- Marina
Moi, je m'occupe, j'ai une équipe, une petite équipe à l'agence de communication. Il y a une équipe en fait qui est chargée de la logistique, donc de tout ce qui est livraison, parce que je commence à en avoir pas mal. Mais moi, je m'occupe de tout ce qui est création, tout ce qui est sourcing, parce qu'il faut acheter les tissus et de toutes les relations avec l'atelier, parce que je crée les modèles, je les dessine, je fais tout, comment dire, tout le pack technique et j'envoie à l'atelier pour confection. Et là, je reçois des prototypes, je valide les prototypes ou pas, parce qu'il y a souvent des retouches ou des modifications à faire. Et voilà, donc moi, je suis en fait concentrée sur l'aspect création. L'atelier, ça s'occupe de la confection, mais je suis quand même la confection. Il y a une équipe qui s'occupe de la communication et une petite équipe qui s'occupe de la logistique, donc de tout ce qui est livraison, réception des... des colis parce que l'atelier n'est pas basé au Cameroun.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement Merci. des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Amatalia Lowe, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. Merci. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Marina Esso, la fondatrice de la marque SANA. Elle est basée au Cameroun et a récemment participé à un pop-up à Paris. C'est d'ailleurs dans le cadre de ce pop-up que je l'ai rencontrée. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque. Bienvenue Marina, comment vas-tu ?
- Marina
Bonjour Amma, je vais bien. Merci de m'avoir invitée à ce podcast.
- Ramata
Écoute, c'est un plaisir pour moi de te recevoir aujourd'hui dans le podcast Africa Fashion Tour. Et on va commencer cette interview comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Marina
Alors, je m'appelle Marina Isso. J'ai 54 ans bientôt. Je suis maman et épouse. Je suis basée au Cameroun et je suis la créatrice de la marque Sana. Sana, on ne saurait ni le dire œuvre d'art. Et c'est une marque de prêtres à portée africain haut de gamme et contemporaine. pensée pour des femmes modernes et destinée à un public cosmopolite.
- Ramata
Très bien. On va commencer cette interview. Comme je le fais toujours, j'aime bien prendre le temps d'avoir des infos sur comment tu as démarré en termes d'études et de carrière. Est-ce que tu as toujours été dans le secteur de la mode ou est-ce qu'il y a eu un moment, un tournant, un déclic qui a fait que tu as créé ta marque ? Est-ce que tu peux nous parler des débuts de tes études et des débuts de ta carrière ?
- Marina
Alors, je viens d'un background. J'ai travaillé toute ma vie, on va dire toute ma carrière en fait en entreprise. C'est fait dans la distribution des produits pétroliers à des postes de responsabilité. J'ai occupé des postes tels que directrice réseau d'une des plus grandes majors dans le secteur de la distribution des produits pétroliers au Cameroun. Et la mode a toujours fait partie de mon univers. J'ai toujours été très portée vers la mode. Et quand en 2019, avec le Covid et avec le rachat de la multinationale pour laquelle je travaillais par une société africaine, je me suis posé des questions, je n'étais pas très à l'aise dans l'environnement parce que vous savez, les business principles ne sont pas les mêmes dans les multinationales européennes que dans les multinationales africaines. Et moi, ayant toujours travaillé pour des sociétés européennes avec des business principles, des valeurs et des process bien précis, je ne me sentais plus à l'aise dans l'environnement. Donc, 2019, avec le Covid, le monde s'arrête, j'arrête de travailler. Et pendant qu'on est en confinement, je pense à un projet, à quelque chose que je ferai après. le démarrage après le Covid et je pense automatiquement à me lancer dans la mode. Et c'est comme ça que ça m'a née en décembre 2019 et que je crée mes premières pièces. Pour tout ce qui est études, j'ai eu un background, j'ai un bac D et ensuite j'ai eu une maîtrise en droit. Et après ma maîtrise en droit, j'ai fait des études commerciales à l'université Cap-Luc de Yaoundé. J'ai une licence en commerce et distribution. Et après cette licence en commerce et distribution, j'ai été prise dans une compagnie pétrolière dans laquelle j'ai fait une bonne partie de ma carrière.
- Ramata
Très bien. Donc toi, à la base, tu as un parcours corporate qui est complètement déconnecté du secteur de la mode. L'univers pétrolier, ça ne saurait être plus éloigné du secteur de la mode, mais c'est quelque chose qui t'a toujours intéressé. Donc, quand tu dis que tu as toujours eu un intérêt pour la mode, c'est à travers toi, les tenues que tu faisais confectionner pour toi, peut-être pour ta famille dans le cadre de cérémonies ou autre. Comment ton intérêt pour la mode, alors que tu travaillais dans un autre secteur, comment est-ce qu'il se manifestait en fait ?
- Marina
En fait, j'étais une chopeuse, mais d'en faire. Donc, j'étais au courant de tout ce qui se faisait, de toutes les collections. Je suivais toutes les marques sur les comptes Instagram. Je dépensais une fortune toutes les années à acheter des vêtements, des accessoires. Oui, j'aidais aussi ma famille dans le choix des tenues quand il y avait un événement. Mes amis aussi. Donc voilà, j'ai toujours été très portée par la mode, oui, mais je ne créais pas moi-même. Et c'est quand je me suis rendue compte qu'en fait, je dépensais des sommes énormes et que ça ne valait pas forcément... Ce que j'achetais, en fait, ne valait pas forcément le prix que je payais, que je me suis remise en question. En fait, je voyage beaucoup à travers le monde et lors de mes vacances en Asie, je tombe par hasard sur un salon du textile. Je me dis, tiens, je vais aller voir. Et je me promène dans le salon et je vois des tissus, Et je reconnais même des tissus de créateurs que j'ai achetés à des prix incroyables. Je regarde le tissu, je me dis mais c'est pas possible et tout, je me dis mais c'est pas vrai. Et c'est là en fait que j'ai le vrai déclic, vous voyez ? Avant même la fin du Covid, c'était l'année avant. C'est là que j'ai eu le déclic, je me dis attends mais pourquoi pas faire ça ? Et là je rentre au Cameroun, je continue à travailler et puis tout ce qu'il y a... Après tout ce que j'ai dit tout à l'heure arrive, donc on est racheté par une société africaine. Je ne suis pas très à l'heure avec les valeurs, avec les principes, avec les process. Et donc, du coup, je me dis, je ne pense pas que je pourrais continuer à travailler avec eux, mais il faut bien penser à faire quelque chose. Et ça tombe au moment où le Covid bat son plein. J'arrête de travailler et juste après confinement, reste confinée pendant, je crois, huit mois. En Afrique, ça n'a pas été super long. Et pendant que je suis confinée, je mûris mon projet. Je parle avec les commerçants que j'ai rencontrés sur le salon en Asie. Et sur Instagram, via WhatsApp, on parle et tout, on échange. Parce que j'ai pris des contacts pendant que j'étais sur le salon. Et petit à petit, je mûris l'idée. Mais il y avait un problème, il fallait trouver un atelier. Parce que moi, j'ai toujours été très portée dans les marques et des marques haut de gamme. Et je me suis dit que ce ne serait pas normal que je crée une marque. et que ce ne soit pas à l'image de ce que j'ai toujours porté, vraiment sans prétention. Et là, je cherche un atelier. Je vais en premier à Accra rencontrer une créatrice très connue que je ne citerai pas. Et elle me donne des conseils. Je commence avec un petit atelier en Afrique de l'Ouest. Mais les pierres sont bien faites, elles sont bien réalisées. Mais je ne suis pas satisfaite parce que je veux vraiment des standards internationaux. Et un an plus tard... tard, mais je commence quand même. Les pièces sont sympas, c'est bien accueilli, c'est des trucs assez contemporains, faciles à porter, beaucoup de coton, beaucoup de couleurs de thon pastel, parce qu'il fait très chaud en Afrique. Mais je ne me fournis pas encore sur le fameux salon auquel j'ai participé en Asie. Je commence en fait par des tissus que j'achète sur les marchés locaux. Mais quand la marque prend de l'ampleur, je me dis qu'il faut faire les choses différemment. Donc là, je retourne en Asie, je vais sur le salon, j'achète des pièces, donc des tissus, comment dire, de qualité, de la soie de bambou, du silk blend, du lin, mais alors vraiment du lin 100%. Et là, je contacte un atelier professionnel basé en Afrique, parce que je tenais et je tiens toujours à ce que mes pièces soient fabriquées en Afrique. Et c'est là, en fait, que le deuxième visage, le visage de Sana, celui qu'on a actuellement, apparaît. Et voilà, c'est à ce moment-là que la marque prend son envol, entre guillemets.
- Ramata
Très bien, donc ce qui est intéressant dans la manière dont tu démarres la marque, c'est qu'on sent qu'il y a d'abord un côté, je veux trouver la bonne matière, je veux trouver le bon atelier et il y a quelque chose de l'ordre du sourcing que tu veux vraiment t'assurer qu'en termes de qualité, tu vas avoir un certain niveau haut de gamme. Avant même de parler du style et du genre de produit que tu veux proposer, est-ce qu'à ce moment-là, quand tu cherches l'atelier, tu as déjà une idée précise du style de pièce que tu as envie de proposer ?
- Marina
Oui, je suis quelqu'un de très classique. Et puis, j'ai identifié tout de suite un besoin. Je me suis dit, en Afrique, il y a beaucoup de femmes, il y a beaucoup de marques africaines, mais vraiment sans prétention et sans vouloir dénigrer les autres. Et on n'a pas énormément qui sont soucieuses de la qualité des finitions et de la qualité des tissus qu'elles proposent. Peut-être parce qu'elles ne trouvent pas ce qu'il faut sur le marché ou parce qu'elles n'ont pas la bonne information. Et moi, je me suis dit, quand je regarde le comportement d'achat des gens que j'ai autour de moi, et même ceux qui achètent, ce sont des gens qui en Europe achètent des marques haut de gamme, je préfère ne pas citer les marques, à un certain prix. Et ce sont des tenues corporelles qu'on amène au travail ou bien des tenues... Pour des femmes d'un certain âge, moi je vais vous dire, les pièces phares de Sana, ce sont les sets en silk blend. Et comme j'ai l'habitude de dire, c'est un produit qui répond à un besoin spécifique. Pourquoi ? Parce qu'en Afrique, beaucoup de femmes d'un certain âge, à partir de 40-45 ans, elles n'aiment plus être serrées dans des vêtements, des coupes près du corps, non, elles n'aiment plus. Mais elles veulent rester élégantes. Et qu'est-ce qu'elles font ? Très souvent, elles portent le boubou. Et là, je me suis dit, il faut une alternative au boubou. Et c'est comme ça que je pense à faire les sets en silk blonde. Et là, vraiment, les gens achètent, Avec la marque Sana, j'avais envie de proposer des vêtements confortables, des vêtements qui s'adressent à une cible cosmopolite, avec un rappel d'Afrique à chaque fois, au moins dans les couleurs ou dans les motifs. Et des vêtements pour une femme africaine moderne. Donc en fait, en créant Sana, je veux proposer des pièces de haute qualité, haute gamme, des tissus de qualité avec des finitions de très bonne qualité, bref des vêtements standards internationaux.
- Ramata
Très bien, du coup quand tu parles de cette cible cosmopolite, aujourd'hui si on veut trouver la marque Sana, est-ce que tu as une boutique en ligne, est-ce que tu as une boutique au Cameroun, comment ça se passe en termes de distribution ?
- Marina
par rapport à ta marque ? Oui, j'ai un site internet et la boutique physique est en construction au Cameroun. Donc, il est possible de commander les pièces Sana sur le site internet et au Cameroun, en fait, j'organise des événements, des pop-up éphémères en attendant que le chantier de la boutique soit terminé. Mais il est possible de commander en ligne et les délais de livraison sont assez courts et les frais de livraison Merci. sont plutôt intéressants.
- Ramata
Très bien. Alors, tu parles de l'organisation des pop-ups au Cameroun et d'une boutique en ouverture prochainement. Là, tu as récemment participé à un pop-up à Paris. Est-ce que c'était ton premier pop-up en dehors du Cameroun ou est-ce que tu as eu d'autres expériences en dehors du Cameroun ?
- Marina
Oui, les pop-ups, j'en fais surtout en dehors du Cameroun. J'ai assisté au Brunch African Women 2025 à Cotonou. J'ai assisté et j'organise moi-même pas mal de pop-up sur Abidjan et à Paris. Ça va être mon deuxième pop-up, mais le premier l'an dernier, c'était plutôt un pop-up assez, je veux dire, intime parce que c'était sur invitation. Et cette année, j'ai postulé au Style Lounge Platform, Warehouse, je veux dire. Et j'ai été, ma candidature a été acceptée. Donc, du coup, j'ai participé à ce pop-up. Avec grand plaisir, d'ailleurs.
- Ramata
Très bien. Et toi, tu dirais qu'aujourd'hui, ta clientèle, elle est basée... Donc, tu parlais de pop-up à Cotonou, à Abidjan. Tu parles d'un pop-up parisien. Tout à l'heure, tu évoquais le fait de vouloir cibler une clientèle cosmopolite. Toi, aujourd'hui, tu as une clientèle qui est basée en Afrique, mais aussi qui est issue de la diaspora et qui vient, en fait, de quel pays ? Est-ce que tu peux nous dire un peu, voilà, quel est le profil des clients qui achètent la marque ?
- Marina
Bon, les clients qui achètent la marque, j'ai en général, c'est toujours à peu près le même profil. Ce sont des cadres dirigeants. C'est incroyable, mais ça n'appartient plus aux cadres dirigeants. C'est ou aux femmes d'un certain niveau. Mais chaque fois que quelqu'un vient vers moi, c'est toujours une dame, soit elle est cadre, soit elle est entrepreneur, soit elle est à son compte, elle est entrepreneur, donc à son compte, soit cadre de dirigeant, surtout en Afrique, c'est toujours le même profil. Et j'ai des clients en fait partout dans le monde, j'en ai en Amérique, en Europe, en Afrique, donc au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Bénin, j'ai pas mal de clients au Bénin, oui, et un peu au Nigeria, et en Guinée, Conakry.
- Ramata
Très bien. Et comment ces clients, en fait, ils ont découvert la marque Sama ? En termes de communication, qu'est-ce que tu as mis en place pour faire en sorte que tu as cette communauté, en fait, qui a identifié la marque, qui propose, en fait, des produits qui répondent à leurs besoins et qui vont la consommer ? Comment tu expliques que tu es réussi, en fait, à développer une communauté qui est présente à la fois au Cameroun, mais aussi dans différents pays d'Afrique de l'Ouest ?
- Marina
Il y a certaines qui connaissent la marque, en fait. dans les pop-up, dans les events comme le Branch African Women. C'est très cosmopolite. C'est des femmes qui viennent de plusieurs pays d'Afrique. Le prochain a d'ailleurs lieu à Lagos en novembre 2026. Et Sanaa va participer à cet événement. Donc là, c'est un événement très cosmopolite. Les femmes viennent du Bénin, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, du Nigeria, du Guinée-Conakry. d'Algérie, du Sénégal, ça vient de partout. Donc, les femmes se retrouvent à un endroit et il y en a qui découvrent la marque et qui aiment et qui achètent et qui restent fidèles aux pièces qui me suivent sur mon compte Instagram et qui commandent après à travers le site Internet. Paris, c'est pareil. J'ai, depuis mon dernier pop-up à Paris, parce que ça, ça va être le deuxième pop-up à Paris, j'ai été en contact au premier pop-up avec des Parisiennes, mais quand même. pour la plupart de la diaspora, donc des Africaines qui sont installées à Paris, qui achètent et puis le bouche à oreille fait son travail. Cette année, j'ai été en contact avec une nouvelle clientèle, la clientèle anglophone, vu que le Style Lounge Warehouse est organisé par un Ghanéen. Il y avait pas mal de Ghanéens qui vivent à Paris, qui vivent en Allemagne, dans les pays de l'Union Européenne, qui sont venus pour le pop-up. Et du coup, j'ai été en contact avec une clientèle différente de celle que j'ai d'habitude, en plus de la diaspora africaine francophone.
- Ramata
Très bien. Et toi, ce que tu expliques, c'est les événements auxquels tu participes, comme ce sont des événements qui sont internationaux, qui vont réunir une communauté de femmes qui vient de plusieurs pays d'Afrique différente, ça donne l'opportunité de donner de la visibilité à ta marque. Et toi, en termes de communication sur les réseaux sociaux à travers ton site Internet ? Qu'est-ce que tu mets en place pour faire connaître ta marque en termes de shooting, de direction artistique ? Est-ce que tu as un parti pris vraiment de communication qui fait que tu te différencies peut-être d'autres marques ?
- Marina
Oui, pour ce qui est de la communication, depuis un an environ, je me suis accompagnée par une agence de communication qui crée des concepts, qui m'assiste en fait dans tout ce qui est communication. pour la marque Sana. Et l'agence s'appelle Mystique Studio et elle est basée au Cameroun. Pour les shootings, on travaille avec des professionnels, avec des mannequins professionnels, mais tout ça, en fait, est sous la coordination de l'agence.
- Ramata
Donc, du coup, tu travailles avec une agence pour pouvoir débloquer les vidéos de campagne. C'est toi qui m'as donné des impulsions sur ce que tu attends ou c'est plutôt eux qui te font des propositions en termes de collaboration ?
- Marina
En fait, je dis ce que j'attends. Ils font des propositions et parmi les propositions qu'ils font, je valide une. En général, il y a deux, trois propositions et je valide une. Même quand on veut travailler avec une influenceuse, je propose, ils étudient le profil. Et ensemble, on voit si oui ou non, son profil colle en fait, son univers colle avec la marque. Et on décide d'y aller ou pas.
- Ramata
Très bien. Est-ce que, alors toi, tu as parlé de... de pop-up. Est-ce que tu participes aussi à des défilés ? Est-ce que ça fait partie de ta stratégie de te positionner sur du défilé pour pouvoir faire connaître ta marque ?
- Marina
Je dirais oui et non. J'ai déjà participé à un défilé. J'ai participé en décembre dernier à la Fashion Week d'Aguidion. Je l'ai fait parce que je voulais rencontrer des professionnels de la mode. Enfin, des professionnels de la mode, oui, comme moi. Et moi, je suis fashion entrepreneur. Il y a plein de créateurs qui font faire des pièces eux-mêmes et tout. Pas vraiment la même chose, mais je voulais en fait voir cet univers et comprendre comment il fonctionne. Donc j'ai participé à un défilé et j'ai bien aimé l'expérience. Oui, je participerai peut-être à une prochaine Fashion Week, mais je pense qu'il faut faire une collection spéciale en fait pour les défilés, parce que je me suis rendue compte lors de la dernière Fashion Week. Mes pièces en fait, ce sont des pièces qu'on peut porter sur des podiums comme hors des podiums. Et je me suis rendue compte, je le savais déjà, mais je l'ai encore mieux compris et mieux vu à la Fashion Week, parce que ce sont des pièces vraiment extra, qu'on ne peut pas forcément porter à la ville, donc bien dans la vie de tous les jours, qu'on présente sur les podiums. Mais j'aimerais bien, oui, mais peut-être pas cette année, peut-être l'année prochaine. Pour l'instant, j'ai d'autres projets pour la marque.
- Ramata
Alors, tu parles d'autres projets pour la marque. Ce que tu évoquais, c'est le fait que tu es en train de, comment dire, que tu vas avoir une boutique physique qui va ouvrir prochainement au Cameroun. C'est quoi les projets que tu peux partager avec nous ? En tout cas, c'est quoi ton ambition à 3 ans, à 5 ans pour la marque Salah ?
- Marina
Mon ambition à 3 ans, c'est d'avoir une boutique physique. Au Cameroun, pour l'instant, j'ai entamé le chantier, mais je suis en train de me demander s'il faut que je l'ouvre au Cameroun ou dans un autre pays d'Afrique. Parce que le Cameroun, il y a une clientèle qui me connaît, le gros de ma clientèle au Cameroun, c'est clair, à Yaoundé surtout. Mais je me demande, vu que le Cameroun c'est un environnement assez compliqué et que les habitudes de consommation au Cameroun sont assez spéciales, je suis en train de me demander s'il faut que j'ouvre la boutique au Cameroun ou à Abidjan ou à Cotonou par exemple. Là, ce n'est pas encore vraiment décidé, mais c'est sûr qu'au Cameroun, il y aura une sorte de petit showroom au moins. Vu que c'est là, c'est mon pays et que je suis basée à Douala. Bon, maintenant pour les autres projets, j'espère pouvoir participer à des pop-up plus grands, où il y a, qui réunissent plus de monde, un public plus cosmopolite, pour mieux faire connaître la marque et puis faire des collaborations avec des influenceuses. Je n'aime pas trop ce terme en fait, je préfère dire, je ne sais pas, le terme influenceuse me dérange un tout petit peu. mais faire des collaborations avec plus de créatrices de contenu qui sont basées à l'étranger et qui vont, comment dire, me permettre d'avoir accès à leur communauté.
- Ramata
Justement, en parlant de collaboration avec des créateurs de contenu, est-ce que ça, ça fait partie de ta stratégie ? Est-ce que tu as déjà habillé, je dirais, des femmes d'influence ? dont le métier n'est pas forcément la création de contenu, mais qui peuvent être des conférencières, des femmes d'affaires ou autres, qui vont porter tes tenues et qui vont être des ambassadrices de ta marque. Est-ce que ça, ça fait partie de ta stratégie de communication ?
- Marina
Oui, bien sûr, ça fait partie de ma stratégie de communication. J'habite pas mal de femmes d'influence, des femmes d'impact. Je ne vais pas forcément les citer, mais elles sont des amies et des clientes. et qui veulent bien après m'envoyer une photo avec des vêtements de la marque. Il y en a pas mal d'ailleurs sur la page Instagram. Mais j'envisage aussi de faire des partenariats avec des femmes d'impact, des femmes de valeur. C'est ce type de partenariat que je veux nouer.
- Ramata
Très bien. Est-ce que dans ta stratégie, tu envisages aussi peut-être de participer à des concours ? Voilà, tu es au côté pop-up. tu évoquais le fait d'ouvrir une boutique déjà au Cameroun et puis après pourquoi pas dans d'autres pays d'Afrique est-ce que tu envisages il y a le concours par exemple Africa Fashion Hub qui donne l'opportunité de défiler à Paris et qui donne aussi l'opportunité d'avoir accès à un programme d'accompagnement un accélérateur pour développer la marque, est-ce que ça c'est des choses auxquelles tu penses, qui peuvent faire partie en fait que tu peux inscrire un petit peu en projet par rapport au développement de la marque
- Marina
Ah oui, j'avoue que j'y pense, mais je ne sais pas si je vais avoir le temps de tout faire. Peut-être dans deux ou trois ans, oui, pourquoi pas. Mais dans l'immédiat, je ne suis plus en train de travailler sur les partenariats. Il y en a un qu'on a presque conclu pour la fin de cette année avec le démarrage de la nouvelle collection qui va être fin août, début septembre. Et oui, ça pourrait m'intéresser, mais peut-être pas pour tout de suite. Mais bon, entre-temps, il faut peut-être que je me pose, que je réfléchisse. Peut-être pour l'été prochain, mais il faut que je postule et que je sois prise. J'aimerais bien, pourquoi pas, défiler à Paris.
- Ramata
Effectivement, de toute façon, ce genre d'initiative, il faut pouvoir se les écrire dans un calendrier et se dire, voilà, je me prépare et ça peut être dans un an, dans deux ans, dans trois ans. Mais effectivement, il faut se l'écrire dans un calendrier pour pouvoir être prêt, pour pouvoir présenter sa marque, effectivement. C'est ça. Toi, aujourd'hui, en termes d'équipe, comment est-ce que tu travailles ? Donc voilà, tu as fondé cette marque, comme tu l'expliques, 2019-2020, au sortir du Covid, tu t'es dit, je vais changer de trajectoire professionnelle et je vais développer une activité professionnelle qui est en lien avec ma passion pour la mode. Tu travailles, comment tu t'es organisée en termes d'équipe ? Donc ce que tu évoquais, c'est sur la partie communication, tu as une agence. Mais sinon, au quotidien, comment est-ce que tu... organise en fait le développement de l'activité ?
- Marina
Alors, moi je m'occupe, j'ai une équipe, une petite équipe à l'agence de communication. Il y a une équipe en fait qui est chargée de la logistique donc de tout ce qui est livraison parce que je commence à en avoir pas mal. Mais moi je m'occupe de tout ce qui est création, tout ce qui est sourcing parce qu'il faut acheter des tissus et de toutes les relations avec l'atelier parce que je crée les modèles, je les dessine, je fais tout, comment dire, tout le paquet. technique et j'envoie à l'atelier pour confection. Et là, je reçois des prototypes, je valide les prototypes, ou pas, parce qu'il y a souvent des retouches ou des modifications à faire. Et voilà, donc moi, je suis en fait concentrée sur l'aspect création. L'atelier, ça s'occupe de la confection, mais je suis quand même la confection. Il y a une équipe qui s'occupe de la communication et une petite équipe. qui s'occupe de la logistique, donc de tout ce qui est livraison, réception des colis, parce que l'atelier, en fait, n'est pas basé au Cameroun. Donc, il confectionne, il les envoie au Cameroun, mais il est basé en Afrique, oui. Il les envoie au Cameroun, il y a l'équipe qui les réceptionne, qui enregistre et qui dispatche en fonction des commandes. Ou même, parfois, on en fait suffisamment pour en avoir en stock, parce qu'on a toujours du stock disponible pour les commandes Internet. via le site internet, tu veux dire.
- Ramata
Très bien. Donc, on comprend qu'on a affaire à quelqu'un où toi, tu avais un background quand même de ta formation de responsable de service, une partie distribution assez carrée, assez organisée dans la manière dont tu expliques comment est organisée ton activité. On le ressent. Aujourd'hui, ce que tu évoquais, c'est que tu as un site internet, c'est une boutique sur laquelle on peut passer commande. Aujourd'hui, tu travailles avec une partie de stock disponible. Est-ce que c'est possible d'avoir du sur-mesure ou est-ce que tu travailles plutôt sur du prêt-à-porter ?
- Marina
Je travaille sur du prêt-à-porter, mais oui, c'est possible d'avoir du sur-mesure parce que on va du XS au 52. Donc, on a pas mal de clients, des femmes qui sont assez fortes et qui aiment nos pièces. Donc oui, on peut prendre certaines pièces et on les fait sur-mesure. Dans un délai d'un mois max.
- Ramata
Très bien, c'est tout à fait clair. Et est-ce que tu es parfois sur des projets de cérémonie, de mariage, des choses comme ça, auxquelles tu vas participer peut-être à appuyer les demoiselles d'honneur ou à appuyer la mariée ? Est-ce que ça, ça fait partie d'un pan de collection que tu travailles, toute la partie cérémonie, ou toi, tu es plus business corporate en termes de collection ?
- Marina
Je suis plus business corporate en termes de collection. Je ne suis pas du tout dans tout ce qui est événements, en tout cas pas encore. Je suis plus business corporate. Bon là, je prévois aussi à partir de la fin de cette année, une petite capsule pour les fêtes de fin d'année. Donc une capsule, comment dire, des pièces vraiment habillées, faites principalement de soie, de bambou. Ça a commencé d'ailleurs un peu avec l'avant-dernière collection. Mais pour la fin de cette année, il y aura une collection faite en fait, avec des pièces vraiment habillées. Donc ça ne va pas être que du corporette en fait. Moi, il y a un petit volet corporette, mais c'est beaucoup de casual. Cette année, ça va être... plus de corporate et en plus j'ai rajouté la capsule fête de fin d'année.
- Ramata
Aujourd'hui, la collection, c'est principalement une collection pour des femmes. Est-ce que tu envisages peut-être à un moment donné de faire de l'homme, de faire de l'enfant ? Est-ce que ça fait partie des choses auxquelles tu penses ? Ou pas forcément ?
- Marina
Oui, oui, je pense vraiment à faire de l'homme parce qu'il y a beaucoup d'hommes qui m'approchent, surtout pour les pièces en lingue et qui me disent « Ouais, mais pourquoi il n'y a pas de chemise en lingue pour les hommes ? » Donc oui, très bientôt, il va y avoir une collection homme. Peut-être même à la fin de cette année, il y aura des pièces pour rendre. Sinon, ce sera en début d'année prochaine.
- Ramata
C'est intéressant de voir comment le business évolue avec un premier segment que tu développes et puis après, petit à petit, en fonction des demandes de tes consommateurs, tu vas pouvoir développer d'autres segments. Est-ce que la partie chaussures, accessoires, bijoux, est-ce que c'est des choses auxquelles tu penses aussi ou pas forcément, tu préfères te concentrer sur le côté ? prêtes à porter et éventuellement quelques commandes sur mesure ?
- Marina
Pour l'instant, je me concentre sur le côté prêtes à porter et, comme vous dites, éventuellement quelques commandes sur mesure. Mais j'envisage un petit côté accessoire, peut-être pas tout de suite, parce qu'il faut chercher des bons fournisseurs. Là, je suis en train de regarder déjà quel fournisseur, avec quel fournisseur je peux travailler. Mais ça va être que des accessoires, peut-être des sacs, des bijoux, mais pas de chaussures, non, pas de chaussures. Pas pour l'instant, en tout cas. Là, je commence à réfléchir. C'est tout ce qui est accessoires, comme des sacs ou des bijoux.
- Ramata
Ok, très intéressant avec l'idée d'avoir une marque globale qui permette d'habiller la femme un peu de la tête aux pieds, même si on ne fait pas les chaussures. En tout cas, d'avoir la pièce de prêt-à-porter et puis pourquoi pas les accessoires qui viennent agrémenter la tenue. En termes de rythme de collection, au Blondini ? dans ta façon de travailler, est-ce que tu proposes plusieurs collections par an ou en tout cas, quel est le rythme de propositions, de nouveautés et de collections ?
- Marina
Pour l'instant, je propose deux collections par an. Mais à partir de l'année prochaine, je vais passer à trois collections. Donc, une collection pour la rentrée et qui sera principalement des pièces corporate. Ma petite collection casual, c'est quand même les pièces de Sana que je vends le plus. Les fameux 7 en 6 blends. Et comme je le disais, c'est le produit que je vends le plus parce que je pense que c'est un produit qui répond vraiment à un besoin. Parce que je crois que je disais tout à l'heure que j'ai étudié l'habillement et même le comportement d'un chat des femmes d'un certain âge. Il fait chaud en Afrique, elles ne veulent plus être dans des vêtements près du corps et tout. Donc, beaucoup optent pour le boubou. Donc, j'ai pensé à une pièce qui pourrait donner le même confort que le boubou, sans être le boubou, et qui pourrait permettre à des femmes d'un certain âge de rester élégantes. Et c'est comme ça que je crée, enfin pas que je crée, parce que c'est une pièce qui existe aujourd'hui, qui existe depuis toujours dans plusieurs marques. Mais c'est comme ça que je propose le 7 ans Silk Blend. Donc, ce côté quai, je dois le rester parce que c'est quand même un essentiel de la marque. Mais là, on va se développer sur des pièces corporate. et sur une petite capsule de fête.
- Ramata
Et est-ce que, donc là, ce que tu expliquais, c'est que tu as pris le temps d'analyser en fait vos comportements d'achat de la consommatrice, d'analyser ses besoins et de te dire, voilà, moi je vais me positionner sur ce type de produit-là parce que ça répond vraiment à un besoin spécifique de la cliente. Moi, cette analyse-là, comment est-ce que tu l'as fait ? Est-ce que c'est en interrogeant des femmes de ton réseau ? Est-ce qu'on s'est en regardant un petit peu ? peu ce qui se passe quand tu participes à des événements. Comment tu fais pour collecter des data qui sont précieuses pour pouvoir après prendre des décisions de développement de collection ?
- Marina
C'est beaucoup d'observation. C'est vrai que j'ai interrogé deux ou trois femmes, mais c'est beaucoup d'observation. Et puis moi-même, je suis une femme au-delà de 40 ans, je sais ce que je veux porter aujourd'hui. Donc, je sais ce que je veux porter aujourd'hui et comme il fait chaud en Afrique, je suis... Je suis très souvent portée vers tout ce qui est boubou, des pièces fluides, pas près du corps. Des pièces confortables. C'est comme ça que l'idée m'est venue. J'ai parlé à deux ou trois personnes, j'ai observé. C'est comme ça que j'ai décidé de me lancer dans des pièces fluides, confortables. qui sont adaptées au pays chaud. En plus, mes sets en sick blend ont une particularité, ils ne se froissent pas, ils se lavent à la machine. Et c'est hyper pratique parce que je travaille avec beaucoup de femmes dirigeantes, ce sont mes clientes, elles les plient, elles les mettent dans un trolley, elles vont en mission, arriver où elles vont, elles n'ont qu'à ouvrir la valise, prendre le set et peut-être descendre rapidement pour dîner. où elles sont coquettes pour un rendez-vous, alors qu'à l'époque, elles auraient pris un bon bout. Vous voyez ce que je veux dire ? Là, c'est le retour que beaucoup de mes clients m'ont fait, car c'est trop pratique. Je le porte facilement, je le mets dans ma valise, je n'ai pas besoin de me fatiguer. Ils se lavent en machine, je n'ai pas forcément besoin de le reposer, de le repasser parce qu'ils ne se froissent pas vraiment. Et je le porte facilement pour plusieurs types d'occasions.
- Ramata
Donc là, ce que je comprends, c'est que d'une part, toi, quelque part... tu as créé une connexion qui correspondait à un besoin que tu avais toi, c'est-à-dire que toi, à un moment donné, tu recherchais peut-être ces pièces casual, faciles à porter, quand on voyage énormément, quand on est une femme d'affaires, ou en tout cas qu'on impose sa responsabilité dans une boîte et qu'on est amené à voyager dans différents pays d'Afrique ou même à travers le monde, on va chercher une tenue qui soit élégante, facile à porter et le contenir, la matière en matière de On n'a pas besoin de repasser. Donc, toi, tous ces éléments-là, quand tu construis la collection, tu les as en tête et tu te dis, dans ta recherche de matière, dans ton développement produit, ce sont des éléments que tu intègres ?
- Marina
Ah oui, tout à fait. Oui, oui, clairement.
- Ramata
Ok, très bien. C'est intéressant de voir comment fonctionne ton processus créatif. Et donc, toi, aujourd'hui, tu as déjà identifié tes pièces iconiques. Tu parles de ce fameux set en soi. Est-ce que tu as d'autres pièces ? J'imagine que tu renouvelles les imprimés à chaque collection. Est-ce que tu as d'autres pièces iconiques qui, aujourd'hui, sont un peu les références et les clientes qui te connaissent, elles viennent te voir pour ces produits-là ?
- Marina
Oui, on a d'autres. Le fameux 7, c'est de la silibline, en fait. C'est 85% de soie et 15% de matière synthétique qui permettent de garder la beauté et le brillant de la soie. Mais c'est grâce à cette... à ces 15%-là, que le tissu ne se froisse pas. Parce que la soie est très difficile d'entretien. Elle se froisse beaucoup. Et il faut l'amener tout le temps au pressing. Donc, en termes d'entretien, ça revient très cher. Donc, j'ai cherché une matière qui puisse être aussi jolie que la soie, sans toutes ces contraintes en termes d'entretien. Donc, oui, le 7 en 6 blindes, c'est une des pièces iconiques. Il y a désormais deux autres pièces qui deviennent des pièces iconiques. Il y a les fameux 7 en lin. fait en 100% l'un de l'un des très bonnes qualités que les clients recherchent, qu'ils aiment beaucoup et qu'ils réclament même quand il est en rupture de stock. Je les refais à pratiquement toutes les collections, je ne change que les couleurs pour éviter en fait que tout le monde se retrouve avec le même ensemble. Et maintenant, il y a ma petite collection en soie de bambou que les clients réclament. Parce que la soie de bambou, c'est incroyable, mais c'est ce que je propose, elle est ce lavalo. Je l'ai testée, elle se lave à l'eau et elle garde le même brillant. Elle se froisse très peu. Donc, il y a des pantalons en soie de bambou que les clients aiment beaucoup, avec les chemisiers assortis ou non. Parfois, je les propose en ensemble, parfois non.
- Ramata
Donc, tu fais vraiment un travail de direction artistique et d'identification des besoins clients et d'apporter à chaque fois de la nouveauté. Tu parles de soie de bambou. Toi, tu as toujours, j'ai l'impression, eu une passion pour la matière et pour aller chercher des matières innovantes qu'on n'utilise pas forcément. pouvoir proposer tes collections ?
- Marina
Oui, c'est ça. Vraiment, j'ai une passion pour la matière. J'aime les matières nobles et les matières confortables. Ça, moi, en tant que personne, quand le tissu n'est pas confortable et que la matière n'est pas noble, je veux dire, je ne suis pas à l'aise dedans. Donc, je ne propose pas. Je propose des vêtements agréables à porter, en fait.
- Ramata
Très bien. La notion de confort, elle est importante dans la manière dont tu proposes tes collections, en fait.
- Marina
Oui, c'est ça. Elle est très importante.
- Ramata
Et en termes de couleurs, d'imprimés, comment tu tues tes propositions d'imprimés ? Est-ce qu'il y a des thèmes en particulier que tu aimes bien mettre en avant ou chaque saison, il y a des nouvelles propositions ?
- Marina
En chaque saison, il y a des nouvelles propositions. Chaque saison, il y a des nouvelles propositions. Mais j'aime bien, en termes de couleurs quand même, proposer des couleurs qui rappellent un peu l'Afrique, comme du marron, du... pas orange, mais terracotta, des choses comme ça. J'aime bien ces tons-là, en fait. Quand vous regardez ma page, il y a pas mal de tenues dans ces tons-là. C'est vrai que je rajoute des couleurs, comme du vieux rose et tout, parce qu'on ne va pas rester que sur ces couleurs. Mais j'aime bien qu'il y ait un rappel d'Afrique, que ce soit en termes de motifs ou même en termes de couleurs dans les pièces que je propose. Mais c'est vrai que c'est assez subtil, je le rappelle.
- Ramata
Donc, super intéressant de comprendre en fait ce processus créatif qui finalement n'est pas dans une dynamique de... Voilà, il y a une direction artistique avec des choses très pointues et parfois pas forcément faciles à porter. On sent que toi, il y a un côté quand même compréhension des attentes du client et je fais une offre qui va être pertinente par rapport à ce client-là. En termes de positionnement prix, tu te dirais que tu te positionnes à quel niveau ?
- Marina
Je me positionne en fait dans le segment premium, clairement. Mes tarifs en fait reflètent la qualité des prestations, la qualité des matières, la qualité des finitions que je propose. Parce qu'il y a quand même des tissus de certaines qualités qu'on propose qui coûtent un certain prix. Et les finitions des pièces coûtent aussi un certain prix parce qu'on travaille des actifs. avec des ateliers professionnels qui sont très regardants sur la qualité des finitions et qui, forcément, nous coûtent un certain prix. Donc, mon positionnement est clairement premium.
- Ramata
Très bien,
- Marina
c'est clair.
- Ramata
Écoute, on arrive à la fin de cette interview. Moi, j'étais ravie de pouvoir échanger avec toi et d'en savoir plus sur la marque SANA et sur la genèse de cette marque et sur aussi tes ambitions pour l'avenir. Donc là, tu viens de finir dans le pop-up parisien. Dans les prochains mois, quelle va être un petit peu l'actualité de la marque ? Alors moi, je mettrais en note de l'épisode le lien vers le site internet et la page Instagram. Mais est-ce qu'il y a des événements qui se préparent dont tu peux nous parler ?
- Marina
Oui, le prochain événement, c'est le Branch African Women à Lagos dans le cadre du Cannex 2026. Le CanX, en fait, c'est... Comment dire, l'événement en fait qui est créé par Afrexim Bank autour des industries créatives. Et cette année, il a lieu en fin 2026 à Lagos et Sana va participer avec le brunch African Women.
- Ramata
Très bien, super.
- Marina
Donc, c'est le prochain événement sur lequel on travaille. Donc, la prochaine sortie de Sana, c'est à Lagos. En dehors du Cameroun et du site internet où on peut avoir des pièces, mais le prochain événement auquel Sana participe, c'est à Lagos en novembre 2026.
- Ramata
Et est-ce que tu prépares une collection spécifique pour cet événement ?
- Marina
Oui, une collection spécifique. Ça va être l'occasion de vraiment lancer la première vraie collection corporate de Sanaa. La dernière collection, il y avait quelques pièces corporate, mais cette année, on va mettre un gros accent sur les pièces, sur le corporate. Et il y aura une vraie capsule de fêtes. Et comme l'événement, c'est en novembre, je crois que ce sera pour moi l'occasion de présenter. les pièces au grand public. Les pièces de la collection faites de fin d'année au grand public.
- Ramata
Très bien, je ne peux que te souhaiter pleine réussite déjà dans la préparation de cet événement et dans le lancement de ces nouvelles collections. Et puis, on a hâte de voir les images sur le site Internet. J'espère que tout le stock ne va pas être envoyé à l'égo. Il y aura la possibilité d'acquérir le site Internet pour ceux qui n'auraient pas l'opportunité de participer à cet événement.
- Marina
Bien sûr, il y a toujours des pièces. J'ai toujours un stock disponible pour les ventes en ligne. Toujours. Et même quand la taille n'est pas disponible, on peut commander et les délais de production sont très rapides. Donc, deux, trois semaines maximum, on est livré.
- Ramata
OK. Ça, c'est une bonne nouvelle à savoir. Écoute, plein de réussite encore pour la préparation. Je pense que l'enjeu, c'est de bien préparer ce gros événement-là. Et puis, je te dis à très vite. en Afrique ou ailleurs.
- Marina
Ok, c'est moi qui vous remercie pour cet échange et pour le temps que vous m'avez accordé. J'ai beaucoup apprécié notre discussion. Donc, on se dit à bientôt.
- Ramata
À bientôt, merci, au revoir.
- Marina
Au revoir.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.