- Speaker #0
« Zenith, et si le vrai vous n'avait jamais eu le droit d'exister jusqu'à maintenant ? » Fabie Ratrifi
- Speaker #1
Bienvenue dans Zenith. Zenith, c'est la rencontre du zen, l'esprit, et du hit, le corps en mouvement. Atteindre son Zenith, c'est aligner votre être intérieur et votre vie extérieure pour expérimenter votre vie. Exprimez votre vérité la plus haute. Je m'appelle Sabira Trifi, coach, mentor et fondatrice de Zenith. Ici, nous explorons comment libérer ce qui est déjà en vous et activer ce potentiel pour qu'il prenne toute sa place. dans le monde. Chaque semaine, en solo ou avec des invités inspirants, je vous partage des clés, des perspectives et des expériences pour dépasser vos blocages, vous autoriser vos choix et incarner pleinement votre vision. Parce que tout changement durable commence à l'intérieur.
- Speaker #2
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Zenith. Aujourd'hui, je suis ravie de vous retrouver pour ce dernier épisode de la saison 1. Et pour ce dernier épisode, j'avais envie d'utiliser un format un peu différent, celui d'un échange avec une amie proche qui connaît très bien mon travail. Bonjour Emmanuelle.
- Speaker #3
Bonjour Samira.
- Speaker #2
Alors Emmanuelle, j'avais envie pour clôturer cette première saison d'être plus en vérité, d'être dans... Ce désir d'authenticité, parce qu'il y a un sujet qui me tient particulièrement à cœur, que les auditeurs auront parfaitement intégré tout au long de cette saison, c'est l'alignement. Donc l'alignement, c'est un sujet qui me semble important, particulièrement à notre époque, et j'avais envie de tester ce format avec toi, d'un échange entre deux amis, ouvert aux gens qui sont intéressés par cette thématique. C'est pas super, mais...
- Speaker #3
Qu'est-ce que représente l'alignement pour toi ? Tu nous en dis un peu plus du coup.
- Speaker #2
Alors l'alignement, c'est un sujet qui m'importe beaucoup parce que pour moi c'est peut-être une des premières causes de souffrance chez un être humain. Ce sont des alignements. Donc c'est quoi pour moi l'alignement ? C'est la capacité qu'on a tous en tant qu'adultes à grandir en restant fidèles. À l'être singulier que nous sommes au départ, lorsque nous étions enfants, c'est d'être cohérent, qu'il y ait une cohérence entre notre nature intrinsèque de départ et notre vie d'adulte. C'est la cohérence qu'il y a entre notre, on pourrait parler de chemin d'âme, et ce que nous faisons dans notre vie, très concrètement.
- Speaker #3
Parce que pour toi, on ne fait que s'éloigner de ça,
- Speaker #2
en fait. Parce qu'en fait, je...
- Speaker #3
En grandissant, les influences, tout ce qui peut nous détourner de ça, c'est ça que tu veux dire ?
- Speaker #2
C'est ça. C'est que j'ai découvert que, déjà dans ma propre expérience personnelle, puis ensuite dans celle de toutes les personnes que j'ai accompagnées, d'abord en tant qu'éducatrice en prévention d'indélinquance, puis ensuite en tant que coach thérapeute et d'autres casquettes encore d'accompagnement, mais j'ai vraiment découvert que... Lorsqu'un être humain s'éloigne de sa sensibilité, de sa véritable nature, on va appeler ça comme ça, de sa véritable personnalité, et qu'il rentre dans une quête d'adaptation pour répondre aux exigences d'une famille, d'une société, à des normes très déterminées, plus on s'éloigne de ça, plus on s'adapte. Puis en fait, après, on ne s'adapte plus, on se suradapte. Donc on est vraiment au-dessus de notre capacité d'adaptation. Donc on est dans un espèce de stress chronique parce qu'on essaye de tenir un rôle qui, fondamentalement, n'est pas qui nous sommes vraiment.
- Speaker #3
Ça, tu l'as vécu, toi ? Ça fait partie de ton parcours, d'avoir eu besoin, à un moment, justement, de te réaligner, de te retrouver ? Tu t'étais un peu perdue ?
- Speaker #2
Ouais, moi, je pense que mon histoire... Alors, on est tous différents, mais finalement, je me rends compte, avec le temps, qu'on est quelque part aussi, à différents degrés, tous semblables. Moi, j'ai eu... En fait, j'ai été vers l'alignement parce que c'était une nécessité pour moi. C'était une nécessité... Je dirais même que c'était un mouvement de survie parce que... Pour moi, sa prise de forme-là, chacun le placera pour lui. Mais moi, je suis née dans une famille d'origine algérienne, musulmane, avec des valeurs merveilleuses, mais en même temps, du coup, un schéma d'éducation, de projection pour ses enfants. Donc, chacun a eu le sien. Moi, mon schéma, c'était « on attend de toi » . C'était implicite, bien sûr. Les choses ne se sont jamais dites explicitement. En gros, mes parents, comme les parents de toute la planète pratiquement, à part les gens qui sont très éveillés, mais mes parents, en fait, ont voulu projeter sur moi leur système de valeurs, donc leur système de croyances, leurs attentes, etc. Et je pense que si j'avais suivi le schéma, globalement, j'aurais été quelqu'un qui aurait dû faire de longues études, qui aurait dû... Se marier avec quelqu'un qui, potentiellement, partageait la même culture que moi, les mêmes aspects religieux. Et finalement, en fait, ce qui est très difficile, c'est quand, et encore une fois, chacun l'a vécu à sa façon. J'ai connu une personne au lycée qui, elle, avait les parents qui étaient médecins, qui avaient, du coup, un système de croyance, tu vois, une idéologie. qu'ils projetaient aussi sur leurs filles. Et elle, en fait, rejetait ça en bloc parce qu'en fait, elle ne se reconnaissait pas du tout dans le système de valeurs de ses parents. Et je pense qu'en fait, si on regarde tous, on est tous concernés par ça. À un moment donné, tous, en fait, on ne se reconnaît pas dans le système de valeurs de nos parents, dans leur façon d'envisager le monde, de ressentir le monde. Mais en fait, quelle que soit notre culture, après, c'est plus ou moins ancré, c'est plus ou moins facile de s'en sortir. Les attentes qu'on a vis-à-vis d'un enfant, qu'elles soient au niveau de la culture, de la religion, du comportement, de la société, etc., c'est très fort sur un enfant. Ça vient déterminer beaucoup de choses pour une raison simple. C'est qu'un enfant, il va toujours être partagé entre son désir d'authenticité, parce qu'un enfant, c'est authentique par nature, et son besoin de préserver son attachement. avec ses parents parce que son attachement à ses parents, c'est sa sécurité, c'est sa survie. Et ce qui est très touchant, et du coup qui a aussi des conséquences importantes pour nous en tant qu'être humain, c'est que l'enfant, il choisira toujours de renoncer à son authenticité pour sauver l'attachement qu'il a à ses parents et donc pour sauver sa survie.
- Speaker #3
Oui, parce qu'il veut faire écho aux attentes de ses parents.
- Speaker #2
Exactement, exactement, parce qu'il sait... fondamentalement que sa sécurité est dans le lien d'attachement à ses parents. Mais pas seulement ses parents. En fait, par exemple, si tu contraries une de tes maîtresses à l'école, et que, comme l'expression, tu sais, je l'ai dans le nez là. Quand un enfant a contrarié une maîtresse, puis qu'après elle l'a dans le nez, on voit bien qu'il passe une année difficile. Donc la sécurité devient insécurité. Donc, comme les enfants sont très intelligents, ils vont vite comprendre. que si on veut rester en sécurité, il va falloir répondre aux attentes de l'environnement. Et j'allais dire, c'est presque...
- Speaker #3
C'est ce que tu appelles la suradaptation.
- Speaker #2
Ouais, exactement. Et c'est un peu le gros piège, en fait, de notre condition d'être humain. Parce que du coup, le problème, c'est que plus tu te rapproches des attentes des autres, plus tu t'éloignes de toi-même. Plus tu t'éloignes de toi-même, plus, en fait, tu as l'impression que ta vie n'a pas de sens. Tu ne te sens pas bien dans ce que tu fais, parce qu'en réalité, ce que tu fais n'a rien à voir avec qui tu es fondamentalement. Et tu vas comme ça créer ta vie. En t'éloignant de qui tu es vraiment. Et puis on se demande après, mais c'est marrant, pas beaucoup de joie, pas beaucoup d'enthousiasme, tu vois, chez les adultes. Mais parce qu'en fait, les adultes, ils se sont perdus. Complètement. Éloignés de l'enfant qu'ils étaient. Et comme, tu sais, on a accepté ces règles du jeu, parce qu'on n'a pas eu le choix, on va devenir, tu sais, c'est souvent comme ça. Quand on ne se rebelle pas. Et qu'on accepte des conditions qui, fondamentalement, ne sont pas justes. Mais quand t'es enfant, tu prends ce que t'as. T'es pas dans de la philosophie.
- Speaker #3
Et tu crois t'aligner sur les valeurs de tes parents.
- Speaker #2
Exactement. Tu remets pas en cause, en fait, ce que tes parents te disent. Tu fais, Sauf qu'en fait, parce que nous, on s'est infligé ça, on va devenir les garants de cette prison pour nos enfants. C'est-à-dire qu'il y aura quelques personnes qui auront fait un travail sur elles et qui se seront d'une certaine façon extraites, tu vois. parce qu'elles auront conscientisé ces schémas. Mais beaucoup d'entre nous, tu sais, vont être amenés à reproduire en se disant « mais attends, c'est bon, moi j'ai fait ça, tu le fais » et puis tu ne poses pas de questions. Et donc, en fait, comme ça, on reproduit de génération en génération une société qui trouve normal de conditionner des êtres qui sont tous singuliers, tous uniques, en un espèce de modèle unique, en fait, qui répond aux mêmes règles. Et en fait, tu le regardes, ça commence à la maison, mais après ça va à la crèche, à l'école maternelle, puis à l'école primaire. Et en fait, après, c'est ton manager. C'est intéressant, je trouve, parce que moi, maintenant, je travaille dans le monde de l'entreprise. Et finalement, c'est quoi le monde de l'entreprise quand on regarde ? C'est la continuité du monde de l'école.
- Speaker #3
Vous vous déformatez à nouveau.
- Speaker #2
Exactement. On attend des choses de toi. Avant, c'était ta maîtresse qui te faisait des feedbacks. Maintenant, c'est ton manager. Et c'est toujours la même chose, finalement.
- Speaker #3
Et toi, à quel âge tu as entendu la petite voix qui t'a dit « ça sonne faux » ? Je ne sais pas, comment tu t'es rendue compte que tu n'étais pas alignée ?
- Speaker #2
Alors moi, en fait, comment je me suis rendue compte ? Moi, c'était très petite, très petite. J'étais quelqu'un qui avait une très grande sensibilité et j'avais l'impression d'une pièce de théâtre qui était très mal jouée. En fait, c'était très bizarre. Tout ce qui n'était pas dans l'ordre des choses. semblait dissonner à mon oreille. Et donc, en fait, j'avais l'impression d'une dissonance. Vraiment, tu sais, comme quand tu regardes une pièce de théâtre ou un film, mais c'est tellement mal joué que tu n'arrives pas à rentrer dedans. Tu vois, c'est un peu ce truc-là. Je sais que c'est catastrophique quand tu regardes un film comme ça. Tu te dis, ouais, ça va être long. Mais là, en fait, c'est un peu le sentiment que j'ai eu. Je me suis dit, ah, c'est trop difficile. Tu as vu ce truc qui sonnait fou ? Ah oui, ah oui.
- Speaker #3
Mais c'était quoi ? C'était dans l'attitude de ta mère ou c'est toi qui...
- Speaker #2
Non, non, c'était dans l'attitude de tout le monde. C'était... Par exemple, des attentes que pouvait avoir mon père vis-à-vis de notre comportement ou de valeurs qu'il souhaitait, qu'il exigeait de nous et qu'il n'était pas capable, par exemple, de les assumer lui-même. Tu vois, un discours... Pas ce que je dis,
- Speaker #3
mais pas ce que je fais. Ouais,
- Speaker #2
c'est ça. Et en fait, finalement, tout était comme ça. C'est-à-dire qu'il y a comme une dissonance entre ce que je dis, ce que je fais. Et puis même la logique qu'on aimerait t'imposer, le bon sens qu'on aimerait t'imposer, mais quand on a un enfant, on est sensible à l'énergie et on sent en fait que ce bon sens, en fait, il repose sur rien. Tu vois que c'est ça. Et puis le fait d'avoir des parents qui ont des grandes qualités, mais qui souhaitent maintenir un schéma d'éducation, alors que tu vois bien qu'ils ne sont pas heureux, par exemple. Et tout ça, ajouté les uns aux autres, ça te... tu te rends compte que le monde des adultes, il est dissonant, quoi, et qu'il y a un problème. Et donc, en fait, moi, j'ai grandi avec ça. Ça a été, du coup, très difficile pour moi. Ça a été très, très, très compliqué pour moi. J'ai eu besoin d'accompagnement. C'était une grosse, grosse souffrance, quoi. J'avais vraiment l'impression d'être dans un univers qui n'avait pas de sens profond. Et en fait, j'avais en même temps le sentiment que quelque chose de plus grand, c'est vraiment l'histoire de la pièce de théâtre. C'est-à-dire... J'avais le sentiment que c'était une pièce de théâtre qui était mal jouée, mais derrière chaque pièce de théâtre, il y a un monde réel, tu vois. Et donc je sentais qu'il y avait quelque chose de beaucoup plus réel, mais auquel je n'avais pas accès. Et donc en fait, je dirais que ma quête de compréhension du monde, du sens de la vie, du sens de l'existence, elle a commencé toute petite, parce que justement j'avais besoin de trouver, tu sais on parle de permanence et d'impermanence, j'avais besoin de trouver un sens. Un sens qui était réel, tu vois, qui était permanent, quelque chose qui avait du sens mais qui dépendait pas d'une météo, de quelque chose de changeant. J'avais besoin de trouver, mais pourquoi on est sur Terre par exemple ? Que est-ce qu'on fait là ? C'est pas... Faire ses études, se marier, avoir un chien, une piscine, et puis voilà, t'arrives jusqu'au bout de ta vie, t'es frustrée, mais t'as fait ton taf, quoi. Ça pouvait pas être ça. Donc je me disais, si c'est pas ça, c'est quoi ? Parce que c'est ce qu'on nous vend. Donc ça, ça a été la première chose. Puis après, si moi, je ne suis pas ça, si je ne suis pas résumée au petit personnage, à la petite fille qui est née dans une famille algérienne, de confession musulmane, dans une fratrie, vraiment, où j'ai été extrêmement à la fois heureuse et à la fois en souffrance, comme... toute famille. Je veux dire, personne n'a vécu... On a tous eu notre part de joie et de souffrance, moi aussi, bien sûr. Mais j'avais besoin de trouver un sens beaucoup plus profond à nos existences. Ça, c'était fondamental.
- Speaker #3
Un souvenir précis, une image, un déclic, ça c'est... Comment ta vie a basculé ? Comment l'alignement est devenu aussi important pour toi ?
- Speaker #2
Alors, l'alignement, c'est venu assez tard. Ce terme, je ne le connaissais pas. Je sentais que... Moi, je parlais plus de dissonance. Tu vois, en grandissant, quand je suis devenue jeune adulte, il y avait des trucs, ça semblait faux, quoi. Mais même, tu sais, c'est tout bête, mais les sorties en boîte, les faux sourires, les fausses conversations, je me disais, mais c'est quoi tout ça ? Enfin, ça paraît vide de substance, quoi. Tout a l'air... On a vraiment un jeu d'acteur, quoi. Et du coup, la question de l'alignement... C'est venu à une période un peu où j'ai été dans une période de transition, je pense de crise identitaire. Ça a commencé je pense en 2016. En 2017, j'ai découvert cette formation dans l'alignement neuro-émotionnel, dont j'ai déjà parlé je pense sur peut-être les réseaux, et où vraiment là j'ai découvert le concept d'alignement neuro-émotionnel, c'est-à-dire aligner... Alors là, on parle du subconscient, du mental et du corps en direction de ses objectifs pour effondrer les mécanismes d'autosabotage. Aujourd'hui, je rajouterai la dimension de l'âme, parce que je pense qu'on a une raison d'être sur Terre. Et donc cet alignement, tu vois, cette cohérence, c'est le fruit d'un travail. Et elle suppose en fait de se libérer de plein de choses.
- Speaker #3
Et c'est ça qui fait que les gens préfèrent regarder ailleurs et pourquoi c'est aussi dur de s'aligner ?
- Speaker #2
Oui, c'est ça, parce que ça demande déjà de vouloir regarder la réalité en face. Ça demande aussi, des fois j'ai des chefs d'entreprise qui me disent « mais moi je ne suis pas à ma place, mais je ne peux pas faire marche arrière » . J'ai tellement, j'ai combien de gens qui m'ont dit ça ? J'ai tellement souffert.
- Speaker #3
Pourquoi ils ne le font pas ? Toi qui les as observés dans des contextes différents.
- Speaker #2
Je le comprends pourquoi ils ne le font pas, parce que moi j'ai eu du mal à le faire aussi. Je pense que ça demande un courage vraiment important. Imagine, tu as fait, je dis n'importe quoi, dix ans d'études, sept ans d'études. Je dis n'importe quoi, ingénieur, médecin, ce que tu veux. Et puis tu te rends compte qu'au bout de ton chemin, tu commences à travailler et puis t'es pas heureux. Et tu réalises finalement que t'es pas heureux parce que c'est jamais ce que t'as voulu faire. Mais t'as quand même capitalisé, t'as bossé, tu t'es sacrifié, tu t'es accroché avec les ongles pour avoir ce diplôme. C'est hyper dur, enfin t'arrives au sommet de ta montagne. Je mets des guillemets bien sûr, mais quand même. Et en fait, quand tu goûtes à ça, moi-même je l'ai fait dans mon parcours, des prises de conscience qui arrivaient au moment où j'étais arrivée là où je voulais arriver, et qui remettaient tout en cause. Et je me disais, ah non, pas maintenant ! C'est le moment où je ne vais pas ouvrir les yeux, je peux enfin profiter de tout ce que j'ai mis en place. Et en fait, tes prises de conscience, elles s'imposent à toi. C'est-à-dire qu'elles ne viennent pas au moment où tu as envie qu'elles viennent, elles viennent au moment où elles viennent. Et donc, tu n'as qu'une seule solution, c'est où ? De te confronter au tsunami. Tu vois, par exemple, la crise de conscience, ça peut être n'importe quoi. Je ne suis pas avec la bonne personne. Je ne suis pas avec le bon mari, la bonne femme. Je ne suis pas dans la bonne ville. Je ne fais pas le boulot qui me ressemble. Enfin, tu vois, ça peut être plein de choses. Mais du coup, ça demande un courage énorme.
- Speaker #3
Parce qu'il faut détruire ou renoncer.
- Speaker #2
C'est ça, il faut déconstruire. Et déconstruire, ça demande du courage. Déconstruire, ça demande de se confronter à l'inconnu. Et on n'est pas nombreux. On a été conditionnés pour... Pour ne plus aimer l'inconnu, pour être dans des vies, tu sais, prédictives, où on peut prédire que dans cinq ans, j'ai fini mon prêt immobilier. Tu vois, toutes ces choses qui font que demain, je peux prévoir demain. Il y a quelque chose qui est extrêmement rassurant là-dedans, mais du coup, qui nous coupe du vivant. Vraiment. Et pour pouvoir le faire, il faut être sécure à l'intérieur de soi. Donc, il faut faire un chemin à l'intérieur de soi pour trouver la sécurité en soi, en fait, pour réapprendre à se faire confiance. Quand t'es petit, t'as cette folie-là. J'allais dire sécure par nature. Alors, les gens diraient oui, sécure et inconscient. Oui, peut-être. Mais sécure et inconscient, ça permet quand même d'expérimenter des choses. Tout n'est pas à jeter. Les enfants, ils se lancent dans la piscine, ils ne savent pas nager. Tu vois, ils se lancent sur la route parce que d'un coup, ça leur vient à l'esprit. Ils vont se mettre sur un poney alors que l'animal est géant pour eux.
- Speaker #3
Parce qu'ils n'ont pas de peur.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #3
Mais c'est ça qui nous éloigne de cette possibilité de s'aligner.
- Speaker #2
C'est ça. Les peurs, les loyautés aussi, qu'on a conscientes et inconscientes. Les loyautés des fois qui sont toxiques. Les conditionnements aussi. Les culpabilités, les charges émotionnelles, les traumas, les croyances. En fait, tu te rends compte que dans cette liberté, cette liberté a été contrariée par... Moi je dis souvent qu'on est dans une prison avec des barreaux invisibles, c'est-à-dire qu'on a tous un potentiel en nous qu'on avait dès le départ et qui est contrarié par nos expériences de vie, nos croyances, nos traumas, les conditionnements de la société, tu vois, les attentes des uns et des autres, l'image. Ah là là, je me sens une personne qui m'a dit « qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? T'es pas souriante » . Et moi j'adore quand tu souris, t'es quelqu'un de solaire, mais souris, souris, mais j'ai pas besoin. de m'enfermer dans une étiquette de fille solaire, souriante tout le temps. Je veux dire, je suis comme chaque être vivant, quoi. Avec des moments où t'as envie de sourire, des moments où t'es triste, des moments où t'es en colère. Pourquoi me réduire à ça ? Et en fait, il y a énormément d'étiquettes, de traumas, de barreaux invisibles qui font qu'en fait, on est pétrifié à l'idée de sortir de notre cage aux barreaux invisibles.
- Speaker #3
Pourtant, aujourd'hui, on voit de plus en plus de gens qui n'ont pas de filtre. C'est une expression qui revient souvent. Donc ça, pour toi, c'est des gens qui essayent de sortir justement de ce carcan d'éducation ? Ou c'est un phénomène de mode ? C'est quoi pour toi, ces gens-là ?
- Speaker #2
Ça dépend. Je pense qu'il y a des gens qui sont là, pas de filtre. Je pense qu'il y a des gens qui sont là pour faire le buzz, parce qu'on est dans la société du buzz. Moi, c'est maladroit. Oui, voilà.
- Speaker #3
Ça sonne faux, souvent.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. En fait, je pense que chacun est animé d'une intention qui lui appartient. Je pense que tout le monde a compris. Que tu sais, la publicité, en fait, c'est faire parler de soi en bien ou en mal. Si tu regardes, il y a quelqu'un qui l'a dans la face sur les réseaux sociaux qui parlait de la famille Kardashian, en fait, elles ont fait parler d'elle, peu importe en bien ou en mal, mais on a fini par retenir leur nom. Et je pense que beaucoup sont sur ce créneau-là. C'est-à-dire, je veux faire parler de moi quoi qu'il m'en coûte, parce que mon but, c'est d'atteindre une forme de notoriété, de célébrité, etc. Moi, je ne parle pas du tout de ça, là. Oui, ça n'a rien à voir avec l'alignement, c'est vraiment intime. Ah oui, l'alignement c'est intime, et puis ton alignement n'est pas le mien, ne sera pas celui d'une autre personne. Donc en fait, l'alignement c'est... En fait, dans la phrase être humain, ou dans le mot être humain, tout est dit. C'est-à-dire qu'on est des êtres avant d'être des humains. Donc on a une raison d'être, on a une nature d'être, avant d'être incarné. Tu vois, avant d'être dans la matière. Et la question c'est... Je pense qu'on en a déjà parlé beaucoup toutes les deux. On en voit plein des gens qui ont réussi dans la matière, donc en termes, on va dire, en tant qu'humains. Tu vois, ils cochent les bonnes cases, super voiture, tu vois, super maison. Est-ce qu'ils sont heureux ? Non, parce qu'ils ne sont pas du tout reliés à la raison d'être. Et donc, dans cette phrase « être humain » , on n'est pas des fers humains, on n'est pas des humains-êtres, on est des êtres humains, et ça a un sens en fait. Mais comme tout nous ramène... à la matérialité, au faire et à l'avoir, on se dit qu'il suffit, juste comme on a appris à faire ça toute notre enfance, de mettre un mouchoir sur ce qu'on ressentait, je vais mettre un mouchoir sur ce que me dit mon être profond. Sauf qu'en fait, ça nous rattrape. Et moi, ce que je vois beaucoup, c'est pour ça que j'avais vraiment envie qu'on puisse faire cette série d'émissions ensemble, ce que je vois beaucoup, c'est qu'il y a un prix à payer. C'est-à-dire qu'on arrive à tenir cette contradiction un certain nombre d'années. On peut aller très loin comme ça. Mais en fait, tous, à un moment ou à un autre, la facture se présentera. C'est-à-dire que l'univers présente sa facture. Toute contradiction a un prix à payer. Et en fait, je le vois, moi, c'est symptômes, maladies, dépressions, burn-out, tout ça, quoi.
- Speaker #3
Donc ça, pour toi, c'est un problème d'alignement.
- Speaker #2
C'est d'abord un problème d'alignement. Parce qu'une personne qui est alignée, qui est vraiment... Et l'alignement, c'est exigeant. C'est pas offert à tout le monde, pour une raison. C'est que notre alignement, il change tout le temps. Tu vois, en fait, on change à notre insu. On ne choisit pas de changer. Des fois, on se dit, c'est fou, j'adorais faire ça, puis là, je n'ai plus du tout envie. Tu vois, ça s'impose, on remarque qu'on change à notre insu. Donc, notre système de valeurs change à notre insu. Et donc, ça veut dire qu'en fait, mais tout simplement parce qu'on est vivant, en fait. Donc, c'est quand même une bonne nouvelle au départ, mais ce n'est pas facile. J'ai souvent dit ça parce que c'est une phrase qui m'a bouleversée d'une thérapeute un jour qui m'a dit ça pour moi. Elle m'a dit, vous savez, Sabira, le plus dur dans la vie, c'est d'accepter le mouvement de la vie en soi. Parce que quand on accepte le mouvement de la vie en soi, ça nous engage, ça nous responsabilise par rapport à des choix qu'on a à faire dans notre vie. Et donc, ce courage-là, il demande de la conscience, il demande de l'énergie, il demande des efforts, il demande des moyens. Et tout le monde n'est pas d'abord candidat à ça, ensuite prêt à ça, et tout le monde n'est pas dans la saison où il peut faire ses choix-là. Donc l'alignement, c'est exigeant.
- Speaker #3
Tu as un conseil à nous donner ? Pour voir si on est aligné ou si on croit l'être et qu'on ne l'est pas du tout ?
- Speaker #2
Alors ouais, il y a quelque chose que je fais beaucoup avec mes clients qui est intéressant, c'est déjà, si vous avez du mal à vous lever le matin, que vous n'avez pas d'énergie, que vous marchez à recul, on a tous vécu ça, que vous manquez d'appétit, de joie, etc. Ça, c'est les symptômes d'un désalignement. C'est les premiers symptômes, avant les symptômes physiques, avant la maladie, avant tout ça. Donc déjà, ça, ça doit vous interpeller. Et ensuite, la question, c'est de pouvoir se mettre dans un état modifié de conscience, où on se détend profondément, un peu comme un état méditatif, tu sais, où vraiment tu peux utiliser la cohérence cardiaque pour ça. Où vraiment tu te détends, tu remets ton corps dans un système nerveux détendu, et ensuite tu te connectes à ton cœur, tu écoutes ton cœur. Qu'est-ce qu'il y a aujourd'hui ? Aujourd'hui, pas seulement aujourd'hui jeudi, mais qu'est-ce qu'il y a aujourd'hui dans ma vie, à la période de ma vie dans laquelle je suis ? Qu'est-ce qui demande à venir au monde ? Qu'est-ce qui me rendrait heureuse ? Et en fait, c'est marrant. Tout le monde n'y arrive pas du premier coup parce qu'il y a des gens qui ont mis un voile sur leur cœur depuis des années. Donc, ils me disent « Mais moi, je n'entends rien, je ne sens rien. » Oui, mais parce que vous êtes tellement coupé de votre monde intérieur qu'il va falloir maintenant... Tu sais, c'est comme quelqu'un que tu n'aurais pas calculé pendant dix ans. Et puis d'un coup, tu t'intéresses à lui, il n'aura peut-être pas envie de te parler là maintenant. Enfin, tu vois ? Donc, en fait, il... Il faut accepter, en fait, quand on a rompu le lien avec quelque chose, même une part de nous, il faut accepter que ça reprend du temps. Donc du coup, pour ceux qui arrivent du premier coup, écoutez, tiens, qu'est-ce qui me rend heureuse aujourd'hui ? Et en fait, ça va venir sous forme d'images, de phrases, ça va venir sous forme d'émotions, de joie. Il y a des choses qui vont venir. Et regardez, est-ce que ce qui vient a de la place aujourd'hui dans votre vie ?
- Speaker #3
Bon, super, merci.
- Speaker #2
Donc ça, c'est un très bon exercice. Et après, pour terminer ça... Regardez. Si aujourd'hui ça n'a pas du tout de place dans votre vie, je peux en mettre des fragments. Par exemple, la dernière fois que j'ai fait ça, c'était pas la dernière fois, mais la fois où ça a été le plus fort pour moi, ce qui était ressorti, c'est la nécessité d'avoir des activités avec de l'expression artistique, où j'avais besoin d'exprimer. Après avoir fait cet exercice, je me suis inscrite à des cours de théâtre. J'ai revu ma vie. à l'aune de ce que voulait mon cœur. Et d'un coup, l'énergie est revenue, l'alignement est revenu, je me sentais plus légère. J'avais une présence plus joyeuse, plus aimante à la maison parce que je n'étais pas dans la seule nécessité de contrarier ma nature pour répondre à mes engagements. J'acceptais pour une fois, depuis plus de dix ans, de faire un peu de place pour ce que voulait mon cœur dans ma vie. C'est ce que je dirais.
- Speaker #3
Super. Merci.
- Speaker #2
Merci Manon.
- Speaker #3
Et pour la prochaine saison, alors, tu as des idées ? Qu'est-ce que tu vas amener comme nouveau thème ?
- Speaker #2
Oui, j'aimerais vraiment qu'on continue ce format, plus sincère, plus authentique, parce que je pense qu'on appartient tous à la même humanité, donc c'est bien qu'on puisse aussi parler de choses très concrètes qui sont exprimées dans ma vie ou dans celles de mes clients. Et puis, le sujet qui m'intéresse, c'est comment est-ce qu'on peut être heureux, se libérer ? Être libre d'être qui on est, c'est le gros sujet. Et donc je pense que j'alternerais entre des invités experts et puis des solos avec toi si la vie le veut bien. Avec plaisir. Merci beaucoup.
- Speaker #3
A bientôt alors.
- Speaker #2
Merci Manu pour ce nouveau format. A très bientôt à tous les auditeurs. Je vous souhaite un merveilleux été. Merci d'avoir écouté cet épisode. Pour soutenir Zenith,
- Speaker #1
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