- Laetitia Joly
Après, moi, ce qui me tenait à cœur, c'était vraiment de mettre en valeur Madagascar. Et c'est pour ça que la marque s'appelle Mad, déjà, pour que ce soit clair. Et ensuite, en fait, quand je voyais toutes ces marques qui déclinaient qu'en Rafia, les marques européennes, ils débloquent leur sac à Madagascar, qui ne parlent pas forcément de l'EU, ce n'est pas forcément de leur société, c'est-à-dire qu'ils ne leur font pas de l'histoire, donc elles ne sont pas trop au-dessus. elle peut faire un film ou quelque chose mais bon c'est vrai que elle a un ADN et elle n'a pas parlé mais elle est très très douce parce que de toute manière c'est transparent maintenant sur les sites mais nous je me disais que c'était une occasion de mettre vraiment enfin des sacs après on est plus récents Merci. qui va mettre Madagascar en valeur complètement.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews... Je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Amata Dialo, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis d'également. consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- Laetitia Joly
Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui,
- Ramata
je suis en compagnie de Laetitia Jolie. Laetitia a vécu à Madagascar et a cofondé la marque Madhouse avec deux associés, Jessica et Dionne. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque. Bienvenue Laetitia, comment vas-tu ?
- Laetitia Joly
Je vais très bien Ramata, merci beaucoup, ravie d'échanger avec toi.
- Ramata
Je suis ravie également de te recevoir pour le podcast Africa Fashion Tour. On va commencer cette interview comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Laetitia Joly
Oui, alors je m'appelle Laetitia Jolie. Je vis à Marseille, j'ai vécu trois ans à Madagascar, un pays vraiment cher à mon cœur. Et là-bas, j'ai eu un coup de foudre amical avec deux associés. Nous avons créé Madhouse, créateur du panier haute couture. J'ai un background principalement dans le luxe. J'ai passé dix ans chez Van Cleef & Arpels dans le marketing à Paris et à Hong Kong. Et ensuite, je pense qu'on va développer mon parcours avec toi si tu veux. Mais voilà, en gros, j'ai un background plus marketing luxe. Et j'ai été expatriée pendant dix ans à Hong Kong, en Croatie et ensuite à Madagascar. Et nous voilà de retour en France pour faire rayonner le savoir-faire de Madagascar.
- Ramata
Très bien, je te remercie pour cette introduction. En tout cas, on sent que toi, tu as eu l'opportunité de voyager dans différents environnements. Et donc, ça va être assez intéressant que tu nous partages un petit peu ton expérience et puis les différences que tu as pu voir entre, comme tu l'expliques là, Marseille, Hong Kong, Madagascar. Donc, je vais t'en demander un peu plus. Du coup, tu parlais d'un parcours marketing luxe. Donc, quelles sont tes études et où est-ce que tu as commencé ta carrière ?
- Laetitia Joly
Alors justement, je n'ai pas fait d'études. Un parcours un petit peu atypique. J'ai passé du temps à être assistante de direction dans différentes grosses boîtes après avoir passé trois ans à New York en tant que fille au père. Donc, je n'avais vraiment pas trop de perspective professionnelle. En tout cas, j'avais un anglais parfait et j'ai pu travailler dans différentes boîtes en tant qu'assistante de direction et j'ai découvert l'industrie du luxe en travaillant chez Christie's. Et ensuite, chez Van Cleef et Harpels. Et c'est vraiment chez Van Cleef que j'ai découvert ce que c'était l'exigence, le sens du détail, ce que c'était d'avoir des produits extraordinaires. Et donc, c'est ce qui m'a vraiment plu. Et donc, chez Van Cleef et Harpels, ils m'ont donné la... On va dire qu'ils m'ont donné ma chance pour évoluer. dans le marketing. J'ai d'abord été assistante de direction dans le marketing et la communication et ensuite chef de produit puis ensuite marketing manager. D'ailleurs, la confiance était assez grande pour qu'il puisse m'envoyer à Hong Kong. Donc là, c'était super. Et à Hong Kong, j'ai rencontré mon mari et ensuite, il a fallu que je suive mon mari pour ses opportunités professionnelles en Croatie puis à Madagascar. Et à Madagascar, j'ai découvert qu'en fait, beaucoup de marques de luxe ou de marques européennes premium, en tout cas qui s'approchent du luxe, faisaient fabriquer beaucoup de choses à Madagascar.
- Ramata
Très bien, très intéressant ton parcours et ce background en fait, où effectivement, c'est ta compétence sur le terrain, un côté autodidacte et puis la confiance en fait. de tes managers qui t'a permis d'accéder à des postes au niveau de cellules marketing et communication pour de belles maisons, en tout cas une belle maison dans la joaillerie. Du coup, quand tu arrives à Madagascar, donc tu parles d'une expatriation, toi, tu as une idée de ce que tu as envie de faire ? Est-ce que tu décides directement de te dire je vais monter une entreprise ? Comment se fait le passage à... J'arrive en tant qu'expatriée dans un pays que je ne connais pas, je décide de monter une marque.
- Laetitia Joly
Alors, je suis arrivée à Madagascar avec un bébé de deux mois et un autre enfant de trois mois et demi. Et c'est vrai que non, je ne savais absolument pas ce que j'allais pouvoir faire en bas. Mais quand j'ai découvert tous ces ateliers et ce savoir-faire, J'ai décidé d'être consultante pour des marques naissantes malgaches. Donc, j'ai commencé à travailler pour un projet d'hôtel de luxe, puis ensuite pour une marque de sacs en cuir et en coton. J'ai travaillé aussi pour une marque de cachemire pour enfants. Et ensuite, je me suis rendu compte que j'étais tellement passionnée et investie dans mon travail. qu'à un moment donné, il fallait que ce soit mon bébé, ma marque. Parce que j'ai passé énormément de temps dessus et j'avais vraiment envie de travailler pour quelque chose qui venait de Madagascar, mais même que la matière première vienne de Madagascar. J'avais envie que ce soit qui ait beaucoup de sens. Et comme le raffia pousse à Madagascar, et qu'il y a énormément de savoir-faire sur le crochet du raffia Madagascar, j'ai choisi ce savoir-faire, nous avons choisi ce savoir-faire pour le faire rayonner au-delà de Madagascar et pour en faire quelque chose de contemporain. Voilà comment est né Madhouse. c'est né d'une... d'une amitié entre trois amis et la volonté de faire rayonner Madagascar, mais pas que le savoir-faire, mais aussi la fibre du Rafia. Parce que le savoir-faire, je trouve qu'il est plus légitime quand la matière première vient de ce pays également. Parce que c'est parce que le Rafia pousse à Madagascar qu'on a un savoir-faire. du crochet du raffia qui se transmet de génération en génération. Et ce qui nous plaisait aussi beaucoup avec mes amis, mes deux associés, c'est que c'était un travail de femme et que c'était vraiment un moyen pour elle de s'émanciper. Et donc ça, ça nous parlait forcément, puisque nous sommes trois femmes. Et donc de faire rayonner la femme, c'était encore plus. C'était quelque chose qui nous tenait à cœur aussi.
- Ramata
Alors, tu parles de tes deux associés. Comment s'est faite la rencontre entre vous trois ? Tu parles d'amitié. Comment s'est faite la rencontre et comment vous en êtes venus à vous dire on va monter une entreprise, une marque de mode ensemble ? Et comment est-ce que vous avez réparti les tâches finalement ?
- Laetitia Joly
Au début, on s'est rencontrés tout simplement, c'était un verre entre amis, on s'est rencontrés comme ça, assez par hasard. Et j'ai commencé à parler de ce que je faisais pour des marques naissantes à Madagascar et elles trouvaient ça intéressant. Et on s'est dit qu'on s'entendait tellement bien, on s'est dit qu'on devrait faire quelque chose ensemble. Moi, je peux vous apporter ça. En gros, je pouvais apporter le marketing à la com. Ensuite, mon associée Jessica, ça fait 20 ans qu'elle est à Madagascar. Elle est presque malgache. Elle parle à moitié malgache. Elle est très ancrée dans la culture de Madagascar. Et donc, elle a pensé tout de suite au Rafia. Et c'est aussi une féru de mode. Donc, mon autre associé, Diane, aussi, nous met toutes les trois. Donc, on a tout de suite pensé sac. Et pourquoi aussi le sac ? Parce que c'est quand même un objet qui reflète beaucoup notre personnalité. Ce n'est pas pour rien, je pense, qu'il y a des gens qui peuvent mettre... Je ne sais pas qu'ils peuvent acheter leur ensemble chez Zara, mais le sac, ce sera un objet particulier parce que ça reflète soit son statut social, soit sa personnalité audacieuse ou plus discrète. Mais en tout cas, c'est un vrai accessoire qui symbolise beaucoup de choses. Et donc, voilà pourquoi. Ensuite, Diane, elle a une vision. plus internationale anglo-saxonne parce qu'en fait, elle est résidente canadienne. Elle est venue à Madagascar pendant deux ans. Mais en fait, elle a une histoire avec Madagascar, elle aussi, puisque ses parents sont nés à Madagascar. Donc, toutes les deux, elles sont vraiment ancrées dans le pays. Moi, je ne suis restée que trois ans. J'ai vraiment eu un coup de foudre pour le pays et pour les habitants de Madagascar, pour les Madagascars, pour leur culture, pour leur façon de se comporter, de communiquer. C'est beaucoup de bienveillance, beaucoup de sourire, beaucoup de talent dans les mains, dans le savoir-faire. Et voilà, j'ai adoré. en tout cas passer ces trois ans là-bas et je garderai toujours un lien très fort, évidemment, avec ce pays.
- Ramata
Est-ce que tu peux nous dire maintenant comment est-ce que vous vous êtes répartis les tâches avec tes deux associés ?
- Laetitia Joly
Oui, tout à fait. Alors, on est deux associés à travailler vraiment au quotidien sur la marque. Jessica, elle est responsable du design, de la production, mais aussi des finances. Moi, je suis responsable du marketing et de la communication. Et Diane intervient quelques fois par an comme une consultante parce qu'elle a une vision assez internationale. Il y a Anglo-Saxon qui nous a plu et qui a aussi été très présente dès les débuts de la marque et dans nos pièces avec beaucoup de... de couleurs, beaucoup d'audace. Et même dans la formulation Madhouse, c'est en anglais, on aimait le fait que Mad veulent dire que ce soit un petit peu un brin déjanté. Mais Mad, c'est quand même d'abord pour Madagascar. Donc Diane, c'est plus en tant que consultante. De temps en temps, on partage nos idées avec elle et elle a des super bonnes idées. Mais les responsabilités sont plus partagées entre moi et Jessica.
- Ramata
Très bien, super intéressant. D'autant que c'est parfois délicat d'arriver à bien déterminer les rôles de chacun et puis à arriver à ce qui n'est pas forcément d'overlap entre les responsabilités des uns et des autres. Du coup, aujourd'hui, la marque Madhouse, elle existe depuis combien de temps ?
- Laetitia Joly
Elle existe depuis un an et demi. Je dis oui, depuis un an et demi. En fait, elle existe depuis qu'on a ouvert notre site Internet. euh Aujourd'hui, on a commencé des partenariats depuis l'été dernier avec une boutique à Saint-Tropez et une boutique à Saint-Jean-de-Luz. Et on a aussi une boutique qu'on affectionne beaucoup qui se trouve dans un hôtel de luxe dans l'océan Indien. Cet hôtel s'appelle le Miavan. C'est un superbe hôtel sur une île privée. et voilà nous on est très très fiers d'être distribués là-bas parce que c'est à Madagascar en plus donc ça a tout fait sens
- Ramata
Très bien donc du coup c'est une marque qui est assez récente est-ce que tu peux nous parler de la période de développement de la marque c'est-à-dire que là elle a un an et demi combien de temps ça vous a pris de définir l'ADN de la marque les produits iconiques comment est-ce que vous avez en fait euh euh Comment est-ce que vous avez mené cette réflexion ? Combien de temps ça vous a pris pour après se dire, ça y est, on a les bons produits, on peut ouvrir notre site, on peut commencer à démarcher des partenaires pour la distribution ?
- Laetitia Joly
Alors, je dois avouer que quand on a commencé à créer la marque, on s'est fait vraiment… on n'a pas été beaucoup dans la stratégie, dans le business plan. Franchement, on ne tenait vraiment pas la route. Et on voulait vraiment exprimer quelque chose. Et comme c'était un besoin qu'on avait toutes les trois, on s'est dit certainement qu'il y a d'autres femmes qui ont répondu à un besoin qui est là, puisque toutes les trois, on le ressent. Et ce besoin-là, c'était d'avoir des sacs en raffia, donc des paniers entre guillemets, parce qu'ici, on parle de panier plus que de sac en raffia. parce que les gens ne savent pas trop ce que c'est le raffia, en tout cas ici, enfin pas tous, ce n'est pas vraiment quelque chose de très important forcément ici, en tout cas en France. Et donc ce que je voulais dire, c'est qu'on voulait un sac en raffia qui soit sophistiqué et qui ait des finitions qui sont dignes de maroquiniers de luxe et que ce ne soit pas juste un sac développé juste pour l'été. Donc, voilà, qu'il soit un petit peu, qu'il soit mal fini. On voulait vraiment quelque chose, un panier haut de gamme pour le quotidien. Puisqu'à Madagascar, on le porte toute l'année, cet accessoire-là. Donc, voilà, ça, c'est le besoin qu'on a ressenti. Donc, on est vraiment toutes les trois. On a fait des brainstormings sur quel type de sac développer. Et on voulait quelque chose de pratique parce qu'on était toutes les trois mamans. On l'est toujours d'ailleurs. Toutes les trois mamans, toutes les trois entrepreneuses, toutes les trois avec des valeurs communes comme l'amitié. Donc voilà, toutes les trois, on essaie de mener de front une vie de famille, une vie de professionnel comme beaucoup d'autres. Voilà, avoir du temps avec ses amis. Et donc, on veut des sacs pratiques, des sacs qui nous mettent en confiance et qui soient aussi pratiques. Donc, on a fait le sac pour la plage, le sac pour mettre son laptop. d'autres plus pour la soirée. On a développé, on a fait le brainstorming, nous font un sac pour chaque situation. Et à chaque fois, on se disait qu'est-ce qu'on peut apporter de plus, qu'est-ce qu'on peut apporter de plus, qu'est-ce qu'on peut apporter de plus pour que ce soit vraiment, qu'on voit de belles finitions. Ensuite, on s'est intéressé à la broderie parce que la broderie, ça faisait vraiment, je trouve, une différence avec d'autres sacs qu'on pouvait voir sur le marché. et c'est vraiment un savoir-faire de Madagascar la broderie aussi donc voilà, on a fait vraiment un brainstorming sur le design de toutes les trois et sur la fonctionnalité de chaque sac et puis sur la marque alors ça c'était sur la plateforme de marque, ça c'était aussi un gros travail trouver les bonnes couleurs comment ne pas ressembler aussi à tout le monde comment Aaaaaaan ! comment être reconnaissable aussi, comment être cohérente sur toutes les plateformes. Donc voilà, ça a été préparé un fil d'Instagram. On a fait un shooting pour deux ans. On s'est dit, voilà, on fait un shooting pour deux ans, deux ans de communication. Et il faut que tout soit très cohérent pour qu'ensuite, on puisse être une marque mémorable et reconnaissable. Donc là, il y a un gros travail sur la plateforme de marque. Et on voulait mettre en valeur des femmes comme nous. Et aussi les artisans, évidemment, les artisanes. Ce qui était important pour nous, c'était de mettre en valeur Madagascar de telle manière à ce que ça donne envie. Ce qui était important pour nous, ce n'était pas de dire « Ah, regardez, c'est super, on fait travailler » . des femmes à Madagascar. On ne voulait pas... On ne voulait pas qu'il y ait de l'empathie avec notre marque. On voulait que ça donne vraiment envie. On avait envie que la personne se dise, que les clientes se disent, je veux acheter ce sac-là, non pas pour aider les femmes à Madagascar, mais parce que j'ai envie de porter cette marque. En fait, ça, c'était très important pour nous parce que je pense que c'est beaucoup plus efficace. Pour moi, c'est la base de dire, évidemment, qu'on fait travailler des artisans, ils sont très talentueux. et que ça aide au développement du pays, mais ce n'est pas le sujet principal, parce que pour moi, ce n'est pas forcément ça qui donne envie d'acheter. Ça peut être un truc en plus, mais nous, ce qu'on veut, c'est surtout mettre en valeur Madagascar globalement, et pour rendre la marque un peu plus sexy, entre guillemets. Madagascar, c'est un pays qui regorge tellement de beaux paysages, de biodiversité incroyable. qu'il y a beaucoup plus que juste mettre en valeur les artisans, il y a mettre en valeur tout le pays, l'eau turquoise, l'océan Indien, les plages qui sont extraordinaires, et toute la biodiversité de Madagascar, les fleurs, les fruits, tout ça. Donc ça, on a mis ça en valeur dans notre shooting. Et puis, maintenant que je suis en Provence, on a décidé de mettre en valeur Madagascar au bon moment, plus quand c'est l'hiver en France, et de mettre en valeur plus la région dans laquelle je vis qui est la Provence, au bon moment aussi, qui est l'été. Donc en fait, notre fil rouge, c'est le panier qui voyage à certains moments de l'année qui est à Madagascar et à d'autres moments qui est dans l'océan Indien et à d'autres moments dans la mer Méditerranée. Le Fait Rouge, c'est le voyage du panier parce qu'en fait, le panier est porté dans ces deux pays de terres ensoleillées de manière assez quotidienne. Donc, c'est depuis que je suis, en tout cas à Marseille, en Provence, qu'avec mon associé, on a réalisé qu'on avait une vraie opportunité. Et un cadre beaucoup plus large possible qu'uniquement de parler de Madagascar, puisque c'est surtout le panier Madagascar et son voyage qui est intéressant avec Madhouse.
- Ramata
Très intéressant ce que tu évoques, notamment dans le fait de créer une marque qui va être désirable pour un client potentiel. sans chercher à finalement être dans cette dynamique de soutien. On fait appel à un atelier de femmes à Madagascar et on met ça en avant, mais avec vraiment quelque part une volonté d'aller toucher un côté humanisme potentiel du client. Là, on est là pour se dire, on vous propose un produit luxueux, de qualité, un beau produit. Vous allez avoir envie de l'acheter parce que vous avez un coup de cœur et bien sûr, l'histoire et le savoir-faire. va vous plaire aussi, mais ce n'est pas la clé d'entrée. C'est vrai que c'est un discours que j'entends énormément de la part de créatifs qui font du Made in Africa. Si on veut sortir un petit peu de discours habituels sur les produits qui viendraient de tel ou tel endroit, on veut avoir une manière de raconter l'histoire et l'ADN de la marque qui soit finalement, d'un côté, le besoin d'un produit et l'autre, vraiment, sa désirabilité.
- Laetitia Joly
Tout à fait. Ramatha, tu en parles beaucoup mieux que moi.
- Ramata
C'est à force d'interviews avec des profils comme le tien qui revendiquent cette même volonté. En fait, le point de départ, c'est de créer une marque. Après, il se trouve qu'il y a des ateliers et des artisans qui font des choses extraordinaires en Afrique. Et en fait, il n'y a pas de loop sur eux. Et donc, du coup, on ne les connaît pas. Et c'est vrai qu'on a pu... trop avoir tendance de créer des marques sous forme de... C'est une fondation, c'est une association, c'est pour accompagner, c'est pour aider. Et pas ce truc qui est... Non, mais en fait, c'est un business model. On veut faire une marque avec des sacs pratiques qui va s'exporter à l'international. Et puis, on a un atelier qui, aujourd'hui, travaille avec nous et potentiellement, pourquoi pas, avec d'autres marques. Mais c'est une entreprise avant tout. Ce n'est pas une action humanitaire, en fait.
- Laetitia Joly
Tout à fait. Et parce que je pense que c'est... dans la désirabilité je pense l'action de l'univers c'est autre chose après moi ce qui me tenait à cœur c'était vraiment de mettre en valeur et c'est pour ça que la marque s'appelle MAD déjà pour que ce soit clair et c'est pour ça que la marque s'appelle MAD et c'est pour ça que la marque s'appelle MAD et c'est pour ça que la marque s'appelle MAD et c'est pour ça que la marque s'appelle MAD et c'est pour ça que la marque s'appelle MAD et c'est pour ça et ensuite en fait quand je voyais toutes ces marques qui développaient les marques européennes qui développent leur sac à Malagascar et qui ne parlaient pas forcément de l'EU c'est pas forcément de leur fait parce qu'elles ne sont pas des gens d'histoire donc elles ne sont pas trop elles peuvent faire un film quelque chose mais bon c'est vrai qu'elles sont stigmates Merci. un ADN et elle n'a pas parlé de Madagascar elle a tout roulé parce que de toute manière c'est transparent maintenant sur les sites il y a Madagascar voilà mais nous je me disais que c'était l'occasion de mettre vraiment enfin des sacs après on n'est pas les seuls qui va mettre Madagascar en valeur complètement on a eu Merci. des artistes en parlant de Madagascar, de ses paysages, de la culture, et pas que. Et pas que Madagascar, aussi d'autres terres insolées, en tout cas, bien mettre en valeur Madagascar et d'en parler dans chaque poste, chaque article de Madagascar.
- Ramata
Et on revient quelque part à un sujet de, dans le storytelling de marques de luxe occidentales, on va assez naturellement associer le travail du cuir, le travail du sac, au made in Italy par exemple, ou au fabriqué en Espagne. Et il va y avoir une culture comme ça, où en fait le storytelling, il est installé, il est connu, et donc on n'a pas forcément besoin d'en rajouter. et à l'opposé on peut avoir besoin ou envie de mettre l'accent sur les savoir-faire médinafricains parce que ça n'a pas encore la même notoriété, ce n'est pas encore connu, ce n'est pas non plus associé à une idée de luxe. Et donc, c'est vrai qu'il y a des créateurs qui vont avoir tendance à vouloir appuyer dessus parce qu'il s'agit d'informer et de faire de la pédagogie. Toi, quand vous avez créé le sac, ce que tu expliques déjà, c'était assez intéressant, c'est de dire que vous n'aviez pas forcément... comment dire, un business model ou, je veux dire, quelque chose de posé, formalisé avec une casquette marketing. Mais vous avez eu cette volonté de, vous aviez en tête votre persona et vous aviez en tête de créer un sac qui soit utile, certes joli et utile. Est-ce qu'en termes de positionnement, il y avait une volonté de proposer un produit de luxe ?
- Laetitia Joly
Oui, tout à fait. On avait, on va dire qu'on avait... On avait notre persona, on avait nos idées de création, on avait nos prix, mais on n'avait pas beaucoup de recul sur le business en tant qu'elle. Le business plan chiffré, c'était vraiment… Après, je pense que tous les business plans sont comme ça. Au début, on part sur une idée et après, on réajuste. On avait un business plan, mais on n'a pas passé le temps dessus qu'on aurait dû passer. On n'a pas passé le temps qu'on aurait dû passer dessus, en fait. et nous, on voulait rapidement créer le monde qu'on a envie de créer, en tout cas. Oui, au début, on voulait créer des sacs de luxe, mais on a toujours eu des interrogations sur ce terme de luxe parce que des sacs en raffia de luxe, c'est peut-être les sacs en raffia des grandes marques de luxe que nous connaissons tous. Et évidemment, on n'allait pas arriver à ce niveau de prix. Donc, c'était un peu un nouveau positionnement pour le sac en rapsa, qui venait en dessous, évidemment, des grandes marques de luxe, mais légèrement, quand même un peu plus au-dessus que les marques premium existantes. Donc, on se disait, est-ce que c'est pré-luxe, premium plus ? Mais c'est vrai qu'on… Prendre le recul avec ce mot, luxe, parce qu'il peut faire peur parfois, notamment avec le… Aujourd'hui, on se rend bien compte qu'il y a beaucoup de produits de luxe, de marques de luxe, qui sont à des prix un peu exorbitants, notamment pour des sacs en raffia. Et il y a une prise de conscience en fait, une prise de conscience générale sur le prix, le prix doit être juste. Par rapport aux produits, on ne peut plus vendre des choses à des prix exorbitants, d'autant plus qu'il y a des grosses marques qui ont beaucoup de succès, qui reflétaient le luxe à des prix très abordables, dont une très grande marque de sacs, je ne citerai pas le nom, qui commence par un P. Et cette marque-là a révolutionné le marché, je pense, du sac, Amen. du luxe. Parce qu'elle a dit, voilà, aujourd'hui vous pouvez porter un produit qui est de qualité, de grande qualité, qui a un prix qui est raisonnable et je vous fais rêver avec des visuels qui inspirent le luxe et qui vous inspirent le voyage et la désirabilité. Donc ça, c'est un modèle, je pense, qui est nouveau, en tout cas qui est assez récent. Et de plus en plus, je pense que les gens, de toute façon, ce n'est pas moi qui le dis, il y a plein d'études qui montrent que les gens reviennent quand même à la qualité du produit, c'est ce qui prime. Et il faut que le prix soit, reflète cette qualité, mais pas les dépenses marketing que la marque peut faire pour créer un univers incroyable.
- Ramata
Très bien. Écoute, je comprends tout à fait ton point, effectivement. Et je pense qu'on peut utiliser le terme luxe, mais l'idée, c'est d'y apposer sa propre définition et de vraiment, quelque part, le redéfinir, lui redonner ses vraies lettres de noblesse. Parce que l'idée, c'est un savoir-faire et on n'est pas dans la production de masse, on est plutôt dans la production en édition limitée, on est dans une forme de rareté. Et c'est vrai que... certaines marques se sont un petit peu éloignées de ce côté très presque unique pour aller vers je pense qu'il y a une ambition de résultat qui fait qu'on va diffuser des sacs partout, tout le monde va pouvoir les acheter, le niveau de qualité on ne s'en préoccupe pas plus que ça on a notre logo et puis on va considérer que le logo à poser sur un sac d'une qualité moyenne suffit à être luxueux, mais les clients ne sont pas dupes, en fait. Tout à fait.
- Laetitia Joly
Ils ne le sont plus.
- Ramata
Donc, on entend bien le côté positionnement luxe. Et aujourd'hui, ce que tu évoquais, c'est que vous avez... Je ne sais pas si tu l'as évoqué, mais il me semble que vous avez un site Internet. C'est bien ça ?
- Laetitia Joly
Oui, madhouse.club.
- Ramata
Très bien. Un site Internet plus des points de vente en Afrique et également en France.
- Laetitia Joly
à s'entrouper et à... Saint-Jean-de-Luz.
- Ramata
D'accord. Donc, l'idée pour vous en termes de développement, ça fait un an et demi que l'entreprise, que la marque, elle existe. C'est quoi l'ambition, la perspective ? Où est-ce que vous avez envie d'aller ?
- Laetitia Joly
Alors, l'ambition, c'est de trouver des partenaires, plus de partenaires, mais des partenaires qui ont une certaine notoriété. Parce qu'on sait que quand on passe par des partenaires, la marge est quand même très faible pour nous. Et c'est normal puisque les partenaires ont un loyer à payer, ont des dépenses marketing. Donc, pour moi, si on trouve des partenaires, il faut que ce soit des partenaires, enfin, il faut qu'on sélectionne des partenaires qui ont une forte notoriété pour que ça apporte quelque chose à la fin, en termes de business, à notre marque. Donc, il faut bien choisir nos partenaires. Donc, l'ambition, on a déjà, on a pour objectif deux grands partenaires. Et voilà, donc là, on va voir, la saison va arriver, donc ça va être intéressant. Et ce qu'on cherche comme partenaire, c'est aussi, surtout, des lieux d'expérience. Des partenaires comme des hôtels ou même des musées. Parce qu'aujourd'hui, il y a quand même une crise du retail qu'il ne faut pas ignorer. Et donc ça, il faut prendre en compte cette crise-là. Nous pensons que maintenant, les clients ne vont plus forcément en boutique. C'est moins quelque chose d'évident. En revanche, ils vont beaucoup vivre des expériences. Donc, à moins que la boutique... Et quelqu'un de super... Parce que je pense que maintenant, quand on va dans une boutique, c'est qu'on adore le vendeur ou la personne qui tient la boutique. Mais tout ça, c'est encore une histoire d'expérience. Aujourd'hui, notre objectif, c'est de viser des distributeurs dans lesquels on vit une expérience. Parce que le client, c'est ce qu'il recherche.
- Ramata
Très bien. J'imagine que toi, étant basée en France, c'est peut-être toi qui vas mener une partie de la prospection de ces partenaires. Comment est-ce que vous allez mener cette prospection partenaire ? Qu'est-ce que vous avez prévu comme stratégie ?
- Laetitia Joly
Alors, moi, je n'ai pas de secret. J'envoie beaucoup de messages sur LinkedIn. Je rencontre beaucoup aussi. Dès que j'ai l'occasion, l'opportunité, quelqu'un me dit, je connais telle personne qui a travaillé dans tel endroit. Je rencontre et je prends toutes les expériences d'autres créateurs aussi comme moi. Donc, je rencontre beaucoup de créateurs pour avoir leur expérience. Je pense que l'expérience des autres, c'est très, très enrichissant. Donc voilà, c'est convenir des rendez-vous avec du réseautage, beaucoup d'essayer de réseauter un maximum, parce que forcément, quand on vient de la part de quelqu'un, il y a déjà une part de confiance qui est là. Et en parallèle, passer des coups de fil, envoyer des e-mails, je pense qu'il n'y a pas trop de secret. Après ? Moi, j'ai quand même à Saint-Tropez et à Saint-Jean-de-Luz, j'y suis allée physiquement avec mes sacs dans le coffre. Et je suis allée voir les boutiques qui m'intéressaient. Et j'ai eu plusieurs refus. Des gens qui disaient « Ah non, moi je ne veux pas ça, c'est beaucoup trop voyant, c'est super mais non, ou alors c'est trop tard. » Mais j'ai réussi à trouver quand même deux boutiques qui étaient ravies d'accueillir nos produits. très content d'accueillir nos produits. Donc, j'essaye tout. Moi, je n'ai pas beaucoup d'expérience dans la distribution. Je pense qu'il faut beaucoup travailler et pas avoir peur de se prendre des refus aussi.
- Ramata
Très bien, c'est tout à fait clair. Effectivement, il faut prendre son bâton de pèlerin et puis il faut taper à toutes les portes. Il faut faire connaître le sac. D'ailleurs, j'en viens, ça me fait une excellente transition pour parler de votre stratégie de communication. Ce que tu disais, c'est que dès le départ, vous aviez ici à... tout un shooting pour avoir du contenu sur une période assez longue. Est-ce que par rapport au développement de la notoriété de la marque, vous travaillez avec des créateurs de contenu, des égéries, des célébrités, des influenceurs ? Est-ce que ça fait partie de votre façon de travailler ?
- Laetitia Joly
On a vraiment fait zéro investissement, pas beaucoup d'investissement là-dedans. On a tout misé sur la production. qui nous coûte assez cher parce qu'on va dans la finition, qu'on travaille avec des ateliers qui sont certifiés. Donc, pour la marketing, pour la com, pardon, les mannequins, déjà, c'était moi et mes deux associés. Mais on s'était dit qu'on allait être prise dedans, pour ne pas être reconnue. Et puis, surtout, on n'est pas mannequin non plus. Donc voilà, on a fait ça. On a pris un photographe qui était très connu à Madagascar, très aventueux. Et voilà, on a pris quelques jours et là, c'était le marathon. On a fait trois endroits différents. On s'est levé à 3h du matin pour avoir des lumières incroyables du lever du soleil. Et maintenant... Maintenant, on fait toujours des shootings, mais on se fait beaucoup aider par l'intelligence artificielle, ce qui nous permet de faire des économies, de gagner du temps aussi et d'éviter beaucoup, beaucoup de logistique.
- Ramata
Très bien, super intéressant. Et du coup, l'idée, c'est que quand tu dis que, du coup, j'imagine que vous générez en fait certains contenus de campagne, de mise en avant des produits. en utilisant l'intelligence artificielle, vous avez fait appel à quelqu'un qui a développé une expertise ou vous le faites vraiment vous-même et vous avez du coup cherché à apprendre à utiliser je ne sais pas, un nano-banana ou différents outils qui permettent de créer, de générer en fait des images ?
- Laetitia Joly
On le fait nous-mêmes. On a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail. Je sais que c'est... Je pense qu'il y a eu effectivement des gens qui peuvent se dire, elle a cliqué sur un bouton et ça y est. Mais c'est énormément de travail, de tuto, regarder énormément de tuto, apprendre à connaître comment fonctionne l'intelligence artificielle. Ce n'est pas qu'une histoire d'application, il faut connaître à nano-banana et ça y est. Ça va beaucoup plus loin que ça, notamment pour avoir une cohérence dans sa communication. Donc ça, c'est principalement moi qui travaille là-dessus.
- Ramata
Très bien, super intéressant. Je sais qu'au niveau des créatifs, il y aura vraiment, je dirais, deux écoles pour un peu simplifier. Il y a ceux qui vont vraiment vouloir tester les différents outils. Et effectivement, c'est énormément de tests pour arriver à créer quelque chose qui... correspondent à l'idée qu'on se fait et à la direction artistique que l'on cherche à créer. Ce n'est pas juste appuyer sur un simple bouton, c'est énormément de tests. Et il y a les créatifs qui sont plutôt frileux, en fait, et qui s'interrogent encore, qui craignent un petit peu le côté l'IA risque de nous remplacer. Donc, c'est intéressant d'avoir ton témoignage là-dessus. Donc, du coup, j'entends bien le côté Bien. Pas d'influence, pas de budget, en fait, on va dire ambassadeur. Du coup, l'idée, c'est que toi, dans tes arguments, pour aller convaincre différents partenaires, ça va vraiment être le produit que tu mets en avant.
- Laetitia Joly
Tout à fait. C'est vrai parce que nous croyons vraiment à notre produit. Franchement, on voit vraiment, nous, quand on compare, on voit que c'est une qualité, un super design, que c'est pratique. que c'est vraiment notre argument et tout notre investissement va dans les produits. Donc, c'est vraiment le produit qui prime. Après, l'univers de marque est important pour nous aussi dans le sens où il faut rendre quand même, si le produit est beau, il faut que la communication soit belle aussi parce qu'avec une mauvaise communication, on gâche la beauté du produit. Donc, ce sujet d'intelligence artificielle, c'est vraiment hyper, hyper, hyper touchy parce que je sais qu'il y a beaucoup de gens qui sont contre l'intelligence artificielle et je les comprends parce que c'est vrai que ça veut dire qu'on ne prend pas de... qu'à un moment donné, peut-être, je ne sais pas comment ça va évoluer. Aujourd'hui, je pense qu'on a quand même encore besoin des photographes, tout ça. mais avec avec Ça va évoluer très vite et bientôt, on ne verra vraiment plus la différence entre une vraie photo et un visuel généré par l'intelligence artificielle. Moi, j'ai toujours préféré apprendre à utiliser les outils qui se développent parce que je sais qu'à un moment donné, de toute manière, on y sera. Ça va passer, que tout le monde va y passer. parce que ça fait faire vraiment beaucoup d'économies et ça fait gagner beaucoup de temps. Et parfois même, ça peut être très éco-responsable parce qu'on ne fait pas, par exemple, si on veut développer un produit, le mettre en valeur quelque part, le communiquer dessus sans avoir produit mille pièces. pour le tester, pour voir s'il fonctionne. Si ça fonctionne, on lance la production. Ça peut être aussi un moyen de produire moins, de ne pas trop se stocker. En revanche, c'est un sujet qui... Moi, je sais que ça fait développer, ça permet pour une marque de contrôler vraiment complètement sa direction artistique. En fait, parce que quand il y a beaucoup, beaucoup de gens qui sont derrière... derrière des créations visuelles, c'est vrai que beaucoup d'intermédiaires n'ont pas forcément exactement les choses comme on veut. Mais voilà, c'est vrai que je sèche un peu encore sur le sujet. En tout cas, je sais que pour les créateurs et pour les nouvelles marques qui n'ont pas trop de budget, c'est vraiment une aide extraordinaire.
- Ramata
Donc, comme tu l'expliquais, vous avez un site internet, vous êtes présente sur différents points de vente. Et ce que tu évoquais, c'est que... tu es en recherche de nouveaux partenaires. Aujourd'hui, si tu peux nous parler un petit peu des gammes de prix et des différents formats de ta collection.
- Laetitia Joly
Oui, alors on a une pochette qui est à 140 euros. Donc, ça va de 140 euros à 700 et quelques euros. Donc, on a des produits plus intemporels et d'autres plus audacieux. Donc, intemporels, c'est des couleurs qui sont un peu plus classiques. plus naturelles, et d'autres qui ont des broderies avec des couleurs très vives, où là, dès qu'il y a une broderie, forcément, c'est un peu plus cher, et on est dans des niveaux de prix un peu plus hauts. On a des pochettes, on a un sac oversize pour la plage, on a d'autres tailles plus style cabas. On a 11 références différentes.
- Ramata
Très bien. Et au niveau de l'atelier, de la mise au point, du développement des prototypes, est-ce qu'aujourd'hui vous avez votre propre atelier ou vous travaillez plutôt avec un atelier qui va travailler le raffia et qui travaille avec d'autres marques ?
- Laetitia Joly
Alors, on travaille avec plusieurs ateliers. Nous, on a fait beaucoup de visites d'ateliers. Donc, comme on était sur place, évidemment, c'était plus pratique. Donc, on a choisi vraiment des ateliers qui nous plaisaient le plus. Ceux qui étaient vraiment très, très exigeants dans la finition et dans le détail. Et certains avec un savoir-faire un peu plus varié, qui n'était pas que dans le crochet, mais aussi dans la broderie. Il a fallu qu'on trouve aussi des ateliers qui soient spécialisés dans le cuir, parce que ça, ce n'est pas la même spécialisation que le crochet de Raffia. Donc, on travaille avec plusieurs ateliers partenaires. On n'a pas encore notre propre atelier, mais certainement par la suite, on finira par l'avoir.
- Ramata
Après, ce n'est pas une fin en soi. On peut très bien développer une marque en ayant... Il y a tellement de challenges au développement d'une marque que... C'est vrai. Je pense que ça peut être une ambition, une volonté, mais je pense que ce n'est pas... Ce n'est pas forcément obligatoire. Tant qu'on arrive à préserver son ADN de marque, qu'on a un niveau de qualité élevé, pour pouvoir faire vivre un atelier toute l'année avec tout ce que ça comporte, il faut avoir des volumes vendus.
- Laetitia Joly
Il faut déjà bien s'installer.
- Ramata
C'est ça, il faut avoir des volumes vendus qui sont importants. Très bien. Est-ce qu'il y a des sorties de nouvelles collections régulières ? C'est à quel rythme que vous proposez des nouveaux produits ou des nouvelles collections ? Comment est-ce que vous abordez en tout cas la construction de collections ?
- Laetitia Joly
Alors là, comme ça fait un an et demi qu'on a lancé Madhouse, on n'a pas encore de nouveautés, mais on en aura. On en aura l'été prochain. Peut-être pas cet été, l'autre été. En tout cas, notre ambition est d'avoir des... Des nouveautés, ça c'est sûr. Mais là, pour l'instant, on fait déjà avec nos pièces existantes qui sont déjà un peu nouvelles, puisque ça fait qu'un an et demi que nous avons lancé la marque.
- Ramata
Oui, bien sûr. Et puis dans l'environnement du sac, de toute façon, on va avoir des marques qui ont des sacs iconiques et qui vont finalement vendre le même sac pendant des années. Donc, ce n'est pas non plus... une famille de produits dans laquelle on s'attend à une espèce de renouvellement permanent. L'idée, c'est plutôt d'aller créer des iconiques et de faire en sorte qu'ils soient reconnus et identifiés et que ça fasse un peu les hit-bags du moment.
- Laetitia Joly
Oui, après, c'est vrai que comme on ne produit pas beaucoup de quantités, ça, ça va nous permettre d'avoir des nouveautés assez rapidement. Et donc, du coup, des pièces qui resteront exclusives. On va dire qu'au début, on a fait quand même pas mal de fabrication pour avoir un stock qui nous permette quand même de s'installer, de bien tester la marque financièrement et de voir quels produits fonctionnent mieux. Il y en a certains qui fonctionnent mieux que d'autres. Des produits qui sont plus images, c'est important qu'ils soient là parce que ça montre tous les savoir-faire de la marque. Même si on en vend moins, c'est important qu'il reste là. Et puis oui, le but, c'est de développer des iconiques et d'autres pièces plus images.
- Ramata
Très bien, on sent bien de toute façon ton background marketing et vraiment cette expertise de segmentation de l'offre avec des produits plutôt basiques et des produits plutôt plus pointus, plus images. Donc, c'est vraiment les règles, les recettes que l'on applique pour créer une marque. Donc, on sent que vous êtes sur les bonnes bases en termes de développement. Est-ce que vous avez des projets ou en tout cas, vous avez déjà fait des… Donc, tu parlais de shooting, mais est-ce que le côté défilé, c'est quelque chose peut-être en partenariat avec une marque qui ferait du prêt-à-porter ?
- Laetitia Joly
Alors, complètement par hasard, ce n'était pas un objectif absolument de faire un défilé. Mais j'ai été contactée par une association qui s'appelle l'Association des commerces. positif à Marseille qui a pour but de mettre en valeur des créateurs locaux. Et voilà, on nous a proposé de participer au défilé et on était hyper contents. Évidemment, toutes les propositions, quand on peut mettre en valeur nos produits, la marque, on est ravis. Donc oui, on a fait un défilé en septembre dernier. C'était vraiment une expérience hyper... boostante, je veux dire, parce que ça a donné un peu plus de visibilité à la marque déjà. Et puis, c'est vrai qu'en tant que fondatrice, de participer à ce genre d'événements, ça booste encore plus parce qu'aujourd'hui, on est trois à travailler pour Madars et dans des pays différents. Donc, c'est vrai que garder cette énergie, la motivation pour travailler, parfois, ça peut être un peu difficile. Quand on n'est pas au contact d'une toute une équipe. Voilà, donc ce défilé, c'était vraiment un moment qui moi, qui m'a complètement. Je suis déjà bien boostée naturellement, mais alors là, j'étais ultra boostée.
- Ramata
Très bien. Et est-ce que vous avez des moments puisque toi maintenant, tu as quitté Madagascar ? Est-ce que vous avez des moments où vous vous retrouvez en fait avec les trois associés ou c'est plutôt en remote que vous faites des réunions, vous faites des points réguliers ? Comment vous travaillez en fait, effectivement, le fait d'être ? trois associés qui, comme on dit, n'aident pas au même endroit physiquement.
- Laetitia Joly
Alors, avec mon associé qui est à Madagascar, on va se voir cet été parce que l'été, elle voyage en Europe. Et donc, l'idée, c'est qu'on se voit au moins une fois par an. Déjà parce qu'on est amis. Et ensuite, pour aussi bien se... se motiver et se redire toutes les lignes directives de ma danse. Et ensuite, mon associé qui est au Canada, on fait des apéros, des vidéos apéros, parce qu'elle est vraiment loin pour le coup. Donc, on fait ça pour l'instant. On espère se revoir toutes les trois un jour, physiquement. Mais c'est vrai que quand on est maman, déjà, il y a plein de contraintes, les vacances scolaires, il faut s'organiser pour que quelqu'un garde les enfants. C'est un peu plus compliqué.
- Ramata
Oui, effectivement, c'est vraiment l'entrepreneuriat au féminin avec toutes les contraintes que ça peut comporter. Et en plus, vous avez rajouté une dimension, vous n'êtes pas située dans la même zone géographique. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, avec... Tous les moyens, on va dire, technologiques qui existent, on peut à distance réussir à gérer une marque à trois en n'étant pas forcément au même endroit. Et je pense que ce qui est important, c'est que vous avez de toute façon une base, l'un des associés qui est, comment dire, sur place près de l'atelier. Et ça, pour le coup, c'est quand même très sécurisant dans le fait d'être dans une logique de management à distance, avoir toujours, comment dire, l'un des associés près de l'atelier, ça reste quand même une véritable force.
- Laetitia Joly
Ah oui, je n'aurais jamais monté la marque si je n'étais pas certaine qu'il y en ait au moins une de nous trois qui était ancrée à Madagascar.
- Ramata
Écoute, tout le challenge d'Africa Fashion Tour, c'est à chaque fois d'aller trouver des marques et d'en parler. Des marques qui sont situées sur le continent, qui sont basées sur le continent, qui ont une attache sur le continent et qui cherchent vraiment à développer la marque localement, certes, et développer la marque sur le continent et aussi à faire rayonner des savoir-faire à Africa International. Et du coup, Madhout, c'est un excellent exemple de... Moi, ce que je cherche à pouvoir voir...
- Laetitia Joly
Je voulais rajouter quelque chose parce que ça m'a fait penser à quelque chose dans ce que tu viens de dire. Nos premiers clients, en fait, sont des résidents de Madagascar, alors qu'on ne s'y attendait pas du tout. Nous, on s'est dit, bon, on est quand même à un niveau de prix assez... Même si la qualité reflète le prix. C'est vrai qu'à Madagascar, on a l'habitude d'acheter des choses, c'est toujours moins cher en fait, toujours moins cher qu'ailleurs. Et puis le Rafia, c'est vraiment installé là-bas, il y a une multitude de sacs en Rafia disponibles, pour rien du tout. Et donc le fait que nos premières clientes soient des résidentes de Madagascar, pour nous, on avait... c'était une vraie fierté. Je t'ai dit, on a tout gagné. Ça veut dire que des gens qui ont l'expertise et un œil aguisé... Mince, comment on dit ? et un vrai œil professionnel, presque professionnel sur le raffia, qui sont prêts à acheter nos sacs, on s'est dit, ça veut dire qu'on a tout gagné, qu'on est vraiment légitime et que nos produits sont vraiment à la hauteur.
- Ramata
Écoute, bravo. Effectivement, l'idée quand on crée une marque, c'est vraiment... d'avoir le produit. De toute façon, tu définis ton persona, tu ne définis pas un persona en disant je vais exclure telle cliente et je vais plutôt aller en chercher une. Ton objectif, c'est la femme occupée et lui créer des formats de sacs qui soient adaptés et pratiques pour elle à différents moments de vie. Et finalement, quand on remplit cette mission-là, Il n'y a pas de raison qu'on n'arrive pas à cibler à la fois un client local à Madagascar et puis un client à Saint-Jean-de-Luz ou à Saint-Propé. C'est là qu'on se dit qu'on tient une bonne idée et qu'elle va pouvoir se développer et s'exporter de façon pérenne.
- Laetitia Joly
Tout à fait,
- Ramata
oui. Écoute, moi, j'ai été ravie de découvrir Madhouse avec toi. Et donc, j'ai hâte de pouvoir découvrir les sacs. plus en détail. Donc, j'espère que vous aurez bientôt, en fait, un point de vente à Paris. Pourquoi pas ? Même si c'est un pop-up ponctuel pendant l'été, ça pourrait être intéressant en tout cas. Et puis, je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- Laetitia Joly
Merci beaucoup, Ramatha. Merci de m'avoir interviewée et de pouvoir mettre en valeur un peu plus ma danse et Madagascar.
- Ramata
Avec plaisir. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis, vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.