- Georgette
Parce que la Fashion Week, nous avons souhaité qu'elle ne soit pas une simple Fashion Week. Le but, c'est vraiment l'impact, comment ramener les acheteurs, comment développer des thématiques autour de cet événement-là. Par exemple, cette année, nous avons fait des masterclass à mon initiative. Nous avons parlé d'autonomisation des femmes dans les industries créatives. Nous avons parlé des métiers. des différents métiers des industries créatives qui intervenaient dans une Fashion Week, à savoir la photographie, le mannequinat, les designers. Le panel qui touchait l'autonomisation des femmes, j'y étais moi-même. J'ai présidé ce panel-là avec des designers, Simone et Élise, et nous avions également d'orchestre série. Il y a un double cursus également, qui est dans la production audiovisuelle, qui est influenceuse, qui est dans la communication et qui est également dans la mode.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et à la rencontre d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du booboo et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramatha Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes, je suis également consultante en marketing et communication, j'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique, et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de celles et ceux qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- Georgette
Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Georgette Bufis.
- Ramata
Georgette est la cofondatrice de la Fashion Week by Eli Kwame. Elle dirige l'incubateur et la consulting. Elle est aussi active dans l'autonomisation des femmes en Guinée et en Côte d'Ivoire. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes initiatives. Bienvenue Georgette, comment vas-tu ?
- Georgette
Très bien, et toi ?
- Ramata
Ça va très bien, je suis ravie de te retrouver pour ce podcast. Moi, ça fait un moment que je te suis sur les réseaux sociaux, je suis un petit peu des différentes initiatives. À chaque fois, je me dis qu'il faut vraiment que je puisse la contacter et puis prendre un moment pour faire l'interview. Et en fait, ça s'est fait très spontanément et très rapidement. Donc, c'est vraiment un plaisir pour moi que de t'avoir sur le podcast Africa Fashion Tour aujourd'hui. On va commencer en fait l'interview comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Georgette
Alors, en tout cas, je te remercie de m'inviter sur ce podcast. J'en suis ravie. Alors, je suis Georgette Defit, entrepreneur, féru de mode, maman de trois garçons. Et voilà, qui croit fortement en l'Afrique. C'est ce que me dira Steve.
- Ramata
Eh bien, écoute, je vais te demander un petit peu au niveau de tes études avant d'en venir aux différentes initiatives dont j'ai parlé pendant l'introduction. J'aimerais bien que tu nous parles un peu de comment ça a démarré toi au niveau des études. Tu évoques le fait que tu es fait rue de mode, mais peut-être que tu n'as pas toujours travaillé dans ce secteur d'activité ou dans le secteur des industries culturelles et créatives. Toi, au niveau de ton background et de tes études, comment est-ce que ça a commencé pour toi ?
- Georgette
Eh bien, moi, j'ai fait tout mon parcours, mon cursus scolaire à Paris. J'ai fait un bac, un BT des sciences et technologies du design et des arts appliqués. Ensuite, j'ai fait un BTS Management des unités commerciales, un MOOC. Ensuite, une licence en marketing. Puis, j'ai fait un certificat. d'exécutif, un certificat exécutif en leadership et gouvernance des ONG. Bon, ça n'a rien à voir. C'est une trajectoire assez atypique, mais j'ai commencé, on va dire, dans le secteur de la mode et puis, pour en finir où j'en suis aujourd'hui. Voilà.
- Ramata
Très bien. Comme quoi, tous les chemins mènent à Rome, comme on dit.
- Georgette
Exactement.
- Ramata
Alors, toi, après ces études, après ces parcours scolaires, je sais que tu es impliquée dans différents pays d'Afrique et tu expliques que tu as fait tes études en France, à Paris. Donc, à partir de quel moment est-ce que, je ne sais pas si tu as fait un retour sur le continent, mais comment s'est passé le moment où tu as commencé à développer ? des initiatives, des entreprises liées au continent et comment est-ce que tu t'es installée sur place si ça a été le cas pour toi ?
- Georgette
D'accord. Alors en fait, au départ, après mes études, j'ai eu mes enfants, donc j'ai dû interrompre les études d'abord. Un peu avant mon BTS, j'ai interrompu parce que j'ai eu mes deux enfants, les deux premiers. Et puis ensuite, j'ai repris les études. Puis j'ai d'abord travaillé à Paris. J'ai travaillé chez Barberis comme manager, j'ai bossé au Galerie Lafayette, j'ai bossé chez BCBG Max Azria. Et puis, il faut savoir que j'ai mon frère et cofondateur Eli Kuham avec qui on s'est rencontrés à l'école. Donc, on ne s'est plus jamais quittés, donc on se suivait un petit peu dans tout ce qu'on faisait. J'étais devenue aussi créatrice de mode, mais avec la maternité et tout ça, j'ai dû... J'ai dû un peu abandonner et puis me réorienter. Donc, j'accompagnais beaucoup plus Ellie. On a été à New York. On a fait pas mal de Fashion Week, etc. Et puis, l'initiative de rentrer en Afrique venait plutôt de lui. Donc, moi, j'avais eu pour habitude de faire énormément d'allers-retours entre Paris et Abidjan, où je suis moitié originaire, parce que je suis Ivoire ou Guinéenne. Et Eli, un matin, il m'a dit, écoute Georgette, il faut qu'on rentre à Abidjan parce que la France, voilà. Du coup, je l'ai suivi. On est rentré. Ensuite, on a commencé à aller vendre les vêtements. On n'avait pas encore de boutique. On a commencé à aller faire des défilés au Congo, Brazzaville, au Japon. On a commencé à aller vendre des vêtements en Guinée. Des ventes. privés au Congo, etc. Et puis, on a eu un peu de sous. On est revenu en Côte d'Ivoire et puis on a ouvert la première boutique. Bon, à la suite de ça, on a eu beaucoup, de visites. Il y a eu la visite du roi du Maroc. On a commencé à habiller des grosses personnalités. Entre-temps, moi, je suis rentrée à Paris parce que c'était un peu dur le retour. Mes enfants me manquaient. Et puis, j'ai encore retravaillé à Paris. Ensuite, j'étais à cheval entre Paris et Conakry. En 2021, j'ai lancé... Bon, on continuait avec la maison Elicium, mais j'ai décidé d'avancer sur une deuxième passion qui me tenait à cœur, qui avait un aspect un peu social. Donc, j'ai lancé un programme à Abidjan qui s'appelait Diaspora Entrepreneurship, qui visait à promouvoir le retour des Ivoiriens issus de la diaspora. en Côte d'Ivoire avec un projet entrepreneurial. Donc, c'était sous forme de concours de plan d'affaires. Et puis, à l'issue de ça, avec mon équipe, on a réussi à faire une levée de fonds à la banque pour financer les projets des gagnants. Forte de cette expérience, je me suis dit, pourquoi ne pas l'appliquer aux femmes ? C'est comme ça que je me suis lancée dans l'autonomisation des femmes. Mais avant d'en arriver à l'autonomisation des femmes, je suis revenue également en Guinée. On m'a appelé pour venir travailler pour le concours Miss Guinée. J'ai monté tout le concours, le corps du spectacle. J'ai fait venir Elie pour la direction artistique. J'ai incubé les 25 candidats. On les a mis au vert dans une villa et puis on leur a donné des formations. Et puis à l'issue de ces formations, j'ai fait une levée de fonds pour pouvoir financer leur projet entrepreneurial. Forte de cette expérience, j'ai décidé de lancer le programme Femmes Actives Wankéli. Et entre-temps, avec Elie, on a lancé la Fashion Week en Côte d'Ivoire. Bon là, j'ai poussé un peu plus loin. Mais l'idée de lancer la Fashion Week, c'était d'abord l'idée d'Elie, on en a parlé. Puis comme on en avait fait pas mal, on s'est dit qu'un jour, nous lancerions la Fashion Week. en Côte d'Ivoire. Et ce n'était pas de tout repos parce qu'on devait la lancer déjà en 2022. Mais le nom Abidjan Fashion Week, Côte d'Ivoire Fashion Week avait été déposé. Donc, on a eu droit à un procès. C'est pour ça d'ailleurs que la Fashion Week s'appelle la Fashion Week by Elytium, parce qu'on n'a pas pu utiliser le patronyme Abidjan Fashion Week. On est même d'ailleurs encore en train de négocier pour récupérer le patronyme. On a eu à peu près deux ans de bataille, et puis en 2024, on a réussi à faire la première édition en Côte d'Ivoire de la Fashion Week.
- Ramata
Cette collaboration ? effectivement de fraternité. Elle vous a mené un peu dans les casques au coin du monde et à avoir des initiatives que ce soit, je dirais, poser l'identité d'une marque, ouvrir une boutique, faire un défilé, un défilé pour une marque, mais aussi après faire un défilé pour organiser une Fashion Week. Ça vous a permis de connaître toutes les étapes du développement d'une marque et toute la chaîne de valeur du secteur de la mode. Toi, cette expertise-là, puisque tu as travaillé en Occident pour des marques occidentales et tu as vu aussi comment ça peut se passer pour une marque en Afrique. si tu devais nous décrire quels sont les principaux challenges qu'une marque peut rencontrer quand elle est sur le continent, qu'est-ce que tu retiens ?
- Georgette
Alors ce que je retiens, c'est que les différents challenges ne sont même pas liés à la marque dans un premier temps. De prime abord, ils sont liés aux mêmes problématiques que l'entrepreneuriat en Afrique, c'est-à-dire le problème des ressources humaines, le problème du financement. C'est vraiment les mêmes problèmes que rencontrent tous les entrepreneurs en Afrique. Alors nous, étant des repates, on est revenus au départ, on n'avait pas vraiment la connaissance du terrain. On est vraiment parti avec les tripes, avec le cœur, on va dire. Et puis, toutes les difficultés que ça impliquait autour. Donc au départ, il fallait trouver des fonds. On avait de superbes idées. etc. Eli avait déjà le talent, moi, je négociais tout ce qu'il y avait à négocier, mais il fallait trouver des idées, donc d'où les défilés qu'on organisait, des ventes privées, il fallait vraiment trouver de l'argent pour pouvoir monter cette boutique. Et on a dû vraiment redoubler d'efforts, d'astuces pour pouvoir le faire, et puis par la grâce de Dieu, on a réussi à avoir Oh. cet argent dans ces grosses ventes privées qu'on a réussi à effectuer au Congo pour pouvoir ouvrir la boutique à Abidjan. Ensuite, une fois la boutique ouverte, il faut savoir que la marque Eliquam, déjà étant à Paris, faisait déjà écho un petit peu en Afrique. Ce qui a aidé aussi à construire la marque en Afrique, c'est qu'Eli avait fait une émission qui s'appelait Black Amorphose. sur Canal+, qui avait vraiment eu un très bel écho un peu partout en Afrique, étant donné qu'il y avait une large audience au niveau de la diffusion. Ce qui a donné vraiment cet impact-là, ça a aidé à la montée en puissance de la marque et de la personnalité d'Eli. Quand on s'installe à Abidjan, Eli était déjà quand même assez connu. On a ensuite invité dans pas mal d'événements un peu partout en Afrique. Et puis, Elie a commencé à faire des mariages, habiller des personnalités. Donc, ça a aidé. On a mis en place des collaborations avec des personnalités telles que d'Orcasérie, telles que d'Elise, etc. Et puis, forcément, ça a commencé à faire parler de la marque. Le but, c'était vraiment de pouvoir bien être installé à Bijan et puis ensuite de pouvoir diffuser la marque un peu partout en Afrique, d'avoir des pop-up stores. Eli a pas mal participé également à la Lagos Fashion Week, qui a vachement aidé aussi. Donc, au niveau du développement de la marque, on s'est vraiment appuyé sur tous ces points-là. a évolué et la clientèle a grandit vraiment au fur et à mesure. un bouche à oreille qui était fait de façon implicite parce qu'on n'a pas eu à faire de grosses campagnes de communication etc. Ça a été vraiment fait de client à client bon après on a eu pas mal d'influenceuses pas mal de personnalités connues donc ça a vachement aidé donc voilà
- Ramata
Très bien, c'est assez intéressant de voir en fait tout le parcours de la marque Alors... Quand tu le racontes, effectivement, la marque et le nom Eliquam a été identifié, je pense, assez rapidement, que ce soit sur le continent ou même en France. Moi, à partir du moment où j'ai commencé à m'intéresser à la mode africaine, ça faisait partie des noms qui étaient connus. Comment tu expliques cette notoriété-là, d'un point de vue de l'ADN de la marque, d'un point de vue du style, d'un point de vue de la direction artistique ? Alors, je sais que c'est parfois difficile de parler de soi quand on est soi-même au cœur du projet. On va se dire qu'on a fait du mieux qu'on a pu et il se trouve qu'on a eu l'adhésion du public. Mais je pense que tu as peut-être un recul aujourd'hui qui te permet, peut-être par rapport au marché, par rapport à la manière dont d'autres pouvaient travailler, d'expliquer ce qui a fait cette différence, que tout de suite, en tout cas, le profil d'Eliquam s'est distingué et s'est différencié par rapport à d'autres.
- Georgette
Alors, selon moi, en fait... La marque Helicum, déjà à Paris, il faut savoir qu'Eli, c'est quelqu'un qui a dirigé huit ateliers en Chine, qui a travaillé en Arabie Saoudite pour les princesses, qui a une très grosse expérience. C'est presque 30 ans de travail en amont. Il a travaillé dans de très grands ateliers. Il a travaillé avec Madame Paris-Tirex. Il a gagné le concours de la Maison Hermès. Du coup, son parcours faisait parler déjà de lui-même. Et il a fait énormément de défilés à Paris, à New York. Donc tous ces défilés qui étaient emprunts de sa marque déposée. Il faut savoir que sa marque déposée est un croisé de ses origines, donc ses origines orientales. et ses origines africaines. Donc, fort de cette double ou triple culture, je dirais, parce qu'il y avait aussi les origines occidentales, ces origines-là se retranscrivaient très, très bien dans ses créations. Donc, à partir du moment où on retrouvait ça dans ses créations, ça devenait déjà assez original. Et puis, les gens identifiaient vraiment sa marque. On le comparait beaucoup à Elissa. On le comparait vraiment à de très grands noms déjà à Paris. Donc, toutes les personnes qui ont été amenées à aller à des fashion week, à des shows, etc., ont découvert Eli parce qu'il en a fait énormément. Déjà en France, à New York, en Italie, en Occident. Et donc, ça a beaucoup aidé à faire connaître le nom Eli Thuam. Ensuite, il a été présent... au showroom de Mme Apsatoussi à Bastille. Donc, elle avait énormément de monde qui venait pour place. Il a eu à habiller Miss France à l'époque Flora Coquerel. D'abord, avant de revenir sur le continent, la marque s'est construite, l'image de la marque s'est construite déjà en Occident avant de redescendre. On aurait pu rester à Paris, ouvrir une boutique. développer la marque à partir de Paris et utiliser les différents canaux de distribution qui sont en Internet, etc. pour distribuer partout dans le monde. Mais Eli, c'est quelqu'un déjà qui était très attaché à ses origines ivoiriennes, étant donné qu'il a grandi à Soubré au village. Et puis, il voulait vraiment, vraiment... Ce retour en Côte d'Ivoire était vraiment son initiative. on est rentré en Côte d'Ivoire mais Moi, c'est vraiment lui qui m'y a poussé. Et on a pris nos bagages et on est rentrés au lendemain. Parce que lui avait déjà cette vision-là africaine. Il avait déjà cette vision de pouvoir utiliser les matériaux, utiliser le kente, utiliser le panty, et faire des tenues modernes, des trenchs. Ça, c'est ce qu'il faisait déjà depuis très, très longtemps. Donc, il avait déjà cette vision-là. de la mode africaine. Il a même d'ailleurs créé le Born in Africa, pour vous dire. Donc, au lieu du Medine Côte d'Ivoire ou du Medine Paris, lui, il a créé le label Born in Africa parce qu'il y croyait vraiment depuis fort longtemps.
- Ramata
Et du coup, toi, ton rôle, en fait, aux côtés d'Eli Kwame, en fait, on sent que tu es partie prenante dans le développement de la marque et que tu connais par cœur, en fait, les étapes.
- Georgette
Totalement.
- Ramata
Je ne sais pas si on doit donner un intitulé de poste ou si tu peux nous décrire tes missions et comment toi tu contribues au développement de la marque et au développement de toutes les initiatives qu'il peut y avoir, que ce soit au niveau de la maison Éliquam, d'Éliquam, et puis aussi par rapport à la Fashion Week by Éliquamé.
- Georgette
Alors aujourd'hui, il faut savoir que par rapport à la maison Éliquam, je suis un peu plus en retrait parce qu'on a pris un directeur qui s'occupe de tout. tout le développement de la marque, un DAF, etc. parce que je fais d'autres choses. Du coup, concernant la marque, aujourd'hui, je ne m'occupe que de la fashion week-end. Mais à l'époque, concernant la marque, Elie s'occupait de la partie artistique et moi, je m'occupais vraiment de pouvoir organiser des défilés, de trouver des contrats, de pouvoir aller vendre les tenues dans d'autres... pays, de trouver des clientes, de monter des stratégies pour pouvoir développer l'AMA. Donc, ça a été ça, mon rôle tout le long du développement de la maison Ilklam. Ensuite, pour la Fashion Week, on a créé la Fashion Week ensemble. Donc, Elie, elle est le fondateur et le directeur artistique, donc elle s'occupe vraiment de tout. toute la partie artistique, même si des fois, il me dit, Georgette, Gégé, qu'est-ce que tu penses par rapport à la scénographie ? Qu'est-ce qu'on devrait faire cette année ? Des fois, je lui dis, écoute, ta partie, je pense que j'ai la tête assez chargée, mais on se consulte assez souvent pour chacun nos parties. Il faut savoir qu'avant ça aussi, quand on lançait le prêt-à-porter, je faisais le cahier des tendances pour le prêt-à-porter, etc. Et aujourd'hui, au niveau de ma fashion week, je m'occupe de tout l'aspect organisationnel. Je suis l'acto-fondatrice et je suis la directrice des partenariats. Je m'occupe de ramener les partenaires, je m'occupe de toute la partie organisationnelle. Je m'occupe également de... Bon, ça c'est avec M. Brou, qui est le directeur. administratif, nous nous occupons de trouver des thématiques parce que la Fashion Week, nous avons souhaité qu'elle ne soit pas une simple Fashion Week. Le but, c'est vraiment l'impact, comment ramener les acheteurs, comment développer des thématiques autour de cet événement-là. Par exemple, cette année, nous avons fait des masterclass à mon initiative. Nous avons parlé d'autonomisation des femmes dans les industries créative Nous avons parlé des différents métiers des industries créatives qui intervenaient dans une Fashion Week, à savoir la photographie, le mannequinat, les designers. Le panel qui touchait l'autonomisation des femmes, j'y étais moi-même. J'ai présidé ce panel-là. avec des designers Simone et Élise, et nous avions également Dorcas Seri, qui a un double cursus également, qui est dans la production audiovisuelle, qui est influenceuse, qui est dans la communication, et qui est également dans la mode. Nous avions également un panel sur la photographie, avec Monsieur Joël Williams. nous avions... Le panel sur la façon, la mode, etc. qui a été présenté par Elie lui-même. Donc, on a reçu énormément d'élèves et tout. Donc, la Fashion Week, c'est aussi de pouvoir transmettre des connaissances à des inspirants qui souhaitent rentrer dans ce secteur-là, dans cette industrie-là et de comprendre que c'est un vrai business et que ce n'est pas simplement un monde d'images et d'illusions, c'est aussi un monde où on crée de la richesse, on fait de l'argent. Donc c'est vraiment susciter des vocations et inciter des jeunes à rêver, mais à rêver tout en étant réalistes et en se disant qu'on peut réussir. se construire dans ces métiers-là et que ce sont vraiment des métiers à part entière.
- Ramata
Alors tu évoques, par rapport aux missions que tu as au niveau de la Fashion Week, tu évoques vraiment le côté, la recherche de partenaires en fait. Et tu expliques aussi que ce n'est pas juste un défilé, que c'est important de préciser qu'en fait, elles se déroulent sur plusieurs jours et qu'il y a plusieurs temps forts et qu'effectivement, Le défilé, la présentation des collections, on va dire que c'est le clou final, c'est ce que beaucoup attendent, mais qu'il y a des moments de masterclass, de formation. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu du business model d'une Fashion Week ? Parce que parfois, quand on en entend parler en tout cas, la manière dont c'est organisé en Occident et la manière dont ça peut être organisé sur le continent, c'est complètement différent. Est-ce que tu peux nous dévoiler certains éléments ? Alors s'il y a des choses qui sont confidentielles, je l'entends complètement. mais un petit peu nous expliquer comment est-ce qu'on crée une Fashion Week en Afrique, mais vraiment d'un point de vue business.
- Georgette
D'accord. Alors, ils sont à voir qu'une Fashion Week, le but, c'est vraiment d'attirer des acheteurs, de faire connaître des marques, et puis de faire connaître aussi le lifestyle de la ville qui accueille cette Fashion Week en question. Donc nous, sur la première année... Nous l'avons fait sur trois jours. Cette année, nous avons fait une vraie Fashion Week, à savoir sur une semaine. Donc cette année, nous avons démarré le lundi et mardi avec des masterclass, les différentes masterclass. Et à côté de ça, à chaque fois, on avait des apéros, on avait des restaurants partenaires. Le but, c'est que pour les personnes qui viennent de l'international, de faire découvrir aussi le lifestyle à Abidjan, parce que... La Fashion Week parle de mode, parle de lifestyle, parle aussi de tourisme, parle de tout ce qui est attrait vraiment au lifestyle, etc. À Paris, par exemple, quand vous avez la Fashion Week et que le monde entier se réunit, il y a des soirées en plus des différents défilés. Donc, on découvre les créateurs, on découvre les beaux restaurants, on découvre les clubs, on découvre les boutiques, etc. Donc, nous, on a mis en place le même concept. Donc, on a un pop-up store aussi qu'on met en place avec toutes les marques représentées qui sont présentes sur la Fashion Week. Donc, sur toute la semaine, on a l'opportunité de pouvoir trouver des créations, des créateurs qui sont mis en avant pendant la Fashion Week. donc des créateurs qui viennent d'un peu partout en Afrique. Nous avons également des restaurants qui sont partenaires, où on fait des soirées, on fait des after-shows, des dîners, etc. On a un concours de jeunes talents qui permet de découvrir les nouveaux talents sur le continent. Le concours de Jeunes Talents, qui s'appelle le concours Marie-Thérèse de Fouette-Boigny, permet de récompenser les meilleurs designers et le meilleur qui défie l'année suivante au Grand Show. Et cette année, par exemple, le gagnant du concours Jeunes Talents, nous l'invitons à la Lagos Fashion Week. Voilà. Et en dehors du concours Jeunes Talents, du Pop-Up Store, on a une soirée de lancement assez prestigieuse où on convie les partenaires les institutionnels, les créateurs les influenceurs avec un tapis rouge etc nous avons le grand show avec tous les designers qui viennent de l'international, l'année prochaine nous aurons deux jours de grand show et puis pour clôturer le lendemain nous avons eu un brunch à Assini dans un bel établissement qui est partenaire à la Fashion Week. Et le soir, nous avons eu une dernière soirée de clôture qui était plus du networking avec les créateurs, avec les acheteurs, avec vraiment tout ce beau monde-là pour pouvoir s'entremêler, échanger des cartes de visite, passer des commandes une dernière fois et puis clôturer la saison et ensuite annoncer. la saison suivante. Ensuite, il y a un rapport d'activité qui est fait, qui est envoyé à tous les partenaires, les designers, et qui est montré aussi sur nos différentes plateformes. Voilà à peu près comment s'agence. pour notre Fashion Week.
- Ramata
Très bien. Merci pour ce descriptif assez détaillé du programme et la Fashion Week. Alors là, je dirais qu'on n'est pas en l'épisode, je pense, qui va sortir en début d'année. Enfin, je ne pense pas, je sais même, pardon. Il devrait sortir en février et mars. Donc, ce ne sera pas encore le moment de la Fashion Week puisqu'elle s'organise plutôt en fin d'année, une temps sur le mois de... Alors, je ne sais plus si c'est octobre ou novembre.
- Georgette
C'est en octobre ou décembre.
- Ramata
Ok. Donc, c'est plutôt sur la fin d'année. Mais en tout cas, comme ça, j'aurai l'occasion de toute façon d'en reparler d'ici là.
- Georgette
Avec beaucoup de monde.
- Ramata
La sortie de l'épisode. Donc, toi, aujourd'hui, si on se projette d'ici quelques années, cette Fashion Week à Abidjan, Bayelikouam, qu'est-ce que tu imagines, en fait, les perspectives pour cette Fashion Week ? Vous avez envie d'aller jusqu'où, en fait ?
- Georgette
Alors nous, ce qu'on souhaite, c'est vraiment s'inscrire dans le calendrier des Fashion Week à l'international, d'être reconnus vraiment et de faire venir à la longue, c'est de faire venir vraiment de très très grosses parts, c'est de faire venir des grands acheteurs du monde entier, c'est de faire connaître l'industrie africaine, c'est de faire connaître les marques africaines que la Fashion Week. deviennent à l'image de Milan Fashion Week, ou l'Écosse Fashion Week, où on peut faire venir des stars japonaises, des stars américaines. Le but, c'est vraiment de faire connaître la culture, de faire connaître les artisans, de faire connaître les designers locaux, de sorte à pouvoir vraiment exporter le plus possible. Voilà. et de se positionner, d'être reconnue vraiment comme une Fashion Week à part entière dans le monde entier.
- Ramata
Très bien. Et comme tu le disais, l'idée des Fashion Week, c'est aussi, il y a un côté, l'objectif, c'est de faciliter la rencontre entre les acheteurs, qu'il s'agisse de patrons, de grands magasins, de concept stores, mais aussi des acheteurs B2C avec les marques de manière à créer de la transaction. C'est vraiment... travailler sur, d'une part, le volet notoriété et, d'autre part, le volet développement de chiffre d'affaires. Est-ce qu'il y a, du coup, à dosser ou à coller à la Fashion Week, un côté, on va avoir peut-être un concept store, on va avoir peut-être un pop-up store à certains moments, à Abidjan peut-être, et est-ce qu'il y a une volonté aussi de, pourquoi pas, de faciliter le déploiement des marques ? à l'international, c'est-à-dire déjà dans la sous-région en Afrique et ensuite à l'extérieur, pourquoi pas à Paris ?
- Georgette
Oui, c'est prévu. Pour l'instant, nous travaillons déjà avec un concept store, donc à B-Concept. Nous travaillons déjà avec eux sur toutes les émissions qu'on a eu à faire. C'est avec eux qu'on a travaillé et c'est là-bas qu'on... On met en vente toutes les marques qu'on accompagne pendant la Fashion Week. En effet, c'est prévu que nous puissions ouvrir un concept store pour pouvoir mettre en lumière tous ces artisans, toutes ces marques, etc. Nous proposons également à travers un de nos partenaires un canal de distribution. 100% africain, qui permet aussi de pouvoir exporter les articles des créateurs qui nous accompagnent à des tarifs vraiment très préférentiels. En termes de communication, en fait, on met en place, en fait, c'est des plateformes qu'on met en place pour qu'ils puissent vraiment se faire voir, qu'ils puissent communiquer. Et comme je vous l'ai dit, précédemment, le gagnant de cette édition, on l'emmène à la Lagos Fashion Week. Le but, c'est de pouvoir faire participer à d'autres Fashion Week comme Dakar Fashion Week, Lagos et même Paris, les créateurs de chez nous. C'est vraiment de les tirer aussi vers le haut, de les aider de sorte à ce que l'industrie devienne beaucoup plus forte. en Côte d'Ivoire et en Afrique.
- Ramata
Très bien. Et toi, de l'expertise que tu as de ce qui se passe au niveau de la mode sur le continent, notamment tu parles de Fashion Week qui sont extrêmement puissantes à Dakar, à Lagos, qui sont des opportunités de visibilité, mais aussi d'aller à la rencontre de clients, de consommateurs de mode. Moi, je me rappelle d'un temps où les marques, leur objectif premier, c'était d'être visibles à l'extérieur du continent. en se disant, voilà, c'est à Paris que je vais pouvoir développer ma marque, c'est à New York, c'est forcément à l'étranger, c'est en Belgique, mais c'est forcément en Europe ou aux États-Unis, c'est-à-dire dans le monde occidental, qu'il y a des opportunités de développement. Là, dans ce que j'entends, tu parles de Dakar, tu parles de Lagos, tu parles beaucoup de la sous-région. Est-ce que toi, tu vois une évolution avec vraiment une appétence d'un consommateur africain local qui achète en fait de la mode ? Born in Africa, born in Abidjan, et du coup, cette volonté peut-être d'aller à l'extérieur, elle existe toujours, mais ce n'est pas une fin en soi obligatoire. On peut rester local finalement et arriver à développer correctement sa marque.
- Georgette
Oui, on peut rester local et arriver à développer sa marque dans le monde entier, parce qu'aujourd'hui, il existe tous les canaux, notamment Internet. qui permettent de pouvoir faire connaître une marque à travers le monde. On peut vendre du beurre de qualité à Cancan et le vendre à New York. Du coup, pour moi aujourd'hui, ce n'est même pas un frein d'être installé à Paris, d'être installé du moins à Beijing. Aujourd'hui, Ely a des clientes au Mexique. La maison Ely QM a des clientes partout dans le monde. On livre partout. Donc, pour vous dire à quel point ce n'est pas... Mais ce qui est important, c'est de pouvoir contribuer au développement des industries créatives en Afrique. C'est pour ça qu'il est important de maintenir ce born in Africa.
- Ramata
Très bien, c'est intéressant en tout cas d'affirmer cette vérité, pour ne pas qu'on ait le sentiment que toute marque qui se développe, c'est forcément parce qu'elle a... un pied aux Etats-Unis ou un pied ailleurs. Je pense qu'il y a vraiment cette notion où on peut avoir les deux pieds sur le continent et s'exporter à l'international. Maintenant, j'ai envie d'en revenir à tes autres initiatives. Des initiatives que tu as menées, pour le coup, peut-être pas forcément avec Eli ou alors avec son apport et son soutien, mais c'est plus ta partie à toi, notamment l'incubateur. Est-ce que tu peux nous parler de cette initiative-là ?
- Georgette
Oui, alors j'ai lancé Femme Active Wonkeli. Femme Active Wonkeli qui est un concours de plan d'affaires au féminin avec un appel à candidature sur tout le territoire, selon le pays dans lequel je le fais. Donc là, je l'ai lancé. Je l'avais déjà lancé en Côte d'Ivoire, mais je l'ai lancé à plus grande échelle en Guinée-Conakry, d'où je suis originaire également. Et c'est un programme qui prévoit d'accompagner à peu près 500 femmes. qui sont déjà entrepreneurs et qui ont besoin d'être structurées. Et on fait une levée de fonds à la banque pour les accompagner. Donc, dans ces femmes-là, on a des femmes qui sont dans les industries créatives. On a des femmes qui sont dans l'agriculture, dans la santé, dans les transports. Voilà, donc on les forme, on les structure et puis ensuite, on les accompagne jusqu'à l'aboutissement de leur... projets. Il y en a qui sont déjà entrepreneurs, mais qui ne sont pas formels, qui évoluent dans l'informel. Donc, on les aide à passer de l'informel au formel et puis ensuite, on les aide à se structurer, puis à avoir accès à des crédits, mais des crédits avec de très faibles taux de remboursement. Voilà, c'est un peu ça. Ensuite, ce programme, il est en cours. Il est en cours et là, en ce moment, je fais le tour de la Guinée pour pouvoir former ces femmes. Donc bientôt, on lance le même programme à Abidjan, mais Abidjan, dans les secteurs d'activité, ce sera les secteurs spécialisés justement dans les industries créatives. Donc ça va s'adresser aux femmes qui sont vraiment dans les industries créatives et pour pouvoir aussi faire cette corrélation-là avec la fashion, oui.
- Ramata
Quand tu dis que tu fais le tour de Conakry, ça veut dire que c'est toi en fait qui... Le tour de la Guinée, excuse-moi. Du coup, ça veut dire que c'est toi qui vas dans les différentes régions et qui formes, qui fais la sélection et qui formes également ?
- Georgette
C'est ça, mon équipe et moi.
- Ramata
Très bien. Et est-ce que, comment dire, là, tu dis que le programme est en cours, est-ce que tu as déjà identifié des initiatives en Guinée dont tu aimerais parler, des femmes dont les parcours ou les projets t'ont particulièrement fait ?
- Georgette
Ah oui, oui. En fait, il faut savoir que de base, la femme guinéenne, c'est une femme qui est très, très battante, très débrouillarde, très travailleuse. Mais vraiment, j'ai eu à aller dans d'autres pays, mais particulièrement en Guinée, les femmes sont vraiment, vraiment très, très, très, très travailleuses. Alors, sur la première étape, en fait, nous avions lancé l'appel à candidature dans tous les pays. Donc, les candidats étaient venus à Conakry. On les a formés sur Conakry et là, ils sont venus de toute la Guinée. Mais là, pour cette année, c'est nous qui allons dans les régions. Donc, on a commencé avec Akindia. Là, pour l'instant, on est à Kindiam, mais on a l'intention de faire quatre villes cette année, quatre villes supplémentaires. Et par exemple, parmi ces femmes-là, on a des femmes tisserands. On en a plusieurs qui font du pain tissé made in Guinée, et qui sont fournisseurs d'ailleurs d'énormément de designers. On a des femmes qui sont dans l'agriculture, mais qui vendent... Par exemple, j'ai une dame qui a créé une marque de jus et elle, elle intervient vraiment sur toute la chaîne de valeur. C'est-à-dire qu'elle a des terres, ça démarre à la culture de la terre, du fruit. Ensuite, à la récolte, à la transformation et à la commercialisation de ces fruits. Et ensuite, les fruits qui restent, elle les transforme en bouteilles de jus de fruits. et ça marche quand même pas mal. Et vraiment, elle est en train d'ouvrir la première boutique parce qu'avant, elle le faisait, elle le vendait à la sauvette au marché. Donc nous, on l'a aidé à vraiment restructurer, rebrander sa marque. Et puis, on lui a mis une plateforme, on l'a mise en contact, par exemple, avec l'aéroport, avec des hôtels, etc., pour qu'elle puisse… vendre ses fruits emballés. Donc elle fait des fruits séchés, elle fait des jus de fruits et elle fait des fruits frais. Et aujourd'hui, elle est en train d'ouvrir sa première boutique spécialisée dans les fruits. Il y en a une qui est dans le transport, qui a des mini-busses parce qu'il faut savoir que le transport en dîner, ce n'est pas du tout évident. Ce n'est pas comme dans d'autres pays où il y a des bus, etc. Ici, le système de transport est assez complexe. Mais cette dame, elle a neuf minibus et elle a créé des lignes. Et puis aujourd'hui, grâce à notre initiative, elle est en train d'agrandir sa flotte. Et puis franchement, ça fonctionne très, très bien. Ça aide vraiment les citoyens à pouvoir mieux se déplacer. Ce sont des minibus qui sont climatisés, qui sont propres, qui sont vraiment bien. Et voilà, ensuite, on a les femmes qui se rendent, on a des créatrices de mode, des créatrices de bijoux. On a même une créatrice de bijoux qui est en situation de handicap. Elle est en fauteuil roulant et c'est une jeune femme qui a énormément de courage, qui fait des bijoux magnifiques à base de matériaux issus d'ici, de la Guinée. Et franchement, elle aussi, on essaie de la faire participer à énormément de foires pour qu'elle puisse vendre. Et on est en train de structurer pour qu'elle puisse ouvrir quelque chose. À côté de ça, nous-mêmes, on est en train d'ouvrir un pop-up store ici pour pouvoir retrouver toutes les marques qu'on accompagne avec. Et la consulting sur l'incubation. de ces personnes, de ces dames. Il faut savoir qu'on est en contrat avec une grosse banque ici qui a ouvert aussi un espèce de pop-up store. Donc, pour l'instant, elles exposent là-bas. Mais nous comptons également le faire pour pouvoir appuyer toutes ces initiatives-là.
- Ramata
Très bien. En tout cas, ce que je note dans tes différentes initiatives, c'est que tu vas jusqu'au bout. L'idée, ce n'est pas seulement de présenter des collections de créateurs ou alors d'accompagner des femmes dans leurs projets. L'idée, c'est d'aller jusqu'au bout, de leur trouver des solutions de distribution pour qu'elles puissent rencontrer leurs clients. finalement c'est Si on s'arrête à l'étape de la formation, si on s'arrête à l'étape du défilé et qu'on n'a pas la brique distribution, la brique facilitante pour qu'elles puissent rencontrer leurs premiers clients, en fait, il manque la brique essentielle pour que l'activité puisse se développer de manière pérenne.
- Georgette
Oui, c'est ça. Nous, c'est vraiment une plateforme qu'on propose. qui va de l'incubation au suivi d'activités. Donc, c'est vraiment, on retrouve la chaîne du début de l'appel à candidature, à l'incubation, à la mise en place du projet, jusqu'au rapport d'activités, au suivi et évaluation. Parce que le but, c'est de pouvoir que ces femmes-là deviennent des championnes et qu'elles puissent vraiment s'épanouir dans leur activité. Donc, voilà. Et il faut savoir que cette année, parmi celles qui sont justement dans la mode, il y en aura cinq qui viendront à la Fashion Week au concours Jeunes Talents de l'année prochaine en Côte d'Ivoire.
- Ramata
C'est une super nouvelle. Du coup, il y a vraiment un lien entre tes différentes activités.
- Georgette
Exactement. J'essaie de faire la corrélation entre les différentes activités de sorte à ce que tout le monde puisse vraiment bénéficier. de ces différentes plateformes qui pourront mettre en avant vraiment leur activité.
- Ramata
Du coup, la question que j'ai envie de te poser maintenant, c'est sur un point de vue organisationnel en fait, parce que du coup, de ce que on a évoqué jusqu'ici, pour moi, organiser une Fashion Week, l'événementiel, c'est un job à temps plein, même si c'est un événement qui a lieu une fois par an, c'est vraiment des événements qui se construisent sur plusieurs mois en amont. Et pour... Les événements réussis, en fait, il ne faut pas trop d'un an pour pouvoir l'organiser correctement. Le travail d'un incubateur où tu vas aller de région en région en Guinée pour aller identifier des projets à potentiel et les accompagner, c'est aussi une autre activité qui nécessite 100% d'engagement. Comment fais-tu l'organiser ? Donne-nous ton secret.
- Georgette
Ça, c'est la question que tout le monde me pose. Alors, c'est une question d'organisation. En Côte d'Ivoire, on a une superbe équipe qui est assez autonome. Ils travaillent bien. Ici, je suis en ce moment un peu plus présente parce que l'équipe, je fais venir même l'équipe d'Abidjan souvent quand on est en pique d'activité. Mais il faut savoir que quand moi je vais dans les régions, moi je vais vraiment pour le début de la classe. Les formations durent. cinq, six semaines, mais moi je ne reste pas sur place cinq, six semaines. Moi je reste que trois jours par région pour lancer l'activité et ensuite je repars et je suis en distanciel parce que je travaille avec des entreprises en termes d'incubation. Je travaille avec différents partenaires qui m'appuient sur l'incubation. Je mets le programme en place. Je lance l'activité. Moi-même, je donne deux, trois cours. Ce sont les premiers cours. Et ensuite, mes collaborateurs se chargent de finaliser les cours avec les candidats selon la direction que je laisse. Donc, ça me laisse le temps de vaquer à d'autres choses. Voilà.
- Ramata
Très bien. Est-ce qu'il y a, en termes de perspectives, tu as le volet incubateur, tu as le volet Fashion Week by Eliquam. Est-ce qu'il y a d'autres initiatives dont tu as envie de nous parler ? Parce que je pense que tu es une femme qui est multiprojet. Est-ce qu'il y a des projets sur lesquels tu vas travailler, dont tu peux nous faire part ?
- Georgette
Je vais plutôt revenir sur une question que tu m'avais posée tout à l'heure concernant les perspectives. En termes de perspectives aussi, en Côte d'Ivoire, nous avec Elie on aimerait euh on aimerait Ouvrir une école, une école de mode et puis monter une usine de fabrication. Et puis en Guinée également, j'aimerais ouvrir une école professionnelle. et qui accompagnera dans différents métiers, dans différents secteurs d'activité. Donc ça, ce serait vraiment l'aboutissement de tout ce qu'on est en train de réaliser actuellement.
- Ramata
Très bien, c'est tout ce qu'on peut vous souhaiter en fait. Effectivement, je dirais que les points qui sont clés quand on regarde les différentes briques de la chaîne de développement, de la chaîne de valeur, au niveau de la mode. On va avoir vraiment le volet notoriété, présenter ses collections et faire en sorte que les clients, les consommateurs puissent identifier les marques. Donc, il y a un volet marketing de définir un ADN de marque, d'être connu et identifié, de faire en sorte que le client soit intéressé. Il faut travailler la production. Donc, effectivement, à un moment donné, des ateliers, des usines qui puissent permettre de... fabriquées dans des grades de qualité qui soient les bons et puis avec un flux aussi, sans aller tomber dans les dérives de la production de masse chinoise, mais en tout cas d'avoir quelque chose born in Africa, made in Africa. Et le côté aussi scolarité, ça fait partie intégrante effectivement de secteurs avec des écoles qui vont former en design et aussi en business. Et moi, j'ajoute toujours la brique média. parce que je pense que c'est aussi dans ce qu'on connaît dans ce qu'on connaît qui fait partie de la chaîne de valeur comment dire qui fait vibrer cette industrie dans toutes les briques, on a vraiment le côté production, distribution design, direction artistique formation formation en continu et aussi formation de comment dire, quand je dis formation continue ça va être une personne qui a toujours été passionnée par la couture et qui un p**** Elle a déjà quitté les bancs de l'école il y a bien longtemps, mais qui va vouloir pouvoir apprendre. Et aussi, on peut avoir des étudiants qui, après un brevet, après un bac, peuvent s'orienter vers ces études-là. Et puis après, on a le volet, effectivement, des médias qui vont porter la voix. Les médias, les créateurs de contenu, les influenceurs qui vont donner de la force et porter la voix pour qu'on puisse connaître toutes ces initiatives-là et puis avoir envie d'acheter ces marques. Donc, c'est bien que vous soyez en fait en perspective, que vous cherchiez vraiment à être présent sur chacune de ces briques. Donc, les dates de la prochaine Fashion Week, elles sont déjà bloquées ?
- Georgette
Oui, mais on n'a pas encore annoncé du coup. Ça sera au mois de décembre, mais on attend qu'on annonce officiellement la date.
- Ramata
Du coup, je le saurai bien assez tôt et j'écrirai probablement un article pour le raconter. Et sinon, ça va être une prochaine interview. Et au niveau de l'incubateur, je ne t'ai pas posé la question, mais est-ce qu'il y a, ou tu l'as peut-être prévoqué, mais je t'invite à le repréciser, est-ce qu'il y a des périodes pendant lesquelles tu vas faire des sessions d'appel à projet ? Et puis ensuite, à l'issue de ces sessions-là, tu commences tes formations et auquel cas, tu peux nous préciser à quelle date. Est-ce qu'il y a des appels à projets de manière à ce que dans l'audience, s'il y a des gens qui veulent se positionner, qu'ils sachent à quelle période ils peuvent présenter leur projet ?
- Georgette
Alors oui, on commence toujours par l'appel à candidature qui dure un mois. En général, on le fait en ligne. Donc, il faut aller suivre nos pages formatives au Wankili sur Instagram, sur Facebook, etc. Parce qu'on communique énormément sur l'appel à candidature. Là, on n'a pas encore les dates sur les prochaines. Je pense qu'on va lancer les prochains appels à candidature d'ici le mois de mai. Normalement, on est en train de terminer. En fait, l'année 2025 n'est pas encore bouclée. C'est une année à cheval, donc 2025-2026. Mais nous allons relancer les appels à candidature d'ici le mois de juin au maximum. pour les éditions suivantes. Voilà.
- Ramata
Très bien.
- Georgette
Ça se fait toujours en ligne, soit en ligne sur le site Internet, mais il faut vraiment s'abonner aux pages Femme Active ou Ankeli pour pouvoir avoir leurs formations en temps et en heure.
- Ramata
Je mettrai les liens de tes différentes pages en notes de l'épisode de façon à ce que les auditeurs qui sont intéressés puissent s'abonner, suivre l'actualité et se positionner en temps voulu à tes différentes initiatives. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai été ravie.
- Georgette
Moi aussi. Moi, je n'ai pas vu le temps passer.
- Ramata
Et pourtant, on fait une heure que nous discutons.
- Georgette
Ok.
- Ramata
Ouais, Du coup, moi, ça a été un plaisir pour moi de découvrir ton parcours, de découvrir plus en détail, un peu, quelque part, le parcours d'Elie Okwame à travers ton récit. Et puis aussi, d'en savoir plus sur l'incubateur et de voir que toi, pour le coup, tu as vraiment un pied à Abidjan, un pied à Conakry. Et même, je dirais un peu plus que Conakry puisque tu voyages à travers les régions. Donc, écoute, ça sera... un plaisir de se retrouver peut-être à la Fashion Week d'Abidjan ou alors à Conakry. Mais en tout cas, c'était vraiment ravi d'avoir pu échanger avec toi dans le cadre de ce podcast.
- Georgette
C'est un plaisir partagé. Merci beaucoup. Ça a été un plaisir de pouvoir partager mon expérience et ma vision avec les auditeurs. Vraiment, je suis ravie d'avoir pu participer à cet émissif, à ce podcast. Merci beaucoup.
- Ramata
Merci beaucoup. Je te dis à très vite en Afrique maillère.
- Georgette
Oui, à très vite. Merci Ramatha.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.