- Speaker #0
Aujourd'hui, on va parler d'un truc qui touche tous les profils créatifs, mais pas que. C'est un truc qu'on évite souvent jusqu'au moment où ça peut faire mal. La structure. Parce que, quand tu fais un métier créatif, tu peux vite te raconter que les process c'est de la rigidité, que l'organisation c'est de la perte d'élan, et que, au fond, si tu cadres trop ton business, tu vas dénaturer ton travail. Sauf que dans la vraie vie, c'est pas un film d'horreur. Et que, en réalité, l'absence de structure... ça ressemble rarement à de la liberté. Ça ressemble plutôt à un gros bazar, de l'urgence, de la charge mentale, du stress. Tant que t'es tout seul, pourquoi pas ? Mais à partir du moment où il y a d'autres personnes qui doivent rentrer dans ton business, prestataire ou pas, là, ça commence à se compliquer. C'est à ce moment-là, généralement, que tu te retrouves à porter ton business dans ta tête et où ça devient difficile de le sortir. pour le formaliser pour une personne qui ne fonctionne pas comme toi. Dans cet épisode, je reçois Samuel Durand. Samuel, c'est un explorateur. Il va aller creuser les transformations du travail à travers plein de formats hyper ludiques, et notamment le documentaire. Et je l'ai invité aujourd'hui parce qu'il a partagé un truc hyper intéressant, il y a quelques temps de ça, c'est que son activité grandit. Il y a de plus en plus de monde autour de lui, et donc il a dû... muscler un petit peu ses systèmes, sans perdre son côté créatif. Donc tu vas voir dans l'épisode, on va parler ensemble de ses points de passage obligatoires, c'est-à-dire les endroits où il est hyper carré, et de tout ce qu'il choisit volontairement de laisser un petit peu plus flou. On va parler aussi d'avance, de production de contenu, de content flywheel, de délégation, et de comment est-ce qu'on peut se créer un fonctionnement qui roule. sans que toi, tu te sentes enfermé. Donc, si tu te sens l'âme créative ou créatif et que tu sens que ton business est en train de grandir, peut-être plus vite que tes systèmes, que sa structure, alors cet épisode, il est fait pour toi. Allez, je te laisse avec notre conversation. Salut Samuel, je suis ravie. de te retrouver sur le fauteuil des invités de Work in Process. Pour les personnes qui ne te connaissent pas, est-ce qu'en une seule phrase, tu peux nous dire qui tu es et ce que tu fais dans la vie ?
- Speaker #1
Salut Marine, merci pour l'invitation. Moi, j'explore les transformations du travail à travers plein de formats ludiques et le principal étant le documentaire.
- Speaker #0
Et j'adore suivre ton travail. D'ailleurs, moi, je t'ai invitée suite à un post que tu avais fait il y a quelques semaines. Maintenant, où tu disais justement que ton agence de documentaire, si je peux l'appeler comme ça, elle grandit, elle grossit. Il y avait plus de monde dans l'équipe. Du coup, ça demandait un petit peu plus de structure. Et ça m'a interpellée parce que moi, je vois ton métier comme quelque chose de très créatif. Donc, j'avais envie qu'on aille explorer ça tous les deux dans cet épisode parce qu'il y a plein de créatifs qui écoutent Working Process et qui se disent, l'organisation, la structure, ce n'est pas pour moi.
- Speaker #1
Ouais, OK. Allez, vas-y, marrant. Ciao !
- Speaker #0
Allez, c'est parti. Alors, la première chose qui te vient à l'esprit quand je te dis organiser une aventure créative sans la dénaturer, c'est quoi ?
- Speaker #1
Je vois bien ce à quoi tu fais référence. En fait, j'ai plein d'amis à moi qui sont des créatifs aussi, tu vois, et qui ne sont que créatifs, qui ne sont pas organisés. Et du coup, qui patinent et qui pourraient aller beaucoup plus loin. Je pense que ce qui fait qu'on a un bon débit, moi, je sors en gros un documentaire par an. C'est des documentaires qui... Pour donner un peu un ordre d'idée, on met normalement deux ou trois ans pour faire un documentaire tel qu'on le fait. Nous, on en sort un par an. Ça tient à pas mal d'organisation et en même temps de l'approximation. Je pense qu'il y a des trucs sur lesquels tu peux relâcher et des trucs sur lesquels il faut être hyper organisé. Et donc, je pense que pour pas dénaturer une aventure créative, il faut bien identifier quels sont les points de passage obligatoires sur lesquels il faut être ultra carré. Et moi, du coup, comme j'ai plein de choses à faire à côté des documentaires aussi, j'aime bien avoir énormément d'avance sur tout. c'est-à-dire que je ne travaille jamais dans l'urgence, dans le last minute. Et puis, tu as d'autres trucs où tu te dis, ça, ce n'est pas très grave. Et tu sais que tu ne peux pas être partout, donc tu lâches sur d'autres sujets et tu fais tes choix. Ça, c'est, je pense, le prix à payer quand tu choisis de ne pas avoir d'équipe et de rester seul.
- Speaker #0
Hyper intéressant. Et d'ailleurs, en lisant ton poste, moi, je me suis demandé, est-ce qu'avant, tu n'étais pas organisé, pas structuré dans le sens où tu l'as mentionné dans ton poste ? Comment est-ce que tu gérais, en fait, avant de structurer de la façon dont on va parler un petit peu plus tard dans l'épisode ?
- Speaker #1
Moi, non. Je pense que j'ai toujours été structuré de la façon dont je le suis aujourd'hui. Mais je... Tu vois, aujourd'hui, là, en 2026, je me considère pas encore comme structuré. Je pense qu'il y a mille choses qui pourraient être améliorées. Mais en même temps, tant que je suis pas forcé de le faire, et tant que c'est pas un essentiel pour mon activité, j'ai autre chose à faire en fait, que de structurer. Tu vois, il y a plein de trucs, t'as des mentions légales. Je crois que les 3-4 premières années, j'en ai pas eu sur mon site. Parce que je n'avais pas le temps. Il y a mille autres trucs sur lesquels je n'ai pas le temps parce que j'ai trop de trucs à faire qui sont importants. Et donc, c'est des trucs qu'il faudrait faire. Ça donne un cadre, mais tu repousses parce que ce n'est pas essentiel. Et donc, je pense qu'un jour, je serai peut-être structuré et je le vois au fur et à mesure que j'intègre des personnes dans l'équipe. Quand je dis équipe, c'est des gens qui ne sont pas salariés. C'est des gens qui travaillent avec moi, qui sont tous indépendants ou qui ont des structures, des entreprises. Parfois, c'est des petites boîtes aussi. Mais au fil des années, j'ai un peu étoffé cette équipe. Et quand j'étais absolument tout seul, c'était très simple, c'était le bordel dans ma tête. J'ai dû mettre en place quelques petits process. Et je rechigne encore à en mettre d'autres qui seraient à mon avis plus efficaces, mais je vais y aller à mon rythme.
- Speaker #0
On va pouvoir en parler. Est-ce que justement, le fait de passer de toi tout seul à ton équipe, est-ce que ce fait de structurer, ça te faisait peut-être peur de perdre quelque chose d'un point de vue créatif ?
- Speaker #1
Pas forcément d'un point de vue créatif, mais ça me faisait peur de me dire je vais perdre du temps. Parce qu'en fait, j'ai... pas envie de faire du management et dès lors que tu commences à mettre des process, du coup, t'as des reviews. Et c'est peut-être, tu vois, une mauvaise façon de le voir parce que tu fais des process pour gagner du temps derrière. Mais en même temps, moi, c'est pas forcément la paire de créativité, c'est la paire de trucs marrants. Moi, ce que j'aime bien dans le bordel, c'est que c'est aussi... C'est que c'est créatif. Et du coup, c'est assez cool. Et dans le process, moi, je le vois comme un truc désagréable, le process, comme un truc qui t'enferme un petit peu. Et donc... Il y a des moments où je peux être réticent, tu vois, à me dire, je n'ai pas envie de tomber amoureux de l'outil pour l'outil, tu vois. J'ai plein de potes qui sont des fanas de Notion. Qu'est-ce que je m'en fous de Notion, moi ? Moi, franchement, un Notion, à moins que tu me l'envoies et qu'il est déjà setup, il n'y a aucun monde où je passe plus que 4 secondes à setup un Notion. Je vais sur un Google Doc et ça marche, tu vois. Et je pense que ça, c'est la limite, c'est que quand tu atteins une certaine taille, d'un moment, tu as besoin d'avoir un truc plus structuré que juste un Google Doc.
- Speaker #0
Ouais. Moi, ce que je... visualise en t'écoutant, c'est j'ai l'impression de voir un enfant dans une grande salle de jeu.
- Speaker #1
Ouais, c'est un peu ça. C'est un peu la vision que j'ai de la vie.
- Speaker #0
Mais franchement, c'est génial. Par contre, ce qui m'interpelle, c'est quand tu dis que structurer son business, les process, c'est pas fun. Alors ça, c'est pas ce qu'on défend sur Work in Process, mais je t'enverrai des épisodes. Peut-être que ça te fera changer d'avis, on sait pas. Mais au niveau de la délégation, j'entends ce que tu dis quand tu dis qu'il y a une certaine partie de management à faire. des reviews, etc. Moi, je pense que ça dépend du niveau de délégation que tu cherches aussi et des profils que tu as dans ton équipe. Et d'ailleurs, ça me fait une belle transition puisque toi, tu m'avais dit que tu voulais des profils autonomes. Alors, qu'est-ce que ça veut dire pour toi, un profil autonome ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Et ça, pour moi, c'est quelque chose d'essentiel. Toutes les personnes avec lesquelles je travaille sont autonomes. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on se met d'accord sur un objectif et sur un prix. Et je n'ai pas besoin de donner aucune autre indication. Et la personne va être capable d'avancer toute seule et ne va m'écrire, ne me solliciter, que s'il y a un problème qu'elle n'arrive pas à régler elle-même parce qu'elle aura déjà essayé de le régler. Et elle ne va pas se dire, non, mais je ne suis pas responsable, donc je remets tout de suite ça sur la table. Tu vois, on en discute tout de suite. Non, non, en fait, tu es responsable de l'objectif. Je m'en fous de la façon dont tu y arrives, tu vois. Mais... Et ça... je pense que ça se travaille le temps. Tout le monde n'est pas fait pour faire ça. Mais ça veut dire que je passe un minimum de temps avec chacune de ces personnes sur les projets. Et c'est des gens avec qui on passe du temps ensuite parce qu'on s'entend bien et qu'on discute d'autres trucs. Mais pour vraiment la gestion de projet et le travail en tant que tel, c'est hyper efficace parce que eux savent exactement quand me solliciter. Et très concrètement, on bosse vraiment seulement quelques minutes par semaine alors que c'est des trucs qui sont structurants pour l'activité.
- Speaker #0
J'adore. parce que du coup, ça me fait une très belle boucle avec ce que je t'ai dit avant. Là, ce que tu me décris un profil autonome, en réalité, c'est les derniers niveaux de délégation. C'est quand on a des profils, justement, qui prennent la responsabilité d'une tâche, d'un projet, peu importe. Et ça, c'est les délégations qui sont les plus intéressantes parce qu'effectivement, si tu vas chercher, je ne sais pas, quelque chose de très exécutif, fais-moi un logo qui soit avec un carré, un rond, telle couleur, etc. Ça, c'est les premiers niveaux de délégation. Ça peut être... bien, mais comme tu dis, il y a ce temps de review. Là, ce que je décèle dans la structuration que tu as mis en place dans ton entreprise, dans ton projet, c'est qu'il y a déjà une certaine maturité à ce niveau-là. Mais ça me pose la question aussi de, est-ce qu'il y a des choses que tu as dû apprendre à ne plus faire, justement avec des profils comme ça qui prennent les responsabilités de toute ou partie d'un projet ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Je ne sais pas tellement, parce que les premières choses que j'ai déléguées, ce n'est pas des choses que je faisais déjà moi, c'est des choses que je ne savais pas faire et pour lesquelles j'avais besoin de personnes qui aillent plus loin que mes capacités. Peut-être sur LinkedIn à la limite, tu vois, j'écris plus beaucoup de post-Linguin moi-même. Mais franchement, ça me saoulait déjà. Donc, j'étais très content de le déléguer. Ce n'est pas quelque chose qui m'a manqué ou j'ai dû me forcer de ne plus le faire moi-même. Non, tout ce sur quoi je travaille avec des gens qui m'aident, c'est des choses que je ne faisais pas moi ou que je faisais de façon très minimale. Et là, on va beaucoup plus loin avec d'autres personnes dans le métier.
- Speaker #0
Ok, donc là, tu nous as parlé de tes posts LinkedIn. J'imagine qu'il y a un ghostwriter derrière tout ça. Tu as d'autres exemples à nous donner ?
- Speaker #1
Oui, en fait, l'équipe, les gens avec lesquels je travaille le plus, J'ai un bras droit édito qui, lui, est entre un et deux jours par semaine et qui va être capable à la fois... Alors, c'est lui qui est aussi Ghostwriter, mais il va être capable de... Donc, j'ai la double casquette, très opérationnelle là-dessus, mais il va aussi gérer... Typiquement, quand on a des montages... J'ai lancé du YouTube. Donc, c'est lui qui va gérer la rédaction d'un script, qui va gérer quelqu'un d'autre qui fait la miniat. Non, mais du coup, il va faire le brief de la miniat, review. Moi, je reçois la miniat que quand elle est prête, parce qu'elle est définitive. J'ai jamais mon mot à dire là-dessus. pareil pour le montage du documentaire il va faire les retours, il va préparer aussi toute l'écriture, en fait moi je tourne la vidéo et ensuite je la vois quand elle est en ligne la mise en ligne aussi c'est lui qui s'en occupe donc il va chapoter tous les différents prestats qui vont travailler sur la communication d'une façon ou d'une autre de temps en temps faire des choses lui-même c'est à dire qu'il a quelques bases de montage où il peut en deux secondes faire des trucs, si jamais c'est très facile, si jamais c'est plus complexe on a en gros trois niveaux de monteur avec du très basique, du moyennement et du expert. Et donc, chacun, on ne va pas les solliciter. Je ne vais pas demander à un expert de faire un réel de 30 secondes où il y a 3-4 à faire. Mais par contre, lui arrive à faire cet arbitrage de on sait à qui on l'envoie celui-là et est capable de solliciter la bonne personne sans que moi, j'ai besoin de mettre mon nez là-dedans. Ça, c'est efficace. Après, j'ai d'autres personnes qui interviennent de façon plus ponctuelle. J'ai quelqu'un qui s'occupe un peu de la même chose que pour le montage mais sur des visuels, sur du graphisme. J'ai une directrice artistique qui, globalement, fait les grosses affiches, l'ADA. Elle travaille sur des choses ponctuelles 4-5 fois dans l'année. Et puis, d'autres personnes, plutôt graphistes, un peu plus juniors, qu'on va solliciter, j'en ai deux ou trois, avec qui on travaille régulièrement. Et voilà, on a besoin d'un visuel, d'une bannière pour un event. On a besoin de reposser sur un truc. Et pareil, là, c'est la personne qui va savoir faire.
- Speaker #0
Ok, et ça, c'est le fonctionnement pour la partie documentaire ? ou c'est pour tous les projets ? Parce que ce qu'on n'a pas dit aussi, mais qui sera présent dans l'intro, c'est que tu fais plein d'autres choses en dehors des documentaires. Tu as sorti une BD, tu fais des événements, tu as un comédie club autour du futur du travail. Donc la gestion de projet, au final, vous fonctionnez comme ça.
- Speaker #1
Oui, c'est pour absolument tout. Et d'ailleurs, tout ce que je t'ai mentionné, ça correspond même plus à des trucs en dehors parce que pour le documentaire, j'ai encore une autre équipe qui travaille pour la réalisation du documentaire, pour le montage du documentaire. Et tous les détails du documentaire qui vont être le motion, le sound design. Et ça, c'est avec encore une autre boîte. Donc, c'est vraiment pour l'ensemble de toutes les activités Working Progress, quelles qu'elles soient.
- Speaker #0
Ça marche. Et quand tu as commencé à constituer ton équipe au début, j'imagine que comme tous les projets, toutes les entreprises, il y a eu des ajustements, peut-être des ratés, des surprises. Est-ce que tu aurais des petits snacks comme ça, des petites anecdotes à nous parler ? partager pour dédramatiser les personnes justement qui s'apprêtent à déléguer et qui appréhendent un petit peu ?
- Speaker #1
Je pense que si tu veux quelqu'un d'autonome, c'est pas facile nécessairement à trouver. Il y a plein de gens qui se disent autonomes mais qui ne le sont pas réellement. Et donc, moi, je me suis un peu cassé les dents sur le truc. Je me disais j'aurais bien aimé déléguer un peu plus la responsabilité de tel truc et quelques profils pour qui ça ne fonctionnait pas, qui n'étaient pas à l'aise là-dedans. Là, je pense que j'ai vraiment trouvé le bon équilibre là-dessus. Il y a eu des moments où il y a des choses qui ne sont pas faites exactement comme toi tu as envie, mais là, il faut faire un choix de dire est-ce que c'est grave ? Et dans ce cas-là, c'est un essentiel, il faut recadrer. On refait un brief clair et on explique pour que ça n'arrive plus. Ou est-ce que ce n'est pas grave, on s'en fout, et il faut juste accepter que ce n'est pas fait exactement comme on l'aurait fait. Et ça, je pense que je n'ai pas eu trop de mal en vrai. Ce n'était pas très complexe. Je pense que le vrai sujet le plus difficile, c'est juste de trouver les bonnes personnes et ensuite de les garder sur du long terme. quand t'as trouvé quelqu'un de bien, t'as pas envie que la personne change au bout de trois mois. Donc ça, c'est assez chouette, tu vois, mais j'ai pas encore trouvé la personne qui va arriver à m'aider sur le côté logistique. J'ai beaucoup, beaucoup de logistique dans mon travail. Et ça, c'est quelque chose qui me manque, mais ça viendra au fur et à mesure parce que je pense qu'il faut aussi qu'il y ait un fit. Et l'autre truc, c'est que je ne veux pas juste quelqu'un d'efficace, je veux quelqu'un avec qui je m'entends bien. Même si on ne se parle que 15 minutes par semaine, il faut qu'on puisse bien triper ensemble. Et donc, tu vois, je veux un fit sur le fond et je veux aussi qu'on s'entende bien. Donc, ça rend peut-être plus complexe la recherche.
- Speaker #0
Donc, ça veut dire que pour toi, pour qu'une collaboration fonctionne, il y a le côté... fiche de poste, entre guillemets, c'est-à-dire est-ce que la personne a les compétences, est-ce qu'elle a la posture, la personnalité pour matcher avec les valeurs de Work in Progress et est-ce qu'on va bien s'entendre, est-ce que la personne va bien s'entendre avec les autres membres de l'équipe parce qu'ils doivent parler entre eux aussi j'imagine ?
- Speaker #1
Ouais, ça aussi, carrément, mais moi c'est vraiment j'ai pas envie de parler à des gens que j'aime pas j'ai envie de m'entendre bien avec les gens avec lesquels je parle, je suis pas là j'ai la flemme de bosser si jamais c'est pas des gens cools Donc, c'est vraiment ce feed. Et c'est pour ça que tous les gens avec lesquels je bosse, d'ailleurs, c'est que des rencontres que j'ai faites un peu par hasard. C'est assez rare que ce soit juste quelqu'un que j'ai trouvé sur une plateforme de freelancing par hasard.
- Speaker #0
OK. Donc là, ce que je retiens au final, c'est que pour faire ressortir l'autonomie dans une collaboration, bien évidemment, il y a une question de est-ce que la personne a le profil ou pas ? Mais moi, ce que j'entends aussi, c'est que c'est quelque chose qui va se construire. Parce que tu leur amènes un cadre clair. que toi, tu as définis au préalable avant ou que tu définis avec eux. Il y a une notion de confiance aussi, puisque là, c'est une délégation au niveau de la responsabilité de toute ou partie d'un projet. Et puis, on n'en a pas trop parlé, mais j'imagine qu'il y a quand même un certain droit à l'erreur. En tout cas, au début de la collaboration, pour se dire, peut-être que la personne, elle a mal compris ce que j'attendais d'elle ou peut-être que ce n'est pas, comme tu disais, exactement ce que j'attends. Et du coup, on fait des allers-retours ensemble.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Il y a évidemment un droit à l'erreur au début et même après. Franchement, les gens qui travaillent avec moi disent que c'est assez cool de bosser avec moi parce que c'est pas très compliqué. Une fois qu'on s'est mis d'accord sur l'objectif et que la personne se sent engagée par l'objectif parce qu'elle sait qu'elle en est responsable, elle sait qu'elle a toute la latitude. Je vais te donner un exemple très bête. Tu vois, on a fait l'affiche du nouveau documentaire qui est sorti quand l'épisode sort. Ce documentaire, c'est une graphiste d'électricité artistique qui bosse dessus depuis trois ans. Elle fait chaque année les affiches. elle je lui donne en gros un objectif un brief et puis on se met d'accord sur un prix la façon dont elle fait son truc je m'en fous complètement si elle me disait qu'elle voulait le faire sur Paint ou sur Canva je serais étonné mais moi je m'en fous à la limite si ça sort bien à la fin et je pense que ça c'est précieux pour eux et puis le fait que du coup on est fiable des deux côtés on s'engage sur un procès c'est à dire qu'elle elle est capable de me dire quand est-ce qu'elle va me livrer mais quelles sont les étapes intermédiaires sur lesquelles moi je dois faire des retours mais du coup je suis aussi rigoureux là-dessus, c'est-à-dire qu'en échange elle me livre à l'heure, mais moi je lui livre à l'heure mes retours, je lui mets à sa disposition tout ce dont elle a besoin comme outil si jamais elle a besoin d'autre chose, tu vois là il fallait des photos, il fallait acheter des droits sur les trucs, bon bah ça on règle ça rapidement et je pense que du coup c'est assez réciproque je pense que ce qui relie toutes les personnes avec lesquelles je bosse, au-delà du fait qu'elles sont talentueuses dans ce qu'elles font, c'est surtout qu'il y a une fiabilité de chacun Et j'aime bien bosser avec des gens où tu sais qu'on dit ce qu'on fait, on fait ce qu'on dit. Et là, du coup, tu sais que tu peux te faire confiance. Et tu sais que même, peut-être ta deadline, elle est demain. Tu n'as pas eu de news depuis 20 jours, mais tu sais que tu l'auras demain matin. Parce qu'en fait, c'est comme ça. La personne, elle marche comme ça. Et il n'y a pas de galère.
- Speaker #0
J'adore. J'adore parce qu'effectivement, ça revient sur, ça reboucle sur la notion de confiance dont on disait. Et ça, ça se construit au fil du temps. Donc, pour les personnes qui écoutent, qui... commencent à déléguer ou qui vont bientôt déléguer, qui appréhendent un peu, dites-vous que les premiers temps, ça ne sera pas forcément parfait. Faites-vous confiance quand même, parce que normalement, vous savez un petit peu ce que vous faites. Mais dites-vous qu'une relation de qualité avec un prestataire, un collaborateur salarié, peu importe, même un stagiaire, ça va prendre un petit peu de temps. Donc, il faut quand même relativiser aussi à ce niveau-là. Toi, ce que tu décris, au final, Samuel, ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, on est d'accord.
- Speaker #1
Non, bien sûr, ces ajustements, ça prend des semaines.
- Speaker #0
Petit break ici, si tu es encore en train de nous écouter. Ce que Samuel vient de dire, là, c'est hyper important. Tu n'as pas besoin d'être organisé partout. Tu as juste besoin d'identifier deux ou trois endroits où tu dois être irréprochable et de choisir consciemment le reste. Je te propose un petit exercice d'ailleurs pendant l'écoute. Note juste un point de passage obligatoire dans ton business. Tu sais, c'est un truc qui, s'il est bancal, va te créer un sentiment d'urgence et va te bouffer de l'énergie. Et écoute la suite de notre conversation en gardant cette question en tête. C'est quoi la version la plus simple possible ? de ce système. Allez, on reprend. Tout à l'heure, tu disais que les process, c'était pas très fun, c'est pas très sexy. Je voudrais qu'on en parle. C'est quoi les types de process sur lesquels t'as bossé ? Les indispensables pour toi ? Alors, pas forcément en rentrant dans le détail des outils, mais juste te dire, qu'est-ce qui est indispensable aujourd'hui pour faire tourner ta boîte en termes de système, en termes de process ?
- Speaker #1
Wow, il y en a plein dans plein de briques différentes, mais... Ce qui t'intéresse, ça va être un process où je vais être en interaction avec d'autres personnes, j'imagine, où je vais déléguer. Ou pas forcément.
- Speaker #0
Pas forcément, ça peut être un process où toi, t'es impliqué dedans ou alors un process où ton équipe, elle est full en autonomie et où toi, tu n'apparais pas ou très peu.
- Speaker #1
On va en faire un de chaque, si tu veux. Un process qui ne me concerne que moi, mais qui est un indispensable parce qu'il concerne le cash. En gros, ce que je vends, ce qui me fait vivre, c'est que je donne des conférences en entreprise. Donc pour ça... j'ai besoin d'avoir des demandes de conférences entreprises, j'en ai plein de demandes, mais du coup si ça arrive sur LinkedIn, si ça arrive dans les mails, ça arrive dans tous les sens, j'arrive pas à suivre. Donc j'ai un formulaire, ce formulaire me permet de préqualifier, où en gros je vois un petit peu quel va être le concept de ce qu'il faut faire. Ça emmène soit deux possibilités, soit on va ensuite faire un call, parce que j'estime qu'il y a un intérêt à ce que j'aille parler dans cette boîte-là. et que ça peut avoir de l'impact, donc on va se faire un call. Soit je ne suis pas dispo déjà, donc on évacue tout de suite. Il n'y a pas de budget, on évacue tout de suite. Et je sens qu'il n'y a pas un fit immédiat, dans ce cas-là, je vais demander plus de précision par mail. Mais on finit par arriver à l'étape du call. Donc là, tu avances dans ton process, du coup, formulaire, call. Suite au call, là, il faut imaginer qu'en gros, j'ai six documentaires. On me demande des interventions qui, à chaque fois, vont être des mix de différents documentaires. Donc là, plutôt que ce que je faisais avant, qui était très chronophage, c'était de, à chaque fois, repartir une feuille blanche pour dire « Voilà ce que je pourrais vous faire en une heure. » Non. Maintenant, ce que j'ai fait, c'est que j'ai identifié dans tous mes documentaires, entre 6 et 10 extraits pour construire ma conférence. Donc je leur envoie une sorte de grosse bible avec tous les extraits. J'en dis « Piochez et construisez. » Et en fonction du temps qu'on a à louer, c'est 5, c'est 7, c'est 11 extraits qu'on a le temps de mettre dans le temps imparti de la conférence. Donc vous me construisez la conférence, à partir de ce que je vous propose, que je vous suggère. Comme ça, c'est vous qui êtes garant de ce que vous aurez comme contenu le jour J moi je vous ferai le jour J ce que vous demandez donc en gros tu fais boire son client le client il te livre un truc après soit on se valide là-dessus soit parfois il y a un petit call juste parce que c'est intéressant quelques jours avant de se remettre un petit peu dans le bain de quelle est l'audience comment est-ce que tu vas personnaliser parce qu'il y a un truc qui est un peu sur étagère mais tu as aussi toute une dimension de personnalisation ça je vais prendre quelques notes et puis on passe à la suite et après il y a plein de micro détails mais qui t'intéressent peut-être quand même Merci. de, moi j'ai des automatisations sur mon ordi, tu vois, j'utilise slash conf, slash oui, slash non, slash merci, slash facture, slash tout ça, qui font que ça envoie des messages, pas automatisés, mais en gros pré-enregistrés à des moments stratégiques où c'est des trucs qui ont l'air d'être des trucs très complexes parce qu'à chaque fois je vais renvoyer les liens vers les documentaires, je vais renvoyer des preses, je vais renvoyer plein de trucs. En fait, ça prend littéralement deux secondes et ça me permet de pouvoir faire 70 conférences à l'année. qui sont toutes différentes, il n'y en a pas deux qui sont les mêmes, mais sans avoir aucune charge mentale et avoir un temps de préparation qui est de moins d'une heure par conférence. Et ça, pour parler avec d'autres conférenciers, c'est pas aussi simple parce qu'ils n'ont pas cette bibliographie sur étagère qui permet de construire un truc qui s'imbrique dans tous les sens, qui fait que c'est différent, mais c'est toujours la même base.
- Speaker #0
C'est génial. Et côté rentabilité, du coup, j'imagine que maintenant que tu as construit ce système-là, tu dois exploser les plafonds.
- Speaker #1
Oui, du coup, c'est très rentable. Déjà, la conférence, par nature, c'est quelque chose de très rentable. Il n'y a pas de frais. Et surtout, c'est ce qui me permet vraiment, tu vois, je me rappelle vraiment qu'il y a 6-7 ans, quand j'ai commencé les premières conférences, une conférence, déjà, en tant que telle, ça me mettait un petit peu de stress. Donc, j'y pensais quelques jours avant la conférence. Dans la préparation, comme j'étais stressé, du coup, je la préparais beaucoup plus. Donc, je passais quelques heures, peut-être 5 ou 6 heures par conférence. Donc, évidemment, je ne pouvais pas en faire autant, même si j'avais plus de temps. aujourd'hui Ça glisse. C'est-à-dire qu'une conf, ce n'est pas différent d'un rendez-vous d'une heure pour moi. Il y a tout un état d'esprit dans lequel tu te mets avant de monter sur scène, mais bon, ça c'est autre chose. Mais ce que je veux dire, c'est qu'en termes de process, c'est hyper simple et c'est même un des trucs les plus simples de vendre et préparer une conf pour moi. Donc, ce n'est pas un truc qui va me rajouter de la complexité.
- Speaker #0
C'est génial. Et le deuxième process que tu voulais nous partager ?
- Speaker #1
Donc ça, c'est celui qui ne me concerne que moi. Un autre process qui peut être intéressant, c'est quand on lance des vidéos YouTube. Donc quand je lance une vidéo YouTube, première étape. je choisis un sujet, j'en parle à mon bras droit édito, lui va lancer une écriture de script, ça c'est quelque chose qu'il va faire lui-même, je vais review ce script, et ajouter mon grain de sel dedans, parce qu'à la fin c'est moi qui tourne, donc il faut que je maîtrise un peu le sujet, je tourne la vidéo, dès que j'ai tourné la vidéo, j'envoie les rushs à mon bras droit édito, et là je ne touche plus à rien, lui de son côté, il va lancer une miniature auprès de miniaturistes, Il va lancer du montage auprès d'un monteur. Il va lancer, une fois qu'il reçoit le montage fini, donc il y aura des retours, des allers-retours et des trucs. C'est rare que je tranche là-dessus, mais il peut me solliciter là-dedans, mais c'est assez rare. Une fois que la vidéo est prête, il va faire deux choses. Il va, lui, faire du copywriting pour que sur tous les réseaux, on ait une sortie et une promo de cet épisode, de cette vidéo YouTube. Il va lancer un autre monteur, une monteuse en l'occurrence, sur des extraits, des reels, des extraits de cette vidéo YouTube. Et ensuite, il va la mettre en ligne. Tout ça, du coup, se passe de façon très fluide et sans que j'ai besoin de faire quoi que ce soit. C'est un process qui est hyper simple. Et pourtant, c'est un truc assez lourd de lancer une chaîne YouTube. Je me disais, putain, il y a beaucoup de choses à faire quand même. En fait, en étant déjà avec la bonne personne pour travailler, moi, je ne vois pas beaucoup les trucs relous à faire.
- Speaker #0
Oui, parce qu'au final, ça doit te prendre peut-être 5-10 minutes pour choisir ton sujet. Et ensuite...
- Speaker #1
le temps de tournage alors j'ai pas regardé la durée de tes vidéos mais j'imagine c'est entre 15 minutes et une heure quoi ouais c'est exactement ça ok donc pareil process hyper rentable j'adore process rentable parce qu'en fait tu vois moi en gros j'ai une heure une heure et demie de travail par vidéo YouTube ce qui est le tournage et la réfection le fait de me remettre un peu dans le bain juste avant de tourner derrière la vidéo elle sort sur YouTube ça me fait 3-4 épisodes 2-3 posts LinkedIn et c'est cool
- Speaker #0
ça roule tout seul et ça vient alimenter le process que tu disais un petit peu plus tôt, de te rendre visible pour obtenir derrière des conférences ouais exactement génial, ça pour celles et ceux qui sont pas habitués à ça, ça s'appelle une content flywheel donc ça permet en fait de partir d'un gros contenu donc une vidéo, un documentaire peu importe, de le découper en plusieurs contenus plus petits et donc en plus ça va alimenter la machine d'acquisition de Samuel. Donc moi, je trouve que c'est hyper intelligent. J'adore. Bravo. Tout à l'heure, tu disais que tu avais de l'avance au niveau de tes projets. Et pour un profil créatif, je sais que ce côté inspiration, ce côté envie, etc., c'est important. Donc, comment est-ce que tu fais concilier les deux ?
- Speaker #1
Justement, le fait d'avoir de l'avance, c'est-à-dire que très concrètement, Je ne suis jamais dans l'opérationnel du quotidien. tout le temps, deux à trois mois d'avance sur les projets sur lesquels je bosse. Il n'y a rien, aujourd'hui je ne fais rien pour les deux, trois semaines qui viennent. Au plus tôt, ce sur quoi je vais bosser aujourd'hui, je m'en occuperai, là actuellement, franchement, je m'en occuperai vers début avril. Et c'est ce qui me permet, parce qu'évidemment, ça c'est le process, mais la vraie vie c'est pas ça, la vraie vie c'est qu'il y a des imprévus, c'est ce qui me permet de me dire qu'en cas d'imprévu, je suis hyper à large et il n'y a jamais d'urgence à gérer. Et si jamais tu as une vraie urgence, t'es sur un événement dans la production il peut se passer mille problèmes t'as le temps de le gérer parce que t'es pas en train de gérer l'urgence pendant trois jours, elle est déjà réglée depuis trois mois celle-là et ça me permet aussi d'aller à mon rythme t'as des semaines qui sont hyper intenses où j'ai pas le temps d'avancer là typiquement je sors d'un tunnel de deux semaines où j'ai pas eu le temps du tout d'avancer sur des trucs qui sont importants pour avril mais je sais que les deux prochaines semaines, tout va être prêt quand avril arrivera, du coup je peux profiter du moment parce que quand je dis profiter du moment c'est concrètement j'ai des conférences, j'ai des projections j'ai des tournages, donc c'est des trucs où il faut que je sois présent en représentation et pas en train de penser au fait de prévoir ce qui va se passer le lendemain. C'est ça que je peux vivre chaque journée, qui sont souvent très différentes les unes des autres, sans avoir la charge mentale de me dire qu'est-ce qui se passe demain, il faut que je fasse des trucs. Non, il n'y a rien à faire pour demain. Il faut juste être là et se pointer, c'est tout. On peut réfléchir si on veut à ce qui se passera dans trois mois, si on a un petit peu de temps.
- Speaker #0
Si on a envie aussi d'anticiper à ce point-là.
- Speaker #1
Oui, mais c'est important. Je n'anticipe pas un an. Mais j'essaie toujours ce matelas de 2-3 mois d'avance dans tous les projets. Et voilà, tu vois. Et j'arrive bien, je pense, à prioriser. Je sais qu'il y a des trucs sur lesquels il faudrait que je commence à bosser pour septembre prochain. Mais quand j'aurai cliqué les trucs pour avril, là, je vais commencer à m'intéresser à septembre. Et peut-être que ça sera déjà au mois de mars, peut-être que ça sera déjà au mois de mai. Ok.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui, tu te sens plus créatif qu'avant ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Je dirais autant. temps.
- Speaker #0
Je pense que je me connais mieux, je sais dans quel moment je vais avoir envie de prendre du temps pour être créatif, et d'autres moments sur lesquels je ne vais pas du tout avoir envie et il faut que j'exécute. Je pense que j'écoute beaucoup mieux mon état d'énergie en fonction de la journée, et j'arrive mieux à adapter mon lieu de travail aussi en fonction de, est-ce que je vais être créatif ou est-ce que je vais être dans la production. Non, je ne pense pas que je suis plus créatif, mais par contre, je gère mieux mes moments de créativité.
- Speaker #1
Intéressant, j'aime bien la nuance, ça ferait un bon réel. comment tu gères ton énergie au quotidien ?
- Speaker #0
je me couche très très tard le soir je me lève idéalement quand j'ai pas de train le matin à l'heure à laquelle mon corps me réveille je dors 7h par nuit ça me va bien et après le non négociable c'est que je fais du sport tous les jours j'ai au moins une session d'une heure, une heure et demie de sport tous les jours, c'est souvent du tennis ça peut être d'autres trucs, de la wing jusqu'ici c'est l'hiver et ça c'est hyper important, ça passe en priorité sur absolument tout et après il n'y a pas de limite si tu veux jouer. Je bosse quand j'ai envie, je fais des pauses quand j'ai envie. Et surtout, j'essaie de changer d'endroit régulièrement en fonction de la tâche.
- Speaker #1
Tu as un exemple à nous partager ?
- Speaker #0
Oui, tu vois, là, je suis chez moi. C'est assez rare, mais du coup, j'ai vraiment trois spots où je bosse. Là, on est à mon bureau. C'est là où je vais peut-être les produire le plus, où je vais débiter, où je vais être en enregistrement. J'ai un côté créatif dans le canapé. C'est là où, généralement, je me pose pour prendre des notes. C'est là où, si je dois faire une review, par exemple d'un truc c'est plus confortable, c'est plus sympa et puis par contre si je dois écrire de façon assez créative, une newsletter par exemple là je vais me mettre à une autre table, un autre endroit plus proche de la fenêtre, où je vais pouvoir papillonner un peu plus alors que là ici je suis dans mon tunnel, je passe à un mur et je ne peux que déliter en fait le fait de changer d'endroit c'est que si tu passes 12 ou 15 heures dans la même journée ça fait peur mais je passe rarement 12 ou 15 heures mais je vais peut-être 30 jours sur l'année sur lesquels il faut que je fasse des journées de 12-15 heures En fait, quand tu changes trois fois d'endroit dans la journée, tu n'as pas l'impression de re-bosser 12 ou 15 heures de la même façon.
- Speaker #1
Et puis, ça met ton cerveau aussi en condition. Là, on passe d'un mode hyper productif à ton bureau à un mode plutôt papillon créatif à la table de ta cuisine, par exemple, ou sur ton canapé.
- Speaker #0
Oui, il y a ça. Et puis après, il y a le fait, sur une même année aussi, de vraiment changer. C'est-à-dire que j'ai vraiment des mois très oisifs où je bosse 15-20 heures par semaine max. parce que je suis sur des moments où j'écris un nouveau documentaire je suis en train de faire de la préparation de certaines choses, je dirais qu'il y a 4 mois dans l'année comme ça et puis il y a 4 mois ultra ultra intenses, où là c'est plutôt des semaines de 70 heures faciles et c'est très intense, je sais pourquoi et puis des mois qui sont plutôt raisonnables assez équilibrés, et je connais bien ces périodes là, du coup mon niveau d'énergie change tu vois là je sais que je sors d'un mois hyper intense et là j'ai un mois devant moi très très chill il me reste encore quelques jours d'intensité mais après c'est très tranquille Merci. Et du coup, je planifie aussi mes temps de repos, de récup, ou alors des moments où je vais être en pleine énergie, où je vais essayer de ne pas du tout boire une seule goutte, de ne pas trop faire d'écart. Et je suis en bien meilleure forme. Et ça se peut bien.
- Speaker #1
C'est génial parce qu'au final, tu as réussi, en apprenant à te connaître au fil du temps, tu as réussi à te créer ton propre système interne. Et du coup, tu arrives à détecter. Là, par exemple, tu vas pouvoir te poser un petit peu plus sur le mois qui arrive, au moment où on enregistre. mais peut-être après tu vas renchaîner sur un mot un petit peu plus intense avec de la promo etc et donc tu vas adapter tes routines peut-être tes routines alimentaires tes routines sportives tes sorties etc aux objectifs que tu t'es fixé en fait professionnellement parlant ouais
- Speaker #0
y'avait pas besoin et après on va faire autre chose si t'acceptes ça parce que parfois quand t'es indépendant t'as ce sentiment de culpabilité de ah j'ai pas bossé ouais mais en fait y'a rien à faire c'est pas grave et juste si tu acceptes ça et tu te connais et tu arrives à gérer ton année je trouve que c'est beaucoup plus puissant et tu ne culpabilises pas c'est-à-dire que quand c'est le temps de repos tu te reposes vraiment et quand tu bosses vraiment si tu bosses vraiment tu n'es pas là pour faire semblant et
- Speaker #1
puis c'est tout un mécanisme à déconstruire le présentéisme derrière son bureau mais c'est aussi quand un entrepreneur allait apprendre qu'il y a plein de façons différentes de bosser que nous, on nous a appris, c'est assis à un bureau face à un ordinateur ou sur un atelier dans une industrie ou peu importe. Mais c'est toujours un truc hyper statique, alors que moi, depuis que je mets du mouvement dans ma vie d'entrepreneur, j'ai l'impression de moins bosser à mon bureau. Mais par contre, d'un point de vue créatif, d'un point de vue opportunité et même relationnel, c'est le jour et la nuit.
- Speaker #0
Mais carrément, mais bien sûr. Et puis, je pense que ce qui est très précieux aussi, c'est de savoir prioriser, c'est-à-dire dans une tout doux d'une journée, qu'est-ce qui va me prendre deux minutes, dix, une heure ? Qu'est-ce qui va nécessiter que je sois hyper focus ou que je peux faire un peu en fin de journée ? Et du coup, de se dire, en fait, ça, j'ai que dix minutes entre deux calls, je kick cette tâche-là. Mais par contre, là, j'ai besoin d'une demi-heure ultra focus, sans dérangement. OK, mon tel est éteint, je n'ai pas Internet, je vais faire cette tâche-là. Et si tu arrives à bien segmenter un peu ta journée en fonction des tâches, là, c'est là où tu es le plus efficace et tu avances trop bien.
- Speaker #1
Oui. Alors, au niveau des priorités, je fais un petit disclaimer parce que c'est important. Il ne faut pas trier vos tâches que par rapport au temps qu'elles prennent. Il faut quand même regarder le ROI derrière. Si le but, c'est de vous perdre sur TikTok, sur Instagram ou sur votre boîte mail, ce n'est peut-être pas le truc le plus rentable, même si ça ne prend pas forcément beaucoup de temps.
- Speaker #0
Oui. D'ailleurs, un truc qui m'a libéré là-dessus, c'est de ne pas considérer les mails comme du travail. C'est qu'en fait, pour moi, je n'ai pas travaillé si j'ai juste répondu à des mails. Ce n'est pas une session de travail. Ça doit être fait dans des interstices, les mails, mais ça ne doit pas être considéré comme du travail. Parce que sinon, en fait, ça peut être infini. Tu peux passer quatre heures par jour à juste répondre à des mails ou en lire et ça ne sert à rien. Tu n'as pas avancé quand tu as fait des mails.
- Speaker #1
C'est clair. C'est très, très bien que tu en parles justement parce que... On avait fait un épisode il n'y a pas si longtemps sur Work in Process avec Laura Bokobza sur le système de veille. Et donc, on parlait des newsletters auxquels on s'abonnait et parfois, on a une quantité énorme de newsletters qu'on reçoit, qu'on a envie de lire. Sauf que, en fait, si tu prends ce temps-là pour lire toutes les newsletters, mettons, t'en reçoives 300 par jour, ça veut dire que tu acceptes aussi que ces ressources-là ne soient pas allouées à ton bien-être, au développement de ton business, à ta famille. Ok, si là il y a quelqu'un qui est en train de nous écouter encore et qui hésite à structurer son business parce que c'est un profil créatif comme toi, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Il faut le commencer juste par ce qui est vraiment important ou relou. En fait, dès lors que tu fais deux tâches, deux, trois fois la même chose, essaie de te dire est-ce que je ne peux pas le déléguer ? Est-ce que je ne peux pas m'appuyer sur un outil qui m'arrêterait d'aller plus vite ? Est-ce que je ne gagnerais pas du temps ? Et moi, je suis vraiment parti, je n'ai pas fait des process. pour faire des process mais j'ai vraiment fait des process parce que ça devenait essentiel sur certaines choses et que je pouvais pas atteindre mes objectifs sans ça c'est tout mais en fait je pense que quand t'as besoin d'être un process de te structurer ça vient assez naturellement tu le sais ou non et là je sais qu'il y a un ou deux trucs sur lesquels je devrais mettre des process et je vais y arriver je pense dans les semaines qui vont se passer Et je ne l'avais pas identifié il y a quelques mois parce que ce n'était pas un sujet. Et ça n'aurait pas eu de sens de le mettre en place il y a quelques mois alors qu'aujourd'hui, ça serait cool.
- Speaker #1
OK. Donc, ce qu'il faut retenir au final, c'est que structurer sa boîte, ce n'est pas la rendre plus rigide. Sinon, ce n'est pas dans le bon sens que vous structurez votre boîte. C'est au contraire se créer... On parlait de salle de jeu tout à l'heure. C'est de se donner un terrain de jeu un petit peu plus stable.
- Speaker #0
Oui, plus stable et peut-être même plus grand. Par exemple, YouTube, je ne le faisais pas. Je n'avais pas du tout ça. Et aujourd'hui, j'ai des process autour de YouTube. qui me permettent de faire du YouTube sans que ça me prenne de temps du tout. Parce qu'en fait, si on m'avait dit qu'il fallait que je fasse tout ce que je délègue aujourd'hui, je n'aurais pas pu le faire.
- Speaker #1
Clairement. D'ailleurs, on mettra le lien de ta chaîne dans les notes de l'épisode. Petit exercice, si tu es encore en train de nous écouter, regarde ce que tu fais dans ton quotidien. Tu prends une semaine, un mois, peu importe. Et tu réfléchis à une chose que tu pourrais commencer à arrêter de porter tout seul. Même le plus petit truc possible. Par exemple, classer tes mails. On parlait de la boîte mail tout à l'heure. Tu notes ça et derrière, tu réfléchis à la solution la plus simple pour résoudre ton problème. Exemple, pour classer tes mails, tu as des automatisations qui peuvent s'intégrer à un Gmail très facilement, qui te rangent tes mails et si tu mets un agent IA derrière, il peut même te faire la synthèse et te dire où tu dois répondre. Voilà, petite parenthèse technique, pratique, mais qu'on aime bien sur Working Process. En tout cas, Samuel, merci beaucoup. pour cette conversation, pour les coulisses que tu nous as partagées aussi sur Work in Progress. Où est-ce qu'on peut te retrouver ? Hormis YouTube, bien sûr, pour te suivre.
- Speaker #0
LinkedIn. Je n'écris pas les postes moi-même, mais c'est moi qui réponds aux messages. Donc, je pense que c'est la meilleure façon. Le billet du futur, c'est ma newsletter que j'envoie toutes les deux semaines. Et puis après, si vous voulez découvrir l'univers que vous ne connaissiez pas avant cet épisode, le mieux, c'est de regarder les documentaires parce que c'est ce sur quoi je travaille le plus et qui est le plus abouti dans ma réflexion.
- Speaker #1
Super, on mettra tout ça dans les notes de l'épisode. En tout cas, je te remercie beaucoup Samuel pour tout ce que tu as partagé et nous, on se dit à très vite dans un prochain épisode.
- Speaker #0
Merci Marine, salut.
- Speaker #1
Voilà, l'épisode est presque fini. Je voulais te laisser avec une dernière idée simple, c'est que... structuré, ça ne va pas rendre ton travail moins vivant. Ça va te donner un cadre qui te permettra de durer. Un terrain de jeu beaucoup plus stable, comme on l'a dit en fin d'épisode. Et surtout, ça va éviter que tout repose sur toi, c'est-à-dire sur ton cerveau, sur ton énergie, sur ta motivation du moment. Donc, si je devais résumer, ce que j'ai adoré dans l'approche de Samuel, c'est qu'il ne cherche pas à tout optimiser. Il cherche à être ultra clair sur ce qui compte. Avoir de l'avance et à déléguer le reste de façon fluide. D'ailleurs, tu l'as bien vu, il va aller déléguer des choses où lui, en tout cas, il ne se sent pas particulièrement bon. Ou des choses où il ne sent pas qu'il a une grosse valeur ajoutée dessus. Et il va chercher les profils experts qui vont aller combler ça. C'est ce qui les rend complémentaires et si puissants. Et c'est exactement ça pour moi une organisation qui respecte la créativité. C'est un système qui va venir protéger l'élan au lieu de l'écraser. Avant de te laisser, je te propose un dernier micro-pas. Choisis une chose que tu portes encore tout seul au quotidien, même un détail bête. Et pose-toi la question, c'est quoi la solution la plus simple pour arrêter de la garder dans ma tête ? Ça peut être une checklist, une automatisation, une délégation, un rituel, un truc léger. Mais par contre, il faut que ça soit concret. Et bien sûr, tu vas pouvoir retrouver tous les contacts de Samuel dans la description de cet épisode. Donc, ses liens, ses réseaux sociaux, sa chaîne YouTube et même ses documentaires. Nous, on se retrouve très vite dans un prochain épisode de Work in Process. Merci d'avoir écouté Work in Process. Si l'épisode t'a parlé, pense à t'abonner pour ne rien manquer. Et si tu veux aller plus loin, rejoins ma newsletter. Je t'y partage chaque semaine des ressources pour construire un business durable. Sans t'oublier, tous les liens sont en description. A très vite !