- Speaker #0
Bonjour, je suis Perrine Rase et vous écoutez Be-Life talk, le podcast qui met la santé des femmes en action. Vous avez parfois l'impression de savoir exactement ce qu'il faudrait faire pour perdre quelques kilos, mais ne pas réussir à passer à l'action durablement. Vous grignotez davantage lorsque vous êtes stressé, contrarié ou fatigué. Vous avez le sentiment que votre poids est parfois davantage lié à vos émotions qu'à ce qu'il y a réellement dans votre assiette. Aujourd'hui, nous allons explorer un sujet qui concerne de nombreuses femmes, le lien entre les émotions et le poids. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Victoria Rizzo, psychologue clinicienne et nutrithérapeute. Bonjour Victoria. Bonjour Perrine.
- Speaker #1
Alors Victoria, avant d'entrer dans le vif du sujet, pouvez-vous vous présenter pour nos auditrices ? Je suis Victoria Rizzo, je suis psychologue clinicienne depuis 20 ans, je suis également nutrithérapeute. J'ai concilié les deux parties de cette pratique pour développer une prise en charge en psychonutrition. C'est-à-dire un accompagnement pour des personnes qui rencontrent des problématiques liées à l'alimentation émotionnelle et au kilo émotionnel.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui vous a amené, Victoria, à vous intéresser plus particulièrement à ce lien entre les émotions, l'alimentation et le poids ?
- Speaker #1
Alors au départ, en tant que psychologue, j'avais souvent en consultation des personnes qui rencontraient des soucis de l'ordre de la dépression, de l'anxiété, du stress, etc. Et en investiguant davantage, je me suis rendue compte finalement Donc, que ces mêmes personnes avaient tendance à se réfugier dans l'alimentation et dans la nourriture. Alors on s'entend bien que ce n'est pas une alimentation saine, que l'on recherche quand on ne va pas bien, mais plutôt une alimentation riche en glucides, en mauvaises matières grasses, et une alimentation qui est avant tout réconfortante. Et donc je me suis interrogée davantage finalement sur ce que l'on pouvait considérer comme étant un trouble du comportement alimentaire. Je me suis rendu compte que bien au-delà de l'anorexie et de la boulimie, il y avait toute une série de problématiques liées à un rapport malsain, si je puis dire, en lien avec l'alimentation et le poids, mais qui est plus connecté finalement à la gestion des émotions.
- Speaker #0
On va rentrer tout de suite dans le vif du sujet, mais avant vous l'avez évoqué dans votre présentation, vous avez développé votre approche, la psychonutrition, de manière super simple. En quoi ça consiste ?
- Speaker #1
Alors la psychonutrition au départ c'est l'impact de l'alimentation sur la santé mentale. Et puis au fil du temps je l'ai adapté à ma sauce. Donc on aborde plutôt le lien entre l'alimentation et la gestion émotionnelle. Donc comment est-ce que je réagis quand je vis des émotions, quelles qu'elles soient, et la raison pour laquelle finalement j'utilise mon alimentation comme un exutoire. soit dans de la surconsommation alimentaire, soit dans certains cas, même si c'est moins fréquent, dans le fait de ne plus s'alimenter du tout. Des personnes sont stressées et ne mangent plus, quand d'autres, quand elles sont stressées, elles mangent excessivement.
- Speaker #0
Merci Victoria. Je vous propose de démarrer l'axe 1 de ce podcast, quand les émotions s'invitent dans l'assiette. Sur votre site internet www.victoriarizzo.be, vous avez indiqué, je vous cite, « Nous sommes façonnés par nos pensées et nous mangeons ce que nous pensons. » C'est une phrase qui m'a vraiment interpellée. Qu'est-ce que ça signifie concrètement ?
- Speaker #1
Alors, on est vraiment dans un cas d'alimentation émotionnelle. C'est-à-dire que nous sommes régis bien évidemment par nos hormones, bien entendu, mais aussi par nos pensées, par la manière dont on voit la vie, etc. Et notre état d'esprit va avoir un impact direct sur notre manière de nous alimenter, d'autant plus quand on n'en a pas toujours conscience. Donc, si on est dans un mood positif, forcément, on va avoir une alimentation peut-être un peu plus saine. Mais ce n'est pas une fatalité en soi. On peut aussi être très bien dans ses baskets et avoir une alimentation qui est parfois un peu anarchique. Donc, si je me sens bien, j'ai parfois envie de me faire plaisir et de manger des frites. Et ce n'est pas un problème. alors là où c'est surtout évoqué dans cette petite phrase sur mon site internet. C'est le fait que quand je ne vais pas bien, quand je ne me sens pas bien moralement, quand je ne me sens pas bien psychologiquement, quand j'ai une gestion de mes émotions qui est assez compliquée et parfois même complexe, plutôt que de gérer mes émotions, et encore une fois, c'est un processus qui n'est pas toujours conscient, j'ai tendance à me réfugier dans mon alimentation. Et cette alimentation vient apaiser les émotions qui sont là. Alors, ça ne résout rien, bien évidemment, parce que le problème est toujours là en amont. Mais ça donne cette impression finalement d'aller mieux. Alors, au fur et à mesure du temps, ce mieux-être est de plus en plus éphémère, bien entendu, jusqu'au moment où on se dit « mais je pense qu'il y a quand même quelque chose à aller travailler parce que ça déborde un peu trop et un peu trop souvent et je ne peux pas toujours trouver dans mon alimentation, finalement, la solution adéquate puisque ça n'en est pas une » . C'est ce qu'on entend quand on parle de kilo émotionnel,
- Speaker #0
C'est une phrase qui revient souvent. C'est ça, c'est vraiment ce... C'est les kilos qui viennent de ce qu'on a mangé ?
- Speaker #1
Pour moi, c'est deux concepts qui sont différents. Mon alimentation émotionnelle, si j'en donne un exemple, je suis triste et quand je suis triste, j'ai tendance à manger du chocolat. Ça n'arrive jamais à personne, c'est certain. Jamais. Par la force des choses, si je mange énormément de chocolat, je vais finir par prendre du poids tout simplement par l'apport calorique qui est trop important. Donc ça, c'est une première chose. Les kilos émotionnels, moi je les vois plutôt comme une charge, un poids, un poids que l'on porte, un poids qui est généralement la conséquence de notre histoire de vie, de trauma, de blocage, et qui nécessite finalement une prise en charge d'un point de vue psychothérapeutique pour pouvoir se débarrasser de ce poids qui semble peser lourd sur le corps. Et bien souvent, c'est au travers de ces déblocages que le corps se déleste de ce qu'on appelle des kilos émotionnels. qui peuvent être une forme de protection et de carapace d'une personne finalement, qu'elle déploie au fur et à mesure du temps et de nouveau sans en avoir forcément conscience. Et donc, la libération des kilos émotionnels ne passe pas forcément par ce que l'on retrouve dans notre assiette.
- Speaker #0
Et comment on distingue, parce que j'imagine que c'est aussi une difficulté pour vos patients, comment on distingue finalement la faim physiologique d'une envie dictée vraiment par une émotion qui est là et qu'on n'arrive pas à gérer ?
- Speaker #1
Au départ, il n'y a pas de distinction parce qu'encore une fois, le patient ne se pose pas toujours la question. Donc, on est pris dans ce qu'on appelle une transhypnotique. C'est-à-dire que, de nouveau, je suis triste, je suis stressé. Alors, le stress n'étant pas une émotion, mais un état d'être. Je suis triste, j'ai peur, je suis en colère. Je ne me pose pas mille questions, je mange. J'y vais. J'y vais, voilà, exactement. Donc je rentre à la maison, je n'ai pas le temps d'enlever mon manteau, je suis déjà dans le frigo et je mange ce que j'ai sous la main. Et généralement, je n'ai pas recherché un reste de poisson, de carottes et de riz qu'il y avait de la veille. Alors au travers de ce que je vais manger, c'est là que je me rends compte que je ne suis pas dans une faim physiologique. Une faim physiologique, on la ressent physiologiquement, donc avec des tiraillements au niveau de l'estomac. avec une sensation qui nous amène à un moment donné à conscientiser que l'on a faim. Et à ce moment-là, forcément, on y répond dans la logique des choses avec un vrai repas. Donc, moi, j'identifie toujours, si vous avez faim, prenez un repas. Si vous n'avez pas faim, réfléchissez à ce qui vous amène à manger. Très difficile, évidemment. Très difficile, exactement. Alors, on peut avoir des envies, et heureusement d'ailleurs, si on en a. Et donc, on vient distinguer aussi l'envie de la compulsion. Si vous, Perrine, ce que vous aimez, c'est l'éclair au chocolat et que vous en avez envie, vous avez raison de temps en temps d'assouvir cette envie, mais alors vous la mesurez, vous la modérez. C'est-à-dire que vous allez prendre le temps de manger votre éclair au chocolat, vous allez le choisir précautionneusement, vous allez le manger en compagnie, avec un café ou seul, peu importe, mais derrière ça, il n'y a pas d'émotion. Dès lors que vous êtes dans l'alimentation émotionnelle, il y a une émotion. que l'on cherche à compenser. Et donc, on a recours à n'importe quoi comme type de réconfortant. Réconfortant, exactement. Et c'est quoi, si vous deviez vraiment mettre le doigt sur les émotions, évidemment, il y a tout un panel d'émotions.
- Speaker #0
Les émotions qui poussent le plus souvent à manger.
- Speaker #1
Alors, on dit qu'il y en a tout un panel et pourtant, il n'y en a que six. Des émotions. Donc, on a la joie, qui bien évidemment, la joie se partage. Donc, quand vous avez une bonne nouvelle, le premier réflexe, c'est de vous dire, on va aller au resto et on va manger. Et c'est OK, bien évidemment. On rassure tout le monde. Tout à fait. Exactement. La peur, la tristesse, la colère sont généralement les trois émotions que l'on retrouve souvent dans une patientèle. Le dégoût et la surprise sont deux autres émotions. que l'on identifie moins, mais qui pourtant sont là, mais généralement les patients ne l'identifient pas et ne la reconnaissent pas de cette façon-là. Donc je vous dirais que dans les prédominantes, peur, tristesse et colère. Sauf qu'on parle souvent du stress. Donc comme je vous disais tout à l'heure, le stress n'est pas une émotion, c'est un état d'être. Et donc on vous dira que bien souvent, de façon très simplifiée, c'est le stress qui fait manger. Alors quand on va un peu plus loin dans la démarche, On pose la question de ce qu'il se passe derrière ce stress. Alors, je peux être stressée parce que j'ai eu peur, je peux être stressée parce que je suis fâchée, je ne sais pas comment réagir. Je peux être stressée parce que je suis triste d'une situation et je ne parviens pas à la contourner. Et donc, face à chacune de ces émotions, il y a un comportement à adopter, mais qui n'est pas dans l'assiette.
- Speaker #0
Et vous l'évoquiez tout à l'heure, quand on est en recherche de ce aliment, On se tourne rarement vers les carottes. Et le petit reste de la veille, on cherche du chocolat, des biscuits, tout ce qui va être réconfortant, plutôt que des aliments sains, disons. Pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que chimiquement, dans la tête, ou peut-être que ça n'a rien de chimique en l'occurrence ? Alors,
- Speaker #1
c'est chimique. Donc, il y a déjà une visée hormonale. Donc, il faut savoir qu'une personne... qui a un dérèglement au niveau de ses humeurs et de ses émotions, a généralement un dérèglement au niveau de sa sérotonine. Ce qui veut dire qu'il a une prédisposition finalement à aller vers des aliments qui sont riches en glucides et en sucre. Alors dans certains cas, ça peut même être de l'alcool. Alors ce n'est pas le sujet du jour, mais dans tous les cas, la personne qui rentre chez elle vers 17-18 heures et qui en préparant son repas boit un verre de vin. On sent, en tout cas dans son anamnèse, on comprend très vite qu'il y a une chute de sérotonine. Et donc, plutôt que d'aller chercher un morceau de chocolat, elle a tendance à consommer un verre de vin.
- Speaker #0
Voilà. Très intéressant.
- Speaker #1
Cette baisse de sérotonine va nous amener notamment à avoir envie d'aliments qui sont riches en mauvais sucre et en mauvaise graisse et qui sont considérés comme des aliments réconfortants. L'industrie agroalimentaire a compris aussi finalement qu'on avait une prédisposition à aller vers ce type d'aliments et c'est ce qui fait qu'énormément d'aliments transformés bien évidemment comportent une base assez importante de sucre, de sucre raffiné, de graisse. de mauvaise qualité et donc va générer comme ça ces envies d'en consommer encore et encore.
- Speaker #0
Et ce cercle vicieux exactement.
- Speaker #1
Et donc je vous parlais de la sérotonine et puis vous avez la dopamine, vous savez que la dopamine, au-delà du fait que ce soit l'hormone de l'éveil, c'est aussi l'hormone de la récompense et du plaisir et donc je me réjouis déjà en après-midi de me dire ce soir je vais rentrer, je vais pouvoir manger au calme, tranquillement mes chips devant mon canapé. Et là, je commence déjà mon processus dopaminergique finalement, où je suis dans une anticipation de la récompense. Et donc, les deux ensemble, la sérotonine stimule les compulsions, la dopamine stimule les addictions. Et donc, à deux, c'est le matching parfait pour recommencer encore et encore le processus. Même si à un moment donné, on finit par en avoir conscience, ce n'est pas toujours évident de sortir de là. Et on va revenir justement sur cette prise de conscience. Mais d'abord, pour bien comprendre, est-ce qu'il existe différents...
- Speaker #0
profil type de femmes qui ont tendance à compenser par la nourriture sans s'en rendre compte ?
- Speaker #1
Alors, déjà, je ne cliverai pas sur le fait que ce soit exclusivement une problématique liée à la femme. Alors, de manière générale, en tant que psychologue, je peux juste vous dire que l'homme a moins tendance à en parler parce que l'homme est beaucoup plus pudique aussi par rapport à ce qu'il ressent. Mais les hommes sont tout aussi concernés que les femmes. Dans ma patientèle, j'ai beaucoup plus de femmes que d'hommes. Mais comme je vous dis, les deux sont concernés. Alors, par rapport à la tranche d'âge, on pourrait aussi avoir l'impression que ça concerne davantage les adultes. Alors que finalement, de plus en plus aujourd'hui, on se rend compte que ça concerne également les ados et les jeunes enfants. Parce que... Chacun à son niveau, finalement, peut ressentir des éléments de stress qui font qu'ils en arrivent à avoir recours à l'alimentation. Le point commun, c'est que souvent ça se passe en cachette. On se cache de son alimentation émotionnelle. Alors au départ, ça passe un petit peu inaperçu parce qu'on va manger 2-3 bonbons en plus. On passe sous le radar. Voilà, on prend la petite collation du copain de classe, on achète des petites choses avec son petit argent de pomme. poche, quand on est au boulot, s'il y a une machine, un distributeur, pardon, un distributeur à chocolat, etc. Voilà, on va consommer, mais ça peut se mettre en place aussi de façon très insidieuse, jusqu'au moment où on se surprend en rentrant chez soi, de devoir faire un détour par la pompe à essence pour aller chercher finalement certaines petites choses. Alors toujours aussi sous le couvercle de j'ai faim, j'ai une fringale. je ne me sens pas bien, j'ai la route à faire, je dois la compenser. Et donc du coup, je viens répondre de façon très rapide à cet état qui me met dans l'inconfort. Alors d'un point de vue psychologique, qui dit alimentation émotionnelle, dit personne qui a une gestion émotionnelle un peu plus compliquée, un peu plus sensible. Maintenant, c'est sûr que dans un quotidien, en tant que femme ou en tant qu'homme, encore une fois, je ne clive pas. Il y a un rythme qui est très soutenu et qui est là et qui amène finalement à une prédisposition de par le fait d'avoir le boulot, les enfants, la famille, des activités, une deuxième activité professionnelle à gérer et avec malheureusement peu de temps aussi à accorder à l'alimentation et au-delà de l'alimentation et du fait de cuisiner, simplement le fait de prendre des repas. Quand on mange devant son PC, quand on ne déjeune pas le matin. forcément ça va avoir une incidence sur le reste de la journée. Et tout à l'heure, vous évoquiez la notion de la faim physiologique. On parle de faim physiologique quand on s'assure aussi que l'ensemble des repas ont été pris et quelle est la qualité de ces repas et quelle est la quantité de ces repas pour pouvoir après se dire qu'en fait on n'est pas dans une faim physiologique, mais il y a autre chose sur le côté. Parce que si on se prive de manger toute la journée, Par la force des choses, on peut avoir des envies d'engloutir tout et n'importe quoi en fin de journée, mais tout simplement parce qu'on ne vient pas répondre aux besoins du corps au départ, et pour le coup, ça se répercute. Ce n'est pas tant un profil psychologique, je dirais que c'est un profil multifactoriel qui est intéressant finalement et pertinent de prendre en compte pour s'assurer qu'on va agir et interagir de la bonne façon auprès du patient, pour ne pas aller creuser là où il n'y a pas lieu, alors que finalement, il faut peut-être mettre juste en place une routine alimentaire. Mais c'est important de comprendre pourquoi cette routine alimentaire n'est pas applicable. Et donc, au-delà du multifactoriel, il y a... différents champs à investiguer avec des connexions et des interactions entre les différents pôles.
- Speaker #0
Et à contrario, certaines femmes connaissent parfaitement les bases de l'équilibrage alimentaire, on sait exactement ce qu'il faut faire, parce qu'on a la connaissance, entre guillemets, mais malgré tout,
- Speaker #1
ça reste une difficulté par rapport au poids et à la gestion de son rapport à la nourriture, même si on sait. Très bien, ce qu'on devrait faire, comment on explique ça ? Vous avez énormément de personnes, et notamment des personnes qui ont des troubles du comportement alimentaire, qui connaissent l'alimentation et la nutrition mieux qu'un professionnel de la nutrition. Pourquoi ? Parce que pour, pas pour sortir, mais en tout cas pour... Pour gérer au mieux le trouble du comportement alimentaire, il faut en comprendre toutes les subtilités. Et donc, c'est ce qui permet vraiment d'avoir une connaissance très pointue. Alors, on dira que monsieur et madame tout le monde, dans un quotidien, a déjà bien lu et compris que si on souhaite perdre du poids, il faut tout au moins un déficit calorique. Pour avoir un déficit calorique, il faut envisager forcément de supprimer certains aliments. Manger moins, évidemment. Manger moins. Seulement, manger moins ne veut pas dire manger mieux. Et c'est là où le bât blesse, c'est que bien souvent on part de croyances, de croyances qui ne sont pas toujours adéquates individuellement. Donc ce qui fonctionne pour vous, Périne, ne fonctionne pas pour moi et ne fonctionnerait pas pour quelqu'un d'autre. Et pour le coup, on essaye d'appliquer ce qui a fonctionné chez quelqu'un d'autre. Seulement, ce qui a fonctionné chez quelqu'un d'autre ne fonctionne que ce qui est durable dans le temps. Ce qui n'est pas forcément toujours le cas. Pourquoi ? Parce que pris dans de la restriction, Donc le fait de se priver de certains aliments et parfois des aliments qui sont essentiels au métabolisme et au bon fonctionnement de l'organisme vient amener finalement un stress supplémentaire, des carences qui viennent générer et donc dégénérer vers un état de fringales, de compulsions, d'envie, etc. Il faut se dire qu'après une famine, ou après une phase de restriction, il y a toujours... une phase de compulsion alimentaire. Et donc, ces personnes qui s'inscrivent finalement dans des régimes qui sont inadaptés, stricts, à court terme ou à moyen terme tout au plus, vont développer des envies de manger encore et encore. Et pourtant, elles savent très bien qu'elles ne devraient pas, mais elles mettent parfois leur corps à mal et c'est ce qui fait qu'on a recours à cette alimentation émotionnelle. Ça, c'est d'un point de vue physiologique. Après, psychologiquement, vous avez aussi beaucoup de... personnes qui, au travers de leur anamnèse et de leur récidive, vous expliquent qu'elles sont à la diète depuis l'âge de 5 ou 6 ans.
- Speaker #0
Ce qui est terrible, évidemment.
- Speaker #1
Ce qui est terrible. Et donc, pour le coup, si vous voulez, elles sont toujours confrontées à des cycles répétitifs de régimes trop restrictifs, de pertes de poids, de lâcher prise, qu'elles visualisent finalement comme un échec. on reprend du poids, puis il y a une période de laisser aller, puis on recommence, etc. Et donc, il y a une forme d'essoufflement parce qu'elles ne retrouvent plus, finalement, la vraie raison pour laquelle elles ont entamé ce plan alimentaire ou ce régime alimentaire. Et donc, il y a une lassitude aussi qui fait que, même si elles connaissent toutes les finesses, finalement, de l'alimentation, il y a un épuisement, finalement, à vouloir entamer. Et puis, parfois, les kilos ont une fonction, ils ont un sens. dans l'identité de quelqu'un et donc il n'y a pas toujours d'intérêt, inconscient en tout cas, de perdre du poids. Des gens ne se reconnaissent plus au travers de la perte de poids ou entament un plan alimentaire, perdent quelques kilos et systématiquement il y a un blocage. Et c'est ce dont on évoquait tout à l'heure, c'est l'appellation des kilos émotionnels en fait. Il y a autre chose à bloquer derrière tout ça. Donc la prise en charge, elle n'est pas tant diététique et nutritionnelle exclusivement. Il faut impérativement qu'il y ait un volet psychologique. pour accompagner le patient dans cette démarche-là. Et c'est très important ce que vous dites ici. On n'est pas en train de parler des kilos comme quelque chose de négatif. Non, évidemment,
- Speaker #0
on parle de ce qui est lié à l'émotion et aux émotions qui font manger.
- Speaker #1
Tout à fait. Donc, on parle vraiment de la symbolique du kilo. Alors, certains patients sont même étonnés finalement quand on leur dit mais à quoi sert ces kilos ? rien je me Je ne me sens pas bien, je suis essoufflée, etc. Ok, vous me parlez du physiologique. Moi, je vous parle de ce qui se passe au niveau de votre tête, exactement.
- Speaker #0
Je vous propose, Victoria, de passer à l'axe 2 de notre épisode. Pourquoi la volonté ne suffit pas toujours ? On l'évoquait. Beaucoup de femmes ont le sentiment de manquer de volonté lorsqu'elles n'arrivent pas à tenir leur bonne résolution alimentaire. Comment vous interprétez cette impression, ce sentiment peut-être de culpabilité, de ne pas y arriver ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors donc, la volonté, comme dans tout, la volonté, elle est nécessaire. C'est ce qui permet à certains moments quand même de pouvoir se mettre en action. Mais la volonté n'est pas suffisante. Déjà, on peut parler de motivation. Alors, derrière la motivation, ce n'est pas le tout de se dire je suis motivé. C'est quelle est la motivation intrinsèque qui pousserait quelqu'un à revoir son alimentation au-delà de l'aspect santé. Souvent les gens... ont comme argument « c'est bon pour ma santé » . Alors, il y a une multitude de campagnes qui démontrent que l'alimentation, 5 fruits et légumes par jour, c'est bon pour la santé. Quand il y a de publicité pour du chocolat, des biscuits, etc., il y a toujours bien une information qui stipule le fait que ça doit être limité quand même. Et malgré toutes ces campagnes publicitaires et ces campagnes qui permettent de sensibiliser sur l'alimentation santé, Malgré tout, les gens y ont recours. Donc, ce n'est pas une question de... Ça ne suffit pas. Ça ne suffit pas, exactement. Alors, d'un point de vue psychologique, forcément, on interroge aussi le patient sur les réelles raisons qui l'amèneraient à revoir son alimentation et les objectifs qu'il a au travers d'une éventuelle perte de poids pour pouvoir cibler correctement, finalement, la prise en charge et ne pas systématiquement aller vers l'assiette. Alors... Dans cette notion de volonté, comme je l'évoquais tout à l'heure, quand les hormones s'en mêlent, quand les hormones se dérèglent, on peut avoir une incidence finalement sur le développement d'une alimentation émotionnelle, là où ça échappe au psychologique. Donc quand la sérotonine est à mal, on comprend qu'il puisse y avoir de l'alimentation émotionnelle. Quand le cortisol déconne, quand la thyroïde déconne, etc. Et donc à ce moment-là, on ne parle même pas de volonté. Le patient n'en a pas conscience, il n'en a même pas connaissance. Et donc, pour le coup, c'est ce que j'évoquais tout à l'heure, d'où l'intérêt d'avoir une prise en charge pluridisciplinaire où on concilie le psychologique, le nutritionnel et l'hormonal, de telle façon à ce que le patient puisse comprendre, finalement, la façon dont il fonctionne et de pouvoir trouver les solutions qui soient les plus adaptées.
- Speaker #0
Alors, vous accompagnez des femmes, notamment, mais pas que, et des femmes qui, j'imagine, sont parfois très performantes dans leur vie, qu'elles soient professionnelles ou familiales. Comment vous... expliquer qu'elles puissent faire preuve d'une si grande discipline dans certains domaines et se sentir totalement démunies face à l'alimentation ?
- Speaker #1
Alors, le rapport n'est pas vraiment pareil, c'est-à-dire que dans un objectif de vie, il y a de la performance partout. C'est juste difficile de pouvoir être performant dans tout en même temps. Et comme on l'a compris, si je suis hyper performante, professionnellement, socialement, sportivement, familialement, conjugalement, etc., à un moment, mon alimentation, attention, qu'elle n'est qu'une solution. C'est qu'après avoir donné tout ça, c'est comme si je n'avais plus de carburant. Et donc, je vais chercher au travers de mon alimentation, soit un carburant pour continuer, notamment avec le sucre, le café, les glucides, etc. soit j'ai bien mérité mon alimentation réconfortante de par le fait qu'avec tout ce que j'ai donné, je peux au moins avoir ça. Et donc, ce sont vraiment deux pôles différents. Et c'est comme si l'alimentation devenait un remède à un rythme de vie qui est très intense. Sauf que ma solution amène un problème, parce que, comme je l'évoquais tout à l'heure, celui qui s'inquiète de son alimentation, c'est celui qui constate qu'à un moment donné, sur la balance, ça se signifie. J'ai peu de patients qui ont de l'alimentation émotionnelle et qui viennent en consultation parce qu'elles ne prennent pas de poids.
- Speaker #0
Intéressant.
- Speaker #1
Et donc, pour le coup, si je consulte et que je m'interroge sur mon rapport à l'alimentation, c'est parce que j'ai une prise de poids qui me dérange, j'ai déjà essayé différents régimes, je me rends compte que ce n'est plus suffisant. Et donc, il faut que j'investigue ailleurs. Maintenant, il est clair que dans un profil assez perfectionniste et assez productif et rentable, comme vous l'évoquiez dans la question, Mais globalement, on a souvent des patients qui compulsent parce que, encore une fois, dans l'équilibre hormonal, on a des limites. Et si l'hormone ne nous aide plus finalement à pouvoir ralentir quand c'est nécessaire, j'ai toujours mon remède qui est lié à mon alimentation. Et certaines femmes disent, alors je sais exactement ce qu'il faudrait faire, mais au moment critique, c'est plus fort que moi. C'est vraiment plus fort. On évoquait les hormones tout à l'heure,
- Speaker #0
mais qu'est-ce qui fait vraiment là ? On ne sait pas faire autrement. La part des hormones a quand même un impact fort important. La manière dont j'ai mangé aussi durant la journée. Si j'avais un petit déjeuner qui était soit inexistant ou très pauvre d'un point de vue qualitatif, avec un repas que j'ai pris le midi devant mon PC en travaillant ou peut-être pas du tout. Tout à l'heure, j'évoquais notamment la question de la fringale. La fringale va se reporter plus tard quand on est en journée. d'ailleurs. Dans les récits, on a souvent des patientes qui nous expliquent que durant la journée, elles ne mangent pas grand-chose. C'est quand elles arrivent à la maison où elles se rendent compte que là, ça déborde et que ça part vraiment dans tous les sens. Et puis, il y a cette part aussi psychologique d'une dépendance qui est installée. Alors, on peut parler de la dépendance à la cigarette, à l'alcool tout à l'heure, etc. L'alimentation peut être une dépendance avec. des éléments dans cette alimentation qui va générer et amplifier la dépendance, notamment par des exausteurs de goût, par des additifs, etc., qui font que ça vient malheureusement cultiver un peu plus cette notion-là. Alors après, vous avez cette phrase du foutu pour foutu, que beaucoup de gens connaissent, mais... Allez, on y va. Foutu pour foutu, on y va. Je ne suis pas fière de moi, j'ai encore foiré, et puis chez certaines personnes, il y a cette notion, malgré tout, de ne pas être capable de réussir quoi que ce soit. Et donc, par définition, j'ai une patiente, dernièrement, qui, elle, dans sa vie, a toujours l'impression que tout ce qu'elle entame, elle le rate, ou en tout cas, elle ne va pas au bout. Et donc, bizarrement, pour un régime, c'est pareil, en fait. Et donc, ça devient un processus. comportementale et fonctionnelle, même si ça dysfonctionne, mais qui fait partie finalement presque de la personnalité, qui peut être aussi en lien avec la confiance en soi et l'estime de soi, de l'impression de ne pas être capable d'aller au bout de quelque chose. Et donc, il y a de l'autosabotage, foutu pour foutu. Et probablement aussi beaucoup de culpabilité, une espèce de spirale infernale, en quoi la culpabilité risque paradoxalement d'entretenir le problème. Tout à fait. Donc... Alors, le processus, c'est j'entreprends une adaptation alimentaire, généralement à la suite d'un déclic. Alors, le déclic, c'est je me suis pesée, je vois que j'ai pris du poids et ça me dérange. Et donc, attention, je ne le commence pas à n'importe quel moment, je le commence toujours le lundi matin, parce que c'est connu que le lundi matin, c'est le moment idéal. Et donc, pour le coup, c'est comme si finalement, votre cerveau avait aussi l'habitude que tous les lundis matins. Donc, il est toujours dans un état de vigilant. où le lundi matin, il y a quelque chose qui va se passer, alors quelque chose de pas chouette, bien entendu. Le lundi midi, généralement, on est déjà moins dans cette motivation-là parce que la semaine a recommencé, parce que le boulot est là, parce qu'un collègue a son anniversaire, parce qu'il a apporté un morceau de tarte, etc. Et donc, on se dit, oui, mais finalement, cette semaine, j'ai quand même un anniversaire, un resto et une fête scolaire. Et donc, trois événements qui font que je ne peux pas. C'est impossible, évidemment. Voilà, c'est impossible. Sauf que dans le côté impossible, finalement, ça n'était que trois situations, mais sur peut-être 50, parce que des repas, il y en a bien d'autres sur la journée. Et donc, c'est ça qui vient prendre le pas sur tout le reste et qui fait que l'on s'éloigne finalement de son objectif. Et c'est probablement la raison pour laquelle, au départ, la motivation n'a pas été cadrée correctement. Et donc, pour le coup... Foutu pour foutu, je me laisse aller, même si ce n'était pas prévu, à midi je vais manger des frites, ce soir j'irai au resto, demain je commanderai une pizza et ça dégénère en fait de cette façon-là. Et puis à un moment donné, il y a une prise de conscience avec la culpabilité parce qu'une fois de plus, on n'y est pas arrivé. Alors la culpabilité, c'est plutôt la notion de de quoi suis-je coupable ? Je me sens coupable d'avoir mangé là, à un moment où j'avais dit que je ne mangerais pas. Le but en soi n'est pas de ne plus manger, mais de manger autrement. Cette culpabilité pourrait s'apaiser finalement si on apprenait à manger différemment, mais surtout différemment en conscience et pas différemment dans l'assiette. On évoquait tout à l'heure les fameux régimes, évidemment. Pourquoi ces approches, et peu importe le régime, j'ai envie de dire,
- Speaker #1
peuvent parfois éloigner davantage une relation sereine à l'alimentation ? C'est bon ou pas les régimes ? On fait ou on ne fait pas des régimes ?
- Speaker #0
Alors, dans l'inconscient collectif, le régime est associé à la restriction et à la privation.
- Speaker #1
Et ça, ce n'est pas bon.
- Speaker #0
Et ça, ce n'est pas bon. Je pense que des privations, des contraintes, on en a suffisamment au quotidien pour en plus en rajouter. Alors, on garde quand même une âme d'enfant qui est très forte. C'est qu'un enfant, quand vous lui dites qu'il ne peut pas, il le fait. Nous, c'est pareil. Si vous avez un aliment que vous n'aimez pas, il suffit que je vous dise que vous ne pouvez pas le manger, vous aurez envie de le manger. C'est presque du conditionnement. Alors, des régimes, il en existe une multitude. Il y a des régimes qui se sont avérés pertinents, d'autres moins. Encore une fois, ce qui fonctionne pour vous ne fonctionne pas pour moi. Tout dépend aussi de votre état de santé de départ, votre objectif de départ, l'environnement dans lequel vous êtes, des possibilités que vous avez. Mais une chose est certaine, c'est que se dire que pour perdre du poids, il ne faut pas manger, c'est une erreur. Parce que forcément, si on en revient aux notions de la nutrithérapie, où l'alimentation est avant tout une alimentation santé, plus vous allez donner à votre corps une alimentation qui est riche et dense en nutriments, plus votre corps va perdre du poids. Pourquoi ? Parce que la machine va fonctionner grâce au carburant que vous lui donnez, et donc la dépense énergétique va se produire grâce à l'apport. nutritionnel que vous vous imposez. Et donc, se mettre à la diète, de nouveau, ça ne fera qu'un temps et c'est ce qui va générer des frustrations parce qu'être à la diète, c'est être isolé socialement, c'est ne plus aller au resto, c'est ne plus accepter un repas en équipe, c'est ne plus honorer un collègue qui fête son anniversaire, etc. Et donc... Ça ne peut pas fonctionner sur du long terme et c'est ce qui fait que ça ne fonctionne pas sur du long terme et que même s'il y a une perte de poids, il y aura une perte de poids qui ne sera pas durable. Alors, on parle de régime alimentaire. Après, on va un peu plus loin. On va vers des solutions qui sont plus invasives, comme des opérations bariatriques, etc. Et on se rend compte que sur le coup de la mécanique qui change, il y a une perte de poids. Mais la personne n'est absolument pas à l'abri de reprendre du poids. Parce que son rapport à la nourriture n'a pas changé et son état d'esprit par rapport à la nourriture n'a pas changé non plus. Et donc, de façon un peu détournée, mais il y arrive malgré tout, il récupère une alimentation qui est équivalente à avant. Et donc, pour le coup, prise de poids et parfois même autant, voire plus que ce qui avait été perdu.
- Speaker #1
Alors, on associe souvent la charge mentale aux femmes. En quoi cette fameuse charge mentale, le manque de sommeil, le stress chronique, voire même l'épuisement ? peuvent modifier les comportements alimentaires.
- Speaker #0
Alors, comme je l'évoquais tout à l'heure, mon alimentation va avoir un impact sur mes hormones. Ces mêmes hormones qui vont réguler mes émotions, ma motivation, mon énergie, mon stress, ma thyroïde, mes intestins, etc. Et donc, si ça va dans un sens, si mon alimentation peut contribuer positivement au bon fonctionnement de ma machine, qui est mon corps, l'inverse aussi. C'est-à-dire que mon corps peut avoir un impact, ou en tout cas la manière dont fonctionne mon corps peut avoir un impact sur la façon dont je vais m'alimenter. Et donc l'idée c'est vraiment de venir réguler les deux ensemble en imaginant qu'apporter à mon corps un meilleur carburant va me permettre de booster mon capital santé physique et psychologique et mon capital santé physique et psychologique va me permettre de récupérer une certaine harmonie Merci. pour pouvoir continuer à adapter mon alimentation. Alors, il faut bien commencer par quelque chose, bien entendu. Et il est clair que quand on est en épuisement, quand on est en surmenage, avec un stress chronique, un état de fatigue qui est compliqué, etc., la première chose que j'ai tendance à sacrifier, c'est mon alimentation. Parce que je suis trop fatiguée quand je rentre pour pouvoir me préparer un repas et pour pouvoir manger correctement et chez certaines personnes, même pour avoir faim. Et donc, elles vont avoir tendance soit à ne pas manger, soit à se ruer vers tout et n'importe quoi, parce qu'il y a trop de fringales ou tout simplement parce qu'elles ont un peu ce concept un peu à la mode de la flemme, qui ne donne pas envie ou d'avoir recours finalement à une alimentation vers des plats préparés, etc. Ce qui va générer de l'inflammation et cette inflammation va altérer finalement mon capital santé. Et donc, je suis dans un cercle vicieux, d'où l'intérêt d'un accompagnement finalement. pour pouvoir faire les choses de façon progressive, adaptée, individuelle, et que le patient ne se retrouve pas seul face à toute cette quantité d'informations, finalement, où il pense aussi bien faire, en mettant en place des solutions qui vont lui demander trop d'efforts. Et qui ne sont pas adaptées pour lui.
- Speaker #1
Victoria, il y a certaines périodes de vie qui sont particulièrement sensibles, pour les femmes notamment, la maternité, le départ des enfants, la périménopause, une séparation ou tout simplement une surcharge professionnelle.
- Speaker #0
Observez-vous des mécanismes récurrents dans ces moments de transition si particuliers ? Alors souvent à la suite d'une rupture, il y a une perte de poids. Ce n'est pas une solution en soi, on est bien d'accord. Dans le cadre de surmenage, il y a bien généralement de la prise de poids. En fait, on adopte des comportements qui sont en lien aussi avec les événements que l'on vit. Quand on est enceinte, on se réjouit à l'idée d'être enceinte. Et puis bébé, on a peut-être tendance à manger pour deux. Dans certains cas, il y a de la frustration par rapport à certains aliments qu'on ne peut plus consommer et donc on se réfugie sur d'autres. Par rapport à un deuil, un décès, un deuil professionnel, etc., bien souvent on est dans quelque chose où on a l'appétit coupé. Par rapport à la prairie ménopause, il y a la ménopause. Là, il y a par contre un volet plutôt hormonal qui fait qu'il va y avoir malgré tout un impact de ce que je génère. Aussi tout ce dérèglement hormonal sur l'état psychologique et physique de la patiente et donc avec finalement une forme de compensation. Et donc à chaque étape de notre vie finalement nous sommes confrontés à des possibilités d'avoir recours à cette alimentation émotionnelle. Et comme je l'évoquais, l'alimentation émotionnelle c'est aussi avant tout un échappatoire. Je ne me pose plus de questions, je vais vers ça, je sais que ça fonctionne, même si ça ne fonctionne pas beaucoup, je recommence de plus en plus, mais je pense détenir une solution à travers ça, là où l'accompagnement permet d'aller travailler finalement l'essence même de ce qui amène à cette alimentation émotionnelle. D'ailleurs en consultation, on parle très peu de l'alimentation, on parle surtout de toutes les raisons qui nous amènent dans un iceberg, l'alimentation est tout en haut. Et puis nous, on va décortiquer tout ce qui se trouve dans les fins fonds de la mer. Oui, de l'ordre de l'invisible. Oui, tout à fait. Alors Victoria,
- Speaker #1
je vais vous soumettre quelques petites phrases que beaucoup de femmes prononcent lorsqu'elles parlent de leur poids ou de leur alimentation. J'aimerais que vous les commentiez pour nous et que vous nous expliquiez ce qu'elles révèlent selon vous. Prête ?
- Speaker #0
Oui. Je tiens toute la journée et puis le soir, je mange sans pouvoir m'arrêter. Alors, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, Alors, je tiens toute la journée. Qu'est-ce que je fais ? Je ne mange pas toute la journée et puis je mange le soir excessivement, donc un peu comme une voiture. Vous ne mettez pas de carburant et puis 10 kilomètres avant d'arriver chez vous, vous faites un plein complet.
- Speaker #1
Le sucre, c'est ma récompense après une journée difficile ?
- Speaker #0
Oui. Alors, dans le cadre d'une carence en sérotonine, en effet, c'est une récompense et ça fait presque partie du processus. Une journée avec des aliments riches en glucides et pauvres en protéines va générer des envies de sucre. Un microbiote qui est en déséquilibre génère des envies de sucre. Et un cortisol qui ne va pas bien, donc à savoir l'hormone de stress, l'un va avec l'autre. Je mange du sucre, mon sucre fait augmenter mon cortisol, je remange du sucre, etc. Et donc, ça s'impose presque aux patients, en fait. Quand je suis stressée, j'ai besoin de grignoter même si je n'ai pas faim. Oui. Alors le grignotage, surtout des aliments qui sont croquants, croustillants, viennent apaiser. D'ailleurs, on n'est pas très fan des biscuits dont le paquet a été ouvert il y a deux jours. Des chips ramollis, des cacahuètes. Il faut que ce soit attractif. Il faut que ce soit attractif, exactement. Et donc, encore une fois, on a compris tout ça. Et donc, plus c'est craquant et croquant et plus c'est apaisant. Je commence toujours un régime avec motivation. Et puis, je m'épuise. Probablement un régime qui est trop peu adapté, trop peu individualisé et trop... En tout cas, la recherche est trop fréquente, trop récurrente. D'ailleurs, les hommes perdent plus facilement du poids que les femmes. Déjà parce qu'ils sont moins soumis à tous ces dérèglements hormonaux, bien qu'ils peuvent en avoir. Mais l'homme ne se dit jamais tous les lundis qu'il... revoit son alimentation. Peut-être que sur sa vie, il va en parler trois fois. Sur un mois de temps, il va peut-être perdre 10 kilos là où une femme va en perdre un seul. Alors, quand les femmes s'y mettent et que les hommes suivent, elles reviennent au cabinet avec la frustration de « c'est dégueulasse, lui a perdu et moi pas, c'est injuste. » C'est ça que vous parle. Mais c'est une question d'état d'esprit, en fait. plus que de disponibilité à la perte de poids.
- Speaker #1
Celle-ci, elle est particulièrement parlante. Je mange parfois juste pour avoir un moment enfin avec moi.
- Speaker #0
Ah oui, complètement. On n'a pas parlé de ça. C'est vrai. Alors tout à l'heure, on a parlé de la femme qui est en surcharge émotionnelle et qui est épuisée. Et quand elle rentre chez elle, déjà durant la journée, elle anticipe le fait qu'elle va rentrer chez elle et qu'elle aura un moment pour elle. Et donc ça va passer par la nourriture, un peu comme une célébration. quotidienne en fait.
- Speaker #1
Plus j'essaye de me contrôler, plus je finis par perdre le contrôle.
- Speaker #0
Clairement. Le contrôle et la maîtrise sont deux choses totalement différentes. Donc vous pouvez maîtriser votre alimentation et savoir jongler finalement. Et tout connaître de ça. Voilà. Et puis dans l'hyper contrôle, on pèse tout au gramme près. Il faut déroger à rien et on sait que ça n'est pas tenable dans le temps.
- Speaker #1
Merci Victoria pour toutes ces explications. Passons maintenant au dernier axe de notre épisode, retrouver une relation plus apaisée avec la nourriture. Alors après avoir compris les mécanismes qui nous poussent à manger sous le coup des émotions, une question se pose naturellement, comment sortir de ce cercle et retrouver une relation plus saine avec l'alimentation ? Beaucoup de femmes ont l'impression d'être en lutte permanente, on en a parlé, contre leur corps. Est-ce possible de travailler sur son poids sans entrer dans cette logique de combat,
- Speaker #0
de cette lutte ? Tout à fait. Donc, c'est presque comme si on envisageait d'être dans un lâcher-prise. Alors ça, ça prend bien évidemment. Mais dans tous les cas, le patient doit avoir conscience que la lutte, il l'amène déjà depuis des années, voire même des décennies pour certains. Et on ne peut pas prétendre avoir un résultat différent en pratiquant toujours de la même façon. Et donc à un moment, c'est peut-être intéressant finalement d'aller voir ce qu'il se cache en dessous de tout ça, pour vraiment comprendre l'état d'esprit dans lequel on est, mais surtout ce qui nous a amenés à avoir recours à cette alimentation ou à développer des kilos émotionnels sans parfois en avoir conscience aussi. Parce que comme je l'évoquais tout à l'heure, quand on est dans une transe hypnotique, on est dans quelque chose, c'est comme si on était dans une bulle. Et dans cette bulle, on ne pense plus à rien, on ne réfléchit plus à rien, on assouvit une envie et une pulsion. Et donc, pour le coup, il y a une reprise de conscience par rapport à des schémas comportementaux qui se sont installés et qui nous échappent. Déjà, la lutte, elle est là, finalement, c'est d'avoir l'impression de perdre le contrôle sur tout. Et la deuxième lutte, c'est de vouloir absolument avoir du contrôle sur tout.
- Speaker #1
Et à quel moment vous comprenez que votre... votre patiente est en train de changer sa relation à l'alimentation. Même si la balance n'a peut-être pas encore bougé, mais là, vous sentez que quelque chose est en marche.
- Speaker #0
Alors, quand elle s'accorde de pouvoir aborder des sujets, des sujets sur des thématiques plus sensibles, et où on est moins sûr. Alors, le mécanisme de défense, souvent, c'est... Vous savez, quand ça pique en consultation, qu'on s'appelle. Quand on entreprend une thérapie psychologique, on a souvent tendance à aller chercher des mécanismes de défense pour s'en protéger. Parce qu'on sent que ça travaille, mais on n'est pas confortable à ça. On peut être prêt, mais ce n'est pas confortable. Et donc, la petite phrase, c'est « Mais Madame Rizzo, vous savez, moi, je suis venue pour ma perte de poids. » Oui, oui, vous verrez. Et alors, un autre élément sur lequel on retrouve de l'apaisement, c'est quand le patient est moins dans de la résistance. Avec ces mécanismes de défense, quand le patient parle moins finalement de son rapport à la nourriture, et il en parle moins tout simplement parce que c'est en train de s'apaiser. Par la force des choses, si je m'apaise sur d'autres aspects qui me tourmentent d'un point de vue psychologique, j'ai moins besoin d'avoir recours à cette alimentation. Et donc, par la force des choses, j'aurai moins besoin d'en parler comme étant un problème, puisqu'on aborde le réel problème de fond.
- Speaker #1
Et quand une femme réalise qu'elle mange sous l'effet de ses émotions, c'est quoi le premier pas que vous lui conseillez généralement au moment de cette prise de conscience ?
- Speaker #0
Alors, bien souvent, ce que je lui propose, c'est de reprendre conscience de son comportement alimentaire en s'observant. Alors, je lui demande de ne rien changer dans son quotidien, mais de prendre le temps de s'observer dans sa façon. de s'alimenter ? Est-ce que je prends le temps de manger ? Est-ce que je cuisine ? Est-ce que je prends plaisir à cuisiner ? Est-ce que je mange tranquillement ? Est-ce que l'atmosphère à table est sympathique ? Comment est-ce que je rentre du boulot ? Comment est-ce que je considère mon alimentation ? Est-ce que je prends plaisir à aller faire des courses ? Est-ce que c'est une contrainte pour moi ? Et puis, après, j'interroge forcément les compulsions. Quelle est l'émotion que je ressens au moment de la compulsion ? Quelle est la situation qui m'amène à ressentir cette émotion ? Qu'est-ce que je cache dans mon alimentation pour ne pas avoir accès à ces émotions ? Et donc, on se pose.
- Speaker #1
On se pose des questions aussi. Alors,
- Speaker #0
on se pose pour se poser des questions, exactement.
- Speaker #1
Beaucoup de femmes disent « sur le moment, je ne réfléchis même pas » . C'est un peu la transhypnotique. Comment réintroduire cet espace de réflexion entre l'émotion et le passage à l'acte ?
- Speaker #0
Forcément, ça fait partie d'un processus qui peut être relativement long, bien évidemment, en fonction du patient. Le patient a des ressources pour pouvoir le faire, mais il n'a pas l'habitude. de pouvoir travailler de cette façon-là. Tout à l'heure, j'évoquais notamment le fait de se poser. On n'a pas le temps de se poser des questions et en même temps, quand on connaît la réponse ou quand on appréhende la réponse du bout des doigts, on a encore moins envie de prendre ce temps-là. Et donc, tout au long finalement du processus psychothérapeutique, on amène le patient aussi à... se poser, se tranquilliser, à appréhender un tout petit peu ce qu'il peut ressentir et à lui montrer, à lui faire prendre conscience que finalement, ce qu'il ressent est tout à fait normal et que c'est même intéressant finalement d'accueillir ses émotions pour en faire quelque chose de constructif et que tout enfouir finalement sous une carapace de kilos émotionnels ou dans l'alimentation émotionnelle ne s'apparente qu'à une cocotte minute qui est prête à exploser. et donc... Voilà, on essaye vraiment de rassurer beaucoup et d'amener le patient à aller chercher des outils qu'on a construits ensemble en psychothérapie pour pouvoir justement appréhender un peu mieux ses émotions et avoir moins recours à ses solutions alternatives. Alors, parmi toutes les femmes que vous avez accompagnées, quels sont les changements ou les prises de conscience qui ont vraiment le plus d'impact sur le long terme ? Alors, un mot qui me vient en tête, c'est qui études ? À partir du moment où vous ne vous levez plus le matin, en vous tracassant pour votre corps, votre poids et votre alimentation, ça génère un état de soulagement et de légèreté qui est inconsidérable. C'est d'un point de vue psychologique, bien évidemment. S'il y a eu une adaptation alimentaire, on retrouve souvent, malgré tout, une récupération d'énergie, un mieux-être physique et psychologique, une meilleure rentabilité, mais non pas. pas dans de l'hyperactivité qui est épuisante, mais vraiment dans quelque chose de très constant, de la sérénité, de la tranquillité, une meilleure gestion des émotions face à des situations qui, avant, amenaient un débordement émotionnel et où là, ça amène beaucoup plus d'apaisement et de sérénité.
- Speaker #1
Et si vous deviez identifier les signes qui montrent qu'une femme est en train de se réconcilier avec son alimentation, ce serait quoi ? Il y a la perte de poids ? Sans doute, mais pas que.
- Speaker #0
Pas que. En fait, les traits de l'apaisement, on les voit surtout sur le visage. On voit un visage qui est plus serein, avec un discours qui est moins torturé, avec du lâcher-prise. Moi, j'adore entendre un patient qui m'explique être allé au resto. pour son anniversaire et avoir mangé tout ce qui lui faisait plaisir. Sans se poser de questions, même s'il a pris un dessert sans devoir calculer quoi que ce soit. Et où le lendemain, il ne s'est pas dit, je vais me peser, je me suis pesée, j'ai pris du poids. Exactement. Alors Victoria, nous arrivons tout doucement au terme de cet épisode. Nous avons parlé des émotions, des comportements alimentaires, de la culpabilité,
- Speaker #1
mais aussi des pistes pour retrouver une relation plus sereine avec la nourriture. Si nos auditrices ne devaient retenir que trois conseils super concrets à mettre en pratique dès demain,
- Speaker #0
lesquels choisiriez-vous ? Je dirais d'avoir un accompagnement adéquat pour pouvoir envisager les choses autrement et de se dire que tout n'est pas une question de volonté pour pouvoir vraiment faire autrement. La question, c'est ça. Qu'est-ce que je comprends de mon fonctionnement pour fonctionner autrement ? Donc, je comprends le pourquoi et j'ai besoin de savoir le comment autrement. Donc, un, on demande de l'aide. Ça, c'est le principe de la thérapie brève, en fait.
- Speaker #1
Bien sûr. Voilà.
- Speaker #0
On demande de l'aide avec quelqu'un avec qui on a une relation de confiance, bien évidemment. On s'éduculpabilise aussi d'être dans cette démarche-là, d'être dans ce processus. On sort des injonctions, je dois, il faudrait, et on se laisse porter finalement en fonction de ses besoins et de ses envies, parce que les besoins et les envies sont individuels à chacun, et donc il y a autant de pratiques et de prises en charge qu'il n'y a d'individus, même si on peut avoir une trame commune, et on prend aussi le temps de faire les choses et de se poser. Et pas de copier-coller avec le régime de la voisine. Oui, tout à fait. vu qu'on est dans une démarche psychothérapeutique. Je ne peux pas faire un copier-coller d'une thérapie. Merci Victoria. Si certaines auditrices souhaitent approfondir le sujet avec vous, pourquoi pas, où peuvent-elles vous retrouver ? Elles peuvent me retrouver sur mon site internet, www.victoria-ritzo.be. Elles peuvent me retrouver sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. J'ai une communauté Facebook de 6600 personnes, je pense. C'est une petite communauté, mais ça permet un peu d'intimité au niveau des échanges. Donc, il y a Psychonutrition by Victoria Rizzo, tout simplement. sur mon site, elles y retrouveront mes coordonnées s'il y a un besoin à un moment donné de devoir me joindre. Parfait. Merci beaucoup, Victoria, pour cet échange riche et instructif. Merci, Perrine. Et maintenant, comme dans chaque épisode de BeLiveTalk, place à notre chronique phyto et nutrie. Bonjour Laurence !
- Speaker #1
Bonjour Périne !
- Speaker #0
Alors Laurence, lorsqu'on est stressé, fatigué ou sous pression, est-ce que certains nutriments méritent une attention particulière pour éviter les compulsions ou les compensations alimentaires ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Quand nous sommes stressés ou fatigués, notre organisme consomme davantage certains nutriments qui sont impliqués dans la gestion du stress, des émotions et de l'énergie. Je pense notamment en premier lieu au magnésium. au zinc, qu'on oublie souvent d'ailleurs, aux vitamines du groupe B et à certains acides aminés comme la thyrosine ou le tryptophan, qui vont participer à la fabrication de neurotransmetteurs comme la sérotonine ou la dopamine impliqués dans l'humeur et le comportement. Lorsque ces réserves diminuent, on peut ressentir davantage d'irritabilité, de fatigue mentale, de baisse de motivation ou encore une difficulté à réguler ses envies alimentaires. Cela ne signifie pas qu'une carence est systématiquement responsable des compulsions, mais un terrain nutritionnel fragilisé peut clairement rendre plus difficile la gestion des émotions ou du comportement alimentaire.
- Speaker #0
Alors il y a beaucoup de femmes qui disent avoir davantage envie de sucre lorsqu'elles sont stressées, fatiguées ou sous pression. Comment explique-t-on ce phénomène et c'est quoi les pistes de solution ? Pourquoi ce sucre, cette envie de sucre ?
- Speaker #1
C'est un phénomène qui est très fréquent, effectivement, et parfaitement compréhensible sur le plan biologique. Lorsque nous vivons un stress, notre corps va déclencher d'abord une réponse d'urgence avec l'adrénaline. Cette hormone permet notamment de mobiliser rapidement l'énergie nécessaire pour faire face à cette situation stressante. Ensuite, le cortisol va prendre le relais. Son rôle est notamment d'aider l'organisme à récupérer, après cette phase d'alerte, on est face au lion, exactement. et à reconstituer les réserves énergétiques qui ont été mobilisées. Pour cela, que va faire le cortisol ? Eh bien, il va augmenter la disponibilité du glucose et peut également stimuler l'appétit avec une attirance particulière pour les aliments riches en sucre ou en glucides qui sont rapidement assimilables. Donc, le corps va avoir besoin de refaire ses réserves.
- Speaker #0
Aïe, c'est la clobabless.
- Speaker #1
Tout à fait. Et donc, en d'autres termes, après une période de stress ou de fortes sollicitations mentales, notre organisme nous pousse naturellement à rechercher de l'énergie qui est facilement accessible. Le problème va apparaître lorsque ce stress va devenir chronique. Le cortisol reste alors élevé tout le temps, les envies de produits sucrés deviennent de plus en plus fréquents et on peut progressivement entrer dans un cercle où le stress alimentaire alimente les grignotages qui eux-mêmes favorisent des fluctuations glycémiques et une fatigue accrue. Donc on est dans un cercle vicieux. Il n'y a qu'une des pistes de solution. Une des pistes, c'est d'agir sur les causes, donc apprendre à mieux gérer son stress, à améliorer le sommeil, pratiquer une activité physique régulière, ça c'est assez important, et surtout construire des repas qui sont nutritionnellement plus denses.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi ça, nutritionnellement dense ?
- Speaker #1
Alors nutritionnellement dense, ça veut dire que l'on a suffisamment de bonnes protéines, de bons gras et de fibres. Ça permet effectivement de réguler la glycémie. Et donc, on va rajouter à ce bon gras, ces protéines et les fibres, on va rajouter par exemple des légumes colorés qui vont apporter des antioxydants. Et donc, plus l'équilibre glycémique est stable au cours d'une journée, moins les envies de sucre ont tendance à prendre le dessus.
- Speaker #0
Alors, on sait que le stress pousse à mal manger, mais est-ce que mal manger sous stress aggrave lui-même le stress ? Tu parlais de cercles vicieux.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Pendant longtemps, on a considéré que le stress influençait l'alimentation, comme je viens de l'expliquer, mais maintenant, on sait que cela fonctionne dans les deux sens. Une alimentation qui va être riche en sucre rapide, en produits ultra transformés et donc pauvre en nutriments essentiels, peut favoriser une inflammation qu'on appelle une inflammation de bas grade et cela va influencer notamment notre microbiote intestinal. De nouveau, c'est un acteur, on le sait, qui est très important. Or, le microbiote, il communique en permanence avec notre cerveau. Des études récentes montrent que si le microbiote est perturbé, c'est-à-dire en dysbiose, il peut contribuer à une moins bonne gestion du stress, de l'anxiété ou de l'humeur. On se retrouve donc évidemment dans un véritable cercle vicieux. Le stress pousse à manger moins équilibré et cette alimentation déséquilibrée peut à son tour rendre l'organisme plus vulnérable au stress.
- Speaker #0
Parmi les nutriments qui peuvent aider à diminuer les envies sucrées, on entend souvent parler du chrome. Pourquoi il suscite un intérêt particulier ce chrome ?
- Speaker #1
Le chrome est un micro-élément, donc un oligo-élément en fait, qui intervient dans le métabolisme du glucose. Il va contribuer à maintenir une glycémie normale et c'est un cofacteur de l'insuline qui est l'hormone qui permet au glucose d'entrer dans les cellules. Des études récentes suggèrent qu'un apport adéquat en chrome pourrait aider à mieux réguler les fluctuations glycémiques et dans certains cas à diminuer les envies de sucre ou les grignotages qui sont associés à ces envies de sucre. Mais... Ce n'est évidemment pas une solution miracle. S'il en existait une, on vous l'aurait déjà donnée. Voilà, exactement. Le chrome peut être un soutien intéressant lorsqu'il s'inscrit dans une approche beaucoup plus globale qui comprend évidemment une alimentation équilibrée, on vient d'en parler, une bonne qualité de sommeil. Mais on oublie souvent. Voilà, tout à fait. C'est effectivement très important et une gestion du stress qui est adaptée.
- Speaker #0
Alors, Laurence, on voit fleurir partout des compléments alimentaires qui promettent de gérer le poids, de couper les envies, de brûler les graisses. Est-ce que certaines de ces promesses te font tiquer ? C'est quoi les dangers à connaître avant de se lancer avec ce type de produit ?
- Speaker #1
Alors moi, évidemment, pour moi, c'est absolument inaudible. On ne peut pas dire ça. Il n'y a pas de solution miracle. Et dès qu'un produit promet de brûler les graisses, de faire fondre les kilos ou de supprimer l'appétit, sans faire d'effort, bien entendu, il faut évidemment faire preuve d'esprit critique. Le poids corporel est en fait influencé par de nombreux facteurs. Il y a l'alimentation, bien entendu, l'activité physique, on vient d'en parler, le sommeil également, le stress, mais il y a aussi tout ce qui est hormones, génétiques. Notre microbiote est impliqué dans l'équilibre au niveau du poids. Les prises de médicaments peuvent aussi influencer notre poids. Et donc, réduire toute cette complexité à une simple gélule, c'est tout simplement pas réaliste. Le danger est double. D'une part... On va créer de faux espoirs et d'autre part, on va détourner l'attention de la personne des véritables causes du problème. Donc, mon conseil est toujours de privilégier les compléments dont les mécanismes d'action sont clairement documentés, c'est-à-dire qui sont décrits dans la littérature scientifique, et de les considérer comme des outils d'accompagnement, mais jamais comme des solutions miracles. Ça n'existe pas en complément alimentaire.
- Speaker #0
Pour une femme qui se reconnaît dans ce que nous avons évoqué aujourd'hui, le stress, les envies de sucre, les grignotages émotionnels, quelles seraient les premières pistes phyto-nutries que tu lui conseillerais ?
- Speaker #1
La première étape, c'est souvent de faire preuve de bienveillance envers soi-même. C'est difficile ça. Avant de parler alimentation, mode de vie, etc. Si on n'est pas bienveillant avec soi-même, il n'y a pas beaucoup de choses qui vont fonctionner. Les grignotages émotionnels ne sont pas un manque de volonté. Il traduit souvent un besoin physiologique ou émotionnel qui est non rencontré. Et donc concrètement, qu'est-ce que je peux conseiller ? D'une part, de veiller à un apport suffisant en protéines et en fibres à chaque repas. Donc on revient à ces repas qui sont denses nutritionnellement. De vérifier ses apports en magnésium et en zinc, donc n'oublions pas le zinc. Et d'améliorer progressivement la qualité du sommeil, très important. Ensuite, il faut également veiller à avoir une activité physique régulière, même modérée. aller marcher 15-20 minutes par jour, c'est vraiment un premier pas pour régler et réguler son poids et ses émotions. En phytothérapie, certaines plantes comme le safran ou la schwaganda peuvent vraiment être intéressantes. Le safran est actuellement l'actif phyto qui a le plus d'intérêt scientifiquement dans le contexte grignotage émotionnel, contrôle des envies. Oui, tout à fait. Dans le cadre du comportement alimentaire, c'est vraiment une aide en phytothérapie. L'ashwagandha, quant à elle, sera plus efficace pour le stress, donc pour la gestion du stress, puisque la racine de cette plante va permettre de réguler le cortisol. Et si les envies de sucre sont très présentes, des nutriments comme le chrome, on vient d'en parler, peuvent apporter effectivement un soutien. Et du côté phyto, on peut également penser à la cannelle ou à une plante qui s'appelle le gynména sylvestre. Ah oui,
- Speaker #0
ce n'est pas connu.
- Speaker #1
Voilà, ce n'est pas connu, mais dans la littérature scientifique et dans la médecine ayurvédique, donc la médecine... indiennes traditionnelles, elles sont vraiment connues pour leurs effets sur la glycémie et les envies de sucre. Et on va retrouver différents éléments, mais ces deux plantes-là, on va les retrouver dans notre produit Sweet Control. En même temps, il ne faut pas oublier de travailler sur les causes profondes, le stress chronique, la fatigue, les restrictions alimentaires excessives ou alors les émotions non exprimées. Donc le côté émotionnel est vraiment important. Il faut donc jouer à la fois sur l'équilibre émotionnel, comme je viens d'en parler, et l'équilibre nutritionnel.
- Speaker #0
Merci pour ces paroles pleines de sagesse, Laurence, et merci à toutes pour votre écoute.
- Speaker #1
Merci, Perrine.
- Speaker #0
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