- Speaker #0
La prise de parole, on croit souvent que c'est réservé aux gros médias, aux grands influenceurs ou que c'est forcément stressant. Pourtant, quand on est entrepreneur, on se rend compte qu'on parle tous les jours. On parle à ses clients, on parle en réunion, en live, en pitch, peut-être même en conférence. Et chaque mot peut être une vraie opportunité, surtout si on apprend à l'utiliser avec intention. Aujourd'hui, sur Work in Process, j'ai l'immense plaisir de vous parler de la prise de parole. d'accueillir Florence Leroux sur le fauteuil des invités. Florence, elle est coach en prise de parole. Elle va aider les entrepreneurs et les dirigeantes à incarner leur voix, à incarner leur message avec force et style et à transformer leur prise de parole en véritable levier de connexion et de croissance. Donc, tu l'as compris dans cet épisode, on va dédramatiser la prise de parole. On va explorer comment on peut trouver son style dans sa prise de parole et surtout comment on peut utiliser ces mots. pour développer son business. Installe-toi bien, l'épisode va commencer. Salut Florence, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Salut Marine, ça va très bien. Je suis ravie de te retrouver pour ce moment d'échange et de partage en pleine forme.
- Speaker #0
Je suis ravie également. Et première question, on rentre direct dans le vif du sujet. Toi qui es experte en prise de parole, est-ce qu'il t'arrive encore d'avoir le track avant une conférence, un live ou peut-être même avant cet enregistrement ?
- Speaker #1
Mais oui, bien sûr. Enfin, bien sûr, ce n'est pas le cas de tout le monde. Mais oui, oui, moi, en tout cas, j'ai encore le trac. Juste avant de commencer, ça allait très bien, très détendu. Et puis, au moment où je t'ai entendu commencer, j'ai senti dans ma poitrine le petit battement de cœur s'intensifier, l'air de rien, genre oui, oui, il y a un petit enjeu. Et c'est normal, en fait. C'est vraiment normal. Et donc, je l'apprivoise, je respire et puis je me concentre sur le chouette moment qu'on va passer ensemble. Et oui, le trac est normal.
- Speaker #0
Et si ça peut rassurer les auditeurs, les auditrices qui nous écoutent, moi aussi, j'ai un peu le trac. Dès que j'appuie sur le bouton enregistrer, on a un petit compteur à rebours qui s'affiche. Et dès que les cinq secondes sont passées, je me dis, OK, là, il faut que je sois à fond pendant 30 à 45 minutes. J'ai droit à l'erreur parce qu'on fait un peu de montage, mais quand même. Et du coup, il y a toujours ce petit, comme tu dis, ce petit battement de cœur qui est un petit peu plus fort que la seconde d'avant. Personnellement, moi, j'ai appris avec le podcast à apprécier. ce petit moment qui peut être inconfortable au début. Et pour moi, c'est le signe que là, il va se passer un truc chouette.
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est l'adrénaline, en fait, qui est là, qui me dit, OK, là, on se mobilise, il se passe quelque chose qui est... Oui, il y a un petit challenge. Tout dépend de ce qu'on met derrière, en fait. Le niveau d'enjeu qu'on va mettre, ça montre que c'est important. Et effectivement, après, le jeu, c'est de s'en amuser et de voir à quel point ça nous transporte aussi. Mais j'avoue, le compte à rebours y est pour quelque chose. Cinq, quatre, trois, c'est très drôle.
- Speaker #0
Ça, je ne peux pas l'enlever malheureusement sur ce nouvel outil, mais c'est bien pratique pour savoir quand est-ce que ça tourne effectivement. Je voulais qu'on commence cet épisode toutes les deux par aborder les blocages. On en rencontre beaucoup, il y en a différents qui existent. La première question que j'ai pour toi, Florence, c'est pourquoi, avec ton expertise, pourquoi la prise de parole peut être un frein ? Pour beaucoup d'entrepreneurs, qu'est-ce qui se cache derrière ça ?
- Speaker #1
En fait, il y a beaucoup de choses qui jouent, mais prendre la parole, c'est vraiment s'exposer. Et donc, quand on s'expose, d'un coup, on est confronté à l'éventuel jugement des autres et puis à la propre place qu'on décide d'occuper dans le monde. Et donc, est-ce que ça va être trop ? Est-ce que ça va être pas assez ? En général, il y a un peu des deux. Et tout ça, ça crée... ça crée de la tension. À quoi finalement je vais m'exposer en m'exprimant ?
- Speaker #0
Par rapport aux clientes que tu as habituellement, quels sont les blocages qui reviennent, typiques ou pas ? Ce que tu peux observer en tout cas le plus couramment et que peut-être, si tu es en train de nous écouter en ce moment, toi tu ressens aussi quand tu penses à prendre la parole en public.
- Speaker #1
Le premier blocage, celui qui est systématique, c'est la peur du jugement. C'est vraiment qu'est-ce qu'on va penser de moi ? En fait, sur deux aspects d'ailleurs. Qu'est-ce qu'on va penser de moi et qu'est-ce qu'on va penser de ce que je dis ? Donc, aussi bien le fond que la forme. Et ça, c'est typique. Est-ce que ça va être assez intéressant ? Est-ce que ça va être assez percutant ? Est-ce que ça va être assez structuré ? Est-ce que je vais avoir l'air intelligente ? Est-ce que ça va être des propos qui ne sont pas vus, vus et revus ? Donc, est-ce que ça va être un peu différenciant ? Et puis ensuite, sur moi, de quoi j'ai l'air ? Est-ce que je suis assez ? Et ce qu'on m'a toujours dit dans ma vie, que je ne sais pas, que je prenais trop de place. ou qu'au contraire, j'avais toujours une petite voix pour qui je me prends. Vraiment, toutes ces craintes-là, elles peuvent prendre beaucoup de place et donc venir nous bloquer dans notre capacité à nous exprimer. Ça, vraiment, c'est systématique.
- Speaker #0
J'ai l'impression que derrière ça, il y a entre autres le syndrome de la bonne élève.
- Speaker #1
Oui, ça peut jouer complètement. En tout cas, je coche cette case. C'est une expérience personnelle. Oui, le syndrome de la bonne élève, c'est vouloir tout bien faire, vouloir répondre à une certaine attente. Ça, ça se fait. Par contre, ça ne se fait pas. Attention, il ne faudrait pas que tu aies l'air trop brouillon. quand même que tu sois assez professionnelle, que tu montres que tu es experte. Tout ce truc de faut bien faire, en fait, il n'y a rien de pire pour nous opprimer et nous bloquer complètement. En fait, plus on va mettre de l'enjeu et plus il y a de la crainte, moins on va être détendu et moins on est détendu, moins on est vraiment dans notre pleine, vraiment performante, même si je n'aime pas trop ce mot performante, mais tu vois, moins ça vit.
- Speaker #0
Sachant qu'en plus... Quand on pense à toutes ces pensées bloquantes, je me rends compte que c'est biaisé. C'est biaisé parce que quand tu te dis j'ai peur de ne pas être assez performante, quel est ton référentiel ? Pour savoir si tu es performante ou pas ? Si tu te dis est-ce que je vais être trop ou pas assez ? Est-ce que ma voix est assez forte ? Est-ce que j'ai un bon rythme ? Est-ce que ma tonalité n'est pas trop monotone ? Par rapport à quoi on se référence sur toutes ces pensées-là ?
- Speaker #1
En fait, il y a énormément de projections. On imagine que ce qui est attendu, ce serait un certain idéal, mais en fait, je ne veux rien dire. Effectivement, c'est par rapport à qui, par rapport à quoi ? Je crois que le principal enjeu, c'est de se reconnecter, de s'accepter pleinement. De se dire, ok, je ne sais pas, par exemple, j'ai une voix douce, et bien oui, ça fait partie de moi. Maintenant, je peux être douce et assertive. Pas parce que je suis douce que je suis effacée. Je peux parler vite, mais peut-être que ça ne cache pas un inconfort ou ça ne cache pas juste mon style. Je parle vite. Ok, dans ce cas, je peux parler vite et bien articuler pour être vraiment parfaitement compris.
- Speaker #0
On adore les paradoxes sur le work in process.
- Speaker #1
Les « et » , j'adore.
- Speaker #0
C'est ça. Et tu vois, c'est marrant, je fais une petite parenthèse, mais quand j'ai commencé mon podcast, dans ma tête, je m'étais dit, il va falloir que chaque épisode soit… hyper dynamique, que j'ai une voix charismatique et j'avais tout un imaginaire rattaché à ça et quand j'ai sorti mes premiers épisodes, alors j'ai eu plein de retours positifs et encore merci pour ceux qui sont là depuis le début et puis ceux qui nous rejoignent aussi et je me rappelle de certains retours qui sur le moment ça m'avait touchée, ils m'avaient dit tu as une voix tellement douce, tu nous portes en fait tout en douceur sur des sujets pas forcément Merci. hyper sexy, les process c'est pas le truc le plus important du monde et quand ils m'ont dit ça je me suis dit mince j'ai loupé mon truc, je voulais être dynamique, je voulais être charismatique et tout. Et à force d'enregistrer les épisodes je me suis aperçue que ça créait un cocon et finalement ça va bien avec la vision que je me suis donnée qui est de donner des clés aux entrepreneurs pour qu'ils se sentent bien dans leur quotidien.
- Speaker #1
Ton charisme à toi c'est la douceur.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Pourquoi le charisme ce serait une seule chose.
- Speaker #0
C'est ça. Et c'est pour ça que je te parlais des référentiels parce que en fait à force de pratiquer, j'ai l'impression et tu me dis si je me trompe, mais à force de pratiquer j'ai l'impression que notre référentiel il va évoluer de parce que nous on va expérimenter mais aussi de parce qu'on va consommer autour de nous, que ça soit des TEDx que ce soit des podcasts justement, ou même si on est à la fac et qu'on assiste à des exposés, forcément ça va impacter la façon dont on voit la prise de parole.
- Speaker #1
Et c'est pour ça que pour rebondir là-dessus, moi j'encourage toutes les femmes à s'exprimer parce que justement, ça va nous permettre d'enrichir le panel de notre présentation. Plutôt que d'avoir qu'un idéal de, tu vois, du gars costume cravate sur une scène qui parle de façon hyperposée, en fait, on va venir mettre plein d'autres exemples et à chaque, plus il y aura de modèles, plus il y aura de personnes qui s'expriment, plus on va nourrir les modèles qui nous entourent et donc, on va pouvoir s'identifier et se dire aussi trop bien, ça veut dire que moi aussi j'ai ma place, moi aussi je peux m'exprimer et enrichir ce tableau-là d'un nouveau style, d'une nouvelle façon. Il n'y a pas que une façon.
- Speaker #0
C'est vrai. Et derrière ça, il y a quand même une certaine forme de pression à être exemplaire. Comment est-ce que toi tu la gères, si tu l'as déjà ressenti ou est-ce que si tu as des clientes qui ont ressenti ça, comment est-ce que tu les as accompagnées à gérer cette pression-là ?
- Speaker #1
Alors en toute transparence, moi c'est une expression que je vis pas mal, parce que justement, je dis de par mon métier, je me dois… d'être exemplaire. En tant que coach en prise de parole, je suis censée montrer que je suis claire, que je m'exprime avec l'éloquence, que j'ai une belle posture, et plus je me mets dans ces enjeux-là, plus je me bride. Et donc cet enjeu d'exemplarité, en fait, il est hyper fourbe parce qu'il nous coupe complètement de notre naturel. Comment jongler avec ça ? C'est accepter. c'est de, en tout cas pour moi, c'est accepter qu'il n'y a pas justement une bonne façon de faire, tu vois, une bonne façon de s'exprimer. Non, en fait, c'est très personnel. Moi, je suis convaincue qu'on sera impactante parce qu'on a une parole qui nous ressemble et parce qu'elle correspond. Tu vois, là, je suis persuadée que si on coupe l'enregistrement et qu'on continue de parler, on s'exprimera de la même manière. Et heureusement, tu vois. Et c'est ça qui fait que, du coup, on peut parler en étant aligné, en étant naturel. S'il y avait une différence entre le moment où on est face caméra et hors caméra, on dirait « Attends, c'est chelou quand même, là, t'es pas dessus la même personne. »
- Speaker #0
Et puis ça serait crevant aussi.
- Speaker #1
Ben ouais. Et c'est pour ça que je pense que les journalistes sont exténués. À force de parler en disant… Il entrait dans la pièce et il se demandait… On ne parle pas comme ça dans la vie, tu vois. Donc, plus on va être comme dans la vie, et plus notre parole sera impactante. Après, comme dans la vie, ça ne veut tout et rien dire, parce que c'est justement trop facile de dire ça comme ça. Parce que quand tu es face à un public, ou quand tu sais que les gens vont t'écouter, tu ne peux pas dire « non, c'est bon, vas-y, je suis tranquille, comme si j'étais posée dans mon canap', quoi. » Non, il y a de l'enjeu. Donc, ça veut dire qu'il faut avoir, pour moi, c'est important d'avoir bossé en amont, non seulement ma façon de… Mon rapport à la parole, le rapport à la place que je décide d'occuper. Et puis aussi tout le côté technique. Du coup, le fait d'articuler, le fait d'être à l'aise avec les pauses, avec les petits lances, le fait de pouvoir mettre en valeur certains mots, de donner du rythme, ça devient naturel. Parce que je l'ai bossé en amont. On ne dirait pas,
- Speaker #0
mais il y a une forme de préparation physique et mentale. derrière la prise de parole. Moi, je ne conscientisais pas ça du tout quand je faisais mes études, tu vois, ou quand je faisais mon exposé en sixième. Je ne pensais pas du tout à ça. Mais là, aujourd'hui, notamment avec le podcast, je m'en rends particulièrement compte que la voix, c'est un de mes outils les plus importants. Et du coup, il faut que je fasse attention à ne pas être malade. Il faut que j'apprenne à bien parler par rapport au micro que j'ai à ma disposition. Donc, il ne faut pas que je sois... collé au micro ni à 50 km, il faut que j'apprenne à gérer mon souffle. Et comme tu dis, derrière la préparation mentale, c'est comment est-ce qu'on est à l'aise avec le silence ? Comment est-ce qu'on est à l'aise avec les variations de tonalités, les variations de rythme ? Tout ça, c'est des choses sur lesquelles on n'a pas l'habitude de se poser la question parce qu'habituellement, on parle de façon relativement décontractée, en tout cas, toutes les deux. Mais c'est vrai que quand on prend la parole et où on sait... qu'il va y avoir des dizaines, des centaines, peut-être même des milliers de gens qui vont nous écouter, là, la posture, elle n'est pas du tout la même parce qu'effectivement, on est en représentation quelque part. Même si on est très naturel, toi et moi, on reste en représentation.
- Speaker #1
Complètement. C'est pour ça que moi, il y a une sorte de conditionnement. Là, on parle comme ça nous ressemble. Juste avant, moi, je me suis dit, OK, fais ton échauffement d'articulation. En général, avant de faire une masterclass ou une vidéo, je me mets en énergie, histoire de commencer en étant déjà mobilisée et pas juste « bon alors attends, vas-y, je vais appuyer sur rec et puis je vais me chauffer en attendant » . Non, en fait, un respect pour les gens qui vont m'écouter. Je me dois aussi de me montrer, je ne sais pas si c'est mon meilleur jour, mais en tout cas de me mettre dans cet état comme ça, de me mobiliser, de montrer que je suis là. Pour être là directement, en pleine présence. au moment où on appuie sur REC ou PLAY, peu importe, ça veut dire qu'effectivement, il y a un échauffement en amont. Je ne sais pas si tu fais des échauffements, toi, d'ailleurs, avant d'allumer ton micro.
- Speaker #0
C'est plutôt marrant parce que en fait, je pensais être la seule à faire ça. Et je me rends compte que non, donc c'est plutôt rassurant. Je ne suis pas la seule à être bizarre devant mon ordinateur avant d'enregistrer un podcast. Moi, tu vois, avant de démarrer, que je sois seule ou... ou en interview d'ailleurs, j'ai toujours le même rituel. Bon, hormis installer ma caméra, mon micro, etc. J'ai ma gourde. Généralement, je bois trois fois. Je ne sais pas pourquoi trois, mais mon serveur a décidé que c'était trois. J'ai éloigné tous les objets possibles et imaginables de moi parce que je parle avec les mains, donc j'ai tendance à des fois renverser des choses. Vous allez apprendre beaucoup de choses sur moi durant cet épisode.
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
Le pire pour moi, et là je le rapproche volontairement pour ceux qui sont en vidéo, ils vont le voir, je tiens un stylo dans les mains. Un stylo, quand on appuie, ça fait clic-clic. Et quand je parle et que je suis un peu stressée, ce qui est toujours le cas quand je suis en représentation, j'ai tendance... à appuyer mon stylo frénétiquement. Et c'est très stressant pour les gens qui m'écoutent. Donc, en fait, je métamorphose ou j'arrange mon environnement. Et puis moi, personnellement, je sais que je fais des exercices de respiration aussi pour essayer d'apaiser mon rythme cardiaque. Par contre, l'exercice d'articulation, je n'ai jamais fait. Je veux bien que tu nous en parles.
- Speaker #1
Ah bah, carrément. Avec plaisir. Alors, pratiquons ensemble. C'est ce qui va permettre d'avoir une bonne diction au moment où tu formules tes phrases. D'avoir forcé l'articulation en amont va permettre d'envoyer le signal à ton cerveau que toutes les syllabes sont importantes. Même tes fins de phrases, alors en rendant du coaching un peu technique, très souvent les fins de phrases elles retombent. Alors que quand on a fait des exercices d'articulation avant, ça nous permet... de prononcer chacune des syllabes jusqu'à la fin de phrase. Par exemple, toutes les personnes que j'accompagne vont dire « Ah oui, celle-là, je la connais. » Moi, j'adore ça, écoutez. « Trois tortues trottées sur trois trottoirs très étroits. » Très français avec ce « r » à la langue. C'est une phrase que l'idéal, c'est de la répéter le plus rapidement possible en exagérant l'articulation. Ceux qui ont l'image, sinon, peuvent en profiter. Et donc, tu forces. à la fin normalement t'as les joues qui chauffent tu vois et donc tu répètes en boucle trois torts tu trottais sur trois trottoirs très étroits trois torts tu trottais sur trois trottoirs très étroits et puis il y a plein de phrases comme ça que tu peux faire pour voilà tu varies les plaisirs tu varies les sons etc et à la fin une fois que t'as fait ça quand tu parles et bien d'un coup en fait t'as cette mémoire là qui reste et donc tu vas vraiment tu vas avoir une meilleure diction sans pour autant te dire Et ça te permet d'avoir une diction naturelle et de montrer que chaque mot prononcé a de la valeur. Donc même le dernier mot doit exister.
- Speaker #0
Génial. Du coup, si tu es en train d'écouter l'épisode, tu peux faire l'exercice. Que tu sois tout seul ou pas d'ailleurs, tu peux faire l'exercice de faire trotter des tortues. Ça améliorera ta diction.
- Speaker #1
C'est hyper important. Ça s'appelle des virelangues. Et c'est vraiment des chouettes exercices. En plus, après, on peut le faire avec des amis, en famille, n'importe quand. C'est très sympa. Ça met de l'ambiance.
- Speaker #0
Pour une soirée, un vendredi soir, vous faites un tournoi de virelangues et celui qui perd, il fait la vaisselle.
- Speaker #1
C'est ça ! En plus, il y en a qui sont très, très costauds.
- Speaker #0
On peut commencer tranquillement. On n'est pas obligé d'aller vite. au début. Mais je trouve que c'est intéressant. J'essaierai, écoute, la prochaine fois que je vais enregistrer un épisode, voir ce que ça fait et puis je te glisserai un petit mot. Là, on a parlé des blocages. Ce que je voulais absolument parler avec toi dans cet épisode, Florence, c'est le style. Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement, avoir une parole incarnée, avoir du style dans sa prise de parole ?
- Speaker #1
Une question d'ailleurs que je me suis posée, parce que Au début, je me suis dit... En fait, moi, je suis quelqu'un qui a tendance à beaucoup m'adapter. Quand j'étais petite, on m'a appris à faire plaisir. Donc, ça veut dire... J'étais un peu un camélon dans toutes les situations. OK, je peux m'adapter à tous les profils et machin. Vraie force. Super. Sauf qu'en passant à mon compte, parce qu'avant, j'ai bossé en entreprise, et puis, je crois que je suis devenue indépendante à mon compte. Je me suis dit, OK, dans le fond, t'es qui, en fait ? Ça va bien de savoir t'adapter un peu à tous les styles de personnalité. et du coup de pouvoir, tu vois, face à une personne qui a besoin d'aller à l'essentiel, OK, je vais moi aussi aller à l'essentiel. Et puis face à une personne qui a besoin de... qui aime bien toutes les digressions, OK, vas-y, j'embarque avec elle dans les digressions. Après, je me suis dit, moi, finalement, mon style à moi, c'est quoi ? Et en fait, ça part de la connaissance de soi, justement. Plus j'arrive à cerner ma façon de me comporter, ma façon de... penser le monde, ma façon d'être, ma façon d'agir, peu importe. Plus je suis consciente de ça, plus je vais pouvoir l'assumer pleinement parce que c'est ça qui fait de moi moi. Et donc... Quand je suis face au monde, allons-y, à grande échelle, plus j'assume pleinement mes couleurs, ma patte, mon style, plus je vais attirer à moi les personnes qui se reconnaissent là-dedans. Plutôt que de toujours faire comme j'ai l'impression que le monde a besoin que je sois. Genre, ok, je suis coach en place de parole, bon, d'un coup, il va falloir que j'ai l'air très professionnel, que je sois très carré. un petit trait posé, je ne sais pas ce que je peux mettre derrière, tu vois, en imaginant que, ok, cause prise de parole en public, ça veut dire ça, plus je m'accroche à cette idée-là, plus je m'éloigne de qui je suis vraiment, tu vois. Et moi, je suis convaincue que c'est quand on est, quand on montre le reflet de qui on est, c'est comme ça qu'on attire à soi les personnes qui matchent vraiment avec lui-même. Et donc là, il se passe un truc super chouette. Donc, je ne sais pas si je réponds complètement à ta question.
- Speaker #0
Tu réponds à ma question et je suis... Je suis totalement d'accord avec toi. Je trouve quand même qu'il y a un certain challenge, une certaine difficulté peut-être, à trouver son propre ton sans tomber dans l'imitation des autres.
- Speaker #1
Parce que tu te dis, tiens, par exemple, telle personne, je la trouve charismatique, donc je vais un peu reproduire comme elle est, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est de se dire, je vais prendre une figure qui est normalement connue par tout le monde. Tu prends Oprah Winfrey. En théorie, tout le monde l'a déjà vue d'une façon ou d'une autre. Elle a un style d'expression qui lui est propre, qui est très spécifique. Du coup, si on n'est pas forcément très à l'aise, comme tu disais, avec qui on est, avec les messages qu'on veut porter, avec notre voix, la façon dont on présente aussi notre image, on peut avoir tendance à se dire, si je limite en théorie, je devrais avoir les mêmes résultats. Sauf qu'en prise de parole, je trouve que c'est d'autant plus délicat qu'on est en l'occurrence deux entités totalement différentes.
- Speaker #1
Après, tu vois, moi ce que ça m'inspire, ce que tu dis, c'est que même si tu pars d'une imitation, ensuite ce que tu vas produire, on ne le dira pas, enfin sauf à vraiment jouer un rôle et être très fort en interprétation, c'est juste ça t'inspire en mode un peu rôle modèle, tiens, cette façon de faire, cette façon de... de poser des questions, cette façon de les faire silence, cette façon de rebondir, ça, ça me parle bien, je peux essayer. Et je pense qu'en essayant, on peut aussi s'approprier une certaine manière de faire. Mais tu vois, c'est pas... Il y a une différence entre copier et s'inspirer. Pour moi, copier, ce serait vraiment faire un travail d'acting. Tu vois, performance de théâtre, OK, je dois jouer quelques personnages, je me mets dans la peau, c'est parti. Là, en l'occurrence, prise de parole, c'est pas de l'acting. C'est justement mettre de soi, montrer de soi. Et donc, forcément, on est fait de multiples inspirations. Je pense qu'en fait, plus le voir comme… Tu vois, ça peut enrichir justement. Plutôt que de diaboliser le « Ah, il ne faut pas imiter » , je me dis qu'on peut aussi s'inspirer. Et si ça nous aide à prendre confiance, ben, pourquoi pas.
- Speaker #0
Il y a une philosophie que j'aime beaucoup, c'est quand tu admires quelque chose chez quelqu'un, souvent c'est que tu l'as en toi, mais peut-être que tu n'as pas trouvé la clé pour y accéder. Et je trouve que c'est intéressant justement d'aller voir derrière les modèles, en termes de prise de parole en l'occurrence, quels sont les modèles qui nous parlent, sans mauvais jeu de mots, qu'est-ce qu'on aime dans leur prise de parole ? Est-ce que c'est leur posture ? Est-ce que c'est leur rythme ? Est-ce que c'est leur ton ? tonalités ? Est-ce que c'est le type de vocabulaire peut-être qu'ils vont utiliser ou plusieurs facteurs même ?
- Speaker #1
Clairement, ça peut permettre de mettre le doigt justement sur « Ok, moi en fait, c'est ça que j'ai envie de dégager, c'est tel style que j'ai envie d'avoir, c'est tel effet que je veux donner. » Maintenant, avoir aussi ce petit baromètre interne de dire « Dans le fond, est-ce que ça me ressemble ? » On parlait de qualité de voix tout à l'heure, Il y a un truc que moi, j'observe souvent avec les personnes que j'accompagne. Parfois, en fait, elles commencent un exercice, elles se mettent à parler, et puis d'un coup, il y a des « en effet » , « nous pouvons observer » , etc. Et puis à la fin, je dis « mais est-ce que cette formulation, tu l'utilises dans la vraie vie, le « en effet » ? » C'est très écrit, tu vois, comme style. Et je me souviens que… Très souvent, on me dit « non, effectivement, là, j'essaie de faire bien » . Je me souviens qu'une fois, pour le coup, j'ai une cliente qui s'y aime à l'oral, elle exprimait vraiment tous les mots. Ce n'est pas... dans mon habitude. Elle ne disait pas « je n'ai pas l'habitude de… » Elle disait « ce n'est pas dans mon habitude. » Et en fait, quand l'exercice s'arrêtait, je me rendais compte qu'elle continuait de s'exprimer comme ça. On me disait « oui, mais en fait, depuis toujours, j'ai cette habitude-là de bien prononcer chaque phrase. » Et donc, en l'entendant pour la première fois, on peut dire « oh là là, attends, un peu too much. » Mais en fait, non, ça lui correspond. Elle est comme ça. Donc, c'est son style. Tu vois, ça crée une certaine forme d'autorité ou d'expertise. Tu vois, c'est très classe. Si la personne se met à le faire, ça ne collerait pas, quoi. Ça ne marche pas, ça sonne faux. Et donc, il y a ce truc-là de « qu'est-ce qui me correspond vraiment ? » « Qu'est-ce qui me parle ? » Et donc, pourquoi ? Et est-ce que ça me… Ouais, c'est ça. Est-ce que vraiment ça me correspond ? Et c'est oui, bah, go. Et puis après, moi, ce que j'adore, c'est que… il y a plein de styles différents et au contraire est-ce que tu as des styles préférés ? est-ce que j'ai des styles préférés ? c'est une bonne question alors je me rends compte qu'en général et je pense que c'est bien ma personnalité le style dynamique tu vois enjoué est un style avec lequel moi ça me qui résonne beaucoup parce que je pense que c'est aussi comme ça que je suis maintenant je trouve ça très chouette justement d'amener les personnes qui sont un peu genre je pars dans tous les centres, tout feu, tout flamme j'ai plein d'énergie à respirer respirer, prendre le temps garde ton dynamisme, garde l'enthousiasme toi tu peux avoir l'énergie là et quand même prendre un petit peu et baisser la vitesse oui plutôt que d'être tout le temps speed toi tu peux être hyper engagé mais laisser le temps aux autres de s'approprier le message C'est ça. D'un autre côté, tu vois, j'adore aussi travailler avec des personnes qui sont plus calmes. Je ne vais pas les transformer en piles d'énergie, mais par contre, je vais les aider à donner un peu plus de rythme. Tu vois ? Garder leur... En fait, respecter vraiment cette nature de... Voilà, moi, on le disait par exemple tout à l'heure, toi, tu as la douceur, ne te transforme pas d'un coup en... Ouais, alors voilà, vous allez faire ça parce que pour bien beauté, c'est pas grave.
- Speaker #0
Je n'y arriverai pas, même si je le voulais. Je pense que ça m'épuiserait au bout de quelques minutes.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est pour ça que tu vois, comment trouver son style, en fait, c'est attention à comment on met dans la vie. Et ensuite, aller regarder ce qui fait de nous, nous, l'assumer vraiment. Et soit amplifier ça, soit aller s'oppoudrer de, d'accord, et bien là, on va rajouter. un chouïa de rythme en plus pour que les personnes restent engagées. Plutôt que de partir dans des longues phrases et s'écouter parler, là, en fait, on endort les gens et ce n'est pas ce que tu veux. Donc, OK, comment garder le rythme sans, encore une fois, se transformer en télé électrique ? Donc, c'est des petits ajustements comme ça qui sont passionnants à faire, des petits travails de dentelle, comme j'aime le dire, qui permettent de révéler à chacune sa… ça se singularise, ça se fait très phrase toute faite, mais finalement, c'est un peu ça, quoi.
- Speaker #0
Non, mais je partage ta vision et effectivement, c'est un travail d'orfèvre, en fait, de se dire que notre prise de parole, elle va nous accompagner toute notre vie et on n'est pas obligé de tout améliorer d'un coup. Encore une fois, chez Working Process, on aime bien bosser par étapes, mais on peut se dire, peut-être que un de mes rêves, je ne sais pas, c'est d'animer une conférence, par exemple ou de... d'être speaker dans un salon pour entrepreneurs, dans ce cas, pour améliorer ma prise de parole, peut-être que je vais commencer à m'habituer au silence. Je vais apprendre à gérer les pauses, à développer peut-être mon vocabulaire. Tu vois, se lancer des petits défis comme ça, je trouve que c'est une bonne idée.
- Speaker #1
Moi, j'adore. C'est comme ça que je travaille aussi, en petits pas. Et je trouve que c'est comme ça, justement, qu'on manque nos apprentissages dans le réel. Avant même de parler de silence, moi j'aime bien parler de respiration. Déjà, respirer, mais ça c'est… Tout le monde se dit « Ah ouais, curieuse en fait ! » Je me rends compte que je suis en micro-apnée très, très, très souvent. Et que je termine les phrases comme ça et que je continue. Tu vois, respirer. Une fois que j'arrive à respirer et à poser ma voix dessus, comment je suis avec ce silence comme tu le dis ? C'est hyper important effectivement d'assumer le silence. Et puis effectivement...
- Speaker #0
Une fois qu'on a posé ça, ce souhait de plus en plus au cas, et je trouve ça génial, de « ouais, j'ai envie de faire un petit, j'ai envie de faire une conférence, j'ai envie d'être speaker » , trop cool, et bien effectivement, qu'est-ce que je peux mettre en place dans mon quotidien pour améliorer ma mélancolie, ma prise des paroles ? Et ça passe par des petits exercices comme ça, entre autres.
- Speaker #1
Entre autres,
- Speaker #0
c'est tout un gros travail de monter une conférence, mais effectivement, déjà, se préparer, on peut commencer.
- Speaker #1
C'est ça. Et moi, il y a une pratique que je fais, je ne vais pas dire tous les jours, mais plusieurs fois par semaine en tout cas, depuis toute petite. Et je ne pensais pas que ça allait impacter ma prise de parole. Moi, j'adore chanter. Je chante dès que je peux. C'est ma façon de m'exprimer et d'exprimer mes émotions. Et je me rends compte qu'en fait, quand tu chantes, en tout cas si tu veux essayer de bien chanter, tu n'as pas le choix que d'apprendre à gérer ton souffle. Tu n'as pas le choix de travailler ta posture. parce que si... Tu chantes en étant totalement avachie, tu as moins d'espace pour que l'air circule, donc tu peux moins aller fort dans ta voix. Tandis que si tu te tiens droite, le son que tu vas produire va être totalement différent. Et je trouve qu'il y a des hobbies comme ça qui nous permettent de travailler sans qu'on ait l'impression qu'on travaille et qui ont des impacts assez bluffants sur ce genre de sujet-là.
- Speaker #0
Le chant, effectivement, ça fait tout travailler. Moi, tu vois, c'est le théâtre qui m'a construite. Eh bien, le théâtre, c'est ça. C'est comment tu occupes l'espace, comment tu es là, même quand tu joues un arbre pendant une heure sur scène. Non, ça ne m'est pas arrivé. Mais tu vois, il y a un peu ce truc de... Tu as un petit personnel. Enfin, tu as un personnage qui ne te dit pas grand-chose et pourtant, tu es sur scène. Il faut que tu existes, tu vois. Tu es quand même présente. Eh bien, comment tu existes ? Et donc là, tu bosses sur, effectivement, ta posture. que tu dégages et tout et le souffle c'est énorme tu sais moi je dis souvent pour moi la mise à l'huile ultime c'est de chanter mais tu vois pas chanter en mode je fais genre je chante non chanter chanter vraiment chanter avec les tripes je trouve que ouais
- Speaker #1
je trouve c'est une vraie mise à l'huile et qui est très belle une digression petite digression mais c'est dans le thème donc c'est pas gênant En préparant cet épisode, je pense que tu le sais et même toi qui es en train de nous écouter, tu t'en doutes, mais j'écoute pas mal de podcasts. Je regarde pas mal de conférences aussi sur YouTube. Et moi, personnellement, j'ai vu des différences entre les prises de parole des leaders hommes, les prises de parole des leaders femmes. Et je voulais avoir ton avis, Florence, sur... Est-ce que toi, tu voyais des différences ou est-ce que c'est moi qui les invente dans ma tête, peut-être ? Et comment ça se manifeste concrètement, je ne sais pas, sur une conférence, sur un live, sur une masterclass ?
- Speaker #0
Ce que ça m'inspire le plus, c'est le rapport à la vulnérabilité. Je trouve que, je vais dire entre femmes, il y a beaucoup ça. Et peut-être que du coup, quand une femme s'exprime seule, elle n'ose les montrer aussi. C'est ce rapport à sa vulnérabilité. et oser l'exprimer. Moi, j'ai la sensation qu'on n'est plus... En tout cas, il y a quelque chose qui se trouve et d'ailleurs, je l'encourage moi qui suis personnelle d'oser partager les zones de trouble, les questionnements, les moments de doute. Ce point de bascule où tu te dis « Oh, je ne sais pas ce que je fais et j'y vais quand même. » Tu vois, se montrer réellement telle qu'on est. J'ai la sensation qu'il y a peut-être plus d'autorisation chez les femmes à le faire. C'est peut-être une grosse idée reçue, parce que ce n'est pas si simple de le faire. Quand on est une femme, on est d'accord, et c'est pour ça que moi je l'encourage, parce que je sais que c'est très compliqué à faire. Mais j'ai la sensation que c'est plus facilement accepté et mieux perçu, parce que je ne sais pas, en tant que femme, on est à l'écoute de nos émotions, alors que non, un homme doit être fort, fier, ça fait un star rocket, mais tu vois, il y a ça, un homme doit tenir le truc. Et donc peut-être que dans la représentation... dans l'imaginaire collectif. Et vu qu'il y a cet enjeu d'un homme doit se montrer fier, et bien du coup, quand il traîne la parole et quand il se met sur scène et tout ça, c'est ça qui dégage, tu vois, la force, le courage, tout ça. Heureusement, ce n'est pas toujours le cas. Et tu vois, moi, quand je vois des hommes qui parlent, qui montrent une sincérité comme ça, montrent des aspérités, justement, à partager leurs émotions et tout ça, je trouve ça tellement puissant. Au moins, je trouve ça très puissant. Donc, en tout cas, c'est pour ça que j'ai très envie d'encourager. Mais voilà, en tout cas, je vois ça qui se joue. Je ne sais pas si c'est l'explication. En tout cas, c'est ce que j'observe.
- Speaker #1
Oui, je pense que ça peut être un bout de l'explication. Après, je pense aussi que, je ne sais pas si tous ceux que j'ai regardés ont fait du média training ou pas, mais j'ai remarqué que les entraînements pour prendre la parole ne sont pas forcément les mêmes. entre un homme et entre une femme. Pour une femme, on va plutôt lui dire privilégie le côté empathique, privilégie le côté douceur. Un homme, on va peut-être aller lui demander, là, en fait, il faut que tu ailles droit au but. Il faut que tu sois percutant. Il faut que tu sois impactant. Et je trouve que, de plus en plus, à force que les entrepreneurs, justement, créent des contenus, cette tendance, elle a... elle a tendance justement à s'inverser. Moi, je trouve qu'il y a beaucoup d'impact chez des femmes que je suis, qui certes peuvent montrer leur vulnérabilité, mais arrivent aussi à aller droit au but, à aller à l'essentiel. Et inversement pour des hommes, comme tu disais, il y en a qui montrent une certaine vulnérabilité. Alors, on ne parle pas de pleurer sur scène ou quoi que ce soit, mais juste de dire, là Face à son équipe, par exemple, pendant une réunion, il dit « là, je n'ai pas géré » . Ou alors, quand il y a une question, « je ne sais pas » . « Je ne sais pas et ça ne me met pas forcément dans une situation très confortable » . Mais du coup, on va choisir d'avancer ensemble. En fait, c'est d'utiliser les différents leviers qu'on a à notre disposition pour avancer dans la direction qu'on choisit, qu'on soit en équipe, en solo, en représentation publique ou interne. Peu importe, en fait.
- Speaker #0
Oui, carrément. En fait, je suis embêtée parce que en t'écoutant, je dis « Ah ouais, j'ai ça ! » pour rebondir. Et puis l'idée est partie. J'aurais dû me noter. Je me dis « Mince ! » Attends, tu as dit un truc. C'était très bien ce que tu as dit. Je suis en train de revenir. Pour moi, il y a quelque chose qui se joue. En fait, tout dépend de la situation. Tu vois, si tu as un plateau télé à faire, si tu passes à la radio et qu'on te dit que tu vas avoir deux minutes, tu n'as pas le choix. Il faut aller à l'essentiel et il faut apprendre à le faire. C'est un exercice hyper compliqué, ça s'apprend et ce n'est pas forcément naturel pour tout le monde. Ceux qui ont justement cette pensée synthétique auront plus de facilité à le faire, hommes ou femmes, ça dépend vraiment de notre tempérament. Ceux qui ont plus de mal à aller droit au but, là, ça va être un vrai entraînement. Il y a quand même quelque chose de sociétal qui est de l'ordre de toutes les injonctions qu'on a reçues étant enfant. Ce n'est pas pour rien que moi, j'ai surtout des femmes qui viennent me voir et que j'ai décidé du coup de m'adresser dans mes communications à un public féminin, même si j'accompagne aussi des hommes qui viennent me voir, mais je parle aux féminins parce qu'on nous a tellement appris à ne pas prendre trop de place, à être bien sage et gentil, à être bonne élève, là où un gars, on lui a dit « écoute, sois fort et courageux et puis tu vas bien avancer dans le monde » , qu'on n'a pas la même... facilité au départ pour prendre notre place et pour l'incarner tellement. Donc forcément, derrière, ça fait des différences sur la façon de se présenter au monde, de prendre la parole. Et c'est pour ça que je fais ce métier. Il y a autant de femmes que d'hommes qui prennent la parole, qu'il y ait pu un style lié à un genre, mais que ce soit des personnalités qui se démarquent, mais qu'on voit des personnalités et pas un genre.
- Speaker #1
Je trouve que c'est beaucoup plus riche, effectivement, comme approche de se dire, là, moi, je vais suivre cet entrepreneur ou ce speaker ou ce conférencier parce que j'aime son style, en fait, pour reboucler sur le thème de l'épisode. J'aime son style, sa façon de s'exprimer. Et à contrario, je ne vais peut-être pas suivre celle-là parce que ce n'est pas une question de genre, mais peut-être que... Elle va trop droit au but et que moi, j'ai besoin de quelqu'un qui, comme moi, digresse, qui parle de tout et de rien en même temps dans une seule conversation.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. D'ailleurs, parfois, on ne met pas le doigt dessus, mais je ne sais pas, je le sens ou pas. Comme dans la vie, tu vois, tu es attiré par certaines personnes, moins par d'autres. Bah, c'est ok.
- Speaker #1
Avant de finir cet épisode, je me demandais si tu avais peut-être quelques pratiques, quelques astuces ou même des ressources. à nous recommander pour qu'on commence à s'entraîner à la prise de parole. On a compris qu'il fallait faire trotter des tortues, mais si tu en as d'autres...
- Speaker #0
Sur des trottoirs, ça c'est quoi ?
- Speaker #1
Sur des trottoirs.
- Speaker #0
Des pratiques pour... Attends, si tu peux reposer ta question, du coup ça m'a...
- Speaker #1
Est-ce que tu as des pratiques, des exercices qu'on peut nous faire à notre niveau pour s'améliorer en prise de parole ?
- Speaker #0
Se concentrer sur... Un message. En gros, je prends la parole pour dire une idée, une idée, un message. Ça, c'est un peu comme un poste sur les réseaux, un poste égale une idée. Bon, et bien, quand je prends la parole, essayez, en tout cas quand il y a de l'enjeu, tu vois, à se dire, OK, là, qu'est-ce que je veux dire ? Et rester là-dessus. Mon idée, c'est ça. Et rester concentrée sur cette idée-là pour gagner en clarté et justement pour apprendre aussi à… tu vois cette parole un peu synthétique dire bon là mon message c'est ça et j'y vais et bien sûr je pourrais le dire de 10 manières différentes et bien sûr que je pourrais l'enrichir avec plein de sous chapitres et plein d'autres parallèles et tout ça mais là c'est pas le sujet parfois ce que j'ai souvent en coaching on te demande pas d'être exhaustive on te demande d'être claire ce qui compte c'est d'être comprise on n'est pas dans ta tête tu vois donc on sait pas que ah mais attends il y a telle autre chose à rajouter ah et puis en fait il y aurait tel autre exemple qui est intéressant. ce qui compte là c'est de faire passer ton idée tu vois et t'auras d'autres occasions d'aller préciser d'aller tu vois une prise de parole égale un message donc on commence par se fixer un objectif ouais c'est ça un objectif après ça se complète là je vais faire ok mais attends il n'y a pas que ça je rajoute du coup le contre-exemple total de ce que j'ai dit autre deuxième exercice À côté de ça, c'est quelle est mon intention ? Parce que l'intention, c'est ce qui va me mettre dans un certain état, une certaine énergie. Est-ce que j'ai envie de sensibiliser, d'émouvoir, d'apprendre, de transmettre quelque chose, de faire de pédagogue ? Est-ce que j'ai envie d'embarquer les foules ? Il y a un mouvement autour de moi. Quelle est mon intention ? Et ça, ça va aussi guider toute la façon. dont je vais incarner mon message. Et tu n'auras pas le même discours final si tu es dans une intention d'informer, de donner une information, ou justement d'aller sensibiliser à une cause. Ça ne va pas créer les mêmes effets.
- Speaker #1
Je trouve que ça peut être un super exercice, un super entraînement, si tu es en train de nous écouter, de se dire, là, je m'entraîne pour une prise de parole, je ne sais pas, tourner un... un réel ou un short par exemple quel est le message que je veux faire passer quelle est l'intention que je veux mettre derrière et on peut peut-être même jouer avec ça on peut dire on garde un message on fait plusieurs intentions pour voir ce qui nous correspond le plus et pour diffuser notre message de façon diverse et toucher d'autres personnes parce que tu vas avoir des profils qui seront intéressés par ce qui est inspirant, d'autres ce qui est plus éducatif D'autres, ils ont besoin d'un coup de pied au cul. Je trouve que c'est intéressant de faire cet exercice. J'essaierai, tiens.
- Speaker #0
Puis après, tu vas voir, ça en fait, non, ça ne me correspond pas. Je sens que je me dénature. Bon, non, ce n'est pas mon style. Le sting, le coup de pied aux fesses, ça ne marche pas pour tout le monde. Et c'est OK. Mais effectivement, jouer avec ça, ça permet aussi de voir qu'il y a différentes manières aussi de capter l'attention, de la garder. Et surtout, ça permet aussi de se concentrer. on se travaille de l'intention pour permettre de se concentrer sur l'autre. Donc, de rester focus sur moi, mon message, ma performance, mon expertise, mon enjeu, blablabla. Et donc là, d'un coup, tu vois, je me crée de la pression. Donc, je suis moins... Je risque d'être moins détendue et donc moins naturelle. Et bien, quand je me concentre sur mon intention, je vais me focus sur l'autre. Parce qu'en fait, j'ai envie d'embarquer les autres. Et moi, ce que je dis souvent, c'est que la prise de parole, c'est une... C'est une... c'est presque de la relation. On n'est pas en train de... Enfin, c'est la prise de parole finalement. Quand on parlait du TEDx tout à l'heure, le jour où on est en conférence, je suis seule sur scène, il n'y a pas un échange avec le public. Moi, j'aime le voir comme une relation parce que justement, ça va permettre de mettre le focus sur le public. Si je parle, ce n'est pas pour moi, c'est pour les gens en face. Et donc, plus je mets le focus sur les autres plutôt que sur ma propre performance. plus je vais être détendue et plus je vais être dans ce don et dans cette transmission et dans ce lien que j'ai envie de créer avec les gens. Et en général, ça ne fait vraiment pas le même effet. Il y a un truc qui se joue.
- Speaker #1
Génial. Écoute, moi, j'ai hâte de faire ces exercices. J'essaierai d'embarquer les foules quand je ferai les exercices dans mon podcast ou même dans ma salle de bain toute seule si c'est vraiment très mauvais. Mais je trouve que c'est hyper intéressant. Deux questions pour toi avant de clôturer l'épisode. Qui est-ce que tu rêverais d'entendre sur le fauteuil des invités de Work in Process ?
- Speaker #0
Alors, je pense à une entrepreneur qui s'appelle Marine Lejeune. qui est spécialisée sur tout ce qui est coaching. Coaching de... Pardon Marine, si tu m'écoutes, c'est que je ne le dis pas bien. Mais il y a tout cet enjeu de justement se reconnecter à qui je suis vraiment, remettre de la douceur dans mon fonctionnement, plutôt que d'être dans l'auto-jugement et l'auto-flagellation de je suis trop doux, je suis trop timide, je suis grosin. D'aller voir toutes les parts de moi qui s'expriment, ça permet aussi d'aller écouter ses peurs, d'aller écouter toutes ses facettes-là. et de comprendre le message que ces facettes-là ont à nous dire pour les apaiser et pour les intégrer pleinement et mettre du « et » justement dans nos fonctionnements. Je parlais des paradoxes tout à l'heure. Donc, il fait du coaching PNL et somatique et ça fait un bien. Et je trouve qu'en tant qu'entrepreneur, on doit tous passer par là parce que tu vois, il y a ce type de « qui je suis » et « comment je suis en paix avec qui je suis » pour pouvoir ensuite vraiment rayonner sur le monde.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai. Bah écoute, Marine, si tu nous écoutes, l'invitation est lancée, puis entre Marine, on devrait bien s'entendre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, exactement. En plus, ça fait du bien, tu vois, cette vision de faire comme on a envie, mais c'est ce que tu dis dans ton podcast, c'est-à-dire pas besoin de rentrer dans les injonctions de « tu dois faire ça pour réussir » , mais non, mais en fait, qu'est-ce qui t'anime toi, qu'est-ce qui correspond à toi, et qui es-tu vraiment ? Donc ça fait du bien, ces discours, je trouve, qui permettent de changer un peu le… de tout ce qu'on nous dit pour réussir en entrepreneuriat, il faut faire ça.
- Speaker #1
Ça casse les injonctions et puis surtout, tu disais tout à l'heure de se concentrer sur les autres pour pouvoir bien faire passer son message. En l'occurrence, ici, c'est aussi se concentrer sur soi, qu'est-ce qu'on a envie de vivre dans sa propre vie et de mettre ça en adéquation avec qu'est-ce que je peux proposer aux autres aussi. Donc, je trouve que ça peut être un sujet intéressant. Écoute, on verra si elle accepte. Si elle accepte l'invitation, où est-ce qu'on peut te retrouver, suivre tes péripéties, tes aventures ?
- Speaker #0
Alors, je suis présente sur LinkedIn et sur Instagram, sur mes comptes Florence Leroux. Voilà, prénom, nom. Et puis, j'ai aussi un site internet, florenceleroux.fr. Voilà, très facile. Donc, Instagram, LinkedIn, je suis sur ce site.
- Speaker #1
OK. Tous les liens seront disponibles dans la description de cet épisode. Moi, l'idée avec laquelle je repars de cet épisode, c'est que la prise de parole, on s'en fait toute une montagne. Et si on n'a pas l'habitude, c'est normal. Mais moi, ce que je retiens, c'est que c'est une compétence qui s'apprend. C'est même plusieurs petites compétences qui se cumulent et qui s'apprennent, qui peuvent se muscler aussi. Et en fait, c'est un outil pour moi, la prise de parole, qui est là pour refléter qui tu es. refléter ton expertise, refléter le message que tu as envie de faire passer tout en propulsant ton business. Donc merci beaucoup Florence pour ce joli moment et pour tout ce que tu nous as partagé.
- Speaker #0
Avec plaisir, tu as très bien synthétisé les choses en plus. Ta voix au service de ton business, oui.
- Speaker #1
Parfait. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode d'un Working Process. Si l'épisode t'a plu, surtout n'hésite pas à nous faire des retours à Florence ou à moi sur nos différents réseaux sociaux. Et si t'as vraiment sûr qu'il fait l'épisode, fais un maximum de bruit autour, partage-le, comme ça on fait revenir Florence sur le fauteuil des invités.
- Speaker #0
Avec plaisir ! Salut Marie !
- Speaker #1
Bye ! Merci d'avoir écouté Work in Process. Si l'épisode t'a parlé, pense à t'abonner pour ne rien manquer. Et si tu veux aller plus loin, rejoins ma newsletter. Je t'y partage. chaque semaine des ressources pour construire un business durable sans oublier. Tous les liens sont en description. A très vite !