- Izar
Parfois, forcément, il y a des détraqueurs qui vont dire « Oui, mais les marques internationales, elles volent le business en Afrique, etc. » Moi, ça me fait toujours rire parce qu'au final, un, il y a de la place pour tout le monde, on le sait quand on regarde les chiffres. Premièrement. Deuxième chose, les marques internationales, quelles qu'elles soient, vont aussi scale-up ce qui existe en local. Il y a un paysage commercial qui existe qui est excellent, mais elles vont aussi apporter leur pierre à l'édifice, s'enrichir de ce qui existe en local. Et le local peut s'enrichir de ce qui existe à l'international. Mais surtout... Elle m'a donné du business à des locaux, en fait. C'est vraiment du gagnant-gagnant. Quand la marque, bien sûr, est respectueuse et éthique, c'est du gagnant-gagnant.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés, du boubou et du wax, pour présenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ranata Diallo. Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Isa Riasaint. Isa a fait carrière dans le business développement Afrique chez Canal+, L'Oréal et Yves Rocher. Aujourd'hui, elle a développé une activité de conseil dont l'ambition est d'accompagner le déploiement des entreprises en Afrique. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et des opportunités de développement sur le continent aux 54 pays. Bienvenue Isa, je suis ravie de te retrouver pour enregistrer cet épisode. Comment vas-tu ? Salut Ramatha,
- Izar
merci beaucoup pour l'invitation, je suis très contente aussi.
- Ramata
Écoute, c'est super, on va pouvoir y aller. Donc, comme toujours, moi je commence les épisodes de podcast avec la question assez classique. Je te demande de te présenter.
- Izar
Ok, alors c'est toujours compliqué ce qu'on me présentait, mais allez, on y va. Alors moi, je m'appelle Isar Yassante, j'ai 33 ans, je suis une experte et surtout une passionnée du continent africain. j'ai commencé ma carrière en sur le continent. Donc, dès que j'ai été diplômée, en fait, j'ai été y vivre. Et là, ça fait 12 ans que je travaille sur des problématiques de business développement en Afrique. À côté de ça, je dirais que,
- Ramata
voilà, j'essaye en tout cas d'être quelqu'un d'équilibré. J'ai un petit garçon également, donc je suis maman. Et voilà, une professionnelle acharnée et une maman dévouée. Très bien. Écoute, merci pour cette présentation. Donc, ce qui est intéressant dans ton parcours, c'est que toi, en fait, dès la sortie des études, ce que tu expliques, c'est que tu es allée... travailler en Afrique. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de tes origines ? Bien sûr, bien sûr. Alors moi, je suis d'origine haïtienne. Alors j'aime bien faire deviner les gens parce que ça ne vient pas tout de suite de savoir que je suis haïtienne. Et effectivement, donc moi,
- Izar
mes deux parents sont d'origine haïtienne. J'ai commencé ma carrière sur le continent africain en 2014. En fait, dès que j'ai été diplômée, j'ai trouvé cette opportunité chez Canal+. Et j'ai été développer le business pour Canal+, au Togo et au Ghana. J'ai été basée deux ans à Lomé. C'était une expérience incroyable. En plus, en tant qu'haïtienne, quand tu arrives au Togo, au Ghana, au Bénin ou encore au Nigeria, ils sont très très contents. Ils ont tendance à te dire que tu es à la maison, parce que finalement, c'est de là qu'on vient aussi, les Haïtiens. Donc, je me considère comme une pan-africaine. Déjà parce que physiquement, je pense que je ressemble au phénotype des 54 pays. Bon, j'abuse un peu, mais c'est très difficile de me donner mon origine. Donc, j'aime bien en jouer et puis je me définis comme une pan-africaine.
- Ramata
Très bien, merci beaucoup d'avoir précisé cela. L'autre question qui me vient, c'est est-ce que toi, avant cette expérience en Afrique pour Canal+, est-ce que tu avais déjà voyagé en Afrique ?
- Izar
Oui, j'avais déjà voyagé en Afrique. J'ai commencé à découvrir l'Afrique 2-3 ans auparavant, dans les années 2010, avec le Sénégal. Je connaissais déjà Haïti, je connaissais déjà Haïti de par mes origines. Je dis ça parce que, même si Haïti malheureusement est dans une situation très compliquée actuellement, Il y a quand même une culture commune, il y a quand même un socle commun entre les Antilles, je dirais plus largement, et le continent africain. Donc je n'étais pas dépaysée quand je suis arrivée en Afrique la première fois. Mais si, je connaissais l'Afrique avant d'y travailler. J'ai commencé avec le Sénégal que j'ai adoré.
- Ramata
Très bien. Donc, toi, tu as toujours eu un lien avec l'Afrique à travers des voyages. Et à un moment donné, une fois que tu as terminé tes études, tu as eu cette opportunité et tu l'as saisi de manière assez spontanée.
- Izar
Tout à fait, Ramatha. Mais d'ailleurs, même avant de commencer Canal+, en fait, à Paris, en job étudiant, je travaillais dans une agence événementielle qui s'appelait African Money, qui était quand même assez connue à l'époque puisqu'elle avait fait la prouesse d'ouvrir les lieux les plus prestigieux et les plus sélectifs de Paris. à la population africaine. Donc, nous, on organisait des soirées à l'Aquarium de Paris, enfin, je veux dire, au Trocadéro, enfin, vraiment dans des très, très, très beaux lieux. Ça s'appelait Africalmonie et c'était vraiment très drôle dans les années 2010, 2011, 2012, d'avoir du coupé décalé ou du dombolo dans les plus beaux quartiers de Paris. Donc, moi, pendant deux, trois ans, j'ai travaillé dans cette agence-là et je m'y suis fait des amis, qui sont toujours mes amis aujourd'hui. Donc, je dirais que c'est ça ma... première vraie expérience professionnelle Afrique, c'était d'organiser des événements à destination de la diaspora africaine de Paris, donc c'était les étudiants africains de Paris notamment, et c'était vraiment passionnant. Donc c'était organisé par Sekou Djawara, qui est toujours un ami à moi, un Guinéen, et ça m'a vraiment bien introduit dans ces milieux-là et m'a donné envie de découvrir l'Afrique dans ces années-là. Donc je dirais que c'est ça ma vraie première expérience, c'était African Money.
- Ramata
Ok, très bien. Donc, toi, tu as vraiment toujours eu un lien extrêmement fort avec la diaspora, avec la communauté africaine au sens large et même panafricaine avant vraiment d'arriver en fait chez Canal+, pour le déploiement des activités de Canal+, en Afrique. Du coup, est-ce que tu peux nous parler du coup de ce job de business developer ? Puisque si je comprends bien, tu l'as fait chez Canal+, et ensuite, tu as continué à évoluer en tant que business developer au sein de différentes entreprises.
- Izar
Exactement. Exactement, Ramada, c'est exactement ça. Donc, le job, il était hyper intéressant. Déjà, il faut se mettre dans la tête, à l'époque, j'ai 23 ans. Donc, c'était, bon, je vais vivre en Afrique pour la première fois toute seule, donc au Togo, que je ne connaissais pas du tout. Et j'ai beaucoup aimé, parce que c'est un job très responsabilisant, très, très responsabilisant, c'était à travers un VIE. Donc, j'étais binôme, finalement, du directeur commercial et j'avais pour mission de développer le business dans le pays. donc c'est-à-dire... comment acquérir de nouveaux abonnés, mais aussi renouveler la base de données existante à travers des offres, à travers du marketing, à travers du street marketing. C'était aussi mes premières expériences de management, puisqu'on est finalement lead des équipes commerciales qui sont sur le terrain, qui sont en boutique, etc. Donc, c'était un job très, très complet. En parallèle, il y avait aussi le développement de l'activité au Ghana, qui est un peu plus petit forcément, puisque c'est un pays anglophone, mais c'est très intéressant d'aller au Ghana 3-4 jours par mois pour aussi rencontrer les équipes commerciales et travailler le sujet de développement de Canal+, en local. Donc, je dirais que c'est un job qui m'a vraiment appris le business en Afrique parce qu'on dit ce qu'on veut, les télécoms s'en sortent très bien sur le continent et sont très intéressants d'observer, même pour d'autres secteurs. Donc, oui, job très complet. Et puis après, j'ai été débauchée,
- Ramata
j'ai dû quitter le Togo. D'accord, du coup, la suite après les télécoms, en fait, tu as évolué vers le secteur de la beauté. Et donc, comme tu dis, tu as été débauchée. Donc, quelle a été la suite de ton parcours ?
- Izar
En fait, c'était, on va dire que Canal+, même si ça a été très structurant dans mon parcours, ça restait une parenthèse puisque finalement, j'ai rejoint le groupe Yves Rocher, enfin le groupe Rocher au sein de la marque Yves Rocher. En fait, c'était déjà là où j'avais fait mon stage de fin d'études. Donc finalement, je revenais un peu à la maison. J'avais déjà fait mon stage de fin d'études, mais j'avais très envie d'aller vivre en Afrique, donc j'ai décidé d'aller faire un VIE. Et puis finalement, je suis revenue chez Ebrochet, cette fois-ci pour un job de cadre, je n'étais plus stagiaire, et l'idée c'était vraiment de développer le business en Afrique pour le compte de cette marque. Donc c'était très intéressant parce que je suis revenue, je pense, en 2016, et pendant cinq ans, jusqu'à fin 2020, début 2021, j'étais en charge à différents groupes à différents niveaux de poste et différents niveaux de responsabilité. Mais grosso modo, l'objectif était le même, c'est de développer la marque en Afrique subsaharienne. Et là, c'était vraiment cinq années incroyables où j'ai, avec mes managers, et puis après, j'ai été manager de cette zone, développé le business sur l'Afrique.
- Ramata
Très bien. Alors, quand tu parles de développer le business, concrètement, si on se met, je pense, Yves Rocher, on arrive assez facilement à imaginer ce que c'est. C'est à priori la boutique Yves Rocher. Est-ce que ton job, c'était d'accompagner les ouvertures de boutiques, d'identifier dans quel quartier les ouvrir et de trouver l'équipe qui allait gérer la boutique ? Est-ce que c'était ça concrètement ton travail ?
- Izar
Alors oui et non. Le travail, il arrive encore plus en amont. C'est d'abord de se dire qu'on fait une stratégie. Quels sont les pays qui nous intéressent ? C'est vraiment d'écrire ta stratégie go-to-market. Aujourd'hui, où est-ce que la marque aurait de l'appétence ? Où est-ce que la marque est pertinente ? Donc déjà, tu as une stratégie avant la partie opérationnelle dont tu parles, qui est clé bien sûr, mais tu as d'abord une stratégie à définir. Une fois que ça c'est fait, on se dit, ok, ces pays-là sont des pays cibles, alors qui ? qui pourraient nous accompagner sur ce développement. Parce qu'il faut savoir que ce ne sont pas des filiales qu'on déploie, ce n'est pas Yves Rocher, l'entreprise en elle-même, qui ouvre des boutiques. C'est un partenaire, un distributeur, parfois on l'appelle un franchisé, qui va ouvrir et développer les boutiques Yves Rocher en local. Donc finalement, c'est un partenariat avec quelqu'un de local, qui connaît son marché, qui connaît ses enjeux, qui connaît son pays, à qui on va confier la marque. Donc c'est pour ça que le business de franchise, c'est un business qui est qui est chouette parce que c'est un business où finalement, alors comment dire ce mot parce qu'en anglais, on l'a en power, mais où on va donner du pouvoir, de la responsabilité, de la confiance à finalement un opérateur local. Donc, c'est vraiment un développement bicéphale entre une marque qui va donner ses guidelines et un opérateur local qui va lui aussi donner ses guidelines local. Donc, finalement, une fois qu'on a fait cette stratégie, c'est de trouver le bon partenaire local, se dire à qui on va confier la marque pour qu'elle la développe sur son pays. Une fois que ça s'est fait, on design ensemble un business plan, il y a toute la descente économique, etc. à étudier. Et puis, une fois qu'on est d'accord, on y va. Et puis, les aspects dont tu parlais tout à l'heure, qui est de trouver le local, les équipes, etc. Effectivement, une fois que le contrat est signé, nous, en tant qu'équipe siège, on va se transformer un peu en consultant. On va les accompagner, les aider à trouver les meilleures opportunités pour ouvrir la boutique. Mais c'est vraiment eux qui seront souverains sur ces sujets-là, d'équipe. d'organisation, d'agenda, d'organisation opérationnelle. Nous, on va plutôt être un guide, un consultant, un grand frère qui va les aider sur les problématiques de marque et de branding.
- Ramata
Très bien. Merci d'avoir précisé ce point puisqu'en fait, on comprend la technicité de ton job et l'importance des partenariats qui sont établis avec des entreprises locales qui sont expertes dans la distribution soit de marques locales, soit de marques internationales.
- Izar
Tout à fait, Ramatha. C'est pour ça que parfois, forcément, il y a des trackers qui vont dire « oui, mais les marques internationales, elles volent le business en Afrique, etc. » Moi, ça me fait toujours rire parce qu'au final, un, il y a de la place pour tout le monde. On le sait quand on regarde les chiffres. Premièrement. Deuxième chose, les marques internationales, quelles qu'elles soient, vont aussi scaler ce qui existe en local. Il y a un paysage commercial qui existe qui est excellent, mais elles vont aussi apporter leur pierre à l'édifice, s'enrichir de ce qui existe en local. et le local peut s'enrichir de ce qui existe à l'international, mais surtout... Elle va donner du business à des locaux, en fait. C'est vraiment du gagnant-gagnant. Quand la marque, bien sûr, est respectueuse et éthique, c'est du gagnant-gagnant.
- Ramata
Ok. C'est intéressant que tu soulignes ce point, effectivement. Il peut y avoir, effectivement, cette forme de, pas frayeur, mais de, un petit peu critique vis-à-vis de marques étrangères qui viennent prendre. Mais ça, pour le coup, c'est en Afrique, mais c'est partout, en fait, un peu une peur de l'étranger qui vient prendre les emplois. prendre les opportunités des locaux en fait.
- Izar
Oui, mais ça, ça me fait vraiment rire. Ça me fait vraiment rire parce que déjà, on est dans un monde mondialisé. Donc, je pense que tout le monde a envie d'avoir accès aux marques leaders de leur domaine. Elles ne sont pas leaders pour rien. Elles sont leaders parce qu'elles ont des produits intéressants. Donc, ça, c'est la première chose. La deuxième chose, quand on est dans un business de franchise encore plus, c'est un business finalement qui, comme je te disais, qui donne une entreprise clé en main à un partenaire local. Et puis, il y a du respect entre les marques locales. Moi, j'ai beaucoup travaillé sur la cosmétique, je pense qu'on va y revenir, mais qu'on soit aussi sérieux. La cosmétique aujourd'hui, elle est driveée en Afrique, pardon, elle est driveée par des marques locales qui sont des mastodontes. C'est-à-dire que les marques internationales sont des challengers. Et très bien, elles sont challengers, elles ne sont pas leaders, elles sont challengers et c'est très bien. Elles apprennent aussi les stratégies locales, les stratégies industrielles, les stratégies de lancement. et pour le coup Les marques internationales, en tout cas sur le secteur de la beauté en Afrique, ont beaucoup à apprendre des marques locales. Donc, en fait, c'est vertueux. Et donc, c'est des trackers là. Moi, ça me fait rire quand j'ai des débats avec des amis. Bon, voilà, mais c'est drôle. C'était juste pour la petite histoire. Mais grosso modo, ça reste des business où on travaille main dans la main avec des experts locaux.
- Ramata
Très bien. En fait, c'est toujours intéressant d'avoir des experts d'un sujet qui s'expriment parce que bien souvent, c'est facile de parler d'un sujet quand... Toi, tu es allé sur le terrain, tu sais vraiment de quoi tu parles. Donc forcément, ton opinion sur le sujet, elle est vraiment liée à une expérience terrain. Et c'est intéressant que tu nous la partages ici. Moi, la question que j'ai, c'est si on reste sur Yves Rocher, par exemple, est-ce que les collections, les produits qui sont proposés, ce sont exactement les mêmes que ceux qu'on peut retrouver dans un Yves Rocher en Europe, en France ? Ou est-ce qu'il y a des adaptations ?
- Izar
C'est une très bonne question. Deux choses. La première chose, c'est que même dans une boutique Yves Rocher en France, à deux boutiques en France, parfois l'assortiment peut varier en fonction de la taille du magasin, en fonction de l'adaptation locale, etc. Ça ne va pas varier énormément quand on ne se dit pas de bêtises, mais grosso modo, il y a une adaptation qui est possible. Mais il y a un cœur d'assortiment qu'on doit respecter. pour respecter la marque et les best-sellers de la marque, l'image de marque, mais bien sûr qu'on peut s'adapter. Donc, par exemple, en Afrique, il y avait des gammes. Alors moi, mon expérience d'ivroche en Afrique, maintenant, elle commence un peu à dater, ça fait 4-5 ans, mais il y avait des gammes qu'on n'envoyait pas du tout en Afrique. Je pense notamment à des gammes peau sensible de mon temps, qui parlaient de rougeurs, etc. On ne les envoyait pas en Afrique. Ça, c'est pour l'existant. Maintenant, pour le développement. Oui, en tout cas, moi, de mon temps. Il est arrivé qu'on développe des gammes spéciales pour l'Afrique. Je pense à une gamme Aircare très nourrissante pour les cheveux bouclés, crépus, qui a été développée main dans la main avec l'équipe Afrique, dont j'avais le lead, pour pouvoir les lancer en Afrique. Donc oui, après, ça reste quand même marginal. On part du principe que la marque répond à tous les besoins. Elle est en Asie, elle est en Amérique, elle est en Europe. Et donc, du coup, on fait aussi un peu avec l'existant. Mais la marque, en tout cas Yves Rocher, s'en sortait très bien et les 700 références de toute manière répondaient quand même largement aux besoins du continent.
- Ramata
Très bien, merci d'avoir précisé ce point-là parce que c'est toujours un petit peu les questions que l'on se pose. Est-ce que quand on va sur le continent africain, on a la même composition des produits, on a la même collection ou est-ce qu'on n'a pas finalement une gamme spécifique qui est développée ? Donc c'est intéressant que tu précises ces éléments-là. Après ton expérience Yves Rocher, tu as évolué chez L'Oréal. Donc j'imagine que c'était pour le coup une évolution avec des enjeux, peut-être des ambitions différentes. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Izar
Tout à fait. Donc en fait, après mes cinq ans chez Yves Rocher, j'ai été chez L'Oréal. L'Oréal que je connaissais parce que pareil, j'avais fait un stage. Donc c'est pour ça que je dis que quand j'ai fait Canal au Togo, les télécoms, c'était une parenthèse, une heureuse parenthèse où j'ai appris beaucoup de choses. Et vraiment, les télécoms, c'est un secteur que je continue de suivre et d'adorer. Mais je connaissais aussi un peu L'Oréal, parce que j'avais fait un stage en 2013 chez Kerastase. Et puis, j'y suis retournée effectivement début 2021, donc huit ans plus tard. Donc, chez L'Oréal, pour bien préciser, Ramata, là, j'avais plutôt en charge le catalogue afro en Europe. Donc, moi, ma zone, c'était vraiment l'Europe. Ce n'était pas l'Afrique, même si j'étais collègue avec les équipes Export Afrique. On avait le même management. Mais moi, je m'occupais vraiment du catalogue afro en Europe. Donc, c'était hyper intéressant parce que, mine de rien, C'est la première fois en fait que je travaillais sur l'Europe. Même si Vivi, que je suis moi aussi diaspora, etc. C'est la première fois, donc il y avait tout à apprendre sur les stratégies de distribution, sur les pays où effectivement l'Asiaspora africaine était la plus représentée, etc. Donc j'ai vraiment dû tout réapprendre parce que même si je vis à Paris, je suis quand même très orientée marché africain. C'est hyper intéressant, il y avait une jolie marche à monter. L'Oréal, c'est un groupe avec une... toute autre dynamique, très très faste. Tu parlais d'adaptation produit, donc je ne suis pas l'experte qui pourra t'en parler, mais je sais que les collections, les gammes sont vraiment pensées et adaptées pour le continent. Donc c'était hyper intéressant de voir cette dynamique-là. Moi, sur l'Europe, c'était plutôt catalogue afro, comme je disais. Et donc du coup, j'ai dû m'occuper de certains lancements.
- Ramata
D'accord. Donc quand tu parles de catalogue afro, c'est vraiment... Cette ambition de L'Oréal de s'assurer que dans l'étendue des marques L'Oréal, après je pense que ça pourrait être intéressant, parce que L'Oréal c'est un nom qui est très connu, mais on ne sait peut-être pas forcément comment ça fonctionne, donc on va peut-être commencer par là. Je pense d'expliquer L'Oréal ce que c'est, parce que c'est un groupe de plusieurs marques différentes, donc quand tu parles du catalogue afro de L'Oréal, ça veut dire quoi exactement ?
- Izar
Alors moi dans mon cas, Je me suis notamment occupée du lancement de Carol's Daughter. Carol's Daughter, ce n'est pas une marque qui est très connue. Pourtant, aux US, elle fait partie des leaders sur le cheveu afro. Et en réalité, c'était vraiment de se dire, aujourd'hui, comment on adresse un cheveu bouclé, crépu, frisé, qui est de plus en plus visible. On a vu récemment la loi qui est passée sur la non-discrimination capillaire. on voit aussi le succès de la population de marques comme Les Secrets de Loli, qui sont très inspirants, etc. Donc, c'était de se dire, voilà, comment aujourd'hui on adresse ces cheveux bouclés qui veulent être bouclés, qui ne veulent plus être non bouclés, et comment on les adresse. Donc, en fait, dans le catalogue de L'Oréal, il y avait une marque qui s'appelait Carol's Daughter, qui a été rachetée aux US il y a une dizaine d'années. Et mon enjeu, c'était de la relancer. Donc, ce qui s'est fait, c'est que je l'ai relancée en équipe, avec des équipes, supports, marques, etc., notamment aux États-Unis. On l'a lancé au UK et on l'a lancé dans 800 magasins. Donc ça, c'était un bel accomplissement que de lancer cette marque qui existait aux US et qui était dans le top 5 des marques afro-crépues bouclées, de le lancer au UK et d'ainsi reprendre aussi, d'adresser cette population. aux cheveux bouclés, frisés et crépus.
- Ramata
Très bien, merci d'avoir précisé ce point. C'est vrai que l'idée, c'est que L'Oréal, en fait, c'est un groupe immense dans le secteur de la beauté et des cosmétiques qui possède un nombre incalculable de marques. Et bien souvent, il y a des marques qu'on voit en magasin dont on ne sait pas forcément qu'elles appartiennent au portefeuille L'Oréal. Et si bien que ça permet à L'Oréal de couvrir tout type de besoins et tout type de clientes. Donc, ils vont avoir... Dans leur catalogue, ils vont avoir un certain nombre de marques qui sont dédiées à une population aux cheveux crépus, frisés, bouclés.
- Izar
Exactement, c'est vrai que ce ne sont pas des marques qu'on connaît. Et aussi, pourquoi parfois on ne les connaît pas ? Parce qu'elles sont parfois régionalisées. Elles sont dans certains pays et pas dans un autre. Mais quand on regarde, ce sont des marques qui appartiennent au groupe L'Oréal. Donc, c'est hyper intéressant de voir cette couverture de marques qui existe. Et parfois, les stratégies ne sont pas les mêmes en fonction de la région où on se trouve. Mais comme tu dis, il y a un nombre incalculable de marques et tous les besoins peuvent être ainsi adressés.
- Ramata
Très bien. Toi, après L'Oréal, tu parles de ce lancement de marque qui est assez impressionnant, puisque du coup, implanter une marque dans 800 magasins, j'imagine qu'en termes de challenge, c'est quelque chose d'assez impressionnant. Ça a été quoi la suite pour toi ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, puisque c'est après ton expérience à L'Oréal, qu'à un moment donné, tu as décidé de te mettre à ton compte ? Donc, comment s'est faite cette transition en fait ?
- Izar
yes. En fait... quelque part, ça s'est fait naturellement. Moi, je n'ai jamais rêvé d'être entrepreneur, quoique je vois qu'il y a quelques avantages. Mais ce n'était pas un rêve pour moi d'être entrepreneur. Voilà, j'ai des amis entrepreneurs, j'ai des gens qui entreprennent, je trouve ça chouette. Mais je trouve ça aussi très, très cool d'être salarié, avoir un beau projet à gérer, etc. Mais en fait, ça s'est un petit peu imposé à moi ou en tout cas proposé à moi. C'est-à-dire que, forte de ces expériences dont je t'ai parlé, effectivement, moi, j'avais des marques qui m'approchaient, qui me demandaient un petit peu d'aide sur un sujet. Voilà, est-ce que tu peux nous aider sur ce marché-là ? On cherche un partenaire ou des partenaires africains avec qui j'ai travaillé, qui me disent, Isard, est-ce que tu peux nous aider à approcher cette marque-là ? On pense qu'elle a beaucoup de sens sur notre marché. Et l'un dans l'autre, c'est vrai que j'avais des sollicitations côté marque en Seine, des sollicitations côté groupe africain qui veulent s'étendre. Et puis, je me suis dit, ce serait vraiment intéressant d'être le pont entre les deux parce que... Tout le monde fait du business très sérieusement, très correctement et parfois on a de la peine à se rencontrer. Donc pourquoi pas être ce bridge que j'étais déjà de manière informelle, de manière opportuniste. On me propose quelque chose, bon ok, je peux remplir le deal, je le fais. Mais c'est de se dire, voilà, aujourd'hui, pourquoi ne pas le faire très naturellement ? Ça fait 12 ans que je fais du business développement, ça fait 12 ans que je travaille sur l'Afrique. On peut même se dire 14 quand on prend... mon expérience africaine monique qui est jusqu'à aujourd'hui même parce qu'à ce moment-là, je me suis aussi développée un réseau sans le savoir qui aujourd'hui est toujours le mien. Donc, l'un dans l'autre, ça fait 12-14 ans que je travaille sur la région africaine. Donc, voilà. Et c'est vraiment cette activité, c'est venu très naturellement s'imposer à moi d'être ce pont entre enseigne, entreprise internationale et continent africain. Sachant, Ramatha, que très naturellement dans les jobs que j'avais, j'étais toujours... à faire la promotion de l'Afrique. Alors, il y a plein de difficultés, qu'on s'entende. Il y a plein de difficultés, il y a plein de défis. Mais c'est vrai que la promotion du continent, c'est quelque chose qui est assez naturel en moi. Donc, de vendre ce continent à des jolis projets et de l'autre côté, travailler avec les gens du continent pour amener de jolis projets, c'est vraiment quelque chose qui m'anime beaucoup.
- Ramata
Merci pour ce partage. On sent le côté ambassadrice en toi. Je trouve que ce qui est intéressant, c'est que toi, tu es d'autant plus légitime à être ambassadrice que tu as travaillé pour Canal+, tu as travaillé pour L'Oréal, tu as travaillé pour Yves Rocher. Donc, mine de rien, quant à ces noms-là sur ton CV, et ce sont à chaque fois sur des projets de déploiement, de développement sur le continent, les détracteurs, les personnes qui pourraient douter… ou qui se posent des questions sur la pertinence d'eux, toi, finalement, la réponse, elle est sur ton CV. C'est à un moment donné, si ces entreprises-là, elles ont des services dédiés à s'intéresser à la cliente potentiellement africaine issue de la diaspora ou directement, qu'elle soit d'ailleurs sur le continent africain ou à l'extérieur, c'est qu'il y a un potentiel, en fait. Et donc, c'est ce qui fait ta légitimité, en fait, sur ces sujets-là.
- Izar
Tout à fait. Tout à fait. Sur ces sujets-là, honnêtement, c'est assez facile pour moi d'expliquer de par mon expérience pourquoi cette marque serait intéressante, pourquoi je pense que ce pays n'est pas intéressant pour vous aujourd'hui. C'est assez facile pour moi de voir les opportunités business, de voir les warnings aussi. il y a aussi quelque chose qui est drôle, c'est que comme je ne suis pas directement d'une nationalité issue des 54 pays pays, je dis ça parce que Haïti fait partie de l'Union africaine, mais en tout cas est adhérent, observateur, je ne sais plus comment on dit, mais voilà, en tout cas, on a un peu notre petite place aussi là-bas, mais comme je n'ai pas directement une nationalité du continent, je suis d'autant plus objective quand je parle de pays. Je n'ai pas de chauvinisme ou de patriotisme en moi, je parle vraiment quand je pense que la RDC est un pays à suivre, mais qu'au contraire, il faut peut-être faire un peu step back sur ce pays-là, il n'y a aucune ambition personnelle ou quoi, c'est vraiment juste l'amour et l'expertise du continent qui me fait donner ces feedbacks.
- Ramata
Ok, très bien, super intéressant que tu nous partages ça. Du coup, aujourd'hui, ta structure qui te permet de faire le pont et de proposer des services d'accompagnement à la fois à des entreprises qui sont basées sur le continent africain et qui ont besoin d'être accompagnées dans leur business development et aussi à des entreprises qui sont basées partout dans le monde en dehors du continent. Merci. Comment ça se passe en fait quand on veut solliciter tes services ? Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, je suis en plein lancement. Donc,
- Izar
il y a plein de questions sur lesquelles je me pose moi-même aujourd'hui, sur mon organisation, sur ma base aussi. Là, actuellement, je te parle de Paris, mais avec une vraie volonté d'être ancrée plutôt sur le continent à court terme, pour être honnête avec toi. Donc, aujourd'hui, c'est vrai que si on veut me solliciter, moi, c'est assez facile. Je suis à Paris. Voilà, je suis très active. En tout cas, pas assez, mais je commence à être active sur LinkedIn et puis je suis joignable de ce réseau-là qui me connaît bien. Toutes ces marques-là dont on a parlé, elles me connaissent bien, donc il n'y a aucun problème. Demain, c'est de se dire, voilà, je suis basée dans une capitale africaine. Effectivement, avec, comme tu disais, ces déplacements partout dans le monde, partout, le continent africain peut être intéressant, mais d'être basée en Afrique et de ceux et de s'organiser avec l'organisation qui sera mienne quand les questions se poseront. Mais voilà, aujourd'hui, Ramata, il y a plein de questions que je me pose. Est-ce que je suis plutôt format cabinet ? Est-ce que je suis format agence ? Tu verras que je me présente en disant activité. Voilà, parce qu'aujourd'hui, c'est des choses qu'on regarde et je pense qu'on a un mix des deux. C'est de se dire dans quel capital je vais m'installer. Est-ce que c'est francophone, abidjan, Dakar, étant les... les plus, pas facile, le mot n'est pas facile, mais les plus évidentes, en tout cas quand on est en train de faire du business, ou alors est-ce qu'on se tente un Nigeria-Ghana ? Je pense que la réponse est entre les deux. Ce sera peut-être plutôt un bénin. Mais voilà, c'est de se poser ces questions-là, même quoi que la RDC étant aussi intéressante. Voilà, je me pose plein de questions. Ça fait trois mois que mon activité est officielle. Donc, il y a plein de questions que je me pose et je pense que ça va être intéressant de suivre tout ça sur LinkedIn.
- Ramata
Très bien. Écoute, je te remercie pour ton honnêteté. J'aime bien le côté, là, tu es en phase finalement de tâtonnement, mais aussi tu as déjà des opportunités qui sont venues à toi spontanément parce que tu as les compétences. Et là, l'idée, c'est un peu cette notion de structure. Mais finalement, les clients, ils sont déjà identifiés, ils te connaissent, ils viennent à toi de manière assez spontanée puisque tu es connu comme étant une experte du sujet. Donc, ce n'est pas tellement une question de... comment trouver les entreprises avec lesquelles travailler, mais c'est plus en termes de structure, comment je m'organise et qu'est-ce que je propose exactement.
- Izar
Tout à fait, c'est exactement ça. Si tu veux, la prospection, elle est assez, je ne vais pas dire facile, on cherche tous à faire du business, à développer nos business, etc. Mais en tout cas, aujourd'hui, c'est vrai que je peux me dire que je choisis qui je veux travailler et je sais que la proposition de valeur, comme tu disais tout à l'heure, est assez évidente. Je vous accompagne à vous développer en Afrique. Côté Afrique, c'est pareil, je sais avec quelle boîte je veux travailler et c'est leur proposé. plus de business et une meilleure vitrine sur l'international. Donc ça, cette partie-là qui est la clé de voûte, c'est facile. En tout cas, c'est en cours. Maintenant, c'est comme tu dis, la partie organisation. Où je m'installe ? Ça, c'est la question du moment. Où je m'installe ? Et puis la deuxième question, comment aujourd'hui avoir une offre encore plus claire, encore plus sharp et encore plus pertinente ? Mais ça va venir. Et j'y répondrai, comme je disais, au fur et à mesure de mes petites aventures. J'essaierai de partager sur LinkedIn. Et puis, on verra comment Concrétise sera organisée. Allez, on se donne rendez-vous en septembre 24.
- Ramata
Très bien. Je crois que c'est la première fois qu'on donne le nom de ta structure, de ton activité. Depuis tout à l'heure, on en parle, mais effectivement. Donc, ton activité s'appelle Concrétise.
- Izar
Oui, Concrétise avec IZ à la fin. Le petit jeu de mots pour IZAR. concrétise parce que, en fait, je... pense que, sans me jeter des fleurs, je suis quelqu'un d'assez concret. En fait, il y a plein de choses qui sont sur l'Afrique et c'est super bien. Je suis moi-même régulièrement panéliste, participante, etc. C'est hyper bien, mais l'idée, c'est vraiment d'être concret et de se dire voilà, si je travaille avec Isard, aujourd'hui, qu'est-ce qu'elle va me livrer ? Est-ce qu'elle va me livrer une stratégie très claire ? Est-ce qu'elle va me livrer et un carnet d'adresses, ce qu'elle va me livrer, un contrat. L'idée, c'est vraiment d'être très, très concret. Même quand je fais mes offres, j'essaye de faire en sorte que mes livrables soient le plus concret possible. On sait qu'il peut y avoir des cabinets ou parfois. L'idée, c'est vraiment de trancher avec tout ça et de faire sharp. On y va, une offre, un livrable et on y va. Je crois que c'est quelque chose qui me définit. J'essaye en tout cas d'être le plus concrète possible, de ne pas perdre de temps. sur des choses qui peuvent être floues. Je ne sais pas si c'est clair ce que j'ai dit, mais je trouvais que ça m'allait bien.
- Ramata
Je vais me permettre de résumer et de concrétiser ton propos avec des mots peut-être plus... Je ne vais pas dire concrets, mais je sens que tu ne veux pas critiquer. Il y a un certain courant de cabinets qui font des bons PowerPoints. Du coup, vous payez un PowerPoint, Et concrètement, vous n'avez pas d'action opérationnelle qui sont menées. Ce sont des gens qui sont là pour faire un PowerPoint et vous présenter une stratégie. Et j'ai l'impression que toi, ce que tu dis, c'est que tu es plus dans l'opérationnel concret, la feuille de route active. Et moi, c'est vraiment comme ça que je fais du conseil. C'est que vraiment, je suis dans l'action en fait. Et ça ne veut pas dire que je ne sais pas faire un PowerPoint, mais c'est important pour moi que la personne qui sollicite mes services, et j'ai l'impression que c'est ce que je ressens dans ce que tu dis, La personne qui va solliciter tes services, elle a un plan d'action concret qu'elle peut mener à bien et c'est vraiment, tu vas tracer ta route vers le succès. Tu vas aller d'un point A à un point B.
- Izar
Tout à fait. C'est exactement ça. Je n'aurais pas mieux dit et je ne voulais pas mieux dire. C'est exactement ça. C'est vraiment se dire aujourd'hui, on n'a pas envie de livrer des slides, on veut livrer de l'Afrique, on veut livrer du business, on veut livrer des contrats de confidentialité qui vont mener aux contrats effectifs. Donc voilà, c'est vraiment ça qu'on essaie de faire. On décroche nos téléphones plutôt que de faire des slides. On appelle sur WhatsApp parce que c'est comme ça que ça se fait, plutôt que de faire des mails. On essaie en tout cas d'être, voilà. Et puis c'est comme ça de toute façon qu'en Afrique, les opportunités émergent. C'est en étant sur le terrain, en connaissant les gens, en ayant son ancrage local très fort et puis d'avancer concrètement vers la réussite.
- Ramata
Très bien, super. Je te remercie de préciser ça. Moi, la question qui me vient, c'est que Voilà ce que tu évoques, c'est que tu as plus de 10 ans d'expérience dans le business développement sur le continent. Quels sont pour toi les secteurs, les opportunités, les pistes, les trucs sur lesquels tu te dis mais ça vraiment, il y a une autoroute devant nous. Bon, si vraiment il faut te donner un billet pour que tu parles, on va se prendre avec les auditeurs et les auditrices parce que je pense qu'il peut y avoir effectivement des personnes qui peuvent être intéressées par... énormément de projets. Il y a énormément, aujourd'hui, on entend parler du mouvement des repates de personnes de la diaspora qui sont basées en France ou en Occident et qui envisagent d'aller en Afrique. Il y a tout un mouvement aussi qui est mené par un entrepreneur qui s'appelle Investir au pays. Donc, il y a vraiment toute une dynamique comme ça de personnes qui sont intéressées par le continent. Mais c'est vrai que... que chacun y va avec son « moi, j'ai toujours rêvé de tel ou tel secteur » , mais c'est bien d'avoir aussi l'avis de quelqu'un qui est expert et qui a été sur le terrain, en fait. Alors,
- Izar
ma réponse, ça va peut-être te surprendre ou même te décevoir, mais moi, je pense que, bon, après, c'est peut-être un peu bisounours ce que je vais dire, mais c'est une observation, c'est le sentiment que tout fonctionne si c'est bien exécuté. En fait, j'ai l'impression qu'aujourd'hui, en Afrique, Tout le monde peut aller, entre guillemets, réaliser son rêve. Que ce soit celui qui a toujours rêvé d'un resto, il faut bien qu'il l'exécute. Et quand j'entends par bien exécuter, c'est-à-dire le bon produit, au bon moment, au bon prix, avec le bon service. Que ce soit la personne qui a rêvé de son agence de voyage, le tourisme étant plein boubou en Afrique. Que ce soit la personne qui a rêvé de son agence de conseil, ça n'a pas été mon cas, mais aujourd'hui je vois qu'il y a un boulevard comme tu le disais. J'ai l'impression aujourd'hui qu'avec une bonne exécution, avec le respect de ce qui se fait en local, le respect et l'humilité, c'est un mot que je dis 45 fois par jour, parce que n'allez pas croire que les gens vous attendent, n'allez pas croire que les gens font moins bien. Non, on y va, on y va avec humilité, on apprend, on ramène notre père à l'édifice. Forcément, on a un autre œil, un œil international, un œil européen, chinois, whatever. J'ai plein d'amis qui ont étudié en Chine, qui sont en train de rentrer actuellement sur le continent. Voilà, chacun y va avec sa construction personnelle et professionnelle. mais il faut y aller avec humilité. J'ai un ami qui est rentré, qui a fait un super concept store, enfin, il est rentré à Cotonou, qui a fait un super concept store de mode, etc. Mais c'est tellement bien exécuté que limite, tu n'as pas de boutique comme ça en France. Tu vois, moi, je repense à Colette, mais tu vois un concept store comme ça, avec plusieurs marques, etc. À Cotonou, voilà, tu as ça aujourd'hui. Que ce soit des restos bien faits, dans la beauté, alors je n'en parle même pas, la beauté. beauté. Il y a un boulevard en Afrique, encore une fois, bien exécuté, avec des lancements réguliers, avec un bon produit, au bon prix, dans le bon réseau de distribution. Il peut être informel. Quand je dis bon raison, n'allez pas croire que je ne parle que de luxe. Parfois, d'avoir un produit accessible dans les marchés ouverts, ça va te donner beaucoup plus d'opportunités que le produit un peu guindé, que tu ne pourras mettre qu'en pharmacie parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas encore développé la distribution beauté sélective. C'est en cours, mais ce n'est pas encore pignon. Donc, des fois, mieux vaut faire ton produit entre guillemets, j'allais dire affordable, accessible avec une bonne promesse et tu les mets dans les marchés ouverts que de faire, comme je disais, le produit gandé qui ne trouvera peut-être pas, en tout cas, son réseau de distrit, même si c'est en train de se formaliser et c'est même mon sujet parce que je travaille sur le retail, comme tu sais. Donc, moi, j'ai tendance à dire que tout fonctionne si c'est bien exécuté, bien pensé, dans le respect et la compréhension des populations locales, repatriées, etc. Voilà, je ne sais pas si je réponds à ta question, c'est peut-être un peu bisounours, mais vraiment c'est l'observation que j'en ai faite, parce que voilà, moi j'ai des amis qui cartonnent dans le tourisme, j'ai des amis qui cartonnent dans la restauration, dans le conseil, parce qu'il y a ce respect et cette observation locale avant d'y aller. Par contre, ceux qui pensent, qui vont y aller en se disant « non mais de toute façon ils ne savent pas faire, on va y aller, on va mieux faire, etc. » Ah non, il y a des agences de com' qui ont pignon et qui n'ont pas attendu certaines filiales pour exercer. Et on a vu, au contraire, des gens qui ont été des grosses structures, pour ne pas les citer, qui ont été et qui ne trouvent pas leur modèle. Parce qu'à un moment donné, il n'y a pas d'observation du marché local. Donc voilà, moi, mon conseil, c'est l'humilité, l'observation et l'exécution. Il ne faut pas lésiner sur le service parce qu'on est en Afrique. Au contraire.
- Ramata
Ok, très bien. Super réponse. Alors, je ne trouve pas que ce soit bison-ours. Je pense que... c'est une terre d'opportunités et je trouve que potentiellement, c'est aussi de se dire qu'il y a peut-être moins de concurrence qui peut y en avoir sur les marchés occidentaux ou sur le marché européen ou en considérant que c'est saturé aujourd'hui. Donc du coup, ça va dans le sens de ce que tu dis. Effectivement, il y a plein d'opportunités dans tous les secteurs. Maintenant, clairement, ce qui est intéressant, c'est que celui qui va arriver en se disant je vais copier-coller une idée qu'il y a ici en Europe, je vais la copier-coller sur le continent et ça va fonctionner,
- Izar
Exactement. On le voit, en tout cas moi, je le vois sur le e-commerce. Le e-commerce, on a beau faire les stratégies qu'on veut, on a beau faire la com qu'on veut, sur certains PNL, ça ne pèse pas 1% de très très très grosses boîtes. Parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas le modèle qui, en tout cas selon moi, je parle avec mon humble expérience de marque qui distribuait en Afrique. Aujourd'hui, il n'y a pas le modèle. Par contre… celui qui va se dire « Ah mais attends, il y a plein d'influenceuses. » En plus, en Afrique, on sait qu'il y a plein de vendeuses qui vont vendre au porte-à-porte. Moi-même, quand j'étais à l'OME Ramata, En 2014, en parallèle de Canal, je vendais un peu des vêtements. C'était simple, j'allais chez les nanas, on faisait une petite vente privée, elles étaient 5-6. Je leur amenais des vêtements que je venais de mes voyages de France. Rien de très sophistiqué, mais ça fonctionnait. Ça s'appelait Dressys d'ailleurs, Ized à la fin. Dressys, donc tu vois, un jour je vais faire peut-être le Iz Group. Mais en tout cas, voilà. Et ça fonctionnait. Donc c'est se dire que, voilà, si on y a cette opportunité. Aujourd'hui, la femme africaine, c'est une femme qui est entrepreneuse. Le taux de femmes entrepreneurs Le plus élevé au monde est en Afrique. D'accord ? Aujourd'hui, si tu prends 100 entrepreneurs, 25 sont des femmes en Afrique. Tu prends 100 entrepreneurs, 12-13 sont des femmes en Europe. C'est-à-dire que les femmes entreprennent. Donc, si demain, on a une solution qui est de se dire, bon, on a ces femmes qui entreprennent, on a le digital, elles sont sur leur téléphone. Comment faire une solution de social commerce plutôt que de e-commerce en tant que tel ? Il n'y a pas de banque parce que... on n'est pas bancarisé parce que les adresses, c'est compliqué, parce que délivrer le dernier mal, c'est compliqué, même s'il y a des solutions innovantes qui arrivent et qui cartonnent. Aujourd'hui, se dire qu'est-ce qu'on fait de cette population qui veut entreprendre, qui veut vendre, qui veut faire ce social commerce, etc. Moi, j'y crois beaucoup plus. Mais c'est mon point de vue. Donc, copier-coller l'Europe, ce n'est pas forcément l'idée. C'est de se dire comment je fais de ces ressources humaines, de cette main-d'oeuvre locale qui est déjà ultra dynamique. On connaît tous, on a tous des tatas, des tantines qui revendent et qui cartonnent. Et c'est se dire aujourd'hui comment les connecter au digital, comment elles font pour remonter le cash à la marque, garder leur com, payer leurs fournisseurs, se faire remonter le cash par leurs clients, etc. Ça, ce serait des choses qui seraient passionnantes et qui cartonneraient plus que le e-commerce comme on l'entend.
- Ramata
Très bien, merci pour cette analyse qui est à la fois, je dirais, sociologique, d'une connaissance en fait. des populations locales et de leur manière de faire du business qui est lié à finalement un contexte économique, social et des habitudes de consommation. Effectivement, le côté... Et en fait, souvent, on a tendance à regarder ça en comparaison avec l'Europe. Mais c'est vrai qu'il n'y a pas d'adresse, mais c'est vrai qu'il n'y a pas de banque. Alors qu'en fait, il ne faut juste pas comparer, il faut aller sur place et se dire « Ah mais par contre, en fait... » Il y a du mobile money. Effectivement, les gens utilisent énormément WhatsApp. Donc, en fait, l'objectif, c'est plutôt d'aller s'appuyer sur ce qui fait le ressort de l'économie locale. Et on est encore beaucoup, effectivement, sur des gens qui se rencontrent. On est sur de la vente Tupperware qu'on peut considérer comme étant à l'ancienne, même si…
- Izar
C'est tout à fait ça. C'est tout à fait ça. Tu as dit Tupperware, c'est exactement ça.
- Ramata
Et je pense qu'on est vraiment, effectivement, plus sur ce côté-là, très... proximité entre le vendeur et son client, plus que le digital tel qu'on le voit, comme on dirait en Occident et en Europe, qui pour moi, en Afrique, ça va être une autre voie. Et je pense qu'il ne faut vraiment pas chercher à se dire, à partir du moment où la réflexion commence par comment on va faire pour créer l'Amazon africain ou pour créer le Zara africain, pour moi, ce n'est pas la... forcément la bonne approche ou la bonne démarche, en fait.
- Izar
Parfaitement d'accord. Et tu disais tout à l'heure, il ne faut pas forcément copier l'Europe et regarder ce qu'il se fait en Europe. En fait, il faut même regarder ce qu'il se fait en Afrique et sur bien des aspects, Ramata, ils sont en avance. Enfin, moi, tu vas en Afrique, tu payes ton essence en mobile monnaie. Tu n'es pas en train de te galérer avec ta carte bleue, ton truc, le mec, il est en face de toi, tu fais un mobile monnaie. T'es entre potes, vous vous devez des sous, alors nous, on a 40 000 applications, etc. Lydia, etc. En Afrique, pour faire mon état. tout qui passe. Tu payes ton électricité, ton pote à qui tu dois des sous, le mec à qui tu mets l'essence parce que voilà, etc. La personne à qui tu dois... Et en fait, sur bien des aspects, il y a même une avance technologique. Nous, on est encore avec nos billets, nos trucs, etc. Il y a même une avance technologique sur bien des aspects. Donc en fait, il faut s'appuyer sur ces avances technologiques-là pour créer des choses adaptées et pas se bloquer aux freins qui sont nombreux et qui existent. Mais comme tu disais tout à l'heure, il n'y a Merci. pas d'adresse, mais aujourd'hui, il y a du mobile money. Donc, comment on peut faire pour, effectivement, fournir un stock à cette vendeuse ? Elle va vendre, elle remonte le cash. Ça, ça cartonnerait. Parce qu'en plus, en Afrique, les gens sont très friands d'avoir une activité secondaire. Enfin, friands, parfois obligés. Obligés aussi, d'ailleurs. Mais en tout cas, d'avoir cette activité secondaire, d'être... Voilà, tu as des gens qui vont être salariés, mais le soir, en sortant, voilà, on va vendre des choses, etc. Donc, il y a déjà ça dans la culture. C'est comment s'appuyer dessus pour en faire des relais de distribution.
- Ramata
En tout cas, moi, si demain, on me donne un gros, gros, gros billet, ce serait mon projet. Donc voilà, je vous donne mon idée. C'est ce que j'entends, j'allais te demander. Mais du coup, ce dont tu parles, quand est-ce que tu le crées ? Parce que j'ai l'impression que tu as vraiment déjà la cible en tête, la marque en tête. Mais effectivement, je suis assez d'accord avec toi. Quand on est sur le terrain, quand on est sur place, les idées que l'on va avoir de développement, elles sont totalement différentes de quelqu'un qui est en Europe. qui regarde quelques vidéos et qui regarde les choses un peu de loin et qui se dit, bon, qu'est-ce qu'on pourrait prendre de l'Europe ou de l'Occident et ramener en Afrique ? Je pense qu'effectivement, sur place, il y a plein d'opportunités. Du coup, toi, par rapport au développement de Concretiz, ce sur quoi tu travailles également, c'est sur l'organisation d'un forum qui s'appelle AfriTale. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Izar
Tout à fait. Donc Afritel, on l'organise avec Eurelia. Donc Eurelia, c'est assez connu des enseignes, Eurelia et Proco, c'est une fédération d'enseignes qui les accompagne sur leur développement en France, en Europe et à l'international. Donc en fait, on est partenaire sur cet événement. On organise Afritel qui est le forum du retail et de la franchise dédiée à l'Afrique. L'idée, c'est de se dire qu'aujourd'hui, il n'y a pas de rencontre dédiée sur l'Afrique. Il y a plein de rencontres qui existent. plein de secteurs, il y a plein de salons, de forums qui existent sur l'Afrique, mais se dire qu'on se fait un forum sectoriel dédié au sujet de distribution, c'est vrai qu'aujourd'hui ça n'existait pas. Alors que d'un côté on a des enseignes internationales qui s'intéressent au continent, de l'autre côté on a des distributeurs africains qui sont friands de nouvelles marques, pourquoi ces gens ne se rencontrent pas ? Donc effectivement, moi je fais le bridge avec mon activité de conseil concrétise. Eurelia organise plein de choses qui existent sur l'international mais n'a pas forcément Merci. cette spécificité Afrique. L'idée, c'était d'organiser, d'associer nos forces pour organiser Afreetail, le forum du retail et de la franchise dédié à l'Afrique. C'était vraiment ça l'idée, de créer une rencontre entre ces gens qui veulent vraiment beaucoup se parler. Ça m'arrive d'être harcelée par mes, j'aime bien dire, mes partenaires parce que j'ai souvent été côté marque, côté enseigne, mais d'être harcelée par des distributeurs africains qui disent, ils ont vraiment, il me faut cette marque, ils ont, il me faut cette marque et côté enseigne. On a vraiment des enseignes qui commencent à s'intéresser au potentiel du continent ou qui sont déjà, qui veulent continuer leur expansion. Et c'était vraiment de faire se rencontrer tout ce monde-là très prochainement. Donc, ce sera le 28 juin 2024. Pour les gens qui écouteront ce podcast après, trop tard, vous avez raté. Pour les gens qui écoutent ce podcast avant, on vous attend nombreux. Ce sera le 28 juin 2024 à la Chambre de commerce de Paris. Une rencontre dédiée au sujet de distribution. en Afrique. Ok, très bien. De toute façon, on imagine que là, du coup, c'est bien la première édition de ce forum.
- Ramata
La première édition. C'est la première édition. L'idée a émergé fin d'année dernière. On s'est dit pourquoi attendre un an, etc. On le fait avant l'été. La demande est là,
- Izar
le besoin est là. On le fait avant l'été. Donc, ce sera effectivement le 28 juin 2024.
- Ramata
Ok, pour la première édition. Et on peut supposer que ceux qui écouteraient le podcast après... potentiellement il peut y avoir des éditions dans le futur de toute façon, ça peut être un rendez-vous annuel finalement.
- Izar
Mais tout à fait, c'est vraiment l'idée qu'on a eue avec Eurelia, c'est vraiment de faire un rendez-vous annuel dédié au retail et à la franchise en Afrique, il y a un besoin le marché est en constante évolution, enfin vraiment émergent, donc on peut imaginer que l'année prochaine on aura encore de nouveaux pays, de nouvelles marques, donc oui c'est la première édition, mais l'idée c'est vraiment de construire un rendez-vous annuel.
- Ramata
Est-ce que tu peux nous parler du déroulement de cet événement, de ce forum ? Qu'est-ce qu'on peut attendre en tant que public si on participe à cet événement-là ?
- Izar
Déjà, Ramatha, l'événement n'est pas ouvert au public en tant que tel. Je sais que tu as dit public au sens générique, mais c'est vraiment un événement qu'on veut concret, n'est-ce pas ? Donc, sont attendus les enseignes qui viennent parler de leur expansion en Afrique, sont attendus les distributeurs, distributeurs qu'on peut appeler aussi master franchisés, qu'on peut appeler franchisés, qu'on peut appeler partenaires locaux. Donc, un, les enseignes, deux, les distributeurs africains. Là, c'est les deux populations qu'on attend. Ensuite, bien sûr, on aura des sponsors et partenaires qui font aussi partie de cette chaîne de valeur vers justement le business en Afrique. Donc, on aura… des logisticiens et des banques parce qu'ils font vraiment partie présente du business. À un moment donné, tu veux t'exporter vers l'Afrique, voilà, t'as pas un logisticien digne de ce nom, bon, c'est compliqué. Tu veux, t'es un distributeur africain et tu veux financer un projet, voilà, c'est quand même intéressant d'avoir des banques. Donc, voilà. Donc, c'est l'idée, c'est d'avoir vraiment de manière très sharp distributeurs, enseignes, et puis les différents prestataires qui interviennent dans la chaîne de valeur. On réfléchira peut-être à ouvrir au public, à ouvrir à d'autres prestataires. On a des agences qui nous ont demandé d'être présents, que ce soit de pubs, de conseils, même sur le retail, etc. Mais c'est vrai que pour la première édition, on veut vraiment que ce soit un événement hyper concret, à haute valeur ajoutée pour les participants, qui reparte avec des prospects très qualifiés. Et que limite, ils signent des NDS sur place, des contrats de confidentialité, limite qu'ils les signent sur place. C'est pour ça qu'on ne voudrait pas, je n'ai pas envie de dire le mot polluer, mais on ne voudrait pas ouvrir à d'autres populations pour la première édition parce qu'on veut vraiment que ce forum se distingue par son caractère hyper concret. Désolée, je dis ce mot tout le temps, pardon, mais on va dire pragmatique.
- Ramata
On veut une programmation pragmatique. Non, mais en fait, quand tu fais du branding, une fois que tu as choisi le nom de ton business, c'est normal que tu le dises tout le temps. Ce serait dommage que tu ne le prononces pas. Tu vois, ta boîte, ça s'appelle Concrétise. Bon, à chaque fois que tu peux placer le mot, il faut le placer. Ce qu'on comprend, effectivement, c'est un événement business to business qui est réservé aux professionnels. Et là, tu as indiqué les différentes populations qui seront présentes. Donc, effectivement, c'est pour signer des deals de manière concrète. Ça se déroule sur une journée.
- Izar
Tout à fait, ça se déroule sur une journée Ramata pour cette première édition, n'est-ce pas ? Il y en aura peut-être d'autres. En tout cas, pour cette première édition, c'est sur une journée. L'idée, c'est que, donc je te la fais, voilà, j'essaie de la faire courte, c'est trois conférences. Donc, c'est des conférences vraiment qui vont nous immerger dans le potentiel du continent africain. Il y a une conférence très macro sur le continent africain, une conférence qui va être donnée par notre partenaire Sagacy Research sur la consommation et l'essor du retail. en Afrique. C'est vraiment une étude de marché sur le potentiel consommation et retail du continent. Ensuite, on aura une conférence de Eurelia qui va décrypter le paysage commercial de villes émergentes en Afrique. Eurelia fait aussi des études de marché, des études de paysages commerciaux. Donc, ils vont décrypter une ou deux villes émergentes en Afrique. Nous aurons deux tables rondes. Donc, Donc, deux tables rondes. Une première table ronde sur les défis et opportunités des franchises et de l'essor du retail en Afrique. Donc là, on aura des professionnels qui vont venir échanger sur leurs défis et leurs opportunités. Et puis, la deuxième table ronde, c'est sur la RSE et le sourcing éthique. Comment aujourd'hui est un retailer responsable en Afrique ? Donc, trois conférences, deux tables rondes, le cocktail de Génator, le fameux, et puis l'après-midi sous un format salon où les enseignes tiennent des stands. et les distributeurs font leur rendez-vous B2B avec ces enseignes.
- Ramata
Très bien, super. Merci. Donc du coup, pour une journée, ça fait un programme quand même assez chargé. Est-ce que les rendez-vous entre les marques et les distributeurs, vous allez faire en sorte qu'ils soient organisés en amont ou ça va se faire de manière spontanée sur place ? Oui, ce sera hybride, ce sera vraiment hybride. On veut quand même qu'il y ait de la spontanéité parce que parfois, un distributeur,
- Izar
il peut découvrir une marque le jour J. On peut découvrir une marque le jour J et dire, ah, mais tiens, je ne connais pas, j'y vais, etc. Mais on va faire en sorte, effectivement, que certains rendez-vous soient déjà programmés pour être sûrs qu'ils ne se ratent pas. Ayant des ambitions communes, on va... Et puis, on a aussi des, entre guillemets, des briefs. On a des enseignes qui nous disent, voilà, moi, je veux plutôt aller dans tel pays. On a des distributeurs qui nous disent, moi, je cherche telle enseigne. Donc, on va faire en sorte qu'ils se rencontrent. Mais on va aussi laisser place à la spontanéité.
- Ramata
Très bien. Est-ce qu'on a... Donc là, tu parles, c'est vraiment business. Ça se passe à la Chambre de commerce de Paris. Est-ce qu'il y a des ambassadeurs africains ou des autorités politiques ou économiques africaines qui sont là, qui soutiennent cet événement ou pas du tout ? C'est une excellente question, Lamatha. Malheureusement, je ne peux pas encore te dire dans quelques jours. Bon, après le podcast,
- Izar
on pourra updater et il faudra suivre sur LinkedIn. Oui, on aimerait mettre un pays à l'honneur. C'est en cours de discussion. Et effectivement, si c'est confirmé. L'idée, ce serait effectivement d'avoir le mot d'ouverture par un ambassadeur, un officiel de ce pays-là, d'avoir aussi et également le pays en question qui interviendrait sur une table ronde pour parler des opportunités qu'on pourrait y trouver en investissant dans ce pays, en venant en tant qu'enseigne et même investisseur régional dans ce pays. Donc oui, l'idée, c'est de le faire, mais c'est de l'ouvrir qu'à un seul pays. Alors, on ne dirait pas non à d'autres officiels qui voudraient venir, bien sûr, Mais l'idée, c'est vraiment d'avoir... un pays à l'honneur qu'on décrypterait à travers différents touchpoints tout au long de la journée et effectivement, ça voudrait dire que certains politiques seraient là du pays en question. Malheureusement, ce n'est pas encore confirmé. On ne veut pas se porter l'œil comme on dit donc on attend un petit peu la confirmation de ce pays-là et puis on communiquera sur LinkedIn en ce sens. Par contre, on a des... On a des sponsors qui sont en cours aussi de confirmation. Certains sont déjà confirmés, comme Canal+, Impact. Canal+, Impact, c'est super intéressant. Ayant bossé chez Canal+, Canal+, même si ça ne se définisse pas comme tel, c'est d'abord un télécom, c'est un retailer. Ayant des points de vente sur le continent, et puis des points de vente qui sont remplis, c'est un retailer sur le continent en tant que tel. C'est du retail Canal+, en Afrique, puisque c'est dans un concept boutique. Et ce qui est super intéressant avec Canal, moi j'y travaillais il y a dix ans, c'était des distributeurs, c'était des partenaires qui avaient le business Canal en Afrique. Aujourd'hui ce sont des succursales, ce sont des filiales, mais c'est intéressant de voir que le groupe est passé de distributeur, ce serait l'équivalent d'un franchisé dans le retail, pré-table, beauté, donc il est passé de distributeur à succursale, et aujourd'hui Canal est très impliqué dans le social. Donc c'est vrai qu'ils viennent aussi nous expliquer leur plateforme Canal Plus Impact. Et comment aujourd'hui, ils sont passés de retailers confirmés à contributeurs sociaux acharnés. Donc, ils viennent présenter leur plateforme Canal Plus Impact pour monter aussi des projets RSE avec les différents acteurs qui seront là sur le continent africain. Donc, on est très content de ce partenariat-là et on est très content qu'ils donnent le là sur les sujets de RSE.
- Ramata
Très bien. Écoute, merci beaucoup pour toutes ces infos. Est-ce que tu peux nous partager, du coup, le prix ? Les conditions d'accès, on comprend que c'est un événement B2B, donc il faut être un professionnel. J'imagine que c'est un événement payant.
- Izar
C'est un événement payant. Le badge accès complet, à ce que je t'ai dit plus tôt, coûte 390 euros et ça donne accès à toute la journée et bien sûr au contact direct avec les services internationaux des enseignes qui seront présentes. Aujourd'hui, on a de très belles confirmations d'enseignes qui seront présentes. On a le groupe Casino avec Monoprix, Franprix. On a Yves Rocher. la haute. Kiko Milano qui cartonne et qui est passé numéro un au Golfe et qui a des ambitions également sur l'Afrique. On a Kiabi qui est déjà en Afrique, mais qui continue son expansion. On a un meublement déco, on va avoir Gauthier. On va également avoir Jiffy. On a vraiment de très belles enseignes qui sont leaders de leur domaine, qui seront sur Afritail. Et on encourage vraiment, comme tu disais, ces distributeurs, investisseurs ou wannabes franchisés Afrique à venir sur le forum. et à prendre leur badge pour avoir accès à cette matinée d'immersion, ce cocktail déjeunatoire et cet après-midi de rendez-vous B2B. Très bien, écoute, merci. On a une vision large de l'ambition de cet événement. Est-ce qu'en fait, dans la construction de cet événement-là, tu avais des références d'événements similaires, équivalents ailleurs ? Quand vous avez commencé à réfléchir à ça avec Eurelia et Procos, en fait, vous aviez l'ambition d'avoir quelque chose de similaire à quelque chose d'existant ou c'est vraiment un format qui est nouveau en fait ?
- Ramata
Ça reste quand même un format inédit au sens où il y a une verticale claire, Afrique Retail, on ne pouvait pas mieux, on n'a pas été chercher loin, on a appelé ça Afretail. Donc, ça reste quand même une verticale hyper, je ne vais pas dire niche, parce que le retail est en train d'émerger, mais en tout cas spécifique. Donc, je crois que c'est assez innovant de par sa spécificité. Bien sûr qu'on a les grands événements qu'on connaît, Ambition Africa, sur lequel j'ai été... sur lequel, non pas du tout organisatrice, non, mais sur lequel j'ai été panéliste deux fois, qui est fait à Bercy par le ministère de l'Intérieur ou de l'Économie, je ne sais plus, mais en tout cas qui est un événement public. On a Business Africa, qui est plutôt B2C, où là c'est vraiment la diaspora africaine qui est invitée à parler business pendant deux jours, qui est fait par Régis. Donc j'ai ces événements en tête, qui sont de gros événements, qui sont très bien organisées avec des programmations riches. Nous, c'est vrai que c'est B2B. On ne veut pas forcément l'ouvrir au B2C. Encore une fois, on veut que ce soit à haute valeur ajoutée et très qualifié pour les participants. Et je ne dis pas que ce n'est pas le cas quand ça ne l'est pas, mais au moins d'être sûr qu'on parle du même sujet, ça facilite les choses. Et puis, après, il y a des salons de diaspora qui sont très bien. Moi, j'avais été à EMBO à Paris, qui est le salon de la diaspora camerounaise. J'avais été l'an dernier, c'est un salon qui m'a beaucoup inspirée de par son organisation vraiment optimale, de cette niche aussi, bon pas niche parce que les Camerounais en France sont nombreux, mais en tout cas de prendre la verticale d'un pays, j'ai trouvé ça très intéressant. Donc, moi, il y a plein de salons qui m'inspirent ici et là. Mais c'est vrai qu'il y a le salon du monde arabe qui va être organisé le mois prochain et qui est aussi une belle… Une belle réponse aussi de cette organisation Arabo Amazir sur les sujets sociaux. Donc, il y a plein de salons qui existent. Il y a le CEO Forum, si jamais on veut aussi regarder les leaders du domaine. Mais le salon que nous on organise, il est vraiment différent en ce qu'il est très spécifique. Et c'est là où on est très content, c'est qu'on sait que tout le monde a parlé du même sujet. Tout le monde vient pour le même sujet. Les distributeurs africains qui veulent des nouvelles franchises, les enseignes et franchises. internationales qui veulent s'implanter en Afrique. Voilà. Après, il y avait des rencontres internationales qui existaient, mais malheureusement, dans ces rencontres qui existent, je veux dire, du domaine de la distribution, malheureusement, l'Afrique n'est pas toujours écoutée. Voilà. Si on est très honnête, le salon de la franchise existe, mais voilà, ce n'est pas forcément là où on va écouter les ambitions des distributeurs africains. Il y a forcément le TFWA, moi, qui était dans mon domaine, qui est travel retail, avec aussi une dynamique très luxe, très beauté. Pareil, on peut rencontrer de très beaux franchisés africains, mais du coup, ce n'est pas ouvert auprès d'apporter, ce n'est pas ouvert à la restauration, ce n'est pas ouvert à la décoration, c'est très beauté. Donc voilà, de se dire qu'on est multisecteur, mais Afrique, et retail, ça n'existait pas.
- Izar
Très bien, donc il y a vraiment une volonté d'apporter quelque chose de nouveau dans un environnement dans lequel... Il y a différents acteurs, mais chacun prend une verticale. Et là, l'idée, c'était vraiment d'occuper un espace finalement dans lequel il y avait énormément d'informel. En fait, les gens se contactaient directement, mais il n'y avait pas d'événements qui permettent à tout le monde de se retrouver. Et pour le coup, je pense que c'est une super belle initiative et qui sera, je pense, couronnée de succès parce qu'il y avait vraiment un besoin.
- Ramata
En fait, comme je te disais, Ramata, ce n'était pas l'idée de se dire « si on organisait quelque chose, qu'est-ce qu'on peut faire ? On aimerait bien avoir une actu. » Non, c'était l'inverse. « Ah, mais on a tous ces gens qui veulent se rencontrer. Bon, ok, alors faisons un salon. » Donc, en fait, à force d'avoir toutes ces sollicitations, j'en parlais à une amie une fois, elle me dit « mais j'ai plein d'enseignes qui veulent aller en Afrique et à côté de ça, j'ai plein de distributeurs qui veulent des nouvelles enseignes. » Elle me dit « mais il faudrait faire un salon. » Je dis « ben, ce n'est pas bête. » Donc, voilà, en fait, ça s'est vraiment imposé. comme ça. Donc, c'est assez naturel d'organiser ce salon, parce que c'est un besoin du marché. Très bien. Écoute, je pense qu'on a fait à peu près le tour, en fait, à la fin de ton parcours et de tes ambitions pour Concretiz et pour
- Izar
Afreytale. Moi, l'idée, en tout cas, c'était de faire le point sur, effectivement, les opportunités de développement sur le continent. Pour faire le lien, en tout cas, avec moi, ma verticale qui est plutôt mode, à travers cet événement, il va y avoir forcément des marques de prêt-à-porter, des marques de mode qui vont être présentes. des marques françaises qui sont implantées déjà aujourd'hui sur le continent africain. Et donc, ça va être intéressant pour moi de participer, je dirais, en tant que média pour pouvoir voir un peu quelles sont les perspectives et les opportunités de développement sur le côté mode, mais aussi d'avoir cette vision plus large de quelles sont les opportunités de développement sur le continent, parce qu'encore une fois, c'est souvent peu visible, mal raconté, et on l'envisage peut-être parfois avec beaucoup de... de pincettes et des peurs qui ne sont pas forcément réalistes et en phase avec la réalité de ce qui se passe sur les territoires. Donc, c'est important d'avoir un profil comme le tien pour pouvoir nous partager des réalités terrain positives et réalistes. Positives dans le sens où il y a des opportunités, réalistes dans le sens où il faut travailler. En fait, ça ne va pas être facile de se développer en Afrique, mais il y a de vraies opportunités à créer des choses qui fonctionnent.
- Ramata
Tout à fait, Ramatha. Tout à fait, d'autant que sur la table ronde impact social et sourcing éthique, ça va être hyper intéressant parce qu'il y a des marques de prêt-à-porter notamment qui vont parler de leur stratégie made in Africa. Maintenant, ça se fait aussi dans ce sens-là. Les marques internationales qui commencent à produire en Afrique, c'est quelque chose de fort. Je ne te dévoile pas tout, tu sauras tout le 28 juin 2024. Mais voilà, c'est aussi intéressant dans ton domaine qui est la mode de se dire aujourd'hui, ce n'est pas simplement… soit des marques africaines qui font du Made in Africa, qui s'adressent à l'Europe ou même à l'Afrique, ou à l'inverse, des marques internationales qui font du Made in Asie et qui s'adressent à l'Europe et à l'Afrique. Mais c'est de se dire aujourd'hui comment une marque internationale peut faire du Made in Africa. Donc, c'est une marque internationale qui fait du Made in Africa, mais qui s'adresse au reste du monde. Donc, ça, c'est super intéressant. Et c'est des dynamiques qui sont vraiment en train d'émerger. Et je n'en dis pas plus, mais le pays à l'honneur en question, peut-être en parlera. Mais bon. Voilà, moi aussi.
- Izar
Ok, très bien. Écoute, tu nous as mis plein d'éléments. Tu as fait un bon teasing digne d'une série Netflix. Donc là, en fait, on sera au taquet pour le 28 juin 2024. Et je pense qu'il y aura probablement un autre épisode de podcast ou en tout cas une interview écrite avec un débrief des éléments de l'événement pour ceux qui ne pourraient pas y assister, notamment qui seraient intéressés par les sujets, mais qui ne font pas partie du... public en fait de professionnels. Je pense que ce sera intéressant de faire un débrief de certains éléments qui peuvent quand même intéresser l'audience.
- Ramata
Bien sûr, avec grand plaisir.
- Izar
Très bien, j'ai été ravie de partager ce moment avec toi et d'en savoir plus sur ton parcours et sur tes différentes initiatives. Et on se retrouve le 28 pour le salon à Freetail.
- Ramata
Merci beaucoup Ramatha, à très vite. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère que cette interview vous a plu. Pour soutenir mon initiative et donner de la portée au message des créateurs du continent, je vous propose trois actions. Abonnez-vous sur Spotify ou Apple, partagez l'épisode à trois de vos amis, prenez le temps d'évaluer le podcast et de mettre 5 étoiles. Merci encore et à très vite en Afrique ou ailleurs.