- Speaker #0
Zéro déchet au boulot !
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast qui vous aide à cheminer vers le zéro déchet au travail. Vous allez y retrouver des idées à mettre en place, des interviews de personnes inspirantes, bref, du bon pour faire bouger les lignes. Bonne nouvelle ! Pour aller plus loin,
- Speaker #0
retrouvez le livre Zéro déchet au boulot dont le lien est en descriptif de ce podcast. Allez, place au sujet du jour !
- Speaker #1
Aujourd'hui, on parle d'un sujet qui nous concerne tous, les emballages jetables. Savez-vous qu'en France, plus de 3 millions de tonnes d'emballages sont mises sur le marché chaque année ? Et que seulement un emballage plastique sur quatre est recyclé ? Pire, la restauration à emporter génère 220 000 tonnes de déchets à usage unique. Un sacré gâchis, non ? Pourtant, il existe des solutions. Des solutions qui permettent de diviser par 25 l'impact carbone d'un emballage, tout en réduisant les coûts et le gaspillage. C'est exactement ce que fait Pandobac, une entreprise qui révolutionne la logistique alimentaire avec des bacs réutilisables et passables. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Shu Zhang, co-fondatrice de Pandobac. Shu, bienvenue et merci d'être avec nous.
- Speaker #0
Merci à vous.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Alors, PandoBac, c'est une aventure née en 2018 avec une mission claire. Supprimer les emballages jetables de la chaîne alimentaire en proposant une alternative simple, économique et écologique. Alors, dans cet épisode, on va explorer les débuts de PandoBac, comment tout a commencé et pourquoi Chou et son équipe ont décidé de se lancer dans cette aventure. Ensuite, on verra leurs solutions clés en main, des bacs réutilisables, traçables et adaptés à tous les besoins. tous les besoins logistiques. Ensuite, on verra les résultats concrets, par exemple moins de déchets, moins de gaspillage, voire même des économies pour les entreprises. On verra un exemple inspirant ou comment les acteurs de l'alimentation ont adopté le réemploi avec succès et surtout comment lever les freins pour que le réemploi devienne la norme et non plus l'exception. Chou, on démarre ?
- Speaker #0
Allez, on démarre.
- Speaker #1
Pour commencer, qu'est-ce qui vous a poussé à lancer Pandovac ? Racontez-nous les débuts de cette aventure et comment l'idée a germé.
- Speaker #0
Alors effectivement, moi j'ai un parcours un peu qu'on appelle atypique. J'ai d'abord fait des études d'un veigneur et ensuite par passion pour la gastronomie et la cuisine, j'ai décidé d'ouvrir un restaurant dans la ville de Paris où j'habite. C'est un projet qui a mûri pendant un an environ, entre 2012 et 2013, et le restaurant a ouvert en 2014. Et quand on a un restaurant, on se rend très vite compte qu'on a énormément de déchets, qu'on génère nous bien sûr avec toutes les épluchures, etc. Mais en fait, beaucoup proviennent des fournisseurs. Tous les jours, je me faisais revisionner de marchandises par mes fournisseurs, qui étaient pour la plupart situés en Ile-de-France, notamment avec le marché de Rungis. Et tous les jours, il y avait une trentaine de colis de marchandises qui arrivaient dans mon restaurant et qui étaient dans des emballages jetables. Tout paraissait normal pour tout le monde, parce que tout le monde fonctionne comme ça. Mais en fait, quand tous les jours, je devais casser les cartons et... passer du temps à en faire des balles pour ensuite aller trouver une poubelle pour pouvoir les mettre. Je me suis dit qu'il y avait quand même un dysfonctionnement dans cette affaire. Ce n'était pas normal de devoir gérer autant de déchets alors que c'était des fournisseurs qui me livraient tous les jours. Et donc, c'est vraiment parti de là de se dire, est-ce qu'il n'y aurait pas une alternative sans déchets qui serait tout simplement de pouvoir utiliser des caisses qui vont circuler entre les fournisseurs et moi. Donc, une idée qui paraît très simple comme ça, qui en fait, effectivement, n'existait pas du tout.
- Speaker #1
Alors justement, qu'est-ce que propose concrètement Pandobac ? À qui ça s'adresse et comment cela fonctionne au quotidien ?
- Speaker #0
Alors effectivement, de ce constat de dire, aujourd'hui, le fournisseur qui me livre la marchandise, il achète un emballage jetable pour le faire. Mais une fois qu'il a utilisé cet emballage, il met ses marchandises dedans et il livrait le restaurant. lui ne se préoccupe plus de rien derrière. Donc, il fallait tout de suite... Moi, je me suis associée très rapidement avec mes deux associés, Roch et Anaïs, avec qui je suis encore aujourd'hui dans l'aventure. Et on s'est dit tout de suite, il faut proposer quelque chose qui soit similaire. on va dire pour le fournisseur en termes de charge de travail et de process parce que sinon la marche va être trop dur à franchir pour pour lui et donc c'est pour ça qu'on a vraiment pensé un service de caisse du coup réutilisable de transport mais on appelle clé en main puisque on va gérer toutes les parties on ajoute dans le système actuel de l'emballage avec un emballage réutilisable mais mais c'est tout ce qu'il y a de calme, on nous en occupe pour lui. Et donc très concrètement, nous on a une flotte de caisses réutilisables. On en a plusieurs au catalogue qui vont répondre à différents types de produits transportés. On fournit des caisses qui sont propres à ces fournisseurs-là, qui sont nos clients. Par exemple, un fournisseur de viande, on lui fournit des caisses adaptées. Lui, il va mettre sa viande dans nos caisses. Il va livrer ses clients, que ce soit des commerces, des restaurateurs. des supermarchés, des commerces de bouche. Donc, c'est assez large comme type de clientèle. Et derrière, lui, une fois qu'il a livré, il ne se préoccupe plus de rien, a priori, comme avant. Et nous, on s'assure effectivement de gérer le retour de la caisse une fois qu'elle a été vidée par le commerce, de la laver et ensuite de pouvoir la redonner à d'autres fournisseurs pour refaire des cycles. Donc, on s'occupe vraiment de toute cette partie optimisation de la logistique retour. La remise en état avec le lavage et un outil de traçabilité qui va suivre vraiment la caisse et tous les mouvements de la caisse tout au long de ces différents cycles. C'est une application qu'on a développée, c'est la première brique qu'on a développée nous au sein de Pandobac, parce que pour nous c'était essentiel de pouvoir piloter efficacement les différents flux. et d'avoir des informations de circulation, de nombre d'utilisations, de taux de retour, de durée du cycle au total. Et donc nous, on vient vraiment proposer tous ces services additionnels sur l'emballage à nos clients.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples de ce qui est transporté ? Vous avez parlé du boucher, donc ça va j'imagine remplacer les caisses polystyrètes par exemple ?
- Speaker #0
Oui, alors la viande effectivement, elle est souvent transportée dans des cartons plutôt aujourd'hui. parce qu'elle est souvent conditionnée déjà sous vide pour pouvoir la conserver le plus longtemps possible. Donc la très grande majorité des emballages qu'on va remplacer sont des cartons qui vont transporter, comme je disais, de la viande, des produits emballés. Ça peut être des produits un peu de boulangerie, de fromagerie, des produits légumes également. Il y en a certains qui sont transportés dans des cartons. Ensuite, on a pas mal, effectivement, on remplace aussi des cagettes en bois qui transportent également des fruits et légumes. Et derrière, on remplace également beaucoup de caisses polystyrènes que vous avez citées, qui sont plutôt pour du transport de produits de la mer.
- Speaker #1
Et alors justement, quels sont les résultats et les bénéfices de votre solution ? Je pense aussi bien à l'environnement que peut-être financier pour les entreprises qui adoptent cette solution.
- Speaker #0
Oui, alors nous, avec Roca Anaïs, ce qui nous a motivés dès le départ, c'est vraiment l'impact environnemental, parce que c'était trop difficile. pour moi de voir tous ces déchets que je jetais tous les jours et qui me paraissait produire assez peu de valeur parce que ça permet juste de transporter une marchandise un point A, un point B, ça n'apporte rien en fait à la marchandise donc je me suis rendu compte que ces déchets, on pouvait en faire quelque chose, en tout cas on pouvait s'en passer facilement. L'impact environnemental, on a très vite fait une analyse du cycle de vie. au sein de PandoBac, avec un cabinet spécialisé bien entendu, pour s'assurer qu'on n'allait pas dans le mur, ou en tout cas que l'idée qu'on se faisait du réemploi d'emballage n'était pas juste intuitive et que c'était vraiment étayé par des vrais chiffres. On a un impact qui est significativement moindre à partir d'un certain nombre bien sûr de rotations de la caisse. Si la caisse n'est utilisée que deux fois et elle se perd, il vaut mieux rester avec des emballages jetables. Mais au bout d'une vingtaine de rotations, on se retrouve vraiment mieux disant que l'emballage elységinique. Donc on était vraiment content et de se dire qu'on va au moins dans la bonne direction en termes environnementaux, sachant qu'aujourd'hui, les caisses font à peu près une centaine de rotations. Donc on est largement au-dessus de ces vingtaines chiffres minimums, on va dire, pour avoir un impact positif. Et ensuite, sur les autres impacts, ce qu'on apporte à nos clients, donc les fournisseurs, l'impact environnemental n'est pas un argument très fort pour eux, en tout cas n'est pas suffisant pour faire la transition. Donc il fallait de toute façon qu'on apporte une autre valeur, et au sein du monde des entreprises, c'est souvent la valeur économique qui est la plus importante. Donc, on a vraiment aussi cherché à se dire comment on peut réussir à… à être moins cher que l'emballage isogynique. Déjà, est-ce que c'est possible ? Et avec le modèle qu'on a mis en place, on peut être moins cher, surtout de la caisse polystyrène. qui a aujourd'hui un coût très élevé, entre 1 euro et 1,50 euro la pièce d'emballage. Et on arrive à être iso-coût, disons, avec des cartons un peu standards. Donc voilà, on a vraiment aussi cette partie très importante de ce qu'on propose, d'être vraiment concurrentiel par rapport à l'usage unique. Et derrière, encore autres gains possibles, mais qui sont plus indirects. Et du coup, c'est un peu plus difficile pour nos clients de se projeter. Mais ça a un gros potentiel. C'est tous les gains opérationnels qui peuvent se faire en passant à des caisses standards de transport de marchandises, qui sont des gains en termes de manutention. C'est beaucoup plus agréable de transporter une caisse qui a des poignées qu'un carton. où il faut le prendre par le bas. Donc en termes ergonomiques, il y a quand même pas mal de gains. Et du coup, si l'ergonomie est meilleure, on peut imaginer gagner en efficacité aussi dans la manutention. Et derrière, il y a une grosse diminution de la perte de la marchandise, de la casse, parce qu'effectivement, les caisses sont beaucoup plus solides que des emballages de l'usage unique, qui peuvent être très facilement détériorés avec de l'humidité, avec un transpalette qui passe à côté, etc.
- Speaker #1
Et peut-être un bénéfice au niveau du stockage ? J'imagine, quand on a l'exemple de votre restaurant, besoin de place pour stocker les quantités de carton, soit qu'on reçoit, soit qu'on veut se séparer. Donc là, au moins, il y a du flux. Donc le stockage est moindre sur le carton.
- Speaker #0
Oui, également, effectivement, sur le bénéficiaire final, comme on l'appelle, qui est le commerce et le restaurant. Nous, souvent, on nous demande, justement, en disant « Mais attendez, les caisses, il va falloir les stocker un petit peu. » peu avant qu'elles soient reprises, etc. Alors nous, à chaque fois, effectivement, l'idée, c'est qu'elles circulent le plus vite possible. Donc, idéalement, c'est du jour au lendemain, en fait, on les reçoit, on les vide et dès que possible, on puisse aller les chercher et du coup les rendre. Mais en fait, à date, effectivement, ces déchets d'emballage prennent beaucoup de place aussi parce que c'est de la place de poubelle, c'est de la place d'une presse à carton dans le cas des... Des supermarchés, hypermarchés qui ont des salles entières dédiées à la gestion de l'emballage carton. Ça prend beaucoup moins de place, la caisse, notamment parce qu'elle est emboîtable, elle est complètement pliable. Et ça demande beaucoup moins de manutention aussi. Comme je disais, moi je passais à peu près une demi-heure par jour à casser des cartons, sachant que j'étais un tout petit restaurant. Donc à l'échelle d'une grande brasserie ou d'un supermarché, vous imaginez bien que là... Là, le temps passé à gérer les cartons est quand même beaucoup plus conséquent pour la structure.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nous partager un exemple concret d'un client qui a adopté les bacs réutilisables ? Quels ont été les impacts pour lui ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. On a plusieurs cas différents. Ce qui est intéressant, on trouve dans ce cas vraiment des caisses réutilisables, c'est que nos clients choisissent la solution, mais chacun pour des raisons un peu différentes et qui sont les leurs. Donc, je peux en citer quelques-uns, mais c'est vrai qu'un de nos premiers clients avec qui on a démarré, lui, il avait besoin de répondre à un appel d'offre ou d'un client à lui sur une proposition de valeur un peu différenciante pour répondre à ce client et pour le fournir en produit de la mer. Et donc là, c'était complètement, on peut dire même carrément marketing de se dire je veux apporter un nouveau service à mon client. que ma candidature du coup à cet appel d'offres ressorte un peu. Et donc là, on n'avait même pas de considération ni de prix, ni environnemental. C'était vraiment très focalisé sur le client. On a d'autres effectivement qui vont pour des questions réglementaires parce que depuis 2020, il y a la loi AGEC qui progressivement a mis en place des objectifs liés au réemploi d'emballage. Et là, avec le règlement européen PPWR aussi, il y a d'autres objectifs spécifiques pour le réemploi d'emballage. Et là, c'est vrai que c'est plutôt les grandes entreprises qui sont sensibles à ce sujet, parce qu'elles ont des services juridiques qui font de la veille juridique, qui se rendent compte qu'il faut qu'elles se mettent sur ces sujets-là, sinon elles vont se faire rattraper par les différentes réglementations et les différentes sanctions. Donc, on peut voir qu'en fonction des profils, on a vraiment différents arguments qui... qui joue pour vraiment se mettre sur le sujet. Et une fois effectivement que ces entreprises ont pris le pli et où le système est vraiment intégré, ce qu'on constate, c'est que les bénéficiaires finaux, comme moi j'étais en tant que restauratrice, mais du coup, les commerces, les restaurants sont très très contents. Ils ont vraiment, ils plébiscitent énormément la solution de se dire, en fait, enfin, je reçois moins de déchets. Et on se rend compte que c'est eux qui poussent vraiment nos clients à aller plus loin. et à proposer encore plus de produits en caisse. Et parfois, quand il y a un arrêt, un moment de la caisse pour X ou Y raison, il y a certains commerces qui appellent le fournisseur en disant « Mais pourquoi on n'a pas reçu les marchandises dans des caisses ? » Donc, on se rend compte de l'impact vraiment pour ce bénéficiaire final, qui est très, très important et qui permet de continuer vraiment à fidéliser aussi notre client pour pour qu'ils continuent à bien jouer le jeu. Et derrière, nous, tous les mois, on fournit vraiment des rapports à nos clients pour leur dire, voilà le taux de perte, voilà un peu les clients que vous avez qui font un peu de la rétention de caisse, voilà comment améliorer le système. On leur calcule aussi sur des rendez-vous plutôt semestriels ou trimestriels, ça dépend avec qui, un peu le ROI du passage en caisse. pour leur montrer qu'Adapts leur a fait économiser tant et qu'en fait, en travaillant encore mieux un peu sur les clients qui font de la rétention de caisses, on peut encore améliorer ce ROI. Et donc, on les embarque vraiment dans un nouveau système avec lequel ils se rendent compte que leurs clients sont satisfaits et en plus, ils ont un ROI.
- Speaker #1
Tout à l'heure, vous parliez de la loi AJEC et de la REP sur les emballages professionnels qui vont... poser des objectifs de réemploi. Comment est-ce que vous, Pandobac, vous accompagnez les entreprises sur ces sujets-là ?
- Speaker #0
Ça, c'est pas facile, ça dépend de la taille de l'entreprise. Comme je disais, les grandes entreprises sont vraiment très déjà au clair sur le sujet. Elles savent quels sont les objectifs, en quoi ça les concerne. Pour les plus petits clients, souvent c'est nous qui leur apprenons l'existence de cette REP et des différents objectifs. Donc c'est un peu plus difficile pour eux de se projeter. Ils n'ont pas l'habitude aussi d'avoir des réglementations sur des sujets un peu annexes à leur activité, l'emballage étant toujours un peu annexe, parce que leur cœur de métier, c'est de vendre, c'est un produire et de vendre de la marchandise alimentaire. Donc l'emballage, c'est vraiment à côté. Nous, on les accompagne de différentes manières. Déjà en les sensibilisant. On leur fournit des éléments vraiment très concrets, très détaillés sur qu'est-ce qui va les impacter, à quelles échéances, comment. Et derrière, nous, on a aussi développé une toute petite équipe à Ansanthandobac, qui est un bureau d'études, pour le coup, vraiment accompagner les entreprises un peu en amont d'un processus de transition, faire de l'emballage réemployable pour justement leur... projeter, les différents impacts qu'ils peuvent avoir avec les différentes réglementations, quelles stratégies il faudrait qu'ils adoptent, un peu les aider à construire une feuille de route sur le réemploi. Et donc, effectivement, on est vraiment très proche de nos clients et on les accompagne beaucoup dans toutes les conséquences que ça peut avoir sur leur business et toujours dans l'idée de diminuer au maximum l'effort qu'ils doivent faire. pour répondre à tout ça. Et notamment, un exemple très concret, c'est qu'avec justement cette REP, il va falloir déclarer vraiment ces emballages réemployables, mais de manière très précise. Donc, sur une année, combien j'en ai utilisé ? Quel était le modèle exact ? Le poids, le matériau de la caisse ? Enfin, sur vraiment des données très précises. Et nous, justement, grâce à l'application de traçabilité qu'on fournit toujours avec nos caisses, on a vraiment toutes ces informations disponibles très, très facilement. Et ce qu'on propose à nos clients, c'est vraiment de leur fournir le fichier de déclaration qui est déjà tout fait avec les bonnes données pour jusquiser à transmettre effectivement les infos sans aller devoir chercher et aller piocher effectivement dans leurs différents logiciels. On essaie vraiment de leur faciliter le plus le travail.
- Speaker #1
Tout à l'heure, vous exposiez le fait que vous récupérez les caisses auprès du client final, du bénéficiaire final. Comment ça s'organise tout ça ? Est-ce que c'est uniquement en région parisienne ? C'est partout en France ?
- Speaker #0
Alors, là, on rentre un peu plus dans, effectivement, le technique. Nous, ce qu'on fait, et c'est ça qui rend vraiment la partie réemploi d'emballage plus avantageuse que l'usage unique, c'est clairement un enjeu d'optimiser cette logistique retour. Parce que si, effectivement, il faut aller chercher une ou deux caisses dans chaque établissement et les faire revenir dans le centre de lavage, etc., ça ne pourra jamais être rentable, effectivement. sur le service au global. Et donc, comment on optimise vraiment cette logistique retour ? On passe, dès qu'on peut, par des flux retours qui sont déjà mis en place. Il y a énormément de marchandises et de camions qui arrivent dans des commerces et restaurants tous les jours. L'idée, c'est vraiment de profiter sur le fait qu'ils se déplacent déjà dans cet établissement et pour qu'ils puissent reprendre les caisses vides pour pouvoir les massifier. dans un entrepôt. Cette étape de logistique retour, qu'on appelle vraiment dernier kilomètre, permet de récupérer à plein de points différents les caisses vides à zéro coût et qui permettent de les massifier à un endroit sous forme de palette. Et là, à ce moment-là, on vient les récupérer dans ces points de massification, plusieurs palettes de caisses qu'on amène dans notre centre de lavage, qu'on lave et qu'on redonne aux clients. Donc ça, c'est vraiment sur la partie logistique retour. Et aujourd'hui, on a un seul centre de lavage qui est dans le marché de Rungis, qui est du coup au centre vraiment de tous les flux logistiques alimentaires français. Donc ça, c'est un des gros avantages, puisque tous les flux de camions passent à un moment ou à un autre par Rungis, ce qui nous permet vraiment, toujours dans cette démarche d'optimiser la logistique retour, de pouvoir faire revenir des caisses à moins de recours dans notre centre de lavage. Et ça marche. très bien en Ile-de-France, bien entendu, parce que les distances sont très faibles, mais également dans toute la France, puisque les flux sont vraiment multi-quotidiens depuis toutes les grandes agglomérations de France jusqu'à Rungis. Donc ça nous permet, on a un client qui est à Nice, par exemple, qu'on arrive à faire revenir très facilement des caisses pour les laver dans le centre de lavage de Rungis. Et on a aussi des clients qui lavent eux-mêmes. Donc, en fait, on a plein de... de flux, on va dire, très différents en fonction des clients. Et à chaque fois, on a cette réflexion d'optimiser au maximum, et en termes d'impact environnemental, et en termes de coûts, pour que le système soit le plus gros ROI pour nos clients.
- Speaker #1
Très bien. Et justement, depuis le début, donc si je ne me trompe pas, vous avez créé votre activité en 2019. Depuis le démarrage de l'activité, ça représente combien de caisses, de cartons évitées ? Est-ce que vous avez des éléments là-dessus ?
- Speaker #0
Oui, nous effectivement, on a lancé l'activité en 2019 auprès de fournisseurs de la restauration. Et du coup, avec le Covid qui arrivait juste après, on a en gros eu six mois d'activité et tout s'est arrêté. On a vraiment repris l'activité en avril-mai 2021, une fois que la situation était vraiment stabilisée et qu'on était certains de ne plus avoir de fermeture. de restaurant. Et depuis, du coup, cet avril 2021, on a remplacé un million et demi d'emballages à usage unique. Et du coup, à peu près, c'est du 50% carton, 20% cagette en bois et 30% de caisse polystyrène.
- Speaker #1
C'est impressionnant. Alors, j'imagine que vous rencontrez des gens un peu frileux par rapport à cette proposition.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, vous rencontrez des freins chez vos clients. Quels sont-ils déjà et comment les levez-vous ?
- Speaker #0
Les freins, il y en a beaucoup qui sont liés juste à une résistance au changement. Comme je disais tout à l'heure, l'emballage étant quelque chose d'annexe dans leur activité principale, c'est souvent un sujet qui n'est pas traité en priorité, parce qu'il y a toujours un sujet prioritaire avant de parler d'emballage. Un des premiers freins qu'on peut avoir, c'est la dépriorisation des sujets par rapport à d'autres. Ça, comment on fait ? Ça dépend beaucoup. Les bénéficiaires finaux jouent quand même un rôle assez important, j'en ai quand même parlé. C'est eux qui permettent vraiment de pousser les fournisseurs à aller plus loin sur des sujets environnementaux. Et donc nous, on a beaucoup de liens avec des grandes chaînes de restaurants, d'hôtelleries, des gros distributeurs, de la grande distribution. C'est des acteurs qui sont vraiment moteurs sur le changement. Parce que forcément, on comprend un fournisseur. Si son client ne lui demande rien et qu'en plus elle demande un effort pour changer un peu tout son process, il a besoin de ressources pour mener un peu ce projet à bien de son côté, on le comprend complètement, il ne va pas le faire, sauf s'il est contraint, comme je disais, par la loi ou contraint par son client. On joue beaucoup sur cette partie et réglementation, en disant de toute façon, attention parce que vous allez être en retard sinon sur le sujet. Et également, comme je disais, en partenariat un peu avec les bénéficiaires finaux qui, eux, veulent vraiment avancer sur ces sujets-là. Et après, il y a des freins un peu psychologiques au sujet des caisses. Il y a des entreprises qui ont déjà, qui ont pu tester un peu des sujets similaires et ça n'a pas marché. souvent à cause de pertes. Ils avaient trop de pertes sur leur caisse. Ils n'avaient pas à les récupérer. Et en fait, ça leur coûtait beaucoup trop cher, ce type de solution. Et ils ont abandonné en disant, ça ne peut pas marcher, je retourne à l'usage unique. Et ça, c'est tout l'enjeu justement de la traçabilité qu'on a mis en place dès le départ de notre activité. C'est de dire, on sait que si le sujet n'est pas bien maîtrisé, et que les flux ne sont pas bien surveillés, bien sûr qu'il y a trop de points de fuite qui font que le système ne va pas être rentable. Dans ce cas-là, on leur explique vraiment, justement, on sait très bien que grâce à notre système de suivi, on a moins de 2 % de pertes aujourd'hui, ce qui permet vraiment d'avoir un système très efficace derrière. On arrive souvent à les convaincre de réessayer. et notamment l'application est très facile d'utilisation et permet de se mettre dans toutes les organisations sans développement et sans changement majeur dans leur fonctionnement. Et donc très rapidement, ils peuvent tester et se rendre compte que, un, c'est facile d'utilisation et deux, ça leur permet vraiment de surveiller où vont leurs stocks.
- Speaker #1
Quels sont vos projets pour les mois à venir, voire les années à venir ? Est-ce que vous pensez par exemple à des nouveaux marchés, de nouvelles innovations ?
- Speaker #0
On a, nous, notre gros focus sur les deux années à venir, c'est vraiment de pouvoir déployer notre système au sein justement de la grande distribution. J'en ai un peu parlé précédemment. Nous, historiquement, vu mon histoire aussi, on a commencé à nous développer avec les acteurs de la restauration, donc vraiment les fournisseurs de la restauration, qui sont des grossistes, il y a des marieurs, des coopératifs de fruits et légumes, quelques industriels également. Et depuis un an et demi, on s'est dit, il y a quand même cette grande manne de déchets d'emballage qui est la grande distribution, qu'il va falloir qu'on traite à un moment ou à un autre. puisque la grande distribution, c'est dix fois plus à peu près de flux qu'en restauration. Donc en fait, là où l'impact est, il est vraiment sur ces flux-là. Donc avec toute l'équipe, on s'est dit, allez, on va commencer à amorcer la montée de cet Everest qui est la grande distribution. En un an et demi, là, on a vraiment, vraiment créé des liens avec, et d'un côté, bien sûr, les fournisseurs, donc beaucoup d'industries agroalimentaires et la grande distribution. qui est vraiment sensible au sujet. On est assez content de voir que ça résonne aussi pour eux la question des déchets et des emballages. Et là, dans les deux années à venir, l'objectif, c'est d'aller au-delà de ce qu'on est en train de faire aujourd'hui, qui sont plutôt des pilotes, qui marchent très bien, avec plein d'entreprises, on arrive vraiment à mobiliser sur ces sujets-là pour lancer des expérimentations et de dépasser ce stade d'expérimentation et de pilote. pour vraiment déployer à grande échelle dans ces flux-là. C'est vraiment notre objectif très court terme.
- Speaker #1
Et j'imagine que vous avez des projets qui se mettent en place, qui aboutissent prochainement ? Je ne sais pas si on peut citer des noms.
- Speaker #0
Oui, je ne sais pas si on peut trop citer des noms, mais globalement, on a des projets avec les grands noms de la grande distribution, sans grande surprise, Leclerc, Intermarché, U, etc., qui vont aboutir à des problèmes qui ont déjà abouti pour certains et d'autres qui vont aboutir, on espère, d'ici la fin de l'année, avec plusieurs de leurs fournisseurs. Effectivement, nous, à côté, en parallèle de ce déploiement, on lève des fonds en ce moment aussi pour avoir les moyens nécessaires pour ce déploiement à grande échelle, parce que là, on va passer vraiment à un autre stade de volume de caisses traitées, une fois qu'on aura vraiment déployé auprès d'un industriel. slash un distributeur, ça va vraiment être des millions de rotations dont on parle. Donc, on aura besoin aussi d'être solide sur les investissements nécessaires.
- Speaker #1
Donc, j'imagine que cette levée de fonds, elle s'avère acheter de nouvelles caisses, peut-être une unité de lavage plus importante, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, alors, achat de caisse, ça c'est sûr, parce qu'il faut avoir effectivement les actifs. pour opérer. On a également une partie recrutement pour renforcer l'équipe parce que pareil, plus on va gérer de rotation, plus on aura besoin de personnes pour gérer les flux. Et derrière, on a dédié aussi une petite partie pour le développement de l'application de traçabilité parce qu'on travaille notamment de plus en plus sur des sujets d'automatisation de la traçabilité avec nos clients en restauration. C'est souvent des plus petits acteurs, donc l'opération de... de scan étaient souvent assez manuels. Là, avec justement tout le sujet de l'industrie agroalimentaire avec la grande distribution, c'est de pouvoir intégrer l'application de suivi vraiment dans les chaînes de conditionnement et du coup sur les convoyeurs, dans le système d'information de nos clients. On a déjà un projet comme ça, complètement d'automatisation de la traçabilité avec AgroMoscoterre, dont on est assez fiers. Merci. Sur la station de lavage, pour le coup, on a déjà là une modernisation de notre centre de lavage qui va aboutir d'ici deux mois en mai, pour justement pouvoir multiplier nos capacités de lavage et améliorer aussi la qualité du lavage. Et ça, pour le coup, ça a déjà été financé par nous-mêmes en autofinancement pour aller plus loin sur le lavage aussi.
- Speaker #1
Si je ne me trompe pas, cette levée de fonds, elle s'adresse à M. et Mme Tout-le-Monde. Chacun peut contribuer. à l'effort pendant bac ?
- Speaker #0
Oui, on l'a ouverte. Oui, complètement. En fait, on le fait en mixte, on va dire. Il y a une partie qu'on a décidé d'ouvrir au grand public. Alors souvent, les gens me disent, pourquoi ? Parce que vous êtes quand même très sur du professionnel, c'est quand même assez niche. Est-ce que ça a vraiment parlé au grand public ? Et en fait, on se rend compte de un que ça parle énormément, parce que tout le monde a déjà vu une pile de cartons de Gaspol Sirene devant son restaurant en bas de chez lui, ou à la fin d'un marché alimentaire, quand les services de nettoiement arrivent pour nettoyer le marché, on voit la quantité d'emballages que ça représente. Donc en fait, tout le monde a déjà vécu un moment où il a vu ces emballages-là, même si pour la plupart du temps, ils sont quand même cachés du grand public. Et on voit que c'est un sujet qui touche énormément. Et on voulait aussi, déjà, de faire un peu plus connaître l'initiative auprès de tout le monde, d'accroître aussi le réseau qu'on a et qui nous aide vraiment énormément au quotidien. On a beaucoup de soutien. Je trouve ça vraiment important de pouvoir aussi faire grandir cette communauté de soutien qu'on a. Et donc, effectivement, on a ouvert... avec la plateforme So We Found, une campagne pour tout le monde. Et on a une partie qu'on lève avec des fonds à côté.
- Speaker #1
On va clôturer sur notre dernière question. Est-ce que vous avez un petit mot pour convaincre les entreprises ou une entreprise qui hésite encore à passer au réemploi ?
- Speaker #0
Ah là là, si on avait la phrase magique, je pense qu'on l'utiliserait beaucoup plus souvent. Ce qui nous manque aujourd'hui, ce qui manque à aussi beaucoup d'entreprises, Pareil, on comprend complètement, parce que nous aussi, on fonctionne un petit peu sur du court terme chacun. C'est de se dire que le réemploi d'emballage, c'est un sujet qui est à voir vraiment sur du plus long terme. Pourquoi ? Et d'un point de vue environnemental, il n'y a pas de doute, en fait, on ne peut plus continuer comme ça, à générer autant de déchets quotidiennement et surtout à augmenter. On est encore en train d'augmenter la quantité de déchets qu'on produit par habitant. Il n'y a pas eu de... de recul sur le sujet. Donc, avec toutes ces actions-là, depuis des années, on dit qu'on génère trop de déchets. En fait, quand on regarde le tonnage, on est encore en train d'augmenter chaque année le tonnage de déchets que chaque habitant produit. Donc, de un, à un moment, il faut que les gens et les entreprises surtout prennent leurs responsabilités sur ça et vraiment agissent. Et de deux, aussi, en termes de ROI, souvent, les personnes voient à très court terme de se dire il faut Qu'on mette des ressources, comme je disais sur le sujet, qu'on fasse tous ces changements, c'est difficile de se dire mais en fait, derrière, le gain que vous aurez accumulé d'ici deux, trois, quatre ans, en fait, vaut largement le coût de l'effort à date. Mais c'est vraiment ça. Je pense qu'il faut que les entreprises lèvent un peu la tête par rapport à leur activité quotidienne et on sait à quel point c'est difficile pour se dire, en fait, là, aujourd'hui, j'agis vraiment pour le futur.
- Speaker #1
Dans son long terme. Chou, un immense merci pour cet échange ultra inspirant.
- Speaker #0
Merci Sophie.
- Speaker #1
Avec plaisir. On voit bien que Pandobac n'est pas juste une entreprise, mais une vraie solution pour transformer notre façon de consommer et de produire, en réduisant les déchets et en optimisant les coûts. C'est exactement le genre d'initiative dont on a besoin pour accélérer la transition écologique, surtout dans le monde professionnel. Si vous voulez dire stop aux emballages de table et passer au réemploi, n'hésitez pas à contacter Pandobac sur le site web pandobac.com. Leur équipe est là pour étudier vos besoins, vous proposer une solution sur mesure où que vous soyez en France. Vous pouvez retrouver aussi les événements, les initiatives et la levée de fonds de Pandobac sur les réseaux sociaux. Je pense notamment à LinkedIn ou Instagram. Notre entretien se clôture. Je vous souhaite une excellente journée.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Excellente journée également à tous.
- Speaker #1
Merci. Et surtout, n'oubliez pas, chaque bac réutilisé,
- Speaker #0
c'est un déchet en moins et un petit pas de plus vers une économie circulaire. Alors, prêt à sauter le pas ?
- Speaker #1
Vous avez écouté cette épisode jusqu'à la fin ? Merci pour votre écoute. Sachez que ce podcast se décline aussi en un livre guide pratique. Vous pouvez retrouver toutes les infos du livre « Zéro déchet au boulot » dans le descriptif de ce podcast. N'oubliez pas pour soutenir ce podcast, merci de commenter, voire de partager sur votre plateforme musicale préférée. Vos retours, c'est bon pour le moral des troncs. Rendez-vous tous les 15 jours pour un nouvel épisode. Et si vous souhaitez être informé en primeur, vous pouvez vous inscrire sur la newsletter. N'oubliez pas, le zéro déchet est un chemin qui se construit pas à pas. Au plaisir !