- Speaker #0
Stéphanie, je la suis depuis plusieurs années sur les réseaux, mais un jour, il y a un épisode de sa vie qui est apparu dans mon fil, sans doute un des plus marquants de son histoire. Je me souviens m'être arrêtée, de m'être dit que ça pouvait arriver à n'importe laquelle d'entre nous, que ça pourrait m'arriver à moi ou à lui. Bref, aujourd'hui, elle est prête à en parler. et surtout à partager quelque chose de bien plus précieux, comment elle a fait pour continuer à avancer, quand la vie lui a pris quelque chose d'essentiel. Stéphanie, tu la trouves sous la stratégie du citron, elle est consultante business, elle accompagne des femmes comme moi, des femmes qui cherchent à construire une vie qui leur ressemble vraiment, une vie libre. Mais avant d'être celle qui tend la main, elle a dû justement apprendre à se relever elle-même, après la mort de Sébastien. Aujourd'hui, elle va donc nous parler de résilience, de reconstruction et de liberté, et d'une histoire qu'elle n'a jamais racontée publiquement. Bienvenue ! Dans Zéro Filtre. Être une femme, c'est terriblement compliqué. Les hommes et les femmes devraient avoir les mêmes droits.
- Speaker #1
Zéro Filtre, un podcast qui t'invite à explorer des sujets dits tabous en toute simplicité.
- Speaker #2
Le jour où les femmes diront la vérité, les journées n'auront pas la même saveur.
- Speaker #1
Dans chaque épisode, plongée dans des témoignages honnêtes, de la confiance en soi à la maternité.
- Speaker #2
Tu as une vraie plateforme. Ce que tu dis a de l'importance. Je ne me suis jamais permis de souffler, ne serait-ce que 15 jours. Livre, libre, je ne veux plus tomber.
- Speaker #1
Zéro filtre, présenté par Isalina Kerman.
- Speaker #2
Votre capacité à changer tout ce qui est, démarre ici.
- Speaker #0
Coucou Stéphanie ! Hello ! Ça fait plaisir de passer dans la réalité. Oui. Parce que ça fait des années, c'est ce qu'on était en train de discuter en off, qu'on se suit. 8 ans, 9 ans, un truc comme ça, 8 ans ? Ecoute, ne dis pas, on est des dinosaures. Oh ben alors tout le monde, dès qu'on passe plus de 4 ans, tous ceux qui sont venus après Covid, on est considérés un peu... Ok, on fait un dimanche. Voilà, exactement. Merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #3
Merci, ça m'a fait vraiment plaisir.
- Speaker #0
Ça me touche. On est là pour parler de temps parcours. parler de ce qui s'est passé avec Sébastien et comment ça a impacté ton chemin de vie. Oui. Mais avant tout ça, j'aimerais bien que tu te présentes aux auditrices, aux auditeurs, de la manière que tu veux.
- Speaker #3
Ok. Je m'appelle Stéphanie. Avant de parler de travail, on va parler de... Je suis juste une femme qui vit sa vie de la manière la plus libre possible depuis très longtemps, avec quatre enfants, un chéri qui est dans les étoiles. depuis 2020. Un chat qui me suit toujours, partout. J'ai beaucoup bougé, beaucoup déménagé. Voilà. Et puis à mon côté, je suis consultante business pour des femmes chefs d'entreprise qui sont dans toute la Suisse romande et puis au-delà, aux Etats-Unis, en Australie et en Angleterre.
- Speaker #0
Ma prochaine question, c'était de définir sans rôle ni casquette, mais tu l'as presque fait.
- Speaker #3
Sans rôle ni casquette ?
- Speaker #0
C'est une question que je pose à tout le monde.
- Speaker #3
Je suis vraiment quelqu'un de...
- Speaker #0
Je suis une femme qui vit sa vie sans se soucier de ce que pensent les autres.
- Speaker #3
Ça, c'est ce qui me définit. Tu l'aimes toujours ? Non, non, non. Depuis, j'ai eu une première vie avant Sébastien, qui a été mariée il y a très très longtemps. Je me suis mariée à 20 ans. Beaucoup trop jeune. Mais j'ai eu la joie d'avoir mes deux fils. Et quand j'ai divorcé. Au moment du divorce, c'est là où je me suis dit on arrête de l'avantage de tout le monde.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #3
sauf deux mois.
- Speaker #0
Et oui, on connaît ce choix. Et tu avais quel âge quand tu as divorcé ?
- Speaker #3
J'avais 28 ans.
- Speaker #0
28 ans ?
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #0
Donc depuis 28 ans, tu as fait 28 ans. Est-ce que j'ose faire l'hypothèse que tu es prête à t'affranchir de ce qu'on attendait de toi ?
- Speaker #3
Totalement, parce que c'était ça en fait. On avait beaucoup d'attentes, on m'avait franchi beaucoup d'attentes depuis toute petite. Et donc je répondais à ces attentes. Non mais à 28 ans, j'ai dit on arrête, ça suffit.
- Speaker #0
Tu as été plus rapide que moi. Bravo.
- Speaker #3
C'est la vie.
- Speaker #0
Oui, c'est la vie, oui. Donc, ce qui te définit sans tes roules et tes casquettes, c'est ça.
- Speaker #3
La liberté. Vraiment, la liberté, c'est ma première. Et de faire ce que j'ai envie, comme j'ai envie toujours dans les règles, mais de ne pas me soucier de ce que pensent les autres, sinon tu ne fais pas de rachou.
- Speaker #0
Tu me définiras la liberté après, ça m'intéresse. Mais avant, justement, qu'on plonge dans ton parcours, j'ai encore une petite question légère, on va dire. C'est quoi ton plaisir coupable quand tu rentres d'une grande journée de travail ou que tu as besoin de décompresser ?
- Speaker #3
Alors moi je travaille de la maison. Je vis déjà à la maison. Quand j'arrête tout, je sors, je vais dans le jardin. Ça, j'adore. Je me pose et je suis face aux montagnes. Ça fait ça. Ça me détend. Je suis une contemplative. J'aime contempler en silence, dans le calme. Ça, c'est mon grand-tif.
- Speaker #0
J'adore. Est-ce qu'il y a des pieds nus quand tu vas dans le jardin ? Souvent. C'est qu'on dit qu'il y a une vraie propriété de jeter.
- Speaker #3
Je suis bien nue tout le temps.
- Speaker #0
Le prix était prioritaire. Oh, je ne dis plus parler français. Le fait de mettre pieds nus, on décharge les zones négatives. Mais je suis bien nue tout le temps à la maison. Ah oui ? Oui.
- Speaker #3
Je vais mettre rarement des chaussures.
- Speaker #0
Voilà, la petite info qu'on a. Voilà, un petit yam du podcast de cette année. Bon, voilà, plongeons dans ton parcours. Je l'ai dit en intro, ce qui a marqué ta vie notamment, c'est le décès de ton... Tu es mariée ou c'est ton conjoint ?
- Speaker #3
Non, mais j'ai toujours conjoint. C'est plus mon... Oui,
- Speaker #0
de ton conjoint.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #0
Tu parles justement de se reconstruire. Qu'est-ce que ça veut dire pour toi se reconstruire à ce moment-là ?
- Speaker #3
Alors, je t'ai dit que j'ai eu deux enfants, mais il y en a deux autres. J'ai quatre enfants en réalité. Il y en a deux que je n'ai pas mis au monde, mais c'est les miens. C'est pareil, c'est les siens. J'ai pris le paquet, j'ai pris le papa. Ils étaient deux petits, ils étaient vraiment petits.
- Speaker #0
Les trois construites, ils avaient quel âge ?
- Speaker #3
Alors, les deux siens avaient 18 mois et 5 ans, et moi, ils avaient presque 3 ans. 3 ans et 7 ans.
- Speaker #0
3 ans et 7 ans. Donc deuxième amoureux de ta vie.
- Speaker #3
Oui, exactement. Et donc j'ai pris tout le pack. Et quand il est décédé, je leur ai dit, ce n'est pas très compliqué, on ne va pas faire comme font les gens, c'est-à-dire arrêter de parler de lui, parce qu'on sait que ça crée derrière des troubles. Enfin, c'est encore pire. Donc on va en parler tout le temps et on va faire un choix. Et on va choisir d'être heureux. Ça peut paraître bizarre, mais... On s'est tous dit que c'était la bonne option parce qu'il aurait voulu aussi qu'on soit comme ça. C'était un être extrêmement mineux, très souriant, toujours en train de rire, de blaguer. Et donc, on s'est tout de suite dit, et surtout moi en fait, parce que c'était quatre jeunes adultes quand il est mort. Le plus jeune allait avoir 18 ans trois mois après. Donc, ma même obsession, avant même d'enfoncer à moi, c'était que repartent dans la vie sur des bonnes vases. Parce qu'ils se sont fait fracasser, très jeunes. Et donc, je me suis donné comme objectif un an pour eux, pour les remettre sur les rails, en fait. Et c'est ce que j'ai fait, en fait. C'est ce que j'ai essayé de faire.
- Speaker #0
Donc, reconstruire,
- Speaker #3
vraiment construire. C'est surtout eux les remettre sur les rails.
- Speaker #0
Ok. Et l'effondrement, c'était quoi ? Parce qu'il y a la reconstruction, c'est qu'il y a l'effondrement.
- Speaker #3
L'effondrement, c'est sa perte. C'est à ce moment où la personne n'est plus là. C'est... T'as l'impression que tu vas y rester. J'ai eu l'impression que j'allais y rester, en fait, quand je détourne. Dans un détail, je ne sais pas comment tu peux aller, mais...
- Speaker #0
C'est ça, c'est libre à toi.
- Speaker #3
Ok.
- Speaker #0
Si tu as envie de raconter comment ça s'est passé ?
- Speaker #3
Je vais le faire sans problème. Je le fais, je le raconte. Quand on me le demande, simplement parce que les gens ont l'impression souvent que la mort, et je parle souvent de mort, je parle souvent pas de décès, parce que le décès, c'est un joli mot.
- Speaker #0
C'est un joli mot qui cache une réalité très dure, la mort.
- Speaker #3
La mort, c'est définitif. Et souvent, on a l'impression que la mort, ça n'arrive qu'aux autres. Et ça arrive, souvent les gens sont très étonnés d'apprendre qu'il est mort déjà à 44 ans, et qu'il est mort de rien. Ça, c'est un message que j'ai ressassé aussi.
- Speaker #0
Oui, ça m'a choquée. La mort subite de l'adulte,
- Speaker #3
ça existe. Ce n'est pas réservé aux bébés. Donc en fait, c'est le 9 novembre 2020. On était tellement heureux de passer deux ans à vivre H24 ensemble. Je l'avais mis en retraite, comme je disais. En 2018, il avait démissionné et on était partis vivre au Portugal. Après, on avait pris la carte. On était rentrés en France, aux endroits qu'on ne connaissait pas du tout. Vraiment au hasard, un peu le dos de la fléchette. On s'est installés comme ça. Il était hyper heureux de me dire qu'il avait réalisé un rêve de gamin. Enfin bref, il avait vraiment bien. Et puis moi, j'étais dans mon bureau en train de travailler. Je suis montée, lui travaillait, on s'est embrassés. On était très, très, très fusionnels. Et deux heures après, je suis redescendue. Il faisait noir dans ma maison. Je me suis dit, tiens, il doit faire une sieste. Il y avait son canapé à gauche, il y avait le mien à droite. Chacun son canapé. Et j'ai posé mon ordinateur. Et du coin de l'œil, j'ai vu qu'il était endormi. Je me suis dit, il dort. Mais mon cerveau a capté qu'il y avait un truc avec son bras. Il y avait quelque chose qui ne jouait pas dans la main. Le bras qui pendait, oui. Je me suis dit, il fait une imbécile, parce qu'il adorait faire des blagues. Et juste après, par contre, j'ai vu sa jambe aussi, qui pendait du canapé, l'autre. Et je me suis dit, lui, il ne croit pas. Dans sa voix, il n'intègre pas. Donc je me suis approchée. J'ai écouté, s'il respirait, je me suis dit, c'est une blague, et je lui ai dit, tu n'es pas drôle. Tu n'es vraiment pas drôle. Vraiment pas drôle. Et je l'ai secoué, je l'ai touché, je me suis dit « Ah non, non, il n'est plus là » . Et là, une seconde, tu comprends qu'en fait… Ton pire cauchemar est en train de t'arriver. Et c'est là où tu sais justement si tu es capable, comment dire, dans les situations terribles, soit on se fige, on ne peut plus agir, soit on agit. Moi, je sais que je fais partie des gens qui agissent, parce que bon, voilà, j'ai agi. En même temps, il n'y avait personne autour de nous, on n'avait pas de famille dans le secteur. Donc, j'ai appelé les secours, simplement au téléphone. On était dans un tout petit village perdu dans une campagne. Et le pompier, au-dessus, il m'a dit, « Vitez-le par terre et faites un massage cardiaque. » Et je le dis, c'est...
- Speaker #0
C'est pas la peine, il est mort.
- Speaker #3
Il me dit non, faites-le. Moi, je savais.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez quand même fait le massage cardiaque ?
- Speaker #3
J'ai fait une demi-heure. Personne ne m'a fait une demi-heure. C'est innommable. Je ne souhaite ça à personne. Normalement, on se relaie dans un massage cardiaque. Parce que ça demande une énergie, mais c'est terrible. Et donc, pendant une demi-heure, j'ai fait un massage cardiaque. Les pompiers n'arrivaient pas. Ils ne trouvaient pas. Ils ne trouvaient pas. Pendant une demi-heure, j'ai fait ça. Et il y a des choses que tu n'imagines pas. Moi, je n'avais jamais fait de massage cardiaque. Non, je comprends. Et je me souviens du bruit, des os qui craquent quand tu fais un massage cardiaque. Tu casses les côtes de la personne. C'est des trucs inommables. Et quand on finissait, c'est pas grave, on s'en fout, ça, ça se répare. C'est pas grave, on s'en fout, ça, ça se répare.
- Speaker #0
Il y a une demi-heure,
- Speaker #3
ils ont fini par arriver et on était dans la deuxième vague Covid. J'ai vu rentrer, je le vis toujours, des cosmonautes, des gens en combinaisons blanches, des pieds à la tête et je ne voyais pas leur visage.
- Speaker #0
Ça doit te faire un espèce de moment.
- Speaker #3
Ça a été lunaire.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #3
Vraiment lunaire. Pour le coup, lunaire.
- Speaker #0
Tu utilises tout le vocabulaire de lune.
- Speaker #3
Oui, vraiment. C'était lunaire. Et puis toi, tu es dans ton truc. Tu ne sais plus comment tu t'appelles. J'ai vu aussi l'ongle médecin et l'organiste arriver. C'était les femmes. Ils ont pris le relais. Ils ont commencé leur truc. Et j'avais rêvé des gendarmes. Ton cerveau ne comprend pas. Et puis, j'ai appelé ma mère à vie. Comme un réflexe. qui me dit, mais qu'est-ce que tu racontes ? T'es pas bien, qu'est-ce que tu me racontes ? Qu'est-ce que tu me racontes ? Et je lui dis, il est mort. Et ils n'avaient encore pas prononcé son esprit, mais je le savais. Je l'ai su à la seconde. Et à un moment, t'entends l'urgentiste qui dit, on arrête. Et là, tu sais tout à l'heure que c'est fini.
- Speaker #0
T'avais une sorte de certitude de toute manière, toi.
- Speaker #3
Je savais. À la seconde où je l'ai trouvé, j'étais su.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il savait en toi, ton cerveau, ton cœur, ton corps ? Il y a quand même une dissonance, tu savais, mais tu as quand même exécuté quelque chose. Oui,
- Speaker #3
parce que je me suis dit, le pompier, c'est son métier, il a l'habitude, et effectivement, il y a des gens qui repartent. Mais je ne peux pas t'expliquer. Je le connais, je le connaissais, donc c'était...
- Speaker #0
L'intelligence sait.
- Speaker #3
Tu sais, c'était son corps, mais il n'était plus là. Et à ce moment-là, quand ils ont annoncé son décès, je me rappelle avoir dit à la médecin-agendiste, je ne suis pas normale. je ne pleure pas et je ne ressens rien. » Elle m'a dit « Non, non, c'est normal, ça s'appelle le choc. » Je me disais « Mais t'es cinglée, c'est l'homme de ta vie, t'es raide dingue de lui. » Toujours après 17 ans, on était comme… On disait toujours qu'on était deux hommes, une âme dans deux corps, c'était notre manière de le dire.
- Speaker #0
C'est beau.
- Speaker #3
Et il y en a un qui sortait, mais figé à l'intérieur. Tu te dis « Mais je ne suis pas normale, en fait, parce que tu t'attends. Tu n'attends rien, mais tu vois les films et tout ça. » Et elle m'a rassurée. Et elle m'a tout de suite dit, il faut absolument que vous évitiez de commencer avec les SI. Parce que je lui ai dit, oui, si j'étais descendue plus tôt. Elle me dit, non, surtout pas, il ne faut pas ça. Je me suis dit, ok, je ne vais pas le faire. Je pense que je vais bien parce que je ne l'ai pas fait aussi. De toute façon, je n'aurais rien dû faire.
- Speaker #0
Je sais, parce qu'après, comment tu as su que c'était tombé, la diagnostic ?
- Speaker #3
En fait, il aurait fallu faire une autopsie, ce qu'il voulait faire à la base. On était en plein Covid. Et les radars m'ont dit, si on fait faire une autopsie, vous ne récupérez pas son corps avant six mois. Je leur ai dit, mais moi, je ne veux pas survivre. Les funérailles sont dans six mois, ce n'est pas possible, c'est innommable. Et donc, ils ont un procureur, etc., qui a accepté de ne pas faire d'autopsie. Mais, pendant cinq ans, interdiction de faire la crémation comme ils le souhaitaient. Parce que pendant cinq ans, quelqu'un pouvait dire, attendez, c'est elle qui l'a assassinée, non ?
- Speaker #0
C'était ma prochaine question, parce que tu m'as dit, j'ai vu débarquer des gendarmes. Voilà, donc les gendarmes sont venus.
- Speaker #3
Et à un moment, ils m'ont posé des questions. Je n'ai pas compris tout de suite. C'est à un moment, ils m'ont dit, mais est-ce qu'on peut fouiller la maison ? Oui. Moi, j'en avais vraiment rien à faire. Ils pouvaient fouiller tout ce qu'ils voulaient. Et à un moment, ils m'ont dit, « Mon papa a de traces de bagarre. » Mon cerveau n'arrivait pas à intégrer ce qu'il disait. Je disais, « Mais en fait, c'est bagarre, mais quelle bagarre ? » Et d'un coup, ça m'a...
- Speaker #0
Ça t'a tilté. Je leur ai dit,
- Speaker #3
« Attendez, ils en ont rien pensé que c'est moi qui... » Et alors, je leur ai donné mon téléphone. J'ai toujours mon téléphone à la fois sur WhatsApp. On habitait ensemble, 24 sur 24. On surveillait une quantité de messages à la journée, le bureau en bas. Et le dernier... dernier message sur mon téléphone. C'est un énorme au cœur qui m'avait envoyé. Et juste avant, il me disait « je t'aime » . Le mot exact, c'est « je t'aime, travaille bien tout à l'heure » . Dernier mot. Donc quand ils ont vu ça, ils m'ont dit « ok, on a convaincu la concurrence, il n'y a pas besoin » .
- Speaker #0
Mais quand même, pendant 5 ans ?
- Speaker #3
Pendant 5 ans, on est arrivé au bout des 5 ans, fin 2025. Et mine de rien, il y a eu un… Alors les enfants m'ont dit « c'est n'importe quoi, je dis peut-être, mais voilà, c'est comme ça » . Donc voilà, comment… Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
Est-ce qu'à ce moment-là, tu t'es dit, je ne m'en sortirai pas, c'est fini ?
- Speaker #3
Alors, pour tout te dire, on est zéro filtre.
- Speaker #0
Oui, c'est zéro.
- Speaker #3
Je vais faire zéro filtre.
- Speaker #0
Parce que maintenant, tu es là aujourd'hui, donc on peut...
- Speaker #3
Je vais te le dire comme je l'ai pensé à la seconde où je l'ai trouvé, où j'ai fait un massage cardiaque. Alors, je suis née catholique. J'ai invoqué tout ce que tu peux imaginer pour me ramener. On ne va pas ramener. C'est-à-dire que j'ai un petit peu perdu la foi. Mais pendant que je faisais le massage, je me suis dit, mais je ne vais pas y arriver. Je vais y aller avec lui, je ne peux pas. C'était tellement intolérable, cette douleur, qu'il soit cul là. Je me suis dit, je vais y aller, je vais commettre l'irréparable. Et puis, dans la demi-seconde, je pensais aux quatre enfants. Qu'est-ce que je peux pas leur faire ça ? Je peux pas leur afficher une double peine, c'est pas possible. Je peux pas.
- Speaker #0
Donc pour eux, t'as tenu ?
- Speaker #3
Pour eux, je l'ai fait. Mais ils ont tous compris. Ils connaissaient très bien. D'ailleurs, ils m'ont demandé de déménager tout de suite. Ils ne voulaient pas que je reste toute seule en bas. 22 à 700 kilomètres, ils ont peur. Je leur ai dit, je ne le ferai pas. Je ne le ferai pas. J'ai pensé, mais je ne le ferai pas. Parce que... Parce que eux, en fait. De toute façon, si je suis là, c'est eux.
- Speaker #0
Eux,
- Speaker #3
c'est eux. Mais dans tout ça, il a fallu aussi les prévenir.
- Speaker #0
C'est ça ? Parce qu'après, tu le découvres, il se passe tout ça. Tu dois les appeler.
- Speaker #3
Les gendarmes m'ont dit, vous voulez qu'on le fasse ? Et là, je leur ai dit, non, c'est hors de question que ce soit quelqu'un d'autre que moi. Je ne peux pas laisser des inconnus leur annoncer ça. Mais quel courage. Elle n'était pas le choix, en fait. Je ne me suis pas donné le choix. Mais effectivement, ça a été... Si je dois décrire le pire moment,
- Speaker #0
je crois que c'est encore ça.
- Speaker #3
Parce que je savais qu'au moment où ils allaient décrocher le téléphone, un après l'autre, j'allais exploser leur vie.
- Speaker #0
Oui, quatre fois.
- Speaker #3
Quatre fois. Quatre fois, il a fallu faire ça, et quatre fois, il a fallu les entendre. Leur réaction, ça a été...
- Speaker #0
Le double brisage de cœur.
- Speaker #3
Ça, ça reste difficile.
- Speaker #0
On dit toujours que c'est plus difficile pour ceux qui restent.
- Speaker #3
Ça a été dur ça. Il y en avait trois au même endroit et un qui était beaucoup plus loin, qui m'a dit je prends le train, j'avais. Et la demoiselle, comme je l'appelle, la seule fille du groupe, avait été rejointe de son frère. Ils se sont rejoints chez des amis et je savais que ça effondrait aussi les amis. Parce que les amis le connaissaient tous, puisque chez nous c'était la maison du bonheur. Donc tous les copains venaient chez nous. Je connais tous les copains depuis tout petit. Et je sais par la demoiselle qu'encore aujourd'hui, ils sont impactés d'amis. Ils sont encore impactés. Ils sont tous choqués encore plus de cinq ans après, cinq ans et demi après. Parce qu'ils le trouvaient génial et c'était quelqu'un de génial. Mais voilà pourquoi c'est important pour moi de faire que les enfants repartent en la vie bien.
- Speaker #0
Et comment t'as fait toi dans ce moment très sombre ? parce qu'on parle... Oui, je t'ai dit courage, mais on pense que les femmes, on est presque courageuses de manière innée. Mais comment t'as fait, toi, pour t'en sortir ?
- Speaker #3
Alors, il y avait les enfants, mais il y avait le travail. Le travail m'a sauvé la vie.
- Speaker #0
Tu veux dire qu'il se passe ça, vous apprenez tout ça, puis après, tu retournes au travail ?
- Speaker #3
Alors, j'ai dû déménager. Donc, il y a eu... On était en plein Covid, donc il a fallu faire rapatrier le corps, pas tous les trucs surréalistes. C'est des choses surréalistes. Les enfants sont descendus. Ils voulaient vraiment pas mettre ces sols. Je leur ai dit non, non, si, si, on vient, parce qu'ils avaient tellement peur, ils sont bons. Ils sont débrouillés, ils sont nus.
- Speaker #0
Oui, tu t'es sentie entourée là, quand même. Oui, ils sont nus tout de suite, le lendemain, ils étaient là.
- Speaker #3
Mais après, on est repartis, tout ça, on est remontés.
- Speaker #0
Donc, excuse-moi, mais vous n'avez pas pu faire de cérémonie d'intérim en 5 ans ?
- Speaker #3
Ah si, si, bien sûr, on l'a fait, on est remontés. Et il y avait, attention, c'est quand même particulier ce que je vais te dire, il y avait une file d'attente pour enterrer les gens.
- Speaker #0
tellement il y avait des CDA et donc...
- Speaker #3
On a de la vie étant 9 jours. C'est très long, c'est très très long. Il y a des démarches en bref, voilà quoi. Mais moi du coup, j'ai dû trouver un appartement aussi, parce que je reviens dans la région. J'étais plus là, moi j'étais partie. On trouvait un appart en plein Covid, ben il n'y avait rien, tu ne pouvais rien visiter. Il y en avait deux, c'est un site tout. J'ai appelé un, on m'a dit, ben écoutez on va voir, mais vous ne pourrez pas le visiter, on peut le louer mais sans le visiter. On vous redit. Ils m'ont appelé l'après-midi des funérailles. On m'a dit que si je voulais, je pouvais. J'ai vu ça comme un signe. J'ai pris.
- Speaker #0
Est-ce que c'est trop tôt pour te demander ?
- Speaker #3
Dis-moi.
- Speaker #0
Parce que tu viens de dire j'ai pris ça pour un signe. C'est trop tôt pour te demander c'est quoi le signe de la mort de Sébastien.
- Speaker #3
C'est-à-dire ?
- Speaker #0
Dans la vie, tu viens de dire je pense qu'il y a toujours un signe. Qu'est-ce que ça a fait chez toi ? Ça a apporté quelque chose de positif ?
- Speaker #3
Je suis quelqu'un de nature. Je suis ascendant positive et optimiste. J'arrive à voir le plus positif dans tout. Dans ça, il n'y a rien de positif. Il n'y a rien de positif.
- Speaker #0
Tant dans ta personnalité que dans ce que tu as vécu depuis. Oui.
- Speaker #3
Tu peux me dire... C'est l'homme d'analyse. Il n'est plus là. On l'a enlevé. Il n'y a rien de positif là-dedans. Ça ne m'empêche pas d'être heureuse, par contre. Oui,
- Speaker #0
c'est pour ça que je...
- Speaker #3
Ça ne m'empêche pas d'être heureuse du tout.
- Speaker #0
C'est ce que tu as choisi. Tu dis clairement. Tu me dis... Je reprends ta phrase dans le questionnaire que tu as rempli. Tu dis que le bonheur est une décision qu'on prend au quotidien.
- Speaker #3
Oui. On choisit chaque matin. Et c'est pour ça que je disais, au bout de trois semaines dans cet appartement, tu ne tournes rien en rond, tu tournes en rond, tu te prends des vagues, le deuil c'est des vagues de... J'ai sûr que c'est un tsunami. Tout à coup, tu as une vague qui t'emporte, et tu as l'impression que tu vas mourir toi-même tellement c'est insupportable. C'est une douleur insupportable. Tu as l'impression que tu vas devenir cinglé. Et puis très vite, tu comprends qu'en fait, il faut juste laisser passer la vague. Il faut accepter de te noyer dans la douleur, et t'en ressors. Donc ça, on est beaucoup allé avec les enfants. On a beaucoup dit, il faut vous laisser mouiller dans la douleur, et puis on ressort. Et on s'est beaucoup dit, pleurez, lave la peine. Donc on a beaucoup pleuré. Et au bout de trois semaines, je me disais, mais je vais finir cinglée en fait. Je vais finir cinglée. Donc j'ai envoyé un message à mes clientes en disant, allez, on reprend. Par contre, la condition, c'était, personne ne m'en parle. Non, je ne vais pas y arriver. J'y arriverai.
- Speaker #0
Donc tu en parlais, c'est-à-dire avec les enfants. Oui. Parce que tu voulais continuer à le faire vivre.
- Speaker #3
C'est surtout que je ne voulais pas que les enfants se ferment dans la douleur. Si tu n'exprimes pas, tout ce qui ne s'exprime pas s'imprime. Donc non, je voulais vraiment. Et on en parle cinq ans après, il est toujours là, dans nos discussions, tout le temps. Mais aujourd'hui, c'est avec plaisir, on en rit. Souvent, les gens ont peur de parler à ce qui reste de la personne décédant. C'est une grave erreur. Il faut en parler, ça fait un bien fou. Non, ça ne fait pas plus de peine. Non, ça ne nous réveille pas des souvenirs. On les a vécu, toutes ces personnes-là. Par contre, en parler nous fait du bien.
- Speaker #0
On a parlé de ma belle-sœur, moi. Alors, pas aussi rapide que Sébastien, mais jeune. Moi, j'ai toujours... C'est très beau d'en parler. Elle a laissé deux filles en gare. Pour les enfants, c'est vrai. Oui.
- Speaker #3
Tout le monde en parle, c'est génial. Moi, j'adore.
- Speaker #0
Donc, en fait, tu as repris une taille. Tu as appelé les clients.
- Speaker #3
J'ai fait un message et il y a tout le monde.
- Speaker #0
Allez, c'est parti.
- Speaker #3
On y retourne, mais je ne vais personnellement pas. Sinon, je n'arriverai pas.
- Speaker #0
Parce que tout le monde était au courant.
- Speaker #3
Ah oui, mais il y a le soir. J'ai dû les prévenir, il faut suivre. Donc, le soir du décennie. Les pompes funépiliennes, ils emmènent le corps, c'est des trucs complètement surréalistes. Tout se passe à même soir. J'arrive pas à imaginer. En fait, il ne faut pas et je ne souhaite ça à personne. Et inimaginable, c'est absolument horrible. Comme on voit dans les films, cette fameuse housse blanche qui t'emmène.
- Speaker #0
C'est vraiment un truc surréaliste. Mais tu as réalisé, je m'excuse, j'essaie même d'imaginer, même si c'est inimaginable comme tu dis, parce que tu as eu ce choc, à quel moment ça te frappe que c'est la réalité ? Quand ça se passe vraiment ou il y a plusieurs jours après ?
- Speaker #3
C'est tout de suite, c'est au moment en fait, c'est quand je dois appeler les enfants.
- Speaker #0
Ah d'accord.
- Speaker #3
Ce moment-là, c'est le moment qui marque où je me suis effondrée. Entre chaque appel, il s'est passé un moment où j'étais tellement effondrée. Et à chaque fois, les membres m'ont dit, vous voulez qu'on appelle ?
- Speaker #0
Donc tu étais en tout roi et à ce moment-là, ils étaient là vers toi ?
- Speaker #3
Les gendarmes ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Ils sont restés avec moi. Ils ont été super. Ils ont fermé un homme, ils ont été fantastiques. Chaque fois, ils ont été là. Vous allez y arriver, vous allez pouvoir le faire. Tu le fais. Tu le fais. C'est là où ça meurt. Au-delà de moi, c'était eux, vraiment, de leur exploser leur vie.
- Speaker #0
Ça a été le plus dur.
- Speaker #3
D'ailleurs, aujourd'hui, j'annonce aucune mauvaise nouvelle. Moi, tout le monde est prévenu. Ma famille, ils savent. J'annonce rien. Moi, j'annonce rien.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui t'a marqué, ça, d'annoncer cette mauvaise nouvelle ?
- Speaker #3
Et ça a marqué les enfants au point qu'aujourd'hui, je ne les appelle jamais par téléphone.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #3
C'est-à-dire qu'on s'appelle par Messenger, on s'appelle sur WhatsApp, mais jamais je n'appelle avec le téléphone normal.
- Speaker #0
Parce que pour eux, ce sera un signe de...
- Speaker #3
Alors, je l'ai fait, je l'ai fait sans faire exprès,
- Speaker #0
il y a un mois ou deux.
- Speaker #3
Un de mes enfants m'a dit « Pourquoi tu m'appelles au téléphone ? » Je lui ai dit « Oh pardon ! » Et en fait, chez tous, ils m'ont tous dit que si je ne les appelais pas au téléphone, c'est qu'ils ont la trouille. Ça réveille le trouille. Pourtant, ils ont tous travaillé, tout le monde avait les thérapeutes, tout le monde a été suivi. Mais il y a des choses que tu ne peux pas enlever. Non, mais c'est des réflexes. Oui, c'est des réflexes, c'est ça. Donc j'ai dû appeler les clients à la même, parce que du coup, ils m'ont emmenée. Je suis toute seule dans cette maison avec... Incroyable. avec ce qui reste de ce qu'on fait, les radicaux. Donc, tu as des poches, de liquide, de trucs. Tu as plein de trucs qui restent. Et donc, minuit et demi, je me suis fait le ménage. Tu es là et tu fais le ménage dans ton salon. C'est surréaliste. Tu remets en place le canapé où il est décédé. Il reste ses lunettes sur la table. C'est surréaliste.
- Speaker #0
C'est fou la fragilité de la vie. Je trouve qu'on devrait... C'est là où, pour moi, ça m'avait choquée. C'est ça. C'est que du jour au lendemain, tout peut s'arrêter.
- Speaker #3
Comme ça. Alors qu'en forme, heureux, meilleure partie de sa vie. Vraiment, il me disait encore, en rentrant, il était rentré à travers ça, il me dit, comment on peut s'aider encore autant après 17 ans ?
- Speaker #0
Oh là là !
- Speaker #3
C'est aussi pour ça que je vais bien, parce que ça me porte toujours.
- Speaker #0
Ça se voit dans tes yeux.
- Speaker #3
Ça me porte toujours là. C'est là, toujours. Et donc après, il a fallu appeler les clients. Je me suis dit, maintenant, demain, j'ai des causes. Demain, j'ai des clients.
- Speaker #0
Tu réactors les réalités.
- Speaker #3
Oui, la réalité te rattrape très vite. Je dis toujours, toi, ta vie s'arrête, mais le monde continue de tourner. Donc, tu es obligée. Je me suis dit, je ne peux pas appeler chaque client. Je ne vais pas y arriver. J'ai enregistré un vocal et je l'ai renvoyé à toutes pour leur expliquer. Et je sais que je les ai toutes marquées avec ça. Je suis désolée pour elles. Ça m'en fait de la peine pour être là avec eux. Parce que je les renvoyais un message brut dans toute son horreur.
- Speaker #0
Toute sa vulnérabilité.
- Speaker #3
Il y a une fois, elle m'a encore dit l'autre jour, elle m'a dit, je me souviens encore de ce message. Ça me fait de la peine, mais c'est comme ça.
- Speaker #0
Ça te fait de la peine ?
- Speaker #3
Pour elles, oui. J'ai dû leur passer ça, cette énergie tellement douloureuse. Parce que je suis très proche de mes clientes. Et je sais qu'elles ont pris plein fouet aussi et en manière. Et donc, au lieu de trois semaines, j'ai dit qu'il faut que je reprenne parce que j'ai refait un message à tout le monde. Allez, c'est bon, on y va. Personne n'en parle.
- Speaker #0
C'est là que tu as décidé de ne plus subir ?
- Speaker #3
C'est là où j'ai décidé surtout de re-rentrer dans le monde des vivants. Mais par contre, je t'avoue que cinq minutes avant le premier rendez-vous, et si elle est comme ça un jour, ça s'appelle Myriam, c'est la première, elle sait. Je me suis dit, je ne vais pas y arriver. J'étais effondrée, j'étais en larmes. Et en fait, depuis les trois semaines qu'on me suivit son décès, j'avais l'impression que je n'avais plus de neurones. Je n'arrivais plus à penser, je n'arrivais plus à rien. Et je me suis dit, mais comment ? Et comment je vais faire ? Parce que mon job, à moi, on me paye pour mes idées, pour inventer des solutions créatives, etc. Trouver des solutions à tous les problèmes. Et juste avant le rendez-vous, je me suis dit, mais ça va être catastrophique. Et en fait, j'ai découvert à la seconde, la caméra s'est allumée, et je me suis rendue compte, alors je ne sais pas si c'était comme ça chez tout le monde, mais moi j'ai deux cerveaux. J'ai le cerveau de la peine, le cerveau de la vie, et j'ai le cerveau du travail. Et à la seconde, ça s'est remis en route. C'est reparti. C'est reparti. Et je me rappelle, je me souviens encore de lui donner des choses, etc. Et de me dire, mais d'où tu sors ? Vraiment, j'ai l'impression qu'on a dit ça, mais d'où tu sors ? Tu te regardais à Lucie Corr. Et elles me l'ont dit plus tard. Il y en a une en particulier qui m'a dit, elle m'a dit deux semaines après, elle m'a dit, je sais, on n'a pas envie d'en parler, mais je ne sais pas comment vous faites, parce que vous avez toujours des idées de malades, comment vous faites ? Je lui ai dit, moi je n'en sais rien, ça marche, on ne va pas poser de questions.
- Speaker #0
On va laisser ça comme ça,
- Speaker #3
posons pas de questions, ça marche. Voilà.
- Speaker #0
Donc c'est ça qui t'a sauvée. Ça, ça. Et quand tu dis que la phrase, tout le bonheur, tu dis que le bonheur, c'est une diffusion à prendre. Moi, je me suis levée le matin.
- Speaker #3
Chaque matin. Chaque matin, je me suis levée en me disant... Parce que pendant une demi-seconde, tu as une demi-seconde, tu te dis, ça n'existe pas. Et hop, tu retombes. Mais chaque fois que j'avais des rendez-vous dans les journées, donc ça venait couper, si tu veux, ce cycle de tsunami que je me prenais. Et puis plus il y avait de clients, moins il y avait de temps pour ça. Et ça dure. Ça dure. Ça dure. Souvent, on pense que le deuil, ça dure un an. Je ne sais pas d'où ça se voit, cette histoire d'un an. La vérité, c'est que ça s'étale. C'est comme le beurre sur la tartine.
- Speaker #0
T'as dit que t'étais encore en plein deuil ?
- Speaker #3
Aujourd'hui, c'est plus pareil du tout. Le temps fait quand même son œuvre, cette scène australe que tu ne peux pas entendre au début, qui te hérisse le poil. Parce que t'as l'impression que jamais tu vas en sortir. C'est ça le plus dur. C'est l'impression que tu vas toujours rester dans cet état de douleur intense permanente.
- Speaker #0
De tsunami, tu sais.
- Speaker #3
Ouais, vraiment, ces vagues qui viennent, qui t'attrapent, qui te clouent au sol. t'as ton âme qui explose, enfin c'est vraiment horrible. Mais les rendez-vous faisaient que j'arrivais pendant une heure et demie à chaque fois, j'en parte. Des fois j'enchaînais 4-5 rendez-vous, donc ça c'était formidable parce que pendant une journée complète, j'avais une pause. Ça m'appelle. Et après ça revient le soir. Mais le temps fait son oeuvre au fur et à mesure du temps. Mais il y a des vagues, c'est-à-dire que les dates sont dures. La première année, oui les dates, les fins de date, la date de son décès, le temps d'anniversaire, les anniversaires de chaque enfant, la première fois. On n'a pas l'air. On a tout fait. On a quand même tout fait. Il est mort deux semaines avant mon anniversaire, alors ça par contre, je vais le refuser. D'ailleurs je le fête plus depuis, plus jamais, je ne fête pas. Mais on a quand même fait Noël et je leur ai dit qu'ils nous mettraient un coup de pied aux fesses si on ne posait pas. Alors on va le faire.
- Speaker #0
Tu ne saurais pas qu'ils te mettraient un coup de pied aux fesses parce que tu ne fais plus ton anniversaire ? Tu ne crois pas qu'Adoui t'écoute là et te dit « écoute, tu t'arrêtes maintenant ? » C'est ce qu'il y pensait,
- Speaker #3
ça faisait partie de ces hommes qui connaissaient toutes les dates, le truc.
- Speaker #0
Ah bien alors.
- Speaker #3
Je vais y remettre. Je vais y remettre ? Le cas des cinq ans est passé, je vais y remettre. Mais euh...
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu conseillais ?
- Speaker #0
Parce que toi, c'était les cas pour les proches. Comment tu te fais accompagner par tes proches ? Tu considérais quoi comme phrase à ce moment-là ? Parce que toi, tu as dit la phrase « le temps fait son effet, tu l'assumes, il n'y a pas » .
- Speaker #1
Oui. En fait, quand quelqu'un… On s'est rendu compte avec les enfants, on aurait limite pu faire un bouquin sur les phrases maladroites, où les trucs à ne pas dire. On en rit. Alors, nous, on a un humour très dark. On a plongé dedans, on l'a fait, parce qu'on s'est dit qu'il était aussi comme ça. Et on a pu rire, d'ailleurs, on s'est pris un fou rire monstrueux avec deux des enfants au funérail. Enfin non, c'est le endroit où tu vas choisir le cercueil et tout ça. Mais ils nous ont dit, en fait, c'est normal, c'est la pression. Mais on est vraiment à fou rire, on a pu s'arrêter sur un truc. Vraiment, on en rit encore aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il y a tous les côtés très pratiques, choisir tout ça. Oui,
- Speaker #1
sans doute. Et on a ri parce qu'ils te présentent des petits coussins en satin rose et on s'est regardé et on s'est dit, c'est la nuit. il va revenir dans un métro c'est impossible il ne m'a pas jamais de la vie donc on a vraiment on a ri on a ri malgré tout on a toujours ri parce qu'il est comme ça il était comme ça ça t'a gardé ça de lui ? oui on a gardé ça toujours sûr qu'il faisait des blagues en train de rire c'était lui quoi donc on s'est beaucoup marré malgré tout on a ri surtout le prix de la tombe combien ça coûte de faire creuser une tombe t'hallucines quand tu vois les prix tu te dis on va devenir on va faire des troubles aussi on s'était dit on va devenir comme funèbres aussi enfin on aime beaucoup oui heureusement et donc on a fait Noël mais par contre j'ai demandé à la famille j'ai dit mes parents mon petit frère on fera rien avec qui que ce soit pendant un an on avait besoin d'être tous les 5 tout le temps donc on a fait chaque fête chaque événement on l'a fait mais nous 5 pendant un an mais il y en a encore ils ont entre 23 et 29 bientôt c'est sur mes bébés les 4 ça reste c'est charnel il y a un truc il y a un truc souvent les gens pensent que quand t'as des enfants deux qu'on a Je suis une Delmère, voilà. Des fois, je ne sais même pas quel monde m'appelle. Ce n'est pas pareil, en fait. Chez nous, il n'y a pas de distinction. Et eux se considèrent frères et sœurs, tous. Ils ont un tatouage commun.
- Speaker #0
Ah, parce que c'est beau.
- Speaker #1
Oui, ils sont rigolos. Ils ont fait un tatouage avec quatre points.
- Speaker #0
Et chaque point représente un numéro dans la fratrie. Donc, selon le numéro, il y a un premier point plus gros, le 4ème.
- Speaker #1
On rigole beaucoup avec ça. C'est super chouette. Oh, c'est trop beau. Oui, oui. Je considère Charlotte. Elle s'appelle Charlotte, la seule fille. Si tu me demandes, elle va dire que j'ai trois frères. Guillaume va dire j'ai deux frères et une soeur. Pour eux, il n'y a pas de distinction.
- Speaker #0
Je vais y appeler ma loulou Charlotte. Elle est super. Et tu dis souvent qu'on devrait se rendre compte de ça, de la fragilité de la vie, que ça peut s'arrêter. Ça a marqué quoi, toi, sur ta vie, cet événement ?
- Speaker #1
Moi, j'ai toujours eu ça.
- Speaker #0
Tu as toujours eu conscience ?
- Speaker #1
J'ai toujours eu conscience de ça. Je ne sais pas trop pourquoi. Mais pour tout te dire, avant sa mort, la veille, En fait, j'ai eu des signes, si tu veux. Je pense que la vie m'a avertie. Et ça, pour avoir discuté avec d'autres veufs, il y a des groupes de veufs qui existent. D'ailleurs, tu es très heureuse de les trouver quand ça arrive.
- Speaker #0
Des groupes de paroles ? Oui, ok.
- Speaker #1
Je peux citer un nom ?
- Speaker #0
Tu peux citer ce que tu veux.
- Speaker #1
Ressort.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ressort, c'est deux femmes fantastiques qui ont vécu aussi la même chose que moi.
- Speaker #0
Mais donc, la même chose aussi ?
- Speaker #1
Elles ont perdu leur conjoint d'une autre manière.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Quand moi ça m'est arrivé, ça n'existait pas encore. Et en fait, tu cherches à pouvoir discuter parce que tu as tellement de choses que tu aimerais exprimer. À l'intérieur, c'est dark. Donc, tu as besoin d'exprimer, mais tu ne peux pas exprimer à tes enfants que tu ne veux pas leur ajouter ça en plus. Donc, tu cherches des groupes et ça n'existait pas. Donc, elles ont créé ça et c'est fantastique. Il y a des gens du monde entier. Il y a des Français, des Suisses, des Belges, tout le monde. Ça fait un bien fou.
- Speaker #0
Merci. Parce que je sais que c'est hyper important, les islames, parce qu'on ne peut pas...
- Speaker #1
Après ça, je voulais en parler, parce que moi, ça m'aurait bien été utile à ce moment-là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
J'ai trouvé d'autres endroits, mais ce n'était pas pareil.
- Speaker #0
Et donc, tu as toujours eu cette connaissance que la vie était fragile.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, tu n'as pas rappelé quelque chose, en fait. Ça fait que...
- Speaker #1
En fait, on en avait une grande conscience, mais on a eu des signes, parce que quand janvier 2020 est arrivé, je lui ai dit, c'est bizarre, mais cette année, c'est une année blanche. Il m'a dit, ça veut dire quoi ? Je lui ai dit, je ne sais pas, mais je sais que c'est bizarre, il y a un truc.
- Speaker #0
T'as dit c'est une année blanche ? Ouais,
- Speaker #1
je lui ai dit c'est une année blanche. Je l'ai répété plein de fois.
- Speaker #0
Mais comment ? Tu donnes des couleurs aux années ?
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Et là ?
- Speaker #1
Jamais. Et là, il y avait un truc. Je lui disais c'est une année blanche. Je lui disais, ça veut dire quoi ? Je ne sais pas. Mais il y a une année, il se passe un truc, je ne sais pas, c'est bizarre. Et puis l'année avançait, et s'est formée en moi une sorte de certitude, je vais mourir. Oui, je sais. Je crois que je ne l'ai jamais dit. Les enfants, ça, mais je ne l'ai jamais dit à d'autres personnes. J'avais la certitude que j'allais mourir. Mais c'était ok, parce que c'est moi. problème, quoi. Non, non, mais...
- Speaker #0
Mais oui, c'est vrai,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #0
Mais oui, parce que tu sais qu'il y aura quelqu'un pour eux.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Il était solide, c'était le deuxième pilier de leur vie. Voilà. Et cette année-là, on voulait acheter une maison dans l'endroit où on était. Et on a visité plein de choses. Et je ne sais pas, ça n'était jamais... On avait acheté plein de choses ensemble, on avait fait plein de trucs, on avait mobilisé. Et là, à chaque fois, je ne sais pas qui, l'un de nous a sorti ça. À chaque fois, on se disait, mais si l'autre ne doit plus être là, est-ce que l'autre se voit vivre tout seul ? D'où ça sort, on ne sait pas. Jamais on n'avait dit ça. Et à chaque maison qu'on a visitée, on s'est dit, tu t'y vois vivre seule si je ne suis pas là ?
- Speaker #0
Oui, il y avait des signes, en fait.
- Speaker #1
Et la veille, la veille de sa mort, je suis sur mon fameux canapé, moi et d'assautière, et je tombe sur un fil, je ne sais pas ce que c'est, je ne voudrais plus jamais le revoir, d'une femme qui vient de perdre son mari et qui va tous les jours au cimetière. Ça tombe. Et il me passe à côté et il me regarde, il me fait un bisou comme d'hab, et puis il me dit « c'est beau que tu regardes, tu regardes quoi ? » Il me dit « c'est pas assez gay ton truc ? » Je dis « je sais pas » . Là, je regarde ça, et quelques deux heures après, je pense, sur le canapé, ça me vient et je lui dis « je pense qu'on ne se verra jamais, chouchou » . On n'arrivera pas à se marier. Pourquoi tu dis ça ? Mais non, on se marie l'année prochaine, comme on a dit, etc. Je ne sais pas d'où c'est sorti. J'avais raison. Malheureusement.
- Speaker #0
Parce qu'on volait, on avait vu nos épouses depuis le premier jour. Ah, j'adore. C'est romantique, dis donc. Oui.
- Speaker #1
Et voilà, j'ai pas eu l'occasion de le faire. Ça, ça a été compliqué à accepter, de ne pas avoir...
- Speaker #0
Le statut d'épouse ou de ne pas avoir eu ça avec lui ?
- Speaker #1
De ne pas avoir eu ça avec lui. Oui. Il avait très envie depuis toujours. Moi, j'attendais. J'allais chaudé, froid, tout ça, tout ça. Mais aujourd'hui, je suis en paix avec ça. C'est comme ça.
- Speaker #0
C'est comme ça.
- Speaker #1
C'est comme ça.
- Speaker #0
Tu as repris les appels avec tes clientes. En somme, on peut dire, si Bernard se raccourcit, que tu as choisi de ne pas subir ce qui venait de t'arriver.
- Speaker #1
Oui. Je ne l'ai pas que ça.
- Speaker #0
Comme un peu à tes 28 ans où tu as divorcé, où tu as dit stop. On arrête. On arrête les frais. Justement, je crois que c'est le moment de nous parler. Qu'est-ce que ça veut dire pour toi, de se libérer du regard des autres, d'arrêter de subir sa vie ? Parce que ça impacte beaucoup ton accompagnement avec les femmes.
- Speaker #1
Oui, c'est la base, en fait. Je viens d'une famille où les femmes subissaient les hommes. Vraiment, tous les sens du terme.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Moi, j'avais une grand-mère. Alors, je n'ai pas connu ma grand-mère paternelle, mais ma grand-mère maternelle, oui. Elle était totalement soumise à son mari. Il lui a fait vivre les pires trucs, la tromperie, tout ce que tu veux pendant 20-50 ans, ça a été terrible, ouvertement, et puis donc elle n'avait pas d'argent, c'est lui qui donnait, elle a été battue, c'était vraiment nous, et je me suis toujours dit c'est hors de question ça, ça c'est pas comme ça que ça va se passer, donc j'ai toujours fait en sorte de moi, déjà de gagner bien ma vie, j'ai toujours gagné plus que mes conjoints, sans faire exprès, sans vouloir, c'était pas un problème, il ne faut pas être dépendante.
- Speaker #0
Donc du coup, liberté financière égale liberté. Ah oui.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Bah écoute, c'est important de le dire.
- Speaker #1
Voilà. Les gens qui me disent, moi j'adore quand on me dit l'argent, on ne fait pas le bonheur. Je réponds toujours, c'est que tu n'en as jamais manqué avant. Oui,
- Speaker #0
c'est un homme. Pardon.
- Speaker #1
C'est vrai. Oui, oui. C'est vrai. C'est quand tu n'en as jamais manqué parce que j'ai fait des hautes bêtises financières dans ma jeunesse. Je n'ai pas eu l'éducation financière.
- Speaker #0
Oui, ça c'est rien que...
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
C'est un gros thème.
- Speaker #1
C'est un gros thème. On peut tant te dire que j'ai appris aux enfants.
- Speaker #0
Oui. On en discutait à téléphone. Tu sais, j'ai dit... C'est vraiment, moi, ce que j'aimerais aussi inculquer au mien et quelque chose qui me rend en colère parce que l'éducation ne le fait pas, l'école ne le fait pas. Alors qu'on ferait mieux d'apprendre ça qu'un théorème de Pythagore, par exemple.
- Speaker #1
Parce que ça, ça te sert dans la vie, de savoir gagner de l'argent et de gérer, surtout.
- Speaker #0
Donc, pour toi, liberté financière égale, liberté tout court, donc tu as toujours gagné une plus sur tes jugements. Tu t'es fait, ça c'est sûr, c'est une certitude.
- Speaker #1
J'ai toujours été, oui. Parce que je ne voulais pas être dépendante. Je ne voulais pas faire comme ma grand-mère et me retrouver devant le temps de la main pour avoir mis les balles pour aller à des courses. Mais c'était nous.
- Speaker #0
Donc ça, c'était un marqué.
- Speaker #1
Ah oui, un marqué. Et puis la liberté tout court. Parce que les femmes dans ma famille, elles sont plutôt... Je ne sais même pas le mot. Tiens, dis donc. Je ne vais même pas m'en rappeler. Comment c'est ? Dépendantes.
- Speaker #0
J'aime bien. Ça, c'est même plus le mot.
- Speaker #1
Dépendantes des hommes. C'est-à-dire que tu demandes la permission, limite, pour faire un truc ou tu ne fais rien toute seule. Elle serait toujours qui est l'homme, etc.
- Speaker #0
Bon, après, c'est... La peur. Après, une question de société aussi, de temps, tu sais.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Avant, le droit de vote, le fait d'ouvrir un compte manqué, on n'avait pas le droit et tout. Mais moi, on faisait partie de ces femmes-là.
- Speaker #1
Oui, la mienne aussi, c'est clair. Mais voilà, pour moi, il y avait tout ça. Et surtout, je me suis vite rendue compte aussi que chez les femmes, il y a quand même un truc où... Alors, un homme qui gagne beaucoup d'argent, c'est un cadeau, c'est le meilleur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Une femme qui gagne de l'argent...
- Speaker #0
Je ne sais pas quelle étiquette tu m'as connue.
- Speaker #1
En général, ça commence par un S. voilà et puis elle a des dents qui rayent le parquet elle a tout en vocabulaire magnifique vraiment incroyable et c'est très très mal vu une femme qui affirme au effort qu'elle a envie de réussir La réussite, apparemment, c'est réservé aux hommes. Sauf chez moi.
- Speaker #0
Après, est-ce que ça, tu ne crois pas que la nouvelle génération, quand on voit sur les réseaux, ça se décompte quand même ?
- Speaker #1
Ça se décompte. Mais il y a encore du boulot, parce qu'il y a encore un paquet qui sont là-dedans. Il y en a encore un paquet. Moi, ça me fait tout ça. Je suis effarée quand je vois encore certaines choses.
- Speaker #0
Justement, dans ton questionnaire, tu me dis être non conventionnel. Oser sortir du moule, c'est aussi une des valeurs que tu aimes transmettre à tes clients.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et que tu incarnes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vas-y, raconte-moi au quotidien comment tu fais.
- Speaker #1
C'est-à-dire que, par exemple, je ne vis pas comme Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Je n'ai pas l'avis de Tout-le-Monde. Je n'ai pas un horaire, 9h, 17h. C'est-à-dire que je n'ai pas un agenda qui correspond. Quand mes clients arrivent, en général, souvent, elles travaillent du lundi au vendredi. Et tous les jours du mois, j'en dis, mais c'est quoi votre vie idéale ? Et là, il y a un grand blanc.
- Speaker #0
Certes,
- Speaker #1
on le sait.
- Speaker #0
Mais parce que toi, tu poses une question à une femme. Est-ce que c'est-à-dire poser la question de ce qu'elle est après ?
- Speaker #1
Elles ne le savent pas. Je suis consultante business, mais en vrai, dans mon travail, il y a une énorme part de travail sur la femme d'abord, pour lui donner sa vraie place et qu'elle sache, elle, en tant que femme, par exemple, Isaline, en tant que femme, qu'est-ce qu'elle veut ? Vraiment. Et ça demande souvent du temps d'arriver à faire sortir leurs véritables aspirations, leurs rêves. À quoi vous rêvez ? C'est long.
- Speaker #0
Pas à ceux qu'on t'a inclus. Non, non. Pas à ceux qu'on attend de nous.
- Speaker #1
Non. En tant que femme, sans ton conjoint, sans tes enfants. Et sans la société,
- Speaker #0
parce que c'est fort.
- Speaker #1
Je leur dis toujours, je veux savoir. Vous, oubliez les questions d'argent, du mari, des enfants et de la vraie vie. Vous voulez quoi ? Quand on y arrive, ça c'est chouette. Et on y arrive. Et elles finissent par oser dire, et à un moment, ils en parlent d'argent. Beaucoup d'argent, parce qu'il y a des chiffres. Et quand on parle d'argent, au début, ils disent, oh là là ! Et j'en dis, mais c'est possible.
- Speaker #0
Et toi, c'était quoi tes rêves ?
- Speaker #1
Moi, je voulais être chirurgien.
- Speaker #0
J'en suis le chirurgien d'oeuf.
- Speaker #1
C'était surtout ça. Mon enfance ne m'a pas permis d'avoir de grands rêves.
- Speaker #0
Et là, aujourd'hui, c'est quoi, Théria ?
- Speaker #1
Alors, j'ai dit à quelqu'un, tout ce que je voulais était déjà obtenu. Aujourd'hui, je rêve d'une vie, je veux la construire, je me sens en plein dedans. J'ai une vie calme et sereine, c'est ce que je vis au quotidien. Je me suis construit une vie comme ça. Donc, tu parlais de non conventionnel. Oui, oui. par exemple je n'ai jamais de rendez-vous le lundi et le vendredi et je ne travaille pas non plus la dernière semaine de chaque mois je travaille mardi, mercredi, jeudi trois semaines par mois voilà ça ce n'est pas conventionnel non ça, ça me marque souvent les esprits je suis sur tous les hommes j'ai un peu de mal avec ce concept je me souviens d'un événement de réseautage à Genève je me suis retrouvée je crois que c'était un notaire un avocat ils étaient deux, trois et on parlait parce qu'il y avait une de mes clientes qui organisait Et quand ils ont compris que j'étais la consultante de ma personne en question, j'ai eu des remarques comme « Ah ouais, non mais moi je ne l'aurais jamais fait, vu la conjoncture. » Je lui dis « Mais quelle conjoncture ? Tu attends la conjoncture idéale, que la planète soit alignée pour pouvoir avancer ? Mais tu ne fais rien en fait. » Et on discute, et moi je rentrais de vacances, je rentrais deux semaines en Grèce. Il me dit « Mais tu pars en vacances, c'était en février. » Je lui dis « Ben ouais, je pars en vacances quand j'ai envie. » « Mais tes clients ? » « Si les clients, je peux travailler à ma distance, ce n'est pas un souci. » Et donc il me demande et je m'explique mon agenda. Il y a eu un grand blanc.
- Speaker #0
Tu casses le stéréotype de travailler 8h, 10h. Oui,
- Speaker #1
45h par semaine. On n'est pas obligé de travailler comme un mulet. L'escalier, c'est métabolique.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui fait que les gens foncent comme ça dans ce moule ? La sécurité.
- Speaker #1
C'est ce qui se fait, ce qui se pratique. Tu es dans le moule. Moi, je ne suis pas dans le moule.
- Speaker #0
En dehors de ton accès professionnel, il y a d'autres... facette de ta vie où tu n'es pas dans le moule ?
- Speaker #1
Oui, je suis consultante de business et je fais de l'astrologie. Je ne suis pas dans le moule.
- Speaker #0
Je suis contente que tu répondes comme ça à cette question. Je m'attendais à ça. Oui, c'est ça, yes. C'est exactement ça.
- Speaker #1
Je fais de l'astro, je fais de la scénographie. Je fais des G5, c'est du human design pour le business. J'ai étudié des outils qui ne sont pas du tout conventionnels.
- Speaker #0
Moi, je suis convaincue de ça. Tu sais pourquoi ? Parce que tu as dit avant, juste quelques minutes plus tôt, que tu travaillais sur la femme d'abord pour reprendre sa place parce que... Et même moi, je suis convaincue de ça. Tu peux avoir tous les outils du monde, tu peux avoir toutes les formations du monde. Si toi-même, tu as des blocages, si toi-même, tu n'es pas en accord avec ton business, si tu as des peurs, des insécurités, en fait, tu peux avoir tout l'argent du monde aussi. Tu n'arriveras nulle part.
- Speaker #1
Tu n'arrives nulle part. Donc, mon outil pour tout ça, c'est l'EFT. C'était ma première entreprise. D'abord, quand j'ai quitté les Nations Unies, j'ai quitté les nations à Genève et je me suis lancée en tant que...
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il t'a fait quand tu as quitté rapidement ? Oh,
- Speaker #1
le burn-out. et un ras-le-bol de la cage dorée c'était génial un ras-le-bol de la cage dorée j'ai passé 7 ans en fantastie, j'ai rencontré des rois, des reines, des présidents tout ce qui fait rêver le monde entier C'était sympa. Je gagnais beaucoup bien ma vie, évidemment, on le connaît. Mais ça ne me nourrissait pas, en fait. Je m'éteignais à petits feux.
- Speaker #0
Ça, c'est quand même beau de chez les gens qu'on aime beaucoup. J'en compte pas mal des femmes. On a tous ça. On s'éteint.
- Speaker #1
Pendant un temps, j'en avais marre.
- Speaker #0
Tu avais déjà tes enfants, là ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Donc, EFT. Tu es un thérapeute. Pourquoi l'EFT ?
- Speaker #1
J'avais découvert la méthode en 2006. Ça commence à tâter, j'ai l'impression. On parlait de dinosaures au début. Voilà, on y est, bienvenue dans ma vie. Et je me rappelle avoir découvert ça aux Etats-Unis. Imprimer le livret que le fondateur qui l'essayait il n'y a pas longtemps, Gary Craig, avait fait pour expliquer, etc. J'avais lu et je me suis dit c'est trop beau pour Edouard, c'est con ce truc. Et j'ai mis le livret sous mon lit.
- Speaker #0
Sans trop y croire.
- Speaker #1
J'y croyais pour tout, j'ai même pas testé. C'est pas possible. Comment veux-tu ?
- Speaker #0
Total.
- Speaker #1
J'ai beaucoup changé.
- Speaker #0
C'est là où on voit le chemin. Ah oui, oui. Et donc... 20 septembre 2008,
- Speaker #1
c'est la demi-soeur de mon fils, du numéro 1. J'ai même sur des numéros, un de traqué dans l'ordre de Bâche, Guillaume pour me nommer. Je ne peux pas me lever, je n'arrive pas à sortir du lit. Physiquement, je ne peux pas sortir. Et je me dis, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #0
Que je ne vais pas dans l'asile ?
- Speaker #1
Tu te dis, je ne fais pas bien, je suis sanglée, il y a un problème. Je n'y arrive pas en faute. Donc je pèle le cou et je ne peux pas dormir, je n'y arrive pas. Et j'ai fini par arriver à mes amours de maman. Il y a un problème, je sentais que je n'étais pas bien, mais je n'arrivais pas à mettre de mots sur ce que j'avais. Et j'ai rendez-vous avec mon médecin. Je suis arrivée, je me dis qu'est-ce qui ne va pas ? Je n'ai pas pu répondre. Je me suis effondrée en l'air, en qui pleurait. Jamais avant, tout est sorti. Tout est sorti. Et là, je me suis dit, il va falloir arrêter, il va falloir l'étreindre. Donc, je suis allée, j'ai quitté. Et à ce moment-là, je me suis trouvée dans un arrêt maladie, juste sur mon canapé, des journées entières, à attendre que le temps passe. Et quoi ? Vide, ah oui, vide. De l'intérieur, il n'y avait plus rien. vide. Et un jour, je ne sais pas, au bout d'un mois, je ne vis plus que ça, je t'avais entendu depuis là-haut, un ou deux, je me suis dit que j'en ai marre, en fait, je ne vais jamais avancer, parce qu'ils me proposent des antidépresseurs que je n'ai pas voulu prendre. C'est soigner le symptôme, ce n'est pas la cause, ça. Et puis, un jour, je ne sais pas, je nettoie sous le lit. Et je retrouve ce livret. Et je l'ouvre. Et là, je me suis dit, qu'est-ce que tu as à perdre ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
il n'y a pas de solution à rien. De toute façon, j'étais toute seule toute la journée, j'avais rien d'autre à faire. Vas-y. Quinze jours plus tard, il n'y avait plus de linge.
- Speaker #0
Parce que tu as fait directement sur toi.
- Speaker #1
J'ai appliqué l'EFT sur moi. Et je me suis dit, ah, il y a peut-être un truc quand même. Donc, je me suis formée avec Derek Craig, le fondateur. Il est médecin pour se former. Je me suis mangée 300 heures de formation, je pense. Et je me suis dit, bon, j'essaye sur quelqu'un d'autre quand même. Et puis, j'avais une voisine qui était adorable, qui s'occupait des enfants aussi, et qui repassait notre linge.
- Speaker #0
qui un jour me ramène au loge et elle avait une sale tête. Elle me dit non mais je suis dans ma période de mon site menstruel et du coup j'ai des migraines absolument horribles. Ah oui ? Et je lui ai dit tu ne voudrais pas essayer un truc ?
- Speaker #1
Mais elle me dit au point j'en suis, vas-y. Et en une heure, elle n'avait plus de migraines. Ça faisait 17 ans qu'elle avait des migraines. Et elle me dit il n'y a rien. Elle faisait partie d'un programme expérimental de médicaments et rien ne se faisait passer. Et elle me dit du coup si ça revient ce soir, je te viens te voir. Et elle n'est pas revenue. Elle est revenue le mois d'après. Elle me dit c'est arrivé, viens on fait ton truc. On recommence ton truc. On a mis une des meilleures, c'était rigolé. et au bout du troisième mois, elle revient et on a l'impression qu'elle va chercher les choses. Je ne vais pas t'expliquer,
- Speaker #0
mais tu peux.
- Speaker #1
Et j'avance sur un sujet. Elle me dit non, ça n'a rien à voir. C'était la mort de son chat quand elle avait 18 ans. Elle me dit mais ça n'a rien à voir avec l'immigré. Vas-y, on y va. Bingo. C'était son meilleur ami à qui elle n'a pas pu le pleurer. De ce jour-là, en été février 2009, elle n'a plus jamais eu une seule migrée. Ça a transformé sa vie.
- Speaker #0
Je comprends mieux la phrase que le corps n'exprime pas, ça s'imprime.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Que tu as dit.
- Speaker #1
Oui. Tout ce qui ne s'exprime pas s'imprime. Et je n'ai plus de migraine. C'était fini. Terminé.
- Speaker #0
Donc depuis là, tu décides de faire de l'EFT.
- Speaker #1
Alors, je ne décide de rien, on me pousse.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'elle m'a dit non mais t'en sais un truc de malade, tu ne te rends pas compte, tu as fait ce que les médecins n'ont jamais fait. Disclaimer, je ne suis pas un médecin. Et elle m'envoie une copine et je ne voulais pas, mais elle me dit si elle a besoin de toi. Et d'une copine à une autre, je me retrouve à... On me pousse, en fait. Je me retrouvais à faire ça. Et à un moment, je prends un cabinet. Je prends un cabinet. Je suis quand même à Evian. Tout au fond, tu sais.
- Speaker #0
Oui, à France. Tout au fond,
- Speaker #1
à la frontière. Et je me retrouve avec des gens qui viennent, qui me trouvent. Je ne sais même pas comment, parce que personne ne connaissait l'EFT en 2009.
- Speaker #0
Ben oui, on part d'un temps où on a un diagramme, tout ça.
- Speaker #1
On n'existait pas. On a vu à l'air. Facebook venait de démarrer.
- Speaker #0
C'est le site internet.
- Speaker #1
Voilà. C'est le site internet. Et puis, on était trois thérapeutes PFT en Europe. Il y en avait un en... Je ne sais plus où on est. En France, en Belgique, puis moi.
- Speaker #0
Wow.
- Speaker #1
Le bouche-à-oreille a commencé à faire son effet. J'avais beaucoup de... Je disais... Beaucoup d'infirmières qui traversaient depuis Lausanne pour venir me voir.
- Speaker #0
Du coup, tu commences ton activité professionnelle comme ça. Et qu'est-ce qui t'oriente vers le business coaching ?
- Speaker #1
À nouveau, pas moi.
- Speaker #0
Écoute, j'ai suivi les chemins. Je me suis au bout de...
- Speaker #1
Tu imagines bien que passer d'un salaire des Nations Unies à thérapeute, autant te dire que ça fait un...
- Speaker #0
C'est un petit choc à mon avis.
- Speaker #1
Un gros choc qui a créé des grosses dettes. Après, je faisais un verrement à l'arrache, on va dire. Je recommande à personne de faire ce que je fais, c'est une très mauvaise idée. Et au bout d'un moment, tu te dis, il faut quand même que je gagne de l'argent. Donc je cherche sur Internet comment développer son entreprise. Et je ne trouve rien dans le monde francophone, et vraiment rien. En 2009, il n'y a rien. En 2008, 2009, il n'y a rien. Donc je parle anglais, de côté américain, et là, les portes s'ouvrent. Donc je me forme aux Etats-Unis et j'applique. Et au bout d'un mois, mon chiffre d'affaires fait x5. Et dans l'espace où je pratique, il y a deux autres thérapeutes, et elles me disent, mais attends, il y a plein de gens... « Toi, dans la salle d'attente, il se passe quoi, là ? » Je leur explique. Elle me dit « On ne parle pas anglais. Est-ce que tu ne voudrais pas nous montrer ? » J'ai commencé à prendre des séances avec une des collègues. Je lui explique tout, en fait. Son activité se met à cartonner. Elle me dit « Non, mais Steph, il y a un truc, là. » Elle me dit « Toi, tu as l'air évident. » « Mais moi, ce n'est pas évident. » « Mais toi, tu as l'air évident. » « Mais attends, j'ai une copine à Genève qui a... » Et je me retrouve à la copine qui a une salle de sport à Genève qui ne tourne pas du tout. C'est la catahyte, etc. Puis les années, ça va. Je me retrouve à aller faire ça chez elle. Et moi, je suis tétanisée. Je me dis, mais je suis un imposteur. Je ne suis personne, quoi. Et en plus, ce jour-là, je vais chez elle. Je prends une somme ridicule parce que j'ai tellement peur de porte-corps. Et il y a son mari qui est là. Et qui, tout le long, dit, de toute façon, ça ne marchera pas.
- Speaker #0
Ah non,
- Speaker #1
mais tout le long, ça a été... Et je me disais, qu'est-ce que tu fous, là ? Ça va être horrible. Et je lui mets quand même un place, un plan, etc. Et moins de deux mois après, le téléphone sonne. Et c'est le mari. Il me dit, je vous donne des excuses.
- Speaker #0
Bon, ben, bravo. Bravo, au moins il a eu le mérite de cette traite.
- Speaker #1
On dit que ça a changé sa vie. Et donc, on est en 2026. Elle est toujours là sur la place de Genève, le carton.
- Speaker #0
Donc vraiment, tu as le cerveau orienté solution. C'est là que ça se met en place.
- Speaker #1
Et c'est là que ça se met en place parce que du coup, elle me parle d'une autre, etc. Et je me retrouve avec des gens qui viennent. Et du coup, sans le vouloir, je transitionne, je fais de l'EFTA. Je deviens consultant de business.
- Speaker #0
Alors du coup, tu dois avoir beaucoup de femmes, toi, depuis.
- Speaker #1
Un jour, j'aime.
- Speaker #0
C'est quoi la croyance qui les bloque le plus ? Celle que tu vois le plus...
- Speaker #1
C'est le manque d'estime d'elle-même. C'est le manque d'estime. Le manque de confiance. La confiance et l'estime, elles sont très liées. Elles ne sont pas capables. Je ne vais pas y arriver. Je ne sais pas. Je ne suis pas capable ou je ne sais pas faire. Et alors, il y a aussi la comparaisonnite aiguë qui est un... Qui est un...
- Speaker #0
Redis-moi ça, là.
- Speaker #1
La comparaisonnite aiguë. C'est une maladie très, très, très répandue chez les femmes. qui passent leur temps même quand elles sont incroyables à se comparer à la Terre entière, et donc elles sont toujours plus nulles que les autres. Moi, elles ont interdiction de dire « je suis nulle » . Dès qu'elles disent un truc qu'elles ne doivent pas dire, je leur demande littéralement d'annuler. Je dis « je veux entendre, j'annule » . Je les oblige à dire « j'annule » .
- Speaker #0
Il y a un exercice pour les enfants, que j'aime bien justement détourner pour les femmes, quand on dit « je suis nulle, je ne vais pas y arriver » , c'est comme si tu regardes à travers une fenêtre et que tu vois tout le monde qui arrive mieux que toi, mais si tu oublies que tu ne regardes pas à travers une fenêtre. Tu regardes à travers un miroir. Puis comment toi tu te regardes ? Est-ce que vraiment tu te trouves nulle ? Si on se compare, c'est pour faire un raccourci aux enfants, pour leur dire si tu te compares à toi hier. En fait, c'est juste toi par rapport à toi. Déjà, ça permet la comparaison.
- Speaker #1
Comparaisonité. J'appratique beaucoup avec les clients. J'entends beaucoup, je la vois beaucoup.
- Speaker #0
Donc pour toi, c'est plus le fait du manque d'estime de soi et du manque de confiance. Qu'est-ce que ça donne après sur le business alors ?
- Speaker #1
Elles n'arrivent pas à développer comme ils voudraient. Elles ont des aspirations, elles ont envie. Et ça stagne. Et souvent, alors, il y a l'argent.
- Speaker #0
Parce que ça, chez toi, c'est récurrence. Tu coaches aussi pour l'éducation à la liberté financière.
- Speaker #1
Ça fait partie du travail, en fait. Souvent, on me dit, qu'est-ce que tu fais ? C'est trop difficile de l'expliquer parce qu'en fait, je mets la main dans tout, en fait. Parce que tout est lié. Chez les femmes, tu sais, chez les hommes, j'en parle régulièrement avec les hommes, l'homme, quand il sort de chez lui, ses problèmes partenaires n'existent plus. La porte est fermée, ça n'existe plus.
- Speaker #0
Je suis avec un homme depuis 23 ans. Merci. C'est pas un spoiler. Alors que nous, les femmes,
- Speaker #1
qu'est-ce qu'on fait ?
- Speaker #0
On prend tout avec. On prend tout avec. T'as vu, avant qu'on n'enregistre, tu te dis, il y a ma fille qui m'appelle,
- Speaker #1
elle m'harcèle alors que je suis au travail un peu là. Mais c'est ça. Et nous, on emmène avec nous. Et donc, si tu t'es pris la tête le matin avec ton mari, tu vas emmener ça avec toi au travail. Tu n'arrives pas. Elles n'arrivent pas à se concentrer, à être focus sur leur objectif, sur leur travail.
- Speaker #0
Est-ce une qualité ou un défaut, du coup, d'emmener tout ça avec nous ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est un défaut ou une qualité, mais en tout cas, ça n'aide pas. Et moi, je leur apprends à lâcher ça. Et donc, l'EFT est toujours là. Au début, je ne voulais pas l'utiliser. J'avais une sorte de barrière. Je ne pourrais pas faire ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce que l'EFT, mais Astro ?
- Speaker #1
C'est venu après. Mais l'EFT, c'est l'outil extraordinaire qui permet d'éliminer, on élimine toutes leurs peurs, on va les chercher, leurs croyances. Et c'est enfoncé là-dedans. Il y a vraiment des trucs incroyables par rapport à l'argent. Et c'est toujours lié à l'enfance. Aux parents, les petites phrases bien assassines des parents. Ou les phrases juste entendues comme ça. L'argent ne pousse pas sur les arbres quand même.
- Speaker #0
Je suis sûre.
- Speaker #1
Voilà, toutes ces phrases-là qui ont l'air de rire. Mais alors, il faut aller les chercher, il faut les nettoyer. Et l'EFT nettoie en profondeur et ça ne revient pas.
- Speaker #0
J'aurais dû venir te voir. Nettoyer, mais on t'étoie, tu n'as rien à dire jusqu'à 18 ans.
- Speaker #1
Ah ça, voilà. Il y en a beaucoup. Je t'ai pris à écrire un bouquin sur tout ce que je peux entendre depuis tant d'années. Mais oui, c'est ça, vraiment. Et du coup, ça les empêche de... Elles n'osent pas.
- Speaker #0
Et tu as un exemple merveilleux qui m'a partagé, de femme qui est venue te voir. qui t'a partagé un secret et que tu as accompagné. Tu es d'accord de nous partager cette histoire ?
- Speaker #1
D'abord, je vais dire pourquoi je peux le partager maintenant. Parce que ça date. Et c'est quelqu'un qui n'écoutera jamais le podcast et vous ne saurez jamais qui c'est. Donc effectivement, je fais ma part de bénévolat, comme je dis. Quand il y a des femmes, parfois je sens, je ne vais pas expliquer, mais elles aimeraient être avec moi, mais elles n'ont pas le budget. Je ne peux pas aider la terre entière. Je ne suis pas... Il y a des Saint-Bernard croisés mère Thérèse, oui ça aussi, les femmes sont des Saint-Bernard croisées mère Thérèse, beaucoup. Mais parfois je sens qu'il y a des femmes avec qui je sais qu'elles ont un potentiel de dingue, et ça m'embête de ne pas pouvoir donner un petit coup de pouce dedans, je ne dis rien et je fais ça off. Et cette femme vient me voir, et on commence à travailler avec une entreprise, une entreprise qui ne marchait pas très bien, et dans la discussion, très vite, j'ai la voix, quand ça enlève les larmes aux yeux, et elle me dit, il faut que je te dise, tu me prostitues, parce que je n'arrive pas à gagner assez pour nourrir mon enfant. Autant te dire que... Elle me dit, je ne l'ai jamais dit à personne, mais je ne sais même pas pourquoi je te le dis, mais je pense que je peux en confiance en toi, et tu peux l'être évidemment, parce que personne ne saura jamais qui tu es, et ça ne sortira jamais de là, en tout cas. Personne ne saura jamais qui tu es. Mais je lui dis, on va faire un truc, c'est que je te promets qu'on va te sortir de là. Je dis toujours à mes clientes, quand tu viens avec moi, il faut que tu aies confiance en moi à 100%, sinon ce n'est pas la peine de venir travailler avec moi. Elle me dit, je n'ai aucun problème. Donc je vais mettre un plan en place. Donc on a mis un plan. Et il y avait là, pour le coup, des barrières. Je ne suis pas capable. Aucun employeur ne voudra de moi. J'ai dit, il faut trouver un job, en fait. On a trouvé un job. Être entrepreneur, ce n'est pas une fin en soi. Si tu n'en vis pas, pour ton nez, travailler en Samaria, c'est normal. Il n'y a pas de gloire à être entrepreneur. Et on me dit, mais personne ne voudra de moi. Je dis, donne-moi ton CV, on va en lire les uns. On a refraîti son CV. Je lui dis, mais il y a des choses. Tu peux faire. On peut faire ça, ça. Vas-y, postule là et là. Et vraiment, elle me disait, mais je n'y arriverai pas. Je dis, tu postules et on en reparle après. Elle a postulé. Et moins d'un mois après, elle avait un job. Et le job idéal. vraiment à côté de chez elle, qui lui laissait le temps de continuer son activité indépendante, qui lui a permis de ne plus jamais se prostituer. Et une de ses grandes craintes, c'était « quel homme voudrait-il que je sois ? » Et je lui dis « mais tu sais, tu n'es pas obligée de tout raconter, comment tu veux qu'il le sache ? » « Est-ce que tu fais ça par plaisir ? Non. Tu as une nécessité qui fait que tu as dû le faire, tu n'es pas obligée de lui dire en fait. » Les femmes ont souvent l'impression qu'elles ne doivent absolument tout raconter dans un rôle état. Il y a des choses qu'on ne doit pas dire, je pense. Et quelques temps après, très peu de temps après, mon message extraordinaire m'a dit, j'ai trouvé l'homme, il est extraordinaire, il s'occupe de mon enfant, il est... et son chou, on s'en bat. Je dis, mais ça a changé sa vie, et c'était beau à voir. C'était magnifique de la voir après, tellement soulagée, parce qu'elle m'a aussi raconté certaines scènes d'études, des trucs pareils, c'est énorme.
- Speaker #0
Du coup, dans cette transformation, c'est quoi qui a le plus de sens pour toi ?
- Speaker #1
Mais c'est qu'aujourd'hui, elle a pris sa vie en main. Elle contrôle sa vie. En tout cas, elle a repris les rênes. Elle n'est plus sur le siège passager, elle est sur le siège conducteur.
- Speaker #0
C'est beau ça. C'est ce qui se sent à Treyert, maintenant que je te connais un peu, moi. C'est ça que tu as envie de donner au public.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Tu prends le volant, en fait. Tu n'es pas passive à côté. Tu décides de ce que tu vis. Il n'y a pas de fatalité, en fait. Ce n'est pas parce que c'est compliqué aujourd'hui que ce sera compliqué demain. Mais après, c'est les choix. Cette femme, elle a fait le choix. un, de me dire, plus gros secret, deux, de me faire confiance, et trois, de suivre le plan et d'y aller. Et après, elle a arrêté la boîte qu'elle avait parce qu'elle ne lui convenait plus, puis elle a lancé autre chose. Ça l'a épanouie, mais comme une fleur. C'est un truc de dingue. Elle a fait des choses derrière.
- Speaker #0
Un dit chose, ça ne les fait pas pire.
- Speaker #1
C'était beau, vraiment. C'était vraiment chouette.
- Speaker #0
C'est trop bon. Est-ce qu'on ne pourrait pas parler un petit peu de tes autres outils, rapidement, quand même, qui sont, je trouve, tellement... Comme tu dis, pas conventionnel au monde business. Et pourtant, je suis sûre qu'il t'amène quand même des clés importantes en termes d'accompagnement. Donc toi, tu les appelles, c'est l'astro-cartographie. Je lis parce que je n'ai pas l'habitude de ce terme. L'astrologie, ça je connais.
- Speaker #1
Astrologie, astro-cartographie. Donc l'astrologie, tout le monde connaît. Alors, le problème de l'astrologie, c'est qu'elle est mauvaise presse. Parce que quand on dit astrologie, les gens pensent Marie-Claire, Marie-France.
- Speaker #0
Moi, j'ai de l'astrologie un peu plus poussée. Voilà, sorcière.
- Speaker #1
Mais en général, les gens pensent à ça. Évidemment, l'astrologie des magazines, on est très, très loin de l'astrologie réelle. Et l'astro-cartographie, c'est l'astrologie des lieux. C'est-à-dire qu'il y a des endroits qui sont vraiment porteurs. Il y a des endroits qui vont te porter.
- Speaker #0
Ça, je crois fort, mais je ne savais pas.
- Speaker #1
Pour l'expérimenter, c'est incroyable. Donc, il y a des lieux qui vont te porter pour ton entreprise, des lieux qui vont te porter si tu cherches l'amour, et des lieux qui vont te porter si tu... Il faut trouver l'endroit où t'as envie d'y, il faut être bien, vraiment bien. Si t'as déjà expérimenté, il y a des fois, tu vas dans certains endroits qui peuvent être paradisiaques, tu te sens pas bien. Et quand tu regardes l'astro-cartographie, tu peux être sûre qu'il y a des lignes qui font que ça induit ça.
- Speaker #0
C'est par rapport à ta naissance et tout ça ?
- Speaker #1
C'est par rapport à ton thème de naissance. On parle de l'astrologie, évidemment, et ça, c'est placé sur une carte du monde, et on voit où sont les planètes au moment où tu es née. Et là, on sait. Par exemple, moi, la Grèce, quand je veux booster mon business, je vais souvent en Grèce. Je sais pourquoi j'y vais. J'y vais jamais par hasard.
- Speaker #0
C'était ma question. Est-ce que ça t'a déjà aidé ? C'est important.
- Speaker #1
L'astrologie, c'est un outil. Moi, je fais du prédictif aussi. Il y en a qui font de l'astrologie. Pour le thème de naissance, c'est bien de se connaître. Moi, j'aime bien toujours aller un peu plus loin. J'aime bien savoir. J'aime bien voir où je vais. Ça aide beaucoup, par exemple, quand tu as des années où... À partir de 2023, je savais qu'au niveau de ma carrière, il allait y avoir du flottement. C'est-à-dire que les clientes étaient toujours là. Mais moi, j'étais en flottement. Des doutes. Tu ne sais plus. Du moment où je l'ai niqué.
- Speaker #0
Tu parles à quelqu'un qui n'arrête pas de te dire. Tu ne sais plus.
- Speaker #1
Mais en fait, je savais. Je savais de quoi ça venait. Je savais ce qu'il y avait dans mon thème qui induisait ça. Et je savais que ça se terminait. À quel moment ? Et au moment, l'année dernière, en juillet, je savais qu'il y aurait un. Et ça n'a pas loupé. Au moment où c'est intervenu, je me suis dit, mais qu'est-ce que tu fous en fait ? Tu sais très bien que je suis retombée amoureuse de mon entreprise. J'ai réalisé qu'en fait, ma clientèle est là. Voilà. Je ne sais pas ce que je vais chercher ailleurs. ma clientèle a toujours été en Suisse romande même si j'en ai à l'étranger et du coup j'ai repris tout ça en main d'une autre manière et aujourd'hui je suis visiteuse vraiment amoureuse de mon job à nouveau et donc ça t'aide vraiment ah oui mes clientes ça les aide je pense que si t'es une femme qui te dit ok c'est pas pour moi ça tu lui dirais quoi ? je ne lui dis pas je ne m'en sers pas je ne l'utilise pas alors je vais l'utiliser moi je vais regarder de mon côté mais je ne vais pas l'utiliser avec elle mais ça n'arrive pas ça n'arrive pas non
- Speaker #0
Rien que là, tu me parles, je dis « Quand Steph, on arrête ce temps-là, justement, moi j'ai 1500 questions sur mon app, dire ce où je vais, dégénérement je fais et tout. »
- Speaker #1
Moi, j'ai eu des clientes à midi, elles m'ont dit « Rendez-vous pour l'astrolabe. »
- Speaker #0
Tu rigoles, mais en fin d'année, moi, je voulais tout arrêter en décembre. Mais vraiment, je me suis dit « C'est bon, allez, saoule. Ça saoule, ce jeu, c'est bon. Retourne dans le salariat. » Et je le dis à personne. Je fais mes petits exercices de tarot. Je montre en story que j'ai des trucs de tarot. Il y a une femme qui m'appelle sur les réseaux, si elle se reconnaît, Bénédicte. Et elle me dit, si tu ne voulais pas que je te refasse ta petite révolution. Je lui dis, allez, vas-y, fais-moi ma révolution. Et elle a posé des mots sur ce que moi, j'étais en train de vivre. Je lui ai dit, ce n'est pas possible, tu es dans ma tête, en fait. Tu es vraiment... Et ce qu'elle m'a prédit, c'est passer au mois de janvier. Et je lui ai dit, c'est bon, tu es une sorcière, c'est possible. C'est l'astro, quand on est bien pratiqué, c'est ça. J'ai une de mes clientes,
- Speaker #1
elle a un gros projet. Depuis le début, elle m'en parle. Et je lui dis, oui, mais... On parle bien, non ? Si, si, si. Mais 2026, et c'était en 2024, on me dit, mais moi, je ne voulais pas venir. Donc, on a quand même lancé, on a dit, on fait, on fait, on fait, et ça bouge tout en 2026. Et je me dis, ça, on en a parlé, on a fait les chiffres, ça, c'est un projet à 14 millions de francs par an. On est sur des chiffres conséquents. Et on me dit, non, non, non, non, ça ne sera pas, ça va être difficile. Et c'était quand ? Février, j'ai envoyé un message, je lui dis, alors, aujourd'hui, Jupiter est reparti direct, et il est dans un club particulier, et là, ça doit revenir. Je te jure, deux jours après, mon message me dit, mais c'est un truc de malade, en fait. à la seconde ou des reparties directes, les portes se sont ouvertes.
- Speaker #0
Et elle me dit, en fait, moi, je m'ennuie, pour ne pas dire autre chose. Depuis deux ans, elle me prend de la tête, alors qu'en fait, il fallait juste attendre que ça reparte.
- Speaker #1
Et depuis, ça ne s'arrête pas.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a toujours des gens qui ne croiront pas. Mais moi, par tête, déjà, avec le prisme que j'y crois, mais quand en plus, tu le vis dans ta vie réelle, c'est comme pour notre maison, ce qui s'est passé, c'est bon. J'ai eu plein d'exemples de clientes comme ça. Tu ne peux plus nier.
- Speaker #1
ça c'est en astrologie en astrocartographie les deux j'ai une cliente d'Astrocarto je vais la voir tout à l'heure d'ailleurs elle part en vacances l'année dernière on relance sa boîte on fait carrément tout différent enfin vraiment c'est un truc gros Et elle part en vacances, elle part en Italie. Et sur la route, elle m'envoie des messages. Elle me dit, Steph, il y a un truc. On redémarre à zéro, en fait. On n'est pas client, quasiment. Enfin, pas assez. Et elle me dit, c'est bizarre, je viens d'avoir une demande de rendez-vous. C'est trop... De manière surréaliste. Et tout le long de la route, jusqu'à ce qu'elle arrive en Italie, elle m'envoyait cinq messages. Elle me dit, Steph, alors elle n'est pas trop là-dedans. Elle me dit, Steph, tu peux peut-être regarder comme je suis en train de dire quelque chose. Et effectivement, elle se cartographie. Elle arrive sur un point qu'on a ou pas, qui est vraiment un point d'activation, mais de malade. Quand tu es dessus, ça te double les pointes. Autant te dire que sa boîte, elle s'est ouverte d'un coup.
- Speaker #0
Mais c'est faux ça.
- Speaker #1
C'est un truc de malade. Sa boîte, elle cartonne, mais à un niveau.
- Speaker #0
Donc elle l'a joué d'une manière complètement...
- Speaker #1
Pour le coup.
- Speaker #0
Comme ça. Elle s'est dit, je vais là. Et le fait, c'était juste.
- Speaker #1
Je dis, mais là, tu es sur un point d'activation. Autant te dire que ça ne s'arrêtera plus. Et ça ne s'arrête plus. On est obligé de freiner des fois.
- Speaker #0
Ok, alors moi, j'ai mon astrographie. Allez. Bon, avant qu'on parle de mon astrographie, je vais faire un petit exercice avec un miroir. Si tu es d'accord. Vas-y. Alors, je te mets le petit miroir devant toi. Et tu es autorisée à ne plus me regarder. Ok. Autorisée à te regarder, toi, toute seule. Ok.
- Speaker #1
Et à voir à quel point tu es belle, avec tes cheveux gris.
- Speaker #0
Quand tu regardes cette femme aujourd'hui, toi, est-ce que tu te sens fière ? Ou qu'est-ce que tu as envie de lui dire ?
- Speaker #1
Alors, la fierté, c'est une émotion. Je ne connais pas. Je ne sais pas ce que ça veut dire. C'est vrai, c'est quelque chose que je n'utilise jamais. Je suis contente de là où je suis aujourd'hui. parce que j'ai une vie dans laquelle je suis extrêmement heureuse je suis très très heureuse dans ma vie je suis heureuse, j'aime ma vie, j'aime ce que j'ai construit j'adore ma vie en fait j'ai vraiment la vie que je pensais avoir que j'ai mis le temps à construire et en fait c'est au-delà de ce que je pense c'est au-delà de ça ok je t'invite à fermer les yeux
- Speaker #0
C'est pas des rubis. Une petite photo de toi.
- Speaker #1
Ah oui, la petite bondinette.
- Speaker #0
T'as quel âge là sur ma photo ?
- Speaker #1
J'ai trois ans. Et j'ai déjà un journal devant moi. J'ai toujours beaucoup lu.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'elle te dirait cette petite fille si elle te voyait aujourd'hui ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'elle me dirait la petite ? La petite, elle me dirait...
- Speaker #0
ça va être compliqué comme ça tout le long c'est là où ça va commencer à devenir compliqué et si toi tu l'avais en face tu lui dirais quoi ?
- Speaker #1
t'inquiète tu vas y arriver ça va le faire reste telle que tu es on m'a souvent dit que j'étais dure c'est pas que je suis dure c'est que je Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis. Et depuis toute petite, en fait, j'ai jamais, malgré tout quand même, depuis toute petite, j'ai toujours un caractère où je ne me laisse pas crouler. Je refuse qu'on me cloue au sol. Évidemment, quand on a envie de te faire, les gens ont envie que tu sois...
- Speaker #0
Comme ils ont envie que tu sois. Voilà.
- Speaker #1
Et que tu ne le fais pas, que tu ne suis pas depuis toute petite, à ce moment-là.
- Speaker #0
Donc en fait, c'est ça, c'est pour ça qu'elle dit la petite fille, c'est que ça va être compliqué tout de suite. Comme ça, jusqu'à la fin, peut-être que tu lui dis...
- Speaker #1
Ça lui semblait compliqué, là.
- Speaker #0
Keep going. Ça va aller. Mais bon. Qu'est-ce qu'elle aurait eu besoin d'entendre, cette petite fille, à cet âge-là ?
- Speaker #1
Je te crois. On te croit.
- Speaker #0
Il n'en aurait pas pu dire ce qu'elle désirait. Tu parlais pas ?
- Speaker #1
Je racontais pas ce qu'il se passait. Parce que je savais qu'on croirait dans... Déjà à trois ans, tu sais. Tu sais si on va te croire ou pas. Elle le savait très bien. Elle n'a rien dit. Jusqu'à 28 ans.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux rajouter quelque chose avant que j'enlève cette petite Stéphanie ? Non. Non ?
- Speaker #1
C'est bon.
- Speaker #0
C'est tout bon ? Gentiment clôturée, oui. Si tu as des femmes aujourd'hui en face de toi qui hésitent justement, qui ne savent pas... ou à les qui se formatent, qui se mettent dans le moule. Tu leur dis, j'aimerais que ça t'agace. Par quoi tu leur dis de commencer ?
- Speaker #1
Par quoi leur dire de commencer ? En fait, c'est difficile comme question parce que chaque femme est différente et il y a parfois des personnes qui ont besoin d'aller au bout du bout, du bout, avant d'accepter de se dire, tu ne peux pas aider celui qui ne veut pas s'aider.
- Speaker #0
Alors, c'est ce que j'ai dit encore à une cliente hier. Si tu vas au sport, si tu me compares à un coach sportif, si je te dis de faire 15 abdominaux et que tu ne peux pas faire le 15e, je ne peux pas commencer à te tirer.
- Speaker #1
J'ai vraiment une règle de base, je ne donne pas de conseils non sollicités.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est pour ça que je vais au métier, par exemple, je ne fais que du 100% sur mesure. Il n'y a rien qui ressemble à chaque cliente. Parce que chaque femme qui vient me voir, elle est différente.
- Speaker #0
Donc il n'y a pas un truc à faire, tu penses, quand même commun pour soi ? avoir un déclic ou un conseil que tu donnerais ?
- Speaker #1
C'est difficile parce que vraiment, ça dépend de chacune. J'ai envie de leur dire faites de l'EFT, mais ne pitié pas de l'EFT à deux balles.
- Speaker #0
Alors dis-nous, c'est quoi l'EFT à deux balles ?
- Speaker #1
Parce que c'est comme toutes les techniques, il y a beaucoup de gens qui reprennent et qui ont appris de machins, qui ont appris de trucs.
- Speaker #0
Un truc qu'on va se rater sur les réseaux là ?
- Speaker #1
Ça ne ressemble plus à rien et ce n'est pas de l'EFT. Le FT, par exemple, c'est un outil incroyable, mais quand il est bien appliqué. Moi, j'ai des gens qui vont dire « non, ça ne marche pas » . Et après, ils sont venus faire une séance avec moi. Puis on me dit « mais ça n'a rien à voir » .
- Speaker #0
Puis ça marche, ah bah ouais. Mais ok.
- Speaker #1
Ça n'a rien à voir. Donc, quoi qu'elles fassent, d'aller vers des personnes qui sont vraiment formées, mais correctement. Peu importe ce qu'elles font, que ce soit le DMDR ou autre, mais s'assurer que ce sont des personnes. Mais aller… La première chose, c'est de rire les yeux et d'accepter ce qui se passe. De réaliser et de se dire « ça ne me plaît pas bien ce que je vis là » . Et puis de ne pas rester dans des situations qui ne leur conviennent pas. Alors je sais que c'est dur. J'ai divorcé avec deux enfants sous le bras. Mais, il y a un gros mais, j'avais les moyens. Et la différence, elle est là. C'est de faire en sorte de s'assurer d'avoir toujours un cul de côté. Parce que si tu dois pouvoir partir, il faut pouvoir le faire.
- Speaker #0
Tu as raison.
- Speaker #1
Parce que sans ça, tu restes à outé avec une mauvaise personne. Et tu subis. Bon, c'est pas méchant,
- Speaker #0
mais ça ne contenait plus. C'est ça. C'est ça,
- Speaker #1
ça contenait juste. Et on n'a pas de compte à rendre.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Non, j'ai tout à dire. Tu as vu, ça vient.
- Speaker #0
On n'a pas de compte à rendre. Et si les auditrices devaient retenir deux ou trois choses de notre épisode ? Je sais, je demande beaucoup, mais on est capable. Qu'est-ce que tu relèverais ?
- Speaker #1
Déjà, c'est la liberté financière. Tout faire pour l'obtenir. Ça, c'est la première chose pour moi, parce que tu ne peux rien faire sans ça.
- Speaker #0
Mine de rien, l'argent, c'est essentiel. Oui.
- Speaker #1
Et après ça, se donner le droit d'être et de faire ce qu'elles veulent. Sans se soucier des conventions. Tant que tu fais quelque chose, tu es dans la légalité, fais ce qui te fait plaisir. T'as envie de devenir strip-teaseuse, deviens strip-teaseuse, fais ce qui te fait plaisir. Mais sans se soucier de regarder les autres, parce que la vie, elle est courte. Elle est très courte. Ah oui, on en a parlé. Et tu ne sais jamais quand ça va. On a une date de péremption, on ne la connaît pas, c'est ballot. Donc, autant... Le problème, c'est qu'à ce site, aujourd'hui, nous donne cette impression que nous sommes immortels. Oui. Alors qu'on ne l'est pas. Après. Donc pour moi, c'est important de toujours se rappeler ça. Ce n'est pas juste une phrase dite comme ça. Ce n'est pas une jolie phrase, c'est une réalité. Et de dire, si ce que je vis maintenant ne me convient pas, je me pose et je réfléchis. Qu'est-ce que je peux faire pour que ça change ?
- Speaker #0
Et des fois, ça peut commencer par un petit pas.
- Speaker #1
Mais bien sûr. D'ailleurs, c'est toujours un petit pas. C'est toujours un petit pas, en fait. Mais c'est au moins de se prendre le temps, parce que les femmes ne prennent jamais le temps, à se garder, je ne sais pas, une heure, deux heures, d'aller au bord d'un rivière faire ce que tu veux. te poser et te dire je me crois, moi, vraiment, où je veux aller, et se sortir de la tête que c'est impossible. Évidemment, sans argent, c'est impossible. On en met toujours un plan.
- Speaker #0
Mais tu mets un plan.
- Speaker #1
Un plan, tu mets un plan, même si c'est des petits pas, peu importe, même si ça prend 5 ans, c'est pas grave, mais en tout cas, aller vers ce qu'on veut, parce que pour moi, la pire des choses, ce serait d'arriver au bout. Ce qui me permet d'être heureuse aujourd'hui, après la mort de Sébastien, c'est qu'il est mort heureux. C'est que les deux dernières années de sa vie, il disait toujours « je suis un homme entretenu » . C'était tellement génial. Et en fait, il a fait que les choses qu'il aimait. Il n'est pas mort en travaillant comme un mulet. Il était heureux, on a voyagé, on s'est amusé. Je ne dis pas que tout le monde doit faire ça, mais en tout cas faire des choses qui nous plaisent.
- Speaker #0
Qui te nourrissent, quoi.
- Speaker #1
Exactement. Chaque jour, il doit faire en sorte que… Des fois, on se lève le matin, on fait « on n'est pas très bien » , c'est comme ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Moi, si je ne vais pas le matin, ça ne va pas bien, je fais de l'EFT. Parce que je sais que je ne sais pas ce qu'il y a, mais je sais qu'il y a un truc. Donc, je l'élimine, en fait. Comme ça, ça ne me pollue pas. Parce que les femmes ont cette tendance à absorber. Tout, surtout ce qui ne leur appartient pas.
- Speaker #0
J'en ai quand même. Il n'est pas responsable des humeurs, des émotions.
- Speaker #1
Ni de la manière dont ce que l'on dit est réceptionné par les autres. Parce que les femmes ont très, très peur de ce qu'elles peuvent dire. Ça peut être mal perçu. Ce n'est pas ton problème. Tant que tu n'es pas insultant, que tu n'es pas vulgaire ou autre, tu as le droit d'exister. Ta parole compte.
- Speaker #0
Ça, c'est beau. On va regarder ça en rôles. Et si t'avais Stéphanie de 2020 devant toi, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #1
tu vas réussir à devenir heureuse. Parce qu'à l'époque, j'avais le sentiment que plus j'avais, je serais heureuse. Et pourtant, oui.
- Speaker #0
Et pourtant, oui. Aujourd'hui, t'as le sourire, t'es arrivée illuminée. Je vis des belles choses, c'est chouette. Merci Stéphanie d'être venue là. Où c'est qu'on te retrouve pour travailler avec toi ? Moi, je sais qu'on va se retrouver toutes les mois de novembre pour la résidence où tu interviens. Notamment, tu vas parler de FT. je rentrais à me demander si on va pas pousser un peu plus ton atelier maintenant, je me dis allez je vais leur faire faire toute de l'AFD à toi Miron ouais je sais, je vais retourner chez moi pendant une heure ça donc voilà du 26 au 29 novembre tu seras avec moi pour un atelier mais au dehors de ça on me retrouve sur Instagram on m'appelle la stratégie du site voilà, pourquoi ?
- Speaker #1
parce qu'en 2018 j'ai changé de nom j'en avais marre de l'ancienne et je l'ai demandé à mes clients de l'époque Et j'habitais à ce moment-là au 2009 au Portugal. Et j'avais un citronnier dans le jardin. Elle le savait. Il y en a une qui dit, c'est quand même mon job. Il y en a une qui dit, vous nous pressez comme des citrons pour extraire le meilleur de nous-mêmes. Ma tagline, c'est ça pique, mais c'était si casse. Et du coup, c'est le milieu de la stratégie du citron.
- Speaker #0
J'adore. Merci.
- Speaker #1
Rachidfourne.com, on te trouve, et puis Instagram.
- Speaker #0
Pour travailler avec toi. Oui, j'adore. Merci beaucoup Stéphanie.
- Speaker #1
Il y avait infiniment, c'était un vrai plaisir.
- Speaker #0
C'est gentil.
- Speaker #1
Oui, vraiment.
- Speaker #0
Merci d'avoir venu partager ces moments ensemble, d'avoir parlé de deux histoires très personnelles. On se retrouve bientôt. Si tu as aimé cet épisode, je compte sur toi pour le partager, pour le commenter, pour mettre une petite étoile. C'est grâce à toi que le podcast grandit, c'est grâce à toi que les épisodes vivent et se partagent. En tout cas, je te dis déjà merci et je te dis à bientôt pour un nouvel épisode.
- Speaker #1
Merci.