- Eustache
En fait, en Afrique, ou au Bénin précisément, on a cette culture d'aller voir un couturier et faire des vêtements sur mesure. Et on a la chance aussi d'avoir Miss Ebo qui est un marché de fripes, où on pourrait retrouver des vêtements de seconde mère ou aussi des tissus en friperie. Du coup, en fait, ce que je faisais, c'est que j'allais dans ces marchés, je vais chercher les tissus et je vais me faire des vêtements en mode des vestes, des pantalons cargo, voilà. Parce que c'est un peu mon style, c'est ce que j'aime. En tant que photographe, j'aime bien avoir des pantalons cargo, j'aime bien avoir des vestes et tout. Et du coup, en fait, je suis allé créer ces pièces. Et j'avais un ami qui était là, qui avait vu mes vêtements. Il me dit, c'est trop bien ce que tu fais. Est-ce que tu m'amènes voir ? Parce qu'en fait, il est français et il était en expatriation ici. Et il m'a dit, est-ce que tu pourrais me faire des vêtements aussi ? J'ai dit, écoute, ce que je vais te proposer, je vais te faire vivre l'expérience. Tu viens avec moi, je t'amène au marché. C'est sport, mais je t'amène voir le marché, il y a du monde et tout, mais voilà, on va essayer d'aller choisir un tissu comme j'ai l'habitude de le faire. Et après, je te ramène chez mon couturier, on te fait une veste sur mesure.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramata Dialo, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Eustache Aroumanion, le fondateur de la marque béninoise Vognon. Il fait partie de la première cohorte de l'incubateur Fly de Sémé City et il organise en juin 2026 son premier pop-up à Paris. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque. Bienvenue Eustache, comment vas-tu ?
- Eustache
Salut Ramata, ça va très bien et toi ?
- Ramata
Ben écoute, ça va très bien, je suis ravie qu'on ait pu organiser cette interview en duplex Paris-Cotonou. Je vais commencer cette interview comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.
- Eustache
Alors, je m'appelle Eustache Aramayan, je suis à la base artiste photographe. Et j'ai créé la marque Voyons Made in Benin en 2023. Et voilà, j'évolue dans le milieu de la mode depuis quand même quelques années, depuis 2019. Et aujourd'hui, j'ai la marque qui est aujourd'hui en même temps une marque que j'essaie de développer, mais aussi un médium pour moi en tant qu'artiste.
- Ramata
Très intéressant. Donc ce que tu expliques, c'est que toi à la base, tu es photographe. Alors, est-ce que tu as fait des études en fait ? de photographie ? Est-ce que c'est plutôt une passion ? Comment est-ce que tu as démarré la photographie ?
- Eustache
Pour vraiment vous présenter mon parcours, moi, je n'ai pas fait d'études de photos. C'est plutôt la passion. J'ai ma maman qui est photographe, ce qui fait que je le détiens un peu dans le sang. Mais sinon, pour parler de mon parcours d'études et tout ça, j'ai eu un bac scientifique. Après, j'ai fait l'université comme tout le monde pour faire plaisir aux parents. J'ai fait la géographie à l'université jusqu'à ma licence. Après, j'ai arrêté. Alors, il faut savoir que quand j'étais déjà à l'université, j'ai eu des opportunités dans la mode. Ça m'a conduit dans la mode. En fait, je suis devenu mannequin déjà ma deuxième année de géographie. Et du coup, j'ai intégré une agence de mannequinat. et très vite j'ai trouvé goût à la mode que... plus qu'à la géographie. Et donc, j'ai plus continué dans cet univers-là. Et voilà, j'ai été mannequin pendant un bon moment. J'ai voyagé pas mal en Afrique. Et arrivé un moment où je me suis dit, bon, j'ai envie de trouver autre chose dans la mode qui me permettrait déjà d'avoir un business plus pérenne parce qu'il ne faut pas se mentir, le mannequinat, c'est un milieu très éphémère. Je me suis dit, j'aimerais bien trouver quelque chose qui me passionne et qui en même temps pourra me nourrir. Du coup, je parlais avec mon frère qui est réalisateur. Je lui ai dit, écoute, j'ai envie de trouver autre chose, qu'est-ce que tu me conseilles ? Il me dit, écoute, ce que je peux te proposer là tout de suite, je n'ai rien, mais je peux te proposer en mode, tu viens avec moi sur des tournages vidéo, tu fais des backstage, tu fais des photos, les BTS et tout, et après je pourrais te trouver quelque chose le temps que tu arrives à réfléchir. Et en fait, ce qui est marrant, c'est que moi, j'étais encore mannequin quand j'ai commencé par faire ce travail avec lui. Et très vite, j'ai ramené la photographie de la mode, en fait. J'ai commencé par, du coup, photographier des mannequins, par faire des photos éditos, par photographier des collections. Et voilà, tout doucement, j'ai commencé à laisser le mannequinat et à me concentrer en tant que photographe. Du coup, en fait, j'ai commencé à faire la photographie en tant que photographe de mode. Et après, voilà, ça a évolué. J'ai eu mon premier studio, je ne commençais pas à avoir d'autres clients hors la mode. Aujourd'hui, je suis arrivé à un niveau où je ne travaille plus trop avec les clients pour faire du consommable, juste pour avoir de l'argent. Mais en fait, je travaille en tant que photographe artiste aujourd'hui. Je fais plus de reportages, je fais plus de la documentation et je suis vraiment dans un délai où je vais photographier et après je vais exposer. Donc voilà, je travaille et je documente beaucoup sur le Vodou. Ce qui m'a aujourd'hui amené à créer des vêtements qui sont inspirés de ma photo. Je crée mes vêtements en m'inspirant de mon parcours d'artiste photographe. Quand je m'inspire des cérémonies que je vais photographier, des objets que je vais trouver, des couleurs, des techniques, des broderies. L'idée c'est de créer une marque de vêtements qui parle. aux Béninois qui connaissent la culture béninoise et pouvoir parler aux gens qui sont qui ne connaissent pas du tout non plus. Donc en fait l'idée c'est pas de créer une région des vêtements que les Béninois puissent porter que eux puissent porter mais en fait que tout le monde puisse porter mais en fait avec l'histoire que ça le touche en fait. Donc voilà c'est un peu le délire de la marque de vêtements du temps partant de mon parcours. Donc de base artiste photographe Et voilà, après, la marque de vêtements est venue un peu compléter ma manière d'expression.
- Ramata
Très intéressant. Donc, tu évoques le fait qu'aujourd'hui, tu fais de la photo et tu fais des expositions. Donc, comment est-ce que tu décides de tes sujets ? Tu parlais du vaudou, en fait, que tu travailles sur ce sujet-là en particulier. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ? Comment est-ce que tu as évolué depuis la photographie de mode vers le côté artiste ? Tu vas faire des photographies sur un thème vraiment précis et tu vas l'exposer.
- Eustache
Ok. Alors, tout à l'heure, je vous disais que ma maman, elle est photographe. Enfin, elle ne travaille plus, elle ne photographie plus aujourd'hui, mais elle était photographe. Et du coup, depuis l'enfance, on nous a habitués à la caméra, tout ça. Alors, quand je me suis retrouvé un peu dans ce moment où je me perdais un peu, et que j'ai commencé la photo de Maud, je sentais que j'étais bien dans la photographie de Maud, mais j'avais un truc qui me manquait. J'avais l'impression que j'étais encore dans un truc éphémère, comme je ressentais avec les mannequins quand j'étais mannequin. Et donc, j'ai décidé à un moment de travailler sur un sujet qui me parlait. Moi, il faut savoir que je viens d'une famille royale. Mon père était roi. Et du coup, depuis l'enfance, j'ai grandi dans l'univers Vaudon. j'ai vu beaucoup de cérémonies Vaudon quand j'étais enfant et ma maman photographiait pas mal de cérémonies Vaudon aussi et du coup en fait je me suis rappelé que quand j'étais enfant les trucs qui me fascinaient le plus dans les photos de ma mère c'était les photos de cérémonies et du coup je me suis dit ok je vais essayer et je suis allé une fois durant du coup aujourd'hui on appelle ça les Vaudondaises mais avant c'était la fête des Vaudons je suis allé une fois à Ouida et j'essayais de photographier de couvrir l'événement Afin de pouvoir vendre des photos à la presse. Parce que j'ai aussi eu un moment où je voulais vraiment faire de la photo journal, de la photographie de presse. Et en fait, j'ai été à Ouida, j'ai fait les photos, mais en fait, tout ce que je me rendais compte, quand en fait toutes les photos que je faisais, j'avais totalement un œil de photographe de mode. J'avais pas forcément un œil de photographe de presse. Donc en fait, je me suis dit, OK. Bon, ça m'a un peu frustré, mais je lui ai dit, OK, ce n'est pas grave. Ce que je vais faire, c'est que je vais travailler dans le Vaudron parce que j'aime et je connais ce qui se passe. Je suis initié, je sais de quoi il s'agit. En fait, autant que je travaille dans ce milieu, mais en ramenant ma touche de photographe de mode. Aujourd'hui, j'évolue beaucoup dans la documentation du Vodou. Mais quand on regarde ma photographie, on a l'impression que c'est du posing. On a l'impression que je travaille comme si je travaillais dans la mode. C'est ça qui fascine beaucoup les gens. Parce que le Vodou, quand je vais dans les couvents, quand je vais photographier les costumes, il n'y a rien de posé. Mais quand j'ai un regard de photographie de mode, j'arrive à sentir cela. Et ma sensibilité, mon œil est sensible qu'à ce genre de choses, genre les détails, aux détails, à la beauté et tout ça. Donc voilà un peu comment est-ce que de photographie de mode, je suis arrivé à la photographie culturelle, genre de Vaudon, de documentaire. Et en fait, aujourd'hui, j'évolue vraiment dans un truc où en fait, quand je vais sur une cérémonie, j'ai beaucoup de cases que je dois cocher. En fait... J'aime ma marque de vêtements, du coup je m'inspire de ces cérémonies. En même temps, quand je photographie, je m'inspire en même temps. Et de l'autre côté, j'essaie de faire des photos que je pourrais exposer après. Du coup, ça m'est arrivé de faire beaucoup d'expos. J'ai exposé pas mal, j'ai exposé à Paris, j'ai exposé à Cotonou. Et puis voilà, là je vais bientôt exposer encore à Paris en octobre si tout se passe bien. Donc voilà, c'est plutôt ça, c'est tout mon travail de photographe. qui nourrit aujourd'hui ma créativité, mes créations en tant que designer de mode. Et c'est vice-versa en fait.
- Ramata
Très intéressant. Et est-ce que tu projettes ou est-ce que tu as déjà prévu un livre ? Tu sais, tu as des beaux livres de photographie où on va pouvoir voir les différentes photos que tu as pu faire. Et souvent, il y a certains artistes, notamment dans la photographie, qui produisent ce genre d'œuvres. Est-ce que ça fait partie du projet que tu peux avoir ?
- Eustache
Alors c'est drôle parce que j'ai déjà fait un prototype. J'ai un prototype avec ma compagne. On a travaillé sur un prototype de beau livre que les gens apprécient beaucoup. Et là, on est en train de lancer tout doucement la Maison Voyant, le local de Voyant, où on va proposer d'ici quelques mois ou d'ici quelques années ce beau livre. Et en fait, ce beau livre m'a permis du coup de... de déclencher une collaboration avec un monsieur collectionneur d'art, il défend sa faute bolo, où on a travaillé sur la famille des Egongons. Du coup, on a travaillé sur tous les costumes, sur tous les types de costumes Egongons qu'on pourrait trouver dans la famille des Egongons et on a fait un livre. Du coup, c'est déjà ce projet de faire de beaux livres et même avec ce prototype, j'ai déclenché. cette collaboration et je pense que je suis dans une lancée où je vais proposer des vêtements mais aussi des beaux livres.
- Ramata
Très bien, mais écoute, hâte de pouvoir avoir l'opportunité de découvrir, de feuilleter ce beau livre. Donc, tu expliques que quelque part, tu fais ce travail de photographie et qu'à un moment donné, tu décides de créer une marque et cette marque en fait, c'est un autre espace d'expression pour à... ta créativité. Est-ce que tu peux expliquer un petit peu comment à un moment donné, de la photographie, tu passes vers le côté mode ?
- Eustache
Comme je vous l'expliquais, c'est aussi mon expression, mais je ne l'ai pas pensé comme ça quand je me créais la Mac. Comment est-ce que la Mac est arrivée ? J'ai eu l'opportunité, je devais aller travailler en France et juste avant de partir en France, je me suis dit, bon... Là, je vais arriver en France, j'aimerais avoir des outfits qui correspondent à mon milieu. En fait, en Afrique, au Bénin précisément, on a cette culture d'aller voir un couturier et faire des vêtements sur mesure. On a la chance aussi d'avoir Missy Bo qui est un marché de fripes, où on pourrait retrouver des vêtements de seconde main ou aussi des tissus en friperie. Du coup, en fait, ce que je faisais, c'est que j'allais dans ces marchés, je vais chercher les tissus et je vais me faire des vêtements en mode des vestes, des pantalons cargo, voilà. Donc, parce que c'est un peu mon style, c'est ce que j'aime. En tant que photographe, j'aime bien avoir des pantalons cargo, j'aime bien avoir des vestes et tout. Et du coup, en fait, je suis allé créer ces pièces et j'avais un ami qui était là, qui avait vu mes vêtements. Il me dit, ben, c'est trop bien ce que tu fais. Est-ce que tu m'amènes voir ? Parce qu'en fait, il est français et il était en expatriation ici. Il m'a dit est-ce que tu pourrais me faire des vêtements aussi ? J'ai dit écoute ce que je vais te proposer, je vais te faire vivre l'expérience. Tu viens avec moi, je t'amène au marché. C'est sport mais je t'amène voir le marché, il y a du monde et tout. Mais voilà, on va essayer d'aller choisir un tissu comme j'ai l'habitude de le faire. Et après je te ramène chez mon couturier, on te fait une veste sur mesure. Et du coup en fait quand je l'ai fait, il a vraiment aimé. Et du coup tous nos amis autour ont commencé par demander pareil. Et je lui ai dit ok, il y a peut-être un truc à faire. J'avoue que j'étais dans une période où je cherchais un business qui allait pouvoir financer ma photo. Parce que la photo que je fais, ça me demande beaucoup d'investissement. Et je lui ai dit, ok, peut-être que je tiens le truc. Et en fait, c'était juste avant d'aller en France. Et je lui ai dit, ok, ce que je vais faire, je vais tester en France, je vais faire quelques pièces, je vais ramener en France et voir ce que ça donne. Du coup, arrivé en France, j'étais du côté de Toulouse, je lui ai appelé un ami, je lui ai dit, écoute, viens, j'ai envie que tu poses pour moi. Un ami mannequin, j'ai dit, j'ai envie que tu poses pour moi, je vais faire des photos, je vais essayer de lancer l'Instagram d'une marque que je suis en train de vouloir créer, et puis voilà, je vais voir ce que ça donne. En fait, quand j'ai fait les photos, j'ai posté sur Instagram, ça a très bien marché. J'ai eu des commandes, j'ai vendu et j'ai eu l'opportunité de passer sur un défilé. Et du coup, je fais le défilé. Et avant de faire le défilé, je me suis posé deux questions. Je me suis dit en fait, OK, qu'est-ce que je veux valoriser ? Est-ce que je veux juste valoriser le fait que je suis en train de lancer un business qui va financer ma photographie ou je veux vraiment lancer une marque à partir du moment où j'ai une opportunité de défilé ? Et en fait, je me suis dit, OK, là, ce que je vais faire, je vais créer une marque qui va valoriser le textile africain. Comme beaucoup de marques qui naissent en Afrique comme ça. Et du coup, j'envoie quelqu'un, j'étais en France, j'envoie un contact à moi au marché, je lui dis, écoute, femme, je veux pas du tissu en frible, mais je veux plutôt du tissu africain, comme du beau goulon, et je veux reprendre les mêmes coupes, mais du coup dans ce tissu. Mais voilà, après, il faut savoir que moi, j'aime beaucoup les tissus colorés, mais pas trop non plus, du coup, j'aime bien les tissus colorés, mais sobres, pas trop de motifs. Donc j'ai essayé de voir en sorte avec mon contact pour qu'on achète un tissu qui me corresponde. Et voilà, je crée une petite collection que j'envoie en France pour le défilé. Et du coup, ça a bien marché. Et j'ai eu des commandes, j'ai vendu. Et arrivé au moment où je devais rentrer à Cotonou parce que j'avais mon père qui était malade. Et je suis rentré et je me suis rendu compte en fait, je suis reparti au marché pour voir là où le tissu a été acheté. Je me suis rendu compte par fait que le tissu n'était même pas vraiment africain, c'était de l'imprimé en fait. C'était de l'imprimé caché. C'était de l'horlandais et ils appelaient ça Bougoulon. Du coup, je me suis fait haraquer sur le coup, mais ce n'est pas grave. À partir d'aujourd'hui, je vais créer mon textile. Je vais travailler directement avec les artisans ici et je vais faire mon textile se faire. Et du coup, comme ça, je me suis lancé dans la création du design textile. Et du coup, aujourd'hui, je fais des vêtements 100% tissés à la main, pas nos tisserands. Donc, j'ai un tisserand avec lequel je travaille et avec lequel je développe toutes mes techniques. Et en fait, après ce moment où j'ai commencé par m'orienter vers le design textile, où on valorise le sphère béninois et le textile, il est vraiment 100% béninois. Je me dis, OK, le coton aussi, il est béninois. Je me dis, OK, là, en fait, qu'est-ce que je vais faire de plus ? Je ne vais pas valoriser que ça. Je vais valoriser, du coup, moi, mon travail en tant qu'artiste, mais à travers les vêtements. Et du coup, en fait, je ne vais pas m'exprimer des couleurs. Parce qu'en fait, en tant que photographe, je me concentrais beaucoup plus sur le vaudon. Je me dis, OK, pourquoi est-ce que je vais me... autant mieux je mets tout dans une même logique et du coup je commence par m'inspirer des couleurs des codes des objets qu'on pourrait trouver dans le vaudan et tout en le ramenant un peu en le développant dans du design textile du coup à travers les couleurs à travers les pièces qu'on pourrait trouver comme quand on va dans les cérémonies de Gungun on voit les Gungun les Tchangos avoir un gilet, des choses comme ça Et du coup, en fait, un jour, j'étais là avec ma compagne, je regardais une photo, j'étais allé faire des photos dans un couvent et m'a compagnon regardé tout et me dit, putain, la broderie, elle est dingue. Et du coup, toute l'idée est arrivée de mettre, de faire des panneaux de sequins, des broderies de panneaux de sequins, espérer des costumes et dunguns, mais directement, du coup, à mettre en pâtisserie les vêtements. Du coup, en fait, ça, je me suis dit, putain, ça, ça va être dingue. Mais en même temps, c'est très risqué parce qu'en fait, les costumes et dunguns, c'est des costumes sacrés. on ne peut pas se permettre de les vandaliser ou de les désacraliser. Du coup, en fait, on est parti dans un délit où, voilà, on va essayer de trouver quelqu'un qui pourra accepter de faire ce travail. Mais en même temps, il faut savoir que les gens qui font ces costumes avec nous, ce sont des gens qui ne travaillent qu'en couvent et qui sont des gens secrets. Personne ne les connaît, ils ne sont pas exposés au public. Et du coup, quand moi je suis initié, j'ai eu cette chance du coup, d'aller négocier du coup avec quelques gars de couvent, à qui j'ai expliqué, j'ai dit écoutez... Voilà, voici mon projet. L'idée, ce n'est pas de désacraliser, c'est de ramener, moi, ce que je fais en tant qu'artiste photographe, mais à la mode, à genre aux vêtements. Du coup, ça va aussi permettre de créer une économie plus récurrente, en fait, et on va essayer de collaborer ensemble. Tout en collaboration, je ne veux pas aller, je ne veux pas venir voler votre technique pour ensuite aller produire ailleurs. Du coup, en fait, c'est un petit peu là, cette collaboration, du coup, avec ces artisans secrets, ces artisans de costumes sacrés. On a créé des panneaux de sequins qu'on met directement sur des vêtements cousus avec du tissu local. On a créé un lien entre la tradition et la modernité parce que les coupes qu'on propose sont assez contemporaines. En tant qu'artiste photographe, j'essaie de ramener mon travail en photo ou comment je m'inspire de mes cérémonies pour ensuite créer les vêtements contemporains. Ça a été un peu long, je penserais.
- Ramata
Non, mais c'est parfois le but de l'interview, c'est justement que tu prennes tout ton temps et que tu puisses être long pour pouvoir nous partager en détail ton processus créatif. Moi, ce qui m'impressionne dans ce que tu racontes, c'est que tout ce que tu viens d'expliquer, c'est véritablement le métier de directeur artistique avec quelles sont les différentes inspirations, comment est-ce que tu connectes la photographie, le thème vaudou que tu connais bien, et puis cette idée de marque. qui, à un moment donné, ça avait un côté commercial, mercantile. Je cherche un moyen de monétiser, à développer du chiffre d'affaires. Mais toi, ta réflexion, ça n'a pas été, on va analyser les tendances et on va voir si les gens veulent plutôt du suite. Je vais faire du suite, c'est plutôt, tu as une identité propre à ta marque, un ADN, et c'est ça que tu as cherché à développer. Est-ce que ça, tu dirais que tu l'as fait spontanément, naturellement, parce que tu as travaillé, en fait, quand tu étais étudiant en tant que mannequin, donc tu as toujours côtoyé des marques ? Et donc, du coup, tu connais ce processus ou est-ce que tu as demandé conseil peut-être à des... créateur de marques que tu connaissais. Comment est-ce que ça s'est fait, en fait, cette expertise que tu as développée de la direction artistique ?
- Eustache
Alors, je pense que ça arrivait un peu de manière spontanée. J'aime beaucoup m'habiller en mode... Enfin, j'aime le streetwear, j'aime tout ce qui est suites, j'aime tout ce qui est t-shirts, j'aime tout ça. Moi, je me suis posé deux questions. Est-ce que j'ai envie de créer une marque qui... Suis les tendances, est-ce que je veux juste aller me soucier, je ne sais pas où, et créer des vêtements en mode streetwear, des suites et tout, et juste pouvoir plaire à ce que les gens veulent, ou à ce que moi, ma génération veut, ou est-ce que je veux plutôt créer des pièces, franchement, qui peuvent s'adapter à cette génération, mais qui gardent une valeur vraiment très... en fait, qui valorisent le Bénin. Parce qu'en fait, pour moi, je me suis dit, OK, si j'ai envie de faire ces choses aujourd'hui, est-ce que je pourrais le faire au Bénin ? Je ne suis pas sûr. Je vais devoir aller créer une économie ailleurs. Alors que l'idée, c'était de créer une économie locale. Et pour moi, c'est ce que je dois. Je dois cela au Bénin, à ma culture, à ma tradition, à mes origines, de valoriser ce que c'est que le savoir-faire local. Donc pour moi, je me suis dit, ok, je n'ai pas forcément envie de me bourrer de questions. Parce que je sais que si je posais des questions aux gens de ma génération ou des gens qui ont des marques qui sont de ma génération un peu, ils vont me dire, bah ouais, il faut faire des suites, il faut faire des t-shirts, ça marche très bien et en plus ça ne coûte pas cher. Et en même temps, quand j'étais mannequin, je défilais pas mal du coup pour des créateurs qui valosaient pas mal le textile africain. Et je me réflechis, je réfléchis et en fait, si ces anciens, si ces doyens, comme je les appelle, ils font ça, c'est parce qu'il y a une raison. Et en même temps, quand je regarde le gouvernement béninois, du coup en 2023, je suis revenu au pays, je suis revenu au pays en 2023, quand je regardais le gouvernement béninois en 2023 qui était vraiment dans ce truc de valoriser le textile local, valoriser le fait même béninois ou valoriser le made in Benin, je me suis dit ok, en fait il n'y a pas beaucoup de, je ne veux pas réfléchir pour faire un choix. Mon choix ce serait de valoriser le textile local, c'est d'entrer dans la même logique que le gouvernement. ou que dans les projets du gouvernement. Donc voilà, comment est-ce que moi, mon choix s'est fait très vite. En fait, je me suis dit, bon, je n'ai pas envie de perdre de temps à lancer un truc où je vais me poser mille et une questions sur ce que je fais. En plus, si je voulais valoriser le Vodou, je n'avais pas d'autre choix. Je ne me voyais pas envoyer mes photos ou envoyer mes créations à les produits, je ne sais pas où, et venir vendre ça aux Béninois en mode, voilà, ça valorise le Bénin. Pour moi, ça n'avait pas de sens. Donc voilà.
- Ramata
Donc, on sent bien que la dimension, en fait, made in Bénin et aussi le fait de proposer ça à des Béninois, c'est-à-dire que dès le départ, tu avais cette intention de créer quelque chose qui soit finalement fait par un Béninois pour les Béninois. C'était quelque chose d'important pour toi. Aujourd'hui, on va parler d'une certaine forme de conscience éthique, tu vois, de développement durable. Est-ce que ça, ça faisait partie de tes ambitions quand tu as créé la marque, le côté vraiment... made in, de faire attention à où est-ce que la collection est fabriquée.
- Eustache
Alors, au début, je n'avais pas tous ces thèmes dans ma tête, en mode, ok, est-ce que je ne fais que du centre de temps béni-béni, mais pour moi, c'était juste une logique que je suivais. Moi, je suis dans un délit où aujourd'hui, je suis au Bénin, je travaille beaucoup au Bénin, je valise beaucoup mon travail à Travail Vendôme et tout ça. Peut-être que demain, je ne serai pas au Bénin. Mais je me dis, en fait, si je crée, en fait, en fonction de là où je suis, je vais m'inspirer de ce que j'ai, en fait, à mes côtés. En fait, Aoudib, c'est ce que je dis. Une fois que je suis au Bénin, je crée au Bénin, je ne crée pas les actions béninois et je vends pour les Béninois et aussi à d'autres personnes parce qu'en fait, je ne vends pas qu'aux Béninois aujourd'hui. D'où, en fait, de moi, ma personnalité et de mes voyages et de ce que j'ai comme définition de la beauté ou du luxe. En fait, je m'adresse à un public plus là qu'aux Béninois. Mais voilà, c'était plutôt dans une logique où, une fois que je suis au Bénin, je me permets de m'inspirer du coup de ce que je fais comme travail de photographe au Bénin et tout. Je ne me voyais pas du coup à me lancer dans un truc où je produis dans des conditions qui ne sont pas dans les normes, qui ne respectent pas la culture, qui ne respectent pas les normes environnementales et tout. Donc voilà, c'était plutôt dans cette logique. Après, quand j'ai commencé ma formation avec l'Institut français de la mode, j'ai imaginé qu'on va en arriver. J'ai plus développé ce côté où j'ai compris plus pourquoi. J'ai pu mettre les mots sur ce que je ressentais. Et j'ai compris qu'en fait, ce n'était pas un truc qui était anodin. En fait, c'est normal et il faut continuer à valoriser cela.
- Ramata
Tu m'offres une parfaite transition parce que je voulais en venir justement au fait que tu fais partie des incubés de Fly Cémécity, un incubateur qui est basé au Bénin. Et effectivement, tu as bénéficié d'une formation dans ce cadre-là à l'Institut français de la mode. Est-ce que tu peux nous expliquer déjà le processus de sélection ? Comment est-ce que toi, tu as découvert cet incubateur et pourquoi tu as décidé de t'inscrire ? Et puis après, nous parler un petit peu du parcours de la création de l'entreprise. auxquels tu as participé et des enseignements que tu as pu en tirer.
- Eustache
Ouais. Alors, comme je vous disais, je suis rentré en décembre 2003 et j'étais rentré parce qu'il y avait mon papa qui était malade. Bon, finalement, il est décédé, mais il avait une grande maladie et je me suis dit, OK, je vais quand même rentrer pour l'assister. Et j'étais là, je vois sur Instagram le truc de Fly passer sur Instagram. Je me suis dit, OK, c'est quoi ce truc ? J'ai regardé, franchement, j'ai vu ça pendant au moins trois semaines ou deux semaines, je pense, et je n'ai pas postulé. Et ma compagne me dit, stache, regarde, il y a ça, tu peux postuler, on ne sait jamais. Je dis, ok, je ne sais pas trop parce que je n'ai pas vraiment un discours très clair. Parce que ce genre de choses, il faut avoir un discours très clair. Je dis, ok, je vais essayer, mais je ne suis pas celui qu'on me sélectionne. Et j'ai vraiment postulé comme ça en mode écoute. Je me suis dit, stache... Go, dis ce que tu as sur le cœur. Alors, voici, tu te sélectionnes. Du coup, j'ai postulé comme ça, vraiment sans stress. Et j'ai été présélectionné à ma grande surprise. Et je suis allé rencontrer l'équipe. J'ai fait mon... Comment on dit ça déjà ? On m'a reçu, on m'a posé des questions. J'ai fait mon entretien, voilà. Et après, ils m'ont sélectionné. Je lui ai dit, OK, cool. Du coup, en fait, c'est arrivé vraiment. J'avais l'impression que c'était vraiment fait pour moi. C'était pas un mot de, putain, ce truc est dingue, il faut que je le fasse. Je suis allé faire le truc un peu sans forcément m'attendre à grand-chose. Et on m'a sélectionné. Et voilà, le programme commence. Je me rends compte qu'en fait, j'avais vraiment besoin de ce truc. Et j'étais vraiment en mode, OK, c'est là, il fallait que je sois, en fait. Et du coup, en fait, tout... tout ce que j'ai appris, franchement, aujourd'hui, ça me sert énormément dans mon développement, dans le développement de ma marque. Et vraiment, j'avais vraiment besoin de cet aspect business, de cet aspect comment travailler l'image, comment est-ce qu'il faut faire à soi son business et comment est-ce qu'il faut rester fidèle à ce qu'on essaie de faire passer comme message. Et en fait, aujourd'hui, je suis tellement content d'avoir à suite tellement content d'avoir fait ce programme. Je suis fier d'avoir suivi ce programme jusqu'à la fin. Aujourd'hui, ça me permet de continuer ma marque sereinement.
- Ramata
Tout d'abord, je tenais à te présenter mes condoléances par rapport au décès de ton papa. Ensuite, en tout cas, te féliciter pour avoir effectivement testé, tenté, même si c'était dans une période peut-être un peu délicate. Et puis, tu as pu voir le résultat derrière, tu as été sélectionné. Aujourd'hui, par rapport au développement de ta marque, finalement, tout ce que tu m'as dit, ça fait depuis 2023 que tu l'as lancé. Tu as un ADN fort, tu as des produits et une communauté qui te suit. En termes de développement, est-ce qu'aujourd'hui tu as une boutique ? Comment se passe la distribution de ta collection ? Quels sont les différents points de vente où on peut trouver ta marque ?
- Eustache
Aujourd'hui, présentement, j'ai deux points de distribution officiels. Je vends chez la boutique en ligne de Voyant. Et après, Voyon est distribué aussi dans le concept store du Sofitel, dans la boutique du Sofitel. Donc nous vendons dans la boutique du Sofitel actuellement. Et là, on est sur le chemin de lancer notre showroom privé. Parce que moi, en tant que tête-menceuse de la marque, je ne me voyais pas lancer une boutique classique. Du coup, je suis dans un délit où je suis en train de créer un showroom privé. Du coup, avec toute mon équipe, on est en train de lancer un showroom privé où quand les consommateurs ou nos clients viendront, ou je vais plutôt dire la famille Voyon viendra, que ces gens se sentent vraiment comme chez eux et qu'ils aient bénéfice d'une expérience plutôt privilégiée. Pour le moment, on est discriminés dans deux endroits. La boutique du Sofitel. Et on a notre site internet. Bientôt, on sera présent à Abidjan. On est en train de signer les contrats. On sera présent à Abidjan et bientôt à Dakar aussi. Donc, voilà.
- Ramata
Très bien. Donc, effectivement, tu commences en fait la stratégie de distribution en étant sur le régional, c'est-à-dire des pays francophones qui vont être assez proches du Bélin et qui, pour le coup, que ce soit Dakar ou que ce soit Abidjan, sont vraiment des capitales de la mode en Afrique de l'Ouest. Là, ce que tu es en train de préparer, c'est un premier pop-up à Paris. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette initiative ?
- Eustache
Oui, alors le pop-up à Paris, je pense que c'est depuis la création d'Amma que j'ai toujours eu ce rêve de faire un pop-up à Paris. Et du coup, là, que ça arrive, c'est quand même assez émouvant. C'est émouvant. Et ce pop-up, comment c'est arrivé ? En fait, on était du coup avec la première couronne ToutFly à Paris en visite en émission avec les studios français de la mode. Et grâce à les studios français de la mode, j'ai rencontré du coup Youssouf Oufana parce qu'on était allé à l'Union de la jeunesse internationale à Babès pour visiter du coup le centre de Youssouf, l'ancien Tati. Et on a rencontré Youssouf, et avec Youssouf on a discuté, il m'a dit ah j'avais bien vu ton boulot et tout, franchement c'est cool, il faudrait qu'on essaie de penser à une collaboration, il a dit ah ouais putain moi c'est ce que je voulais, je voudrais bien qu'on développe une collaboration du coup, on en a parlé vite fait, après voilà, j'ai enchaîné à rentrer dans son actualité, et en fait je suis rentré au Bénin, et cette année, Je me suis dit, il faut savoir que j'ai rencontré Youssouf Lannidénia. Et cette année, je suis rentré et je me suis dit, ok, j'ai envie de faire le pop-up à Paris cette année. Ça fait partie de mes objectifs pour cette année, pour Voyant. Et je mets sur la réseau, écoutez les gars, est-ce que quelqu'un connaît un endroit où je peux avoir... Est-ce que quelqu'un connaît un lieu où je peux louer pour un pop-up ? Et un ami qui connaît, du coup, Youssouf, me dit, je ne sais pas si tu as tenté d'écrire Youssouf au Fanat pour voir, il a un lieu qui est vraiment cool. Et j'envoie un message à Youssouf, et Youssouf qui me répond vraiment à la minute, il me dit, ah mec, trop bien, écoute, je te propose de faire ça durant la Fashion Week de juin, et voilà, on avait parlé d'une collaboration, c'est le moment. Et du coup, voilà, c'est comme ça, le truc s'est fait, du coup, le pop-up s'est concrétisé, et on va le faire du coup le 27-28 à Paris, à l'Union de la Jeunesse Internationale. Du coup, voilà un peu.
- Ramata
Très bien, donc tout part d'une rencontre. Et ensuite, à partir du moment où il y a plusieurs personnes qui sont alignées, il n'y a pas de raison que ça ne se fasse pas. Donc toi, par rapport à l'organisation de ce pop-up, est-ce que tu as prévu des choses particulières ? Comment ça va s'organiser ? J'imagine que tu as créé une collection exprès. Comment tu prépares les choses ?
- Eustache
Alors, ouais, pour ce pop-up, oui, bien sûr que j'ai travaillé sur de nouvelles pièces. Et je suis resté fidèle à moi-même aux pièces que je crée de base. Mais voilà, j'ai fait des déclinaisons. Comme on sera dans un contexte d'été et tout, j'ai créé des pièces qui seront adaptées à l'été, pour l'été et tout. Mais en même temps, j'ai créé, j'ai designé de nouveaux motifs pour essayer de Pour marquer un peu le coup, j'ai créé un nouveau motif qui sera officiellement visible à Paris à partir du pop-up. Et à côté de ça, j'ai créé de belles pièces pour l'événement. Ce qui est important qu'il faut que je vous dise, c'est peut-être pas encore officiel, mais j'ai prévu de ramener mon tisserand à Paris. mon artisan du coup avec qui je fais les tissus je développe tous les textiles, je vais le ramener à Paris on va essayer de créer une sorte de d'atelier durant tout l'événement il va tisser en live, les gens pourront voir comment est-ce que nos textiles nos tissus se créent et on va aussi programmer sur le deuxième jour une sorte de d'atelier pour que les gens qui ont envie d'essayer puissent essayer école. Donc voilà un peu la surprise qu'on réserve pour Paris.
- Ramata
Très bien, super, merci de nous partager cette information. Du coup, l'idée, c'est que ton tisserand, il vienne avec ses outils, avec sa machine ?
- Eustache
Oui, tout à fait. On a travaillé ensemble sur un nouveau métier à tisser à fond. On a repris le même métier à tisser traditionnel, mais on l'a retravaillé pour que ce soit un peu plus clean. Et on va venir avec un métier à tisser. On va venir sur place avec un métier à tisser.
- Ramata
Donc, ça promet d'être une sacrée expérience. Toi, aujourd'hui, ce que tu évoquais, c'est qu'en termes de distribution, tu as un site Internet et tu es présent dans différents pays africains pour le moment, ou en tout cas, tu es en train de travailler là-dessus. Au niveau de ta clientèle, tu as une clientèle qui est plutôt basée en Afrique ou tu as aussi une clientèle plus large de la diaspora ou autre qui va acheter tes produits en passant des commandes en ligne ?
- Eustache
Alors... Ma clientèle, elle est plus large. Mais en fait, la majorité des gens qui achètent du voulion, c'est des gens qui viennent acheter sur place. Mais en fait, ce n'est pas forcément des gens qui vivent en Afrique. Mais voilà, il y a beaucoup qui viennent sur place pour acheter. Mais voilà, j'ai une base de clientèle qui est basée en Afrique ou dans la sous-région. Mais voilà, j'ai pas mal de clients aussi qui sont, par exemple, en Europe ou en Amérique. Mais en fait, c'est les gens qui ont... En fait, la majorité de ces clients, c'est les gens qui achètent sur place. Ils viennent me rencontrer, ils achètent. Et l'idée aujourd'hui, c'est en fait de ce truc, l'idée que j'ai derrière, quand même, ce truc que j'ai rejoint, c'est de pouvoir aussi lancer le fait que les gens à Paris puissent aller sur le site et commander. Parce que comme ça reste des pièces qui ont certains prix, les gens, ils se disent, OK, je préfère voir d'abord avant d'acheter. D'où l'idée de faire ce pop-up pour que les gens puissent voir à Paris, puissent toucher et pouvoir créer une communauté à Paris et les gens puissent commander en ligne.
- Ramata
Donc toi aujourd'hui, j'imagine que tu poursuis ton activité de photographe-artiste avec l'organisation de l'exposition et en même temps, tu travailles au développement de ta marque. Comment est-ce que tu arrives à prioriser ces deux activités ? Comment tu fais en sorte de continuer la photographie et en même temps de mettre... en place tout ce qui est nécessaire pour développer ta marque ?
- Eustache
Aujourd'hui, c'est un peu le sujet pas facile, mais en fait, j'ai la chance d'avoir une équipe, je formais une petite équipe très restreinte qui m'aide sur le développement de la marque. Et du coup, sur le côté, sur le volet photographie, j'essaie d'évoluer comme je peux. J'avoue que... Là, je suis vraiment très concentré sur la marque en ce moment depuis quelques mois. Mais voilà, je ne vais plus photographier comme j'avais l'habitude avant. J'y vais encore, mais c'est vraiment la fréquence a diminué. Donc, je suis beaucoup plus concentré sur la marque. Et je me dis une chose, il faudrait que je développe bien la marque. Après, ça peut tourner et je vais me concentrer sur ma photo. Donc, je ne suis pas en mode, ok, putain, je ne donne pas assez de... de temps à la photo, je pense que la photo, je comprends que je n'aurais pas le choix, à un moment. Et du coup, voilà, je suis dans un délit où je suis vraiment concentré sur la marque aujourd'hui et j'ai mon équipe que j'essaye de vraiment mettre sur la même lancée que moi. Et après, je pense que je pourrais me concentrer à ma photo.
- Ramata
C'est toujours la problématique quand on est sur deux activités, c'est qu'il y a des périodes pendant lesquelles on va prioriser l'une par rapport à l'autre, mais... Ça finit toujours à un moment ou à un autre par se rejoindre. Aujourd'hui, est-ce que toi, le fait de défiler, c'est quelque chose qui fait partie, de faire défiler ta marque à différents événements, est-ce que ça fait partie de tes projets ?
- Eustache
Quand tu dis de faire défiler, c'est-à-dire ? Un défilé-défilé ? Catwalk ?
- Ramata
Oui, vraiment, de faire défiler la marque comme pour la Dakar Fashion Week, la Lagos Fashion Week, ou pendant la Fashion Week de Paris lors d'événements off.
- Eustache
Bien sûr, parce qu'en fait, il faut savoir que comme je vous ai dit, moi j'étais mannequin, donc je connais ce truc et j'aimerais bien un jour que ma marque défile. J'ai déjà fait des défilés à Cotonou, j'ai participé à des défilés. Mais j'ai envie Et... J'ai arrêté après deux défilés, je pense. Et je me dis, en fait, aujourd'hui, avant que voyons le redéfil sur le podium, il faudrait que je travaille vraiment, vraiment sur des looks défilés. Mais oui, ça fait partie de mes ambitions, de mon projet. Et j'y travaille tout doucement.
- Ramata
Très bien. Donc, en termes de communication, j'imagine que ce que tu évoquais, c'est le lancement de la marque. Tu as appelé un ami à toi photographe et puis tu as fait des premières photos et tout de suite, en fait, ça a généré des premières commandes. Aujourd'hui, est-ce que tu procèdes de la même façon, c'est-à-dire avec des mannequins et toi, tu vas faire les photos de tes collections ? Est-ce que c'est toujours ton processus ? Et est-ce que toi, parfois, tu te dis, j'ai peut-être appelé un photographe autre avec lequel collaborer, qui peut avoir peut-être un autre avis, un autre regard et ça peut être intéressant pour moi ? Comment est-ce que tu travailles vraiment tout ce qui est l'identité visuelle de ta marque ?
- Eustache
C'est un peu ça encore. Je continue de photographier. Mais depuis quelques mois, j'ai arrêté un peu parce que ça me prenait trop la tête. Au début, je photographiais moi-même mes collections, je photographiais moi-même mes pièces. Parce que je me disais qu'il fallait que je travaille bien sur l'image de la marque. Et que même si un autre gars vient, qu'il puisse avoir une base. Mais là, aujourd'hui, je commence tout doucement à laisser les autres photographes travailler, à shooter mes vêtements. Par exemple, il y a deux jours, j'ai fait un lookbook, je n'ai pas du tout touché la caméra. Donc voilà, là, même moi, je me dis, ok, là, on est sur une bonne lancée, là, c'est bien. Parce que ça ne commence pas à me fatiguer, du coup, d'être à la création du vêtement, jusqu'à le shooter, jusqu'à la fin. En fait, ça fait beaucoup de choses à gérer. Et j'ai l'impression que si je... Je fais de A à Z, tout moi-même, je me ferme dans un truc. Je commence à laisser d'autres photographes venir travailler de temps en autre. Mais il faut savoir que j'ai continué de gérer la DA, toute la DA derrière les images. Et même mon équipe que j'ai formée aujourd'hui, c'est mon ami, collègue, photographe que j'ai mis. du coup comme associé. Avec lui, je développe vraiment, je discute vraiment de tout ce que j'ai comme idée d'image, de photos, de vidéos, de création de contenu. Je discute avec lui et lui, je le charge du coup d'être un peu comme le directeur exécutif. Mais je reste comme un ADA.
- Ramata
Très bien, c'est important d'avoir su structurer en fait ta marque dès le départ et effectivement le... Le stress qui peut toucher l'écritateur va venir du fait de s'occuper de toutes les étapes et à un moment donné apprendre à déléguer une partie. Ça permet d'avoir un regard extérieur, de prendre du recul. Et comme tu l'as bien dit, tu l'as fait à un moment où tu restes garant de l'identité visuelle, tu vérifies ce qui est fait, mais il y a certaines tâches que tu vas pouvoir déléguer. en On a pu aborder cette notion d'identité visuelle et de communication. Est-ce que toi, dans tes réflexions, tu envisages éventuellement des collaborations avec d'autres marques ou avec certains artistes pour développer ta marque ? Est-ce que ça fait partie de tes projets futurs d'envisager des collaborations ?
- Eustache
Oui, bien sûr, bien sûr. Bien sûr, je programme des collaborations. Je pense que Il faut qu'une marque grandisse bien et que... Pour moi, c'est très important que des marques collaborent entre elles. Et je dis à faire des collaborations, que ce soit même si ce n'est pas deux marques de vêtements, deux marques en griffe peuvent collaborer, doivent collaborer. J'ai dit à collaborer avec des marques de vêtements, j'ai collaboré avec la marque Willow Via, et là, je vais collaborer. avec une marque qui en septembre aura fait une expo. Je suis vraiment dans un délire où je vais collaborer. En même temps, quand je fais ma collaboration, je m'attends à ce que nous deux nous apportions nos deux identités. Il ne faut pas que moi mon identité, qui est, on ne va pas se mentir, qui est assez... Les gens reconnaissent très vite. Je fais attention à ce que ça ne bouffe pas la collaboration complètement. C'est pour ça que je fais attention avec qui je collabore. Sinon, je peux très vite, sans le vouloir, être celui qui soit le plus présent. Mais oui, je suis complètement ouvert aux collaborations.
- Ramata
Très bien. On arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai été ravie d'avoir pu échanger avec toi et de découvrir cette marque et vraiment l'ADN pour lequel tu as développé cette marque qui vraiment s'appuie sur une culture et une tradition du Bénin. et qui fait complètement partie de ton identité. Donc, c'est vraiment la particularité de la marque Vognon et qui va se différencier d'autres marques, comme l'a dit l'Africa. Donc, je te remercie vraiment pour ta disponibilité, pour ta générosité dans le partage de tes infos, notamment les avant-premières que tu nous as données par rapport à l'organisation du pop-up à Paris dans quelques jours, au mois de juin.
- Eustache
Avec plaisir, c'était un plaisir. c'était un plaisir pour moi de... Je faisais une interview et je pense que je me suis beaucoup lâché. Donc c'est cool, je pense que ça va être cool.
- Ramata
Mais très bien. Écoute, merci beaucoup et je te dis à très vite en Afrique voyeur.
- Eustache
Merci. J'espère qu'on va se croiser à Paris si jamais tu y es.
- Ramata
Ah bah bien sûr, bien sûr. On se verra au pop-up avec plaisir.
- Eustache
Allez, ça marche. Bon, je te souhaite une très belle journée. Bye bye. Ciao.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.