- Fadil
Parfois, il faut revoir, parfois, il faut essayer de tilier ce qu'on propose et pour qu'ils acceptent. Même avec des marques locales, c'est-à-dire des petites marques, je peux le dire ici, et ça m'arrive, même l'année dernière, ça m'est arrivé pour une campagne, pour un événement, on avait dit en fait... Si c'est la DA, j'ai aidé à proposer, mais à la dernière minute, on a tout changé. Et on a dû laisser beaucoup de choses qui étaient assez intéressantes. Et c'est un peu compliqué parce que moi, j'aime quand tout est beau, quand tout est logique. et quand tout est en train Quand ça renvoie une image premium, quand l'image premium est vraiment là.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et à la rencontre d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, Je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramatha Diallo. Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de celles et ceux qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre Une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Fadil Adilou. Fadil est directeur artistique. Il crée des campagnes pour les marques dans l'univers de la mode et pas que dans l'univers de la mode. Et d'ailleurs, c'est ce dont il va nous parler. Il est basé à Cotonou. Je l'ai rencontré par le biais d'Isaria Sainte que j'avais interviewé il y a plus d'un an maintenant. Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de son parcours et de son métier. Bienvenue Fadil, comment vas-tu ?
- Fadil
Bien, bonjour Rama. Je vais bien et je sais que tu vas bien aussi.
- Ramata
Écoute, ça va très bien. Je suis ravie qu'on ait pu trouver ce moment pour pouvoir enregistrer cette interview. Donc, on va commencer comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Fadil
Je suis Fadil Alidou. Je suis béninois. Je vis à Cotonou et je travaille dans la communication et aussi dans la mode.
- Ramata
Très bien. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton parcours scolaire ? Comment est-ce que tu as démarré dans les études ?
- Fadil
J'ai un baccalauréat scientifique, option biologie. Et quand j'ai commencé l'université, j'ai fait un parcours en programmation informatique. Et ensuite, j'ai pendant trois ans, et par la suite, j'ai fait une licence en gestion des entreprises. La programmation informatique, pour moi, c'était la seule chose que je voyais à l'époque que je pouvais faire parce qu'il n'y avait pas vraiment d'options pour tout ce qui était artistique, créativité. Il n'y avait pas vraiment de filier dedans. Donc, je me développais moi-même sur le tas et de façon autodidacte pour des pouces. pour mes compétences liées à la communication, liées à la mode et liées au fait à tout ce domaine créatif-là. Donc j'ai déjà, après mon diplôme en programmation informatique et après mon diplôme en licence, après ma licence en gestion des entreprises, donc j'ai décidé au fait de mettre de côté vraiment la programmation informatique et de me concentrer au fait sur la communication. Mais avant ça, j'avais toujours fait cet amour pour la route parce qu'à la base, mes parents avaient une messierie. Ils avaient une messierie et donc j'ai rencontré... Beaucoup d'artisans couturiers, des tailleurs, des brodes, des gens de divers univers. Ça m'a fasciné et ça m'a permis d'avoir beaucoup plus d'amour pour le secteur de la mode. Et déjà, chez nous, pour la petite histoire, je suis de confession musulmane. Et les musulmans, en fait, ils aiment beaucoup ces bobos bien chargés avec beaucoup de parure. Et ça fait que j'ai même fait de la broderie, en fait, à main. Parce que tellement j'aimais, en fait, je voulais toucher vraiment du tout, quoi. Et tout, c'est une idée, là. Et par la suite, j'ai toujours décidé, en fait, de savoir, de comprendre beaucoup plus, donc. Afin de rester avec cette taille, j'ai cherché à savoir comment le vêtement... En fait, comprendre déjà le tissu, comprendre le vêtement, comprendre les matériaux qu'ils utilisent et savoir quel est leur... Eux, déjà, en tant qu'artisans, en fait, quel est leur... et comprendre leur passion. Donc, c'est tout ça qui m'a connu petit à petit vers le secteur, l'industrie de la mode. Et j'ai commencé... quand je voulais commencer par travailler dans le secteur de la mode, j'ai commencé déjà par donner des conseils à des amis, des parents, des personnes pour leurs événements. à l'heure du OK, il faut choisir telle matière, il faut pour telle chose, il faut s'habiter de telle façon. Donc, j'ai commencé par le conseil. Et par la suite, j'ai commencé par travailler en 2018, oui, en 2018, avec un média de mode, mode éthique à l'époque. Et donc, j'ai commencé par travailler en tant que rédacteur, reporter, et je gérais aussi les réseaux sociaux. Donc, là, j'ai commencé, il fallait aller vers des personnes, parfois, travailler sur des campagnes avec des mains. Parfois, on travaille avec des personnalités. Et donc, à force de faire tout ce travail-là, ça a nourri toute cette compétence-là. Donc, j'ai dû développer mes compétences en communication. J'avais déjà certaines compétences en communication, parce que j'étais très actif sur les réseaux sociaux. Et étant donné que j'avais fait des affaires d'informatique de gestion, je comprenais déjà les diverses outils qu'on utilisait pour aller sur Internet. Et donc ça fait que quand j'ai commencé à travailler avec le média, c'était beaucoup plus facile pour moi de comprendre comment les réseaux sociaux fonctionnaient. Déjà, je ne savais pas comprendre comment la mode fonctionnait, donc j'appliquais les deux ensemble. Et j'arrivais ensuite à écrire des articles, à faire des posts sur Internet, à travailler sur des campagnes. Même parfois, il y avait des choses sur lesquelles je travaillais, c'était des trucs à distance. Le reste de l'équipe n'était pas là et je gênais, je les faisais comme je suis. Donc, petit à petit comme ça, j'ai décidé d'aller un peu plus de l'avant. Donc, je ne commençais pas à avoir des contrats de communication. Et, je me faisais, j'ai décidé de me former moi-même, en fait, à la communication. Je dis, en fait, le truc avec moi, c'est que je n'ai... Aujourd'hui, je dis, en fait, ce qui me... Tons de l'agence, c'est-à-dire la mode de la communication. Je n'ai jamais vraiment appris ça en salle de classe. Je me suis vraiment formé de façon autodidacte. Et étant donné que j'avais déjà une base en informatique, j'ai toujours fait appliquer ce sérieux-là et cette rigueur-là. C'est un peu le truc avec moi. Je suis très rigoureux dans ma façon d'apprendre, dans ma façon de comprendre, dans ma façon de travailler avec les gens. donc j'ai continué Et en 2020, j'ai commencé à travailler avec un studio de communication et de marketing. Et j'ai enchaîné les contrats en communication avec certaines marques. Et des marques dans la mode et des marques qui ne sont pas dans la mode. Je travaille avec des marques locales telles que Macajou. Je ne sais pas si vous connaissez, c'est une marque qui fait des Macajou. C'est une sorte de macarons. J'ai travaillé avec des personnalités, certains artistes du sud de la direction artistique, des artistes comme Tepi Olica. Récemment, j'ai travaillé l'année dernière avec un artiste binois qui est basé en France, Joe Kingston. Et aussi, je suis un club vidéo d'une artiste congolaise. dont je vous disais qu'on a fait une série de vidéos en 2024. Et donc, il y a beaucoup de... Il y a aussi beaucoup en fait de... C'est-à-dire le fait de campagne, les choses sur lesquelles j'ai travaillé. J'essaie de me rappeler parce que j'ai tellement enchaîné les projets à un rythme, à un niveau où j'étais vraiment fatigué. Pourquoi ? Parce que je me disais, plus j'enchaîne sur le projet, plus je sais comment ça se passe, plus je comprends plus le fond du projet. J'arrive à donner à mon client ce qu'il veut. Et moi, ma particularité dans ma façon de travailler, c'est vraiment de combiner stratégie et créativité. Stratégie, pourquoi ? Parce qu'on est dans un monde où il y a plein d'informations. Les gens sont noyés d'informations matin, midi, soir. Et si on veut faire sortir un contenu, on veut se présenter au public, il faut vraiment que ça puisse vraiment toucher, que ça ait du sens. pour qu'on puisse retenir l'attention des personnes. Et qu'on retienne l'attention des personnes, pas pour qu'une seule fois, que cette personne a ce souci humain de ça à chaque fois. Que ça fasse un déclic dans sa tête. Et aujourd'hui, avec tous les réseaux sociaux, avec les journaux, les articles, les podcasts, tout ce qui existe, les gens ont tendance, en fait, à oublier. Donc, moi, mon travail, c'est vraiment, en fait, de proposer une stratégie ou des stratégies. Ça dépend. de la nature du travail, pour que ces clients-là puissent retenir l'attention de leurs consommateurs et par la suite, ça peut se valider par un achat ou quelque chose qui leur permettra d'atteindre l'objectif qu'ils ont voulu.
- Ramata
Très bien, c'est super clair. Merci d'avoir pris le temps de nous raconter un petit peu ta trajectoire depuis tes débuts. au niveau des études où tu n'étais pas du tout dans le secteur de la mode. Et puis, comment tu as appris par toi-même sur le tas en autodidacte et que tu t'es fait ta répétition et ta réputation. Et ce que tu expliques, c'est quelque part le côté rigoureux que l'on peut atteindre de quelqu'un qui a travaillé un petit peu dans le domaine dans lequel tu as fait des études au départ. On peut le retrouver dans ta manière de se travailler. Est-ce que tu peux expliquer en détail quelles sont les étapes et qu'est-ce qui définit la direction artistique d'une marque ? Parce que parfois, il y a des créateurs qui se lancent et qui ne comprennent pas forcément vraiment les enjeux de la direction artistique et aussi l'impact que ça peut avoir dans la création d'une identité de marque et aussi d'un lien avec le potentiel consommateur.
- Fadil
déjà il Il y a un truc qu'il faut savoir. Le thème de direction artistique est aujourd'hui, je dirais, un peu galvaudé. Parce qu'à l'époque, comme je ne commençais pas à travailler en tant qu'autodidacte, je ne savais pas vraiment. Je faisais de la direction artistique sans savoir que c'était de la direction artistique. C'est-à-dire que je n'avais pas les mots. Je n'avais pas encore mis de mots dessus. Et donc, après, il y a ce qu'on appelle la direction artistique. Déjà, ce qui définit réellement, en fait, Il y a un truc de base, la direction artistique d'une marque ou de quoi que ce soit, ce n'est pas pour faire joli. Le but ici, c'est de traduire une vision en des signes qui sont visibles et des signes qui sont cohérents. Et par la suite, ces signes permettront de provoquer une émotion et un comportement. Donc pour moi, c'est un peu ça la direction artistique. Et la direction artistique, déjà, ce qui le définit, Ton premier sens, c'est la vision. La vision, si on va parler, en fait, d'ailleurs, du fond et de la forme. Genre, quand on prend une marque, pourquoi, en fait, d'ailleurs, la marque existe ? Qu'est-ce qu'elle raconte comme histoire ? Et quelle position, en fait, elle prend dans le monde ? Et à qui elle s'adresse ? Parce que les marques ne s'adressent pas à tout le monde. Et quand on a dit, en fait, cette vision, là, maintenant, en fait, quand on a dit à cette vision, on sait où on doit partir. Parce que quand on n'a pas cette vision, la D.A. est juste en fait une D.A. décorative et elle n'a pas d'impact. Ça c'est un point. Et avec cette vision en fait le choix de la D.A. devient stratégique. Voilà pourquoi à chaque fois je dis en fait, la stratégie est au cœur de tout ce qu'on fait. Et une direction artistique c'est en fait, en fait moi c'est un c'est un dans la définition de la stratégie d'une marque que beaucoup de personnes en fait ne comprennent pas. Le papouf est joli, c'est un travail très rigoureux. Et quand on va venir au fait, c'est un truc qui est très visuel. Quand on va venir sur l'identité visuelle, on va parler du logo, des couleurs, de la typographie, des formes. Ici, on choisit tout cela en fonction de l'émotion, de ce que la marque a envie de faire sortir. Si je prends par exemple une marque qui est dans de l'alimentation express. La marque ne fera pas une idée. Elle va vouloir choisir des couleurs très simples. Parce qu'il y a ces couleurs simples-là qui ne montrent pas le côté express. Il faudra que les couleurs soient un peu vives, attirantes. Et que ces couleurs-là traduisent un peu de la chaleur pour montrer le côté rapide. Le côté, en fait, on est là tout le temps. tout le monde. C'est un peu tout ça qu'on va mettre dans l'identité qu'il doit représenter au CDA. Et même au niveau de la typographie, il faut penser dans le contexte, quand on choisit une marque qui fait de la restauration espace, comme on le dit, il faut en fait choisir une typographie qui attire. qui, littéralement, est légèrement un peu agressif. Pas quelque chose qui est lent. Et pas forcément quelque chose qui est orienté vers le luxe. C'est express, c'est rapide. Et même la façon dont on compose aussi les tests, la façon dont on doit créer des vidéos, on doit créer des images. Il faut être conscient que le rythme qu'on utilise, c'est un rythme qui est rapide. La façon dont ça doit être composé... on doit sentir de la spontanéité dedans. Et l'univers qui doit être... En fait, ça fera que tout l'univers, tout sera connecté. Tout aura du sens. Tout permettra à cette marque qui fait de la restauration rapide d'atteindre, de pouvoir attirer ses clients. C'est juste un exemple que je donne. Ça fera que quand on regardera le logo de la marque, on regardera en fait... et peut-être les photos, les vidéos. On regardera les diverses campagnes. On regardera la typographie. Même la façon dont, quand on vient dans le restaurant, la façon dont les employés agissent. Tout ça doit refléter l'identité de la marque. Tout ça doit refléter le pourquoi. Pourquoi la marque existe et ce qu'ils apportent. C'est un peu ce que je lui ai donné comme réponse à cela.
- Ramata
Très bien. C'est intéressant que tu aies pris le temps de vraiment expliciter ce qu'est la direction artistique. Parce que comme tu le dis, effectivement, tout le monde en parle un peu à tort et à travers, sans forcément avoir les compétences ou connaître vraiment les tenants et aboutissants qu'il peut y avoir derrière un travail de directeur artistique. Et bien souvent, il y a énormément de marques où elles ne recourent pas un directeur artistique, où elles ne cherchent pas à développer forcément les compétences nécessaires pour faire de la direction artistique. Or, ça reste quand même un élément clé pour installer une marque et la faire durer. Toi, ce que tu évoquais, c'est que tu as développé une expertise des réseaux sociaux parce que toi-même, tu partageais du contenu. Et du coup, les marques, c'est comme ça qu'elles t'ont fait confiance. Est-ce que tu peux nous parler de comment est-ce que ça a commencé, ton intérêt pour les réseaux sociaux et quel type de contenu tu as commencé à partager ?
- Fadil
Mon intérêt pour les réseaux sociaux a commencé, je dirais en 2000. Bon déjà j'ai créé mon premier compte Facebook en 2010 et mon intérêt a commencé en 2015. Peut-être un peu avant 2015, mais je ne partageais pas vraiment assez de choses. Moi, j'ai commencé à partager vraiment du quotidien, des trucs très locaux. En fait, ce qui se passe dans la vie de tous les jours. Et comme j'avais un côté un peu ivoirien, j'aimais, comme on le dit, tout ce qui est... En fait, tous ces sujets d'actualité qui... pas des sujets forcément enrichissants. En fait, même des choses de la vie de tous les jours. Peut-être qu'il y a tel star qui a fait tel truc ici, tel star, il y a telle personne qui s'est battue là-bas, personne n'a dit, j'ai fait telle chose. Donc, tout ça, ça m'a permis au fait de... d'avoir une petite communauté déjà sur Facebook et par la suite sur Instagram. Et donc, au début, le type de contenu que je partageais, c'était beaucoup plus du test. À partir de 2016, je veux dire en fait 2016-2017, je ne me suis pas partagé en fait des contenus qui, en fait, liés à la mode, des petits conseils, des tests. styles que les gens peuvent faire. Et je faisais beaucoup aussi WhatsApp. Je faisais beaucoup les stories WhatsApp et les stories Instagram sur tout ça. Donc, je partage beaucoup de contenu, surtout sur les stories. Beaucoup de contenu est en fait à la mode. Que ce soit des styles de vêtements, que ce soit des astuces, que ce soit des conseils. C'était de 2017 jusqu'à 2019. Ça, je le faisais. beaucoup. Et donc, c'est vrai qu'il y avait beaucoup de personnes qui venaient en inbox me demander des conseils, qui me demandaient comment je dois faire ci, comment je dois faire ça, et je republiais beaucoup de ce que d'autres médias faisaient sur mes pages. Et donc, c'est comme ça, ça a commencé petit à petit. Et ensuite, moi, en fait, moi, personnellement, j'adore tout ce qui est artistique. et comme je ne dirais pas que j'ai une personnalité atypique parce que tout le monde dit qu'on a une personnalité atypique je dirais en fait que je suis moi, je suis juste moi tout simplement donc j'aimais partager quelquefois ce que je portais comme habit parce que personnellement je composais tout le temps mes looks et j'ai un truc, c'est-à-dire moi j'adore porter plusieurs fois mes habits parce que pour moi un vêtement c'est beaucoup de choses Merci. Donc, je peux prendre pendant un matin un pantalon et en faire plusieurs looks avec. Je peux prendre pendant un matin un t-shirt et en faire plusieurs looks avec. Je peux prendre pendant une soirée et en faire plusieurs looks avec. Et dans ma vie, dans mon quotidien, c'est ça. C'est-à-dire, en fait, quand vous rencontrez le fadil que vous voyez sur Internet, c'est toujours le fadil, c'est le même fadil que vous voyez dans la vie de tous les jours. Ce que je porte sur Internet, c'est ça que je porte dans la vie de tous les jours. Parfois, je dirais même que dans la vie de tous les jours, j'étais encore beaucoup plus fadil. plus habillé que sur Internet. Donc, je partais tout le temps, en fait, mes looks, mes pensées, ce que je trouvais intéressant. Et quand il y avait les fachos numiques, et surtout quand il y avait le Medcala, là, je consacrais toute la semaine à décortiquer, à parler de l'actualité, à dire tel, tel, tel chose. Et je me rappelle, en fait, de 2015 jusqu'à des mises à... j'ai fait 2018, si je ne me trompe pas, il y avait Rihanna qui était tout le temps en vogue au Metcalf. Et comme je suis fan de Rihanna, je détends encore Tiki à chaque fois son look. Je dis en fait elle a fait ci, elle a fait ça. Donc c'est avec ça, en fait c'est avec toutes ces analyses d'art et toutes ces publications sur la mode que beaucoup de personnes m'ont connues sur Internet. Et ensuite, j'aime beaucoup faire des choses qui ont à la culture générale et à l'histoire. Bon, ça, je le partage pour moi-même. Mais bon, j'étais beaucoup plus centré sur tout ce qui était mode. Tout ce qui était mode. Mode, mode, mode. C'était, en fait, c'est un peu ça. Ça fait que beaucoup de personnes, en fait, pensent jusqu'à au lieu de faire des études en mode ou je n'ai jamais fait d'études en mode. Donc, c'est un peu ça.
- Ramata
Tu expliques un petit peu que tu as des contenus qui sont devenus des contenus phares, parce que par exemple tu es fan de Rihanna et à chaque fois tu décortiquais les looks de Rihanna sur tes réseaux et c'est comme ça que tu t'es fait connaître. Est-ce que toi tu avais une stratégie de contenu en te disant il faut que j'arrive à créer un contenu star qui va devenir le contenu que tout le monde va chercher, que tout le monde va attendre et ce sera ça la stratégie ? que tu avais déjà en tête ? Il y a vraiment une notion de comment est-ce qu'on établit une ligne éditoriale et comment est-ce qu'on établit un contenu qui va faire que les gens vont se dire « Ah, je vais aller sur le compte de Fadil, il y a eu le Met Gala, j'ai envie d'avoir son débrief » . Est-ce que ça, c'était une stratégie ou est-ce qu'en fait, c'était complètement spontané parce que ça correspondait à ce que toi, tu aimais ?
- Fadil
Le problème avec moi personnellement et les réseaux sociaux, c'est que, comme on dit, j'aime la citation, Salut ! Pour dormir, tu m'achètes aussi. C'est un peu ça. Donc, j'avais personnellement, je n'avais pas de, ce n'est que récemment, j'ai commencé à appliquer de la ligne éditoriale pour moi, mais personnellement, je n'avais pas de ligne éditoriale. Tout était vraiment spontané. Par contre, les marques avec lesquelles je travaille, les médias avec lesquels je travaille, je travaille énormément sur la ligne éditoriale, sur le contenu, la qualité, tout ce qui a rapport. mais moi personnellement non tout était très spontané c'était vraiment très spontané spontanée. Et donc, beaucoup de personnes m'attendaient à chaque fois quand il y avait ces événements-là. Donc, ils savaient, en fait, que Fadi allait publier, il allait, en fait, en parler. Donc, il n'y avait pas vraiment, en fait, de lignée tutorielle, parce que je ne suis jamais... C'est-à-dire, je pense que je ne commençais pas à fréquenter les réseaux sociaux dans les années, au début des années 2010. Et pour moi, à cette époque-là, c'était toujours, en fait, on partage des choses avec des amis, des connaissances. C'est-à-dire, en fait, on partage ce qu'on a envie de faire sans forcer. Donc, je pense que je suis trop resté dans cette idée-là, même sans le savoir, jusqu'au début des années 2020. Donc, ça fait que tout ce que je partageais, était très spontanée. Même quand je faisais certaines publications qui avaient une grande portée, c'était toujours spontané. Ce n'est que, je veux dire, en fait, à partir de 2021, 2021-2022, je veux dire, que j'ai essayé d'avoir cette ligne éditoriale. Encore que là, j'ai apparaissé. Donc, en fait, j'étais beaucoup très spontané dans tout ce que je faisais. J'étais vraiment très spontané dans tout ce que je faisais, dans mes relais, dans mes patages, même parfois dans la création du contenu. Il y avait des moments où j'étais tout le temps en train de faire des photos, j'étais tout le temps en train de faire des vidéos, mais c'était tout qui était très spontané. Parce que je focalisais toute mon attention sur le rendu que je devais donner à les marques avec lesquelles je travaillais. Et donc, moi-même, je me négligeais beaucoup. Donc, c'était un peu ça. Et je n'avais pas forcément conscience du fait que je me négligeais. Je n'avais pas forcément conscience de cela. Donc, je focalisais mon attention sur les autres. Par exemple, maintenant, je dois travailler avec toi, Hamata. Et peut-être que je dois travailler avec... Et je dois gérer peut-être ta éditoriale personnelle. Même si moi, j'avais fait un plan pour moi. En fait, j'oublie pour moi. Je ne sais pas. Et je me focalise sur toi. Je te mets la pression. C'est comme ça que je suis, au fait. C'est vrai que pour moi, c'est un peu délaissé. Mais récemment, on m'a dit non, ce n'est pas bien. Donc, je vais commencer par me prendre beaucoup plus au série. Donc, à partir de 2023, j'essaie de me prendre beaucoup plus au série. Et c'est en 2024, oui. Donc, c'est un peu ça.
- Ramata
Très bien, c'est très intéressant. Effectivement, comme tu le dis, les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. Mais ce que je trouve intéressant, c'est que tu n'avais peut-être pas de ligne éditoriale, mais en tout cas, la spontanéité, ça peut fonctionner aussi, puisque tu as des contenus qui ont bien fonctionné et qui ne faisaient pas l'objet d'une ligne éditoriale. Donc, je pense que c'est intéressant aussi de retenir qu'il faut faire ce qui nous plaît pendant une certaine période pour identifier ce qui nous plaît et ce qui plaît. aussi à notre audience et à partir de là, on peut construire sa ligne éditoriale. Et du coup, quand tu travailles avec un client, qu'il s'agisse d'une marque ou qu'il s'agisse de personal branding d'une personne, par exemple, tu as le rôle, je dirais, de directeur artistique. Quand je travaille pour une personne, je vais avoir le rôle d'un peu d'un personal shopper. Tu vas donner des conseils sur quelle tenue porter et puis quel type de photo prendre, par exemple.
- Fadil
Oui, et j'ai en fait un peu au-delà de cela. Je dirais en fait, je suis un peu, je n'ai pas le dit, je suis un peu du 360, que ce soit avec les personnes, que ce soit avec les marques. Parce qu'à part faire que de la direction artistique et il y a la partie communication, même si la marque avait déjà une équipe communication, je condamne l'équipe communication, je vais jusqu'à parfois diriger. Les graphistes, les vidéastes, les photographes et même ceux qui... Ce qui est là-bas, je dis en fait, ça je vais parfois faire un ou trois de regard dans l'élaboration du plan global de la marque. Et donc ça, c'est un peu avec les marques. Chez les personnes, il y a le personnel shopping. Ça, c'est un service que je propose avec mon projet Concept Store. Et il y a le personnel branding, comme tu l'as dit. Et dans le personnel branding, c'est vrai, il y a la partie photo. C'est-à-dire, vous faites la partie, vous faites tout ce qui est contenu de photos, vidéos et stratégie. Parce que dans le personal branding, pourquoi je ramène ça par la stratégie ? Beaucoup de personnes oublient que, quand on parle de personal branding ou quand on parle même de branding, c'est une façon de se comporter. C'est un tout en un. Je prends l'exemple de ça. Tu ne peux pas... Salut. être peut-être une personne qui propose des services. Tu es une coiffeuse et tu décides de te mettre en avant, de mettre aussi en avant ton salon de coiffure. Mais à chaque fois que tu sors, peut-être que tu as fait des courses, tu te balades dans la ville, tes cheveux ne sont pas arrangés. Non, ça, ce n'est pas possible. En fait, c'est hyper important qu'à chaque fois qu'on te voit, qu'en fait, quand on regarde sur ta tête, qu'on sente que, ah ouais, il y a un truc qui est là, quoi. C'est-à-dire, en fait, c'est beau, c'est joli, ça. C'est-à-dire, en fait, on a littéralement envie de prendre la coupe que tu as faite sur la tête. C'est hyper important. Et donc, en fait, c'est là que je parle de stratégie. Et là, ça devient encore beaucoup plus intime. Ma façon de travailler avec les personnes, c'est vraiment au-delà de tout ça. Et parfois, je vais un peu plus dans l'intimité des clients parce que parfois, il y a des challenges personnels qui font que les clients n'arrivent pas à tout réaliser. Il arrive parfois que certains, peut-être Thomas, Nadia, il arrive parfois peut-être qu'il y a des périodes où peut-être mentalement, ils ne sont pas en fait... Ils sont pas là parce qu'en fait, on travaille avec l'humain. Donc, à la fois, il faut être très rigoureux, mais à la fois, il faut savoir, il faut comprendre l'humain. Il faut comprendre ses attentes et ses défis pour savoir quoi proposer. Et parfois, il arrive parfois que, même avec des sociétés, qu'on établisse un programme déficiel. qu'il y a une contrainte qui est là, qu'il y a quelque chose qui vient tout bourrier. Là, je suis obligé en tant qu'humain, et parce qu'on doit s'adresser à des humains, et qu'ils sont des humains qui travaillent sur le projet, de revoir la façon de faire ça. Donc, c'est... Mon travail est vraiment plein au-delà de gérer des campagnes photos, gérer des campagnes vidéos, c'est beau ça. Gérer les réseaux sociaux, dire qu'il faut faire ci, qu'il faut faire ça. Gérer tout un ensemble de beaucoup de choses, c'est vraiment au-delà de tout ça. Et ça qui fait un peu ma différence, je ne me jette pas des lauriers, parce qu'il y a énormément de choses que je dois faire. apprendre encore. Ça qui fait un peu ma différence. Pourquoi ? Parce que moi, c'est du même, la stratégie, je mets aussi du mieux au cœur de tout ce que je fais. J'essaie de comprendre vraiment les besoins. Il y a parfois, il y a un client avec à qui je travaille et on devait faire sortir avant la fin du mois de janvier, on devait travailler. En fait, c'est là, elle est artiste, chanteuse. On devait faire sortir avant la fin du mois de janvier et là. à cause de ça, d'une de ses chansons, de la première de ses chansons, on avait fait sortir plusieurs choses. Mais il s'est fait que pendant deux semaines, elle est tombée malade. Elle est tombée malade, il y avait plein de choses. Et aussi, étant donné que c'est janvier, il y avait une autre partie de son équipe qui n'était pas vraiment faite du pied parce qu'il y avait les vaudoules des chinois qu'il fallait gérer, il y avait plein de trucs. Donc quand c'est comme ça, bah... Moi, j'ai un programme avec elle, mais je suis obligé de décaler certaines choses. Je suis obligé de repenser, revoir. Parce que je ne travaille pas avec des animaux, je travaille avec des êtres humains et c'est important. Donc, c'est un peu ça.
- Ramata
Oui, tout à fait. C'est important cette notion d'effectivement, quand on est sur du personal branding, qu'il s'agisse ou quand on est sur vraiment une stratégie de marque. Effectivement, plus on est quelque part proche de la personne pour laquelle, de l'équipe avec laquelle on travaille, plus on va réussir à proposer quelque chose de vraiment singulier, de vraiment unique. et le fait de comprendre son interlocuteur, ça fait qu'elle va comprendre où est-ce que tu veux l'emmener. elle va te suivre parce que quand on n'arrive pas à établir une bonne communication avec son client, en fait, on n'arrive pas à atteindre les objectifs. Parce que parfois, on challenge aussi ses clients. Est-ce que ça t'est arrivé de vraiment proposer des idées à un client lors d'une collaboration et qu'il y ait vraiment des réticences, c'est-à-dire qu'il se dise, non mais là, je ne comprends pas ce que tu me demandes ou je ne suis pas à l'aise avec l'idée que tu me proposes. Alors que toi, tu sais que ça peut être pertinent pour la marque en termes d'avoir une image plus premium, plus qualitative, plus haut de gamme, mais tu sens que la marque n'est pas prête ou le patron de la marque n'est pas prêt. Est-ce que ça t'est arrivé ce genre de situation ?
- Fadil
Ça m'est arrivé plusieurs fois. Plusieurs fois, c'est tout quand je travaille avec des marques institutionnelles. Ça m'est arrivé plusieurs fois. Là, c'était même quand je travaillais en agence de communication. Il fallait, il y avait des radiatrices et des médicaments qui disaient non, ce n'est pas possible. Et dans ces cas, c'est un peu compliqué, surtout ici sous nos yeux, c'est un peu compliqué. Donc il faut revoir tout. Et parfois il faut revoir, parfois il faut essayer de tirer ce qu'on propose et pour qu'ils acceptent. Même avec des marques locales, ça dit des petites marques, je peux le dire ainsi. Et ça m'arrive, même l'année dernière, ça m'est arrivé pour une campagne, pour une campagne, pour un événement. On avait dit en fait, si c'est léger, j'ai dit à fêter la lia, j'ai dit à proposer. Mais à la dernière minute, on a tout changé. Et on a dû laisser beaucoup de choses qui étaient assez intéressantes. Et c'est un peu compliqué parce que moi j'aime quand tout est beau, quand tout est logique et quand ça renvoie une image premium. quand l'image premium est vraiment là. Mais quand ce n'est pas le cas et que la marque te dit, je prends l'exemple, la marque te dit, je veux vraiment comme identifier une marque premium ou je veux comme identifier une marque de luxe, je veux telle, telle chose. Mais dans le même temps, cette marque te dit, je veux faire des, fais-moi des contenus style très TikTok. C'est un peu compliqué. et les marques vont te dire en fait, il y a des contenus sur TikTok qui vous permettent de vendre. Donc là, soit il faut essayer de trouver un compromis. C'est surtout ça que je fais. Il faut essayer de trouver un compromis. Soit il faut dissuader la marque et ne pas faire cela. Parce que dans la plupart du cas, en fait, quand tu veux aller vers le luxe, on dit en fait que c'est un sacrifice. Il faut accepter certaines choses. Pour nos marques locales, beaucoup d'entre elles n'acceptent pas encore certaines choses. Pourquoi ? Parce qu'elles n'ont pas encore cette solidité-là. Je peux le dire, en fait. Donc, elles sont parfois... Toi, tu proposais un truc. Il y a certaines marques qui sont très gentilles, qui me disent carrément « C'est bien, on aime ce que tu as fait, ce que tu as proposé, c'est bien, on est d'accord. » mais excuse-nous actuellement si ça, ça, ça, ça, ce que tu nous as proposé, ça ne permettra de vendre. Mais bon, ça va prendre beaucoup plus de temps. Mais là, nous, on veut un résultat peut-être de façon immédiate. Donc, à compte que parfois, je suis obligé de changer. C'est sûr que je fais un compromis parce que je ne change totalement pas. Et parfois, je suis obligé de revoir. Il arrive même des fois pour des clips vidéo. On est obligé de changer. Parce qu'il y a des paramètres qui viennent. Tout ce qu'on avait prévu, on est obligé de changer. On est obligé de réduire cela. Parce que la map te dira qu'elle n'a pas, c'est-à-dire qu'elle n'apprécie pas ça. Et parfois, ça prend du temps pour convaincre la marque. Et là, c'est vraiment délicat. C'est délicat parce que moi, très souvent, quand je commence à travailler avec les personnes, j'oublie parfois que ce n'est pas mon projet. C'est-à-dire que ce n'est pas mon projet. Je ne suis pas responsable de l'entreprise. Donc, je prends tellement ça à cœur que je me dis, c'est ça qu'il faut qu'on fasse. Et l'autre te dira, en fait, je ne veux pas ça. parfois ce que toi tu proposes dans la plupart des cas, ce que tu proposes, c'est ce qui est idéal, c'est ce qu'on doit faire pour que la marque puisse atteindre ses objectifs. Mais l'autre n'a pas compris, parfois il faut prendre le temps d'expliquer, c'est compliqué. Ça fait que depuis deux ans, quand j'ai commencé, depuis deux ans, avant même la signature du contrat, il y a une politique qui est là. Et dans la politique, Je stipule que tout ce que je me trompe, c'est-à-dire qu'il faudra accepter dans la plupart des cas tout ce que je dis. Et que avant de faire toute publication, avant même de faire toute sortie. il faudra en fait une validation. Donc c'est-à-dire, même déjà dans l'élaboration, déjà avant de le faire, parfois je dis, OK, on va faire telle chose. Et les marques, en fait, elles acceptent. Maintenant, s'il y a une réticence, c'est-à-dire avant que je finisse, par exemple, de créer le contenu, peut-être qu'on finisse au fait de faire la stratégie, tout ce qui a rapport. Un, ça serait en disque de la réticence. Pour que je ne finisse pas le travail, et que peut-être qu'on soit prêts maintenant à l'appliquer comme disement. Parce que c'est du temps gâché. C'est un peu ce que je vais répondre à cette question.
- Ramata
Écoute, je te remercie en tout cas de répondre avec transparence. C'est vrai que quand on parle de direction artistique, souvent en fait on voit le résultat final, c'est-à-dire les photos. On voit le film de campagne, on peut voir le site internet, les réseaux sociaux. et on voit le... beau résultat final. Et on ne sait pas qu'il y a eu plusieurs étapes intermédiaires qui ont été compliquées, puisque en général, ce sont des histoires que l'on ne va pas raconter. Mais c'est vrai que parfois, pour arriver à vraiment définir une identité singulière pour une marque, il faut un petit peu challenger l'équipe, l'emmener là où elle n'est pas prête à aller et aussi lui dire, si vous m'avez appelé, si vous sollicitez un directeur artistique, c'est bien pour ne pas faire la même chose que ce que vous faites seul, en fait. donc il faut aussi accepter de sortir peut-être de ses habitudes. Mais ce n'est pas évident. Il y a vraiment un énorme travail à faire pour les convaincre, pour les habituer, pour les aider à tenter. Et ce qui est compliqué aussi, c'est qu'on ne peut pas vraiment changer une identité ou créer une identité en faisant les choses à moitié.
- Fadil
Oui, tout à fait.
- Ramata
On ne peut pas changer de style en disant, bon, j'ai envie d'adopter un style plus classique, mais je vais continuer à garder le style, comment dire, je ne sais pas, mélangé. Si on a toujours eu un style streetwear et qu'on se dit, là, on veut plus aller vers un style tailoring, on ne peut pas faire moitié-moitié. Si on veut vraiment y aller, il faut complètement y aller. Et ça marche aussi pour une marque quand elle veut vraiment, qu'il s'agisse de monter en gamme, qu'il s'agisse d'affirmer un positionnement extrêmement qualitatif. il y a des il y a des parties pris à prendre qu'il faut oser, il faut faire preuve d'audace et c'est vrai que ce n'est pas toujours évident.
- Fadil
En effet, c'est vrai. C'est ce qui rend le travail encore beaucoup plus compliqué, beaucoup plus challenging. Parce que dans ce cas-là, il faut vraiment expliquer. Il faut faire face à un environnement. Il faut faire face à quelqu'un qui ne comprend pas. En fait, et là. quelqu'un qui ne comprend pas, soit une équipe qui ne comprend pas. Parfois, on se retrouve avec des personnes qui ne sont du tout pas de notre génération. Il faut maintenant utiliser un langage qui correspond à leur génération pour leur faire comprendre ce qu'on veut montrer. Parfois, il faut aller sur des exemples très basiques, très terre-à-terre, des exemples qui leur conviennent. Vous ne pouvez pas quitter ici pour aller vers ça. Vous ne pouvez pas quitter au fait fait. telle transition, c'est très brusque. Vous risquez de perdre des clients, vous risquez au fait de compromettre tout ce que vous avez commencé dès le début. Donc, un peu ça.
- Ramata
Très bien. Et est-ce qu'il y a, donc j'imagine en tout cas, à travers tes réseaux sociaux, je les partagerai en fait en note de l'épisode, on peut retrouver certains de tes travaux, certaines de tes exécutions pour voir un petit peu comment tu travailles. Toi aujourd'hui, avant de prendre un, est-ce qu'il y a des clients que tu refuses en fait ? Avant de prendre un client, quels sont les points clés en fait que tu essayes de verrouiller au départ pour te dire bon, vraiment si vous êtes, je ne sais pas moi. Dans ce secteur-là, ou si votre besoin, c'est celui-ci, moi, je ne préfère pas me mettre sur ce dossier-là parce que, voilà, peut-être qu'il y a d'autres personnes qui seront plus pertinentes que moi, soit parce que c'est de l'institutionnel, soit parce que le style, tu te dis, voilà, je ne pense pas pouvoir apporter quelque chose à cette marque, donc je ne vais pas le faire perdre son temps. Est-ce que ça t'arrive vraiment, sans forcément citer le nom, de te dire, non, cette mission-là, je vais la laisser, je ne vais pas la positionner ?
- Fadil
Oui, ça m'arrive. Par exemple, j'ai offert depuis un certain temps, je n'aime plus vraiment travailler sur de l'institutionnel. Je peux travailler sur de l'institutionnel, mais si c'est de l'institutionnel qui a vraiment un rapport avec le milieu artistique et où il y a un peu plus de liberté. Mais si c'est de l'institutionnel très sérieux, très, très, très carré. où il n'y a pas de liberté là, je ne suis pas intéressé. Aussi, j'ai préféré ne pas travailler avec des mâts qui sont très religieux. En fait, tout ce qui a rapport avec la religion, je préfère ne pas travailler parce que c'est un peu compliqué, il faut éviter. Donc du coup, je ne prends pas. Je recommande d'autres personnes pour cela, carrément. Des personnes qui sont beaucoup plus savantes dans ces domaines-là. Et aussi récemment, avec, bien vrai que j'adore le sport, dire le football. Non, je ne travaille pas avec le football. J'ai essayé et je pense que je n'ai pas le cardio pour cela. Et je n'ai pas forcément, en fait, toute la notion qu'il faut pour cela. Et à part le football, j'ai en fait aussi. Je dirais peut-être le sport en général. Peut-être le sport en général. J'ai bien envie de me remettre peut-être avec du rugby parce que je joue du rugby. Là, je me sens beaucoup plus à l'aise. Et à part cela, je dis en fait, j'essaie de privilégier depuis, je dis en fait, bientôt 200, tous les domaines, tout ce qui est domaine créatif. Tout ce qui est vraiment le domaine créatif et artistique. Déjà, ça ne commence pas à la mode. Tout ce qui est design intérieur, décoration, la pâtisserie aussi, ce qui est pâtisserie et alimentation, mais pas des choses très carrées. Je travaille aussi dans l'hôtellerie. Je veux dire, vraiment dans tous les domaines où on sent vraiment qu'il y a une passion créative, où on sent vraiment qu'il peut y avoir du laisser-aller. J'ai travaillé aussi dans le tourisme. Ça, c'est un truc qui me passionne énormément. et aussi dans le... Tout ce qui a trait à l'histoire, la culture, ça, c'est un point fort. Donc, c'est vrai que quand parfois on vient vers moi avec certains projets, on me dit, je veux que tu m'aides à faire ci, ça, ça, ça. Je dis, ça, je peux le faire, mais ce n'est pas mon domaine d'expertise. Je peux peut-être travailler avec vous et vous donner des conseils, mais je ne vais pas rester sur le projet. Parfois, quand je vois que là, franchement, Merci. pas envie de toucher. Il y a des projets, j'ai vraiment pas envie de toucher. Même si je sais que parfois j'ai des compétences pour le fait. Personnellement, j'ai pas envie de toucher. Soit c'est des domaines qui sont pas dans les domaines que j'ai cités, les domaines créatifs. Donc, j'appelle des collègues et je leur dis, ok, là, après, moi, ça me plaît vraiment pas, en fait. Parce que j'estime que le travail que je fais, C'est déjà une passion. Et pour moi, je ne travaille pas pour travailler. Je ne travaille pas parce qu'il faut se remplir les poches. Je travaille parce qu'il faut que j'apporte une solution et parce qu'il faut que je... C'est-à-dire que mon travail a un impact sur le long terme. Parce que ça fait que je n'aime pas faire du fast-food. Je ne peux pas me lever comme ça, comme ça, j'en sens, sans une vraie motivation. C'est vrai qu'il y a des projets, surtout quand le projet ne me parle pas du tout, là, je refuse clairement. Et je fais des recommandations, je fais des recommandations. Quand le projet me parle, ok là je travaille dessus il arrive qu'il y ait des projets il arrive aussi parfois qu'il y ait des projets qui ne sont pas dans mes domaines et que je discute avec la personne et que je vois que franchement là je peux m'amuser on me dit parfois tu as 4 livres et là franchement je ne m'y ai pas mis mais quand franchement ce n'est pas dans mon domaine ou quand je ne sens pas J'ai... Je dis non, je ne veux pas. Je ne veux pas. Je ne veux pas parce que pour moi, s'il y a un truc qui est très important, c'est la réputation par rapport à mon travail. En tant que personne, je peux n'importe quoi, en tant que personne, je peux avoir une mauvaise réputation. Mais mon travail, la réputation de mon travail doit être vraiment faite. En fait, il faut que j'ai une très bonne réputation côté travail. Parce que moi, Si un truc que les gens valorisent le plus, c'est ton travail, en fait, ce que tu sais faire. En fait, ton intellect, ton cerveau, ce que ça peut diriger, ce que ça peut t'enlever. Ça, c'est important. Surtout aujourd'hui, c'est hyper important. Ta personnalité, tu es mauvaise, tu es agaçant, tu es ça, c'est vrai que ça compte beaucoup plus. Mais pour moi, je ne calcule pas trop ça. En même temps, je travaille avec des personnes qui... qui sont agaçantes, moi, ce n'est pas mon problème. Moi, je veux juste, au fait, la finalité du travail. Donc, c'est un peu ça.
- Ramata
Très bien, c'est intéressant, en fait, que tu expliques, effectivement, quelque part, il y a une forme de recherche de bien-être, en fait. C'est de se dire, voilà, j'ai une éthique de travail professionnelle, c'est ça, ma priorité, et je vais être capable de poser certaines limites parce que, voilà, il y a des secteurs... dans lesquels tu vas être plus à l'aise que d'autres. Il y a des secteurs dans lesquels il y a plus ou moins de régulations, notamment dès que c'est institutionnel. En France, par exemple, ça peut être de travailler avec une mairie, ça peut être de travailler avec des institutions officielles où il y a un cadre très précis et où il y a une marge de manœuvre qui est très limitée. Il y a un cahier des charges qui est très lourd. Donc, c'est parfois plus intéressant et excitant de travailler sur des nouveaux projets. Et la question que je voulais te poser maintenant, c'était, toi, est-ce que tu as une préférence entre accompagner une marque nouvelle qui veut installer sa direction artistique et repositionner une marque qui est déjà là et qui a besoin d'être peut-être plus moderne, plus contemporaine et qui a besoin de vraiment se dynamiser et de changer sa direction artistique ? Est-ce que tu as une préférence entre les projets sur lesquels on part de zéro ? et les projets qui ont déjà une histoire. Et donc, il faut savoir composer avec. Comment on fait pour respecter le passé tout en apportant quelque chose de nouveau ?
- Fadil
C'est une grande question. Et j'ai, je veux dire, en fait, j'ai pendant longtemps travaillé sur des projets où il fallait tout construire. Et par la suite, j'ai travaillé avec des projets qui existaient déjà. Ma préférence, c'est... J'aime les deux. Mais je préfère vraiment quand on commence de nouveau. Quand c'est tout neuf, il n'y a encore rien qui est établi. Il n'y a encore rien qui est là. J'aime bien apporter ma touche. Ça me permet d'explorer beaucoup. plus, au fait, des possibilités, c'est-à-dire, au fait, d'apporter de nouvelles choses, c'est-à-dire, au fait, moi, je vois ça un peu comme si on me donnait tout un univers et on me dit, au fait, dans cet univers, de choisir des choses, au fait, que je veux. Donc, ça me permet vraiment, au fait, de me lâcher totalement et de vraiment prendre mon temps pour savoir ce qui est bon. La marque. Parce que, pourquoi ? Parce que quand on prend une marque qui est déjà établie, c'est plus compliqué de réparer des erreurs que de commencer un nouveau projet. C'est compliqué de réparer des erreurs. C'est vraiment compliqué parce que réparer des erreurs, déjà il faut faire comprendre à la personne que c'est une erreur. Il faut faire comprendre à la personne, à la société ou à la marque qui doit accepter que c'est une erreur et que ce n'est pas facile. Il faut faire comprendre déjà la direction sur laquelle on veut partir et il faut trouver un compromis. Je suis esperçu, comme le dit Anna, de trouver des compromis, mais ce n'est pas toujours facile et ça demande beaucoup plus de réflexion. Et ça demande beaucoup plus d'attention. Parce que quand je vais vous parler d'un cadre qui est déjà établi, et on ne peut pas se permettre de remouver, d'effacer ce cadre-là. Non, ce n'est pas possible. Donc, dans ce cadre, il faut vraiment faire très attention. Il faut faire très attention et il faut savoir comment gérer. Donc, moi, je dis que je préfère vraiment, quand c'est tout nouveau, et qu'il faut qu'on suit tel débat. J'aime bien ça. Mais très souvent, il y a des maquillages qui veulent redorer l'image, qui veulent dépoussiérer certaines choses, qui veulent se mettre en avant. J'aime aussi ça. Parce que les deux me motivent beaucoup. Et dans ce cas, il faut redorer l'image, il faut Franchement, c'est beaucoup plus de travail parce qu'il faut... Parfois, moi, je vais juste à demander, au fait, pourquoi vous avez créé la société ? C'est quoi le truc ? Parfois, je cherche même à aller voir, au fait, c'est-à-dire, au fait, les brouillons. Je ne sais plus si c'est des brouillons, peut-être des croquis, peut-être des brouillons, des croquis, des notes. personnel qu'il a gardé lorsqu'il était en train de créer la marque ou peut-être créer la société. Moi, ça me permet de beaucoup plus entrer dans l'esprit du créateur, des créateurs de la société ou de la marque pour pouvoir mieux comprendre et savoir quoi proposer pour l'avenir. C'est un peu ça. Donc, entre les deux, je préfère plus quand c'est neuf. Quand c'est neuf, on arrive à naviguer dans divers univers et on arrive à comprendre. On arrive aussi à résoudre une équation future. Parce que quand ce n'est pas neuf, il y a une proposition qui est déjà là. Et parfois cette proposition-là, le client tient à cela. Parce qu'il se dit que depuis des années, c'est ce qui lui a permis de faire son chiffre d'affaires. Et donc, quand tu y viens, tu vois que là, oui, ça lui va lui permettre de faire son chiffre d'affaires depuis deux ans. Mais après deux ans, il ne pourra pas, en fait, que ce soit difficile pour lui. Il faut l'expliquer, il faut l'expliquer, il faut l'expliquer, il faut l'expliquer, il faut l'expliquer. Ça prend parfois des mois. Moi, je me suis retrouvé à travailler avec des personnes, et ce n'est que trois mois après qu'ils comprennent, ou parfois même six mois après. qui comprennent tout ce que je leur disais au début. Et parfois, là, on a déjà perdu assez de temps. Il faut encore repenser, repenser. Donc, c'est compliqué. Bon, mais pendant que la question s'est, c'est ce que je veux dire. Très bien. Merci encore une fois pour ton authenticité et puis ta transparence dans ta réponse. C'est vrai que quand on est sur le milieu artistique, parfois on n'a pas toujours d'éléments concrets, comme quand on est un ingénieur ou quand on travaille sur d'autres secteurs d'activité, où c'est beaucoup plus objectif les critères qui font qu'on va signer un deal ou pas. à un moment donné, il y a un nombre d'heures ou un nombre de produits et puis il y a un prix pour chaque... produit chaque heure et puis il n'y a pas de part finalement à la créativité et c'est ce qui fait la différence dans le métier et qui peut faire que il y a des missions qui sont très enrichissantes, très passionnantes parce qu'on a le champ libre en termes de créativité et il y en a d'autres où le challenge est beaucoup plus important et je te rejoins vraiment sur le côté, effectivement quand une marque a un passé, alors ça dépend quel est le passé, mais quand elle sait qu'elle a besoin de changer sa direction artistique, bien souvent c'est qu'elle sait que Merci. Ce n'est pas forcément qu'il y a des erreurs, mais en tout cas, il peut y avoir des choses à modifier. Et les conversations sont très délicates parce qu'il faut être politiquement correct. Il ne faut pas froisser le client. Et en même temps, il faut essayer de lui dire, voilà, il faut qu'on sorte de la direction dans laquelle tu étais jusqu'ici pour aller peut-être à l'opposé. Et les gens ne sont pas toujours prêts. Donc, quand on arrive à la fin de cette interview, moi, j'étais ravie de découvrir ton parcours. Et puis, je partagerai en fait un article dans lequel je pourrais partager un certain nombre de photos, de campagnes sur lesquelles tu as pu travailler pour qu'on puisse vraiment visualiser et comprendre ta manière de travailler et pourquoi pas te solliciter pour des projets futurs. Donc vraiment, merci pour ta disponibilité.
- Ramata
Merci beaucoup et c'est super vraiment intéressant de travailler avec toi sur des projets futurs. Et déjà, merci beaucoup pour l'opportunité au fait et pour ce podcast. En fait, c'est la toute première fois que je fais du podcast. Je n'avais jamais fait un paravent. Et dire merci beaucoup pour ton travail, le travail que tu fais. On mettait en avant, en fait, les marques et les personnes qui travaillent dans le milieu créatif. Parce qu'on oublie très souvent, parce qu'on est non dans le milieu créatif et on est, on le sent beaucoup plus, en fait. Et on passe plus de temps à travailler pour les autres. à mettre les autres en avant. Et il n'y a forcément pas, c'est-à-dire, au fait, il n'y a forcément pas, en fait, une mise en lumière. Il n'y a forcément pas de la lumière sur nous. On essaie de se mettre en lumière, mais des personnes comme toi et des médias, en fait, comme ce que tu fais, on a vraiment besoin. Ça permet aux autres de nous comprendre, de connaître notre travail, de savoir ce qu'on fait. Ça nous permet de sortir de l'ombre et de ne pas rester toujours dans le son. Parce qu'aujourd'hui, qu'on le veuille ou pas, on est obligé de se mettre en avant pour pouvoir avoir des clients et faire connaître son travail. Donc, merci beaucoup Ramata.
- Fadil
Écoute, c'est un plaisir pour moi. comment dire, de nous rencontrer, de rencontrer les différents profils dans le secteur de la mode. Moi, ce podcast-là, c'est un moyen de mettre en lumière des professionnels, mais c'est aussi un moyen de découvrir des profils et puis de découvrir, d'en savoir un peu plus, en fait, sur comment, en fait, on développe et on construit la mode sur le continent. Donc, c'est vraiment, voilà, un vrai plaisir pour moi que... que de faire ce genre d'interview et ravi que ton premier podcast se soit avec Africa Fashion Tour et espérons que ce soit le premier d'une longue série pour pouvoir te permettre de promouvoir ton expertise et ton travail. Je te dis à très vite en Afrique.
- Ramata
À très vite.
- Fadil
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez... partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite, en Afrique ou ailleurs.