- Léa
Je pense qu'il est important de vraiment croire en la valeur de nos différentes cultures et de nos savoir-faire. Il faut savoir que le textile africain raconte des histoires, des traditions, des identités. Et il mérite d'être vraiment valorisé, d'être transmis aux générations futures. Donc, si chacun apporte sa contribution, que ce soit les créateurs, les entrepreneurs ou les institutions, nous pouvons construire ensemble un écosystème très, très, très solide. qui sera même capable de porter la mode africaine sur la scène internationale.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du goût-goût et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramata Diallo, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes, je suis également consultante en marketing et communication. j'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- Léa
Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- Ramata
Aujourd'hui, je suis en compagnie de Léa Ouattara. Léa est la fondatrice de l'association Yadénin. L'objet de cette association est de valoriser les patrimoines culturels africains. Elle organise également un concours dont l'objet est de valoriser le textile africain. Ce concours est organisé cette année pour la troisième édition consécutive. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler en détail de son parcours et de cette association. Bienvenue Léa, comment vas-tu ?
- Léa
Bonjour Ramata, je vais très bien, merci.
- Ramata
Écoute, je suis ravie de t'avoir pour cette nouvelle édition du podcast Africa Fashion Tour et on va commencer cet épisode. Comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.
- Léa
D'accord, merci bien Ramata pour cette caméra. Alors, je m'appelle Kéo, je suis Mélanie, épouse Ouattara, je suis mère de trois enfants, je suis la présidente de l'association Yadema. et propriétaire de la boutique Nistara, qui est spécialisée dans la commercialisation de tenues africaines. Je suis diplômée d'un master en commerce international à l'IAE de Poitiers et j'ai résercé également en France pendant des années en tant que responsable commercial dans une multinationale spécialisée dans l'import et sport des fruits et légumes.
- Ramata
Très bien, beaucoup. Tu vas nous expliquer comment tu es passée du coup de l'import-export de fruits et légumes à la mode. Donc j'ai l'impression que c'était deux activités peut-être que tu menais en parallèle. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu comment est-ce que d'un côté tu avais cette boutique et de l'autre tu avais ce parcours dans l'import-export où on pourrait dire que c'est deux secteurs qui n'ont rien à voir ?
- Léa
Effectivement. Alors en fait au fil du temps, j'ai ressenti le besoin de me rapprocher en fait d'un domaine Merci. plus alignée à mes aspirations personnelles. Il faut dire que depuis mon plus jeune âge, j'aimais la mode. J'ai aimé la mode et j'ai donc fait le choix de quitter le salariat pour m'intégrer dans l'entrepreneuriat, afin d'exercer vraiment pleinement cette activité-là qui est plus alignée à mes aspirations personnelles. Et du coup, pour mieux structurer cette transition de passer de l'entrepreneuriat d'expressions et légumes vers la mode, je me suis formée au métier de personnal shopper. Et c'est dans cette continuité que j'ai également créé ma boutique en ligne qui est spécialisée dans les tenues africaines. Donc à travers cette plateforme, je travaille à promouvoir une mode élégante. et culturellement affirmée. Et ensuite, parallèlement à mon activité entrepreneuriale, je suis, comme je l'ai présenté, comme vous l'avez dit en début de... de votre question. Je suis la fondatrice et la présidente de l'association IADMR qui est engagée dans la fondation sociale et culturelle. Voilà un petit peu.
- Ramata
Très bien, je comprends ce besoin d'alignement qui, à un moment donné, quand on a fait carrière dans un secteur, il y a un moment où, en fait, on a envie de se rapprocher d'une mission qui a du sens. Et donc, du coup, ce qu'on comprend, c'est que toi, tu as une marque de mode, une boutique de mode. Et en parallèle, tu as cette association. Donc, au niveau de ta boutique, de ta marque de mode, est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ? C'est-à-dire, à partir de quand est-ce que tu as commencé à la créer ? Qui sont tes clients ? Est-ce que tu peux nous parler un peu plus de cette marque ?
- Léa
Oui. Alors, dans la continuité, comme je l'ai dit, de mon activité de personal shopper, j'ai créé donc cette boutique en ligne. Et c'est une boutique qui est spécialisée dans les tenues africaines et aussi la modeste fashion. L'idée derrière, en fait, la boutique en ligne, elle s'appelle Mystara. Voilà, Mystara. Et l'idée derrière, Mystara, ce n'est pas seulement commercial. C'est aussi, en fait, une manière pour moi de promouvoir la mode africaine, les valeurs culturelles et mettre en avant le textile africain. Voilà. Et... Pourquoi aussi la modeste fashion, par exemple ? Déjà, il faut savoir que c'est un courant de mode qui met l'accent sur les tenues élégantes et respectueuses de certaines sensibilités culturelles et tout. Et il faut savoir qu'aussi, c'est aujourd'hui, la modeste fashion connaît un véritable essor à l'échelle internationale. Donc, à travers Mystara, j'essaie quand même de proposer des pièces qui mettent en valeur nos textiles africains. mais en s'inscrivant dans une esthétique plus contemporaine.
- Ramata
Quand tu parles de textile africain, est-ce que tu peux préciser, du coup, quels sont les textiles que tu mets en avant ? Puisque, effectivement, le continent africain est extrêmement riche de textiles. Il y a le kente, il y a le lépi, il y a énormément de tissus différents. Donc, qu'est-ce que tu mets en avant en particulier ? Et est-ce que tu fabriques en Afrique ou est-ce que tu fabriques plutôt en Europe ?
- Léa
Alors, il faut savoir que je travaille avec des créateurs en Afrique, notamment en Afrique de l'Ouest. Surtout en Afrique de l'Ouest, je travaille avec des créateurs au Nigeria, au Bénin, surtout au Bénin. Ensuite au Togo, la Côte d'Ivoire et la Guinée. Donc, je m'approvisionne au niveau de ces différents pays. La Guinée, par exemple, avec toute cette variété de textiles qu'on a, le lépis. Le Lépic est vraiment un patrimoine testamentaire culturel de la Guinée, mais il y a d'autres matières également. La Côte d'Ivoire, on a le Quinte, on a le Bogolan, comme le Mali. Je travaille aussi avec des créateurs au Mali. Je suis vraiment axée sur l'Afrique de l'Ouest, en termes d'approvisionnement ou en termes de... de partenariat avec les entrepreneurs locaux.
- Ramata
Donc, ce que je comprends bien, en fait, ta boutique en ligne, elle va réunir des produits finis que tu vas acheter auprès de créateurs et que tu vas proposer au sein de ta boutique. Tu ne lances pas de production.
- Léa
Je lance des modèles moi-même. Bon, c'est vrai, je ne suis pas styliste de formation. Mais j'ai quand même un peu de créativité. J'ai un peu de créativité. Et comme je l'ai dit, je travaille en symbiose avec les entrepreneurs locaux. Donc, je fais des propositions sur des modèles que j'aimerais mettre en avant. Mais j'achète également des produits finis, des modèles qui sont déjà produits. Je les achète et je les importe vers l'Europe. Voilà. Et je les revends sur le marché européen et je vends également en Amérique et même en Asie également.
- Ramata
Très bien, c'est bien noté. Donc en fait, c'est vraiment, tu fais un peu des deux. Il y a certaines pièces que tu vas acheter directement chez les créateurs et puis il y en a d'autres que tu vas créer toi-même. Donc aujourd'hui, en fait, ta collection, tes créations, tu les renouvelles à quelle fréquence ?
- Léa
On va dire tous les six mois, parce que déjà de base je n'achète pas beaucoup par rapport aux ressources financières et tout, un peu limité. Donc il faut dire aussi que c'est une nouvelle boutique qui a été créée en 2025. Donc, pour l'instant, le turnover est encore très bas. Mais j'essaie de renouveler la collection. J'ai déjà renouvelé, on va dire, deux ou trois fois. Très bien. Et donc, l'idée,
- Ramata
c'était vraiment pour toi d'allier le côté, d'un côté, en fait, le côté personnel shopper. Et de l'autre, de pouvoir avoir une boutique dans laquelle tu allais pouvoir directement proposer des tenues à tes clients potentiels. Et vraiment de faire un peu d'une pierre deux coups pour la personne qui vient te voir pour solliciter des conseils pour s'habiller. Au niveau du personnel shopping, du coup, toi tu proposais un accompagnement pour des soirées, pour des tenues de tous les jours. Comment est-ce que tu proposes en fait cet accompagnement de personnel shopping en intégrant le côté tenue africaine ?
- Léa
Il faut savoir qu'avec le métier de personnage shopper, on est vraiment auprès de la clientèle. On est conseiller, on est styliste, on est un peu les yeux du client. Donc on est vraiment, comment je peux dire ça, on est le point central du client. alors le client quand il vient Quand ils viennent nous voir, on est un peu comme le médecin, on va dire. On est un peu comme le médecin du client. Donc, on fait un état des lieux. On griffe, on fait un diagnostic pour voir un peu ce qu'il faut améliorer. Comprendre d'abord les attentes du client. Et après, par rapport à ses attentes, lui dire réellement ce qu'il lui faut. Ce qu'il lui faut, c'est qu'il lui irait mieux. Ce qui pourrait le mettre en valeur. Et après cela, on l'accompagne dans les achats. Après la phase de diagnostic et de conseil, on l'accompagne maintenant dans les achats. Avec des essayages de tenue. Et il faut savoir que c'est vrai qu'on veut conseiller le client, mais il faut pouvoir quand même le satisfaire. On peut lui dire, telle tenue tirait bien. tel que lui te mettrait mieux en valeur, mais ça peut ne pas être au goût du client. Donc, il faut vraiment tenir compte de l'avis du client, mais en même temps lui faire comprendre que voilà ce qui pourrait le mettre en valeur. Et généralement, ma clientèle, c'est une clientèle composée uniquement que des gens de la diaspora, notamment des Africains. des Africaines. Mais ma clientèle, elle est à 90% féminine. Elle est à 90% féminine. Et ce sont généralement des femmes qui travaillent, qui ont des activités, qui ont des activités, on va dire, qui sont dans le monde professionnel. Donc, qui ont besoin d'avoir une certaine image, une certaine prestance. Donc justement, moi, je suis là pour les accompagner, pour les aider dans ce sens-là. Et les créations que j'ai dans ma boutique, les tenues que j'ai dans ma boutique, je leur conseille ça également. Je leur conseille des tenues parce que les tenues sont assez contemporaines. Ce n'est pas des tenues... Bon, c'est vrai qu'il y a des tenues authentiques, assez authentiques, africaines, comme des grands boubouos et tout. Mais il y a des tenues comme, par exemple, des looks qu'on peut porter pour aller au boulot. Des looks busdes. ou des tenues casuals ou sportwear, selon l'aspiration de chaque personne.
- Ramata
Très bien, très intéressant cette démarche de coaching où tu es vraiment un partenaire pour la personne avec laquelle tu travailles. Donc tu expliquais que tu travailles principalement avec des personnes de la diaspora et que tu intégrais effectivement des propositions qui venaient de ta boutique, mais pas que. Comment est-ce que tu as choisi ce positionnement-là ? Est-ce que c'était volontaire pour toi ? de vraiment orienter ton coaching vers des personnes issues de la diaspora, des femmes qui travaillent. Et pourquoi aussi tu es allée chercher des créateurs, des créations aussi qui sont inspirées d'Afrique pour pouvoir habiller ces clients ?
- Léa
Ça s'est fait naturellement. Déjà, de base, ça s'est fait naturellement. Parce que moi-même étant africaine... J'avais déjà mon carnet d'adresses J'avais déjà mon carnet d'adresses Ici en France Donc je me suis appuyée sur ce carnet d'adresses D'abord de base Et c'est vrai que je suis ouverte A toutes les cultures Je suis ouverte à tout le monde Mais je veux dire, je me suis déjà Parce que quand on se lance dans une activité On s'oriente d'abord Vers ceux qui sont autour de nous Donc, je me suis d'abord basée sur mon carnet d'adresses et au fur et à mesure, je me suis un peu quand même ouverte à d'autres nationalités. Mais comme je l'ai dit, ma clientèle est vraiment basée à 90% sur les femmes africaines.
- Ramata
Donc, ce que tu évoques là, effectivement, c'est que ça s'est fait assez naturellement, du coup, la détermination de ta cible. Tu parles surtout des femmes. Est-ce que tu as une envie par la suite d'aller, pourquoi pas, habiller des couples ou habiller les hommes aussi ? Ou tu préfères te concentrer sur la clientèle féminine ?
- Léa
Déjà, il faut savoir que ma formation de personnage au peur permet de… Il n'y a pas de genre, en fait. C'est tout le monde. On peut habiller tout le monde. On peut conseiller tout le monde. A bientôt. Je préfère pour l'instant me focaliser. Je suis plus à l'aise, on va dire. Je suis plus à l'aise à conseiller les femmes, à coacher les femmes. Pour moi, je suis plus, comment on peut dire, j'aurai une certaine satisfaction, en fait, quand j'échange avec une dame. Et il faut savoir aussi que les femmes, on a tellement de responsabilités, en fait, qu'on a besoin qu'on nous conseille, qu'on a besoin qu'on nous... coach derrière, qu'on nous dise que on est belle, quand on participe, on peut être magnifique, on a besoin de ça. Et moi, sincèrement, c'est ce côté qui me passionne en fait, qui me passionne. Et du coup, pour l'instant, franchement, je reste avec les femmes, je les accompagne. Pour toutes celles qui ont besoin d'accompagnement, je suis disponible.
- Ramata
Aujourd'hui, pour pouvoir justement recruter ses clientes, pour pouvoir identifier les personnes à accompagner, comment est-ce que tu procèdes ? Est-ce que tu procèdes sur les réseaux sociaux ? Est-ce que tu procèdes par recommandation ? Est-ce que tu travailles avec des personnes que tu connais ? Comment en fait on fait pour te découvrir et travailler avec toi ?
- Léa
Alors, il faut savoir que j'utilise les différents canaux que j'utilise. Il y a les réseaux sociaux. les réseaux sociaux et comme je l'ai dit tantôt, j'ai mon carnet d'adresses que j'utilise et également le bouche à oreille. Celles qui ont été vraiment satisfaites de mon coaching, de mon accompagnement me recommandent. Donc je procède par le bouche à oreille, les recommandations, mais également par rapport à mes contenus sur les réseaux sociaux. Il y a certaines qui sont convaincues. de ce que je fais, qui me contactent à travers les réseaux sociaux. Et voilà, donc ça se fait vraiment via différents canaux de recrutement.
- Ramata
Très bien. Du coup, en parallèle de cette activité, je dirais cette activité double, puisqu'il y a la partie personal shopping et il y a la partie marque, tu as décidé de lancer une association qui s'appelle Yadema. Donc, est-ce que tu peux nous en parler ?
- Léa
Parallèlement à mon activité entrepreneuriale en tant que personal shopper, et en tant que gérante de la boutique Mistara, je suis présidente de l'association IADEME. L'association, il faut savoir qu'elle est née d'une volonté claire. Pour moi, c'était de créer justement des initiatives capables de mettre en lumière ce patrimoine culturel qu'on a en Afrique, tout en générant quand même un impact économique durable. Voilà un petit peu. le but de l'association. Donc, très rapidement, j'ai compris que pour moi, la mode et le textile africain ne sont pas seulement, on va dire, une question de vêtements. Ce n'est pas une question de vêtements. Pour moi, ça porte en fait une histoire. Ça porte une histoire, c'est toute une identité, c'est tout un savoir ancestral qu'on a. Donc, c'est ce qui m'a poussée vraiment à créer cette association. Et l'objectif était vraiment de pouvoir disposer d'un cadre structuré, pouvoir développer justement les initiatives sociales et culturelles que je voudrais mettre en place. Et du coup, l'association me permet de créer des projets, pour mettre en lumière ce patrimoine culturel-là. Voilà. Pourquoi pas réfléchir aussi à l'impact économique et social que ça aura sur les différentes couches sociales. Pour moi, la culture et l'économie ne sont pas forcément opposées. Elles peuvent justement se renforcer mutuellement si tout est bien structuré. Voilà un petit peu le but de vouloir créer cette association-là.
- Ramata
Du coup, l'association se caractérise par un concours de valorisation du textile. Est-ce que tu peux nous parler de ce concours ? Il me semble que c'est la troisième édition. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Léa
Oui, c'est précisément dans le cadre de cette association qu'est né le projet Textile Art. Textile Arts, qui est donc cette plateforme panafricaine que j'ai créée et qui est dédiée à la valorisation et la structuration du textile africain. Et comme vous le savez, nous préparons actuellement la troisième édition avec une ambition encore plus structurée et plus portée sur l'international.
- Ramata
Et du coup, est-ce que tu peux préciser en quoi consiste le concours exactement ?
- Léa
Le concours, en fait, c'est de créer cette plateforme panafricaine pour mettre en lumière la richesse et la diversité du textile africain à travers une compétition culturelle et créative. Il faut savoir que concrètement, en fait, ce sont des candidats qui sont issus de différents pays africains qui participent à ce projet. Donc, ce sont des ambassadeurs qui participent en tant qu'ambassadeurs. de leur culture textile, on va dire. Donc, chaque participant a donc pour mission de représenter et de valoriser les tissus, les styles vestimentaires et les savoir-faire traditionnels de son pays. Et il faut dire que le concours se déroule en plusieurs phases. Alors, dans un premier temps, il y a une phase de mobilisation et de présentation où les candidats présentent leur univers à travers des vidéos. Ils présentent un projet social. et leur univers, c'est-à-dire une vidéo touristique et culturelle de leur pays et une vidéo de leur projet, d'un projet social. Ensuite, différentes épreuves permettent aussi de mettre en valeur non seulement l'esthétique et la créativité, mais aussi la connaissance culturelle. Ce sont des épreuves qu'on a eu à mettre en place pour pouvoir justement pour promouvoir le textile. Donc, les épreuves qu'on a, par exemple, pour cette troisième édition, il y a la danse traditionnelle, ils vont faire des sketchs, alors, ils vont également faire un reportage, donc, ils sont comme des journalistes, ils vont essayer de faire un reportage sur la chaîne de valeur du textile africain. Par exemple, un candidat à un pays, le Togo, le Togo décide de... de valoriser, par exemple, le pain tissé de chez lui. Donc, il va nous faire un reportage sur tout le processus de fabrication de son tissu. Et quand je dis tout le processus, c'est vraiment depuis le champ du coton jusqu'à la boutique, jusqu'au produit fini, on va dire. Et donc, ensuite, ces différentes épreuves-là. vont permettre de mettre en valeur le textile de chaque pays. Et il faut savoir que l'objectif n'est pas uniquement de désigner un gagnant, mais le but c'est vraiment surtout de créer une dynamique autour du textile. De donner de la visibilité aux différents talents qui sont dans ces différents pays, de pouvoir sensibiliser le public à la richesse de nos cultures estimentaires. C'est vraiment une plateforme de promotion culturelle et c'est aussi un espace de rencontre entre les différentes identités textiles du continent. On va commencer par des phases digitales qui vont se passer sur le réseau social TikTok jusqu'au demi-final et la grande finale qui va se passer à Conakry en Guinée.
- Ramata
Très bien, très belle initiative. Et donc, si je comprends bien, c'est la troisième édition. Les premières éditions, elles étaient aussi sur cette notion du textile et de valorisation côté mode ?
- Léa
Oui, la première édition, c'est toujours le même objectif, valoriser le patrimoine textile et vestimentaire africain. La première édition était peut-être moins engageante. Quand je dis moins engageante, c'est plus en termes de nombre de candidats, Merci. de visibilité, voilà. Mais pareil pour la deuxième édition, il y avait moins de candidats parce que c'était un nouveau concours, c'était un nouvel événement. Donc, il fallait passer par la case, on va dire, par la case départ. Voilà, comme tout événement, quand on commence, on a moins de visibilité. Mais j'ai senti un réel engouement. j'ai senti une réelle implication des candidats et aussi du public. Le public qui était là était très engagé, était vraiment satisfait du contenu. Voilà, et du coup, après les deux premières éditions, j'ai fait un bilan. J'ai soumis cela au public, je l'ai soumis au public à travers des lives que je faisais sur TikTok pour justement avoir leur avis sur les deux éditions passées. Et en même temps, pourquoi pas avoir aussi leur avis sur comment ils aimeraient que la troisième édition se déroule. Donc voilà, j'ai eu quand même l'avis du public. On a pris toutes les remarques en compte et on a essayé de mettre en place cette troisième édition-là, qui est encore plus engageante et plus structurée que les deux premières éditions. Il faut savoir qu'on a aussi acquis un peu d'expérience dans l'événementiel, que ce soit digital ou en présentiel. Donc l'expérience nous a permis de... de pouvoir mieux peaufiner cette troisième édition et d'avoir une portée plus internationale et avoir plus de visibilité. Et voilà un petit peu.
- Ramata
Très bien. Et l'idée du concours, il me semble que, du coup, c'est sur une plateforme bien spécifique que tu vas challenger, comment dire, les créateurs de contenu à participer. Donc, c'est sur TikTok, c'est bien ça ?
- Léa
Oui. Alors, c'est sur le réseau social TikTok. Et comme je l'ai dit, les deux premières éditions, elles étaient 100% digitales. Et pour cette troisième édition, elle va se faire en deux phases. Donc, les manches éliminatoires, les quarts de finale jusqu'à la demi-finale se feront uniquement sur TikTok, à travers différentes épreuves. que j'avais citées tout à l'heure, qui sont le reportage sur le savoir-faire africain, la danse traditionnelle, le sketch, et puis, je crois, la quatrième épreuve, c'est le défilé. Le défilé à travers des thèmes qu'on va imposer aux différents ambassadeurs. Et il y aura un jury, un jury assermenté pour, justement, évaluer ces candidats-là. Voilà un petit peu.
- Ramata
Et donc l'idée, c'est que du coup, par rapport à chacune des épreuves et des catégories qui sont définies, les personnes qui participent, elles doivent créer un contenu qui doit être publié sur TikTok.
- Léa
Alors, les épreuves, il faut savoir que toutes les épreuves, elles se font en live. Elles se font en live. En fait, ça ne sera pas des vidéos enregistrées et publiées. Toutes les épreuves, elles se font en live. Sur mon compte TikTok, sur le compte de l'événement, on va dire, les candidats, en fait, sont épinglés. Chaque candidat est épinglé et il vient en caméra, avec tous ses outils. Aujourd'hui, avec la FinTech, on peut vraiment faire de belles choses sur les réseaux sociaux. Et TikTok reste vraiment le meilleur canal actuellement parmi tous les réseaux sociaux. TikTok est le meilleur canal pour justement... pour les événements, pour tout type d'événements. Voilà, donc tous les candidats viennent en caméra, ils font leurs prestations. Les jurys sont également présents sur la plateforme. Ils sont en caméra, ils regardent la prestation de chaque candidat et ils font les différentes évaluations. Donc toutes les épreuves se font vraiment en live. Par contre, l'épreuve qui ne se fera pas en live, qui va être faite par projection, vidéo, ça sera le savoir-faire. Parce que pour le savoir-faire, ils n'ont pas la possibilité d'être partout en même temps, vu qu'ils doivent présenter la chaîne de valeur du textile africain, étant donné qu'ils ne peuvent pas être sur place. au même moment. Du coup, ils sont obligés de faire un enregistrement, faire un film, faire un petit reportage de 5 à 10 minutes pour présenter ce contenu-là. Par contre, ce contenu sera présenté en live. Ça sera présenté en live pendant les soirées de live qu'on a eu à mettre en place à l'occasion.
- Ramata
Très bien. Et l'idée, c'est qu'en général, les personnes qui participent, c'est plutôt des créateurs de contenu qui sont un peu connus, qui ont l'habitude de créer du contenu sur TikTok et qui sont peut-être à l'aise avec le fait de faire des lives. Donc, tu vas avoir des stars de TikTok qui vont participer à ce concours.
- Léa
Alors oui, déjà, il faut savoir que nous avons recruté 16 ambassadeurs africains. issus des différentes régions du continent pour pouvoir vraiment refléter la richesse et la diversité culturelle africaine. Alors, pour cette troisième édition-là, exclusivement masculine, parce qu'il faut signaler que les deux premières éditions étaient féminines et cette troisième édition, elle est masculine et chaque pays présente un candidat officiel sélectionné. On a Voilà. On a sélectionné pour cette troisième édition des influenceurs. Des influenceurs, parce qu'ils sont influenceurs, ils ont plus de visibilité. Ils pourront quand même, ils pourront à même, pardon, de mieux vendre leur pays en griffe, de mieux faire la promotion de leur pays et par écocher leur patrimoine textile. Voilà. Donc tous les candidats sont des influenceurs de renommée dans leur pays respectif. Ils sont suivis par de larges communautés en ligne. Ce qui confère justement à ce concours-là une portée panafricaine vraiment exceptionnelle. Je peux peut-être vous citer les pays qui sont en compétition. On a notamment le Burkina Faso, le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée-Bissau, le Niger, le Cameroun, le Tchad, le Gabon, la Guinée, le Mali, le Bénin, le Togo. la RDC, la Centrafrique, le Nigeria et la Côte d'Ivoire. Donc, il y a 16 pays au total et 16 ambassadeurs.
- Ramata
Très bien, donc il y a une volonté d'essayer. Alors, on est 16 pays sur 54, ça ne va pas être une vision exhaustive de l'intégralité de la créativité des cultures et du patrimoine des différents pays africains. Mais en tout cas, l'idée, c'est de... faire grandir le concours année après année et que chaque fois, on ait des ambassadeurs qui soient là à travers de la création de contenu pour pouvoir promouvoir la culture de leur pays et à travers cette initiative que tu mets en place. Est-ce que tu peux rappeler les dates auxquelles vont avoir lieu les différentes phases de ce concours ?
- Léa
Oui, bien sûr. Alors, pour... Pour les manches éliminatoires, ça va se passer du 21 au 28 mars. Ensuite, pour les quarts de finale, ça va se passer du 29 au 31 mars. Pour la demi-finale, du 4 au 5 avril. Et on aura un moment de latence pour se préparer justement pour la grande finale à Conakry le 25 avril. Il faut savoir qu'à Conakry, nous avons prévu de faire une action sociale. Il s'agit de faire un dîner gala de soutien au coopératif Texil de Kindia. Kindia qui est une magnifique ville de la Guinée. L'objectif de cet événement, c'est un événement culturel. mais ça aussi, ce volet social, ce volet social-là. Donc, on a prévu justement de faire un dénégalat de soutien aux coopératives textiles de Kindia à notre arrivée, histoire de sensibiliser, de pouvoir aider justement ces femmes-là dans leurs différentes fonctions. Et ensuite... du coup, après ce dénégat-là, il y aura la grande soirée de la finale qui va se passer le 25 avril. Le 25 avril, c'est ça.
- Ramata
Très bien, donc c'est un programme qui est assez riche, qui est assez dense, qui s'étend sur presque un mois en fait, avec des étapes éliminatoires. Et l'idée, c'est une belle initiative en fait, le dîner de gala, dont les fonds seront reversés à une association de femmes qui font de la teinture de tissus à Kindia. C'est ça,
- Léa
exactement.
- Ramata
Donc c'est une très belle initiative et on te souhaite plein de succès. pour cette initiative-là. Donc, l'idée, c'est que moi, je vais mettre en note de bas de page de l'épisode les liens vers ton site Internet et vers la plateforme pour les votes, puisqu'il y a effectivement 16 ambassadeurs. Et en fait, nous, en tant que public, on peut voter pour notre pays et notre ambassadeur préféré. Et du coup, on va dire que ça fonctionne un petit peu comme les élections de Nice, c'est-à-dire que chaque... candidat, chaque ambassadeur, il a un numéro et nous on peut, j'imagine, par téléphone, par SMS, voter pour notre candidat favori.
- Léa
Oui, c'est ça. Alors, donc comme je l'avais dit tantôt, chaque candidat a mis en place un projet social. Ce projet social sera financé, justement, sera financé. Et comment ce sera financé ? Alors, nous avons fait appel au public. au public de pouvoir voter, de regarder le projet social qui leur convient le mieux, qui leur sienne de pouvoir soutenir ces candidats-là, à travers leur vote. Les vidéos sont publiées sur le site internet de l'événement. Vous allez regarder le candidat qui a bien pu vous convaincre de son projet social, voter pour lui, le soutenir. et après il pourra réaliser ce qu'il a prévu. Il y a aussi une vidéo touristique qu'ils ont eu à faire chacun justement pour pouvoir mettre en avant leur pays, leur patrimoine culturel, faire la promotion des différentes contrées de leur pays. Donc cette vidéo est également qui fait partie de la catégorie culture et tourisme de l'événement. et également soumis au vote du public. Et ces deux projets, il faut dire que ces deux projets vont également leur permettre de collecter des points pour justement avancer dans la compétition. Ces points seront ajoutés aux points du jury, aux notes du jury, pour pouvoir justement aller plus loin dans l'aventure. Donc on exhorte vraiment tout le monde à soutenir les différents ambassadeurs. Voilà. On compte vraiment sur la mobilisation de tout le monde.
- Ramata
Très bien. Je vais revenir sur le point du jury. Est-ce que tu as déjà déterminé qui sont les membres du jury et comment est-ce que tu as choisi les jurys ?
- Léa
Oui. Les jurys sont au nombre de six, pour assurer une certaine diversité de points de vue. et pour rester un peu plus fluide lors des délibérations, je pense qu'on est parti sur quatre à six jurys, même s'ils ne seront pas là tous le même jour. Par exemple, pour une journée de live, on peut prendre par exemple quatre, mais toujours, il faut savoir qu'il y a une certaine compétence qu'on choisit en fonction des épreuves. Il y a des stylistes, par exemple, qui sont parmi les membres du jury, des personnalités, des personnes qui sont dans la culture, dans l'art et les spectacles. Il y a aussi des influenceurs pour justement avoir ce côté, pour avoir l'avis du public. Il y a aussi des personnes qui sont dans le monde des médias, on va dire les journalistes, mode, culture. Et voilà, je parlais des influenceurs, par exemple, des influenceurs culturels pour justement le côté civil, parce qu'il faut aussi avoir un regard de la société civile. Donc, c'est vraiment... les jeux ont été vraiment choisis dans le but vraiment d'assurer cette diversité de point de vue pour que vraiment les notes soient vraiment correctes.
- Ramata
Très bien, mais écoute, c'est très clair, je te remercie beaucoup pour le temps que tu nous as accordé pour nous parler en fait de tes différentes activités et tout particulièrement de ton association et de ton initiative de concours qui va démarrer en ligne et ensuite te mener jusque la Guinée. On te souhaite en tout cas plein réussite pour cette troisième édition. L'objet, c'est vraiment ensuite d'aller aider dans la ville de Quindia une association de femmes teinturières basée en Guinée. C'est tout l'objet de ton initiative sur cette année. Comme je l'ai dit tout à l'heure, je mettrai bien en lien en fait ? les informations qui participaient au concours avec le fameux compte TikTok sur lequel on va retrouver tous les contenus des ambassadeurs.
- Léa
D'accord, ok. Donc, en tout cas, Ramata, merci beaucoup pour cette belle occasion que tu m'offres. J'aimerais quand même apporter un petit message à tout le monde. Je pense qu'il est important de vraiment croire en la valeur de nos différentes cultures et de nos savoir-faire. Il faut savoir que le textile africain raconte des histoires, des traditions, des identités. et il mérite d'être vraiment valorisé, d'être transmis aux générations futures. Donc, si chacun apporte sa contribution, que ce soit les créateurs, les entrepreneurs, les anciens, nous pouvons construire ensemble un écosystème très, très, très solide qui sera même capable de porter la mode africaine sur la scène internationale. On veut nous voir, c'est-à-dire qu'on veut voir nos créations partout, dans n'importe quel... En fait, on doit s'adapter à tout. On doit voir nos créations partout. sur des jogging avec des marques, des grosses marques et tout. Et ça commence comme ça par ces actions aussi minimes qu'elles soient, en fait. En fait, on doit tous se mettre ensemble et mettre la mode africaine, les tenues africaines, le textile africain vraiment très, très, très haut. Voilà, donc c'est le petit message que je voulais apporter à tout le monde.
- Ramata
Merci pour ce message ambitieux et d'encouragement et qui traduit cette volonté de promouvoir les industries culturelles et créatives africaines, de leur donner la place qu'elles méritent et vraiment de se dire que c'est à nous, à chacun, d'apporter notre pierre à l'édifice pour pouvoir faire briller la créativité africaine sur le continent et au-delà. Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- Léa
Merci, merci Romapa.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.