- Speaker #0
Au cœur de la boulange, le podcast de l'édition 1071, le média qui donne la parole à celles et ceux qui façonnent la boulange.
- Speaker #1
Moi pour avoir fait un reportage là-bas, je vous avoue que c'était très déstabilisant parce qu'on entrait dans une agence avec sur le côté, à droite quand on entre, un espace salon de thé avec toute la belle pâtisserie, la belle viennoiserie que vous savez faire. Et c'est vrai que dans le Crédit Agricole, ça faisait bizarre.
- Speaker #0
Oui, c'était un challenge qui était assez osé mais en même temps qui était assez précurseur. et nous c'est ce qui nous intéressait aussi au travers de cette expérience là elle n'a pas été facile à lancer et à concevoir dans le sens où deux métiers qui se ressemblent pas ou qui n'ont rien pour s'assembler sauf pour aller faire un prêt dans une banque mais conjointement mettre une activité bancaire avec une activité on va dire restauration snacking salon de thé ça n'avait rien d'évident au départ Nous, l'intérêt qu'on y voyait au travers de cette expérience, c'était d'abord un lieu, parce que là, on se positionnait en centre-ville, dans une rue, somme toute, plutôt chic. Et le Crédit Agricole avait vraiment conçu un espace très design, un concept store très contemporain. Et donc, quelque part, c'était pour nous aussi une manière de faire évoluer notre métier, de sortir un petit peu de notre de notre quartier, de notre tradition, et puis d'essayer d'aller vers une autre offre pâtisserie, plus contemporaine, peut-être plus innovante. Et les synergies qu'on pouvait trouver entre une agence bancaire et nous, en tant que salon de thé, en fait, étaient assez intéressantes dans le sens où les clients du Créer École où Tout autre client pouvait venir chez nous sans avoir un intérêt avec la banque, parce que ce n'était pas que les clients du Crédit École, on était ouvert à tout public. Et donc, étant devant l'agence, on créait un espace convivial. Et les banques, et notamment le Crédit École, avaient pour projet justement de rendre leurs agences beaucoup plus conviviales, parce que depuis un certain temps, c'était plutôt, on va dire, Assez froid, on perdait un petit peu la relation humaine dans le milieu bancaire, avec des murs d'argent, des conseillers qui étaient plutôt derrière des baies vitrées ou des bureaux, et un service à l'accueil qui n'était pas toujours très performant, parce que c'était souvent les jeunes rentrants dans les banques qui faisaient leurs armes à l'accueil. Et c'est vrai que le projet, à l'origine, était quand même du Crédit Agricole, nous ont proposé ce type d'association sur lequel on a trouvé des choses très intéressantes à faire ensemble et puis surtout peut-être dépoussiérer un petit peu le monde aussi de la pâtisserie et de la boulangerie en tentant justement des expériences comme ça assez innovantes et ambitieuses. C'était un peu compliqué au départ pour expliquer ce type de projet Est-ce que bon... Il était quand même très nouveau. Mais en même temps, c'est des projets qui existent aussi à l'étranger. Je sais que le directeur de l'époque du Crédit Agricole avait un peu voyagé avant, et notamment en Asie. Et ce type d'association est quand même assez fréquente dans les grandes villes asiatiques, voire même aux États-Unis. Et il avait à cœur de transposer un petit peu ce modèle-là aussi en France. Donc, pour nous, c'était une belle expérience. Elle n'a pas duré parce qu'il y a eu un changement de direction au Créer Ecole à l'époque. Et le nouveau directeur n'avait pas cru bon d'insister sur ce nouveau concept. Donc, on a arrêté un petit peu de mettre des moyens et de créer du réseau. Parce qu'en fait, l'idée du concept, c'était aussi au-delà de la partie visible, qui était l'agence au départ, au rez-de-chaussée. C'était... On avait un espace de vie au dernier étage où il y avait à peu près 400 m² de surface où on pouvait... Toutes les semaines on organisait des soirées. Donc ça pouvait être une exposition, une soirée autour d'un conseiller patrimoine, ça pouvait être un défilé de mode, on a fait beaucoup de choses très différentes les unes des autres. Et justement le but était vraiment de créer des animations pour créer du réseau. Et donc nous on bénéficiait du réseau du Crédit Agricole. Donc voilà au travers de ça on se faisait connaître. Et puis, nous, nos clients, qui n'étaient pas forcément créés des agricoles, pouvaient rentrer dans ce lieu et puis assister aux animations le soir, aux cocktails qu'on pouvait organiser pour justement aussi connaître peut-être une autre banque. Donc, l'idée était double en fait. Elle était au départ rendre l'agence assez conviviale, mais en même temps, c'était un lieu, un espace fait surtout aussi pour créer du réseau. et ça c'était assez intéressant parce que ça nous a permis les uns et les autres de se faire connaître et puis de toucher notre clientèle.
- Speaker #1
Et finalement, ce n'était pas l'activité en tant que telle qui était plus intéressante que ça ?
- Speaker #0
Comment ?
- Speaker #1
Finalement, ce n'était pas l'activité en tant que telle qui était plus intéressante que ça ? C'était plutôt se faire du réseau ?
- Speaker #0
Je pense que c'était un outil de communication en même temps. Et c'est vrai qu'à l'époque, ça a fait beaucoup parler parce que c'était complètement nouveau et puis ça posait question. Mais ça a été très regardé, et notamment beaucoup par les autres banques, qui ont essayé de voir un petit peu ce qui se passait là, et de savoir s'il y avait un truc qui pouvait émerger. Et c'est vrai que la BNP a aussi fait un concept un petit peu comme ça sur les quais, face au parking Villene, qui est un espace très moderne, un espace de grand showroom, où il y a eu aussi des expositions, mais eux ne sont pas allés jusqu'à intégrer d'autres partenaires. comme nous on y était avec le Crédit Agricole.
- Speaker #1
C'est vrai que c'était assez osé.
- Speaker #0
Oui, c'était assez osé.
- Speaker #1
Et le client, pour qu'il comprenne, ce n'était pas évident pour lui.
- Speaker #0
L'idée était intéressante, mais je pense qu'elle n'a pas été intéressante si elle avait duré. Je pense que tout le monde se serait vraiment retrouvé et serait certainement émergé sur d'autres concepts. Mais il y a un moment donné, une volonté de quelques personnes au Créal'école qui ont jugé que c'était un concept trop compliqué, pas assez réactif peut-être, on ne sait pas. Mais c'était surtout dû à des personnes qui n'ont pas forcément cru à la durabilité du projet. Mais c'était un projet plutôt sur du long terme. Parce que c'est vrai qu'on parle réseau, ce n'est pas quelque chose qu'on fait sur quelques mois. Ça demande des fois deux, trois ans. Nous, on est resté 4 ans là-bas et je crois que le Crédit Agricole a dû fermer l'agence au bout de 5 ou 6 ans. Nous, on est parti un petit peu avant. Mais ça a marqué les esprits parce que beaucoup de gens nous en parlent toujours. Donc l'idée était quand même intéressante.
- Speaker #1
Je vous avouerai que sur le coup, quand j'ai vu ça, je me suis dit « mais qu'est-ce que Thierry Bouvier est allé faire là-dedans ? »
- Speaker #0
Oui, mais bon, voilà, ça a été le... Je pense à la réflexion certainement de pas mal de gens. Mais après, bon, alors il y a des fois des partisans d'une banque plus que d'une autre, des choses comme ça. Bon, nous, on a toujours été assez ouvert sur plein de choses. Et que ce soit, si ça avait été le Crédit Mutuel ou la Caisse d'Épargne ou n'importe quel type de banque. Bon, voilà, il se trouvait que c'était le Crédit Agricole. Mais c'était le concept plus que la marque de la banque qui nous intéressait, en fait. nous ce qu'on y voyait c'était surtout c'était surtout les synergies qu'on pouvait mettre en commun et puis avoir une ouverture aussi sur le monde bancaire. Parce que ça nous a permis aussi de faire de belles rencontres parmi tous les salariés de la banque et de créer des événements qui, bon, c'est vrai qu'on avait un peu carte blanche. Et donc, chacun mettait un peu ses idées sur la table et à partir de là, on arrivait vraiment à faire des belles prestations.
- Speaker #1
Et ça s'est fait comment ? C'était la rencontre de deux personnes, vous et quelqu'un de Crédit École, vous vous connaissiez et vous en avez parlé ?
- Speaker #0
Oui, moi étant client de Crédit École, eux nous connaissant parce qu'on était chez eux depuis pas mal d'années, et ce directeur qui est passé à l'époque, indirectement je l'ai rencontré, il nous a présenté son projet. Et naturellement, on a vu qu'on pouvait faire des choses ensemble parce qu'on avait l'envie commune de mettre des choses. nouvelles dans nos métiers. La banque, c'est vrai qu'elle prenait aussi un risque de créer un concept qui, somme toute, était complètement dehors de leur image. Et associer un gros groupe comme ça, comme le Crédit Agricole, à un petit artisan de quartier, c'est vrai que pour eux, ce n'était pas forcément non plus évident. Ils l'auraient fait, par exemple, avec une marque connue, une marque nationale. Ça aurait été un Starbucks ou je ne sais pas quoi. Peut-être qu'à la limite, ça aurait été plus cohérent dans les approches. Mais de leur part, c'est vrai que c'était assez osé de nous proposer ça en tant que petits artisans. Ils se joindraient dans un concept qui était un projet pour eux un peu révolutionnaire aussi.
- Speaker #1
Et il n'y a pas eu d'autres tentatives dans d'autres villes ?
- Speaker #0
A ma connaissance, non. à tort je pense parce que moi je pense qu'il y a vraiment des choses à faire dans ce domaine là mais je pense qu'il y a peut-être à l'étranger plus qu'en France ce type de concept on a du mal à mixer les choses en France quand même oui je pense qu'on est assez cloisonné en France ce qui est moins le cas peut-être dans les pays asiatiques ou les pays anglo-saxons
- Speaker #1
Ceci dit, on mixe quand même la restauration et la boulangerie.
- Speaker #0
Oui, oui. Je vois même beaucoup maintenant l'hôtellerie, par exemple, qui a des fois des boulangeries dans leur mur. Il y a une chaîne, je crois que c'est une chaîne espagnole d'hôtels qui a quasiment dans tous ces hôtels une boulangerie avec pignon sur rue. Et l'idée, là, elle est intéressante aussi parce que... L'hôtel a besoin de pain, l'hôtel a besoin de viennoiserie pour les petits déjeuners de matin. Et après, au-delà de ça, la boulangerie peut vendre sur la rue s'il y a un emplacement pour leur production. Donc, on voit certains métiers qui s'ouvrent et qui arrivent à créer des synergies sur des métiers complètement différents. On voit aussi, peut-être plutôt dans les grands hôtels ou les palaces, soit des bijouteries ou des magasins de luxe dans les halls d'hôtels. Donc, c'est des choses qui existent. Mais en même temps, c'est vrai que le milieu de la banque est quand même un milieu qui, somme toute, est assez traditionnel dans ce qu'ils font. Et c'est sûr que ce n'est pas dans leur ADN de s'ouvrir comme ça sur des projets. assez diverses.