- Sebastien
Donc, j'ai fait mes recherches. Il fait comme ça que je suis tombé sur le KwaKoDunda. Le KwaKoDunda, moi, je le voyais, ce peintre-là, au village. Quand je partais au village voir la famille, je voyais souvent un peintre qui était toujours porté par des grands mecs, par des gens défavorisés, des gens qui n'ont pas assez de moyens. Mais le peintre n'avait qu'une seule couleur, c'était le violet et le vert. Mais je me demandais ce peintre. Ce panneau, tout ça, on n'avait jamais vu l'histoire de ce panneau. Et un jour, je me retourne vers Ouagadougou, au grand marché de Ouagadougou, et je vois le panneau qui est vendu au grand marché. Mais je peux te dire que j'étais tellement content de voir ce panneau. Quand je l'ai touché, j'ai dit à la dame, j'ai dit le panneau me plaît. Bon, la dame n'était même pas là, sa fille était là. Et j'ai dit que je voulais acheter le panneau. J'ai acheté le panneau. Il était là, je ne sais même plus, une dizaine par exemple, qui ne coûtait rien. Je pense que le pain n'est pas le même parmi les fois quand je l'ai acheté. Donc, j'ai acheté une dizaine et j'ai donné ma carte à la petite. J'ai dit, ah, si ta mère venait, s'il te plaît, donne-lui la carte, si elle te le contente. Et c'est comme ça que je suis parti à l'épargne. Et quand je suis parti à l'épargne, j'ai commencé à aller travailler. J'ai commencé à faire des chemises, des tenues, tout ça. J'ai commencé à exposer ça dans les ateliers. Et j'ai le client qui est arrivé, je suis tout choqué de voir cette pari.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramat Alialo, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes, je suis également consultante en marketing et communication. Donc, J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Sébastien Bazemot, fondateur de la marque éponyme Sébastien Bazemot, dont l'atelier est basé à Ouagadougou. Il utilise le pagne Cocodunda dans ses collections. Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de sa marque et de son parcours. Bienvenue Sébastien, comment vas-tu ?
- Sebastien
Oui, ça va très bien, et chez toi Ramata ?
- Ramata
Écoute, ça va très bien. Je suis ravie qu'on ait eu l'opportunité d'organiser cette interview. Tu vas pouvoir nous parler du savoir-faire de Burkina que tu as mis en avant à travers ta marque et tu vas nous parler de l'actualité de ta marque et de ton parcours. Mais tout d'abord, ce que je vais te demander, c'est ce que je demande à tous mes invités quand je démarre les interviews, je vais te demander de te présenter.
- Sebastien
Merci, merci Romantin de t'intéresser à notre domaine qui est l'amour. Moi, c'est Sébastien Bazemont, en état civil. Et depuis cinq ans, ma maman, qui était auparavant appelée Bazem, s'appelle Sébastien Bazemont, comme le nom du créateur que j'ai su. Et j'exerce dans mes métiers depuis plus d'une trentaine d'années maintenant, je peux dire.
- Ramata
Donc, on peut considérer que tu as un doyen, si tu me permets l'expression, dans le secteur de la mode africaine.
- Sebastien
Oui, je dirais que je ne suis pas étranger dans le domaine de la mode et j'ai roulé ma route dans presque beaucoup de pays en Afrique, comme en Europe, comme aux États-Unis. Donc, je ne dirais pas que je suis un designer. Je suis un designer qui a fait beaucoup, qui a fait ses paroles dans la mode.
- Ramata
Eh bien, écoute, tu vas pouvoir nous parler de tout ça en détail. Moi, ce que j'aimerais savoir, c'est comment est-ce que tu as démarré ? Comment est venu le déclic qui a fait que tu as décidé de créer une marque de mode ? Est-ce que tu as toujours évolué dans le secteur de la mode ? Ou est-ce qu'à un moment donné, il y a eu un changement de carrière qui a fait que tu as décidé de t'intéresser à ce secteur ?
- Sebastien
Remarquement, je dirais que c'est la mode qui est venue à moi. Parce que je dis toujours que moi, je ne suis pas allé à la mode parce que je voulais faire la mode. Mais la mode est venue à moi depuis tout petit. Il faut dire depuis l'école première déjà. Moi, j'étais l'enfant qui était trop dans le jupon de sa mère. Donc, vous savez qu'en Afrique, nos mamans sont tout le temps chez les couturiers, en train de faire leurs tenues. Et moi, j'étais tout le temps avec ma mère quand je partais avec elle chez son couturier. J'avais cette passion de ramasser le bout de tissu, les aiguilles et tout ça. Et souvent en classe, je me mettais à poudre sous ma table de thé vire. Et cette passion ne m'a pas quitté jusqu'à un certain moment. Je dis à mes parents, moi j'aime la beauté, je ne veux plus continuer l'école. Mais c'était difficile déjà pour un parent d'antan. Parce que vous savez, nos parents, ils rêvent tous les jours de voir leurs enfants, avoir une docteure. qu'on va avoir une licence, avoir ci, avoir ça. Mais moi, déjà, à l'école primaire, je ne voulais plus continuer l'école, c'était compliqué. Mais le deal avec ma mère, c'était de continuer un peu l'école. Et puis voilà, après, on pourra voir si mes idées sont toujours les mêmes, elle pourra me soutenir. Et ce n'était pas facile du côté de mon père, parce que lui, il ne voulait jamais entendre ça. Déjà qu'à l'époque, on disait Oui. On appelait ça la série C. Ça veut dire les enfants qui n'ont pas réussi à l'école, c'est eux qui font l'opportunité, la poivre. Et mon père, lui, ne voulait pas ça. Et c'est là que j'ai compris le défi. Et moi, je pense que c'est après mon entrée en 6e que j'ai décidé de faire ce que j'aime, qui était l'arbre, d'apprendre l'arbre. Et voilà, avec le soutien de mon mère, il faut dire parce que mon père, c'était pas possible.
- Ramata
Très bien. Donc, ce sera intéressant de voir que ça a toujours été une passion pour toi. Et effectivement, moi, j'ai entendu beaucoup de créateurs me raconter ce que tu racontes en disant que la mode, ce n'était pas du tout perçu comme une carrière à suivre, que les parents voudraient qu'on fasse plutôt médecine ou éventuellement du droit, des professions qu'on considère plus classiques et plus valorisées, et que la mode, ce n'était pas considéré comme un métier sérieux ou comme un métier, effectivement... qui pouvaient être réservées à des bons élèves. Est-ce qu'en termes de mentalité, toi, tu constates un changement aujourd'hui par rapport à la mode ?
- Sebastien
Oui, je constate beaucoup de changements. Il faut dire qu'à l'époque, nos parents, pour eux, la mode, je ne sais pas comment, qui est vécue en Côte d'Ivoire, il faut dire que je suis né et grandi en Côte d'Ivoire. Et en Côte d'Ivoire, quand je me rappelle, je pense pourquoi mon père ne voulait pas que je fasse ma mode, parce que... À l'époque, on avait des personnes qui se promenaient avec la machine sous les épaules pour juste faire des bricoles. Donc, quand tu disais à un parent que tu voulais faire la mode pour lui, il voyait son fils se promener avec la machine sous son épaule pour pouvoir bricoler la tenue des gens. Mais aujourd'hui, avec le temps, tout a évolué. Aujourd'hui, pour faire la mode, il faut faire de grandes études parce qu'il y a beaucoup de calculs aussi dans la mode. que prendre le tissu et le découper. Il y a beaucoup de calculs avant de découper le tissu. Donc, je dirais qu'il y a eu un grand changement dans le domaine de la mode, surtout du côté de l'Afrique, il faut dire.
- Ramata
Mais je suis assez d'accord avec toi. Effectivement, l'appréciation du secteur de la mode et la possibilité de carrière que l'on peut faire dans ce secteur, ça a énormément évolué, que ce soit en Afrique ou en Occident, et il y a un changement de perception de ce secteur. Donc, toi, à partir du moment où à tu as été, on va dire, aidée, comme tu l'as dit, par ta mère et qu'elle a accepté que tu embrasses cette carrière dans le secteur de la mode. Comment est-ce que tu as commencé ? Est-ce que tu as commencé directement avec ta propre marque ou est-ce que peut-être tu as travaillé chez des personnes qui étaient déjà installées, qui t'ont appris le métier ? Comment est-ce que tu as démarré ?
- Sebastien
Non, parce que déjà, tu sais, comme j'étais très jeune et quand j'étais à ma mère, je voulais faire la... Elle se disait que c'était peut-être caprice d'un enfant. Pour ne pas jeter son argent, j'étais d'une famille midesse, mes parents n'avaient pas assez de moyens. Donc, pour ne pas gaspiller son argent, elle a voulu me mettre chez mon oncle, qui était son couturier, pour voir. Donc, j'ai fait un an chez mon oncle pour apprendre la pétule. C'était pour voir aussi si c'était... une folie ou bien c'était vraiment un défi de faire la boue. Donc, il a fallu aussi que mon oncle remarque si vraiment c'est le métier que j'aimerais faire. Mais je dirais que pour moi, j'étais tellement enthousiaste quand je commençais la boue de chez mon oncle que chaque jour, j'étais en train de faire des pécoles. Et puis, il faut dire que ma mère n'était pas mon mannequin parce que pour moi, il suffisait que je ramassasse les boues. je les mettais ensemble, je faisais des trucs pour ma mère et j'avais une petite nièce qui était chez nous j'en ai beaucoup de trucs pendant un peu, je ne savais pas trop d'un, mais c'était le plaisir pour moi de... De bricoler, même des chutes de pouture. Et jusqu'à un an après, mon oncle est venu voir ma mère pour lui dire « Je pense que votre fils est fait pour ce métier et vous devez accepter de l'aider. » Et c'est comme ça qu'on m'a même aidé à rentrer dans une école de pouture en Côte d'Ivoire. Quelque chose qui n'était pas donné à tout le monde, mais je pense qu'avec son petit commerce, elle a arrivé à m'aider parce que mon père, pour lui, n'était pas question. Donc, il ne voulait même pas mettre son argent. Mais plus que lui, il ne croyait pas trop en ça. Et il faut dire, je dis toujours, grâce à ma mère, aujourd'hui, je fais le métier que je voulais. Et je dirais que j'ai tellement envie d'apprendre aussi, parce que vous savez que quand déjà tu aimes quelque chose, le fait de l'aimer, le truc passe facilement. Tu as envie de tout faire. de tout faire bien. Donc, ça fait que pour moi, ça a été très facile d'apprendre le métier.
- Ramata
Et donc, qu'est-ce qui se passe après cette année passée avec ton oncle où tu apprends les bases du métier ? Quelle est ton évolution ? Est-ce que tu restes travailler avec lui ou est-ce que tu décides de te mettre à ton compte ?
- Sebastien
Non, parce que j'ai appris avec mon oncle et arrivé à un moment, mon oncle, il a eu un problème de famille où il devait rentrer au Burkina, comme on vivait en Côte d'Ivoire. moins J'étais dans une école de formation. Quand j'ai fini l'école de formation, mon oncle a contacté une des reconnaissances encore pour que je me forme encore plus. Donc là, j'étais dans un atelier du côté de la Tiamé où j'ai appris, je dirais que j'ai fait plus de 3 à 4 ans là-bas aussi. à quoi passer pour moi, il fallait... Tu sais, le métier de la mode, on ne finit jamais d'apprendre. Donc, il fallait mieux connaître tous les hauts et les bas du métier. Donc, j'ai appris là-bas au fil. Avant de m'installer à mon propre compte, c'était quoi ? C'est que moi, j'ai commencé avec une machine que ma mère m'a achetée à une vente aux enchères. Et avec cette machine, j'avais ça à la maison et c'est comme ça. Je posais à la maison pour tout le quartier, presque tout mon quartier. J'avais des cas à la manifestation dans mon quartier. Je me proposais des coups pour mes camarades. Pour moi, c'était une manière de me former. Je ne demandais pas l'argent, mais je demandais à ceux que vous payez les fournitures et que moi, je vous fais votre tenue. Ça peut réussir comme ça peut ne pas réussir. Le point dit aussi, à un moment donné, que je n'étais pas facile pour moi. Comme on appelle là, tu ne payes pas la forme. si je prends ton habit que j'essaie de bricoler, que ça ne marche pas, tu n'as pas à te fâcher. Donc, c'était une manière pour moi d'apprendre avec mes amis tout ce qu'ils ne veillaient pas. Et il faut dire souvent, ça peut marcher comme ça peut ne pas marcher. Et pour moi, c'était la formation comme ça. Donc, j'ai commencé à travailler chez mes parents. J'avais ma machine à la maison. Et au fur et à mesure, j'ai commencé à prendre des tenues de poux, mes amis de captier. Et surtout, ma mère. Parce que je dis toujours, ma mère fait mon premier mannequin. offre une manière de faire une dernière... dorée s'habiller qui est très élégante. Et chaque dimanche qu'elle partait à l'église, elle avait une nouvelle tellure que je lui confets sur moi. Donc j'ai beaucoup appris avec les tissus de ma mère.
- Ramata
Très bien, super intéressant de voir toutes les étapes d'apprentissage que tu as mises en place pour pouvoir acquérir ton expertise dans ce métier. Et à partir de quel moment est-ce que tu crées ta marque à part entière en fait ? Comment est-ce que vraiment tu passes du côté un petit peu petit tailleur qui travaille à son compte et qui propose un petit peu des arrangements avec les clientes à vraiment une marque à part entière ?
- Sebastien
Il faut dire que, comme on appelle, arrivé un moment pour moi, j'ai commencé à créer ma marque à Pédia en Côte d'Ivoire. Et déjà, je voyais que le... Le milieu était saturé là-bas. Donc, pour moi qui suis d'origine bouquinabé, et né en Côte d'Ivoire, je me suis toujours dit que je voulais visiter le bouquinabé. Parce qu'il faut dire que quand on était petit, on ne nous a jamais envoyé au bouquinabé. Parce qu'on a toujours vu les images du bouquinabé comme un pays qui n'est pas développé. Donc déjà, ça ne nous a jamais intéressé d'aller vivre au bouquinabé. Et moi, quand j'ai grandi, je ne sais pas, mais ça m'est venu en tête un jour comme ça de visiter le Burkina. Et quand je suis allé au Burkina, j'ai vu la manière dont les gens s'habillaient. J'ai trouvé que la mode était basique là-bas. Par rapport à un gros capital où je vivais, où les gens étaient pauvres, où on ne parlait pas encore, on ne parlait pas d'un mariage ou d'un anniversaire. Les gens étaient toujours bien habillés. Et quand je suis allé au Burkina, je pense deux semaines, et quand je suis retourné, j'ai dit à mes parents, j'ai dit que j'aimerais m'installer au Burkina Faso. Je vais m'installer au Burkina et c'est comme ça que je décide le 4 mai 2004 de m'installer au Burkina Faso et de créer ma marque. J'arrive au Burkina, ce n'est pas facile parce que c'est un pays, c'est vrai que c'est un pays, mais c'est un pays où je ne connais pas grand chose, je ne connais rien. Mais pour moi, c'est un effet. que j'y arrivais déjà, mes parents quand je leur ai dit que je voulais m'installer au Burkina, ils n'étaient pas pour. Alors que moi je voulais leur montrer que voilà, je suis devenu grand garçon, je peux me prendre en charge, je peux y arriver. Quand je me suis installé au Burkina, ce n'était pas facile mais avec le courage et tout ça, et cette volonté, cette envie de créer ma marque était vraiment un bon truc. Je suis arrivé en 2004 et il y avait le salon du CIO, je ne sais pas si vous connaissez le CIO, le CIO qui est le salon de la tisane à cette période. Et moi, je me suis inscrit à prendre un stand là-bas aussi, parce que je venais d'arriver au Boutilhé. Quand je me suis inscrit, j'ai pris un stand, les gens venaient venir. et voir mon stand, voir ce que j'avais créé et tout ça. Et c'est comme ça, de bouche à oreille, j'ai commencé à avoir la clientèle. Il faut dire que quand je suis arrivé au Burkina, je n'avais pas encore d'atelier. Je confectionnais chez moi jusqu'à ce que je prenne maintenant un atelier et que je commence à travailler. Et là, je me suis donné le nom de Bazemse. Bazemse, qui pour moi, c'était mon nom de famille et mon nom qui était Bazemo et Sébastien. Et c'est qu'en 2020 que j'ai voulu changer de nom parce que, voilà, au moins je me disais, je suis le créateur de la marque. Et quand je regardais à l'international, toutes les grandes maisons de boites portaient le nom de Trit. Et cette entreprise m'a donné l'envie de changer de nom et d'être au-dessus de me faire appeler Sébastien Valtenau, donc le SP.
- Ramata
Très intéressant de voir comment tu as construit ta marque au fur et à mesure. Et puis, tu as pu faire un comparatif entre ce qui se passait en Côte d'Ivoire au niveau de la scène mode et ce qu'il pouvait y avoir au Burkina. Je sais que dans ta marque, le fait de mettre en valeur, mettre en avant des savoir-faire locaux, notamment le pan Coco Dunda, c'est vraiment important pour toi. est-ce que tu peux expliquer comment est-ce que... ça t'est venu en fait cette envie d'intégrer des parts dans ta marque, le fait de valoriser un savoir-faire local.
- Sebastien
Il faut dire aussi, Ramata, que ce qui m'a poussé à rester au Burkina, c'est le fait de savoir que le Burkina fait partie des pays cultivateurs des propres. J'ai vu qu'au Burkina, on travaillait beaucoup le façon d'orphaner. Et le façon d'orphaner, pour moi, c'est vrai que je n'ai pas commencé à travailler avec, Parce que pour moi, je trouvais que... C'est vrai que c'était un panicoton, mais qui était un peu épais pour moi, qui était un mot pour ma clientèle, c'était pas ça ma création. Et depuis des années, je travaillais des tissus, importais des tissus, ils venaient d'ailleurs, mais pas le fasson d'orphané, parce que pour moi, le fasson d'orphané, à l'époque, il était un peu très, très rigide, très dur. Et c'est ce qui m'a donné envie de chercher, comment on appelle ça, d'autres matières locales par exemple que je pouvais travailler. Et c'est comme ça que je suis tombé sur le concours d'UNDA je pense que c'était en 2016 comme on l'appelle là, où l'économie de Côte d'Ivoire est devenue compliquée parce que il y avait eu beaucoup d'états où on avait fait des faiblesses comparables donc tout était devenu plus on se cherchait, on n'avait pas de clientèle et moi l'idée hum de venir au Souss, donc de faire mes recherches. Il fait comme ça que j'ai trouvé celui de Corcordonda. Le Corcordonda, moi je le voyais ce peintre-là au village, quand je partais au village voir la famille, je voyais souvent un peintre qui était toujours porté par des grandes maires, par des gens défavorisés, des gens qui n'ont pas assez de moyens. Mais le peintre n'avait qu'une seule couleur, c'était le violet et le vert. Mais je me demandais ce que c'était ce panneau, tout ça. On ne m'avait jamais questionné l'histoire de ce panneau. Et un jour, je me retourne vers Wadagou, au grand marché de Wadagou, et je vois le panneau qui est vendu au grand marché. Mais je peux te dire que j'étais tellement content de voir ce panneau. Quand je l'ai touché, j'ai dit à la dame, j'ai dit le panneau me plaît. Bon, la dame n'était même pas là, c'était sa fille qui était là. Et j'ai dit que je voulais acheter le panneau. J'ai acheté le panneau qui était là, je ne sais même plus, une dizaine par exemple. qui ne coûtait rien. Je pense que le pain ne valait même pas le mire quand il a acheté. Donc, j'ai acheté une dizaine et j'ai donné ma carte à la petite. J'ai dit, ah, si ta mère vient, s'il te plaît, donne-lui la carte, si elle te le demande. Et c'est comme ça que je suis parti à l'épargne. Et quand je suis parti à l'épargne, j'ai commencé à aller travailler. J'ai commencé à faire des chemises, des tenues, tout ça. J'ai commencé à exposer ça dans une atelier. Et j'ai mes clients, quand ils arrivaient, je me suis choqué de voir ce pain. Je lui ai dit, mais Bazem, c'est... À l'époque, on m'appelait Bazem, c'est... Non, mais tu es tombé aussi bas pour utiliser ce pain-là. J'ai dit, comment ça ? Et en se mettant, on m'a expliqué l'histoire de ce pain-là. Je peux te dire que ça me faisait tellement rire. Parce qu'on dit, ce pain-là, quand tu le... On l'appelait Tchétchibarala. Tchétchibarala, du coup, là, tu fais des films, mon mari ne travaille pas. Donc, c'est un pain-là où beaucoup n'aimaient pas compter. Parce qu'ils se disent, si ils le portent, leur mari, soit son travail va se gâter, soit le malheur va faire par leur porte. Donc, personne ne veut le porter. Et moi, quelques jours, la dame m'appelle, la bonne dame m'appelle, et moi, je dis à la dame, je dis, ah, j'aimerais vous rencontrer, vous devez me donner un coup de bouche, je parle à moi. Et la dame m'explique qu'il faut du pain, qu'on peut tout faire. Moi, je dis à la dame, je dis, bon, mais est-ce que le pain, on ne peut pas le faire d'autres couleurs ? Pourquoi il n'y a que cette couleur ? Et est-ce qu'on ne peut pas changer les motifs et tout ça ? Elle me dit, oui, bien sûr, mais les gens ne vont pas payer. Je dis, mais moi, je veux commander ça, parce que je veux lancer ce pain. Et mes gars, ok, d'accord, moi je vis du point de vue, je profite des couleurs que j'ai données, le jaune, le rouge, j'ai donné des couleurs, parce qu'il y avait des couleurs un peu chaudes, des couleurs de tous les jours de la jeunesse. Et j'ai commandé le tissu, je suis parti, après la dame m'a appelé, je suis allé voir le tissu qu'elle avait fait. J'étais tellement enthousiaste de voir ce tissu, j'étais tellement content. Et quand j'ai pu s'éteindre, je suis allé, j'ai commencé à confectionner des trucs. Et j'ai dit à la dame, je dis bon, moi je vais partir à Bobo. Bobo, tu vois, c'est la deuxième ville, tu vois, où le pain, si tu veux, c'est comme l'usine du pain, tu trouves, là-bas. Parce que c'est là-bas, les mamans utilisent beaucoup le pain. Et quand je suis parti, je suis emmené dans un quartier qu'on appelait Cocon. Et quand je suis rentré dans le quartier Cocon, j'ai vu ces mamans-là, c'est le mari qui attachait le pain. Ils ont une manière d'attacher. Et les femmes m'étaient dans la teinture. Mais j'étais tellement content de voir ça, ce beau travail. Et au sorti de ce quartier, je me suis dit, est-ce que je ne vais pas changer le nom du parme là ? Et c'est là que j'ai trouvé le nom Corpon. Et quand je suis venu à Ouagadougou, j'ai organisé une conférence de presse en invitant toute la presse. Je me suis dit, je ne voudrais pas qu'on appelle le parme Chetidara là. Mais désormais, on va l'appeler le Popopo Ndunda. Vous savez, c'est l'auteur de Koko, qui est l'un des grands acteurs au niveau du lasso, que tout le monde connaît. Donc moi, j'ai voulu rendre hommage à cette maman, à cette femme-là-bas. Et depuis 2016 jusqu'au aujourd'hui, cette femme a été baptisée Koko Dunda, et elle est labellisée par les peuples qui l'ont répétée.
- Ramata
Wow, c'est incroyable cette histoire que tu nous racontes sur l'origine même de l'appellation du nom Koko Dunda et le fait que de cette conférence de presse que tu as organisée pour pouvoir vraiment officialiser cette appellation. Donc là, tu parles de conférence de presse, donc ça m'intéresse de savoir justement quel est ton rapport avec les médias, avec les influenceurs, éventuellement les célébrités, parce qu'on sait que quand on veut partager une information par rapport à une marque de mode, ça peut passer effectivement par une conférence de presse et des médias, ça peut passer par les célébrités, Ça peut passer au niveau des médias, ça peut être la radio, ça peut être des magazines, ça peut être aussi la télévision. Quel est ton rapport avec les médias et avec le fait de faire connaître ta marque, en fait ?
- Sebastien
Il faut dire, Ramat Patou, moi, j'ai toujours collaboré avec les hommes de médias, les influenceurs, les artistes, les personnes du grand public, en fait. Donc... Et puis, il faut dire que depuis 2007, j'ai un événement qu'on appelle Folie de Maud. Folie de Maud, qui aujourd'hui est à sa 14e édition. Et c'est un événement que j'ai toujours organisé pour moi, pour valoriser la mode, l'attitude africaine en général. Et comme on appelle, quand j'ai voulu lancer le Pompadour, j'ai organisé une conférence de presse, comme je le fais quand j'organise mon festival Folie de Maud. J'ai fait pareil, j'ai invité la presse et ainsi de suite, et j'ai organisé la presse. conférence de presse, en les présentant déjà le pain. à l'état de l'ancienne époque et le pan que moi j'ai fait changer. Parce qu'il faut dire que j'ai changé la boutique, j'ai changé la texture. Et j'ai voulu changer les couleurs aussi. Donc il fallait la presse, il fallait toutes ces personnes des médias pour communiquer dessus. Et quand j'ai fait tout ça, quand j'ai fait la conférence de presse, à l'époque c'était... Et je pensais que les gens qui sont les plus suivis au pays, c'est souvent le groupe présidentiel. Donc, il fallait que j'appuie le groupe présidentiel. Et c'est comme ça que j'ai demandé une audience pour aller voir le président et son époux. Et je les ai parlé. Et je les ai dit, c'est eux qui peuvent donner un coup de main pour poster cette économie, l'économie de ce pays. Et c'est comme ça que le président a pris les mesures du président, les mesures de sa femme et que je les ai. Je les ai fait des tenues et en même temps qu'ils ont porté, ça a été un peu tout nouveau parce que le pain qu'on disait, c'était le pain des courses, a été porté par le groupe présidentiel. Il fallait que ça marche ou pas, il fallait que ça passe ou ça casse et c'est comme ça. Le pain a pris plus d'emploi et après ma conférence de presse, je pense un mois après, j'ai organisé un défilé privé. où j'ai invité les gens des médias pour montrer ce qu'on pourrait faire de ce panneau qui était marginalisé. Donc, j'ai fait un défilé de motos, j'ai présenté quatre tableaux en tenue de soirée, tenue de vie, tenue de tous les jours, et tenue de mariage dans le même panneau. Et je peux te dire, au lendemain de ce défilé, le défilé c'était un dimanche, mais au lendemain, c'était dans la bouche de tous les bons. où on parlait du corps cordonné. Il fallait que tout le monde ait son corps cordonné. Donc, comme le président a reporté, il a reçu des personnalités avec. Et ça fait que quand il y avait une personnalité qui arrivait au Burkina, on me demandait si je pouvais confesser une tenue pour cette personne. Et c'est comme ça que j'ai habillé Angéline Alkundi, la princesse de Monaco. Et aussi beaucoup d'artistes comme Alpha Blondie, comme on appelle Fali Poupa, beaucoup d'artistes que je ne peux pas me rappeler des noms.
- Ramata
Très bien, c'est incroyable ce que tu racontes. Et comment, en fait, c'est le fait d'avoir habillé le couple présidentiel qui t'a ouvert les portes d'une certaine élite qui est venue s'habiller chez toi. Mais le point de départ, c'est vraiment ce côté... politiques où effectivement il va y avoir des hommes politiques et ça se voit de plus en plus, hommes et femmes politiques qui vont s'habiller et qui vont chercher à mettre en avant le savoir-faire traditionnel et ça a un impact réel sur la manière dont les populations et les célébrités vont considérer les savoir-faire africains puisqu'ils vont les valoriser alors qu'il y a toujours eu une comparaison entre certaines marques de luxe occidentales et des marques africaines et on pouvait avoir tendance à privilégier des marques africaines, mais dès qu'on voit des célébrités porter des savoir-faire africains, ça change vraiment la donne. Toi, le fait d'avoir eu cette grande visibilité avec toutes les célébrités que tu as citées qui ont porté en fait des pièces que tu as créées spécialement pour elles, est-ce que tu as eu un impact directement sur le développement de ta marque, sur tes ventes ? Comment toute cette visibilité a eu un impact sur ton développement ?
- Sebastien
Oui, je peux dire que ça a eu un grand impact sur ma marque déjà, parce que tout le monde ne voulait porter que du Sébastien Bazemont. Parce qu'aujourd'hui, il faut dire que c'est vrai que le corps cordonné est utilisé par beaucoup de créateurs. Mais aujourd'hui, les gens se disent que si je dois porter du vrai corps cordonné, c'est du Sébastien Bazemont. Comme moi, je travaille avec beaucoup de coopératives de femmes en difficulté. qui ont des associations, qui travaillent le façade d'enfant et le panthissier. Donc, toute la matière, la matière traînée, par exemple, qui est le coton, qui est le concordant d'advien de cette femme-là. Donc, c'est une manière d'apporter déjà mon aide, mon coup de main à cette femme-là. Donc, pour moi, dans ma première position, je dis toujours, quand tu achètes une tenue chez Sébastien Badimou, ne dis pas que c'est ton argent que tu jettes par la filette, nécessitent plutôt aider et soutenir des personnes qui sont dans des causes difficiles au milieu. Donc moi, je veux dire, comme on l'appelle, il y a des entreprises aujourd'hui qui me commandent des tenues pour leurs entreprises et tout ça, mais tout ceci est fait dans le corps, dans le dos ou dans la façon d'envoyer parce que je travaille tous ces deux matières. Et tout ça, je pense que c'est grâce à cette communication autour, à tout ce que la communication peut apporter dans le monde. dans la marque d'un créateur, dans la vision.
- Ramata
Donc, à partir du moment où tu as eu cette visibilité, j'imagine que tu as dû organiser ton atelier, réunir une équipe, avoir peut-être ouvrir une ou plusieurs boutiques. Comment est-ce que tu t'es organisé d'un point de vue opérationnel pour pouvoir répondre aux différentes attentes ? Est-ce qu'aujourd'hui, tu as ton propre atelier ?
- Sebastien
Oui, j'ai toujours eu mon propre atelier, mais c'est vrai que j'ai augmenté mon effet. va augmenter parce qu'il fallait avoir beaucoup de couturiers qui travaillaient en même temps. Et ça fait qu'aujourd'hui, j'ai plus d'une trentaine d'employés qui travaillent pour moi, qui font un moment de vie et tout ça. Et j'ai des petits possibles un peu au bouclier en ville parce que tout le monde ne veut pas se déplacer, d'autres préfèrent être. dans 10 secondes. D'où la clientèle veut que je sois. C'est vrai que la privé n'est pas en centre-ville, elle est pas loin de la centre-ville aussi, mais à même pas, j'ai des petits postiers qui permettent aux clients de venir faire des choses. Il faut dire aussi que, pas que au Burkina, souvent il y a des concepts stores qui nous demandent des tenues que je dépose, par exemple, Merci. J'ai un concepteur qui représente ma marque là-bas. Abidjan aussi, c'est pareil. Pour le moment, il y a des gens qui m'approchent parce que je ne peux pas ouvrir partout. Mais je pense que je peux me faire présenter. Si je veux représenter ma marque.
- Ramata
Très bien. Et aujourd'hui, je pense que la marque est bien connue dans la sous-végé. Elle est connue à l'international aussi puisque tu as des cédéonités qui ont porté ta marque. Est-ce que toi, tu constates que dans les commandes, tu vas avoir à la fois des personnes qui sont basées en Afrique et notamment au Burkina, et également une clientèle qui est à l'extérieur, une clientèle de la diaspora et pas que de la diaspora ?
- Sebastien
Oui, moi j'ai une clientèle qui vient de partout, mais ma clientèle n'est pas qu'africaine, il faut le dire, j'ai des clientèles un peu partout. Et puis il faut dire que j'ai tellement voyagé, donc presque, je dis souvent en Afrique, je ne sais pas qui est. pays d'Afrique, je n'ai pas encore fait. Parce que j'ai tellement voyagé partout pour présenter ma marque, pour des défilés de mots, des expositions, tout ça. Et même en Europe, aux États-Unis ou dans les pays européens, j'ai toujours fait des défilés. Et souvent, ce n'est pas vraiment les Africains qui achètent mes tenues, souvent c'est les Européens qui achètent, qui adorent. C'est plus que ça. La semaine dernière, j'étais à Paris. des filets, mais c'est un des filets qui n'était pas que des noirs, c'était avec des Européens. C'est plus les Européens qui étaient immergés de voir mes créations, de voir le tissu que j'utilise et tout ça. Donc pour moi, je peux dire que mes créations ne sont pas des choses africaines parce que c'est vrai que j'utilise un tissu africain mais je fais une coupe européenne donc tout le monde peut porter plus fort. porter un vêtement, c'est la seule nouvelle.
- Ramata
Super intéressant de voir le côté international de ta clientèle. Et aujourd'hui, tes collections sont entièrement fabriquées en Afrique, à Ouagadougou ?
- Sebastien
Oui, mes créations sont fabriquées seulement à l'hôpital. C'est vrai que c'est un peu compliqué maintenant, mais j'essaie de toujours travailler avec le peu de personnes qui me restent au bout de la tête. Il faut dire qu'avec la crise qu'on a là-bas aussi, ce n'est pas un choix. Donc, beaucoup de petits-fils de l'hôpital et beaucoup de mes employés aussi qui étaient. Ce n'était pas forcément l'équilibre parce qu'il faut dire que même les couturiers, il y en a d'autres qui viennent du Nigeria, de la Côte d'Ivoire, du Tombo ou du Bénin et ainsi de suite. Ça fait que tout ce qui se passe au Bénin, il y en a d'autres qui sont venus par-ci. C'est un peu le plan de conduite pour nous présentement.
- Ramata
Je comprends effectivement, la situation est délicate en ce moment sur cette zone-là. Donc aujourd'hui, quand on veut accueillir une pièce, en fait... Tu fais des expéditions, il y a un site e-commerce et tu fais des expéditions ou c'est plutôt au niveau des boutiques qu'on peut avoir accès aux collections de la marque ?
- Sebastien
Déjà, il faut dire au boutique, on avait essayé de faire une e-boutique, comme tu le dis, parce qu'il faut dire, en 2001, j'avais eu un appel à projet de l'Union Européenne. Et tous les staffs là derrière moi pour retravailler ma marque et retravailler la vente à l'international. Mais du coup, on a essayé, ça marchait. Pendant le Covid, on a beaucoup vendu les cachemires. Les cachemires fabriqués en Corse, on a beaucoup vendu sur l'international. Après, ça s'était très compliqué parce qu'aujourd'hui, on ne peut plus se compléter devant l'international. On passe par la boutique pour essayer de voir comment la personne peut avoir la tenue. On passe par quelqu'un pour faire venir la tenue. Parce qu'il faut dire même que la communication est très compliquée là-bas. Comme moi, je suis un grand voyageur, donc c'est profiter de mes voyages pour vivre des pays.
- Ramata
Très bien, effectivement, c'est intéressant de voir la stratégie que tu as mis en place pour pouvoir assurer les ventes. Toi, dans ta manière de travailler, il y a une partie des collections qui est prête à porter, une autre partie qui est couture, sur mesure ?
- Sebastien
C'est ça, oui. Il y a une partie qui est couture, sur mesure, et il y a la collection prête à porter aussi.
- Ramata
Et sur l'année, en fait, tu fais combien de collections près d'aborder ?
- Sebastien
Je dirais, c'est vrai que nous, on n'a pas de saison en Afrique, mais moi, je peux atteindre trois à quatre collections dans l'année. Ça dépend vraiment de mes sorties, mes invitations et tout ça, parce que souvent, quand je suis beaucoup invité dans le pays, je suis plus acheté dans le pays de la politique.
- Ramata
C'est vrai que tu participes très régulièrement tout au long de l'année à des événements, soit en Afrique, soit en France. Et ça fait vraiment partie, toi, de la manière dont tu fais la promotion du Coco Dunda et de tes collections, le fait de participer à différents défilés. Je sais que tu as un défilé prochainement à Dakar. Alors peut-être qu'au moment où l'interview sortira, tu auras déjà participé à l'événement. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de toi, l'importance que ça a le fait de participer à des défilés comme ça dans différents pays du monde, j'ai envie de dire, puisque ce n'est pas que des défilés en Afrique.
- Sebastien
Pour moi, c'est un peu la communication de tout ça, parce qu'un créateur de mode, on a toujours envie de créer, de montrer notre nouvelle collection. C'est vrai que tu peux organiser un défi. ou tu vas éviter ta clientèle. Mais je pense que souvent, on a souvent besoin d'autres regards. On a besoin de voir si nos tenues te plairont à d'autres clients, d'autres types de clientèles. Au Burkina, ma collection me plaît. À Pidja, ma collection me plaît. pourquoi pas aller du côté de l'Europe, de la Chine et tout ça. C'est ma collection. Et je pense que, voilà, je connais un peu la mentalité de ces clients aussi. C'est pour ça qu'il y a quelques années, j'avais fait une exposition. En Suisse, c'était pendant la journée internationale du Coton en Suisse. Et on avait une exposition pendant une semaine et une semaine sans penser n'importe quoi. Voilà, mes tenues allaient s'acheter là-bas comme des bouts de pain. Mais j'étais étonné de voir ça parce que ceux qui achetaient, ce n'étaient pas que des Africains, c'était que des Japonais, des Chinois, un peu tout le monde qui achetait. Je dirais même les Africains, c'est plus le côté asiatique qui marchait, le côté européen qui marchait. Et ça, ça plaît déjà de voir que les gens s'arrachent nos tenues, qui ne viennent pas forcément du même pays que toi, mais qui aiment ce que tu fais. Ça, c'est déjà un plaisir. ce qui nous pousse souvent à voyager, à vouloir présenter nos tenues.
- Ramata
Effectivement, l'expérience du défilé, il y a énormément d'avantages à participer à ce genre d'événement qui permet, comme tu le dis, de rencontrer d'autres designers et de rencontrer aussi une autre audience et de faire découvrir ton travail au plus grand nombre. Maintenant, je sais qu'il y en a qui se disent que c'est important aussi que les défilés soient accompagnés de salons ou de moments de commerce pour pouvoir vendre. Parce que si c'est que pour présenter les collections et qu'on ne fait pas de business après, ce n'est pas rentable.
- Sebastien
Oui, ce n'est pas rentable. Si c'est faire les défilés comme on le fait en Afrique, en Afrique, le défilé pourrait y voir son spectacle. Et alors que ce n'est pas intéressant. Ce qui est intéressant quand tu voyages dans des pays européens ou américains ou tout ça. Après le défilé, forcément, les gens vont venir te demander cette robe-là, et puis de premier ça. Tu as toujours de la clientèle, ou même ils vont te commander quelque chose. C'est ce qui est intéressant. C'est là, souvent, on a besoin de voyager pour voir un peu la mentalité des autres. Pour pouvoir changer ce qui est chez nous. Parce que chez nous, on a tendance à voir les défilés comme un spectacle, qu'on vient regarder, après on s'en va. Alors que non, nous, on recherche la clientèle qui va nous commander, qui va nous acheter des trucs sur place, ou même commander des trucs sur place. Et moi, je peux dire aujourd'hui, comme un guide dans un défilé, je ne vais pas défiler pour les beaux yeux des gens. Je ne défile pas. C'est vrai qu'à l'époque, plus jeune encore, tu as envie d'explorer le monde, tu voyages partout. Quand tu es vite ici, tu te lèves tout le temps. Mais aujourd'hui, même si on paye mon billet, on paye mon hôtel et tout ça, je ne défile pas parce que j'ai envie de défiler. Je défile pour voir ce que je gagne derrière. Ce que je gagne derrière, c'est est-ce que j'aurai une clientèle derrière ? Est-ce que j'aurai quelqu'un qui va me commander de la marchandise ? C'est surtout ça. Et surtout, comme on appelle là, je voyais avoir des boutiques qui peuvent me commander des tenues. C'est ça.
- Ramata
Voilà, on sent que le côté business, il est complètement lié au côté créatif et qu'il n'y a pas de séparation à se dire « Moi, je suis là pour créer, pour présenter mes œuvres et je ne fais pas de commerce. » Maintenant, les deux doivent... vraiment marcher ensemble. Toi, aujourd'hui, comment il y a énormément de... Ce que tu évoquais au début de cette interview, c'est que tu as 30 ans de métier, il y a énormément de nouveaux créateurs qui arrivent sur la scène internationale. Est-ce que toi, tu trouves qu'il y a des liens, il y a des collaborations avec la jeune génération ? Est-ce que tu es proche de cette jeune génération de créateurs ? Est-ce que tu sens des opportunités ? participer à des défilés ensemble ou participer à des salons ou même être dans les mêmes concept stores est-ce que tu vois une dimension un peu de fédération de la mode même s'il n'y a pas de structure officielle mais en tout cas tu vois des liens en fait moi
- Sebastien
déjà je n'ai pas de problème avec ça, déjà comme je le disais moi j'ai un événement qui dure 14 ans donc il faut lui donner ce qu'il fera ces 14 ans en... En novembre prochain, il faut que les Folies de Maud aient toujours rassemblé les créateurs. Que ce soit jeune créateur ou loyen, on a toujours invité des créateurs. Il faut dire depuis aujourd'hui 14 ans de Folies de Maud, il y a plusieurs créateurs qui sont passés sur Folies de Maud. On parle des grands créateurs comme Alphadip, Athéo ou Jean-Pas. aux jeunes créateurs aujourd'hui qui continuent de participer. Dans chaque année, on a des messages ou des gens, de nouveaux visages qui veulent participer à Fournide de Mour. Moi, je ne refuse pas, mais on a des critères aussi. Ça veut dire, quand tu dis que tu es un jeune créateur, que tu as créé ta marque. On aimerait savoir comment tu as fait, parce qu'aujourd'hui, il ne faut pas qu'on se blague. Il y a d'autres qui sont venus à la mode parce qu'ils n'avaient rien à faire ou ça les plaisait ou je ne sais même pas. Alors qu'il y a d'autres, ils ont pris ça comme un métier. Donc, deux choses qui sont différentes. Il y a d'autres qui font là, ils ont l'air ce qu'ils font et ils font la mode en parallèle. Et il y a d'autres, alors que c'est un métier pour eux, c'est leur vie. Donc, ils pensaient sans la mode, ils ne font plus rien. Donc, moi, je regarde tous ces critères-là pour pouvoir inviter les créateurs à venir à Folies de Maudit. Je n'ai pas de problème avec cette nouvelle génération. Et comme je vous le dis, je vous le dis, c'est vrai qu'en Afrique, les associations, ça marche. Je remets bien. Soit on commence, mais ça se termine très mal. On avait eu même cette idée à l'époque. Avec une de nos associations, on a créé un concept store où nous, tous, on a nos créations dedans. Mais c'est jamais un décalage. Alors, il fallait bien avoir une grande galerie où il n'y a que des marques africaines. Comme tu le sais, comme ça se passe avec nous, les Africains, ce n'est pas facile de se fédérer, ce n'est pas facile de lancer un truc comme ça. Il y a toujours des poids comme ça.
- Ramata
Oui, c'est intéressant de voir qu'effectivement, toi, avec la création de ton événement, ça te donne une opportunité de créer des liens avec les créateurs et que ce soit, on va dire, des doyens, des fondateurs comme ceux que tu as cités, Pathéo ou Alphadie, ou alors la jeune génération. Ton événement, du coup, c'est à quelle fréquence ? Est-ce que c'est tous les ans, en fait, que tu le fais ?
- Sebastien
Oui, au départ, c'était tous les ans, mais maintenant, au départ, c'était chaque deux heures, mais maintenant, ça se fait chaque année. C'est le pire moment, on a commencé à la faire chaque année, mais cette année, j'espère qu'on pourra la faire, comme je le dis, avec la situation au Burkina Faso, je ne sais pas si on pourra la faire, mais je pense que, je le disais même, si je n'ai plus la faire cette année, je pense que j'ai risqué même une cause, parce que ce n'est pas facile avec la situation au Burkina, trouver des partenaires au Burkina Faso, ce n'est pas du domicile, c'est très compliqué. Là, je peux te dire que c'est vrai qu'on a lancé la campagne. La troisième édition qui est le 5 et 6 novembre prochain. Mais en même temps, on s'est dit, les cheveux, on espère que ça va se faire. On a déposé le courrier chez les partenaires, les sponsors. Et on croise tout le doigt que ça puisse se faire parce que c'est pas évident. Mais on va y arriver. Mais seulement, je sais que si je peux faire cette année, l'année prochaine, vraiment, il faut que... Je voyais plus clair avant de lancer le top.
- Ramata
Moi, je suis toujours très respectueuse de vous autres qui vous lancez dans l'organisation d'événements dans le secteur de la mode. Je vous respecte. Moi, je n'ai pas le cardio pour ça. C'est vraiment...
- Sebastien
Il faut avoir du cardio. Non, mais en même temps, c'est ça. Parce que souvent, ma femme me dit mais tu gagnes quoi en organisant ça ? Mais je dis, c'est ma passion. C'est le plaisir que j'ai. Sinon, ce n'est pas qu'on gagne l'argent, mais c'est le plaisir de vouloir faire. connaître la mode africaine. Mais en même temps, c'est comme tu le dis fort dans le cadre du Pôle organisé. Tu organises un tour, tu t'en sors après avec des dettes de par-ci, par-là et tout ça. Et toutes ces personnalités que tu invites, ils semblent leur plaigner. Bon, mais il n'y a personne qui va te foutre les nuques. Et puis, il va y avoir des viennes arriver. Et surtout, chez nous, en Afrique, tu sais comment ça se passe. C'est toujours le côté gouvernement qui est toujours mieux. Parce que quand tu ne les mets pas aussi, ils vont se plaindre. Donc, toujours mieux de les mettre sous le parrainage de telle, mais aussi sous le parrainage de telle, de telle, alors qu'ils ne te donnent jamais rien. Et le même, tu t'en sors avec tes dettes, c'est pour ce que j'ai.
- Ramata
Donc, on sait que là, on a fait un petit peu le tour, en fait, depuis les débuts de la création de la marque, jusqu'à tout ce que tu fais aujourd'hui en termes de développement. Et tu évoques aussi les difficultés qu'il y a au Burkina, qui peuvent un petit peu ralentir ton activité. mais comme on dit... on ne lâche rien. Quelles sont des perspectives pour les années à venir ? Quels sont les projets que tu as envie de voir se concrétiser ?
- Sebastien
Les projets que j'ai envie de voir se concrétiser, parce qu'il faut dire, aujourd'hui, je suis en train d'installer l'Europe et l'Afrique. Donc, pour moi, c'est de faire connaître mon map. C'est la seule loi en Europe. possiblement en France. Donc, je fais en sorte de pouvoir créer une chaîne, c'est la chaîne d'Atemo ici, qui va au moins faire une représentation où on pourra prendre des... d'être venu FDIC. Et c'est là mon projet. Et aussi, on va organiser des défilés de mode pour présenter un peu la marque Sébastien Nadeau.
- Ramata
Très bien, donc c'est intéressant le côté international que tu cherches à donner à la marque. Aujourd'hui, tu as toujours ton atelier à Ouagadougou et tu vis une partie du temps en France ?
- Sebastien
Oui, c'est ça. J'ai toujours l'atelier à Ouagadougou. Je travaille à distance, donc je suis tout le temps sur les réseaux sociaux avec mon équipe. Et à même temps, je viens pour le moment.
- Ramata
Effectivement, c'est un vrai challenge que de gérer une marque avec un atelier à distance. et j'imagine que tu dois faire des... des voyages réguliers pour vérifier que tout se passe comme tu le veux.
- Sebastien
Oui, c'est ça. Il faut dire que j'ai mon frère qui est en Afrique. Il y a lui qui me soulage un peu. Mais en même temps, tout ce qui est pour moi, il le fait et il les amène. Il faut voir les résultats. Moi, le côté le plus difficile, c'est de ne pas être réalisant pour voir quand on est en train de créer la méthode. Parce que souvent, tu te fais peut-être au prix et après, quand ils te font le montage, ce n'est pas ce que tu aurais imaginé. Alors que quand tu es réalisant, c'est un chemin venu. C'est l'un des plus importants,
- Ramata
ce que tu évoquais. Tu as ton frère qui est sur place pour gérer, donc tu as constitué une équipe qui te permet de piloter la marque, toi en n'étant pas forcément sur place.
- Sebastien
Oui, pour le moment, ça va. Je ne suis pas sur place, mais c'est vrai que mon équipe qui travaille avec moi depuis longtemps, c'est vraiment mon frère qui travaille tout le temps avec moi. Et j'ai mon assistante aussi, tous les joueurs qui sont avec moi depuis. depuis des dizaines d'années. Je connais un peu ce que j'aime, ce que je n'aime pas. La banque, au moment où je vais être mort, comment ça doit être. Tous les détails que je n'ai pas émis. Au monde, je suis là.
- Ramata
Très bien, on arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai été ravie d'avoir eu l'opportunité d'échanger avec toi et d'en savoir en plus sur la marque éponyme Sébastien Bazemo. Je te remercie beaucoup pour le temps que tu m'as accordé pour cette interview. Et comme je le dis toujours, j'espère te retrouver très vite en Afrique ou ailleurs.
- Sebastien
Merci Ramata, merci déjà de t'intéresser à la marque Sébastien Bazemo et merci pour cette interview. Moi aussi, je te dis à très bientôt. On se reverra forcément aussi des défilés de monde comme des expositions. Très bien. À très bientôt.
- Ramata
À très bientôt.
- Sebastien
Merci. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- Ramata
Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.