Speaker #0Bienvenue dans Au bord des praticables, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qu'on n'entend pas toujours, mais qui vivent tout en silence ou en tension autour du tapis. Chaque mois, je te propose deux épisodes en solo ou en compagnie, avec des histoires inspirantes, des témoignages touchants et des clés puissantes pour mieux traverser les émotions dans ton sport. Que tu sois parent, coach ou athlète, tu es au bon endroit. Bonne écoute ! Et si ce que tu recherches à travers la médaille, ce n'était pas la victoire, mais simplement le droit d'être toi. Dans cet épisode, à travers le livre Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, je vais te montrer pourquoi l'essentiel de ta performance ne se voit pas, il se vit. Ces derniers temps, j'ai fini de lire à ma fille Noélia Le Petit Prince. En fait, je l'avais lu il y a longtemps, mais cette fois, je l'ai ressenti vraiment autrement. Peut-être parce que je suis maman aujourd'hui, peut-être parce que j'ai accompagné pas mal de gymnastes qui font comme moi avant, c'est-à-dire tenir, prouver, ne rien montrer. Ou peut-être parce que moi aussi, j'ai cru qu'un jour, pour être légitime, il fallait réussir, être solide, ne jamais vaciller. En tout cas, en lisant ce livre, j'ai pensé à toi. Et je me suis dit, ce que vit le petit prince quand personne ne comprend ses dessins, en fait, c'est exactement ce que vivent les gymnastes quand elles montent sur le praticable. Alors aujourd'hui, dans cet épisode, je vais te parler... comme si tu étais en séance avec moi. Un peu cash au début, parce que je préfère que tu entendes la vérité ici plutôt que de la subir en compétition. Et puis après, en douceur, comme toujours, parce que derrière la gymnaste, moi, je vois un humain, je vois une fille. Prête ? On commence ? Tu crois que tu as peur de rater, mais en réalité, tu as peur qu'en ratant, on arrête de te regarder comme celle qui réussit. En gros, comme dans le livre, dans Le Petit Prince, quand les adultes regardent son dessin et disent « Ce n'est qu'un mouton ! » Ils passent à côté de l'intention. Comme beaucoup passent à côté de ce que tu ressens en fait quand tu entres sur le tapis. Je sais ce que c'est parce que moi, je l'ai vécu. Quand j'ai eu ma première fille Noelia, j'étais toute seule et j'ai tenu, tenu coûte que coûte pour que personne ne voit ce qui se passait vraiment en moi. Par exemple, l'année dernière, j'ai accompagné une gymnaste qui a fini première. Tout le monde l'applaudit. Et puis quand on a fait le debriefing en séance, elle me dit « En fait, j'avais tellement peur, mais je ne pouvais pas le montrer. » J'avais peur qu'on ne compte plus sur moi. Elle ne parlait pas à ce moment-là de son pivot, ou de son enchaînement, ou de son lancé. Non, non. Elle parlait d'elle, de sa place. À ce moment-là, je lui ai dit, en fait, tu as le droit de trembler à l'intérieur, même si tu souris à l'extérieur. En fait, tu n'es pas faible de ressentir, tu es juste humaine, et ça, c'est courageux. Moi, ce que j'ai envie de te dire là, c'est que tu n'as pas peur de rater. peur à ce moment-là de ne plus être vu si tu rates. Comme par exemple, si tu n'es pas qualifié, tu retournes au gymnase, eh bien tu sais que ton entraîneur va s'occuper des autres gymnastes qui sont qualifiés et que toi tu seras un peu mise de côté, même si tu le comprends. Mais en fait, j'ai envie de te dire qu'à ce moment-là, ce qui mérite d'être regardé, ce n'est pas ta perfection, c'est ta vérité. Le jour où tu entreras sur le praticable en assumant ce que tu ressens, Tu ne seras plus une gymnaste qui espère absolument être aimée par son entraîneur ou par quelqu'un d'autre. À ce moment-là, tu deviendras une jeune femme qui s'autorise à exister même si elle tremble. À partir de là, tu ne performeras plus pour plaire, en fait tu performeras pour te révéler. Tu vois souvent, ce qu'on cache est plus vrai que ce qu'on montre. Et dans le livre, donc Le Petit Prince, il y a ce moment essentiel. Celui où il comprend que ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on voit. Mais ce à quoi on tient, ça me fait penser à toi et ton sport. Le petit prince dit, c'est le temps que tu as consacré à ta rose qui fait ta rose si importante. Je te la refais. C'est le temps que tu as consacré à ta rose qui fait ta rose si importante. C'est comme toi avec ton sport. Tu donnes du temps à ton sport. Tu lui consacres du temps. C'est pour ça que c'est important. Ok, mais je vais te poser une question. Est-ce que tu donnes encore du temps à ce qui t'a fait l'aimer ou seulement à ce que tu dois prouver ? Pour ma part, j'ai parfois oublié pourquoi j'avais commencé. Et quand tu perds ton pourquoi, tu finis par te perdre toi. Souvent, au début des séances, quand j'accompagne les filles, je leur demande pourquoi tu fais de la GR. J'ai plein d'exemples. Parce que pour gagner, pour réussir, parce que je trouve ça joli, pour être avec mes copines. etc. Je lui dis, ok, mais avant ta première victoire, qu'est-ce qui t'a fait aimer ce sport ? Une fois qu'elles ont trouvé, elles me répondent enfin « parce qu'avant, j'avais l'impression de me sentir libre, comme si je volais quand je dansais » . À ce moment-là, tu n'as pas retrouvé ton sport en le corrigeant, tu as juste retrouvé la sensation d'être libre, de voler, de danser. Tu as commencé pour vivre quelque chose, pas pour mériter quelque chose. Oui, bien sûr, tu t'entraînes pour réussir, mais... tu as commencé pour ressentir. Une performance qui est faite avec de la peur peut être tout à fait correcte parce qu'elle te permet d'être vigilante. Une performance portée par l'amour peut devenir complètement inoubliable. Et c'est ça que cherche le public et c'est ça que cherchent les juges. Tu n'as pas choisi ce sport pour être parfaite, tu l'as choisi pour vibrer. Et c'est ta vibration qui te rend puissante. Là, on vient de parler de ton amour pour le sport. Mais souvent, ce que tu ressens aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ce qui t'a fait commencer. Quand tu me réponds « je veux une médaille ou une qualification » , alors on va en parler et je vais être complètement directe avec toi. Tu crois que tu seras fier quand tu auras une médaille ? Ok, je vais te poser une question. Tu as une médaille parce que tu es déjà fier de toi ou c'est la médaille qui te permet enfin de t'autoriser à être fier de toi ? Si ta fierté dépend du résultat, tu construis quelque chose sur un moment qui dure 10 secondes. Ok, on est sur le palmarès, on annonce la catégorie, on appelle ton prénom, puis on passe à la deuxième, à la troisième, etc. Tu retournes t'asseoir et on refait une autre catégorie. Ça a duré 10 secondes le temps qu'on appelle ton prénom, ok ? Et puis après, bon, ok, un peu plus si on nous donne la médaille, etc. En vrai, le temps qu'on prononce ton prénom, la journée est finie, ce petit moment est fini. Une semaine après, tu retournes au gymnase, tu retournes à l'école. Les devoirs, et puis tu recommences, et puis ton enchaînement ��volue, et puis après on passe à la saison équipe et on revient à la saison individuelle. Bref, on est reparti. Moi, de mon côté, j'ai aussi cherché la validation dans la performance. Plus en tant qu'entraîneur qu'en tant que gymnaste d'ailleurs. Ça m'a nourri énormément pendant un temps. Mais le jour où j'ai vraiment décidé d'être fière de celle que j'étais aujourd'hui, j'ai commencé à gagner intérieurement. Pour te reprendre un exemple, Quand j'ai accompagné une gymnaste l'année dernière, que j'accompagne encore cette année, qui a eu un podium au championnat de France, elle a eu son podium, sa belle médaille qu'elle avait voulu avoir, des applaudissements, son petit moment de gloire. Et puis la semaine d'après, on se voit pour le débriefing, et puis elle est toute émotive et je lui dis « mais tu es heureuse ? » Et elle me répond « non, en fait j'ai peur que ce soit juste un coup de chance » . En fait, à ce moment-là, elle venait de vivre son sommet. à son objectif, son rêve. Et pourtant, elle se sentait encore plus fragile que son médaille. Parce qu'elle croyait que la médaille définissait sa valeur. Oui, bien sûr, gagner te rend heureuse. Mais la fierté, la vraie, ne doit pas dépendre de ce moment-là, on est d'accord. Aujourd'hui, tu peux choisir d'être celle que tu veux. De te répéter, je suis déjà celle que je veux devenir. Et parfois, cette version-là de toi gagne aussi. La médaille ne te définit pas. Elle révèle ce que tu incarnes déjà. Sois déjà celle que tu veux être. Si tu attends de gagner pour te sentir légitime, tu restes dépendante du regard extérieur. Si tu décides maintenant d'être fière dans ton engagement, dans ta constance, de ton mental, alors la médaille, si elle vient, ça sera juste un plus, un bonus. On ne gagne pas pour devenir quelqu'un. On gagne parce qu'on est déjà. quelqu'un. À partir de là, tu n'as plus besoin de prouver. Tu as juste à briller. Et pour briller, tu n'as pas besoin d'être sans émotions. Tu as besoin d'apprendre à avancer avec. C'est là que le petit prince l'a appris grâce à une rencontre. Encore une fois, si tu as lu le livre, il y a cette rencontre du renard. Le renard dit « Apprivoise-moi » . J'ai envie de te dire, et si tu apprivoisais ta peur au lieu de chercher à la supprimer. Pour ma part, j'ai longtemps cru que être forte, c'était ne rien ressentir, ne pas demander de l'aide. En réalité, la vraie force, c'est ressentir sans laisser les choses te briser. Une gym me dit en séance, avant d'entrer sur le tapis, je me répète, ne stresse pas, ne rate pas, je dois être parfaite. Ok, je lui réponds, on va changer ce discours et on va en faire un autre. Je lui demande de te dire, ok, dis-toi, je suis prête, même si j'ai peur. Alors là, elle est restée un peu bouche bée parce qu'elle me dit clairement, je crois que personne ne m'a jamais autorisé à penser comme ça. Je lui répète, et là, à ce moment-là, je vais te demander de te répéter aussi dans ta tête. J'ai le droit d'avoir peur ? Je suis capable même si je tremble et je n'ai rien à prouver. Ta peur, ce n'est pas un frein. C'est juste la preuve qu'à ce moment-là, ton moment compte. La vraie force n'est pas d'éteindre ton émotion. C'est justement de continuer à avancer avec. En fait, quand tu ne seras plus en guerre contre toi, tu deviendras ta propre alliée. Et c'est là que commence ta puissance. Tu sais, le renard, lui, apprend à apprivoiser. Et ensuite, le petit prince comprend que ce qui est vraiment important, ce n'est pas ce qu'on voit, mais c'est ce qu'on a vécu. Et ça, ça me ramène à toi, à toi petite. Une grande gym d'une vingtaine d'années me dit « J'ai l'impression d'être bonne seulement quand je suis parfaite. » Bon, sur la définition d'être parfaite, on pourra y revenir. Mais je lui laisse cette phrase. Et là, je lui dis « Mais ce n'est pas ta perfection qui marque les gens, c'est ton histoire. » Quand tu étais petite dans ton salon déguisé et maquillé avec des bijoux, comme mes filles que je vois en ce moment en train de danser, en fait, à ce moment-là, tu dansais sans demander la permission. Tu te sentais juste vivante, mais tu peux aussi le redevenir. En fait, ce n'est pas ta technique qui te rend inoubliable, c'est ton authenticité. Si tu oses performer pour t'exprimer plutôt que pour impressionner, tu redeviens cette petite fille qui dansait dans ton salon. N'attendez pas l'autorisation de personne pour briller. Je vais te faire faire un exercice. Je vais te demander de fermer les yeux. Enfin, si tu peux et si tu veux. De fermer les yeux et de poser une main sur ton cœur. Imagine-la, tu es sur le praticable. Il n'y a pas de juge, il n'y a pas de regard, il n'y a pas de gradin. Juste toi. Ton engin, ton juste corps ou un costume est ta musique. Et à ce moment-là, tu danses comme quand tu étais petite. Alors ok, peut-être pas les mêmes difficultés, pas la même compo, on est d'accord. Juste, je te demande de ressentir ce que tu avais quand tu étais petite, dans ton salon. Tu te sentais libre, heureuse. vivante, ressens toute cette émotion qu'il y avait en toi. Tu vas inspirer profondément et maintenant tu vas te répéter doucement en toi. Je suis à ma place. Je n'ai rien à prouver. Je viens vivre ce moment, inspire profondément et reviens ici et maintenant. J'ai envie de te dire que tu n'as pas besoin de gagner pour mériter d'être regardée. Tu n'as pas besoin d'être parfaite pour mériter d'être respectée. Tu n'as pas besoin d'être performante. pour mériter d'être aimée. Tu es suffisamment exceptionnelle pour oser être vraie avant d'être brillante. Et c'est précisément à cet endroit-là que tu deviens brillante. Aujourd'hui, tu n'as pas à avancer vers la médaille, tu as avancé vers toi. Et cette victoire-là, personne ne pourra jamais te l'enlever. Peu importe si tu gagnes, si tu es qualifié ou pas, cette victoire-là, personne ne pourra jamais te l'enlever. Si je dois résumer ce que tu viens d'entendre dans cet épisode, je dirais simplement ceci. Tu n'as pas peur de rater, tu as peur de ne plus être regardé si tu rates. Tu ne t'entraînes pas juste pour être parfaite. Tu t'es mise à danser parce que ça te faisait sentir vivante. Tu ne deviendras pas fière de toi grâce à une médaille. Tu gagneras parce que tu auras déjà décidé de l'être. La peur, ce n'est pas ton obstacle. Elle est la preuve qu'à ce moment-là, ce moment compte pour toi. Ce n'est pas ta perfection comme un robot qui marquera les champs. C'est toi, ton authenticité. Ton caractère, ce que tu dégages, voilà ce que j'aimerais que tu gardes dans cet épisode. Tu peux être forte sans tout maîtriser. Tu peux être prête sans être parfaite. Et tu peux briller sans avoir besoin de permission. Tu es assez, pas pour faire, mais pour être. Et si tu oses entrer sur le praticable, non pas pour prouver ta place, mais pour vivre, alors ce jour-là, tu ne feras que performer. Tu te révèleras. Et crois-moi, c'est ce moment-là que... personne ne pourra jamais t'enlever. En ce moment, je reçois énormément de demandes pour préparer le mental, juste avant une compétition. Je vais te dire quelque chose qui ne va peut-être pas te plaire, mais je préfère que tu l'entendes maintenant. Dans la préparation mentale, il y a deux mots. Il y a mental et il y a le mot préparation. En fait, ce n'est pas magique. Oui, en trois séances, je peux te donner évidemment des clés. Mais moi, je ne suis pas une préparatrice qui vient... poser des pansements la veille d'une compétition. Moi, ce que je propose, c'est autre chose. C'est un travail en profondeur. Pas pour être prête dans trois semaines et que tu reviennes après. Non, pour être prête tout court, tous les jours. Pour ta compétition, oui, bien sûr. Mais surtout pour ta vie. Parce que le sport que tu es en train de faire, c'est un terrain d'expression. C'est une mini-aventure de ce que tu vas connaître plus tard. Le vrai sujet, c'est toi. Alors, si tu veux vraiment travailler ton mental, pas juste corriger une peur, Mais transformer ta manière de vivre ce sport. Ta manière de te vivre toi, en fait. Là, en dessous, je vais te mettre juste un lien. D'accord ? Tu peux cliquer dessus. Mais ce n'est pas pour prendre un rendez-vous demain pour que je te donne deux, trois pistes. Non. C'est pour rejoindre la liste d'attente pour les prochains accompagnements profonds. Ceux qui te préparent pour de vrai, pour plus tard. Pas à performer pour prouver, mais à être prête partout, tout le temps, toi, en tant qu'humaine. Si tu sens que c'est le moment, Tu sais ce que tu as à faire, et n'oublie pas, tu es assez, pas pour faire, mais pour être. Merci d'avoir été là avec moi au bord des praticables. Si cet épisode t'a touché ou fait réfléchir, pense à t'abonner et à laisser un 5 étoiles sur ta plateforme préférée. C'est tout simple, mais ça m'aide énormément à faire grandir ce podcast. Et si tu connais un parent, un coach ou un athlète à qui ça pourrait faire du bien d'écouter cet épisode, alors partage-lui. On ne sait jamais quelles graines ça peut planter. Allez, à très vite, au bord des praticables !