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Agir pour l'autodétermination

#2 - L'autorégulation, 1ère composante de l'autodétermination!

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11min |17/01/2022
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Description

🎙️Autorégulation🎙️


L'autorégulation est l'une des 4 composantes de l'autodétermination. C'est la capacité, pour une personne,  d'anticiper les conséquences de son action, de s'ajuster en fonction de l'information de l'environnement et de prendre une décision en conséquence.


Il faut donc observer comment une personne s'autorégule, comment elle repère les éléments essentiels de son environnement, comment elle en tient compte, comment elle les intègre dans ses décisions!


L'accompagnateur va devoir identifier dans sa posture, s'il doit réguler le comportement de la personne ou s'il soutien la personne dans son autodétermination. 


Quand une personne doit prendre une décision, il faut l'amener à prendre en compte les éléments qu'elle doit considérer, plutôt que de lui dire quelle décision elle devrait prendre. Posons des questions à la personne avant de lui donner des réponses!


Martin Caouette prend plusieurs exemples: 

- organisation d'une sortie: transport, coût, horaire..;

- choix de la tenue vestimentaire  en fonction de la saison.


L'objectif est donc de poser des questions à la personne pour qu'elle puisse trouver par elle même les solutions et d'éviter d'induire la réponse, en attirant la personne sur les éléments à considérer pour sa prise de décision. 


A considérer pour soutenir l'autorégulation:

- poser des questions ouvertes et non fermées,

- laisser à la personne le temps de réfléchir pour tenter de répondre,

- laisser la personne expérimenter pour lui permettre de s'ajuster.


Bien évidemment, on ne laisse pas la personne se mettre en danger, mais, se tromper, cela fait partie de l'apprentissage. Oser l'expérimentation et faire des feedbacks/rétroactions pour lui permettre de continuer à apprendre. 


Il existe des grilles d'observation, notamment pour des personnes non verbales, ou à construire sur mesure en fonction des besoins, et des stimuli nécessaires pour la personne. 


L'autorégulation peut également être variable en fonction de l'interlocuteur: parents, professionnels, enseignants... Il est donc important de croiser les regards pour soutenir l'autorégulation de la personne. La vidéo peut être un bon outil notamment pour les enfants.


Pour retrouver l'épisode par écriit c'est ici 







Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    S'autodéterminer, c'est être l'auteur de ses vies. Je suis Martin Caouette, professeur et titulaire de la chaire Autodétermination et handicap de l'Université du Québec à Trois-Rivières et directeur scientifique du programme sur l'autodétermination du Centre de formation Campus en France.

  • Speaker #1

    Je suis François Bernard, directeur général du GAPAS. Ensemble, agissons pour l'autodétermination des personnes en situation de handicap. Mais pas que. Pour ce nouvel épisode de Autodétermination et Handicap... Épisode numéro 2, on va parler d'autorégulation, qui est l'une des composantes de l'autodétermination. Martin, je te laisse la parole parce que je bafouille, je ne trouve pas mes mots, donc je te laisse prendre la main.

  • Speaker #0

    Donc, quand on parle d'autorégulation, en fait, on parle d'une des quatre composantes essentielles de l'autodétermination. Donc, on va reconnaître un comportement autodéterminé quand on est capable de reconnaître dans ce comportement-là aussi un certain niveau d'autorégulation. L'autorégulation, en fait, c'est toute cette capacité-là qu'une personne va avoir d'anticiper les conséquences de son action, de s'ajuster en fonction également de l'information qui va arriver de son environnement, puis de prendre des décisions en conséquence. donc par exemple si vous vous retrouvez un jour comme ça au volant de votre automobile et qu'arrive devant vous un ballon en plein milieu de la rue et que vous ajustez votre conduite parce que vous anticipez que derrière ce ballon là pourrait arriver un enfant, bien évidemment, vous êtes en train de vous auto-réguler à ce moment-là. Donc, l'auto-régulation, ça devient un aspect essentiel d'être capable de tenir compte de l'information de l'environnement pour en arriver finalement à prendre des décisions qui vont tenir compte de la réalité de notre environnement.

  • Speaker #1

    Alors concrètement, comment on met ça en œuvre ? Comment on tient compte de cette auto-régulation ?

  • Speaker #0

    Bien concrètement, en fait, la première chose, ça va être intéressant d'observer comment une personne s'autorégule. Donc, si j'accompagne une personne en situation de handicap, c'est intéressant d'observer d'abord comment est-ce qu'elle est en mesure de repérer les éléments qui sont essentiels dans son environnement, puis comment elle est capable d'en tenir compte et de les intégrer finalement dans les décisions qu'elle a à prendre. Donc, comme accompagnateur, en fait, ce qui va être intéressant, c'est d'abord de... d'identifier est-ce que je régule la personne ou si je la soutiens dans son autorégulation. Quand je régule la personne, c'est moi qui vais lui dire quoi faire, comment faire les choses, qui va la pousser à prendre un certain nombre de décisions, de mettre en œuvre un certain nombre d'actions. Quand je soutiens son autorégulation, je vais parfois avoir des interventions qui vont être d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer autour d'elle. Donc, un peu à la façon comme si on était deux personnes qui avançaient dans le noir et parfois j'ai la lampe de poche, j'ai la torche et je vais éclairer, en fait, le passage de la personne pour lui permettre de tenir compte, en fait, de certains éléments. Donc, concrètement, dans une décision qu'une personne a à prendre, ça va être parfois de l'amener, d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer plutôt que de lui dire quelles décisions elle devrait prendre.

  • Speaker #1

    On revient sur l'influence enduit.

  • Speaker #0

    Ça revient sur l'influence indue et ça va nous amener en quelque sorte à chercher à avoir les bonnes questions plutôt qu'à donner les réponses à la personne. Donc, imaginons que vous accompagnez une personne qui a comme projet, par exemple, d'aller voir un spectacle, de faire une sortie. Donc, évidemment, on pourrait lui donner toutes les informations, toutes les étapes finalement qu'elle doit suivre pour en arriver, par exemple, à planifier sa sortie, à planifier son activité. je peux aussi la questionner pour l'amener à ce qu'elle-même soit en mesure d'identifier les éléments qu'elle a à considérer dans la planification de cette sortie-là. Le transport, le coût par exemple du billet pour aller voir le spectacle, etc. Donc tous ces éléments-là, on va l'amener à le considérer. Un autre exemple également que je pourrais donner, imaginons par exemple le choix de la tenue vestimentaire en fonction de la saison. Donc évidemment, je peux dire à la personne qu'étant donné qu'il... pleut ou étant donné qu'il neige, voici le type de vêtements qu'elle devrait porter. Mais je peux aussi l'amener à tirer son attention sur quelle température fait-il en ce moment à l'extérieur, étant donné qu'il pleut, qu'est-ce que tu crois que tu devrais porter aujourd'hui en fonction de ça, quel est le meilleur vêtement à choisir, puis de la soutenir finalement dans ce choix-là. Quand je suis en train de faire ça, je suis véritablement en train de soutenir son autorégulation.

  • Speaker #1

    Donc vraiment d'amener la personne à avoir ses propres réponses par rapport aux questions que tu poses.

  • Speaker #0

    Exactement, et d'éviter, et là je vais faire le lien avec l'influence indu, d'éviter d'induire la réponse, mais plutôt d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer pour faire le choix. Si je reprends l'exemple du choix d'un vêtement, par exemple, en fonction de la saison. de poser la question « Est-ce que tu as vu quel temps il fait à l'extérieur en ce moment ? » Donc, je suis en train à ce moment-là de dire à la personne « J'attire ton attention sur la température. Qu'est-ce que tu vois ? Il pleut. Étant donné qu'il pleut, qu'est-ce que tu penses qui serait le meilleur vêtement pour toi aujourd'hui ? » Donc, je l'accompagne dans son processus plutôt que de lui dire « Voilà, aujourd'hui, il faut prendre l'imperméable parce qu'il pleut. »

  • Speaker #1

    Ça veut dire qu'on est sur des questions qui sont plutôt ouvertes que fermées.

  • Speaker #0

    on est sur des questions qui vont être plutôt ouverte et on va aussi faire le choix de laisser le temps à la personne de réfléchir et de tenter de répondre. Et ce n'est pas parce que je lui laisse le temps et que je la laisse répondre qu'elle va nécessairement donner, qu'elle va nécessairement faire le bon choix. Parfois, ça va être aussi de choisir de laisser expérimenter la personne, peut-être pour qu'elle puisse prendre conscience qu'elle s'est peut-être trompée, lui donner l'occasion également de s'ajuster. Si, par exemple, encore une fois, dans le choix de vêtements, la personne n'a peut-être pas fait le bon choix, est-ce que je peux lui laisser au moins cet espace-là d'expérimenter, se questionner, puis revoir ses positions ? Là, on est vraiment dans une démarche d'autorégulation.

  • Speaker #1

    C'est ce que j'allais te demander quand une personne se trompe dans la réponse qu'elle apporte. Si on reprend l'exemple de la météo, si elle pense qu'il fait beau alors qu'effectivement, il fait très froid et que du coup, comment le professionnel se positionne alors ?

  • Speaker #0

    En fait, évidemment, c'est sûr qu'il y a toujours le fait de la conséquence. Si je me suis trompé, est-ce qu'il y a une conséquence importante ? Jamais je ne laisserai… Ce n'est pas l'idée de laisser une personne, par exemple, se mettre en danger. Ce n'est pas ça du tout. Mais parfois, d'accompagner une personne qui peut tenter une solution à un problème, qui se trompe, qui se réajuste, ça fait aussi partie de l'apprentissage. donc en fait c'est aussi important d'avoir ce droit-là parfois d'essayer, d'expérimenter de se tromper Pour être capable d'en tirer un apprentissage. Et là, l'accompagnement devient intéressant parce que là, on peut accompagner et refaire la boucle avec la personne de ce qui vient de se passer pour l'amener à prendre conscience de qu'est-ce que j'ai oublié, où est-ce que je me suis trompé, qu'est-ce que je n'ai pas considéré et quel apprentissage je tire de l'expérience que je viens de vivre. Donc ça, ça veut dire de laisser du temps à la personne, d'observer la personne, d'attirer son attention sur certains éléments, mais surtout de faire une boule... Une boucle, en fait, de rétroaction, de feedback, de revenir avec la personne sur qu'est-ce qu'elle a vécu, qu'est-ce qui s'est passé, est-ce que j'ai pris la bonne décision, qu'est-ce que je ferais différent la prochaine fois. Donc là, on est vraiment dans un accompagnement qui tient compte de son autorégulation.

  • Speaker #1

    Au tout début, tu as parlé d'observation. Est-ce qu'il existe des grilles d'observation ?

  • Speaker #0

    Tout dépendant, en fait, du profil de la personne, il y a toute cette possibilité-là d'observer la personne en fonction des comportements qu'elle va avoir dans différentes situations. Il peut y avoir des grilles d'observation qui sont standardisées. Pensons par exemple aux grilles d'observation pour les personnes, notamment les personnes non-verbales, personnes pour qui ça devient encore plus important d'avoir cette capacité-là à observer certains signaux, certaines manifestations qui nous permettent de comprendre ce que la personne est en train de nous dire. Mais bien sûr, en fonction du profil de chacune des personnes, on peut avoir aussi des grilles d'observation qu'on va construire sur mesure pour être capable de repérer en fait chez elles comment est-ce qu'elles vont se comporter dans différentes situations, puis quel type de stimuli également elles vont tenir compte par rapport à des stimuli qu'on doit accompagner la personne pour qu'elle en tienne compte davantage parce qu'elle ne va pas les repérer par elle-même.

  • Speaker #1

    Et souvent, tu sais, ce qui arrive aussi, c'est que quelquefois les professionnels ou les parents voient des choses différentes dans des mêmes situations. Comment on peut permettre aux familles et aux professionnels de se rejoindre ?

  • Speaker #0

    Ça devient très intéressant parce que sur le plan de l'autorégulation aussi, on va parfois avoir des situations où, par exemple, une personne va donner une réponse A quand on lui pose la question, par exemple, à son parent, elle va donner une réponse B quand on lui pose la même question, mais que ça vient de la part du professionnel. Donc, ça devient intéressant de pouvoir croiser aussi ce qu'on est capable de repérer les uns et les autres par rapport à la personne. Moi, j'aime beaucoup les outils, en fait, vidéo qui nous permettent parfois aussi même de saisir des séquences vidéo de la personne en action parce que parfois, la personne ne va pas se comporter de la même façon avec le professionnel, avec le parent. Je pense notamment aux enfants où ça devient d'autant plus intéressant et c'est de plus en plus facile de pouvoir parfois échanger sur des observations qu'on fait, notamment par tous les outils de rétroaction par vidéo. où on est capable de saisir parfois des comportements de la personne en action. Donc ça, c'est... un exemple, en fait, intéressant qui va nous permettre aussi de faire évoluer les regards tant des professionnels que des proches par rapport à la personne.

  • Speaker #1

    Très bien. Merci, Martin.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Si vous voulez en savoir plus du côté de la France, contactez Campus Formation à l'adresse e-mail suivante contact.campusformation.org. Toute l'équipe se fera un plaisir de vous monter un programme de formation, d'accompagnement ou de conseil sur mesure.

  • Speaker #0

    Pour le Québec, découvrez les travaux de recherche en cours de la Chaire Autodétermination et Handicap au www.uqtr.ca.

  • Speaker #1

    Au plaisir, Martin.

  • Speaker #0

    Au plaisir, François.

Description

🎙️Autorégulation🎙️


L'autorégulation est l'une des 4 composantes de l'autodétermination. C'est la capacité, pour une personne,  d'anticiper les conséquences de son action, de s'ajuster en fonction de l'information de l'environnement et de prendre une décision en conséquence.


Il faut donc observer comment une personne s'autorégule, comment elle repère les éléments essentiels de son environnement, comment elle en tient compte, comment elle les intègre dans ses décisions!


L'accompagnateur va devoir identifier dans sa posture, s'il doit réguler le comportement de la personne ou s'il soutien la personne dans son autodétermination. 


Quand une personne doit prendre une décision, il faut l'amener à prendre en compte les éléments qu'elle doit considérer, plutôt que de lui dire quelle décision elle devrait prendre. Posons des questions à la personne avant de lui donner des réponses!


Martin Caouette prend plusieurs exemples: 

- organisation d'une sortie: transport, coût, horaire..;

- choix de la tenue vestimentaire  en fonction de la saison.


L'objectif est donc de poser des questions à la personne pour qu'elle puisse trouver par elle même les solutions et d'éviter d'induire la réponse, en attirant la personne sur les éléments à considérer pour sa prise de décision. 


A considérer pour soutenir l'autorégulation:

- poser des questions ouvertes et non fermées,

- laisser à la personne le temps de réfléchir pour tenter de répondre,

- laisser la personne expérimenter pour lui permettre de s'ajuster.


Bien évidemment, on ne laisse pas la personne se mettre en danger, mais, se tromper, cela fait partie de l'apprentissage. Oser l'expérimentation et faire des feedbacks/rétroactions pour lui permettre de continuer à apprendre. 


Il existe des grilles d'observation, notamment pour des personnes non verbales, ou à construire sur mesure en fonction des besoins, et des stimuli nécessaires pour la personne. 


L'autorégulation peut également être variable en fonction de l'interlocuteur: parents, professionnels, enseignants... Il est donc important de croiser les regards pour soutenir l'autorégulation de la personne. La vidéo peut être un bon outil notamment pour les enfants.


Pour retrouver l'épisode par écriit c'est ici 







Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    S'autodéterminer, c'est être l'auteur de ses vies. Je suis Martin Caouette, professeur et titulaire de la chaire Autodétermination et handicap de l'Université du Québec à Trois-Rivières et directeur scientifique du programme sur l'autodétermination du Centre de formation Campus en France.

  • Speaker #1

    Je suis François Bernard, directeur général du GAPAS. Ensemble, agissons pour l'autodétermination des personnes en situation de handicap. Mais pas que. Pour ce nouvel épisode de Autodétermination et Handicap... Épisode numéro 2, on va parler d'autorégulation, qui est l'une des composantes de l'autodétermination. Martin, je te laisse la parole parce que je bafouille, je ne trouve pas mes mots, donc je te laisse prendre la main.

  • Speaker #0

    Donc, quand on parle d'autorégulation, en fait, on parle d'une des quatre composantes essentielles de l'autodétermination. Donc, on va reconnaître un comportement autodéterminé quand on est capable de reconnaître dans ce comportement-là aussi un certain niveau d'autorégulation. L'autorégulation, en fait, c'est toute cette capacité-là qu'une personne va avoir d'anticiper les conséquences de son action, de s'ajuster en fonction également de l'information qui va arriver de son environnement, puis de prendre des décisions en conséquence. donc par exemple si vous vous retrouvez un jour comme ça au volant de votre automobile et qu'arrive devant vous un ballon en plein milieu de la rue et que vous ajustez votre conduite parce que vous anticipez que derrière ce ballon là pourrait arriver un enfant, bien évidemment, vous êtes en train de vous auto-réguler à ce moment-là. Donc, l'auto-régulation, ça devient un aspect essentiel d'être capable de tenir compte de l'information de l'environnement pour en arriver finalement à prendre des décisions qui vont tenir compte de la réalité de notre environnement.

  • Speaker #1

    Alors concrètement, comment on met ça en œuvre ? Comment on tient compte de cette auto-régulation ?

  • Speaker #0

    Bien concrètement, en fait, la première chose, ça va être intéressant d'observer comment une personne s'autorégule. Donc, si j'accompagne une personne en situation de handicap, c'est intéressant d'observer d'abord comment est-ce qu'elle est en mesure de repérer les éléments qui sont essentiels dans son environnement, puis comment elle est capable d'en tenir compte et de les intégrer finalement dans les décisions qu'elle a à prendre. Donc, comme accompagnateur, en fait, ce qui va être intéressant, c'est d'abord de... d'identifier est-ce que je régule la personne ou si je la soutiens dans son autorégulation. Quand je régule la personne, c'est moi qui vais lui dire quoi faire, comment faire les choses, qui va la pousser à prendre un certain nombre de décisions, de mettre en œuvre un certain nombre d'actions. Quand je soutiens son autorégulation, je vais parfois avoir des interventions qui vont être d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer autour d'elle. Donc, un peu à la façon comme si on était deux personnes qui avançaient dans le noir et parfois j'ai la lampe de poche, j'ai la torche et je vais éclairer, en fait, le passage de la personne pour lui permettre de tenir compte, en fait, de certains éléments. Donc, concrètement, dans une décision qu'une personne a à prendre, ça va être parfois de l'amener, d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer plutôt que de lui dire quelles décisions elle devrait prendre.

  • Speaker #1

    On revient sur l'influence enduit.

  • Speaker #0

    Ça revient sur l'influence indue et ça va nous amener en quelque sorte à chercher à avoir les bonnes questions plutôt qu'à donner les réponses à la personne. Donc, imaginons que vous accompagnez une personne qui a comme projet, par exemple, d'aller voir un spectacle, de faire une sortie. Donc, évidemment, on pourrait lui donner toutes les informations, toutes les étapes finalement qu'elle doit suivre pour en arriver, par exemple, à planifier sa sortie, à planifier son activité. je peux aussi la questionner pour l'amener à ce qu'elle-même soit en mesure d'identifier les éléments qu'elle a à considérer dans la planification de cette sortie-là. Le transport, le coût par exemple du billet pour aller voir le spectacle, etc. Donc tous ces éléments-là, on va l'amener à le considérer. Un autre exemple également que je pourrais donner, imaginons par exemple le choix de la tenue vestimentaire en fonction de la saison. Donc évidemment, je peux dire à la personne qu'étant donné qu'il... pleut ou étant donné qu'il neige, voici le type de vêtements qu'elle devrait porter. Mais je peux aussi l'amener à tirer son attention sur quelle température fait-il en ce moment à l'extérieur, étant donné qu'il pleut, qu'est-ce que tu crois que tu devrais porter aujourd'hui en fonction de ça, quel est le meilleur vêtement à choisir, puis de la soutenir finalement dans ce choix-là. Quand je suis en train de faire ça, je suis véritablement en train de soutenir son autorégulation.

  • Speaker #1

    Donc vraiment d'amener la personne à avoir ses propres réponses par rapport aux questions que tu poses.

  • Speaker #0

    Exactement, et d'éviter, et là je vais faire le lien avec l'influence indu, d'éviter d'induire la réponse, mais plutôt d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer pour faire le choix. Si je reprends l'exemple du choix d'un vêtement, par exemple, en fonction de la saison. de poser la question « Est-ce que tu as vu quel temps il fait à l'extérieur en ce moment ? » Donc, je suis en train à ce moment-là de dire à la personne « J'attire ton attention sur la température. Qu'est-ce que tu vois ? Il pleut. Étant donné qu'il pleut, qu'est-ce que tu penses qui serait le meilleur vêtement pour toi aujourd'hui ? » Donc, je l'accompagne dans son processus plutôt que de lui dire « Voilà, aujourd'hui, il faut prendre l'imperméable parce qu'il pleut. »

  • Speaker #1

    Ça veut dire qu'on est sur des questions qui sont plutôt ouvertes que fermées.

  • Speaker #0

    on est sur des questions qui vont être plutôt ouverte et on va aussi faire le choix de laisser le temps à la personne de réfléchir et de tenter de répondre. Et ce n'est pas parce que je lui laisse le temps et que je la laisse répondre qu'elle va nécessairement donner, qu'elle va nécessairement faire le bon choix. Parfois, ça va être aussi de choisir de laisser expérimenter la personne, peut-être pour qu'elle puisse prendre conscience qu'elle s'est peut-être trompée, lui donner l'occasion également de s'ajuster. Si, par exemple, encore une fois, dans le choix de vêtements, la personne n'a peut-être pas fait le bon choix, est-ce que je peux lui laisser au moins cet espace-là d'expérimenter, se questionner, puis revoir ses positions ? Là, on est vraiment dans une démarche d'autorégulation.

  • Speaker #1

    C'est ce que j'allais te demander quand une personne se trompe dans la réponse qu'elle apporte. Si on reprend l'exemple de la météo, si elle pense qu'il fait beau alors qu'effectivement, il fait très froid et que du coup, comment le professionnel se positionne alors ?

  • Speaker #0

    En fait, évidemment, c'est sûr qu'il y a toujours le fait de la conséquence. Si je me suis trompé, est-ce qu'il y a une conséquence importante ? Jamais je ne laisserai… Ce n'est pas l'idée de laisser une personne, par exemple, se mettre en danger. Ce n'est pas ça du tout. Mais parfois, d'accompagner une personne qui peut tenter une solution à un problème, qui se trompe, qui se réajuste, ça fait aussi partie de l'apprentissage. donc en fait c'est aussi important d'avoir ce droit-là parfois d'essayer, d'expérimenter de se tromper Pour être capable d'en tirer un apprentissage. Et là, l'accompagnement devient intéressant parce que là, on peut accompagner et refaire la boucle avec la personne de ce qui vient de se passer pour l'amener à prendre conscience de qu'est-ce que j'ai oublié, où est-ce que je me suis trompé, qu'est-ce que je n'ai pas considéré et quel apprentissage je tire de l'expérience que je viens de vivre. Donc ça, ça veut dire de laisser du temps à la personne, d'observer la personne, d'attirer son attention sur certains éléments, mais surtout de faire une boule... Une boucle, en fait, de rétroaction, de feedback, de revenir avec la personne sur qu'est-ce qu'elle a vécu, qu'est-ce qui s'est passé, est-ce que j'ai pris la bonne décision, qu'est-ce que je ferais différent la prochaine fois. Donc là, on est vraiment dans un accompagnement qui tient compte de son autorégulation.

  • Speaker #1

    Au tout début, tu as parlé d'observation. Est-ce qu'il existe des grilles d'observation ?

  • Speaker #0

    Tout dépendant, en fait, du profil de la personne, il y a toute cette possibilité-là d'observer la personne en fonction des comportements qu'elle va avoir dans différentes situations. Il peut y avoir des grilles d'observation qui sont standardisées. Pensons par exemple aux grilles d'observation pour les personnes, notamment les personnes non-verbales, personnes pour qui ça devient encore plus important d'avoir cette capacité-là à observer certains signaux, certaines manifestations qui nous permettent de comprendre ce que la personne est en train de nous dire. Mais bien sûr, en fonction du profil de chacune des personnes, on peut avoir aussi des grilles d'observation qu'on va construire sur mesure pour être capable de repérer en fait chez elles comment est-ce qu'elles vont se comporter dans différentes situations, puis quel type de stimuli également elles vont tenir compte par rapport à des stimuli qu'on doit accompagner la personne pour qu'elle en tienne compte davantage parce qu'elle ne va pas les repérer par elle-même.

  • Speaker #1

    Et souvent, tu sais, ce qui arrive aussi, c'est que quelquefois les professionnels ou les parents voient des choses différentes dans des mêmes situations. Comment on peut permettre aux familles et aux professionnels de se rejoindre ?

  • Speaker #0

    Ça devient très intéressant parce que sur le plan de l'autorégulation aussi, on va parfois avoir des situations où, par exemple, une personne va donner une réponse A quand on lui pose la question, par exemple, à son parent, elle va donner une réponse B quand on lui pose la même question, mais que ça vient de la part du professionnel. Donc, ça devient intéressant de pouvoir croiser aussi ce qu'on est capable de repérer les uns et les autres par rapport à la personne. Moi, j'aime beaucoup les outils, en fait, vidéo qui nous permettent parfois aussi même de saisir des séquences vidéo de la personne en action parce que parfois, la personne ne va pas se comporter de la même façon avec le professionnel, avec le parent. Je pense notamment aux enfants où ça devient d'autant plus intéressant et c'est de plus en plus facile de pouvoir parfois échanger sur des observations qu'on fait, notamment par tous les outils de rétroaction par vidéo. où on est capable de saisir parfois des comportements de la personne en action. Donc ça, c'est... un exemple, en fait, intéressant qui va nous permettre aussi de faire évoluer les regards tant des professionnels que des proches par rapport à la personne.

  • Speaker #1

    Très bien. Merci, Martin.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Si vous voulez en savoir plus du côté de la France, contactez Campus Formation à l'adresse e-mail suivante contact.campusformation.org. Toute l'équipe se fera un plaisir de vous monter un programme de formation, d'accompagnement ou de conseil sur mesure.

  • Speaker #0

    Pour le Québec, découvrez les travaux de recherche en cours de la Chaire Autodétermination et Handicap au www.uqtr.ca.

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    Au plaisir, Martin.

  • Speaker #0

    Au plaisir, François.

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L'autorégulation est l'une des 4 composantes de l'autodétermination. C'est la capacité, pour une personne,  d'anticiper les conséquences de son action, de s'ajuster en fonction de l'information de l'environnement et de prendre une décision en conséquence.


Il faut donc observer comment une personne s'autorégule, comment elle repère les éléments essentiels de son environnement, comment elle en tient compte, comment elle les intègre dans ses décisions!


L'accompagnateur va devoir identifier dans sa posture, s'il doit réguler le comportement de la personne ou s'il soutien la personne dans son autodétermination. 


Quand une personne doit prendre une décision, il faut l'amener à prendre en compte les éléments qu'elle doit considérer, plutôt que de lui dire quelle décision elle devrait prendre. Posons des questions à la personne avant de lui donner des réponses!


Martin Caouette prend plusieurs exemples: 

- organisation d'une sortie: transport, coût, horaire..;

- choix de la tenue vestimentaire  en fonction de la saison.


L'objectif est donc de poser des questions à la personne pour qu'elle puisse trouver par elle même les solutions et d'éviter d'induire la réponse, en attirant la personne sur les éléments à considérer pour sa prise de décision. 


A considérer pour soutenir l'autorégulation:

- poser des questions ouvertes et non fermées,

- laisser à la personne le temps de réfléchir pour tenter de répondre,

- laisser la personne expérimenter pour lui permettre de s'ajuster.


Bien évidemment, on ne laisse pas la personne se mettre en danger, mais, se tromper, cela fait partie de l'apprentissage. Oser l'expérimentation et faire des feedbacks/rétroactions pour lui permettre de continuer à apprendre. 


Il existe des grilles d'observation, notamment pour des personnes non verbales, ou à construire sur mesure en fonction des besoins, et des stimuli nécessaires pour la personne. 


L'autorégulation peut également être variable en fonction de l'interlocuteur: parents, professionnels, enseignants... Il est donc important de croiser les regards pour soutenir l'autorégulation de la personne. La vidéo peut être un bon outil notamment pour les enfants.


Pour retrouver l'épisode par écriit c'est ici 







Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    S'autodéterminer, c'est être l'auteur de ses vies. Je suis Martin Caouette, professeur et titulaire de la chaire Autodétermination et handicap de l'Université du Québec à Trois-Rivières et directeur scientifique du programme sur l'autodétermination du Centre de formation Campus en France.

  • Speaker #1

    Je suis François Bernard, directeur général du GAPAS. Ensemble, agissons pour l'autodétermination des personnes en situation de handicap. Mais pas que. Pour ce nouvel épisode de Autodétermination et Handicap... Épisode numéro 2, on va parler d'autorégulation, qui est l'une des composantes de l'autodétermination. Martin, je te laisse la parole parce que je bafouille, je ne trouve pas mes mots, donc je te laisse prendre la main.

  • Speaker #0

    Donc, quand on parle d'autorégulation, en fait, on parle d'une des quatre composantes essentielles de l'autodétermination. Donc, on va reconnaître un comportement autodéterminé quand on est capable de reconnaître dans ce comportement-là aussi un certain niveau d'autorégulation. L'autorégulation, en fait, c'est toute cette capacité-là qu'une personne va avoir d'anticiper les conséquences de son action, de s'ajuster en fonction également de l'information qui va arriver de son environnement, puis de prendre des décisions en conséquence. donc par exemple si vous vous retrouvez un jour comme ça au volant de votre automobile et qu'arrive devant vous un ballon en plein milieu de la rue et que vous ajustez votre conduite parce que vous anticipez que derrière ce ballon là pourrait arriver un enfant, bien évidemment, vous êtes en train de vous auto-réguler à ce moment-là. Donc, l'auto-régulation, ça devient un aspect essentiel d'être capable de tenir compte de l'information de l'environnement pour en arriver finalement à prendre des décisions qui vont tenir compte de la réalité de notre environnement.

  • Speaker #1

    Alors concrètement, comment on met ça en œuvre ? Comment on tient compte de cette auto-régulation ?

  • Speaker #0

    Bien concrètement, en fait, la première chose, ça va être intéressant d'observer comment une personne s'autorégule. Donc, si j'accompagne une personne en situation de handicap, c'est intéressant d'observer d'abord comment est-ce qu'elle est en mesure de repérer les éléments qui sont essentiels dans son environnement, puis comment elle est capable d'en tenir compte et de les intégrer finalement dans les décisions qu'elle a à prendre. Donc, comme accompagnateur, en fait, ce qui va être intéressant, c'est d'abord de... d'identifier est-ce que je régule la personne ou si je la soutiens dans son autorégulation. Quand je régule la personne, c'est moi qui vais lui dire quoi faire, comment faire les choses, qui va la pousser à prendre un certain nombre de décisions, de mettre en œuvre un certain nombre d'actions. Quand je soutiens son autorégulation, je vais parfois avoir des interventions qui vont être d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer autour d'elle. Donc, un peu à la façon comme si on était deux personnes qui avançaient dans le noir et parfois j'ai la lampe de poche, j'ai la torche et je vais éclairer, en fait, le passage de la personne pour lui permettre de tenir compte, en fait, de certains éléments. Donc, concrètement, dans une décision qu'une personne a à prendre, ça va être parfois de l'amener, d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer plutôt que de lui dire quelles décisions elle devrait prendre.

  • Speaker #1

    On revient sur l'influence enduit.

  • Speaker #0

    Ça revient sur l'influence indue et ça va nous amener en quelque sorte à chercher à avoir les bonnes questions plutôt qu'à donner les réponses à la personne. Donc, imaginons que vous accompagnez une personne qui a comme projet, par exemple, d'aller voir un spectacle, de faire une sortie. Donc, évidemment, on pourrait lui donner toutes les informations, toutes les étapes finalement qu'elle doit suivre pour en arriver, par exemple, à planifier sa sortie, à planifier son activité. je peux aussi la questionner pour l'amener à ce qu'elle-même soit en mesure d'identifier les éléments qu'elle a à considérer dans la planification de cette sortie-là. Le transport, le coût par exemple du billet pour aller voir le spectacle, etc. Donc tous ces éléments-là, on va l'amener à le considérer. Un autre exemple également que je pourrais donner, imaginons par exemple le choix de la tenue vestimentaire en fonction de la saison. Donc évidemment, je peux dire à la personne qu'étant donné qu'il... pleut ou étant donné qu'il neige, voici le type de vêtements qu'elle devrait porter. Mais je peux aussi l'amener à tirer son attention sur quelle température fait-il en ce moment à l'extérieur, étant donné qu'il pleut, qu'est-ce que tu crois que tu devrais porter aujourd'hui en fonction de ça, quel est le meilleur vêtement à choisir, puis de la soutenir finalement dans ce choix-là. Quand je suis en train de faire ça, je suis véritablement en train de soutenir son autorégulation.

  • Speaker #1

    Donc vraiment d'amener la personne à avoir ses propres réponses par rapport aux questions que tu poses.

  • Speaker #0

    Exactement, et d'éviter, et là je vais faire le lien avec l'influence indu, d'éviter d'induire la réponse, mais plutôt d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer pour faire le choix. Si je reprends l'exemple du choix d'un vêtement, par exemple, en fonction de la saison. de poser la question « Est-ce que tu as vu quel temps il fait à l'extérieur en ce moment ? » Donc, je suis en train à ce moment-là de dire à la personne « J'attire ton attention sur la température. Qu'est-ce que tu vois ? Il pleut. Étant donné qu'il pleut, qu'est-ce que tu penses qui serait le meilleur vêtement pour toi aujourd'hui ? » Donc, je l'accompagne dans son processus plutôt que de lui dire « Voilà, aujourd'hui, il faut prendre l'imperméable parce qu'il pleut. »

  • Speaker #1

    Ça veut dire qu'on est sur des questions qui sont plutôt ouvertes que fermées.

  • Speaker #0

    on est sur des questions qui vont être plutôt ouverte et on va aussi faire le choix de laisser le temps à la personne de réfléchir et de tenter de répondre. Et ce n'est pas parce que je lui laisse le temps et que je la laisse répondre qu'elle va nécessairement donner, qu'elle va nécessairement faire le bon choix. Parfois, ça va être aussi de choisir de laisser expérimenter la personne, peut-être pour qu'elle puisse prendre conscience qu'elle s'est peut-être trompée, lui donner l'occasion également de s'ajuster. Si, par exemple, encore une fois, dans le choix de vêtements, la personne n'a peut-être pas fait le bon choix, est-ce que je peux lui laisser au moins cet espace-là d'expérimenter, se questionner, puis revoir ses positions ? Là, on est vraiment dans une démarche d'autorégulation.

  • Speaker #1

    C'est ce que j'allais te demander quand une personne se trompe dans la réponse qu'elle apporte. Si on reprend l'exemple de la météo, si elle pense qu'il fait beau alors qu'effectivement, il fait très froid et que du coup, comment le professionnel se positionne alors ?

  • Speaker #0

    En fait, évidemment, c'est sûr qu'il y a toujours le fait de la conséquence. Si je me suis trompé, est-ce qu'il y a une conséquence importante ? Jamais je ne laisserai… Ce n'est pas l'idée de laisser une personne, par exemple, se mettre en danger. Ce n'est pas ça du tout. Mais parfois, d'accompagner une personne qui peut tenter une solution à un problème, qui se trompe, qui se réajuste, ça fait aussi partie de l'apprentissage. donc en fait c'est aussi important d'avoir ce droit-là parfois d'essayer, d'expérimenter de se tromper Pour être capable d'en tirer un apprentissage. Et là, l'accompagnement devient intéressant parce que là, on peut accompagner et refaire la boucle avec la personne de ce qui vient de se passer pour l'amener à prendre conscience de qu'est-ce que j'ai oublié, où est-ce que je me suis trompé, qu'est-ce que je n'ai pas considéré et quel apprentissage je tire de l'expérience que je viens de vivre. Donc ça, ça veut dire de laisser du temps à la personne, d'observer la personne, d'attirer son attention sur certains éléments, mais surtout de faire une boule... Une boucle, en fait, de rétroaction, de feedback, de revenir avec la personne sur qu'est-ce qu'elle a vécu, qu'est-ce qui s'est passé, est-ce que j'ai pris la bonne décision, qu'est-ce que je ferais différent la prochaine fois. Donc là, on est vraiment dans un accompagnement qui tient compte de son autorégulation.

  • Speaker #1

    Au tout début, tu as parlé d'observation. Est-ce qu'il existe des grilles d'observation ?

  • Speaker #0

    Tout dépendant, en fait, du profil de la personne, il y a toute cette possibilité-là d'observer la personne en fonction des comportements qu'elle va avoir dans différentes situations. Il peut y avoir des grilles d'observation qui sont standardisées. Pensons par exemple aux grilles d'observation pour les personnes, notamment les personnes non-verbales, personnes pour qui ça devient encore plus important d'avoir cette capacité-là à observer certains signaux, certaines manifestations qui nous permettent de comprendre ce que la personne est en train de nous dire. Mais bien sûr, en fonction du profil de chacune des personnes, on peut avoir aussi des grilles d'observation qu'on va construire sur mesure pour être capable de repérer en fait chez elles comment est-ce qu'elles vont se comporter dans différentes situations, puis quel type de stimuli également elles vont tenir compte par rapport à des stimuli qu'on doit accompagner la personne pour qu'elle en tienne compte davantage parce qu'elle ne va pas les repérer par elle-même.

  • Speaker #1

    Et souvent, tu sais, ce qui arrive aussi, c'est que quelquefois les professionnels ou les parents voient des choses différentes dans des mêmes situations. Comment on peut permettre aux familles et aux professionnels de se rejoindre ?

  • Speaker #0

    Ça devient très intéressant parce que sur le plan de l'autorégulation aussi, on va parfois avoir des situations où, par exemple, une personne va donner une réponse A quand on lui pose la question, par exemple, à son parent, elle va donner une réponse B quand on lui pose la même question, mais que ça vient de la part du professionnel. Donc, ça devient intéressant de pouvoir croiser aussi ce qu'on est capable de repérer les uns et les autres par rapport à la personne. Moi, j'aime beaucoup les outils, en fait, vidéo qui nous permettent parfois aussi même de saisir des séquences vidéo de la personne en action parce que parfois, la personne ne va pas se comporter de la même façon avec le professionnel, avec le parent. Je pense notamment aux enfants où ça devient d'autant plus intéressant et c'est de plus en plus facile de pouvoir parfois échanger sur des observations qu'on fait, notamment par tous les outils de rétroaction par vidéo. où on est capable de saisir parfois des comportements de la personne en action. Donc ça, c'est... un exemple, en fait, intéressant qui va nous permettre aussi de faire évoluer les regards tant des professionnels que des proches par rapport à la personne.

  • Speaker #1

    Très bien. Merci, Martin.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Si vous voulez en savoir plus du côté de la France, contactez Campus Formation à l'adresse e-mail suivante contact.campusformation.org. Toute l'équipe se fera un plaisir de vous monter un programme de formation, d'accompagnement ou de conseil sur mesure.

  • Speaker #0

    Pour le Québec, découvrez les travaux de recherche en cours de la Chaire Autodétermination et Handicap au www.uqtr.ca.

  • Speaker #1

    Au plaisir, Martin.

  • Speaker #0

    Au plaisir, François.

Description

🎙️Autorégulation🎙️


L'autorégulation est l'une des 4 composantes de l'autodétermination. C'est la capacité, pour une personne,  d'anticiper les conséquences de son action, de s'ajuster en fonction de l'information de l'environnement et de prendre une décision en conséquence.


Il faut donc observer comment une personne s'autorégule, comment elle repère les éléments essentiels de son environnement, comment elle en tient compte, comment elle les intègre dans ses décisions!


L'accompagnateur va devoir identifier dans sa posture, s'il doit réguler le comportement de la personne ou s'il soutien la personne dans son autodétermination. 


Quand une personne doit prendre une décision, il faut l'amener à prendre en compte les éléments qu'elle doit considérer, plutôt que de lui dire quelle décision elle devrait prendre. Posons des questions à la personne avant de lui donner des réponses!


Martin Caouette prend plusieurs exemples: 

- organisation d'une sortie: transport, coût, horaire..;

- choix de la tenue vestimentaire  en fonction de la saison.


L'objectif est donc de poser des questions à la personne pour qu'elle puisse trouver par elle même les solutions et d'éviter d'induire la réponse, en attirant la personne sur les éléments à considérer pour sa prise de décision. 


A considérer pour soutenir l'autorégulation:

- poser des questions ouvertes et non fermées,

- laisser à la personne le temps de réfléchir pour tenter de répondre,

- laisser la personne expérimenter pour lui permettre de s'ajuster.


Bien évidemment, on ne laisse pas la personne se mettre en danger, mais, se tromper, cela fait partie de l'apprentissage. Oser l'expérimentation et faire des feedbacks/rétroactions pour lui permettre de continuer à apprendre. 


Il existe des grilles d'observation, notamment pour des personnes non verbales, ou à construire sur mesure en fonction des besoins, et des stimuli nécessaires pour la personne. 


L'autorégulation peut également être variable en fonction de l'interlocuteur: parents, professionnels, enseignants... Il est donc important de croiser les regards pour soutenir l'autorégulation de la personne. La vidéo peut être un bon outil notamment pour les enfants.


Pour retrouver l'épisode par écriit c'est ici 







Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    S'autodéterminer, c'est être l'auteur de ses vies. Je suis Martin Caouette, professeur et titulaire de la chaire Autodétermination et handicap de l'Université du Québec à Trois-Rivières et directeur scientifique du programme sur l'autodétermination du Centre de formation Campus en France.

  • Speaker #1

    Je suis François Bernard, directeur général du GAPAS. Ensemble, agissons pour l'autodétermination des personnes en situation de handicap. Mais pas que. Pour ce nouvel épisode de Autodétermination et Handicap... Épisode numéro 2, on va parler d'autorégulation, qui est l'une des composantes de l'autodétermination. Martin, je te laisse la parole parce que je bafouille, je ne trouve pas mes mots, donc je te laisse prendre la main.

  • Speaker #0

    Donc, quand on parle d'autorégulation, en fait, on parle d'une des quatre composantes essentielles de l'autodétermination. Donc, on va reconnaître un comportement autodéterminé quand on est capable de reconnaître dans ce comportement-là aussi un certain niveau d'autorégulation. L'autorégulation, en fait, c'est toute cette capacité-là qu'une personne va avoir d'anticiper les conséquences de son action, de s'ajuster en fonction également de l'information qui va arriver de son environnement, puis de prendre des décisions en conséquence. donc par exemple si vous vous retrouvez un jour comme ça au volant de votre automobile et qu'arrive devant vous un ballon en plein milieu de la rue et que vous ajustez votre conduite parce que vous anticipez que derrière ce ballon là pourrait arriver un enfant, bien évidemment, vous êtes en train de vous auto-réguler à ce moment-là. Donc, l'auto-régulation, ça devient un aspect essentiel d'être capable de tenir compte de l'information de l'environnement pour en arriver finalement à prendre des décisions qui vont tenir compte de la réalité de notre environnement.

  • Speaker #1

    Alors concrètement, comment on met ça en œuvre ? Comment on tient compte de cette auto-régulation ?

  • Speaker #0

    Bien concrètement, en fait, la première chose, ça va être intéressant d'observer comment une personne s'autorégule. Donc, si j'accompagne une personne en situation de handicap, c'est intéressant d'observer d'abord comment est-ce qu'elle est en mesure de repérer les éléments qui sont essentiels dans son environnement, puis comment elle est capable d'en tenir compte et de les intégrer finalement dans les décisions qu'elle a à prendre. Donc, comme accompagnateur, en fait, ce qui va être intéressant, c'est d'abord de... d'identifier est-ce que je régule la personne ou si je la soutiens dans son autorégulation. Quand je régule la personne, c'est moi qui vais lui dire quoi faire, comment faire les choses, qui va la pousser à prendre un certain nombre de décisions, de mettre en œuvre un certain nombre d'actions. Quand je soutiens son autorégulation, je vais parfois avoir des interventions qui vont être d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer autour d'elle. Donc, un peu à la façon comme si on était deux personnes qui avançaient dans le noir et parfois j'ai la lampe de poche, j'ai la torche et je vais éclairer, en fait, le passage de la personne pour lui permettre de tenir compte, en fait, de certains éléments. Donc, concrètement, dans une décision qu'une personne a à prendre, ça va être parfois de l'amener, d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer plutôt que de lui dire quelles décisions elle devrait prendre.

  • Speaker #1

    On revient sur l'influence enduit.

  • Speaker #0

    Ça revient sur l'influence indue et ça va nous amener en quelque sorte à chercher à avoir les bonnes questions plutôt qu'à donner les réponses à la personne. Donc, imaginons que vous accompagnez une personne qui a comme projet, par exemple, d'aller voir un spectacle, de faire une sortie. Donc, évidemment, on pourrait lui donner toutes les informations, toutes les étapes finalement qu'elle doit suivre pour en arriver, par exemple, à planifier sa sortie, à planifier son activité. je peux aussi la questionner pour l'amener à ce qu'elle-même soit en mesure d'identifier les éléments qu'elle a à considérer dans la planification de cette sortie-là. Le transport, le coût par exemple du billet pour aller voir le spectacle, etc. Donc tous ces éléments-là, on va l'amener à le considérer. Un autre exemple également que je pourrais donner, imaginons par exemple le choix de la tenue vestimentaire en fonction de la saison. Donc évidemment, je peux dire à la personne qu'étant donné qu'il... pleut ou étant donné qu'il neige, voici le type de vêtements qu'elle devrait porter. Mais je peux aussi l'amener à tirer son attention sur quelle température fait-il en ce moment à l'extérieur, étant donné qu'il pleut, qu'est-ce que tu crois que tu devrais porter aujourd'hui en fonction de ça, quel est le meilleur vêtement à choisir, puis de la soutenir finalement dans ce choix-là. Quand je suis en train de faire ça, je suis véritablement en train de soutenir son autorégulation.

  • Speaker #1

    Donc vraiment d'amener la personne à avoir ses propres réponses par rapport aux questions que tu poses.

  • Speaker #0

    Exactement, et d'éviter, et là je vais faire le lien avec l'influence indu, d'éviter d'induire la réponse, mais plutôt d'attirer son attention sur les éléments qu'elle a à considérer pour faire le choix. Si je reprends l'exemple du choix d'un vêtement, par exemple, en fonction de la saison. de poser la question « Est-ce que tu as vu quel temps il fait à l'extérieur en ce moment ? » Donc, je suis en train à ce moment-là de dire à la personne « J'attire ton attention sur la température. Qu'est-ce que tu vois ? Il pleut. Étant donné qu'il pleut, qu'est-ce que tu penses qui serait le meilleur vêtement pour toi aujourd'hui ? » Donc, je l'accompagne dans son processus plutôt que de lui dire « Voilà, aujourd'hui, il faut prendre l'imperméable parce qu'il pleut. »

  • Speaker #1

    Ça veut dire qu'on est sur des questions qui sont plutôt ouvertes que fermées.

  • Speaker #0

    on est sur des questions qui vont être plutôt ouverte et on va aussi faire le choix de laisser le temps à la personne de réfléchir et de tenter de répondre. Et ce n'est pas parce que je lui laisse le temps et que je la laisse répondre qu'elle va nécessairement donner, qu'elle va nécessairement faire le bon choix. Parfois, ça va être aussi de choisir de laisser expérimenter la personne, peut-être pour qu'elle puisse prendre conscience qu'elle s'est peut-être trompée, lui donner l'occasion également de s'ajuster. Si, par exemple, encore une fois, dans le choix de vêtements, la personne n'a peut-être pas fait le bon choix, est-ce que je peux lui laisser au moins cet espace-là d'expérimenter, se questionner, puis revoir ses positions ? Là, on est vraiment dans une démarche d'autorégulation.

  • Speaker #1

    C'est ce que j'allais te demander quand une personne se trompe dans la réponse qu'elle apporte. Si on reprend l'exemple de la météo, si elle pense qu'il fait beau alors qu'effectivement, il fait très froid et que du coup, comment le professionnel se positionne alors ?

  • Speaker #0

    En fait, évidemment, c'est sûr qu'il y a toujours le fait de la conséquence. Si je me suis trompé, est-ce qu'il y a une conséquence importante ? Jamais je ne laisserai… Ce n'est pas l'idée de laisser une personne, par exemple, se mettre en danger. Ce n'est pas ça du tout. Mais parfois, d'accompagner une personne qui peut tenter une solution à un problème, qui se trompe, qui se réajuste, ça fait aussi partie de l'apprentissage. donc en fait c'est aussi important d'avoir ce droit-là parfois d'essayer, d'expérimenter de se tromper Pour être capable d'en tirer un apprentissage. Et là, l'accompagnement devient intéressant parce que là, on peut accompagner et refaire la boucle avec la personne de ce qui vient de se passer pour l'amener à prendre conscience de qu'est-ce que j'ai oublié, où est-ce que je me suis trompé, qu'est-ce que je n'ai pas considéré et quel apprentissage je tire de l'expérience que je viens de vivre. Donc ça, ça veut dire de laisser du temps à la personne, d'observer la personne, d'attirer son attention sur certains éléments, mais surtout de faire une boule... Une boucle, en fait, de rétroaction, de feedback, de revenir avec la personne sur qu'est-ce qu'elle a vécu, qu'est-ce qui s'est passé, est-ce que j'ai pris la bonne décision, qu'est-ce que je ferais différent la prochaine fois. Donc là, on est vraiment dans un accompagnement qui tient compte de son autorégulation.

  • Speaker #1

    Au tout début, tu as parlé d'observation. Est-ce qu'il existe des grilles d'observation ?

  • Speaker #0

    Tout dépendant, en fait, du profil de la personne, il y a toute cette possibilité-là d'observer la personne en fonction des comportements qu'elle va avoir dans différentes situations. Il peut y avoir des grilles d'observation qui sont standardisées. Pensons par exemple aux grilles d'observation pour les personnes, notamment les personnes non-verbales, personnes pour qui ça devient encore plus important d'avoir cette capacité-là à observer certains signaux, certaines manifestations qui nous permettent de comprendre ce que la personne est en train de nous dire. Mais bien sûr, en fonction du profil de chacune des personnes, on peut avoir aussi des grilles d'observation qu'on va construire sur mesure pour être capable de repérer en fait chez elles comment est-ce qu'elles vont se comporter dans différentes situations, puis quel type de stimuli également elles vont tenir compte par rapport à des stimuli qu'on doit accompagner la personne pour qu'elle en tienne compte davantage parce qu'elle ne va pas les repérer par elle-même.

  • Speaker #1

    Et souvent, tu sais, ce qui arrive aussi, c'est que quelquefois les professionnels ou les parents voient des choses différentes dans des mêmes situations. Comment on peut permettre aux familles et aux professionnels de se rejoindre ?

  • Speaker #0

    Ça devient très intéressant parce que sur le plan de l'autorégulation aussi, on va parfois avoir des situations où, par exemple, une personne va donner une réponse A quand on lui pose la question, par exemple, à son parent, elle va donner une réponse B quand on lui pose la même question, mais que ça vient de la part du professionnel. Donc, ça devient intéressant de pouvoir croiser aussi ce qu'on est capable de repérer les uns et les autres par rapport à la personne. Moi, j'aime beaucoup les outils, en fait, vidéo qui nous permettent parfois aussi même de saisir des séquences vidéo de la personne en action parce que parfois, la personne ne va pas se comporter de la même façon avec le professionnel, avec le parent. Je pense notamment aux enfants où ça devient d'autant plus intéressant et c'est de plus en plus facile de pouvoir parfois échanger sur des observations qu'on fait, notamment par tous les outils de rétroaction par vidéo. où on est capable de saisir parfois des comportements de la personne en action. Donc ça, c'est... un exemple, en fait, intéressant qui va nous permettre aussi de faire évoluer les regards tant des professionnels que des proches par rapport à la personne.

  • Speaker #1

    Très bien. Merci, Martin.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Si vous voulez en savoir plus du côté de la France, contactez Campus Formation à l'adresse e-mail suivante contact.campusformation.org. Toute l'équipe se fera un plaisir de vous monter un programme de formation, d'accompagnement ou de conseil sur mesure.

  • Speaker #0

    Pour le Québec, découvrez les travaux de recherche en cours de la Chaire Autodétermination et Handicap au www.uqtr.ca.

  • Speaker #1

    Au plaisir, Martin.

  • Speaker #0

    Au plaisir, François.

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