- Speaker #0
Bonjour et merci d'être avec nous pour ce nouvel épisode de Be-Life talk, le podcast qui met la santé des femmes en action. Je suis Perrine Raz et j'ai le plaisir d'animer ce podcast qui s'intitule « Au secours, je suis épuisée » . Vous avez peut-être cette impression de toujours devoir tenir, de continuer même quand vous êtes à bout, de faire bonne figure alors qu'à l'intérieur vous vous sentez sans énergie. La fatigue est là, mais vous la repoussez encore un peu. Encore une journée, mais jusqu'à quand ? Et à quel moment ce que vous ressentez dépasse un simple coup de mou ? Et comment éviter d'aller trop loin ? Pour nous aider à comprendre cette problématique de santé, j'ai le plaisir d'accueillir Cathy Assenheim, neuropsychologue spécialisée dans l'hypersensibilité et l'épuisement, également autrice de plusieurs ouvrages sur le sujet. Cathy, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Cathy, j'aimerais... Tout d'abord, qu'on fasse connaissance. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer ce qui vous a amené à vous spécialiser dans les questions de fatigue et d'épuisement ?
- Speaker #1
Alors déjà, la neuropsychologie, pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est l'étude du lien entre le cerveau et les comportements. Ça, c'est la psychologie classique, mais aussi le cerveau et la physiologie. Et donc, c'est vrai que depuis toujours, moi, je suis passionnée par le stress et toutes ses conséquences. Et j'ai eu la chance, il y a 20 ou 25 ans... d'intégrer le premier centre de médecine intégrative fonctionnelle en Belgique. Et donc, j'ai vraiment été formée à ce lien corps-tête et à tous les dérèglements qui peuvent survenir. Et donc, dans ce contexte-là, on va en parler. Mais l'épuisement est un dérèglement corps-tête. Et donc, c'est vrai que ça a été au fur et à mesure de plus en plus de patients qui m'ont consultée pour cette problématique.
- Speaker #0
Alors Cathy, vous avez écrit plusieurs ouvrages, dont deux entièrement consacrés à cette thématique. Est-ce que vous pouvez nous rappeler leur titre ?
- Speaker #1
Oui, donc le premier, c'était « Je suis épuisée » , qui expliquait vraiment ce qu'était l'épuisement au niveau physiologique. Et là, il y a quelques mois, j'ai sorti le programme en quatre étapes pour sortir de l'épuisement. Et donc, il y a vraiment une réactualisation du premier livre, mais avec tout l'aspect concret, pratique, que faire.
- Speaker #0
Merci Cathy. Alors, si vous le voulez bien, nous allons passer directement au premier axe de notre épisode. Fatigue, mieux la comprendre pour ne plus la banaliser. Alors Cathy, aujourd'hui, dire... Je suis fatiguée est presque devenue totalement banale. Finit-on par normaliser un état qui ne devrait pas l'être ?
- Speaker #1
Alors oui et non. C'est vrai qu'on parle beaucoup de fatigue. Alors il y a déjà une cause simple qui est simplement qu'on est dans une société de plus en plus stimulante, de plus en plus stressante. Et donc il y a plein de raisons d'être fatiguée. Mais la fatigue en tant que telle, c'est un peu un mot comme le stress qui veut tout dire et rien dire. Donc, il faut vraiment distinguer dans cette fatigue des petits symptômes, qui est un manque de performance, des troubles du sommeil qui sont ponctuels, qui est passager, et vraiment ce qu'on appelle en fait l'épuisement, qui est de plus en plus fréquent aussi. 4 personnes sur 10 aujourd'hui sont épuisées, où là, les dérèglements sont beaucoup plus profonds et ce n'est pas une simple fatigue passagère.
- Speaker #0
Alors, chez les femmes en particulier, les sources de fatigue ont tendance à se superposer. poser, le travail, la charge mentale, l'organisation familiale, les enfants, qu'ils soient petits ou plus grands d'ailleurs, est-ce que cette accumulation favorise l'installation progressive de l'épuisement ?
- Speaker #1
Oui, et c'est un mot-clé. Alors peut-être qu'il faut préciser ce que c'est que l'épuisement, parce qu'on en parle beaucoup. L'épuisement, en fait, c'est un dérèglement nerveux et hormonal progressif à cause d'une surcharge d'adaptation. Donc il y a deux choses importantes là-dedans. Il y a le cumul, l'accumulation. de surcharge au niveau physiologique. Et alors, il y a le côté progressif. Toute cette adaptation au quotidien, il faut savoir qu'elle est gérée par deux organes clés qu'on appelle les surrénales, qui sont deux petits organes endocriniens au-dessus des reins. Et ces surrénales, quand on doit être stimulé dans les performances, vont surtourner. Quand on doit récupérer, elles vont se mettre au repos. Et dans l'épuisement, ces surrénales se dérèglent, elles tombent. trop, et puis à un moment donné, à force de tourner, elles s'épuisent et puis finalement s'écroulent. Sans rentrer dans une caricature non plus, parce qu'il y a des hommes qui ont beaucoup de surcharge aussi, mais c'est vrai que les femmes aujourd'hui, on revient à la société, elles travaillent, elles gèrent les enfants, multitâches, exactement, et donc elles ont énormément de raisons déjà externes d'être dans cette surcharge d'adaptation qui a peu à peu raison des ressources. Et alors il y a aussi, sans rentrer de nouveau dans la caricature, mais les femmes ont beaucoup en général d'empathie, sont peut-être parfois plus émotionnelles. Alors, il y a des hommes aussi, mais voilà, c'est vrai que de manière générale. Et donc, il y a encore une surcharge interne en plus de tous les déclencheurs externes. Et donc, oui, c'est vrai que les femmes sont très sollicitées et donc des candidatipes à cette surcharge d'adaptation sur la durée et à cette maladie des ressources qu'on appelle l'épuisement.
- Speaker #0
Je reviens un instant sur la dimension hormonale que vous avez évoquée. Comment les fluctuations hormonales, notamment en périménopause ou en ménopause, pose influence-t-elle le niveau d'énergie et la perception de la fatigue ?
- Speaker #1
Alors, il faut comprendre que pour fonctionner, ou ce qu'on appelle le niveau d'énergie, ça ne se fait pas tout seul. Il y a un moteur qui est le système nerveux, il y a du carburant qui sont des nutriments et des hormones. Et donc, l'épuisement, c'est quelque part ce moteur qui se dérègle par manque de carburant. Et donc, par manque d'hormones et de neurotransmetteurs divers et variés. Alors, il y a des dérèglements structurels hormonaux à certaines périodes de vie. C'est le cas à l'adolescence, c'est le cas à la ménopause, c'est le cas dans... quand il y a des maladies diverses et variées. Et donc, c'est vrai que sur des dérèglements de vie, quand il y a en plus des surcharges qui accentuent encore ces dérèglements, ça fait un double effet qui se coule, entre guillemets, et encore plus de raisons d'approfondir ou d'exacerber, on va dire, les symptômes de fatigue et d'épuisement.
- Speaker #0
Alors, vous l'avez évoqué dans votre introduction, on parle souvent de fatigue, mais en réalité, il y a vraiment toute une palette. Le coup de mou, la fatigue passagère, le stress chronique, l'épuisement, on vient d'en parler. Comment s'y retrouver et savoir où on se situe ?
- Speaker #1
Alors, on va en parler en détail peut-être après, mais pour répondre à votre question, en fait, l'épuisement, je vous ai dit, c'est progressif. Et donc, il y a une chronologie avec toute une série de symptômes. Donc, il faut distinguer ce qu'on appelle la fatigue passagère, où il y a une cause qui est identifiée, qui est ponctuelle. C'est ce qu'on appelle le contre-coup. On a eu une période charrette au boulot, on a eu des choses qui se sont passées, du stress. on a une fatigue de contre-coup. Cette fatigue-là, quand on se repose, quand on lève le pied, quand on part en vacances, on refait de l'énergie, des ressources, comme une batterie, et donc quelque part, ça passe. La fatigue, dans tous les stades d'épuisement, elle est persistante, c'est-à-dire que le repos ou lever le pied quelques jours ne va pas être suffisant. pendant quelques heures ou quelques jours, on va avoir l'impression d'avoir recréé des ressources, mais très vite, on va retomber dans tous les symptômes. Il faut vraiment distinguer dans cette fatigue, parce que ça veut vraiment dire beaucoup et peu, des symptômes qui sont la journée, où on a des coups de pompe, qui sont assez typiques dans la fatigue de contre-coup, et des symptômes où on ne récupère plus la nuit, où on a des coups de pompe qui sont vraiment persistants en journée aussi. Donc, il y a toute une multitude de choses, mais c'est vraiment ce côté. ponctuelle avec une cause identifiée par rapport à un côté beaucoup plus persistant où il y a un cumul de causes.
- Speaker #0
Où se situe, je vais parler de frontière, vraiment entre cette fatigue, disons, normale, il y a un événement ponctuel, on vient de l'évoquer, nos vies bien remplies, mais la frontière entre cette fatigue normale et l'état d'épuisement qui mérite, lui, une véritable attention.
- Speaker #1
C'est vraiment la capacité de récupération. C'est ça pour moi la frontière, c'est que, voilà, une bonne nuit de sommeil. Un week-end où on lève le pied, des petites vacances, vraiment, on recharge ses batteries, on le sent et ça tient. Quand ça devient anormal, c'est que, alors qu'on a éventuellement identifié quelque chose qui peut faire qu'on a un contre-coup, malgré le repos, malgré une bonne nuit de sommeil, malgré le fait de lever le pied, ça ne passe pas ou les symptômes reviennent très vite.
- Speaker #0
Merci Cathy. Je vous propose d'enchaîner sur le second axe de notre épisode, repérer les signaux qui doivent alerter. Quand on parle de fatigue, il doit alerter quels sont les premiers signaux que l'on a tendance à minimiser. Est-ce qu'il y a des stades ? Est-ce que le corps envoie des signaux avant-coureurs très concrets que l'on ne relie pas forcément à l'épuisement ?
- Speaker #1
Alors oui, exactement. Et c'est la grosse problématique. C'est qu'en effet, finalement, l'épuisement, c'est le corps qui lâche, on va le dire de manière progressive. Et donc, il y a très, très vite des symptômes. Mais si on ne les connaît pas, qu'on ne peut pas identifier. et donc du coup coup, on se dit, ça va passer et on n'y fait pas attention. Donc, au niveau des stades, et ça, c'est très important et au plus tôt, on prend en charge l'épuisement, au plus vite, on s'en sort. Moi, je distingue quatre stades. Donc, le premier stade, c'est ce qu'on appelle le stress chronique, le surmenage. Il y a plein de mots, en fait. Mais donc, c'est ce début d'adaptation où on peine un peu, où on commence à avoir des petits coups de fatigue, on en parlait, qui sont plutôt, en fait, des petits coups de pompe en journée. Il faut comprendre que dans ce stade-là, le corps est bien fait et le cerveau se rend compte qu'on manque de ressources, donc il va compenser par ce que moi j'appelle un surboostage nerveux. Il va mettre en place en fait toute une série d'hormones stimulantes pour créer une espèce de béquille nerveuse et tenir debout. Et ça c'est vraiment le paradoxe des premiers stades et des premiers symptômes dont vous parliez, c'est qu'en fait on ne s'en rend pas compte parce qu'on est quelque part drogué aux hormones stimulantes et à l'action. Donc oui, on est fatigué. Mais on a cette espèce de cerveau qui est programmé à tenir et qui va se dire il faut, je dois, si je ne le fais pas. On va d'ailleurs être plutôt, moi j'appelle ça un peu le côté mode robot pile électrique, à tout le temps bouger parce qu'on est vraiment drogué physiologiquement. Et donc la fatigue, on s'en rend compte, mais on se dit ça va aller. On va d'ailleurs aussi en général prendre des stimulants divers et variés, du café en plus grande quantité. Il y a vraiment cette espèce de cerveau qui est programmé à tenir et qui va se dire il faut, je dois, si je ne le fais pas. C'est le premier stade, c'est le surboustage nerveux. C'est le béquille nerveuse qui se met en place pour tenir debout. Dans ces premiers stades, il y a des petits problèmes au niveau de la nuit, mais qui sont extrêmement restreints. Typiquement, je le dis pour ceux qui nous écoutent, réveil 4h du mat, on va aller faire pipi ou autre et puis on se recouche. Mais il y a ces réveils assez structurels en fin de nuit. Au fur et à mesure du temps, cette béquille, cette production d'hormones stimulantes va fatiguer l'organisme. Et donc là, on arrive dans le deuxième stade qu'on appelle la résistance, où le corps commence à peiner un peu. Alors oui, on est encore drogué aux hormones stimulantes, on arrive encore à tenir debout, mais on commence à avoir toute une série de petits bobos, des douleurs chroniques, parce qu'à force d'être tout le temps stimulé, on a des postures de crispation qui vont donner des douleurs cerviques, à l'omberge. On va essayer d'avoir aussi du carburant rapide. donc des consommations accrues de sucre, de stimulants divers et variés ou de gras. On va commencer à avoir non plus des réveils uniquement vers 4h du mat, mais aussi parfois vers 2h du mat. On va avoir des gros coups de pompe en journée qui ne sont pas des petits coups de pompe, vraiment, où si on peut se coucher, on se couche. Tout ça, en fait, peut durer longtemps. Cette phase de résistance, elle est vraiment génétique, entre guillemets, en fonction aussi de ce qui se passe autour et des déclencheurs. mais donc Donc, au fur et à mesure du temps, à un moment donné, la béquille nerveuse pour tenir debout va lâcher. Donc là, on va commencer vraiment à ne plus arriver à faire des petites choses du quotidien. Les nuits vont être de moins en moins récupératrices parce qu'il y a vraiment une altération de tout le système de récupération profonde. Et puis, on arrive en fait au dernier stade qui est le burn-out jusqu'au burn-out généralisé, qui sincèrement est assez rare quand on parle ici d'épuisement. C'est plutôt les stades de résistance. Mais dans le burn-out généralisé, il y a... plus de performance, tout ce qui est réactivité est altéré, il n'y a plus de récupération, on a beau dormir, on ne récupère pas, et donc là, en général, il y a une prise en charge médicale et, je veux dire, parfois une hospitalisation, il n'y a plus rien qui fonctionne, ni des ressources stimulantes, ni des ressources de récupération.
- Speaker #0
Et au niveau mental, qu'est-ce qui va changer en premier ? Est-ce que c'est la concentration, la motivation, la charge mentale qui deviennent plus difficiles à gérer ?
- Speaker #1
Alors ça, c'est un point... essentiels, alors moi je vais parler de cognitifs plutôt que mentaux, c'est-à-dire toutes les capacités de performance, c'est des symptômes qui apparaissent très vite et dès les premiers stades et qui persistent très longtemps jusqu'à la sortie complète. Ces symptômes cognitifs, c'est vrai que moi en consultation je suis tout le temps obligée de les induire parce que les gens n'en parlent pas spontanément et pourtant ils en ont dès le début et ça fait très peur. Quand on est en mode survie, moi j'appelle ça physiologiquement, c'est-à-dire qu'on manque de ressources quand on est déjà dans des stades de surmenage qui durent ou dans le début de la résistance, le cerveau est bien fait de nouveau, il va essayer d'économiser ses ressources et donc de mettre dans ce que moi j'appelle le mode économie. Il va tout centrer sur tenir debout, survivre, réagir, faire, etc. Et donc, ça veut dire qu'au niveau cérébral, il y a des zones qui vont être considérées comme plus secondaires. moins utiles, entre guillemets, à survivre. Et donc, ce sont des zones gauches qui sont liées à la mémoire de travail. Alors, cette mémoire de travail, elle est essentielle, et j'en parle parce que c'est vraiment très important, c'est celle où on stocke les informations avant de les utiliser. C'est une mémoire court terme. Et donc, très vite dans l'épuisement, par manque de carburant cognitif aussi, cette mémoire de travail va bugger, elle va sauter régulièrement. Et donc, ça va donner des petits symptômes typiques du genre « je vais faire un truc pendant une fraction de seconde, je ne sais plus ce que je vais faire » . Tout ce qui est fixation à la lecture, on utilise beaucoup aussi cette mémoire de travail, va faire qu'on va lire. Mais si on dépose son bouquin et qu'on le reprend le lendemain, on est obligé de revenir en arrière parce qu'on n'a pas fixé. Donc, c'est tous des petits symptômes comme ça qui sont pénibles par rapport aux performances. Ça va commencer aussi à se voir professionnellement qu'il y a cette mémoire de travail, cette fixation. Mais on oublie certaines choses,
- Speaker #0
certains rendez-vous.
- Speaker #1
Et en fait, les patients n'associent pas ça à l'épuisement. Mais c'est vraiment, alors je ne vais pas dire mécanique, mais cérébral et c'est par cette économie. Et c'est vrai que ces symptômes durent et c'est très important dans la prise en charge de l'épuisement de s'en rendre compte. Alors moi, je dis toujours aux patients, quand on est en épuisement, mettez-vous en mode blonde, entre guillemets, qui est, on n'essaye pas en fait d'apprendre de nouvelles choses. On ne sollicite pas trop cette mémoire de travail parce qu'elle est déjà surchargée à gérer simplement le fait de tenir debout. Et donc, on ne s'inquiète pas. Mais par contre, c'est bien de lire, mais des choses simples, des BD, des magazines, pour quand même l'activer, mais pas la surcharger.
- Speaker #0
Et on observe aussi des vécus très différents. Il y a certaines personnes qui disent se sentir vidées, d'autres qui vont être très réactives émotionnellement, ou encore couper des émotions. Donc ça, c'est l'extrême inverse. Comment interpréter cette diversité dans les ressentis ?
- Speaker #1
Parce que, comme dit une grande société de cosmétiques, toute personne est différente et unique. Donc chacun va réagir nerveusement et hormonalement différemment. Dans les modes de survie aussi que le cerveau met en place, ça dépend de l'histoire, ça dépend de la personnalité. C'est vrai qu'il y a des profils qui sont plus aptes aux candidats à avoir des épuisements. Moi, j'appelle ça les profils bulldozers. C'est des gens qui, par leur histoire, ont été programmés à agir, à tenir avec des « il faut, je dois » , des gens très perfectionnistes, par exemple. Mais eux, structurellement, ils vont déjà avoir un seuil de tolérance qui est modifié. Ils vont avoir tendance à faire passer les objectifs avant leurs besoins. Et l'épuisement, si on résume, c'est finalement, physiologiquement, ne plus écouter ses besoins. On agit, on tient, parce qu'il faut, pour plein de raisons. Donc c'est vrai que toutes ces personnalités bulldozers, perfectionnistes, sont des candidatipes. Après, il y a d'autres profils qui est mon autre spécialité, qui sont tous les fonctionnements que moi j'appelle hyper, c'est-à-dire l'hypersensibilité au haut potentiel, qui sont des cerveaux qui réagissent structurellement plus vite à cause d'un réseau neuronal plus développé, qui vont être plus alertes à l'environnement, donc plus vite surchargés, et donc qui sont aussi des candidatipes à des dérèglements hormonaux et nerveux, et donc à l'épuisement. Donc c'est vrai que chacun va... Vous parliez aussi, c'est intéressant, parce que ça, on en parle rarement. Il y a souvent dans l'épuisement une exacerbation des émotions à cause de différents dérèglements hormonaux, dont entre autres de la sérotonine, qui vont faire que le moindre petit truc va être une montagne. Donc là, c'est plutôt plus d'émotions, plus forte irritabilité, agacement ou alors des vagues de nostalgie ou de pleurs, qu'on associe souvent à tort d'ailleurs à la dépression, alors que ce sont des symptômes qui sont hormonaux. Mais il y a aussi des gens qui, dans les modes survie, à cause de leur éducation ou de leur fonctionnement, vont être plutôt dans une coupure émotionnelle. Ils ne vont plus rien ressentir pour ne pas être justement submergés, pour déborder. Le cerveau va couper, en fait, dans ce qu'on appelle une dissociation, tout ce qui est réactivité émotionnelle.
- Speaker #0
Alors la fatigue, elle ne se manifeste pas toujours, j'imagine, par un ralentissement. Il y a certes... certaines personnes pour qui on va avoir une forme d'hyperactivité, vous en avez parlé, d'agitation intérieure. Comment comprendre que ce fonctionnement puisse être paradoxalement un signal d'épuisement avancé ?
- Speaker #1
Alors, parce qu'il faut comprendre que pour fonctionner ce moteur, on a un accélérateur sur ce moteur, comme une voiture qui est le système nerveux sympathique, la réactivité, et on a un frein qui est le système nerveux parasympathique. Et donc, finalement, bien fonctionner au quotidien, s'adapter, c'est jouer entre l'accélérateur et le frein. Quand on est en épuisement, dans les premiers stades, on va tout le temps accélérer, comme je vous disais, nerveusement, pour avancer, pour tenir, etc. Pour agir. Voilà, pour agir. Après, chacun a une voiture différente, un moteur différent. Il y en a qui ont des moteurs de Ferrari, il y en a qui ont des moteurs de Peugeot et c'est super bien aussi. Mais simplement, je veux dire, on va avoir des rythmes différents et certaines personnes vont donc rester... plus longtemps dans les premières phases de résistance, où il y a ce surboostage nerveux, parce qu'ils ont un moteur qui génétiquement le permet. Il y en a d'autres qui vont passer plus vite dans les stades après où le frein ne fonctionne plus. Donc c'est vraiment le mécanisme de base qui est ce dérèglement nerveux entre la réactivité et la récupération, où il n'y a plus d'équilibre, je veux dire, structurellement perturbé et plus vite. Et il y en a d'autres qui vont en fait tenir plus longtemps dans ce mode de... surboostage nerveux et avec un frein qui va encore plus ou moins fonctionner. Par contre, souvent, chez ces gens-là, ça va lâcher en un coup. C'est-à-dire qu'ils ne voient pas le truc venir. Voilà, exactement. Ils vont tenir, Et puis, à un moment donné, le moteur casse.
- Speaker #0
Et on a évoqué justement les profils bulldozers, perfectionnistes, qui sont peut-être les plus exposés. Est-ce que ce sont ces personnes qui passent le plus souvent inaperçues ? En fait, c'est normal. C'est comme ça qu'elles fonctionnent. Peut-être pas.
- Speaker #1
Alors oui, et c'est un point extrêmement compliqué dans la prise en charge de l'épuisement. C'est vrai que j'en parle beaucoup, c'est ce que moi j'appelle le déni. C'est-à-dire que dans ces premiers stades de surmenage, en tout cas pour le professionnel qui va accompagner l'épuisement, il faut passer au-dessus du déni. C'est-à-dire que la... Les gens ont tendance à minimiser en se disant « oui, ça va passer, j'ai des raisons, c'est un petit coup de mou, justement, cette notion de fatigue et de définition de fatigue » . Et donc, moi, c'est pour ça que très vite, je recommande des analyses physiologiques, parce qu'il y a des indicateurs très faciles pour de l'épuisement. Donc, il y a un test salivaire et des tests urinaires pour pouvoir montrer noir sur blanc à la personne qu'en fait, c'est plus grave qu'elle ne le peut. pense. D'ailleurs, dans mes livres aussi, j'ai déjà fait des petits auto-questionnaires et les lecteurs souvent reviennent vers moi en me disant « j'ai tous les symptômes » . Donc, il faut vraiment essayer de contrer très vite ce déni parce que tant qu'on ne comprend pas que c'est pas juste une petite fatigue passagère, on ne peut pas se prendre en charge adéquatement. Et au plus on tient, on masque, on est dans ce déni, au plus ça va prendre du temps de réparer l'organisme et de réguler en fait tous ces dérèglements.
- Speaker #0
Très bien, merci Cathy. Pour nos auditrices intéressées en particulier par la problématique du burn-out, je vous renvoie à l'épisode de notre saison 2 intitulé « Burn-out, en parler pour agir » . Passons maintenant à l'axe 3 de notre épisode, pourquoi on continue malgré les signaux ? Alors Cathy, même quand les femmes se sentent épuisées, certaines dentelles continuent malgré tout. Qu'est-ce qui fait qu'on n'arrive pas vraiment à s'arrêter ?
- Speaker #1
Alors c'est deux choses importantes dont on a déjà parlé rapidement, mais c'est vraiment important de le rappeler. La première chose, c'est qu'il y a ce déni. Comme le corps est boosté pour tenir, pour avancer dans ses premières étapes, le cerveau nie les symptômes.
- Speaker #0
Il s'appuie sur sa béquille et ça lui convient.
- Speaker #1
Comme un drogué qui voit le monde différemment. Là, c'est le corps qui est drogué au cortisol et aux hormones simulantes et qui vont faire que ce déni peut durer. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est toutes ces notions de « il faut, je dois » . Il y a le quotidien à gérer, vous évoquiez au début les enfants à gérer, le professionnel à gérer. Et donc, tous ces « il faut, je dois » vont quelque part encore accentuer, alors moi j'appelle ça le côté noir-blanc de la survie, mais le cerveau. Quand on est dans l'épuisement, il y a aussi toute une série de dérèglements qui sont liés à la mécanique de décision et de choix. qui est aussi altérée. J'ai aussi écrit un livre sur le sujet qu'ils appellent « J'hésite » , mais donc c'est pour montrer que les décisions et les choix ne sont pas juste liés à une impulsion soudaine et variée, tout ça est lié aussi à une mécanique neurophysiologique. Et donc quand on est épuisé, les décisions, les choix sont aussi en fait altérés dans des versions très noir-blanc. Et donc la personne se dit « Ok, tant que je tiens debout quelque part, je continue et puis on verra » . Et on est très dans un fonctionnement au présent. Et donc, voilà, c'est pour ça qu'on continue. Donc, il y a les modifications physiologiques, il y a les modifications plus psychologiques, cérébrales. Il y a les traits de personnalité. Il y a l'environnement aussi. Il faut pouvoir arrêter ou se prendre en charge. Et parfois, on n'a pas la possibilité non plus. Donc, c'est multifacteur. Je ne l'ai pas dit au début, et c'est un point essentiel aussi. L'épuisement, c'est vrai qu'il y a la grande mode là où on parle d'épuisement parental, d'épuisement professionnel. L'épuisement est un cumul de déclencheurs de tous points avec une surcharge qui se fait sur la durée. Donc même si on peut identifier ce qui nous fait craquer, le déclencheur ultime, c'est toujours une succession de causes qui cumulent le professionnel, le privé, l'interne, l'externe. C'est vraiment une surcharge d'adaptation.
- Speaker #0
Et si je vous comprends bien, à force de fonctionner en sur-régime, on finit par perdre la capacité finalement à percevoir ses propres limites.
- Speaker #1
En fait, au fur et à mesure, là on est plus dans la neuropsychologie et c'est un point essentiel de prise en charge, c'est qu'on se déconnecte de ses besoins pour tenir. Et donc, on est vraiment dans ce mode survie en allant à l'essentiel, on n'est plus capable de rien, tout est une montagne, en tout cas dans les stades avérés. Et donc, c'est vrai que là, il y a un gros travail une fois que les ressources sont créées. Et ça, c'est vraiment la priorité. C'est d'abord de faire fonctionner l'organisme, mais alors de travailler sur la reprogrammation des besoins, sur la stabilisation d'un seuil de tolérance qui doit être adéquat. Parce qu'au fur et à mesure du temps, ce seuil de tolérance à ce que j'ai besoin, est-ce que je suis encore capable ou autre, ça altère complètement. Et donc ça, il faut le reprogrammer pour ne plus jamais vivre ça.
- Speaker #0
Je voudrais rebondir un instant sur cette déconnexion dont vous parlez. Chez les femmes en particulier, est-ce que le fait d'être tournée vers les autres, les enfants, la famille, le travail, rend encore plus difficile le fait de se recentrer sur soi ?
- Speaker #1
Alors là de nouveau, pour ne pas rentrer dans les caricatures, il y a plein d'hommes aussi qui maintenant s'occupent des enfants. Mais c'est vrai que les femmes en sont en nombre de manière générale. plus axée à s'occuper des enfants, à avoir une vie professionnelle.
- Speaker #0
Les choses bougent, mais il y a encore du travail.
- Speaker #1
Il y a encore, et on ne peut pas passer à côté. C'est vrai qu'il y a toute cette pression qu'une femme doit en plus prendre soin d'elle et, je veux dire, rester jolie et autres. Donc, tout ça fait que, oui, les femmes, structurellement, ont tendance à être beaucoup plus dans l'anticipation, dans l'organisation, avec cette notion aussi qui est caricaturale, qui change un peu, mais quand même, en fait, qu'elles sont... parfois plus empathique, plus tournée vers les émotions, aussi par l'éducation. Et donc, tout ça fait que oui, déjà structurellement, une femme a tendance à faire passer les besoins des autres avant les siens. Et quand elle est épuisée, encore plus à tenir et à continuer à essayer de gérer tout le monde. Donc, c'est vrai qu'au niveau des proportions, on ne peut pas passer à côté. J'ai plus de femmes qui viennent en consultation et souvent qui ont déjà tenu et elles viennent quand elles craquent. parce qu'elles se rendent compte qu'elles vont vraiment craquer et qu'elles ne pourront plus rien faire du tout. Les hommes viennent plus pour des raisons professionnelles, parce qu'il y a eu des gros facteurs identifiés, des événements et autres. Mais les femmes, c'est vraiment une espèce d'usure sur la durée. Et heureusement, comme on parle de plus en plus de l'épuisement et on arrête dans cette vision uniquement psychologique, il y a aussi beaucoup de choses qui se font dans une prise en charge globale de l'épuisement et toute cette cause physiologique. Les femmes viennent consulter, heureusement, avant de craquer.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui fait, Cathy, qu'on attend souvent vraiment d'être à bout pour réagir ? Qu'est-ce qui se passe dans le cerveau qui fait qu'on attend la dernière limite ?
- Speaker #1
Je pense qu'on peut le résumer par simplement ce « il faut » qui est une pression énorme dans notre société. Il faut, je dois, si je ne le fais pas, ça va passer. C'est aussi en fait cette espèce de programmation à tenir, à agir dans cette société. de performance, où on est très centré sur le bien-être, c'est vrai, et heureusement, de plus en plus, mais qui redevient une pression aussi avec des « il faut être en forme » . Ça, c'est par exemple, on en parlera peut-être plus tard, mais c'est par exemple une idée reçue qui est que quand on commence à être fatigué, il faut se bouger. C'est une idée reçue qui est fausse, parce que nerveusement, je vous ai dit, un surboustage nerveux, on a besoin de décharger. Mais pas trop, parce que sinon, en fait, on bouffe encore du carburant qu'on n'a plus. De même, creuser le psychologique quand on est épuisé, le pourquoi du comment, c'est important de le faire à un moment donné. Mais je dis toujours, quand on a une mononucléose, moi, je compare à ça. On ne va pas essayer de creuser sur pourquoi on l'a attrapé, comment on l'a attrapé. On fera ça après, au moment où on est dedans. On essaye simplement de retrouver de l'énergie. L'épuisement, c'est pareil. C'est vraiment toutes ces injonctions, toutes ces informations qui circulent et qui ne sont pas toujours, en fait, correctes. neurophysiologiquement.
- Speaker #0
Mais c'est ça qu'il faut déconstruire. Avant de passer à des pistes plus concrètes, j'aimerais vous proposer un petit exercice. Alors, je vais vous soumettre quelques phrases que l'on entend souvent, et vous me direz ce qu'elles révèlent selon vous. Première affirmation, je suis fatiguée d'être fatiguée. Qu'est-ce que cette phrase vous évoque ?
- Speaker #1
Moi aussi, je suis fatiguée d'être fatiguée, mais je pense qu'on est toutes pareilles. Ça m'évoque l'épuisement dans toute sa splendeur. C'est que... Quand on est fatigué d'être fatigué, c'est qu'on n'est déjà plus dans une fatigue ponctuelle, petite fatigue normale, on va dire. On est dans une phase de résistance, ou même la fatigue fatigue. Et donc là, il y a vraiment cette notion, je ne sais pas si j'ai assez insisté, mais donc de frein de récupération physiologique qui doit être équilibré par rapport à notre performance. Quand on est dans l'épuisement, cette récupération est altérée. Et donc, on a beau lever le pied, ce n'est pas suffisant pour récupérer. Donc, quand on est fatigué d'être fatigué, c'est déjà grave et il faut déjà se prendre en charge.
- Speaker #0
Alors, seconde affirmation, je dormais huit heures et pourtant, je me réveille et je suis déjà fatigué.
- Speaker #1
Là, c'est exactement ce que j'évoquais, qui est ce mécanisme de récupération. Pour récupérer par rapport à toute une activité normale, on a deux possibilités. La plus grosse phase de récupération, bien sûr, c'est la nuit. où il y a toute une série de mécanismes qui vont permettre de récupérer, de restaurer l'organisme pour être prêt aux performances du lendemain. Mais il y a aussi tout ce mode de récupération qui agit en journée par des phases de récupération, même si on ne dort pas, où l'organisme se détend. Quand on est dans l'épuisement, tout ce mode de récupération est altéré et donc on a beau dormir, on n'a plus suffisamment de phases de sommeil profond. on a des micro-réveils, on a toute une série de choses qui font qu'on a beau dormir 10 heures, même 12 heures, ça ne sert à rien, à part se couper la tête psychologiquement. Mais voilà.
- Speaker #0
Troisième et dernière affirmation, je sais que je devrais ralentir, mais c'est impossible, il faut tout gérer de tous les côtés et si je relâche, tout s'effondre.
- Speaker #1
Voilà, ça c'est vraiment pour moi la phrase clé de l'épuisement. Il y a cette notion déjà de culpabilité, c'est vrai que dans cette société de performance, du « il faut, je dois » . on doit être forte. Et donc, il y a cette espèce de déni et de programmation, de mécanisme de compensation, comme vous l'appliez, c'est très juste, qui se met rapidement en place et qui fait qu'on ne lâche pas. Il y a cette culpabilité aussi de se dire qu'on a plein de choses à faire, qu'on ne peut pas laisser les enfants, je veux dire, se débrouiller. Et donc, c'est vrai que dire que finalement, ce n'est pas une question de volonté, le vrai épuisement... Déjà, il se voit au niveau biologique, mais je veux dire, ce n'est pas la tête, ce n'est pas une question de volonté, on ne peut plus. Donc, il faut pouvoir trouver des entre-deux et peut-être pas arrêter d'un coup dans le noir-blanc, mais arrêter progressivement. Mais c'est vrai que c'est vraiment cette notion de... Et c'est une peur aussi, c'est la deuxième partie de la phrase qui est très répandue. C'est cette notion que si on calme le moteur, si on freine, on va s'écrouler. Et donc, il y a cette... peur aussi que tant qu'on arrive à avancer, tant que ça marche l'un dans l'autre, c'est que ça marche encore et les gens ne comprennent pas toujours que ça marche sur un court terme, mais qu'à un moment donné, le corps lâche complètement.
- Speaker #0
Merci Cathy. Partons maintenant sur le dernier axe pratique, cette fois, de cet épisode. Reprendre la main, par où commencer concrètement et que mettre en place ? Alors, dans votre livre, vous proposez d'abord d'apprendre apaisée, avant de vouloir aller mieux, pourquoi cette étape est-elle indispensable et qu'est-ce qu'elle change concrètement ?
- Speaker #1
Alors, j'ajouterais même, en effet, d'abord apaisée, je vais expliquer, avant même de comprendre, je pense que c'est très très important et là aussi, c'est une idée reçue. Donc, la priorité pour moi, c'est le physiologique, j'imagine que vous l'avez compris, et quand c'est apaisé, je dirais même réguler le système nerveux. Apaiser, c'est pour les premiers stades, quand on est dans le surboostage nerveux, où il faut expliquer à la personne et lui montrer noir sur blanc par les analyses qu'on est dans une surproduction d'hormones stimulantes et qu'il faut les calmer parce qu'on ne peut pas surproduire comme ça sur la durée. Donc, il faut apaiser, réguler le système nerveux et tout le carburant qui est lié pour retrouver cet équilibre entre performance et récupération. Après, il y a cette autre notion de comprendre que je trouve important à mettre ici, parce que comme je vous le disais précédemment, c'est vrai qu'il y a encore toute cette vision de l'épuisement, c'est la prévention psychosociale en fait, qui est de dire ok, on va chercher les causes, on va très vite travailler sur le pourquoi du comment, sur ce qu'on peut changer, etc. C'est essentiel, mais... pas prioritaire pour moi. Parce que ça prend des ressources de creuser pourquoi, du coup, comment d'aller mettre le nez dans les émotions, dans ce qui éventuellement ne va pas. Et le problème, c'est que quand on en a déjà plus, je veux dire, on s'en prend encore plus. Donc, la priorité, retrouver des ressources, réguler le système nerveux. Et puis, une fois qu'on a des ressources, utiliser ces ressources qu'on a recréées pour, évidemment, prévenir les rechutes et faire que ça ne se reproduise plus. Et ça nécessite... Bien sûr, de comprendre ce qui s'est passé et le pourquoi, mais aussi de reprogrammer, comme on disait, les seuils de tolérance, la reconnexion aux besoins. Et ça, c'est vraiment toute la reprogrammation neuropsy, en fait.
- Speaker #0
Donc ici, si je vous suis, vous distinguez vraiment différents niveaux, le physique, le psychologique, le cognitif, le comportemental. Dans la réalité, on commence par où, quand tout semble ?
- Speaker #1
Physique, physiologique avant tout. Après, pour moi, on va travailler sur les comportements. Très très vite, il faut restructurer la personne parce qu'un système nerveux ou un cerveau en survie va en fait aller à l'essentiel et est dispersé. Mais il part dans tous les sens. Voilà, il y a ces mécanismes de choix et de décision qui sont altérés aussi. Donc pour moi, la deuxième étape, et ça c'est vraiment un conseil très concret que je donne aux patients dès la première consultation, c'est la gestion des horaires. C'est lui redire, ok, voilà, en journée, il y a des phases en fait où vous allez encore plus vite. plus payer tout ce que vous allez faire et des phases où vous allez moins payer. Donc, dans la structuration qui vient très rapide des rythmes nerveux naturels, c'est de dire, OK, on fait tout ce qui est effort physique et eau de concentration plus tôt le matin parce que ça correspond à des cycles nerveux et hormonaux où on a plus de capacité, donc avant 13 heures. C'est la même chose entre 16 et 20. C'est aussi une phase nerveuse et hormonale où on a un peu plus de carburant. Donc, c'est là qu'on met les efforts. Par contre, entre 13 et 16, ça, c'est une phase de récupération nerveuse. Quand la récupération est altérée, on évite les efforts. Alors, comme je dis toujours, ce n'est pas pour ça qu'il faut rester couché, regarder le plafond, mais je veux dire, on essaye de se poser, de faire éventuellement des siestes minutées, une heure trente maximum, d'au moins avoir un repos couché pour calmer les sueurénales. On fait des petites occupations éventuellement, si on doit encore travailler administratif, mais on ne fait pas des gros efforts. Et après 20 heures aussi, c'est une phase de récupération. Donc, toutes les hormones de récupération se mettent en place. Quand on est épuisé, en général, on se replie socialement parce qu'on est fatigué, mais on évite de nouveau tout ce qui est effort physique et haute concentration. Donc ça, c'est pour moi la deuxième étape. C'est vraiment très concrètement restructuré. Dire à la personne aussi ce qu'elle peut faire, ne pas faire. Toutes ces discussions sur se bouger, faire du sport ou à l'inverse, faire des techniques de relaxation. Il faut de nouveau être cohérent avec le système nerveux. Quand on est épuisé, on ne fait pas de gros efforts cardio, on ne va pas dans l'endurance puisqu'on n'a déjà pas par essence de ressources. De même, comme on est boosté nerveusement pour tenir debout, on ne va pas faire, alors qu'on n'en a jamais fait, de la relaxation, du yoga ou autre, parce que nerveusement, ça implique d'avoir un système nerveux qui va de la récupération, du lâcher prise, qu'on n'a plus puisqu'on est en fait boosté. Donc souvent, ça va être très inconfortable. Donc il faut faire des choses grises, c'est-à-dire faire de la marche, oui, pas des gros efforts d'endurance, faire éventuellement, j'en sais rien, du pilates ou des... ou de la réflexologie, donc des choses qui vont, oui, aider à la relaxation, mais sans excès non plus, et dans les bons horaires. Et puis, la troisième étape, c'est qu'une fois qu'on commence, en fait, à réavoir des rythmes nerveux naturels et que toutes ces hormones commencent, dans le cycle veille-sommeil, à être régulées, alors là, on peut commencer à faire un accompagnement psy qui est essentiel, qui aide creuser le pourquoi, le comment, qu'est-ce qu'on peut changer, comment est-ce qu'on peut, en fait, éviter que ça revienne.
- Speaker #0
Et sur le plan physique, plus précisément, donc si je vous suis bien, il ne s'agit pas de se reposer et de regarder le plafond, comme vous le disiez, mais plutôt de recréer un rythme, une sorte de sécurité pour le corps. Voilà,
- Speaker #1
exactement. Alors, il y a l'aspect que la personne peut faire elle-même qui est en effet se restructurer nerveusement. C'est vraiment pour avoir une sécurité neurophysiologique, en fait, que le cerveau puisse lâcher cette espèce de système d'alerte en se disant « ok, c'est bon » . elle prend soin de son corps.
- Speaker #0
Comment on lui dit au corps finalement, tu es en sécurité, tout va bien.
- Speaker #1
On lui montre et on lui montre en fait que ça va mieux. C'est surtout au cerveau qu'on doit le montrer, mais c'est par le corps justement, en le structurant, etc. Et donc ça, c'est pour moi essentiel.
- Speaker #0
Et sur les capacités, disons cognitives, quand elles sont altérées, et là je pense à la concentration, à cette clarté d'esprit, à cette capacité à prendre des décisions, Comment adapter ? concrètement son quotidien quand on n'y arrive plus ?
- Speaker #1
Progressivement et par petits pas, et surtout pas dans le noir-blanc. C'est vrai que la clarté mentale, je le résume plutôt par la prise de décision, les choix, parce que se reconnecter à ses besoins dont on parlait, c'est faire les bons choix pour soi. Donc ça se réapprend, et ça commence par des petits pas progressifs, surtout pas en se remettant de la pression et en voulant tout changer d'un coup. Moi, la grande règle que je donne aux patients, dès le début de la prise en charge, c'est dans la mesure du possible. pas de décision pour le moment. On attend de recréer des ressources et que vous ayez les capacités de prendre des décisions parce que souvent, quand on est épuisé, on remet tout en cause. C'est la faute de tout le monde, de nous aussi, mais de l'extérieur aussi. Donc, c'est vraiment pas de décision. Les décisions sont altérées aussi. Par rapport à la mémoire et la concentration qui fait, je vous le dis encore, très très peur, en fait, dès qu'on l'aborde avec des craintes d'Alzheimer ou autre. C'est de leur expliquer d'où ça vient et puis de nouveau de leur dire, ok, là aussi, c'est de la structuration. Il faut lire parce que ça va reprogrammer cette mémoire de travail. Mais des choses simples, dans les bons horaires. On arrête parce qu'on est boosté hormonalement, donc nerveusement, dans toutes ces hormones stimulantes. On a souvent le cerveau aussi, comme le moteur tourne vite, le cerveau tourne vite aussi. On a une espèce de soif de... lire tous les livres qu'il y a sur le burn-out, lire tous les livres qu'il y a sur comment changer de vie, d'être une femme exceptionnelle, de se réaliser à tous les niveaux. Et en fait, tout ça va créer des stress en plus et des surcharges. Donc moi, je dis toujours, voilà, on lit des romans pour se couper la tête, pour se changer les idées. Voilà, simple, avec pas trop de personnages puisqu'on ne fixe pas des choses, pour se changer les idées, pour se déconnecter de tous ces déclencheurs. Voilà, ça c'est par exemple une autre chose au niveau cognitif et de la clarté mentale. Après, oui, voilà, c'est ça aussi qui est très important, c'est que, ok, il y a toute cette structure, cette sécurité, comme vous le disiez, que la personne doit mettre en place elle-même, voilà. Après, il y a quand même dans ce côté physiologique, et on n'en a peut-être pas assez parlé, mais... Toute cette prise en charge et ce suivi médical qui est que très très tôt, il faut aller en fait regarder ce qui est déréglé, parce que dès qu'on a identifié ce qui est déréglé, on peut les réguler. Moi, je travaille de manière assez naturelle à ce niveau-là via des compléments alimentaires, mais il faut passer par un médecin.
- Speaker #0
Mais on ne fait pas ça tout seul. Non, on va regarder les... On n'en a pas la capacité d'ailleurs, la clarté.
- Speaker #1
Moi, j'ai trop de patients chez qui cette phase physiologique n'a pas été mise en place. On leur a dit de se reposer, on leur a dit éventuellement d'aller voir un psy. Et en dehors de ça, en fait, tout cet aspect physiologique et nerveux n'a absolument pas été investigué. Or, c'est la base, on en revient aux priorités. Donc, la personne doit faire des choses, se mettre un peu en mode bébé ou en mode présent et je me restructure. Se recentrer sur soi, en fait. Se recentrer sur soi, en tout cas dans la mesure du possible et quand on peut, restaurer les rythmes nerveux naturels et puis passer la main pour ce côté physiologique.
- Speaker #0
Et dans la vie de tous les jours, parce que vous parliez de cette importance de ne pas être dans le noir-blanc, quels petits ajustements peuvent vraiment faire la différence sans devoir tout bouleverser ?
- Speaker #1
Alors, par petits pas de nouveau, la première chose, et c'est vrai que c'est un point essentiel, c'est la gestion de l'entourage. C'est vrai qu'il faut pouvoir dire qu'on ne va pas bien, dire qu'on est fatigué. Je trouve que c'est là de nouveau les analyses physiologiques. permettre aussi pour l'entourage de montrer que ce n'est pas dans la tête. Et puis, en fait, c'est essayer de trouver des compromis, faire les choses essentielles, mais pas tout. Essayer de s'organiser par rapport aux horaires, de pouvoir faire les choses essentielles et ce qu'il faut. Ça tombe bien en général aussi par rapport aux enfants. Ce n'est pas moi qui l'ai inventé, les horaires nerveux, mais ça tombe bien dans la gestion des enfants. Et donc, c'est vraiment de faire des petits pas, des petits ajustements, sans direct attendre de faire des gros changements. Et comme vous le disiez aussi, c'est se sécuriser, se recentrer sur soi, avoir des phases pour soi, pour se reposer selon les horaires nerveux naturels.
- Speaker #0
Et comment on amorce vraiment ce changement sans tomber dans une logique ? Il y a certains profils pour ça, vraiment de performance ou de contrôle.
- Speaker #1
C'est là qu'il faut se faire aider et déculpabiliser ou peut-être, j'espère, en tout cas c'est l'objectif de mon livre ou de tous les livres que j'ai fait sur ce sujet-là, c'est d'expliquer qu'il faut d'abord comprendre que ce n'est pas dans l'intérêt. La tête, c'est physiologique. Il faut comprendre qu'on a mis des années à arriver là et qu'il ne faut pas être trop impatient non plus. Ça peut aller vite quand on a identifié les dérèglements physiologiques. Mais pour moi, ça passe vraiment sortir par ce déni. Là, il faut être aidé, peut-être justement par le volet médical ou physiologique. Et puis, c'est faire des petits pas, des petites structurations et se dire que ça va vite, mais qu'il faut quand même prendre le temps. et la performance, elle reviendra. Il y a aussi cette notion de peur. Et ça, c'est vraiment une question qu'on me pose toujours en consultation. Oui, est-ce que je vais redevenir comme avant ? Alors non, heureusement, on ne revient pas comme avant, sinon on tomberait dans l'épuisement. On revient comme avant en mieux, c'est-à-dire avec un seuil de tolérance qui est adéquat, avec des ressources qui sont adéquates. Ça peut prendre des années de tomber dans l'épuisement. Et on n'en a pas parlé non plus, mais les enfants aussi peuvent être en épuisement. Tout le monde peut être touché. Mais donc, il faut se dire que... Il faut y aller par petits pas, c'est vraiment ça.
- Speaker #0
Et peut-on vraiment aller mieux si l'environnement, qu'il soit familial ou professionnel, ne change pas ?
- Speaker #1
C'est comme dans un couple, 50% qui est dû à l'autre ou à l'environnement et 50% qui est dû à soi. Donc si l'environnement, on ne peut pas le changer, déjà rien qu'en se restructurant, en s'apaisant, en suivant les rythmes nerveux, en se faisant prendre en charge physiologiquement. ça va déjà permettre de mieux s'adapter à un environnement qui pourrait être problématique ou toxique. Et quand on aura les ressources, il faudra à un moment donné aller mettre le nez dans ce qui pose problème et les changements à faire, mais pas tout de suite.
- Speaker #0
Cathy, quand on commence à aller mieux, soyons positifs, qu'est-ce qui permet de consolider cette énergie dans la durée ? Ça doit être le plus difficile, j'imagine.
- Speaker #1
Alors oui et non, tout dépend de l'énergie qu'on recrée. Donc il faut savoir, pour être positif justement, j'espère en général je le suis, que dans les premiers stades, donc surmenage au début de résistance, quand les surrénales commencent à être fatiguées mais tournent encore, si on identifie les bons dérèglements, c'est 6 à 8 semaines grand maximum pour sortir la tête de l'eau. Donc ce n'est pas des mois et des mois non plus. C'est intéressant, c'est concret. Ça c'est vrai que je le donne aux patients aussi en disant voilà, toute la structuration dont on parle. Mettez tout sur off ou en pause, en tout cas pendant six à huit semaines. Quand on fait le traitement de prise en charge, on a les effets assez rapidement dans les stades modérés, à partir de quatre à six jours grand maximum, où on a moins d'excès dans les phases down de fatigue et ou d'hyper-boostage, mode robot, pile électrique. Donc, les émotions aussi commencent à se réguler. Donc, c'est vrai qu'il faut se dire que quand on commence à mettre en place... les choses adéquates, on sent assez vite les effets. Parce que l'énergie revient et ce n'est pas une énergie superficielle, c'est une énergie de fond, de récupération qu'on recrée. Quand cette énergie de récupération est stabilisée, donc ça va assez vite, pour moi il y a de nouveau les analyses biologiques qui permettent de le voir noir sur blanc, ce n'est pas juste de la pensée positive, de se dire c'est bon, ça va aller, c'est qu'on le sent physiologiquement, qu'on récupère de l'énergie pour des choses plus accessoires. Tout n'est plus une montagne. Avant, par manque d'adaptation, par manque de carburant, dès qu'il y avait un imprévu, le cerveau paniquait en se disant « encore un truc à gérer » . Quand on commence à sortir de l'épuisement, on n'a plus cette anticipation, ces scénarios catastrophes. Donc ça aussi, on le sent. Et donc, quand vous parlez de consolider sur la durée, tout ce premier versant physiologique, c'est… pas entre guillemets à la personne de le faire, mais je veux dire, on le sent. Après, il y a le deuxième volet dont on a parlé, qui est toute cette reprogrammation des seuils de tolérance, de la reconnexion aux besoins. Là aussi, ça permet en fait de ne plus jamais vivre ça. Avec ce que moi, j'explique toujours aux patients, quand on a vécu un épuisement dans les stades de résistance où vraiment, c'est pas drôle et je veux dire, on est très très mal, le cerveau, quand on a reprogrammé le seuil de tolérance, ne laisse pas... plus jamais la personne allait aussi loin. Ce qui veut dire d'ailleurs, il y a l'effet inverse qui est qu'il y a une espèce de phobie, au moindre petit coup de fatigue. Moi, les gens reviennent en consultation en disant « je replonge, je replonge, pas du tout » . Après, il faut réapprendre ce que c'est, et on revient au début, la fatigue normale. Tout le monde a des contre-coups et des petits coups d'âne. Ce n'est pas parce qu'on a un contre-coup avec une cause identifiée qui est ponctuelle qu'on replonge. Mais donc, c'est normal aussi et c'est nécessaire, cette espèce de phase de phobie parce que ça permet de consolider justement les seuils de tolérance, etc.
- Speaker #0
Merci Cathy, nous arrivons tout doucement à la fin de cet épisode. Alors pour celles qui nous écoutent et qui souhaitent aller plus loin, comment peut-on vous retrouver concrètement et bénéficier de votre accompagnement ?
- Speaker #1
Alors j'ai une consultation dans le barbe en ballon sur Xensar, qui est de nouveau accessible. Et puis surtout j'ai créé une plateforme, Cathyassonem.com. Vous avez toutes les ressources par rapport à l'épuisement. Pour contrer ce déni et cette peur, j'ai des tests en ligne de dépistage. J'ai des programmes audio d'accompagnement aussi structurés pour les premières étapes. Il y a un annuaire avec tous les professionnels que j'ai formés. Toutes les ressources sont disponibles sur katiassenem.com.
- Speaker #0
En quelques clics, on peut déjà faire une première étape.
- Speaker #1
Voilà, c'était vraiment le but. C'était d'avoir toutes les ressources pour se prendre en charge.
- Speaker #0
Merci, Cathy. alors avant de nous quitter Si vous deviez résumer cet épisode en trois messages clés, c'est vrai qu'on a dit beaucoup de choses, lesquels choisiriez-vous ?
- Speaker #1
Le premier, c'est qu'il faut arrêter de culpabiliser, de se dire que l'épuisement, c'est dans la tête, c'est une faiblesse psychologique, c'est une question de volonté. On n'est pas faible. On n'est pas faible. Au contraire, c'est parce qu'on n'est pas faible et qu'on est plutôt fort à coup de tenir qu'on s'écroule. Et donc, il faut accepter que c'est le corps qui lâche et qui faute. Ça, c'est la deuxième phrase. que l'épuisement, c'est le corps qui lâche et qu'il faut avant tout soigner le corps avant de commencer à creuser la tête. Je suis désolée, je suis toujours dans ces liens tête-corps. Et le troisième, c'est qu'il faut rester positif. Alors, pour moi, faut avouer, t'as moitié pardonné. Quand on a identifié les dérèglements, on peut les réguler. Quand on a identifié le pourquoi du comment, je veux dire, on peut faire les changements nécessaires. Et donc, il faut aussi sortir de cette association épuisement-dépression. On est de nouveau dans la tête et le psychiatrique, c'est faux. Il y a des symptômes dépressifs, mais qui sont hormonaux. Ce n'est pas une dépression, c'est le corps qui lâche par surcharge d'adaptation. Voilà, ce sont les trois messages clés, en tout cas, que je voudrais faire passer.
- Speaker #0
Un tout grand merci, Cathy, pour cet échange qui, je suis convaincue, parlera à beaucoup de nos auditrices.
- Speaker #1
J'espère.
- Speaker #0
Pour prolonger cet échange, nous allons passer à la chronique phyto et nutri consacrée aux nutriments et extraits végétaux importants pour soutenir l'organisme dans les périodes de petite et de grande fatigue. Bonjour Laurence.
- Speaker #2
Bonjour Périne.
- Speaker #0
Alors Laurence, on le sait, une alimentation variée et équilibrée joue un rôle clé au niveau de l'énergie. Pourquoi limiter les sucres est intéressant quand on cherche à éviter les coups de fatigue ?
- Speaker #2
Ça dépend du type de sucre dont on parle, du type de glucides. Quand on parle de sucre rapide, qu'on va retrouver par exemple dans les viennoiseries, les pâtisseries, les boissons sucrées et tous les produits transformés, y compris les produits qui sont salés, on a en fait une glycémie qui va monter très vite. L'organisme va réagir en produisant de l'insuline pour faire redescendre le taux de glucose dans le sang, mais bien trop rapidement. Ensuite, il y a une chute rapide de glycémie qui survient. Et donc, la glycémie est instable, ce qui va provoquer les fameux coups de barre avec de la fatigue, les baisses de concentration. Et parfois même, ça a un effet sur l'humeur, l'irritabilité, par exemple. Et ça, ça se passe en général une bonne heure après avoir consommé ces sucres rapides. Par contre, il faut privilégier les glucides complexes qu'on va retrouver dans les céréales complètes, les légumineuses, les fruits entiers, ce qui permet d'avoir une glycémie beaucoup plus stable. Et donc, on va éviter les coups de fatigue.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des erreurs fréquentes dans le rythme ou la composition des repas qui peuvent entretenir cette fatigue au quotidien sans qu'on soit conscient de ça ?
- Speaker #2
Oui, il y a des erreurs qui sont très fréquentes. D'abord, sauter des repas ou manger de manière irrégulière. Ça va déréguler la régulation de la glycémie et peut donc fatiguer l'organisme. Et les repas déséquilibrés qui sont trop riches en sucre ou en mauvais gras et pauvres en bonnes protéines ou en fibres. Et donc, ça veut dire qu'on va manquer de nutriments essentiels pour pouvoir produire l'énergie. Enfin, on l'oublie souvent, une hydratation insuffisante peut aussi jouer un rôle important dans la fatigue, car elle va ralentir notre métabolisme. Donc,
- Speaker #0
si on ne boit pas assez, on peut être fatigué.
- Speaker #2
Tout à fait. Et c'est vraiment une des premières causes, même parfois, de la fatigue. Donc, les gens qui mangent équilibré, mais qui ont des coups de fatigue, une des raisons peut être une hydratation insuffisante. Encore une fois, c'est vraiment important. penser à boire suffisamment d'eau tout au long de la journée est essentiel pour notre bonne santé et pour notre énergie.
- Speaker #0
Alors le magnésium, il est souvent évoqué pour lutter contre la fatigue et le stress. Peux-tu nous rappeler son rôle dans l'organisme, notamment en lien avec la fatigue et le fonctionnement du système nerveux ?
- Speaker #2
Le magnésium est effectivement un minéral qui est absolument essentiel puisqu'il va intervenir dans 300 réactions enzymatiques dans notre corps, notamment celles qui sont liées à la production d'énergie cellulaire. Ils jouent un rôle central dans la production d'une molécule qu'on appelle ATP, adénosine triphosphate, qui est en fait le carburant énergétique de nos cellules. Ils jouent également un rôle majeur dans le fonctionnement du système nerveux. Il aide notamment à réguler la réponse au stress, favoriser la détente musculaire, mais la détente générale aussi. Et c'est un cofacteur important pour la synthèse de nos neurotransmetteurs. Et donc une carence même légère peut se traduire par de la fatigue. de la nervosité, des troubles du sommeil aussi ou des tensions musculaires. Je rappelle qu'on est souvent dans un cercle vicieux quand on est stressé, car le stress provoque une fuite de magnésium via les urines et une carence de magnésium augmente le stress. Donc, une des idées, c'est d'apprendre à gérer son stress au quotidien et aussi à se complémenter en magnésium de manière régulière.
- Speaker #0
Donc, on agit sur les deux niveaux ?
- Speaker #2
Tout à fait, je pense que c'est très intéressant.
- Speaker #0
Alors, on parle beaucoup de différentes formes de magnésium. concrètement ? Qu'est-ce que ça change pour l'organisme, une forme ou une autre ?
- Speaker #2
Toutes les formes de magnésium ne sont pas équivalentes. Certaines, comme l'oxyde de magnésium, sont très peu absorbées et provoquent en plus des inconforts intestinaux, donc des ballonnements, des douleurs, etc. Donc, ce n'est pas du tout le but recherché. D'autres formes sont beaucoup plus assimilables. Ces formes sont dites chélatées. On va y retrouver les formes de magnésium. qu'est latté au bisglycinate ou à l'acétylthorénate. Et ces formes sont bien mieux assimilées et reconnues par l'organisme et donc ne vont pas provoquer d'inconfort, notamment intestinaux. L'acétylthorénate de magnésium a un atout supplémentaire, car il peut se retrouver dans le cerveau, donc il passe ce qu'on appelle la barrière hémato-encéphalique et donc il va agir directement sur notre système nerveux central, Ce qui... est un atout important pour diminuer le stress et la fatigue qui y est associée.
- Speaker #0
Et ça, c'est scientifiquement documenté ?
- Speaker #2
Tout à fait, c'est scientifiquement documenté. Donc, on peut vraiment se fier à l'effet de cette forme particulière de magnésium.
- Speaker #0
Alors, quand on est fatigué, mais qu'on n'arrive pas vraiment à se détendre ni à récupérer, est-ce que le système nerveux peut être en cause ? Et est-ce que les vitamines B ont un rôle à jouer ici avec ce système nerveux ?
- Speaker #2
Oui, quand on se sent fatigué mais incapable de relâcher, donc on est vraiment sous tension, ça évoque un système nerveux qui est un peu surchauffé. Les vitamines B jouent un rôle central car elles participent à la production d'énergie, mais aussi à la synthèse des neurotransmetteurs comme la sérotonine, qui est l'hormone de la zénitude, j'en ai déjà parlé pas mal, et donc ça la permet de mieux se relâcher. Elles sont donc à la fois essentielles pour l'énergie physique, mais aussi pour l'équilibre nerveux.
- Speaker #0
Et parmi les vitamines du groupe B, comment on sait lesquelles il faut privilégier ?
- Speaker #2
En pratique, il faut savoir qu'elles fonctionnent en synergie. Donc, c'est toujours mieux de prendre l'ensemble des vitamines B parce qu'elles jouent des rôles qui sont vraiment complémentaires. Et donc, moi, il y a trois petites vitamines B que j'adore, qui sont les vitamines B6, B9 et B12. Donc, c'est un trio qui fonctionne parce qu'elles fonctionnent vraiment bien ensemble et qu'elles vont être beaucoup plus impliquées dans la gestion du stress. car ces trois vitamines B sont des cofacteurs pour la synthèse de neurotransmetteurs et notamment la B9 et la B12 en plus de ça sont essentiels pour l'énergie et la réduction de la fatigue mais aussi pour la santé hépatique et cardiovasculaire. Il faut savoir que quand notre foie est fatiguée, quand notre foie doit trop fonctionner, ça va augmenter la fatigue. Donc ces vitamines B6, B9 et B12 sont vraiment très intéressantes.
- Speaker #0
Alors, on entend parfois parler du GABA comme levier pour mieux gérer le stress et la récupération. Qu'est-ce que c'est exactement et dans quel cas peut-il avoir du sens ?
- Speaker #2
Alors, le GABA, pour acide gamma-aminobutyrique, c'est un neurotransmetteur inhibiteur. Concrètement, il va agir comme un frein dans le cerveau. Donc, il va ralentir l'activité nerveuse excessive et donc favoriser un état de calme. Il va travailler en collaboration avec le magnésium et la vitamine B6. Donc... Toutes ces molécules travaillent en général en synergie. Le GABA peut être intéressant chez les personnes qui sont stressées, tendues ou qui ont du mal à se détendre malgré la fatigue. Ces personnes dont on vient de parler il y a deux minutes. Cela dit, son efficacité en complémentation peut varier selon les individus, notamment en raison de sa capacité à atteindre le cerveau ou de l'état de notre microbiote.
- Speaker #0
Donc si on ne l'assimile pas correctement.
- Speaker #2
J'aimerais quand même souligner qu'une revue scientifique récente qui a été publiée en 2020, qui regroupe les résultats de plusieurs études cliniques sur les effets du GABA en complémentation, montre une certaine efficacité, notamment pour améliorer l'endormissement ou en cas de situation stressante ou anxieuse. Même si on ne sait pas encore si ce GABA peut être vraiment bien assimilé, les études montrent qu'il y a une efficacité relative.
- Speaker #0
Et du côté des plantes, tu voulais nous parler de la mélisse. Pourquoi ce choix en particulier de la mélisse ?
- Speaker #2
La mélisse, déjà, c'est une plante qui pousse dans nos jardins. C'est vrai. Elle est même parfois très invasive. C'est une plante très intéressante pour ce type de situation car elle a des propriétés à la fois apaisantes et digestives et elle va aussi faciliter l'endormissement. C'est vraiment une espèce de pack complet. Elle agit sur le système nerveux en favorisant la détente. tout en aidant à calmer les tensions digestives qui sont souvent liées au stress. C'est une plante qui est douce, bien tolérée, donc la plupart des personnes peuvent le consommer et qui peut en plus de ça être utilisée sur des périodes prolongées.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a d'autres plantes que tu affectionnes particulièrement pour ces situations de fatigue et de surmenage ?
- Speaker #2
Alors j'en ai déjà beaucoup parlé, moi j'adore la shwagandha parce que c'est une plante qui est vraiment efficace pour diminuer le stress en régulant les taux de cortisol. Je l'ai d'ailleurs associé à la mélisse dans notre nouvelle formule d'Ashwagandha+, car ces deux plantes sont vraiment complémentaires. J'aime aussi beaucoup la passiflore, très intéressante en cas de nervosité ou de trouble du sommeil. Ces plantes peuvent se prendre soit en infusion, soit en complémentation. Et le choix, évidemment, comme toujours, va dépendre du profil de la personne. Donc si on est plutôt en fatigue physique, en fatigue mentale, si on est stressé ou si on a des troubles du sommeil ou... ces ingrédients combinés, on peut choisir différents types de combinaisons ou de plantes isolées.
- Speaker #0
Merci Laurence.
- Speaker #2
Merci Perrine.
- Speaker #0
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