- Speaker #0
Zenith, et si le vrai vous n'avait jamais eu le droit d'exister jusqu'à maintenant ? Sabira Trifi
- Speaker #1
Bienvenue dans Zenith. Zenith, c'est la rencontre du zen, l'esprit, et du hit, le corps en mouvement. Atteindre son Zenith ? C'est aligner votre être intérieur et votre vie extérieure pour exprimer votre vérité la plus haute. Je m'appelle Sabira Trifi, coach, mentor et fondatrice de Zenith. Ici, nous explorons comment libérer ce qui est déjà en vous et activer ce potentiel pour qu'il prenne toute sa place dans le monde. Chaque semaine, en solo ou avec des invités inspirants, je vous partage des clés, des perspectives et des expériences pour dépasser vos blocages Vous autorisez vos choix et incarnez pleinement votre vision. Parce que tout changement durable commence à l'intérieur. Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour cette nouvelle émission de Zenith. Alors, avez-vous déjà eu l'impression d'étouffer dans une case trop étroite ? Dans une société qui nous somme de choisir une seule étiquette pour être crédible, certains refusent de se fragmenter. Aujourd'hui, nous explorons comment s'autoriser à être multiple sans se trahir. Mon invité navigue entre les plateaux de cinéma, la gestion de conflits et l'accompagnement humain. Nous allons voir comment transformer des épreuves de vie en une véritable pulsion de création. Bonjour, Hubert Mion.
- Speaker #2
Bonjour Sabira.
- Speaker #1
Hubert, je suis ravie de te retrouver aujourd'hui pour cette émission. On nous apprend souvent qu'il faut être une seule chose pour être crédible. On a cette idée reçue que pour réussir, il faut concentrer toute son énergie dans une seule direction. Et pourtant, ton parcours prouve le contraire. On peut se réaliser pleinement en laissant place à toutes nos différentes facettes. Peux-tu nous partager, Hubert, ton parcours ? J'imagine que cela s'est fait progressivement.
- Speaker #2
Oui, parcours effectivement riche, je dirais. Je pense qu'on est nombreux comme ça, mais parcours riche. Moi, je viens d'une famille nombreuse. Je suis le dernier de cinq enfants. On a vécu à droite à gauche, on a fait pas mal d'aménagés pour le travail de mon père. Et puis ensuite, je me suis petit à petit lancé dans ma vie d'adulte, une fois que collège... et lycée étaient passés. Professionnellement, j'ai démarré par une école de commerce. Ensuite, j'ai travaillé en tant que salarié en entreprise, dans des grandes entreprises. M6 et LVMH, pour ne pas les citer. Et ensuite, j'ai eu besoin de me... On en reparlera sûrement, mais j'ai eu besoin de me réorienter. J'ai eu besoin de redonner un sens et puis un souffle à ce que je faisais. Mais oui, mon parcours, il s'est jalonné de plusieurs étapes et de plusieurs carrefours surtout, que j'ai pris et sur lesquels il a fallu prendre des décisions aussi, quel chemin prendre à chaque carrefour.
- Speaker #1
Alors justement, peut-être on peut déjà dire ce que tu fais aujourd'hui, donc être un peu plus précis. Aujourd'hui, tu es comédien, donc on te trouve sur les plateaux de cinéma, de théâtre.
- Speaker #2
Exact. Exactement, j'ai une multiple activité effectivement, donc comédien, théâtre, télé, cinéma. En fait ça fait 15 ans que j'ai créé un peu cette multiple activité, donc comédien, ensuite médiateur, accompagnement à la résolution de conflits, en entreprise, la médiation est un domaine assez large, il y a beaucoup de choses, mais moi c'est en entreprise. Et puis après formateur coach, en entreprise également et également pour des particuliers.
- Speaker #1
C'est vraiment inspirant parce que tu t'es autorisé, et c'est vraiment quelque chose qui m'intéresse beaucoup chez toi et qui m'inspire beaucoup chez toi, à exprimer tes multiples facettes. Mais j'imagine, voilà, ça c'est ta réalité aujourd'hui, c'est celle que tu as créée ces dernières années, mais certainement que tu n'as pas commencé comme ça. C'est l'aboutissement déjà d'un chemin.
- Speaker #2
Alors oui, l'aboutissement d'un chemin. Alors déjà, je n'ai pas l'impression d'avoir abouti à quoi que ce soit. Exactement, c'est un vrai point d'étape. Oui parce que tu parles de s'autoriser, c'est effectivement ça. Je l'ai fait un peu peut-être inconsciemment ou même parce que j'étais inconscient. J'expliquais mon parcours tout à l'heure quand j'ai terminé ma vie de salarié on va dire en entreprise. Au bout de dix ans de salariat moi j'ai terminé, je suis désolé je ne suis pas très original, je n'étais pas le premier, je ne serais pas le dernier mais en burn-out. D'accord. Voilà, ça a été, j'allais dire une explosion, plutôt une implosion, où je sentais, j'ai bien écouté ton introduction, où tu parlais d'étouffer dans un carcan un peu trop serré. Ben c'était ça en fait. Il y avait un costume un peu trop étroit, et puis une plage qui n'était pas vraiment la mienne, en tout cas qui n'était plus la mienne. Et c'est naturellement du coup que le corps a réagi en disant stop. Et c'est à partir de là. que j'ai exploré ces nouveaux chemins acteur, médiateur, formateur mais de manière effectivement pas très réfléchie ni calculée c'est l'écoute de mon intuition l'écoute de mes envies et puis des opportunités aussi qui sont arrivées des rencontres qui m'ont donné des inspirations Merci.
- Speaker #1
Si tu veux bien, on va prendre le temps de découvrir ton parcours. C'est important parce que tout au long de cette émission, on va voir de quelle façon ton parcours a été jalonné. Et je pense qu'à chaque étape, on appartient tous à la même humanité. Et chaque étape peut parler à quelqu'un qui écoute cette émission et qui peut y trouver des clés. Donc c'est intéressant, tu dis finalement que ce qui est aujourd'hui... Une réalité épanouissante pour toi, c'est la conséquence d'un moment qui a été difficile, donc d'un burn-out. C'est-à-dire que, donc ça c'est déjà, déjà c'est une bonne nouvelle. C'est-à-dire que si on trace des burn-out ou des moments difficiles, on ne sait pas ce que ça va ouvrir pour l'avenir dans notre parcours.
- Speaker #2
Oui, oui, j'ai continué de dire que ce burn-out c'était une des meilleures choses qui me sont arrivées, parce que ça m'a permis de... de me recentrer, de me repositionner dans tous les sens du terme, dans ma vie professionnelle comme privée, en termes de place, en termes de posture. Oui, c'était très douloureux. Je pense qu'on est nombreux, dans tes auditeurs, on doit être nombreux à être passés par là. Oui, c'est douloureux, c'est désagréable, c'est vertigineux, c'est angoissant. Parce qu'on sent bien la douleur et en même temps on n'a pas forcément de visibilité effectivement sur ce qui nous arrive. On essaie de comprendre un peu ce qui se passe et puis après combien de temps ça va durer. Moi c'est venu me chercher sur pas mal de choses que j'avais aussi à travailler sur moi. Et la notion de place est très vite venue. Quelle place j'ai envie d'avoir, quelle place j'ai envie de prendre. Encore une fois dans tous les domaines de ma vie. Que ce soit professionnel, personnel, amical, social. Voilà.
- Speaker #1
Parce qu'en fait là, ce que je comprends dans ce que tu partages, c'est que finalement tu as fait des études, tu es parti dans une direction, donc marketing, dans des grands groupes. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Ce costume était trop étroit, tu as changé ?
- Speaker #2
Oui, à l'époque, j'ai démarré en tant que coordinateur commercial pour le groupe LVMH à Paris et à Londres, et après j'étais responsable de marketing pour le groupe M6. Trop étroit dans le fond et dans la forme. Tout ça, parce que, dans le fond déjà, parce qu'effectivement, vestimentairement, j'étais dans une certaine tenue, parce qu'il y avait un code, c'est les codes d'entreprise, qui moi, au bout d'un moment, ne me contenait pas. Ça ne racontait pas vraiment qui j'étais, ce que j'avais besoin d'exprimer. Donc c'était une partie de moi, mais c'était effectivement pas la totalité. Et puis après, dans la... Dans le fond effectivement il y avait des règles auxquelles il fallait adhérer, des codes qu'il fallait retranscrire, de manière de travailler, de manière de communiquer, de manière de voir le travail, de voir la notion de réussite, la notion de performance. Moi je ne serais jamais, 15 ans après, c'était il y a 15 ans, je ne serai jamais au contraire contre l'entreprise Le mot déjà entreprise me parle, me plaît énormément. Entreprise, entreprendre. Moi je considère être un peu entrepreneur d'une certaine manière et l'entreprise est un lieu magique et magnifique. La question est qu'est-ce que l'humain, l'homme et la femme en font ? Moi ce qui était difficile dans ce costume, si je puis dire que j'avais, c'est que ce qu'on faisait dans l'entreprise était devenu compliqué. Il y avait la notion de hiérarchie, d'autoritarisme plutôt que d'autorité, la notion de créativité, tout ça n'était pas suffisamment exploité pour moi.
- Speaker #1
Est-ce que ça s'est fait tout doucement, ce sentiment de décalage ? Parce qu'en fait, finalement... On entend très bien ce désalignement qui s'est opéré. Tu n'étais pas aligné, parfaitement aligné à ce que tu faisais. Est-ce que tu l'as ressenti ? Est-ce que c'était crescendo ou est-ce que vraiment à un moment donné, comment ça s'est passé ?
- Speaker #2
Ça a été crescendo parce qu'on est dans une résistance. Enfin, j'étais, je veux dire je. J'étais dans une résistance. Une résistance à quoi ? Au fait de... Qu'est-ce que je peux faire pour être aimé ? Et effectivement, il y a toute une période qui... qui était encore une fois très prolifique et productive pour moi qui était de dire comment est-ce que j'arrive à être aimé ? C'est en mettant ce costume. Je suis pas très bien dedans mais au moins comme ça je suis aimé. Je suis accepté, j'ai une place, j'ai un rôle dans la société, dans l'entreprise. Et même dans ma famille, avoir un poste en entreprise, quelque chose de sécurisé, un CDI, un salaire, bah oui c'est bon, t'es sur les bons rails. Et en fait, c'est... C'est un apprentissage que j'ai fait, c'est l'importance de... C'est pas pour rien d'ailleurs qu'on en reviendra, je pense que c'est pas pour rien que j'ai exploré après ma facette de comédien. C'est l'importance d'être aimé, de se sentir aimé, jusqu'où on est prêt à aller pour ça, jusqu'où j'étais prêt à aller pour ça. Et je suis allé au bout de mes limites. Parce que j'en ai honte, je me suis rappelé que c'est ok d'avoir besoin de ce sentiment d'amour, de cette appartenance. Mais à quel prix ? Et là le prix était un peu cher à payer, donc le corps a dit stop. C'est pas grave.
- Speaker #1
Et ça s'est exprimé comment pour toi ce burn-out ? C'est à un moment donné, t'avais plus de jus ?
- Speaker #2
Plus de jus. Moi je suis quelqu'un je pense de très... J'essaie mais je pense avoir cette nature assez conviviale, ouverte, chaleureuse, sociable. Cette envie d'aller vers l'autre, de rencontrer l'autre, de me laisser rencontrer aussi. D'être dans cette énergie-là. Et là je perdais ça. J'ai parlé clairement de ça. Après c'était physiquement de la fatigue, une fatigue intense. C'était des crises de larmes qui ne me ressemblent pas. Ça peut être intéressant de pleurer aussi, ça fait partie de la vie. Mais oui, l'importance de ne pas perdre cet élan de vie en fait, cette joie de vivre. Je sentais que ça tombait peu à peu, que ça s'éteignait, il y avait une espèce de flamme qui s'éteignait.
- Speaker #1
Et là du coup, qu'est-ce qui se passe ? Tu arrêtes ? Tu te mets en arrêt maladie ?
- Speaker #2
Alors oui, j'ai quelques arrêts, mes cours de quelques jours. Évidemment, tant fatigué, mon système immunitaire fatigue aussi. Donc du coup, des grippes, des machins, des trucs comme ça, qui font que j'ai quelques arrêts de travail. Mais je n'ai pas été en arrêt longue durée. Mais ça a été un petit signe d'alerte quand même. Et puis je me pose des questions, je commence à me poser des questions, pour me dire qu'est-ce qui se passe, t'en as besoin, c'est peut-être une partie de toi, et j'ai la chance d'être très entouré dans cette petite pause, que ce soit par ma famille, mes amis. des professionnels de santé aussi. Et donc petit à petit, j'ai mis des mots sur ce qui se passait. J'ai pris le temps. Ça a pris trois ans. Trois ans où j'ai un peu tiré la langue, j'ai un peu traîné la patte. Et puis j'ai commencé à prendre ces contacts, à ouvrir un peu ces chemins de guérison, je dirais, de soins de moi, en tout cas. Oui, voilà, étape par étape, et moi c'est la rencontre avec l'autre qui m'a aidé. La découverte de l'autre qui m'a permis de mieux me connaître moi, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Ah, cette découverte. Donc, le burn-out, quand tu dis découverte de l'autre, ça a été le chemin de ma guérison. Est-ce que c'est là qu'a joué... Est-ce que c'est le théâtre ? Est-ce que ça s'est passé à travers le théâtre ?
- Speaker #2
Alors, on me demande souvent, est-ce que tu as... Est-ce que tu as toujours été comédien ? Ou alors, c'est dommage, pourquoi tu n'as pas été comédien dès le début ? Parce que c'est ce que tu voulais vraiment faire. Moi je ne raisonne pas de cette manière-là. J'ai toujours été comédien dans l'âme, dans le sens où... Parce que pour moi être comédien c'est... Aller chercher un terrain d'expression et trouver un espace d'expression. Et très naturellement, j'ai considéré qu'effectivement, être comédien allait être une nécessité pour moi, pour m'exprimer, quels que soient les sujets, les rôles à jouer, que ce soit théâtre ou cinéma, etc. Et l'expression avec l'autre, je te parle de rencontre avec l'autre, la découverte de l'autre, c'était aussi la capacité à entendre, écouter l'autre et surtout m'exprimer. Et quand j'ai commencé un peu ce burn-out, cette perte de trois ans, ce flottement, j'ai eu besoin d'air, de respirer, de souffler, mais respirer. Et du coup, très naturellement, je me suis dit, fais-toi plaisir, amuse-toi, vide-toi la tête, pousse la porte d'un cours de théâtre. Et effectivement, c'est là où j'ai mis le doigt dans l'engrenage plus précisément, de manière plus directe avec le théâtre. de manière technique, etc. Et c'est là où j'ai compris mon besoin et mon pouvoir d'expression.
- Speaker #1
C'est intéressant. C'est-à-dire que c'est l'apnée du burn-out, le fait de suffoquer dans le burn-out qui t'a poussé à aller prendre l'air et aller rencontrer le théâtre.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
C'est génial. Oui,
- Speaker #2
exactement.
- Speaker #1
Donc en fait, il a fallu cette souffrance pour te pousser à découvrir ce trésor.
- Speaker #2
Alors, comment dire ? Je préfère le mot douleur.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Oui, oui, non, c'est très juste.
- Speaker #2
Chacun met les mots un peu qui semblent justes. Moi, j'ai eu cette phrase un jour que j'aime beaucoup. La douleur est inévitable, la souffrance est un choix.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #2
Et moi, j'aime beaucoup cette phrase. C'est la douleur qui me pousse effectivement à aller vers l'autre, à me questionner, comme je disais tout à l'heure, à aller vers le théâtre, parce que je ne voulais pas souffrir.
- Speaker #1
C'est intéressant, ça.
- Speaker #2
Je ne voulais pas souffrir. Je ne voulais pas subir la douleur. et donc tomber dans la souffrance. Parce que je pense que c'est intéressant de ressentir la douleur aussi pour la dépasser, comprendre ce qu'elle veut dire, etc. Mais je ne voulais pas tomber dans la souffrance et la victimisation aussi. Donc, j'avais une part de responsabilité à ce moment-là, qui était de dire qu'est-ce que je fais de cette douleur ? Qu'est-ce que tu fais de ce qui t'arrive ? Et j'ai eu envie de prendre en main ça et de me dire, transforme ça. Et le théâtre a été une expérimentation. Je me suis dit, je vais tester, je vais voir ce que c'est. J'ai aucune idée de ce qui allait m'arriver. Mais ouais, j'avais envie d'essayer.
- Speaker #1
Alors attends, parce qu'il y a des pépites dans ce que tu viens de dire. Je les note. Donc tu dis, la douleur, je refuse de souffrir, je refuse de subir, je refuse de me positionner en victime face à ce qui m'arrive, à cette réalité-là. C'est quand même précieux d'entendre ça. C'est un beau cadeau de l'entendre à la radio. Et j'ai envie de te dire, qu'est-ce qui fait que tu as pu avoir à ce moment-là Cette attitude-là face à ce qui t'arrivait ? Parce que combien d'entre nous, face à des difficultés, vont s'effondrer ? Qu'est-ce qui fait que tu refuses ?
- Speaker #2
Alors, moi je l'explique comme ça. C'est mental, mais bon, ça vaut ce que ça vaut. Ce que tu évoquais d'ailleurs tout à l'heure, c'est la pulsion de vie.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #2
La pulsion de vie chez moi, elle me dépasse. Elle me dépasse parce que je ne la maîtrise pas et au contraire aujourd'hui je la privoise parce que je me dis que c'est sur moi un très beau moteur et un très beau cadeau pour toi, peut-être pour les autres. Et je pense maintenant avoir compris que cette pulsion de vie, elle vient fondamentalement d'une pulsion de mort. de cette mort qui... Cette idée de la mort, cette expérience de la mort qui m'a construit. Et c'est parce que j'ai connu ça qu'aujourd'hui, j'ai fait le choix de me dire la vie est là.
- Speaker #1
Quand tu dis c'est parce que j'ai connu ça que j'ai fait le choix, c'est-à-dire que ce que tu es en train de nous dire, c'est que dans ton expérience de vie, Tu as été confronté tôt à la mort ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
C'est ça ?
- Speaker #2
Oui, mon frère qui est décédé d'un accident. Je ne l'ai pas connu parce qu'il est décédé avant ma naissance. Mais j'ai l'impression qu'il n'y a pas... plus présent que lui dans ma vie. Euh... Je sais bien qu'il m'accompagne au quotidien, que... Qu'il est là... Dans tout ce que je fais. Alors il y a vraiment des... Ça me confronte à... à des vrais moments de gratitude parce que, comme je dis, il est là quoi. Et aussi des grands moments de solitude et de tristesse parce que, fondamentalement il me manque, j'aimerais tellement partager tout ce que je fais avec lui. Bon, on le partage d'une autre manière je pense. Mais oui, cette... Il y a un... J'entendais un album d'un chanteur qui s'appelle Le Soleil des Absents. Je trouve ça très beau, c'est exactement ça que je ressens. C'est le soleil qu'il est pour moi dans son absence. Et je réalise à quel point sa mort a été, je ne vais pas dire un cadeau, peut-être que j'arriverai un jour à le dire, je ne sais pas. En tout cas aujourd'hui je ne le dirai pas un cadeau non plus, mais en tout cas une force pour être dans cette position de vie. Parce qu'effectivement ce qui a été peut-être une revanche à une période, il est hors de question. que je cède à cette mort, m'a connecté à ma pulsion de vie. J'ai peut-être lutté contre la mort pendant un moment. Aujourd'hui, je vis avec, parce que je sais aussi que ça fait partie de ma pulsion de vie.
- Speaker #1
C'est très touchant. Ça me touche beaucoup ce que tu dis. Tu disais que vous étiez cinq enfants.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Alors toi, t'es le numéro combien dans ta fratrie ?
- Speaker #2
Cinq.
- Speaker #1
Cinq. et ton frère qui est mort t'es le numéro 1,
- Speaker #2
t'es le premier t'es l'aîné c'est incroyable,
- Speaker #1
il y en a un qui a ouvert le chemin et l'autre qui le ferme avec la vie et la mort comme thématique,
- Speaker #2
c'est quand même extraordinaire ouais c'est des stades de vie comme ça qui te bousculent clairement moi j'ai mis du temps à privoiser tout ça déjà à comprendre ce qui se passait je sens c'est Je sentais bien qu'il y avait quelque chose. Il y avait pas mal de tabous et d'omerta dans la famille. C'était très dur. Très très lourd. Très très lourd et très dur. J'ai énormément de compassion pour mes parents évidemment qui ont traversé ça. Mes soeurs qui elles ont connu mon frère. Après j'ai également un autre frère mais il est comme moi. Il ne l'a pas connu en direct. Je suis admiratif de leur parcours avec cette douleur-là. Mais ouais, c'est vraiment ce que je veux retenir de cette période-là, de cette enfance finalement qui s'est construite avec ça, c'est cette envie que j'ai de me dire, comment tu grandis avec ça, comment tu évolues avec ça, comment tu transformes ça.
- Speaker #1
Puis ce qu'on entend dans ton énergie, c'est aussi que finalement, il y a comme cette conscience très puissante, et pas forcément consciente, c'est ça qui est assez étrange, de se dire « moi j'ai la chance d'être en vie » . Et comme cette force de se dire « je vais honorer ça, j'ai eu ce cadeau-là » .
- Speaker #2
Oui, je t'avoue, je pense que j'ai eu toute une phase de culpabilité, la culpabilité du survivant.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #2
Bien sûr, pourquoi moi et pas lui ? ça a été très très marquant Je pense que c'est une des raisons pour lesquelles d'ailleurs je ne suis pas forcément monté sur scène très très tôt parce que je me disais je ne veux pas te... tu es déjà en vie, tu as déjà de la chance, tu ne vas pas en plus te montrer quoi.
- Speaker #1
Ouais c'est incroyable, complètement.
- Speaker #2
En tout cas c'est comme ça que je l'ai ressenti. Donc ouais, c'est des... Cette douleur elle est... Elle encore une fois a une ouverture vers quelque chose qui est vraiment au plus profond de soi. C'est-à-dire que ça vient nous chercher sur « et qu'est-ce que tu as envie de faire ? » « Qu'est-ce que tu as envie de vivre ? » « Qu'est-ce que tu fais là ? » « Qu'est-ce que tu es prêt à donner aux autres, au monde, maintenant que tu es là ? » Et toi, c'est accepté. « Moi, je me suis dit ça un matin, je me sens très bien. » « Maintenant que tu es là, et donc, qu'est-ce qu'on fait ? » Tu te sens peut-être un peu coupable, mais n'empêche que tu es là. Et donc ? Mais ouais, mais c'est aussi important. Moi, j'ai eu besoin de traverser cette phase de culpabilité.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #2
Ce n'est pas juste. Ce n'est pas juste d'être là. C'est un peu gênant quand même d'être là, toi. Ben non. Tu es là parce que tu as sûrement un rôle à jouer.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, dans ton parcours, ça fait partie de ton chemin de vie. Tu es confronté. Dès ta naissance, tu rentres dans une famille. qui a gardé, qui est endeuillée, de toute façon, je pense que quand on perd un enfant, c'est toujours là. Donc finalement, toi, t'es tout de suite confrontée à... Au cadeau précieux, extraordinaire qu'est le fait de vivre. De façon très inconsciente, tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #2
Complètement. J'ai... Je me suis fait un... J'essaye là petit à petit, dans mon chemin, de passer du devoir de vivre au plaisir de vivre. Tu vois, il y avait une sorte de... En plus, j'ai été élevé comme ça. dans le devoir. On a des devoirs, on se doit d'être poli, bien élevé, on se doit d'être au niveau, on se doit de travailler avec tout ce que ça représente pour moi de positif, après il y a peut-être un peu d'injonction mais n'empêche que c'est aussi très très moteur mais le devoir de vivre, je l'ai compris à un moment et je me suis dit waouh, waouh, waouh, est-ce que vivre c'est un devoir ? C'est aussi peut-être une chance. Une chance, une opportunité. Et puis la vie, qu'est-ce que tu en fais surtout ?
- Speaker #1
Ce que je trouve intéressant, c'est que finalement on comprend, lorsque tu fais ton burn-out, cette force puissante qui te pousse à rester debout et aller chercher ce dont tu as besoin. Donc tu as besoin d'air, tu as besoin d'ouvrir ta vie, tu as besoin d'espace. T'as besoin de trouver ta place et là tu t'autorises, vient à toi le théâtre.
- Speaker #2
Ouais, le théâtre a été... En fait, je me suis dit ça il y a quelques temps, je parlais avec une amie, je disais, moi j'ai besoin de jouer, quel que soit le rôle, je reviendrai là-dessus, sur ce que c'est pour moi le métier de comédien aussi, j'ai besoin de jouer parce que sinon j'ai l'impression de mourir en fait. Parce que pour moi, jouer c'est exprimer pleinement qui je suis et surtout exprimer pleinement mon humanité à travers ces personnages que je peux avoir. Et je pense que, ça c'est ma conviction, ma croyance, moi je suis appelé à ça, je pense qu'on est tous appelé à ça, mais moi je suis appelé à ça. À exprimer pleinement qui je suis.
- Speaker #1
C'est...
- Speaker #2
Donc, et le théâtre effectivement me permet ça. me permet de me dire, à travers tel rôle, tel rôle, tu racontes quelque chose. De ce que tu es toi, de ce que... Peut-être l'homme, la femme, etc. C'est dans ça où je te parlais de nécessité tout à l'heure, c'est dans ça que c'est une nécessité pour moi. Et en même temps, c'est le paradoxe, c'est qu'un métier, c'est pas une fin en soi. Moi je suis pas dans cette... des comédiens qui veulent mourir sur scène et je ne suis bien que quand je suis sur scène parce que sinon je suis pas bien Chacun fait comme il veut et comme il peut mais moi j'ai pas du tout envie de me mettre cette injonction là sur la tête Moi je sais c'est Pierre Artiti aussi qui dit ça je joue pour me certains jouent pour se perdre Peut-être un peu oublié la difficulté de la vie etc moi je joue pour me trouver Et j'adore cette phrase, moi je me sens totalement content. Je joue pour me trouver. Et donc je m'exprime que peut-être la rencontre avec l'autre, la vie avec l'autre, va être peut-être plus riche.
- Speaker #1
C'est beau cette phrase, jouer pour se trouver. Parce que c'est vrai que dès le début, on est finalement formaté, conditionné par notre environnement familial, sociétal, etc. Par les attentes qu'on perçoit très bien d'enfants dans notre environnement. Et finalement, on se... On se modélise avec ça. Et je trouve que jouer pour se trouver, c'est beau parce que ça nous donne en effet la liberté d'aller connecter avec des facettes de notre personnalité, avec des émotions qu'on n'a pas la place d'exprimer dans le monde.
- Speaker #2
Oui, et puis faire la paix aussi avec soi. Je parlais d'amour, le besoin d'être aimé, mais le besoin de s'aimer aussi soi. Faire la paix avec soi, c'est-à-dire aussi voir les parties un peu plus...
- Speaker #0
moins reluisante, on va dire, un peu plus sombre de soi. Moi clairement, j'ai passé mon enfance, comme je te disais, et puis même ma vie de jeune adulte, sûrement avec un curseur trop poussé dans le besoin d'être aimé, le besoin de plaire, de ne pas déranger, de faire plaisir, de soulager quand c'est difficile, etc. Et je me suis un peu perdu là-dedans. Et je me suis... J'ai joué des rôles de ce que j'appelle moi de gentil justement, un petit peu trop. C'est trop gentil qui s'oublie. Parce que j'avais besoin d'aller au bout de ce rôle là pour me dire ok c'est bien évidemment d'être gentil et évidemment je veux pas dire jamais dire qu'il faut pas être gentil. Mais gentil, normalement faut être gentil avec soi aussi. Gentil c'est aussi savoir poser des limites. Mais le théâtre m'a permis ça. Le théâtre m'a permis de dire ok c'est bien d'être gentil, tu sais l'être. Et y'a pas que ça. T'as aussi d'autres choses à dire, d'autres choses à montrer.
- Speaker #1
Alors justement, c'est intéressant, il y a deux idées majeures dans ce que tu viens d'exprimer. La première, c'est que t'étais finalement dans un rôle de marketeur dans des grandes boîtes, le costume était trop petit. Et puis finalement, le théâtre t'a donné la possibilité, l'opportunité d'aller exprimer, d'aller jouer avec plein de facettes de ton humanité, d'aller te rencontrer à travers plein de personnages, plein de rôles, plein de situations. Donc c'est intéressant parce que finalement, tu as été dans cette dynamique d'expansion, de découverte de toi à travers ces rôles-là. Et ces rôles, alors en cinéma, tu parlais de ce rôle de trop gentil. Donc tu as joué dans la pièce de théâtre de Lady Nadecon, par exemple. Et c'est vrai qu'il y a des films, j'avais pris des notes où tu avais joué ce rôle de notaire, etc. Tu as joué dans beaucoup de rôles. On voit se dessiner une forme de personnage, des personnages justement gentils, avec une forme de docilité. Qu'est-ce que tu penses de ça ? Qu'est-ce que ça t'a permis, toi qui vis les choses en conscience, qui les penses, qui en fais quelque chose ? Déjà, est-ce que tu te retrouves dans ces personnages ? Qu'est-ce que ça t'a appris de jouer ces rôles-là ?
- Speaker #0
J'aime bien le mot docile. C'est effectivement gentil, je fais attention à ce mot-là parce que je pense que dans notre monde on a besoin de gentillesse.
- Speaker #1
Oui c'est sûr.
- Speaker #0
Mais bon, docile. Docile. Oui, le mot docile peut-être plus approprié. Qu'est-ce que j'ai appris ? Déjà que je l'avais été trop.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Déjà.
- Speaker #1
Ça a été facile pour toi de connecter avec ça ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Pour ces rôles-là ?
- Speaker #0
Oui. Parce qu'effectivement c'était une vraie partie de moi que j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup exploité. et que du coup ça m'a permis de... connecter à ce besoin que j'avais d'être docile parce qu'effectivement c'était encore une fois un des moyens pour moi d'être en relation et d'être aimé et puis ça m'a permis ça m'a appris à être capable de poser des limites poser des limites c'est ok d'être docile c'est ok d'être arrangeant et à un moment ben je peux pas c'est pas grave c'est pas être rebelle, méchant, révolutionnaire ou dégueulasse. C'est juste, là j'ai une limite.
- Speaker #1
C'est ça, c'est que finalement on revient à la problématique du départ, c'est-à-dire qu'on peut pas être réduit à une seule facette de notre personnalité.
- Speaker #0
Moi je pense pas.
- Speaker #1
On est multiple.
- Speaker #0
Oui. C'est ce qui m'intéresse dans les rôles aussi. Un salaud n'est jamais vraiment salaud. Un naïf n'est jamais complètement naïf. Un autoritaire n'est jamais que autoritaire. C'est la nuance. La nuance de jeu qui est intéressante.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Quand on peut remettre, quand les projets sont bien bien ficilés, bien écrits. C'est ça qui est intéressant.
- Speaker #1
Les personnages le permettent et l'écriture aussi. Alors justement, est-ce que tu as trouvé cette subtilité dans les personnages puisque finalement le théâtre est aussi une façon de te nourrir, de te rencontrer. C'est ce que tu as dit tout à l'heure. Donc finalement, cette docilité, c'est le trait le plus important des personnages que tu as joués jusqu'à l'heure. La docilité par exemple, ou la gentillesse, ou une forme de naïveté. Ces aspects-là de personnalité, ces émotions-là, ces facettes-là, tu les connaissais, tu as pu les connecter facilement parce que c'était des ressources assez accessibles en toi. Donc toi qui es plutôt quelqu'un, tu es un aventurier, tu es quelqu'un qui a besoin de découvrir de nouveaux territoires. Donc est-ce qu'aujourd'hui... dans le théâtre, à quel rôle t'aspires ? Est-ce qu'aujourd'hui, tu as envie de sortir de ce carcan ? Est-ce que ce n'est pas la difficulté du théâtre aussi, des fois, ou du cinéma, d'être dans des rôles, dans des profils ? Beaucoup le sont.
- Speaker #0
Alors, j'entends plusieurs questions. Premièrement, ça me permet de préciser ce que j'entends par le métier de comédien. Être comédien n'est pas forcément, et pour moi, n'est pas uniquement jouer. Un comédien, c'est quelqu'un qui se nourrit au quotidien. pour pouvoir à un moment ou à un autre exprimer. Donc moi effectivement, dans mon rôle, dans les rôles que je joue au théâtre, au télé-cinéma, j'ai effectivement, et je reviendrai dessus, une catégorie, un emploi, on appelle ça un emploi, une catégorie de rôle dans laquelle on me retrouve souvent et on aime me voir, en casting ou en réalisation. Mais par exemple, quand je suis médiateur, quand je suis formateur, je joue un rôle.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Je joue un rôle. Mais dans le bon sens du terme, c'est pas évidemment de la manipulation ou de la fabrication artificielle ou superficielle. Moi je considère que jouer un rôle, être totalement dans son rôle, c'est être à capacité de se mettre pleinement soi dans son personnage. Tu disais tout à l'heure, tu es allé chercher, connecter en toi des choses pour le mettre dans ce personnage de docile. Complètement d'accord, c'est vrai. Après effectivement c'est quelque chose que je connaissais assez vite donc du coup j'ai peut-être plus de facilité à y aller. Mais mon rôle de formateur, quand j'ai démarré il y a 15 ans, j'ai connecté aussi une partie de moi qui est dans l'animation de groupe, la gestion, plutôt quelque chose dans l'autorité, pas dans le totalisme, mais dans l'autorité. Je tiens mon groupe, un programme, une pédagogie, des objectifs et ça, ça marche aussi, ça me plaît. Ça me plaît énormément. Et là, pour moi, j'exprime aussi qui je suis à travers ce rôle-là. effectivement pas de la comédie dans le sens théâtre ou télé ou cinéma mais c'est une forme de rôle à jouer. Et moi je me retrouve totalement après sur la partie plus artistique comédien pur, oui moi j'aspire effectivement à évoluer, on travaille avec mon agent en ce moment dessus J'ai Passé un casting il y a quelques jours pour un rôle d'avocat très intéressant Un rôle chouette classique, mais encore une fois, dans le bon sens du terme, mais classique, un avocat qui accompagne son client pour le défendre, etc. Donc j'ai passé le casting, j'ai appelé mon agent, je dis voilà, je passe ce casting là, et il m'a dit « Ah génial, dis-moi qu'il est véreux, dis-moi qu'il est pourri. » J'ai dit « Bah non, ok, t'inquiète pas, on va y arriver. » Notre objectif, c'est aussi d'être en capacité de montrer d'autres choses. Ouais, cette partie aussi... Moi j'adorerais jouer, pour répondre à ta question, j'adorerais jouer des rôles plus sournois, plus sombres, border un peu. Parce qu'il y a une humanité à mettre dedans qui est folle. Et j'ai envie de ça parce que je pense aussi avoir cette partie-là, cette partie un petit peu plus difficile. moins reluisante, qui peut m'aider dans un certain nombre de business parce qu'il y a des négociations à faire. Mais ouais, c'est pas facile d'exprimer ça et pourtant ça fait partie de soi. J'ai envie de montrer ça parce que je pense qu'il y a quelque chose, il y a une humanité à en tirer. Ça c'est le premier point. Puis deuxième point, moi j'ai quand même, en termes de rôle, on me demande souvent ce que j'ai envie de jouer. Moi, l'acteur vraiment qui m'inspire plus que tout, C'est Robin Williams. Parce que j'ai rarement vu un acteur capable de mettre autant d'humanité dans sa comédie. Que ce soit Man of the Fire, que ce soit Will & Ting, évidemment. Et puis, évidemment, le cercle des poètes disparu.
- Speaker #1
C'est merveilleux.
- Speaker #0
John Keating, je ne pense pas avoir l'âge, je me rassure là-dessus. Mais quand je serai un peu plus âgé, si je peux reprendre ce rôle d'une manière ou d'une autre.
- Speaker #1
Il est fabuleux ce rôle.
- Speaker #0
La pièce de théâtre se joue en ce moment, ils ont fait l'adaptation au théâtre à Paris en tournée. Je l'ai vu quatre fois, je fous de cette pièce, je fous de ce rôle. C'est le rôle que j'ai envie de jouer. On parle souvent de rôle comique, bien sûr, parce que moi j'ai un emploi plutôt comique. Des loups de funès, des Jacques Villerey, etc. Je dis oui, ou des Christian Clavier même, dans cette efficacité comique. Je trouve ces acteurs fabuleux, mais moi je m'y retrouve moins. Je pense que j'ai autre chose à dire.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
Je pense.
- Speaker #1
Moi, je t'ai vu jouer dans des lieux, des rôles complètement différents. Et franchement, j'ai été... stupéfaite de la justesse du jeu, de la profondeur du jeu. Et c'est vrai que je n'avais pas l'habitude de te voir dans des rôles comme ça. Et c'est pour ça aussi que je souhaite t'y voir. C'est parce qu'en fait, justement, parce que c'est ça aussi qui est fabuleux dans ce décalage. C'est quand on peut voir en apparence quelqu'un qui pourrait apparaître docile, gentil, et qui finalement montre l'autre côté de son humanité. Ce qui est partie intégrante de chacun d'entre nous. On a tous en nous ces zones d'ombre et de lumière. Et je trouve que c'est intéressant d'être dans ce contraste. Complètement.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est un vrai travail de fond qu'on est en train de faire avec mon agent, encore une fois, pour essayer de me permettre d'explorer d'autres choses et de montrer qu'il y a d'autres choses possibles. Mais c'est un métier qui, effectivement, on est à la dépendance, si je puis dire, de... des désirs et des projections de metteurs en scène et réalisateurs et producteurs.
- Speaker #1
Bah oui, bien sûr, C'est comme ça. Alors, j'ai envie de rebondir sur ce que tu viens de dire parce que il y a un instant tu parlais de... Alors attends, j'ai perdu le fil de mon idée. Donc là, tu viens d'exprimer que finalement, tu étais prêt pour tout ouvrir. même dans tes zones d'ombre, dans tes zones plus vulnérables, etc., dans tes rôles. Et il y a encore quelques minutes, tu nous disais que quand tu étais enfant, la question c'était, bon, je vis, c'est déjà bien, je ne veux pas non plus briller et me montrer. Voilà, je cherchais ça. Ça fait quand même quelques minutes que tu en as parlé, donc il a fallu que je retrouve l'information. Oui, oui. Mais ça, c'est super important parce que là, on parle d'autorisation. Là, on change de terrain de jeu. C'est plus je dois vivre. C'est enfin je m'autorise à prendre plaisir et à vivre pleinement qui je suis.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est...
- Speaker #1
On fait ce switch, en fait, Hubert. Parce que pour moi, ça évoque tout de suite l'autorisation. Je m'autorise à briller, je lâche mes peurs, j'y vais, je me lance. J'ose être multiple, j'ose me montrer au monde. J'ose... Enfin, on ne peut pas plus se montrer au monde, Hubert, que devant des caméras, sur des plateaux télé ou de cinéma. avec des lumières sur nous, comment on fait pour s'autoriser à briller ?
- Speaker #0
Il y a deux choses qui me viennent. Premièrement, se connecter à son besoin, c'est-à-dire, ça fait partie de moi, c'est ce besoin-là. C'est pas est-ce que c'est bien ou pas bien, c'est j'en ai besoin.
- Speaker #1
Oui. Donc en fait, ce que tu es en train de dire, c'est que tu as été... Dans l'accueil de tes besoins et tu les as honorés.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il n'y a pas eu de résistance, les peurs.
- Speaker #0
Alors, ça c'est le deuxième point. Moi, j'ai fait la connaissance... Non, je n'ai pas fait la connaissance, ce n'est pas vrai. Les mots me manquent. Je me suis intéressé au travail d'un coach qui travaille avec des sportifs de haut niveau. et il a une manière de travailler un petit peu spécifique, mais très intéressante, et ça va répondre à ta question. Dans son accompagnement de ses sportifs de haut niveau, pas mal lui demandent « mais qu'est-ce que je dois faire ? Comment je dois travailler ? Comment je dois m'entraîner ? » Et le coach répond toujours « j'en sais rien, ressens » . Et c'est le deuxième point, du coup, la notion de besoin. J'ai ce besoin-là, c'est comme ça, c'est comme si je disais j'ai besoin de manger, j'ai besoin de manger, je ne vais pas faire comme ça, je n'ai pas faim.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nommer ton besoin ?
- Speaker #0
Besoin de rayonner.
- Speaker #1
C'est super.
- Speaker #0
Parce que rayonner, c'est cette phrase aussi que j'ai bien aimée, rayonner c'est pas faire de l'ombre à l'autre, c'est éclairer l'autre. Et moi j'adore quand on m'éclaire. notamment sur scène, mais même des gens qui m'inspirent, des gens qui m'accompagnent. Ça fait du bien, donc je me dis, toi aussi rayonne, éclaire, éclaire le chemin des autres. Si ça peut, avec tes modestes places et tes modestes moyens, mais éclaire, rayonne. Et puis deuxièmement, ressens. Comment on fait, comment on s'autorise ? On ressent. Moi, la connexion à l'émotionnel, à cette énergie intérieure, Euh... Moi, ça a été un énorme cadeau pour moi de me dire, c'est parce que je ressens que je vais savoir ce que j'ai à faire.
- Speaker #1
Donc en fait, c'est pas du tout dans la tête, c'est vraiment au niveau des émotions. T'es d'abord dans l'accueil de ce que tu ressens.
- Speaker #0
Oui, évidemment, c'est corporel, c'est physique, c'est émotionnel, donc la relation psychophysiologique de l'émotion. Mais c'est... je ferai une petite nuance avec le mental. Le mental va accompagner ça. Ah bien sûr ! On va mettre des mots sur le mot. Oui,
- Speaker #1
mais tu pars d'abord de ça. Tu pars d'abord de ton sentiment, c'est le moteur. Tu te laisses guider, tu fais confiance.
- Speaker #0
Oui, et toi, tu parlais de... peur c'est intéressant parce que moi j'ai longtemps cru que j'étais pétri de peur et après merci à toi parce que tu es des gens comme toi autour de moi qui me disent mais incroyable tu arrives à t'arriver à t'autoriser tu arrives à faire taille d'un oser et je me suis mais c'est quand même bizarre parce que si j'ai peur j'oserais pas ce qu'on a quelque chose qui est bizarre et et à une période où je me suis dit moi mais c'est parce que tu as peur que tu oses justement plus tu as peur plutôt ce peut-être un peu de vrai et c'est surtout j'ai En ressentant mieux, j'ai réalisé, ça va faire un lien avec le début de notre conversation, en ressentant plus fortement les choses, j'ai réalisé que ce n'est pas de la peur que j'avais, c'était de la gêne. La gêne de ne pas être à ma place. Et donc tu vois, qu'est-ce qui fait que je m'autorise à faire ceci, faire cela, bouger, changer ? C'est parce que là, tu n'es pas bien en fait. Tu ne te sens pas bien à cette place-là, à ce moment-là, avec ces gens-là. Donc bouge. Et c'est comme ça que je m'autorise.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
C'est pas de la peur de faire ou pas faire, de déranger, de gêner, etc. Il y a forcément un peu de ça, mais c'est surtout, j'ai connecté à... En fait, c'est que t'es gêné de là où t'es. T'as plus envie d'être là, c'est pas pour toi, ça te correspond pas. Et c'est pas du jugement contre l'autre, mais c'est pas pour toi, c'est pas grave.
- Speaker #1
Alors ce que tu veux dire, c'est que toi tu fais la différence. Par exemple, imaginons, tu fais un film. C'est à toi de monter sur scène, de rejoindre le plateau de cinéma, les caméras sont réactées sur toi. Donc là tu ne ressens pas de peur ? Là c'est une question. Tu peux ressentir de la peur ? C'est du track. Tu fais la différence entre le track et la peur aussi. Oui,
- Speaker #0
le stress c'est quelque chose qui va être une projection, vraiment là une projection mentale. d'une croyance limitante qui va embourber le cerveau et t'amener à ruminer. J'aime bien cette phrase, c'est la peur et la projection dans le futur d'un passé qui révolue.
- Speaker #1
Oui, c'est tout à fait ça.
- Speaker #0
Donc voilà, le trac, c'est cette espèce d'adrénaline qui dit que j'ai envie d'y aller, et ouais, ça me pousse vers l'avance. Une forme d'excitation. Oui, une forme d'excitation et en même temps d'abstention. parce qu'on a envie de bien faire on n'a pas envie de louper ses répliques on a envie que ça plaise, etc mais quand même, c'est plus de l'excitation Et comment on gère le trac alors ?
- Speaker #1
Quand il vient, comment tu le gères toi ?
- Speaker #0
Pour moi il y a trois manières Premièrement, la conscience et l'acceptation J'ai le trac, c'est juste naturel et humain Deuxièmement, respirer respirer C'est la première chose à faire pour moi quand on est en situation de trac. C'est une grande inspiration pour se dire ok, allez, là je reprends conscience et je refais connexion avec mon corps, avec mon énergie pour pouvoir être aligné. Et puis troisièmement, l'action. Moi, qu'est-ce qui me permet de gérer mon trac, c'est d'agir, c'est monter sur scène. Ça y est, le rideau s'ouvre et j'y vais. C'est en faisant.
- Speaker #1
Et là, ça disparaît. Une fois que t'es dedans.
- Speaker #0
Je ne sais pas si ça disparaît, mais en tout cas, ça accompagne le mouvement.
- Speaker #1
Ça accompagne le mouvement. Ça devient un moteur.
- Speaker #0
Oui, oui. Une énergie. C'est le mouvement qui fait que le trac est gérable, on va dire.
- Speaker #1
C'est intéressant. C'est intéressant. C'est-à-dire qu'en fait, cette énergie, de toute façon, c'est de l'énergie. Que ce soit de la peur, peu importe où le trac, c'est une énergie que tu peux utiliser ou comme un moteur qui va t'accompagner. qui peut... de paralyser si justement tu es dans l'inaction.
- Speaker #0
Exactement. C'est très intéressant. C'est quelque chose qui peut paraître contre-intuitif.
- Speaker #1
C'est pour ça que j'aime bien poser ces questions-là.
- Speaker #0
La peur, par définition, a priori, la plupart du temps, elle paralyse, ou en tout cas, elle fait fuir, ou elle peut faire fuir. Là, c'est au contraire. Si tu es dans une espèce de préoccupation, d'appréhension, de crainte, agit agit je ne sais plus qui disait ça quand on n'est pas bien, quand on est en stress il faut faire ce qu'on n'a pas envie de faire c'est à dire il faut se poser Réfléchir intelligemment, conditionner son mental. Il faut manger correctement, il faut respirer, sortir. Il faut... voilà. Alors qu'on a peut-être tendance à ruminer, rester chez soi, à râler.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Non,
- Speaker #0
au contraire.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Oui, c'est ce que tu dis, c'est contre-intuitif. C'est-à-dire que quand on est mal, on a tendance à s'enfermer, à ne plus manger, à arrêter le sport, enfin toutes ces choses-là. Alors que c'est exactement ce dont on a besoin à ce moment-là. Aller vers l'autre aussi. Tout à fait, aller vers l'autre. Sortir de son isolement. Oui. Tout à fait.
- Speaker #0
Et en fait, c'est marrant, j'ai eu toute une discussion l'autre jour avec un collègue qui parlait de être bien ou pas bien. Et en fait, aujourd'hui, moi, j'ai pas envie de dire bien ou pas bien. Ah, t'es bien, je suis pas bien, ça va, ça m'intéresse pas.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Ça m'intéresse pas. Et donc, ah, je suis bien, je suis pas bien, je sais plus ce que ça veut dire, moi.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
tout à fait. Par contre, c'est dire, ok, là, je suis... Je suis pas à l'aise, j'ai envie de changer, j'ai envie de bouger. Là d'accord.
- Speaker #1
Ouais, c'est concret. Tu mets des mots, tu discernes aussi ton besoin. Exactement, c'est du discernement. Tu discernes ton besoin.
- Speaker #0
Parce qu'il n'y a pas de bien ou pas bien, il y a juste un signal qui est là, notamment physico-émotionnel. Une émotion qui vient, le corps qui réagit et qui te donne un signal de ce que tu as à faire. C'est pas je suis pas bien, non. En contraire, t'es juste vivant en fait. parce que tout se passe bien en fait.
- Speaker #1
Parce que tu es en mouvement.
- Speaker #0
Ok, ce n'est pas agréable, j'entends. Mais n'empêche que c'est juste être en vie.
- Speaker #1
Je disais cette semaine dans une communication une phrase qui m'a marquée d'une thérapeute que vraiment j'ai trouvée super. Et cette phrase c'est « Il n'y a rien de plus difficile dans la vie que d'accepter le mouvement de la vie en soi. »
- Speaker #0
Et oui.
- Speaker #1
Et je trouve que dans ton parcours on l'entend. C'est-à-dire que... Finalement, ce mouvement de la vie en toi, tu l'as accepté, tu as accepté de l'accueillir et de l'accompagner.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce qu'il y avait un conditionnement au départ, parce qu'il y avait des forces, parce qu'il y avait un contexte. On est d'accord, on ne choisit pas tous notre environnement de départ.
- Speaker #0
Exactement, on ne choisit pas ça, mais on peut choisir ce qu'on en fait.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et puis, tout est évidemment un chemin, mais moi ce qui est difficile encore pour moi aujourd'hui, c'est d'accepter le notion de moment. Il y a des moments pour tout.
- Speaker #1
Oui. Yeah...
- Speaker #0
Il y a des moments pour ceci, des moments pour cela, des moments pour déménager, des moments pour changer de travail, des moments pour se reposer, des moments pour agir. Il y a un moment pour tout, on ne peut pas tout faire en même temps. Tout à fait. Moi, j'ai du mal encore à ça. J'aimerais bien pouvoir tout faire en même temps.
- Speaker #1
Je comprends, je pense qu'on est quelques-uns à être comme ça. Et oui, ça s'acquiert aussi avec le temps.
- Speaker #0
Et toi, je me faisais la réflexion, c'est un peu le paradoxe avec ma pulsion de vie. Je me dis, si il n'y a pas plein de vie tout le temps autour de moi, c'est que je ne suis pas en vie. Si ! La vie, c'est pas forcément tout en même temps, tout le temps. Ça peut être aussi des choses les unes après les autres. Et c'est très bien comme ça.
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant. C'est pas évident.
- Speaker #0
J'apprends.
- Speaker #1
Oui, c'est un peu comme si finalement, la vie, c'est vrai, c'est quatre saisons. Printemps, été, automne, hiver. Et l'hiver fait partie du processus pour que le printemps arrive.
- Speaker #0
Moi, je viens de déménager, là. J'ai acheté une maison, j'ai déménagé. Et j'ai réalisé que je ne pouvais pas faire autre chose pendant ce temps-là. Ce temps était dédié à ça.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et j'arrivais pas à le faire. pas l'élan, j'avais pas l'énergie, j'avais pas le mental pour autre chose.
- Speaker #1
Mais tu l'avais pour ça. Tu étais là pour ça. C'est merveilleux en même temps. Il faut juste accepter ça. Il faut pouvoir l'observer et l'accueillir.
- Speaker #0
Il y a un temps pour tout. Exactement, l'acceptation c'est cette phrase que moi on dit, l'acceptation au changement. C'est parce qu'on accepte qu'on change.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
S'il faut sentir qu'on a envie de changer, ça c'est autre chose.
- Speaker #1
Tout à fait. Mais c'est important. Ce que tu viens de dire, c'est très important. Je pense que pour chacun d'entre nous, pour les gens qui écoutent cette émission, on voit bien que le changement s'offre à nous lorsqu'on commence à accueillir ce qui est déjà. Et lorsqu'on commence à être en paix avec ce qui est déjà, ça accélère le processus d'évolution.
- Speaker #0
Je pense. Je pense aussi. C'est à l'écoute en fait. Moi c'est vraiment le... L'écoute de soi évidemment, de son état, ses signaux. On parlait de besoins tout à l'heure. Quel est mon besoin fondamental ? Comment je me sens ? Qu'est-ce que cette émotion me raconte ? Et puis l'écoute de l'autre. Qu'est-ce que l'autre aussi me raconte ? Qu'est-ce que l'autre me dit dans son parcours de vie ? Moi je pense qu'on rencontre pas les gens par hasard.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et c'est super. Parce que c'est, tiens, il y a... Il y a une histoire qui se raconte, une histoire de vie en face de moi. Qu'est-ce que ça fait comme écho chez moi ? C'est marrant, j'ai fait un tournage il n'y a pas longtemps avec un comédien super qui a 53 ans. Il m'a dit, j'ai commencé à vivre vraiment en tant qu'adulte à 47 ans quand j'ai eu mon fils. Je me suis dit, tiens c'est marrant, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Entre un sandwich et une répétition de texte avant de tourner, je me suis dit, qu'est-ce que c'est que ce truc qui me tombe ? Je me suis dit, tiens c'est marrant, et j'ai pris un temps pour réfléchir, pour ressentir, tiens c'est marrant, qu'est-ce que ça ? Et je me suis rendu compte que toi, j'ai 46 ans, j'ai envie d'avoir un enfant.
- Speaker #1
Je me suis dit,
- Speaker #0
tiens c'est marrant, et lui te raconte ça, il a eu son enfant en 47, comment ça l'a à la fois bousculé et en même temps remis en vie.
- Speaker #1
Révélé.
- Speaker #0
Révélé, l'adulte et le père qu'il était. C'est marrant cette histoire. Donc toi, tu es à l'écoute de ça aussi ?
- Speaker #1
Mais je trouve...
- Speaker #0
À l'écoute, bien sûr, de l'environnement, mais aussi de la société.
- Speaker #1
Mais l'écoute, c'est quand même une grande qualité que tu as.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Ça traverse tous les champs que je viens d'avoir. L'écoute des personnes, l'écoute de l'environnement, l'écoute de ses sentiments, de ses besoins, de son élan.
- Speaker #0
J'essaye. j'essaie de l'écouter du mieux que je peux c'est l'écoute c'est aussi pour moi la notion d'accueil on revient dessus, et puis de respect respect de soi,
- Speaker #1
respect de l'autre il y a la notion de considération qui est très forte dans ton énergie La considération que tu portes. Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Et accepter le vivant comme il est, l'autre tel qu'il est, avec ses forces et ses limites, et puis s'accepter bien sûr soi, avec ses forces et ses limites. Ça je peux, ça je ne peux pas. Et on peut, à mon avis, toi tu parlais d'autorisation, je parlais d'action, d'agir, mais ça c'est possible que si on a bien écouté.
- Speaker #1
Mais c'est intéressant, parce que tu disais tout à l'heure, être acteur, ce n'est pas seulement jouer, c'est se nourrir avant tout, pour pouvoir offrir après.
- Speaker #2
Je pense.
- Speaker #1
Et ça recoupe cette phrase que tu as dite tout à l'heure. C'est-à-dire que pour pouvoir incarner des rôles dans ce qui est plus sensible, de plus subtil, de plus complexe, faut-il encore avoir été dans une posture d'absorber l'humanité qui nous entoure, celle des autres, la nôtre, du vivant ? Parce que pour avoir moi-même expérimenté le théâtre, j'ai bien observé que... Plus tu expérimentes en toi cette palette, plus tu vas visiter ton humanité.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et plus tu peux l'offrir au monde.
- Speaker #0
Oui, Et ça c'est beau. C'est le dernier bouquin de Thomas d'Ansembourg qui, « Te changer toi peut tout changer » .
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Je crois que le titre est magnifique parce que c'est effectivement, moi j'y crois beaucoup à ça. s'accueillir dans le mouvement intérieur, dans le mouvement de la vie qu'on a, écouter ce mouvement de vie intérieur qu'on a, et peut-être un... J'aime pas le mot de devoir, j'en ai parlé tout à l'heure, mais là c'est peut-être un devoir, lui il appelle ça un devoir citoyen, un devoir citoyen, de se dire qu'est-ce que j'offre à moi-même peut-être, mais surtout au monde. Mais ça rejoint une profonde croyance aussi, de se dire... Rien de, ça c'est ma formation en médiation qui me l'a appris, rien de ce qui est humain ne m'est étranger. On est tous des êtres humains, moi je suis intimement convaincu et persuadé que l'être humain est bon par nature. On est fait, on est bon. Bien sûr que derrière on a tous des dérives et on a tous des capacités à... avrier. Oui, des traumas, des conditionnements. Et certains avoir des comportements totalement inadaptés, voire même condamnables. Mais c'est des comportements. En amont, il y a une personne, il y a un être humain, un homme, une femme.
- Speaker #1
Il y avait un être. Avant le conditionnement, avant l'expérience, avant le traumatisme.
- Speaker #0
Et se reconnecter à ça, se reconnecter à son être profond et son humanité profonde.
- Speaker #1
Alors Hubert, on arrive à la fin de cette émission. Ça y est, notre temps est imparti. Si tu devais donner une phrase pour clôturer un conseil, un message, qui te tient vraiment à cœur aux auditeurs, qu'est-ce que tu aurais envie de dire ? De leur laisser comme héritage.
- Speaker #0
C'est vraiment la phrase qui me guide au quotidien. C'est l'important n'est pas ce qui m'arrive, mais ce que j'en fais. Je pense que tout est dit là.
- Speaker #1
Tout à fait. Merci beaucoup Hubert pour cette belle émission. J'ai été vraiment ravie de te retrouver là. Merci.
- Speaker #0
Merci à toi d'avoir provoqué ces retrouvailles. C'était un vrai plaisir.
- Speaker #1
Je remercie tous les auditeurs. Merci pour votre écoute. Pour ma part, je vous retrouverai dans une nouvelle émission de Zenith dans quelques semaines. À très bientôt.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode. Pour soutenir Zenith, abonnez-vous et laissez 5 étoiles sur Appel Podcast. C'est le meilleur moyen de faire grandir ce podcast. Et pour aller plus loin, retrouvez-moi sur Instagram ou inscrivez-vous à ma newsletter. J'y partage des ressources concrètes pour vivre une vie alignée à votre vérité et à votre... plus haut potentiel. Prenez soin de vous et à très vite pour une nouvelle exploration de votre puissance intérieure. Ciao !