REDIFFUSION #E29 - Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales cover
REDIFFUSION #E29 - Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales cover
ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales

REDIFFUSION #E29 - Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales

REDIFFUSION #E29 - Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales

1h20 |16/03/2025
Play
REDIFFUSION #E29 - Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales cover
REDIFFUSION #E29 - Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales cover
ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales

REDIFFUSION #E29 - Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales

REDIFFUSION #E29 - Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales

1h20 |16/03/2025
Play

Description

Dans cet épisode captivant du podcast ArtEcoVert, Pauline Leroux a le plaisir de recevoir Laura Roussier, co-fondatrice du Champ des couleurs, une exploitation agricole innovante dédiée aux plantes tinctoriales. Ensemble, elles explorent l'univers fascinant de la teinture végétale, un domaine en pleine renaissance qui allie tradition et durabilité. Laura, accompagnée de sa sœur Amandine, partage avec passion leur parcours inspirant, marqué par une reconnection avec l'agriculture familiale après une période de chômage.


Sur 3 à 4 hectares ensoleillés de Provence, elles cultivent avec soin des plantes tinctoriales emblématiques telles que la garance et la persiquière. Au fil de la conversation, Laura évoque les défis inhérents à la culture, à la récolte et à la transformation de ces trésors naturels en pigments végétaux. "Chaque plante a une histoire à raconter, et nous sommes ici pour les faire revivre", déclare-t-elle avec conviction.


Le duo aborde également la mécanisation de leur exploitation, en discutant des machines qu'elles utilisent et des difficultés rencontrées en raison du manque d'équipement spécifique à la teinture naturelle. Elles soulignent l'importance de l'eau et des techniques de culture traditionnelles, tout en partageant leur engagement à promouvoir la couleur végétale.


Leur vision pour l'avenir est empreinte d'espoir : elles espèrent voir la demande pour les teintures naturelles croître, portée par une prise de conscience accrue des enjeux environnementaux. En effet, la tendance vers des colorants biosourcés et des pigments végétaux est en plein essor, et Laura et Amandine souhaitent jouer un rôle clé dans cette évolution.


Cet épisode est une véritable invitation à découvrir les couleurs de plantes, à plonger dans l'univers des colorants végétaux et à envisager une agriculture tinctoriale plus respectueuse de notre planète. Que vous soyez passionné par la teinture naturelle, les fibres naturelles ou simplement curieux d'en apprendre davantage sur les plantes tinctoriales, cet échange vous apportera des clés et des inspirations pour intégrer la couleur végétale dans votre quotidien.


Ne manquez pas cette belle discussion riche en enseignements et en émotions. Pour approfondir vos connaissances sur la teinture végétale et découvrir le Champ des couleurs, rendez-vous sur les liens utiles ci-dessous.


Belle écoute,


Pauline


🚀Si vous en voulez plus : 


⭐Plus de contenus, plus d'échanges, plus de partages, allez sur Patreon : https://www.patreon.com/ArtEcoVert 

👁️Instagram : @artecovert     

🎙️S'abonner à la newsletter du podcast : https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1 📩pauline.artecovert@gmail.com 

Linked in : 

👨‍👩‍👧‍👧 GROUPE DE LA COULEUR VEGETALE (Rejoignez nous c'est gratuit et intéressant) 

👤PROFIL PAULINE LEROUX 

🎨PROFIL ENTREPRISE ARTECOVERT 


🗝️ Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin


Bonne écoute


Pauline



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Ponyne Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Alors, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Laura Roussier du Champ des couleurs. Amandine n'a pas pu être là, mais j'ai Laura au bout du micro. Bonjour Laura !

  • Speaker #1

    Enchantée, je suis très contente d'être avec vous aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Alors Laura, première question, est-ce que tu peux vous présenter du coup, toi et ta sœur, votre parcours, votre formation et comment vous en êtes arrivée à ce que vous faites aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Alors du coup, on est deux sœurs, donc Amandine et Laura Roussier. On est situées à la Roque d'Enterron, donc en Provence. Voilà. Toutes les deux, on venait de deux secteurs un peu différents. Ma sœur Amandine était maquilleuse professionnelle et moi, j'étais coiffeuse. Et en fait, on a eu un an de chômage toutes les deux où on a vraiment réfléchi quoi faire. Et en fait, ça fait six générations qu'on est sur la même exploitation, donc nos parents et nos grands-parents. était agriculteur. Et mon père avait arrêté parce qu'il n'arrivait plus à gagner sa vie dans l'agriculture dans les années 90, parce que c'était très compliqué. Et donc, nous, on avait ces terrains, ce champ qu'on aimait, qu'on adorait, et pas trop de perspectives de professionnels. Donc, moi, j'ai fait un BPREA. une école agricole. Avec ça, je cherchais quoi cultiver sur mes terres. J'adorais la vigne, parce que pour avoir le côté transformation, en fait, ça me plaisait beaucoup. Et en fait, nos terres ne sont pas du tout bonnes pour la vigne. Donc, je me suis tournée, j'ai réfléchi les plantes aromatiques, les plantes médicinales. Et en fait, je suis tombée sur l'orice, qui est à 5 km de chez nous, et couleur garance avec le jardin conservatoire. Et là, ça a été un véritable coup de cœur pour les plantes tanctoriales. J'ai décidé dans un premier temps de commencer avec Michel Garcia, qui avait fait déjà des essais de culture et d'extraction de la persiquière autour de l'Oris, qui avait ces projets-là, mais qui n'avaient jamais vraiment abouti. Nous, on a repris ces essais et on les a mis dans notre champ. Tout était là, les structures, nos modes d'irrigation, vraiment tout coïncidait. On a décidé de se lancer suite à ça.

  • Speaker #0

    d'accord ok donc toutes les deux de formation différentes finalement qui ont quand même un lien avec la couleur le maquillage et la coiffure il y a quand même un lien si on cherche bien donc voilà et des racines dans l'agriculture donc c'est tout simplement enfin tout simplement mais il a fallu faire le chemin pour revenir à ses premières amours du coup est-ce que quand donc tu as parlé de ta formation que tu as fait sur l'agriculture en mode accéléré mais je pense qu'avec un papa agriculteur Il y a quand même une formation familiale, on va dire.

  • Speaker #1

    En fait, la formation, j'ai lancé la première année, Amandine a fait le BPREA l'année suivante. Et donc, en 2017, il me semble, donc il y a cinq ans, c'est notre anniversaire bientôt, on a créé l'entreprise. Et donc, en fait, la partie BPREA nous a appris le côté chef d'exploitation, comptage, gestion, main-d'œuvre, etc. Ensuite, notre père nous a vraiment énormément formés sur l'agriculture, les machines, les tracteurs. et il continue à le faire tous les jours. Et ensuite, on a eu Michel sur la partie chimie et mise en place de tout ça, en fait. C'est lui qui nous a lancés, il nous a mis vraiment des protos déjà bien ficelés parce qu'il y avait énormément de travail. Et ensuite, nous, on a vraiment adapté ça, évidemment, à nos accès, notre entreprise, ce qu'on voulait, etc. Donc, on a eu ces trois pôles de formation qui ont créé l'entreprise au final, à la fin.

  • Speaker #0

    d'accord et alors du coup si j'ai bien compris sur votre site internet je regardais le champ des couleurs il y a une partie produit oui que vous proposez est-ce que tu peux raconter un petit peu cette partie là

  • Speaker #1

    Bien sûr, donc en fait nous on est vraiment une exploitation agricole, on fait à peu près entre 3 et 4 hectares de culture, et donc on fait plusieurs plantes tanctoriales, donc on fait Coréopsis, Rosin, Tannésie, Camomille, Rubécia, Garance en plus grand volume. un petit peu de réséda c'est un peu difficile dans la région donc c'est plus vraiment notre notre t'inquiète c'est pas grave notre prioritaire voilà on est plus parti sur l'artichaut qui demandait moins de qui était plus adapté en fait à notre région tout simplement sinon il fallait des quantités d'eau extrêmes pour la réséda donc on a un peu laissé tomber et la persiquière qui est vraiment notre cure d'activité Donc on vend des plantes séchées brutes, certaines broyées comme la garance pour faciliter son utilisation, et d'autres transformées complètement comme la persilière qu'on ne vend pas en feuilles mais vraiment en pigments. Et on produit également du bleu maillot.

  • Speaker #0

    alors donc il y a beaucoup de choses j'ai beaucoup de questions du coup donc ça te fait on va dire une dizaine de plantes c'est ça si je comprends bien à peu près à peu près d'accord une dizaine de plantes j'aimerais bien qu'on parle de ta surface donc comme je te disais avant quand on préparait rapidement toutes les deux notre échange sur le podcast on a eu des toutes petites échelles de personnes qui se lançaient pour répondre à leurs besoins d'atelier ou répondre à leurs besoins de personnel donc de teinture, etc. On a eu, à l'échelle un tout petit peu plus au-dessus, l'épisode va sortir la semaine prochaine, c'est l'épisode de Cécilia Aguirre sur la micro-ferme des Lilas, où là, c'est une plus grande surface, mais qui n'est pas mécanisée. et Cécilia me livrait que l'étape d'après c'était la mécanisation et donc tout naturellement et on m'avait beaucoup parlé de vous dans les échanges que j'ai avec les invités on m'a dit le champ des couleurs c'est la marche du dessus et donc j'aimerais vraiment qu'on s'attarde sur la surface est-ce qu'elle est symbole d'une automatiquement d'une mécanisation ou est-ce que c'est par rapport juste à un volume le type de machine que vous utilisez pour vous simplifier le travail aussi et que tu nous expliques. Et ensuite, on reviendra sur la partie comment tu transformes vos outils, etc. pour voir un petit peu si tu es OK avec ça, pour qu'on fasse un vrai zoom sur votre spécificité parce que je pense que vous êtes les seuls ou presque. Et donc, ça m'intéresse beaucoup.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Donc, en fait, nous, on a commencé la toute première année test avec 5000 m². puis ensuite, donc deux persiquaires uniquement. Ensuite, on a commencé à planter de la garance, 2-3 000 m², puis petit à petit, on est monté un demi-hectare, un hectare. Et pareil sur la persiquaire, on est allé jusqu'à deux hectares cultivés. Et en fait, ce qui détermine finalement la surface des champs, c'est la capacité à traiter et à produire, par exemple dans le cadre de la persiquaire, l'indigo derrière, parce qu'en fait, l'indigo se fait sur feuilles fraîches, donc tous les jours, on doit… gérer une certaine quantité de feuilles, et on doit le faire avant qu'elle ait passé une certaine maturité. Donc on est extrêmement pressé, et on doit traiter chaque jour un volume de feuilles. Et donc comme on n'est que deux, et qu'au bout d'un moment on a beau être mécanisé on est limité dans ces gestes donc du coup petit à petit entre 1 et 2 hectares c'est ce qu'on arrive à traiter toutes les deux vraiment à fond avec un système d'extraction qui roule donc c'est comme ça qu'on se limite un peu pareil pour la garance, c'est les surfaces de nettoyage de séchage les périodes aussi de récolte qui se font de février à mars si on plante trop le temps de récolter, elle est repartie et dans ce cas-là, on est trop limite. Donc, en fait, c'est toujours finalement, on se limite à ce qu'on arrive à faire. Et pour savoir combien on peut faire, il faut aller dans l'extrême de planter beaucoup et d'avoir des années difficiles où on galère à gérer toute cette énorme masse de plantes. et ensuite donc c'est aussi lié à l'investissement des machines lesquelles on a pu acheter donc évidemment on aurait besoin d'énormément de machines pour se simplifier la vie et rester à deux dans des conditions de travail correctes sauf qu'aujourd'hui malheureusement les couleurs végétales il n'y a pas de machines qui existent que ce soit sur la partie agricole comme sur la partie transfo et donc en fait nous on a toujours essayé de trouver des choses d'avertissement des caractéristiques techniques de machines qui sont à peu près semblables à ce dont on a besoin. Et ensuite, on fait modifier ces machines-là par des artisans. qui font des choses un peu plus pointues ou alors on utilise des machines mais qui ne font pas vraiment le travail à 100% et derrière, on va venir réapporter une deuxième transformation, en fait, par exemple pour le broyage. Si le broyage n'est pas assez fin avec un broyeur, derrière, on reprend la matière, on va la broyer avec un autre broyeur qui va finir finalement le travail. Donc

  • Speaker #0

    Donc ce que tu veux dire, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'avancée dans ce domaine-là pour la culture de plantes teintoriales. en termes de machines, que tu dois t'inspirer d'autres machines qui existent et les adapter à cette culture particulière et qu'en gros, tu pourrais encore simplifier ton travail à toi et à ta sœur s'il y avait des machines plus adaptées. C'est ça. Donc, il y a encore une marge de progrès. Si c'est une activité qui se développe comme j'ai l'impression, on en parlera après, mais si ça se développe, il y a encore moyen d'avoir des gains de temps grâce à des machines plus adaptées. C'est ça ?

  • Speaker #1

    Bien sûr, là, on est vraiment sur du... En fait, on crée un espèce de prototype pour un atelier un peu plus grand, un peu plus mécanisé, un peu moins dans la manipulation comme on l'est aujourd'hui. En fait, tous nos ateliers demandent vraiment, vraiment beaucoup de manipulation. C'est des journées qui durent de 15 à 17 heures pour fabriquer l'indigo durant du coup de juillet jusqu'à fin octobre. Donc, tout ça, en fait, on aimerait l'améliorer. Sauf que pour pouvoir faire l'investissement qu'il faut, pour ne pas se tromper dans l'achat de nos futures machines, on est obligé de tester. Et pour pouvoir tester, on est obligé de bricoler des prototypes qui nous disent qu'on est dans le bon, au contraire, on se trompe, ce n'est pas pratique, ce n'est pas utile. Il faut vraiment se concentrer sur telle ou telle activité qui pose problème. Donc, il n'y a aucune machine faite pour, et il n'y a aussi aucun itinéraire technique de culture. Donc, en fait, dans le secteur, rien n'existe. Il faut vraiment y rester.

  • Speaker #0

    Et vous vous êtes rapprochée d'instituts agricoles, d'écoles d'ingénieurs agro, etc. pour voir s'il n'y avait pas des mémoires de fin d'études ou des trucs comme ça ou pas du tout ?

  • Speaker #1

    Non, en fait, en général, soit c'est un peu trop... pointue par rapport au côté agricole. Donc, ça veut que c'est une machine derrière qui, si elle est faite pour un sur-mesure, par un ingénieur, etc., c'est une machine qui va coûter 100 ou 200 000 euros. Je pense qu'on ne peut absolument pas amortir. Donc, il y a aussi ce truc-là, c'est qu'en fait, on est gros par rapport aux couleurs végétales, mais on est tout petit par rapport à une exploitation classique. Et on est vraiment des omnis en général quand on va à la chambre d'agriculture ou dans des secteurs comme ça. et qu'on parle de couleur végétale, en général, ils nous prennent pour des hippies illuminés. Ils ne comprennent pas qu'il y a un secteur d'activité et que la couleur ne sort pas de nulle part et qu'il faut bien la produire, que ce soit chimiquement ou végétalement. Du coup, on n'est soit pas pris au sérieux, soit pas très intéressante parce qu'on est les seuls à leur en avoir parlé, donc ils ne voyaient pas un besoin. Soit, après, les machines sont trop coûteuses.

  • Speaker #0

    D'accord. Est-ce que tu peux nous parler de quelles sont les opérations que vous avez réussies en tant que défricheuse du terrain à mécaniser ? Quelles sont vos premières machines en gros et qu'est-ce qu'elles vous simplifient comme tâches ?

  • Speaker #1

    Alors, on a une planteuse, déjà, qui on n'utilise qu'une seule fois par an, au moment de la plantation. Donc c'est un peu dommage comme investissement, parce que c'est vrai qu'on a une machine assez coûteuse qui n'est pas utilisée souvent, mais elle est vraiment indispensable dans le sens où le jour où on plante, on ne peut pas trop le prévoir à l'avance, et ce jour-là, il faut la machine. Donc elle nous permet quand même d'avoir une implantation propre, régulière. et carré.

  • Speaker #0

    Et donc, une planteuse, c'est bien quand tu as fait tes semis et elle vient les mettre à bonne distance, c'est ça ?

  • Speaker #1

    Exactement, elle vient en fait ouvrir un sillon, déposer le plant et le refermer derrière. Donc, pour vraiment avoir une densité de plantation qui est bien parce que nous, on prépare quand même des surfaces agricoles et un taux de plant et il faut que tout rentre bien, qu'il ne manque pas des raies ou au contraire que je n'en ai pas la moitié qui est vide.

  • Speaker #0

    D'accord, et j'ai vu donc encore une fois sur vos réseaux sociaux que vous faisiez aussi de la, tu sais, de la...

  • Speaker #1

    Du semain à la volée

  • Speaker #0

    Ouais, que vous semiez à la volée, donc ça veut dire qu'en fonction du type de plante que vous mettez, il y a les deux techniques Soit semer à la volée directement en sol un peu, enfin réchauffé, ou soit cette machine de planteuse, c'est ça ?

  • Speaker #1

    C'est ça, en fait toutes les plantes tectoriales on va les faire à la planteuse pour être sûr en fait, on fait nos plants, on fait nos semis, etc Alors, sur les grandes cultures garances et persiquaires, on les fait faire. C'est la seule chose qu'on délègue de l'entreprise parce qu'on veut être sûr d'avoir le beau taux de plant. Et surtout, si on n'arrive pas à les faire lever, déjà, ça veut dire pas de saison. Et deuxièmement, pas de graines pour l'année suivante. Parce que comme on récupère nos semences, il y a quand même cette pression de ne pas perdre l'espèce. Donc, c'est vraiment la seule chose qu'on délègue parce qu'il y en a beaucoup. Et ensuite, on sème à la volée nos couverts végétaux parce que nos grands-parents ont toujours fait ça, on l'a toujours fait avec eux et notre père nous l'a enseigné aussi. donc on se régale en fait c'est vraiment un truc de tradition on a l'impression d'être dans les pas de nos ancêtres on aime vraiment beaucoup faire ça mais on pourrait aussi le faire au semoir c'est pas un problème quand tu dis couverts végétaux c'est des plantes qui vont venir protéger

  • Speaker #0

    ton sol en tout cas de l'érosion, de la sécheresse etc mais est-ce que tu plantes entre eux ce couvert végétal ou pas ? Est-ce que tu fais cohabiter des plantes tectoriales et du couvert végétal ou pas ? Non.

  • Speaker #1

    La mécanisation fait que on ne peut pas venir... Quand je viens couper ma persiquaire, j'ai énormément d'herbes au pied, même si c'est un couvert que j'ai voulu. Je vais en avoir plein les bacs et dans ce cas-là, je vais utiliser trop d'eau par rapport aux besoins, etc. C'est vrai que sur les... Sur les endroits où on cultive, on reste quand même assez... On est obligé de quand même dans le... cette idée de mécanisation, de rester quand même sur des lignes plutôt propres. Mais par contre, tout l'extérieur de l'exploitation, tous les intérêts, tous les espaces, etc., on sème énormément d'autres espèces azotées pour vraiment compenser ce manque de diversité sur les zones de culture. Mais vraiment, l'inter-rang, on fait des préfleuries, on garde toutes nos espèces locales sur les buttes. on sème là où on est obligé de travailler la terre mais qu'on ne va pas forcément faire nos cultures cette année dessus donc là on met du couvert végétal le but c'est que la terre ne soit jamais née qu'elle soit corrompue

  • Speaker #0

    D'accord, et donc cette histoire de couvert végétal, moi ce que j'ai appris dans mes études, c'est que c'est pour renourrir, redonner des propriétés au sol, mais également maintenir l'eau, parce que vous êtes dans le sud et que les sécheresses, vous êtes bien concernés, et du coup je pense que ça doit contribuer à ce système de garder au maximum l'eau et la fraîcheur, je ne sais pas si on peut dire comme ça.

  • Speaker #1

    En fait, par exemple, l'année dernière, grosse canicule, on a eu nos premières restrictions d'eau. Mon père ne l'avait jamais connue de sa vie. Et donc déjà, il y a des cultures comme par exemple l'artichaut. Les artichauts sont très beaux durant l'hiver, au printemps, à l'automne. Mais l'été dernier, on a décidé de ne pas les arroser, de les laisser quasiment mourir tout l'été parce que ce n'était pas indispensable. Pareil pour la garance, on a espacé un petit peu plus. les arrosages. On a vraiment essayé de garder plus d'herbes que d'habitude, même dans les rangs, pour garder cette humidité. Donc oui, il y a vraiment la notion d'eau, elle est super importante et elle l'a toujours été, je pense, en étant en Provence. Mais on a quand même la chance d'être... très bien approvisionnées comparé à d'autres régions qui n'ont pas l'habitude de la sécheresse et qui n'ont pas des systèmes mis en place. Nous, on a le canal de Marseille qui nous y règle super bien, mais il faut être raisonnable dans la ressource, il ne faut pas pomper à fond parce qu'on le peut. Il faut vraiment penser à l'avenir et essayer déjà de se restreindre au maximum et voir quelles techniques on peut avoir pour limiter cette eau et essayer de l'utiliser de moins en moins.

  • Speaker #0

    Donc là, c'est ce qu'on voyait en photo sur vos réseaux sociaux. C'est les canaux que vous avez nettoyés pour amener l'eau et faire l'irrigation.

  • Speaker #1

    Oui, donc on fait de l'irrigation gravitaire. Nos ancêtres ont fait des canaux tout le long des parcelles. Et en fait, les terrains sont nivelés avec un dévers. Donc, on met de l'eau en amont et ça irrigue jusqu'au bout. Et en fait, l'avantage de cette méthode-là, c'est qu'elle ne nécessite pas de pompe. Vraiment, c'est purement la gravité de l'eau qui fait le travail. Alors, ça a des contraintes. Ce n'est absolument pas automatique. Vraiment, on est avec des modes de terre et des cailloux pour régler l'eau dans chaque raie. C'est vraiment un art, l'irrigation gravitaire. Mais une fois qu'on sait le faire, c'est très adapté, notamment pour la persiquière qui adore avoir l'eau au pied. Donc là, c'est super. Donc voilà, on a décidé de garder ce que nos ancêtres nous avaient mis en place et surtout éviter d'avoir une consommation d'énergie avec une pompe ou un tracteur ou quoi, même si ça crée des contraintes. lié à l'herbe, lié à l'eau, lié au manque d'automatisme, etc.

  • Speaker #0

    D'accord. Donc, on a un petit peu dévié, mais du coup, on parlait des machines. Donc, la première machine dont tu parlais, c'était la planteuse. on a bien compris son rôle. Qu'est-ce que tu peux nous... Quelle est la machine d'après, en fait, entre guillemets, que tu utilises dans la saison ?

  • Speaker #1

    Donc en fait c'est la récolteuse, ni plus ni moins, j'ai vraiment deux machines pour le côté agricole. Donc là c'est une récolteuse en fait à teint. qui me servent pour récolter ma persicar. Après, sur la garance, par exemple, je ne suis pas équipée en récolteuse. Et sur les fleurs, je les récolte à la main aussi. Donc finalement, il y a vraiment la persicar que je fais en gros en deux hectares que j'ai cette récolteuse. Sinon, pour le reste, je suis à la main aussi. Et en fait, la mécanisation se fait plus dans l'atelier après sur la fabrication.

  • Speaker #0

    D'accord, d'accord. Donc une planteuse, une récolteuse. Si je ne dis pas de bêtises, la garance, c'est une récolte de racines. Donc vous devez faire tout ça à la main.

  • Speaker #1

    C'est un très dur et long travail. On n'a pas réussi à trouver aujourd'hui une machine. La problématique de la garance, c'est qu'elle est extrêmement cassante. Dès qu'on vient lui mettre un outil, soit qu'il creuse et qu'il déverse, soit qu'il prend et qu'il vibre comme une récolteuse à patates, elle se casse dans des millions de petits morceaux. Et alors là, on perd 90% de la récolte. donc on a essayé plein de techniques différentes et pour l'instant la seule qu'on a trouvé pour récolter l'agarance c'est de creuser une tranchée et de récupérer à la main d'abord le coeur qui est resté un peu intact et ensuite toutes les petites racines qui ont cassé dans le sol on vient les récupérer comme ça à la main au piocher et on fait des seaux et on les nettoie après et voilà c'est notre récolte c'est pour ça que l'agarance pour l'instant on est entre un demi hectare et 8000 m² on va pas plus loin parce qu'en fait on prend trop de temps à récolter et ça fait,

  • Speaker #0

    excuse-moi pour nous figurer 8000 m² de garance ça te fait combien de pieds environ ?

  • Speaker #1

    difficile ça doit faire 15000 pieds quelque chose comme ça c'est très très long

  • Speaker #0

    D'accord, et tu dis garance, c'est sur deux mois la récolte, février-mars ?

  • Speaker #1

    Ouais, février-mars jusqu'à mi-avril, ça dépend la surface. Selon, en fait, on a des terrains qui sont plus ou moins argileux et des fois, selon le terrain, il y a des raies qui vont super vite et d'autres, au contraire, qui sont très très longues. Donc, grosso modo, deux mois, deux mois et demi, à plein temps.

  • Speaker #0

    d'accord et est-ce que tu fais un système de comment on appelle ça de ligne parce qu'en fait la garance si j'ai bien capté c'est

  • Speaker #1

    3 ans minimum de culture pour que la racine elle soit assez conséquente en fait il y a plusieurs options et ça c'est Michel qui nous l'a bien appris quand on a commencé la garance il y a 18-24 mois ensuite il y a 3 ans et après il y a 5 et 10 ans, dans les bonnes années de récolte. Et en fait, selon quand on va la récolter, on va avoir plus ou moins de matière organique, entre parenthèses, et plus ou moins de matière colorante. C'est-à-dire qu'à 18 mois, la part de bois par rapport à la part de chair qui contient les colorants est minime. Donc en fait, à 18 mois, on a une garance très riche en couleurs. Mais par contre, comme le vin, les colorants sont assez jeunes. Par contre, quand on a une garance plus vieille, effectivement les colorants sont un peu plus développés, sont un peu plus intenses. Mais par contre, à rapport sur un kilo de garance sèche, on aura plus de bois qui ne colore pas que de matière. Donc c'est un peu délicat la garance. Dans tous les cas, que ce soit dans la culture, dans le travail, dans la récolte, dans l'utilisation, elle est tellement variable. que c'est selon ce qu'on en fait. Vraiment.

  • Speaker #0

    Mais après, comme tu fais la filière complète, tu peux gérer tes extraits derrière.

  • Speaker #1

    Oui. J'en ai une partie qui a trois ans. J'ai des vieilles garances qui ont six ans et demi que j'attends d'avoir dix ans. Pour les dix ans de l'entreprise, on les sortira. On essaie de trouver encore aussi qui veut quoi et pour quel secteur d'activité surtout.

  • Speaker #0

    D'accord, ok donc très bien, on a parlé des deux machines côté agriculture enfin côté culture tu as parlé de récupérer les semences de tes plantes pour l'année d'après j'ai deux questions c'est quoi le ratio de, enfin je veux dire tu sais dire à peu près combien de graines tu dois conserver parce que tu dois pas tout garder de toutes tes lignes de plantes, tu gardes pas toutes les graines

  • Speaker #1

    et est-ce qu'un brassage n'est pas intéressant tu sais de ramener du sang neuf est-ce que ça vous alors nous ce qu'on fait en fait c'est que chaque année donc par exemple on va prendre l'exemple de la persiquaire celle qu'on fait le plus en fait il y a deux raies qu'on ne coupe jamais de l'été pour avoir vraiment beaucoup de graines et ensuite en fait on vient les trier par couleur donc c'est très très long déjà on les frotte et on les ventile énormément et en fait les graines foncées sont très denses donc forcément à force de ventiler il ne reste que les meilleures et en fait on fait vraiment de la sélection comme ça mais on garde quand même toujours la même et la nôtre qui est en fait super acclimatée au terrain très basique qu'on a ici, au mistral très fort et aux grosses températures c'est vraiment ces trois problématiques environnementales qui font qu'on garde vraiment ces semences-là. Et ces semences viennent de Michel, du jardin de l'Oris, qui est à 5 km de chez nous, à vol d'oiseau. Donc, elles étaient vraiment déjà là, idéales, adaptées. Il n'y avait aucun souci là-dessus. Donc, on n'a pas cherché à avoir d'autres variétés. En fait, on s'est un peu appuyé aussi sur l'expérience de Michel en nous disant que par rapport au Mistral, il valait mieux la naine, un peu plus costaud, avec des feuilles un peu plus recroquevillées, qui va plus se protéger. Voilà.

  • Speaker #0

    Oui. Donc,

  • Speaker #1

    on a utilisé l'expérience de Michel, pour le coup.

  • Speaker #0

    Et pour tes autres persiquaires et garances, tu fais ce système-là, et pour toutes les autres plantes un peu plus fleuries, on va dire, si tu es cohéré aux psis, etc., ça, tu fais comment ? Tu changes d'année en année ou tu gardes ?

  • Speaker #1

    Il y a une partie que je laisse monter en graines. Je récupère mes graines et je me les trie pour faire moi-même mes propres plants. Par contre, c'est vrai que comme je n'en ai pas des grandes cultures, des fleurs, là, on fait nous-mêmes nos propres plants.

  • Speaker #0

    d'accord ok donc semi tous ces stades là semi stade 3 plante machin et après tu prends ta planteuse et tu fais comme ça c'est ça même sur vraiment sur les petites lignes selon en fait la physionomie de la plante soit je la plante carrément à la main avec

  • Speaker #1

    un outil très simple soit je le mets dans la planteuse si le plant est pas trop grand parce que dès que c'est un peu grand ça coupe par la machine donc voilà d'accord donc vous avez une plante Si on arrive à faire quelque chose de calibré, on passe à la machine. Si c'est hors calibre, on passe à la main.

  • Speaker #0

    D'accord, ok. Donc ça, c'est super clair. Donc la partie agriculture, c'est très clair. Et alors du coup, ce qui est génial, c'est que vous faites les deux, c'est-à-dire que vous faites la culture et la transformation. Est-ce que ça se passe d'ailleurs au même endroit ? bien sûr on fait vraiment tout donc il n'y a pas de transport génial et donc du coup sans transport tu passes à la partie transformation et donc les deux qui te nécessitent le plus de boulot c'est donc persiquaire et garance oui parce

  • Speaker #1

    que du coup Alors du coup, sur l'indigo par exemple, on a nos champs de 1 ou 2 hectares selon les années. On vient récupérer à peu près 500, nous on arrive à traiter 500 kilos de feuilles par jour, aujourd'hui à 2. Donc c'est déjà pas mal, on aimerait arriver à faire plus avec moins de manip mais ça... ça nécessite un peu plus de mécanisation au niveau de l'atelier. Donc, en fait, on fait des bacs. Ensuite, on les divise en dix, ce qui nous permet, en fait, le fait de le diviser en dix, comme ça, et de ne pas faire une énorme extraction. Ça nous a permis, dès le début, d'avoir dix réactions par jour. Et en fait, c'est vraiment l'accumulation de l'expérience, de toutes les réactions possibles qu'il peut y avoir, qui a fait qu'on est arrivé à vraiment caler un process. Sans ça, impossible, même avec Michel, qui nous a montré, expliqué. il faut vraiment vraiment l'expérience il n'y a que ça de vrai en tout cas sur la persiquaire et la transformation en indigo donc on fait nos tisanes on récupère le jus on oxygène à fond donc là on a des pompes on a des filtres on a un clarque qui nous permet de lever manipuler tous ces bacs d'eau pas avoir à le faire à la main on oxygène ensuite on met notre chaux on récupère on filtre on broie on sèche et ensuite on a notre indigo Ensuite, sur la garance, ça va être un peu plus simple, mais quand même, pour arriver au produit en poudre, il y a quand même des étapes. Donc, il y a récolter la garance, la présécher pour enlever un maximum de terre et économiser l'eau. Ensuite, on nettoie à fond la garance, puis on la fait sécher et ensuite, on broie. Et en fait, aujourd'hui, on est en train de développer de nouveaux produits. On est en train de faire les lacs. Et donc, on aimerait arriver à faire du pigment fabriqué à partir de notre garance. et donc en ce moment on est vraiment en train de tester des process des recettes et là aussi dans

  • Speaker #0

    toujours la question de combien je vais en produire pour permettre d'avoir un prix, un conditionnement, un pigment stable d'une année. Arriver à faire une production qui couvre nos besoins d'une année pour avoir au moins un pigment par an. Parce que forcément, avec le côté végétal, ça varie légèrement. Avec l'expérience, ça varie de moins en moins. Il y a quand même la notion terroir, climat, tout ça, qui fait qu'on a des petites nuances d'une année sur l'autre sur les pigments. On est arrivé à le faire pour l'indigo, très bien. Ça a été long, mais on y arrive maintenant. Le bleu maya, pareil, au début, il y avait vachement de variantes, puis maintenant, c'est stable. Et là, on attaque.

  • Speaker #1

    Est-ce que sur le bleu maya, tu peux m'expliquer la différence avec le bleu d'indigo ?

  • Speaker #0

    Alors en fait, le bleu maya est formé à partir de pigments d'indigo, donc vraiment l'indigo formulé, extrait, séché, broyé, etc., vraiment le pigment, qu'on ajoute à de l'argile à canot. Les deux sont cuits ensemble et en fait, l'indigo devient gazeux. Il est sublimé. très beau terme, et il rentre dans ces canaux, et ensuite il est emprisonné, et en fait l'argile vient lui créer une espèce de capsule, donc ça le rend extrêmement solide, et il s'appelle bleu maya, parce qu'il a été retrouvé dans les fresques des temples mayas, et les scientifiques pensaient que c'était de la pilazulie au début, parce que c'était tellement solide, qu'ils ne soupçonnaient pas cette origine végétale, ils ont trouvé cette espèce d'hybride organique et minérale, le bleu maya. qui est très beau, très utile.

  • Speaker #1

    D'accord, génial. Et donc, l'utilisation est la même que l'indigo ou il y a un procédé particulier sur le bleu maya ?

  • Speaker #0

    Dans l'utilisation, c'est vraiment un pigment qui ne sera plus jamais soluble. Donc, par exemple, pour la teinture, c'est parfaitement proscrit. Mais par contre, pour les beaux-arts, la peinture bâtiment, les volets, les choses comme ça qui vont être ultra exposées, ça par contre, c'est super. Et les argiles sont très souples aussi. Donc, ça donne une texture au pigment qui est très voluptueuse. Et notamment pour les beaux-arts ou la savonnerie, c'est super.

  • Speaker #1

    D'accord, et alors justement tu fais parfaitement la transition, la savonnerie, j'avais jamais entendu parler, enfin je savais pour le savon mais je n'avais pas fait le lien avec une coloration potentiellement végétale, est-ce que tu peux nous raconter ce qui se passe sur la savonnerie ?

  • Speaker #0

    Alors, c'est Michel qui nous a quand même donné l'idée de l'utiliser comme ça. Donc, lui, c'est déjà pas mal. Et en fait, la savonnerie, aujourd'hui, c'est un très beau secteur, mais qui est très compliqué pour eux parce que, en fait, les trois quarts qui s'installent aujourd'hui sont des petits artisans, semblables à nous de la couleur végétale, en fait, avec un petit atelier de petite production, une vente sur les marchés, etc. Et qu'ils souhaitent aujourd'hui utiliser des produits… locaux, bio, bien fait. Et en fait, c'est un secteur qui est vraiment régi par l'industrie, c'est-à-dire que les toxicologues, qui sont là pour de bonnes raisons, il faut analyser les composantes des produits, ce qu'ils attendent d'un produit, c'est des batteries de tests, d'analyses, de labos, de... tout ça et en fait aujourd'hui si on n'est pas un industriel on ne peut pas prétendre à ces analyses là parce qu'elles sont souvent faites par des labos privés de justement la grosse entreprise et que nos produits sont artisanaux liés de plantes donc contenant plusieurs molécules chose qui n'est pas le cas sur les couleurs synthétiques où on est sur de la mono quelque chose de très simple de très classifié où tout est carré où il n'y a pas de surprise alors que les couleurs végétales, forcément, ils ne les connaissent pas. Donc au début ils étaient très réticents parce que c'est justement un produit artisanal et de base ils ne voulaient pas en entendre parler. Et grâce à des clientes qui se sont vraiment battues et nous aussi, on a vraiment fait du forcing pour leur demander quels sont les papiers indispensables qu'il vous faut pour la validation. Et ensuite nous on a vraiment travaillé très dur pendant 2-3 ans pour arriver à fournir ces papiers, les faire, qu'ils soient vraiment carrés, retrouver les numéros. de telle ou telle plante, molécule, ça a été assez complexe, mais on y est arrivé. Et aujourd'hui, on arrive à apporter une alternative de couleur végétale, chose qu'ils n'avaient absolument pas accès, à la savonnerie. et voilà donc on est très très très contente d'avoir fait ça c'est vraiment faire bouger les lignes voilà des choses comme ça malgré nous resteront et une fois qu'on a ouvert la porte ça restera quoi parce qu'aujourd'hui elles ont fait synthèse

  • Speaker #1

    ou alors les minéraux pour colorer les savons et du coup ça veut dire que vous êtes vous vous avez l'accréditation le champ des couleurs ou ça veut dire que vous avez fait bouger les lignes pour toute la France

  • Speaker #0

    Disons que nous, on a fait nos papiers pour nos pigments, mais aujourd'hui, les toxicoliennes connaissent l'indigo, le bleu maya, leur utilisation, à peu près comment c'est fait, etc.

  • Speaker #1

    Ah, ça va.

  • Speaker #0

    Donc demain, si notre indigo, avec les papiers adaptés, se propose, en tout cas, j'espère que ce sera plus facile que ce que ça a été pour nous, parce qu'ils ne découvrent pas le produit. Ils le connaissent, ils en ont entendu parler, les choses ont été amorcées. Mais après... Tous les toxicologues ne sont pas pareils. Il y en a qui sont vraiment très réfractaires et dans ce cas-là, c'est un calvaire de parler avec eux. Et en général, nos clientes les abandonnent et passent sur des gens un peu plus ouverts à l'artisanat, qui leur correspond souvent mieux. Mais je pense que c'est des choses qui ont été faites pour l'avenir et pas que pour nous.

  • Speaker #1

    je l'espère encore un chemin que vous avez défriché toutes les deux pour tout le monde, c'est top c'est génial franchement on a parlé persiquaire on a parlé du travail sur la garance on a parlé de vos alors après tu avais les coréopsis et toutes les plantes qu'est-ce que tu fais de ces autres plantes, tu les sèches ?

  • Speaker #0

    Oui, alors aujourd'hui, j'ai un séchoir solaire qui est dans un conteneur. J'en ai deux, en fait. J'en ai un qui est vraiment solaire, qui va être vraiment plus pour les pigments, parce que ça chauffe fort, en fait, pour vraiment aussi garder de l'hygiène. Parce que travailler en savonnerie aussi, ça veut dire avoir un produit hygiénique qui ne sent pas mauvais, chose qui n'est pas facile dans les couleurs végétales. Il faut vraiment être très rapide dans les utilisations. Enfin, vraiment avoir un produit carré aussi pour prétendre au domaine du cosmétique. Donc en fait on a ce séchoir solaire qui va très très vite sur le séchage des pigments et ensuite on a un conteneur dans lequel on fait sécher nos plantes où c'est un peu plus lent, c'est à l'abri de la lumière et donc en fait chaque jour on va récolter nos fleurs de Coréopsis, Cosmos, etc. et on les fait sécher là-dedans, ça nous prend à peu près 2-3 heures par jour à la récolte. et ensuite on les vend vraiment en plantes brutes séchées et là on aimerait évidemment comme la garance créer des lacs mais pour l'instant on tâtonne encore, on commande doucement on a commencé par la garance, l'artichaut on lance en parallèle et ensuite on fera le corepsis, le cosmos la camomille, tout ça

  • Speaker #1

    et donc toutes ces plantes là vous les cueillez à la main 2 à 3 heures par jour vous allez les mettre dans un nouveau bac ou je ne sais pas comment on appelle ça une clé de séchage dans votre conteneur et c'est un séchoir donc tu as un séchoir solaire mais l'autre, le conteneur, ça sèche comment ?

  • Speaker #0

    c'est vraiment la chaleur il est plein cagnard il est isolé c'est pas un frigorifique c'est vraiment un isolé et en fait ça chauffe extrêmement fort la journée mais sans UV et la nuit doucement ça enlève sa chaleur mais il fait tellement chaud qu'elle se sèche en 2-3 jours très rapidement d'accord super 42°C de temps en temps l'été donc vraiment ça prend je ne suis pas sûre que ce soit faisable en région parisienne ou en altitude ou s'il faisait moins chaud il faudrait sûrement une autre machine pour compléter

  • Speaker #1

    et du coup il y a des étapes supplémentaires une fois que tu as séché tes plantes il faut les ensacher Donc, c'est encore un job en plus d'ensachage, de peser. Vous les vendez sur la ferme ? Vous les vendez en ligne, en plus en ligne ?

  • Speaker #0

    Alors, en fait, on vend tout en ligne parce qu'on n'a vraiment pas le temps d'avoir une boutique fixe. Donc, on n'a vraiment que la boutique numérique. Et tous nos pigments, toutes nos plantes, on fait vraiment étiquetage, conditionnement. On fait vraiment toute la chaîne de la graine jusqu'au mail, jusqu'à tout.

  • Speaker #1

    C'est incroyable.

  • Speaker #0

    Mais c'est beau, c'est vraiment la… Puis on avait une discussion l'autre jour avec ma sœur sur notre éco-anxiété, de se dire qu'il y a quand même un mur qui arrive climatique en face. On se disait qu'on a une chance extraordinaire d'avoir un métier où quoi qu'il arrive, on peut trouver des solutions, on peut continuer. Comme on gère tout de A à Z, il n'y a pas de problème de transport, on a la main mise sur absolument tout, on ne dépend de personne. Et ça, je crois que c'est vraiment quelque chose qui nous... qu'on lâchera jamais les couleurs végétales grâce à ça parce que on se dit que jamais on retrouvera finalement, c'est une insécurité au quotidien financière etc mais c'est une sécurité d'avenir disons qu'on est dans un monde qui peut s'en servir

  • Speaker #1

    et puis vous êtes dans la tu parles beaucoup de calcul de taux de plan vous êtes vraiment dans la logistique au cordeau et je pense que vous essayez d'optimiser chaque étape chaque geste, chaque truc dans la manière dont tu parles ça se voit que vous réfléchissez vraiment tout au mieux donc non non c'est canon et comme tu dis c'est rare et c'est très rare d'avoir un acteur qui est sur toute la chaîne de valeur et qui maîtrise à la perfection et la culture et la transfo et la logistique et en plus la com, l'ensachage et non franchement vraiment chapeau j'imagine même pas le boulot que ça doit être notamment la récolte à la main pour les fleurs je parle et aussi pour la garance je... Je suis admirative de votre engagement, je trouve ça canon.

  • Speaker #0

    Après, c'est le côté agriculteur, quand on désherbe des carottes ou quoi que ce soit, il faut avoir la motivation d'aller au bout de l'arrêt, même si c'est dur. Et on a quand même cette éducation-là de jamais lâcher l'affaire, en fait, c'est ça. Et si aujourd'hui, on n'a pas de solution pour ramasser la garance, on le fait comme ça. Et on espère et on réfléchit sans cesse pour essayer de se... de s'aider en fait au début on est parti de quelque chose de très brouillon, on galérait on y passait un temps fou et puis petit à petit on s'allège le travail on trouve des solutions et aujourd'hui c'est dur mais peut-être que demain ça le sera moins et c'est ça qui est passionnant aussi c'est que il y a vraiment sa version de la chose à créer et ça peut être vraiment or comme rien n'existe à côté c'est vraiment sa version du truc et c'est beau

  • Speaker #1

    et puis vous êtes les défricheuses vous ouvrez le chemin, vous ouvrez la voie pour d'autres justement c'est une question que je voulais te poser je sais pas quel âge tu as Laura moi j'ai 28 ans et ma soeur elle a 32 ans tu te rends compte ?

  • Speaker #0

    voilà je commençais à 21 ans à peu près au BPR-EA et Amandine à 4 ans de plus donc 25, elle a attaqué mais c'est aussi pour ça que On est jeunes et on a aussi nos parents qui avaient la possibilité de nous héberger pour le démarrage. Il y a tout ça aussi, le fait que l'agriculture, ce n'est pas un métier pour gagner sa vie, que ce soit du maraîchage ou autre chose. Ce ne sont pas les métiers les plus rentables de l'univers, mais ce sont les métiers qui rendent heureux. Et ça, ça vaut de l'or.

  • Speaker #1

    et justement j'allais te faire part d'un constat après on en échange mais donc vous vous êtes lancé tôt 21 25 ans c'est tôt et j'ai eu sur le podcast Morgane recoule dans l'Aveyron qui s'est aussi lancée 28 ans, c'était un peu une reconversion etc. J'ai dans l'épisode qui sortira la semaine prochaine Cécilia Aguirre qui nous parle qu'elle accueille de plus en plus de stagiaires, qu'il y a de plus en plus de jeunes qui sortent des lycées horticoles ou des lycées agricoles et qui veulent se lancer dans les plantes tanctoriales j'entends aussi au niveau des écoles d'ingé qu'il y a des gens qui se posent des questions est-ce que vous vous constatez est-ce que vous êtes sollicité par des jeunes qui aimeraient s'installer est-ce que vous avez un recul sur ce qui se passe et un peu le frétillement est-ce qu'il se passe quelque chose de ce niveau-là oui bien sûr je pense que dans tous les cas

  • Speaker #0

    Ça attire de plus en plus de monde, peut-être aussi parce qu'il y a de plus en plus d'acteurs. Il y a aussi... Alors, à l'époque de Michel, peut-être que ça faisait moins de bruit dans le sens où il n'y avait pas les réseaux sociaux. Nous, on a vraiment cet outil qui nous permet de diffuser, en fait, vachement nos métiers.

  • Speaker #1

    Vous êtes présente... Ouais, c'est top. Franchement, vous êtes active sur vos comptes. C'est... Même, je trouve que c'est... comment dire, on voit votre quotidien en fait, c'est pas, on fait tout pour montrer que c'est génial, en fait vous nous montrez le quotidien et on arrive à percevoir la difficulté et le boulot que ça représente, je trouve ça vraiment bien de se servir des réseaux sociaux pour cette histoire de transmission et de partage en fait.

  • Speaker #0

    Ben oui, c'est vrai que c'est pas génial sur tous les points les réseaux sociaux, mais en tout cas dans le côté professionnel, c'est vraiment chouette parce que ça crée de la proximité effectivement, on va un peu au-delà de l'image publicitaire parfaite et nette, sans aucune souffrance. Là, bon, on édule le corps pas mal quand même, mais pas quand on pleure. Mais, par exemple, après trois mois de garance, on est un peu, des fois, c'est un peu dur. Mais bon, voilà, on essaie quand même de partager nos histoires. Et donc, sur la transmission, effectivement, il y a quand même, il y a beaucoup de monde qui veulent se lancer. après ça reste quand même un gros défi ça dépend les échelles il y a beaucoup de gens qui veulent créer un jardin pour faire de la formation ça c'est ce qui en ressort quand même le plus se lancer dans une exploitation agricole ben en fait il y a des projets après est-ce qu'ils aboutissent est-ce que C'est tellement complexe. En fait, par exemple, quand on va avoir une banque pour faire un crédit, faire un prévisionnel sur des couleurs végétales où on n'a absolument aucune donnée, c'est très, très, très difficile. Et aller voir quelqu'un qui nous fait confiance, ça l'est encore plus. Donc, je pense que peut-être que ça va... déjà commencer par des jardins pédagogiques, des petites cultures, des choses comme Cécilia, où ça reste encore le max, mais quand même côté associatif, côté partage, etc. Je pense que c'est vraiment ça. Il n'y a pas que cultiver des plantes tectoriales, en fait, dans le projet qu'on perçoit des autres. C'est vraiment créer un espace de formation, de rencontres. À côté, souvent, ils font des plantes médicinales et aromatiques. Donc, ça va dans un ensemble. Après, nous, on prend surtout des stagiaires qui viennent. Alors, souvent, ce sont des artisans qui utilisent les produits et pas qui souhaitent forcément les cultiver. Voilà, en fait, on est tellement la tête dans le guidon en permanence que les stagiaires, si on a des demandes, on a vraiment des besoins importants, on les prend. Il n'y a aucun souci, on peut prendre jusqu'à 2, 3, 4 stagiaires sur place, par exemple pour la Garence ou pour la récolte de l'Indigo. Et après, dans les parties un peu plus administratives, tout ça, c'est vrai que... on essaye d'être focus sur l'activité qu'on a sur le moment. Je ne sais pas si je m'exprime très bien.

  • Speaker #1

    Non, non, c'est clair. et alors du coup en tant que transmission vous êtes sollicité par des gens qui aimeraient soit s'installer jardin à plus ou moins grande échelle mais vous êtes sollicité vous avez des stages est-ce que tu as des bénévoles, des gens qui viennent Cécilia me parlait qu'elle avait des amapiens mais aussi des bénévoles qui venaient filer un coup de main est-ce que vous c'est quelque chose qui se pratique chez vous ? Vous êtes vraiment toutes les deux ?

  • Speaker #0

    On est vraiment beaucoup toutes les deux. Vraiment beaucoup. Pourquoi ? Parce que déjà, en fait, on se rend compte que les stages, c'est certes un coup de main ou les bénévoles, mais c'est aussi beaucoup d'apprentissage. Beaucoup,

  • Speaker #1

    beaucoup. Par exemple,

  • Speaker #0

    quelqu'un qui ne reste qu'une semaine, finalement, le temps de faire le tour des plantes et de l'exploitation, la semaine est passée et au final, ça nous a bouffé du temps beaucoup plus que ça nous a aidé. Enfin, en tout cas... comme tout apprentissage, le ratio, il doit être équitable. Je veux dire, un stage, ce n'est pas je prends des mains, je ne donne rien et voilà. Je ne suis pas d'accord avec ça. Quand on était en coiffure ou en maquillage, toutes les deux, on a eu des stages comme ça et on trouvait ça vraiment inhumain et horrible. Pour moi, il y a un échange qui doit être équitable. Mais justement, pour moi, déjà, en dessous de 10-15 jours, ça ne sert pas à grand-chose parce que ce n'est pas équitable.

  • Speaker #1

    Et tu as les stages ?

  • Speaker #0

    t'as le stage de deux mois là enfin moins de huit semaines qui sont bien sûr il y a ça il y a les reconversions bah ouais c'est super 15 jours de pôle emploi ça c'est super mais nous on a vraiment pas de système associatif ou à map donc déjà par rapport à la MSA par rapport à tout ça le bénévolat il faut qu'il soit quand même encadré on peut pas avoir des bénévoles qui viennent travailler comme ça sur une exploitation il y a quand même des assurances de la déclaration sinon c'est du travail au nord en fait tout simplement après il existe le woofing en option sauf que le woofing ça demande quand même un accueil, un logement etc, nous sur l'exploitation il n'y a rien ni toilette, ni douche, ni cuisine rien du tout, donc on vit au village en famille, c'est difficile d'accueillir quelqu'un au milieu de ses parents, de ses grands-parents pendant une certaine période donc le woofing n'est pas vraiment adapté, donc ça va vraiment nous être du stage de 10, 15 jours 3 semaines où on a eu aussi Une école qui faisait dans l'environnement, c'était un bac pro environnement, quelque chose comme ça. Et eux, du coup, c'était pendant le Covid. Donc, eux, ils cherchaient plutôt dans les parcs, normalement, de la gestion de forêt, etc. Et au final, comme ils ne trouvaient personne durant le Covid et qu'ils n'habitaient pas loin, ils sont venus nous aider pendant 2-3 mois à la garance, comme ça, à 6, parce qu'il leur manquait des maîtres de stage. Nous, ça nous a permis. d'avoir des bras à ce moment-là. Et à côté, on leur a appris la teinture, la savonnerie, on leur a fait faire du bricolage, ils se sont régalés. Donc c'était un bel échange, en fait.

  • Speaker #1

    D'accord. Excuse-moi. Et j'avais une... J'ai perdu le fil, du coup. Tu vois, ça m'arrive aussi. Qu'est-ce que j'allais dire ? Je ne me souviens plus. Comment ?

  • Speaker #0

    Sur la transmission, du coup, l'accueil de stagiaires, le woofing, le bénévolat.

  • Speaker #1

    Ouais, tout ça t'a dit... Non, j'avais un truc... Ah oui, ça y est, j'ai ma question. j'ai échangé avec Marie Marquet sur la botanique sur l'agriculture sur des questions est-ce qu'il y aurait assez de surface agricole si on voulait reteindre j'ai parlé avec Marie Marquet sur l'agriculture les surfaces agricoles qui seraient nécessaires si on souhaitait teindre la quantité de vêtements qu'on fait aujourd'hui mais en couleur naturelle, est-ce que ce serait possible ou non ? Donc, il y a bien sûr une réduction à faire de la quantité de vêtements qu'on consomme, ça on est d'accord. On avait dans notre discussion dévié, c'est toujours ces moments-là qui sont intéressants, sur est-ce qu'il serait possible d'ajouter, par exemple, pour des agriculteurs, on va dire conventionnels sur de l'agriculture type polyculture, élevage, est-ce qu'il serait possible d'ajouter la culture de plantes teintoriales, en tout cas de certaines, ou est-ce que pour toi, ça rajoute du boulot à l'agriculteur démesuré ? Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais en gros… Oui, voilà.

  • Speaker #0

    Je sais ce que tu veux dire. Pour moi, vraiment, les couleurs végétales, c'est un métier à part entière et propre qui nécessite un plein temps absolu. C'est-à-dire que ce n'est pas la peine de produire de l'indigo si on ne fait pas de l'indigo de qualité, parce que ça va derrière, ça va… ça ne va pas tenir, il va y avoir des problèmes. Donc du coup, comme on en est au début de l'image de tout ça, c'est vraiment il faut je veux dire quelqu'un qui fait des carottes ne va pas produire un petit peu de vin à côté c'est pas possible au bout d'un moment il lui faut une cave il lui faut du matériel et s'il veut le vendre après et que ce soit bien propre il faut vraiment qu'on y dédie 100% de son temps et en tout cas nous alors c'est peut-être notre version parce qu'on fait tout de A à Z et on va vraiment jusqu'à la transformation jusqu'au pigment fini mais nous ça nous demande de on travaille 75 heures par semaine donc je vois pas comment en fait quelqu'un qui fait quelque chose à côté même pour moi l'aromatique et du médicinal comme fait Cécilia par exemple pour moi c'est impensable je ne me verrais pas faire autre chose que des couleurs végétales parce qu'elles prennent plus

  • Speaker #1

    de 100% de notre temps et alors j'ai une autre question c'est c'est l'adjoindre avec une autre culture, pour toi, c'est un métier spécifique, donc ça nécessite de se focaliser sur un sujet, ça j'entends. Est-ce qu'il y a, comme il est fait dans d'autres cultures, un système de... Pas de coopérative, mais tu sais, où il pourrait être possible que chaque agriculteur travaille des plantes tanctoriales et se mutualise à un endroit spécifique pour la transformation ? Par exemple, est-ce que ce serait possible que des voisins à toi, agriculteurs, travaillent... je sais pas une plante et qui viennent te ramener ces quantités là pour toi enrichir comme t'as l'outil pour transformer et faire des extraits est-ce que ça c'est envisageable ou c'est pareil

  • Speaker #0

    ça me semble bête c'est pas bête c'est une idée franchement on y a aussi pensé parce qu'on en vient au bout de 5 ans d'entreprise à se dire c'est quoi notre avenir c'est quoi qu'on veut faire c'est quoi notre vision c'est quoi l'objectif final et ça on n'arrive pas encore à le dire parce qu'on est encore au jour le jour à gérer les problématiques de culture de produit de tout ça et donc on y a pensé aussi à faire une espèce de coopérative ou de de comment on dit, comme les chaînes de coiffure ou quoi, enfin faire comme ça un prototype pour pas que chaque personne ait à gérer l'ensemble du problème de la chaîne mais ça pose des problèmes de qualité. Par exemple, dans une coopérative qui fait du vin, on connaît les différentes qualités de raisins qui sont répertoriées, et en fonction de la qualité arrivée, ça va être plus ou moins, ça va être accepté ou pas. Derrière, ça va être payé plus ou moins. Et comment normaliser ça sur toute une filière, sur chaque produit, en sachant qu'on a tous notre contrainte de... de climat, de plantes, etc. Donc déjà, il faudrait que ce soit très local pour avoir un approvisionnement sans transport, au moins enlever cette contrainte de... Par exemple, sur la persiquaire, il faut des feuilles fraîches. Comment on fait pour gérer des feuilles fraîches, pour se les faire livrer ? C'est compliqué. Après, sur les fleurs sèches, par exemple, est-ce que, je ne sais pas moi, quelqu'un qui est dans le Nord-Pas-de-Calais a autant d'ensoleillement que moi qui suis en Provence ? Derrière, quel est l'impact ?

  • Speaker #1

    C'est sûr. c'est ça en fait c'est toutes les questions que ça emmène ouais mais je me dis en fait pareil je peux pas m'empêcher de me dire c'est quoi la suite de leur aventure mais en gros moi je vois là deux choses c'est la première c'est vous êtes en train de monter un modèle un modèle qui peut être dupliqué, mais il faudrait un soutien agronomique, tu vois ce que je veux dire, de comment on duplique un modèle qui est fait vous, chez vous, avec votre terroir, votre expérience, et comme tu dis, l'irrigation de tes grands-parents, toutes ces conditions. Donc, il faudrait vraiment qu'il y ait des recherches agronomiques. Donc, du coup, ça veut dire des financements d'un endroit. Donc, ça, c'est le premier truc auquel je pense. Le deuxième truc auquel je pense, c'est... C'est monter un genre de... comme pas une école, mais tu sais, un genre de formation. En fait, faire un centre de formation de votre établissement où tu pourrais accueillir des gens qui viennent de la France entière, par contre, qui viennent se mettre les mains dans le cambouis et d'apprendre vraiment la transformation. Ça pourrait être comme ça, un centre de formation, mais vraiment type agriculture, transformation. Mais pareil, encore une fois, comme tu l'as résumé hyper bien, c'est qu'il faut trouver un modèle rentable. C'est ça.

  • Speaker #0

    Aujourd'hui, on est encore au très bon moment. Je ne suis pas sûre que notre entreprise… Enfin, on a super bien avancé et comparé au départ, il n'y a plus rien à voir. Mais est-ce qu'on est sur une entreprise suffisamment aboutie pour la déterminer en tant que modèle et la dupliquer ? Non, on n'y est pas encore. Et peut-être qu'en fait, il n'y a pas qu'un modèle et peut-être qu'on se trompe aussi. Parce que ça… les plantes teinturelles te rendent très... Comment dire ?

  • Speaker #1

    Très humble.

  • Speaker #0

    Très humble. C'est-à-dire que tu crois avoir tout compris, maîtriser ton sujet à 100%, et puis il arrive un jour où quelqu'un arrive et te montre un truc qui ne fait absolument pas comme toi, et tu te rends compte qu'en fait, il y a d'autres options, ça marche différemment selon comment on le prend, etc. Donc, est-ce que c'est intéressant d'avoir un modèle où est-ce que chacun doit créer son propre modèle avec des bases un peu défraîchies ?

  • Speaker #1

    je te parle d'un tronc commun vous incarnez un tronc commun qui après serait adaptable aux terroirs, aux conditions mais tu vois le premier qui a lancé l'agriculture bio, le premier qui a lancé les endives ou le premier qui a je pense que c'est la même chose que vous il y en a bien un qui a dû défricher, tester mais ça ça en amène à une question et ça c'est Michel Garcia qui le dit souvent c'est aujourd'hui personne, c'est horrible ce que je dis, mais il dit aujourd'hui, personne n'a besoin de la couleur végétale, parce qu'aujourd'hui il y a la couleur synthétique qui fait le boulot. Donc, en fait, nous, ce qu'on a comme mission, entre guillemets, c'est de montrer la vertu de ces plantes tectoriales, d'en parler pour les gens qui ne connaissent pas, d'où ce podcast, pour en parler, essayer de faire connaître. mais tu vois c'est intéressant parce qu'en fait je me dis que vous êtes sûrement les pionnières enfin même pas les pionnières parce qu'à l'époque où ils devaient cultiver les plantes ben voilà il y en avait donc ça veut dire que comment ?

  • Speaker #0

    on fait que reprendre en fait ce qui plus ou moins on adapte à des choses plus modernes mais on reprend quand même la base de ce qui se faisait il y a 200 ans avant qu'ils arrêtent tout forcément ils avaient un métier

  • Speaker #1

    Tu vois, je me dis, à cette époque-là, ils avaient des quantités et des espaces cultivés de folie.

  • Speaker #0

    Et surtout de la main d'œil. la main d'oeuvre la garance par exemple je crois que j'avais lu il y avait 180 000 ouvriers agricoles dans la région du sud pour extraire la garance donc forcément il y avait les gros agriculteurs qui prenaient le plus gros et après les miséreux derrière qui allaient ratisser les petits bouts de garance sachant

  • Speaker #1

    que Sachant qu'en plus on peine déjà que ce soit dans l'agriculture nourricière à trouver de la main d'oeuvre qu'on est obligé d'aller chercher en Pologne pareil dans l'horticulture on est obligé d'aller chercher ailleurs des gens qui souhaitent travailler j'imagine que oui pour un sujet qui n'est pas encore assez...

  • Speaker #0

    C'est ça, parce qu'on a parlé beaucoup de production, mais il y a la partie commerce aujourd'hui. Nous qui produisons un peu gros, on n'écoule pas tous nos stocks parce qu'il n'y a pas un grand besoin. Comme dit Michel, ce n'est pas un besoin vital. En plus, on est en période de crise. Les petits artisans qui, eux, déjà ont du mal avec des produits... avec leur charge de production, la couleur, c'est un petit peu accessoire. Dans un savon, par exemple, elle est accessoire. Donc, elle pourrait être éliminée, on va dire. Et dans ce sens-là, on n'est pas à un besoin primaire. Ce n'est pas qu'il n'y a pas besoin de nous, mais il y a des choses... plus... Comment dire ? Le secteur est encore petit, vraiment. Et on ne pourrait pas être 200 000 producteurs en France parce que tout le monde coulerait. Comme un peu la spiruline. À un moment donné, il y avait de très petites personnes qui ont fait les pionniers. Il y a eu beaucoup de monde qui s'est mis sur le sujet. Et au final, la moitié ont arrêté parce qu'il y avait trop de monde et il ne reste plus de pionniers. Voilà, c'est ça. C'est que c'est un super produit, génial, mais il faut encore trouver le marché.

  • Speaker #1

    Alors je partage avec toi l'avis sur les artisans je suis d'accord que c'est un choix à faire pour rester dans ses coûts et son équilibre économique mais tu vois côté entreprise par exemple l'entreprise textile à mi-route tu sais entre la grosse boîte et l'industrie enfin la petite entreprise textile avec la loi AGEC donc anti-gaspi économie circulaire, ils sont obligés maintenant de réduire à mort leur impact euh... carbone et leur impact écologique. Et en fait, je pense que cette loi qui est passée là en janvier incite beaucoup de boîtes du textile à quand même réfléchir. Et la couleur végétale, qu'on le veuille ou non, est quand même une alternative qui ressort quand même pas mal. Et donc, je me dis que vous, vous pourriez bénéficier aussi de cette nouvelle vague de... d'entreprises de textile qui se posent des questions et qui auraient des tests à faire et de la matière première à trouver. Après, c'est une idée comme ça dans notre conversation, mais quand tu dis que tu n'écoules pas tout ton stock, Est-ce que par exemple je vais peut-être poser une question complètement débile mais est-ce que par exemple ton stock pourrait être racheté ou pris chez Greening ou chez le Critorticole avec couleur de plante

  • Speaker #0

    Est-ce que tu pourrais faire ça ? Je revends mon Indigo donc par exemple je suis déjà fournisseuse pour lui donc je suis très heureuse d'ailleurs parce que le produit ne vend que des produits de qualité donc je suis extrêmement fière de faire partie de ces fournisseurs donc oui on a Mais malgré tout, même Patrick, chez Greening, je pense qu'il n'a pas des volumes de dingue sur les couleurs végétales. Donc il y a vraiment en fait... après pour moi c'est pratique d'avoir un petit peu de stock parce que je suis aujourd'hui disponible à n'importe quelle demande c'est à dire que quelqu'un qui aujourd'hui me dit il me faut 20 kilos d'indigo je peux le sortir, il n'y a pas de problème et ça c'est agréable en tant que producteur c'est réconfortant mais après c'est sûr que je me dis si dans 4-5 ans je ne suis plus la seule à produire ça mais on est 5-6 et que cette personne a plus de moyens que moi Je ne sais pas. En fait, elle est tellement à construire, la filière, c'est tellement au jour le jour que je ne sais pas trop quelle est la perspective commerciale de tout ça. J'espère que les lois comme celles que tu citais de janvier vont vraiment pousser et vont augmenter les demandes. Et dans ce cas-là, il faudra qu'on soit tous une filière forte pour le faire ensemble. mais pour l'instant vraiment c'est tellement dur à dire voilà on essaye d'avoir le choix, d'avoir l'offre d'avoir le produit et après derrière le commerce on attend que que les boîtes fassent le pas, que ce soit les petits artisans qui des gens font beaucoup le pas mais aussi les grosses boîtes qui eux ont préférence à faire du greenwashing avant de passer directement aux vrais beaux produits Il y a vraiment un gros point d'interrogation sur la filière aujourd'hui. En tout cas, c'est facile de dire ce qu'il en est aujourd'hui. dire ce qu'il en sera dans 4-5 ans c'est très dur en tout cas pour nous, tête baissée dans le champ c'est difficile

  • Speaker #1

    Oui, parce que tu vois, il y a aussi la notion de traçabilité, comme tu le disais, de mélanger des cultures de différents endroits, les extraits, la concentration, la qualité, etc. Est-ce qu'il faut créer des labels pour garantir que les extraits soient 100% de plantes et pas avec du... c'est coupé avec de la chimie ? Parce que c'est ce qu'il m'expliquait Patrick Brenac de Greening, que ça se produisait.

  • Speaker #0

    vous avez râlé un colloque avec Michel ils étaient ensemble ils râlaient énormément il y avait une partie, pas tous des producteurs qui coupaient au chimique mais ça flingue la filière si on ne peut même plus avoir confiance en ces produits c'est terrible

  • Speaker #1

    Ouais, donc tu vois, comme tu dis, il y a plein de sujets, en fait, et moi qui débarque comme ça, qui viens du monde alimentaire, donc pas du tout textile, pas du tout... Enfin, qui est... Voilà, j'ai agro, mais je veux dire, je me dis, tu vois, moi, il y a ces questions-là que je me pose, c'est la filière, de faire des rapprochements aussi avec la filière des fibres cellulosiques, enfin, tu vois, les fibres... le lin, le chanvre, la laine, la soie, en fait, de s'allier avec eux, parce que si eux tiennent la route, sont en croissance, ça peut profiter à la couleur végétale, parce que sans eux, il n'y a pas de couleur végétale appliquée au textile. Après, je pense notamment à les écoles, c'est ce que je te disais, les lycées horticoles, les lycées agricoles, les études d'ingé, etc., qu'en fait, les gens aient conscience que ça existe et que ça puisse créer des vocations, parce que des gens, maintenant, qui prennent... qui arrêtent un boulot pour travailler dans un métier qui a du sens et pour lequel ils se sentent investis, c'est un peu ce que tu disais dans ton témoignage, c'est de plus en plus répandu, donc ça pourrait très bien créer des vocations, donc il faut en parler plus au niveau des écoles. Et après, je pense que oui, comme tu dis, c'est toute une filière à créer, mais j'ai bon espoir dans le sens où, comme on se disait tout à l'heure, le premier mec qui a lancé le blé, qui a fait ses recherches, le premier gars qui a lancé les endives, ça s'est bien fait. Et en plus, on a le... Comme tu le disais, c'est ce qui se faisait avant quand on ne faisait que de la teinture avec des plantes végétales. Ça se faisait avant. Alors, il y avait d'autres conditions. Il y avait certainement plus de main-d'œuvre et il y avait d'autres trucs qu'on ne maîtrise pas parce qu'il faudrait qu'on fasse une thèse là-dessus. Mais en tout cas, j'ai quand même espoir. Et en tout cas, ton témoignage, on l'entend, tu n'es pas dans le... dans le faux, c'est-à-dire que c'est dur, mais c'est un plaisir et vous y trouvez votre sens et vous apportez votre pierre. Et votre contribution, déjà deux, énorme, c'est de défricher notamment sur la partie des machines. Et ce que tu disais sur l'exemple de la savonnerie, je trouve ça juste génial. Quand tu peux dire que tu fais bouger les lignes comme ça, je trouve ça génial, surtout à ton âge. Je trouve ça juste génial. J'avais des questions sur... plutôt un peu tac au tac, mais... Est-ce que tu peux me citer pour toi des personnes qui ont été inspirantes ? Je pense que je connais un peu la réponse.

  • Speaker #0

    Michel, voilà. Patrick, qui est vraiment super. Mais il y a aussi plein d'autres gens. Il y a vraiment... On a Fibre Bio, avec qui on s'est lancé sur la partie textile. Quand on a commencé, elle a été d'une grande aide. Et elle aussi, elle avait vraiment cette envie-là, en fait, de créer des produits prêts à teindre pour les teinturiers. Parce que c'est aussi... La teinture, c'est plein de contraintes également. Donc il y a Fibre Bio, il y a Ultramar, une teinturière qui est à côté de chez nous, qui elle a fait vraiment le tour des formations. Elle est allée voir Michel, elle est allée voir David Saint-Andreux, elle est allée à Couleur Garance, elle est allée à Colore Ton Monde. Elle a fait vraiment le tour un petit peu pour faire sa version de l'indigo. Et là-dessus, je l'admire beaucoup. Elle travaille souvent avec nous pour nous aider. et vraiment cette espèce de multifase comme ça de l'indigo nous finalement on a eu que la version un peu de Michel et la nôtre mais le fait d'avoir comme ça d'avoir vu plein de spécialistes c'est vraiment super ensuite on a Anne-Sylvie de l'UTA avec qui on coproduit en ce moment on fait une coproduction ensemble

  • Speaker #1

    et qui est vraiment quand tu dis coproduction ça veut dire ?

  • Speaker #0

    on travaille ensemble pour un client pour produire parce qu'elle produit aussi et en fait je l'admire beaucoup parce que franchement elle a fait une très belle gamme de beaux-arts ça fait quand même un petit moment qu'elle est dans la couleur végétale elle tient le coup et on voit qu'elle aussi je pense pas qu'elle ait gagné des milliers des cents par ce secteur dans sa vie mais elle est très heureuse et elle est très inspirante. et voilà ensuite on a Luma avec qui on travaille aussi qui est vraiment super Luma c'est une fondation qui a été créée à Arles en fait et là dedans en fait il y a donc c'est un espèce de laboratoire où ils essayent plein de nouvelles choses, et notamment on a fait un colloque ensemble avec eux, où en fait ils récupéraient des espèces invasives pour en faire du textile, donc en extrayant la cellulose, et ensuite derrière ils avaient le projet de faire des mini-manufactures où en fait on vient imprimer notre textile grâce à cette fibre cellulosique de plantes invasives, et en fait ça remettait un petit peu en jeu l'industrie. textiles en fait au lieu de créer d'énormes industries en France parce qu'il manque de l'industrie créer comme ça des mini manufactures où on peut venir en fait imprimer 15, 20, 30 t-shirts et en fait recréer comme ça du local et donc voilà c'est des beaux projets porteurs d'autres visions auxquelles nous jamais on n'y penserait mais voilà par des ingénieurs du temps de l'énergie des gens concernés ça fait vachement évoluer voilà

  • Speaker #1

    dans d'autres secteurs que les couleurs végétales qu'on a

  • Speaker #0

    qui font pas mal bouger les lignes. Après, on a la coopérative des couleurs à Okra, qui aussi font de très beaux produits beaux-arts, qui ont une belle renommée, qui se donnent pour vraiment expliquer les pigments, les colorants, la différence. Eux, ils ont le prisme de l'ocre, mais ils restent quand même hyper pédagogues, et ça, c'est chouette.

  • Speaker #1

    d'accord ok et si t'étais une plante intangitoriale laquelle tu serais et un peu pourquoi la persiquière parce que déjà elle m'a amené la passion et puis elle est tellement elle

  • Speaker #0

    est tellement variable et puis elle est rebelle et on croit la comprendre et en fait voilà et finit

  • Speaker #1

    Est-ce que tu teins toi personnellement ? Là tu n'as pas le temps je pense Mais est-ce que tu as teint Est-ce que tu t'es essayé à la teinture végétale ?

  • Speaker #0

    En plus de tout ça On s'amusait jusqu'à maintenant à faire une collection de Noël Qu'on faisait à l'automne C'est pas vrai

  • Speaker #1

    C'est hyper actif

  • Speaker #0

    Et du coup là on a décidé J'en ai encore pas mal Mais c'était la dernière année qu'on produisait de la teinture Parce qu'on a commencé par apprendre la teinture Pour donner des conseils parce qu'il est impossible de vendre ou une coloration végétale sans donner un paquet de conseils sur le secteur d'application donc on a commencé par la teinture ensuite on s'est mis à la savonnerie et là en faisant les lacs forcément on se met au beaux-arts donc voilà je pense qu'on va laisser petit à petit tomber la partie textile parce qu'on en a déjà pas mal d'expérience et on fera des formations d'initiation à la teinture végétale l'été sur l'exploitation. De temps en temps, là cette année on ne peut pas le faire parce qu'on a une grosse production, mais d'habitude on en fait au moins 4 ou 5 dans l'été. Et donc voilà, on continuera un peu la teinture par ce biais-là des stages, et donc savonnerie et beaux-arts.

  • Speaker #1

    et alors du coup dans les fibres que tu aimes teindre c'est lesquelles que le lin ça brille,

  • Speaker #0

    ça prend bien c'est vraiment un peu plus local quand même que le coton la laine il faut aimer la laine j'ai jamais aimé trop la porter même si ça prend super bien en teinture la soie c'est sympa aussi mais vraiment le lin, coup de coeur, y'a pas de problème

  • Speaker #1

    du coup les prochains projets tu y as répondu tout au long clairement de notre échange est-ce que tu aurais des livres qui t'ont aidé toi à inspirer dans ta démarche ou toi en fait

  • Speaker #0

    c'est vraiment, on est plus dans l'expérience que dans la lecture c'est parce que c'est aussi notre éducation, on fonce tête baissée et on réfléchit après et donc on a les livres, les trois livres de Michel qui sont une super base il y a un livre de Dominique Cardon aussi qui répertorie un peu comme ça par couleur toutes les plantes avec un peu surtout les matières colorantes identifiées parce que c'est souvent pas facile de savoir si c'est un flavonoïde ou un flavone parce que c'est pas la même chimie pour l'un ou pour l'autre donc ça c'est des livres un peu référence voilà et après Michel nous a toujours orienté vers les manuels de Roré qui sont en fait des manuels d'antan sur l'artisanat. Alors ça va des beaux-arts à fabriquer son boule à lèvres et ses cosmétiques. Alors c'est dans un vieux français avec des produits qui sont peut-être plus utilisables aujourd'hui, mais c'est une base et ça permet de comprendre. C'est des logiques très simples en fait, pas vraiment pompeuses ou scientifiques pures. C'est vraiment un peu notre méthode de travail, c'est-à-dire d'analyser ce qu'on observe.

  • Speaker #1

    et donc c'est plutôt sympa comme lecture ok j'avais une avant-dernière question qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter à toi et à ta soeur de vivre de notre passion ça serait bien quand même aujourd'hui vous n'en vivez pas non on n'en vit pas encore alors on a peu de besoin parce que on

  • Speaker #0

    vit en famille etc donc ça va, on ne souffre pas mais on ne vit pas encore de notre passion on souhaite plein de nouvelles couleurs on aimerait beaucoup avoir une belle gamme avec 10-15 couleurs ce serait vraiment magnifique et puis que ça continue surtout qu'on ait de l'eau et que tout aille bien dans la partie agricole celle qui fait un peu peur aujourd'hui même si on a plein de solutions en tête pour pallier à ces problèmes là mais on espère que quand même ça reste gérable

  • Speaker #1

    est-ce que tu peux nous indiquer quelqu'un à qui tu aimerais qu'on passe le micro pour la suite du podcast ?

  • Speaker #0

    Je penserais à Valentina de Ultramar qui est teinturière, mais elle fait des vêtements conceptuels, modulables,

  • Speaker #1

    qui s'adaptent.

  • Speaker #0

    Je trouve ça très sympa comme concept. Elle a fait le tour de toutes les formations, donc elle a quand même un point de vue assez global. Elle a un super projet, c'est qu'elle est croate, italienne, et elle a vécu en Espagne. donc en fait elle aimerait créer selon où on est, on peut choisir où est fabriqué son vêtement c'est à dire si on est croate il est fabriqué en Croatie, si en France ou en Espagne etc donc c'est un beau projet qui lie pas mal quand même le secteur textile la fourniture, la manufacture tout ça tout ça donc je pense que c'est un beau c'est une belle personne avec une belle expérience

  • Speaker #1

    ok je vais essayer de la contacter si tu as ses coordonnées je prends pour la contacter écoute Laura je voulais vraiment te remercier parce que parce que j'ai trouvé cet épisode hyper hyper instructif enrichissant et tu me mets une claque personnelle je te le dis parce que à votre âge je m'adresse aussi à Amandine qui n'est pas là parce qu'elle est en train de bosser mais franchement vraiment chapeau à toutes les deux pour ce que vous faites c'est vraiment génial vraiment je sais pas comment le dire j'ai pas les mots tu vois mais je vous félicite vraiment parce que je trouve que vous êtes deux nanas hyper courageuses et euh et ça me touche de voir qu'il y a des jeunes t'as 28 ans, j'en ai 35 mais je veux dire, ça me touche et tu vois ça me donne aussi une forme d'espoir parce qu'en ce moment tout n'est pas gai pour tout le monde mais tu vois ce que vous faites je trouve que c'est une belle leçon de vie et je vous remercie pour ça

  • Speaker #0

    Merci beaucoup à toi de nous avoir invitées dans ce podcast, c'est vraiment beau je t'avoue j'ai pleuré à l'épisode de Michel tellement que c'était émouvant parce que c'est notre, on l'aime Michel c'est un père spirituel c'est une rencontre, on l'aime d'amour et l'entendre parler de sa vie comme ça c'est vraiment lui aussi qui nous a donné cette émotion ce truc avec des mots, des trucs je sais pas comment dire qui nous a vraiment lancé là-dedans

  • Speaker #1

    j'en ai pas parlé mais cet épisode, cet enregistrement d'épisode, donc le premier, moi je n'ai jamais enregistré de podcast sauf avec Michel et il venait de faire une formation, il était éreinté, mais vraiment on était 8, ça avait été dans tous les sens il était ultra fatigué et quand je lui ai dit est-ce que Michel tu voudrais bien, et bien il a dit oui par générosité pure tu vois vraiment de pouvoir et c'était hyper euh... à vivre, c'était hyper incroyable parce qu'il te raconte tout ça, tu t'hallucines et c'est ce fameux épisode où j'ai moi oublié de brancher mon micro, du coup la qualité du son est pourrie et je me disais qu'est-ce que tu fais, est-ce que tu lances ton podcast avec un témoignage magnifique et poignant mais avec un son pourri ou est-ce que tu supprimes et tu réenregistres sans être sûre d'avoir cette authenticité et ce don, tu vois il a vraiment livré et donc du coup

  • Speaker #0

    qui te tue en fait il a le Michel excité et énervé pendant les stages quand il ne maîtrise plus et qu'il panique son côté sanguin du sud il t'envoie chier et tout donc là il faut se cacher et le laisser faire il est sensible il est inspirant comme ça et je trouve que là pendant le podcast c'était vraiment c'était waouh mais tu sais qu'il y a beaucoup de gens qui m'ont fait ce retour là et donc je suis contente aussi que tu me donnes la merci

  • Speaker #1

    la possibilité d'expliquer cet épisode et pourquoi j'ai choisi quand même de le mettre et tout ça tout ça moi je le rappelle c'est quand même grâce à lui qui a dit écoute ok faisons cet épisode, il savait pas ce que c'était moi non plus et franchement donc merci à lui parce que en fait je me rends compte qu'il inspire il a aidé beaucoup de gens et il continue non stop de donner, de donner, de donner de donner et que ça aussi c'est une belle leçon de vie

  • Speaker #0

    et puis j'avais jamais eu son il m'avait déjà raconté un peu son histoire mais en décousu c'était la première fois que je l'écoutais vraiment le coup de son oncle et tout c'était vraiment tellement émouvant Michel avant on l'avait à côté puis quand on s'est rencontré il déménageait d'un côté ça nous a apporté de l'autonomie parce que quand tu es vraiment que tu ne comprends pas ce qui se passe tu as tendance si tu as Michel à côté d'aller le voir plutôt que de réfléchir donc pour ça c'était bien qu'on ait de la distance mais on se voit rarement et on s'aime beaucoup et c'est toujours dur d'être séparé longtemps donc ça me fait du bien de l'entendre un peu comme ça c'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de se parler

  • Speaker #1

    bon bah c'est chouette écoute encore un grand merci et puis je vais couper là l'épisode ça marche attends je regarde bon ça va ça marche

  • Speaker #0

    alors du coup je voulais aussi passer la parole à Séverine Debrecker de l'atelier des couleurs dans le Gers elle a travaillé 20 ans pour le bleu de l'actour uniquement sur la couleur indigo donc elle a vraiment une grande expertise là dessus et là pour relancer aussi un peu la passion elle a commencé les couleurs à mordant donc voilà elle s'éclate et c'est quelqu'un de très intéressant avec qui échanger parce qu'elle a vu en fait l'évolution aussi sur toutes ces années et pour finir je voulais aussi faire un petit remerciement à toute ma famille qui nous aide vraiment beaucoup beaucoup tous les jours Parfait ! C'est bon ?

  • Speaker #1

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

  • Speaker #0

    Sous-titrage ST'501

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de Laura Roussier

    00:00

  • Présentation du parcours de Laura et Amandine Roussier

    00:44

  • Formation et création de leur entreprise

    03:00

  • Les produits et plantes cultivées au Champ des couleurs

    04:25

  • Mécanisation et défis de la culture des plantes tinctoriales

    06:29

  • Récolte et transformation des plantes tinctoriales

    07:03

  • Défis liés à la mécanisation et à la récolte manuelle des plantes tinctoriales

    09:58

  • Processus de transformation et production de pigments

    19:28

  • Différences entre indigo et bleu maya

    29:45

  • Utilisation des pigments dans la savonnerie

    31:11

  • Vente en ligne et logistique de l'exploitation

    37:51

  • Transmission des savoirs et accueil de stagiaires

    40:41

  • Évolution de l'intérêt pour les plantes tinctoriales

    42:20

  • Défis et perspectives pour l'avenir des couleurs végétales

    48:58

  • Conclusion et remerciements

    01:02:01

Description

Dans cet épisode captivant du podcast ArtEcoVert, Pauline Leroux a le plaisir de recevoir Laura Roussier, co-fondatrice du Champ des couleurs, une exploitation agricole innovante dédiée aux plantes tinctoriales. Ensemble, elles explorent l'univers fascinant de la teinture végétale, un domaine en pleine renaissance qui allie tradition et durabilité. Laura, accompagnée de sa sœur Amandine, partage avec passion leur parcours inspirant, marqué par une reconnection avec l'agriculture familiale après une période de chômage.


Sur 3 à 4 hectares ensoleillés de Provence, elles cultivent avec soin des plantes tinctoriales emblématiques telles que la garance et la persiquière. Au fil de la conversation, Laura évoque les défis inhérents à la culture, à la récolte et à la transformation de ces trésors naturels en pigments végétaux. "Chaque plante a une histoire à raconter, et nous sommes ici pour les faire revivre", déclare-t-elle avec conviction.


Le duo aborde également la mécanisation de leur exploitation, en discutant des machines qu'elles utilisent et des difficultés rencontrées en raison du manque d'équipement spécifique à la teinture naturelle. Elles soulignent l'importance de l'eau et des techniques de culture traditionnelles, tout en partageant leur engagement à promouvoir la couleur végétale.


Leur vision pour l'avenir est empreinte d'espoir : elles espèrent voir la demande pour les teintures naturelles croître, portée par une prise de conscience accrue des enjeux environnementaux. En effet, la tendance vers des colorants biosourcés et des pigments végétaux est en plein essor, et Laura et Amandine souhaitent jouer un rôle clé dans cette évolution.


Cet épisode est une véritable invitation à découvrir les couleurs de plantes, à plonger dans l'univers des colorants végétaux et à envisager une agriculture tinctoriale plus respectueuse de notre planète. Que vous soyez passionné par la teinture naturelle, les fibres naturelles ou simplement curieux d'en apprendre davantage sur les plantes tinctoriales, cet échange vous apportera des clés et des inspirations pour intégrer la couleur végétale dans votre quotidien.


Ne manquez pas cette belle discussion riche en enseignements et en émotions. Pour approfondir vos connaissances sur la teinture végétale et découvrir le Champ des couleurs, rendez-vous sur les liens utiles ci-dessous.


Belle écoute,


Pauline


🚀Si vous en voulez plus : 


⭐Plus de contenus, plus d'échanges, plus de partages, allez sur Patreon : https://www.patreon.com/ArtEcoVert 

👁️Instagram : @artecovert     

🎙️S'abonner à la newsletter du podcast : https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1 📩pauline.artecovert@gmail.com 

Linked in : 

👨‍👩‍👧‍👧 GROUPE DE LA COULEUR VEGETALE (Rejoignez nous c'est gratuit et intéressant) 

👤PROFIL PAULINE LEROUX 

🎨PROFIL ENTREPRISE ARTECOVERT 


🗝️ Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin


Bonne écoute


Pauline



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Ponyne Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Alors, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Laura Roussier du Champ des couleurs. Amandine n'a pas pu être là, mais j'ai Laura au bout du micro. Bonjour Laura !

  • Speaker #1

    Enchantée, je suis très contente d'être avec vous aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Alors Laura, première question, est-ce que tu peux vous présenter du coup, toi et ta sœur, votre parcours, votre formation et comment vous en êtes arrivée à ce que vous faites aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Alors du coup, on est deux sœurs, donc Amandine et Laura Roussier. On est situées à la Roque d'Enterron, donc en Provence. Voilà. Toutes les deux, on venait de deux secteurs un peu différents. Ma sœur Amandine était maquilleuse professionnelle et moi, j'étais coiffeuse. Et en fait, on a eu un an de chômage toutes les deux où on a vraiment réfléchi quoi faire. Et en fait, ça fait six générations qu'on est sur la même exploitation, donc nos parents et nos grands-parents. était agriculteur. Et mon père avait arrêté parce qu'il n'arrivait plus à gagner sa vie dans l'agriculture dans les années 90, parce que c'était très compliqué. Et donc, nous, on avait ces terrains, ce champ qu'on aimait, qu'on adorait, et pas trop de perspectives de professionnels. Donc, moi, j'ai fait un BPREA. une école agricole. Avec ça, je cherchais quoi cultiver sur mes terres. J'adorais la vigne, parce que pour avoir le côté transformation, en fait, ça me plaisait beaucoup. Et en fait, nos terres ne sont pas du tout bonnes pour la vigne. Donc, je me suis tournée, j'ai réfléchi les plantes aromatiques, les plantes médicinales. Et en fait, je suis tombée sur l'orice, qui est à 5 km de chez nous, et couleur garance avec le jardin conservatoire. Et là, ça a été un véritable coup de cœur pour les plantes tanctoriales. J'ai décidé dans un premier temps de commencer avec Michel Garcia, qui avait fait déjà des essais de culture et d'extraction de la persiquière autour de l'Oris, qui avait ces projets-là, mais qui n'avaient jamais vraiment abouti. Nous, on a repris ces essais et on les a mis dans notre champ. Tout était là, les structures, nos modes d'irrigation, vraiment tout coïncidait. On a décidé de se lancer suite à ça.

  • Speaker #0

    d'accord ok donc toutes les deux de formation différentes finalement qui ont quand même un lien avec la couleur le maquillage et la coiffure il y a quand même un lien si on cherche bien donc voilà et des racines dans l'agriculture donc c'est tout simplement enfin tout simplement mais il a fallu faire le chemin pour revenir à ses premières amours du coup est-ce que quand donc tu as parlé de ta formation que tu as fait sur l'agriculture en mode accéléré mais je pense qu'avec un papa agriculteur Il y a quand même une formation familiale, on va dire.

  • Speaker #1

    En fait, la formation, j'ai lancé la première année, Amandine a fait le BPREA l'année suivante. Et donc, en 2017, il me semble, donc il y a cinq ans, c'est notre anniversaire bientôt, on a créé l'entreprise. Et donc, en fait, la partie BPREA nous a appris le côté chef d'exploitation, comptage, gestion, main-d'œuvre, etc. Ensuite, notre père nous a vraiment énormément formés sur l'agriculture, les machines, les tracteurs. et il continue à le faire tous les jours. Et ensuite, on a eu Michel sur la partie chimie et mise en place de tout ça, en fait. C'est lui qui nous a lancés, il nous a mis vraiment des protos déjà bien ficelés parce qu'il y avait énormément de travail. Et ensuite, nous, on a vraiment adapté ça, évidemment, à nos accès, notre entreprise, ce qu'on voulait, etc. Donc, on a eu ces trois pôles de formation qui ont créé l'entreprise au final, à la fin.

  • Speaker #0

    d'accord et alors du coup si j'ai bien compris sur votre site internet je regardais le champ des couleurs il y a une partie produit oui que vous proposez est-ce que tu peux raconter un petit peu cette partie là

  • Speaker #1

    Bien sûr, donc en fait nous on est vraiment une exploitation agricole, on fait à peu près entre 3 et 4 hectares de culture, et donc on fait plusieurs plantes tanctoriales, donc on fait Coréopsis, Rosin, Tannésie, Camomille, Rubécia, Garance en plus grand volume. un petit peu de réséda c'est un peu difficile dans la région donc c'est plus vraiment notre notre t'inquiète c'est pas grave notre prioritaire voilà on est plus parti sur l'artichaut qui demandait moins de qui était plus adapté en fait à notre région tout simplement sinon il fallait des quantités d'eau extrêmes pour la réséda donc on a un peu laissé tomber et la persiquière qui est vraiment notre cure d'activité Donc on vend des plantes séchées brutes, certaines broyées comme la garance pour faciliter son utilisation, et d'autres transformées complètement comme la persilière qu'on ne vend pas en feuilles mais vraiment en pigments. Et on produit également du bleu maillot.

  • Speaker #0

    alors donc il y a beaucoup de choses j'ai beaucoup de questions du coup donc ça te fait on va dire une dizaine de plantes c'est ça si je comprends bien à peu près à peu près d'accord une dizaine de plantes j'aimerais bien qu'on parle de ta surface donc comme je te disais avant quand on préparait rapidement toutes les deux notre échange sur le podcast on a eu des toutes petites échelles de personnes qui se lançaient pour répondre à leurs besoins d'atelier ou répondre à leurs besoins de personnel donc de teinture, etc. On a eu, à l'échelle un tout petit peu plus au-dessus, l'épisode va sortir la semaine prochaine, c'est l'épisode de Cécilia Aguirre sur la micro-ferme des Lilas, où là, c'est une plus grande surface, mais qui n'est pas mécanisée. et Cécilia me livrait que l'étape d'après c'était la mécanisation et donc tout naturellement et on m'avait beaucoup parlé de vous dans les échanges que j'ai avec les invités on m'a dit le champ des couleurs c'est la marche du dessus et donc j'aimerais vraiment qu'on s'attarde sur la surface est-ce qu'elle est symbole d'une automatiquement d'une mécanisation ou est-ce que c'est par rapport juste à un volume le type de machine que vous utilisez pour vous simplifier le travail aussi et que tu nous expliques. Et ensuite, on reviendra sur la partie comment tu transformes vos outils, etc. pour voir un petit peu si tu es OK avec ça, pour qu'on fasse un vrai zoom sur votre spécificité parce que je pense que vous êtes les seuls ou presque. Et donc, ça m'intéresse beaucoup.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Donc, en fait, nous, on a commencé la toute première année test avec 5000 m². puis ensuite, donc deux persiquaires uniquement. Ensuite, on a commencé à planter de la garance, 2-3 000 m², puis petit à petit, on est monté un demi-hectare, un hectare. Et pareil sur la persiquaire, on est allé jusqu'à deux hectares cultivés. Et en fait, ce qui détermine finalement la surface des champs, c'est la capacité à traiter et à produire, par exemple dans le cadre de la persiquaire, l'indigo derrière, parce qu'en fait, l'indigo se fait sur feuilles fraîches, donc tous les jours, on doit… gérer une certaine quantité de feuilles, et on doit le faire avant qu'elle ait passé une certaine maturité. Donc on est extrêmement pressé, et on doit traiter chaque jour un volume de feuilles. Et donc comme on n'est que deux, et qu'au bout d'un moment on a beau être mécanisé on est limité dans ces gestes donc du coup petit à petit entre 1 et 2 hectares c'est ce qu'on arrive à traiter toutes les deux vraiment à fond avec un système d'extraction qui roule donc c'est comme ça qu'on se limite un peu pareil pour la garance, c'est les surfaces de nettoyage de séchage les périodes aussi de récolte qui se font de février à mars si on plante trop le temps de récolter, elle est repartie et dans ce cas-là, on est trop limite. Donc, en fait, c'est toujours finalement, on se limite à ce qu'on arrive à faire. Et pour savoir combien on peut faire, il faut aller dans l'extrême de planter beaucoup et d'avoir des années difficiles où on galère à gérer toute cette énorme masse de plantes. et ensuite donc c'est aussi lié à l'investissement des machines lesquelles on a pu acheter donc évidemment on aurait besoin d'énormément de machines pour se simplifier la vie et rester à deux dans des conditions de travail correctes sauf qu'aujourd'hui malheureusement les couleurs végétales il n'y a pas de machines qui existent que ce soit sur la partie agricole comme sur la partie transfo et donc en fait nous on a toujours essayé de trouver des choses d'avertissement des caractéristiques techniques de machines qui sont à peu près semblables à ce dont on a besoin. Et ensuite, on fait modifier ces machines-là par des artisans. qui font des choses un peu plus pointues ou alors on utilise des machines mais qui ne font pas vraiment le travail à 100% et derrière, on va venir réapporter une deuxième transformation, en fait, par exemple pour le broyage. Si le broyage n'est pas assez fin avec un broyeur, derrière, on reprend la matière, on va la broyer avec un autre broyeur qui va finir finalement le travail. Donc

  • Speaker #0

    Donc ce que tu veux dire, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'avancée dans ce domaine-là pour la culture de plantes teintoriales. en termes de machines, que tu dois t'inspirer d'autres machines qui existent et les adapter à cette culture particulière et qu'en gros, tu pourrais encore simplifier ton travail à toi et à ta sœur s'il y avait des machines plus adaptées. C'est ça. Donc, il y a encore une marge de progrès. Si c'est une activité qui se développe comme j'ai l'impression, on en parlera après, mais si ça se développe, il y a encore moyen d'avoir des gains de temps grâce à des machines plus adaptées. C'est ça ?

  • Speaker #1

    Bien sûr, là, on est vraiment sur du... En fait, on crée un espèce de prototype pour un atelier un peu plus grand, un peu plus mécanisé, un peu moins dans la manipulation comme on l'est aujourd'hui. En fait, tous nos ateliers demandent vraiment, vraiment beaucoup de manipulation. C'est des journées qui durent de 15 à 17 heures pour fabriquer l'indigo durant du coup de juillet jusqu'à fin octobre. Donc, tout ça, en fait, on aimerait l'améliorer. Sauf que pour pouvoir faire l'investissement qu'il faut, pour ne pas se tromper dans l'achat de nos futures machines, on est obligé de tester. Et pour pouvoir tester, on est obligé de bricoler des prototypes qui nous disent qu'on est dans le bon, au contraire, on se trompe, ce n'est pas pratique, ce n'est pas utile. Il faut vraiment se concentrer sur telle ou telle activité qui pose problème. Donc, il n'y a aucune machine faite pour, et il n'y a aussi aucun itinéraire technique de culture. Donc, en fait, dans le secteur, rien n'existe. Il faut vraiment y rester.

  • Speaker #0

    Et vous vous êtes rapprochée d'instituts agricoles, d'écoles d'ingénieurs agro, etc. pour voir s'il n'y avait pas des mémoires de fin d'études ou des trucs comme ça ou pas du tout ?

  • Speaker #1

    Non, en fait, en général, soit c'est un peu trop... pointue par rapport au côté agricole. Donc, ça veut que c'est une machine derrière qui, si elle est faite pour un sur-mesure, par un ingénieur, etc., c'est une machine qui va coûter 100 ou 200 000 euros. Je pense qu'on ne peut absolument pas amortir. Donc, il y a aussi ce truc-là, c'est qu'en fait, on est gros par rapport aux couleurs végétales, mais on est tout petit par rapport à une exploitation classique. Et on est vraiment des omnis en général quand on va à la chambre d'agriculture ou dans des secteurs comme ça. et qu'on parle de couleur végétale, en général, ils nous prennent pour des hippies illuminés. Ils ne comprennent pas qu'il y a un secteur d'activité et que la couleur ne sort pas de nulle part et qu'il faut bien la produire, que ce soit chimiquement ou végétalement. Du coup, on n'est soit pas pris au sérieux, soit pas très intéressante parce qu'on est les seuls à leur en avoir parlé, donc ils ne voyaient pas un besoin. Soit, après, les machines sont trop coûteuses.

  • Speaker #0

    D'accord. Est-ce que tu peux nous parler de quelles sont les opérations que vous avez réussies en tant que défricheuse du terrain à mécaniser ? Quelles sont vos premières machines en gros et qu'est-ce qu'elles vous simplifient comme tâches ?

  • Speaker #1

    Alors, on a une planteuse, déjà, qui on n'utilise qu'une seule fois par an, au moment de la plantation. Donc c'est un peu dommage comme investissement, parce que c'est vrai qu'on a une machine assez coûteuse qui n'est pas utilisée souvent, mais elle est vraiment indispensable dans le sens où le jour où on plante, on ne peut pas trop le prévoir à l'avance, et ce jour-là, il faut la machine. Donc elle nous permet quand même d'avoir une implantation propre, régulière. et carré.

  • Speaker #0

    Et donc, une planteuse, c'est bien quand tu as fait tes semis et elle vient les mettre à bonne distance, c'est ça ?

  • Speaker #1

    Exactement, elle vient en fait ouvrir un sillon, déposer le plant et le refermer derrière. Donc, pour vraiment avoir une densité de plantation qui est bien parce que nous, on prépare quand même des surfaces agricoles et un taux de plant et il faut que tout rentre bien, qu'il ne manque pas des raies ou au contraire que je n'en ai pas la moitié qui est vide.

  • Speaker #0

    D'accord, et j'ai vu donc encore une fois sur vos réseaux sociaux que vous faisiez aussi de la, tu sais, de la...

  • Speaker #1

    Du semain à la volée

  • Speaker #0

    Ouais, que vous semiez à la volée, donc ça veut dire qu'en fonction du type de plante que vous mettez, il y a les deux techniques Soit semer à la volée directement en sol un peu, enfin réchauffé, ou soit cette machine de planteuse, c'est ça ?

  • Speaker #1

    C'est ça, en fait toutes les plantes tectoriales on va les faire à la planteuse pour être sûr en fait, on fait nos plants, on fait nos semis, etc Alors, sur les grandes cultures garances et persiquaires, on les fait faire. C'est la seule chose qu'on délègue de l'entreprise parce qu'on veut être sûr d'avoir le beau taux de plant. Et surtout, si on n'arrive pas à les faire lever, déjà, ça veut dire pas de saison. Et deuxièmement, pas de graines pour l'année suivante. Parce que comme on récupère nos semences, il y a quand même cette pression de ne pas perdre l'espèce. Donc, c'est vraiment la seule chose qu'on délègue parce qu'il y en a beaucoup. Et ensuite, on sème à la volée nos couverts végétaux parce que nos grands-parents ont toujours fait ça, on l'a toujours fait avec eux et notre père nous l'a enseigné aussi. donc on se régale en fait c'est vraiment un truc de tradition on a l'impression d'être dans les pas de nos ancêtres on aime vraiment beaucoup faire ça mais on pourrait aussi le faire au semoir c'est pas un problème quand tu dis couverts végétaux c'est des plantes qui vont venir protéger

  • Speaker #0

    ton sol en tout cas de l'érosion, de la sécheresse etc mais est-ce que tu plantes entre eux ce couvert végétal ou pas ? Est-ce que tu fais cohabiter des plantes tectoriales et du couvert végétal ou pas ? Non.

  • Speaker #1

    La mécanisation fait que on ne peut pas venir... Quand je viens couper ma persiquaire, j'ai énormément d'herbes au pied, même si c'est un couvert que j'ai voulu. Je vais en avoir plein les bacs et dans ce cas-là, je vais utiliser trop d'eau par rapport aux besoins, etc. C'est vrai que sur les... Sur les endroits où on cultive, on reste quand même assez... On est obligé de quand même dans le... cette idée de mécanisation, de rester quand même sur des lignes plutôt propres. Mais par contre, tout l'extérieur de l'exploitation, tous les intérêts, tous les espaces, etc., on sème énormément d'autres espèces azotées pour vraiment compenser ce manque de diversité sur les zones de culture. Mais vraiment, l'inter-rang, on fait des préfleuries, on garde toutes nos espèces locales sur les buttes. on sème là où on est obligé de travailler la terre mais qu'on ne va pas forcément faire nos cultures cette année dessus donc là on met du couvert végétal le but c'est que la terre ne soit jamais née qu'elle soit corrompue

  • Speaker #0

    D'accord, et donc cette histoire de couvert végétal, moi ce que j'ai appris dans mes études, c'est que c'est pour renourrir, redonner des propriétés au sol, mais également maintenir l'eau, parce que vous êtes dans le sud et que les sécheresses, vous êtes bien concernés, et du coup je pense que ça doit contribuer à ce système de garder au maximum l'eau et la fraîcheur, je ne sais pas si on peut dire comme ça.

  • Speaker #1

    En fait, par exemple, l'année dernière, grosse canicule, on a eu nos premières restrictions d'eau. Mon père ne l'avait jamais connue de sa vie. Et donc déjà, il y a des cultures comme par exemple l'artichaut. Les artichauts sont très beaux durant l'hiver, au printemps, à l'automne. Mais l'été dernier, on a décidé de ne pas les arroser, de les laisser quasiment mourir tout l'été parce que ce n'était pas indispensable. Pareil pour la garance, on a espacé un petit peu plus. les arrosages. On a vraiment essayé de garder plus d'herbes que d'habitude, même dans les rangs, pour garder cette humidité. Donc oui, il y a vraiment la notion d'eau, elle est super importante et elle l'a toujours été, je pense, en étant en Provence. Mais on a quand même la chance d'être... très bien approvisionnées comparé à d'autres régions qui n'ont pas l'habitude de la sécheresse et qui n'ont pas des systèmes mis en place. Nous, on a le canal de Marseille qui nous y règle super bien, mais il faut être raisonnable dans la ressource, il ne faut pas pomper à fond parce qu'on le peut. Il faut vraiment penser à l'avenir et essayer déjà de se restreindre au maximum et voir quelles techniques on peut avoir pour limiter cette eau et essayer de l'utiliser de moins en moins.

  • Speaker #0

    Donc là, c'est ce qu'on voyait en photo sur vos réseaux sociaux. C'est les canaux que vous avez nettoyés pour amener l'eau et faire l'irrigation.

  • Speaker #1

    Oui, donc on fait de l'irrigation gravitaire. Nos ancêtres ont fait des canaux tout le long des parcelles. Et en fait, les terrains sont nivelés avec un dévers. Donc, on met de l'eau en amont et ça irrigue jusqu'au bout. Et en fait, l'avantage de cette méthode-là, c'est qu'elle ne nécessite pas de pompe. Vraiment, c'est purement la gravité de l'eau qui fait le travail. Alors, ça a des contraintes. Ce n'est absolument pas automatique. Vraiment, on est avec des modes de terre et des cailloux pour régler l'eau dans chaque raie. C'est vraiment un art, l'irrigation gravitaire. Mais une fois qu'on sait le faire, c'est très adapté, notamment pour la persiquière qui adore avoir l'eau au pied. Donc là, c'est super. Donc voilà, on a décidé de garder ce que nos ancêtres nous avaient mis en place et surtout éviter d'avoir une consommation d'énergie avec une pompe ou un tracteur ou quoi, même si ça crée des contraintes. lié à l'herbe, lié à l'eau, lié au manque d'automatisme, etc.

  • Speaker #0

    D'accord. Donc, on a un petit peu dévié, mais du coup, on parlait des machines. Donc, la première machine dont tu parlais, c'était la planteuse. on a bien compris son rôle. Qu'est-ce que tu peux nous... Quelle est la machine d'après, en fait, entre guillemets, que tu utilises dans la saison ?

  • Speaker #1

    Donc en fait c'est la récolteuse, ni plus ni moins, j'ai vraiment deux machines pour le côté agricole. Donc là c'est une récolteuse en fait à teint. qui me servent pour récolter ma persicar. Après, sur la garance, par exemple, je ne suis pas équipée en récolteuse. Et sur les fleurs, je les récolte à la main aussi. Donc finalement, il y a vraiment la persicar que je fais en gros en deux hectares que j'ai cette récolteuse. Sinon, pour le reste, je suis à la main aussi. Et en fait, la mécanisation se fait plus dans l'atelier après sur la fabrication.

  • Speaker #0

    D'accord, d'accord. Donc une planteuse, une récolteuse. Si je ne dis pas de bêtises, la garance, c'est une récolte de racines. Donc vous devez faire tout ça à la main.

  • Speaker #1

    C'est un très dur et long travail. On n'a pas réussi à trouver aujourd'hui une machine. La problématique de la garance, c'est qu'elle est extrêmement cassante. Dès qu'on vient lui mettre un outil, soit qu'il creuse et qu'il déverse, soit qu'il prend et qu'il vibre comme une récolteuse à patates, elle se casse dans des millions de petits morceaux. Et alors là, on perd 90% de la récolte. donc on a essayé plein de techniques différentes et pour l'instant la seule qu'on a trouvé pour récolter l'agarance c'est de creuser une tranchée et de récupérer à la main d'abord le coeur qui est resté un peu intact et ensuite toutes les petites racines qui ont cassé dans le sol on vient les récupérer comme ça à la main au piocher et on fait des seaux et on les nettoie après et voilà c'est notre récolte c'est pour ça que l'agarance pour l'instant on est entre un demi hectare et 8000 m² on va pas plus loin parce qu'en fait on prend trop de temps à récolter et ça fait,

  • Speaker #0

    excuse-moi pour nous figurer 8000 m² de garance ça te fait combien de pieds environ ?

  • Speaker #1

    difficile ça doit faire 15000 pieds quelque chose comme ça c'est très très long

  • Speaker #0

    D'accord, et tu dis garance, c'est sur deux mois la récolte, février-mars ?

  • Speaker #1

    Ouais, février-mars jusqu'à mi-avril, ça dépend la surface. Selon, en fait, on a des terrains qui sont plus ou moins argileux et des fois, selon le terrain, il y a des raies qui vont super vite et d'autres, au contraire, qui sont très très longues. Donc, grosso modo, deux mois, deux mois et demi, à plein temps.

  • Speaker #0

    d'accord et est-ce que tu fais un système de comment on appelle ça de ligne parce qu'en fait la garance si j'ai bien capté c'est

  • Speaker #1

    3 ans minimum de culture pour que la racine elle soit assez conséquente en fait il y a plusieurs options et ça c'est Michel qui nous l'a bien appris quand on a commencé la garance il y a 18-24 mois ensuite il y a 3 ans et après il y a 5 et 10 ans, dans les bonnes années de récolte. Et en fait, selon quand on va la récolter, on va avoir plus ou moins de matière organique, entre parenthèses, et plus ou moins de matière colorante. C'est-à-dire qu'à 18 mois, la part de bois par rapport à la part de chair qui contient les colorants est minime. Donc en fait, à 18 mois, on a une garance très riche en couleurs. Mais par contre, comme le vin, les colorants sont assez jeunes. Par contre, quand on a une garance plus vieille, effectivement les colorants sont un peu plus développés, sont un peu plus intenses. Mais par contre, à rapport sur un kilo de garance sèche, on aura plus de bois qui ne colore pas que de matière. Donc c'est un peu délicat la garance. Dans tous les cas, que ce soit dans la culture, dans le travail, dans la récolte, dans l'utilisation, elle est tellement variable. que c'est selon ce qu'on en fait. Vraiment.

  • Speaker #0

    Mais après, comme tu fais la filière complète, tu peux gérer tes extraits derrière.

  • Speaker #1

    Oui. J'en ai une partie qui a trois ans. J'ai des vieilles garances qui ont six ans et demi que j'attends d'avoir dix ans. Pour les dix ans de l'entreprise, on les sortira. On essaie de trouver encore aussi qui veut quoi et pour quel secteur d'activité surtout.

  • Speaker #0

    D'accord, ok donc très bien, on a parlé des deux machines côté agriculture enfin côté culture tu as parlé de récupérer les semences de tes plantes pour l'année d'après j'ai deux questions c'est quoi le ratio de, enfin je veux dire tu sais dire à peu près combien de graines tu dois conserver parce que tu dois pas tout garder de toutes tes lignes de plantes, tu gardes pas toutes les graines

  • Speaker #1

    et est-ce qu'un brassage n'est pas intéressant tu sais de ramener du sang neuf est-ce que ça vous alors nous ce qu'on fait en fait c'est que chaque année donc par exemple on va prendre l'exemple de la persiquaire celle qu'on fait le plus en fait il y a deux raies qu'on ne coupe jamais de l'été pour avoir vraiment beaucoup de graines et ensuite en fait on vient les trier par couleur donc c'est très très long déjà on les frotte et on les ventile énormément et en fait les graines foncées sont très denses donc forcément à force de ventiler il ne reste que les meilleures et en fait on fait vraiment de la sélection comme ça mais on garde quand même toujours la même et la nôtre qui est en fait super acclimatée au terrain très basique qu'on a ici, au mistral très fort et aux grosses températures c'est vraiment ces trois problématiques environnementales qui font qu'on garde vraiment ces semences-là. Et ces semences viennent de Michel, du jardin de l'Oris, qui est à 5 km de chez nous, à vol d'oiseau. Donc, elles étaient vraiment déjà là, idéales, adaptées. Il n'y avait aucun souci là-dessus. Donc, on n'a pas cherché à avoir d'autres variétés. En fait, on s'est un peu appuyé aussi sur l'expérience de Michel en nous disant que par rapport au Mistral, il valait mieux la naine, un peu plus costaud, avec des feuilles un peu plus recroquevillées, qui va plus se protéger. Voilà.

  • Speaker #0

    Oui. Donc,

  • Speaker #1

    on a utilisé l'expérience de Michel, pour le coup.

  • Speaker #0

    Et pour tes autres persiquaires et garances, tu fais ce système-là, et pour toutes les autres plantes un peu plus fleuries, on va dire, si tu es cohéré aux psis, etc., ça, tu fais comment ? Tu changes d'année en année ou tu gardes ?

  • Speaker #1

    Il y a une partie que je laisse monter en graines. Je récupère mes graines et je me les trie pour faire moi-même mes propres plants. Par contre, c'est vrai que comme je n'en ai pas des grandes cultures, des fleurs, là, on fait nous-mêmes nos propres plants.

  • Speaker #0

    d'accord ok donc semi tous ces stades là semi stade 3 plante machin et après tu prends ta planteuse et tu fais comme ça c'est ça même sur vraiment sur les petites lignes selon en fait la physionomie de la plante soit je la plante carrément à la main avec

  • Speaker #1

    un outil très simple soit je le mets dans la planteuse si le plant est pas trop grand parce que dès que c'est un peu grand ça coupe par la machine donc voilà d'accord donc vous avez une plante Si on arrive à faire quelque chose de calibré, on passe à la machine. Si c'est hors calibre, on passe à la main.

  • Speaker #0

    D'accord, ok. Donc ça, c'est super clair. Donc la partie agriculture, c'est très clair. Et alors du coup, ce qui est génial, c'est que vous faites les deux, c'est-à-dire que vous faites la culture et la transformation. Est-ce que ça se passe d'ailleurs au même endroit ? bien sûr on fait vraiment tout donc il n'y a pas de transport génial et donc du coup sans transport tu passes à la partie transformation et donc les deux qui te nécessitent le plus de boulot c'est donc persiquaire et garance oui parce

  • Speaker #1

    que du coup Alors du coup, sur l'indigo par exemple, on a nos champs de 1 ou 2 hectares selon les années. On vient récupérer à peu près 500, nous on arrive à traiter 500 kilos de feuilles par jour, aujourd'hui à 2. Donc c'est déjà pas mal, on aimerait arriver à faire plus avec moins de manip mais ça... ça nécessite un peu plus de mécanisation au niveau de l'atelier. Donc, en fait, on fait des bacs. Ensuite, on les divise en dix, ce qui nous permet, en fait, le fait de le diviser en dix, comme ça, et de ne pas faire une énorme extraction. Ça nous a permis, dès le début, d'avoir dix réactions par jour. Et en fait, c'est vraiment l'accumulation de l'expérience, de toutes les réactions possibles qu'il peut y avoir, qui a fait qu'on est arrivé à vraiment caler un process. Sans ça, impossible, même avec Michel, qui nous a montré, expliqué. il faut vraiment vraiment l'expérience il n'y a que ça de vrai en tout cas sur la persiquaire et la transformation en indigo donc on fait nos tisanes on récupère le jus on oxygène à fond donc là on a des pompes on a des filtres on a un clarque qui nous permet de lever manipuler tous ces bacs d'eau pas avoir à le faire à la main on oxygène ensuite on met notre chaux on récupère on filtre on broie on sèche et ensuite on a notre indigo Ensuite, sur la garance, ça va être un peu plus simple, mais quand même, pour arriver au produit en poudre, il y a quand même des étapes. Donc, il y a récolter la garance, la présécher pour enlever un maximum de terre et économiser l'eau. Ensuite, on nettoie à fond la garance, puis on la fait sécher et ensuite, on broie. Et en fait, aujourd'hui, on est en train de développer de nouveaux produits. On est en train de faire les lacs. Et donc, on aimerait arriver à faire du pigment fabriqué à partir de notre garance. et donc en ce moment on est vraiment en train de tester des process des recettes et là aussi dans

  • Speaker #0

    toujours la question de combien je vais en produire pour permettre d'avoir un prix, un conditionnement, un pigment stable d'une année. Arriver à faire une production qui couvre nos besoins d'une année pour avoir au moins un pigment par an. Parce que forcément, avec le côté végétal, ça varie légèrement. Avec l'expérience, ça varie de moins en moins. Il y a quand même la notion terroir, climat, tout ça, qui fait qu'on a des petites nuances d'une année sur l'autre sur les pigments. On est arrivé à le faire pour l'indigo, très bien. Ça a été long, mais on y arrive maintenant. Le bleu maya, pareil, au début, il y avait vachement de variantes, puis maintenant, c'est stable. Et là, on attaque.

  • Speaker #1

    Est-ce que sur le bleu maya, tu peux m'expliquer la différence avec le bleu d'indigo ?

  • Speaker #0

    Alors en fait, le bleu maya est formé à partir de pigments d'indigo, donc vraiment l'indigo formulé, extrait, séché, broyé, etc., vraiment le pigment, qu'on ajoute à de l'argile à canot. Les deux sont cuits ensemble et en fait, l'indigo devient gazeux. Il est sublimé. très beau terme, et il rentre dans ces canaux, et ensuite il est emprisonné, et en fait l'argile vient lui créer une espèce de capsule, donc ça le rend extrêmement solide, et il s'appelle bleu maya, parce qu'il a été retrouvé dans les fresques des temples mayas, et les scientifiques pensaient que c'était de la pilazulie au début, parce que c'était tellement solide, qu'ils ne soupçonnaient pas cette origine végétale, ils ont trouvé cette espèce d'hybride organique et minérale, le bleu maya. qui est très beau, très utile.

  • Speaker #1

    D'accord, génial. Et donc, l'utilisation est la même que l'indigo ou il y a un procédé particulier sur le bleu maya ?

  • Speaker #0

    Dans l'utilisation, c'est vraiment un pigment qui ne sera plus jamais soluble. Donc, par exemple, pour la teinture, c'est parfaitement proscrit. Mais par contre, pour les beaux-arts, la peinture bâtiment, les volets, les choses comme ça qui vont être ultra exposées, ça par contre, c'est super. Et les argiles sont très souples aussi. Donc, ça donne une texture au pigment qui est très voluptueuse. Et notamment pour les beaux-arts ou la savonnerie, c'est super.

  • Speaker #1

    D'accord, et alors justement tu fais parfaitement la transition, la savonnerie, j'avais jamais entendu parler, enfin je savais pour le savon mais je n'avais pas fait le lien avec une coloration potentiellement végétale, est-ce que tu peux nous raconter ce qui se passe sur la savonnerie ?

  • Speaker #0

    Alors, c'est Michel qui nous a quand même donné l'idée de l'utiliser comme ça. Donc, lui, c'est déjà pas mal. Et en fait, la savonnerie, aujourd'hui, c'est un très beau secteur, mais qui est très compliqué pour eux parce que, en fait, les trois quarts qui s'installent aujourd'hui sont des petits artisans, semblables à nous de la couleur végétale, en fait, avec un petit atelier de petite production, une vente sur les marchés, etc. Et qu'ils souhaitent aujourd'hui utiliser des produits… locaux, bio, bien fait. Et en fait, c'est un secteur qui est vraiment régi par l'industrie, c'est-à-dire que les toxicologues, qui sont là pour de bonnes raisons, il faut analyser les composantes des produits, ce qu'ils attendent d'un produit, c'est des batteries de tests, d'analyses, de labos, de... tout ça et en fait aujourd'hui si on n'est pas un industriel on ne peut pas prétendre à ces analyses là parce qu'elles sont souvent faites par des labos privés de justement la grosse entreprise et que nos produits sont artisanaux liés de plantes donc contenant plusieurs molécules chose qui n'est pas le cas sur les couleurs synthétiques où on est sur de la mono quelque chose de très simple de très classifié où tout est carré où il n'y a pas de surprise alors que les couleurs végétales, forcément, ils ne les connaissent pas. Donc au début ils étaient très réticents parce que c'est justement un produit artisanal et de base ils ne voulaient pas en entendre parler. Et grâce à des clientes qui se sont vraiment battues et nous aussi, on a vraiment fait du forcing pour leur demander quels sont les papiers indispensables qu'il vous faut pour la validation. Et ensuite nous on a vraiment travaillé très dur pendant 2-3 ans pour arriver à fournir ces papiers, les faire, qu'ils soient vraiment carrés, retrouver les numéros. de telle ou telle plante, molécule, ça a été assez complexe, mais on y est arrivé. Et aujourd'hui, on arrive à apporter une alternative de couleur végétale, chose qu'ils n'avaient absolument pas accès, à la savonnerie. et voilà donc on est très très très contente d'avoir fait ça c'est vraiment faire bouger les lignes voilà des choses comme ça malgré nous resteront et une fois qu'on a ouvert la porte ça restera quoi parce qu'aujourd'hui elles ont fait synthèse

  • Speaker #1

    ou alors les minéraux pour colorer les savons et du coup ça veut dire que vous êtes vous vous avez l'accréditation le champ des couleurs ou ça veut dire que vous avez fait bouger les lignes pour toute la France

  • Speaker #0

    Disons que nous, on a fait nos papiers pour nos pigments, mais aujourd'hui, les toxicoliennes connaissent l'indigo, le bleu maya, leur utilisation, à peu près comment c'est fait, etc.

  • Speaker #1

    Ah, ça va.

  • Speaker #0

    Donc demain, si notre indigo, avec les papiers adaptés, se propose, en tout cas, j'espère que ce sera plus facile que ce que ça a été pour nous, parce qu'ils ne découvrent pas le produit. Ils le connaissent, ils en ont entendu parler, les choses ont été amorcées. Mais après... Tous les toxicologues ne sont pas pareils. Il y en a qui sont vraiment très réfractaires et dans ce cas-là, c'est un calvaire de parler avec eux. Et en général, nos clientes les abandonnent et passent sur des gens un peu plus ouverts à l'artisanat, qui leur correspond souvent mieux. Mais je pense que c'est des choses qui ont été faites pour l'avenir et pas que pour nous.

  • Speaker #1

    je l'espère encore un chemin que vous avez défriché toutes les deux pour tout le monde, c'est top c'est génial franchement on a parlé persiquaire on a parlé du travail sur la garance on a parlé de vos alors après tu avais les coréopsis et toutes les plantes qu'est-ce que tu fais de ces autres plantes, tu les sèches ?

  • Speaker #0

    Oui, alors aujourd'hui, j'ai un séchoir solaire qui est dans un conteneur. J'en ai deux, en fait. J'en ai un qui est vraiment solaire, qui va être vraiment plus pour les pigments, parce que ça chauffe fort, en fait, pour vraiment aussi garder de l'hygiène. Parce que travailler en savonnerie aussi, ça veut dire avoir un produit hygiénique qui ne sent pas mauvais, chose qui n'est pas facile dans les couleurs végétales. Il faut vraiment être très rapide dans les utilisations. Enfin, vraiment avoir un produit carré aussi pour prétendre au domaine du cosmétique. Donc en fait on a ce séchoir solaire qui va très très vite sur le séchage des pigments et ensuite on a un conteneur dans lequel on fait sécher nos plantes où c'est un peu plus lent, c'est à l'abri de la lumière et donc en fait chaque jour on va récolter nos fleurs de Coréopsis, Cosmos, etc. et on les fait sécher là-dedans, ça nous prend à peu près 2-3 heures par jour à la récolte. et ensuite on les vend vraiment en plantes brutes séchées et là on aimerait évidemment comme la garance créer des lacs mais pour l'instant on tâtonne encore, on commande doucement on a commencé par la garance, l'artichaut on lance en parallèle et ensuite on fera le corepsis, le cosmos la camomille, tout ça

  • Speaker #1

    et donc toutes ces plantes là vous les cueillez à la main 2 à 3 heures par jour vous allez les mettre dans un nouveau bac ou je ne sais pas comment on appelle ça une clé de séchage dans votre conteneur et c'est un séchoir donc tu as un séchoir solaire mais l'autre, le conteneur, ça sèche comment ?

  • Speaker #0

    c'est vraiment la chaleur il est plein cagnard il est isolé c'est pas un frigorifique c'est vraiment un isolé et en fait ça chauffe extrêmement fort la journée mais sans UV et la nuit doucement ça enlève sa chaleur mais il fait tellement chaud qu'elle se sèche en 2-3 jours très rapidement d'accord super 42°C de temps en temps l'été donc vraiment ça prend je ne suis pas sûre que ce soit faisable en région parisienne ou en altitude ou s'il faisait moins chaud il faudrait sûrement une autre machine pour compléter

  • Speaker #1

    et du coup il y a des étapes supplémentaires une fois que tu as séché tes plantes il faut les ensacher Donc, c'est encore un job en plus d'ensachage, de peser. Vous les vendez sur la ferme ? Vous les vendez en ligne, en plus en ligne ?

  • Speaker #0

    Alors, en fait, on vend tout en ligne parce qu'on n'a vraiment pas le temps d'avoir une boutique fixe. Donc, on n'a vraiment que la boutique numérique. Et tous nos pigments, toutes nos plantes, on fait vraiment étiquetage, conditionnement. On fait vraiment toute la chaîne de la graine jusqu'au mail, jusqu'à tout.

  • Speaker #1

    C'est incroyable.

  • Speaker #0

    Mais c'est beau, c'est vraiment la… Puis on avait une discussion l'autre jour avec ma sœur sur notre éco-anxiété, de se dire qu'il y a quand même un mur qui arrive climatique en face. On se disait qu'on a une chance extraordinaire d'avoir un métier où quoi qu'il arrive, on peut trouver des solutions, on peut continuer. Comme on gère tout de A à Z, il n'y a pas de problème de transport, on a la main mise sur absolument tout, on ne dépend de personne. Et ça, je crois que c'est vraiment quelque chose qui nous... qu'on lâchera jamais les couleurs végétales grâce à ça parce que on se dit que jamais on retrouvera finalement, c'est une insécurité au quotidien financière etc mais c'est une sécurité d'avenir disons qu'on est dans un monde qui peut s'en servir

  • Speaker #1

    et puis vous êtes dans la tu parles beaucoup de calcul de taux de plan vous êtes vraiment dans la logistique au cordeau et je pense que vous essayez d'optimiser chaque étape chaque geste, chaque truc dans la manière dont tu parles ça se voit que vous réfléchissez vraiment tout au mieux donc non non c'est canon et comme tu dis c'est rare et c'est très rare d'avoir un acteur qui est sur toute la chaîne de valeur et qui maîtrise à la perfection et la culture et la transfo et la logistique et en plus la com, l'ensachage et non franchement vraiment chapeau j'imagine même pas le boulot que ça doit être notamment la récolte à la main pour les fleurs je parle et aussi pour la garance je... Je suis admirative de votre engagement, je trouve ça canon.

  • Speaker #0

    Après, c'est le côté agriculteur, quand on désherbe des carottes ou quoi que ce soit, il faut avoir la motivation d'aller au bout de l'arrêt, même si c'est dur. Et on a quand même cette éducation-là de jamais lâcher l'affaire, en fait, c'est ça. Et si aujourd'hui, on n'a pas de solution pour ramasser la garance, on le fait comme ça. Et on espère et on réfléchit sans cesse pour essayer de se... de s'aider en fait au début on est parti de quelque chose de très brouillon, on galérait on y passait un temps fou et puis petit à petit on s'allège le travail on trouve des solutions et aujourd'hui c'est dur mais peut-être que demain ça le sera moins et c'est ça qui est passionnant aussi c'est que il y a vraiment sa version de la chose à créer et ça peut être vraiment or comme rien n'existe à côté c'est vraiment sa version du truc et c'est beau

  • Speaker #1

    et puis vous êtes les défricheuses vous ouvrez le chemin, vous ouvrez la voie pour d'autres justement c'est une question que je voulais te poser je sais pas quel âge tu as Laura moi j'ai 28 ans et ma soeur elle a 32 ans tu te rends compte ?

  • Speaker #0

    voilà je commençais à 21 ans à peu près au BPR-EA et Amandine à 4 ans de plus donc 25, elle a attaqué mais c'est aussi pour ça que On est jeunes et on a aussi nos parents qui avaient la possibilité de nous héberger pour le démarrage. Il y a tout ça aussi, le fait que l'agriculture, ce n'est pas un métier pour gagner sa vie, que ce soit du maraîchage ou autre chose. Ce ne sont pas les métiers les plus rentables de l'univers, mais ce sont les métiers qui rendent heureux. Et ça, ça vaut de l'or.

  • Speaker #1

    et justement j'allais te faire part d'un constat après on en échange mais donc vous vous êtes lancé tôt 21 25 ans c'est tôt et j'ai eu sur le podcast Morgane recoule dans l'Aveyron qui s'est aussi lancée 28 ans, c'était un peu une reconversion etc. J'ai dans l'épisode qui sortira la semaine prochaine Cécilia Aguirre qui nous parle qu'elle accueille de plus en plus de stagiaires, qu'il y a de plus en plus de jeunes qui sortent des lycées horticoles ou des lycées agricoles et qui veulent se lancer dans les plantes tanctoriales j'entends aussi au niveau des écoles d'ingé qu'il y a des gens qui se posent des questions est-ce que vous vous constatez est-ce que vous êtes sollicité par des jeunes qui aimeraient s'installer est-ce que vous avez un recul sur ce qui se passe et un peu le frétillement est-ce qu'il se passe quelque chose de ce niveau-là oui bien sûr je pense que dans tous les cas

  • Speaker #0

    Ça attire de plus en plus de monde, peut-être aussi parce qu'il y a de plus en plus d'acteurs. Il y a aussi... Alors, à l'époque de Michel, peut-être que ça faisait moins de bruit dans le sens où il n'y avait pas les réseaux sociaux. Nous, on a vraiment cet outil qui nous permet de diffuser, en fait, vachement nos métiers.

  • Speaker #1

    Vous êtes présente... Ouais, c'est top. Franchement, vous êtes active sur vos comptes. C'est... Même, je trouve que c'est... comment dire, on voit votre quotidien en fait, c'est pas, on fait tout pour montrer que c'est génial, en fait vous nous montrez le quotidien et on arrive à percevoir la difficulté et le boulot que ça représente, je trouve ça vraiment bien de se servir des réseaux sociaux pour cette histoire de transmission et de partage en fait.

  • Speaker #0

    Ben oui, c'est vrai que c'est pas génial sur tous les points les réseaux sociaux, mais en tout cas dans le côté professionnel, c'est vraiment chouette parce que ça crée de la proximité effectivement, on va un peu au-delà de l'image publicitaire parfaite et nette, sans aucune souffrance. Là, bon, on édule le corps pas mal quand même, mais pas quand on pleure. Mais, par exemple, après trois mois de garance, on est un peu, des fois, c'est un peu dur. Mais bon, voilà, on essaie quand même de partager nos histoires. Et donc, sur la transmission, effectivement, il y a quand même, il y a beaucoup de monde qui veulent se lancer. après ça reste quand même un gros défi ça dépend les échelles il y a beaucoup de gens qui veulent créer un jardin pour faire de la formation ça c'est ce qui en ressort quand même le plus se lancer dans une exploitation agricole ben en fait il y a des projets après est-ce qu'ils aboutissent est-ce que C'est tellement complexe. En fait, par exemple, quand on va avoir une banque pour faire un crédit, faire un prévisionnel sur des couleurs végétales où on n'a absolument aucune donnée, c'est très, très, très difficile. Et aller voir quelqu'un qui nous fait confiance, ça l'est encore plus. Donc, je pense que peut-être que ça va... déjà commencer par des jardins pédagogiques, des petites cultures, des choses comme Cécilia, où ça reste encore le max, mais quand même côté associatif, côté partage, etc. Je pense que c'est vraiment ça. Il n'y a pas que cultiver des plantes tectoriales, en fait, dans le projet qu'on perçoit des autres. C'est vraiment créer un espace de formation, de rencontres. À côté, souvent, ils font des plantes médicinales et aromatiques. Donc, ça va dans un ensemble. Après, nous, on prend surtout des stagiaires qui viennent. Alors, souvent, ce sont des artisans qui utilisent les produits et pas qui souhaitent forcément les cultiver. Voilà, en fait, on est tellement la tête dans le guidon en permanence que les stagiaires, si on a des demandes, on a vraiment des besoins importants, on les prend. Il n'y a aucun souci, on peut prendre jusqu'à 2, 3, 4 stagiaires sur place, par exemple pour la Garence ou pour la récolte de l'Indigo. Et après, dans les parties un peu plus administratives, tout ça, c'est vrai que... on essaye d'être focus sur l'activité qu'on a sur le moment. Je ne sais pas si je m'exprime très bien.

  • Speaker #1

    Non, non, c'est clair. et alors du coup en tant que transmission vous êtes sollicité par des gens qui aimeraient soit s'installer jardin à plus ou moins grande échelle mais vous êtes sollicité vous avez des stages est-ce que tu as des bénévoles, des gens qui viennent Cécilia me parlait qu'elle avait des amapiens mais aussi des bénévoles qui venaient filer un coup de main est-ce que vous c'est quelque chose qui se pratique chez vous ? Vous êtes vraiment toutes les deux ?

  • Speaker #0

    On est vraiment beaucoup toutes les deux. Vraiment beaucoup. Pourquoi ? Parce que déjà, en fait, on se rend compte que les stages, c'est certes un coup de main ou les bénévoles, mais c'est aussi beaucoup d'apprentissage. Beaucoup,

  • Speaker #1

    beaucoup. Par exemple,

  • Speaker #0

    quelqu'un qui ne reste qu'une semaine, finalement, le temps de faire le tour des plantes et de l'exploitation, la semaine est passée et au final, ça nous a bouffé du temps beaucoup plus que ça nous a aidé. Enfin, en tout cas... comme tout apprentissage, le ratio, il doit être équitable. Je veux dire, un stage, ce n'est pas je prends des mains, je ne donne rien et voilà. Je ne suis pas d'accord avec ça. Quand on était en coiffure ou en maquillage, toutes les deux, on a eu des stages comme ça et on trouvait ça vraiment inhumain et horrible. Pour moi, il y a un échange qui doit être équitable. Mais justement, pour moi, déjà, en dessous de 10-15 jours, ça ne sert pas à grand-chose parce que ce n'est pas équitable.

  • Speaker #1

    Et tu as les stages ?

  • Speaker #0

    t'as le stage de deux mois là enfin moins de huit semaines qui sont bien sûr il y a ça il y a les reconversions bah ouais c'est super 15 jours de pôle emploi ça c'est super mais nous on a vraiment pas de système associatif ou à map donc déjà par rapport à la MSA par rapport à tout ça le bénévolat il faut qu'il soit quand même encadré on peut pas avoir des bénévoles qui viennent travailler comme ça sur une exploitation il y a quand même des assurances de la déclaration sinon c'est du travail au nord en fait tout simplement après il existe le woofing en option sauf que le woofing ça demande quand même un accueil, un logement etc, nous sur l'exploitation il n'y a rien ni toilette, ni douche, ni cuisine rien du tout, donc on vit au village en famille, c'est difficile d'accueillir quelqu'un au milieu de ses parents, de ses grands-parents pendant une certaine période donc le woofing n'est pas vraiment adapté, donc ça va vraiment nous être du stage de 10, 15 jours 3 semaines où on a eu aussi Une école qui faisait dans l'environnement, c'était un bac pro environnement, quelque chose comme ça. Et eux, du coup, c'était pendant le Covid. Donc, eux, ils cherchaient plutôt dans les parcs, normalement, de la gestion de forêt, etc. Et au final, comme ils ne trouvaient personne durant le Covid et qu'ils n'habitaient pas loin, ils sont venus nous aider pendant 2-3 mois à la garance, comme ça, à 6, parce qu'il leur manquait des maîtres de stage. Nous, ça nous a permis. d'avoir des bras à ce moment-là. Et à côté, on leur a appris la teinture, la savonnerie, on leur a fait faire du bricolage, ils se sont régalés. Donc c'était un bel échange, en fait.

  • Speaker #1

    D'accord. Excuse-moi. Et j'avais une... J'ai perdu le fil, du coup. Tu vois, ça m'arrive aussi. Qu'est-ce que j'allais dire ? Je ne me souviens plus. Comment ?

  • Speaker #0

    Sur la transmission, du coup, l'accueil de stagiaires, le woofing, le bénévolat.

  • Speaker #1

    Ouais, tout ça t'a dit... Non, j'avais un truc... Ah oui, ça y est, j'ai ma question. j'ai échangé avec Marie Marquet sur la botanique sur l'agriculture sur des questions est-ce qu'il y aurait assez de surface agricole si on voulait reteindre j'ai parlé avec Marie Marquet sur l'agriculture les surfaces agricoles qui seraient nécessaires si on souhaitait teindre la quantité de vêtements qu'on fait aujourd'hui mais en couleur naturelle, est-ce que ce serait possible ou non ? Donc, il y a bien sûr une réduction à faire de la quantité de vêtements qu'on consomme, ça on est d'accord. On avait dans notre discussion dévié, c'est toujours ces moments-là qui sont intéressants, sur est-ce qu'il serait possible d'ajouter, par exemple, pour des agriculteurs, on va dire conventionnels sur de l'agriculture type polyculture, élevage, est-ce qu'il serait possible d'ajouter la culture de plantes teintoriales, en tout cas de certaines, ou est-ce que pour toi, ça rajoute du boulot à l'agriculteur démesuré ? Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais en gros… Oui, voilà.

  • Speaker #0

    Je sais ce que tu veux dire. Pour moi, vraiment, les couleurs végétales, c'est un métier à part entière et propre qui nécessite un plein temps absolu. C'est-à-dire que ce n'est pas la peine de produire de l'indigo si on ne fait pas de l'indigo de qualité, parce que ça va derrière, ça va… ça ne va pas tenir, il va y avoir des problèmes. Donc du coup, comme on en est au début de l'image de tout ça, c'est vraiment il faut je veux dire quelqu'un qui fait des carottes ne va pas produire un petit peu de vin à côté c'est pas possible au bout d'un moment il lui faut une cave il lui faut du matériel et s'il veut le vendre après et que ce soit bien propre il faut vraiment qu'on y dédie 100% de son temps et en tout cas nous alors c'est peut-être notre version parce qu'on fait tout de A à Z et on va vraiment jusqu'à la transformation jusqu'au pigment fini mais nous ça nous demande de on travaille 75 heures par semaine donc je vois pas comment en fait quelqu'un qui fait quelque chose à côté même pour moi l'aromatique et du médicinal comme fait Cécilia par exemple pour moi c'est impensable je ne me verrais pas faire autre chose que des couleurs végétales parce qu'elles prennent plus

  • Speaker #1

    de 100% de notre temps et alors j'ai une autre question c'est c'est l'adjoindre avec une autre culture, pour toi, c'est un métier spécifique, donc ça nécessite de se focaliser sur un sujet, ça j'entends. Est-ce qu'il y a, comme il est fait dans d'autres cultures, un système de... Pas de coopérative, mais tu sais, où il pourrait être possible que chaque agriculteur travaille des plantes tanctoriales et se mutualise à un endroit spécifique pour la transformation ? Par exemple, est-ce que ce serait possible que des voisins à toi, agriculteurs, travaillent... je sais pas une plante et qui viennent te ramener ces quantités là pour toi enrichir comme t'as l'outil pour transformer et faire des extraits est-ce que ça c'est envisageable ou c'est pareil

  • Speaker #0

    ça me semble bête c'est pas bête c'est une idée franchement on y a aussi pensé parce qu'on en vient au bout de 5 ans d'entreprise à se dire c'est quoi notre avenir c'est quoi qu'on veut faire c'est quoi notre vision c'est quoi l'objectif final et ça on n'arrive pas encore à le dire parce qu'on est encore au jour le jour à gérer les problématiques de culture de produit de tout ça et donc on y a pensé aussi à faire une espèce de coopérative ou de de comment on dit, comme les chaînes de coiffure ou quoi, enfin faire comme ça un prototype pour pas que chaque personne ait à gérer l'ensemble du problème de la chaîne mais ça pose des problèmes de qualité. Par exemple, dans une coopérative qui fait du vin, on connaît les différentes qualités de raisins qui sont répertoriées, et en fonction de la qualité arrivée, ça va être plus ou moins, ça va être accepté ou pas. Derrière, ça va être payé plus ou moins. Et comment normaliser ça sur toute une filière, sur chaque produit, en sachant qu'on a tous notre contrainte de... de climat, de plantes, etc. Donc déjà, il faudrait que ce soit très local pour avoir un approvisionnement sans transport, au moins enlever cette contrainte de... Par exemple, sur la persiquaire, il faut des feuilles fraîches. Comment on fait pour gérer des feuilles fraîches, pour se les faire livrer ? C'est compliqué. Après, sur les fleurs sèches, par exemple, est-ce que, je ne sais pas moi, quelqu'un qui est dans le Nord-Pas-de-Calais a autant d'ensoleillement que moi qui suis en Provence ? Derrière, quel est l'impact ?

  • Speaker #1

    C'est sûr. c'est ça en fait c'est toutes les questions que ça emmène ouais mais je me dis en fait pareil je peux pas m'empêcher de me dire c'est quoi la suite de leur aventure mais en gros moi je vois là deux choses c'est la première c'est vous êtes en train de monter un modèle un modèle qui peut être dupliqué, mais il faudrait un soutien agronomique, tu vois ce que je veux dire, de comment on duplique un modèle qui est fait vous, chez vous, avec votre terroir, votre expérience, et comme tu dis, l'irrigation de tes grands-parents, toutes ces conditions. Donc, il faudrait vraiment qu'il y ait des recherches agronomiques. Donc, du coup, ça veut dire des financements d'un endroit. Donc, ça, c'est le premier truc auquel je pense. Le deuxième truc auquel je pense, c'est... C'est monter un genre de... comme pas une école, mais tu sais, un genre de formation. En fait, faire un centre de formation de votre établissement où tu pourrais accueillir des gens qui viennent de la France entière, par contre, qui viennent se mettre les mains dans le cambouis et d'apprendre vraiment la transformation. Ça pourrait être comme ça, un centre de formation, mais vraiment type agriculture, transformation. Mais pareil, encore une fois, comme tu l'as résumé hyper bien, c'est qu'il faut trouver un modèle rentable. C'est ça.

  • Speaker #0

    Aujourd'hui, on est encore au très bon moment. Je ne suis pas sûre que notre entreprise… Enfin, on a super bien avancé et comparé au départ, il n'y a plus rien à voir. Mais est-ce qu'on est sur une entreprise suffisamment aboutie pour la déterminer en tant que modèle et la dupliquer ? Non, on n'y est pas encore. Et peut-être qu'en fait, il n'y a pas qu'un modèle et peut-être qu'on se trompe aussi. Parce que ça… les plantes teinturelles te rendent très... Comment dire ?

  • Speaker #1

    Très humble.

  • Speaker #0

    Très humble. C'est-à-dire que tu crois avoir tout compris, maîtriser ton sujet à 100%, et puis il arrive un jour où quelqu'un arrive et te montre un truc qui ne fait absolument pas comme toi, et tu te rends compte qu'en fait, il y a d'autres options, ça marche différemment selon comment on le prend, etc. Donc, est-ce que c'est intéressant d'avoir un modèle où est-ce que chacun doit créer son propre modèle avec des bases un peu défraîchies ?

  • Speaker #1

    je te parle d'un tronc commun vous incarnez un tronc commun qui après serait adaptable aux terroirs, aux conditions mais tu vois le premier qui a lancé l'agriculture bio, le premier qui a lancé les endives ou le premier qui a je pense que c'est la même chose que vous il y en a bien un qui a dû défricher, tester mais ça ça en amène à une question et ça c'est Michel Garcia qui le dit souvent c'est aujourd'hui personne, c'est horrible ce que je dis, mais il dit aujourd'hui, personne n'a besoin de la couleur végétale, parce qu'aujourd'hui il y a la couleur synthétique qui fait le boulot. Donc, en fait, nous, ce qu'on a comme mission, entre guillemets, c'est de montrer la vertu de ces plantes tectoriales, d'en parler pour les gens qui ne connaissent pas, d'où ce podcast, pour en parler, essayer de faire connaître. mais tu vois c'est intéressant parce qu'en fait je me dis que vous êtes sûrement les pionnières enfin même pas les pionnières parce qu'à l'époque où ils devaient cultiver les plantes ben voilà il y en avait donc ça veut dire que comment ?

  • Speaker #0

    on fait que reprendre en fait ce qui plus ou moins on adapte à des choses plus modernes mais on reprend quand même la base de ce qui se faisait il y a 200 ans avant qu'ils arrêtent tout forcément ils avaient un métier

  • Speaker #1

    Tu vois, je me dis, à cette époque-là, ils avaient des quantités et des espaces cultivés de folie.

  • Speaker #0

    Et surtout de la main d'œil. la main d'oeuvre la garance par exemple je crois que j'avais lu il y avait 180 000 ouvriers agricoles dans la région du sud pour extraire la garance donc forcément il y avait les gros agriculteurs qui prenaient le plus gros et après les miséreux derrière qui allaient ratisser les petits bouts de garance sachant

  • Speaker #1

    que Sachant qu'en plus on peine déjà que ce soit dans l'agriculture nourricière à trouver de la main d'oeuvre qu'on est obligé d'aller chercher en Pologne pareil dans l'horticulture on est obligé d'aller chercher ailleurs des gens qui souhaitent travailler j'imagine que oui pour un sujet qui n'est pas encore assez...

  • Speaker #0

    C'est ça, parce qu'on a parlé beaucoup de production, mais il y a la partie commerce aujourd'hui. Nous qui produisons un peu gros, on n'écoule pas tous nos stocks parce qu'il n'y a pas un grand besoin. Comme dit Michel, ce n'est pas un besoin vital. En plus, on est en période de crise. Les petits artisans qui, eux, déjà ont du mal avec des produits... avec leur charge de production, la couleur, c'est un petit peu accessoire. Dans un savon, par exemple, elle est accessoire. Donc, elle pourrait être éliminée, on va dire. Et dans ce sens-là, on n'est pas à un besoin primaire. Ce n'est pas qu'il n'y a pas besoin de nous, mais il y a des choses... plus... Comment dire ? Le secteur est encore petit, vraiment. Et on ne pourrait pas être 200 000 producteurs en France parce que tout le monde coulerait. Comme un peu la spiruline. À un moment donné, il y avait de très petites personnes qui ont fait les pionniers. Il y a eu beaucoup de monde qui s'est mis sur le sujet. Et au final, la moitié ont arrêté parce qu'il y avait trop de monde et il ne reste plus de pionniers. Voilà, c'est ça. C'est que c'est un super produit, génial, mais il faut encore trouver le marché.

  • Speaker #1

    Alors je partage avec toi l'avis sur les artisans je suis d'accord que c'est un choix à faire pour rester dans ses coûts et son équilibre économique mais tu vois côté entreprise par exemple l'entreprise textile à mi-route tu sais entre la grosse boîte et l'industrie enfin la petite entreprise textile avec la loi AGEC donc anti-gaspi économie circulaire, ils sont obligés maintenant de réduire à mort leur impact euh... carbone et leur impact écologique. Et en fait, je pense que cette loi qui est passée là en janvier incite beaucoup de boîtes du textile à quand même réfléchir. Et la couleur végétale, qu'on le veuille ou non, est quand même une alternative qui ressort quand même pas mal. Et donc, je me dis que vous, vous pourriez bénéficier aussi de cette nouvelle vague de... d'entreprises de textile qui se posent des questions et qui auraient des tests à faire et de la matière première à trouver. Après, c'est une idée comme ça dans notre conversation, mais quand tu dis que tu n'écoules pas tout ton stock, Est-ce que par exemple je vais peut-être poser une question complètement débile mais est-ce que par exemple ton stock pourrait être racheté ou pris chez Greening ou chez le Critorticole avec couleur de plante

  • Speaker #0

    Est-ce que tu pourrais faire ça ? Je revends mon Indigo donc par exemple je suis déjà fournisseuse pour lui donc je suis très heureuse d'ailleurs parce que le produit ne vend que des produits de qualité donc je suis extrêmement fière de faire partie de ces fournisseurs donc oui on a Mais malgré tout, même Patrick, chez Greening, je pense qu'il n'a pas des volumes de dingue sur les couleurs végétales. Donc il y a vraiment en fait... après pour moi c'est pratique d'avoir un petit peu de stock parce que je suis aujourd'hui disponible à n'importe quelle demande c'est à dire que quelqu'un qui aujourd'hui me dit il me faut 20 kilos d'indigo je peux le sortir, il n'y a pas de problème et ça c'est agréable en tant que producteur c'est réconfortant mais après c'est sûr que je me dis si dans 4-5 ans je ne suis plus la seule à produire ça mais on est 5-6 et que cette personne a plus de moyens que moi Je ne sais pas. En fait, elle est tellement à construire, la filière, c'est tellement au jour le jour que je ne sais pas trop quelle est la perspective commerciale de tout ça. J'espère que les lois comme celles que tu citais de janvier vont vraiment pousser et vont augmenter les demandes. Et dans ce cas-là, il faudra qu'on soit tous une filière forte pour le faire ensemble. mais pour l'instant vraiment c'est tellement dur à dire voilà on essaye d'avoir le choix, d'avoir l'offre d'avoir le produit et après derrière le commerce on attend que que les boîtes fassent le pas, que ce soit les petits artisans qui des gens font beaucoup le pas mais aussi les grosses boîtes qui eux ont préférence à faire du greenwashing avant de passer directement aux vrais beaux produits Il y a vraiment un gros point d'interrogation sur la filière aujourd'hui. En tout cas, c'est facile de dire ce qu'il en est aujourd'hui. dire ce qu'il en sera dans 4-5 ans c'est très dur en tout cas pour nous, tête baissée dans le champ c'est difficile

  • Speaker #1

    Oui, parce que tu vois, il y a aussi la notion de traçabilité, comme tu le disais, de mélanger des cultures de différents endroits, les extraits, la concentration, la qualité, etc. Est-ce qu'il faut créer des labels pour garantir que les extraits soient 100% de plantes et pas avec du... c'est coupé avec de la chimie ? Parce que c'est ce qu'il m'expliquait Patrick Brenac de Greening, que ça se produisait.

  • Speaker #0

    vous avez râlé un colloque avec Michel ils étaient ensemble ils râlaient énormément il y avait une partie, pas tous des producteurs qui coupaient au chimique mais ça flingue la filière si on ne peut même plus avoir confiance en ces produits c'est terrible

  • Speaker #1

    Ouais, donc tu vois, comme tu dis, il y a plein de sujets, en fait, et moi qui débarque comme ça, qui viens du monde alimentaire, donc pas du tout textile, pas du tout... Enfin, qui est... Voilà, j'ai agro, mais je veux dire, je me dis, tu vois, moi, il y a ces questions-là que je me pose, c'est la filière, de faire des rapprochements aussi avec la filière des fibres cellulosiques, enfin, tu vois, les fibres... le lin, le chanvre, la laine, la soie, en fait, de s'allier avec eux, parce que si eux tiennent la route, sont en croissance, ça peut profiter à la couleur végétale, parce que sans eux, il n'y a pas de couleur végétale appliquée au textile. Après, je pense notamment à les écoles, c'est ce que je te disais, les lycées horticoles, les lycées agricoles, les études d'ingé, etc., qu'en fait, les gens aient conscience que ça existe et que ça puisse créer des vocations, parce que des gens, maintenant, qui prennent... qui arrêtent un boulot pour travailler dans un métier qui a du sens et pour lequel ils se sentent investis, c'est un peu ce que tu disais dans ton témoignage, c'est de plus en plus répandu, donc ça pourrait très bien créer des vocations, donc il faut en parler plus au niveau des écoles. Et après, je pense que oui, comme tu dis, c'est toute une filière à créer, mais j'ai bon espoir dans le sens où, comme on se disait tout à l'heure, le premier mec qui a lancé le blé, qui a fait ses recherches, le premier gars qui a lancé les endives, ça s'est bien fait. Et en plus, on a le... Comme tu le disais, c'est ce qui se faisait avant quand on ne faisait que de la teinture avec des plantes végétales. Ça se faisait avant. Alors, il y avait d'autres conditions. Il y avait certainement plus de main-d'œuvre et il y avait d'autres trucs qu'on ne maîtrise pas parce qu'il faudrait qu'on fasse une thèse là-dessus. Mais en tout cas, j'ai quand même espoir. Et en tout cas, ton témoignage, on l'entend, tu n'es pas dans le... dans le faux, c'est-à-dire que c'est dur, mais c'est un plaisir et vous y trouvez votre sens et vous apportez votre pierre. Et votre contribution, déjà deux, énorme, c'est de défricher notamment sur la partie des machines. Et ce que tu disais sur l'exemple de la savonnerie, je trouve ça juste génial. Quand tu peux dire que tu fais bouger les lignes comme ça, je trouve ça génial, surtout à ton âge. Je trouve ça juste génial. J'avais des questions sur... plutôt un peu tac au tac, mais... Est-ce que tu peux me citer pour toi des personnes qui ont été inspirantes ? Je pense que je connais un peu la réponse.

  • Speaker #0

    Michel, voilà. Patrick, qui est vraiment super. Mais il y a aussi plein d'autres gens. Il y a vraiment... On a Fibre Bio, avec qui on s'est lancé sur la partie textile. Quand on a commencé, elle a été d'une grande aide. Et elle aussi, elle avait vraiment cette envie-là, en fait, de créer des produits prêts à teindre pour les teinturiers. Parce que c'est aussi... La teinture, c'est plein de contraintes également. Donc il y a Fibre Bio, il y a Ultramar, une teinturière qui est à côté de chez nous, qui elle a fait vraiment le tour des formations. Elle est allée voir Michel, elle est allée voir David Saint-Andreux, elle est allée à Couleur Garance, elle est allée à Colore Ton Monde. Elle a fait vraiment le tour un petit peu pour faire sa version de l'indigo. Et là-dessus, je l'admire beaucoup. Elle travaille souvent avec nous pour nous aider. et vraiment cette espèce de multifase comme ça de l'indigo nous finalement on a eu que la version un peu de Michel et la nôtre mais le fait d'avoir comme ça d'avoir vu plein de spécialistes c'est vraiment super ensuite on a Anne-Sylvie de l'UTA avec qui on coproduit en ce moment on fait une coproduction ensemble

  • Speaker #1

    et qui est vraiment quand tu dis coproduction ça veut dire ?

  • Speaker #0

    on travaille ensemble pour un client pour produire parce qu'elle produit aussi et en fait je l'admire beaucoup parce que franchement elle a fait une très belle gamme de beaux-arts ça fait quand même un petit moment qu'elle est dans la couleur végétale elle tient le coup et on voit qu'elle aussi je pense pas qu'elle ait gagné des milliers des cents par ce secteur dans sa vie mais elle est très heureuse et elle est très inspirante. et voilà ensuite on a Luma avec qui on travaille aussi qui est vraiment super Luma c'est une fondation qui a été créée à Arles en fait et là dedans en fait il y a donc c'est un espèce de laboratoire où ils essayent plein de nouvelles choses, et notamment on a fait un colloque ensemble avec eux, où en fait ils récupéraient des espèces invasives pour en faire du textile, donc en extrayant la cellulose, et ensuite derrière ils avaient le projet de faire des mini-manufactures où en fait on vient imprimer notre textile grâce à cette fibre cellulosique de plantes invasives, et en fait ça remettait un petit peu en jeu l'industrie. textiles en fait au lieu de créer d'énormes industries en France parce qu'il manque de l'industrie créer comme ça des mini manufactures où on peut venir en fait imprimer 15, 20, 30 t-shirts et en fait recréer comme ça du local et donc voilà c'est des beaux projets porteurs d'autres visions auxquelles nous jamais on n'y penserait mais voilà par des ingénieurs du temps de l'énergie des gens concernés ça fait vachement évoluer voilà

  • Speaker #1

    dans d'autres secteurs que les couleurs végétales qu'on a

  • Speaker #0

    qui font pas mal bouger les lignes. Après, on a la coopérative des couleurs à Okra, qui aussi font de très beaux produits beaux-arts, qui ont une belle renommée, qui se donnent pour vraiment expliquer les pigments, les colorants, la différence. Eux, ils ont le prisme de l'ocre, mais ils restent quand même hyper pédagogues, et ça, c'est chouette.

  • Speaker #1

    d'accord ok et si t'étais une plante intangitoriale laquelle tu serais et un peu pourquoi la persiquière parce que déjà elle m'a amené la passion et puis elle est tellement elle

  • Speaker #0

    est tellement variable et puis elle est rebelle et on croit la comprendre et en fait voilà et finit

  • Speaker #1

    Est-ce que tu teins toi personnellement ? Là tu n'as pas le temps je pense Mais est-ce que tu as teint Est-ce que tu t'es essayé à la teinture végétale ?

  • Speaker #0

    En plus de tout ça On s'amusait jusqu'à maintenant à faire une collection de Noël Qu'on faisait à l'automne C'est pas vrai

  • Speaker #1

    C'est hyper actif

  • Speaker #0

    Et du coup là on a décidé J'en ai encore pas mal Mais c'était la dernière année qu'on produisait de la teinture Parce qu'on a commencé par apprendre la teinture Pour donner des conseils parce qu'il est impossible de vendre ou une coloration végétale sans donner un paquet de conseils sur le secteur d'application donc on a commencé par la teinture ensuite on s'est mis à la savonnerie et là en faisant les lacs forcément on se met au beaux-arts donc voilà je pense qu'on va laisser petit à petit tomber la partie textile parce qu'on en a déjà pas mal d'expérience et on fera des formations d'initiation à la teinture végétale l'été sur l'exploitation. De temps en temps, là cette année on ne peut pas le faire parce qu'on a une grosse production, mais d'habitude on en fait au moins 4 ou 5 dans l'été. Et donc voilà, on continuera un peu la teinture par ce biais-là des stages, et donc savonnerie et beaux-arts.

  • Speaker #1

    et alors du coup dans les fibres que tu aimes teindre c'est lesquelles que le lin ça brille,

  • Speaker #0

    ça prend bien c'est vraiment un peu plus local quand même que le coton la laine il faut aimer la laine j'ai jamais aimé trop la porter même si ça prend super bien en teinture la soie c'est sympa aussi mais vraiment le lin, coup de coeur, y'a pas de problème

  • Speaker #1

    du coup les prochains projets tu y as répondu tout au long clairement de notre échange est-ce que tu aurais des livres qui t'ont aidé toi à inspirer dans ta démarche ou toi en fait

  • Speaker #0

    c'est vraiment, on est plus dans l'expérience que dans la lecture c'est parce que c'est aussi notre éducation, on fonce tête baissée et on réfléchit après et donc on a les livres, les trois livres de Michel qui sont une super base il y a un livre de Dominique Cardon aussi qui répertorie un peu comme ça par couleur toutes les plantes avec un peu surtout les matières colorantes identifiées parce que c'est souvent pas facile de savoir si c'est un flavonoïde ou un flavone parce que c'est pas la même chimie pour l'un ou pour l'autre donc ça c'est des livres un peu référence voilà et après Michel nous a toujours orienté vers les manuels de Roré qui sont en fait des manuels d'antan sur l'artisanat. Alors ça va des beaux-arts à fabriquer son boule à lèvres et ses cosmétiques. Alors c'est dans un vieux français avec des produits qui sont peut-être plus utilisables aujourd'hui, mais c'est une base et ça permet de comprendre. C'est des logiques très simples en fait, pas vraiment pompeuses ou scientifiques pures. C'est vraiment un peu notre méthode de travail, c'est-à-dire d'analyser ce qu'on observe.

  • Speaker #1

    et donc c'est plutôt sympa comme lecture ok j'avais une avant-dernière question qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter à toi et à ta soeur de vivre de notre passion ça serait bien quand même aujourd'hui vous n'en vivez pas non on n'en vit pas encore alors on a peu de besoin parce que on

  • Speaker #0

    vit en famille etc donc ça va, on ne souffre pas mais on ne vit pas encore de notre passion on souhaite plein de nouvelles couleurs on aimerait beaucoup avoir une belle gamme avec 10-15 couleurs ce serait vraiment magnifique et puis que ça continue surtout qu'on ait de l'eau et que tout aille bien dans la partie agricole celle qui fait un peu peur aujourd'hui même si on a plein de solutions en tête pour pallier à ces problèmes là mais on espère que quand même ça reste gérable

  • Speaker #1

    est-ce que tu peux nous indiquer quelqu'un à qui tu aimerais qu'on passe le micro pour la suite du podcast ?

  • Speaker #0

    Je penserais à Valentina de Ultramar qui est teinturière, mais elle fait des vêtements conceptuels, modulables,

  • Speaker #1

    qui s'adaptent.

  • Speaker #0

    Je trouve ça très sympa comme concept. Elle a fait le tour de toutes les formations, donc elle a quand même un point de vue assez global. Elle a un super projet, c'est qu'elle est croate, italienne, et elle a vécu en Espagne. donc en fait elle aimerait créer selon où on est, on peut choisir où est fabriqué son vêtement c'est à dire si on est croate il est fabriqué en Croatie, si en France ou en Espagne etc donc c'est un beau projet qui lie pas mal quand même le secteur textile la fourniture, la manufacture tout ça tout ça donc je pense que c'est un beau c'est une belle personne avec une belle expérience

  • Speaker #1

    ok je vais essayer de la contacter si tu as ses coordonnées je prends pour la contacter écoute Laura je voulais vraiment te remercier parce que parce que j'ai trouvé cet épisode hyper hyper instructif enrichissant et tu me mets une claque personnelle je te le dis parce que à votre âge je m'adresse aussi à Amandine qui n'est pas là parce qu'elle est en train de bosser mais franchement vraiment chapeau à toutes les deux pour ce que vous faites c'est vraiment génial vraiment je sais pas comment le dire j'ai pas les mots tu vois mais je vous félicite vraiment parce que je trouve que vous êtes deux nanas hyper courageuses et euh et ça me touche de voir qu'il y a des jeunes t'as 28 ans, j'en ai 35 mais je veux dire, ça me touche et tu vois ça me donne aussi une forme d'espoir parce qu'en ce moment tout n'est pas gai pour tout le monde mais tu vois ce que vous faites je trouve que c'est une belle leçon de vie et je vous remercie pour ça

  • Speaker #0

    Merci beaucoup à toi de nous avoir invitées dans ce podcast, c'est vraiment beau je t'avoue j'ai pleuré à l'épisode de Michel tellement que c'était émouvant parce que c'est notre, on l'aime Michel c'est un père spirituel c'est une rencontre, on l'aime d'amour et l'entendre parler de sa vie comme ça c'est vraiment lui aussi qui nous a donné cette émotion ce truc avec des mots, des trucs je sais pas comment dire qui nous a vraiment lancé là-dedans

  • Speaker #1

    j'en ai pas parlé mais cet épisode, cet enregistrement d'épisode, donc le premier, moi je n'ai jamais enregistré de podcast sauf avec Michel et il venait de faire une formation, il était éreinté, mais vraiment on était 8, ça avait été dans tous les sens il était ultra fatigué et quand je lui ai dit est-ce que Michel tu voudrais bien, et bien il a dit oui par générosité pure tu vois vraiment de pouvoir et c'était hyper euh... à vivre, c'était hyper incroyable parce qu'il te raconte tout ça, tu t'hallucines et c'est ce fameux épisode où j'ai moi oublié de brancher mon micro, du coup la qualité du son est pourrie et je me disais qu'est-ce que tu fais, est-ce que tu lances ton podcast avec un témoignage magnifique et poignant mais avec un son pourri ou est-ce que tu supprimes et tu réenregistres sans être sûre d'avoir cette authenticité et ce don, tu vois il a vraiment livré et donc du coup

  • Speaker #0

    qui te tue en fait il a le Michel excité et énervé pendant les stages quand il ne maîtrise plus et qu'il panique son côté sanguin du sud il t'envoie chier et tout donc là il faut se cacher et le laisser faire il est sensible il est inspirant comme ça et je trouve que là pendant le podcast c'était vraiment c'était waouh mais tu sais qu'il y a beaucoup de gens qui m'ont fait ce retour là et donc je suis contente aussi que tu me donnes la merci

  • Speaker #1

    la possibilité d'expliquer cet épisode et pourquoi j'ai choisi quand même de le mettre et tout ça tout ça moi je le rappelle c'est quand même grâce à lui qui a dit écoute ok faisons cet épisode, il savait pas ce que c'était moi non plus et franchement donc merci à lui parce que en fait je me rends compte qu'il inspire il a aidé beaucoup de gens et il continue non stop de donner, de donner, de donner de donner et que ça aussi c'est une belle leçon de vie

  • Speaker #0

    et puis j'avais jamais eu son il m'avait déjà raconté un peu son histoire mais en décousu c'était la première fois que je l'écoutais vraiment le coup de son oncle et tout c'était vraiment tellement émouvant Michel avant on l'avait à côté puis quand on s'est rencontré il déménageait d'un côté ça nous a apporté de l'autonomie parce que quand tu es vraiment que tu ne comprends pas ce qui se passe tu as tendance si tu as Michel à côté d'aller le voir plutôt que de réfléchir donc pour ça c'était bien qu'on ait de la distance mais on se voit rarement et on s'aime beaucoup et c'est toujours dur d'être séparé longtemps donc ça me fait du bien de l'entendre un peu comme ça c'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de se parler

  • Speaker #1

    bon bah c'est chouette écoute encore un grand merci et puis je vais couper là l'épisode ça marche attends je regarde bon ça va ça marche

  • Speaker #0

    alors du coup je voulais aussi passer la parole à Séverine Debrecker de l'atelier des couleurs dans le Gers elle a travaillé 20 ans pour le bleu de l'actour uniquement sur la couleur indigo donc elle a vraiment une grande expertise là dessus et là pour relancer aussi un peu la passion elle a commencé les couleurs à mordant donc voilà elle s'éclate et c'est quelqu'un de très intéressant avec qui échanger parce qu'elle a vu en fait l'évolution aussi sur toutes ces années et pour finir je voulais aussi faire un petit remerciement à toute ma famille qui nous aide vraiment beaucoup beaucoup tous les jours Parfait ! C'est bon ?

  • Speaker #1

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

  • Speaker #0

    Sous-titrage ST'501

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de Laura Roussier

    00:00

  • Présentation du parcours de Laura et Amandine Roussier

    00:44

  • Formation et création de leur entreprise

    03:00

  • Les produits et plantes cultivées au Champ des couleurs

    04:25

  • Mécanisation et défis de la culture des plantes tinctoriales

    06:29

  • Récolte et transformation des plantes tinctoriales

    07:03

  • Défis liés à la mécanisation et à la récolte manuelle des plantes tinctoriales

    09:58

  • Processus de transformation et production de pigments

    19:28

  • Différences entre indigo et bleu maya

    29:45

  • Utilisation des pigments dans la savonnerie

    31:11

  • Vente en ligne et logistique de l'exploitation

    37:51

  • Transmission des savoirs et accueil de stagiaires

    40:41

  • Évolution de l'intérêt pour les plantes tinctoriales

    42:20

  • Défis et perspectives pour l'avenir des couleurs végétales

    48:58

  • Conclusion et remerciements

    01:02:01

Share

Embed

You may also like

Description

Dans cet épisode captivant du podcast ArtEcoVert, Pauline Leroux a le plaisir de recevoir Laura Roussier, co-fondatrice du Champ des couleurs, une exploitation agricole innovante dédiée aux plantes tinctoriales. Ensemble, elles explorent l'univers fascinant de la teinture végétale, un domaine en pleine renaissance qui allie tradition et durabilité. Laura, accompagnée de sa sœur Amandine, partage avec passion leur parcours inspirant, marqué par une reconnection avec l'agriculture familiale après une période de chômage.


Sur 3 à 4 hectares ensoleillés de Provence, elles cultivent avec soin des plantes tinctoriales emblématiques telles que la garance et la persiquière. Au fil de la conversation, Laura évoque les défis inhérents à la culture, à la récolte et à la transformation de ces trésors naturels en pigments végétaux. "Chaque plante a une histoire à raconter, et nous sommes ici pour les faire revivre", déclare-t-elle avec conviction.


Le duo aborde également la mécanisation de leur exploitation, en discutant des machines qu'elles utilisent et des difficultés rencontrées en raison du manque d'équipement spécifique à la teinture naturelle. Elles soulignent l'importance de l'eau et des techniques de culture traditionnelles, tout en partageant leur engagement à promouvoir la couleur végétale.


Leur vision pour l'avenir est empreinte d'espoir : elles espèrent voir la demande pour les teintures naturelles croître, portée par une prise de conscience accrue des enjeux environnementaux. En effet, la tendance vers des colorants biosourcés et des pigments végétaux est en plein essor, et Laura et Amandine souhaitent jouer un rôle clé dans cette évolution.


Cet épisode est une véritable invitation à découvrir les couleurs de plantes, à plonger dans l'univers des colorants végétaux et à envisager une agriculture tinctoriale plus respectueuse de notre planète. Que vous soyez passionné par la teinture naturelle, les fibres naturelles ou simplement curieux d'en apprendre davantage sur les plantes tinctoriales, cet échange vous apportera des clés et des inspirations pour intégrer la couleur végétale dans votre quotidien.


Ne manquez pas cette belle discussion riche en enseignements et en émotions. Pour approfondir vos connaissances sur la teinture végétale et découvrir le Champ des couleurs, rendez-vous sur les liens utiles ci-dessous.


Belle écoute,


Pauline


🚀Si vous en voulez plus : 


⭐Plus de contenus, plus d'échanges, plus de partages, allez sur Patreon : https://www.patreon.com/ArtEcoVert 

👁️Instagram : @artecovert     

🎙️S'abonner à la newsletter du podcast : https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1 📩pauline.artecovert@gmail.com 

Linked in : 

👨‍👩‍👧‍👧 GROUPE DE LA COULEUR VEGETALE (Rejoignez nous c'est gratuit et intéressant) 

👤PROFIL PAULINE LEROUX 

🎨PROFIL ENTREPRISE ARTECOVERT 


🗝️ Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin


Bonne écoute


Pauline



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Ponyne Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Alors, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Laura Roussier du Champ des couleurs. Amandine n'a pas pu être là, mais j'ai Laura au bout du micro. Bonjour Laura !

  • Speaker #1

    Enchantée, je suis très contente d'être avec vous aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Alors Laura, première question, est-ce que tu peux vous présenter du coup, toi et ta sœur, votre parcours, votre formation et comment vous en êtes arrivée à ce que vous faites aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Alors du coup, on est deux sœurs, donc Amandine et Laura Roussier. On est situées à la Roque d'Enterron, donc en Provence. Voilà. Toutes les deux, on venait de deux secteurs un peu différents. Ma sœur Amandine était maquilleuse professionnelle et moi, j'étais coiffeuse. Et en fait, on a eu un an de chômage toutes les deux où on a vraiment réfléchi quoi faire. Et en fait, ça fait six générations qu'on est sur la même exploitation, donc nos parents et nos grands-parents. était agriculteur. Et mon père avait arrêté parce qu'il n'arrivait plus à gagner sa vie dans l'agriculture dans les années 90, parce que c'était très compliqué. Et donc, nous, on avait ces terrains, ce champ qu'on aimait, qu'on adorait, et pas trop de perspectives de professionnels. Donc, moi, j'ai fait un BPREA. une école agricole. Avec ça, je cherchais quoi cultiver sur mes terres. J'adorais la vigne, parce que pour avoir le côté transformation, en fait, ça me plaisait beaucoup. Et en fait, nos terres ne sont pas du tout bonnes pour la vigne. Donc, je me suis tournée, j'ai réfléchi les plantes aromatiques, les plantes médicinales. Et en fait, je suis tombée sur l'orice, qui est à 5 km de chez nous, et couleur garance avec le jardin conservatoire. Et là, ça a été un véritable coup de cœur pour les plantes tanctoriales. J'ai décidé dans un premier temps de commencer avec Michel Garcia, qui avait fait déjà des essais de culture et d'extraction de la persiquière autour de l'Oris, qui avait ces projets-là, mais qui n'avaient jamais vraiment abouti. Nous, on a repris ces essais et on les a mis dans notre champ. Tout était là, les structures, nos modes d'irrigation, vraiment tout coïncidait. On a décidé de se lancer suite à ça.

  • Speaker #0

    d'accord ok donc toutes les deux de formation différentes finalement qui ont quand même un lien avec la couleur le maquillage et la coiffure il y a quand même un lien si on cherche bien donc voilà et des racines dans l'agriculture donc c'est tout simplement enfin tout simplement mais il a fallu faire le chemin pour revenir à ses premières amours du coup est-ce que quand donc tu as parlé de ta formation que tu as fait sur l'agriculture en mode accéléré mais je pense qu'avec un papa agriculteur Il y a quand même une formation familiale, on va dire.

  • Speaker #1

    En fait, la formation, j'ai lancé la première année, Amandine a fait le BPREA l'année suivante. Et donc, en 2017, il me semble, donc il y a cinq ans, c'est notre anniversaire bientôt, on a créé l'entreprise. Et donc, en fait, la partie BPREA nous a appris le côté chef d'exploitation, comptage, gestion, main-d'œuvre, etc. Ensuite, notre père nous a vraiment énormément formés sur l'agriculture, les machines, les tracteurs. et il continue à le faire tous les jours. Et ensuite, on a eu Michel sur la partie chimie et mise en place de tout ça, en fait. C'est lui qui nous a lancés, il nous a mis vraiment des protos déjà bien ficelés parce qu'il y avait énormément de travail. Et ensuite, nous, on a vraiment adapté ça, évidemment, à nos accès, notre entreprise, ce qu'on voulait, etc. Donc, on a eu ces trois pôles de formation qui ont créé l'entreprise au final, à la fin.

  • Speaker #0

    d'accord et alors du coup si j'ai bien compris sur votre site internet je regardais le champ des couleurs il y a une partie produit oui que vous proposez est-ce que tu peux raconter un petit peu cette partie là

  • Speaker #1

    Bien sûr, donc en fait nous on est vraiment une exploitation agricole, on fait à peu près entre 3 et 4 hectares de culture, et donc on fait plusieurs plantes tanctoriales, donc on fait Coréopsis, Rosin, Tannésie, Camomille, Rubécia, Garance en plus grand volume. un petit peu de réséda c'est un peu difficile dans la région donc c'est plus vraiment notre notre t'inquiète c'est pas grave notre prioritaire voilà on est plus parti sur l'artichaut qui demandait moins de qui était plus adapté en fait à notre région tout simplement sinon il fallait des quantités d'eau extrêmes pour la réséda donc on a un peu laissé tomber et la persiquière qui est vraiment notre cure d'activité Donc on vend des plantes séchées brutes, certaines broyées comme la garance pour faciliter son utilisation, et d'autres transformées complètement comme la persilière qu'on ne vend pas en feuilles mais vraiment en pigments. Et on produit également du bleu maillot.

  • Speaker #0

    alors donc il y a beaucoup de choses j'ai beaucoup de questions du coup donc ça te fait on va dire une dizaine de plantes c'est ça si je comprends bien à peu près à peu près d'accord une dizaine de plantes j'aimerais bien qu'on parle de ta surface donc comme je te disais avant quand on préparait rapidement toutes les deux notre échange sur le podcast on a eu des toutes petites échelles de personnes qui se lançaient pour répondre à leurs besoins d'atelier ou répondre à leurs besoins de personnel donc de teinture, etc. On a eu, à l'échelle un tout petit peu plus au-dessus, l'épisode va sortir la semaine prochaine, c'est l'épisode de Cécilia Aguirre sur la micro-ferme des Lilas, où là, c'est une plus grande surface, mais qui n'est pas mécanisée. et Cécilia me livrait que l'étape d'après c'était la mécanisation et donc tout naturellement et on m'avait beaucoup parlé de vous dans les échanges que j'ai avec les invités on m'a dit le champ des couleurs c'est la marche du dessus et donc j'aimerais vraiment qu'on s'attarde sur la surface est-ce qu'elle est symbole d'une automatiquement d'une mécanisation ou est-ce que c'est par rapport juste à un volume le type de machine que vous utilisez pour vous simplifier le travail aussi et que tu nous expliques. Et ensuite, on reviendra sur la partie comment tu transformes vos outils, etc. pour voir un petit peu si tu es OK avec ça, pour qu'on fasse un vrai zoom sur votre spécificité parce que je pense que vous êtes les seuls ou presque. Et donc, ça m'intéresse beaucoup.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Donc, en fait, nous, on a commencé la toute première année test avec 5000 m². puis ensuite, donc deux persiquaires uniquement. Ensuite, on a commencé à planter de la garance, 2-3 000 m², puis petit à petit, on est monté un demi-hectare, un hectare. Et pareil sur la persiquaire, on est allé jusqu'à deux hectares cultivés. Et en fait, ce qui détermine finalement la surface des champs, c'est la capacité à traiter et à produire, par exemple dans le cadre de la persiquaire, l'indigo derrière, parce qu'en fait, l'indigo se fait sur feuilles fraîches, donc tous les jours, on doit… gérer une certaine quantité de feuilles, et on doit le faire avant qu'elle ait passé une certaine maturité. Donc on est extrêmement pressé, et on doit traiter chaque jour un volume de feuilles. Et donc comme on n'est que deux, et qu'au bout d'un moment on a beau être mécanisé on est limité dans ces gestes donc du coup petit à petit entre 1 et 2 hectares c'est ce qu'on arrive à traiter toutes les deux vraiment à fond avec un système d'extraction qui roule donc c'est comme ça qu'on se limite un peu pareil pour la garance, c'est les surfaces de nettoyage de séchage les périodes aussi de récolte qui se font de février à mars si on plante trop le temps de récolter, elle est repartie et dans ce cas-là, on est trop limite. Donc, en fait, c'est toujours finalement, on se limite à ce qu'on arrive à faire. Et pour savoir combien on peut faire, il faut aller dans l'extrême de planter beaucoup et d'avoir des années difficiles où on galère à gérer toute cette énorme masse de plantes. et ensuite donc c'est aussi lié à l'investissement des machines lesquelles on a pu acheter donc évidemment on aurait besoin d'énormément de machines pour se simplifier la vie et rester à deux dans des conditions de travail correctes sauf qu'aujourd'hui malheureusement les couleurs végétales il n'y a pas de machines qui existent que ce soit sur la partie agricole comme sur la partie transfo et donc en fait nous on a toujours essayé de trouver des choses d'avertissement des caractéristiques techniques de machines qui sont à peu près semblables à ce dont on a besoin. Et ensuite, on fait modifier ces machines-là par des artisans. qui font des choses un peu plus pointues ou alors on utilise des machines mais qui ne font pas vraiment le travail à 100% et derrière, on va venir réapporter une deuxième transformation, en fait, par exemple pour le broyage. Si le broyage n'est pas assez fin avec un broyeur, derrière, on reprend la matière, on va la broyer avec un autre broyeur qui va finir finalement le travail. Donc

  • Speaker #0

    Donc ce que tu veux dire, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'avancée dans ce domaine-là pour la culture de plantes teintoriales. en termes de machines, que tu dois t'inspirer d'autres machines qui existent et les adapter à cette culture particulière et qu'en gros, tu pourrais encore simplifier ton travail à toi et à ta sœur s'il y avait des machines plus adaptées. C'est ça. Donc, il y a encore une marge de progrès. Si c'est une activité qui se développe comme j'ai l'impression, on en parlera après, mais si ça se développe, il y a encore moyen d'avoir des gains de temps grâce à des machines plus adaptées. C'est ça ?

  • Speaker #1

    Bien sûr, là, on est vraiment sur du... En fait, on crée un espèce de prototype pour un atelier un peu plus grand, un peu plus mécanisé, un peu moins dans la manipulation comme on l'est aujourd'hui. En fait, tous nos ateliers demandent vraiment, vraiment beaucoup de manipulation. C'est des journées qui durent de 15 à 17 heures pour fabriquer l'indigo durant du coup de juillet jusqu'à fin octobre. Donc, tout ça, en fait, on aimerait l'améliorer. Sauf que pour pouvoir faire l'investissement qu'il faut, pour ne pas se tromper dans l'achat de nos futures machines, on est obligé de tester. Et pour pouvoir tester, on est obligé de bricoler des prototypes qui nous disent qu'on est dans le bon, au contraire, on se trompe, ce n'est pas pratique, ce n'est pas utile. Il faut vraiment se concentrer sur telle ou telle activité qui pose problème. Donc, il n'y a aucune machine faite pour, et il n'y a aussi aucun itinéraire technique de culture. Donc, en fait, dans le secteur, rien n'existe. Il faut vraiment y rester.

  • Speaker #0

    Et vous vous êtes rapprochée d'instituts agricoles, d'écoles d'ingénieurs agro, etc. pour voir s'il n'y avait pas des mémoires de fin d'études ou des trucs comme ça ou pas du tout ?

  • Speaker #1

    Non, en fait, en général, soit c'est un peu trop... pointue par rapport au côté agricole. Donc, ça veut que c'est une machine derrière qui, si elle est faite pour un sur-mesure, par un ingénieur, etc., c'est une machine qui va coûter 100 ou 200 000 euros. Je pense qu'on ne peut absolument pas amortir. Donc, il y a aussi ce truc-là, c'est qu'en fait, on est gros par rapport aux couleurs végétales, mais on est tout petit par rapport à une exploitation classique. Et on est vraiment des omnis en général quand on va à la chambre d'agriculture ou dans des secteurs comme ça. et qu'on parle de couleur végétale, en général, ils nous prennent pour des hippies illuminés. Ils ne comprennent pas qu'il y a un secteur d'activité et que la couleur ne sort pas de nulle part et qu'il faut bien la produire, que ce soit chimiquement ou végétalement. Du coup, on n'est soit pas pris au sérieux, soit pas très intéressante parce qu'on est les seuls à leur en avoir parlé, donc ils ne voyaient pas un besoin. Soit, après, les machines sont trop coûteuses.

  • Speaker #0

    D'accord. Est-ce que tu peux nous parler de quelles sont les opérations que vous avez réussies en tant que défricheuse du terrain à mécaniser ? Quelles sont vos premières machines en gros et qu'est-ce qu'elles vous simplifient comme tâches ?

  • Speaker #1

    Alors, on a une planteuse, déjà, qui on n'utilise qu'une seule fois par an, au moment de la plantation. Donc c'est un peu dommage comme investissement, parce que c'est vrai qu'on a une machine assez coûteuse qui n'est pas utilisée souvent, mais elle est vraiment indispensable dans le sens où le jour où on plante, on ne peut pas trop le prévoir à l'avance, et ce jour-là, il faut la machine. Donc elle nous permet quand même d'avoir une implantation propre, régulière. et carré.

  • Speaker #0

    Et donc, une planteuse, c'est bien quand tu as fait tes semis et elle vient les mettre à bonne distance, c'est ça ?

  • Speaker #1

    Exactement, elle vient en fait ouvrir un sillon, déposer le plant et le refermer derrière. Donc, pour vraiment avoir une densité de plantation qui est bien parce que nous, on prépare quand même des surfaces agricoles et un taux de plant et il faut que tout rentre bien, qu'il ne manque pas des raies ou au contraire que je n'en ai pas la moitié qui est vide.

  • Speaker #0

    D'accord, et j'ai vu donc encore une fois sur vos réseaux sociaux que vous faisiez aussi de la, tu sais, de la...

  • Speaker #1

    Du semain à la volée

  • Speaker #0

    Ouais, que vous semiez à la volée, donc ça veut dire qu'en fonction du type de plante que vous mettez, il y a les deux techniques Soit semer à la volée directement en sol un peu, enfin réchauffé, ou soit cette machine de planteuse, c'est ça ?

  • Speaker #1

    C'est ça, en fait toutes les plantes tectoriales on va les faire à la planteuse pour être sûr en fait, on fait nos plants, on fait nos semis, etc Alors, sur les grandes cultures garances et persiquaires, on les fait faire. C'est la seule chose qu'on délègue de l'entreprise parce qu'on veut être sûr d'avoir le beau taux de plant. Et surtout, si on n'arrive pas à les faire lever, déjà, ça veut dire pas de saison. Et deuxièmement, pas de graines pour l'année suivante. Parce que comme on récupère nos semences, il y a quand même cette pression de ne pas perdre l'espèce. Donc, c'est vraiment la seule chose qu'on délègue parce qu'il y en a beaucoup. Et ensuite, on sème à la volée nos couverts végétaux parce que nos grands-parents ont toujours fait ça, on l'a toujours fait avec eux et notre père nous l'a enseigné aussi. donc on se régale en fait c'est vraiment un truc de tradition on a l'impression d'être dans les pas de nos ancêtres on aime vraiment beaucoup faire ça mais on pourrait aussi le faire au semoir c'est pas un problème quand tu dis couverts végétaux c'est des plantes qui vont venir protéger

  • Speaker #0

    ton sol en tout cas de l'érosion, de la sécheresse etc mais est-ce que tu plantes entre eux ce couvert végétal ou pas ? Est-ce que tu fais cohabiter des plantes tectoriales et du couvert végétal ou pas ? Non.

  • Speaker #1

    La mécanisation fait que on ne peut pas venir... Quand je viens couper ma persiquaire, j'ai énormément d'herbes au pied, même si c'est un couvert que j'ai voulu. Je vais en avoir plein les bacs et dans ce cas-là, je vais utiliser trop d'eau par rapport aux besoins, etc. C'est vrai que sur les... Sur les endroits où on cultive, on reste quand même assez... On est obligé de quand même dans le... cette idée de mécanisation, de rester quand même sur des lignes plutôt propres. Mais par contre, tout l'extérieur de l'exploitation, tous les intérêts, tous les espaces, etc., on sème énormément d'autres espèces azotées pour vraiment compenser ce manque de diversité sur les zones de culture. Mais vraiment, l'inter-rang, on fait des préfleuries, on garde toutes nos espèces locales sur les buttes. on sème là où on est obligé de travailler la terre mais qu'on ne va pas forcément faire nos cultures cette année dessus donc là on met du couvert végétal le but c'est que la terre ne soit jamais née qu'elle soit corrompue

  • Speaker #0

    D'accord, et donc cette histoire de couvert végétal, moi ce que j'ai appris dans mes études, c'est que c'est pour renourrir, redonner des propriétés au sol, mais également maintenir l'eau, parce que vous êtes dans le sud et que les sécheresses, vous êtes bien concernés, et du coup je pense que ça doit contribuer à ce système de garder au maximum l'eau et la fraîcheur, je ne sais pas si on peut dire comme ça.

  • Speaker #1

    En fait, par exemple, l'année dernière, grosse canicule, on a eu nos premières restrictions d'eau. Mon père ne l'avait jamais connue de sa vie. Et donc déjà, il y a des cultures comme par exemple l'artichaut. Les artichauts sont très beaux durant l'hiver, au printemps, à l'automne. Mais l'été dernier, on a décidé de ne pas les arroser, de les laisser quasiment mourir tout l'été parce que ce n'était pas indispensable. Pareil pour la garance, on a espacé un petit peu plus. les arrosages. On a vraiment essayé de garder plus d'herbes que d'habitude, même dans les rangs, pour garder cette humidité. Donc oui, il y a vraiment la notion d'eau, elle est super importante et elle l'a toujours été, je pense, en étant en Provence. Mais on a quand même la chance d'être... très bien approvisionnées comparé à d'autres régions qui n'ont pas l'habitude de la sécheresse et qui n'ont pas des systèmes mis en place. Nous, on a le canal de Marseille qui nous y règle super bien, mais il faut être raisonnable dans la ressource, il ne faut pas pomper à fond parce qu'on le peut. Il faut vraiment penser à l'avenir et essayer déjà de se restreindre au maximum et voir quelles techniques on peut avoir pour limiter cette eau et essayer de l'utiliser de moins en moins.

  • Speaker #0

    Donc là, c'est ce qu'on voyait en photo sur vos réseaux sociaux. C'est les canaux que vous avez nettoyés pour amener l'eau et faire l'irrigation.

  • Speaker #1

    Oui, donc on fait de l'irrigation gravitaire. Nos ancêtres ont fait des canaux tout le long des parcelles. Et en fait, les terrains sont nivelés avec un dévers. Donc, on met de l'eau en amont et ça irrigue jusqu'au bout. Et en fait, l'avantage de cette méthode-là, c'est qu'elle ne nécessite pas de pompe. Vraiment, c'est purement la gravité de l'eau qui fait le travail. Alors, ça a des contraintes. Ce n'est absolument pas automatique. Vraiment, on est avec des modes de terre et des cailloux pour régler l'eau dans chaque raie. C'est vraiment un art, l'irrigation gravitaire. Mais une fois qu'on sait le faire, c'est très adapté, notamment pour la persiquière qui adore avoir l'eau au pied. Donc là, c'est super. Donc voilà, on a décidé de garder ce que nos ancêtres nous avaient mis en place et surtout éviter d'avoir une consommation d'énergie avec une pompe ou un tracteur ou quoi, même si ça crée des contraintes. lié à l'herbe, lié à l'eau, lié au manque d'automatisme, etc.

  • Speaker #0

    D'accord. Donc, on a un petit peu dévié, mais du coup, on parlait des machines. Donc, la première machine dont tu parlais, c'était la planteuse. on a bien compris son rôle. Qu'est-ce que tu peux nous... Quelle est la machine d'après, en fait, entre guillemets, que tu utilises dans la saison ?

  • Speaker #1

    Donc en fait c'est la récolteuse, ni plus ni moins, j'ai vraiment deux machines pour le côté agricole. Donc là c'est une récolteuse en fait à teint. qui me servent pour récolter ma persicar. Après, sur la garance, par exemple, je ne suis pas équipée en récolteuse. Et sur les fleurs, je les récolte à la main aussi. Donc finalement, il y a vraiment la persicar que je fais en gros en deux hectares que j'ai cette récolteuse. Sinon, pour le reste, je suis à la main aussi. Et en fait, la mécanisation se fait plus dans l'atelier après sur la fabrication.

  • Speaker #0

    D'accord, d'accord. Donc une planteuse, une récolteuse. Si je ne dis pas de bêtises, la garance, c'est une récolte de racines. Donc vous devez faire tout ça à la main.

  • Speaker #1

    C'est un très dur et long travail. On n'a pas réussi à trouver aujourd'hui une machine. La problématique de la garance, c'est qu'elle est extrêmement cassante. Dès qu'on vient lui mettre un outil, soit qu'il creuse et qu'il déverse, soit qu'il prend et qu'il vibre comme une récolteuse à patates, elle se casse dans des millions de petits morceaux. Et alors là, on perd 90% de la récolte. donc on a essayé plein de techniques différentes et pour l'instant la seule qu'on a trouvé pour récolter l'agarance c'est de creuser une tranchée et de récupérer à la main d'abord le coeur qui est resté un peu intact et ensuite toutes les petites racines qui ont cassé dans le sol on vient les récupérer comme ça à la main au piocher et on fait des seaux et on les nettoie après et voilà c'est notre récolte c'est pour ça que l'agarance pour l'instant on est entre un demi hectare et 8000 m² on va pas plus loin parce qu'en fait on prend trop de temps à récolter et ça fait,

  • Speaker #0

    excuse-moi pour nous figurer 8000 m² de garance ça te fait combien de pieds environ ?

  • Speaker #1

    difficile ça doit faire 15000 pieds quelque chose comme ça c'est très très long

  • Speaker #0

    D'accord, et tu dis garance, c'est sur deux mois la récolte, février-mars ?

  • Speaker #1

    Ouais, février-mars jusqu'à mi-avril, ça dépend la surface. Selon, en fait, on a des terrains qui sont plus ou moins argileux et des fois, selon le terrain, il y a des raies qui vont super vite et d'autres, au contraire, qui sont très très longues. Donc, grosso modo, deux mois, deux mois et demi, à plein temps.

  • Speaker #0

    d'accord et est-ce que tu fais un système de comment on appelle ça de ligne parce qu'en fait la garance si j'ai bien capté c'est

  • Speaker #1

    3 ans minimum de culture pour que la racine elle soit assez conséquente en fait il y a plusieurs options et ça c'est Michel qui nous l'a bien appris quand on a commencé la garance il y a 18-24 mois ensuite il y a 3 ans et après il y a 5 et 10 ans, dans les bonnes années de récolte. Et en fait, selon quand on va la récolter, on va avoir plus ou moins de matière organique, entre parenthèses, et plus ou moins de matière colorante. C'est-à-dire qu'à 18 mois, la part de bois par rapport à la part de chair qui contient les colorants est minime. Donc en fait, à 18 mois, on a une garance très riche en couleurs. Mais par contre, comme le vin, les colorants sont assez jeunes. Par contre, quand on a une garance plus vieille, effectivement les colorants sont un peu plus développés, sont un peu plus intenses. Mais par contre, à rapport sur un kilo de garance sèche, on aura plus de bois qui ne colore pas que de matière. Donc c'est un peu délicat la garance. Dans tous les cas, que ce soit dans la culture, dans le travail, dans la récolte, dans l'utilisation, elle est tellement variable. que c'est selon ce qu'on en fait. Vraiment.

  • Speaker #0

    Mais après, comme tu fais la filière complète, tu peux gérer tes extraits derrière.

  • Speaker #1

    Oui. J'en ai une partie qui a trois ans. J'ai des vieilles garances qui ont six ans et demi que j'attends d'avoir dix ans. Pour les dix ans de l'entreprise, on les sortira. On essaie de trouver encore aussi qui veut quoi et pour quel secteur d'activité surtout.

  • Speaker #0

    D'accord, ok donc très bien, on a parlé des deux machines côté agriculture enfin côté culture tu as parlé de récupérer les semences de tes plantes pour l'année d'après j'ai deux questions c'est quoi le ratio de, enfin je veux dire tu sais dire à peu près combien de graines tu dois conserver parce que tu dois pas tout garder de toutes tes lignes de plantes, tu gardes pas toutes les graines

  • Speaker #1

    et est-ce qu'un brassage n'est pas intéressant tu sais de ramener du sang neuf est-ce que ça vous alors nous ce qu'on fait en fait c'est que chaque année donc par exemple on va prendre l'exemple de la persiquaire celle qu'on fait le plus en fait il y a deux raies qu'on ne coupe jamais de l'été pour avoir vraiment beaucoup de graines et ensuite en fait on vient les trier par couleur donc c'est très très long déjà on les frotte et on les ventile énormément et en fait les graines foncées sont très denses donc forcément à force de ventiler il ne reste que les meilleures et en fait on fait vraiment de la sélection comme ça mais on garde quand même toujours la même et la nôtre qui est en fait super acclimatée au terrain très basique qu'on a ici, au mistral très fort et aux grosses températures c'est vraiment ces trois problématiques environnementales qui font qu'on garde vraiment ces semences-là. Et ces semences viennent de Michel, du jardin de l'Oris, qui est à 5 km de chez nous, à vol d'oiseau. Donc, elles étaient vraiment déjà là, idéales, adaptées. Il n'y avait aucun souci là-dessus. Donc, on n'a pas cherché à avoir d'autres variétés. En fait, on s'est un peu appuyé aussi sur l'expérience de Michel en nous disant que par rapport au Mistral, il valait mieux la naine, un peu plus costaud, avec des feuilles un peu plus recroquevillées, qui va plus se protéger. Voilà.

  • Speaker #0

    Oui. Donc,

  • Speaker #1

    on a utilisé l'expérience de Michel, pour le coup.

  • Speaker #0

    Et pour tes autres persiquaires et garances, tu fais ce système-là, et pour toutes les autres plantes un peu plus fleuries, on va dire, si tu es cohéré aux psis, etc., ça, tu fais comment ? Tu changes d'année en année ou tu gardes ?

  • Speaker #1

    Il y a une partie que je laisse monter en graines. Je récupère mes graines et je me les trie pour faire moi-même mes propres plants. Par contre, c'est vrai que comme je n'en ai pas des grandes cultures, des fleurs, là, on fait nous-mêmes nos propres plants.

  • Speaker #0

    d'accord ok donc semi tous ces stades là semi stade 3 plante machin et après tu prends ta planteuse et tu fais comme ça c'est ça même sur vraiment sur les petites lignes selon en fait la physionomie de la plante soit je la plante carrément à la main avec

  • Speaker #1

    un outil très simple soit je le mets dans la planteuse si le plant est pas trop grand parce que dès que c'est un peu grand ça coupe par la machine donc voilà d'accord donc vous avez une plante Si on arrive à faire quelque chose de calibré, on passe à la machine. Si c'est hors calibre, on passe à la main.

  • Speaker #0

    D'accord, ok. Donc ça, c'est super clair. Donc la partie agriculture, c'est très clair. Et alors du coup, ce qui est génial, c'est que vous faites les deux, c'est-à-dire que vous faites la culture et la transformation. Est-ce que ça se passe d'ailleurs au même endroit ? bien sûr on fait vraiment tout donc il n'y a pas de transport génial et donc du coup sans transport tu passes à la partie transformation et donc les deux qui te nécessitent le plus de boulot c'est donc persiquaire et garance oui parce

  • Speaker #1

    que du coup Alors du coup, sur l'indigo par exemple, on a nos champs de 1 ou 2 hectares selon les années. On vient récupérer à peu près 500, nous on arrive à traiter 500 kilos de feuilles par jour, aujourd'hui à 2. Donc c'est déjà pas mal, on aimerait arriver à faire plus avec moins de manip mais ça... ça nécessite un peu plus de mécanisation au niveau de l'atelier. Donc, en fait, on fait des bacs. Ensuite, on les divise en dix, ce qui nous permet, en fait, le fait de le diviser en dix, comme ça, et de ne pas faire une énorme extraction. Ça nous a permis, dès le début, d'avoir dix réactions par jour. Et en fait, c'est vraiment l'accumulation de l'expérience, de toutes les réactions possibles qu'il peut y avoir, qui a fait qu'on est arrivé à vraiment caler un process. Sans ça, impossible, même avec Michel, qui nous a montré, expliqué. il faut vraiment vraiment l'expérience il n'y a que ça de vrai en tout cas sur la persiquaire et la transformation en indigo donc on fait nos tisanes on récupère le jus on oxygène à fond donc là on a des pompes on a des filtres on a un clarque qui nous permet de lever manipuler tous ces bacs d'eau pas avoir à le faire à la main on oxygène ensuite on met notre chaux on récupère on filtre on broie on sèche et ensuite on a notre indigo Ensuite, sur la garance, ça va être un peu plus simple, mais quand même, pour arriver au produit en poudre, il y a quand même des étapes. Donc, il y a récolter la garance, la présécher pour enlever un maximum de terre et économiser l'eau. Ensuite, on nettoie à fond la garance, puis on la fait sécher et ensuite, on broie. Et en fait, aujourd'hui, on est en train de développer de nouveaux produits. On est en train de faire les lacs. Et donc, on aimerait arriver à faire du pigment fabriqué à partir de notre garance. et donc en ce moment on est vraiment en train de tester des process des recettes et là aussi dans

  • Speaker #0

    toujours la question de combien je vais en produire pour permettre d'avoir un prix, un conditionnement, un pigment stable d'une année. Arriver à faire une production qui couvre nos besoins d'une année pour avoir au moins un pigment par an. Parce que forcément, avec le côté végétal, ça varie légèrement. Avec l'expérience, ça varie de moins en moins. Il y a quand même la notion terroir, climat, tout ça, qui fait qu'on a des petites nuances d'une année sur l'autre sur les pigments. On est arrivé à le faire pour l'indigo, très bien. Ça a été long, mais on y arrive maintenant. Le bleu maya, pareil, au début, il y avait vachement de variantes, puis maintenant, c'est stable. Et là, on attaque.

  • Speaker #1

    Est-ce que sur le bleu maya, tu peux m'expliquer la différence avec le bleu d'indigo ?

  • Speaker #0

    Alors en fait, le bleu maya est formé à partir de pigments d'indigo, donc vraiment l'indigo formulé, extrait, séché, broyé, etc., vraiment le pigment, qu'on ajoute à de l'argile à canot. Les deux sont cuits ensemble et en fait, l'indigo devient gazeux. Il est sublimé. très beau terme, et il rentre dans ces canaux, et ensuite il est emprisonné, et en fait l'argile vient lui créer une espèce de capsule, donc ça le rend extrêmement solide, et il s'appelle bleu maya, parce qu'il a été retrouvé dans les fresques des temples mayas, et les scientifiques pensaient que c'était de la pilazulie au début, parce que c'était tellement solide, qu'ils ne soupçonnaient pas cette origine végétale, ils ont trouvé cette espèce d'hybride organique et minérale, le bleu maya. qui est très beau, très utile.

  • Speaker #1

    D'accord, génial. Et donc, l'utilisation est la même que l'indigo ou il y a un procédé particulier sur le bleu maya ?

  • Speaker #0

    Dans l'utilisation, c'est vraiment un pigment qui ne sera plus jamais soluble. Donc, par exemple, pour la teinture, c'est parfaitement proscrit. Mais par contre, pour les beaux-arts, la peinture bâtiment, les volets, les choses comme ça qui vont être ultra exposées, ça par contre, c'est super. Et les argiles sont très souples aussi. Donc, ça donne une texture au pigment qui est très voluptueuse. Et notamment pour les beaux-arts ou la savonnerie, c'est super.

  • Speaker #1

    D'accord, et alors justement tu fais parfaitement la transition, la savonnerie, j'avais jamais entendu parler, enfin je savais pour le savon mais je n'avais pas fait le lien avec une coloration potentiellement végétale, est-ce que tu peux nous raconter ce qui se passe sur la savonnerie ?

  • Speaker #0

    Alors, c'est Michel qui nous a quand même donné l'idée de l'utiliser comme ça. Donc, lui, c'est déjà pas mal. Et en fait, la savonnerie, aujourd'hui, c'est un très beau secteur, mais qui est très compliqué pour eux parce que, en fait, les trois quarts qui s'installent aujourd'hui sont des petits artisans, semblables à nous de la couleur végétale, en fait, avec un petit atelier de petite production, une vente sur les marchés, etc. Et qu'ils souhaitent aujourd'hui utiliser des produits… locaux, bio, bien fait. Et en fait, c'est un secteur qui est vraiment régi par l'industrie, c'est-à-dire que les toxicologues, qui sont là pour de bonnes raisons, il faut analyser les composantes des produits, ce qu'ils attendent d'un produit, c'est des batteries de tests, d'analyses, de labos, de... tout ça et en fait aujourd'hui si on n'est pas un industriel on ne peut pas prétendre à ces analyses là parce qu'elles sont souvent faites par des labos privés de justement la grosse entreprise et que nos produits sont artisanaux liés de plantes donc contenant plusieurs molécules chose qui n'est pas le cas sur les couleurs synthétiques où on est sur de la mono quelque chose de très simple de très classifié où tout est carré où il n'y a pas de surprise alors que les couleurs végétales, forcément, ils ne les connaissent pas. Donc au début ils étaient très réticents parce que c'est justement un produit artisanal et de base ils ne voulaient pas en entendre parler. Et grâce à des clientes qui se sont vraiment battues et nous aussi, on a vraiment fait du forcing pour leur demander quels sont les papiers indispensables qu'il vous faut pour la validation. Et ensuite nous on a vraiment travaillé très dur pendant 2-3 ans pour arriver à fournir ces papiers, les faire, qu'ils soient vraiment carrés, retrouver les numéros. de telle ou telle plante, molécule, ça a été assez complexe, mais on y est arrivé. Et aujourd'hui, on arrive à apporter une alternative de couleur végétale, chose qu'ils n'avaient absolument pas accès, à la savonnerie. et voilà donc on est très très très contente d'avoir fait ça c'est vraiment faire bouger les lignes voilà des choses comme ça malgré nous resteront et une fois qu'on a ouvert la porte ça restera quoi parce qu'aujourd'hui elles ont fait synthèse

  • Speaker #1

    ou alors les minéraux pour colorer les savons et du coup ça veut dire que vous êtes vous vous avez l'accréditation le champ des couleurs ou ça veut dire que vous avez fait bouger les lignes pour toute la France

  • Speaker #0

    Disons que nous, on a fait nos papiers pour nos pigments, mais aujourd'hui, les toxicoliennes connaissent l'indigo, le bleu maya, leur utilisation, à peu près comment c'est fait, etc.

  • Speaker #1

    Ah, ça va.

  • Speaker #0

    Donc demain, si notre indigo, avec les papiers adaptés, se propose, en tout cas, j'espère que ce sera plus facile que ce que ça a été pour nous, parce qu'ils ne découvrent pas le produit. Ils le connaissent, ils en ont entendu parler, les choses ont été amorcées. Mais après... Tous les toxicologues ne sont pas pareils. Il y en a qui sont vraiment très réfractaires et dans ce cas-là, c'est un calvaire de parler avec eux. Et en général, nos clientes les abandonnent et passent sur des gens un peu plus ouverts à l'artisanat, qui leur correspond souvent mieux. Mais je pense que c'est des choses qui ont été faites pour l'avenir et pas que pour nous.

  • Speaker #1

    je l'espère encore un chemin que vous avez défriché toutes les deux pour tout le monde, c'est top c'est génial franchement on a parlé persiquaire on a parlé du travail sur la garance on a parlé de vos alors après tu avais les coréopsis et toutes les plantes qu'est-ce que tu fais de ces autres plantes, tu les sèches ?

  • Speaker #0

    Oui, alors aujourd'hui, j'ai un séchoir solaire qui est dans un conteneur. J'en ai deux, en fait. J'en ai un qui est vraiment solaire, qui va être vraiment plus pour les pigments, parce que ça chauffe fort, en fait, pour vraiment aussi garder de l'hygiène. Parce que travailler en savonnerie aussi, ça veut dire avoir un produit hygiénique qui ne sent pas mauvais, chose qui n'est pas facile dans les couleurs végétales. Il faut vraiment être très rapide dans les utilisations. Enfin, vraiment avoir un produit carré aussi pour prétendre au domaine du cosmétique. Donc en fait on a ce séchoir solaire qui va très très vite sur le séchage des pigments et ensuite on a un conteneur dans lequel on fait sécher nos plantes où c'est un peu plus lent, c'est à l'abri de la lumière et donc en fait chaque jour on va récolter nos fleurs de Coréopsis, Cosmos, etc. et on les fait sécher là-dedans, ça nous prend à peu près 2-3 heures par jour à la récolte. et ensuite on les vend vraiment en plantes brutes séchées et là on aimerait évidemment comme la garance créer des lacs mais pour l'instant on tâtonne encore, on commande doucement on a commencé par la garance, l'artichaut on lance en parallèle et ensuite on fera le corepsis, le cosmos la camomille, tout ça

  • Speaker #1

    et donc toutes ces plantes là vous les cueillez à la main 2 à 3 heures par jour vous allez les mettre dans un nouveau bac ou je ne sais pas comment on appelle ça une clé de séchage dans votre conteneur et c'est un séchoir donc tu as un séchoir solaire mais l'autre, le conteneur, ça sèche comment ?

  • Speaker #0

    c'est vraiment la chaleur il est plein cagnard il est isolé c'est pas un frigorifique c'est vraiment un isolé et en fait ça chauffe extrêmement fort la journée mais sans UV et la nuit doucement ça enlève sa chaleur mais il fait tellement chaud qu'elle se sèche en 2-3 jours très rapidement d'accord super 42°C de temps en temps l'été donc vraiment ça prend je ne suis pas sûre que ce soit faisable en région parisienne ou en altitude ou s'il faisait moins chaud il faudrait sûrement une autre machine pour compléter

  • Speaker #1

    et du coup il y a des étapes supplémentaires une fois que tu as séché tes plantes il faut les ensacher Donc, c'est encore un job en plus d'ensachage, de peser. Vous les vendez sur la ferme ? Vous les vendez en ligne, en plus en ligne ?

  • Speaker #0

    Alors, en fait, on vend tout en ligne parce qu'on n'a vraiment pas le temps d'avoir une boutique fixe. Donc, on n'a vraiment que la boutique numérique. Et tous nos pigments, toutes nos plantes, on fait vraiment étiquetage, conditionnement. On fait vraiment toute la chaîne de la graine jusqu'au mail, jusqu'à tout.

  • Speaker #1

    C'est incroyable.

  • Speaker #0

    Mais c'est beau, c'est vraiment la… Puis on avait une discussion l'autre jour avec ma sœur sur notre éco-anxiété, de se dire qu'il y a quand même un mur qui arrive climatique en face. On se disait qu'on a une chance extraordinaire d'avoir un métier où quoi qu'il arrive, on peut trouver des solutions, on peut continuer. Comme on gère tout de A à Z, il n'y a pas de problème de transport, on a la main mise sur absolument tout, on ne dépend de personne. Et ça, je crois que c'est vraiment quelque chose qui nous... qu'on lâchera jamais les couleurs végétales grâce à ça parce que on se dit que jamais on retrouvera finalement, c'est une insécurité au quotidien financière etc mais c'est une sécurité d'avenir disons qu'on est dans un monde qui peut s'en servir

  • Speaker #1

    et puis vous êtes dans la tu parles beaucoup de calcul de taux de plan vous êtes vraiment dans la logistique au cordeau et je pense que vous essayez d'optimiser chaque étape chaque geste, chaque truc dans la manière dont tu parles ça se voit que vous réfléchissez vraiment tout au mieux donc non non c'est canon et comme tu dis c'est rare et c'est très rare d'avoir un acteur qui est sur toute la chaîne de valeur et qui maîtrise à la perfection et la culture et la transfo et la logistique et en plus la com, l'ensachage et non franchement vraiment chapeau j'imagine même pas le boulot que ça doit être notamment la récolte à la main pour les fleurs je parle et aussi pour la garance je... Je suis admirative de votre engagement, je trouve ça canon.

  • Speaker #0

    Après, c'est le côté agriculteur, quand on désherbe des carottes ou quoi que ce soit, il faut avoir la motivation d'aller au bout de l'arrêt, même si c'est dur. Et on a quand même cette éducation-là de jamais lâcher l'affaire, en fait, c'est ça. Et si aujourd'hui, on n'a pas de solution pour ramasser la garance, on le fait comme ça. Et on espère et on réfléchit sans cesse pour essayer de se... de s'aider en fait au début on est parti de quelque chose de très brouillon, on galérait on y passait un temps fou et puis petit à petit on s'allège le travail on trouve des solutions et aujourd'hui c'est dur mais peut-être que demain ça le sera moins et c'est ça qui est passionnant aussi c'est que il y a vraiment sa version de la chose à créer et ça peut être vraiment or comme rien n'existe à côté c'est vraiment sa version du truc et c'est beau

  • Speaker #1

    et puis vous êtes les défricheuses vous ouvrez le chemin, vous ouvrez la voie pour d'autres justement c'est une question que je voulais te poser je sais pas quel âge tu as Laura moi j'ai 28 ans et ma soeur elle a 32 ans tu te rends compte ?

  • Speaker #0

    voilà je commençais à 21 ans à peu près au BPR-EA et Amandine à 4 ans de plus donc 25, elle a attaqué mais c'est aussi pour ça que On est jeunes et on a aussi nos parents qui avaient la possibilité de nous héberger pour le démarrage. Il y a tout ça aussi, le fait que l'agriculture, ce n'est pas un métier pour gagner sa vie, que ce soit du maraîchage ou autre chose. Ce ne sont pas les métiers les plus rentables de l'univers, mais ce sont les métiers qui rendent heureux. Et ça, ça vaut de l'or.

  • Speaker #1

    et justement j'allais te faire part d'un constat après on en échange mais donc vous vous êtes lancé tôt 21 25 ans c'est tôt et j'ai eu sur le podcast Morgane recoule dans l'Aveyron qui s'est aussi lancée 28 ans, c'était un peu une reconversion etc. J'ai dans l'épisode qui sortira la semaine prochaine Cécilia Aguirre qui nous parle qu'elle accueille de plus en plus de stagiaires, qu'il y a de plus en plus de jeunes qui sortent des lycées horticoles ou des lycées agricoles et qui veulent se lancer dans les plantes tanctoriales j'entends aussi au niveau des écoles d'ingé qu'il y a des gens qui se posent des questions est-ce que vous vous constatez est-ce que vous êtes sollicité par des jeunes qui aimeraient s'installer est-ce que vous avez un recul sur ce qui se passe et un peu le frétillement est-ce qu'il se passe quelque chose de ce niveau-là oui bien sûr je pense que dans tous les cas

  • Speaker #0

    Ça attire de plus en plus de monde, peut-être aussi parce qu'il y a de plus en plus d'acteurs. Il y a aussi... Alors, à l'époque de Michel, peut-être que ça faisait moins de bruit dans le sens où il n'y avait pas les réseaux sociaux. Nous, on a vraiment cet outil qui nous permet de diffuser, en fait, vachement nos métiers.

  • Speaker #1

    Vous êtes présente... Ouais, c'est top. Franchement, vous êtes active sur vos comptes. C'est... Même, je trouve que c'est... comment dire, on voit votre quotidien en fait, c'est pas, on fait tout pour montrer que c'est génial, en fait vous nous montrez le quotidien et on arrive à percevoir la difficulté et le boulot que ça représente, je trouve ça vraiment bien de se servir des réseaux sociaux pour cette histoire de transmission et de partage en fait.

  • Speaker #0

    Ben oui, c'est vrai que c'est pas génial sur tous les points les réseaux sociaux, mais en tout cas dans le côté professionnel, c'est vraiment chouette parce que ça crée de la proximité effectivement, on va un peu au-delà de l'image publicitaire parfaite et nette, sans aucune souffrance. Là, bon, on édule le corps pas mal quand même, mais pas quand on pleure. Mais, par exemple, après trois mois de garance, on est un peu, des fois, c'est un peu dur. Mais bon, voilà, on essaie quand même de partager nos histoires. Et donc, sur la transmission, effectivement, il y a quand même, il y a beaucoup de monde qui veulent se lancer. après ça reste quand même un gros défi ça dépend les échelles il y a beaucoup de gens qui veulent créer un jardin pour faire de la formation ça c'est ce qui en ressort quand même le plus se lancer dans une exploitation agricole ben en fait il y a des projets après est-ce qu'ils aboutissent est-ce que C'est tellement complexe. En fait, par exemple, quand on va avoir une banque pour faire un crédit, faire un prévisionnel sur des couleurs végétales où on n'a absolument aucune donnée, c'est très, très, très difficile. Et aller voir quelqu'un qui nous fait confiance, ça l'est encore plus. Donc, je pense que peut-être que ça va... déjà commencer par des jardins pédagogiques, des petites cultures, des choses comme Cécilia, où ça reste encore le max, mais quand même côté associatif, côté partage, etc. Je pense que c'est vraiment ça. Il n'y a pas que cultiver des plantes tectoriales, en fait, dans le projet qu'on perçoit des autres. C'est vraiment créer un espace de formation, de rencontres. À côté, souvent, ils font des plantes médicinales et aromatiques. Donc, ça va dans un ensemble. Après, nous, on prend surtout des stagiaires qui viennent. Alors, souvent, ce sont des artisans qui utilisent les produits et pas qui souhaitent forcément les cultiver. Voilà, en fait, on est tellement la tête dans le guidon en permanence que les stagiaires, si on a des demandes, on a vraiment des besoins importants, on les prend. Il n'y a aucun souci, on peut prendre jusqu'à 2, 3, 4 stagiaires sur place, par exemple pour la Garence ou pour la récolte de l'Indigo. Et après, dans les parties un peu plus administratives, tout ça, c'est vrai que... on essaye d'être focus sur l'activité qu'on a sur le moment. Je ne sais pas si je m'exprime très bien.

  • Speaker #1

    Non, non, c'est clair. et alors du coup en tant que transmission vous êtes sollicité par des gens qui aimeraient soit s'installer jardin à plus ou moins grande échelle mais vous êtes sollicité vous avez des stages est-ce que tu as des bénévoles, des gens qui viennent Cécilia me parlait qu'elle avait des amapiens mais aussi des bénévoles qui venaient filer un coup de main est-ce que vous c'est quelque chose qui se pratique chez vous ? Vous êtes vraiment toutes les deux ?

  • Speaker #0

    On est vraiment beaucoup toutes les deux. Vraiment beaucoup. Pourquoi ? Parce que déjà, en fait, on se rend compte que les stages, c'est certes un coup de main ou les bénévoles, mais c'est aussi beaucoup d'apprentissage. Beaucoup,

  • Speaker #1

    beaucoup. Par exemple,

  • Speaker #0

    quelqu'un qui ne reste qu'une semaine, finalement, le temps de faire le tour des plantes et de l'exploitation, la semaine est passée et au final, ça nous a bouffé du temps beaucoup plus que ça nous a aidé. Enfin, en tout cas... comme tout apprentissage, le ratio, il doit être équitable. Je veux dire, un stage, ce n'est pas je prends des mains, je ne donne rien et voilà. Je ne suis pas d'accord avec ça. Quand on était en coiffure ou en maquillage, toutes les deux, on a eu des stages comme ça et on trouvait ça vraiment inhumain et horrible. Pour moi, il y a un échange qui doit être équitable. Mais justement, pour moi, déjà, en dessous de 10-15 jours, ça ne sert pas à grand-chose parce que ce n'est pas équitable.

  • Speaker #1

    Et tu as les stages ?

  • Speaker #0

    t'as le stage de deux mois là enfin moins de huit semaines qui sont bien sûr il y a ça il y a les reconversions bah ouais c'est super 15 jours de pôle emploi ça c'est super mais nous on a vraiment pas de système associatif ou à map donc déjà par rapport à la MSA par rapport à tout ça le bénévolat il faut qu'il soit quand même encadré on peut pas avoir des bénévoles qui viennent travailler comme ça sur une exploitation il y a quand même des assurances de la déclaration sinon c'est du travail au nord en fait tout simplement après il existe le woofing en option sauf que le woofing ça demande quand même un accueil, un logement etc, nous sur l'exploitation il n'y a rien ni toilette, ni douche, ni cuisine rien du tout, donc on vit au village en famille, c'est difficile d'accueillir quelqu'un au milieu de ses parents, de ses grands-parents pendant une certaine période donc le woofing n'est pas vraiment adapté, donc ça va vraiment nous être du stage de 10, 15 jours 3 semaines où on a eu aussi Une école qui faisait dans l'environnement, c'était un bac pro environnement, quelque chose comme ça. Et eux, du coup, c'était pendant le Covid. Donc, eux, ils cherchaient plutôt dans les parcs, normalement, de la gestion de forêt, etc. Et au final, comme ils ne trouvaient personne durant le Covid et qu'ils n'habitaient pas loin, ils sont venus nous aider pendant 2-3 mois à la garance, comme ça, à 6, parce qu'il leur manquait des maîtres de stage. Nous, ça nous a permis. d'avoir des bras à ce moment-là. Et à côté, on leur a appris la teinture, la savonnerie, on leur a fait faire du bricolage, ils se sont régalés. Donc c'était un bel échange, en fait.

  • Speaker #1

    D'accord. Excuse-moi. Et j'avais une... J'ai perdu le fil, du coup. Tu vois, ça m'arrive aussi. Qu'est-ce que j'allais dire ? Je ne me souviens plus. Comment ?

  • Speaker #0

    Sur la transmission, du coup, l'accueil de stagiaires, le woofing, le bénévolat.

  • Speaker #1

    Ouais, tout ça t'a dit... Non, j'avais un truc... Ah oui, ça y est, j'ai ma question. j'ai échangé avec Marie Marquet sur la botanique sur l'agriculture sur des questions est-ce qu'il y aurait assez de surface agricole si on voulait reteindre j'ai parlé avec Marie Marquet sur l'agriculture les surfaces agricoles qui seraient nécessaires si on souhaitait teindre la quantité de vêtements qu'on fait aujourd'hui mais en couleur naturelle, est-ce que ce serait possible ou non ? Donc, il y a bien sûr une réduction à faire de la quantité de vêtements qu'on consomme, ça on est d'accord. On avait dans notre discussion dévié, c'est toujours ces moments-là qui sont intéressants, sur est-ce qu'il serait possible d'ajouter, par exemple, pour des agriculteurs, on va dire conventionnels sur de l'agriculture type polyculture, élevage, est-ce qu'il serait possible d'ajouter la culture de plantes teintoriales, en tout cas de certaines, ou est-ce que pour toi, ça rajoute du boulot à l'agriculteur démesuré ? Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais en gros… Oui, voilà.

  • Speaker #0

    Je sais ce que tu veux dire. Pour moi, vraiment, les couleurs végétales, c'est un métier à part entière et propre qui nécessite un plein temps absolu. C'est-à-dire que ce n'est pas la peine de produire de l'indigo si on ne fait pas de l'indigo de qualité, parce que ça va derrière, ça va… ça ne va pas tenir, il va y avoir des problèmes. Donc du coup, comme on en est au début de l'image de tout ça, c'est vraiment il faut je veux dire quelqu'un qui fait des carottes ne va pas produire un petit peu de vin à côté c'est pas possible au bout d'un moment il lui faut une cave il lui faut du matériel et s'il veut le vendre après et que ce soit bien propre il faut vraiment qu'on y dédie 100% de son temps et en tout cas nous alors c'est peut-être notre version parce qu'on fait tout de A à Z et on va vraiment jusqu'à la transformation jusqu'au pigment fini mais nous ça nous demande de on travaille 75 heures par semaine donc je vois pas comment en fait quelqu'un qui fait quelque chose à côté même pour moi l'aromatique et du médicinal comme fait Cécilia par exemple pour moi c'est impensable je ne me verrais pas faire autre chose que des couleurs végétales parce qu'elles prennent plus

  • Speaker #1

    de 100% de notre temps et alors j'ai une autre question c'est c'est l'adjoindre avec une autre culture, pour toi, c'est un métier spécifique, donc ça nécessite de se focaliser sur un sujet, ça j'entends. Est-ce qu'il y a, comme il est fait dans d'autres cultures, un système de... Pas de coopérative, mais tu sais, où il pourrait être possible que chaque agriculteur travaille des plantes tanctoriales et se mutualise à un endroit spécifique pour la transformation ? Par exemple, est-ce que ce serait possible que des voisins à toi, agriculteurs, travaillent... je sais pas une plante et qui viennent te ramener ces quantités là pour toi enrichir comme t'as l'outil pour transformer et faire des extraits est-ce que ça c'est envisageable ou c'est pareil

  • Speaker #0

    ça me semble bête c'est pas bête c'est une idée franchement on y a aussi pensé parce qu'on en vient au bout de 5 ans d'entreprise à se dire c'est quoi notre avenir c'est quoi qu'on veut faire c'est quoi notre vision c'est quoi l'objectif final et ça on n'arrive pas encore à le dire parce qu'on est encore au jour le jour à gérer les problématiques de culture de produit de tout ça et donc on y a pensé aussi à faire une espèce de coopérative ou de de comment on dit, comme les chaînes de coiffure ou quoi, enfin faire comme ça un prototype pour pas que chaque personne ait à gérer l'ensemble du problème de la chaîne mais ça pose des problèmes de qualité. Par exemple, dans une coopérative qui fait du vin, on connaît les différentes qualités de raisins qui sont répertoriées, et en fonction de la qualité arrivée, ça va être plus ou moins, ça va être accepté ou pas. Derrière, ça va être payé plus ou moins. Et comment normaliser ça sur toute une filière, sur chaque produit, en sachant qu'on a tous notre contrainte de... de climat, de plantes, etc. Donc déjà, il faudrait que ce soit très local pour avoir un approvisionnement sans transport, au moins enlever cette contrainte de... Par exemple, sur la persiquaire, il faut des feuilles fraîches. Comment on fait pour gérer des feuilles fraîches, pour se les faire livrer ? C'est compliqué. Après, sur les fleurs sèches, par exemple, est-ce que, je ne sais pas moi, quelqu'un qui est dans le Nord-Pas-de-Calais a autant d'ensoleillement que moi qui suis en Provence ? Derrière, quel est l'impact ?

  • Speaker #1

    C'est sûr. c'est ça en fait c'est toutes les questions que ça emmène ouais mais je me dis en fait pareil je peux pas m'empêcher de me dire c'est quoi la suite de leur aventure mais en gros moi je vois là deux choses c'est la première c'est vous êtes en train de monter un modèle un modèle qui peut être dupliqué, mais il faudrait un soutien agronomique, tu vois ce que je veux dire, de comment on duplique un modèle qui est fait vous, chez vous, avec votre terroir, votre expérience, et comme tu dis, l'irrigation de tes grands-parents, toutes ces conditions. Donc, il faudrait vraiment qu'il y ait des recherches agronomiques. Donc, du coup, ça veut dire des financements d'un endroit. Donc, ça, c'est le premier truc auquel je pense. Le deuxième truc auquel je pense, c'est... C'est monter un genre de... comme pas une école, mais tu sais, un genre de formation. En fait, faire un centre de formation de votre établissement où tu pourrais accueillir des gens qui viennent de la France entière, par contre, qui viennent se mettre les mains dans le cambouis et d'apprendre vraiment la transformation. Ça pourrait être comme ça, un centre de formation, mais vraiment type agriculture, transformation. Mais pareil, encore une fois, comme tu l'as résumé hyper bien, c'est qu'il faut trouver un modèle rentable. C'est ça.

  • Speaker #0

    Aujourd'hui, on est encore au très bon moment. Je ne suis pas sûre que notre entreprise… Enfin, on a super bien avancé et comparé au départ, il n'y a plus rien à voir. Mais est-ce qu'on est sur une entreprise suffisamment aboutie pour la déterminer en tant que modèle et la dupliquer ? Non, on n'y est pas encore. Et peut-être qu'en fait, il n'y a pas qu'un modèle et peut-être qu'on se trompe aussi. Parce que ça… les plantes teinturelles te rendent très... Comment dire ?

  • Speaker #1

    Très humble.

  • Speaker #0

    Très humble. C'est-à-dire que tu crois avoir tout compris, maîtriser ton sujet à 100%, et puis il arrive un jour où quelqu'un arrive et te montre un truc qui ne fait absolument pas comme toi, et tu te rends compte qu'en fait, il y a d'autres options, ça marche différemment selon comment on le prend, etc. Donc, est-ce que c'est intéressant d'avoir un modèle où est-ce que chacun doit créer son propre modèle avec des bases un peu défraîchies ?

  • Speaker #1

    je te parle d'un tronc commun vous incarnez un tronc commun qui après serait adaptable aux terroirs, aux conditions mais tu vois le premier qui a lancé l'agriculture bio, le premier qui a lancé les endives ou le premier qui a je pense que c'est la même chose que vous il y en a bien un qui a dû défricher, tester mais ça ça en amène à une question et ça c'est Michel Garcia qui le dit souvent c'est aujourd'hui personne, c'est horrible ce que je dis, mais il dit aujourd'hui, personne n'a besoin de la couleur végétale, parce qu'aujourd'hui il y a la couleur synthétique qui fait le boulot. Donc, en fait, nous, ce qu'on a comme mission, entre guillemets, c'est de montrer la vertu de ces plantes tectoriales, d'en parler pour les gens qui ne connaissent pas, d'où ce podcast, pour en parler, essayer de faire connaître. mais tu vois c'est intéressant parce qu'en fait je me dis que vous êtes sûrement les pionnières enfin même pas les pionnières parce qu'à l'époque où ils devaient cultiver les plantes ben voilà il y en avait donc ça veut dire que comment ?

  • Speaker #0

    on fait que reprendre en fait ce qui plus ou moins on adapte à des choses plus modernes mais on reprend quand même la base de ce qui se faisait il y a 200 ans avant qu'ils arrêtent tout forcément ils avaient un métier

  • Speaker #1

    Tu vois, je me dis, à cette époque-là, ils avaient des quantités et des espaces cultivés de folie.

  • Speaker #0

    Et surtout de la main d'œil. la main d'oeuvre la garance par exemple je crois que j'avais lu il y avait 180 000 ouvriers agricoles dans la région du sud pour extraire la garance donc forcément il y avait les gros agriculteurs qui prenaient le plus gros et après les miséreux derrière qui allaient ratisser les petits bouts de garance sachant

  • Speaker #1

    que Sachant qu'en plus on peine déjà que ce soit dans l'agriculture nourricière à trouver de la main d'oeuvre qu'on est obligé d'aller chercher en Pologne pareil dans l'horticulture on est obligé d'aller chercher ailleurs des gens qui souhaitent travailler j'imagine que oui pour un sujet qui n'est pas encore assez...

  • Speaker #0

    C'est ça, parce qu'on a parlé beaucoup de production, mais il y a la partie commerce aujourd'hui. Nous qui produisons un peu gros, on n'écoule pas tous nos stocks parce qu'il n'y a pas un grand besoin. Comme dit Michel, ce n'est pas un besoin vital. En plus, on est en période de crise. Les petits artisans qui, eux, déjà ont du mal avec des produits... avec leur charge de production, la couleur, c'est un petit peu accessoire. Dans un savon, par exemple, elle est accessoire. Donc, elle pourrait être éliminée, on va dire. Et dans ce sens-là, on n'est pas à un besoin primaire. Ce n'est pas qu'il n'y a pas besoin de nous, mais il y a des choses... plus... Comment dire ? Le secteur est encore petit, vraiment. Et on ne pourrait pas être 200 000 producteurs en France parce que tout le monde coulerait. Comme un peu la spiruline. À un moment donné, il y avait de très petites personnes qui ont fait les pionniers. Il y a eu beaucoup de monde qui s'est mis sur le sujet. Et au final, la moitié ont arrêté parce qu'il y avait trop de monde et il ne reste plus de pionniers. Voilà, c'est ça. C'est que c'est un super produit, génial, mais il faut encore trouver le marché.

  • Speaker #1

    Alors je partage avec toi l'avis sur les artisans je suis d'accord que c'est un choix à faire pour rester dans ses coûts et son équilibre économique mais tu vois côté entreprise par exemple l'entreprise textile à mi-route tu sais entre la grosse boîte et l'industrie enfin la petite entreprise textile avec la loi AGEC donc anti-gaspi économie circulaire, ils sont obligés maintenant de réduire à mort leur impact euh... carbone et leur impact écologique. Et en fait, je pense que cette loi qui est passée là en janvier incite beaucoup de boîtes du textile à quand même réfléchir. Et la couleur végétale, qu'on le veuille ou non, est quand même une alternative qui ressort quand même pas mal. Et donc, je me dis que vous, vous pourriez bénéficier aussi de cette nouvelle vague de... d'entreprises de textile qui se posent des questions et qui auraient des tests à faire et de la matière première à trouver. Après, c'est une idée comme ça dans notre conversation, mais quand tu dis que tu n'écoules pas tout ton stock, Est-ce que par exemple je vais peut-être poser une question complètement débile mais est-ce que par exemple ton stock pourrait être racheté ou pris chez Greening ou chez le Critorticole avec couleur de plante

  • Speaker #0

    Est-ce que tu pourrais faire ça ? Je revends mon Indigo donc par exemple je suis déjà fournisseuse pour lui donc je suis très heureuse d'ailleurs parce que le produit ne vend que des produits de qualité donc je suis extrêmement fière de faire partie de ces fournisseurs donc oui on a Mais malgré tout, même Patrick, chez Greening, je pense qu'il n'a pas des volumes de dingue sur les couleurs végétales. Donc il y a vraiment en fait... après pour moi c'est pratique d'avoir un petit peu de stock parce que je suis aujourd'hui disponible à n'importe quelle demande c'est à dire que quelqu'un qui aujourd'hui me dit il me faut 20 kilos d'indigo je peux le sortir, il n'y a pas de problème et ça c'est agréable en tant que producteur c'est réconfortant mais après c'est sûr que je me dis si dans 4-5 ans je ne suis plus la seule à produire ça mais on est 5-6 et que cette personne a plus de moyens que moi Je ne sais pas. En fait, elle est tellement à construire, la filière, c'est tellement au jour le jour que je ne sais pas trop quelle est la perspective commerciale de tout ça. J'espère que les lois comme celles que tu citais de janvier vont vraiment pousser et vont augmenter les demandes. Et dans ce cas-là, il faudra qu'on soit tous une filière forte pour le faire ensemble. mais pour l'instant vraiment c'est tellement dur à dire voilà on essaye d'avoir le choix, d'avoir l'offre d'avoir le produit et après derrière le commerce on attend que que les boîtes fassent le pas, que ce soit les petits artisans qui des gens font beaucoup le pas mais aussi les grosses boîtes qui eux ont préférence à faire du greenwashing avant de passer directement aux vrais beaux produits Il y a vraiment un gros point d'interrogation sur la filière aujourd'hui. En tout cas, c'est facile de dire ce qu'il en est aujourd'hui. dire ce qu'il en sera dans 4-5 ans c'est très dur en tout cas pour nous, tête baissée dans le champ c'est difficile

  • Speaker #1

    Oui, parce que tu vois, il y a aussi la notion de traçabilité, comme tu le disais, de mélanger des cultures de différents endroits, les extraits, la concentration, la qualité, etc. Est-ce qu'il faut créer des labels pour garantir que les extraits soient 100% de plantes et pas avec du... c'est coupé avec de la chimie ? Parce que c'est ce qu'il m'expliquait Patrick Brenac de Greening, que ça se produisait.

  • Speaker #0

    vous avez râlé un colloque avec Michel ils étaient ensemble ils râlaient énormément il y avait une partie, pas tous des producteurs qui coupaient au chimique mais ça flingue la filière si on ne peut même plus avoir confiance en ces produits c'est terrible

  • Speaker #1

    Ouais, donc tu vois, comme tu dis, il y a plein de sujets, en fait, et moi qui débarque comme ça, qui viens du monde alimentaire, donc pas du tout textile, pas du tout... Enfin, qui est... Voilà, j'ai agro, mais je veux dire, je me dis, tu vois, moi, il y a ces questions-là que je me pose, c'est la filière, de faire des rapprochements aussi avec la filière des fibres cellulosiques, enfin, tu vois, les fibres... le lin, le chanvre, la laine, la soie, en fait, de s'allier avec eux, parce que si eux tiennent la route, sont en croissance, ça peut profiter à la couleur végétale, parce que sans eux, il n'y a pas de couleur végétale appliquée au textile. Après, je pense notamment à les écoles, c'est ce que je te disais, les lycées horticoles, les lycées agricoles, les études d'ingé, etc., qu'en fait, les gens aient conscience que ça existe et que ça puisse créer des vocations, parce que des gens, maintenant, qui prennent... qui arrêtent un boulot pour travailler dans un métier qui a du sens et pour lequel ils se sentent investis, c'est un peu ce que tu disais dans ton témoignage, c'est de plus en plus répandu, donc ça pourrait très bien créer des vocations, donc il faut en parler plus au niveau des écoles. Et après, je pense que oui, comme tu dis, c'est toute une filière à créer, mais j'ai bon espoir dans le sens où, comme on se disait tout à l'heure, le premier mec qui a lancé le blé, qui a fait ses recherches, le premier gars qui a lancé les endives, ça s'est bien fait. Et en plus, on a le... Comme tu le disais, c'est ce qui se faisait avant quand on ne faisait que de la teinture avec des plantes végétales. Ça se faisait avant. Alors, il y avait d'autres conditions. Il y avait certainement plus de main-d'œuvre et il y avait d'autres trucs qu'on ne maîtrise pas parce qu'il faudrait qu'on fasse une thèse là-dessus. Mais en tout cas, j'ai quand même espoir. Et en tout cas, ton témoignage, on l'entend, tu n'es pas dans le... dans le faux, c'est-à-dire que c'est dur, mais c'est un plaisir et vous y trouvez votre sens et vous apportez votre pierre. Et votre contribution, déjà deux, énorme, c'est de défricher notamment sur la partie des machines. Et ce que tu disais sur l'exemple de la savonnerie, je trouve ça juste génial. Quand tu peux dire que tu fais bouger les lignes comme ça, je trouve ça génial, surtout à ton âge. Je trouve ça juste génial. J'avais des questions sur... plutôt un peu tac au tac, mais... Est-ce que tu peux me citer pour toi des personnes qui ont été inspirantes ? Je pense que je connais un peu la réponse.

  • Speaker #0

    Michel, voilà. Patrick, qui est vraiment super. Mais il y a aussi plein d'autres gens. Il y a vraiment... On a Fibre Bio, avec qui on s'est lancé sur la partie textile. Quand on a commencé, elle a été d'une grande aide. Et elle aussi, elle avait vraiment cette envie-là, en fait, de créer des produits prêts à teindre pour les teinturiers. Parce que c'est aussi... La teinture, c'est plein de contraintes également. Donc il y a Fibre Bio, il y a Ultramar, une teinturière qui est à côté de chez nous, qui elle a fait vraiment le tour des formations. Elle est allée voir Michel, elle est allée voir David Saint-Andreux, elle est allée à Couleur Garance, elle est allée à Colore Ton Monde. Elle a fait vraiment le tour un petit peu pour faire sa version de l'indigo. Et là-dessus, je l'admire beaucoup. Elle travaille souvent avec nous pour nous aider. et vraiment cette espèce de multifase comme ça de l'indigo nous finalement on a eu que la version un peu de Michel et la nôtre mais le fait d'avoir comme ça d'avoir vu plein de spécialistes c'est vraiment super ensuite on a Anne-Sylvie de l'UTA avec qui on coproduit en ce moment on fait une coproduction ensemble

  • Speaker #1

    et qui est vraiment quand tu dis coproduction ça veut dire ?

  • Speaker #0

    on travaille ensemble pour un client pour produire parce qu'elle produit aussi et en fait je l'admire beaucoup parce que franchement elle a fait une très belle gamme de beaux-arts ça fait quand même un petit moment qu'elle est dans la couleur végétale elle tient le coup et on voit qu'elle aussi je pense pas qu'elle ait gagné des milliers des cents par ce secteur dans sa vie mais elle est très heureuse et elle est très inspirante. et voilà ensuite on a Luma avec qui on travaille aussi qui est vraiment super Luma c'est une fondation qui a été créée à Arles en fait et là dedans en fait il y a donc c'est un espèce de laboratoire où ils essayent plein de nouvelles choses, et notamment on a fait un colloque ensemble avec eux, où en fait ils récupéraient des espèces invasives pour en faire du textile, donc en extrayant la cellulose, et ensuite derrière ils avaient le projet de faire des mini-manufactures où en fait on vient imprimer notre textile grâce à cette fibre cellulosique de plantes invasives, et en fait ça remettait un petit peu en jeu l'industrie. textiles en fait au lieu de créer d'énormes industries en France parce qu'il manque de l'industrie créer comme ça des mini manufactures où on peut venir en fait imprimer 15, 20, 30 t-shirts et en fait recréer comme ça du local et donc voilà c'est des beaux projets porteurs d'autres visions auxquelles nous jamais on n'y penserait mais voilà par des ingénieurs du temps de l'énergie des gens concernés ça fait vachement évoluer voilà

  • Speaker #1

    dans d'autres secteurs que les couleurs végétales qu'on a

  • Speaker #0

    qui font pas mal bouger les lignes. Après, on a la coopérative des couleurs à Okra, qui aussi font de très beaux produits beaux-arts, qui ont une belle renommée, qui se donnent pour vraiment expliquer les pigments, les colorants, la différence. Eux, ils ont le prisme de l'ocre, mais ils restent quand même hyper pédagogues, et ça, c'est chouette.

  • Speaker #1

    d'accord ok et si t'étais une plante intangitoriale laquelle tu serais et un peu pourquoi la persiquière parce que déjà elle m'a amené la passion et puis elle est tellement elle

  • Speaker #0

    est tellement variable et puis elle est rebelle et on croit la comprendre et en fait voilà et finit

  • Speaker #1

    Est-ce que tu teins toi personnellement ? Là tu n'as pas le temps je pense Mais est-ce que tu as teint Est-ce que tu t'es essayé à la teinture végétale ?

  • Speaker #0

    En plus de tout ça On s'amusait jusqu'à maintenant à faire une collection de Noël Qu'on faisait à l'automne C'est pas vrai

  • Speaker #1

    C'est hyper actif

  • Speaker #0

    Et du coup là on a décidé J'en ai encore pas mal Mais c'était la dernière année qu'on produisait de la teinture Parce qu'on a commencé par apprendre la teinture Pour donner des conseils parce qu'il est impossible de vendre ou une coloration végétale sans donner un paquet de conseils sur le secteur d'application donc on a commencé par la teinture ensuite on s'est mis à la savonnerie et là en faisant les lacs forcément on se met au beaux-arts donc voilà je pense qu'on va laisser petit à petit tomber la partie textile parce qu'on en a déjà pas mal d'expérience et on fera des formations d'initiation à la teinture végétale l'été sur l'exploitation. De temps en temps, là cette année on ne peut pas le faire parce qu'on a une grosse production, mais d'habitude on en fait au moins 4 ou 5 dans l'été. Et donc voilà, on continuera un peu la teinture par ce biais-là des stages, et donc savonnerie et beaux-arts.

  • Speaker #1

    et alors du coup dans les fibres que tu aimes teindre c'est lesquelles que le lin ça brille,

  • Speaker #0

    ça prend bien c'est vraiment un peu plus local quand même que le coton la laine il faut aimer la laine j'ai jamais aimé trop la porter même si ça prend super bien en teinture la soie c'est sympa aussi mais vraiment le lin, coup de coeur, y'a pas de problème

  • Speaker #1

    du coup les prochains projets tu y as répondu tout au long clairement de notre échange est-ce que tu aurais des livres qui t'ont aidé toi à inspirer dans ta démarche ou toi en fait

  • Speaker #0

    c'est vraiment, on est plus dans l'expérience que dans la lecture c'est parce que c'est aussi notre éducation, on fonce tête baissée et on réfléchit après et donc on a les livres, les trois livres de Michel qui sont une super base il y a un livre de Dominique Cardon aussi qui répertorie un peu comme ça par couleur toutes les plantes avec un peu surtout les matières colorantes identifiées parce que c'est souvent pas facile de savoir si c'est un flavonoïde ou un flavone parce que c'est pas la même chimie pour l'un ou pour l'autre donc ça c'est des livres un peu référence voilà et après Michel nous a toujours orienté vers les manuels de Roré qui sont en fait des manuels d'antan sur l'artisanat. Alors ça va des beaux-arts à fabriquer son boule à lèvres et ses cosmétiques. Alors c'est dans un vieux français avec des produits qui sont peut-être plus utilisables aujourd'hui, mais c'est une base et ça permet de comprendre. C'est des logiques très simples en fait, pas vraiment pompeuses ou scientifiques pures. C'est vraiment un peu notre méthode de travail, c'est-à-dire d'analyser ce qu'on observe.

  • Speaker #1

    et donc c'est plutôt sympa comme lecture ok j'avais une avant-dernière question qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter à toi et à ta soeur de vivre de notre passion ça serait bien quand même aujourd'hui vous n'en vivez pas non on n'en vit pas encore alors on a peu de besoin parce que on

  • Speaker #0

    vit en famille etc donc ça va, on ne souffre pas mais on ne vit pas encore de notre passion on souhaite plein de nouvelles couleurs on aimerait beaucoup avoir une belle gamme avec 10-15 couleurs ce serait vraiment magnifique et puis que ça continue surtout qu'on ait de l'eau et que tout aille bien dans la partie agricole celle qui fait un peu peur aujourd'hui même si on a plein de solutions en tête pour pallier à ces problèmes là mais on espère que quand même ça reste gérable

  • Speaker #1

    est-ce que tu peux nous indiquer quelqu'un à qui tu aimerais qu'on passe le micro pour la suite du podcast ?

  • Speaker #0

    Je penserais à Valentina de Ultramar qui est teinturière, mais elle fait des vêtements conceptuels, modulables,

  • Speaker #1

    qui s'adaptent.

  • Speaker #0

    Je trouve ça très sympa comme concept. Elle a fait le tour de toutes les formations, donc elle a quand même un point de vue assez global. Elle a un super projet, c'est qu'elle est croate, italienne, et elle a vécu en Espagne. donc en fait elle aimerait créer selon où on est, on peut choisir où est fabriqué son vêtement c'est à dire si on est croate il est fabriqué en Croatie, si en France ou en Espagne etc donc c'est un beau projet qui lie pas mal quand même le secteur textile la fourniture, la manufacture tout ça tout ça donc je pense que c'est un beau c'est une belle personne avec une belle expérience

  • Speaker #1

    ok je vais essayer de la contacter si tu as ses coordonnées je prends pour la contacter écoute Laura je voulais vraiment te remercier parce que parce que j'ai trouvé cet épisode hyper hyper instructif enrichissant et tu me mets une claque personnelle je te le dis parce que à votre âge je m'adresse aussi à Amandine qui n'est pas là parce qu'elle est en train de bosser mais franchement vraiment chapeau à toutes les deux pour ce que vous faites c'est vraiment génial vraiment je sais pas comment le dire j'ai pas les mots tu vois mais je vous félicite vraiment parce que je trouve que vous êtes deux nanas hyper courageuses et euh et ça me touche de voir qu'il y a des jeunes t'as 28 ans, j'en ai 35 mais je veux dire, ça me touche et tu vois ça me donne aussi une forme d'espoir parce qu'en ce moment tout n'est pas gai pour tout le monde mais tu vois ce que vous faites je trouve que c'est une belle leçon de vie et je vous remercie pour ça

  • Speaker #0

    Merci beaucoup à toi de nous avoir invitées dans ce podcast, c'est vraiment beau je t'avoue j'ai pleuré à l'épisode de Michel tellement que c'était émouvant parce que c'est notre, on l'aime Michel c'est un père spirituel c'est une rencontre, on l'aime d'amour et l'entendre parler de sa vie comme ça c'est vraiment lui aussi qui nous a donné cette émotion ce truc avec des mots, des trucs je sais pas comment dire qui nous a vraiment lancé là-dedans

  • Speaker #1

    j'en ai pas parlé mais cet épisode, cet enregistrement d'épisode, donc le premier, moi je n'ai jamais enregistré de podcast sauf avec Michel et il venait de faire une formation, il était éreinté, mais vraiment on était 8, ça avait été dans tous les sens il était ultra fatigué et quand je lui ai dit est-ce que Michel tu voudrais bien, et bien il a dit oui par générosité pure tu vois vraiment de pouvoir et c'était hyper euh... à vivre, c'était hyper incroyable parce qu'il te raconte tout ça, tu t'hallucines et c'est ce fameux épisode où j'ai moi oublié de brancher mon micro, du coup la qualité du son est pourrie et je me disais qu'est-ce que tu fais, est-ce que tu lances ton podcast avec un témoignage magnifique et poignant mais avec un son pourri ou est-ce que tu supprimes et tu réenregistres sans être sûre d'avoir cette authenticité et ce don, tu vois il a vraiment livré et donc du coup

  • Speaker #0

    qui te tue en fait il a le Michel excité et énervé pendant les stages quand il ne maîtrise plus et qu'il panique son côté sanguin du sud il t'envoie chier et tout donc là il faut se cacher et le laisser faire il est sensible il est inspirant comme ça et je trouve que là pendant le podcast c'était vraiment c'était waouh mais tu sais qu'il y a beaucoup de gens qui m'ont fait ce retour là et donc je suis contente aussi que tu me donnes la merci

  • Speaker #1

    la possibilité d'expliquer cet épisode et pourquoi j'ai choisi quand même de le mettre et tout ça tout ça moi je le rappelle c'est quand même grâce à lui qui a dit écoute ok faisons cet épisode, il savait pas ce que c'était moi non plus et franchement donc merci à lui parce que en fait je me rends compte qu'il inspire il a aidé beaucoup de gens et il continue non stop de donner, de donner, de donner de donner et que ça aussi c'est une belle leçon de vie

  • Speaker #0

    et puis j'avais jamais eu son il m'avait déjà raconté un peu son histoire mais en décousu c'était la première fois que je l'écoutais vraiment le coup de son oncle et tout c'était vraiment tellement émouvant Michel avant on l'avait à côté puis quand on s'est rencontré il déménageait d'un côté ça nous a apporté de l'autonomie parce que quand tu es vraiment que tu ne comprends pas ce qui se passe tu as tendance si tu as Michel à côté d'aller le voir plutôt que de réfléchir donc pour ça c'était bien qu'on ait de la distance mais on se voit rarement et on s'aime beaucoup et c'est toujours dur d'être séparé longtemps donc ça me fait du bien de l'entendre un peu comme ça c'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de se parler

  • Speaker #1

    bon bah c'est chouette écoute encore un grand merci et puis je vais couper là l'épisode ça marche attends je regarde bon ça va ça marche

  • Speaker #0

    alors du coup je voulais aussi passer la parole à Séverine Debrecker de l'atelier des couleurs dans le Gers elle a travaillé 20 ans pour le bleu de l'actour uniquement sur la couleur indigo donc elle a vraiment une grande expertise là dessus et là pour relancer aussi un peu la passion elle a commencé les couleurs à mordant donc voilà elle s'éclate et c'est quelqu'un de très intéressant avec qui échanger parce qu'elle a vu en fait l'évolution aussi sur toutes ces années et pour finir je voulais aussi faire un petit remerciement à toute ma famille qui nous aide vraiment beaucoup beaucoup tous les jours Parfait ! C'est bon ?

  • Speaker #1

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

  • Speaker #0

    Sous-titrage ST'501

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de Laura Roussier

    00:00

  • Présentation du parcours de Laura et Amandine Roussier

    00:44

  • Formation et création de leur entreprise

    03:00

  • Les produits et plantes cultivées au Champ des couleurs

    04:25

  • Mécanisation et défis de la culture des plantes tinctoriales

    06:29

  • Récolte et transformation des plantes tinctoriales

    07:03

  • Défis liés à la mécanisation et à la récolte manuelle des plantes tinctoriales

    09:58

  • Processus de transformation et production de pigments

    19:28

  • Différences entre indigo et bleu maya

    29:45

  • Utilisation des pigments dans la savonnerie

    31:11

  • Vente en ligne et logistique de l'exploitation

    37:51

  • Transmission des savoirs et accueil de stagiaires

    40:41

  • Évolution de l'intérêt pour les plantes tinctoriales

    42:20

  • Défis et perspectives pour l'avenir des couleurs végétales

    48:58

  • Conclusion et remerciements

    01:02:01

Description

Dans cet épisode captivant du podcast ArtEcoVert, Pauline Leroux a le plaisir de recevoir Laura Roussier, co-fondatrice du Champ des couleurs, une exploitation agricole innovante dédiée aux plantes tinctoriales. Ensemble, elles explorent l'univers fascinant de la teinture végétale, un domaine en pleine renaissance qui allie tradition et durabilité. Laura, accompagnée de sa sœur Amandine, partage avec passion leur parcours inspirant, marqué par une reconnection avec l'agriculture familiale après une période de chômage.


Sur 3 à 4 hectares ensoleillés de Provence, elles cultivent avec soin des plantes tinctoriales emblématiques telles que la garance et la persiquière. Au fil de la conversation, Laura évoque les défis inhérents à la culture, à la récolte et à la transformation de ces trésors naturels en pigments végétaux. "Chaque plante a une histoire à raconter, et nous sommes ici pour les faire revivre", déclare-t-elle avec conviction.


Le duo aborde également la mécanisation de leur exploitation, en discutant des machines qu'elles utilisent et des difficultés rencontrées en raison du manque d'équipement spécifique à la teinture naturelle. Elles soulignent l'importance de l'eau et des techniques de culture traditionnelles, tout en partageant leur engagement à promouvoir la couleur végétale.


Leur vision pour l'avenir est empreinte d'espoir : elles espèrent voir la demande pour les teintures naturelles croître, portée par une prise de conscience accrue des enjeux environnementaux. En effet, la tendance vers des colorants biosourcés et des pigments végétaux est en plein essor, et Laura et Amandine souhaitent jouer un rôle clé dans cette évolution.


Cet épisode est une véritable invitation à découvrir les couleurs de plantes, à plonger dans l'univers des colorants végétaux et à envisager une agriculture tinctoriale plus respectueuse de notre planète. Que vous soyez passionné par la teinture naturelle, les fibres naturelles ou simplement curieux d'en apprendre davantage sur les plantes tinctoriales, cet échange vous apportera des clés et des inspirations pour intégrer la couleur végétale dans votre quotidien.


Ne manquez pas cette belle discussion riche en enseignements et en émotions. Pour approfondir vos connaissances sur la teinture végétale et découvrir le Champ des couleurs, rendez-vous sur les liens utiles ci-dessous.


Belle écoute,


Pauline


🚀Si vous en voulez plus : 


⭐Plus de contenus, plus d'échanges, plus de partages, allez sur Patreon : https://www.patreon.com/ArtEcoVert 

👁️Instagram : @artecovert     

🎙️S'abonner à la newsletter du podcast : https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1 📩pauline.artecovert@gmail.com 

Linked in : 

👨‍👩‍👧‍👧 GROUPE DE LA COULEUR VEGETALE (Rejoignez nous c'est gratuit et intéressant) 

👤PROFIL PAULINE LEROUX 

🎨PROFIL ENTREPRISE ARTECOVERT 


🗝️ Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin


Bonne écoute


Pauline



Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Ponyne Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Alors, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Laura Roussier du Champ des couleurs. Amandine n'a pas pu être là, mais j'ai Laura au bout du micro. Bonjour Laura !

  • Speaker #1

    Enchantée, je suis très contente d'être avec vous aujourd'hui.

  • Speaker #0

    Alors Laura, première question, est-ce que tu peux vous présenter du coup, toi et ta sœur, votre parcours, votre formation et comment vous en êtes arrivée à ce que vous faites aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Alors du coup, on est deux sœurs, donc Amandine et Laura Roussier. On est situées à la Roque d'Enterron, donc en Provence. Voilà. Toutes les deux, on venait de deux secteurs un peu différents. Ma sœur Amandine était maquilleuse professionnelle et moi, j'étais coiffeuse. Et en fait, on a eu un an de chômage toutes les deux où on a vraiment réfléchi quoi faire. Et en fait, ça fait six générations qu'on est sur la même exploitation, donc nos parents et nos grands-parents. était agriculteur. Et mon père avait arrêté parce qu'il n'arrivait plus à gagner sa vie dans l'agriculture dans les années 90, parce que c'était très compliqué. Et donc, nous, on avait ces terrains, ce champ qu'on aimait, qu'on adorait, et pas trop de perspectives de professionnels. Donc, moi, j'ai fait un BPREA. une école agricole. Avec ça, je cherchais quoi cultiver sur mes terres. J'adorais la vigne, parce que pour avoir le côté transformation, en fait, ça me plaisait beaucoup. Et en fait, nos terres ne sont pas du tout bonnes pour la vigne. Donc, je me suis tournée, j'ai réfléchi les plantes aromatiques, les plantes médicinales. Et en fait, je suis tombée sur l'orice, qui est à 5 km de chez nous, et couleur garance avec le jardin conservatoire. Et là, ça a été un véritable coup de cœur pour les plantes tanctoriales. J'ai décidé dans un premier temps de commencer avec Michel Garcia, qui avait fait déjà des essais de culture et d'extraction de la persiquière autour de l'Oris, qui avait ces projets-là, mais qui n'avaient jamais vraiment abouti. Nous, on a repris ces essais et on les a mis dans notre champ. Tout était là, les structures, nos modes d'irrigation, vraiment tout coïncidait. On a décidé de se lancer suite à ça.

  • Speaker #0

    d'accord ok donc toutes les deux de formation différentes finalement qui ont quand même un lien avec la couleur le maquillage et la coiffure il y a quand même un lien si on cherche bien donc voilà et des racines dans l'agriculture donc c'est tout simplement enfin tout simplement mais il a fallu faire le chemin pour revenir à ses premières amours du coup est-ce que quand donc tu as parlé de ta formation que tu as fait sur l'agriculture en mode accéléré mais je pense qu'avec un papa agriculteur Il y a quand même une formation familiale, on va dire.

  • Speaker #1

    En fait, la formation, j'ai lancé la première année, Amandine a fait le BPREA l'année suivante. Et donc, en 2017, il me semble, donc il y a cinq ans, c'est notre anniversaire bientôt, on a créé l'entreprise. Et donc, en fait, la partie BPREA nous a appris le côté chef d'exploitation, comptage, gestion, main-d'œuvre, etc. Ensuite, notre père nous a vraiment énormément formés sur l'agriculture, les machines, les tracteurs. et il continue à le faire tous les jours. Et ensuite, on a eu Michel sur la partie chimie et mise en place de tout ça, en fait. C'est lui qui nous a lancés, il nous a mis vraiment des protos déjà bien ficelés parce qu'il y avait énormément de travail. Et ensuite, nous, on a vraiment adapté ça, évidemment, à nos accès, notre entreprise, ce qu'on voulait, etc. Donc, on a eu ces trois pôles de formation qui ont créé l'entreprise au final, à la fin.

  • Speaker #0

    d'accord et alors du coup si j'ai bien compris sur votre site internet je regardais le champ des couleurs il y a une partie produit oui que vous proposez est-ce que tu peux raconter un petit peu cette partie là

  • Speaker #1

    Bien sûr, donc en fait nous on est vraiment une exploitation agricole, on fait à peu près entre 3 et 4 hectares de culture, et donc on fait plusieurs plantes tanctoriales, donc on fait Coréopsis, Rosin, Tannésie, Camomille, Rubécia, Garance en plus grand volume. un petit peu de réséda c'est un peu difficile dans la région donc c'est plus vraiment notre notre t'inquiète c'est pas grave notre prioritaire voilà on est plus parti sur l'artichaut qui demandait moins de qui était plus adapté en fait à notre région tout simplement sinon il fallait des quantités d'eau extrêmes pour la réséda donc on a un peu laissé tomber et la persiquière qui est vraiment notre cure d'activité Donc on vend des plantes séchées brutes, certaines broyées comme la garance pour faciliter son utilisation, et d'autres transformées complètement comme la persilière qu'on ne vend pas en feuilles mais vraiment en pigments. Et on produit également du bleu maillot.

  • Speaker #0

    alors donc il y a beaucoup de choses j'ai beaucoup de questions du coup donc ça te fait on va dire une dizaine de plantes c'est ça si je comprends bien à peu près à peu près d'accord une dizaine de plantes j'aimerais bien qu'on parle de ta surface donc comme je te disais avant quand on préparait rapidement toutes les deux notre échange sur le podcast on a eu des toutes petites échelles de personnes qui se lançaient pour répondre à leurs besoins d'atelier ou répondre à leurs besoins de personnel donc de teinture, etc. On a eu, à l'échelle un tout petit peu plus au-dessus, l'épisode va sortir la semaine prochaine, c'est l'épisode de Cécilia Aguirre sur la micro-ferme des Lilas, où là, c'est une plus grande surface, mais qui n'est pas mécanisée. et Cécilia me livrait que l'étape d'après c'était la mécanisation et donc tout naturellement et on m'avait beaucoup parlé de vous dans les échanges que j'ai avec les invités on m'a dit le champ des couleurs c'est la marche du dessus et donc j'aimerais vraiment qu'on s'attarde sur la surface est-ce qu'elle est symbole d'une automatiquement d'une mécanisation ou est-ce que c'est par rapport juste à un volume le type de machine que vous utilisez pour vous simplifier le travail aussi et que tu nous expliques. Et ensuite, on reviendra sur la partie comment tu transformes vos outils, etc. pour voir un petit peu si tu es OK avec ça, pour qu'on fasse un vrai zoom sur votre spécificité parce que je pense que vous êtes les seuls ou presque. Et donc, ça m'intéresse beaucoup.

  • Speaker #1

    Oui, bien sûr. Donc, en fait, nous, on a commencé la toute première année test avec 5000 m². puis ensuite, donc deux persiquaires uniquement. Ensuite, on a commencé à planter de la garance, 2-3 000 m², puis petit à petit, on est monté un demi-hectare, un hectare. Et pareil sur la persiquaire, on est allé jusqu'à deux hectares cultivés. Et en fait, ce qui détermine finalement la surface des champs, c'est la capacité à traiter et à produire, par exemple dans le cadre de la persiquaire, l'indigo derrière, parce qu'en fait, l'indigo se fait sur feuilles fraîches, donc tous les jours, on doit… gérer une certaine quantité de feuilles, et on doit le faire avant qu'elle ait passé une certaine maturité. Donc on est extrêmement pressé, et on doit traiter chaque jour un volume de feuilles. Et donc comme on n'est que deux, et qu'au bout d'un moment on a beau être mécanisé on est limité dans ces gestes donc du coup petit à petit entre 1 et 2 hectares c'est ce qu'on arrive à traiter toutes les deux vraiment à fond avec un système d'extraction qui roule donc c'est comme ça qu'on se limite un peu pareil pour la garance, c'est les surfaces de nettoyage de séchage les périodes aussi de récolte qui se font de février à mars si on plante trop le temps de récolter, elle est repartie et dans ce cas-là, on est trop limite. Donc, en fait, c'est toujours finalement, on se limite à ce qu'on arrive à faire. Et pour savoir combien on peut faire, il faut aller dans l'extrême de planter beaucoup et d'avoir des années difficiles où on galère à gérer toute cette énorme masse de plantes. et ensuite donc c'est aussi lié à l'investissement des machines lesquelles on a pu acheter donc évidemment on aurait besoin d'énormément de machines pour se simplifier la vie et rester à deux dans des conditions de travail correctes sauf qu'aujourd'hui malheureusement les couleurs végétales il n'y a pas de machines qui existent que ce soit sur la partie agricole comme sur la partie transfo et donc en fait nous on a toujours essayé de trouver des choses d'avertissement des caractéristiques techniques de machines qui sont à peu près semblables à ce dont on a besoin. Et ensuite, on fait modifier ces machines-là par des artisans. qui font des choses un peu plus pointues ou alors on utilise des machines mais qui ne font pas vraiment le travail à 100% et derrière, on va venir réapporter une deuxième transformation, en fait, par exemple pour le broyage. Si le broyage n'est pas assez fin avec un broyeur, derrière, on reprend la matière, on va la broyer avec un autre broyeur qui va finir finalement le travail. Donc

  • Speaker #0

    Donc ce que tu veux dire, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'avancée dans ce domaine-là pour la culture de plantes teintoriales. en termes de machines, que tu dois t'inspirer d'autres machines qui existent et les adapter à cette culture particulière et qu'en gros, tu pourrais encore simplifier ton travail à toi et à ta sœur s'il y avait des machines plus adaptées. C'est ça. Donc, il y a encore une marge de progrès. Si c'est une activité qui se développe comme j'ai l'impression, on en parlera après, mais si ça se développe, il y a encore moyen d'avoir des gains de temps grâce à des machines plus adaptées. C'est ça ?

  • Speaker #1

    Bien sûr, là, on est vraiment sur du... En fait, on crée un espèce de prototype pour un atelier un peu plus grand, un peu plus mécanisé, un peu moins dans la manipulation comme on l'est aujourd'hui. En fait, tous nos ateliers demandent vraiment, vraiment beaucoup de manipulation. C'est des journées qui durent de 15 à 17 heures pour fabriquer l'indigo durant du coup de juillet jusqu'à fin octobre. Donc, tout ça, en fait, on aimerait l'améliorer. Sauf que pour pouvoir faire l'investissement qu'il faut, pour ne pas se tromper dans l'achat de nos futures machines, on est obligé de tester. Et pour pouvoir tester, on est obligé de bricoler des prototypes qui nous disent qu'on est dans le bon, au contraire, on se trompe, ce n'est pas pratique, ce n'est pas utile. Il faut vraiment se concentrer sur telle ou telle activité qui pose problème. Donc, il n'y a aucune machine faite pour, et il n'y a aussi aucun itinéraire technique de culture. Donc, en fait, dans le secteur, rien n'existe. Il faut vraiment y rester.

  • Speaker #0

    Et vous vous êtes rapprochée d'instituts agricoles, d'écoles d'ingénieurs agro, etc. pour voir s'il n'y avait pas des mémoires de fin d'études ou des trucs comme ça ou pas du tout ?

  • Speaker #1

    Non, en fait, en général, soit c'est un peu trop... pointue par rapport au côté agricole. Donc, ça veut que c'est une machine derrière qui, si elle est faite pour un sur-mesure, par un ingénieur, etc., c'est une machine qui va coûter 100 ou 200 000 euros. Je pense qu'on ne peut absolument pas amortir. Donc, il y a aussi ce truc-là, c'est qu'en fait, on est gros par rapport aux couleurs végétales, mais on est tout petit par rapport à une exploitation classique. Et on est vraiment des omnis en général quand on va à la chambre d'agriculture ou dans des secteurs comme ça. et qu'on parle de couleur végétale, en général, ils nous prennent pour des hippies illuminés. Ils ne comprennent pas qu'il y a un secteur d'activité et que la couleur ne sort pas de nulle part et qu'il faut bien la produire, que ce soit chimiquement ou végétalement. Du coup, on n'est soit pas pris au sérieux, soit pas très intéressante parce qu'on est les seuls à leur en avoir parlé, donc ils ne voyaient pas un besoin. Soit, après, les machines sont trop coûteuses.

  • Speaker #0

    D'accord. Est-ce que tu peux nous parler de quelles sont les opérations que vous avez réussies en tant que défricheuse du terrain à mécaniser ? Quelles sont vos premières machines en gros et qu'est-ce qu'elles vous simplifient comme tâches ?

  • Speaker #1

    Alors, on a une planteuse, déjà, qui on n'utilise qu'une seule fois par an, au moment de la plantation. Donc c'est un peu dommage comme investissement, parce que c'est vrai qu'on a une machine assez coûteuse qui n'est pas utilisée souvent, mais elle est vraiment indispensable dans le sens où le jour où on plante, on ne peut pas trop le prévoir à l'avance, et ce jour-là, il faut la machine. Donc elle nous permet quand même d'avoir une implantation propre, régulière. et carré.

  • Speaker #0

    Et donc, une planteuse, c'est bien quand tu as fait tes semis et elle vient les mettre à bonne distance, c'est ça ?

  • Speaker #1

    Exactement, elle vient en fait ouvrir un sillon, déposer le plant et le refermer derrière. Donc, pour vraiment avoir une densité de plantation qui est bien parce que nous, on prépare quand même des surfaces agricoles et un taux de plant et il faut que tout rentre bien, qu'il ne manque pas des raies ou au contraire que je n'en ai pas la moitié qui est vide.

  • Speaker #0

    D'accord, et j'ai vu donc encore une fois sur vos réseaux sociaux que vous faisiez aussi de la, tu sais, de la...

  • Speaker #1

    Du semain à la volée

  • Speaker #0

    Ouais, que vous semiez à la volée, donc ça veut dire qu'en fonction du type de plante que vous mettez, il y a les deux techniques Soit semer à la volée directement en sol un peu, enfin réchauffé, ou soit cette machine de planteuse, c'est ça ?

  • Speaker #1

    C'est ça, en fait toutes les plantes tectoriales on va les faire à la planteuse pour être sûr en fait, on fait nos plants, on fait nos semis, etc Alors, sur les grandes cultures garances et persiquaires, on les fait faire. C'est la seule chose qu'on délègue de l'entreprise parce qu'on veut être sûr d'avoir le beau taux de plant. Et surtout, si on n'arrive pas à les faire lever, déjà, ça veut dire pas de saison. Et deuxièmement, pas de graines pour l'année suivante. Parce que comme on récupère nos semences, il y a quand même cette pression de ne pas perdre l'espèce. Donc, c'est vraiment la seule chose qu'on délègue parce qu'il y en a beaucoup. Et ensuite, on sème à la volée nos couverts végétaux parce que nos grands-parents ont toujours fait ça, on l'a toujours fait avec eux et notre père nous l'a enseigné aussi. donc on se régale en fait c'est vraiment un truc de tradition on a l'impression d'être dans les pas de nos ancêtres on aime vraiment beaucoup faire ça mais on pourrait aussi le faire au semoir c'est pas un problème quand tu dis couverts végétaux c'est des plantes qui vont venir protéger

  • Speaker #0

    ton sol en tout cas de l'érosion, de la sécheresse etc mais est-ce que tu plantes entre eux ce couvert végétal ou pas ? Est-ce que tu fais cohabiter des plantes tectoriales et du couvert végétal ou pas ? Non.

  • Speaker #1

    La mécanisation fait que on ne peut pas venir... Quand je viens couper ma persiquaire, j'ai énormément d'herbes au pied, même si c'est un couvert que j'ai voulu. Je vais en avoir plein les bacs et dans ce cas-là, je vais utiliser trop d'eau par rapport aux besoins, etc. C'est vrai que sur les... Sur les endroits où on cultive, on reste quand même assez... On est obligé de quand même dans le... cette idée de mécanisation, de rester quand même sur des lignes plutôt propres. Mais par contre, tout l'extérieur de l'exploitation, tous les intérêts, tous les espaces, etc., on sème énormément d'autres espèces azotées pour vraiment compenser ce manque de diversité sur les zones de culture. Mais vraiment, l'inter-rang, on fait des préfleuries, on garde toutes nos espèces locales sur les buttes. on sème là où on est obligé de travailler la terre mais qu'on ne va pas forcément faire nos cultures cette année dessus donc là on met du couvert végétal le but c'est que la terre ne soit jamais née qu'elle soit corrompue

  • Speaker #0

    D'accord, et donc cette histoire de couvert végétal, moi ce que j'ai appris dans mes études, c'est que c'est pour renourrir, redonner des propriétés au sol, mais également maintenir l'eau, parce que vous êtes dans le sud et que les sécheresses, vous êtes bien concernés, et du coup je pense que ça doit contribuer à ce système de garder au maximum l'eau et la fraîcheur, je ne sais pas si on peut dire comme ça.

  • Speaker #1

    En fait, par exemple, l'année dernière, grosse canicule, on a eu nos premières restrictions d'eau. Mon père ne l'avait jamais connue de sa vie. Et donc déjà, il y a des cultures comme par exemple l'artichaut. Les artichauts sont très beaux durant l'hiver, au printemps, à l'automne. Mais l'été dernier, on a décidé de ne pas les arroser, de les laisser quasiment mourir tout l'été parce que ce n'était pas indispensable. Pareil pour la garance, on a espacé un petit peu plus. les arrosages. On a vraiment essayé de garder plus d'herbes que d'habitude, même dans les rangs, pour garder cette humidité. Donc oui, il y a vraiment la notion d'eau, elle est super importante et elle l'a toujours été, je pense, en étant en Provence. Mais on a quand même la chance d'être... très bien approvisionnées comparé à d'autres régions qui n'ont pas l'habitude de la sécheresse et qui n'ont pas des systèmes mis en place. Nous, on a le canal de Marseille qui nous y règle super bien, mais il faut être raisonnable dans la ressource, il ne faut pas pomper à fond parce qu'on le peut. Il faut vraiment penser à l'avenir et essayer déjà de se restreindre au maximum et voir quelles techniques on peut avoir pour limiter cette eau et essayer de l'utiliser de moins en moins.

  • Speaker #0

    Donc là, c'est ce qu'on voyait en photo sur vos réseaux sociaux. C'est les canaux que vous avez nettoyés pour amener l'eau et faire l'irrigation.

  • Speaker #1

    Oui, donc on fait de l'irrigation gravitaire. Nos ancêtres ont fait des canaux tout le long des parcelles. Et en fait, les terrains sont nivelés avec un dévers. Donc, on met de l'eau en amont et ça irrigue jusqu'au bout. Et en fait, l'avantage de cette méthode-là, c'est qu'elle ne nécessite pas de pompe. Vraiment, c'est purement la gravité de l'eau qui fait le travail. Alors, ça a des contraintes. Ce n'est absolument pas automatique. Vraiment, on est avec des modes de terre et des cailloux pour régler l'eau dans chaque raie. C'est vraiment un art, l'irrigation gravitaire. Mais une fois qu'on sait le faire, c'est très adapté, notamment pour la persiquière qui adore avoir l'eau au pied. Donc là, c'est super. Donc voilà, on a décidé de garder ce que nos ancêtres nous avaient mis en place et surtout éviter d'avoir une consommation d'énergie avec une pompe ou un tracteur ou quoi, même si ça crée des contraintes. lié à l'herbe, lié à l'eau, lié au manque d'automatisme, etc.

  • Speaker #0

    D'accord. Donc, on a un petit peu dévié, mais du coup, on parlait des machines. Donc, la première machine dont tu parlais, c'était la planteuse. on a bien compris son rôle. Qu'est-ce que tu peux nous... Quelle est la machine d'après, en fait, entre guillemets, que tu utilises dans la saison ?

  • Speaker #1

    Donc en fait c'est la récolteuse, ni plus ni moins, j'ai vraiment deux machines pour le côté agricole. Donc là c'est une récolteuse en fait à teint. qui me servent pour récolter ma persicar. Après, sur la garance, par exemple, je ne suis pas équipée en récolteuse. Et sur les fleurs, je les récolte à la main aussi. Donc finalement, il y a vraiment la persicar que je fais en gros en deux hectares que j'ai cette récolteuse. Sinon, pour le reste, je suis à la main aussi. Et en fait, la mécanisation se fait plus dans l'atelier après sur la fabrication.

  • Speaker #0

    D'accord, d'accord. Donc une planteuse, une récolteuse. Si je ne dis pas de bêtises, la garance, c'est une récolte de racines. Donc vous devez faire tout ça à la main.

  • Speaker #1

    C'est un très dur et long travail. On n'a pas réussi à trouver aujourd'hui une machine. La problématique de la garance, c'est qu'elle est extrêmement cassante. Dès qu'on vient lui mettre un outil, soit qu'il creuse et qu'il déverse, soit qu'il prend et qu'il vibre comme une récolteuse à patates, elle se casse dans des millions de petits morceaux. Et alors là, on perd 90% de la récolte. donc on a essayé plein de techniques différentes et pour l'instant la seule qu'on a trouvé pour récolter l'agarance c'est de creuser une tranchée et de récupérer à la main d'abord le coeur qui est resté un peu intact et ensuite toutes les petites racines qui ont cassé dans le sol on vient les récupérer comme ça à la main au piocher et on fait des seaux et on les nettoie après et voilà c'est notre récolte c'est pour ça que l'agarance pour l'instant on est entre un demi hectare et 8000 m² on va pas plus loin parce qu'en fait on prend trop de temps à récolter et ça fait,

  • Speaker #0

    excuse-moi pour nous figurer 8000 m² de garance ça te fait combien de pieds environ ?

  • Speaker #1

    difficile ça doit faire 15000 pieds quelque chose comme ça c'est très très long

  • Speaker #0

    D'accord, et tu dis garance, c'est sur deux mois la récolte, février-mars ?

  • Speaker #1

    Ouais, février-mars jusqu'à mi-avril, ça dépend la surface. Selon, en fait, on a des terrains qui sont plus ou moins argileux et des fois, selon le terrain, il y a des raies qui vont super vite et d'autres, au contraire, qui sont très très longues. Donc, grosso modo, deux mois, deux mois et demi, à plein temps.

  • Speaker #0

    d'accord et est-ce que tu fais un système de comment on appelle ça de ligne parce qu'en fait la garance si j'ai bien capté c'est

  • Speaker #1

    3 ans minimum de culture pour que la racine elle soit assez conséquente en fait il y a plusieurs options et ça c'est Michel qui nous l'a bien appris quand on a commencé la garance il y a 18-24 mois ensuite il y a 3 ans et après il y a 5 et 10 ans, dans les bonnes années de récolte. Et en fait, selon quand on va la récolter, on va avoir plus ou moins de matière organique, entre parenthèses, et plus ou moins de matière colorante. C'est-à-dire qu'à 18 mois, la part de bois par rapport à la part de chair qui contient les colorants est minime. Donc en fait, à 18 mois, on a une garance très riche en couleurs. Mais par contre, comme le vin, les colorants sont assez jeunes. Par contre, quand on a une garance plus vieille, effectivement les colorants sont un peu plus développés, sont un peu plus intenses. Mais par contre, à rapport sur un kilo de garance sèche, on aura plus de bois qui ne colore pas que de matière. Donc c'est un peu délicat la garance. Dans tous les cas, que ce soit dans la culture, dans le travail, dans la récolte, dans l'utilisation, elle est tellement variable. que c'est selon ce qu'on en fait. Vraiment.

  • Speaker #0

    Mais après, comme tu fais la filière complète, tu peux gérer tes extraits derrière.

  • Speaker #1

    Oui. J'en ai une partie qui a trois ans. J'ai des vieilles garances qui ont six ans et demi que j'attends d'avoir dix ans. Pour les dix ans de l'entreprise, on les sortira. On essaie de trouver encore aussi qui veut quoi et pour quel secteur d'activité surtout.

  • Speaker #0

    D'accord, ok donc très bien, on a parlé des deux machines côté agriculture enfin côté culture tu as parlé de récupérer les semences de tes plantes pour l'année d'après j'ai deux questions c'est quoi le ratio de, enfin je veux dire tu sais dire à peu près combien de graines tu dois conserver parce que tu dois pas tout garder de toutes tes lignes de plantes, tu gardes pas toutes les graines

  • Speaker #1

    et est-ce qu'un brassage n'est pas intéressant tu sais de ramener du sang neuf est-ce que ça vous alors nous ce qu'on fait en fait c'est que chaque année donc par exemple on va prendre l'exemple de la persiquaire celle qu'on fait le plus en fait il y a deux raies qu'on ne coupe jamais de l'été pour avoir vraiment beaucoup de graines et ensuite en fait on vient les trier par couleur donc c'est très très long déjà on les frotte et on les ventile énormément et en fait les graines foncées sont très denses donc forcément à force de ventiler il ne reste que les meilleures et en fait on fait vraiment de la sélection comme ça mais on garde quand même toujours la même et la nôtre qui est en fait super acclimatée au terrain très basique qu'on a ici, au mistral très fort et aux grosses températures c'est vraiment ces trois problématiques environnementales qui font qu'on garde vraiment ces semences-là. Et ces semences viennent de Michel, du jardin de l'Oris, qui est à 5 km de chez nous, à vol d'oiseau. Donc, elles étaient vraiment déjà là, idéales, adaptées. Il n'y avait aucun souci là-dessus. Donc, on n'a pas cherché à avoir d'autres variétés. En fait, on s'est un peu appuyé aussi sur l'expérience de Michel en nous disant que par rapport au Mistral, il valait mieux la naine, un peu plus costaud, avec des feuilles un peu plus recroquevillées, qui va plus se protéger. Voilà.

  • Speaker #0

    Oui. Donc,

  • Speaker #1

    on a utilisé l'expérience de Michel, pour le coup.

  • Speaker #0

    Et pour tes autres persiquaires et garances, tu fais ce système-là, et pour toutes les autres plantes un peu plus fleuries, on va dire, si tu es cohéré aux psis, etc., ça, tu fais comment ? Tu changes d'année en année ou tu gardes ?

  • Speaker #1

    Il y a une partie que je laisse monter en graines. Je récupère mes graines et je me les trie pour faire moi-même mes propres plants. Par contre, c'est vrai que comme je n'en ai pas des grandes cultures, des fleurs, là, on fait nous-mêmes nos propres plants.

  • Speaker #0

    d'accord ok donc semi tous ces stades là semi stade 3 plante machin et après tu prends ta planteuse et tu fais comme ça c'est ça même sur vraiment sur les petites lignes selon en fait la physionomie de la plante soit je la plante carrément à la main avec

  • Speaker #1

    un outil très simple soit je le mets dans la planteuse si le plant est pas trop grand parce que dès que c'est un peu grand ça coupe par la machine donc voilà d'accord donc vous avez une plante Si on arrive à faire quelque chose de calibré, on passe à la machine. Si c'est hors calibre, on passe à la main.

  • Speaker #0

    D'accord, ok. Donc ça, c'est super clair. Donc la partie agriculture, c'est très clair. Et alors du coup, ce qui est génial, c'est que vous faites les deux, c'est-à-dire que vous faites la culture et la transformation. Est-ce que ça se passe d'ailleurs au même endroit ? bien sûr on fait vraiment tout donc il n'y a pas de transport génial et donc du coup sans transport tu passes à la partie transformation et donc les deux qui te nécessitent le plus de boulot c'est donc persiquaire et garance oui parce

  • Speaker #1

    que du coup Alors du coup, sur l'indigo par exemple, on a nos champs de 1 ou 2 hectares selon les années. On vient récupérer à peu près 500, nous on arrive à traiter 500 kilos de feuilles par jour, aujourd'hui à 2. Donc c'est déjà pas mal, on aimerait arriver à faire plus avec moins de manip mais ça... ça nécessite un peu plus de mécanisation au niveau de l'atelier. Donc, en fait, on fait des bacs. Ensuite, on les divise en dix, ce qui nous permet, en fait, le fait de le diviser en dix, comme ça, et de ne pas faire une énorme extraction. Ça nous a permis, dès le début, d'avoir dix réactions par jour. Et en fait, c'est vraiment l'accumulation de l'expérience, de toutes les réactions possibles qu'il peut y avoir, qui a fait qu'on est arrivé à vraiment caler un process. Sans ça, impossible, même avec Michel, qui nous a montré, expliqué. il faut vraiment vraiment l'expérience il n'y a que ça de vrai en tout cas sur la persiquaire et la transformation en indigo donc on fait nos tisanes on récupère le jus on oxygène à fond donc là on a des pompes on a des filtres on a un clarque qui nous permet de lever manipuler tous ces bacs d'eau pas avoir à le faire à la main on oxygène ensuite on met notre chaux on récupère on filtre on broie on sèche et ensuite on a notre indigo Ensuite, sur la garance, ça va être un peu plus simple, mais quand même, pour arriver au produit en poudre, il y a quand même des étapes. Donc, il y a récolter la garance, la présécher pour enlever un maximum de terre et économiser l'eau. Ensuite, on nettoie à fond la garance, puis on la fait sécher et ensuite, on broie. Et en fait, aujourd'hui, on est en train de développer de nouveaux produits. On est en train de faire les lacs. Et donc, on aimerait arriver à faire du pigment fabriqué à partir de notre garance. et donc en ce moment on est vraiment en train de tester des process des recettes et là aussi dans

  • Speaker #0

    toujours la question de combien je vais en produire pour permettre d'avoir un prix, un conditionnement, un pigment stable d'une année. Arriver à faire une production qui couvre nos besoins d'une année pour avoir au moins un pigment par an. Parce que forcément, avec le côté végétal, ça varie légèrement. Avec l'expérience, ça varie de moins en moins. Il y a quand même la notion terroir, climat, tout ça, qui fait qu'on a des petites nuances d'une année sur l'autre sur les pigments. On est arrivé à le faire pour l'indigo, très bien. Ça a été long, mais on y arrive maintenant. Le bleu maya, pareil, au début, il y avait vachement de variantes, puis maintenant, c'est stable. Et là, on attaque.

  • Speaker #1

    Est-ce que sur le bleu maya, tu peux m'expliquer la différence avec le bleu d'indigo ?

  • Speaker #0

    Alors en fait, le bleu maya est formé à partir de pigments d'indigo, donc vraiment l'indigo formulé, extrait, séché, broyé, etc., vraiment le pigment, qu'on ajoute à de l'argile à canot. Les deux sont cuits ensemble et en fait, l'indigo devient gazeux. Il est sublimé. très beau terme, et il rentre dans ces canaux, et ensuite il est emprisonné, et en fait l'argile vient lui créer une espèce de capsule, donc ça le rend extrêmement solide, et il s'appelle bleu maya, parce qu'il a été retrouvé dans les fresques des temples mayas, et les scientifiques pensaient que c'était de la pilazulie au début, parce que c'était tellement solide, qu'ils ne soupçonnaient pas cette origine végétale, ils ont trouvé cette espèce d'hybride organique et minérale, le bleu maya. qui est très beau, très utile.

  • Speaker #1

    D'accord, génial. Et donc, l'utilisation est la même que l'indigo ou il y a un procédé particulier sur le bleu maya ?

  • Speaker #0

    Dans l'utilisation, c'est vraiment un pigment qui ne sera plus jamais soluble. Donc, par exemple, pour la teinture, c'est parfaitement proscrit. Mais par contre, pour les beaux-arts, la peinture bâtiment, les volets, les choses comme ça qui vont être ultra exposées, ça par contre, c'est super. Et les argiles sont très souples aussi. Donc, ça donne une texture au pigment qui est très voluptueuse. Et notamment pour les beaux-arts ou la savonnerie, c'est super.

  • Speaker #1

    D'accord, et alors justement tu fais parfaitement la transition, la savonnerie, j'avais jamais entendu parler, enfin je savais pour le savon mais je n'avais pas fait le lien avec une coloration potentiellement végétale, est-ce que tu peux nous raconter ce qui se passe sur la savonnerie ?

  • Speaker #0

    Alors, c'est Michel qui nous a quand même donné l'idée de l'utiliser comme ça. Donc, lui, c'est déjà pas mal. Et en fait, la savonnerie, aujourd'hui, c'est un très beau secteur, mais qui est très compliqué pour eux parce que, en fait, les trois quarts qui s'installent aujourd'hui sont des petits artisans, semblables à nous de la couleur végétale, en fait, avec un petit atelier de petite production, une vente sur les marchés, etc. Et qu'ils souhaitent aujourd'hui utiliser des produits… locaux, bio, bien fait. Et en fait, c'est un secteur qui est vraiment régi par l'industrie, c'est-à-dire que les toxicologues, qui sont là pour de bonnes raisons, il faut analyser les composantes des produits, ce qu'ils attendent d'un produit, c'est des batteries de tests, d'analyses, de labos, de... tout ça et en fait aujourd'hui si on n'est pas un industriel on ne peut pas prétendre à ces analyses là parce qu'elles sont souvent faites par des labos privés de justement la grosse entreprise et que nos produits sont artisanaux liés de plantes donc contenant plusieurs molécules chose qui n'est pas le cas sur les couleurs synthétiques où on est sur de la mono quelque chose de très simple de très classifié où tout est carré où il n'y a pas de surprise alors que les couleurs végétales, forcément, ils ne les connaissent pas. Donc au début ils étaient très réticents parce que c'est justement un produit artisanal et de base ils ne voulaient pas en entendre parler. Et grâce à des clientes qui se sont vraiment battues et nous aussi, on a vraiment fait du forcing pour leur demander quels sont les papiers indispensables qu'il vous faut pour la validation. Et ensuite nous on a vraiment travaillé très dur pendant 2-3 ans pour arriver à fournir ces papiers, les faire, qu'ils soient vraiment carrés, retrouver les numéros. de telle ou telle plante, molécule, ça a été assez complexe, mais on y est arrivé. Et aujourd'hui, on arrive à apporter une alternative de couleur végétale, chose qu'ils n'avaient absolument pas accès, à la savonnerie. et voilà donc on est très très très contente d'avoir fait ça c'est vraiment faire bouger les lignes voilà des choses comme ça malgré nous resteront et une fois qu'on a ouvert la porte ça restera quoi parce qu'aujourd'hui elles ont fait synthèse

  • Speaker #1

    ou alors les minéraux pour colorer les savons et du coup ça veut dire que vous êtes vous vous avez l'accréditation le champ des couleurs ou ça veut dire que vous avez fait bouger les lignes pour toute la France

  • Speaker #0

    Disons que nous, on a fait nos papiers pour nos pigments, mais aujourd'hui, les toxicoliennes connaissent l'indigo, le bleu maya, leur utilisation, à peu près comment c'est fait, etc.

  • Speaker #1

    Ah, ça va.

  • Speaker #0

    Donc demain, si notre indigo, avec les papiers adaptés, se propose, en tout cas, j'espère que ce sera plus facile que ce que ça a été pour nous, parce qu'ils ne découvrent pas le produit. Ils le connaissent, ils en ont entendu parler, les choses ont été amorcées. Mais après... Tous les toxicologues ne sont pas pareils. Il y en a qui sont vraiment très réfractaires et dans ce cas-là, c'est un calvaire de parler avec eux. Et en général, nos clientes les abandonnent et passent sur des gens un peu plus ouverts à l'artisanat, qui leur correspond souvent mieux. Mais je pense que c'est des choses qui ont été faites pour l'avenir et pas que pour nous.

  • Speaker #1

    je l'espère encore un chemin que vous avez défriché toutes les deux pour tout le monde, c'est top c'est génial franchement on a parlé persiquaire on a parlé du travail sur la garance on a parlé de vos alors après tu avais les coréopsis et toutes les plantes qu'est-ce que tu fais de ces autres plantes, tu les sèches ?

  • Speaker #0

    Oui, alors aujourd'hui, j'ai un séchoir solaire qui est dans un conteneur. J'en ai deux, en fait. J'en ai un qui est vraiment solaire, qui va être vraiment plus pour les pigments, parce que ça chauffe fort, en fait, pour vraiment aussi garder de l'hygiène. Parce que travailler en savonnerie aussi, ça veut dire avoir un produit hygiénique qui ne sent pas mauvais, chose qui n'est pas facile dans les couleurs végétales. Il faut vraiment être très rapide dans les utilisations. Enfin, vraiment avoir un produit carré aussi pour prétendre au domaine du cosmétique. Donc en fait on a ce séchoir solaire qui va très très vite sur le séchage des pigments et ensuite on a un conteneur dans lequel on fait sécher nos plantes où c'est un peu plus lent, c'est à l'abri de la lumière et donc en fait chaque jour on va récolter nos fleurs de Coréopsis, Cosmos, etc. et on les fait sécher là-dedans, ça nous prend à peu près 2-3 heures par jour à la récolte. et ensuite on les vend vraiment en plantes brutes séchées et là on aimerait évidemment comme la garance créer des lacs mais pour l'instant on tâtonne encore, on commande doucement on a commencé par la garance, l'artichaut on lance en parallèle et ensuite on fera le corepsis, le cosmos la camomille, tout ça

  • Speaker #1

    et donc toutes ces plantes là vous les cueillez à la main 2 à 3 heures par jour vous allez les mettre dans un nouveau bac ou je ne sais pas comment on appelle ça une clé de séchage dans votre conteneur et c'est un séchoir donc tu as un séchoir solaire mais l'autre, le conteneur, ça sèche comment ?

  • Speaker #0

    c'est vraiment la chaleur il est plein cagnard il est isolé c'est pas un frigorifique c'est vraiment un isolé et en fait ça chauffe extrêmement fort la journée mais sans UV et la nuit doucement ça enlève sa chaleur mais il fait tellement chaud qu'elle se sèche en 2-3 jours très rapidement d'accord super 42°C de temps en temps l'été donc vraiment ça prend je ne suis pas sûre que ce soit faisable en région parisienne ou en altitude ou s'il faisait moins chaud il faudrait sûrement une autre machine pour compléter

  • Speaker #1

    et du coup il y a des étapes supplémentaires une fois que tu as séché tes plantes il faut les ensacher Donc, c'est encore un job en plus d'ensachage, de peser. Vous les vendez sur la ferme ? Vous les vendez en ligne, en plus en ligne ?

  • Speaker #0

    Alors, en fait, on vend tout en ligne parce qu'on n'a vraiment pas le temps d'avoir une boutique fixe. Donc, on n'a vraiment que la boutique numérique. Et tous nos pigments, toutes nos plantes, on fait vraiment étiquetage, conditionnement. On fait vraiment toute la chaîne de la graine jusqu'au mail, jusqu'à tout.

  • Speaker #1

    C'est incroyable.

  • Speaker #0

    Mais c'est beau, c'est vraiment la… Puis on avait une discussion l'autre jour avec ma sœur sur notre éco-anxiété, de se dire qu'il y a quand même un mur qui arrive climatique en face. On se disait qu'on a une chance extraordinaire d'avoir un métier où quoi qu'il arrive, on peut trouver des solutions, on peut continuer. Comme on gère tout de A à Z, il n'y a pas de problème de transport, on a la main mise sur absolument tout, on ne dépend de personne. Et ça, je crois que c'est vraiment quelque chose qui nous... qu'on lâchera jamais les couleurs végétales grâce à ça parce que on se dit que jamais on retrouvera finalement, c'est une insécurité au quotidien financière etc mais c'est une sécurité d'avenir disons qu'on est dans un monde qui peut s'en servir

  • Speaker #1

    et puis vous êtes dans la tu parles beaucoup de calcul de taux de plan vous êtes vraiment dans la logistique au cordeau et je pense que vous essayez d'optimiser chaque étape chaque geste, chaque truc dans la manière dont tu parles ça se voit que vous réfléchissez vraiment tout au mieux donc non non c'est canon et comme tu dis c'est rare et c'est très rare d'avoir un acteur qui est sur toute la chaîne de valeur et qui maîtrise à la perfection et la culture et la transfo et la logistique et en plus la com, l'ensachage et non franchement vraiment chapeau j'imagine même pas le boulot que ça doit être notamment la récolte à la main pour les fleurs je parle et aussi pour la garance je... Je suis admirative de votre engagement, je trouve ça canon.

  • Speaker #0

    Après, c'est le côté agriculteur, quand on désherbe des carottes ou quoi que ce soit, il faut avoir la motivation d'aller au bout de l'arrêt, même si c'est dur. Et on a quand même cette éducation-là de jamais lâcher l'affaire, en fait, c'est ça. Et si aujourd'hui, on n'a pas de solution pour ramasser la garance, on le fait comme ça. Et on espère et on réfléchit sans cesse pour essayer de se... de s'aider en fait au début on est parti de quelque chose de très brouillon, on galérait on y passait un temps fou et puis petit à petit on s'allège le travail on trouve des solutions et aujourd'hui c'est dur mais peut-être que demain ça le sera moins et c'est ça qui est passionnant aussi c'est que il y a vraiment sa version de la chose à créer et ça peut être vraiment or comme rien n'existe à côté c'est vraiment sa version du truc et c'est beau

  • Speaker #1

    et puis vous êtes les défricheuses vous ouvrez le chemin, vous ouvrez la voie pour d'autres justement c'est une question que je voulais te poser je sais pas quel âge tu as Laura moi j'ai 28 ans et ma soeur elle a 32 ans tu te rends compte ?

  • Speaker #0

    voilà je commençais à 21 ans à peu près au BPR-EA et Amandine à 4 ans de plus donc 25, elle a attaqué mais c'est aussi pour ça que On est jeunes et on a aussi nos parents qui avaient la possibilité de nous héberger pour le démarrage. Il y a tout ça aussi, le fait que l'agriculture, ce n'est pas un métier pour gagner sa vie, que ce soit du maraîchage ou autre chose. Ce ne sont pas les métiers les plus rentables de l'univers, mais ce sont les métiers qui rendent heureux. Et ça, ça vaut de l'or.

  • Speaker #1

    et justement j'allais te faire part d'un constat après on en échange mais donc vous vous êtes lancé tôt 21 25 ans c'est tôt et j'ai eu sur le podcast Morgane recoule dans l'Aveyron qui s'est aussi lancée 28 ans, c'était un peu une reconversion etc. J'ai dans l'épisode qui sortira la semaine prochaine Cécilia Aguirre qui nous parle qu'elle accueille de plus en plus de stagiaires, qu'il y a de plus en plus de jeunes qui sortent des lycées horticoles ou des lycées agricoles et qui veulent se lancer dans les plantes tanctoriales j'entends aussi au niveau des écoles d'ingé qu'il y a des gens qui se posent des questions est-ce que vous vous constatez est-ce que vous êtes sollicité par des jeunes qui aimeraient s'installer est-ce que vous avez un recul sur ce qui se passe et un peu le frétillement est-ce qu'il se passe quelque chose de ce niveau-là oui bien sûr je pense que dans tous les cas

  • Speaker #0

    Ça attire de plus en plus de monde, peut-être aussi parce qu'il y a de plus en plus d'acteurs. Il y a aussi... Alors, à l'époque de Michel, peut-être que ça faisait moins de bruit dans le sens où il n'y avait pas les réseaux sociaux. Nous, on a vraiment cet outil qui nous permet de diffuser, en fait, vachement nos métiers.

  • Speaker #1

    Vous êtes présente... Ouais, c'est top. Franchement, vous êtes active sur vos comptes. C'est... Même, je trouve que c'est... comment dire, on voit votre quotidien en fait, c'est pas, on fait tout pour montrer que c'est génial, en fait vous nous montrez le quotidien et on arrive à percevoir la difficulté et le boulot que ça représente, je trouve ça vraiment bien de se servir des réseaux sociaux pour cette histoire de transmission et de partage en fait.

  • Speaker #0

    Ben oui, c'est vrai que c'est pas génial sur tous les points les réseaux sociaux, mais en tout cas dans le côté professionnel, c'est vraiment chouette parce que ça crée de la proximité effectivement, on va un peu au-delà de l'image publicitaire parfaite et nette, sans aucune souffrance. Là, bon, on édule le corps pas mal quand même, mais pas quand on pleure. Mais, par exemple, après trois mois de garance, on est un peu, des fois, c'est un peu dur. Mais bon, voilà, on essaie quand même de partager nos histoires. Et donc, sur la transmission, effectivement, il y a quand même, il y a beaucoup de monde qui veulent se lancer. après ça reste quand même un gros défi ça dépend les échelles il y a beaucoup de gens qui veulent créer un jardin pour faire de la formation ça c'est ce qui en ressort quand même le plus se lancer dans une exploitation agricole ben en fait il y a des projets après est-ce qu'ils aboutissent est-ce que C'est tellement complexe. En fait, par exemple, quand on va avoir une banque pour faire un crédit, faire un prévisionnel sur des couleurs végétales où on n'a absolument aucune donnée, c'est très, très, très difficile. Et aller voir quelqu'un qui nous fait confiance, ça l'est encore plus. Donc, je pense que peut-être que ça va... déjà commencer par des jardins pédagogiques, des petites cultures, des choses comme Cécilia, où ça reste encore le max, mais quand même côté associatif, côté partage, etc. Je pense que c'est vraiment ça. Il n'y a pas que cultiver des plantes tectoriales, en fait, dans le projet qu'on perçoit des autres. C'est vraiment créer un espace de formation, de rencontres. À côté, souvent, ils font des plantes médicinales et aromatiques. Donc, ça va dans un ensemble. Après, nous, on prend surtout des stagiaires qui viennent. Alors, souvent, ce sont des artisans qui utilisent les produits et pas qui souhaitent forcément les cultiver. Voilà, en fait, on est tellement la tête dans le guidon en permanence que les stagiaires, si on a des demandes, on a vraiment des besoins importants, on les prend. Il n'y a aucun souci, on peut prendre jusqu'à 2, 3, 4 stagiaires sur place, par exemple pour la Garence ou pour la récolte de l'Indigo. Et après, dans les parties un peu plus administratives, tout ça, c'est vrai que... on essaye d'être focus sur l'activité qu'on a sur le moment. Je ne sais pas si je m'exprime très bien.

  • Speaker #1

    Non, non, c'est clair. et alors du coup en tant que transmission vous êtes sollicité par des gens qui aimeraient soit s'installer jardin à plus ou moins grande échelle mais vous êtes sollicité vous avez des stages est-ce que tu as des bénévoles, des gens qui viennent Cécilia me parlait qu'elle avait des amapiens mais aussi des bénévoles qui venaient filer un coup de main est-ce que vous c'est quelque chose qui se pratique chez vous ? Vous êtes vraiment toutes les deux ?

  • Speaker #0

    On est vraiment beaucoup toutes les deux. Vraiment beaucoup. Pourquoi ? Parce que déjà, en fait, on se rend compte que les stages, c'est certes un coup de main ou les bénévoles, mais c'est aussi beaucoup d'apprentissage. Beaucoup,

  • Speaker #1

    beaucoup. Par exemple,

  • Speaker #0

    quelqu'un qui ne reste qu'une semaine, finalement, le temps de faire le tour des plantes et de l'exploitation, la semaine est passée et au final, ça nous a bouffé du temps beaucoup plus que ça nous a aidé. Enfin, en tout cas... comme tout apprentissage, le ratio, il doit être équitable. Je veux dire, un stage, ce n'est pas je prends des mains, je ne donne rien et voilà. Je ne suis pas d'accord avec ça. Quand on était en coiffure ou en maquillage, toutes les deux, on a eu des stages comme ça et on trouvait ça vraiment inhumain et horrible. Pour moi, il y a un échange qui doit être équitable. Mais justement, pour moi, déjà, en dessous de 10-15 jours, ça ne sert pas à grand-chose parce que ce n'est pas équitable.

  • Speaker #1

    Et tu as les stages ?

  • Speaker #0

    t'as le stage de deux mois là enfin moins de huit semaines qui sont bien sûr il y a ça il y a les reconversions bah ouais c'est super 15 jours de pôle emploi ça c'est super mais nous on a vraiment pas de système associatif ou à map donc déjà par rapport à la MSA par rapport à tout ça le bénévolat il faut qu'il soit quand même encadré on peut pas avoir des bénévoles qui viennent travailler comme ça sur une exploitation il y a quand même des assurances de la déclaration sinon c'est du travail au nord en fait tout simplement après il existe le woofing en option sauf que le woofing ça demande quand même un accueil, un logement etc, nous sur l'exploitation il n'y a rien ni toilette, ni douche, ni cuisine rien du tout, donc on vit au village en famille, c'est difficile d'accueillir quelqu'un au milieu de ses parents, de ses grands-parents pendant une certaine période donc le woofing n'est pas vraiment adapté, donc ça va vraiment nous être du stage de 10, 15 jours 3 semaines où on a eu aussi Une école qui faisait dans l'environnement, c'était un bac pro environnement, quelque chose comme ça. Et eux, du coup, c'était pendant le Covid. Donc, eux, ils cherchaient plutôt dans les parcs, normalement, de la gestion de forêt, etc. Et au final, comme ils ne trouvaient personne durant le Covid et qu'ils n'habitaient pas loin, ils sont venus nous aider pendant 2-3 mois à la garance, comme ça, à 6, parce qu'il leur manquait des maîtres de stage. Nous, ça nous a permis. d'avoir des bras à ce moment-là. Et à côté, on leur a appris la teinture, la savonnerie, on leur a fait faire du bricolage, ils se sont régalés. Donc c'était un bel échange, en fait.

  • Speaker #1

    D'accord. Excuse-moi. Et j'avais une... J'ai perdu le fil, du coup. Tu vois, ça m'arrive aussi. Qu'est-ce que j'allais dire ? Je ne me souviens plus. Comment ?

  • Speaker #0

    Sur la transmission, du coup, l'accueil de stagiaires, le woofing, le bénévolat.

  • Speaker #1

    Ouais, tout ça t'a dit... Non, j'avais un truc... Ah oui, ça y est, j'ai ma question. j'ai échangé avec Marie Marquet sur la botanique sur l'agriculture sur des questions est-ce qu'il y aurait assez de surface agricole si on voulait reteindre j'ai parlé avec Marie Marquet sur l'agriculture les surfaces agricoles qui seraient nécessaires si on souhaitait teindre la quantité de vêtements qu'on fait aujourd'hui mais en couleur naturelle, est-ce que ce serait possible ou non ? Donc, il y a bien sûr une réduction à faire de la quantité de vêtements qu'on consomme, ça on est d'accord. On avait dans notre discussion dévié, c'est toujours ces moments-là qui sont intéressants, sur est-ce qu'il serait possible d'ajouter, par exemple, pour des agriculteurs, on va dire conventionnels sur de l'agriculture type polyculture, élevage, est-ce qu'il serait possible d'ajouter la culture de plantes teintoriales, en tout cas de certaines, ou est-ce que pour toi, ça rajoute du boulot à l'agriculteur démesuré ? Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire, mais en gros… Oui, voilà.

  • Speaker #0

    Je sais ce que tu veux dire. Pour moi, vraiment, les couleurs végétales, c'est un métier à part entière et propre qui nécessite un plein temps absolu. C'est-à-dire que ce n'est pas la peine de produire de l'indigo si on ne fait pas de l'indigo de qualité, parce que ça va derrière, ça va… ça ne va pas tenir, il va y avoir des problèmes. Donc du coup, comme on en est au début de l'image de tout ça, c'est vraiment il faut je veux dire quelqu'un qui fait des carottes ne va pas produire un petit peu de vin à côté c'est pas possible au bout d'un moment il lui faut une cave il lui faut du matériel et s'il veut le vendre après et que ce soit bien propre il faut vraiment qu'on y dédie 100% de son temps et en tout cas nous alors c'est peut-être notre version parce qu'on fait tout de A à Z et on va vraiment jusqu'à la transformation jusqu'au pigment fini mais nous ça nous demande de on travaille 75 heures par semaine donc je vois pas comment en fait quelqu'un qui fait quelque chose à côté même pour moi l'aromatique et du médicinal comme fait Cécilia par exemple pour moi c'est impensable je ne me verrais pas faire autre chose que des couleurs végétales parce qu'elles prennent plus

  • Speaker #1

    de 100% de notre temps et alors j'ai une autre question c'est c'est l'adjoindre avec une autre culture, pour toi, c'est un métier spécifique, donc ça nécessite de se focaliser sur un sujet, ça j'entends. Est-ce qu'il y a, comme il est fait dans d'autres cultures, un système de... Pas de coopérative, mais tu sais, où il pourrait être possible que chaque agriculteur travaille des plantes tanctoriales et se mutualise à un endroit spécifique pour la transformation ? Par exemple, est-ce que ce serait possible que des voisins à toi, agriculteurs, travaillent... je sais pas une plante et qui viennent te ramener ces quantités là pour toi enrichir comme t'as l'outil pour transformer et faire des extraits est-ce que ça c'est envisageable ou c'est pareil

  • Speaker #0

    ça me semble bête c'est pas bête c'est une idée franchement on y a aussi pensé parce qu'on en vient au bout de 5 ans d'entreprise à se dire c'est quoi notre avenir c'est quoi qu'on veut faire c'est quoi notre vision c'est quoi l'objectif final et ça on n'arrive pas encore à le dire parce qu'on est encore au jour le jour à gérer les problématiques de culture de produit de tout ça et donc on y a pensé aussi à faire une espèce de coopérative ou de de comment on dit, comme les chaînes de coiffure ou quoi, enfin faire comme ça un prototype pour pas que chaque personne ait à gérer l'ensemble du problème de la chaîne mais ça pose des problèmes de qualité. Par exemple, dans une coopérative qui fait du vin, on connaît les différentes qualités de raisins qui sont répertoriées, et en fonction de la qualité arrivée, ça va être plus ou moins, ça va être accepté ou pas. Derrière, ça va être payé plus ou moins. Et comment normaliser ça sur toute une filière, sur chaque produit, en sachant qu'on a tous notre contrainte de... de climat, de plantes, etc. Donc déjà, il faudrait que ce soit très local pour avoir un approvisionnement sans transport, au moins enlever cette contrainte de... Par exemple, sur la persiquaire, il faut des feuilles fraîches. Comment on fait pour gérer des feuilles fraîches, pour se les faire livrer ? C'est compliqué. Après, sur les fleurs sèches, par exemple, est-ce que, je ne sais pas moi, quelqu'un qui est dans le Nord-Pas-de-Calais a autant d'ensoleillement que moi qui suis en Provence ? Derrière, quel est l'impact ?

  • Speaker #1

    C'est sûr. c'est ça en fait c'est toutes les questions que ça emmène ouais mais je me dis en fait pareil je peux pas m'empêcher de me dire c'est quoi la suite de leur aventure mais en gros moi je vois là deux choses c'est la première c'est vous êtes en train de monter un modèle un modèle qui peut être dupliqué, mais il faudrait un soutien agronomique, tu vois ce que je veux dire, de comment on duplique un modèle qui est fait vous, chez vous, avec votre terroir, votre expérience, et comme tu dis, l'irrigation de tes grands-parents, toutes ces conditions. Donc, il faudrait vraiment qu'il y ait des recherches agronomiques. Donc, du coup, ça veut dire des financements d'un endroit. Donc, ça, c'est le premier truc auquel je pense. Le deuxième truc auquel je pense, c'est... C'est monter un genre de... comme pas une école, mais tu sais, un genre de formation. En fait, faire un centre de formation de votre établissement où tu pourrais accueillir des gens qui viennent de la France entière, par contre, qui viennent se mettre les mains dans le cambouis et d'apprendre vraiment la transformation. Ça pourrait être comme ça, un centre de formation, mais vraiment type agriculture, transformation. Mais pareil, encore une fois, comme tu l'as résumé hyper bien, c'est qu'il faut trouver un modèle rentable. C'est ça.

  • Speaker #0

    Aujourd'hui, on est encore au très bon moment. Je ne suis pas sûre que notre entreprise… Enfin, on a super bien avancé et comparé au départ, il n'y a plus rien à voir. Mais est-ce qu'on est sur une entreprise suffisamment aboutie pour la déterminer en tant que modèle et la dupliquer ? Non, on n'y est pas encore. Et peut-être qu'en fait, il n'y a pas qu'un modèle et peut-être qu'on se trompe aussi. Parce que ça… les plantes teinturelles te rendent très... Comment dire ?

  • Speaker #1

    Très humble.

  • Speaker #0

    Très humble. C'est-à-dire que tu crois avoir tout compris, maîtriser ton sujet à 100%, et puis il arrive un jour où quelqu'un arrive et te montre un truc qui ne fait absolument pas comme toi, et tu te rends compte qu'en fait, il y a d'autres options, ça marche différemment selon comment on le prend, etc. Donc, est-ce que c'est intéressant d'avoir un modèle où est-ce que chacun doit créer son propre modèle avec des bases un peu défraîchies ?

  • Speaker #1

    je te parle d'un tronc commun vous incarnez un tronc commun qui après serait adaptable aux terroirs, aux conditions mais tu vois le premier qui a lancé l'agriculture bio, le premier qui a lancé les endives ou le premier qui a je pense que c'est la même chose que vous il y en a bien un qui a dû défricher, tester mais ça ça en amène à une question et ça c'est Michel Garcia qui le dit souvent c'est aujourd'hui personne, c'est horrible ce que je dis, mais il dit aujourd'hui, personne n'a besoin de la couleur végétale, parce qu'aujourd'hui il y a la couleur synthétique qui fait le boulot. Donc, en fait, nous, ce qu'on a comme mission, entre guillemets, c'est de montrer la vertu de ces plantes tectoriales, d'en parler pour les gens qui ne connaissent pas, d'où ce podcast, pour en parler, essayer de faire connaître. mais tu vois c'est intéressant parce qu'en fait je me dis que vous êtes sûrement les pionnières enfin même pas les pionnières parce qu'à l'époque où ils devaient cultiver les plantes ben voilà il y en avait donc ça veut dire que comment ?

  • Speaker #0

    on fait que reprendre en fait ce qui plus ou moins on adapte à des choses plus modernes mais on reprend quand même la base de ce qui se faisait il y a 200 ans avant qu'ils arrêtent tout forcément ils avaient un métier

  • Speaker #1

    Tu vois, je me dis, à cette époque-là, ils avaient des quantités et des espaces cultivés de folie.

  • Speaker #0

    Et surtout de la main d'œil. la main d'oeuvre la garance par exemple je crois que j'avais lu il y avait 180 000 ouvriers agricoles dans la région du sud pour extraire la garance donc forcément il y avait les gros agriculteurs qui prenaient le plus gros et après les miséreux derrière qui allaient ratisser les petits bouts de garance sachant

  • Speaker #1

    que Sachant qu'en plus on peine déjà que ce soit dans l'agriculture nourricière à trouver de la main d'oeuvre qu'on est obligé d'aller chercher en Pologne pareil dans l'horticulture on est obligé d'aller chercher ailleurs des gens qui souhaitent travailler j'imagine que oui pour un sujet qui n'est pas encore assez...

  • Speaker #0

    C'est ça, parce qu'on a parlé beaucoup de production, mais il y a la partie commerce aujourd'hui. Nous qui produisons un peu gros, on n'écoule pas tous nos stocks parce qu'il n'y a pas un grand besoin. Comme dit Michel, ce n'est pas un besoin vital. En plus, on est en période de crise. Les petits artisans qui, eux, déjà ont du mal avec des produits... avec leur charge de production, la couleur, c'est un petit peu accessoire. Dans un savon, par exemple, elle est accessoire. Donc, elle pourrait être éliminée, on va dire. Et dans ce sens-là, on n'est pas à un besoin primaire. Ce n'est pas qu'il n'y a pas besoin de nous, mais il y a des choses... plus... Comment dire ? Le secteur est encore petit, vraiment. Et on ne pourrait pas être 200 000 producteurs en France parce que tout le monde coulerait. Comme un peu la spiruline. À un moment donné, il y avait de très petites personnes qui ont fait les pionniers. Il y a eu beaucoup de monde qui s'est mis sur le sujet. Et au final, la moitié ont arrêté parce qu'il y avait trop de monde et il ne reste plus de pionniers. Voilà, c'est ça. C'est que c'est un super produit, génial, mais il faut encore trouver le marché.

  • Speaker #1

    Alors je partage avec toi l'avis sur les artisans je suis d'accord que c'est un choix à faire pour rester dans ses coûts et son équilibre économique mais tu vois côté entreprise par exemple l'entreprise textile à mi-route tu sais entre la grosse boîte et l'industrie enfin la petite entreprise textile avec la loi AGEC donc anti-gaspi économie circulaire, ils sont obligés maintenant de réduire à mort leur impact euh... carbone et leur impact écologique. Et en fait, je pense que cette loi qui est passée là en janvier incite beaucoup de boîtes du textile à quand même réfléchir. Et la couleur végétale, qu'on le veuille ou non, est quand même une alternative qui ressort quand même pas mal. Et donc, je me dis que vous, vous pourriez bénéficier aussi de cette nouvelle vague de... d'entreprises de textile qui se posent des questions et qui auraient des tests à faire et de la matière première à trouver. Après, c'est une idée comme ça dans notre conversation, mais quand tu dis que tu n'écoules pas tout ton stock, Est-ce que par exemple je vais peut-être poser une question complètement débile mais est-ce que par exemple ton stock pourrait être racheté ou pris chez Greening ou chez le Critorticole avec couleur de plante

  • Speaker #0

    Est-ce que tu pourrais faire ça ? Je revends mon Indigo donc par exemple je suis déjà fournisseuse pour lui donc je suis très heureuse d'ailleurs parce que le produit ne vend que des produits de qualité donc je suis extrêmement fière de faire partie de ces fournisseurs donc oui on a Mais malgré tout, même Patrick, chez Greening, je pense qu'il n'a pas des volumes de dingue sur les couleurs végétales. Donc il y a vraiment en fait... après pour moi c'est pratique d'avoir un petit peu de stock parce que je suis aujourd'hui disponible à n'importe quelle demande c'est à dire que quelqu'un qui aujourd'hui me dit il me faut 20 kilos d'indigo je peux le sortir, il n'y a pas de problème et ça c'est agréable en tant que producteur c'est réconfortant mais après c'est sûr que je me dis si dans 4-5 ans je ne suis plus la seule à produire ça mais on est 5-6 et que cette personne a plus de moyens que moi Je ne sais pas. En fait, elle est tellement à construire, la filière, c'est tellement au jour le jour que je ne sais pas trop quelle est la perspective commerciale de tout ça. J'espère que les lois comme celles que tu citais de janvier vont vraiment pousser et vont augmenter les demandes. Et dans ce cas-là, il faudra qu'on soit tous une filière forte pour le faire ensemble. mais pour l'instant vraiment c'est tellement dur à dire voilà on essaye d'avoir le choix, d'avoir l'offre d'avoir le produit et après derrière le commerce on attend que que les boîtes fassent le pas, que ce soit les petits artisans qui des gens font beaucoup le pas mais aussi les grosses boîtes qui eux ont préférence à faire du greenwashing avant de passer directement aux vrais beaux produits Il y a vraiment un gros point d'interrogation sur la filière aujourd'hui. En tout cas, c'est facile de dire ce qu'il en est aujourd'hui. dire ce qu'il en sera dans 4-5 ans c'est très dur en tout cas pour nous, tête baissée dans le champ c'est difficile

  • Speaker #1

    Oui, parce que tu vois, il y a aussi la notion de traçabilité, comme tu le disais, de mélanger des cultures de différents endroits, les extraits, la concentration, la qualité, etc. Est-ce qu'il faut créer des labels pour garantir que les extraits soient 100% de plantes et pas avec du... c'est coupé avec de la chimie ? Parce que c'est ce qu'il m'expliquait Patrick Brenac de Greening, que ça se produisait.

  • Speaker #0

    vous avez râlé un colloque avec Michel ils étaient ensemble ils râlaient énormément il y avait une partie, pas tous des producteurs qui coupaient au chimique mais ça flingue la filière si on ne peut même plus avoir confiance en ces produits c'est terrible

  • Speaker #1

    Ouais, donc tu vois, comme tu dis, il y a plein de sujets, en fait, et moi qui débarque comme ça, qui viens du monde alimentaire, donc pas du tout textile, pas du tout... Enfin, qui est... Voilà, j'ai agro, mais je veux dire, je me dis, tu vois, moi, il y a ces questions-là que je me pose, c'est la filière, de faire des rapprochements aussi avec la filière des fibres cellulosiques, enfin, tu vois, les fibres... le lin, le chanvre, la laine, la soie, en fait, de s'allier avec eux, parce que si eux tiennent la route, sont en croissance, ça peut profiter à la couleur végétale, parce que sans eux, il n'y a pas de couleur végétale appliquée au textile. Après, je pense notamment à les écoles, c'est ce que je te disais, les lycées horticoles, les lycées agricoles, les études d'ingé, etc., qu'en fait, les gens aient conscience que ça existe et que ça puisse créer des vocations, parce que des gens, maintenant, qui prennent... qui arrêtent un boulot pour travailler dans un métier qui a du sens et pour lequel ils se sentent investis, c'est un peu ce que tu disais dans ton témoignage, c'est de plus en plus répandu, donc ça pourrait très bien créer des vocations, donc il faut en parler plus au niveau des écoles. Et après, je pense que oui, comme tu dis, c'est toute une filière à créer, mais j'ai bon espoir dans le sens où, comme on se disait tout à l'heure, le premier mec qui a lancé le blé, qui a fait ses recherches, le premier gars qui a lancé les endives, ça s'est bien fait. Et en plus, on a le... Comme tu le disais, c'est ce qui se faisait avant quand on ne faisait que de la teinture avec des plantes végétales. Ça se faisait avant. Alors, il y avait d'autres conditions. Il y avait certainement plus de main-d'œuvre et il y avait d'autres trucs qu'on ne maîtrise pas parce qu'il faudrait qu'on fasse une thèse là-dessus. Mais en tout cas, j'ai quand même espoir. Et en tout cas, ton témoignage, on l'entend, tu n'es pas dans le... dans le faux, c'est-à-dire que c'est dur, mais c'est un plaisir et vous y trouvez votre sens et vous apportez votre pierre. Et votre contribution, déjà deux, énorme, c'est de défricher notamment sur la partie des machines. Et ce que tu disais sur l'exemple de la savonnerie, je trouve ça juste génial. Quand tu peux dire que tu fais bouger les lignes comme ça, je trouve ça génial, surtout à ton âge. Je trouve ça juste génial. J'avais des questions sur... plutôt un peu tac au tac, mais... Est-ce que tu peux me citer pour toi des personnes qui ont été inspirantes ? Je pense que je connais un peu la réponse.

  • Speaker #0

    Michel, voilà. Patrick, qui est vraiment super. Mais il y a aussi plein d'autres gens. Il y a vraiment... On a Fibre Bio, avec qui on s'est lancé sur la partie textile. Quand on a commencé, elle a été d'une grande aide. Et elle aussi, elle avait vraiment cette envie-là, en fait, de créer des produits prêts à teindre pour les teinturiers. Parce que c'est aussi... La teinture, c'est plein de contraintes également. Donc il y a Fibre Bio, il y a Ultramar, une teinturière qui est à côté de chez nous, qui elle a fait vraiment le tour des formations. Elle est allée voir Michel, elle est allée voir David Saint-Andreux, elle est allée à Couleur Garance, elle est allée à Colore Ton Monde. Elle a fait vraiment le tour un petit peu pour faire sa version de l'indigo. Et là-dessus, je l'admire beaucoup. Elle travaille souvent avec nous pour nous aider. et vraiment cette espèce de multifase comme ça de l'indigo nous finalement on a eu que la version un peu de Michel et la nôtre mais le fait d'avoir comme ça d'avoir vu plein de spécialistes c'est vraiment super ensuite on a Anne-Sylvie de l'UTA avec qui on coproduit en ce moment on fait une coproduction ensemble

  • Speaker #1

    et qui est vraiment quand tu dis coproduction ça veut dire ?

  • Speaker #0

    on travaille ensemble pour un client pour produire parce qu'elle produit aussi et en fait je l'admire beaucoup parce que franchement elle a fait une très belle gamme de beaux-arts ça fait quand même un petit moment qu'elle est dans la couleur végétale elle tient le coup et on voit qu'elle aussi je pense pas qu'elle ait gagné des milliers des cents par ce secteur dans sa vie mais elle est très heureuse et elle est très inspirante. et voilà ensuite on a Luma avec qui on travaille aussi qui est vraiment super Luma c'est une fondation qui a été créée à Arles en fait et là dedans en fait il y a donc c'est un espèce de laboratoire où ils essayent plein de nouvelles choses, et notamment on a fait un colloque ensemble avec eux, où en fait ils récupéraient des espèces invasives pour en faire du textile, donc en extrayant la cellulose, et ensuite derrière ils avaient le projet de faire des mini-manufactures où en fait on vient imprimer notre textile grâce à cette fibre cellulosique de plantes invasives, et en fait ça remettait un petit peu en jeu l'industrie. textiles en fait au lieu de créer d'énormes industries en France parce qu'il manque de l'industrie créer comme ça des mini manufactures où on peut venir en fait imprimer 15, 20, 30 t-shirts et en fait recréer comme ça du local et donc voilà c'est des beaux projets porteurs d'autres visions auxquelles nous jamais on n'y penserait mais voilà par des ingénieurs du temps de l'énergie des gens concernés ça fait vachement évoluer voilà

  • Speaker #1

    dans d'autres secteurs que les couleurs végétales qu'on a

  • Speaker #0

    qui font pas mal bouger les lignes. Après, on a la coopérative des couleurs à Okra, qui aussi font de très beaux produits beaux-arts, qui ont une belle renommée, qui se donnent pour vraiment expliquer les pigments, les colorants, la différence. Eux, ils ont le prisme de l'ocre, mais ils restent quand même hyper pédagogues, et ça, c'est chouette.

  • Speaker #1

    d'accord ok et si t'étais une plante intangitoriale laquelle tu serais et un peu pourquoi la persiquière parce que déjà elle m'a amené la passion et puis elle est tellement elle

  • Speaker #0

    est tellement variable et puis elle est rebelle et on croit la comprendre et en fait voilà et finit

  • Speaker #1

    Est-ce que tu teins toi personnellement ? Là tu n'as pas le temps je pense Mais est-ce que tu as teint Est-ce que tu t'es essayé à la teinture végétale ?

  • Speaker #0

    En plus de tout ça On s'amusait jusqu'à maintenant à faire une collection de Noël Qu'on faisait à l'automne C'est pas vrai

  • Speaker #1

    C'est hyper actif

  • Speaker #0

    Et du coup là on a décidé J'en ai encore pas mal Mais c'était la dernière année qu'on produisait de la teinture Parce qu'on a commencé par apprendre la teinture Pour donner des conseils parce qu'il est impossible de vendre ou une coloration végétale sans donner un paquet de conseils sur le secteur d'application donc on a commencé par la teinture ensuite on s'est mis à la savonnerie et là en faisant les lacs forcément on se met au beaux-arts donc voilà je pense qu'on va laisser petit à petit tomber la partie textile parce qu'on en a déjà pas mal d'expérience et on fera des formations d'initiation à la teinture végétale l'été sur l'exploitation. De temps en temps, là cette année on ne peut pas le faire parce qu'on a une grosse production, mais d'habitude on en fait au moins 4 ou 5 dans l'été. Et donc voilà, on continuera un peu la teinture par ce biais-là des stages, et donc savonnerie et beaux-arts.

  • Speaker #1

    et alors du coup dans les fibres que tu aimes teindre c'est lesquelles que le lin ça brille,

  • Speaker #0

    ça prend bien c'est vraiment un peu plus local quand même que le coton la laine il faut aimer la laine j'ai jamais aimé trop la porter même si ça prend super bien en teinture la soie c'est sympa aussi mais vraiment le lin, coup de coeur, y'a pas de problème

  • Speaker #1

    du coup les prochains projets tu y as répondu tout au long clairement de notre échange est-ce que tu aurais des livres qui t'ont aidé toi à inspirer dans ta démarche ou toi en fait

  • Speaker #0

    c'est vraiment, on est plus dans l'expérience que dans la lecture c'est parce que c'est aussi notre éducation, on fonce tête baissée et on réfléchit après et donc on a les livres, les trois livres de Michel qui sont une super base il y a un livre de Dominique Cardon aussi qui répertorie un peu comme ça par couleur toutes les plantes avec un peu surtout les matières colorantes identifiées parce que c'est souvent pas facile de savoir si c'est un flavonoïde ou un flavone parce que c'est pas la même chimie pour l'un ou pour l'autre donc ça c'est des livres un peu référence voilà et après Michel nous a toujours orienté vers les manuels de Roré qui sont en fait des manuels d'antan sur l'artisanat. Alors ça va des beaux-arts à fabriquer son boule à lèvres et ses cosmétiques. Alors c'est dans un vieux français avec des produits qui sont peut-être plus utilisables aujourd'hui, mais c'est une base et ça permet de comprendre. C'est des logiques très simples en fait, pas vraiment pompeuses ou scientifiques pures. C'est vraiment un peu notre méthode de travail, c'est-à-dire d'analyser ce qu'on observe.

  • Speaker #1

    et donc c'est plutôt sympa comme lecture ok j'avais une avant-dernière question qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter à toi et à ta soeur de vivre de notre passion ça serait bien quand même aujourd'hui vous n'en vivez pas non on n'en vit pas encore alors on a peu de besoin parce que on

  • Speaker #0

    vit en famille etc donc ça va, on ne souffre pas mais on ne vit pas encore de notre passion on souhaite plein de nouvelles couleurs on aimerait beaucoup avoir une belle gamme avec 10-15 couleurs ce serait vraiment magnifique et puis que ça continue surtout qu'on ait de l'eau et que tout aille bien dans la partie agricole celle qui fait un peu peur aujourd'hui même si on a plein de solutions en tête pour pallier à ces problèmes là mais on espère que quand même ça reste gérable

  • Speaker #1

    est-ce que tu peux nous indiquer quelqu'un à qui tu aimerais qu'on passe le micro pour la suite du podcast ?

  • Speaker #0

    Je penserais à Valentina de Ultramar qui est teinturière, mais elle fait des vêtements conceptuels, modulables,

  • Speaker #1

    qui s'adaptent.

  • Speaker #0

    Je trouve ça très sympa comme concept. Elle a fait le tour de toutes les formations, donc elle a quand même un point de vue assez global. Elle a un super projet, c'est qu'elle est croate, italienne, et elle a vécu en Espagne. donc en fait elle aimerait créer selon où on est, on peut choisir où est fabriqué son vêtement c'est à dire si on est croate il est fabriqué en Croatie, si en France ou en Espagne etc donc c'est un beau projet qui lie pas mal quand même le secteur textile la fourniture, la manufacture tout ça tout ça donc je pense que c'est un beau c'est une belle personne avec une belle expérience

  • Speaker #1

    ok je vais essayer de la contacter si tu as ses coordonnées je prends pour la contacter écoute Laura je voulais vraiment te remercier parce que parce que j'ai trouvé cet épisode hyper hyper instructif enrichissant et tu me mets une claque personnelle je te le dis parce que à votre âge je m'adresse aussi à Amandine qui n'est pas là parce qu'elle est en train de bosser mais franchement vraiment chapeau à toutes les deux pour ce que vous faites c'est vraiment génial vraiment je sais pas comment le dire j'ai pas les mots tu vois mais je vous félicite vraiment parce que je trouve que vous êtes deux nanas hyper courageuses et euh et ça me touche de voir qu'il y a des jeunes t'as 28 ans, j'en ai 35 mais je veux dire, ça me touche et tu vois ça me donne aussi une forme d'espoir parce qu'en ce moment tout n'est pas gai pour tout le monde mais tu vois ce que vous faites je trouve que c'est une belle leçon de vie et je vous remercie pour ça

  • Speaker #0

    Merci beaucoup à toi de nous avoir invitées dans ce podcast, c'est vraiment beau je t'avoue j'ai pleuré à l'épisode de Michel tellement que c'était émouvant parce que c'est notre, on l'aime Michel c'est un père spirituel c'est une rencontre, on l'aime d'amour et l'entendre parler de sa vie comme ça c'est vraiment lui aussi qui nous a donné cette émotion ce truc avec des mots, des trucs je sais pas comment dire qui nous a vraiment lancé là-dedans

  • Speaker #1

    j'en ai pas parlé mais cet épisode, cet enregistrement d'épisode, donc le premier, moi je n'ai jamais enregistré de podcast sauf avec Michel et il venait de faire une formation, il était éreinté, mais vraiment on était 8, ça avait été dans tous les sens il était ultra fatigué et quand je lui ai dit est-ce que Michel tu voudrais bien, et bien il a dit oui par générosité pure tu vois vraiment de pouvoir et c'était hyper euh... à vivre, c'était hyper incroyable parce qu'il te raconte tout ça, tu t'hallucines et c'est ce fameux épisode où j'ai moi oublié de brancher mon micro, du coup la qualité du son est pourrie et je me disais qu'est-ce que tu fais, est-ce que tu lances ton podcast avec un témoignage magnifique et poignant mais avec un son pourri ou est-ce que tu supprimes et tu réenregistres sans être sûre d'avoir cette authenticité et ce don, tu vois il a vraiment livré et donc du coup

  • Speaker #0

    qui te tue en fait il a le Michel excité et énervé pendant les stages quand il ne maîtrise plus et qu'il panique son côté sanguin du sud il t'envoie chier et tout donc là il faut se cacher et le laisser faire il est sensible il est inspirant comme ça et je trouve que là pendant le podcast c'était vraiment c'était waouh mais tu sais qu'il y a beaucoup de gens qui m'ont fait ce retour là et donc je suis contente aussi que tu me donnes la merci

  • Speaker #1

    la possibilité d'expliquer cet épisode et pourquoi j'ai choisi quand même de le mettre et tout ça tout ça moi je le rappelle c'est quand même grâce à lui qui a dit écoute ok faisons cet épisode, il savait pas ce que c'était moi non plus et franchement donc merci à lui parce que en fait je me rends compte qu'il inspire il a aidé beaucoup de gens et il continue non stop de donner, de donner, de donner de donner et que ça aussi c'est une belle leçon de vie

  • Speaker #0

    et puis j'avais jamais eu son il m'avait déjà raconté un peu son histoire mais en décousu c'était la première fois que je l'écoutais vraiment le coup de son oncle et tout c'était vraiment tellement émouvant Michel avant on l'avait à côté puis quand on s'est rencontré il déménageait d'un côté ça nous a apporté de l'autonomie parce que quand tu es vraiment que tu ne comprends pas ce qui se passe tu as tendance si tu as Michel à côté d'aller le voir plutôt que de réfléchir donc pour ça c'était bien qu'on ait de la distance mais on se voit rarement et on s'aime beaucoup et c'est toujours dur d'être séparé longtemps donc ça me fait du bien de l'entendre un peu comme ça c'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de se parler

  • Speaker #1

    bon bah c'est chouette écoute encore un grand merci et puis je vais couper là l'épisode ça marche attends je regarde bon ça va ça marche

  • Speaker #0

    alors du coup je voulais aussi passer la parole à Séverine Debrecker de l'atelier des couleurs dans le Gers elle a travaillé 20 ans pour le bleu de l'actour uniquement sur la couleur indigo donc elle a vraiment une grande expertise là dessus et là pour relancer aussi un peu la passion elle a commencé les couleurs à mordant donc voilà elle s'éclate et c'est quelqu'un de très intéressant avec qui échanger parce qu'elle a vu en fait l'évolution aussi sur toutes ces années et pour finir je voulais aussi faire un petit remerciement à toute ma famille qui nous aide vraiment beaucoup beaucoup tous les jours Parfait ! C'est bon ?

  • Speaker #1

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

  • Speaker #0

    Sous-titrage ST'501

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de Laura Roussier

    00:00

  • Présentation du parcours de Laura et Amandine Roussier

    00:44

  • Formation et création de leur entreprise

    03:00

  • Les produits et plantes cultivées au Champ des couleurs

    04:25

  • Mécanisation et défis de la culture des plantes tinctoriales

    06:29

  • Récolte et transformation des plantes tinctoriales

    07:03

  • Défis liés à la mécanisation et à la récolte manuelle des plantes tinctoriales

    09:58

  • Processus de transformation et production de pigments

    19:28

  • Différences entre indigo et bleu maya

    29:45

  • Utilisation des pigments dans la savonnerie

    31:11

  • Vente en ligne et logistique de l'exploitation

    37:51

  • Transmission des savoirs et accueil de stagiaires

    40:41

  • Évolution de l'intérêt pour les plantes tinctoriales

    42:20

  • Défis et perspectives pour l'avenir des couleurs végétales

    48:58

  • Conclusion et remerciements

    01:02:01

Share

Embed

You may also like