- Speaker #0
Salut, moi c'est Laura, et dans A feu doux, je m'assieds avec des restaurateurs pour échanger sur ce qui compte tellement dans nos vies, et qui fait aussi le sel de leur métier, les relations et le partage. Ici, ils nous racontent les liens tissés, tant dans leur vie professionnelle que personnelle. Ceux qui les ont fait grandir, ou qui parfois les ont bousculés. Ceux qui ont forgé leur parcours, leur manière de recevoir, et qui continuent de les porter aujourd'hui. Toutes ces histoires qui rendent leur métier profondément humain. Alors, si toi aussi t'as toujours un peu de mal à refuser un dernier verre, Et t'aimes bien rester papoté en fin de service ? Alors, viens t'asseoir avec nous ! Bonjour à tous ! Ça fait un petit moment, mais je suis très heureuse de lancer la deuxième saison d'A feu doux. Et pour ce premier épisode, on se retrouve chez Retrouvailles. Je crois que je pouvais difficilement rêver d'un nom de restaurant plus symbolique pour relancer le podcast. Retrouvailles a ouvert début mars 2026, dans le 17e arrondissement de Paris, à deux pas des Batignolles. C'est un bistrot pensé comme un lieu de vie, de partage et de convivialité. Ces trois mots, ce sont ceux qu'Elsa et Thomas ont gardés en tête tout au long de la construction de leur projet. Retrouvailles, c'est leur histoire à tous les deux. Un couple qui se connaît depuis le collège et qui a 24 ans a décidé de se lancer dans la grande aventure de la restauration. Eux aiment dire que les étoiles sont alignées, qu'ils ont de la chance. Mais en les écoutant raconter leur parcours, on comprend vite que cette chance-là, ils l'ont surtout provoqué et mérité, à force de travail, de préparation, et surtout grâce à leur énergie débordante. Un mois et demi après l'ouverture, ils m'ont accueilli tous les deux pour cette conversation. Et je dois dire qu'on s'est vraiment bien marrés. J'ai pris énormément de plaisir à échanger avec eux. Ils sont jeunes, ils sont juste dans leur choix. Et ils sont en train de faire de retrouvailles, bien plus qu'un bistrot de quartier, mais un endroit où on aime venir, revenir, et surtout, se retrouver encore et encore. Bonjour Elsa, bonjour Thomas. Bonjour ! Comment est-ce que vous allez ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Ça va très bien. Merci beaucoup de m'accueillir chez Retrouvailles aujourd'hui. Vous avez ouvert il n'y a pas très longtemps, il y a un petit mois et demi je crois. Comment est-ce que vous vous sentez aujourd'hui après un petit mois et demi d'ouverture ?
- Speaker #2
Très bien, on commence un peu plus à souffler, on est très contents. On commence aussi vachement à réaliser et donc on est très contents.
- Speaker #1
L'ouverture a été hyper physique, se mettre en place, être à jour, que ce soit sur les process ou même les normes d'un restaurant. Les deux premières semaines étaient dures, mais on arrive à trouver notre rythme. Aujourd'hui, on commence à avoir une équipe stable et pouvoir couper un peu tous les jours.
- Speaker #0
Avant d'arriver sur l'ouverture de Retrouvailles, pour partir peut-être un petit peu du début et juste réfléchir à ce mot. retrouvailles. Si vous deviez, vous, penser à une retrouvaille dans votre vie qui vous a particulièrement marquée ou qui vous tient à cœur, ce serait laquelle ? Est-ce que vous auriez un exemple à donner ?
- Speaker #2
Moi, celle que je vais dire, ça va paraître un peu kitsch, mais je dirais que c'est celle avec Thomas, parce que je suis partie vivre à Vancouver pendant un an. Du coup, c'est pour moi la plus forte des retrouvailles, parce qu'on s'est attendu, c'était un couple à distance pendant un an. Et vraiment, c'est le terme quand on s'est retrouvés, quand je suis arrivée. Et c'est très drôle puisqu'on l'a aussi fait dans un restaurant quand on s'est retrouvés. Donc il y a déjà finalement ce centre d'intérêt commun. Et c'était très marquant parce qu'à partir de là, on a commencé à vivre ensemble. Et c'était ça y est, je suis rentrée pour de bon après le Canada. Et notre couple prenait une autre tournure. Donc c'est la plus belle des retrouvailles.
- Speaker #1
Je ne sais pas pour en faire mieux Alors je vais faire quelque chose de moins sympa J'ai mon frère qui est parti pendant un an et demi en Australie Donc c'est cette année là qu'on a ouvert Il y a un mois et demi Il est rentré il y a deux mois L'Australie et j'étais très proche Donc voilà C'est la retrouvaille de l'année Deuxième Vous avez tapé haut tous les deux
- Speaker #0
Peut-être donc.. Pour revenir un petit peu sur vos histoires individuelles, vous vous connaissez depuis le collège, je crois, mais vous avez des parcours, mine de rien, assez différents. Est-ce que peut-être Elsa, tu veux commencer sur comment est-ce que tu es arrivée progressivement vers la restauration ? Oui,
- Speaker #2
comme on a dit, nous on se connaît depuis le collège, mais moi après le lycée, je suis partie en fac de droit, donc à la base un peu rien à voir, mais à côté, j'étais chef de rang dans des brasseries. Et la première fois où j'ai commencé, c'était juste après le bac. Je cherchais à avoir un peu d'argent parce que de base, je voulais partir en Argentine. Donc c'était le projet mettre de l'argent de côté. Et je suis partie faire une saison dans le sud-ouest, dans la famille de Thomas, qui ont des restaurants là-bas. Et j'ai fait ma première saison à Cahors pendant deux mois. Et quand je suis rentrée, à côté de la fac de droit, tous les soirs, j'étais serveuse dans des brasseries parisiennes et le week-end. Donc c'est finalement comme ça que je suis rentrée dans la restauration petit à petit. Et après, ça a pris un peu plus d'ampleur quand je suis partie au Canada, à Vancouver, puisque j'ai fait une école d'hospitalité là-bas. Donc, vachement tournée, hôtellerie, restauration, événementiel. Et puis après, Paul Bocuse, où là, j'ai vraiment mis les deux pieds dedans, en cuisine et en salle.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a attiré en fait ? Tu n'es pas du tout de ce milieu, ta famille n'avait pas du tout de pied dans la restauration. Qu'est-ce qui t'a attiré un petit peu dans le milieu ?
- Speaker #2
Au départ, je dirais que quand j'étais en études, pour moi c'était un peu un défouloir finalement. Ce n'était pas un travail alimentaire, mais c'était plus un défouloir pour y aller parce qu'on est en contact de plein de gens, parce que c'est un métier hyper dynamique, où on est en activité, on n'est pas assis. Donc moi c'est vraiment ça au début qui m'a vachement attirée où je me disais c'est chouette et après j'ai pris vachement un défi aussi dans la restauration parce que je me disais il y a une partie assez cool de vente additionnelle, de rendre le plaisir aux gens en étant souriante, je suis quelqu'un d'hyper dynamique et qui aime partager un peu ma joie et je pense que c'est vraiment là-dedans où je me suis dit c'est chouette, on me demande d'être 100% moi-même où je peux l'être et c'est en plus d'être tout le temps positive. parce que les gens, c'est ce qui vient finalement au restaurant. Donc moi, au début, c'est vraiment ça qui m'a attiré. Puis le fait que ce soit un métier où il faut être dynamique, il faut être debout, il faut aller vite, il faut percuter vite. Donc voilà.
- Speaker #0
Tu t'es sentie en capacité d'être toi pleinement dans ce métier et t'épanouir.
- Speaker #2
Totalement.
- Speaker #0
Et c'est assez chouette de se dire que tu as remarqué ça dès le départ. Effectivement, du coup, le droit, pas du tout.
- Speaker #2
C'est un peu la pression. C'est vraiment différent. Mais non, mais c'est pour ça, je dirais vraiment le côté défouloir et de me dire, je peux être 100% moi-même. Et à la fois, je trouve que c'était hyper enrichissant parce qu'après des journées, le soir, on ne sait jamais qui on rencontre quand on les sert. Ça peut être à la fois, on peut servir des avocats comme on peut servir, j'en sais rien, des artisans ou des gens qui sont de la restauration. Et si on aime les gens, on en a des discussions hyper intéressantes. Et ça fait que ce métier est hyper intéressant du fait des rencontres avec les gens et qui, moi, au début, m'a vachement stimulée.
- Speaker #0
Et est-ce qu'à Vancouver, tu as eu l'occasion aussi de travailler un petit peu dans la restauration, d'être sur le terrain ?
- Speaker #2
Je n'ai pas fait trop de terrain. Après, c'était une école où c'était vachement sur des projets. Donc, typiquement, dans l'événementiel, on organisait beaucoup de projets qui, après, étaient en grandeur nature. Donc, il y avait quand même ce contact avec les gens. Mais c'était plus sous une version événementielle. Je ne travaillais pas, proprement parlée, dans un restaurant.
- Speaker #0
Et il y a des choses que tu as ramenées, peut-être en étant plutôt consommatrice, dans les restaurants à Vancouver. que tu as ramené en France ou à l'inverse qui t'ont manqué par rapport à la France en étant là-bas ?
- Speaker #2
Je dirais ce qui m'a un peu manqué là-bas, c'était plus la qualité du produit. Moi, je me suis dit, on n'a vachement pas les mêmes normes. La façon de consommer n'est pas la même. Ça m'avait vachement marqué, par exemple, sur la viande, où c'est de la cuisine beaucoup plus grasse. Et après, à l'inverse, ce que j'ai trouvé génial, c'était dans le service. C'était peut-être parce qu'il y a plus la notion aussi du pourboire là-bas ou quoi que ce soit. mais Les serveurs, Tiva était une réelle expérience. Ils te donnent leur prénom dès que tu arrives. Ils sont hyper souriants. Il y a une vraie connexion qui se passe dès le début. Parce que dès qu'ils arrivent, ils se disent « Ok, moi ça va être Alison, je vais être votre serveuse. Vous venez d'où ? » Cette chose-là, je pense qu'aujourd'hui, ça m'a marquée. C'est un peu ce qu'on essaye de faire. C'est très drôle, mais dans notre restaurant, on nous demande très souvent comment on nous appelle. Enfin comment on s'appelle et si on peut nous appeler par notre prénom parce qu'on essaye de recréer cette connexion et du coup je dirais que c'est ça qui m'a vachement marqué Canada un peu plus.
- Speaker #0
Le fait d'instaurer une proximité finalement avec le client, c'est sûr que dès que tu mets un prénom en fait sur la personne qui te sert, tu viens faire tomber une barrière. Ouais non vraiment c'est ça. Juste prestation de service etc.
- Speaker #2
Puis du coup après surtout le lien c'est presque un lien plus amical ou je ne sais rien et c'était... Là-bas, c'est monnaie courante. Dans tous les restaurants, on ne se dit pas « Ah, elle particulièrement était une bonne serveuse » . Donc, je dirais que c'est ça qui m'a marquée là-bas.
- Speaker #0
Vous avez tous les deux un rapport sur le tutoiement, le tutoiement au restaurant ou pas du tout avec les clients, justement ?
- Speaker #1
Déjà, entre nous, comme on est une équipe de jeunes, on a instauré le tutoiement directement. C'est fait naturellement, mais on l'a mis en place dès le premier jour. Et après, ça se fait au feeling avec la clientèle. On voit déjà au premier abord si lui ne tutoie ou pas. Mais dans l'esprit un peu du bistrot, c'est-à-dire que le tutoiement est quand même un peu plus présent que le vouvoiement. Mais tout en respectant la clientèle.
- Speaker #0
Oui, il peut venir facilement tout en ne l'imposant pas.
- Speaker #2
On commence par le vouvoiement. On ne se permet pas de tutoyer au début. Mais oui, c'est vrai que ça arrive, mais ça arrive aussi très souvent qu'il y ait un groupe de copains qui viennent et qui nous tutoient. Et même à la fin, ils nous font la bise en disant c'était trop génial, on est là pour la semaine prochaine. Donc tant mieux. Trop bien. C'est ce qu'on cherche, mais dès le début, on ne l'impose pas. Et si ça ne vient pas d'eux, le tutoiement... On ne tutoie pas le client.
- Speaker #0
Merci beaucoup Elsa. Du coup, toi Thomas, parcours un petit peu différent ?
- Speaker #1
Oui exactement, moi je suis né dans la campagne à Aurillac. Et en fait, à l'âge de 10 ans, mes parents ont décidé de monter à Paris pour faire de la restauration. Donc j'ai vécu dans des brasseries parisiennes, donc des affaires qui sont ouvertes en continu du matin au soir, où on peut prendre le petit déjeuner, manger à l'heure qu'on veut. Et en fait, de vivre là-dedans, ça m'a permis de comprendre que le restaurant, c'était vraiment un lieu de vie où les gens venaient juste pour prendre un café ou sinon pour demander un mariage ou sinon pour un anniversaire, pour des événements. Et c'est vraiment ce côté lieu de vie qui m'a marqué quand j'étais jeune.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des souvenirs un petit peu particuliers qui t'ont particulièrement marqué de restaurant ?
- Speaker #1
Oui, j'ai mes premières fois au plateau, servir les gens alors que j'avais que 12-13 ans, ça m'a marqué. Le sourire des gens et le bonheur qu'on peut leur donner, la surprise, le fait qu'ils soient heureux, c'est vraiment ce qui m'a marqué quand j'étais jeune et qui a fait que la restauration est restée un peu dans un coin de ma tête.
- Speaker #0
T'as pas vu cet aspect négatif de la restauration enfant, tu dirais ? Du rythme, etc.
- Speaker #1
Non pas trop parce que du coup ça me plaisait d'être au restaurant et d'être avec mes parents. Du coup c'était une partie de plaisir d'être dans ce restaurant-là, de pouvoir s'asseoir au bar, de pouvoir s'asseoir à une table assise, de changer, de voir mes parents dans le rythme un peu plus calme. Et donc du coup ils sont avec nous et non ça ne m'a pas dérangé en fait qu'ils travaillent assez souvent et d'être à présent avec eux.
- Speaker #0
Il y avait presque un côté jeu finalement.
- Speaker #1
Exactement. Comme ça n'a été que la moitié de mon enfance, ça faisait une coupure d'avoir vu la campagne et le rush parisien. C'était intéressant, c'était bien pour moi.
- Speaker #0
De voir l'évolution. Ils n'avaient pas de restaurant à Aurillac ?
- Speaker #1
Non, ils étaient dans l'industrie de l'agroalimentaire, mais pas du tout dans la restauration.
- Speaker #0
D'accord, c'était pareil, le saut dans le grand bain.
- Speaker #1
Et après, je suis parti faire une école de commerce pendant deux ans. Et donc, j'ai fait mes premiers stages en comptabilité. Et c'est là où la restauration est revenue, surtout sur le côté humain, comme on disait. Lieu de vie, de parler avec le client, d'échanger, de donner du bonheur. C'est vrai que derrière un bureau, c'est beaucoup plus compliqué. Donc, à partir de là, je suis reparti dans la restauration. J'ai fait mes armes de mon côté, seul, dans les brasseries parisiennes. Après, pour faire un peu plus de gestion, je suis parti chez McDonald's. J'ai fait une expérience de directeur adjoint dans un McDo.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu dirais que tu as appris chez McDonald's en termes de gestion, justement ? Puisque c'est très différent de ce que vous avez aujourd'hui.
- Speaker #1
Hyper différent, mais c'est sur le fait de respecter des process, le fait de... Le fait de... Le management sur les jeunes, par exemple, qui m'a beaucoup servi. Avoir un sang... Enfin, garder son sang froid sur toutes les expériences qu'on peut avoir. C'est le plus... C'est le plus gros que j'ai eu.
- Speaker #0
Tu sens, ouais, que ça t'a poussé un petit peu dans tes retranchements, dans tes limites en termes de gestion, justement, des jeunes, parce que t'étais pas beaucoup plus âgé qu'eux, finalement.
- Speaker #1
Exact, exact, exact. Eh ben, c'est vrai que McDo, ça a été vraiment une expérience... hyper intense, parce que du coup, les horaires font que c'était un McDo de nuit aussi. Donc, les horaires sont assez compliqués. Et donc, voilà.
- Speaker #0
Est-ce que tu recommandes, avant de lancer son restaurant, de faire une expérience de gestion dans un McDonal ou similaire, pour justement se confronter un peu à cette réalité de terrain ?
- Speaker #1
Ouais, totalement, parce qu'il n'y aura pas... En fait, c'est paradoxal, mais il n'y aura pas plus hygiénique qu'un McDo. Dans le sens où demain, si le steak n'est pas à une telle température, on ne peut pas ouvrir le restaurant. Il n'y aura pas plus d'hygiène et plus de process sur l'hygiène qu'un fast-food. Donc je trouve ça intéressant, ça nous apprend une rigueur. qu'on n'aurait pas eu par exemple dans un restaurant plus familial.
- Speaker #0
Et donc tes autres expériences en salle ?
- Speaker #1
Oui exactement, et après je suis reparti en salle, j'ai fait directeur adjoint au Marius, donc c'est la brasserie du Tras-Bleu, donc c'est une brasserie qui est 300 places assises dans la gare, qu'on a ouverte avec un chef qui a fait top chef qui s'appelle Yoni Saada.
- Speaker #0
Tu étais en salle toi du coup à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui exactement, c'était directeur adjoint mais c'était beaucoup plus axé sur la salle, sur la formation, il y avait une quinzaine de serveurs.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça change, une salle de 300 personnes versus une salle, je sais pas combien vous avez de couverts ? 50.
- Speaker #1
Ok. C'est l'organisation, ça veut dire que le métier fait que du coup, directeur adjoint, vous gérez, on prend pas de commandes, voilà. Le but c'est que tout le monde respecte les process pour pouvoir avancer, que quand on est dans une salle de 50 couverts, on fait tout tout seul et on touche à tout quoi. Ok. Donc c'est ça la différence en fait, c'est de se forcer à ne pas servir.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
et à vraiment faire respecter les serveurs, les process pour que la machine avance bien.
- Speaker #0
Tu dis se forcer à ne pas servir. Est-ce que tu étais frustré à ce moment-là de ne pas être dans le service ?
- Speaker #1
Moi, je suis un peu frustré parce que c'est vrai que notre point fort avec Elsa, c'est l'accueil, c'est servir le client, le conseiller. Et donc, du coup, cette partie-là me manquait et me frustrait un peu dans le sens où j'aimerais que chaque serveur serve comme moi je serve.
- Speaker #0
et donc du coup c'est ça qui fait que parfois on peut être un peu frustré quoi donc être ce patron en arrière plan finalement aujourd'hui tu dis que c'est pas ton truc et que t'auras besoin de c'est pour ça qu'on a choisi d'être un
- Speaker #1
restaurant plus petit avec Elsa on aurait pu faire un autre système et avoir des plus grosses affaires mais ce qu'on a voulu c'est accueillir chaque client et c'est pour ça que tous les deux on s'est mis sur la salle aussi c'est pour pouvoir faire un restaurant à notre image Merci.
- Speaker #0
Donc, quand tu étais au Train Bleu, Elsa, tu étais à Vancouver à ce moment-là ou tu étais revenue ? Non,
- Speaker #2
j'étais en stage à Paris.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Parce qu'après mon master à Paul Bocuse, je suis partie en stage dans un groupe qui s'appelle Kulangata, qui a une dizaine de restaurants à Paris. Et j'étais avec le directeur des opérations, donc j'étais dans la partie un peu plus gestion, tout ce qui était un peu plus process, ma salariale, les coûts. Et Paris, j'étais sur une ouverture d'un restaurant qui allait ouvrir. à Anthony et j'étais un peu responsable de l'ouverture. Donc aussi bien de l'élaboration de la carte que des commandes de vaisselle, que de la mise en place de la caisse pour les serveurs. Donc non, on était tous les deux à Paris à ce moment-là. On vivait déjà ensemble.
- Speaker #0
Deux expériences d'ouverture, chacun en parallèle. Très drôle,
- Speaker #2
c'est vraiment en même temps qu'on l'a vécu. Et puis c'était hyper intéressant parce qu'on avait beau être tous les deux dans une ouverture, On a vachement vu la différence entre un groupe, moi j'étais en stage dans un groupe beaucoup plus, je n'ai pas envie de dire familial, mais à échelle plus humaine, même si c'était pareil un restaurant pour une ouverture où il y a 150 places assises, donc on peut se dire que c'est aussi énorme, mais derrière il n'y a pas beaucoup de gens, alors que c'est vrai que Thomas était dans une ouverture d'un groupe qui s'appelle SSP, où il y a des milliards de process, ils sont 500 têtes pensantes derrière. Et du coup, on n'avait pas du tout la même chose. Et ça nous a vachement forgé pour savoir quel type de restaurant on voulait ouvrir et comment on voulait le faire derrière. Parce qu'on n'a pas du tout eu le même...
- Speaker #0
La même expérience. Et donc là, c'était quand à peu près par rapport à aujourd'hui ? Deux ans. Deux ans, ok. Et donc, est-ce que l'idée d'avoir votre propre resto, elle était déjà là à ce moment-là ?
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Moi, j'ai quitté l'école. Quand j'ai quitté, c'était un peu une frustration, quand j'ai quitté l'école de commerce, parce qu'il y a eu les années Covid et parce que je n'étais pas très scolaire. Mais je me suis dit, si je fais de la restauration, il y a un but derrière. Le but, c'était vraiment d'ouvrir un restaurant. Donc moi, je l'avais déjà en amont.
- Speaker #0
Parce que tu avais en plus l'exemple de tes parents, un peu autodidacte dans la restauration.
- Speaker #1
Exact. Et puis, c'était un but aussi personnel parce que vous savez, au début, la restauration, ça peut être mal vu quand on se lance un peu au début. Moi, ça va que mes parents étaient derrière. Par exemple, pour... Pour des connaissances en école de commerce, leur dire que du coup j'arrête et je fais de la restauration, les gens se posent la question de se dire mais vraiment tu veux faire de la restauration, qu'est-ce que tu veux faire derrière, etc.
- Speaker #0
T'as senti un truc quand tu l'as dit, effectivement, une espèce d'inquiétude des gens ou d'incompréhension ?
- Speaker #1
Ouais bien sûr, parce que c'est pas leur monde quoi. Ça va que du coup, dans ma famille je l'ai eu, donc ça a été compris, même s'ils savaient le sacrifier parce que c'est derrière, et donc du coup ils s'inquiétaient un peu. Mais c'est vrai que pour des gens qui ne connaissent pas ce milieu-là, ça les inquiète.
- Speaker #0
Est-ce qu'on a essayé de te dissuader, notamment ta famille qui connaissait peut-être davantage le milieu qui s'est évolué là-dedans ?
- Speaker #1
Oui, nombreuses fois. Même là, avant d'ouvrir, on nous a dit que ça allait être compliqué. On le savait. Et puis, je ne veux pas dire, mais en fait, aujourd'hui, il y a différents... Le type de restauration, mes parents faisaient vraiment de la brasserie, et donc du coup d'ouverture au continu, etc. Et nous on est vraiment un bistrot axé un peu plus sur le produit, en coupure, avec un jour fermé déjà. Et puis c'est vraiment cette qualité du produit et cette qualité de service qu'on met en avant. Donc c'est pas le même métier non plus.
- Speaker #0
Oui, ça a évolué en fait, sur les 20 dernières années. Tu aimes la vision de la restauration par le grand public, il y a beaucoup changé. Les gens se disent que finalement, enfin il y a beaucoup de gens qui sortent des codes de commerce, qui lancent des restaurants, etc. C'est mieux vu peut-être qu'il y a une dizaine d'années. Est-ce que vous avez senti les choses ?
- Speaker #2
Après moi je pense que c'est mieux vu le côté entrepreneurial d'un restaurant. Et on le dit hyper souvent, mais entre la différence de dire maintenant on a ouvert notre restaurant où il y a encore quatre mois, quand on disait on est serveur, on ne regardait pas de la même façon, on ne prenait pas au sérieux de la même façon. Merci. Je pense que ça a évolué, mais je pense qu'il y a quand même encore certaines preuves à faire. Si tu travailles dans un étoilé, oui, on considère que ton travail est hyper valorisé parce qu'on se dit, ah là là, la sélection est dure. Si tu dis que tu travailles dans un resto finalement lambda en tant que serveur, moi, je trouve que je l'ai vachement vécu. Et par exemple, moi qui suis avec des parents qui n'étaient pas du tout de la restauration. Quand je me suis dit, quand je leur ai dit que j'annonçais à tout le monde que j'arrête le droit pour aller vers la restauration, donc on passe du, entre guillemets, les métiers, enfin je ne dis pas les plus convoités élitistes, mais où on sait qu'il y a une certaine aura de... Tu seras médecin ou avocat. C'est ça, à la restauration, ça pouvait faire vachement peur et c'est pour ça que moi, par exemple, je suis partie à Paul Bocuse. Parce que je savais que comme il y avait l'école, il y avait le prestige de l'école, qui faisait que la transition était plus simple que si j'avais dit je vais tout apprendre en autodidacte.
- Speaker #0
Tu as besoin d'une étiquette, un petit peu, d'un label de reconnaissance finalement. Oui,
- Speaker #2
carrément. Et qui est toujours là parce que même les gens qui viennent au restaurant, il suffit de leur dire, j'ai fait Paul Bocuse pour que ce soit une certaine autre considération. Et je pense que c'est là où les mentalités doivent quand même encore un peu évoluer. Ça a changé, la restauration est beaucoup plus glorifiée qu'avant. Elle a une plus belle image parce que, comme Thomas disait, on ne fait pas le même métier. On est basiquement sur le produit, il y a une recherche derrière, il y a de la gestion pour qu'un restaurant tourne et soit rentable. Et je pense que les gens commencent à s'en rendre compte alors qu'avant, tout le monde pensait pouvoir ouvrir un restaurant et le tenir. Il fallait juste avoir une force de travail. Je pense que là, on commence à se dire que c'est un métier un peu plus cérébral que ce qu'on aurait pu en penser. Mais il y a quand même certaines étiquettes qui restent toujours un peu. Même, je vois, il y a encore trois mois, quand j'étais serveuse, je cherchais des gens, ils me disaient « mais vous faites quoi à côté ? » Parce qu'on me disait « c'est votre métier alimentaire, quoi » . Et je disais « bah non » . Enfin je le fais parce que je vais ouvrir un restaurant Ah parce que vous voulez ouvrir, on essaie toujours de me trouver Il faut une finalité
- Speaker #0
Et ce qui ressemble un peu dans ce que tu dis C'est aussi peut-être une différence entre La salle et la cuisine Parce que Tu utilises beaucoup le mot serveuse Là où je pense notamment avec toute l'ère Top chef etc La cuisine a peut-être bénéficié davantage de mise en lumière Aujourd'hui que la salle Est-ce que vous l'avez ressenti un peu Ce côté clivage entre vraiment La cuisine, le chef et
- Speaker #1
Et la salle ? En fait, moi j'ai travaillé plus dans les brasseries, et donc du coup je l'ai moins eu, parce qu'on vient pour ce chef-là, on vient parce qu'il y a un emplacement, on vient parce que c'est ouvert à toute heure, etc. Mais c'est vrai qu'une fois, par exemple, j'ai travaillé à la brasserie Bocuse, ou j'ai travaillé chez Rémi Poulin à l'Evadé, et là, les gens viennent pour la cuisine, et donc du coup on sert la cuisine du chef. Et donc là oui, je peux comprendre que... que la salle est en deuxième plan et c'est dommage parce que c'est un métier où il y a autant de connaissances à avoir, qui est prometteur, qui est vraiment joli, il y a des concours.
- Speaker #2
Je trouve qu'on l'a quand même ressenti vachement, moi je trouve en tant que personne qui n'est pas du milieu de base, vachement d'un côté extérieur où je vais dire c'est plus un point de vue sociétal. Je vois si on arrive, ça n'a rien. à deux dans une soirée, je suis avec une amie qui elle est en cuisine, même si elle est commis mais elle est en cuisine, et moi j'arrive et je dis je suis serveuse, donc entre guillemets on a le même statut dans un restaurant, commis on va lui répondre trop bien, métier passion c'est trop génial, la cuisine ah génial, et moi on va me dire ah oui ok parce qu'il y a ce côté je pense plus accessible que la cuisine comme tu l'as dit, top chef à glorifier, et c'est génial parce que c'est des métiers hyper durs et un restaurant tente pas sans la cuisine il faut une certaine rigueur Mais je pense que du coup, tout le monde se sent pas capable d'aller en cuisine, mais tout le monde se sent capable d'être serveur. Et pour moi, c'est là où c'est la vraie différence, parce qu'il y a plein de gens qui se disent « Ah, j'ai pas de travail pendant deux mois, bah je vais être serveur » , mais oui, je pense que tout le monde peut le faire, mais comme tout le monde peut aller en cuisine sur le papier, mais avant d'être un bon serveur, c'est pas la même chose, et c'est là où ça fait les différences, ça fait les différences de restaurant et les différences d'expérience qu'on a.
- Speaker #0
Je pense qu'on le constate. tous, en fait, quand on va au restaurant, etc. On a tous eu des très bonnes expériences avec des serveurs, d'autres plus mitigés, etc. Parce qu'il y a aussi un contact qui se crée avec les serveurs, donc c'est vrai que c'est aussi important. Enfin, l'un ne fait pas sans l'autre. Vous avez travaillé, donc, quand tu es allée faire ta première expérience chez Thomas, quand tu avais 18 ans, est-ce que vous avez travaillé ensemble ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Et après, apporter le plateau. Voilà. On peut le dire. Mais oui, on a travaillé ensemble pendant les deux mois.
- Speaker #0
Et donc là, première expérience de travail ensemble, concluante ?
- Speaker #2
Non. Moi, ma première en salle, pas du tout concluante. Je me suis dit, c'est hyper dur. C'est 7 jours sur 7, les horaires, c'est très différent du lycée. Je suis rentrée dedans d'un coup en me disant, waouh, c'est donc ça.
- Speaker #0
C'était quoi, fin de terminale ? Fin de première ?
- Speaker #2
Ouais, fin... je sais pas. Fin de terminale, je pense.
- Speaker #0
Donc contente de retourner, de reprendre les études juste après finalement.
- Speaker #2
C'est juste que d'un coup, c'était hyper intense. Vraiment, on a fait du 7-7 et puis on était dans une brasserie. Donc il y a ce truc, encore une fois, on continue. On arrivait à 9h, on finissait à minuit, on recommençait, etc. Donc moi, je me suis dit, waouh, c'est donc ça la restauration ultra physique. C'est ultra fatigant. Mais à la fois, ce que j'ai trouvé hyper beau, c'était hyper concluant sur nous deux de travailler ensemble parce que c'était très chouette et il m'a appris plein de choses. et... Il y avait beaucoup de bienveillance et en plus de ça, c'est à partir de là où je me suis dit que la restauration c'est beau parce qu'humainement, t'es une équipe et on est tous dans les mêmes horaires et on se fait des amis pour la vie. Cette chose-là a été très belle de se dire que dans trois mois, on partage notre quotidien tous les jours avec des gens et on arrive à y trouver du positif et à y prendre quand même du plaisir alors que c'est les conditions les plus dures. Il fait chaud, il travaille un nombre d'heures.
- Speaker #0
Donc voilà. Vous êtes restés un peu en contact, évidemment avec Thomas du coup, mais avec d'autres personnes tous les deux de cette saison-là ?
- Speaker #2
Ouais, On les a toujours. Il vient de restaurant. Ouais. C'est drôle. C'est très drôle.
- Speaker #0
Ça fait quoi de servir ses potes ? Je le sens.
- Speaker #1
Ce qu'il y a de mieux. On a mis un bar juste pour ça.
- Speaker #2
Par rapport à cette expérience-là, notre directeur à l'époque de la brasserie, on a ouvert, il est venu trois jours après. Il y a une certaine fierté aussi, on peut se le dire. On a commencé, surtout Thomas était de la restauration, mais moi de... De les voir et de leur dire, vous m'avez vu, je ne savais pas porter un plateau. Et mon premier plateau, j'ai fait renverser le cachet sur le client. Et là, tu vois, c'est quelques années après, on en a un à nous. Et c'est nous qui formons des gens où il y a une certaine fierté. Et je pense, eux aussi, quand ils le voient, je pense qu'ils doivent se dire aussi, on a bien fait notre travail dans le sens où ils ont eu envie de le faire et d'ouvrir pour eux-mêmes.
- Speaker #0
Ça fait un peu la bouclée-bouclée. Aujourd'hui, vous avez 24 ans, tous les deux. Vous avez ouvert votre premier restaurant. Quels sont les avantages et les inconvénients, je dirais, à se lancer peut-être aussi jeune dans l'aventure ?
- Speaker #1
Les avantages c'est qu'on gagne du temps, c'est pour ça qu'on le fait aussi. On gagne du temps et on gagne aussi de la crédibilité auprès de tout le monde. Et ce qu'on voulait aussi c'est juste faire un restaurant à notre image et donc du coup pouvoir ramener nos process, ce qu'on disait un peu avant, le fait de mettre notre pâte à nous, notre image à nous, de travailler comme nous on voulait le faire. C'est ça, je pense, les avantages du restaurant.
- Speaker #0
Oui, c'est jeune, je pense que c'est ça. Et puis, je pense aussi que c'est chouette parce qu'on n'a pas d'enfant, parce qu'on est 100% autonome, sans trop de contraintes. Donc, pouvoir faire ces amplitudes horaires, on peut se les permettre parce qu'on n'a un peu rien derrière et on peut encore faire des horaires comme ça. Et je pense que plus on attend, plus on fatigue et on a d'autres impératifs à côté aussi.
- Speaker #1
et est-ce que autour de vous On vous a peut-être, justement, un peu averti sur le fait que vous étiez peut-être trop jeune, ou à l'inverse, on vous a dit « foncez, c'est le bon moment » .
- Speaker #0
Il y a eu vachement des « deux » . Il y a eu des gens hyper qui nous ont dit « c'est maintenant et vous avez tellement raison » . Et puis, on nous l'a vachement dit depuis qu'on a ouvert. « Ah, vous avez bien fait de le faire jeune » . C'est vrai qu'avant, il y a un peu de peur, où des fois, on nous a dit « peut-être qu'il faut faire remarquer un peu ailleurs avant » . Avant de vous lancer, que ce soit votre argent et que vous preniez tous les risques à 100% pour vous, vous avez peut-être encore à apprendre. Après, on a eu de la chance quand même d'être soutenus par nos familles qui nous ont dit que c'est quand même bien ouvré et que vous avez le temps. Et puis après, on a eu aussi des gens qui nous ont mis un peu en garde en nous disant plus que vous êtes jeunes. Il y a encore plein de choses à faire. Vous avez encore à voyager, vous avez encore à sortir, à être avec tous vos copains. et faire ça, c'était... plonger les deux pieds dedans, les deux mains dedans. C'est une vie de travail. Donc, on nous a quand même mis en garde avant en disant est-ce que vous êtes prêts, pas à faire sacrifice, mais à faire ce choix tout du moins.
- Speaker #1
Vous l'avez senti ce sacrifice ? Est-ce que vous y avez réfléchi justement à se dire on ne fait pas ces voyages, etc. ?
- Speaker #0
Au début, on y a réfléchi, mais on était tellement sûr de nous. Je pensais de se dire c'est vraiment ce qui nous anime. qu'à la fois on se disait on passe quand même plus de temps à travailler qu'à être en vacances, donc autant faire quelque chose qui nous anime vraiment et c'est là où on l'a vu. Et puis là sur le premier mois d'ouverture, je pense que oui on commence à s'en rendre compte puisque forcément on loupe des anniversaires, on loupe des moments avec nos amis quand ils sont tous réunis. Donc on commence à s'en rendre compte. Après encore une fois c'est un restaurant donc on a de la chance qu'ils puissent venir et de ne pas être isolés totalement et de se dire on a quand même un peu de temps. Et puis après le but c'est justement de... Pouvoir se libérer à assez de temps, d'être assez bien organisé pour se dire on peut déconnecter deux semaines l'été, fermer le restaurant et là profiter à 1000% parce qu'on aura donné une année entière. Donc, je pense un peu ça.
- Speaker #1
Oui, complètement. C'est-à-dire une coupure bien méritée à l'instant T. Et puis, effectivement, on apprend au fur et à mesure ce que ça implique en termes d'application, justement.
- Speaker #0
Oui, non, c'est vraiment ça.
- Speaker #1
et sur je dirais plus vos partenaire économique etc ça a été en fait justement de présenter un petit peu votre projet ce que vous avez regardé avec des gros yeux en fait c'est comme on disait avant elle
- Speaker #2
a un profil du coup beaucoup plus gestion et moi un profil beaucoup plus terrain ça les a rassurés et donc du coup on est arrivé avec un phare on est arrivé devant la banque avec un dossier qui qui était vraiment hyper complet. Et donc du coup ils ont trouvé ça hyper professionnel et ils nous ont de suite pris au sérieux. Donc non, on a même été surpris parce qu'on a eu plusieurs accords, donc on a eu le choix, ce qui est rare pour une première.
- Speaker #0
On n'était pas si positif. On s'était dit que ça allait être compliqué et on avait vachement peur de notre âge. On pensait que ça allait être hyper une faiblesse.
- Speaker #1
Vous en aviez peut-être plus peur vous que les autres en fait finalement.
- Speaker #0
Mais parce qu'on nous le disait tellement... Avant tout le temps, vous êtes trop jeune, vous êtes trop jeune pour être directeur, vous êtes trop jeune pour ouvrir quelque chose. Quand on s'était dit, le monde professionnel va nous répondre ça, va nous dire ça. Et c'est vrai qu'on avait préparé le rendez-vous à la banque en amont pour être le plus sérieux possible. Je dis presque qu'on avait réfléchi à... à comment s'habiller pour qu'on paraisse plus âgés, pour qu'ils se disent ok ça y est ils sont prêts et puis je pense notre force...
- Speaker #1
D'ailleurs le costume !
- Speaker #0
Non mais vraiment parce qu'on s'est été ziblaises ! Comment on fait ? On avait dit à Thomas tu gardes la barbe et tout ! Faut qu'on fasse âgé, faut qu'on fasse âgé ! On demande pas de carte d'identité au premier rendez-vous ! Mais non non, avant on nous avait fait vachement peur sur notre âge et c'est vrai qu'on a été hyper surpris au point où on s'est dit mais en fait c'est plus simple que ce qu'on pensait ! Nous c'est la sensation qu'on a eu à chaque rendez-vous Après on s'est dit mais ils en parlent pas Alors que vraiment avant ils en parlaient tout le temps Tout le temps tout le temps Dès que c'était pour avoir des jobs à responsabilité On nous disait vous êtes trop jeune
- Speaker #1
Même pour être salarié en fait C'était la même chose en fait On vous disait c'est trop jeune pour le niveau
- Speaker #0
On l'a plus senti en étant salarié Qu'en étant de l'autre côté Oui,
- Speaker #2
bien sûr. Parce que pour les postes à responsabilité, on vous fait toujours attendre. Il faut toujours plus d'expérience, il faut toujours plus d'attente, il faut toujours trop jeune.
- Speaker #0
Je pense que c'est un métier vachement sur la méritocratie. Il faut rentrer dans une entreprise, montrer qu'on gère déjà en étant serveur, qu'on est chef de rang, qu'on devient responsable. Une fois qu'on est responsable et que ça marche bien, on a gagné sa légitimité d'être directeur. C'est hyper hiérarchique en fait. C'est un métier vachement où quand même, moi je trouve qu'il faut prouver qu'il faut prouver qu'on peut être ponctuel qu'on est rigoureux alors que des fois on sait que c'est des très bons profils et pour moi maintenant comme on a un restaurant je me dis si j'avais un profil en face de moi et que je me dis bah non mais en direction il est aussi très bien, il n'a pas besoin de passer par toutes les cases avant alors que nous on nous l'a tout le temps dit et du coup il y avait vachement ce truc de vous êtes trop jeune parce qu'il faut déjà faire ses marques, il faut déjà que vous montriez ci, ça, ça Alors qu'une fois qu'on a voulu ouvrir, on ne nous en a jamais reparlé.
- Speaker #1
Oui, en fait, finalement. Et justement, pour l'instant, vous n'êtes pas encore peut-être à l'étape recrutement. Mais est-ce que vous pensez justement que ça vous a élargi un peu l'esprit sur ça et vous dire peut-être recruter des gens qui ont moins d'expérience en salle ?
- Speaker #2
Dans le management qu'on instaure, ça y rentre complètement. le fait de prendre des jeunes, des gens qui ont moins de... d'expérience. Et puis la restauration, ce qui est bien, c'est que il y a les codes à respecter, il y a les règles, etc. Mais plus vous avez de la folie, plus vous avez des expériences autres que de la restauration, ça amène un profil qui est un peu plus particulier et qui plaît souvent aux gens et qui rend intéressant. qui fait qu'après, on l'associe aussi à l'image du restaurant. Et c'est toujours intéressant d'avoir des profils différents.
- Speaker #1
Qui vont savoir créer quelque chose avec le client.
- Speaker #2
Souvent, c'est des gens qui n'ont pas fait de la restauration et qui sont plus directs, qui ont moins de code. Et donc, souvent, c'est ces profils-là qui plaisent.
- Speaker #1
Vous pensez que vous vous êtes affranchis des codes un petit peu ou pas ?
- Speaker #2
Oui, parce que déjà, on n'a pas d'expérience ou de formation hôtelière. Donc, on n'a pas été pro-formaté au code de la restauration. Si on ne sert pas à droite le vin, chez nous, ce n'est pas ce qu'on cherche. Donc, ça n'a tout de suite plus. Non,
- Speaker #0
ça en est affranchi de ceux qui font que des fois, la restauration peut être particulièrement rigide. Après, on garde des codes qui font que c'est un service décent quand même.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Non, mais parce que forcément, on respecte quand même, je trouve, certains codes. Il y a des choses, on se dit, notamment parce qu'on est un métier où l'hygiène est hyper importante. Donc, on a quand même des codes sur ces plans-là, mais qui fait que, oui, comme il disait, si on ne sert pas par la droite, ce n'est pas… Puis on ne se l'est jamais demandé. Et voilà, on n'a pas des phrases type à respecter en se disant qu'il faut qu'on commence par ci, ça, ça. On marche un peu plus au feeling. Mais je pense que la restauration est quand même tournée autour de codes qu'on est obligé de respecter pour se dire... Enfin, on ouvre une bouteille de vin d'une certaine façon, on ne l'ouvre pas comme chez nous. On a quand même un peu un petit code. Enfin, on respecte certains codes qui vont que c'est décent. Mais on s'est affranchis de tous ceux qui font que pour nous, des fois, il y a une certaine rigidité dans des services. qui n'est pas forcément tout le temps nécessaire, même si on monte en gamme.
- Speaker #1
Oui, c'est plus ce cadre rigide dont vous vous affranchissez, plutôt que les règles de base. C'est ça,
- Speaker #0
mais qui se transmet partout, parce que sur nos tenues vestimentaires, on ne serre pas, comme on pourrait l'avoir appris en école hôtelière. On n'est pas un chignon plaqué dès le matin et costume cravate. C'est là où on s'affranchit un peu de cette façon-là. Oui,
- Speaker #1
et c'est très dans l'air du temps. de temps aussi finalement, c'est ce qu'attendent aussi je pense les gens en salle et ce qui favorise aussi cette proximité en fait il y a moins de distance là où on parlait du tutoiement, on est quand même pas dedans aussi et en parlant de code est-ce que vous avez des codes entre vous sur des petites choses alors ça peut être avant service etc ou pour signaler un petit truc dans la salle sans les révéler peut-être pour pas que tout
- Speaker #2
le monde les voit alors moi j'ai un petit problème avec les réclames
- Speaker #0
donc c'est Elsa qui regarde derrière moi à chaque fois si j'ai réclamé les tables donc ça à mon avis c'est des petits codes je lui dis à chaque fois je l'ai fait ou je l'ai pas fait je pense que c'est un peu notre force quand même le fait que dans la vraie vie on soit ensemble parce qu'on a été plus si longtemps Tous les jours on vient travailler, on n'a même pas l'impression de travailler. On passe des hyper bons moments et on sait notre complémentarité. Comme il dit, s'il les réclame, il y a des choses où je suis un peu moins à l'aise, que lui va faire, on se fait un petit signe pour se dire là que...
- Speaker #2
Par exemple quand il y a des conseils sur le vent, elle ouvre les yeux comme ça, boum ! Je débarque et les gens sont contents. Ça monte un peu notre complémentarité.
- Speaker #1
Mais oui, on a des petits signes quand même.
- Speaker #2
Tout est dans le regard, tout est dans le regard.
- Speaker #1
Est-ce que ces six derniers mois de lancement vous ont permis d'apprendre de nouvelles choses l'un sur l'autre ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #2
Non, mais moi, par exemple, qu'est-ce qu'on a appris ?
- Speaker #0
Non, mais c'est sur plein de choses. Je pense qu'à partir du moment où on ne travaille pas avec la personne et que ça ne devient pas à deux un projet, on a appris à Avoir la rigueur de l'un ou de l'autre. Je ne pensais pas que Thomas était autant paperasse que ça. Il y a plein de choses où je me suis dit qu'il est hyper... On ne le fait jamais dans notre vie de tous les ans. On ouvre un restaurant, on ne fait pas autant de démarches pour avoir une terrasse. Il faut faire 4 démarches ou 5, des plans, alors que dans la vie de tous les jours, pas forcément. Et c'est plein de petits détails comme ça qui... qu'on a appris l'un sur l'autre en se disant je ne pensais pas qu'il était un peu plus comme ça, je ne pensais pas qu'il était plus comme ci donc ça a été une jolie surprise depuis même sur nous de savoir comment travailler savoir qui s'occupe plus de quoi et c'est ça qui est bien qu'on le fasse ensemble parce qu'il n'y a pas trop d'égo donc s'il y en a un qui est 100% responsable de ça on n'essaye pas de prendre sa lumière et de se dire non mais moi aussi je veux y participer chacun a un peu ses tâches et du coup les 6 mois nous ont appris à les enfin à comprendre qui était pourquoi.
- Speaker #1
Quels étaient les points forts et les points faibles peut-être de chacun. Et toi, à l'inverse, est-ce que tu as appris des choses sur Elsa ?
- Speaker #2
J'ai appris plein de choses, notamment sur sa force de travail. C'est vrai qu'Elsa avait fait un peu moins d'expérience que moi en salle et qu'on savait que le métier était très physique. Et elle est robuste.
- Speaker #1
Est-ce qu'avant de vous lancer, vous avez fixé un petit peu des règles ou un cadre justement pour jongler entre cette vie de couple d'une part et cette vie d'associé de l'autre côté ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #2
On le fait un peu au fur et à mesure. On marche vraiment dans le sens... On essaye de se remettre en question tous les jours et puis quand ça va pas on essaye d'apprendre nos erreurs mais on est vraiment des gens qui marchent à l'instinct et donc du coup une semaine on va trop parler du travail le dimanche qu'on a on va se le dire et on va essayer de mettre ça en place on marche vraiment à l'instinct mais se mettre des règles avant sans les avoir vécues c'est trop compliqué donc ce qu'on garde c'est surtout cette remise en question tous les jours c'est ça qui est important dans ce métier là vraiment se remettre en question et de...
- Speaker #0
Oui, puis on a une belle communication entre nous qui permet de pouvoir se dire, là, j'ai l'impression que la barrière est plus forcément là entre professionnels et nous, personnels, et on peut... On trouve directement des solutions et c'est ça. Donc non, avant, en fait, on n'y avait même pas réfléchi, je pense. On était tellement... Il y a l'ouverture, il y a l'ouverture, il y a l'ouverture, qu'on n'avait pas réfléchi à ce que ça impliquait pour notre vie de couple. Et on ne pensait pas, je pense aussi que ça allait être si prenant. On se disait, c'est bien, on a quand même le dimanche, puis quand on fermera le restaurant, on ira boire un verre pour parler de nos vies. On ne pensait pas que ça allait être si impliquant. Et on est un peu en train de le découvrir tous les jours. Donc c'est cool qu'on ait une belle communication pour en parler.
- Speaker #1
Vous avez déjà fait des petits ajustements depuis un mois et demi d'ouverture ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Après, on a fait des ajustements qui vont faire que dans le... de temps ça va s'améliorer mais c'est vrai que là, c'est ce qu'on dit ça fait qu'à un mois et demi qu'on a ouvert voilà l'équipe n'est pas totalement en place encore il y a quand même des grosses surprises presque tous les jours, il faut faire face et c'est vrai qu'avec en mettant ces choses en place maintenant dans 2-3 mois on arrivera à trouver un bel film Oui c'est le temps,
- Speaker #1
c'est la phase de rodage finalement Vous avez l'air en tout cas assez confiant et c'est assez chouette à voir. Vous êtes plutôt confiant sur l'avenir, sur votre équilibre, sur l'avancée du restaurant. C'est plutôt chouette, je trouve, quand on vous écoute parler.
- Speaker #0
Non mais on se dit qu'en fait, on est tellement heureux, on est tellement reconnaissant. Enfin, je pense aussi, on ne le dit pas assez, mais ce qui est hyper stressant dans une ouverture, des fois, c'est que surtout la clientèle au début ne soit pas au rendez-vous. Et je pense que c'est là où, dans des coupes, ça peut aussi être extrêmement dur. Et on a eu de la chance, ou peut-être on a provoqué cette chance, chacun voit comme il veut sur ça, mais de se dire, nous déjà il y a un gros point en moins, on arrive à payer nos fournisseurs, on arrive à payer nos équipes, du coup forcément pour nous, des fois on se dit, ok on parle peut-être trop boulot, mais c'est d'une façon positive, on essaye de faire mieux, donc il y a, je sais pas comment dire, mais on n'a pas trop d'image noire pour le moment, en se disant, ça fait trois mois, on essaye et on n'y arrive pas, et du coup qu'est-ce qu'on fait, je pense que ça peut vachement ternir une relation. C'est pour ça qu'on arrive à être assez confiants et se dire, ce métier, on l'aime, on aime la clientèle qu'on a, on aime le restaurant qu'on en a fait. Tous les jours, on descend et on se dit, il est beau ce restaurant et c'est cool les beaux retours qu'on a. Et ce soir, on a déjà tant de résards. Ça peut être que plus positif que si on avait commencé. On n'aurait peut-être pas le même discours si le premier mois et demi, on n'était pas dans nos chiffres et on se disait, ah zut, on n'y arrivera pas. Et je pense que ça aurait peut-être aussi des temps sur notre couple. Là, c'est vrai qu'on est quand même... Très positif parce que les étoiles sont plutôt alignées. C'est que des petits ajustements à faire pour que nous deux, on soit plus heureux séparément, sans parler travail, que l'équipe tourne mieux et qu'on ait un plat de jour qui change tous les jours, qui soit peut-être mieux. C'est des petits ajustements, mais rien de vital pour qu'on puisse survivre, entre guillemets.
- Speaker #1
C'est peut-être ce qu'il disait, les étoiles sont alignées, mais c'est peut-être... Juste entre guillemets le fruit de votre travail à tous les deux en fait.
- Speaker #0
Mais c'est là où des fois on est encore un peu jeunes, on a peur de se dire c'est parce qu'on a travaillé, on aime bien dire qu'il y a de la chance. Et la dernière fois on me disait ça à un client et un client me disait mais ça n'existe pas la chance, vous l'avez provoqué, c'est le fruit de votre travail.
- Speaker #1
Mais des fois on continue à penser que c'est parce que les étoiles elles vont bien.
- Speaker #2
C'est parce que ça fait qu'un mois et demi. Oui, oui.
- Speaker #1
on dirait pas la même version derrière là c'est parce qu'on a plus de chance mais ouais et si on passe un petit peu à Retrouvailles du coup pourquoi Retrouvailles ?
- Speaker #0
parce que en fait on est vraiment parti de l'idée qu'on voulait d'un restaurant et nous vraiment les mots clés qui en sortaient à chaque fois qu'on était en train de brainstormer tous les deux c'était lieu de vie, partage, convivialité C'est vraiment les trois mots qui sont tout le temps revenus. Et on a découlé un restaurant, même notre carte, la façon de voir les vins ou peu importe, à partir de ces trois mots-là, en se disant, mais on veut que les gens se sentent bien, on veut que ce soit accessible à tout le monde. Pas forcément que d'un point de vue monétaire, on veut que ce soit accessible pour tout le monde, qui ne disent pas, encore une fois, je suis obligée d'être habillée de telle sorte ou parce que... Moi, c'est une table de copains et en fait, je suis VG, je ne peux pas y aller. On voulait vraiment que ce soit accessible à tout le monde en se disant « Ok, c'est l'endroit de nos rêves qu'on aimerait aller avec nos copains. » Et on est vraiment parti de là. Et tout le temps et tous les jours, on en parlait. On s'est dit « Mais on veut créer le resto où nous, on rêverait aller avec nos copains. » Et autant de ces trois mots. Et un jour, j'étais sur mon vélo et on venait pour visiter ici. Et on l'a vu. Et puis, je dis à Thomas « En vrai, on veut juste un endroit où les gens se retrouvent. » Où les gens sont heureux de s'y retrouver. Et je trouve que dans le mot retrouva, il y a beaucoup de valeurs qui s'y retrouvent. Il y a à la fois cette convivialité, cet esprit, on y va pour partager. Et à la fois de... C'est plus que de la rencontre, on sait déjà que la personne en face, on l'apprécie parce qu'on y revient ensemble, mais c'est un moment qu'on a envie de marquer et c'était vraiment l'idée qu'on avait du restaurant. Ça a un peu été comme une évidence et on l'a dit une fois et depuis on n'a jamais rechangé, on n'a jamais cherché un autre nom.
- Speaker #1
Voilà, c'est un peu rare, c'est un peu...
- Speaker #0
Ouais, mais vraiment.
- Speaker #1
Et je trouve qu'effectivement, ça représente un peu tout ce que représente la restauration, effectivement, ce moment de partage à table qui est... un peu hors du temps souvent quand on se retrouve tu dis que c'était le restaurant que vous avez rêvé donc c'est un restaurant que vous n'aviez jamais trouvé finalement c'est drôle de dire ça,
- Speaker #2
on en a souvent parlé on en a souvent parlé parce qu'on on critiquait à chaque fois qu'on est dans un restaurant on a fait des très très bons restaurants mais c'est vrai que c'était soit le lieu qui était trop chiadé, soit le service qui manquait, soit la carte qui n'était pas assez équilibrée. Et nous, on a essayé de trouver un bon curseur à chaque fois sur ce qu'on voulait. Et ça a créé ce restaurant.
- Speaker #0
Oui, je pense qu'on ne l'avait pas trouvé avant. On a eu plein de coups de cœur de restaurant, on a eu plein de restaurants qu'on adorait. Mais on se disait à chaque fois, Ah bah là, c'était... génial, le service était génial mais il manque ce tout petit truc qui fait que ce serait parfait et quand des fois la nourriture était parfaite, le service était parfait c'est dommage, les vins, il n'y a pas une bouteille en dessous de 60 euros, c'est dommage on est entre copains, on aurait préféré en avoir peut-être plus pour un peu moins cher, il y a des choses très bonnes, il y avait tout le temps un petit truc, donc c'est pour ça qu'on a essayé de faire quelque chose, nous si là on y allait, on...
- Speaker #2
On ne dit pas qu'on est parfait mais... On essaye de s'en rapprocher le plus possible
- Speaker #0
C'est hyper subjectif, encore une fois, la restauration. Pour nous, en tout cas, quand là, on le voit, on se dit que ça répond à tous les critères, en tout cas au début, et qu'on s'était fixé en se disant qu'on veut absolument que ce soit comme si on respectait certaines bases, et on a réussi à le faire.
- Speaker #1
Et donc là, ça fait un mois et demi, est-ce que vous avez vu, observé, des vraies scènes de retrouvailles au sein du restaurant ?
- Speaker #2
Oui ! On a une voisine, c'est très drôle, on a une voisine le troisième jour qui est venue, Elle était partie en vacances, qui est revenue et qui ne connaissait pas le nom. Et elle a invité, je crois, une dizaine de copines qui se retrouvaient. C'était des copines d'enfance, etc. Et du coup, elle arrive, elle dit mais c'est drôle parce que du coup, je fais un week-end retrouvailles. Trop drôle ! Le groupe
- Speaker #0
Wattab, ça fait retrouvailles. Et puisqu'elles ont, je ne sais pas, peut-être la quarantaine maintenant. Et elles se connaissent depuis qu'elles ont 10 ans. Et c'est une fois par an, elles font du coup un week-end comme ça. Et c'était très drôle que le nom... Mais il y a plein de gens qui passent et qui des fois nous disent... En fait, on a choisi où on est venu chez vous parce que je n'ai pas vu ma famille depuis trois ans et on fait nos retrouvailles ici. On a eu des gens qui nous ont dit qu'ils faisaient des marchés de l'Aveyron et qui sont venus parce que c'était leurs copains qu'ils n'avaient pas vu depuis dix ans. Ils nous ont dit qu'on a choisi parce qu'on fait les retrouvailles et vraiment, on ne s'est pas vus depuis longtemps. Il y a plein de gens qui viennent parce que le nom et on est hyper content.
- Speaker #1
Ils ont envie de se retrouver ici. C'est plutôt une jolie histoire.
- Speaker #0
Non mais vraiment. Le nom en est compte monté. Non mais puis ça retransmet et c'est drôle. Et des fois sur les réservations, on voit Jolita parce qu'on fête nos retrouvailles ou on se retrouve après 3 ans sans cette vue et on se dit tant mieux.
- Speaker #1
L'histoire continue de s'écrire. C'est ça. Et vous, qui est-ce que vous êtes content d'avoir retrouvé ici ?
- Speaker #2
On est content d'avoir vu un peu les étoiles dans les yeux de nos familles. C'est vrai que ça c'était quelque chose, pour une première affaire, je pense qu'on ne le retrouvera pas ce moment de mal vie où tes parents sont fiers, où tes proches sont vraiment heureux pour toi et te disent « Ah putain, c'est beau ce que vous avez fait quoi ! » Avec ce moment-là, il est...
- Speaker #0
Je pense que c'est le premier service avec nos parents, qui ne sont pas venus le premier jour parce qu'ils étaient assez stressés. Mais moi, je pense que c'est pour le moment le plus fort que j'ai eu de voir vraiment, en plus, c'est des parents assez expressifs, mais de voir les larmes aux yeux de ces parents qui se disent, vous l'avez fait, vous y avez cru, et puis il est là, il y a du monde, et c'est bon, et vous le faites bien. Je pense que c'est... C'est le plus fort. Et puis c'est très drôle puisque le chef, ses parents sont venus de Bretagne et son père en sortant a aussi fondu en larmes en se disant c'est beau, t'es aussi chef dans un restaurant. Donc le plus bel retrouvé qu'on a eu, c'est avec nos familles.
- Speaker #1
Avec vos familles. Donc votre chef, c'est la première fois aussi qu'il est à la tête d'un restaurant. Donc comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ? Comment ça fonctionne un petit peu aujourd'hui entre vous ?
- Speaker #2
du coup c'est un Un collègue de travail que j'avais au train bleu du coup, qui est devenu un ami par la suite, qu'il le connaissait de sa formation hôtelière. Et en fait, on se rencontrait trois fois avant de se mettre d'accord. Et on avait la même vision de la restauration. Il était dans un moment où lui, il avait besoin de s'exprimer. Et sur une identité culinaire qui nous parlait énormément. Et donc du coup, c'est encore une fois sur les étoiles, je pense que c'est vraiment les étoiles qui s'alignaient là, pour le coup.
- Speaker #0
Même pour nous, ça a été très fort. On est parti de la première fois du rendez-vous qu'on a eu et on s'est regardé, on a dit, ce sera lui et pas rien de votre... On a eu un coup de cœur intégral en se disant, mais...
- Speaker #1
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
C'était dans la discussion aussi.
- Speaker #2
Ça aurait pu être notre meilleur ami de suite, quoi. Parce que dans le... Comment il voit la restauration ? Le respect des produits, la saisonnalité.
- Speaker #0
Il y avait plein de choses qui allaient. C'était très fou, mais on a signé son contrat avant même qu'il ait fait un essai. C'est ce que j'allais dire.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez goûté ou pas encore ?
- Speaker #2
Non, totalement confiant.
- Speaker #0
C'est pour ça que je dis que ça a été un réel coup de cœur. On a eu vraiment comme une évidence. Ou à côté, alors que lui était encore en hésitation parce qu'il fallait qu'il parte de Bretagne, on s'est dit qu'on arrêtait de faire tout. tous les autres entretiens à côté. Ce sera lui et on ira le chercher. Je ne sais pas trop comment, mais on marche vachement comme ça aussi avec Thomas,
- Speaker #1
un peu à l'affect, à l'instinct,
- Speaker #0
à ce qu'on ressent. Et là, vraiment, ça a été très fort et on s'est dit, c'est top. Il y a une phrase qui nous a vachement marqués, mais continue, c'est quand on lui dit qu'il y a quelque chose, vraiment, tu ne peux pas y renoncer. On s'attendait, je ne sais pas, qu'il nous parle d'un jour de repos ou, je ne sais pas...
- Speaker #2
Question financière. Voilà.
- Speaker #0
Et il nous a juste répondu, je veux juste travailler des produits frais à partir de là. Il m'a conquise.
- Speaker #2
Pas de problème.
- Speaker #0
Donc non, sur la discussion, ce n'était pas un entretien qui allait durer 30 minutes. On avait passé trois heures parce qu'en fait, on parlait de nos vies, de nos expériences, de comment on voit la restauration. Il a aussi 24 ans, notre vision de la vie, de comment on se voit plus tard, de comment on imagine la cuisine, de comment on imagine l'endroit. Donc voilà, ça a été lui.
- Speaker #1
Une évidence finalement. Oui, vraiment.
- Speaker #2
Une trouvaille par trouvaille.
- Speaker #1
Faut se trouver avant de se retrouver. Voilà, voilà. Et donc tu dis que vous avez parlé de comment vous imaginez votre vie, la suite. Comment est-ce que vous imaginez tout ça ?
- Speaker #0
Pour les prochaines années déjà, on s'imagine quand même ici.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
On en a mon ton.
- Speaker #0
Ouais, puis on voit plein de belles choses qui peuvent arriver dans un même endroit. On n'est pas forcément à vouloir mettre la charrue avant les bœufs en se disant on veut plein d'affaires. On pense qu'il y a déjà plein de choses à faire pour que ce soit vraiment un endroit bien. Pour tout le monde, on puisse trouver un joli équilibre vie pro, vie perso. C'est super important aussi pour les équipes, pour le chef aussi en question. Et puis après, on se dit dans un endroit même, c'est très chouette de pouvoir développer. Thomas est très vain, on aimerait bien développer des repas avec des vignerons autour de thèmes, d'avoir plus d'événementiel. Après l'idée c'est bien sûr de croître et d'essayer d'en avoir d'autres où on puisse se retrouver.
- Speaker #2
Voilà ! Oui ce sera l'idée, si tout se passe bien ici, si on arrive à être à jour. Ici ce qui est bien c'est qu'il y a une axe de progression. Il y a une marge de progression, je veux dire, assez belle. C'est un quartier qui bouge encore, qui change, on est dans un quartier dynamique. On a une rue qui est passée piétonne et donc on va pouvoir profiter de la terrasse qui va régler bien le sol. Petit message à l'Amérique. Il y a une belle marge de progression et donc du coup il y a des belles années qui vont arriver pour nous et on va trouver un bel équilibre et ça va être super.
- Speaker #1
Devoir grandir. Et vous aussi en même temps, justement.
- Speaker #2
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
De vous épanouir.
- Speaker #2
Exact.
- Speaker #1
Prendre complètement votre place. Est-ce que vous avez des... Des envies particulières par rapport à ça ? Des inquiétudes à l'inverse ?
- Speaker #2
Sur le perso ou le groupe ?
- Speaker #1
Les deux.
- Speaker #2
L'inquiétude, qu'est-ce que ça pourrait être ? Ce serait de ne pas trouver un équilibre, que le restaurant ne marche pas comme on veut et de devoir y être six jours sur sept pendant 20 ans. On aimerait bien garder la qualité, continuer à croître comme Jay-Z et Elsa et donc du coup de pouvoir vraiment mettre quelqu'un...
- Speaker #0
qui nous ressemble à notre image qui vous permettrait de rester ouvert 6 jours sur 7 mais tout en gardant un équilibre de vie perso même si on sait que c'est le début et que voilà il faut mettre le reste en avant pour l'instant mais
- Speaker #1
c'est vraiment la seule inquiétude qu'on a pour l'instant de réussir à s'équilibrer dans le temps
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
C'était important pour vous d'être ouvert 6 jours sur 7, au-delà peut-être des considérations de rentabilité, etc. au lancement ? Est-ce qu'il y avait une autre volonté derrière ça ?
- Speaker #2
On avait vachement envie d'être avant tout quand même un bistrot de quartier où les gens puissent venir et que ce ne soit pas compliqué de comprendre si on était ouvert ou pas. Et ça continue à être la chose qui nous anime pour se dire, même si des fois il n'y a pas de réservation le soir, on reste ouvert parce que si finalement il y a une personne du quartier qui... qui n'a pas l'habitude de réserver, qui veut venir manger, il doit trouver porte ouverte. Parce que c'est un peu la promesse qu'on en a faite. Et être six jours sur sept, on a choisi en plus un jour de fermeture qui est simple à comprendre puisque c'est le dimanche. Mais on se dit comme ça pour tous les gens qui travaillent dans des bureaux à côté. Ils savent que le lundi midi, on est ouvert et qu'ils peuvent compter sur nous et qu'ils n'ont pas à attendre le mardi pour... pour venir et devoir y réfléchir. Ils peuvent venir tous les jours et on voulait vraiment être... Encore une fois, ça revient à ce qu'on disait, un lieu de vie un peu aussi névralgique du quartier, où les gens n'ont pas trop à réfléchir pour savoir si on est ouvert ou pas.
- Speaker #1
Vous aviez une attache particulière au 17e ou pas du tout ? Finalement, ça a été un peu le fruit du hasard et que le local qui s'est libéré...
- Speaker #0
Ça a été une trouvaille, ça aussi. On connaissait le 17e, mais sans y avoir... d'accroche particulière. Et en fait, on a adoré cet emplacement-là parce qu'on n'est pas non plus dans les bâtignoles. Et en fait, on adore cette pluralité de clientèle qu'on a. Donc voilà, une clientèle un peu plus aisée, vertaine, monstre, etc. Un peu plus âgée aussi, qui est plus sur des produits un peu plus nobles, etc. Et on aime bien la dynamique qu'amènent les bâtignoles. Voilà, un quartier... Un quartier qui bouge, que ce soit des jeunes filles d'atterre ou des jeunes familles. On a vraiment une clientèle qui change et c'est ça qui nous fait vibrer tous les jours. Et c'est pourquoi on a choisi ce lieu-là.
- Speaker #1
En fait, les clients sont assez variés.
- Speaker #0
Et le midi, il y a les bureaux et du passage. Et le soir, c'est beaucoup de clientèles habituées, comme je l'ai dit, avec tout type de profil. Et c'est intéressant pour nous.
- Speaker #1
Qu'est-ce que vous entendez actuellement sur Retrouvailles de la part des clients ?
- Speaker #2
On est contents des retours parce que ce qu'on entend, c'est ce qu'on a voulu dégager. Donc quand on lit les commentaires ou quand les gens... En plus, on a de la chanson à une clientèle qui est hyper expressive. Oui,
- Speaker #1
au moment où ils sont en salle, etc.
- Speaker #2
Des fois, moi, je dis à Thomas, trop de compliments. Enfin, je vais partir pleurer derrière et tout parce que c'est... On dort pas beaucoup en ce moment, faut quand même pas plus être sensible là-dedans. Mais non, ce qu'on entend, c'est très chouette, c'est vachement sur nous que les gens se sentent à l'aise, que dès qu'ils rentrent, il y a une ambiance qui se passe, qu'il y a une certaine énergie qui leur fait du bien. On a eu plein de... De compliments sur les détails, et nous on marche vachement sur le détail, sur des trucs très débiles, mais sur la playlist qu'on met, que les gens peuvent quand même s'entendre et que ça leur fait plaisir, notamment parce que Retrouvailles, que ce ne soit pas trop bruyant, que ce soit possible à discuter. On a plein de compliments, c'est très bête, mais sur nos toilettes, parce qu'ils sont propres et qu'ils sentent bons. Vraiment, on nous laisse tous les jours. sur nous qu'on est hyper souriant qu'on est chaleureux qu'on sent une certaine bienveillance c'est les compliments qui nous font vachement du bien et sur la cuisine que les sauces sont très bonnes que c'est bien assaisonné on est content aussi puisqu'on a pas mal de compliments sur la générosité que le rapport qualité prix est bon et pour nous c'était hyper important d'avoir ces retours là parce que Parce que pas tout le monde aujourd'hui a l'argent de pouvoir aller au restaurant et quand les gens viennent, on est content qu'ils se fassent plaisir et qu'ils nous disent, c'était génial, on mange pour tel prix et vous ne nous volez pas. Et entendre ça tous les jours, vous ne nous volez pas, pour nous c'est hyper important. Et voilà, on a des très bons retours sur la nourriture, sur l'ambiance. Moi,
- Speaker #0
il y a un commentaire d'un client la semaine dernière qui m'a marqué et c'est vraiment ce qu'on voulait dégager, il nous a dit qu'on était juste dans tout notre choix. Donc nous, le but, ce n'était pas de réinventer la restauration. C'était juste de bien faire les choses justement. Et du coup, j'ai vraiment apprécié le retour du client là-dessus et de faire les choses juste, comme on voulait les faire avec les curseurs comme on avait dit.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que je pensais quand tu parlais Elsa. Vous avez mis le curseur au bon endroit en fait. Oui.
- Speaker #0
C'était le but et vraiment, ça m'a fait plaisir quand il a dit c'est juste ce que vous faites, c'est pas trop non plus, c'est pas en dessous, c'est... Voilà. C'est là où on voulait aller et c'est trop bien.
- Speaker #1
En fait, ce qui se dégage depuis tout à l'heure, c'est que vous avez l'air... Hyper heureux, hyper épanoui, content de ce début qui fonctionne bien aussi et au bon endroit finalement.
- Speaker #2
Les retours nous confortent dans ce qu'on fait en se disant qu'on ne s'est peut-être pas trompé ce qu'on voulait. Thomas l'a très dit justement, on ne voulait pas tout réinventer. Au début, on avait peur de ne pas avoir notre place sur le marché en se disant qu'aujourd'hui, il est tellement concurrentiel. Est-ce que si on n'est pas un projet ultra innovant, ça va marcher ? Le fait que les gens nous disent, des endroits comme vous, il y en a très peu où on se sent si bien, où on mange bien, où c'est le bon prix et où on a envie de revenir. Et quand on voit des copains de 30 ans qui, finalement, maintenant passent tous leurs samedis soirs chez nous et qui nous disent, on n'a plus besoin de chercher, ce sera ici. C'est trop bien. Et comme voir des petits couples plus vieux qui, tous les lundis, viennent manger. C'est génial et on pensait nous au début ne pas avoir trop notre place parce qu'on se disait zut on réinvente pas un truc et waouh on n'a pas des gros investisseurs derrière et on va peut-être se prendre un mur et finalement les gens nous disent mais des endroits comme ça qui sont juste bien et bons et avec un bon accueil et qui n'est pas trop moins, il y en a très peu, on se dit ok c'est qu'il y avait notre place et que les gens en avaient besoin aussi.
- Speaker #1
Ils se sont trouvé une petite. pépites en fait. Pas la prétention de le dire. Tu as mis beaucoup de peut-être dans tes... Tu as dit peut-être qu'on ne s'est pas trompé. Il va falloir peut-être dire on ne s'est pas trompé.
- Speaker #0
On va t'en rendre compte.
- Speaker #1
Je vais le dire sur un mois. Peut-être pour terminer quelques petites questions. Une que je pose tout le temps c'est qu'est-ce que la restauration ? Vous avez appris, chacun individuellement, sur les relations humaines.
- Speaker #2
Comment ça ?
- Speaker #0
Dans des lieux comme ça, ce que je trouve bien, c'est qu'on... Par exemple, si on prend ce midi, on peut servir de la même manière... Une personne qui a monté un empire dans la chocolaterie, un membre de notre famille, une personne âgée, un jeune. Et en fait, ce qui est bien dans un restaurant, et en tous les cas dans le nôtre, ce qu'on essaie de faire, c'est qu'il n'y a plus d'échelle sociale ou de choses comme ça. Tout le monde est mis au même niveau, tout le monde va manger la même chose, et en fait, on se retrouve tous dans le même endroit, et je trouve ça cool. c'est ce lieu de vie qui fait que les gens les gens passent un bon moment et que tout le monde ressent la même chose ce qui n'est pas le cas quand ils vont chez eux par exemple il y en a un qui est plus aisé que l'autre etc ici vraiment tout le monde est à la même échelle et donc du coup en
- Speaker #1
termes de relations humaines moi je trouve ça qui est intéressant ils peuvent se rencontrer et se retrouver en fait non et moi dans les relations humaines
- Speaker #2
Thomas a parlé vachement avec la clientèle moi je dirais que c'est plus avec les équipes aussi bien avant dans mes expériences où là ce qui se passe pour moi c'était pour faire ce métier pour moi t'es obligé d'être passionné sur la durée ça dure pas et même très peu de temps et je pense que c'était la force des liens qu'on crée avec les gens avec qui on travaille parce que parce que il y a une certaine partie de soi où on est tout le temps un peu dans le retranchement que les périodes de rush c'est du stress qu'il y a des moments où bah On a tous des problèmes un peu chez soi, il faut savoir les laisser en entrant dans le restaurant et je pense que quand on a la force de pouvoir laisser ses problèmes dehors, c'est vraiment l'équipe qui fait tout. Nous, quand tous les jours on vient et qu'on est avec le chef ou peu importe le second, peu importe, le lien qu'on est en train de créer est assez fou et il est vachement réuni autour de la passion, de la passion de vouloir rendre les gens heureux et de nous dire qu'on fait quelque chose de bien. quelque chose de bien, qu'on est heureux et qu'on arrive à tisser quelque chose. Et dans toutes nos relations, mais dans toutes nos expériences, même avant, dans chaque endroit où on a travaillé, finalement, on s'est fait un ami pour la vie. Mais vraiment, et moi, je trouve ça fou parce que je ne suis pas sûre que dans tous les métiers, ce soit comme ça. Et moi, c'est vraiment la chose que je retiens, parce qu'il n'y a pas une fois où j'ai eu une expérience en me disant, juste, je n'aurais pas dû la faire. Si tu es au bon endroit, il y a peut-être des endroits où peut-être pas, mais si tu es dans un groupe ou dans un restaurant, autour de la passion, avec le respect de la clientèle et du produit, moi, je suis repartie à chaque fois avec une ou un ami pour la vie. Il y a des gens qui m'inspirent encore aujourd'hui où je me dis, je veux les garder parce qu'il se passe ça. Sur mes relations humaines, c'est vraiment ça. Je trouve que c'est l'intérieur et l'équipe qu'il y a derrière.
- Speaker #1
Tu as construit des liens solides au fur et à mesure de tes expériences. C'est assez chouette. Votre moment préféré de la journée chez Retrouvailles ? Ah, c'est pas mal ça !
- Speaker #0
Moi je suis très team Swarm, parce que je trouve que les gens se lâchent un peu plus, prennent plus le temps. Moi je suis très vin, donc ils commandent plus de vin, il y a l'euphorie, la musique est plus forte, etc. Donc moi je dirais 21h30 quand je commence, je mettrais un peu de musique.
- Speaker #1
Le premier service,
- Speaker #0
19h est plus formel. Oui,
- Speaker #2
moi aussi, je dirais un peu dans les mêmes horaires. Après, nous, avec Thomas, on aime bien le moment un peu de rush, un peu quand le monde s'active et que le lieu prend vie. C'est le moment où on marche un peu à l'adrénaline de ça. C'est le moment à ce moment-là où je me sens le mieux, où je me dis, ça y est, envoyez-nous. Je dirais aussi que c'est ce petit moment dans le soir ou dans le midi, pour le coup, j'ai pas trop de préférences, puisque moi qui picole, ça va, ça me change pas trop ma vie, mon trip, mais ce petit moment où on se regarde et on se dit, ok, là, faut rester concentré, et bien, parce que ça y est, il y a du monde, et il faut que tout le monde soit servi à temps, pas trop à temps. J'aime bien ce petit moment-là qui nous fait un peu être... Le petit kick,
- Speaker #1
j'aime bien. Et peut-être pour tout, pour finir, des recommandations de restaurants où vous aimez aller,
- Speaker #2
où vous aimez vous retrouver vas-y moi je dirais à Paris, on est allé il n'y a pas très longtemps, c'est à Clichy ça s'appelle La Presse et j'ai trouvé ça très chouette parce qu'en fait de base c'est une ancienne librairie et ils l'ont transformée en restaurant mais en gardant exactement le décor d'une librairie Et c'était trop génial parce que de base, on voulait aller manger. Et je suis têtée, on est arrivés à midi, on est repartis à 16h. Donc on n'a pas du tout fait ce qu'on devait faire l'après-midi. Mais bon, c'est pas très grave. Et c'était génial parce que le mec qui l'a, c'est un mec passionné. Il a une très belle carte des vins parce qu'il fait aussi caviste. La cuisine change tous les jours. C'est que des produits de saison, pareil. Une cuisine simple mais très goûtue et on a adoré y être et partager. C'est un peu des tables très proches les unes des autres, donc il faut aimer un peu la proximité et parler avec les gens d'à côté. Mais c'était très chouette et il nous a vachement aidé pour l'ouverture, à nous donner un peu des petits tuyaux.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #2
Donc c'est très chouette.
- Speaker #0
Et moi, dans l'esprit un peu de ce qu'on voulait faire, je dirais du vin, en 9e, en science formulée du bon Georges. Je trouve ça exceptionnel, en un an, ce qu'il a pu créer dans une rue qui n'est pas non plus la rue la plus passante du monde. Et une carte des vins avec énormément de choix, énormément de conseils. J'aime bien la formation qu'il fait autour des jeunes aussi, apprendre des jeunes sommeliers, etc. Et au niveau de la food, ça reste bistro français, français, mais toujours qualitatif. qui se change un peu tous les jours. C'est le bistrot qui a fait que je me sens bien. Tu manges bien, tu bois bien.
- Speaker #1
Exactement. Merci beaucoup à tous les deux.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Bref, je ne vais pas te faire un dessin. Si tu penses à quelqu'un quand on te dit « retrouvaille » , écris-lui et propose-lui de vous retrouver au 132 rue Cardinet dans le 17e arrondissement. Tu pourras rencontrer Elsa et Thomas. Tu verras. ils sont géniaux. Dégustez la cuisine de leur chef Jean-Marie et surtout, te souvenir longtemps de ces très belles retrouvailles. J'espère que tu as passé un bon moment et que tu as apprécié cet échange. Pour découvrir les coulisses du podcast et rester informé des prochains épisodes, tu peux suivre afedou.podcast sur Instagram. En attendant, je te souhaite de bons petits plats mijotés, beaucoup de douceur et te dis à très bientôt pour une nouvelle rencontre. Toujours à FEDOU.