- Dorine
En discutant avec un de mes mentors, on s'est dit, il m'a dit Dorine, je pense que l'idée d'avoir un web magazine, c'est pas mal, mais les décideurs comme moi ne sont pas sur le digital. Et je pense qu'il faudrait que tu fasses la version print de ton magazine. Et puis plus tard, tu vas développer la chaîne YouTube. Je me suis dit, est-ce que c'est une bonne idée ? Parce qu'on a l'impression que le digital prenait le dessus sur le print, mais avec l'expérience, je me suis rendu compte que ce n'était pas vraiment ça. Parce qu'au début, quand j'ai démarré, disons en mars, et de mars à juillet, je peinais à voir des sponsors, en fait, des gens qui étaient intéressés à mettre de l'argent sur l'interne sur le digital. Et c'est à ce moment-là que je me suis dit qu'il faudrait qu'on essaie de voir de réfléchir et de se calquer à la réalité africaine. On est des Africains, on sait qu'on aime bien être sur des supports physiques, on aime bien être à la télé, on aime partager les interviews, on aime partager les supports sur lesquels on se trouve.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramata Diallo. Je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Dorine Gameby. Dorine est la fondatrice du média Étoile Africaine. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et du média étoile africaine. Bienvenue Dorine, comment vas-tu ?
- Dorine
Bonjour Amata, je vais très bien. Merci de m'avoir invitée à ton interview.
- Ramata
Écoute, c'est moi qui te remercie d'avoir accepté mon invitation. Moi, tu me fais l'honneur de partager mon portrait dans l'édition du mois de mars d'Étoile africaine et donc ça me paraissait tout à fait normal de faire ton interview. Donc l'idée là, c'est que tu nous partages un petit peu des éléments de ton parcours. Donc on va commencer cette interview comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Dorine
Je suis une professionnelle des médias depuis près de 20 ans et fondatrice du magazine Étoiles africaines. Donc durant mon parcours, j'ai évolué dans plusieurs chaînes de télévision africaines, ce qui m'a permis de découvrir la richesse culturelle et entrepreneuriale. de notre continent. Et pendant ce parcours, j'ai également constaté que de nombreux talents africains manquaient encore de visibilité. Et c'est ce qui m'a naturellement poussée à créer un média dédié à la valorisation de ces parcours inspirants ramadans.
- Ramata
Très bien, écoute, avec cette présentation, ça laisse présager un épisode extrêmement intéressant. Donc moi, dans un premier temps, avant de parler du média Étoile africaine et de parler de tes engagements, j'aimerais bien que tu nous parles de ton parcours de chargée de production, que tu nous expliques en fait ce qu'est ce poste et quelles ont été tes différentes grandes missions.
- Dorine
Voilà, alors ramadan, moi, j'ai eu un diplôme en langue étrangère appliquée. Donc, après une licence en langue étrangère appliquée, j'ai voulu changer parce que je n'étais pas prévalente. Parce qu'en Afrique, en fait, quand on est en terminale, on ne sait pas encore ce qu'on veut faire. On n'a pas une idée claire des vocations, des différents métiers. Et donc, du coup, j'ai tâtonné un peu et j'ai... Lors d'un séjour à Londres chez ma soeur, je pense que tu es plus à l'aise en communication et tu devrais t'essayer en journalisme. Donc, quand je suis allée dans une école de journalisme, j'y étais pour faire du journalisme. Mais je ne sais pas ce qui m'a attirée vers une formation qui était beaucoup plus polyvalente. C'était une formation en... technique de vidéoproduction. Donc, étant donné que depuis toute petite, je me disais que voilà, moi, je veux être mon propre boss, je veux avoir mon entreprise et tout. Je me suis dit que cette voie-là était la voie idéale pour pouvoir être ce chef d'entreprise. Puisque c'était vraiment une formation polyvalente, j'ai appris à filmer, j'ai appris à noter. Et lors de la deuxième année, l'année de spécialisation, je me suis spécialisée en production, vidéo production, management de la vidéo production. Je suis sortie avec un diplôme de chargée de production et ce qui est bien dans ce métier de chargée de production, c'est qu'on maîtrise toute la chaîne de production audiovisuelle. On travaille, c'est comme un manager en fait, on supervise toute la chaîne de production. de la conception d'une émission à la réalisation de l'émission jusqu'à la diffusion de cette émission-là. Voilà, donc pour résumer, le chargé de production, c'est le chef d'orchestre d'une production audiovisuelle, que ce soit une production de série, que ce soit une production d'émission et que ce soit en général tout. les productions d'une chaîne de télévision. Voilà.
- Ramata
Très bien. Écoute, c'est intéressant en tout cas de voir qu'il y a eu certes un moment d'hésitation au début quand tu étais jeune à savoir quelle voie tu allais suivre. Et puis après, quand tu as vraiment déterminé ce que tu voulais faire, ça a vraiment été en fait le choix définitif clair qui correspondait vraiment à ce qui te plaisait. Est-ce que, pour quelqu'un qui ne connaît pas l'univers de la télévision, de la production de chaînes, tu peux nous expliquer, par exemple, quelles sont les différentes étapes pour produire une série, pour produire une émission, pour une chaîne de télé ? En quoi ça consiste, j'ai envie de dire, la journée type d'un chargé de production ?
- Dorine
Alors, la journée type d'un chargé de production démarre à la conception. En fait, il faut savoir que pour une chaîne de télévision, on a une grille des programmes. La grille des programmes combine l'ensemble des programmes de la chaîne de télévision. Donc, quand on parle de grille des programmes, c'est tout ce qui se passe, par exemple, du lundi au vendredi, si c'est une chaîne qui émet 24 heures sur 24. C'est toutes les productions, toutes les éditions, tous les contenus qui sont diffusés dans cette chaîne de télévision-là. Donc, la chargée de production travaille en nettoie de collaboration avec la direction générale de la chaîne, la direction des programmes. Et une fois la grille des programmes validée, il faut produire les contenus qui sont sur cette grille des programmes-là. Et c'est à ce moment-là qu'intervient le chargé de production. Donc, le chargé de production, défiler, par exemple, le budget, déjà, le budget de production, mais pour pouvoir définir le budget de production, il faut déportiquer, par exemple, chaque contenu. Par exemple, si on prend le journal télévisé, on essaie de voir, on travaille avec la rédaction pour définir le nombre de reportages qui va... qu'on va avoir dans le journal. Donc, c'est vraiment mettre en place tout ce qui compose, par exemple, la production pour que l'émission puisse se réaliser. Donc, c'est définir, par exemple, le réalisateur, le nombre d'invités, les techniciens de son, le budget qui va avec. Vraiment, c'est... pour ce qui va permettre à la chaîne de pouvoir produire ce contenu-là. Ensemble, il faudrait, par exemple, s'il y a deux ou trois émissions qui composent la vie des programmes, il va falloir faire le budget de chaque production et d'avoir le budget global pour pouvoir aller chercher ce budget-là. Et une fois le budget établi, on travaille en collaboration avec la direction commerciale pour pouvoir vendre ces émissions-là. Du coup, on peut dire que le... chargé de production, comme le directeur des programmes, travaille au cœur de la chaîne de télévision. Je veux dire, c'est le poumon de la chaîne de télévision. C'est assez complexe et je pense que c'est ça qui m'a vraiment poussée à maîtriser tous les maillons d'une chaîne de télévision jusqu'à devenir directrice des programmes de certaines chaînes.
- Ramata
Très bien, effectivement. C'est un métier de chef d'orchestre où tu vas maîtriser chacune des étapes de A à Z au niveau de la production de séries et de la production de tous les éléments qui font une chaîne. Toi, tu as essentiellement travaillé sur le continent africain au niveau de ce métier de chargé de production ou est-ce que tu as pu avoir des expériences en dehors du continent ?
- Dorine
J'ai eu des expériences en dehors du continent. Il faut savoir que... Moi, j'ai commencé en 2007 en tant que monteur, charge de production. Ensuite, j'ai eu à intégrer une grande chaîne de télévision privée au Sénégal, TFN, qui est la chaîne du chanteur Youssou Lourdes. Et de 2010 à 2014, j'étais là-bas déjà comme charge de production, mais également comme responsable des programmes. Ensuite, en 2014, j'ai eu l'opportunité d'intégrer le groupe Canal+, qui lançait sa chaîne de télévision panafricaine, la première chaîne de télévision panafricaine du groupe Canal, qui s'appelle A+. Donc, j'ai eu l'opportunité de m'installer en Côte d'Ivoire, où se trouvait le siège de A+. mais étant donné que c'était une chaîne française, une chaîne en fait pan-africaine, mais du groupe Canal Plus. Je faisais des allers-retours entre Abidjan et Paris pour déjà me former dans un premier temps parce que les méthodes de travail n'étaient pas les mêmes, les logiciels qu'on utilisait n'étaient pas les mêmes. En Afrique, au Sénégal, on n'utilisait pas de logiciels de programmation. Et donc, à ce stade-là, Je me décalais un peu, je me détachais un peu de la production audiovisuelle pour embrasser le métier de responsable des programmes. Donc voilà, c'est le même univers parce que comme je l'ai dit tantôt, une chaîne de télévision est un ensemble de maillots. Donc chaque maillon doit se connecter à un autre maillon pour pouvoir au final... produire les contenus, être une véritable chaîne. Et donc, durant vraiment les cinq ans que j'ai passé au canal, j'ai eu à draver les échelons parce que de responsable de programme, je suis passée à directrice des programmes de deux chaînes. Déjà, la chaîne Après-Sapitre était une chaîne plutôt plus large, en fait, à la vocation africaine. La chaîne A+, Ivoire, parce que je pense que c'est en 2018 que la Côte d'Ivoire a commencé à s'ouvrir, à libéraliser le secteur de l'audiovisuel. Donc, on a assisté à la naissance de plusieurs chaînes de télévision ivoiriennes, privées plutôt. à plus le groupe canal en plus de la chaîne à plus Afrique, décider de lancer une chaîne plutôt locale à plus Ivoire. Il faut savoir que le sort des programmes était le même, mais il y a eu des déclenchages de programmes typiquement locaux. Et pendant toute ma période de directrice des programmes, j'ai eu à Merci. Voyager beaucoup, participer à énormément de festivals, de rencontres audiovisuelles à travers l'Afrique. Et je pense que c'est ça qui a plutôt créé en moi cette envie de vouloir valoriser encore plus les talents africains que j'ai eu à rencontrer pendant toute ma carrière professionnelle.
- Ramata
Très bien, tu m'offres une belle transition puisque ce qu'on comprend, c'est que toi, tu as développé ton expertise de chargée de production, tu as eu l'opportunité de travailler pour des grandes chaînes et tu as fait toute ta carrière dans ce domaine-là. Et à un moment donné, tu as eu cette envie, à force de rencontres, de créer un média. Donc, est-ce que cette envie-là, elle s'est concrétisée et matérialisée tout de suite avec la création d'Étoiles africaines ? Ou est-ce que c'est une idée qui a, comme une graine qui a planté, et puis ça a mis peut-être un certain temps avant de vraiment se concrétiser ? Est-ce que tu peux nous parler de la genèse d'Étoiles africaines ?
- Dorine
J'ai toujours voulu avoir ma propre pensée. avoir la possibilité de mettre en avant les talents africains sans que ça leur coûte la peine. Parce qu'on sait que la publicité, les comités seront très chers. Et à travers toutes les expériences professionnelles, notamment en télévision, j'ai pu donner l'espace à tous les individus, à tous les talents. Et c'est pour ça que je vais, à un moment donné, pour pouvoir donner un petit peu à tous, à tous les gens, à tous les gens, et à montrer la richesse de la culture. C'est une renarde, une renarde âgée, mais c'est cette idée de vouloir créer un média pour valoriser. des talents africains.
- Ramata
Très bien. Et du coup, en fait, ce média, quel support tu as choisi, toi, en tant que chargée de production ? Tu fais de la télévision, tu fais des émissions. Donc, le média, en fait, tu avais l'option de faire du print, de faire pourquoi pas une émission. Il y avait plein de choses qui pouvaient s'offrir à toi. Toi, quels sont, qu'elle est ou quels sont les formats que tu as choisis pour Étoile africaine ?
- Dorine
Alors, je dirais que j'ai choisi le digital. L'économie africaine a été lancée en 2001 et ça a commencé vraiment à l'économie. Je me suis dit, pour pouvoir atteindre le maximum de personnes, il faut que je puisse utiliser ces boutiques qui sont à l'air du temps. Donc, j'ai démarré vraiment par un web-magazine. On a créé en parallèle une chaîne YouTube où on... Au départ, je faisais des interviews et on transcrivait les interviews pour en faire un webmagazine. Ce qui fait que j'ai démarré avec deux supports. J'ai démarré avec le support digital, le site web et la chaîne YouTube. Et en discutant avec un de mes mentors, on s'est dit, il m'a dit, Dorine, je pense que l'idée d'avoir un webmagazine, c'est pas mal. mais les décideurs comme moi non ne sont pas sur le digital. Et je pense qu'il faudrait que tu fasses la version print de ton magazine. Et puis plus tard, tu vas développer la chaîne YouTube. Je me suis dit, est-ce que c'est une bonne idée ? Parce qu'on a l'impression que le digital prenait le dessus sur le print, mais avec l'expérience, je me suis rendu compte que c'était... pas vraiment ça. Parce qu'au début, quand j'ai démarré, disons, en mars, et de mars à juillet, je peinais à voir des sponsors, en fait, des gens qui étaient intéressés à mettre de l'argent sur l'adresse sur digital. Et c'est à ce moment-là que je me suis dit qu'il faudrait qu'on essaie de voir, de réfléchir et de se calquer à la réalité africaine. On est des Africains, on sait qu'on aime bien Euh... être sur des supports physiques, on aime bien être à la télé, on aime partager les interviews, on aime partager les supports sur lesquels on se trouve. Et c'est ça qui m'a poussée à me dire, écoute, ok, on va essayer de faire la version print et vraiment, quand j'ai lancé la version print, je me suis rendue compte de l'engouement qui était toujours autour de la version papier parce qu'on se rend compte On a toujours besoin de se toucher là, on a besoin de voir son image gravée et rester longtemps sur un support. Et ça m'a confortée dans la mesure où c'est à partir de la version clinique qu'on a commencé à avoir des partenaires institutionnels. Et j'ai commencé à défier les personnes qui me disaient, qui avaient l'habitude de me dire, tu es avant-gardiste, tu es, comment dire, old-fashioned. Tu es dans une autre ère, autre que l'air. print, mais je me suis dit que, voilà, je milite pour qu'on puisse avoir des supports classiques pour la télévision et je suis tout à fait consciente que la télévision, la version print, les magazines ont encore leur beau jour et j'ai décidé de coupler les deux, d'avoir la version du magazine en en digital, numérique, mais aussi de continuer à avoir cette version physique. Pour résumer, j'ai la version digitale du magazine, j'ai la version print du magazine et je suis en train de développer la chaîne digitale, la chaîne YouTube.
- Ramata
Très bien, donc c'est intéressant que tu expliques en fait toutes les questions que tu t'es posées pour pouvoir définir en fait les formats. Maintenant, si on pense à la ligne éditoriale en fait, les profils, toi ce que tu évoques, c'est que tu dis voilà, il y a un manque de visibilité pour les talents. Toi, comment tu fais pour les choisir et quel type de talent tu avais envie de mettre en avant en fait ? Est-ce que c'est l'entrepreneuriat ? Est-ce que c'est plutôt les femmes ? Est-ce que voilà, tu avais une ligne éditoriale bien définie pour étoiles africaines ? dès le départ ou est-ce que, en fait, c'est une ligne éditoriale qui a évolué avec le temps ?
- Dorine
Alors, j'ai toujours eu une ligne éditoriale bien définie depuis le début. Moi, ma volonté, c'était de mettre en avant les talents africains, la culture africaine, les entrepreneurs africains, que ce soit femmes, que ce soit hommes. Mais l'idée, c'était vraiment de dédier mon magazine à tous les talents, à toutes les sources d'inspiration du continent et de la diaspora.
- Ramata
Très bien. Donc, du coup, en fait, ce qu'on comprend, c'est que c'est une idée de talent et ça peut aller du niveau business, au sport, à la culture.
- Dorine
Exactement. Je voulais vraiment avoir de l'égo, du coup, je voulais être le plus large possible, en fait. Donc, moi, l'idée, c'est de mettre en avant l'humanité, d'avoir le parcours de la personne qui est un modèle d'aspiration. Merci beaucoup. au secteur d'activité.
- Ramata
Et au niveau des profils, tu vas mettre en avant, le média s'appelle l'étoile africaine, tu vas mettre en avant des personnes issues de la diaspora et également des personnes qui sont basées sur le continent africain ?
- Dorine
Tout à fait, tout à fait. Et parlons de la diaspora, nous, on partenarie avec une organisation de l'OMC, basée en Boisie, depuis 2020 fois. Dans chaque édition, on met en avant deux Merci. Guadeloupe et A, ou deux personnes issues des Antilles.
- Ramata
Très bien, c'est intéressant parce qu'il y a une volonté finalement, Afrique-Caraïbes, de mettre en avant une Afrique au sens large. Et au niveau du rythme de parution des médias, qu'il s'agisse du média, c'est mensuel, c'est hebdomadaire, c'est quoi le rythme, c'est trimestriel, quel est le rythme ?
- Dorine
C'est un magazine de Westiniel, donc du coup, on sort tous les deux mois un nouveau magazine. Et il nous arrive aussi d'avoir des dégâts de l'immunospecialité. On a eu affaire de l'immunospecialité sur les créateurs sénégalais. On a eu affaire sur ce numéro spécial-là. On a mis en avant les 15 créateurs sénégalais. On a fait un numéro de plus d'un créateur, qui s'appelle Motugei Négane, et qui fait 5 premières. En plus du magazine Bimestini, on arrive à faire des éditions spéciales sur des thématiques bien précises.
- Ramata
Très bien. Et si on en vient à parler de business model, en fait, le business model des médias, en tout cas tel qu'on le connaît en Occident, ça va vraiment être des annonceurs qui vont financer le média parce qu'ils vont prendre des pages de publicité, ils vont prendre des espaces, que ce soit un média en ligne ou que ce soit un média papier. Et en fait, à un moment donné, il va y avoir certains espaces qui sont dédiés à des annonceurs. Pour les médias dans le secteur de la mode, il y a... des marques de mode célèbres, donc on va voir particulièrement dans des magazines, si on pense à Vogue par exemple, et c'est comme ça que le média se finance, plus aussi le fait que l'audience du média, les lecteurs en fait, achètent le magazine. Toi de ton côté, comment ça se passe en termes de business model ?
- Dorine
Alors, je dirais que c'est quasiment le même business model. Nous, notre business model, nous voulons essentiellement la vente d'étoiles, la vente d'abonnements, de biens lourds et de magazines. On a des abonnés qui achètent, qui s'abonnent sur une durée d'une année renouvelable. On a des gens qui vont au point de distribution pour acheter le magazine. Il faut savoir que nous, à l'Aéroport, on a des points de distribution ici au Sénégal. On est aussi présent à Paris à travers des agences partenaires qui distribuent le magazine pour nous. On est également présent dans des librairies en Afrique, aussi bien au Mali qu'en Côte d'Ivoire. Vraiment, notre business model, pour résumer, c'est la vente d'espaces publicitaires, c'est les abonnements et c'est également la diffusion du magazine dans les librairies.
- Ramata
Aujourd'hui, tu continues ton activité de chargée de production en parallèle du développement du média étoile africain ?
- Dorine
Dans une moindre mesure, je n'ai rien vu. Quand on a passé le bout ? On a un studio de tout le monde. On fait des émissions. Dans ce temps-là, on est toujours à jouer pleinement au rôle de chargé de production. Mais voilà, je suis beaucoup plus dans l'exécution. On est également dans la communication parce qu'on fait beaucoup de communication. On a des partenaires pour lesquels on produit des supports de communication. On organise des salons. organise des événements et je pense que c'est cette notoriété-là du magazine qui nous permet de pouvoir explorer d'autres secteurs d'activité. On a lancé une conférence qui s'appelle Languée qui met vraiment en avant la transmission de sa voix, de sa voix de frère qui encourage le maître Ausha et on a des commandes, il nous arrive vraiment d'être partenaire à des à des professionnels qui souhaitent organiser des salons ici au Sénégal. On a eu à le faire avec le salon des industries africaines. On a eu à organiser une grande conférence sur le hacking avec Clément-Domingo Sachs, qui est un expert en cybersécurité. Donc vraiment, le magazine nous offre vraiment une panoplie de possibilités. toujours dans la communication. Donc, en plus de l'édition du magazine, on est dans l'organisation d'événements, mais on essaie toujours de nous inscrire dans cette dynamique-là, de valoriser les talents africains.
- Ramata
Très bien. Aujourd'hui, le print, il est en édition francophone. Est-ce que le média digital, il a une édition, en fait, est-ce qu'il y a une vocation internationale pour toi ? Est-ce que tu as une envie de faire en sorte que, en fait, dans une volonté de couvrir, de mettre en avant en tout cas des profils africains, est-ce qu'il y a une volonté peut-être d'aller vers des pays anglophones et du coup de prévoir une version peut-être anglaise du print ? Est-ce que ça fait partie des choses auxquelles tu penses dans le cadre du développement d'Étoiles africaines ?
- Dorine
Tout à fait, tout à fait, je le pense en même temps. parce que l'Afrique n'est pas seulement l'Afrique francophone, il y a une partie anglophone, il y a une partie bisongone également, mais dans nos perspectives de développement, nous avons prévu d'avoir une version... anglophone, mais l'idée, c'est de garder la même version, mais d'avoir une partie anglophone. Pour chaque interview, on aura vraiment un résumé en anglais pour permettre vraiment à la partie anglophone de pouvoir s'identifier également à ce magazine.
- Ramata
Très bien, très intéressant en tout cas, les différentes étapes que tu prévois pour le développement du magazine. On sent que, effectivement, toi, tu as un parcours de charge en production d'experts des médias. Donc, dans ce que tu prévois pour Étoiles africaines, il y a vraiment des étapes qui sont bien identifiées. Est-ce qu'il y a, comment dire, est-ce que tu te fais, je ne sais pas, tous les ans, la liste des personnes que tu rêverais d'interviewer pour Étoiles africaines ?
- Dorine
Pas forcément, pas forcément. En fait, nous, on se colle un peu à notre réalité, on va vraiment à la recherche des talents. On n'est pas vraiment fermé. On essaie vraiment de ratisser l'âge. On se documente beaucoup. On essaie de voir les talents qui font l'actualité, mais pas que les talents qui font l'actualité, parce qu'il y a des personnes très intéressantes qui font de très belles choses, mais qui ne sont pas très bien connues, qui ne sont pas très bien valorisées. Donc, nous, c'est vraiment ces talents inlisibles La haute. On essaie d'aller dénicher pour pouvoir les mettre en avant. On ne se dit pas à l'avance qu'on va prendre telle personne, qu'on va prendre telle personne. On n'est vraiment pas fermé, mais on est à l'affût vraiment des personnalités qui ne font pas souvent l'un des magazines. Et la chance qu'on a, c'est qu'on essaie aussi de suivre, par exemple, les talents qu'on a à prendre. Je donne l'exemple, on a pu apprendre une dame qui était à Londres, qui était, au moment où on l'avait prise, elle était directrice exécutive. Quelques mois après, elle a progressé. On essaie tout le temps de suivre les talents, de suivre leur évolution. Je pense qu'on n'est pas confinés, on ne se dit pas. Cette année, on va prendre telle personne, telle personne. On suit l'actualité et en fonction des opportunités également, on prend des talents. Aujourd'hui, je pense qu'on est à 22 parutions plus 6 numéros spéciaux. Dans chaque numéro, on met en avant à peu près une vingtaine de personnes et c'est des personnes qu'on côtoie. D'une manière ou d'une autre, ce n'est pas par exemple on voit Ramata, on aperçoit Ramata sur les réseaux sociaux, on essaie de se documenter pour écrire un article sur Ramata. Non, nous on essaie de créer un lien, de tisser un lien avec les personnes interviewées. Aujourd'hui je suis capable de dire que par exemple toutes les personnes qui sont sur le magazine Étoile africaine sont des personnes que je connais personnellement. que l'équipe éditoriale connaît. Voilà, donc on essaie vraiment de rendre plus humain cette relation entre les éditeurs qu'on a et le magazine qu'on a.
- Ramata
Très bien. Et est-ce que vous prenez des demandes entrantes ? Est-ce que vous avez des demandes entrantes ? J'imagine que vous devez en avoir, puisqu'à un moment donné, quand un média donne cette opportunité-là d'être à la fois digital, à la fois en print, il peut y avoir effectivement des personnes qui tapent à la porte en disant « j'aimerais bien être mis en avant dans votre magazine, mais pas sous le format annonceur, pas une marque qui serait annonceur, mais plutôt j'aime bien ce que vous faites et j'aimerais bien être l'un des portraits » . Est-ce que vous regardez ce type de demande-là ou est-ce que c'est plutôt vraiment toi et tes équipes qui définissez, qui identifiez les profils à interviewer ou est-ce que c'est les deux en fait ?
- Dorine
Non, c'est les deux. Au début, c'est nous qui allions vers les gens. Maintenant, de plus en plus, c'est les gens qui viennent, qui nous disent oui, on aimerait bien être sur le magazine et ça fait vraiment un boom au cœur. Parce qu'à partir de ça, on se dit qu'on a fait du bon boulot. Le magazine commence à être connu un peu partout en Afrique parce qu'on a beaucoup de sollicitations de ce genre-là. Des gens qui nous regardent à travers les réseaux sociaux, à travers les magazines, qui souhaitent collaborer avec nous aussi bien en termes d'apport de paiement publicitaire, avoir de la visibilité à travers le magazine. Il y a également des gens qui nous recommandent d'autres profits. Par exemple, Ramata qui peut nous recommander d'autres personnes. On en a vraiment et je pense que c'est une fierté parce que le magazine a été lancé en 2022. Ça fait bientôt quatre ans et au début, on peinait peut-être à avoir des personnes qui veulent. s'identifier à ce magazine-là. Mais vraiment, là, Al-Khaouli, je remercie les gens qui regardent le magazine et qui veulent vraiment associer leur image à notre magazine.
- Ramata
Très bien. Écoute, c'est une belle histoire de médias que tu racontes parce que c'est vrai que c'est un vrai challenge de se lancer dans l'univers du média. Moi, je suis bien placée pour en parler également. Et je suis totalement alignée avec toi. Quand on commence à avoir des demandes entrantes, quand c'est les gens qui commencent à frapper à la porte, c'est vrai que c'est un sentiment qui donne du baume au cœur parce qu'on se dit là, c'est la reconnaissance ultime en fait. Donc, on arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai été ravie de pouvoir découvrir ton profil, découvrir tout ton parcours et toute ton expertise dans la production de médias. En plus, à travers des grandes chaînes. comment dire, africaine. Et aussi découvrir comment tu as construit le média étoile africaine qui aujourd'hui est une véritable référence en Afrique et au-delà. Donc pour ça, je te dis merci. Et puis à très bientôt en Afrique ou ailleurs.
- Dorine
Alors merci beaucoup, Rebecca. Merci de m'avoir donné cette opportunité-là. j'ai tellement l'habitude de mettre en avant les noms. Moi, je suis un peu dans ma bulle quand il s'agit de parler de mon parcours, de mon expérience, et j'espère que les auditeurs seront indulgents parce que je sais que ce n'est pas une histoire que je vais déguster cette fois-là.
- Ramata
Écoute, merci à toi. Moi, mon audience, alors c'est... pas une question d'indulgence, je pense qu'on est toujours un peu dur avec soi-même quand on fait une interview. Donc on s'imagine que le moindre propos, la moindre hésitation va être mal perçue, alors que moi l'idée de ces interviews, c'est vraiment de proposer des échanges authentiques à une audience qui a un vrai intérêt pour découvrir des professionnels du continent africain dans différents univers. Donc, moi, je pense que, en tout cas, moi, j'ai beaucoup apprécié notre échange et je pense que mon audience l'appréciera également.
- Dorine
En tout cas, merci beaucoup et j'espère avoir l'opportunité de mettre en avant des gens inspirés de ta communauté.
- Ramata
Avec plaisir. À très bientôt. Au revoir.
- Dorine
Merci beaucoup. Au revoir.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort. pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.