- Bethsabée
Moi, ce que je dis, que ce soit en événementiel ou même pour les artistes, pour tout le monde, c'est ce que j'applique personnellement. La base, avoir un réseau et le développer, créer une relation de confiance, participer nous-mêmes à d'autres événements pour comprendre aussi le mécanisme des différents modèles. Vous posez plein de questions pour comprendre le fonctionnement. Moi, c'est ce qui m'a permis de développer plein de possibilités de stratégies, de modèles qui viennent comme ça. en tête, qui sont liées aussi à mes réseaux. Parce que ce qui est intéressant, c'est d'avoir le retour d'expérience des gens qui ont déjà créé des énormes festivals ou qui ont déjà leur mécène sponsor.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux responsable et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa éthiques et performants. Je suis Amata Diallo. Je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Betsabe Gabé. Betsabe est productrice culturelle. Elle accompagne les artistes à développer leur activité et elle intervient également auprès d'institutions et d'entreprises privées pour promouvoir leur initiative culturelle. Elle évolue entre la France et l'Afrique. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle nous parle de son parcours et de son activité. Bienvenue Betsabe, comment vas-tu ?
- Bethsabée
Bonjour Amalpa, merci pour l'invitation, très content d'échanger avec toi aujourd'hui.
- Ramata
Écoute, le plaisir est partagé. On s'était rencontré, il me semble, l'année dernière, c'est lors d'un vernissage à l'école Dupéré. Un vernissage qui mettait en avant les artistes africains. Et puis depuis, moi j'ai un petit peu suivi ce que tu faisais, et j'imagine que tu as également suivi ce que je faisais. Donc on s'est dit que d'organiser une interview, c'était le meilleur moyen de pouvoir faire davantage connaissance et de poursuivre la connexion. Donc, on va commencer cette interview comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Bethsabée
Oui, merci. Alors moi, comme tu le précisais, je suis productrice culturelle. Je suis aujourd'hui basée entre Montpellier et Paris. Et je travaille à la fois dans l'événementiel, où je crée des programmes d'accompagnement pour des institutions publiques, privées. Et je crée en parallèle un vivier d'artistes sur Instagram, où je fais de la création de contenu. pour partager des appels à projets, créer cette communauté d'artistes et pouvoir les connecter avec les projets avec qui je travaille.
- Ramata
Très bien. Écoute, cette première introduction laisse présager plein d'éléments intéressants pour la suite. Donc, ce que je vais te demander, c'est un peu comment tu as commencé ? Parce que productrice culturelle, ce n'est pas forcément un métier auquel on va dire, quand on est à l'école et qu'on nous demande qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grande, le productrice culturel, ce n'est pas forcément le... le premier métier qui vient. Donc, j'aimerais bien que tu nous parles un petit peu de tes études, des débuts de ta carrière et puis de comment t'en es arrivé à ce que tu fais aujourd'hui.
- Bethsabée
Oui, c'est vrai que productirisme culturel, c'est un mot assez large. Moi, j'ai commencé il y a plus d'une dizaine d'années. Donc, mes études, c'était une spécialité dans l'événementiel. Donc, c'était un bachelor qui durait trois ans. Et ce qui était intéressant dans ce bachelor, c'était franchement pas forcément les cours. mais le côté terrain que j'ai toujours promu depuis que j'ai démarré il y a 10 ans et le fait d'être connecté à l'écosystème événementiel de Paris à l'époque donc quand je dis l'événementiel c'était à la fois des grosses agences événementielles à l'époque j'étais en stage chez GL Events qui est une grosse agence donc j'ai beaucoup appris côté corporate mais j'ai aussi compris que c'était pas forcément là où je voulais aussi. ce n'était pas forcément ce que je visais. Mais en parallèle, j'ai appris aussi plein d'autres activités. J'ai fait... J'ai travaillé pour Roland Garros. J'étais chasseuse de lieux. Ça, ça m'a beaucoup aidée aussi pour la suite de mon parcours où j'identifiais des lieux à Paris qui n'avaient jamais encore été loués par l'événementiel et où je connectais des clients avec des lieux vraiment insolites où j'ai redécouvert Paris. Ce qui m'a permis aussi de comprendre quels lieux pouvaient exister, quels événements pouvaient créer, que ce soit des défilés de mode ou des soirées entièrement immersives. C'était vraiment une super époque. Et après ces études, j'ai démarré en faisant un premier stage dans une structure qui s'appelle Remix Community, qui est une boîte de coworking. Et l'idée, c'était que le lien avec l'événementiel, c'était que cette structure de coworking suivait le modèle des tiers-lieux. C'est-à-dire l'idée de connecter les personnes ensemble. d'avoir une programmation événementielle qui permet de mettre aussi en avant leurs projets, de réfléchir ensemble à leur développement. C'était hyper enrichissant parce que c'était une communauté de 300 personnes. Donc j'ai démarré en stage, puis j'ai un peu gravi les échelons. Au final, j'étais responsable de la communauté où on avait à la fois 50% d'entrepreneurs et dans les entrepreneurs, ce n'était pas seulement culturel, c'était aussi dans la tech. Donc c'était l'époque de l'effervescence des startups. Donc, j'ai énormément appris sur les modèles parce qu'on faisait toutes les semaines des brainstorming sur leur sujet, sur leur boîte. Et les autres 50% de cette structure, c'était des créatifs. Donc, créatifs, on entend artistes, graphistes, etc. Et l'idée, c'était de vraiment avoir deux secteurs, deux complémentarités pour faire évoluer cette communauté. Donc, on a développé plein de projets. en parallèle de leur business, dans le lieu. C'était, par exemple, mon travail aussi qui a évolué en fonction de ça, que je proposais au fur et à mesure auprès des fondateurs, développer des projets en interne pour que les personnes puissent aussi s'épanouir sur d'autres sujets. On a développé un studio radio, on faisait des podcasts aussi. Donc, c'était une opportunité pour les entrepreneurs, les artistes, d'inviter des personnes qu'ils n'auraient pas forcément rencontrées. En fait, ça leur a créé une plateforme de rencontres et de communication. des projets sportifs, d'autres projets culturels on découvrait les talents artistiques de toute cette communauté pour moi personnellement c'était hyper enrichissant parce que pendant 4 ans j'ai côtoyé et travaillé avec des centaines voire des milliers de structures il y avait un turnover quand même et j'ai énormément appris à la fois sur le business, la stratégie et aussi sur le côté créatif des idées qu'on veut mettre en place et suite à cette expérience j'étais à Paris j'avais un projet de j'avais envie de mieux comprendre ce que c'était le terme tiers lieu et de le découvrir dans d'autres pays donc j'avais un projet de partir en Amérique Latine, j'avais spoté quelques pays et surtout à Détroit qui est une ville vraiment représentative de ce que c'est la communauté et à travers la créativité Merci. dans des lieux réhabilités, sauf que ça s'est annulé avec le Covid, évidemment. Du coup, je me suis dit, OK, quelle alternative ? En étant à Paris, je me suis dit, OK, j'ai envie d'avoir une expérience à l'étranger. Et là, j'ai été amenée à travailler pour une association au Bénin, en Afrique de l'Ouest. Donc, c'était la première fois que j'allais même en Afrique sous cours. Et là-bas, j'ai travaillé pendant pratiquement sept mois. À la base, j'allais pour une association. qui s'appelle Afrique pleine d'avenir, à Cotonou, pour travailler sur des sujets d'empowerment féminin. Et en arrivant, on m'a dit, c'était le Covid, ta carte blanche sur tes idées. Vu que ma passion, c'est d'organiser des événements et de rassembler les gens, je me suis dit, OK, on va créer un festival dédié à l'empowerment féminin à travers l'art, la culture. sous toutes ses formes, donc la musique, médias. Et pendant une journée, on a organisé un festival dédié surtout aux jeunes pour promouvoir l'entrepreneuriat et aussi comment le développer, même à côté d'une vie de famille importante. C'était vraiment hyper intéressant d'évoquer ces sujets avec ces femmes, qui étaient des femmes qui travaillaient dans les médias, où on avait tout type d'influenceurs. de musiciens aussi que j'avais rencontrés sur place. C'était vraiment très enrichissant. Et à l'issue de cette première édition, on avait envie de travailler la deuxième, l'année d'après. Et pour ça, faire une recherche sur la filière coton, textile. On a commencé avec un guide spécialisé au Bénin à faire le tour des endroits de Natitango au nord du Bénin, en passant par Abomey, pour comprendre toute cette industrie coton qui existait au Bénin. Moi, je découvrais vraiment comment ça se passait aussi bien avec les industries gérées par le gouvernement que par les villages qui ont des savoir-faire ancestraux incroyables. mais qui malheureusement parfois peut se perdre. Et on se disait, comment contribuer à la sauvegarde de ce patrimoine à notre échelle avec le festival ? Donc j'étais amenée à découvrir tous ces savoir-faire qui m'ont vraiment ouvert l'esprit sur la suite de mon parcours. Donc en parallèle de ces projets, ce qui était intéressant, c'était aussi de pouvoir balayer mon activité que je faisais avec l'association. avec les rencontres que je faisais sur place. Quand je parle des rencontres, c'était par exemple Raffi, qui est le fondateur d'un tiers-lieu à Porto Novo. Et le fait de l'avoir rencontré, en fait, j'ai réussi à créer le lien que j'avais imaginé avec mon projet en Amérique latine et à Détroit, avec finalement le Bénin, l'endroit où j'étais amenée à travailler, en découvrant un lieu dédié, pareil, à la culture, avec des initiatives pour les jeunes. des résidences d'artistes, vraiment un lieu très effervescent. Donc ça, c'était à Porto Novo. Et en parallèle, je travaillais aussi avec un label de musique, Doli Doli, qui à la base étaient mes amis. Et à force de se côtoyer, on s'est dit, allez, organisons des soirées pour connecter à la fois les personnes à Cotonou qui ont des bars, des boîtes, etc., qui cherchent des musiciens, avec les musiciens du label. Au début, c'était des soirées privées pour connecter les personnes entre elles. Au final, c'est devenu des grandes soirées à Cotonou. C'était génial de voir aussi un format qui évolue. Et quand je dis tout à l'heure connecter les projets entre eux, c'est par exemple ce label Dolidoli et les musiciens qui faisaient partie du label ont participé à mon festival à l'époque à Cotonou. Suite à cette expérience, j'ai vraiment eu déjà un coup de cœur pour le Bénin. Et je suis rentrée à Paris et je me suis dit, OK, est-ce que tu veux continuer à chercher le classique CDI à Paris ou bien t'explore de nouvelles possibilités d'avoir vécu dans un autre pays ? Ça me donne envie de vivre dans un autre maintenant et de découvrir tous les pays qui étaient à côté aussi du Bénin. Et c'était surtout le savoir-faire artisanal qui m'a vraiment éblouie, ce que je découvrais là-bas. finalement, J'ai trouvé une alternative, c'est toujours le CDI, mais à Montpellier. J'avais aussi envie de découvrir le sud de la France. Et je suis arrivée dans un hub créatif qui s'appelle l'Altropisme, pour qui j'ai travaillé pendant quatre ans. Et c'est le hub qui réunit à peu près 900 événements par an. C'est assez énorme, il existe depuis sept ans. C'est un tiers-lieu. Et il se trouve que dans ce tiers-lieu, on est très connecté avec la ville de Montpellier. qui, elles, œuvrent pour les liens entre l'Europe et l'Afrique, notamment avec la Biennale Euro Africa qu'on organise tous les deux ans. J'en parlerai peut-être un peu plus longuement après. Et mon poste là-bas, c'était d'être responsable des industries culturelles et créatives pour un lieu. Donc, ça veut dire à la fois gérer cette communauté, toujours d'entrepreneurs, de créatifs, d'artistes, dans un même espace, et créer une programmation événementielle pour... consolider cette communauté, explorer des sujets professionnels, mais aussi des moments conviviaux. Et ce qui était fort dans ce lieu, c'est qu'on a réussi, avec cette grande programmation, cette trop grosse programmation grand public, à pouvoir inclure les résidents qui ont aussi des propositions événementielles dans la programmation du lieu. Donc ça, c'était vraiment des modèles qui m'ont énormément plu. euh... Suite à toutes ces connexions que j'ai faites aussi à l'international, tous les programmes d'accompagnement, les événements que j'ai créés, je me suis dit, OK, maintenant, j'ai vraiment envie de faire ça à mon compte et de pouvoir être un peu plus mobile et de revenir un peu à ce que j'avais comme idée. Donc, d'être là aujourd'hui basé entre Montpellier et Paris et pouvoir travailler sur des projets internationaux qui dépassent vraiment les frontières et de pouvoir connecter les artistes entre eux, mais aussi les projets. donc là je le fais depuis 6 mois en... en indépendante et en parallèle je développe de la création de contenu qui aujourd'hui permettent vraiment de de mettre un grand coup de boost on va dire à mon activité et surtout pouvoir rencontrer des personnes via internet au final même si j'avais déjà un gros réseau développé depuis dix ans là via instagram ça ouvre vraiment des possibilités énormes Donc voilà où j'en suis aujourd'hui.
- Ramata
Très bien, merci pour cette longue introduction qui nous permet de nous rendre compte de comment ton parcours s'est construit à travers différentes expériences et comment il s'inscrit vraiment dans une expertise de l'événementiel culturel. Moi, au niveau des événements, ce que je peux constater, que ce soit en Afrique ou en France, c'est qu'il y a toujours un sujet du business model de l'événement. C'est-à-dire que Tu crées ton événement, mais l'idée c'est qu'il faut trouver des sponsors. Est-ce que tu prévois un tarif à l'entrée pour les personnes invitées pour pouvoir financer tout ce que tu as besoin de financer ? Et il y a toujours énormément de stress autour de l'événementiel. Toi, quelle est ton expérience et ton retour par rapport à ces sujets-là de comment construire un événement qui soit rentable en fait ? Parce que c'est vraiment ça l'enjeu. entre le fait de trouver les bons sponsors qui vont accompagner le projet et aussi de se dire, est-ce qu'on fait une entrée payante ou pas vis-à-vis des personnes que l'on souhaite cibler ?
- Bethsabée
Gros sujet côté événementiel, ça dépend vraiment de l'ampleur du projet. Parfois, on peut même créer des événements gratuits qui peuvent finalement être rentables par rapport aux bars, par exemple, qu'on aurait ouverts à cet endroit-là. Moi, je pense que pour chaque... projet, en effet, il faut aussi se dire qu'un projet événementiel, en tout cas avec ma dernière expérience de 4 ans dans ce lieu-là, peut être complémentaire à un autre projet déjà existant. Si on parle même, par exemple, d'un festival peut-être qui peut s'ancrer dans une plus large programmation. Pourquoi c'est un avantage ? Parce qu'on peut avoir des avantages niveau matériel, on peut avoir des sponsors qui seraient intéressés par ce plus gros événement, en tout cas si on parle d'un événement pour démarrer. des sponsors intéressés par un plus gros vivier de participants et donc qui peuvent nous suivre sur une première édition. Il y a plein de modèles à imaginer. Après, ça peut être aussi des mécènes privés. Moi, ce que je dis, que ce soit en événementiel ou même pour les artistes, pour tout le monde, c'est ce que j'applique personnellement, la base. avoir un réseau et le développer, créer une relation de confiance, participer nous-mêmes à d'autres événements pour comprendre aussi le mécanisme de différents modèles, poser plein de questions pour comprendre le fonctionnement. Moi, c'est ce qui m'a permis de développer plein de possibilités de stratégies, de modèles qui viennent comme ça en tête, qui sont liées aussi à mes réseaux. Parce que ce qui est intéressant, c'est d'avoir le retour d'expérience des gens qui ont déjà créé des énormes festivals. ou qui ont déjà leur mécène sponsor. Après, c'est sûr qu'on est dans une ère où quand on parle de festival, c'est plus compliqué au niveau des financements aujourd'hui. Mais après, il peut y avoir des alternatives. Pourquoi pas dans la culture aujourd'hui ? Ce qu'on fait de plus en plus, comme on le voit dans la mode avec le foot, par exemple, lier la culture et le sport. Là, côté sport, on va trouver plus facilement de sponsors, de mécènes. L'idée, c'est d'ouvrir ses chakras et imaginer des connexions au-delà de... d'un événement classique où on se dit, tiens, je fais seulement une billetterie, mais ça peut aller vraiment juste beaucoup plus loin qu'une billetterie. Je ne sais pas si c'est clair.
- Ramata
Tout à fait clair, merci. Donc toi, aujourd'hui, ce que tu indiques, c'est que tu as travaillé à un moment, comment dire, en tant que salarié, et puis tu as décidé de te mettre à ton pointe. Ce passage-là, en fait, est-ce que c'est quelque chose auquel tu réfléchissais depuis longtemps ? Et comment ça s'est fait ? Est-ce que tu as commencé à avoir en tant que salarié quelques missions un petit peu freelance et tu t'es dit bon ça y est c'est bon là je me lance ? Ou ça s'est fait vraiment un peu du jour au lendemain ? Est-ce que tu peux nous expliquer cette transition-là vraiment du passage du salarié à entrepreneur ?
- Bethsabée
Oui, depuis toujours j'ai voulu entreprendre, surtout que j'étais vraiment baignée dans l'univers de l'entrepreneuriat à travers toutes ces expériences dans ces lieux. Et la transition en fait elle s'est faite assez naturellement. c'était après un gros événement de la biennale Euro Africa qui se passe à Montpellier qui est une grosse plateforme c'était ma deadline en fait après cette biennale où je me suis dit que j'allais terminer en beauté avec ce dernier gros réseau en étant entre Paris et Montpellier et plusieurs pays africains en me disant ok bon bah là je me lance en indépendante mais je sais que je vais avoir besoin d'un SASS de structuration. Qu'est-ce que je veux faire exactement ? Comment je le structure ? Quels outils je mets en place ? Donc c'est venu petit à petit, mais j'ai pas du tout eu de mission précise avant de le faire. Après, il se trouve qu'à côté de mes jobs, de mon travail principal, j'ai toujours eu aussi à côté d'autres missions qui ont absolument rien à voir, mais dans le BTP ou dans... C'est aussi dans l'art, on va dire, avec les enfants que je faisais à côté, donc j'avais quand même... toujours, on va dire, cette fibre entrepreneuriale, mais pour structurer l'activité. les sujets que je voulais faire exactement, je me suis dit ok, quelques mois pour la structurer. On démarre par, évidemment, boire des cafés avec tout le réseau et comprendre les besoins de chacun et où est-ce que mon expertise peut être utile. À force d'avoir côtoyé énormément d'artistes, j'ai identifié aussi des besoins sur, finalement, leur stratégie, le côté business de leur activité en tant qu'entrepreneur, parce qu'on est entrepreneur quand on est artiste. Donc c'est cette offre que j'ai commencé. à définir. Et en parallèle, je me suis dit, ok, je veux aussi accompagner des lieux, mais je travaille aussi en coopération internationale. J'aime aussi travailler sur des sujets très créatifs de scénographie. Comment je matérialise ça ? Je me suis dit, je crée un site où j'explique exactement ce que je fais avec vraiment des packages, des quatre propositions. Et surtout, ce qui m'aide, c'est comme je disais, faire de la création de contenu sur Instagram parce que ça me permet aussi de structurer mon propos et de cibler exactement les personnes à qui j'ai envie d'adresser mon message. Donc, à force de faire cette création de contenu sur Instagram, de reprendre contact avec tout le réseau, de participer à des événements comme ce qu'on a fait toutes les deux quand on était à l'école du Perret, de garder, on va dire, d'entretenir. Ce réseau-là, que je fais aussi par passion, donc c'est sûr que ça prend énormément de temps, mais ça fait partie aussi de ma passion. Et à la fin, tout se complète et l'offre est devenue claire au moment où la communauté Instagram s'est développée. J'ai développé le site, j'ai vu que les accompagnements prenaient rapidement pour les artistes. On m'a contactée pour un projet avec une institution publique. donc c'est un super projet je pensais l'avoir un petit peu plus tard finalement c'est un de mes premiers contrats et là voilà petit à petit un festival de danse les gens en fait sont venus à moi plutôt que d'aller les démarcher
- Ramata
Très bien, alors c'est intéressant que tu dises que les gens sont venus à toi mais quelque part toi tu fais la démarche de créer du contenu sur Instagram à travers des vidéos face caméra où tu vas partager différents appels à projets où tu vas expliquer un petit peu tu vas te donner des conseils en fait Non. Donc ça, quelque part, c'est une manière aussi de te présenter et de présenter ton expertise. Et c'est ce qui va faire qu'on va t'appeler. Maintenant, c'est vrai que tu n'as pas fait de la prospection à part entière qui consisterait à je fais la liste de potentiels clients et je les appelle. Mais toute cette démarche-là de faire des rencontres, aller prendre des cafés, comme tu dis, et communiquer sur les réseaux, c'est ça qui a fait que les gens sont venus à toi. Donc du coup, en termes de stratégie, c'est assez intéressant de vraiment se dire que tu as construit ton offre, mais tu n'as pas attendu d'avoir une offre finalisée, déterminée pour pouvoir aller faire des rencontres, aller créer du contenu. En fait, les choses se sont faites au fur et à mesure. Et ça, c'est important de le signaler, parce que parfois, on peut avoir tendance à se dire, OK, je me lance à la rencontre, mais je vais prendre le temps de faire un site et je vais prendre le temps de définir précisément mon offre. Et à partir de là, je pourrais communiquer. À partir de là, je pourrais faire des rendez-vous. Et là, tant que je ne sais pas... de manière très précise que je veux faire, je préfère ne pas me lancer. Toi, qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu te dis, tiens, je vais utiliser la plateforme Instagram et je vais commencer à créer du contenu. Est-ce que c'était vraiment dès le départ cette logique de c'est ce qui va me permettre de trouver des clients ou c'était plus parce que c'était un moyen aussi de toujours être dans cette logique de développer du réseau, mais de manière virtuelle, plutôt que d'aller vers l'événementiel qui est physique ?
- Bethsabée
C'est vraiment les deux. Et tu vois, pour reprendre un peu cette idée de quand je parle de café, pour moi, c'est la même chose aussi sur Instagram, parce que je prends vraiment le temps de parler aussi en privé à cette communauté. Quand je dis prendre des cafés, par exemple, c'est aussi bien avec quelqu'un qui est commercial, par exemple, pour des hôtels à Paris. Quelqu'un qui est dans la géopolitique, quelqu'un qui travaille pour la Commission européenne, des artistes, etc. rencontrer tout cet univers des personnes qui nous passionnent, ou du travail qui nous intéresse, etc. Ça nous nourrit énormément, et ça permet, en effet, c'est exactement ce que tu dis, de structurer dans sa tête vers quoi on veut aller, plutôt que d'avoir une offre claire à la fin. C'est pas un produit, c'est pas un objet, c'est pas un produit fini, c'est vraiment des accompagnements et énormément de sujets qui sont aussi liés à cette activité. Et pour en revenir sur Instagram, quand je parlais de ce projet en Amérique latine l'idée c'était en fait de tout filmer en allant sur place, le projet de découvrir des lieux, découvrir des initiatives, comprendre comment ces initiatives ont émergé. C'est un projet que j'ai aussi depuis pas mal, franchement, je pense aussi depuis dix ans dans ma tête. Et là, le fait d'avoir plus de temps pour me structurer, je me suis dit, OK, j'ai toujours voulu créer une sorte de média ou diffuser des informations. mais aussi de Ce que j'aime, c'est la partie créative du montage vidéo, chercher des sujets, les transmettre. Et donc, j'ai testé plusieurs formats. Et moi, ce que j'adore faire surtout, c'est même en dehors d'Instagram, auprès de mes amis ou quoi, c'est de parler de tous les lieux que j'ai découverts, des initiatives, des liens entre tous ces sujets, des personnalités que j'ai pu rencontrer. Et je me suis dit, autant le diffuser sur Instagram auprès de ma cible. et voir ce que ça donne. Franchement, au début, je ne pensais même pas créer un accompagnement auprès d'artistes. Je me suis dit, OK, je veux faire de la création de contenu, je veux faire des vidéos qui me permettent aussi de structurer ma semaine. Ça veut dire que comme ça fait partie des activités, en même temps que la recherche de projet, donc au début, et au fur et à mesure, c'est carrément devenu une activité qui est mon outil principal de communication pour les artistes et en même temps, un moyen de m'identifier. Donc, en fait, j'ai testé des formats qui me plaisaient. Et au fur et à mesure, j'ai vu ce qui plaisait à certains, ce qui était nécessaire pour certains artistes côté appel à projet, par exemple. Après, c'est la découverte de lieux, d'actualités, de tendances pour d'autres clients, d'autres futurs clients, d'autres personnes de la communauté qui sont intéressées. Donc, c'est génial parce que ça permet de découvrir aussi plein de lieux, d'artistes. vraiment du monde entier grâce à cet outil. Et je me dis, pourquoi pas plus tard créer une plateforme de rencontres ? Et ce qui est passionnant aussi, c'est de pouvoir créer des liens entre tous ces talents-là et avec les projets, mais même sur Instagram. Donc voilà, l'outil, comment il s'est développé, je me le suis vraiment approprié et ça me plaît énormément. Et là, l'idée, c'est... de le faire grossir avec aussi des interviews d'artistes, d'autres personnalités dans la programmation. J'ai vraiment hâte de le développer.
- Ramata
Très bien, c'est super intéressant en tout cas de voir comment ta communication sur les réseaux, elle est au service du développement de ton activité. Maintenant, si on prend un petit peu tes différentes offres, tes différents packs et finalement ton métier de productrice culturelle, quand tu parles de ton travail avec des artistes, Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi ça consiste exactement les services que tu proposes aux artistes ?
- Bethsabée
Oui, ce qu'on m'a beaucoup demandé, c'est l'aide pour répondre à des appels à projets, donc plutôt publics, comment renforcer son dossier, comment identifier les bons appels à projets, parce qu'il y a quand même tout un travail de veille, et donc depuis aussi leur visibilité sur Instagram pour médiatiser au final leur travail. Et donc, en travaillant ces sujets, j'ai envie aussi de faire évoluer cette offre. Je me suis aperçue qu'il y avait aussi ce travail, évidemment, tu es artiste, tu présentes ton travail, donc là, tu te mets dans la peau de quelqu'un qui vend ton propre travail. Donc, comment travailler ça ? Comment travailler le narratif, sa présentation ? On va dire, élargir les possibilités sur les possibilités de... Quand je dis ça, c'est pour des résidences, comment être connecté à telle institution pour ensuite envisager une autre proposition. En fait, imaginez vraiment les clés possibles à la fois du développement de réseau. Donc, c'est vraiment une tout doux qu'on fait à l'issue du tout premier rendez-vous où après, je propose plusieurs séances. Mais surtout, réfléchir à ces trois sujets. OK, je veux renforcer mon dossier, ma présentation, ma visibilité. Moi, je fais un petit audit avant de les rencontrer. Je leur explique mes retours. Je comprends aussi leurs enjeux, leurs freins. Et à l'issue de ce rendez-vous, on fait un compte-rendu. On se dit, OK, il nous faut tant de séances pour travailler tel sujet en profondeur avec des objectifs bien précis. Donc, parmi les trois sujets que j'évoquais. Ça, c'est pour les artistes. Ensuite, j'ai une offre dédiée aux lieux. C'est le même sujet au final. C'est la stratégie de développement. Ou bien là, par exemple, il y a un lieu qui fait appel à moi en Normandie, qui est un lieu événementiel, mais ils veulent devenir résidence d'artistes. Je vais les accompagner là-dessus sur comment mobiliser à la fois la ville et peut-être d'autres aides financières pour que le projet puisse émerger. Et les autres offres, c'est... vraiment en fonction des projets. Comment, par exemple, une institution publique qui veut organiser un salon, il m'identifie, que ce soit par site ou en direct, et on réfléchit ensemble au format que ça peut prendre. Donc, soit je peux faire de la coordination, mobiliser des experts sur un événement, mais aussi en coopération internationale, ça peut être beaucoup plus large. Ça peut être... organiser un programme d'accompagnement comme j'avais fait à l'époque au Botswana, où on identifie sur place un diagnostic de la filière, puis on accompagne les entrepreneurs dans le développement de leur activité pendant un an, donc c'est une sorte d'incubateur, on fait participer des experts du monde entier, avec des learning expeditions organisées, que ce soit par exemple, là c'était en Afrique du Sud et à Paris, pour rencontrer un univers de... La Fashion Week, l'idée, c'est vraiment aussi d'accompagner des entrepreneurs, des talents dans des écosystèmes, leur faire découvrir vraiment l'entièreté. On parle de Fashion Week, ce n'est pas seulement des défilés, mais c'est vraiment qui sont les sales des galeries Lafayette, les salons professionnels Tranoï ou autres. À Paris, on peut vendre ce qu'on propose, mais aussi toute la partie plus off. qui se passe plus en soirée, comment je développe mon réseau à cet endroit-là. Moi, j'adore aussi accompagner les programmes et les entrepreneurs sur ces sujets-là. Donc voilà comment les offres sont définies sur le site.
- Ramata
Très bien, c'est très clair. Et toi, aujourd'hui, dans la manière dont tu travailles, est-ce que, donc toi, ce qu'on comprend là, c'est que tu vas accompagner différentes initiatives, des tiers-lieux, des résidences culturelles et des artistes. Est-ce que toi, à terme, tu aurais une envie d'avoir bah de créer ton propre tiers-lieu ? Est-ce que ça, ça fait partie des choses auxquelles tu réfléchis, d'identifier un certain nombre d'artistes avec lesquels tu vas collaborer et tu aurais envie de collaborer sur le long terme ? Et pourquoi pas d'aller jusqu'à la création d'une résidence, d'un tiers-lieu spécifique ?
- Bethsabée
Complètement. Et c'était même mon idée principale il y a quelques années, développer mon lieu, vraiment avoir mon espace, être à l'initiative du projet de A à Z. qui... Finalement, le projet a évolué parce qu'à force d'avoir travaillé pour des lieux sur place pendant dix ans, j'ai envie d'être plus mobile aujourd'hui. Donc, je me vois plus aujourd'hui développer une initiative type collectif festival. D'ailleurs, teaser que je suis en train de créer entre le Maroc et la France, avec d'autres pays africains et lusophones. Et j'ai envie de partir de cette base pour d'abord créer cette communauté. qu'on soit plusieurs à la développer et peut-être à terme, oui, avoir un lieu pour cristalliser cette communauté-là. Mais c'est vrai que c'est quand même d'avoir un lieu, c'est énormément de travail d'être sur place, donc on est beaucoup moins mobile si on est curieux de travailler avec plein de personnes dans le monde entier. Donc c'est un projet que je garde pour plus tard. Mais là, aujourd'hui, je me concentre vraiment sur la création d'un collectif et de rassembler, là, pour le coup, des personnes qui ont le même métier que moi, assez hybrides au final. dans plusieurs pays. Pour l'instant, on se dit Maroc, France, pays lusophones, et ça va certainement grossir.
- Ramata
Très bien, super intéressant, cette approche. Il y a l'idée que tu peux te faire d'un projet, et puis il y a l'analyse du terrain qui fait que tu vas faire évoluer ton projet, ton initiative par rapport à ce qui se passe. Ce qui est aussi intéressant, c'est cette volonté que tu as de fédérer, d'arriver à créer des connexions entre des personnes qui ont euh le même métier que toi. Aujourd'hui, quand on parle de culture, d'art, on peut se dire, est-ce que vraiment il y a une possibilité d'avoir un revenu récurrent, d'avoir un salaire, mais en tout cas, d'avoir des revenus récurrents. On a souvent l'image de l'artiste qui est reconnu bien après sa mort. Et effectivement, ses pièces, elles valent des sommes incroyables, mais c'est bien après sa mort. Et on se dit que le parcours de l'artiste, ça peut être un parcours difficile, à part pour quelques élus qui sont reconnus de leur vivant et qui ont des carrières qui sont impressionnantes. Toi, par rapport à ça, dans les conseils que tu donnes aux artistes, est-ce que tu les aides justement à définir un business model qui puisse sécuriser un revenu ? Parce que ce n'est pas le tout d'avoir des expositions et de présenter son œuvre. Il y a aussi le côté, voilà comment je fais pour stabiliser mon activité. en termes de revenus.
- Bethsabée
Oui, il y a plein de sujets. En plus, dans les artistes que j'accompagne, il y a aussi bien des talents émergents que des personnes dans le rap qui sont dans un pays, par exemple au Maghreb, très reconnus là-bas, mais qui veulent avoir une première date en France. Donc, comment structurer tout ça ? Ça, ça dépend vraiment de chaque artiste. Pour les talents émergents, en général, ils ont une activité à côté. de ce qu'ils font comme art et ils rêvent de vivre que de ce qu'ils font comme art donc quand je dis art c'est vraiment ça peut être aussi des danseurs, ça peut être des sculpteurs des peintres etc des photographes donc ça peut vraiment être en fonction des artistes donc il y en a certains par exemple qui pourraient développer des ateliers et transmettre ce qu'ils font il y en a qui ne sont pas forcément ouverts pour le faire ça peut être ok et Moi, j'ai qu'un seul objectif, c'est d'exposer. Il me faut de temps. Est-ce que déjà, dans ton réseau, tu pourrais avoir des privés intéressés, même des entreprises qui accueilleraient ton art au début ? Il y a vraiment énormément de possibilités. Et moi, la première chose que je fais avec tous les artistes confondus, c'est, OK, quel est ton objectif principal ? D'accord. Définition, ensuite, les étapes pour y accéder. Donc, le business model. Le business model, la stratégie, l'objectif. Et pour ça, j'explore d'abord tout ce qu'ils ont comme réseau, comme possibilité, après tout le travail déjà qu'ils ont effectué, mais aussi plus personnellement. Parfois, il y a des connexions qu'on ne pourrait pas forcément imaginer de notre réseau qui pourraient être utiles dans notre travail et complémentaires aussi avec la personne en face de nous. Donc, c'est vraiment tout ça que j'explore, faire vraiment un audit complet, on va dire, de la personne et de son propre écosystème, et ensuite de définir étape. par étape comment on atteint notre objectif. Que ce soit pour avoir une date en Europe ou en Afrique, ou pour faire sa toute première exposition, ou pour avoir 10 000 abonnés sur Instagram. Vraiment réfléchir sur le chemin à parcourir.
- Ramata
Très bien, super intéressant. Donc en fait, c'est vraiment une approche sur mesure qui dépend de chacun des profils avec lesquels tu vas travailler. Tu parlais de collectif, de collaboration. Est-ce que, à terme, tu envisages une plateforme qui, peut-être à travers un site Internet ou tes réseaux sociaux, qui permettrait de découvrir les différents artistes avec lesquels tu travailles, de découvrir les différentes initiatives que tu mets en avant et éventuellement aussi découvrir les autres producteurs culturels avec lesquels tu travailles. Est-ce que tu penses qu'à un moment donné, il va y avoir, si ce n'est pas un lieu physique, peut-être une plateforme virtuelle sur laquelle on va retrouver toutes les connexions que tu peux faire, de trouver un endroit où on peut y accéder et faire des découvertes, qu'il s'agisse de lieux, qu'il s'agisse d'événements. Aujourd'hui, tu le fais sur Instagram, mais si on a envie de ranger les choses, c'est vrai qu'Instagram, on va le suivre de manière un peu au fil de l'eau quand tu crées un nouveau contenu. Et quand on veut vraiment se dire tiens, je... Je vais chercher un danseur et j'ai envie de voir ce que Betsabe peut avoir dans son réseau. Est-ce que toi, ça, c'est des choses auxquelles tu penses de rendre accessibles facilement les profils et les initiatives sur lesquelles tu travailles ?
- Bethsabée
Oui, complètement. Et ça évolue avec le temps. J'ai envie de dire que c'est naturellement ce que je devrais faire. Je réfléchis complètement à ça. Et c'est pour ça que Instagram est en effet une... porte d'entrée pour cette structuration-là, en commençant à faire des interviews des personnes avec qui je travaille ou avec qui j'ai travaillé ou que j'ai envie de mettre en avant. Et plus tard, je réfléchis aussi à voir quelle forme ça peut prendre, une agence ou une plateforme de mise en relation ou quoi, où on peut répertorier par activité. Mais il faut se dire que c'est quand même un gros travail aussi de... de mise à jour en fonction des évolutions de chacun. Chaque année, on a tous des nouveaux projets où parfois les gens changent carrément de métier. Donc, c'est quand même un grand travail de veille. Mais je pense que si mon activité évolue, en effet, j'ai vraiment cette idée de plateforme en tête et que je ne travaillerai pas seule. Je prendrai d'autres personnes avec moi. J'en ai déjà discuté, par exemple, avec quelqu'un qui travaille dans la mode entre des marques et avec des artisans et qu'on soit peut-être chacun spécialisé dans un secteur et qu'on n'englobe pas. tout sous l'image de la plateforme. Donc, c'est aussi pour ça que j'ai envie de développer ce collectif à côté parce qu'au final, par exemple, ma future associée, elle, elle est manager d'artiste dans la musique entre plusieurs pays, donc le Brésil, la France et le Maroc. Et elle... Elle a un vivier d'artiste énorme dans la musique qui serait hyper complémentaire avec le mien qui est plutôt dédié à l'entrepreneuriat culturel assez large. J'imagine créer ça, mais peut-être avec des personnes qui représentent ces réseaux. Et ensuite, on peut toujours l'alimenter avec les événements qu'on fait, les réussites, les succès qu'on a eus par l'événementiel ou l'évolution de l'accompagnement des artistes. Donc oui, j'y pense très fortement en effet.
- Ramata
Donc, c'est à faire, à le suivre, comme on dit. Toi, aujourd'hui, ton activité, en fait, tu l'as lancée en 2026. On arrive à la fin du premier semestre 2026, au moment où on enregistre cette interview. Quels sont les principaux événements que tu nous recommandes sur le continent africain ou en France, mais qui vont parler d'Afrique ? Puisque moi, comme tu le sais, le podcast Africa Fashion Tour, il est vraiment dédié. à la mode et aux industries culturelles et créatives africaines. Donc, toi, est-ce qu'il y a des dates ou des événements ou des artistes à suivre que tu nous recommandes ?
- Bethsabée
Bien sûr. Donc, oui, évidemment, la Biennale de Dakar qui va avoir lieu en novembre, où il y a tout l'écosystème qui vient à Dakar et qui est très lié aussi à la mode, au-delà de l'art contemporain, la mode est complètement liée aussi à l'événement. Mais surtout, un événement très intéressant, je pense, c'est la première biennale panafricaine d'architecture qui est organisée par un curateur qui s'appelle Omar Degan. Lui, il vient de Somalie et d'Italie. Et pendant cette biennale, elle se passe à Nairobi début septembre. Et l'idée, c'est de rassembler des architectes, principalement du continent africain, et d'autres archives d'Occident ou autres. pour échanger sur les manières de créer l'architecture en Afrique. Et c'est vraiment une curation triée sur le volet, mais très intéressante. J'ai rencontré des personnes qui vont aussi participer parce qu'on découvre vraiment des matériaux passionnants, naturels, qui peuvent être complémentaires au secteur de la mode. En sachant que dans le secteur de la mode, Surtout, différents modes africains, ça dépend des pays, mais il y a énormément de tissus, de savoir-faire, de tissus avec des matières naturelles qui sont promus. Et je trouve qu'au niveau de l'architecture, c'est la même chose avec des techniques vraiment ancestrales qui sont aussi réinterprétées dans les pays européens et qui, aujourd'hui, vont être vraiment mis en avant pour cette première biennale d'architecture dans un pays africain. Donc moi, ce serait vraiment l'événement que je recommanderais. Après, à l'année, moi, je suis beaucoup les Fashion Week, mais pas seulement celles de Paris ou derrière. Il y a, par exemple, la Tangier Fashion Week qui vient de se passer, où on peut voir les broderies qui existent au Maroc sur les défilés. Après, toutes les Fashion Week qui sont sur tout le continent que je recommanderais. Et après, côté musique, il y a un festival que j'aime beaucoup qui s'appelle Nyege Nyege. une très grosse programmation. Eux, ils sont à la fois présents en Ouganda, ils font aussi des dates en Belgique, en France, et côté musique, c'est aussi une très belle sélection, et des personnes qui travaillent aussi dans la culture qui se retrouvent là-bas. Donc voilà, voilà mes recours.
- Ramata
Très bien, super intéressant. Je mettrai en note de l'épisode les liens vers ces différents événements pour qu'on puisse les noter dans vos calendriers et prendre date. Toi, aujourd'hui, tu parles de collectif, tu parles plutôt de travailler avec des pairs, donc des sociologues en fait. Est-ce que tu as créé une équipe ? Est-ce que tu as assistants, assistantes, ou des différents profils avec lesquels tu travailles dans les missions sur lesquelles on peut te confier ? Ou est-ce qu'aujourd'hui, tu travailles plutôt seul ?
- Bethsabée
Pour le moment, comme j'ai développé l'activité il y a quelques mois, c'est seul, mais par exemple en binôme sur un salon que j'organise. Par exemple, je vais organiser le salon des diasporas avec Expertise France et je travaille avec un binôme sur ce projet-là. Après, quand je parle de collectif, par exemple celui qu'on développe entre Casablanca au Maroc et la France, là pareil, on va être deux, mais l'idée c'est après de pouvoir grossir et avoir d'autres personnes. qui pourront, oui, être chargés ou assistants ou quoi. Mais moi, l'objectif, c'est de structurer l'activité, donc de ne plus seulement être indépendante, mais soit à la fois avoir une association ou une agence. J'ai encore en train de réfléchir à la manière dont je veux le structurer. Mais d'abord, en tout cas, au début, oui, une personne qui est avec moi et qui souhaite évoluer sur les différents sujets, que ce soit événementiel, média, coopération internationale. Donc pour le moment, je travaille en binôme avec des personnes ou bien je viens en tant que conseil pour des structures.
- Ramata
On sent qu'en tout cas, tu as les idées claires sur quelles sont les missions sur lesquelles tu as envie de travailler et comment, de manière progressive, tu vas faire grandir ton activité. Est-ce qu'il y a des choses qu'on n'a pas évoquées, dont tu voudrais parler ? Est-ce qu'il y a des sujets sur lesquels tu avais envie d'intervenir ou de partager là, que je n'aurais peut-être pas posé de questions ?
- Bethsabée
Je pense qu'on a fait vraiment le tour de l'activité. Mais si j'ai des conseils pour les artistes, comme on l'évoquait, c'est de toujours être à l'écoute aussi des besoins des structures pour comprendre comment leur activité pourrait être complémentaire. Après oui, ce que j'ai envie de dire, c'est que ces métiers-là sont vraiment des métiers de passion. Ça veut dire qu'on dédie énormément de temps aussi à ces activités qui font partie même de notre quotidien personnel. Donc, quand j'organise, je pense que d'ailleurs, on se retrouve toutes les deux aussi là-dessus, quand j'organise des déplacements, des rencontres, etc., parfois, ce n'est pas forcément que professionnel. C'est aussi des personnes qui sont intéressées par les mêmes sujets et qui nous orientent aussi vers d'autres possibilités. Donc, tu vois que ce soit par exemple la biennale de Nairobi. je fais un rebond avec une architecte que j'ai rencontrée au Sénégal. Il faut se dire que chaque personne qu'on rencontre, c'est une ouverture vers d'autres personnes incroyables. J'avais envie de terminer là-dessus sur restons curieux et à l'écoute.
- Ramata
Très bien, écoute, ce sera le mot de la fin. Effectivement, je te fais aligner avec toi, rester curieux, à l'écoute et être dans une démarche de... De partage, en fait. C'est vrai que chaque fois que j'identifie des profils, des initiatives que je trouve intéressantes, je vais facilement en parler autour de moi. Je vais facilement essayer de faire des connexions, mettre les gens en relation. Et je me rends compte qu'il y a un vrai sujet là-dessus parce que l'information, elle est certes disponible, mais pas si facilement accessible que ça. Il faut toujours un peu faire son travail d'archéologue pour pouvoir trouver les infos. Et donc, moi, l'idée de la plateforme... Pour ma fête Jeune Tour, c'est essayer d'être un site et des réseaux sociaux sur lesquels on peut aller facilement et on peut aller identifier qui sont les profils pertinents, intéressants ou quelles sont les découvertes à faire en termes de créativité, de savoir-faire et aussi d'expertise. Je suis ravie d'avoir pu faire cette interview avec toi aujourd'hui et je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs. Yes, merci beaucoup Amata. A très vite,
- Bethsabée
avec grand plaisir.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.