- Nono
Nous avons créé mes associés et moi Manossa parce qu'en fait on s'est rendu compte que le récit sur l'Afrique était souvent raconté par des gens qui ne la connaissent pas vraiment. Aujourd'hui on se rend compte aussi qu'une vaste génération d'Africains et surtout d'Afro-descendants créent du contenu, entreprennent, voyagent et influencent des millions de personnes à travers le monde. Donc en fait l'idée de Manossa est donc... Au simple, j'ai utilisé l'influence à travers les créateurs de contenu de la communauté, d'utiliser la culture et également les médias pour pouvoir apporter l'Afrique par ceux qui la vivent.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramata Dialo, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Nono Maïdombé. Nous, on est le cofondateur de Manosa Connect, une agence spécialisée dans le national branding sur l'Afrique et les dom-toms. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de son agence. Bienvenue Nono, comment vas-tu ?
- Nono
Bonjour Amata, merci, je vais très bien, et toi ?
- Speaker
Écoute, ça va très bien, je suis ravie de te retrouver pour cette interview. Nous deux, on s'est rencontrés lors d'un événement à Paris organisé par PowerPams et en fait, on était assis côte à côte, on a commencé la conversation qui nous a menés à l'enregistrement de cette interview aujourd'hui. Donc, je vais le faire, comme je le fais toujours au début de mes interviews, je vais te demander de te présenter.
- Nono
Écoute, moi, je suis Nono Maïdonbé, je suis entrepreneur et fondateur de l'agence Manosar. Manosa qui est donc une agence de stratégie d'influence et de narration culturelle qui travaille entre l'Europe et l'Afrique. En fait, notre mission est plutôt simple et en même temps assez complexe. On raconte une Afrique moderne, créative et ambitieuse en menant des campagnes d'influence et des événements sur l'Afrique. Donc aujourd'hui, nous travaillons avec une vingtaine de créateurs de contenu qui représentent environ 32 millions d'abonnés dans le monde. Nous avons déjà réalisé plus de 10 projets internationaux, entre le Bénin, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, la RBC, la France ou encore le Gabon. Voilà, voilà.
- Ramata
Écoute, merci pour cette présentation. Ce que je vais te demander maintenant, c'est de, avant de parler de l'agence, c'est que tu nous parles un petit peu de ton parcours scolaire, de comment, enfin, qu'est-ce qui s'est passé avant la création de l'agence ?
- Nono
Ok, alors. Moi, je suis... issus d'une famille d'origine africaine, congolaise particulièrement, une grande famille, où nos parents nous ont beaucoup influencés sur nos choix, sur la direction que devaient prendre nos vies, nos études, et en même temps nous ont aussi laissé beaucoup de liberté dans nos choix. Alors moi, je viens d'une formation de droit, j'ai une licence en droit privé des affaires, puis un bachelor en relations internationales, et enfin j'ai obtenu, pour compléter ma formation, un master en commerce international. Donc j'ai travaillé en tant que consultant, chef de projet, PMO chef de projet, dans la banque, finances et assurances. pour des grands comptes, notamment AXA, la BNP, la Société Générale, entre autres, pendant une bonne dizaine d'années. Puis je me suis aussi en parallèle lancé dans l'entrepreneuriat, toujours avec cette envie de pouvoir transmettre ce que j'ai pu recevoir de ma famille, parce que j'en parlais tout à l'heure en préambule. Et donc j'ai lancé au cours de mes études plusieurs petits business, de la création de lunettes marque premium au restaurant de spécialité congolaise. Je voulais m'aider au Paris. Et enfin, voilà, que maintenant, avec mes associés, nous avons créé Manos. Très bien,
- Ramata
c'est intéressant parce qu'on voit que tu as un parcours un peu touche-à-tout, puisque tu parles de restauration, il y a l'agence, il y a différents éléments qui ne sont pas forcément liés les uns aux autres. Comment tu expliques un peu, finalement, ces différents univers qui, voilà, de ma fenêtre, de ce que tu me dis là ? n'ont pas forcément de lien les uns avec les autres. Mais en tout cas, le lien, c'est toi, ta personne. Comment tu expliques ces différentes initiatives entrepreneuriales et ce choix d'études qui, finalement, ne sont pas forcément liés ?
- Nono
Alors, le choix d'études, très clairement, c'est parce que je me destinais à une carrière d'avocat. Puis, au cours de mes études, je me suis rendu compte que j'avais énormément de préjugés en me lançant dans ces études. Et finalement, je pensais que très rapidement, j'aurais été à un peu au devant de la scène comme on voit dans les séries américaines mais je me suis rendu compte que c'était des études qui demandaient beaucoup de rigueur beaucoup de patience aussi et qu'avant de pouvoir faire face à des juges et devoir plaider qu'il y avait encore du chemin et je trouvais aussi que Cette première partie de mes études était trop théorique pour moi. Je pense que ce qui m'aurait plu à l'époque, ça aurait été peut-être une formule un peu, tu sais, ce qui ressemble un peu plus à de l'alternance. Et à l'époque, ça n'existait pas pour les études de droit. Je ne sais pas si ça existe aujourd'hui, mais je pense que ça m'aurait un peu plus convié. Donc c'est pour ça que je me suis petit à petit dirigé vers mon bachelor en... en R.E., relations internationales, parce que j'avais cette ambition de pouvoir voyager, travailler dans de grandes institutions, rencontrer du monde, être face à des experts, toucher et un peu palper plus, enfin un peu plus palper la matière. C'était, on va dire, la même chose, très théorique. Donc finalement, j'ai quand même voulu, comment dire, compléter ma formation avec un master en commerce international, donc ce que j'ai fait, et ça m'a permis aujourd'hui d'avoir un peu touché à tout, mais de surtout avoir répondu à mon envie de découvrir les différentes choses. Je ne suis jamais mis de barrière, en fait. Ma famille a toujours été là également pour me soutenir, pour encourager, me porter, et c'est ce qui m'a permis de pouvoir voir tout ça. En ce qui concerne l'entrepreneuriat, la même chose. Je suis un touche-à-tout. Je suis quelqu'un qui aime bien voir, tester des choses. Je ne sais pas, j'ai peut-être l'âme d'un scientifique. Je ne sais pas, mais j'aime bien toucher, voir ce que ça fait, réfléchir à des stratégies, voir que ces stratégies marchent. Parfois, pas du tout, mais pouvoir revenir dessus. les détricoter, retricoter, voir si les clients, le public est un peu plus sensible. Donc c'est comme ça que j'ai évolué et c'est comme ça que je me suis construit réellement.
- Speaker
Très intéressant en fait ce que tu évoques là, c'est que tu as un homme de témoin en fait, plus que d'être dans la théorie, l'idée c'est vraiment de pouvoir avoir l'opportunité d'être plongé dans la politique et c'est vrai qu'on peut avoir... dans le système éducatif, un temps long de pédagogie, d'être un peu le stagiaire qui ne va pas forcément être dans l'opérationnel concret, mais dans des tâches qui ne vont pas être à responsabilité avant vraiment de pouvoir s'exprimer et en tout cas tester son savoir-faire, son expertise et peut-être se tromper, mais en tout cas être remis sur le terrain. Donc, toi, tu t'es lancé dans l'entrepreneuriat. Tes entreprises, tu les as lancées seules ? Ou est-ce que les premières initiatives que tu as eues, tu les as cofondées ?
- Nono
Alors non, je ne me suis jamais lancé seul. Et d'ailleurs, si je peux donner un petit conseil aux personnes qui souhaiteraient se lancer dans l'entrepreneuriat. Alors, effectivement, en se lançant seul, l'avantage principal, c'est que... On a la liberté de ses choix, de ses mouvements. On s'arrête quand on veut, on travaille quand on veut. Lorsqu'on gagne, on gagne seul. Donc forcément, les bénéfices sont pour soi-même. Donc on ne partage rien. Par contre, l'un des inconvénients, c'est aussi la charge mentale, qui peut parfois être très lourde, surtout lorsqu'on n'a pas forcément de formation ou d'encadrement de personnes qui, elles, ont été avant soi à gant dans l'entreprenariat. Moi, je ne suis pas issu d'une famille d'entrepreneurs, de commerçants, donc je n'avais pas forcément les codes. Donc l'entièreté des business que j'ai pu lancer dans la vie ont toujours été avec des associés. Donc la première entreprise que j'ai lancée, c'était avec des amis, nos étudiants à la fac, donc c'était une marque de lunettes, Ashton. Ensuite, j'ai eu à lancer une marque avec mon frère. Notre première entreprise ensemble, c'était notre restaurant en ligne, Poulet Maillot Paris, que nous avons lancé en 2019. Ça a été, et ça l'est toujours d'ailleurs, une très belle aventure fraternelle. Ça a permis de nous rapprocher. Nous étions déjà très proches, mais ça a permis de nous rapprocher, ça a permis de nous challenger. Ça a permis aussi de faire ressortir, plutôt de faire jaillir chez l'un et chez l'autre, des qualités, des compétences et des capacités que nous sous-estimions chez l'un comme chez l'autre. Et enfin, avec Manossa, j'ai cofondé l'agence avec deux associés. Nous avons d'ailleurs cofondé deux sociétés, pour dire vrai. Manossa, qui est cette agence d'influence, et à son âme qui est... L'anagramme de Manossa, qui est notre maison de production et d'édition, toujours en confondation avec des associés.
- Speaker
Et les entreprises que tu as fondées par le passé, est-ce qu'elles existent toujours ? Est-ce que tu les maladies toujours plus loin ? Ou est-ce que tu les as laissées, tu les as revendues ou autre ? Avant de parler de l'agence, qu'en est-il des précédentes initiatives entrepreneuriales ?
- Nono
La première entreprise, première marque que j'ai cofondée avec mes amis, Ashton, nous nous sommes arrêtés. A l'époque, c'était dans la lunetterie et on faisait des études qui n'avaient strictement rien à voir. Nous nous sommes déplacés dans le Jura pour aller rencontrer les lunetiers. parce qu'il faut savoir que dans le monde... Il y a deux pays qui sont spécialistes de la lunette, donc l'Italie et la France. Et nous sommes allés dans la région même où la lunetterie française a vu le jour et où toutes les industries y étaient. Puis nous nous sommes aussi déplacés à l'autre bout du monde, puisque nous sommes allés en Chine pour une production en masse. Mais malheureusement, à l'époque, nous n'avions pas pu trouver. les fonds et le soutien nécessaire pour pouvoir poursuivre cette entreprise. Donc, elle s'est arrêtée. Ensuite, avec tous les maillots, mon frère et moi, nous avons une très très belle aventure, mais nous avons dû mettre notre entreprise en pause, puisque nous n'avions pas les moyens de notre politique. C'est-à-dire que On reçoit énormément de clients. On n'a pas réussi à trouver de banque qui nous suive. Et donc, nous travaillons aujourd'hui sur le levier de fonds pour pouvoir reprendre les choses là où nous sommes arrêtés. Donc voilà, aujourd'hui, je suis concentré uniquement sur Manossa et sur sa sœur, Asona.
- Speaker
Très bien. Et ce qui est intéressant là, c'est que, en fait, toutes ces expériences entrepreneuriales, j'imagine qu'elles te servent. dans la gestion de ton agence aujourd'hui, tu dirais quels sont les enseignements que tu as pu tirer de ces différentes initiatives que tu as pu avoir avant de lancer l'agence ?
- Nono
Oui, pour moi, ces expériences ne sont absolument pas des échecs. Au contraire, ce sont vraiment des... Comment dire ? Ce sont vraiment, oui... Les expériences que je peux mettre aujourd'hui sur mon CV, je peux dire qu'elles m'ont permis de pouvoir me construire en tant qu'entrepreneur et de pouvoir ajouter une brique. à l'homme que je suis aujourd'hui, puisque lorsque l'on entreprend, on fait face également à des challenges auxquels on n'aurait peut-être pas pensé si on avait eu une vie normale de salarié. On fait face à des doutes, on fait aussi face à des chutes, parfois à la solitude. et à la compréhension de son entourage. Ce sont des choses qui vous poussent dans vos retranchements. Et si vous n'êtes pas accompagné par votre entourage, par un mentor, par une structure, il vaut mieux être associé à au moins une personne. Parce que tout à l'heure, vous voyez, je vous parlais de chèvre mental. C'est quelque chose qui est très, très, très difficile à gérer. Et des fois, vous y mettez cœur et âme en vous disant que voilà, ce que je fais c'est très bien, etc. Vous êtes la tête dans le guidon, mais vous ne vous rendez pas compte parfois que vous en oubliez votre vie sociale, vous vous négligez vous-même, puisque vous mettez vraiment tous vos moyens, toutes vos ressources, et si vous n'avez pas des personnes derrière qui peuvent comprendre la démarche que vous faites et vous l'expliquer, On peut vite se retrouver... vous pouvez vite vous retrouver dans un cul-de-sac et avoir une grosse, grosse, grosse promesse en question. Mais pour moi, ce n'est pas grave. C'est les choses qui arrivent. Et étant donné que la plupart d'entre nous sommes autodidactes lorsqu'on en est dans l'entreprenariat, il faut juste être prêt. Parce que personne ne vous dit que le chemin dans lequel vous vous dirigez, ça va être un chemin qui va être sinueux. Un chemin où ceux parfois sur qui vous comptiez pour pouvoir vous donner un coup de pouce, vous soutenir, ne seraient pas forcément là. Que vous allez forcément vous retrouver seul aussi lorsque vous ferez des mauvais choix. Que pour pouvoir avoir des clients, même quand vous avez l'idée du siècle, ce n'est pas si simple que ça, il faut savoir se distinguer. sortir de la masse, parce qu'il y a sûrement d'autres personnes qui ont eu l'idée avant vous, qui ont sûrement d'autres ressources que vous n'avez pas. Il faut savoir se remettre en question, mais pas prendre tous les coups ou tous les échecs comme étant la fin de sa vie. Non, il faut être fort mentalement. Pour moi, oui, ça m'a permis de me construire. Et en aucun cas, Ça m'a ralenti dans mon envie d'avancer, d'entreprendre et de toujours aller plus loin.
- Speaker
En tout cas, c'est un bon message pour les porteurs de projets qui se lancent. Les leçons que toi, tu as attirées de ton expérience. Et je réalise qu'il y a une question que je ne t'ai pas posée, c'est quand tu as lancé ces différentes initiatives, tu étais en poste, c'était des initiatives entrepreneuriales que tu as lancées en side job, ou est-ce qu'à un moment donné, tu t'es dit, bon ben là, j'arrête mon job classique de salarié. et je me lance 100% dans l'entrepreneuriat.
- Nono
Ah non, non, ça a toujours été... Alors, la première entreprise, j'étais étudiant et toutes les autres, j'étais salarié. Donc, comme je te disais, consultant-chef de projet. Donc, ça a été en side job. Je me rappelle quand on a lancé Poulet Maillot en 2019. Je venais d'ailleurs me le faire opérer et je commençais un nouveau poste à BNP. J'ai commencé ce poste-là en été. Poulet-maillot, je l'ai lancé quelques jours avant. C'était extrêmement difficile, harassant. Dès que je finissais ma journée de travail, je courais pour me changer, prendre mon véhicule, aller récupérer les commandes et livrer dans toute l'île de France. J'ai rentré sur mon pré-tard chez moi, je dormais peu. Je me réveillais tôt pour que le lendemain, au bolote, je n'avais pas de week-end. C'était très difficile. C'était un peu comme, pour un peu illustrer les choses, un peu comme Clark Kent, quand il se transforme en Superman, c'était la même chose. C'est-à-dire que la journée, j'étais en costume au bureau avec mes collègues et le soir, je mettais mon jogging, mes baskets et me voilà à repenter les autoroutes d'Île-de-France avec... avec mon frère et nos livreurs, pour pouvoir livrer des plats. Et enfin, Manosai et Asonam, oui, je suis aussi salarié par ailleurs. Et voilà, c'est obligé puisque... Avant que ton business soit viable, il faut généralement entre 3 et 4 ans. Donc pour l'instant, je suis encore salarié. Manosab aujourd'hui prend une place importante dans ma journée, dans mes semaines. Mais pour l'instant, je travaille encore pour pouvoir gérer mon quotidien, mes charges.
- Speaker
En tout cas, c'est super intéressant que tu précises le point qu'il faut 3-4 ans après le lancement d'une initiative entrepreneuriale pour pouvoir vraiment être rentable. Parce que ce n'est pas un conseil qui est forcément partagé partout. Il y en a qui vont dire, si tu veux que ça fonctionne, il faut que tu te lances à fond, que tu ne fasses que ça. Parce que si tu le fais en side job, tu n'arriveras pas forcément à atteindre tes objectifs. Et c'est vrai que moi, je suis complètement alignée avec toi. le conseil que je donne, c'est plutôt... fonctionne en side, teste, identifie ce qui fonctionne, les bonnes recettes, et une fois que tu les as identifiées, là, tu peux te lancer, sauter, et puis tu as un filet, en fait. Tu as ton parachute avec toi. C'est pas comme si tu te lançais sans avoir un minimum de sécurité.
- Nono
Exactement. Et puis, c'est pas comme si j'étais né aussi dans une famille fortunée où on m'avait apporté une manette d'argent en me disant, allez, tiens, mon fils, lance-toi. Un million d'euros devant toi. Merci. Tant que tes expériences, et puis quoi qu'il arrive, tu as un matelas assez épais d'argent qui te permettrait de pouvoir te relever si jamais tu tombes. Non, le seul filet de sécurité, c'est mon site job, enfin, mon job principal et rien d'autre.
- Speaker
Très bien. Eh bien, écoute, merci pour ce point. En tout cas, cette première partie de l'interview, moi, j'aime bien commencer par cette première partie qui permet un petit peu de... comprendre le profil de l'entrepreneur ou du créateur avec lequel je discute. Maintenant, on va passer à l'agence de talent. Déjà, l'idée, c'est de nous dire dans quel contexte est-ce que tu l'as créée et comment est-ce qu'avec tes associés, vous vous êtes dit qu'il y a une opportunité de créer une agence de talent spécialisée Afrique et puis on va aller chercher à décrocher des contrats. Tu peux nous expliquer un petit peu quelle a été la genèse pour toi ?
- Nono
Alors, en fait, nous avons créé Mes Associés et Moi Manoussa parce qu'en fait, on s'est rendu compte que le récit sur l'Afrique était souvent raconté par des gens qui ne la connaissent pas vraiment. Aujourd'hui, on se rend compte aussi qu'une vaste génération d'Africains, et surtout d'Afro-Décembre, créent du contenu, entreprennent, voyagent et influencent des millions de personnes à travers le monde. Donc en fait, l'idée de Banosa est plutôt simple. J'ai été d'utiliser l'influence à travers les créateurs de contenu de la communauté, d'utiliser la culture et également les médias pour pouvoir raconter l'Afrique par ceux qui la vivent. Donc ceux qui y sont nés et ceux qui également sont originaires du continent. C'est-à-dire que... des Africains, bien sûr, mais également les Antillais, les ultramarins en soi. Et cette idée nous est venue en 2024, juste après notre premier voyage en Côte d'Ivoire, à la Cannes, lorsque nous étions avec une bonne dizaine de créateurs de contenu. Nous avons décidé d'aller sur Abidjan pour pouvoir... Suivre la canne, mais de l'intérieur, avec des créateurs de contenu originaires d'Afrique et des Dantons. Et c'était la première fois que ce genre de concept soit avancé, et ça avait énormément baisé à l'époque. Ce qui fait que les gens regardaient, enfin les abonnés de nos créateurs de contenu, suivaient la canne à la télévision, mais également à travers leurs créateurs de contenu préférés. Comme c'était quelque chose d'inédit, ils appréciaient énormément le concept et ils n'en avaient pas assez. Donc ils suivaient à travers leur Snap, sur une Snap ou un Snap, parfois un certain TikTok, mais ça ne leur suffisait pas. Donc ce qu'ils faisaient, c'est qu'ils allaient regarder chez les autres créateurs de contenu qu'ils ne suivaient pas forcément et ça leur faisait comme une sorte de série avec chaque jour un épisode. Et ils regardaient, ils suivaient la canne à travers... les yeux de chaque créateur de contenu. Ce qui fait que les abonnés d'Abi, par exemple, ne suivent pas forcément le contenu de les autres. par exemple Yoann, donc ils allaient s'abonner chez Yoann. Yoann ne suivait pas forcément le contenu d'Aziziz, donc ils allaient s'abonner chez Aziziz et vice versa. Et ce qui fait que leurs vues ont explosé, ils ont été multipliés par 4 en moyenne, le nombre d'abonnés aussi a explosé, et ça fait un buzz extraordinaire. Nous avons eu plusieurs millions de vues. sur les vidéos qui ont été ensuite postées sur TikTok et sur Instagram. Et c'est de là, en fait, où on s'est dit, on va formaliser les choses, ça marche, les gens aiment. Donc, autant aller créer quelque chose de fort, quelque chose qui pourra permettre aux gens de pouvoir s'identifier. Puis, ils ont déjà réussi à s'identifier à travers les différents profils. Le premier abord n'était pas forcément des profils auxquels on aurait pensé. Mais finalement, il y a eu une bonne entente. Il y avait un esprit panafricain, puisque les créateurs de contenu présents étaient originaires de différents pays d'Afrique. Et on sentait qu'il y avait un esprit de famille, un esprit de corps. Et tout ça sans chichi. Et les gens ont vraiment apprécié. Ils ont vraiment, vraiment, vraiment apprécié. tout derrière nous on voit Nous sommes organisés, structurés et nous avons créé cette agence Manosa qui permet de rendre à l'Afrique ses lettres de noblesse, aux Caraïbes également ses lettres de noblesse et permettre également à la diaspora de pouvoir se réapproprier ces territoires, de privilégier. Par exemple, en vacances, d'aller découvrir nos territoires plutôt que d'aller au Mexique ou en Thaïlande. Je n'ai absolument rien d'ailleurs contre le Mexique et la Thaïlande, ce sont de très beaux pays. En fait, sur le continent africain et dans les Dungeons, vous pouvez retrouver tous ces jolis spots, tous ces très beaux endroits. Vous avez autant des montagnes enneigées. par exemple en RDC avec les volcans, que des dunes dans le nord de l'Afrique avec l'Algérie, le Maroc, ou d'autres endroits avec d'excellentes plages, des eaux turquoises en Tanzanie, etc. C'est pour dire qu'il y a des territoires où les afro... Les Africains et les Afro-descendants sont originaires, mais parfois les premiers qui ont une méconnaissance sur ces endroits, ce sont les membres de leur diaspora. Donc revenez, ou venez découvrir tous ces lieux, ces populations, ces cultures, ces différentes gastronomies, et vous n'aurez pas forcément envie prochainement d'aller autre part.
- Speaker
Je suis complètement alignée avec ce que tu me dis. En tout cas, ça me rappelle moi mon premier voyage à faire un tour d'Afrique. D'ailleurs, c'est là que vient le nom du podcast, Africa Fashion Tour. L'idée, c'était de partir un mois sur le continent et d'aller à chaque fois. J'ai démarré à Conakry, ensuite j'ai fait Abidjan, Accra et Lagos. Je connaissais Conakry parce que je suis originaire de Guinée, mais les autres pays, je les ai découverts. Et à partir de là, c'est vrai que moi... Avant ce voyage-là, donc avant 2017, j'avais fait énormément de voyages à travers le monde, mais je ne connaissais pas l'Afrique. À partir de ce moment-là, je me suis dit, je ne voyage plus jamais ailleurs que sur le continent. En fait, c'est incroyable. Ça a vraiment été une vraie claque que j'ai eue à ce moment-là. Et je me suis rendu compte effectivement qu'il y avait un déficit d'informations sur les pays, les richesses ou des différentes régions du continent. Et du coup, ce que je comprends, c'est que ton agence, elle vient combler ce déficit. Comment tu fais pour identifier les créateurs de contenu ? Et les agences de talent en général, l'idée c'est d'aller établir un contrat, une collaboration avec des concours de contenu. Comment tu fais pour les identifier ? Quels sont tes critères ?
- Nono
Il faut savoir déjà sur les créateurs de contenu, avant de t'expliquer un peu ma cuisine interne, c'est que les créateurs de contenu aujourd'hui sont devenus les nouveaux médias du XXIe siècle. À eux seuls, ils sont déjà des entreprises, mais ils sont aussi et surtout des médias. Donc un créateur de contenu, franchement, il peut toucher des millions de personnes avec son téléphone. On le voit quand je regarde le nombre de vues qui sont généralement publiques, le nombre de vues qu'ils font sur les vidéos, sur YouTube, sur TikTok, Insta ou autres. C'est incroyable, ils arrivent à fédérer un nombre de personnes autour d'eux, c'est juste extraordinaire. On l'a vu également avec Aisha Speed quand il a fait son tour d'Afrique très récemment. Il y avait plusieurs millions de personnes qui étaient en live sur ces vidéos. Donc pour nous, on se dit que travailler avec eux, c'est non seulement faire des campagnes à deux. de marques, mais aussi c'est la possibilité de pouvoir valoriser les territoires, les cultures et les industries créatives africaines. Et donc pour nous c'était logique que de penser aux créateurs de contenu pour pouvoir travailler avec eux sur les différents projets que l'agence mettait en place. Alors comment est-ce qu'on les sélectionne ? Les premiers créateurs de contenu que nous avons sélectionnés, nous les avons sélectionnés déjà par rapport à l'image qu'ils reflétaient auprès du public, du grand public, des ondes positives qu'ils pouvaient transmettre. Alors il y en a qui étaient très connus, d'autres un peu moins. Globalement, on avait une bonne image de ces créateurs d'objectifs. Ceux qui étaient connus par un type de population, puisqu'ils sont suivis pour le type de contenu qu'ils font, ils ont un public qui les suit pour ce qu'ils font, et pas forcément pour d'autres aspects de leur... de leur personnalité ou des talents qu'ils peuvent avoir. Alors, ça, c'était le premier critère. Deuxième critère, il devait être forcément d'origine africaine ou afrodescendante. Aussi, nous les avons sélectionnés en France, puisque c'est en France que nous vivons. Nous sommes pour la plupart tous français. C'était aussi essentiel de partager la langue. Parce que forcément, en tant que Français, on parle la langue, mais on va dans des zones francophones. Et il y a un nombre de locuteurs qui sont assez nombreux, plusieurs millions d'ailleurs. Et on s'était dit qu'il fallait avoir des personnes qui parlent d'abord français. pour se faire comprendre de tous. Et aussi, l'un des autres critères, c'était la bonne humeur, qui savait transmettre les good vibes, le bon mood, parce que réunir des personnalités aussi fortes, ce n'est pas facile de pouvoir les garder tous ensemble sur des activités, tous les jours, parfois les uns sur les autres. Ça crée un esprit un peu de colonie, comme ça. Mais il faut avoir des personnes qui savent respecter également l'espace vital des uns et des autres, comme savoir aussi passer plusieurs heures dans un bus ensemble à chanter, déconner, sans se prendre la tête. Donc voilà. On a regardé tous ces paramètres pour pouvoir faire nos choix et on a créé un noyau dur avec lequel nous travaillons depuis le début, avec lequel nous mettons des projets également en place et avec lesquels nous avançons. Et dernier critère aussi, qui a quand même son importance, c'est que ces créateurs de contenu-là devaient avoir aussi l'amour du continent. certains n'y avaient jamais mis les pieds auparavant donc on leur a fait découvrir le continent africain certains pays sur le continent du moins mais il fallait qu'ils aient non seulement cette volonté d'y aller en acceptant de s'asseoir sur leurs préjugés, puisqu'on a souvent beaucoup de préjugés sur l'Afrique qui ne sont pas forcément de bons préjugés, et qui soient aussi en mesure de pouvoir s'asseoir sur ces préjugés, aller hors des sentiers battus, accepter l'expérience qu'on leur proposait. d'aller vers les gens, de ne pas venir en colonisateur, mais de se mettre à la même hauteur que tout le monde, d'accepter leurs justes écoutures, leur façon de vivre, leur façon d'échanger avec les gens, leur façon de s'habiller aussi, respecter les pratiques sur place, respecter les religions. Toutes ces choses-là. Il fallait que les créateurs de contenu soient en phase avec ces éléments. Et lorsque tout ça a été réuni, ils étaient pris pour rejoindre l'aventure, l'équipe et la grande famille Manos.
- Ramata
Et dans votre sélection ? J'imagine que du coup, il y a des profils qui ont été écartés. Est-ce qu'il y a des profils aussi ? Alors après, c'est confidentiel, je ne te demande pas de me donner le nom, mais est-ce qu'il y a des profils qui se sont dit « Non, là, moi, ce que tu me proposes, ça ne me correspond pas, ça ne me parle pas, je ne vais pas rejoindre l'aventure, en fait. »
- Nono
Oui, il y a des profils qu'on a contactés lors du premier voyage, j'entends, puisqu'aujourd'hui, maintenant, on est un peu plus dans l'autre sens. Lors du premier voyage, j'ai des profils qui ont refusé parce qu'il n'y avait peut-être pas assez de personnes de leur couleur ou de leurs origines. Parce que souvent, quand on parle d'Afrique, on pense à noir. Mais l'Afrique, c'est aussi un arc-en-ciel de couleurs. C'est un arc-en-ciel de... de carnation, de peau. Et certains ne se sentaient pas à l'aise de rejoindre cette équipe qui était peut-être trop colorée pour eux. Donc, ils m'ont fait comprendre. D'autres, ils ont plus vu l'argent d'abord que l'expérience humaine. Donc, comme... Il n'y avait pas de cachet. Notre première expérience, je vais être très franc, très sincère, nous n'avions pas d'argent. Nous n'avons pas rémunéré nos créateurs de contenu. Par contre, ils se sont rémunérés de différentes façons. Nous, nous n'en avons pas. Dans le concret, il n'y avait pas de cachet, de prévu. Puisque c'était un concept qu'on lançait, il n'y avait pas forcément de grandes marques qui étaient prêtes à nous suivre. Il y avait des marques qui nous ont suivis, mais pas de grandes marques. Donc ça ne permettait pas d'organiser le séjour, le VHR, le voyage hôtel, la restauration, les déplacements sur place, etc. Mais pas assez pour pouvoir rémunérer tout le monde. Et donc certains, quand ils ont vu qu'il n'y avait pas de cachet qui était prévu, ils ont préféré se désister. beaucoup parmi eux aujourd'hui regrettent puisqu'ils souhaitent rejoindre l'aventure puisqu'ils ont vu comment les choses se sont passées depuis 2024 à aujourd'hui ça fait déjà deux ans d'autres encore c'est parce qu'ils n'étaient pas disponibles à ce moment-là donc on a pu travailler ensemble après aujourd'hui on se retrouve dans une position où on a beaucoup plus de créateurs de contenu qui Et... qui souhaitent travailler avec nous, mais on n'a pas assez de projets sur lesquels déplacer. C'est un peu comme dans les cours de SES qu'on avait au lycée. Il y a beaucoup plus de demandes que d'offres aujourd'hui. C'est un peu le paradoxe qu'on a à ce jour. chez Manosar.
- Ramata
Du coup, c'est plutôt une position qui est avantageuse pour vous parce que vous pouvez vraiment choisir les profils qui sont les plus pertinents pour les Indosars. Alors, ce que j'évoquais rapidement en introduction, c'est que c'est une agence qui est spécialisée Afrique et qui est aussi spécialisée Nation Branding. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est, en fait, le Nation Branding ?
- Nono
Oui, bien sûr. Le Nation Branding, c'est, en fait, la promotion d'un pays Merci. par le pays lui-même ou par d'autres structures qui vont raconter la culture de cette nation. Et par nation, on entend bien sûr le pays, le territoire, mais également sa culture, sa population, etc. Et donc, c'est un concept qui finalement a toujours fait partie de notre quotidien à tous. Mais on ne s'en rendait pas forcément compte. Notamment avec les Américains. Si tu regardes bien, en France notamment, et dans beaucoup de pays dans le monde, encore aujourd'hui, à la télévision, on regarde beaucoup de films américains, beaucoup de séries américaines. D'ailleurs, les plateformes de streaming sont aujourd'hui des plateformes américaines. Sans citer de marque, tu vois de quoi je... de qui je parle, où nous nous habillons, nous nous chaussons avec des marques américaines, nous buvons aussi des boissons américaines, nous mangeons également de la nourriture américaine. Et ça, c'est fortement lié à l'histoire du pays et comment le pays a réussi à faire la publicité de sa culture à travers. à travers les différents canaux et les différents médias. Autant dans les films comme, tu sais, les films de Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Rambo, Commando, où tu voyais toujours l'Amérique qui gagne face à tous ses ennemis, qu'ils soient soviétiques ou qu'ils soient orientaux, ça montre que l'Amérique, derrière, a une certaine force. Même face à l'adversité, elle ne perd jamais. Ça, c'est une forme de... de messages. Donc c'est du soft power en fait. Le machine learning est lié au soft power. Et ce soft power, les personnes qui sont vraiment très fortes en ça, ce sont donc les Américains. Depuis quelques années, on voit également les Coréens qui excellent en soft power.
- Ramata
Donc oui, effectivement, je comprends bien cette notion de soft power que tu évoques, où effectivement, à force de voir, c'est le American way of life, c'est le rêve américain. Et à un moment donné, quelque part, c'est une propagande du pays pour nous donner envie, soit d'aller vivre aux États-Unis, soit d'être des Américains, même si on n'est pas dans le pays. Et du coup, le national branding, ce sont les pays africains qui, aujourd'hui, adoptent cette même stratégie pour donner envie. d'aller visiter leur pays, pourquoi pas de venir y vivre, de venir y travailler. Donc du coup, c'est pour des campagnes comme celle-là que tu travailles aujourd'hui ?
- Nono
Oui, voilà, exactement. Et souvent, les pays créent aussi des marques pays. Aujourd'hui, par exemple, on travaille beaucoup avec le Bénin, et sa marque pays qui s'appelle Explore Bénin, qui fait du national branding. Aujourd'hui, le Bénin, en l'espace de 2-3 ans, est devenue la tête de pro du national branding en Afrique. Donc nous, nous accompagnons justement ces marques pays, ces gouvernements à travers leur ministère du tourisme, de la communication, pour pouvoir faire en sorte, un, que les gens sachent que ce pays existe, deux, de piétiner certains préjugés, et trois, attirer des... des touristes attirés, des investisseurs, donner envie aux gens de pouvoir s'intéresser au pays, à sa population, à sa culture, à sa gastronomie, à sa musique, à ses films, à son industrie, ou ses industries. Et donc, tout simplement venir. Et parfois même, certains sont tellement intéressés qui viennent même demander à obtenir la nationalité du pays. Donc voilà, en gros notre travail c'est ça, accompagner les pays en leur vendant des stratégies qui leur permettent de pouvoir, ils le font déjà très bien, nous on vient amplifier les projets, amplifier les activations qui sont faites, enfin amplifier les projets via des activations qui sont faites sur le pays.
- Ramata
Et aujourd'hui, est-ce que tu peux nous parler d'un exemple de campagne ? Parce que moi, je comprends bien la théorie de ce que tu racontes, mais concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'un créateur de contenu, il va faire un contenu, par exemple, voyage au Bénin, un contenu lifestyle, et c'est ça qui va contribuer, qu'on va considérer comme étant du nation branding. Quelle est la différence, en fait, entre un contenu qui est créé par, je dirais... Un hôtel qui est à Conakry, je pense au Radisson-Gou, il a sollicité un influenceur pour qu'il fasse une vidéo lifestyle dans l'hôtel. Et il va aussi parler de la Guinée. Et quand on est dans le cadre du Nation Branding, quelle va être la différence en fait ?
- Nono
Alors, la différence, c'est que nous avons les contenus qui sont créés par les entités elles-mêmes, des institutions elles-mêmes, qui sont créées... dans un certain cadre. Et ce cadre ne touche pas forcément le grand public, surtout la jeunesse. Or, les créateurs de contenu sont suivis par des personnes qui y ressemblent. Et les créateurs de contenu, qu'on appelle aussi influenceurs, ont ce pouvoir d'influencer leur communauté, les masses, à... vers des habitudes de consommation, à aller découvrir de nouveaux spots, à découvrir de nouveaux livres, à découvrir de nouvelles musiques, ou également des films ou des tenues. Nous avons des influenceurs qui sont spécialisés sur différents domaines. Je parlais tout à l'heure de lifestyle. Et nos créateurs de contenu, eux, On en a qui sont spécialisés sur la cuisine, sur la mode, sur le lifestyle. Et donc, ces créateurs de contenu vont créer du contenu qui va parler à leur communauté, puisque leur communauté les suit expressément pour ça. Donc, prenons par exemple Emma, Girl Around Africa, qui est spécialisée sur le lifestyle. et sur tous les beaux endroits et spots qu'il y a en Afrique. Emma, qui est une créatrice de contenu très talentueuse, elle va arpenter les différents hôtels de luxe et tous les lieux assez premium que nous avons sur l'Afrique et que nous ne connaissons pas. Et les personnes qui la suivent, ils la suivent pour ça. Donc forcément, derrière, quand ils vont avoir les impressions d'Emma, après qu'elle ait testé ces endroits, qu'elle ait donné ces impressions, ça va les conforter dans leur désir de pouvoir aller, eux aussi, découvrir ces endroits. Et ça, c'est quelque chose de très important. parce que généralement quand les institutions font du... du contenu ou de la communication, ça va toucher d'autres institutions ou des personnes d'un certain âge. Et puis avant, elles faisaient une communication plutôt traditionnelle à travers les magazines ou la télévision. Aujourd'hui, il y a de moins en moins de personnes qui lisent des magazines, il y a de moins en moins de personnes qui regardent la télévision, mais beaucoup plus de personnes qui sont sur les réseaux sociaux. Alors nous, nous arrivons à capter ces personnes qui sont sur les réseaux sociaux. pour pouvoir transmettre des messages, des conseils, pouvoir leur suggérer également un certain nombre d'endroits, de lieux, de pays, ou s'y rendre, de venir aussi découvrir des cultures autres que la leur, auxquelles ils n'avaient pas forcément pensé. Les créateurs de contenu sont aujourd'hui vraiment des médias ultra puissants, ultra efficaces, avec qui on arrive à mener des campagnes ultra... Efficient.
- Ramata
On arrive à la fin de cette interview. Je te remercie pour tout ce que tu nous as partagé et le fait de nous avoir bien expliqué ta démarche de valorisation et de promotion de l'Afrique et du dom-tom à travers les créateurs de contenu. Ce qui est intéressant dans ce que tu évoques, c'est que tu crées une équipe de créateurs de contenu qui vont... Il y a un espèce d'effet d'économie d'échelle entre eux où... Un effet boule de neige, en fait. Quand il y en a un qui crée un contenu sur un territoire donné, comme tu l'évoquais avec l'exemple de la canne, ça va donner envie à des amateurs de ce contenu d'aller s'abonner à l'autre créateur de contenu. Donc, ça a vraiment un effet de synergie qui est super intéressant. Quelles sont les prochaines campagnes dont tu peux nous parler ? qu'on va pouvoir suivre et qui auront été menées par ton agence, en fait. Alors, les prochaines ou les récentes qui ont été publiées.
- Nono
Alors, dans les récentes campagnes que nous avons pu faire, avec notre maison de production à Sonam, nous avons pu créer notre première télé-réalité, notre première télé-réalité qui s'appelle « Bad to the Source » . Nous avons tourné la saison 1 au Bénin, la saison 2 au Sénégal. qui, je l'espère, sera diffusée bientôt à la télévision. Nous avons aussi mené de nombreuses émissions au Bénin. Récemment, nous avons couvert le festival des Vodun Days avec une équipe de créateurs de contenu exceptionnels. Nous avons été aussi à la Cannes au Maroc, qui a été vraiment un moment d'émotion incroyable. L'année passée, nous avons été en RDC. Nous avons mené une mission plutôt courte, mais très intense. C'était le projet Kidibat et Tosa, qui va d'ailleurs donner lieu à un documentaire qui sera aussi diffusé à la télévision. Nous vous annoncerons d'ailleurs très prochainement la date. Aujourd'hui, nous sommes en train de monter des projets avec les influenceurs. Nos créateurs de contenu sont très demandeurs. Ils veulent aussi avoir des projets signatures. Donc, nous travaillons avec eux sur des projets. Alors, je ne vais pas trop en parler, mais ce que je peux d'ores et déjà dire, c'est que cette année, je l'espère, nous allons mener des projets avec des créateurs de contenu qui sont eux-mêmes à l'initiative. de ces projets en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale. Vous allez voir, ce sera des groupes de créateurs de contenu un peu différents. C'est des talents que vous connaissez déjà pour la plupart, mais qui ont décidé de faire un format qui sera un peu différent basé sur leurs affinités et qui vont donner lieu à certains projets. Quant à Manosar, nous sommes en train de travailler sur la Guinée, notre pays. Nous sommes en train de monter un projet depuis bientôt un an, enfin un peu plus d'un an maintenant, qui devrait voir le jour cette année. Également sur d'autres pays francophones. Bon, je ne peux pas forcément encore les révéler puisque je suis... tenu au secret par des NDA. Mais voilà, en gros, ce que je peux dire à ce jour. Autre chose, c'est que nous allons essayer aussi, cette fois-ci, de prendre position sur certains sujets. Ce sera des sujets de santé publique, des sujets qui vont aussi toucher... à l'humanitaire, comme nous avons également pu le faire à Mayotte l'année dernière. Nous serons encore plus proches des populations locales pour essayer d'encore plus les comprendre et toujours aller hors des santé battue. Ça, c'est vraiment quelque chose qui nous tient à cœur. On ne veut pas que l'Afrique soit racontée... Comment dire ? on veut que les gens ressentent les mêmes émotions qu'on ressentira lorsque nous serons assis à côté de la maman qui vend des beignets au coin de la rue, ou des populations qui vivent dans des villages un peu reculés, qui ressentent comme nous le... l'accueil chaleureux qu'on reçoit quand on arrive, la façon comment est-ce qu'on va nous inviter à partager des moments inoubliables, des moments qui restent gravés dans nos cœurs, gravés dans nos mémoires. Et on a besoin que nos abonnés ressentent aussi ces émotions comme nous les ressentons. Donc on va aller encore plus loin dans les sujets. On va aller encore plus loin dans la proximité avec nos frères et sœurs du continent et des donkeys.
- Ramata
Très bien, je te remercie beaucoup pour tout ce que tu nous as partagé. J'imagine que les campagnes, on peut les retrouver sur le compte Instagram de Manosat ?
- Nono
Oui, exactement. Et également, nous avons lancé notre page YouTube. Vous allez pouvoir retrouver également les vidéos de Back to the Source. Et de Manosal Origins, ce sont les vidéos de nos différents documentaires. Le documentaire qui a été tourné à Mayotte et celui qui sera diffusé, qui a été tourné en RDC. Donc ce sera dans les prochains mois. Mais ce qu'on voudrait, c'est que vraiment les gens puissent avoir la possibilité de redécouvrir ces pays et ces populations et que ce soit à leur disposition.
- Ramata
Très bien, je mettrai les liens du compte Instagram et de la chaîne YouTube afin qu'on puisse découvrir tous les différents contenus que tu as pu décrire. Je te remercie beaucoup pour le temps que tu m'as accordé et pour toutes ces précisions que tu nous as partagées sur le travail d'une agence de création de contenus spécialisée sur l'Afrique. Comme tu nous as dit que tu avais beaucoup de demandes, Je ne vais pas dire... Comment dire ? À l'audience, s'il y a des créateurs ou contenus parmi nous, n'hésitez pas à contacter Nono. Je ne vais pas dire ça.
- Nono
Tu peux le dire. Tu peux le dire. Comment dire ? On ne ferme pas les vannes. C'est juste qu'il faut qu'ils comprennent qu'on ne sera pas forcément en mesure de les mettre directement sur des projets. Il faut juste faire preuve de patience. On travaille justement à multiplier les projets. S'ils sont patients, et ouverts à l'attente, il n'y a pas de problème. Non, non, qu'ils viennent, au contraire, et qu'ils ne soient pas forcément basés en France. Ils peuvent être aussi basés dans nos îles ou également sur le continent. Qu'ils viennent, on est vraiment ouverts, c'est la grande famille. Aujourd'hui, une nouvelle génération prend la parole et raconte sa propre histoire parce que l'Afrique a été longtemps racontée par d'autres. Donc il faut qu'eux-mêmes, les Africains et les ultramarins, viennent raconter eux-mêmes. leur histoire. Donc, on a un continent de créativité, de culture et de talent. Donc, essayons de le montrer le plus possible. Venez !
- Ramata
Très bien, le message est entendu. Donc, qu'il s'agisse de marques qui sont à la recherche de créateurs de contenu avec une identité et une volonté de partager des contenus sur la promotion d'Afrique ou qu'il s'agisse de créateurs de contenu, bienvenue à à te contacter. Moi, comme je l'ai dit, je mettrai un lien au nom de l'épisode, le lien du compte Instagram et de la chaîne YouTube. Mais écoute, je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- Nono
Merci Ramatar. Merci à vous tous.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite, en Afrique ou ailleurs.