pas trop mal.
- Patana
Et tu finis deuxième sur 5 personnes.
- Margaux
Alors que c'est pas gagné. J'étais à la fin pendant tout le jeu. La dernière manche m'a beaucoup aidée. Du coup, je suis très joueuse quand même je pense. Mais aussi, j'essaie de prendre de la distance avec le jeu. Qu'est-ce que je vais gagner ? Pas grand-chose. La gloire, éventuellement. Et c'est tout.
- Patana
Je me rappelle, pour tes 30 ans, je t'avais offert un escape game à deux. et j'avais quand même un peu la pression. Je me suis dit alors je sais qu'elle est vraiment hyper compète donc si on perd, je risque de perdre notre amitié.
- Margaux
C'est vrai et on a toujours gagné. Oui c'est vrai. Voilà donc moi j'adore ça, c'est hyper drôle de jouer aussi en équipe tu vois, avec des personnes par contre avec qui tu t'entends bien. Je trouve que c'est un bon point aussi quand t'arrives à dire les choses aussi, tu vois en plein escape game, Tu dis mais t'es nul ! Faut que l'autre soit assez proche de toi pour prendre du recul sur la réaction.
- Patana
Deuxième question. Neuf mois de grossesse, c'est très long parce que... Premier choix. Tu as hâte de faire la connaissance de ton bébé. Deux, il peut s'en passer des imprévus en 38 semaines. Ou trois, tu as hâte de retrouver la ligne.
- Margaux
Il y en a un petit quatre, en vrai. J'ai hâte de ne plus vomir parce que j'ai donné à toutes mes grossesses. Non ouais je pense que c'est vraiment le côté avoir envie de retrouver en fait ton corps. J'ai dit une fois ça avec Florent, j'adore sentir Judith ou Paul bouger dans mon ventre mais j'ai hâte quand même de me retrouver avec moi-même, seule genre ventre vide parce que ça met aussi beaucoup de pression. La numéro 2 il peut se passer beaucoup de choses, et en fait on met beaucoup de pression aussi sur la femme. Attention faut pas manger ça, y'a ci y'a ça, Tout repose sur toi et c'est vrai que ça met 9 mois de pression sur attention à ce que tu fais parce que ça peut avoir des conséquences sur ton bébé. Et le diabète G aussi, c'est pour ça que je suis devenue une grosse malade du sucre quand on m'a dépisté le diabète gestationnel. Parce qu'en fait, on m'a dit, dans les cas les plus extrêmes, ça peut mener à la mort in utero, en fait. Et alors ça, on m'a dit ça, mais ça m'a fait tellement flipper que j'ai plus touché un bout de sucre pendant neuf mois. Et du coup, j'avais hâte de retrouver cette liberté de me dire, bon, ok, si je mange un brownie, tout va bien. Au pire, c'est juste moi derrière qui vais aller à la piscine plus longtemps. Du coup, ça enlève un peu de pression de se dire que tu ne gères plus qu'une vie, plus que ta vie, et pas une vie d'une personne qui n'a rien demandé et pour laquelle il faut que tu fasses ton max. Du coup, je pense un peu la deux.
- Patana
Clairement la deux. Même si j'avais hâte de faire connaissance, je le sentais plus en sécurité dans mon ventre parce que je ne me sentais pas encore prête à être mère. Je pense que jusqu'à la dernière minute, je me sentais pas archi prête et oui du coup plutôt deux quand même aussi. Et dernière question, que dirais-tu à ton moi du futur, celui dans quelques années ?
- Margaux
Alors déjà j'ai hâte de savoir, pour la petite histoire, il y a un voyant une fois qui m'a dit je te vois avoir trois enfants. Là maintenant que je redors je me dis mais il a craqué quoi c'est pas possible. Donc j'ai hâte de voir si je retournerais dans la maternité et pourquoi en fait. Je trouve ça merveilleux de rencontrer une nouvelle personne, je trouve ça incroyable, je suis déjà nostalgique de tout ce que j'ai vécu pendant les petits âges mais c'est challengeant et du coup j'ai hâte de voir ça et de voir aussi comme chaque grossesse est différente et aussi une autre personne si j'y retourne de voir comment je serais. C'est intéressant. Et ce que je lui dirais c'est bon courage déjà surtout, force et honneur, et en vrai qu'importe ce que je choisis ça sera la bonne décision. Si je m'arrête là écoute j'aurai déjà des enfants incroyables et tout à qui je donne tout mon temps et si je continue ça sera pour un autre, une autre personne dans ma vie qui sera tout aussi incroyable donc du coup je pense que dans tous les cas c'est une bonne décision.
- Patana
C'est super puissant ce que tu dis, c'est incroyable. Et je vais conclure, du coup. Pour moi, la maternité entre copines, c'est se comprendre, partager des moments précieux, se tirer vers le haut, se faire des vocaux à rallonge, s'encourager dans les moments difficiles, se dire qu'on est trop fraîche alors qu'on a passé une terrible nuit, ou qu'on est sur le trône avec bébé dans les bras, et garder un lien fort pour la vie. Et du coup, je voulais en profiter pour te remercier pour ta douceur, bienveillance, disponibilité, d'avoir toujours eu les mots justes. Et je voulais dire que tu n'es pas seulement une incroyable maman, mais tu es incroyable tout court. Et je t'aime très, très fort. Et je voulais remercier du coup aussi nos proches qui nous ont écoutés, aidés, soutenus pendant cette période. Et remercier tous d'avoir écouté ce nouvel épisode de WePotes. N'hésitez pas à nous suivre, me suivre sur ma page Instagram, wepotes_podcast. Et liker sur les plateformes d'écoute. Je vous dis à très vite pour un nouvel épisode entre potes.