- Speaker #0
Zéro déchet au boulot !
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast qui vous accompagne vers le zéro déchet au travail. Vous êtes sensible à prendre soin de la planète, œuvrer pour diminuer les déchets à la maison, mais au travail c'est le désastre. Gâchis de papier, d'emballage, indifférence des collègues, vous vous sentez démuni face à l'ampleur de la tâche. Alors bonne nouvelle, ce podcast s'adresse à tous ceux qui souhaitent avancer de manière positive et concrète dans une démarche de diminution des déchets en entreprise. Allez, place au sujet du jour. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Zéro Déchet au Boulot. Aujourd'hui, on parle d'un sujet que concernent tous les pros de la restauration, des cantines et des bureaux, les bio-déchets. Savez-vous qu'ils représentent près d'un tiers de nos poubelles ? Épluchures, restes de repas, invendus, marre de café, etc. Autant de ressources précieuses qui finissent trop souvent incinérées ou enfouies, alors qu'elles pourraient devenir de l'or brun pour nos sols. Imaginez un instant, vous gérez un restaurant, une cantine d'entreprise, ou bien même vous êtes traiteur. Chaque jour, vos poubelles débordent de déchets d'épluchures, de légumes, de restes alimentaires, de gaspillage. Que faire ? Les jeter, ça coûte cher écologiquement et économiquement à incinérer ou enfouir. C'est là que les alchimistes entrent en scène. Cette entreprise transforme les biodéchets en compost de qualité et accompagne les pros pour en faire une ressource. Pas un problème. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Foucault Wattine, confondateur et président des alchimistes en eau de France. Foucault, merci d'être avec nous ce matin.
- Speaker #2
Et avec plaisir, bonjour Sophie.
- Speaker #1
Bonjour. Alors aujourd'hui, on va explorer pourquoi et comment les biodéchets des pros, cantines, restaurations, bureaux, peuvent devenir une opportunité plutôt qu'une contrainte. On verra les solutions clés en main des alchimistes, donc collecte, compostage et même retour au sol local pour boucler la boucle. On verra aussi les bénéfices, notamment comment les services des alchimistes sont une vraie contribution pour l'économie circulaire. Foucault, on démarre ?
- Speaker #2
Allez !
- Speaker #1
Alors, pouvez-vous nous dire comment cette aventure est née pour vous ? Donc cette aventure, elle a débuté au National, si je ne me trompe pas, en 2016. Mais pour vous, quelle a été l'étincelle ? Qu'est-ce qui vous a fait entrer dans ce projet ?
- Speaker #2
Effectivement, la dachimie, ça existe depuis 2016. Ça a d'abord été lancé en région parisienne. Et me concernant, j'ai découvert le sujet des déchets alimentaires en 2019, alors que j'habitais Lyon et qu'il n'y avait pas de solution. Et puis, en creusant, je me suis rendu compte que l'alimentation a été un sujet très impactant pour l'environnement, pour ce qu'on mange. Est-ce que c'est de la viande ? Quel est le bilan écologique de ce qu'on mange ? La dégradation des ressources naturelles ? Et puis, dans cette boucle de l'alimentation, il y a évidemment la production, la consommation, et donc après, les déchets. En parcourant ce sujet de l'alimentation et de ses impacts, j'ai découvert ce sujet du déchet, et des déchets alimentaires notamment, et je me suis rendu compte que c'était vraiment un impensé, un système qui n'était vraiment pas très bien adressé dans nos sociétés, en tout cas en France. Je me suis dit que j'avais peut-être quelque chose à faire et que je pouvais apporter ma contribution pour essayer de faire évoluer un peu les choses.
- Speaker #1
Comment s'est passée la création de l'antenne Hauts-de-France ? Un petit peu son histoire ?
- Speaker #2
À ce moment-là, je me suis renseigné sur les initiatives qui existaient sur le territoire. Effectivement, les alchimistes étaient encore tout nouveaux et en développement en région parisienne. Je leur ai proposé de copier-coller l'idée. pour les Hauts-de-France, puisque j'en suis originaire, donc sur la région lilloise pour démarrer. Et donc, l'idée est assez basique, il s'agit de convaincre tous les producteurs de biodéchets, notamment professionnels, que cette matière a de la valeur et qu'on peut l'utiliser, notamment pour fertiliser les sols et éviter l'utilisation des engrais. Donc, concrètement, on s'est lancé avec assez peu de moyens, avec un vélo, j'avais un cofondateur, un associé, en plus des alchimistes avec moi, on avait une petite équipe. Et puis, on a commencé à aller toquer aux portes des restaurateurs pour leur proposer des biossos. Et on passe à vélo avec la remorque, ce qu'on fait toujours aujourd'hui, donc depuis à peu près six ans. Et donc, à l'époque, on était en 2020, juste avant le Covid. Et voilà, petit à petit, on a réussi à convaincre que c'était utile. Et puis, il y a eu des évolutions réglementaires, sociétales aussi, qui ont porté le projet et qui nous ont permis de développer la proposition.
- Speaker #1
Ok. Alors justement, vous travaillez avec les restaurants, des hôtels, j'imagine peut-être des supermarchés. Concrètement, comment ça se passe pour eux ? Ça la collecte, par exemple, des biodéchets ?
- Speaker #2
Aujourd'hui, il y a plusieurs situations, mais généralement, les professionnels peuvent en partie utiliser le service public qui propose une logique d'enlèvement pour enfouissement ou incinération, et le tri, le fameux tri qui s'est bien développé avec les extensions de consignes de tri, mais beaucoup plus rarement un bac pour le déchet organique, c'est très rare. Donc, bien souvent, ce flux-là n'est pas admis. disponible et n'est pas valorisé via le service collectif et donc les professionnels doivent souscrire un service privé ce qu'ils font en plus de tout dans tous les cas puisque très vite les légisements les productions de déchets qui sont qui sont issus de leurs activités débordent et dépassent les seuils autorisés par les par les services publics donc de toute façon il est quand même très fréquent que les restaurants ou les entreprises en général ou partout il ya de la consommation alimentaire professionnelle on va dire il ya des services privés de gestion des déchets qui sont commandés. Donc nous, c'est là-dessus qu'on vient se greffer pour proposer le service pour les biodéchets.
- Speaker #1
Et alors concrètement, comment ça se passe si je suis à un restaurant, par exemple en plein centre de Lille ?
- Speaker #2
Alors on va évaluer la quantité de déchets, donc le nombre de sauts, en l'occurrence sur le vélo, le nombre de passages par semaine. Donc on va avoir un scénario de collecte. Et puis ça va générer un certain coût, qui évidemment, on va essayer de faire le moins élevé possible. Et ensuite, la mécanique se met en œuvre. Une fois qu'on s'est mis d'accord, on passe régulièrement. Généralement, c'est une à deux fois par semaine. On prend les biosos qui sont pleins et on les échange contre les biosos qui sont vides. Ça, c'est l'île intramuros pour les petits producteurs. Pour les plus gros producteurs et sur un bassin territorial un peu plus large, c'est la même logique, sauf que c'est avec des mobilités motorisées, donc des camions au gaz en l'occurrence. Mais c'est la même logique. Donc là, c'est des poubelles, des contenants un peu plus gros. plus grand. Et donc, chez des producteurs de déchets qui sont répartis sur le bassin minier, la métropole lilloise, les Flandres intérieures, principalement le Valenciennois aussi, on intervient en direct, on vient avec le camion avec des bacs vides, on les dépose et on recharge les bacs qui sont pleins de biodéchets et on les amène sur notre site. Donc, ça permet pour le client producteur de biodéchets d'avoir un bac propre toutes les semaines, dans lequel il va pouvoir ramasser, rassembler toute cette précieuse ressource. Et j'ai envie de dire, c'est... Il n'y a que ça à faire. C'est déjà beaucoup de travail. Ça veut dire qu'il faut, à la source, dans les cuisines, bien s'organiser pour bien séparer et ne pas mettre de déchets plastiques, par exemple. Et pareil sur la collecte à postériorité de la consommation, donc le tri en salle, ce qu'on voit souvent en restauration collective, un peu moins souvent en restauration commerciale. Il faut que le convive trie bien son assiette et que ce flux soit encore une fois redirigé vers notre bac pour qu'on puisse ensuite l'enlever et bénéficier d'une matière bien triée et prête à composter, en quelque sorte.
- Speaker #3
Aujourd'hui, nous partons à la visite des alchimistes sur le site de Sante. Je suis en compagnie de Paul Philippard. Bonjour Paul.
- Speaker #0
Bonjour Sophie.
- Speaker #3
Alors, qu'est-ce qu'on va faire ce matin ?
- Speaker #0
Alors l'idée, c'est dans un premier temps de montrer un peu les dispositifs qui sont à disposition des citoyens pour collecter les déchets alimentaires. Et ensuite, notre cœur d'activité aussi, c'est la collecte des déchets alimentaires dans les entreprises, les écoles, les établissements. de restauration et enfin voilà un peu aborder des chiffres pour savoir les volumes qu'on vient traiter ici sur notre plateforme de réception à Sante.
- Speaker #3
Ok et donc là on se dirige vers un grand bâtiment.
- Speaker #0
Exactement c'est notre entrepôt donc juste devant l'entrepôt c'est le parking de nos véhicules donc là il est vide parce que les véhicules sont partis en tournée tôt ce matin ça commence vers 6h On possède des véhicules légers avec hayon qui permet vraiment de se déplacer partout dans toutes les rues, même le Vieux-Lille, etc. sans aucun souci. Ensuite, on a un mini poids lourd. Donc, c'est comme un véhicule léger, mais un peu plus gros qui a une capacité de charge un peu plus importante. Et après, on a aussi une benne à ordures ménagère. Donc, c'est un véhicule beaucoup plus imposant qui vient récupérer jusqu'à 6 tonnes. Et là, on est sur de la levée de bac. Pour les véhicules légers et les poids lourds, on est sur de l'échange de bacs. Donc en fait, ça veut dire quoi ? C'est qu'on met à disposition des contenants de 120 litres, 240 litres, qu'on peut retrouver dans les villes. On les met à disposition de nos clients. Et quand on vient les récupérer, on les échange par des bacs propres et désinfectés. Pour la bombe, c'est différent. On vient les lever et on a un système de rinçage, donc une buse haute pression qui vient à l'intérieur des bacs et par rotation, les rincer pour les rendre propres et réutilisables. pour y faire du compost. Là, on va rentrer. Il va y avoir un peu de bruit. C'est le système de lavage de nos bacs. Je vais y revenir juste après. L'idée, c'est de faire le cheminement du bac. Ici, on a une grande porte. C'est l'entrée de l'entrepôt. Ici, il vient se mettre en arrière le véhicule léger quand il arrive. Il vient vider l'ensemble de ses bacs, donc les descendre. Et on va les amener sur notre balance, là où on peut voir Aurore, notre collègue. Et donc, en fait, là, on a un système de balance intégré au sol. Et donc, on vient directement déposer les bacs. Donc ce système qui est directement sur le sol, c'est pour peser les bacs. On vient donc glisser le bac comme fait au ROR. La pesée va s'afficher sur l'écran juste ici. Donc on va connaître le poids du bac. Ensuite on fait ce qu'on appelle une vérification au capot. Donc on ouvre le bac, on vérifie qu'il n'y ait pas d'erreur de plastique, etc. dans le bac. Et après on vient le mettre de côté pour ensuite le vider. Chaque bac possède un QR code. Ce QR code, ça permet de l'affilier à l'entreprise qui produit le déchet alimentaire.
- Speaker #3
C'est-à-dire que quand vous collectez, vous collectez la poubelle complète et vous redonnez l'autre poubelle.
- Speaker #0
Exactement. Par exemple, j'ai un établissement qui a trois bacs à disposition. Il en a utilisé deux. Je ne récupère que les deux qui sont pleins et je les échange par deux propres et désinfectés pour qu'il récupère sa dotation complète de trois bacs. Et c'est hyper important parce que chez les alchimistes on travaille sur une facturation réelle. L'idée c'est aussi d'inciter à la réduction du gaspillage alimentaire. Et donc on va diminuer la production de déchets par le fait de leur afficher le poids de production.
- Speaker #3
Ça permet de belles prises de conscience. Exactement. Et on en a eu des... Positives ou négatives d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est ça. On en a eu des personnes, des restaurants qui étaient très surpris par leur production de déchets alimentaires. Ils ne s'attendaient pas à avoir autant. Et donc ils ont pu prendre des initiatives et venir diminuer et c'est gagnant parce que du coup ils diminuent leur nombre de bacs et leur production de matière et donc ils diminuent leur facturation chez les alchimistes. Après que ça a été pesé, donc là peut-être je te laisse juste regarder.
- Speaker #3
Ah oui c'est vraiment... Bon là il y a du gaspillage.
- Speaker #0
Ah là on voit directement le gaspillage. Là, on est plutôt sur du mar de café.
- Speaker #3
Finalement, c'est quand même pas mal de gaspillage alimentaire. Oui,
- Speaker #0
je vous montrerai juste après la benne de Kingston. On peut tout de suite remarquer du gaspillage. Donc là, ce que fait Aurore, c'est rassembler l'ensemble des bacs qui ont été pesés, qualifiés en termes de qualité, et les présenter à notre ebène. Ensuite, on a un système de levée de bacs qui va venir lever l'ensemble des bacs. et les transvider à l'intérieur d'une benne. Ça prend un bac à la fois ? Ça prend deux bacs à la fois. Donc ça reste quand même un travail de longue haleine. Et ensuite, ça vient les lever et les vider à l'intérieur de cette benne. Pour indication, la benne, elle fait 15 tonnes. Elle a une capacité de récupération de 15 tonnes. Et on en évacue une tous les 1,5 jours. Ah oui,
- Speaker #3
donc quasi 15 tonnes par jour.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et alors concrètement, qu'est-ce que vous récupérez comme matière ?
- Speaker #2
Donc c'est beaucoup de végétal, des épluchures de fruits et légumes, évidemment. Il y a à la préparation des déchets carnés. des os qui sont écartés lors de la préparation des repas, des pots de poisson par exemple. Et puis il y a les restes d'assiettes ou de préparation, soit parce que ça n'a pas été consommé ou c'est resté dans l'assiette. Donc là ça s'apparente à du gaspillage. Voilà donc on va dire que c'est difficile de savoir clairement parce qu'évidemment tout est mélangé mais visuellement on sait à peu près reconnaître un gaspillage alimentaire issu d'un reste d'assiette ou d'une présentation de repas qui n'a pas été consommée. d'un déchet de préparation. Ce ne sont quand même pas exactement les mêmes déchets. Il y a à peu près trois quarts des bacs, ce sont du déchet de préparation. Et on va dire un quart à peu près, c'est peut-être du gaspillage alimentaire. Et c'est là-dessus aussi qu'il y a besoin de travail.
- Speaker #1
Tout à fait. Une fois collectés, qu'est-ce que vous faites de ces biodéchets ? Qu'est-ce qu'ils deviennent ?
- Speaker #2
On va les transporter vers notre site de tri à Sante, ici pour les Hauts-de-France. Et donc, on va faire plusieurs étapes importantes. Alors d'abord, on va peser les contenants, donc les bacs poubelles. pour pouvoir informer le client producteur de biodéchets de sa production de déchets. Et ce, dans une logique de réduction, je vais y revenir. Ensuite, on va contrôler la qualité des flux. inspecter le flux et éventuellement prendre en photo et noter les éventuelles erreurs de tri. Régulièrement, on peut retrouver des canettes, des bouteilles plastiques, des gants de vaisselle, des emballages de beurre individuels, des choses comme ça. Donc ça, on note. Vraiment, on met trois étoiles, tout va bien. Deux étoiles s'il n'y a pas trop d'erreurs. Une étoile s'il y a trop d'erreurs. Ça permet d'avoir ensuite derrière des statistiques faciles à lire et impactantes. Et on prend des photos des erreurs pour engager et faciliter. l'amélioration de notre client pour qu'il puisse connaître l'origine du problème. Ça, c'est une deuxième étape importante après la pesée. Et puis, ce flux qui a été contrôlé et éventuellement corrigé s'il y avait des erreurs, on les a évidemment écartés pour qu'elles ne viennent pas polluer le compost à la fin. Ce flux qui a été bien surtrié, on va le massifier. On va tout rassembler dans des grandes bennes. Et donc, à peu près tous les jours, on a une benne d'environ 15 tonnes qui part chez notre partenaire agriculteur pour aller au compostage. Donc nous, on intervient aujourd'hui surtout sur ce poste presque logistique, qui consiste à aller chercher ce biodéchet et à le qualifier, et à engager le client dans cette logique. Il faut que le client, pour lui, ce soit simple, qu'il ait l'information sur la quantité pour travailler sa réduction, l'information sur sa qualité pour travailler la qualité de son tri, évidemment, et des poubelles propres, tout simplement, en temps et en heure. Donc nous, vraiment, on se concentre là-dessus. Puis il faut être, bien sûr, performant économiquement, parce que Il faut ensuite le convaincre, à la base, que ça vaut le coup de le faire, que ça va lui apporter des avantages techniques, organisationnels, économiques, écologiques, que ça va bien se passer, que ça ne va pas coûter trop cher. Et là-dessus, il faut qu'on soit performant.
- Speaker #1
Et que devient une fois que vous avez collecté votre compost ? Vous le déposez sur un site, vous collectez 15 tonnes par jour. Qu'est-ce qu'elles deviennent ces 15 tonnes par jour ? J'imagine que vous les faites maturer, vous faites maturer toute cette matière.
- Speaker #2
Oui, d'ailleurs, c'est le processus de compostage un peu comme dans le jardin, c'est juste que c'est fait à très grande échelle. Notre partenaire agriculteur reçoit très régulièrement du déchet vert issu des lagages, de tontes, de pelouses et autres travaux de jardinerie. Il va mélanger ce déchet alimentaire qui est très azoté, humide, avec ce déchet vert qui est plus sec, plus carboné. puis en faire des tas qui vont ensuite pouvoir naturellement... fermenter pour venir dégager de la chaleur. Le processus de compostage se met en œuvre. Les bactéries, les archées, les micro-organismes, les champignons, la macrofaune, tout ça va se relayer pour venir dégrader la matière, comme dans une forêt. C'est le même principe que la litière de forêt, mais évidemment optimisé et accéléré par les techniques modernes de compostage. Ça prend à peu près deux ou trois mois. Et puis ensuite, quand toute cette matière a été bien digérée, en quelque sorte, par la nature, Notre partenaire agriculteur va broyer, va cribler, donc il va venir un peu affiner pour retirer les gros morceaux de bois qui partiront en chaudière thermique en partie. Et puis toute la fraction un peu plus fine, plus riche aussi organiquement, va être dirigée vers les champs pour faire pousser les fruits et les légumes. Et la boucle est bouclée.
- Speaker #3
Alors là, on a changé de lieu, on est en extérieur. Où est-ce qu'on est exactement ?
- Speaker #0
Alors là, on est à Ouplanc. à 7 km de Sante où on était juste avant on est sur ce qu'on appelle une plateforme de compostage c'est caractérisé par un sol en béton on fait tout en hors sol et qu'est-ce qu'il se passe sur une plateforme de compostage c'est là où nous on va livrer les fameuses bennes de 15 tonnes tous les 1,5 jours notre camion va arriver avec la benne sur le dos on va dire Et il va aller sur un point à bascule, et donc il va y avoir après une sorte de pesée, parce que quand le véhicule va tout vider, il va repasser par ce point à bascule, et on va faire la différence, et on saura exactement combien de matière on est venu déposer sur ce site. Et c'est aussi là où des camions, les services de la ville pour l'entretien, etc., qui vont tailler les haies, tondre, etc. vont passer par cette plateforme aussi, amener ce qu'on appelle de la matière verte, de la matière carbonée, qui fait partie du fameux mélange de compost. Et donc là, on a livré hier une benne. Et ce qu'est en train de faire ce monsieur avec son tractopelle, c'est de venir rajouter de la matière verte au-dessus du déchet alimentaire, pour venir le couvrir. Donc ça, c'est une première chose qu'on va faire.
- Speaker #3
Il y a un peu plus d'odeur que dans la cuisine de tout à l'heure.
- Speaker #0
Exactement, on y voit même un peu de fumée si tu peux observer sur ta gauche. Donc là, c'est pour vraiment te montrer le côté chaleur. Comment ça fonctionne ? C'est qu'ils vont essayer... et d'amasser un certain nombre de déchets alimentaires et de déchets verts. Et ensuite, ils vont faire venir des engins pour faire la production de compost. Alors là, il faut savoir qu'on est le printemps déjà bien entamé. Donc la production de compost a déjà été bien réalisée. On le voit ici, des tas qui viennent jusqu'à nous, qui vont encore cinquantaine de mètres derrière. Et en fait, ils vont faire venir une broyeuse qui va, avec un grappin, venir chercher le mélange de déchets verts et déchets alimentaires, le mettre dans la broyeuse pour réduire en petits morceaux plus de surface d'exposition, une décomposition aussi plus rapide, donc un processus de compostage accéléré naturellement. Et ensuite, ce déchet, après être broyé, va être ce qu'on appelle criblé. Donc on va avoir une sorte de passoire à trous. qui vient récupérer les petits morceaux qui eux vont participer au compost directement, ça va être du compost fin, et les plus gros morceaux qu'on appelle des refus de cribles qui eux vont soit être après réintégrés dans l'état pour composter ou si on ne peut plus les réintégrer, vont être valorisés de manière énergétique, en briques énergétiques. Et donc là ce que tu peux voir, c'est un tas de compost qui fument. et qui va maturer. Et donc là, il va falloir du temps. C'est à peu près trois mois ici. Comparé à chez nous, on est aux alentours de six, huit mois. Là, le tas, il est très petit. Il peut venir jusqu'à nous et venir jusque... En fait, là-bas, vous voyez, c'est une sorte de trou où il y a de l'eau. Donc ça, c'est par sécurité parce que déjà, il peut y avoir des jus. Et ensuite, il faut un apport d'eau pour équilibrer le compost ou si on a des départs de feu. Parce que forcément, le compost monte en température et des fois, ça peut être propice au départ de feu. Donc, c'est le plus gros danger qu'on peut avoir sur une plateforme de compostage. Et donc, le tas peut venir sur cette dizaine, vingtaine de mètres s'agrandir. Et donc là, récemment, ils ont dû faire une campagne de broyage. Et vous pouvez voir tout au fond, là, c'est du compost qui est mature. On le voit parce qu'il ne fume plus. Il est tout fin, donc il a été recriblé. par un cribleur un peu plus fin pour après être récupéré par les agriculteurs et être épandu sur les surfaces agricoles. Et donc ça on vient le faire au printemps ou aussi à l'automne pour nourrir le sol. Il faut savoir qu'on ne laisse jamais un sol à nu et donc des fois on vient rajouter du compost, faire de l'interculture, il y a tous des systèmes d'agroécologie qui permettent... de prendre soin du sol. En termes de volume, on est sur une réception de 19 000 tonnes à l'année, ici. Donc mélange à la fois de déchets carbonés et de déchets organiques. Ils sont sur un compost qui est plus riche en carbone qu'en matière organique, ici. Donc on a un ratio plutôt de 70% de carbone, 30% de matière organique. C'est vous qui ramenez la matière organique finalement ? On participe à ramener la matière organique. Il y a d'autres flux de matière organique qui peuvent arriver. Ça peut être des industriels de l'agroalimentaire qui vont être un flux facilement accessible et propre. Nous, on est le seul à proposer un déchet diversifié et riche parce qu'il vient finalement de petits gisements qu'on est capable avec notre logistique de venir collecter et de proposer en propre sur ces plateformes-là. Donc là, tout de suite, on va avoir un apport en matière organique qui est beaucoup plus intéressant. Et donc, ça va produire... Donc, on est sur 19 000 tonnes. On va produire 9 000 tonnes de compost. Voilà, il y a un petit rapport de 2. Alors que nous, avant, on faisait du compost chez les alchimistes. On était sur un rapport de 5. On divisait par 5 parce qu'on était sur un compost qui était très riche en matière organique. Et la matière organique est quand même composée énormément à partir d'eau. Et donc, on diminuait par 5. Donc pour 100 kg, on produisait 20 kg de compost.
- Speaker #3
Et finalement, la fin de la filière, ça vous appartient encore ? Le compost tout fait, il appartient à ce site ? Exactement,
- Speaker #0
il appartient à notre agriculteur qui lui participe à des projets. En fait, pour la petite histoire, ici on est au-dessus d'une zone de captation de lamelles. Donc on a des nappes phréatiques qui sont des réserves importantes, protégées. Et donc on ne peut pas faire ce qu'on veut avec le sol. Et c'est pour ça, in fine, qu'on a l'utilisation du compost sur cette zone-là. Donc c'est une zone qui a différents niveaux de sécurité en cercle, ça se passe en cercle. Donc au centre, on fait très attention à ce qu'on fait. Et donc là, on est sur une zone qui est à peu près 20 km en circularité. Et on vient disposer ce compost sur cette zone-là. Donc c'est toujours intéressant d'avoir du compost qui est utilisable en agriculture biologique, utilisé très peu d'intrants chimiques. C'est pour ça aussi qu'on n'a pas d'élevage sur ces terres-là, parce que derrière, il y a une ressource à venir protéger.
- Speaker #3
C'est peut-être les sources cristallines qui sont dans le coin ?
- Speaker #0
C'est vraiment l'eau qui appartient à la métropole européenne de Lille. C'est l'eau qu'on va nous retrouver dans nos circuits d'eau. Ici, c'est la ferme de Bleuzet. Il accompagne des agriculteurs à venir faire une agriculture aussi plus raisonnée. 80% du compost qui est produit ici part en agriculture conventionnelle, on va dire. Et 20% part en agriculture biologique. Nous, on peut en récupérer une... partie, on peut en demander forcément vu qu'on fournit la matière en échange on peut demander une partie de cette matière là pour participer à des projets diverses et variés, par exemple la distribution de compost comme on disait tout à l'heure aux entreprises, on vient récupérer une partie du compost mais l'idée c'est vraiment que le compost finit sur les sols agricoles, parce que le compost a 5 super pouvoirs c'est un structure en sol, on le voit il y a des morceaux, il y a de la matière c'est aussi ça clôt c'est le berceau d'une vie, donc les vers de terre, mycélium, etc. C'est un filtre, ça permet de filtrer l'eau. Pourquoi ? Parce qu'on a cette matière qui vient structurer, donc créer des trous, etc. Les vers de terre qui viennent créer leur galerie et autres. Donc on a l'eau qui vient être absorbée par le sol. Ensuite, ça vient apporter dans le futur du nutriment au niveau de la plante. Donc ça a un pouvoir de fertilisant. Et après, ça vient capter aussi le CO2. Il faut savoir que la Terre est aussi un puits de carbone, donc il vient récupérer le CO2. Le plus connu dans la Terre, ça va être les tourbières, qui elles, sont des grands capteurs de CO2. Et c'est pour ça aussi qu'on a des grosses problématiques au niveau des engrais qui comportent de la tourbe, où on vient enlever ça. Mais maintenant, il existe des alternatives de terreau sans tourbe.
- Speaker #3
N'achetez pas. Du terreau avec de la tourbe.
- Speaker #0
C'est ça. Et bon, maintenant, c'est devenu... On a identifié ce problème-là. Donc, marketing-ment parlant, on est prêts. Tout dans les magasins, c'est bien indiqué quand il y a de la tourbe ou pas de la tourbe. Donc, oui, il y a tout un intérêt à prendre ce type de choses-là. Mais oui, c'est un puits de
- Speaker #3
CO2. OK. Oui, je suis impressionnée de la qualité du compost. Enfin, moi qui suis jardinière, de voir un compost aussi fin et aussi... Oui. finalisé et sans résidus, c'est impressionnant.
- Speaker #0
En fait, le compost vient être certifié. On vient vérifier un peu ce qu'il y a dedans, c'est pour ça que tu vois qu'il est assez propre et beau. On vient le certifier par un laboratoire indépendant qui vient faire des analyses. Et les analyses vont se focaliser sur les teneurs en métaux, les teneurs en plastique, bactéries, etc. et aussi la teneur en matière organique. et donc c'est à partir de ça où on va avoir une certification plus ou moins importante sur le compost donc nous très souvent on a dans les tests 0% de plastique qui sont à l'intérieur du compost et c'est aussi pour ça qu'on peut l'utiliser en agriculture biologique c'est assez impressionnant
- Speaker #1
Vous êtes existant depuis à peu près 6 ans sur les Hauts-de-France. Est-ce que vous avez des chiffres clés à nous transmettre ? J'ai noté 15 tonnes par jour en moyenne, ce qui est déjà énorme.
- Speaker #2
Oui, on a à peu près une benne d'à peu près 15 tonnes qui est circulée quotidiennement. On compte quelques 400-450 clients sur notre zone de chalandise, qui s'étend sur les Hauts-de-France. on fait à peu près un an Je vous fais un petit calcul, on fait à peu près 3000 tonnes équivalent annuel de biodéchets actuellement. Donc bon, ce n'est pas beaucoup quand on considère les quelques 10 millions de tonnes de déchets alimentaires qui sont produits en France chaque année, que ce soit par les habitants à la maison pour deux tiers ou les pros pour un tiers. Donc là, depuis le début, je me suis focalisé sur les professionnels, mais c'est vrai qu'il y a encore beaucoup de travail aussi à la maison, on pourra y revenir pour les habitants. Donc, ce n'est pas énorme, 3000 tonnes, évidemment, mais à l'échelle d'un bassin d'habitation et d'une…
- Speaker #0
d'une logique relativement nouvelle de collecte séparée de ce biodéchet, ce n'est pas non plus totalement anodin. On estime que ça représente à peu près 10-15% de parts de marché, pour parler en langage économique, sur notre zone de Chalendry. Donc voilà, on a une petite place de spécialiste, et puis d'avant-gardiste presque, si j'ose dire, sur cette proposition. Et c'est un chiffre qui, en ce sens, peut avoir du sens, je suppose.
- Speaker #1
Et donc vous intervenez aussi ? pour les particuliers ou vous avez envie d'intervenir pour les particuliers ?
- Speaker #0
Donc, on a pu mettre en place d'autres différentes logiques pour aussi faire pousser la démarche auprès des habitants. Donc, dans le cadre de marché public avec notamment la métropole guilloise, on a implanté les ponts d'apport volontaire sur l'île Intramuros depuis 2024. Donc, ça permet aujourd'hui à quelques 112 000 habitants de disposer d'une solution simple et efficace en bas de chez soi par le point d'apport volontaire. Donc au même titre qu'on dépose son verre dans une boîte qui est ensuite collectée, c'est la même chose pour le déchet alimentaire. Évidemment, la collecte est plus fréquente puisque le déchet est fermant, donc on passe une à deux fois par semaine. Ça, c'est sur l'île Intramuros, l'île Centre. Et plus largement sur le périmètre de la Melle, on implante depuis 2022, dans la continuité d'un service public, des composteurs partagés. Donc voilà, on a implanté à peu près 200 sites. qui permettent à plusieurs milliers de foyers de se rendre sur des points de compostage. Donc là, à ce moment-là, le collectif va vraiment travailler le compostage sur place. Il n'y a pas d'opération de collecte. Et donc, on réalise à ce titre-là seulement un accompagnement pour les bonnes pratiques du compostage.
- Speaker #1
Alors là, on se retrouve devant trois composteurs.
- Speaker #2
Exactement. Alors, c'est trois bacs, en fait. qui sont mis à disposition par la MEL. Pour les obtenir, l'idée c'est de remplir un dossier sur le site de la MEL, trouver un endroit où mettre ses bacs, trouver des personnes motivées pour participer au compostage et ensuite une personne de notre équipe, donc Lorraine, se déplace, vérifie qu'on peut bien les disposer à tel endroit, vérifie aussi les autorisations du bailleur et autres. Et ensuite, on vient mettre à disposition ces bacs.
- Speaker #1
Donc, c'est des gros bacs qui font à peu près quoi ? 1,50 m ?
- Speaker #2
C'est du 600 litres. C'est à peu près 1,50 m sur un peu plus d'un mètre.
- Speaker #1
C'est plus grand que les bacs qu'on connaît habituellement.
- Speaker #2
Exactement. Et l'idée, c'est qu'on va en mettre, là, c'est le minimum de trois, mais on peut en mettre un peu plus en fonction du nombre de personnes qui souhaitent participer à l'activité de compostage. C'est vraiment de faire du compostage qu'on appelle in situ, donc sur place. On a toujours un premier bac, c'est de la matière sèche, donc du carbone, du broyat, etc. Donc ça, on trouve un moyen de se procurer du broyat par les mairies, par les services de ville, etc. Et après, on a les bacs de dépose. C'est là où on va venir mettre ces épluchures de légumes, les épluchures d'oranges, etc. à l'intérieur du bac pour venir faire le compostage. Donc là, il y a une formation. qui est faite auprès des personnes qui participent au projet. On appelle des référents de site. Il y a minimum deux personnes qui sont référents du site et qui vont être formées à la bonne utilisation des composteurs. Qu'est-ce qu'on peut mettre dedans ? Qu'est-ce qu'on évite ? Là, on est vraiment comme du compost à la maison. On va se limiter à tout ce qui va être épluchure de légumes, de fruits et autres. Mais on va éviter tout ce qui va être produits laitiers, le pain, produits carnés. ou le reste d'assiette. Parce que c'est ce qui peut attirer plus facilement les nuisibles quand on ne sait pas gérer le compost. Ça demande un peu plus de travail en tout cas. Et ensuite, le dernier bac, c'est quand on ne touche plus au compost. En fait, on vient faire venir toutes les personnes qui sont rassemblées autour de ce projet-là et on vient transférer la matière pour qu'elle se composte et on va le laisser entre 6 et 8 mois. et ensuite on refait un événement pour sortir ce compost qui est mature donc un compost mature c'est un compost où on ne reconnait plus trop ce qu'il y a à l'intérieur il est vide il a été vidé mais on ne reconnait plus vraiment ce qu'il y a à l'intérieur on peut le prendre dans la main si on le compresse un peu dans la main il doit rester en une pièce et donc il doit être brun et sentir un peu l'humidité le sous-bois Je vais y aller. Exactement. Et ensuite, on l'épand sur les sols, donc au pied des arbres, dans les jardins. Les personnes peuvent le reprendre pour leur appartement, leurs plantes, etc. Donc, ça reste un bon amendement. Super.
- Speaker #0
Et enfin, dernière chose qui s'est quand même bien développée aussi sur les quelques deux dernières années, toujours sur le territoire de la Melle, c'est la distribution des composteurs individuels, sur laquelle on est aussi partie prenante, pour engager encore les habitants qui, cette fois-ci, ont un jardin et peuvent implanter un composteur vraiment individuel pour déroter à la source leurs déchets alimentaires. Ce sont toutes des dispositions techniques, organisationnelles qui sont complémentaires et qui, mis bout à bout, doivent vraiment présenter un... un ensemble de solutions pour que chaque habitant trouve la solution qui lui convient le mieux. Je peux aussi préciser que toujours sur la mêle, il y a un enlèvement porte-à-porte des déchets verts et des déchets alimentaires qui est réalisé pour la moitié des communes. Il faut que les habitants du territoire soient au courant, qu'ils peuvent aussi mettre leurs déchets alimentaires dans ces bacs-là. Vraiment, il y a des solutions et ce que j'évoque pour la mêle existe en bonne partie sur les autres intercommunalités de la région. Donc, ça s'est bien développé depuis quelques années.
- Speaker #1
Justement, au niveau développement, la réglementation a évolué. En 2016, c'était les gros producteurs de biodéchets, plus de 10 tonnes, qui devaient valoriser leurs déchets, en tout cas faire le tri. Et depuis janvier 2024, ça s'est étendu à tous. Dès le premier kilo de biodéchets, on est censé faire le tri. Comment les pros ont-ils réagi ? Comment ça s'est passé pour vous ? Est-ce que vous avez vu une évolution de la demande ? Une peur peut-être de vos clients ?
- Speaker #0
Alors, oui, il y a eu un effet... Alors la précision sur effectivement la loi nous a permis dans une phase de développement de lever des fonds et de convaincre que ça arrive et que notre idée elle est quand même logique et donc déjà de générer de la demande. Puis il y a eu cet affermissement au 1er janvier 2024 qui a généré beaucoup de demandes fin 2023 et début 2024. Et puis il y a eu un peu un tassement malheureusement et aujourd'hui on estime que une petite moitié des professionnels sont équipés, peut-être 40%. Et donc, il y a encore... ceux qui n'ont pas trop envie de s'en occuper et ceux qui attendent la coercition de la loi, qui sont à aller chercher ou ceux qu'il faut juste convaincre. En tout cas, les moyens maintenant sont là, que ce soit chez nous ou certains de nos concurrents, ou même par l'impulsion des collectivités qui ont su se saisir du dossier, et notamment à cause ou grâce à cette loi. Donc maintenant, il faut continuer à pousser. pour que l'adoption se fasse. Mais il y a eu évidemment un effet d'entraînement qui a été tout à fait bénéfique. On peut regretter que ça se tasse, et je pense que la conjoncture n'aide pas. Mais oui, le législateur et le politique ont un rôle essentiel à jouer sur la question des déchets. Il n'y a pas de question là-dessus.
- Speaker #1
D'autant que le biodéchet, c'est quand même une vraie opportunité pour nourrir les sols qui s'appauvrissent. Un vrai enjeu global, finalement, au-delà du déchet. Il y a un vrai enjeu global qui est ultra intéressant. C'est un déchet qui représente finalement comme un trésor pour enrichir nos sols. Est-ce que, là, vous travaillez depuis à peu près, vous intervenez depuis six ans sur la région Hauts-de-France. Est-ce qu'il y a un exemple d'une structure qui vous a marqué, une structure qui a vraiment mis le paquet pour pouvoir heureux. Se saisir de cette question des déchets qui a beaucoup évolué, qui a mis en place plein de choses. Je ne pense pas à la formation des collaborateurs, à une mise en place exemplaire. Est-ce qu'il y a parmi vos clients un exemple que vous avez envie de partager ?
- Speaker #0
Oui, il y a des grandes entreprises qui ont beaucoup de collaborateurs et qui, malgré tout, génèrent quand même une quantité de déchets assez importante. Je pense à G2R, par exemple, sur son site de Mont-Saint-Barreul. On peut penser à La Redoute, sur ses effectifs de Roubaix. Ce sont des grandes entreprises qui ont un fort pouvoir d'entraînement auprès de leurs collaborateurs et de prescriptions et qui ont, il me semble, un intérêt à mettre en place ces démarches, ce qu'on a pu faire avec succès. Dans certains cas, ça a demandé aussi, j'ai envie de dire, pas mal de vigilance pour... faire évoluer le geste de tri et dans la majorité des cas, on obtient, notamment dans les exemples cités, du soutien auprès des commanditaires, des clients qui veulent faire aboutir la démarche et qui savent multiplier les mécanismes, les sensibilisations, les moments pour faire évoluer et embarquer dans le tri les équipes. Donc voilà, je pense que c'est intéressant de souligner l'engagement qui peut être fait par ces clients. On peut citer aussi Coffee10, qui est un gros site sur la hot-board. Et là où nous, on aime bien ça, c'est évidemment qu'on accompagne. On n'est pas juste un service pour enlever le déchet, se conformer à la loi et puis cocher la case. On fait très attention à la qualité du flux, à la quantité, à l'évolution de la quantité. Si ça monte dans un sens ou ça baisse dans un autre, il s'est passé quelque chose. Il y a plus de collaborateurs, il y en a moins, tout va bien. Ou alors, il y a eu... trop de gaspillage ou carrément un abandon sur le tri. Et donc là, on a un problème. Donc il faut que là-dessus, on puisse, nous, être proactifs, mais aussi que notre client ait envie vraiment de se dire « Ah bah oui, tiens, il n'y a plus les déchets, qu'est-ce qui s'est passé ? Bon, je vois que le tri s'arrête parce que les gens ont arrêté de le faire pour je ne sais quelle raison. On va remettre une sensibilisation, on va revoir la signalétique, on va refaire une com. » Donc je pense que là-dessus, c'est vrai que les exigences de gestité sont bonnes parce que... on a un bon relationnel, on fait des points et on arrive à faire vivre la démarche. Et je pense qu'on propose autre chose que juste parler de déchets aux interlocuteurs. Les collaborateurs visés ont reçu du compost, ils nous ont vus, ils nous connaissent. Il y a eu des petites vidéos, ils ont visité nos sites de compostage. Et donc, ils s'impliquent après, je crois, plus quand il s'agit de trier ou d'éviter les déchets de manière générale.
- Speaker #1
Moi, ce que je vois sur le terrain, c'est quand on donne du sens à l'action. l'action devient pérenne et un peu plus puissante. C'est-à-dire que les personnes impliquées ont compris l'objectif et pourquoi on fait ça et à quoi ça sert. Finalement, ça devient une action qui est incarnée, qui est beaucoup plus puissante et beaucoup plus pérenne que simplement dire qu'il faut mettre vos biodéchets dans tel bac, parfois qui peut être vécu comme une contrainte. Alors justement, si on parle de frein, Quels sont les freins que vous rencontrez le plus souvent chez les professionnels ?
- Speaker #0
Il y a des freins, je pense, un manque de compréhension sur l'utilité. On va se voir opposer qu'on n'a pas le temps, pas le budget, pas le besoin. Je pense que c'est quelque chose qui est retardé, qui ne paraît pas prioritaire. Or, sa mise en œuvre bien réalisée permet aux équipes de... de se dégager du temps, dans certains cas de fidéliser la marque employée du producteur parce qu'en fait, il y avait dans les équipes une souffrance de ne pas valoriser et elle n'est pas toujours bien perçue. Ce n'est pas un élément complètement anodin quand on a pour métier de faire à manger. Je pense que c'est parfois le décisionnaire, décideur, a plus l'œil sur le compte en banque que sur la logique fondamentale de son métier. Il y a quand même un secteur, si on parle de la restauration commerciale, qui est quand même pas mal en souffrance. La priorité n'est pas toujours donnée à ce poste-là. Évidemment, on peut le déplorer. On arrive assez rapidement en expliquant qu'il y a la consommation de services de gestion des déchets en général. En triant, on ne fait qu'optimiser la réduction et les coûts de gestion des déchets. C'est juste un moment. un effort, peu chronophage peut-être, organisationnel certainement, qui doit être demandé. Et si on l'accompagne bien et qu'on le réfléchit bien, ça se passe très bien. Donc nous, on ne fait que ça. Et donc je pense qu'on arrive aussi à convaincre qu'avec les alchimistes, le changement va se faire efficacement.
- Speaker #1
Ce que j'entends pour lever les freins, c'est surtout de l'accompagnement et de prendre en compte les contraintes de chacun pour pouvoir adapter au mieux la situation. Oui, ça...
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que c'est un flux nouveau. C'est un flux qui peut générer des nuisances olfactives, de prolifération, de nuisibles, ou en tout cas d'indésirables. Donc, c'est vrai que c'est bien de montrer de la réassurance et de l'accompagnement. Et puis, on ne trouve pas toujours la bonne formule du premier coup sur la pré-collect, sur la fréquence de collecte, donc de la réactivité. notre service permet de connaître les quantités, d'adapter les fréquences, d'avoir des bacs propres. Tout ça, c'est vraiment des designers, j'ai envie de dire, spécifiquement pour ce flux et ça apporte de la sérénité à celui qui veut adopter les gestes.
- Speaker #1
J'imagine peut-être pour certains une prise de conscience des quantités de biodéchets jetés régulièrement. Peut-être que ça pousse à l'action.
- Speaker #0
Oui, on a souvent le cas de clients qui ne se rendent pas compte des quantités générées. Il y a parfois des activités loisirs où ce sont des centres de loisirs, des choses comme ça, qui vont se concentrer sur d'autres choses. Et en fait, la production alimentaire et ses corollaires sont parfois un peu sous-estimées en termes de coûts, en termes d'impact. Et donc, c'est vraiment intéressant pour eux de mettre le doigt là-dessus. Ce n'est pas la même chose dans ce cas. Il y a des cas où on a une restauration concédée, professionnelle, qui fait ça toute la journée. D'autres, c'est un à côté. À ce moment-là, les approches ne sont pas les mêmes. Et c'est vrai qu'il y a des enseignements à en tirer.
- Speaker #1
Alors, si une entreprise souhaite installer son propre composteur, quels seraient les points de vigilance que vous pourriez conseiller pour que ça se passe plutôt bien ?
- Speaker #0
Dans le cas où une entreprise veut installer des composteurs sur le site, il y a effectivement un cadre réglementaire, qui s'appelle la gestion de proximité, qui permet de traiter sur site de production du déchet jusqu'à une tonne par semaine. C'est quand même très... C'est quand même assez large. Généralement, tous les effectifs, même relativement grands, peuvent y aller sur ce cadre-là. Ça me demande un suivi régulier de la dégradation, des températures. Il y a un petit protocole à adopter pour que les choses se passent bien. Ce qui est crucial, c'est d'avoir un engagement des personnes, des collaborateurs. C'est évidemment la base. Après, le reste, c'est du matériel et de l'organisation. On peut faire une petite formation. pas très compliqué. C'est vraiment la motivation. Et donc, il faut avoir des personnes motivées et en nombre, parce que les personnes ne restent pas forcément en poste éternellement. Donc, il faut que le relais d'intérêt se fasse, que les personnes puissent passer le relais. Et puis, il faut nourrir la dynamique pour pas qu'elle s'écroule et qu'on ait mis en place quelque chose et puis qu'au bout d'un an, personne n'y aille. Donc, il faut régulièrement utiliser ce compost pour un sujet potager, nourrir la démarche. et nourrir l'intérêt des personnes qui continuent tous les jours à la cantine, à bien séparer, à aller au composteur, chaque semaine à faire un petit retournement, à mettre le broyat. Il y a des petites manipulations. Donc, il faut qu'il y ait ce sens et cette envie qui soient partagées dès le départ.
- Speaker #1
Et vous-même, vous accompagnez, par exemple, les cantines à mettre en place leur propre composteur ? Ou vous priorisez plutôt ?
- Speaker #0
On propose. Dans la pratique, ça se fait assez peu. On connaît quelques cas qui sont faits, généralement c'est plutôt avec le soutien de l'intercommunalité qui proposant déjà des composteurs partagés pour les habitants. Finalement ce sont les mêmes modules et les mêmes types d'accompagnement, donc c'est plutôt via les intercos que les entreprises peuvent accéder, selon les règles de l'interco. Donc on peut le faire, mais en pratique ça se fait peu.
- Speaker #1
On arrive bientôt vers la fin de notre échange. Est-ce que vous avez des projets à venir pour les alchimistes, en haut de France ou peut-être au national ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, on travaille la consolidation de nos services et de nos performances techniques et économiques. J'en ai déjà parlé. On travaille avec un réseau de partenaires aussi depuis quelques temps pour pouvoir répondre à 100% des demandes sur le territoire national et être un guichet unique du déchet alimentaire pour que tous les producteurs puissent nous adresser une question et recevoir une réponse utile. Ça, c'est très important. Ça permet évidemment de concevoir le sujet aussi dans son ensemble avec des interlocuteurs professionnels qui peuvent être partout sur le territoire national. Donc, on bosse là-dessus. Et après, aujourd'hui, c'est aussi d'entretenir le lien avec le sol, de continuer à démocratiser le sujet méconnu et un peu invisible de la qualité des sols qui malheureusement se dégradent et demandent donc... qu'on en prenne soin. Donc, on travaille des sujets de sensibilisation autour de cette problématique et afin de continuer à être un acteur incontournable de la valorisation du déchet alimentaire et du soin des sols.
- Speaker #1
Un dernier conseil pour une entreprise qui hésite encore à se lancer, un petit argument choc pour motiver les troupes ?
- Speaker #0
Eh bien, il y a des arguments qui consistent à donner de la visibilité à ce qu'est le sol. Certains ne savent pas que dans un gramme de sol, et Il y a plus d'espèces que dans un zoo, par exemple, pour citer, pour paraphraser Marc-André Solos, qui aime beaucoup le sens de la formule, que ce sol, on doit évidemment le transmettre aux générations futures. Et donc, en prendre soin, c'est vraiment vital, au sens le plus strict du terme. Donc voilà, s'embarquer avec les alchimistes, ce n'est pas que traiter son sujet des déchets, ce n'est pas que optimiser l'organisation et peut-être le coût de gestion de ces déchets. C'est aussi vraiment prendre part à un sujet de société, à un sujet humain, un sujet qui peut dépasser l'entreprise et donner du sens aux équipes, au-delà de la fonction première de l'entreprise, si on se concentre là-dessus. Donc oui, j'ai envie de dire, venez aussi trouver chez les alchimistes des relais d'utilité au-delà de vos fonctions du quotidien et avec notre petite participation, compléter le sens que vous donnez à votre quotidien et à vos équipes.
- Speaker #1
C'est noté. Foucault, un énorme merci pour cet échange ultra inspirant.
- Speaker #2
Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci à vous. On sent vraiment que les biodéchets, pour vous, ce n'est plus une contrainte, mais vraiment une opportunité à saisir. On a besoin de ces énergies pour avancer vers un monde plus circulaire et effectivement, comme vous le disiez, prendre soin du sol. Je vous souhaite une belle et longue aventure avec les alchimistes. Toujours plus de pros qui se lancent dans le compostage, la valorisation de leurs biodéchets. Poursuivre les actualités des alchimistes. et peut-être vous lancer, sait-on jamais, vous pouvez vous rendre sur le site internet alchimisteaupluriel.co Si vous avez envie de contacter par mail, le lien c'est contact arrobas alchimisteaupluriel.co Donc ça peut être pour une évaluation de vos quantités de biodéchets, une question ou simplement pour échanger. Donc ça c'est valable sur toute la France. Si vous avez envie de contacter les alchimistes au niveau des Hauts-de-France, vous aurez tous les liens dans le descriptif du podcast. Foucault, merci encore.
- Speaker #0
Et merci à toi, Sophie.
- Speaker #1
Plaisir. Merci pour votre écoute. Je suis Sophie Free. Dans la vie, je travaille pour sensibiliser au développement durable. Et je parle notamment du zéro déchet. Pour cela, je propose des ateliers, des conférences, des formations professionnalisantes, un blog, Sophia Naturel, et je suis aussi auteur de livres sur le sujet. Retrouvez toutes mes informations sur le site sophie-o-naturel.fr Au plaisir !