- Linda
Je recherche donc mes matières premières, mes étoffes, tout autour du Gabon. J'ai des correspondants en Côte d'Ivoire, j'en ai au Bénin, j'en ai au Togo, j'espère bientôt en avoir au Sénégal pour tout ce qui est le Ghana également, pour tout ce qui est fourniture en fait de matières premières africaines, je m'entends. Aujourd'hui, on entend trop de discours sur le pagne. Moi, je suis une révoltée contre ça parce que le pagne n'a rien d'africain, j'insiste. Le panier, on l'a, on l'a On l'a adopté, on l'a intégré dans notre culture, mais il ne vient pas d'Afrique.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews... Je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Amatalia Lowe, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- Linda
Aujourd'hui,
- Ramata
je suis en compagnie de Linda Alves Nunez Remishi. C'est la fondatrice de la marque L'Atelier Iseba Elita. Elle est basée au Gabon, à Libreville. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque. Bienvenue Linda, comment vas-tu ?
- Linda
Merci, merci. Bonjour à tous. Je vais très très bien. Et voilà, donc je m'appelle Linda. Je suis donc la fondatrice de l'atelier Issei Bailita, qui est une marque de vêtements où nous avons deux casquettes, une partie prête à porter sur mesure et haute couture. Donc voilà un petit peu mon histoire pour commencer.
- Ramata
Très bien, je te remercie pour cette petite introduction. On a démarré directement dans le vif du sujet. Moi, je t'ai rencontrée dans le cadre du pop-up Parlons Mode qui a été organisé par Dorine. au début du mois de juillet 2026. Moi, j'ai apprécié ce que tu faisais. Du coup, c'est la raison pour laquelle je t'ai proposé cette interview pour le podcast Africa Fashion Tour. Là maintenant, ce que je vais te demander, c'est de te présenter avec un peu plus de détails, c'est-à-dire ta carrière avant la mode. Est-ce que tu as toujours été dans la mode ou est-ce que tu as été dans un secteur totalement différent avant ? Et puis peut-être que tu peux nous parler aussi de tes études, de ton parcours scolaire.
- Linda
Alors, effectivement, ça fait très peu de temps que je suis dans le monde et le milieu de la mode. On est sur notre cinquième année. Et bien avant cela, on va dire que j'ai eu plusieurs vies dans une vie. Et je suis passée par plusieurs différents travaux de travail au cours de mon parcours. J'ai commencé dans l'aérien, j'ai continué un petit peu dans les assurances, j'ai fait aussi beaucoup de commercial. J'ai eu à faire aussi... de la décoration d'intérieur, pour qu'après le Covid, en fait, ce qui était en moi profondément ancré dans mes gènes, a trouvé un moyen de... En fait, c'était le moment d'exister. Et c'est comme ça que l'atelier est né.
- Ramata
Très bien. Donc, effectivement, ce qu'on comprend, c'est que tu as évolué dans les secteurs, tu parles du côté aérien, tu parles de l'assurance, qui était totalement différent et éloigné de la mode. Et est-ce qu'à travers ces différentes expériences, Tu étais déjà en Afrique, parce qu'aujourd'hui, comme je l'ai dit en introduction, tu es basée à Libreville. Mais est-ce que ces différentes expériences étaient déjà sur le continent ou est-ce que tu as eu aussi, de la même façon qu'en termes de carrière, ce que tu évoques, c'est que tu as eu plusieurs vies dans une vie. Est-ce que d'un point de vue des endroits où tu as vécu, tu as aussi voyagé ?
- Linda
Alors, je suis née à Libreville, plus précisément dans un quartier qui s'appelle le Carrefour Léomba, à la maison, parce qu'à l'époque, ça se passait ainsi. Et je suis la dernière d'une fratrie de trois. Ensuite, toute ma scolarité s'est faite au Gabon. Par la suite, je suis effectivement partie vers l'étranger pour faire différentes choses. Parce qu'en fait, je suis une métisse, je suis ce qu'on appelle une octavone, donc un huitième. Et ayant des racines espagnoles très ancrées et profondes du côté de ma mère, j'ai eu à passer quelques années de ma vie en Espagne. Voilà. Plus précisément en Andalousie, à Malaga.
- Ramata
Donc, toi, tu as toujours, on va dire, voyagé entre l'Espagne et le Gabon.
- Linda
Effectivement, quasiment, oui. Donc j'ai une forte influence, je dirais, hispanique, même arabo, parce que si on réfléchit bien, ils sont arrivés aux portes de Poitiers. Donc on est vraiment multiculturel en Espagne. On ne peut pas dire qu'un Espagnol soit 100% espagnol, en fait.
- Ramata
On est tout à fait d'accord. On a des influences, effectivement, dans toute la zone méditerranéenne, où effectivement le Maroc est, comme on dit, est monté jusqu'en France. Ce qu'on apprend tous à l'école, en tout cas en France, c'est Charles Martel a arrêté l'invasion des Arabes. Je ne sais plus la date, d'ailleurs, ça ne me revient plus. Je crois que c'était 732, 737, mais en tout cas, c'est un truc qu'on a appris. Donc effectivement, l'influence arabe, elle existe dans certains pays européens. Donc si on en revient maintenant, toi tu dis, tu évoques dans l'introduction que ce qui était en toi, à un moment donné, ça s'est exprimé. Donc ce que je comprends, c'est que tu as toujours eu un intérêt, une passion pour la mode. jusqu'à en faire ton activité principale. Est-ce que tu peux expliquer cette passion-là, avant que tu travailles dans la mode, comment ça se traduisait ? Est-ce que c'était parce que tu allais chez un couturier, un tailleur, faire faire tes propres tenues ? Ou est-ce que c'est parce que tu avais beaucoup dans ton réseau de designers ? Comment est-ce que ton lien avec la mode s'est forgé, avant que toi, tu crées ta marque ?
- Linda
Alors, ce lien s'est forgé bien avant ma naissance. Je m'explique. En 1965, ma mère fut une personne très forte et elle a ouvert la première mercerie à Libreville en 1965. Donc cinq ans avant mon arrivée sur Terre. Et dès ma naissance, j'ai été entourée de tout ce qui fait une mercerie et de la couture, parce que maman faisait déjà de la couture. Et donc à travers les machines à coudre, cet environnement... J'ai une anecdote d'ailleurs, je devais avoir cinq ou six ans. Et elle m'avait offert, vous savez, les petites machines à poudre d'enfants, mais électriques, qui fonctionnent, qui font de la couture. Et comme je n'avais pas le tissu qui allait avec, je me suis contentée de découper les rideaux du salon pour faire une jolie robe à ma jolie Barbie. Et ça m'a coûté, comme on dit, une belle roustre. Mais bon, ce sont des souvenirs, vous voyez, qui remontent à loin. Ensuite, j'ai toujours, toujours été sensible à la mode. J'ai toujours aimé, comme on dit en Afrique, la sape. Et pour moi, je trouve que ça, c'est... L'habit ne fait pas le moine, mais il y contribue. Donc, quand on est sensible à ce genre de choses, à l'environnement, en fait, que l'on va créer autour déjà, par exemple, en tant qu'architecte d'intérieur, tout ce qu'on peut faire pour améliorer la vie au quotidien des individus chez qui on travaille, eh bien, c'est encore mieux lorsqu'on crée des vêtements. Parce que là, on rentre vraiment... Dans l'intimité, le vêtement est sûr en contact avec la peau. Donc, il n'y a pas que l'aspect esthétique. Il y a aussi ce qui rentre en compte, c'est le toucher, le porter. Enfin, tout ce qui fait qu'un vêtement vit, en fait.
- Ramata
Très bien. Et est-ce que aussi à travers... Donc, c'est intéressant de voir, là, tu nous recloses dans tes souvenirs d'enfants et dans ton premier lien avec la mode. Et est-ce que toi, à travers tes tenues vestimentaires, à travers ton style... Tu sentais déjà que tu avais envie peut-être de te différencier, tu avais envie d'affirmer quelque chose et tu avais déjà un intérêt pour les savoir-faire africains et notamment savoir-faire du Gabon.
- Linda
J'en ai toujours eu. En fait, déjà, il y a dès la naissance jusqu'à, je dirais, l'arrivée au lycée où j'étais vraiment baignée dans cet environnement. Et puis, je la flatte toujours, mais c'est un modèle. Une femme élégante devant moi qui me montrait. à quel point le vêtement pouvait être important sur le porté d'une femme, sur la présence qu'elle dégage. Moi, à travers ce que je fais, bon, déjà je vais essayer de décomposer le nom de ma marque. Au Gabon, nous avons plusieurs ethnies, mais à travers toutes ces ethnies qui ne font qu'un, donc le pays, j'ai cherché un mot qui symbolisait plusieurs choses, des éléments qui sont importants pour moi dans la vie d'une femme. Et Issei, malgré que ça nous rappelle aussi Issei Miyake, vient d'un dialecte gabonais qui est le Nzebi, et qui veut dire élégance, beauté et harmonie. Lita, en fait, c'était le petit nom de ma mère parce qu'elle s'appelait Ángela et qu'en espagnol, on dit souvent Ángelita. On rajoute ce petit suffixe pour embellir ou rendre les choses encore plus mignonnes. Ita ou Ito. Donc, voilà un petit peu l'histoire du nom. Parce que ce que je cherche à véhiculer à travers ce que je crée, c'est qu'une femme, aujourd'hui, quand j'observe dans la rue, et ça c'est des De plus en plus jeune, on expose son corps. Notre corps est un temple, est quelque chose de sacré. Donc l'exposer comme ça, ça n'a pas de sens. Alors qu'on peut être très bien sensuel, sexy, en ayant des vêtements un peu plus couverts, mais en ayant des petites touches, des petites coupes, des petites fentes à droite à gauche qui vont faire en sorte que suivant la tenue La prestance de cette femme, elle sera encore plus sensuelle qu'une femme qui est à moitié nue.
- Ramata
Je comprends tout à fait ton point. C'est vrai qu'on est inondé de certaines images et de certaines injonctions sur le fait de découvrir sa peau, d'être très visible. Et on va avoir d'un côté tout un discours qui va être « je fais ce que je veux de mon corps et je fais ce que je veux » . Et donc dans le « je fais ce que je veux » , il y a un côté « présenter ma peau » ou « en présenter beaucoup » , ça fait partie de la liberté. Et de l'autre, il va y avoir, on va dire si on prend, je ne vais pas dire des extrêmes, mais en tout cas de l'autre bout, il va y avoir tout ce qui touche à la modest fashion où on va plutôt revendiquer quelque chose de beaucoup plus sobre, de beaucoup plus et de moins visible en termes de peau. Et autour de tout ça, ce dont on se rend compte, c'est aussi une manière de regarder le corps de la femme et de sortir de toutes ces injonctions qui peuvent venir à... D'un côté ou de l'autre, ça reste des injonctions, c'est comme ça qu'il faut se détirer, se couvrir entièrement ou être totalement libre en étant plutôt très dénudé. Ce que tu revendiques là, c'est d'apporter une certaine identité, un certain style en sortant de ces injonctions-là. Si on en vient à la marque, tu nous as expliqué le nom. En termes de savoir-faire, en termes de technique, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton processus créatif ?
- Linda
Alors, moi, je dis souvent à ceux qui veulent bien me poser ce genre de questions, que c'est le tissu qui me parle et ce n'est pas moi qui parle au tissu. En fait, mon process créatif, il est simple. Je recherche donc mes matières premières, mes étoffes, tout autour du Gabon. J'ai des correspondants en Côte d'Ivoire, j'en ai au Bénin, j'en ai au Togo. J'espère bientôt en avoir au Sénégal pour tout ce qui est le Ghana également, pour tout ce qui est fourniture en fait de matières premières. africaine, je m'entends. Aujourd'hui, on entend trop de discours sur le pagne. Moi, je suis une révoltée contre ça, parce que le pagne n'a rien d'africain, j'insiste. Le pagne, on l'a adopté, on l'a intégré dans notre culture, mais il ne vient pas d'Afrique. Si on parle d'étoffes qui viennent d'Afrique et qui sont des étoffes, je dirais, qui étaient ancestrales, qu'on utilisait avant, Certains pays avaient déjà le coton, ça avait le tissé, notamment en Afrique de l'Ouest. Nous, en Afrique centrale, ce n'était pas du tout le cas. Nous avions le raffia qui était travaillé par les pygmées. Nous avions les écorces de bois qui étaient trempées dans de l'eau, martelées avec certains genres de marteaux de différentes tailles, de maillets en fait, reséchées à nouveau, retrempées dans l'eau. ce qui le rendait aussi fin que du cuir et aussi souple que du cuir. Et pour la plupart des autres, c'était des végétaux. Donc en fait, ayant fait toutes ces recherches, je me suis dit, voilà Linda, des designers, il y en a des centaines de millions sur Terre, quel est déjà ce que tu veux montrer à travers ton travail ? Donc ça, c'est ce que j'ai dit dans la première partie en expliquant le nom que j'ai donné à ma marque. Ensuite, Il y a ce retour aux sources parce que les matériaux que l'on a ici qui sont faits main comme le kente, le faso, le kokodunda et bien d'autres encore qui viennent de toute l'Afrique sont des matériaux nobles qui vont durer et résister dans le temps. Un petit peu comme les dentelles anglaises qu'on retrouvait en Europe et qui encore aujourd'hui dans des brocantes ou des choses un peu spécifiques on va retrouver des tissus, ils ont peut-être 50, 60, 80 ans. Ce sont des vêtements que l'on se passe de mère en fille. Donc c'est vraiment ça mon inspiration. Mais comme je suis aussi une métisse, je mélange. Je mélange l'Occident à l'Afrique, à l'Asie. Et c'est ce qui fait en fait ma richesse. Donc, toutes ces techniques, comme vous dites, le tisser main, la teinture aussi, ce que je me suis amusée à teinter du raffia et à le travailler un petit peu, comme on travaille le coco d'Unda en Afrique de l'Ouest. Donc, tout ça, c'est un petit peu ce qui m'inspire et qui me pousse encore à aller tester d'autres choses.
- Ramata
Très bien. Dans ce que tu évoques, c'est que tu as fait un travail de recherche et tu parles de différentes techniques. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu as procédé ? Est-ce que tu t'es allée rencontrer des artisans qui travaillent dans des ateliers ? Est-ce que tu es restée au Gabon ou est-ce que tu as finalement un peu voyagé pour aller découvrir ces différentes techniques ? Est-ce que tu as aussi cherché à les apprendre ? Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce travail de recherche ?
- Linda
Alors déjà, ce travail de recherche a été à travers les livres, le peu de livres en tout cas sur notre histoire. où j'ai pu piocher certains petits passages, mais pas grand-chose. Nous, on a une transmission orale en Afrique. Donc, avant qu'elle soit vraiment transcrite, comme le font les Européens, je pense qu'il va falloir un peu de temps. Ce n'est pas encore vraiment... Tout se passe par voie orale. Donc, j'ai un petit artisan, un jeune qui a 20 ans, qui vit dans un village à l'intérieur. Et chaque fois qu'il est en vacances scolaires, il vient avec son métier à tisser et il tisse le raffia directement chez moi. Et là, j'essaie de lui faire apprendre d'autres techniques. Je vous donne un exemple. Les métiers à tisser qu'ils utilisent ici depuis des générations, ce sont des métiers qui nous donnent des coupons de tissu qui font 30 à 40 cm, longueur, largeur. Donc vous imaginez, quand vous faites une pièce, le nombre de petits coupons qu'il va falloir raccorder. Et les raccords sur une pièce, ce n'est vraiment pas très esthétique, à moins d'en jouer et de faire en fait... Comment dirais-je ? De détourner le défaut en avantage, en créant quelque chose autour de ça. Mais ce n'est pas purement... Moi, en tout cas, je trouve que pour un styliste, c'est quand même plus agréable d'avoir de grandes largeurs pour couper sa pièce et n'avoir qu'un morceau de tissu à rassembler. C'est beaucoup plus esthétique et mieux fini. Donc là, ce que j'essaye d'apprendre à ce jeune homme, c'est de sortir un petit peu de sa zone de confort. de créer, et c'est ce qu'on a fait, un métier à tisser qui fasse un mètre de largeur. Et là, la longueur, tant qu'on a du raffiant, on tisse, à mélanger aussi des couleurs avec des teintures que l'on fait naturelles. Lorsque je suis partie au Ghana, j'ai appris la technique du wax, de la teinture avec le wax. Donc en fait, dès que je peux apprendre quelque chose, parce que je suis quelqu'un d'hyper manuel, on dit souvent du côté de mon père qui est portugais, Soit on est intellectuel, soit on est manuel. Donc moi, je pense être quelqu'un de très manuel. Voilà un petit peu ce qui me pousse à tester tout ça. Et dès que je peux apprendre une nouvelle technique dans un autre pays, je le fais. Je prends le temps de le faire. Je pense que c'est la curiosité, en fait, qui me pousse à refaire toutes ces recherches, à comprendre, en fait.
- Ramata
Et je suppose que ces recherches que tu fais, une fois que tu as intégré et compris les différents savoir-faire, tu les intègres dans la création de tes collections.
- Linda
Exactement. Je ne sais pas si vous avez vu, je crois que c'est le dimanche, j'avais mis une pièce couleur mauve avec un tissu qui vient du Burkina, qui s'appelle le Coco Dunda, et du raffia violet. Et en fait, tout ce raffia-là, je l'ai teinté moi-même. Donc voilà, c'est ma façon à moi d'évoluer avec les tissus et surtout les fibres végétales. Parce que moi, je m'inspire beaucoup, beaucoup de la nature. Tout est là, en fait.
- Ramata
Très bien. Et en termes de processus créatif, je reviens un petit peu à cette question-là. Combien de collections est-ce que tu fais par an ? Est-ce que chaque fois que tu acquiers un nouveau savoir-faire, tu dis, écoute là, par exemple, j'ai appris une technique au Burkina, donc ça fera l'objet de ma prochaine collection. Est-ce que tu travailles comme ça et est-ce que chaque collection est quelque part un peu un prétexte pour aller explorer un nouveau savoir-faire ?
- Linda
Question très compliquée à répondre. Non, en fait, comme j'ai expliqué au préalable, je vais par exemple, admettons, je suis au Ghana. Donc, je vais au marché et là, je commence à regarder un petit peu tous les tissus. Et en fait, je m'arrête sur certaines pièces. Comme je vous ai dit, ce sont les tissus qui me parlent. Je ne sais pas encore ce que je vais faire avec, je vous le dis, mais je sais que je vais faire quelque chose avec. Ma base d'inspiration, et c'est pour ça que... En fait, c'est devenu instinctivement, et ce sont les autres qui me l'ont fait, enfin, qui m'ont permis de m'en rendre compte. Je travaille toujours avec les quatre éléments de la Terre. Donc, je les cite, la Terre, l'air, l'eau et le feu, qui font partie donc de cette mer nature, de cette Gaïa dans laquelle nous vivons tous, et encore plus au Gabon, on est entouré de nature. Chaque fois que j'ai eu à faire un défilé, ou même une petite collection de 15-20 pièces pour ma partie prête à porter, j'ai toujours travaillé à travers ces quatre thèmes qui me ramènent à certaines couleurs et qui me ramènent à une certaine expression. Donc, j'ai le tissu, je le regarde, je m'assois, je prends mon crayon, je prends mon papier et je commence à dessiner. En fait, c'est comme si on me soufflait quelque part à l'oreille ce que je dois faire. bon On peut y croire comme on peut ne pas y croire. Moi, je suis ancrée dans mes traditions et je sais que les morts ne sont pas morts, ils sont juste de l'autre côté. Donc, je pense que cette grâce que j'ai reçue me vient en fait d'un héritage générationnel. Parce qu'honnêtement, je n'ai pas vraiment fait d'études là-dessus. Et toutes les techniques, en fait, c'est comme si je les avais déjà dans la tête. Et ça a commencé très jeune, c'est-à-dire que je voulais faire un pantalon. Je ne sais pas comment faire un pantalon. J'ai un pantalon, je le retourne. Et c'est en regardant l'envers du vêtement que je vois le patronage du vêtement. C'est ainsi que j'ai appris. C'est incroyable.
- Ramata
Effectivement, c'est très intéressant de voir comment ton intérêt pour le métier mode fait que tu vois aller dans un niveau de détail assez précis. Parce qu'il y a aujourd'hui des entrepreneurs dans le secteur de la mode qui vont avoir des marques mais qui ne savent pas. pas forcément coudre en fait et qui vont avoir des équipes et un atelier mais eux ils ne vont pas forcément avoir l'expertise technique, ils vont plutôt être dans le côté entrepreneuriat, ils vont avoir les compétences pour distribuer, pour communiquer pour promouvoir leur marque mais en tant que tel sur la partie technique, création du vêtement ils n'ont pas forcément acquis les compétences toi on comprend que c'est vraiment quelque chose d'important pour toi et que dans ton processus créatif il y a vraiment quelque chose de... qui a un côté un petit peu, comme tu le disais, instinctif lié à la matière, au savoir-faire et à laisser son imagination créative vagabonder jusqu'à faire une proposition. Aujourd'hui, d'après ce que tu m'avais expliqué quand on s'est rencontrés, il y a une partie couture dans ta collection avec des pièces sur mesure et il y a une partie prête à porter. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu as fait cette distinction-là ? Et aussi, finalement, chaque partie, ça correspond à quel client ? Parce que j'imagine que cette distinction-là, elle est aussi liée au consommateur.
- Linda
Alors, lorsqu'on parle de tendance, c'est vrai qu'on est quand même un petit peu obligé de la suivre parce que ce n'est pas tout le monde qui aime ton mood ou qui aime ta façon de voir les choses. Donc, il faut quand même… La personne à qui on doit plaire, c'est le client. C'est le client qui doit être satisfait. Mais nonobstant, nous, on doit quand même préserver l'identité et l'image que l'on souhaite véhiculer de notre marque. D'où ces vêtements assez modernes, mais toujours avec des matériaux qui viennent d'Afrique et mélangés avec des tissus qui viennent d'Europe. Voilà un petit peu ma façon de fonctionner. Le sur-mesure, en fait, Libreville est une petite ville. Elle est étendue, mais nous n'avons pas énormément d'habitants. Donc, si on veut être porté un petit peu tous les jours, il vaut mieux avoir quelque chose avec un prix, je dirais, d'appel, avec toujours de... entre guillemets, une certaine qualité, parce que dans mon atelier, j'ai trois couturiers. On est vraiment un petit atelier, et je tiens à rester ainsi, parce que c'est comme ça qu'on peut prendre soin et avoir des finitions impeccables. Lorsqu'on grandit, soit on a beaucoup de moyens, et là, effectivement, on peut avoir de très bons tailleurs, couturiers, dans un atelier, mais ce n'est pas très facile à gérer les hommes, en Afrique, en tout cas. La gestion de la personne est compliquée. Donc, je préfère travailler avec une petite équipe, avoir toujours un résultat qui me convient et l'exigence avec laquelle on travaille. Donc ça, lorsqu'il y a des mariages coutumiers, lorsqu'il y a des soirées, lorsqu'il y a un anniversaire, les gens viennent vers moi, je les reçois, on prend les mensurations. Et là, on propose soit les étoffes avec lesquelles on va leur faire leurs vêtements, soit ils viennent aussi avec des vêtements à retoucher. enfin bref on est assez ouvert dans notre façon de travailler. Maintenant, tout ce qui est sur mesure, je le rends dans la catégorie haute couture et défilé. Ce sont des produits que je peux présenter sur un podium, alors que le prêt-à-porter, c'est vraiment des vêtements de tous les jours. Et c'est un petit peu, en fait, quand vous avez vu sur Paris, sur Hopopop, il y avait peut-être trois pièces de défilé et surtout une présentation d'un prêt-à-porter que je veux en fait, comment dirais-je, facile à porter, ce qu'on appelle trois pièces en une, c'est-à-dire qu'à partir d'un vêtement, vous pouvez avoir un style complètement, je dirais, sportwear. Le même vêtement, le transformer et devenir un vêtement avec lequel vous pouvez aller travailler. Et le même vêtement, avec une veste accessoirisée d'un joli sac et de talons, devenir un vêtement, en fait, pour une soirée, pour un cocktail, des choses comme ça. parce que la femme en fait ça sert quelque part dans ma... façon de voir, ça ne sert à rien d'avoir des placards remplis comme nous toutes on fait. Malheureusement, on porte peut-être un tiers de ce placard. Donc, il vaut mieux prendre le temps de choisir ses pièces. Il vaut mieux avoir des vêtements que l'on peut associer à d'autres accessoires ou à d'autres vêtements que l'on a déjà et ainsi se créer une super garde-robe sans avoir pour autant des millions de vêtements dans le placard.
- Ramata
Très bien. Je comprends ce côté dans ce que tu décris qu'il y a certaines de tes pièces, en fait, qui sont à la maison. modulables en fait et qui permettent d'avoir différents styles ça c'est quelque chose qui a toujours fait partie de l'ADN de ta marque, t'as toujours cherché à proposer en fait des silhouettes qui ne nous limitent pas à un seul style exactement, très bien je comprends que ça fait complètement partie de l'ADN de la marque aujourd'hui tout ce que t'évoquais c'est que la marque existe depuis 5 ans, qu'elle est basée à Libreville tu viens de faire un pop-up Merci. parisien en termes de déploiement de la marque à l'international. Est-ce que tu as fait d'autres pop-up à travers l'Afrique ou dans le reste du monde ? Comment est-ce que tu trouves tes clients en dehors du Gabon ?
- Linda
C'est la première fois que nous participons à un pop-up sur Paris et même dans le monde entier. J'ai plutôt fait connaître ma marque à travers des défilés internationaux. Puisque j'ai fait le Ghana récemment, nous avons gagné un award comme designer international de l'année. Nous avons eu la chance de pouvoir représenter le Gabon à Osaka, au Japon, lors de l'exposition universelle. Et ce fut quelque chose de magique parce que pouvoir faire un défilé dans le pavillon de la femme, je dis bien le pavillon de la femme créé par Cartier, ça se fut quelque chose en fait. personne, on ne s'y attendait pas et on nous l'a proposé et franchement je suis très heureuse de l'avoir fait ensuite j'ai eu aussi l'opportunité de défiler sur Los Angeles et c'est ainsi qu'en fait la marque s'est fait connaître que ce soit des Etats-Unis jusqu'à Paris j'ai eu aussi énormément de chance d'habiller une chanteuse gabonaise qui s'appelle Titan Zebi et que je remercie encore à travers vous Aujourd'hui, sa nouvelle pochette de disques, d'albums, elle porte en fait une robe de l'atelier. Elle a fait sa carrière sur la France et sur l'Europe et elle est venue présenter en fait ses chansons au Centre culturel français il n'y a pas très longtemps, il y a quelques mois de cela. On a eu la chance d'être présentée, donc je l'ai habillée pour le concert qu'elle a fait au Centre culturel français et elle est partie avec la robe qu'elle a donc portée pour la nouvelle pochette de son disque. Maintenant, j'aimerais bien avoir demain, et c'est dans mes objectifs, des concept stores où je peux présenter ma marque, que ce soit en Afrique ou en Europe. Là, je suis vraiment ouverte à toute proposition parce que ce n'est que comme ça qu'on va vraiment s'étendre et se faire connaître partout.
- Ramata
Bien, écoute, l'appel est lancé en tout cas à l'audience du podcast. Effectivement, l'idée, c'est petit à petit d'identifier des concept stores qui peuvent être à Dakar, qui peuvent être à Abidjan et qui peuvent aussi être à Paris afin de faire découvrir la marque. Toi, aujourd'hui, en termes de collection, tu as présenté pas mal d'éléments lors du pop-up parisien. Tu es en train de travailler sur une prochaine collection. En général, ton rythme de collection, c'est deux, trois collections par an. c'est combien de conditions par an ?
- Linda
Pour la partie haute couture et défilé de mode, jusqu'à présent j'ai essayé de faire deux défilés internationaux par an. Là, le prochain, ce sera au FIMO à Paris, au mois de septembre, fin septembre. Donc là, on est en train de travailler sur cette collection. Et pour la partie prête à porter, j'essaye d'avoir des petites capsules, trois à quatre fois dans l'année. Je m'explique. En fait, je ne fais pas de séries. Je vais vous donner un exemple. J'ai une combinaison que je fais depuis cinq ans, qui est vraiment une signature de l'atelier, et que je reproduis à chaque fois. Et je ne reproduis jamais, je dis bien jamais au grand jamais, la même pièce dans le même tissu. Déjà, par rapport à Libreville, comme je vous ai dit, nous sommes une petite communauté, donc je ne pense pas qu'une femme soit très contente de porter quelque chose, d'arriver à un endroit, de se sentir belle et d'avoir la même tenue en face. Là, on s'assoit et on ne bouge plus de la soirée. Je sais comment ça se passe, ça nous est déjà arrivé. Donc, j'insiste bien que ce soit sur le prêt-à-porter. C'est ce que moi, je dirais un petit prêt-à-porter de luxe, parce que les pièces sont faites en série de cinq, dans des tissus différents à chaque fois.
- Ramata
Très bien, effectivement, l'exclusivité, le fait de se sentir unique et surtout de ne jamais arriver à un événement où il y a une personne qui porte la même tenue que soi, c'est vraiment quelque chose d'important. et qu'on soit... Toi, tu les vois en disant, voilà, le gabon, c'est petit. Mais aujourd'hui, en fait, avec les réseaux sociaux, tout le monde sait qui porte quoi, puisque les gens postent volontairement, volontiers, des photos de ce qu'ils portent. Donc, c'est vrai qu'on a envie d'avoir tout le temps de nouvelles tenues à présenter. Donc, le fait d'avoir des tenues modulables aussi, c'est plutôt une bonne chose. Et c'est vrai que cette manière que tu as de proposer des éditions limitées, Ça correspond tout à fait à ce consommateur qui a ce désir d'exclusivité et qui correspond complètement au consommateur africain. Toi, aujourd'hui, ta collection, c'est plutôt une collection féminine. Tu es du prêt-à-porter femme ou est-ce que tu fais aussi du prêt-à-porter homme ?
- Linda
Alors, quand on a commencé, on travaillait exclusivement pour les femmes. Et bon, pas malheureusement, je suis très contente. Ces messieurs m'ont demandé aussi de travailler pour eux parce que, comme d'habitude, c'est des laissés pour compte. Donc, on a commencé à faire des petits costumes, des chemises, des ensembles sportwear en short, en petites chemises faciles à porter l'été. Et je pense qu'on va ouvrir encore plus notre atelier aux messieurs parce qu'ils sont très, très preneurs.
- Ramata
Donc, OK, très bien. Donc, tu fais aujourd'hui du prêt-à-porter homme et du prêt-à-porter femme. Tu fais aussi du sur-mesure. Ce que tu évoques, c'est que tu peux également faire… des pièces de cérémonie pour des mariages. Est-ce que tu peux nous indiquer ton atelier, ton équipe, comment tu l'as constitué ? Alors tu évoquais tout à l'heure le fait que tu avais une petite équipe. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu le qui fait quoi ? Et aussi sur la partie atelier, conception, mais aussi sur la partie vente, communication. Est-ce que c'est toi qui fais toute cette partie-là ? ou est-ce que tu as une équipe ?
- Linda
Alors, je vais te raconter un petit peu comment a commencé l'atelier. J'ai une machine domestique, une singère depuis... En fait, j'ai toujours une machine à coudre. Et donc, j'ai commencé, puisque les enfants sont tous partis finir leurs études et vivre en Europe, dans une des chambres de mes enfants, dans la maison, à faire donc des petits vêtements et à participer à des ventes privées à droite à gauche. Par la suite, je me suis organisée, comme j'avais un peu de place autour de ma maison, j'ai bâti un petit atelier qui fait 25 mètres carrés, où il y a les trois personnes qui travaillent avec moi. Et ensuite, j'ai créé une petite pièce qui donne accès sur l'extérieur où je reçois les clientes pour tout ce qui est sur mesure, donc pour présenter les tissus, présenter les dessins que je leur propose par rapport à ce qu'ils me demandent. et aussi prendre tout ce qui est mesure. Donc cette partie-là est vraiment dédiée aux surmesures. Dans l'équipe, j'ai une brodeuse et j'ai deux couturiers. Comment ça se passe ? Je sélectionne les tissus, je leur parle, ils me parlent, je dessine. J'arrive à l'atelier, je dis voilà, je voudrais ci, ça, ça, ça, comme ça, comme ça. Je suis tout le process à partir du début, donc du patronage. de la coupe à l'assemblage, la sélection de tout ce qui est ornements, donc les galons, les boutons pour accessoiriser les vêtements que l'on crée, c'est aussi ma part. Je fais aussi pas mal de broderie parce que maintenant j'ai un problème avec mes lunettes et mes yeux, mais j'adore faire de la broderie. À l'école, j'étais chez les sœurs et elles nous ont appris tout ça. Donc vous voyez, c'est encore quelque chose qui m'a enrichie lorsque j'étais adolescente. Et donc voilà, voilà un petit peu. Tout ce qui est commercial, c'est moi qui le fais. Réception des clients, c'est moi qui le fais. Lorsque l'on se déplace pour des ventes privées, comme à Paris, c'est moi. Sur Libreville, j'ai quelqu'un qui m'assiste. Comme ça, à deux sur un stand, c'est quand même plus facile. Et j'ai une quatrième personne qui est ma community manager, qui gère mes réseaux parce qu'à mon âge, franchement, c'est compliqué tout ça. Mais bon, on s'y intéresse, on apprend tous les jours, un peu, un peu. Voilà.
- Ramata
Très bien, c'est top que tu nous racontes un petit peu comment tu as démarré et comment en fait, sur les sujets sur lesquels tu estimes que tu n'es pas en maîtrise, tu trouves des personnes qui vont t'accompagner, mais que tu restes quand même très impliquée et très présente dans le développement de cette marque. Toi, ton ambition pour les années futures, c'est quoi pour cette marque-là ? Sachant que ce que je vois, c'est que tu es très organisée sur le côté, tu fais des défilés à l'international et ça, tu as... Tu as toujours essayé d'en faire un ou deux par an. Tu cherches à être sur plusieurs points de vente, de trouver des partenaires concept store. C'est quoi, toi, ton ambition ? Est-ce qu'aujourd'hui... L'idée d'ouvrir une boutique, aujourd'hui j'imagine que tu as un atelier boutique à Libreville, est-ce que l'idée d'en ouvrir une à l'extérieur, ça fait partie de tes projets ? C'est quoi les projets que tu as en tête, en perspective pour la marque ?
- Linda
Alors moi je fonctionne avec deux, comment dirais-je, deux codes de vie. Le premier c'est aide-toi et le ciel va t'aider. Le deuxième c'est que... Il faut rester vraiment sur ses idées, ses principes dans tout ce que l'on fait. Je souhaite vraiment pouvoir me retrouver à Londres, me retrouver à Madrid, me retrouver dans de grandes capitales et que mes vêtements soient portés par la majorité des femmes. C'est vraiment mon souhait. Parce qu'en fait, je ne véhicule pas qu'un prêt-à-porter ou des vêtements sur mesure. Je véhicule une philosophie. Je véhicule une... La façon d'appréhender la femme, et je trouve qu'il est grand temps qu'aujourd'hui on se reprenne en main, qu'on arrête un petit peu d'être, excuse-moi l'expression, mais c'est des fois comme ça que je le perçois dans le regard des gens, des steaks sur pâtes, ou le fait d'être très dénudé, ou très déshabillé, ou très sexy, suivant la morphologie que l'on a, et bien le regard de l'autre n'est pas le même. Donc c'est quelque part à nous d'éduquer les autres dans ce sens. par un code de conduite, une façon de se présenter, une façon de se tenir, une façon de s'habiller. Donc je souhaite vraiment que toutes celles qui ont un peu cette philosophie et cette approche de la vie aient une pièce au fond de leur placard qui soit de l'atelier et c'est Balita. Voilà mon souhait pour l'avenir.
- Ramata
Très bien, c'est tout ce qu'on souhaite au développement de la marque. Toi aujourd'hui, tu évoquais... le fait qu'il y a une chanteuse, une célébrité qui avait porté la marque à plusieurs reprises. Est-ce que le fait, en termes de communication, de travailler en collaboration avec des influenceurs, avec des femmes et hommes d'impact qui vont porter tes ténus, est-ce que ça, ça fait partie aussi de ta stratégie de communication ? Alors, elle en a fait partie au début.
- Linda
Parce que quand on ne te connaît pas, en fait, il faut bien qu'on parle de toi, il faut bien te faire remarquer d'une façon ou d'une autre. Donc aujourd'hui, on a vraiment beaucoup d'atouts pour pouvoir faire développer ce que l'on souhaite en fait avec du travail. Et c'est vrai qu'à travers les influenceurs, ça marche pas mal. Malheureusement, moi ça n'a pas très bien fonctionné. Soit j'ai pas pris les bons, soit on n'a pas pu s'entendre. Mais c'est plutôt les amis, c'est plutôt les nouvelles clientes qui ont fait en fait cette nouvelle communauté et qui prônent en fait mon style de vie ou ce que je prône à travers mes vêtements. Les influenceurs, je demande qu'à en avoir, qu'ils soient vraiment... Je pense qu'il faut qu'il ait un petit peu le même mood que nous, qu'ils perçoivent notre vision pour pouvoir vendre cette vision-là et pouvoir adapter au mieux la communication qu'il va faire autour. Et ça, c'est quelque chose de très délicat qui ne se fait pas, je pense, en un jour. On est une jeune entreprise. Moi, même si je suis née dedans et que j'ai toujours su coudre, ça ne fait que cinq ans que j'exerce. Donc, je... Comment dirais-je ? Les influenceurs, c'est bien, mais il faut avoir les bons.
- Ramata
Effectivement, tu t'as bien résumé. Il faut avoir les bons. Mais c'est aussi parfois à force de tentatives qu'on finit par trouver qu'est-ce qui fonctionne bien avec l'ADN de ta marque, avec ton type de consommateur. Et moi, j'entends de plus en plus des créateurs dire... Ils vont plutôt aller chercher ce qu'ils appellent des femmes d'impact, donc des personnes dont ce n'est pas le métier d'être influenceur, mais plutôt des personnalités qui sont visibles, qui peuvent être des femmes d'affaires, qui peuvent être des journalistes, qui ont un métier qui fait qu'elles sont visibles. Et c'est avec ces profils-là qu'ils vont chercher à travailler et pas forcément avec une personne dont la principale activité est de créer du contenu sur les réseaux sociaux. Mais c'est vrai que d'établir la bonne stratégie et de trouver les bonnes personnes, ce n'est pas le plus simple. C'est pour ça que je pose souvent cette question à mes invités.
- Linda
Et puis, malheureusement, la mentalité dans chaque pays est différente. Au Gabon, il est temps que ça change. Quand on parle d'Afrique de l'Ouest, en Afrique de l'Ouest, ils trouvent des mécènes, les créateurs. En Afrique de l'Ouest, tout ce qui est créativité est perçu comme quelque chose de bien. Nous, en fait, aussi loin que j'en m'en rappelle et en parlant avec les jeunes encore aujourd'hui, tout ce qui est relatif au métier d'art, au métier artistique, ce n'est pas aussi bien qu'être médecin, avocat ou, je ne sais pas, un comptable. Et il est très difficile de faire changer les mentalités auprès des parents pour faire comprendre qu'en fait, un jeune homme ou une jeune femme aujourd'hui... à travers l'art, peut très bien vivre et très bien réussir sa vie, encore même mieux qu'un comptable, qu'un médecin ou qu'un avocat. Bon, c'est deux choses différentes, c'est des milieux différents, c'est une approche différente, mais c'est tout aussi important dans la société. Donc, il faut qu'on arrive à casser cette... tirer presque un implant que l'on a culturel, et qui est là, et qui revient sans cesse. Déjà quand on est jeune et qu'on doit se battre contre ses parents pour affirmer en fait ce que l'on souhaite faire en tant qu'artiste, c'est pas chose aisée, ça passe pas comme une lettre à la poste ici. Donc il y a ça, et puis ensuite, vivre de ses passions c'est pas toujours évident, mais je pense qu'il faut faire preuve de beaucoup de résilience et ne pas lâcher, surtout ne pas lâcher. Quand on a des rêves, il faut tout faire pour les réaliser, les concrétiser en fait.
- Ramata
Écoute, c'est effectivement une belle philosophie et je comprends tout à fait ton point sur ça commence à évoluer, mais il faut savoir que c'est pas cette manière d'apprécier la mode comme étant un peu un secteur de seconde zone. Et ce qui est prioritaire, c'est les métiers nobles, on va dire la médecine, le droit, les sciences. Et donc, quand on va avoir tendance à faire un classement et considérer que la mode, vraiment, c'est en dessous, ça, c'est quelque chose qui n'est pas. que cet a priori-là. En France, il existe et il existe aussi. Je pense que c'est un a priori qui est commun. Après, on commence à voir les choses évoluer parce que quand on voit certaines entreprises à succès, on se dit, OK, c'est quand même, il y a quand même des opportunités à développer des beaux business, à faire des belles carrières. Et puis, il y a quelque chose qui est vraiment révélateur d'un savoir-faire. Ça appartient quelque part patrimoine national et donc la mode n'est pas à considérer comme un petit peu ce secteur mineur mais c'est vrai que, on va dire, les lignes commencent à bouger mais ça reste encore très très lent et on aimerait vraiment que ça évolue et aussi en termes de perception, c'est vrai qu'il y a ça commence à bouger mais il y a eu pendant longtemps des personnes qui avaient le budget qui étaient prêtes à dépenser certaines sommes pour des marques occidentales, des marques. considérées comme étant des marques de luxe et qui n'allaient pas forcément être prêtes à mettre les mêmes budgets pour des marques africaines avec des savoir-faire faits main. Ce sont des choses qui sont en train de bouger mais c'est vrai que c'est un processus qui est lent et on aimerait que ça aille plus vite.
- Linda
Tout à fait et puis on a quand même aujourd'hui, enfin toute chose a un bon et un mauvais côté. Pour ma part les réseaux sociaux sont un grand grand moyen et à moindre au cours de pouvoir communiquer, de faire de la publicité, de faire parler de nous, même dans le fin fond d'un village à partir du moment où il y a Internet et que vous avez un produit qui plaît. Maintenant, le mauvais côté, parce qu'il y a toujours quelque chose de négatif, c'est que tout est devenu banalisé. Mais franchement, si aujourd'hui, on ne profite pas des avantages, des atouts que l'on a avec Internet, les réseaux sociaux et tout ça, c'est dommage de ne pas mettre ça à profit parce qu'honnêtement, il fallait beaucoup beaucoup de budget pour la communication à l'époque, quand on ne pouvait communiquer qu'à travers les magazines, qu'à travers des panneaux publicitaires et compagnie, ou même des passages télévisés aux radios, c'était très cher. Alors qu'aujourd'hui, un petit sponsoring, je ne sais pas, à 20, 25 euros, on peut toucher la Terre entière. Donc c'est vraiment un outil fabuleux que nous avons et qui nous permet quand même une vue sur le monde autour de nous qui est fabuleuse. À nous maintenant de trouver les bonnes stratégies. Les bons influenceurs.
- Ramata
Effectivement, on ne peut pas nier l'impact des réseaux sociaux et la facilité que cela donne en termes de visibilité à l'international. Ça permet vraiment de bouger les lignes à moindre coût, même si aujourd'hui, les contenus qui sont les plus visibles, ça reste quand même des contenus qui sont travaillés avec une belle direction artistique. Donc, il n'en reste pas moins qu'il faut avoir... le bon oeil, la bonne équipe en termes de photographie, de vidéo, le bon mannequin pour avoir un contenu qui va vraiment sortir de l'ordinaire. Parce qu'effectivement, aujourd'hui, tout le monde peut publier, tout le monde a accès, donc on n'a pas un problème d'accessibilité. Par contre, en termes de direction artistique et de visuel, il y a un vrai travail à faire. Ce qui m'amène à cette question, toi, en termes de visuel, en termes de photographie, de vidéo, de contenu que tu crées pour... promouvoir ta marque, comment est-ce que tu travailles ? Est-ce que c'est toi qui gères toute cette direction artistique ou est-ce que tu travailles avec une équipe ou une agence ?
- Linda
Alors, je travaille depuis le début avec une agence de mannequins. Nous sommes toujours, lorsque je fais un défilé sur Libreville, ce sont avec ces mannequins-là que je travaille. Et lorsque je dois faire des photos, des shootings photos, que ce soit pour l'outcoutier ou pour le prêt-à-porter, je travaille toujours avec les mannequins de cette agence. Ensuite, c'est moi qui crée les DA, c'est moi qui imagine, c'est moi qui trouve les spots, c'est moi qui est… En fait, J'ai la chance d'avoir aujourd'hui une équipe à tous les niveaux, que ce soit une agence de mannequins, que ce soit des amis qui sont dans la com, avec qui on discute et avec qui on échange beaucoup, parce que nous sommes tous des passionnés. Et de fil en aiguille, en fait, les choses se font quand elles doivent se faire et comme elles doivent se faire. Donc voilà, je fais ce que je peux, je transmets ma vision, mes idées à travers ce que je crée, puisqu'à la base, c'est toujours moi qui gère tout. Et après, je fais appel à des gens parce que je ne suis pas tout corps de métier, moi. Je veux bien être manuale, mais je ne sais pas tout faire.
- Ramata
Oui, c'est important de préciser ce point. L'idée, c'est d'arriver à trouver la bonne équipe. Mais j'aime bien le fait que tu soulignes que tu as une team de mannequins avec laquelle tu travailles depuis le début. Tu as cette agence et tu travailles avec cette agence-là depuis le début. C'est important aussi de se créer un collectif, de se créer des partenaires avec lesquels on travaille et on fait grandir. les projets ensemble, c'est important aujourd'hui dans le secteur de la mode parce qu'on doit faire appel à tellement de corps de métiers différents que clairement, on ne peut pas tout faire seul. Et quand on a des partenaires avec lesquels on travaille depuis le début, ça facilite quand même les choses.
- Linda
Oui, effectivement. Et le photographe, c'est pareil. Aujourd'hui, je travaille toujours avec le même photographe, en tout cas sur Libreville, avec lequel j'ai commencé. Je suis très fidèle et je trouve qu'à partir du moment où, Professionnellement parlant, Je ne parle pas de ma vie sentimentale, parce que là aussi je suis fidèle. Mais professionnellement parlant, quand on est satisfait de quelqu'un, on ne change pas. Vous allez chez le coiffeur, si le coiffeur vous coiffe bien, connaît vos textures de cheveux, s'occupe bien de vous, vous n'irez jamais voir quelqu'un d'autre, sauf si vous êtes en vacances à l'étranger, vous avez besoin d'une coupe de cheveux ou qu'il est en vacances et que là, il faut vraiment y aller. Donc je pense qu'on est nombreuses à fonctionner comme ça. c'est... Lorsque les choses se passent bien, pourquoi changer en fait ?
- Ramata
Alors moi je suis d'accord sur ce point-là. Après je dirais que dans la mode, parfois si on change, ce n'est pas une remise en question de la personne avec laquelle on a toujours travaillé, mais c'est aussi parfois d'avoir une autre perspective, un autre style, de tester quelque chose que l'on n'aurait pas fait. Et ça, ça permet aussi parfois de se dire, bon ponctuellement je vais aller vers cet univers-là que je n'avais pas testé jusqu'ici, mais pourtant ça m'intéresse, ça m'interpelle parce que Parfois, quand on travaille tout le temps avec la même personne, on fait tout le temps la même chose et on ne se remet pas en question. Ça peut arriver.
- Linda
Oui et non, parce qu'en fait, cette expérience de s'en remettre aux autres, on la vit lorsqu'on va faire un défilé à l'étranger. Ce ne sont pas nos mannequins, ce n'est pas notre agence de com, ce n'est pas le community manager qui travaille pour nous, c'est une autre équipe. Donc, on s'adapte à l'autre équipe, on s'organise et au contraire, ça nous donne effectivement un autre point de vue. Maintenant, je sais que par rapport, je donne un exemple pressant, le Ghana, j'ai fait la rencontre d'une équipe de jeunes vidéastes et cinéastes avec qui, si jamais je suis au Bénin pour aller chercher des tissus ou quoi, je m'organiserai pour qu'ils me trouvent deux, trois mannequins et faire un shooting au Bénin parce que je trouve que c'est ça en fait. Aujourd'hui, on n'a plus de frontières et les rencontres lors des défilés nous permettent de travailler d'autres styles. Par contre, je ne sais pas si c'est… Je suppose que non. Une fois qu'on a les moyens, on peut tout obtenir. Mais par exemple, lorsque les photos sont faites sur un podium, en règle générale, elles ne sont pas aussi belles que celles qu'on va prendre le temps de travailler dans un studio. Est-ce que vous voyez ? Donc, différents styles, forcément, on va les avoir. Différentes approches, on va forcément les avoir par rapport au fait qu'on s'inscrive, par exemple, à le FIMO. Moi, je ne sais pas du tout qui vont être les photographes, qui vont être les mannequins. Je le saurai, je pense, au mois d'août, mais pas avant. Donc vraiment, on a un côté stable avec les gens avec qui on travaille, parce que, en tout cas pour moi, ça roule et ça se passe très bien. Et puis après, on se retrouve à devoir travailler avec de parfaits inconnus durant deux, trois jours, et puis ça se passe aussi très bien. Moi, je trouve que ce n'est pas plus mal. Ça nous fait sortir de notre zone de confort. Des fois, de vivre un stress, ce n'est pas possible, parce qu'en règle générale, les essayages se font deux, trois jours avant le jour J. pour nous permettre de réajuster les vêtements sur les mannequins au cas où besoin. Mais lorsqu'on vous le fait deux heures avant le début du défilé, c'est un peu plus compliqué. Donc là, on joue un peu au Samantha, ma sorcière bien-aimée. On trouve des épingles, on fait ce qu'on peut pour créer la magie, avoir une tenue, parce que le vêtement est un peu plus grand et que tu n'as pas eu le temps de le réajuster.
- Ramata
Super intéressant ce point que tu évoques. Effectivement, quand on participe à des événements internationaux, on va à l'inconnu. En fait, on prépare sa collection, mais après, effectivement, on ne connaît pas les mannequins, on ne connaît pas les photographes. Alors moi, le film, en France, pour y avoir déjà assisté, je sais qu'il y a un énorme travail de Jacques Logo qui a l'initiative de cet événement, qu'il fait à la fois à Paris, mais qu'il fait également au Togo, d'aller faire une sélection de mannequins professionnels, au niveau des photographes aussi. Maintenant, moi, ce que j'ai pu constater sur certains événements, je ne dis pas que c'est le cas de l'événement de Jacques Logo, c'est que Il y a des photographes qui vont faire des très belles photos parce qu'ils sont bien placés, que la manière dont le podium est organisé, tout a été étudié pour que ce soit bien fait. Après, c'est plutôt la bataille pour récupérer les photos de sa collection. Encore une honneur,
- Linda
pas trois mois après.
- Ramata
C'est ça.
- Linda
En fait, même dans ce métier-là, on travaille avec des photographes, certes, mais dans le photographe, il y a le photographe et le photographe qui m'expliquent. Un photographe qui est doué pour prendre des photos sur podium lors d'un défilé, il ne va pas vous faire de super portrait. Peut-être qu'il y en a qui peuvent tout faire, mais en règle générale, on a une spécificité, une spécialité. Après, peut-être avec l'expérience, l'envie de se former et tout, on peut faire beaucoup de choses. Mais il y a vraiment des photographes podium, comme il y a des photographes portrait, comme il y a des photographes studio. Et moi, je fais bien la différence parce que le rendu n'est pas le même. Là, je suis en train de préparer un catalogue de toutes les pièces que j'ai pu créer depuis cinq ans. Et je vais devoir faire ces photos-là en studio parce que le rendu sera beaucoup plus beau, mis en valeur sur une page de catalogue que celle qu'on va prendre sur un défilé, même si le photographe est très bon.
- Ramata
Alors, je suis complètement allumée. Et de toute façon, la photo défilée, quand on l'utilise et comment on l'utilise, ce n'est pas le même objectif que La photo catalogue, quand on est catalogue, parfois on est plutôt prêt à porter. Et l'idée, c'est d'aller s'adresser à un client qui est sur le point d'acheter. Et on crée un catalogue dans une logique de vente. En tout cas, ça peut être ça. Et aussi, ça peut être pareil, les photos qu'on veut mettre sur un site Internet pour vendre. La manière dont on fait les photos, ce n'est pas du tout la même que des photos qu'on va faire pour un édito mode. où en fait, quand on veut Quand c'est pour vendre, il faut qu'on voit bien le produit, qu'on voit bien les détails. Donc, il y a certaines poses que le mannequin va faire.
- Linda
Il faut des détails.
- Ramata
Exactement. Maintenant, quand on est plutôt sur un édito mode pour donner envie, pour inspirer, pour faire rêver, là, parfois, on ne voit même pas bien le produit. Mais c'est l'attitude du mannequin, c'est la situation qu'on veut mettre en avant, c'est les émotions qu'on veut faire ressentir. Et effectivement, on ne fait pas forcément appel à la même équipe, on ne fait pas forcément appel même au même type de mannequin. Je te rejoins tout à fait sur le fait que... Il y a des créateurs qui parfois n'ont pas cette connaissance-là de la différence qu'il peut y avoir entre les différentes expertises, des profils qu'ils vont solliciter, et qui se retrouvent déçus. Ils disent « Ah, mais j'ai sollicité le célèbre photographe qui a l'habitude de faire des portraits. Je voulais qu'il vienne s'occuper de mon défilé et ça n'a pas donné. » Ah oui, mais parce que sa spécialisation, c'est le portrait, ce n'est pas le défilé. Donc, ce n'est pas interchangeable. Je suis tout à fait alignée avec toi sur cette réflexion-là. il y a Il y a un vrai travail d'identifier les performances de chacun, les spécificités, et de les adapter. Je réalise que je ne t'ai pas demandé si tu avais un site internet.
- Linda
Non, malheureusement, il faut que j'en crée un. J'ai entendu au pop-up qu'il y a aussi un site de vente en ligne. Il faut que j'appelle la dame et voir comment pouvoir m'y inscrire. Mais tout ça, je t'assure qu'une seule personne, tout gérer, avoir cinq têtes, c'est compliqué. et elle dit... En plus de ton travail, tu as ta vie de femme, tu as ta vie de mère. Et tu as ta maison à gérer. J'avoue que c'est comme le catalogue. Ça fait des années qu'on le réclame. Là, je vais commencer à le faire parce que j'ai aussi beaucoup de photos et puis on venait en train d'en refaire. On peut l'étoffer correctement, mais tout ça, une seule personne. Seigneur, j'aimerais que les journées fassent 48 heures et pas 24 heures. J'arriverais à faire beaucoup plus.
- Ramata
Écoute, on va te souhaiter en tout cas le meilleur pour le développement de cette marque. Effectivement, seul, on ne peut pas tout faire. Et c'est pour ça qu'il faut se mettre un plan qui soit réaliste en se disant si aujourd'hui tu arrives à développer ton activité sans le site Internet, parce que les gens ont accès à ton WhatsApp, les gens ont accès à toi parce que tu as un peu plus de temps ton atelier au Gabon, et puis que toi, tu te tiens informé via les réseaux sociaux des événements auxquels tu peux participer. À partir du moment où tu restes joignable, le site Internet n'est pas une fin en soi. Maintenant, ça fait partie des étapes à avoir en tête, de même que le catalogue, mais il faut aussi se dire qu'on fait les choses étape par étape et ne pas se sentir frustré de tout ce qu'on n'a pas, mais plutôt se féliciter de tout ce qu'on a réussi à accomplir. Sinon, on est dans une perpétuelle frustration et on se dit, mais comment je vais faire ? Moi, j'essaie toujours un peu d'apaiser les créatifs qui se sentent parfois toujours un peu démunis avec la quantité de choses à faire. Et après, moi, je trouve que c'est important, vos témoignages, parce que je vois beaucoup de jeunes vouloir se lancer dans la mode sans savoir tout ce que ça implique comme travail et en ayant l'impression que c'est facile. Et je leur dis, non, il faut écouter seulement les interviews des designers qui sont dedans depuis un an, deux ans, trois ans, quatre ans, qui vont vous dire si c'est facile. Et le niveau de compétence qu'il faut avoir. En tout cas, je tiens à te féliciter de tout ce que tu nous as partagé, surtout le travail de recherche que tu as fait pour acquérir des savoir-faire et pour les intégrer dans la création de ta collection. On arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai été ravie de notre échange, ravie d'en découvrir plus sur cette marque que je ne connaissais pas avant le pop-up. Et je te dis à très vite, notamment au défilé du FIMO à Paris. J'attends avec impatience. J'espère que tu seras des nôtres. Bien sûr, bien sûr, je serai là.
- Linda
Et puis, un petit merci à Jacques Logo. Parce que ce que j'ai dit, quand les choses doivent se faire, elles se font. On ne peut pas forcer la chose. Lorsque j'ai souhaité m'inscrire, les inscriptions étaient déjà bookées avant même la date limite d'inscription. J'ai discuté avec ce grand monsieur que je ne connaissais pas. Et il m'a dit, par rapport à l'excellent travail que je fais, Il nous permettait d'y assister. Donc vraiment, un grand merci à lui. Un grand merci aussi à Africa Fashion Tour, donc à toi, d'avoir aimé mon travail, d'avoir repéré mon travail et de m'avoir permis aujourd'hui de m'exprimer. Merci pour tout.
- Ramata
Merci à toi, avec plaisir. Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs. Bye. Merci. Bonne journée à vous. Bye. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.