- Speaker #0
Bienvenue dans Au bord des praticables, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qu'on n'entend pas toujours, mais qui vivent tout en silence ou en tension autour du tapis. Chaque mois, je te propose deux épisodes en solo ou en compagnie, avec des histoires inspirantes, des témoignages touchants et des clés puissantes pour mieux traverser les émotions dans ton sport. Que tu sois parent, coach ou athlète, tu es au bon endroit. Bonne écoute ! Bonjour et bienvenue au bord des praticables. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir une invitée un peu particulière, Marie. Marie, je ne l'ai pas connue au bord d'un praticable comme beaucoup de mes invités. Je l'ai rencontrée à travers Transform Coach, ma formation pour les entraîneurs. Et depuis, elle incarne à merveille ce que je veux transmettre. Des entraîneurs jeunes, passionnés, qui n'hésitent pas à intégrer la préparation mentale dans leur quotidien. Marie est aussi une gymnaste. Elle a aussi préparé son concours de prof de PS et surtout, elle a déjà marqué l'histoire de son club avec une première médaille individuelle en tant qu'entraîneur. Dans cette conversation, vous allez découvrir comment elle a utilisé les outils mentaux, non seulement avec ses gymnastes, mais aussi dans sa vie personnelle et pour préparer son concours de PS, mais aussi des interventions qu'elle a pu faire lors des colonies de GR. Cet épisode, c'est une belle illustration de ma mission, accompagner une nouvelle génération d'entraîneurs qui veulent performer autrement en restant humains. alignée et légitime. Belle écoute ! Bonjour Marie, bienvenue sur cet épisode, je suis trop contente de te voir. Alors Marie, pour commencer, je fais toujours un petit jeu pour mettre à l'aise mon invité, un petit jeu avec des questions comme toi, le matin, qu'est-ce que tu préfères, café ou thé ?
- Speaker #1
Alors, moi c'est eau le matin. Donc, aucun des deux.
- Speaker #0
Ok, de l'eau. Au gymnase, claquettes ou baskets ?
- Speaker #1
Baskets.
- Speaker #0
Ok. Toujours au gymnase, est-ce que tu préfères des gymnastes déterminés avec pas beaucoup de qualités ou des qualités de fou, mais il va falloir beaucoup, beaucoup, beaucoup travailler sur le mental ?
- Speaker #1
Des gymnastes déterminés.
- Speaker #0
Ok, toujours à la GR, tu préfères l'élégance ? Ou le cran ? Le cran. Oui. OK. Merci, Marie. Et maintenant, nous allons passer à toi, Marie. Est-ce que maintenant, tu peux nous dire qui tu es ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
Alors, du coup, moi, c'est Marie. J'ai 23 ans. Ce que je fais particulièrement, du coup, j'ai passé mon concours pour être professeure de PS que j'ai eue. Et du coup, je fais de la GR à Montpellier, à Côté, donc à Castry-Vendargues. Et j'entraîne et je suis gymnaste.
- Speaker #0
Ok, tu as commencé la GR à quel âge ?
- Speaker #1
J'ai commencé en loisir à 9 ans et j'ai commencé en compétition à 10-11 ans.
- Speaker #0
D'accord, toujours dans le même club ?
- Speaker #1
Oui, toujours dans le même club depuis toujours.
- Speaker #0
D'accord, et du coup, ton entraîneur a toujours été Isabelle ?
- Speaker #1
Oui, on a eu d'autres entraîneurs aussi, mais oui, c'est toujours Isabelle qui est responsable.
- Speaker #0
D'accord. Ok, tu as commencé à entraîner. Tu te souviens quand est-ce que tu as commencé à entraîner ?
- Speaker #1
Oui, alors du coup, moi, j'ai commencé à entraîner pendant le Covid, du coup. Ok. Donc, c'était 2021 où je suis rentrée du coup en licence à Staps et on devait faire un stage. Et du coup, j'ai fait mon stage. On était dans la cour de récré sur le goudron. Et du coup, on a beaucoup, beaucoup développé le corpo, les échauffements et tout ça pour les gyms. Et du coup, j'ai commencé comme ça avec une équipe. et après, j'ai... on va dire évolué, j'ai repris la section individuelle au club.
- Speaker #0
D'accord, ok, donc c'était pendant le Covid.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et après, tu as entraîné directement dans le club, c'est ça, c'est une fois par semaine que tu entraînes les indivs ?
- Speaker #1
Oui, les indivs, c'est une fois par semaine, et après, de temps en temps, je passe au club sur certains entraînements.
- Speaker #0
Et c'est quoi ta spécialité ?
- Speaker #1
Ma spécialité en tant que gym ?
- Speaker #0
En tant qu'entraîneur.
- Speaker #1
En tant qu'entraîneur. l'organisation. Elles savent ce qu'elles doivent faire pendant les entraînements et ça déroule comme ça.
- Speaker #0
Ok. Tu n'as pas une autre spécialité ? Moi, je le sais.
- Speaker #1
La prépa mentale ?
- Speaker #0
Oui, maintenant, oui. Non, l'artistique.
- Speaker #1
Oui, mais c'est vrai que... Alors, sur l'artistique, du coup, j'ai toujours eu, en tant que gymnaste, des très mauvaises notes en artistique et je pensais que c'était juste moi qui étais nulle en artistique. Et au bout d'un moment, j'ai dit, bon, en fait, qu'est-ce que c'est l'artistique et comment je peux faire pour progresser dans mes notes ? Et j'ai eu un déclic. Et du coup, c'est vrai que j'insiste énormément sur l'artistique dans mes enchaînements que je fais pour mes gyms.
- Speaker #0
D'accord, c'est quoi ce déclic ?
- Speaker #1
Ce déclic, c'est déjà lire le code.
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #1
Et après, c'est énormément, énormément partager et communiquer avec d'autres entraîneurs, en fait, qui m'expliquent et qui me font des retours qui font que les compos, elles progressent.
- Speaker #0
D'accord. OK. Merci pour ton parcours. Donc, toi, tu as fait la formation l'année dernière Transform Coach, la formation que j'ai faite pour les entraîneurs. Au tout début, quand... Quand tu t'es inscrite, par le biais de ta responsable Isabelle, qu'est-ce que tu en as pensé ?
- Speaker #1
Alors du coup, Isabelle, on l'appelle Isa, Isa m'a dit, est-ce que ça t'intéresse de faire de la prépa mentale ? Je n'y avais pas du tout pensé. Pour moi, c'était juste visualiser son enchaînement, etc. Et au final, je lui ai dit oui, avec plaisir. En plus, c'est une année de concours, donc c'est vraiment assez compliqué pour moi. J'avais entendu d'autres étudiants avoir des préparateurs mentaux. Du coup, je me suis dit, pourquoi pas ? Donc, je me suis lancée sans hésitation.
- Speaker #0
Ok. Et d'ailleurs, je rebondis parce que tu disais, avant pour moi, la préparation mentale, c'était quoi pour toi avant la préparation mentale ? Si tu t'en souviens.
- Speaker #1
Quand on est en compète, comment faire pour faire comme aux entraînements ? C'est-à-dire, comment visualiser son enchaînement, pas stresser ? Voilà, c'est tout.
- Speaker #0
C'était tout ?
- Speaker #1
Oui, c'était ça pour moi.
- Speaker #0
Ok. Et d'ailleurs, pour passer le concours de prof de PS, tu disais qu'il y avait des étudiants qui, eux, avaient des préparateurs mentaux pour le concours ?
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Ok, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
Eh bien, en fait, notre concours, on le passe à Bac plus 5, et il y a environ 10-15% de réussite dans toute la France. C'est un concours national qui est extrêmement difficile, et ça se joue sur deux écrits, et après on est... Possiblement, on va aux oraux et aux pratiques plus tard. Mais du coup, c'était des outils pour justement, le jour J, se calmer, canaliser et être performant pendant les épreuves.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ne pas se laisser emporter par toutes les pensées.
- Speaker #0
Et du coup, tu as des amis étudiants qui t'ont donné des tips ou des exemples où tu as vu que ça les avait vraiment aidés ?
- Speaker #1
J'ai vu que ça les avait aidés, ça c'est sûr. Après, je n'ai pas trop d'exemples en tête d'outils qu'ils ont eus.
- Speaker #0
D'accord. Donc nous, on a démarré l'an dernier dans la formation. On a beaucoup travaillé sur soi, sur sa légitimité, sur la confiance, sur l'art de transmettre, sur l'identité de chacun. Finalement, je vous avais pris en séance individuelle. Qu'est-ce qui t'a marqué, toi, dedans, dans ce travail individuel ?
- Speaker #1
Déjà, la première chose, c'est que... Du coup, sur la première séance, tu m'as dit « avant de transformer les gymnastes, il faut se transformer soi » . Et c'est une phrase qui m'est énormément restée parce que moi, je suis persuadée que les gymnastes sont les reflets de l'entraîneur. C'est une phrase qu'on dit beaucoup et que j'ai entendue, mais je suis persuadée de ça. Et du coup, j'étais étonnée justement d'encore entendre ça. Et du coup, je me suis dit « bon, allez, là, il faut se lancer » . Et du coup, ça a été vraiment le travail sur moi qui fait que ça va impacter mes gyms. et c'est vraiment quelque chose que j'ai compris dans ces séances individuelles ok et dans quoi tu l'as vu d'ailleurs ?
- Speaker #0
est-ce que tu as vu quelque chose qui a changé chez toi ?
- Speaker #1
qui a changé chez moi ? je pense mais pas d'un coup en fur et à mesure de l'année c'est vraiment la confiance là où on a travaillé c'est la confiance et la légitimité même si ce n'est pas mon métier d'être entraîneur je peux faire des enchaînements qui fonctionnent qui marchent, il faut juste être bien entouré Et se faire confiance, justement. Il faut se faire confiance.
- Speaker #0
Oui, sinon les gyms n'ont pas confiance en elles. Exactement. Ok, et à quel moment tu t'es dit « Là, ça y est, je ne suis plus la même entraîneur qu'avant ? »
- Speaker #1
Dès que j'ai mis en place les outils de prépa mentale, en vrai, c'était en octobre. Mais même, en vrai, quand je réfléchis, je pense que c'est sur la saison individuelle de l'année dernière où je me suis dit « Je ne suis pas, parce qu'on ne fait pas le même travail. »
- Speaker #0
Trop bien. Et est-ce que ça t'a aidé toi aussi dans ta vie de gymnaste ou dans ta vie pour le concours de PS ou quand tu partais pour faire les colonies ?
- Speaker #1
Alors, du coup, dans tous les domaines, franchement, on ne va pas se mentir. Donc, si on reprend le pôle gymnaste, au niveau gymnaste, ben oui, parce que moi, l'année dernière, du coup, je m'entraînais très, très, très peu. Du coup, il fallait que je sois très efficace dans mes entraînements. et en plus euh Je ne me suis pas mis du tout la pression du résultat. Juste, je voulais me faire plaisir. Et ça a énormément changé. Du coup, tous mes objectifs étaient autour de ce plaisir et pas autour de la médaille ou quoi que ce soit. Ensuite, il y avait le pôle personnel. Moi, du coup, vraiment toute mon année l'année dernière, c'était le concours et la GR. Donc, dans le concours, énormément. Surtout quand j'ai dû aller aux oraux, c'est vraiment compliqué, on va dire. Pour moi, la posture et tout ça. Donc ça, pareil, ça a été des outils pour... arriver sereine, pas non plus sereine, mais arriver plus confiante. Et après, du coup, en colo, oui, je fais des colos tous les étés de GR et gym. Enfin, voilà. Et du coup, j'ai fait un atelier qui a énormément, énormément plu. Et j'ai vu qu'elles étaient très, très, très réactives à ce que je disais. Donc, ça, c'était trop bien.
- Speaker #0
Trop bien. Tu nous en parleras après. Je rebondis sur ta saison individuelle, donc en tant qu'entraîneur. Qu'est-ce qui s'est passé dans cette saison individuelle ? Qu'est-ce que tu as ressenti ? Qu'est-ce qui s'est passé de particulier ?
- Speaker #1
Du coup, c'était vraiment très particulier cette saison, du fait que les filles savaient que ce n'allait peut-être pas être ma priorité à l'Ager, parce qu'il y avait ce concours. Et du coup, les filles, elles devaient être beaucoup plus autonomes dans leur travail, parce qu'elles savaient justement que j'étais un peu plus à l'écart. Et du coup, pendant cette saison, ça a énormément évolué. On a énormément évolué sur ça. Et du coup, jusqu'à la fameuse médaille individuelle. C'est la première fois que le club obtient une médaille au championnat de France individuelle. Donc ça, c'était vraiment un beau souci. Oui,
- Speaker #0
trop bien. Et d'ailleurs, il y a eu et la médaille et la qualification en Coupe des clubs.
- Speaker #1
Ah oui, ça, c'était encore plus exceptionnel, je pense, niveau émotions.
- Speaker #0
Comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
Alors, du coup... On avait tout le temps un peu cette idée en tête de coupe des clubs. Et surtout, mes gymnastes, elles ne s'entraînent pas énormément. Et elles ont toutes réussi. Franchement, à part une gymnaste, j'avais neuf indives. Sur les neuf, il n'y en a qu'une, on va dire, qui avait fait une contre-performance. Toutes les autres ont réussi leur passage aux régions. Mais il y a toujours une petite erreur qui fait qu'elles n'étaient pas très loin au niveau des qualifs, mais elles ne s'étaient pas qualifiées en indives. Et du coup, on avait toujours cette petite pensée de coupe des clubs et tout ça. Et puis, au final, on s'est dit, non, ça ne passera pas. On a un tout petit club. Les autres, il y a des gros clubs. Elles sont 50 indives. Ça ne passera pas. Et du coup, avant Noël, je me rappelle. Moi aussi,
- Speaker #0
je me rappelle. C'était le cadeau de Noël.
- Speaker #1
Avant Noël, coupe des clubs. Premier Docs Italie, l'élan gymnique. Et là, je crois, on a toutes pleuré. On a eu les frissons. Vraiment, c'était exceptionnel. Parce que du coup, comme je suis gymnaste et j'entraîne mes gyms, on savait qu'on allait vivre un moment tous ensemble. Et franchement, c'était trop bien.
- Speaker #0
Trop bien, ouais. Et comment, tout à l'heure, tu me disais en aparté que les gens autour de toi avaient remarqué que tes gymnastes, elles étaient beaucoup plus sereines. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus sur, justement, comment les gens ont pu voir ça ?
- Speaker #1
Déjà, dans ma GR personnelle, donc moi en tant que gymnaste, j'ai des copines d'autres clubs qui m'ont dit, là En fait, je me suis lâchée sur cette année au ruban. J'ai voulu danser. Je n'ai pas voulu faire la difficulté, la difficulté. J'ai juste voulu danser. Il y a beaucoup qui m'ont dit, mais ça se voit que là, tu as eu un déclic. Et oui, j'ai eu un déclic, ça, c'est sûr. Et après, par rapport à mes gymnastes, on m'a dit, tes gymnastes, quand elles passent, elles sont plus sereines. Et en effet, mes gymnastes, elles savent maintenant qu'un truc simple, mais oui, tout le monde ressent du stress. Parce que s'il n'y a pas de stress, on ne ferait pas de la GR. On ressent tous le stress. Mais par contre, on apprend à utiliser cette émotion pour passer de façon sereine. Et du coup, ça se voit. Et je pense que l'année dernière, franchement, on a eu une très, très belle saison parce que les gymnastes, ils ont fait des beaux passages à la hauteur de ce qu'on voyait aux entraînements.
- Speaker #0
Et justement, tes gymnastes, comment elles l'ont vécu, cette nouvelle approche, en se disant, tiens, on va mettre le mental au centre de l'entraînement et plus la technique ?
- Speaker #1
Alors, il y a, on va dire, des gymnastes qui ont été très réceptifs très rapidement et des gymnastes... Pas trop. Et par contre, c'est ce qu'on a dit, la gymnase, c'est le reflet d'un trainer. Moi, j'y crois à 1000%. Du coup, j'étais tellement, allez, allez, hop, on refait. Là, on met les outils en place et tout ça, qu'elles n'ont pas trop eu le choix, en fait, de me faire confiance. Elles m'ont fait confiance. Elles m'ont dit, allez, hop, c'est bon, on te suit. Et du coup, c'est comme ça que ça s'est fait. En fait, elles m'ont fait confiance.
- Speaker #0
Et est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Comment t'as fait ? À partir de quand tu as mis en place ? Est-ce que c'était juste en compétition ? Est-ce que c'était dès l'entraînement ? Explique-nous un petit peu les secrets que tu as envie de dévoiler. Qu'est-ce que tu as fait pour finalement arriver au championnat de France avec cinq gymnastes qualifiés et une médaille au championnat de France ? C'est quoi le…
- Speaker #1
On avait six gymnastes en plus.
- Speaker #0
Six, pardon, excuse-moi.
- Speaker #1
Six gymnastes sur neuf. Du coup, ça n'a pas été qu'aux compétitions. Ce n'est pas magique. c'est des outils qui sont très utiles tout au long de l'année. Ça a commencé à fin août avec une soirée cohésion qui avait très bien marché. Et là, on avait commencé à expliquer. Donc, on n'avait pas dit, allez, on fait de la prépa mentale. On avait dit, on va voir ce qui se passe dans le cerveau. Et donc, on avait fait tout un système pour montrer que ce qu'on pense dans le cerveau, ça a un impact sur notre corps, ce qu'on propose. Et donc, tout part de ce schéma. Et après, du coup, on s'est redirigé vers des objectifs. Et ça a été le grand changement, les objectifs. C'est-à-dire qu'en GR, on est hyper perfectionniste et on veut y arriver. On est en septembre, allez, on veut faire le sans-chute. Et du coup, le plus gros travail de cette saison, ça a été enlever la pression du sans-chute et se dire comment je fais pour valider le maximum. Dans tous les cas, il peut y avoir des chutes, mais le principal, c'est de valider un maximum d'éléments. Donc pour moi, ça a été... Ça, le secret, ça a été la fiche objectif et en se laissant du temps. Mon objectif, c'est la qualification championnat de France. Ça veut dire qu'en décembre, il faut que je sois prête à 1000%. À chaque fois, on réduit les objectifs jusqu'à arriver en septembre. Ce n'est pas grave si tu fais deux chutes, parce que c'est en décembre que tu dois être prête. Ce n'est pas forcément là en septembre. Et ça a tout influencé les pensées. Du coup, en se disant, je ne suis pas nulle, c'est juste qu'il me faut du temps pour apprendre. Pour moi, c'est les outils qui ont énormément marché. Et du coup, ça, c'est sur la saison. Et après, en compétition, bien sûr, il y a quand même une part de gestion du stress avec les tiroirs, les tiroirs et l'épluchage d'oignons. On va nous prendre pour des pôles.
- Speaker #0
Alors oui, l'épluchage d'oignons, c'est un exercice que je pourrais expliquer à ceux qui font la formation, mais pris comme ça, sorti du concept, ça paraît bizarre, mais c'est ça, éplucher l'oignon.
- Speaker #1
Exactement, éplucher l'oignon pour trouver ce qui nous stresse. C'est donc... arriver et adopter ce mot qui fait si peur.
- Speaker #0
Exactement. Et toi, ça a fonctionné sur toi, ça a fonctionné sur tes gymnastes. Est-ce qu'après la première compétition, parce que finalement, tu avais mis tous ces outils que je vous avais appris, mais au final, bon, ok, toi, tu y croyais, mais personne ne savait encore si vraiment ça allait marcher, surtout pas tes gymnastes. Elles t'ont suivie, mais elles ne savaient pas si ça allait marcher.
- Speaker #1
Oui. Après la première compétition, on a eu un peu de tout. De toute façon, c'est les départements. Tout le monde est un peu en... Mais moi, je n'ai pas regardé forcément la performance. J'ai regardé le comportement sur le côté. Et en fait, elle savait ce qu'elle devait faire. Elle savait. Donc après, on a fait évoluer tous nos outils. Et puis voilà, ça a déroulé.
- Speaker #0
Donc en fait, ce que tu es en train de nous expliquer, c'est que tu as changé ta vision. Finalement, tu es... pas du tout resté focus sur le code, sur le sans-chute, sur la note, sur les choses négatives finalement, sur les choses qu'elles ratent. Mais tu as juste orienté ton regard sur les choses qu'elles réussissent parce que forcément, dans un enchaînement, on peut dire qu'on a 30 éléments. C'est une moyenne. J'ai 30 éléments et au lieu de se dire, tu as raté, tu as fait deux chutes, tu as positionné ton focus sur qu'est-ce qu'elles ont réussi. Oui, tu as fait deux chutes, mais du coup, tu as réussi 28 éléments. Donc, finalement, ça augmente la confiance de la gymnase et ça la motive surtout à travailler encore plus en disant « Oh, cool, j'ai réussi mes 28 éléments. » Bon, j'ai raté deux choses, peut-être grosse, peut-être une sortie, peut-être ça. Mais en tout cas, pour elle, ça lui fait du bien de se dire « J'ai quand même réussi 28 éléments sur 30. » Et finalement, tu as réussi à poser, toi, ton focus ailleurs. Et du coup, les filles aussi, forcément, vous avez toutes progressé là-dessus.
- Speaker #1
Et surtout que je me rappelle... On travaille avec des adolescents dans mon club. Et honnêtement, au début, je faisais que te dire, elles sont hyper négatives. Je me rappelle au stage de la Toussaint, elles sortaient toutes presque en soufflant. Et je disais, mais je ne veux plus voir ça. Ce n'est pas possible. Elles font de la gère pour leur plaisir, pas pour subir, pleurer aux entraînements et tout ça. Ce n'est pas possible. Et cette saison, honnêtement, là, comme elles ont intégré les outils, on est en... En septembre, je n'en ai pas une qui sort en pleurant. Tout le monde a compris l'enjeu et que maintenant, on a arrêté d'avoir des pensées négatives et maintenant, on se motive plutôt qu'autre chose. Oui,
- Speaker #0
trop bien. Et du coup, qu'est-ce qui a le plus changé au cours de la saison ?
- Speaker #1
De la saison de l'année dernière, du coup ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ce qui a le plus changé pour moi, c'est le comportement des gymnastes aux entraînements et sur le côté. Je me rappelle au championnat de France, Mais on était toutes trop bien. Parce qu'on savait, on ne s'était pas mis de pression ou quoi que ce soit. On était en coupe des clubs, on était trois filles sur quatre au ruban. Donc, on n'avait pas forcément de grand jeu, juste on est venu montrer notre passage. Et franchement, pareil. À part une contre-performance en individuel, les cinq autres, on a fait des super passages.
- Speaker #0
Et pourquoi ?
- Speaker #1
Eh bien, parce qu'on a arrêté de se mettre la pression. Et on a appris à canaliser ce stress. Oui, on ressent du stress. Maintenant, on apprend à travailler avec. C'est comme ça.
- Speaker #0
Et l'utiliser surtout.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et en fait, ce que vous avez réussi à faire, c'est que souvent, je l'explique, entre la peur et l'envie, la peur, elle gagne. Elle gagne toujours. Donc, même si j'ai envie de bien faire, j'ai tellement peur de rater que mon envie de bien faire, c'est secondaire en fait. On verra plus tard parce que notre cerveau est fait pour. nous sentir en sécurité, nous sentir bien. Donc, dès qu'on a une peur, l'envie de bien faire, elle passe plus tard. On verra demain, on verra la semaine prochaine. Et là, vous avez réussi à complètement réduire cette peur grâce à la méthode de l'oignon. Grâce à la méthode de l'oignon, comme je n'ai plus peur de rater, il me reste juste l'envie de réussir.
- Speaker #1
Pour la petite anecdote, j'ai une gymnaste cette saison qui m'a dit « Marie, je vais acheter une peluche oignon » . Du coup, on va accueillir une peluche oignon.
- Speaker #0
Ça va être la mascotte.
- Speaker #1
Oui, vraiment.
- Speaker #0
Alors attends, parce que tout le monde va vouloir savoir ce que c'est l'oignon. Justement, tu l'as utilisé dans la colonie de Géa. Dis-nous, parce que peut-être qu'il y a des personnes qui ont envie de faire cette colo. Qu'est-ce que c'est cette colo ?
- Speaker #1
Alors, du coup, c'est la FSC. F, notre fédération, c'est différent de la FFG, qui ont d'autres valeurs et d'autres motivations, qui font des colos, du coup, GR, gym, twirling, capoeira, etc. Il y a plein de disciplines. Et en fait, c'est une colo où on est vraiment dans des tentes, camping, on fait à manger, etc. Et on a quatre demi-journées où on fait l'activité choisie par l'enfant. Et donc, moi, j'ai fait GR. Et entre midi et deux, du coup, on a un petit temps calme. Et du coup, j'ai proposé justement cette activité prépa mentale avec juste du coup les petits schémas, pourquoi il faut penser positivement. Une technique de quand on a peur, on a peur de rater. Ce qu'il faut faire, justement, éplucher son oignon pour ne plus avoir peur.
- Speaker #0
Trop bien. Et toi, tu l'utilises aussi, cette méthode de l'oignon.
- Speaker #1
Oui. Ah oui.
- Speaker #0
Comment c'est ? cette préparation au championnat de France ? C'était la première fois que tu entraînais une gymnaste au championnat de France. Comment t'étais, toi ?
- Speaker #1
Alors, du coup, l'année d'avant, j'avais qualifié une gymnaste, mais c'était une gymnaste qui avait un tempérament assez calme, donc il n'y avait pas eu de problème. Et cette année, par contre, on savait que j'avais plus de filles qui étaient sensibles. Et qui, voilà, donc c'était vraiment gestion des émotions plus, plus, plus, on va dire, à travailler. Donc, on a vraiment travaillé sur le... avant, pendant le passage et après le passage.
- Speaker #0
C'est très important.
- Speaker #1
Toutes les répercussions que ça avait, si je réussis, si je ne réussis pas, les avantages, etc. Du coup, on a appris à relativiser pour ne pas avoir à appréhender justement cette qualification.
- Speaker #0
Et ça, tu l'as fait pas le jour J.
- Speaker #1
C'est des travails pendant les entraînements, c'est énormément de phrases, de petits discours. Pas en un seul bloc, c'est vraiment étalé sur les entraînements.
- Speaker #0
Et dans ma croyance, ou dans la croyance des entraîneurs, la préparation mentale prend trop de temps, ou prend plus de temps que du coup ça impacte peut-être la technique ou les passages. Est-ce que toi, comme tu l'as vécu cette année, en sachant que tes gymnastes ne s'entraînaient qu'une fois par semaine, peut-être même deux fois quand tu étais là, quand tu étais dispo, est-ce que vraiment la préparation mentale a pris ? énormément de place et du coup, ça t'a empêché de travailler la technique ?
- Speaker #1
Alors non, parce que comme on a l'habitude de dire en EPS, c'est du temps de perdu pour gagner du temps par la suite. C'est-à-dire que oui, c'est par exemple, là, la dernière fois, samedi dernier, j'ai pris 40 minutes sur un entraînement de deux heures, donc c'est beaucoup, pour refaire un point prépa mental et donc, après, elles se sont entraînées mais leur méthode d'entraînement change. Donc, en fait, ce n'est pas du tout du temps de perdu, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on croit que c'est du temps perdu parce que je perds entre guillemets 40 minutes et du coup, les filles ne travaillent pas leur technique ou leur corps. Mais finalement, le temps qui reste, c'est du temps gagné parce qu'elles travaillent complètement avec de la qualité. OK. Donc là, comme tu disais, tu as pu mettre tous les outils toute l'année à chaque entraînement, finalement.
- Speaker #1
Alors presque, presque à tous les entraînements. Mais c'est aussi ce qui a beaucoup changé, c'est les passages en tenue. Et du coup, avec justement cette fiche de validation pour qu'on fasse un état des lieux. Et donc ça, ça a été une nouveauté dans les entraînements. Mais après, il y a des entraînements où on est sur la technique, le passage, le cardio et tout ça, plus que sur le mental, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Bien sûr. Et alors vas-y, raconte-nous ce championnat de France.
- Speaker #1
C'était le meilleur, je pense, pour moi, en tant que gymnaste et entraîneur, les deux. Du coup, cette préparation a été super cool. Du coup, on était six, donc ça a été vraiment un travail. On a ciblé, on a vérifié les compos 50 fois. Du coup, on arrive au championnat de France. Pareil, on n'a pas l'enjeu, la pression de la médaille. On venait juste faire notre passage.
- Speaker #0
Moi, je vous avais fait une séance, une ou deux séances peut-être. avant les France, il me semble.
- Speaker #1
Une séance qui était... Ça nous a vraiment remotivées et on s'était dit, mais on a trop envie d'y être. En fait, on attendait tellement, on attendait tellement le championnat de France. Et du coup, on est partis, voilà, en minibus. On a fait nos... Alors du coup, il y a eu, je crois, le premier jour, donc c'était nos deux trophées, nos deux trophées A, donc il y avait Ophélie et Noémie. Ophélie qui fait une contre-performance, donc ça, ça met un petit coup quand même. Et après, Noémie qui nous fait la médaille en France. Donc ça, c'est chouette qu'ils aient séparé par âge. Et on ne s'y attendait pas du tout. On avait vu la note. J'entends la note. Troisième. Le frisson. C'est la première. Donc forcément, je pense que ça va me marquer à vie. C'est la première. Peut-être que quand je serai à ma vingtième médaille, ça sera différent. Mais la première, elle est vraiment...
- Speaker #0
Oui, on se souvient toutes de la première médaille.
- Speaker #1
Et après, du coup, le lendemain, on était super motivés. On passe l'après-midi, tout va bien. Et du coup, on n'appréhende pas. Juste, on a trop envie de passer. Les deux premières passent. Il y a une petite chute, mais franchement, ce n'est pas grave. Elle fait un super passage. Nous, on passe. Moi, je suis la dernière à passer.
- Speaker #0
Oui. Et d'ailleurs, coupe de club, vous passez les quatre presque à la suite. Non, deux, je crois.
- Speaker #1
Deux et deux. Voilà, c'est ça. Et tu m'avais dit, fais attention, parce que du coup, je voulais entraîner les deux premières. Sauf qu'après, c'était à moi. Du coup, j'avais fait attention de ne pas trop m'engager et tout ça. Mais j'étais bien. très beau passage, donc j'étais juste trop motivée. Et par contre, du coup, ma gymnase qui est passée juste avant, j'ai pas pu la regarder. Bon, j'ai vu les vidéos, bien sûr, c'était très très très beau, mais j'ai pas pu la regarder. Et puis la concentration, c'était l'enfer, du coup, parce que moi, je me voyais faire la choré de ma gym juste avant. Mais après, je me suis dit « Allez, on se concentre, on sait qu'on vient pour le plaisir. » Et j'ai reçu plein de messages après mon enchaînement de copines, de juges et tout ça, qui m'ont dit que c'était vraiment beau. Je sors avec un vin au ruban, une petite chute en plus. Donc, wow. Et là, pareil, j'ai appris à prendre confiance en moi.
- Speaker #0
Oh bien, wow. Quelle ascension, Marie. C'est trop bien. Et cette année, comment vous voyez les choses ? Sans parler d'objectifs.
- Speaker #1
Du coup, cette année, on va continuer à mettre en place la préfère mentale, c'est sûr, avec les outils qui m'ont le plus parlé. J'ai déjà commencé. On a déjà commencé les démos en tenue, etc. Les fiches validation, on a déjà... commencer les outils. Par contre, on est beaucoup plus. On a doublé. Du coup, ce n'est pas le même travail, mais juste, on prend la saison à la cool, on va dire. Et puis surtout, c'est ma dernière au club, du coup. Donc, ça aussi, on a envie de bien faire, ça, c'est sûr.
- Speaker #0
Ok. Et là, je vais pouvoir te dire, ça serait quoi les bénéfices si ce n'est pas bien fait ?
- Speaker #1
Franchement,
- Speaker #0
il y en aurait.
- Speaker #1
Le truc, c'est qu'on Même si les passages sont peut-être ratés, c'est pas pour ça que la saison est gâchée. Du coup, on veut juste passer une belle saison. Avec la saison qu'on a faite l'année dernière, elles sont toutes motivées à repartir en Coupe des clubs. Bien sûr, il y a une motivation qui est encore plus différente parce qu'elles ont envie de vivre ce qu'on a vécu. Mais par contre, il n'y a pas de pression de performance. C'est vraiment juste qu'on se fait plaisir et on fait ce qu'on fait aux entraînements.
- Speaker #0
Trop bien. et du coup Isa qui était avec toi qui est la responsable technique du club comment elle a vécu cette saison avec la préparation mentale enfin c'est un peu Sans parler à sa place, mais toi, de ton ressenti ?
- Speaker #1
Alors, Isa, du coup, elle est beaucoup moins disponible puisqu'elle entraîne tout le club, une évoluante tous les soirs, du coup, sauf le mardi. Ou même le mercredi, plus elle travaille. Enfin bref, elle fait énormément de choses. Du coup, elle a sélectionné des petits outils, elle a appris, même si au début, elle peut dire... On dirait qu'elle n'est pas réceptive. Finalement, elle prend toujours en compte. Elle analyse énormément et du coup, elle propose après aux gymnastes ce dont elles avaient besoin. Et surtout, elle me fait confiance à 1000%. En un livre, j'ai vraiment pu faire ce que je voulais. Et ça, c'est trop, trop bien. Elle me fait confiance. Dès que j'ai dit, est-ce qu'on peut faire une vidéo avec Leïla ? Elle t'a appelée directement. Et après, en équipe, du coup, elle s'occupe vachement plus des équipes. Là, pareil, elle a mis en place plein de choses que tu lui avais transmises.
- Speaker #0
Trop bien. Et cette formation, de ce que j'entends, de tous les outils que tu as pu prendre et te servir, et que ça a marché pour toi, dans ta vie perso, dans tout, en fait, finalement, qu'est-ce que tu retiens, finalement, que ce n'est pas juste une formation ? Qu'est-ce que tu pourrais retenir de tout ce que je vous ai enseigné ?
- Speaker #1
Moi, ce que je retiens, c'est que je pense qu'il faut toujours se former. Je pense qu'il faut se renouveler tout le temps et ne pas avoir peur. Au pire, on tente. Il n'y a pas de pire. Ça ne marche pas, ce n'est pas si grave, ce n'est pas un drame. Donc, apprendre à dédramatiser tout ce qu'on fait. Pour moi, il faut tout le temps se former, que ce soit sur le mental, que ce soit sur tout ce qu'on veut.
- Speaker #0
Trop bien. Je me souviens que tout au long de l'année, on a beaucoup échangé parce que je vous suivais énormément. Tous les entraîneurs que j'ai accompagnés, je vous suivais énormément. Et j'avais quand même vu, plusieurs fois, je t'ai fait la petite blague en disant « Mais Marie, c'est beau, tu es préparatrice mentale, c'est au top, tu as vraiment tout compris, tu as mis en place. » Franchement, j'étais hallucinée par le fait que tu t'es approprié les outils, mais d'une façon, mais comme si tu avais fait ça, ça fait dix ans que tu fais ça.
- Speaker #1
Mais en fait, j'y crois pour un peu mon histoire, c'est-à-dire que tout... je travaille énormément vraiment dans tout ce que je fais je travaille beaucoup beaucoup beaucoup et j'ai eu ma première qualification en Indive à 19 ans et à chaque fois je passais à rien du tout 3 fois on m'a pas repêché 2 fois on m'a pas repêché donc je travaille énormément et je me disais mais c'est dingue le travail il paye pas alors que je passe des heures aux entraînements c'est pas possible et tout simplement j'avais pas confiance et juste je passais je stressais je faisais n'importe quoi et ça recommençait et puis voilà et là là là non, mes gymnastes ça ne se passe pas comme ça parce que mentalement je les prépare donc j'y crois à fond donc forcément c'est plus facile pour s'approprier les outils,
- Speaker #0
si on n'y croit pas ça ne marche pas et justement pour ces gymnastes qui peut-être nous écoutent et qui n'arrivent pas à se qualifier toi tu viens de dire que ta première qualification,
- Speaker #1
donc tu as commencé tu avais 9 ans au loisir j'ai commencé en
- Speaker #0
12 ans ouais 12 ans Merci. Et du coup, à 12 ans de tes premières compétitions individuelles, et il t'a dû attendre tes 19 ans pour enfin te qualifier. Petit message, qu'est-ce que tu aurais envie de dire à ces gymnastes qui sont tristes de ne pas se qualifier, qui peut-être pensent comme toi, tu vois, peut-être en se disant « Oh là là, je travaille énormément, je suis tous les jours à l'entraînement, ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas, le travail ne paye pas. » Qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ?
- Speaker #1
Qu'il faut apprendre à dédramatiser. et pas à se dire, à identifier les qualifications comme quelque chose d'insurmontable. C'est-à-dire, je pourrais leur dire, c'est une étape qui est bien entraînée. Si tu es prête mentalement, encore une fois, c'est sûr que si on identifie la région comme « Ah, c'est la compétition, je rate tout le temps » , forcément, les pensées vont être négatives et ce qu'on va faire, ça va être négatif. Donc, y croire et faire confiance aux entraîneurs.
- Speaker #0
Oui. Et pour des jeunes entraîneurs ? Comme toi, tu vois, d'une vingtaine d'années. Qu'est-ce qui a fait que cette année, tu vois, comme toi ou comme Lana, vous êtes toutes les deux jeunes entraîneurs. Qu'est-ce qui a fait que ça a fonctionné chez vous cette année ?
- Speaker #1
Déjà, le travail. C'est un peu ma philosophie de vie. Pour moi, si on ne travaille pas, ça ne marche pas. Alors, des fois, oui. Mais moi, je suis sûre que non. Je n'y crois pas. Donc, pour moi, il faut beaucoup travailler. Et en fait, à partir du moment où on travaille et on se fait confiance, ça ne peut que marcher. Et dans le monde de la GR, c'est assez contradictoire parce qu'on est en concurrence. Et d'un autre côté, ce qu'il faut dire, c'est le partage. Il faut partager, partager, partager. Si je n'avais pas toutes mes copines des quatre coins de la France qui analysaient mes compositions, qui me disaient « Marie, là, ça ne va pas, là, ça ne va pas, là, ça ne va pas » , je n'y arriverais pas, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Et tu parles de confiance, mais moi, ce matin, je n'ai pas trouvé la confiance. Je ne l'ai pas mise dans ma poche, tu vois. Et souvent, beaucoup d'entraîneurs parlent, enfin entraîneurs ou peu importe, pas forcément les entraîneurs, ou même en tant que maman, on peut dire ça à notre enfant ou à peu importe. On dit souvent, aie confiance en toi. Sauf que confiance, ce n'est pas palpable. Ce n'est pas une matière que l'on prend. Ah oui, bah tiens, c'est comme si je prenais ma gourde le matin. Ma gourde de confiance, je l'ai remplie, je la prends. Et dès que je manque de confiance, je bois une gorgée. Non, ce n'est pas comme ça. Qu'est-ce que, maintenant que je sais que tu es arrivé à un stade où les outils que je t'ai apportés sont très hauts, qu'est-ce que tu pourrais dire par rapport à ça aux personnes qui n'ont pas confiance en elles et où on aurait envie de dire, mais aie confiance en toi ? Sauf que cette phrase, elle est juste inutile.
- Speaker #1
Justement, c'est un peu comme le sang-chute. C'est pour moi, enlever ce « allez, aie confiance en toi » , ce n'est pas ça. Quand on s'adresse à une petite gym ou à une petite qui n'a pas confiance en elle, c'est plutôt ce qu'on va lui dire de positif qui va lui faire prendre conscience. C'est toujours parler dans le positif, toujours dédramatiser et se dire que là, tu fais ce que tu fais aux entraînements, tu fais ce que tu fais dans la vie en général. Et ce n'est pas lui dire prendre confiance en toi, c'est lui dire plein de choses positives pour que sa confiance se booste.
- Speaker #0
Moi, j'ajouterais à ça que... En fait, la confiance, c'est quelque chose de... On n'arrive pas au monde avec de la confiance. Mais d'abord, c'est apprendre à s'aimer. Si nous, on ne s'aime pas, on n'a pas d'estime. Et du coup, on n'a pas confiance. Donc, la confiance, c'est quelque chose, c'est un peu le Graal. C'est le truc qui arrive en dernier. Et c'est d'abord, est-ce que je m'aime comme je suis ? Je m'accepte comme je suis ? Je m'apprécie comme je suis ? Quelle est mon estime ? Quelle est ma valeur ? Et ma valeur n'est pas... pas lié au résultat. Je ne suis pas qualifiée au championnat de France, ça ne fait pas de moi une mauvaise personne, ça ne fait pas de moi quelqu'un de nul, ça ne fait pas de moi quelqu'un de rejeté. Peu importe que je sois qualifiée ou pas, une médaille ou pas, que je fasse de la poterie ou de la GR, ça ne me rend pas, c'est pas le résultat qui me rend qui je suis aujourd'hui et ça, j'ai quand même beaucoup d'adolescentes et d'adolescents qui mettent leur confiance et leur estime d'elles-mêmes par rapport Ah, si je ne suis pas qualifiée, je suis nulle, en fait. Ça ne sert à rien.
- Speaker #1
On en revient aux objectifs. Moi, les filles, quand on leur demande leur objectif, c'est se qualifier aux France. Donc, OK, c'est un objectif. OK, c'est l'objectif. Mais après, je leur demande toujours un objectif personnel. C'est-à-dire que, c'est pour ça, les termes de validation, c'est intéressant, parce que je veux qu'elles se donnent des objectifs personnels pour éviter de se dire, je leur ai dit, la qualification, ça ne dépend pas que de vous. Ça dépend des autres, ça dépend des juges, ça dépend de... Un milliard de facteurs, si vous faites votre air pile sous le lampadaire, on ne peut pas savoir. Donc, c'est toujours des objectifs personnels que je demande à mes gyms.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu leur as demandé, par exemple, cette année comme objectif personnel ?
- Speaker #1
Eh bien, en vrai, elles l'ont très bien fait toutes seules. Donc, les objectifs personnels, c'est améliorer mon artistique. Donc, on sait qu'avec ces gyms, on va travailler le caractère sur tout l'enchaînement. Il y en a qui m'ont dit des objectifs en termes de diff. Moi aussi, personnellement, j'ai un objectif diff. En fait, c'est des petits objectifs personnels pour atteindre le grand général.
- Speaker #0
Oui, des objectifs de performance qui ne dépendent que de toi, finalement. Ils ne dépendent pas du juge, ils ne dépendent pas d'une note, ils ne dépendent pas de qui sera contre toi. En fait, c'est toi, qu'est-ce que c'est ton objectif à toi ? combien de points tu veux valider, dans quoi tu as envie de progresser, dans l'amplitude, dans l'artistique, dans la technique. Et ça, c'est que ton travail à toi. Et du coup, forcément, tu te vois plus vite progresser et tu n'es pas déçu. Parce que si tu n'es que focus là-dessus, tu ne peux que progresser. C'est impossible de ne pas progresser là-dessus. Donc, si tu es focus là-dessus, tu ne peux que progresser. Super, Marie. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire ? Déjà, merci Marie pour tout ton partage et ta sincérité. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire à des entraîneurs qui n'osent pas ou qui pensent déjà tout savoir ou qui n'ont pas le temps parce que ça leur prend du temps de faire de la préparation mentale. Je n'ai pas le temps, je n'ai pas le temps. Cette croyance du temps, même si c'est vrai, c'est une réalité. Toutes personnes, on est tous quand même très prises. Prix et prix entre les études, la GR, les compétitions, les réunions, enfin plein de choses, ça c'est une réalité, on est tous pris. Mais si là, à un moment donné, on est focus en se disant « bon ben, je vais perdre du temps, je mets des guillemets, même si on ne les voit pas, mais écoutez, il y a des guillemets, comme ça, je vais perdre du temps, je vais m'occuper de moi et je vais changer vraiment moi intérieurement pour gagner du temps sur la suite » , qu'est-ce que ça serait ? pour toi ? Qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ?
- Speaker #1
J'ai envie de dire aux entraîneurs que, alors déjà, moi je vois pas ça comme une perte de temps, même si je le pensais au début quand du coup j'avais mon concours, je me disais non mais je peux pas accorder deux heures alors que c'est deux heures de révision au moins et tout ça, mais finalement aucun regret par rapport à tout ce qu'on a dit. Et après le conseil c'est, on peut pas demander au gym de faire quelque chose alors qu'on l'applique pas à soi-même. Et on peut pas leur dire, c'est pour ça j'ai dû... sur le côté aux compétitions, j'ai dû faire la sereine. Moi, j'ai confiance. Ah, mais il n'y a pas de souci. Moi, je vais passer, il n'y a pas de souci. En vrai, c'est un peu plus difficile que ça. Mais il fallait que je montre ça à mes gyms. Forcément, je leur dis toutes les paroles que je leur ai dites. Elles me le répétaient après, quand elles devaient m'entraîner. Elles me répétaient. Donc, c'est toujours faire ce qu'on dit et ne pas leur demander quelque chose alors qu'on n'y croit pas.
- Speaker #0
Oui, qu'on n'y croit pas ou qu'on ne sait pas le faire. et puis quand on dit on ne sait pas le faire On ne parle pas de technique, on ne demande pas aux entraîneurs de savoir faire un lancé 12 roulades. Non, non. C'est est-ce que toi, entraîneur, tu te sens légitime ? Est-ce que toi, entraîneur, tu te sens à ta place ? Est-ce que toi, entraîneur, tu sais oser ? Est-ce que toi, entraîneur, tu as confiance en toi ? Si tu as répondu non à toutes ces questions, il ne faut pas s'étonner que tes gymnastes ne le sont pas.
- Speaker #1
J'ai vu la différence en vrai sur mes gymnastes quand tu m'avais dit il faut que tu crois un peu plus. Et confiance en toi, parce que sinon, les gyms, elles ne vont pas avoir confiance en ce qu'elles font. Et du coup, moi, maintenant, je leur dis, allez, vous allez y arriver, vous allez arriver à ci, à ça, et tout ça. Et du coup, je les encourage beaucoup plus vers leur objectif. Et c'est vrai que ça a pas mal changé, ça aussi, dans l'entraînement.
- Speaker #0
Oui, parce que souvent, on dit... Moi, je sais que j'ai beaucoup de... Par exemple, de mamans aussi qui me posent des questions. Qu'est-ce que je dois dire ? J'avais fait une masterclass comme ça. Qu'est-ce que je dois dire ? qu'est-ce que je ne dois pas dire à mon enfant ? pas vraiment de... Alors si, il y a quand même des mots à éviter, mais l'entraîneur, c'est pareil. Qu'est-ce que je dis ? Qu'est-ce que je ne dis pas ? En fait, il n'y a pas réellement de mots à ne pas dire. Enfin, si, pas de gros mots, des trucs comme ça, mais il n'y a pas de mots magiques. Mais par contre, dans l'énergie que vous y mettez, dans la certitude, dans ce que vous êtes en train de dire, ça se ressent si vous êtes là, vous êtes en train de mentir ou si vous êtes vraiment en train d'y croire dans vos phrases. C'est ça qui va beaucoup plus s'impacter. Surtout que les gymnastes que l'on a en face de nous, ce sont des enfants et ce sont des éponges à émotions. Ils vont plus retenir l'intensité, l'énergie que vous dégagez que juste le contenu. D'ailleurs, si dans 10 secondes, la gymnaste passe et que votre discours semble complètement incertain, pas du tout crédible, ça ne fonctionne pas. Trop bien, Marie. Est-ce que tu aurais envie de partager autre chose ?
- Speaker #1
J'ai envie de partager qu'il faut y croire et que ce n'est pas facile, l'AGR, mais qu'encore une fois, avec du travail et des pensées positives, on peut y arriver.
- Speaker #0
Ok. Merci Marie pour ton partage. Merci pour ton énergie. En tout cas, ce qui me touche, Marie, dans ton parcours, c'est exactement la raison pour laquelle j'ai créé cette formation. C'est vraiment ma mission de me dire, je suis là. J'aide les entraîneurs pour plus que les entraîneurs se sentent seuls. Je veux aider les entraîneurs pour qu'elles se sentent légitimes, que les entraîneurs se sentent grandes, que les entraîneurs aient confiance. Je ne veux plus voir d'entraîneurs en burn-out parce qu'elles sont surmenées émotionnellement, physiquement, tout. Je suis là pour transmettre bien plus qu'une technique ou bien plus que des outils. Je veux transmettre cette confiance, cette capacité à performer. sans sacrifier l'humain. Mais je ne parle même pas de l'humain des enfants. Je sais qu'on parle beaucoup des enfants et des gymnastes. Mais pour que les gymnastes se sentent bien, il faut que l'entraîneur, lui, il se sente bien. Ça ne marchera pas sinon. Donc vraiment, Marie t'incarne. Dans ce que je vois, c'est tout à fait pourquoi j'ai lancé cette formation pour transmettre que tout le monde se sente libre, sans être épuisé. Qui on est aujourd'hui, ça ne veut pas dire qu'on sera la même personne dans un an, enfin, ou dans cinq ans. Toi-même, tu l'as vu, tu as été transformée. Et pourtant, au début, ce n'est pas que tu ne croyais pas, c'est que déjà, tu ne savais pas trop ce que j'allais te raconter. Et puis, cette espèce d'étiquette qu'on met, la préparation mentale, avec les croyances et les injonctions qu'on y met, ça prend du temps. Je n'ai pas le temps, je n'ai pas le temps. En fait, c'est un gain de temps pour la vie.
- Speaker #1
Il ne faut pas oublier aussi que c'est qu'un sport. Et justement, moi, le fait que ce ne soit pas mon métier, je pense que je suis aussi assez éloignée du résultat. On n'attend pas de résultat, on n'attend pas. Donc les gyms, elles savent que je n'attends pas d'elles un résultat, j'attends d'elles un comportement. Et donc, ne pas oublier que c'est un sport et que mes petites gymnases de Castri-Vendard ne vont pas faire les Jeux Olympiques. Ça, c'est sûr. Donc aussi, apprendre à prendre du recul sur ça quand on se sent totalement débordé.
- Speaker #0
Mais en même temps, c'est difficile à le faire.
- Speaker #1
C'est super difficile.
- Speaker #0
Parce que tout le monde est passionné. Et oui, on peut se dire, l'importance, c'est de participer. Oui, bon, en même temps, j'aimerais bien gagner. Enfin, en tout cas, j'aimerais bien que mes gymnases performent. Pas forcément toujours une médaille. Mais en tout cas, qu'elles réussissent à faire ce qu'elles savent faire à l'entraînement. Et puis, s'il y a une médaille, tant mieux. S'il y a meilleur, tant mieux pour les autres. Mais au moins qu'elles réussissent. Donc, prendre du recul, ce n'est vraiment pas évident. à faire, surtout quand on n'est pas accompagné. Et ça rend aussi un entraîneur qui perd confiance en elle, en fait, qui se remet en question constamment, mais négativement. Et du coup, son regard change, sa posture change. Et du coup, ses gymnastes aussi perdent confiance en elle.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Voilà. Donc, si les entraîneurs qui nous écoutent, vous avez aussi envie de changer, d'évoluer, en tout cas, vous n'êtes pas seul. Si vous avez envie de devenir l'entraîneur Capable d'intégrer la préparation mentale dans son quotidien. Vous avez entendu Marie, ça ne prend pas. En fait, c'est du temps gagné pour la suite. Je vous invite à rejoindre ma formation Transform Coach. Je vais vous mettre toutes les informations. La prochaine édition arrive très vite pour 2025. Merci beaucoup Marie. Alors, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter de cette année ?
- Speaker #1
Du plaisir et des beaux passages aux compétitions.
- Speaker #0
Du plaisir, des beaux passages en compétition. Et puis, plein de belles choses pour cette dernière année prof de PS à côté de ta ville, enfin dans ta ville. Et puis, Paris l'année prochaine, c'est ça ?
- Speaker #1
L'Île-de-France.
- Speaker #0
L'Île-de-France, ok.
- Speaker #1
L'Île-de-France est très large,
- Speaker #0
mais… Et toujours dans la GR quand même, même si tu es en Île-de-France. Ah oui. Alors, des clubs en Île-de-France, il y en a à l'appel. Ah,
- Speaker #1
ça va être bien. Je m'informerai.
- Speaker #0
Oui, il y en a à l'appel. Si tu recherches, tu me dis, je te mettrai en contact. Merci beaucoup, Marie.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Ciao.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode avec Marie. J'espère que son parcours t'a inspirée et t'a donné envie, toi aussi, de passer à l'action. Alors aujourd'hui, deux options s'offrent à toi. La première, c'est le camp des entraîneurs, un camp que j'organise avec Carole Moïse à Besançon. Pour 2026, les dates sont posées. Ce sera le 21, 22 et 23 août 2026. Trois jours pour te former, échanger et vivre une vraie transformation aux côtés d'autres entraîneurs passionnés. La deuxième option, c'est de rejoindre la formation que Marie ou Lana ont suivie pour aller encore plus loin. Les inscriptions sont ouvertes depuis le 20 octobre 2025 et la prochaine session démarre le 5 janvier. Une formation sur trois mois pour transformer ta manière d'entraîner, développer tes compétences en préparation mentale et retrouver du sens dans ton rôle. Toutes mes formations sont finançables par ton opco. Tu trouveras tous les liens et les infos en description de cet épisode. Alors si tu veux toi aussi évoluer, ne plus être seul et devenir enfin un entraîneur capable d'allier performance et sérénité, je serais ravie de t'accompagner. A très vite au bord des praticables. Merci d'avoir été là avec moi au bord des praticables. Si cet épisode t'a touché ou fait réfléchir, Pense à t'abonner et à laisser un 5 étoiles sur ta plateforme préférée. C'est tout simple, mais ça m'aide énormément à faire grandir ce podcast. Et si tu connais un parent, un coach ou un athlète à qui ça pourrait faire du bien d'écouter cet épisode, alors partage-lui. On ne sait jamais quelles graines ça peut planter. Allez, à très vite, au bord des praticables !