- Speaker #0
Bonjour, je suis Perrine Rase et vous écoutez Be-Life talk, le podcast qui met la santé des femmes en action. Autour de 50 ans, plusieurs repères bougent en même temps. Le corps évolue avec la ménopause, les enfants quittent... progressivement le foyer et un nouvel espace s'ouvre, parfois déroutant. Ce qui structurait le quotidien change et, avec lui, la question du sens, de l'énergie, de la place que l'on veut prendre pour la suite. Comment traverser cette période sans la subir ? Comment transformer ce moment de transition en véritable point de départ ? Et surtout, comment retrouver un nouvel élan à son rythme ? Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Isabeau Paape, qui accompagne les femmes dans ces moments charnières pour les aider à redéfinir leurs priorités et ouvrir un nouveau chapitre. Isabeau, bonjour !
- Speaker #1
Bonjour Perrine !
- Speaker #0
Alors Isabeau, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer pourquoi vous vous intéressez particulièrement aux périodes de la transition autour de la cinquantaine ?
- Speaker #1
Mon prénom, c'est Isabeau, c'est mon vrai prénom et j'ai 52 ans. Alors aujourd'hui, j'accompagne les femmes de 50 ans et plus dans leur transition. Je suis certifiée d'une école de coaching ici, qui est reconnue par la Fédération Internationale de Coaching. Et je suis praticienne en hypnose. Pourquoi est-ce que j'ai décidé de m'adresser aux femmes de 50 ans ? Parce que je me suis rendue compte qu'à cet âge-ci, j'ai accumulé des expériences de vie. J'ai moi-même vécu cette transition qui a été douloureuse par moments. Et donc, je suis bien placée pour... comprendre ce qu'elles traversent et les aider au mieux.
- Speaker #0
Et à quel moment vous vous êtes dit qu'il y avait un vrai enjeu autour de cette phase de vie en particulier et que beaucoup de femmes se retrouvaient finalement un peu sans repère ?
- Speaker #1
En discutant autour de moi, au début je pensais que j'étais la seule. Je me suis réveillée une nuit de mes 49 à mes 50 ans, en me disant j'ai 50 ans demain. Et ça a été la panique à bord. Je sortais d'un cancer du sein, de la faillite de mon entreprise. Et donc à l'âge où on dit que les femmes ont tout, dans la vie, moi je me retrouvais avec plus grand chose. Et c'est là que j'ai vraiment senti cette souffrance. Je me suis dit, mais qu'est-ce que je vais faire de mes prochaines années ? Et en en parlant autour de moi, je me suis rendu compte que c'était très, très répandu et qu'il y avait beaucoup de femmes qui vivaient ça en solitaire.
- Speaker #0
Alors merci Isabeau, on va évidemment creuser tout ça. Et je vous propose de passer au premier axe de notre épisode. 50 ans, un nouveau virage. Alors autour des 50 ans, plusieurs choses bougent en même temps. Il y a évidemment le corps, les enfants qui partent. le quotidien qui évolue et on a parfois l'impression que cette étape est perçue comme un tournant un peu descendant. Est-ce que c'est une réalité ou une manière de voir les choses ?
- Speaker #1
Je dirais que c'est une manière de voir les choses qui est devenue une réalité parce que dans notre culture, notre éducation, dans notre héritage en tant que femmes, on a eu nos modèles de mère et nous, je dirais qu'on a les fesses entre deux chaises. Il va y avoir 50 ans aujourd'hui. c'est ne pas encore être représentée, ni dans la culture, ni dans les médias. Et c'est là que les actrices se retrouvent à jouer à 50 ans les rôles de grand-mère. Et bien nous, dans tout ça, on doit se redéfinir, on doit se réinventer. Et donc j'espère que ce sera une manière de voir les choses qui pourra être modifiée et qui sera modifiée dans la nouvelle génération.
- Speaker #0
Alors beaucoup de femmes disent « je devrais être bien, finalement, j'ai construit plein de choses dans ma vie » . Et pourtant, il me manque fondamentalement quelque chose. Comment est-ce que vous l'expliquez ?
- Speaker #1
Parce qu'on a été conditionnés à répondre toujours au « il faut » , « je dois » . On a fait passer tout le monde avant nous. Et c'est devenu une habitude, en réalité, de ne plus écouter vraiment nos vraies envies, nos vrais désirs. On se plie à ce qui doit être fait d'abord, le devoir d'abord. Et en ce sens, on n'est plus connecté à nos véritables désirs.
- Speaker #0
Ce sentiment qu'on peut qualifier de perte d'élan ou de manque de direction, est-ce que c'est quelque chose de courant autour des 50 ans ? Et surtout, comment on l'interprète quand on vit ce sentiment ?
- Speaker #1
Dans le manque d'élan, je dirais plutôt que c'est un manque de désir. On n'est plus connecté à nos véritables désirs, à nos véritables envies. On a été conditionné à faire tout pour l'entourage, pour les autres. Et puis, petit à petit, c'est logique, l'énergie commence à décliner, la petite flamme. feu sacré qu'on pouvait ressentir commence un peu à baisser. Et je dirais que c'est une conséquence directe, ce manque de connexion à ses désirs, pour moi, c'est la conséquence directe de cette perte d'élan.
- Speaker #0
Et cette période autour de la cinquantaine toujours, correspond-elle à une forme de bilan ? peut-être et souvent inconscient, de ce qu'on a construit jusque-là ?
- Speaker #1
C'est une bonne question, parce qu'en réalité, à 50 ans, on est, si pas à la moitié de sa vie, quasiment au deux tiers de sa vie. Et là, l'éventualité du temps qui passe, la réalité, est bien là. Et en une fois, il y a une sorte d'accélération du temps. Je ne sais pas si vous voyez, mais le temps passe super vite. On commence lundi, boum, on est déjà le vendredi. Et c'est là qu'on se rend compte qu'on se dit, mais en réalité, est-ce que j'ai vraiment... La vie que je veux ? Est-ce que je me suis connectée à ce que je voulais vraiment ? Est-ce que je trouve un sens aujourd'hui pour les prochaines années qui arrivent ?
- Speaker #0
Et est-ce que vous observez avec les femmes que vous accompagnez à cette tranche d'âge une forme de décalage entre leur vie extérieure et ce qu'elles ressentent finalement à l'intérieur ?
- Speaker #1
Complètement, puisque je dirais que c'est un cumul. de toutes les identités qu'on a accumulées au fil de toute une vie. Donc, c'est comme, je pourrais dire, une lasagne. Et chaque couche,
- Speaker #0
c'est un nouveau rôle.
- Speaker #1
C'est un nouveau rôle. Donc, c'est la bonne employée, c'est la bonne fille, la bonne mère, la bonne épouse. Et au final, toutes ces couches, qui est un phénomène d'ailleurs connu en psychologie, c'est les rôles qu'on joue, commencent à s'empiler et on n'a pas fait le ménage. Et donc, toutes ces couches... sont bloqués et c'est comme si on marchait finalement avec dix manteaux sur soi ou dix combinaisons de ski et on est empêché d'avancer parce qu'en réalité, on est bloqué par tous ces rôles qu'on a naturellement mis en place au fil du temps.
- Speaker #0
Merci Isabeau, maintenant qu'on a bien campé le contexte, je vous propose de passer à l'axe 2 de notre épisode, se relever quand tout bascule ou se bouscule. Alors Isabeau, vous avez traversé des épreuves importantes à l'aube de vos 50 ans. Qu'est-ce qu'elles ont changé dans votre manière de voir la vie ?
- Speaker #1
Je dirais que ça a été un long chemin, bien évidemment. Je me suis d'abord réveillée tout ça après deux ans avec une énorme gratitude d'être en vie, parce que j'ai eu un cancer du sein à 48 ans. Je n'étais pas du tout sûre que j'allais dépasser la cinquantaine. Pour moi, aujourd'hui, c'est un vrai privilège. Et donc, même si aujourd'hui, je traverse encore des périodes de doute, des périodes de questionnement, de fatigue, réalignée avec qui je voulais vraiment être. Là, je me suis dit, ok, c'est une libération après la peur, après le questionnement, après la souffrance, c'est une libération de me dire, ok, là, maintenant, tu vas te foutre du regard des autres, tu vas vivre ta vie et tu vas te réaligner à tes désirs profonds parce que si je n'avais pas été arrêtée, probablement qu'aujourd'hui, je serais toujours ce hamster dans sa cage qui court finalement après les rêves des autres.
- Speaker #0
Et avec les couches de lasagne en plus.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors, comment est-ce qu'on se reconstruit, en fait, après ces étapes ? Qu'est-ce qui vous a aidé concrètement à retrouver des repères ?
- Speaker #1
Déjà, je me suis accordée du temps. Après la faillite de mon entreprise, comme je voulais encore prouver des choses, je me suis dit, je vais me remettre en route, je vais me retrouver un nouveau projet. Ça va passer quelque chose. Allons-y, allez, go, Je n'ai pas eu ma dose de fatigue et de peur. Je vais y aller. Et là, j'ai eu une discussion avec quelqu'un qui aide les entrepreneurs qui ont fait faillite à se relever. Il m'a dit, mais calme, tu n'es pas une machine. Laisse-toi le temps. Je vois beaucoup d'entrepreneurs, et surtout les femmes, une fois qu'elles estiment avoir échoué, elles veulent se remettre directement en selle. Mais tu as le temps. Et donc, là, je me suis dit, mais oui, j'ai le temps. Et là, j'ai respiré un grand coup et je me suis octroyé le temps de, par exemple, le matin. de passer une demi-heure chaque matin à méditer, à visualiser, à recréer cette femme qui avait perdu toute confiance en elle, toute estime d'elle-même, j'ai de l'émotion en le disant, à redevenir, pas redevenir celle que j'étais, mais à retrouver justement ce feu sacré, cette envie, plus aninie à ce que j'étais. Et donc ça, pendant trois ans quotidiennement, j'ai médité, visualisé, ressenti les choses. Et depuis peu, depuis... Depuis quelques mois, j'ai découvert la cohérence cardiaque, donc la régulation entre le cœur et l'esprit, d'une fondation aux Etats-Unis qui étudie les bienfaits de la cohérence cardiaque depuis 30 ans. Et j'ai commencé à pratiquer. Et là, je me suis rendue compte que je pouvais complètement me calmer sur une demande. Je pouvais me sentir en sécurité, faire diminuer la peur et me relancer. Cette fois, sans cette course folle, mais dans quelque chose de beaucoup plus doux et de beaucoup plus aligné. Et là, c'est ce genre d'outil que j'utilise aujourd'hui pour aider d'autres femmes. C'est simplement à ressentir ce sentiment de sécurité intérieure. Parce que ça vient souvent, ce besoin, et c'est normal, de sécurité, de se retrouver à 50 ans sans ressources, sans compagnon, sans enfant. Et de se dire, ok, je peux y aller, je suis en sécurité et il ne peut m'arriver que du bon.
- Speaker #0
Et à quel moment s'est imposée l'envie de vous former pour accompagner d'autres femmes ?
- Speaker #1
Je me suis rendue compte que dans mon projet de bougie artisanale, à 45 ans, j'étais webdesigner et j'ai décidé de me relancer dans l'entreprise artisanale. Je n'y connaissais rien et j'ai décidé d'ouvrir une boutique de bougie naturelle. végétales. Et pour moi, je vendais un produit. Et donc, je me suis rendue compte, au final, que je me cachais un petit peu derrière ça. Je détestais me mettre en avant. Quand on me disait « tu devrais faire un compte Instagram » , il y a six ans, j'étais là « oui, non, mais qu'est-ce que je vais raconter ? Ça n'intéresse personne, au final, qui je suis. » Et en réalité, quand il y avait certaines femmes qui poussaient le seuil de la porte de la boutique, c'était justement pour retrouver cette connexion et me dire « le fait que tu aies décidé de re... » recommencer ton métier et ta vie à 45 ans, c'est pour moi une source d'inspiration, parce que moi aussi j'aimerais me relancer. Et là, j'ai compris qu'en réalité, c'est une énergie, une écoute, une présence qui peut générer des déclics chez les autres, plus que les compétences, les diplômes. Et là, en une fois, je me suis dit, voilà, je vais arrêter de me cacher, et par mon expérience, par cette présence, je vais... aider d'autres femmes à se retrouver elles aussi.
- Speaker #0
Et la question de la légitimité, comment est-ce qu'elle s'est posée pour vous au moment de vous lancer en tant que coach de vie ? Je ne sais pas si on dit coach de vie ou coach.
- Speaker #1
On peut dire coach de vie, on peut dire coach. En réalité, j'ai aussi été prise par ce syndrome de l'imposteur, de l'illégitimité, et de me dire au fond qui je suis pour accompagner d'autres femmes, surtout qu'on sait qu'en ce moment, le coaching... est perçue de manière un peu, on va dire, je ne vais pas dire négative, mais quasiment. Et donc, j'ai eu ce syndrome de l'imposteur qui m'a pris en pleine face. Et c'est plus courant d'ailleurs qu'on l'imagine, puisqu'il y a 70% des personnes qui réussissent ont un jour éprouvé ce sentiment d'illégitimité, et tout particulièrement des femmes.
- Speaker #0
J'imagine que les femmes sont des candidates.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Elles reviennent souvent avec « je ne me sens pas légitime » , « je ne me sens pas assez » , « je ne me sens pas à la hauteur » . Et donc, cette légitimité, pour moi, c'est d'avoir traversé cette expérience de vie, d'être passée par ces étapes. Et au final, c'est devenu des compétences.
- Speaker #0
Et au-delà d'inspirer un changement, aujourd'hui, qu'est-ce que vous avez le plus envie de transmettre à ces femmes que vous accompagnez ?
- Speaker #1
De retrouver leur singularité, de retrouver leur différence. qui au final peut faire la différence, de ne pas toujours aller chercher dans les formations, les diplômes, parce que ça aussi, ça pousse à accumuler les reconnaissances extérieures, alors que la vraie reconnaissance, en réalité, elle vient de l'intérieur. Et quand on s'autorise à reconnaître tout ce qu'on a accumulé comme expérience de vie, comme compétence, eh bien le syndrome de légitimité disparaît. Et j'adore cette phrase de Van Gogh qui dit Quand il y a des petites voix qui me disent que je ne sais pas peindre, alors je me mets à peindre et ces petites voix disparaissent. Et donc c'est ça, c'est de se mettre en mouvement et de faire taire les petites voix par toutes ces compétences extraordinaires qu'on a accumulées durant toutes ces années.
- Speaker #0
Merci Isabeau, on comprend mieux ce qui peut se jouer dans ces périodes où tout se bouscule. Mais entre ces prises de conscience et le passage à l'action, il y a souvent un écart. C'est ce qu'on va explorer maintenant avec cet axe 3, l'envie de changement. Alors, autour de 50 ans, beaucoup de femmes sentent que quelque chose doit évoluer dans leur vie, mais sans réussir à passer à l'action. Qu'est-ce qui se joue très concrètement à ce moment-là ? J'ai envie, mais le premier pas, il est difficile.
- Speaker #1
Je dirais que c'est le cas classique de la femme qui a tout analysé, qui suranalyse, et qui, au moment de se mettre en mouvement, wow, il y a quelque chose qui bloque. Et... On pourrait le schématiser entre, il y a le cœur qui veut quelque chose et la tête qui veut autre chose. Et donc, on sait que quand on veut en même temps avancer, accélérer et en même temps, les petites voix qui disent, attention, est-ce que tu as bien pensé à tout ? Ça ne va pas marcher cette fois. Souviens-toi, tu as échoué. C'est là qu'il fige complètement et qu'il nous met dans l'immobilisme. C'est d'être, comment dire, de laisser la place à tous ces doutes, à toutes ces petites voix. Et c'est en réalité être paralysé. J'aime bien cette phrase qui dit tout ce qui s'analyse se paralyse. Donc à force d'analyse, on se paralyse soi-même.
- Speaker #0
C'est très vrai. Isabou, vous travaillez beaucoup sur la question des envies. On en a parlé tout à l'heure de se reconnecter à ces envies. Comment les faire émerger quand on a été longtemps tourné vers les autres ? D'abord penser aux autres avant de penser à soi.
- Speaker #1
Clairement, la phrase qui revient quand on demande aux femmes ce qu'elles aiment faire dans la vie, elles parlent d'abord des enfants, du travail, du mari. Mais en réalité, elles sont déconnectées des envies. C'est ça, la première partie de l'équation à résoudre, c'est de laisser réémerger ces désirs, ces envies, et de manière évidemment naturelle, sans forcer. Et là, j'invite à reconnecter au corps, tout simplement. Et en général, là, il y a un silence. un silence qui les mette mal à l'aise. Parce que comment écouter le corps alors qu'on l'a contraint la plus grande partie de notre vie dans le sois fort ? Le sois fort, c'est les femmes. Je suis fatiguée, mais j'y vais. Je suis stressée, mais ça va aller, je gère. Et donc finalement, pour ne pas donner l'impression de se plaindre, on se muselle complètement et on coupe la connexion avec le corps et avec le ressenti. forcément, c'est les contraintes et les responsabilités qui prennent le dessus. Or, les envies, elles passent par les sensations physiques, par les émotions. Et à force de ne plus écouter, c'est normal, on ne sait plus comment les reconnaître. On ne sait plus quels sont les signes physiques de ces envies. Et donc, j'invite ces femmes à se souvenir et à ressentir ce que ça faisait, par exemple, la première fois qu'on tombe follement amoureuse. Qu'est-ce que ça crée dans le corps ? La première fois qu'on a eu un fou rire, un rire. La première fois qu'on a accepté un job qui nous faisait envie, on a ri aux éclats. Et c'est d'aller se souvenir de comment c'était dans le corps pour pouvoir réapprendre à s'y reconnecter à nouveau.
- Speaker #0
Et on s'est retrouvé le langage du corps, finalement.
- Speaker #1
Oui, ce qu'il nous dit, parce que comme on dit, si le corps nous chuchote quelque chose et qu'on ne l'entend pas, il va commencer à hurler. Et moi, c'est ce qui s'est passé avec le cancer.
- Speaker #0
Et pourquoi, malgré cette envie de changement, beaucoup de femmes restent bloquées ? On parlait tout à l'heure de... rester bloquée. Est-ce que le frein principal n'est pas de ne pas savoir finalement par où on commence, ou c'est plutôt la peur de se tromper et de faire un mauvais choix ? Ou les deux ?
- Speaker #1
Je dirais que c'est les deux, clairement. Et surtout qu'elles ne savent pas encore ce qu'elles veulent aujourd'hui. Elles ne se sont pas autorisées à y penser vraiment. De peur de déstabiliser déjà l'équilibre apparent, et de peur que ce soit quelque chose perçu comme futile en réalité, que c'est superficiel de commencer à penser à ses désirs, alors qu'il y a tellement de choses à faire. Et donc tout ça crée de la peur. Et la peur du mauvais choix, je le rencontre tellement souvent chez mes clientes et chez mes amis aussi. Ça revient très souvent parce qu'on a oublié que pour être là aujourd'hui, on a déjà fait des milliers de choix dans nos vies. Et parfois, ces choix n'ont pas donné les résultats qu'on espérait. Mais est-ce pour ça un mauvais choix ? Combien de fois on est tombé avant de pouvoir vraiment marcher ? Combien de fois on a écrit, réécrit les mêmes mots avant de pouvoir les écrire correctement, avec des guillemets. Donc on peut y voir clairement un manque d'estime d'elle-même. C'est vraiment le signal qu'arrivé à 50 ans, comme on se sent déjà dévalorisé et invisibilisé, on ne s'autorise plus à faire des essais-erreurs qui, somme toute, sont assez naturels. C'est comme si du jour au lendemain, on devait tout bien faire parfaitement du premier coup. Sans s'autoriser à savourer le chemin, à savourer les essais, les erreurs, les réajustements. Et j'adore cette phrase que j'ai lue dernièrement, qui m'a beaucoup parlé, peut-être qu'à vous aussi. C'est « la perfection est une illusion qui vous empêche d'arriver à un point de départ simple à partir duquel vous pouvez grandir. » Et à partir de là, c'est de voir ces « échecs » comme des possibilités de croissance et non plus comme un aveu de faiblesse.
- Speaker #0
Et tout est dit. Mais c'est très culturel aussi.
- Speaker #1
Je m'appelle Isabeau Pape.
- Speaker #0
La mère d'Edith. Le jeu de mots était facile. Il est bien amené lui aussi. Isabeau, je reviens un instant sur la question de la légitimité, parce qu'on parlait de perte d'estime de soi. Cette légitimité revient souvent chez les femmes. Est-ce que c'est vraiment un frein important et plus spécifiquement féminin ?
- Speaker #1
100% féminin. Pourquoi ? Je dirais peut-être pas 100% parce que... Mais parce que nous, notre génération, à 50 ans, on a hérité d'une éducation genrée. On doit plutôt se conformer à ce qu'on attend d'une petite fille, plutôt que de prendre des risques comme les petits garçons. Les petits garçons, on les encourage à prendre des risques. Parfois,
- Speaker #0
on leur dit de se jeter d'une falaise pour plonger dans l'eau.
- Speaker #1
Et par là, la petite fille, on lui dit non, non, c'est trop dangereux pour toi. On la surprotège. Et en réalité, comment arriver à construire de la confiance en soi si on n'est pas mis à l'épreuve ? Si on ne peut pas, à un moment donné, tester, créer, sortir de cette surprotection et voir que ça fonctionne pour nous ? Donc, on arrive dans la vie où on n'a pas testé, éprouvé et on ne peut pas compter que sur notre confiance en nous puisqu'on n'a pas été encouragé à la développer.
- Speaker #0
Alors Isabelle, on vient de parler de ce moment où on sent que quelque chose ne va plus, mais sans savoir comment avancer. Je vous propose maintenant de réagir à quelques petites pensées très concrètes, on va faire un petit jeu, que peuvent avoir les femmes à cet âge-là, et de nous dire ce que ça vous inspire, tout simplement. Première affirmation, le matin je me lève et je fais ce qu'il faut faire, mais je ne sais plus pourquoi je le fais.
- Speaker #1
Là, c'est qu'on est arrivé clairement au pilote automatique, c'est qu'on a eu la... tellement l'habitude de faire les mêmes choses au fil des jours, des mois, des années, qu'au final, il n'y a plus de place pour autre chose, puisque le corps, on sait, a une intelligence propre, et qu'à force de répéter tout le temps les mêmes gestes, comme quand on roule en voiture, à un moment donné, le mental est quasiment nul. Consciemment, on n'est plus là, et le corps a pris le relais, et nous fait faire des choses, sans même se poser la question de pourquoi on les fait.
- Speaker #0
Deuxième affirmation, J'ai l'impression d'être devenue invisible, même à mes propres yeux.
- Speaker #1
Là, on touche à la vraie souffrance majeure, qui est la perte de sa valeur sociale, que ce soit au boulot, que ce soit au sein de sa famille, les enfants partent, il y a peut-être une séparation, et on a peur de ne plus être vu dans la société. Et finalement, comment est-ce qu'on commence à se définir, à se voir au travers du regard des autres ? Et c'est là qu'on a l'impression de se regarder dans un miroir déformant et qu'on devient invisible en réalité à qui on est vraiment.
- Speaker #0
Troisième et dernière affirmation, quand quelqu'un me demande ce que j'aime, je parle de mes enfants, de mon travail, mais moi, je ne sais même plus.
- Speaker #1
On a pris l'habitude de ne plus se faire passer en priorité. Donc, ce n'est même pas un manque de temps ni d'énergie, c'est qu'elles ne savent plus comment faire et surtout sans culpabilité.
- Speaker #0
C'est un nouveau conditionnement de l'esprit à finalement d'abord prioriser les besoins des autres avant ses propres besoins, qu'on ne sait plus finalement quels sont ses besoins.
- Speaker #1
Exactement, quand on ne compose plus un numéro de téléphone plusieurs fois par semaine, finalement après quelques semaines, quelques mois, quelques années, on oublie complètement ce numéro de téléphone. Et donc le corps oublie et se déshabitue de la personne qu'elle était.
- Speaker #0
Et c'est là qu'on revient à ce que vous disiez en début de podcast, se reconnecter au cœur. et au corps. Merci Isabelle. En route maintenant pour le dernier volet de cet épisode, les clés pour retrouver l'élan. On va parler solutions. Quand on se sent un peu perdu à cette étape de la transition de la cinquantaine, quel est le tout premier pas pour éviter de subir et se remettre en mouvement ? C'est quoi vraiment la première chose à faire pour se mettre dans l'action ?
- Speaker #1
La première chose à faire, c'est s'arrêter. Ça semble un peu contre-intuitif, mais la première chose à faire, c'est de se poser et de ressentir réellement pourquoi se mettre en route, pourquoi se mettre en mouvement. On a tendance à vouloir justement surcompenser et continuer à en faire plus davantage. Et c'est là, je dirais, l'erreur majeure. C'est d'abord de tout couper, de s'arrêter, de se poser en soi et de ressentir réellement pourquoi se mettre en mouvement. Quelle est la raison ? Où est-ce que je vais ? Où est-ce que j'ai envie d'aller ?
- Speaker #0
Alors, vous proposez différents outils d'accompagnement. Qu'est-ce qui aide le plus à retrouver de la clarté ? Parce qu'évidemment, encore faut-il savoir quel chemin on a envie de faire. Est-ce qu'on écrit, on respire, on médite ? Évidemment, c'est propre à chacun, mais qu'est-ce que vous recommanderiez à ces personnes qui, justement, doivent s'arrêter et finalement se dire « Ok, je vais. Où est-ce que je vais ? »
- Speaker #1
C'est ça, c'est de ressentir. C'est la première clé pour... se mettre en mouvement. Et la première chose à retrouver, c'est cette flamme intérieure en réalité. Donc les outils, évidemment, ces outils sont propres à chacune. L'idée, c'est de trouver ce qui nous convient à nous, puisque chacune est différente. Et même les outils en réalité peuvent évoluer. J'ai pratiqué la méditation trois ans de manière quotidienne après le cancer du sein. Et depuis quelques mois, je pratique plus la cohérence cardiaque qui, de manière concrète, va me donner une indication de la variabilité de la fréquence cardiaque et de mon degré de stress et de pouvoir ainsi calmer les émotions. Il ne faut pas oublier que nous sommes avant tout des êtres d'émotion qui essayons de justifier nos choix par la raison. Et en réalité, c'est d'abord l'émotion qui parle. Et donc, les outils arrivent quand on a identifié cette émotion, la ressentir. Et après, pour la pérenniser, pour l'ancrer durablement, on va s'aider d'outils. Est-ce que c'est une balade en forêt ? Est-ce que c'est manger beaucoup de légumes ? Est-ce que c'est caresser son chien, son chat ? En réalité, les outils, après, c'est à chacune à le trouver.
- Speaker #0
Et quelle place donnez-vous au corps finalement dans ce processus ? On parlait d'une balade en forêt. Est-ce que le mouvement, l'activité physique, est-ce que ça fait partie des leviers pour retrouver cet élan ?
- Speaker #1
Alors le premier levier, c'est, j'ai déjà vendu la mèche, attention à la suite, c'est de rallumer la flamme intérieure, sans jeu de mots. C'est se reconnecter à ce feu sacré, à cette flamme du désir, parce que rien ne peut se faire réellement avant de s'être reconnecté. à son cœur. On oublie parfois que le cœur sait avant la tête. Il y a des expériences récentes qui montrent que le cœur envoie autant de signaux à la tête que l'inverse. Et qu'en général, le corps même sait. Parfois on se met en mouvement, on ne sait pas pourquoi, mais le corps perçoit, il capte tellement de choses et on se retrouve dans un dilemme. On est en dualité, en permanence entre ce que la tête veut et ce que le cœur veut. Et au final, c'est ce combat qui fatigue, qui épuise. Et c'est ça l'immobilisme. C'est cette espèce de combat en permanence. Je n'ai pas d'autres mots. Et donc, on peut faire tous les plans du monde. On peut dire, OK, le matin, le mettre à l'agenda. Demain, je fais une heure de sport, puis 30 minutes de méditation. On peut continuer comme ça à cocher des cases, mais rien ne va bouger encore. Tant que le cœur n'a pas décidé de se mettre en action. Comme on dit, on prend parfois des décisions à contre-cœur. C'est là où on se plante. C'est une fausse bonne idée. C'est là où on se plante. Et c'est là où la première bonne idée, le premier levier, c'est d'écouter ce que le cœur a à dire.
- Speaker #0
C'est tout un programme.
- Speaker #1
Un beau programme.
- Speaker #0
Alors, Isabelle, quels sont les repères essentiels pour avancer sans se disperser ? Parce qu'évidemment, une fois qu'on s'est mis en mouvement, il peut y avoir plein de choses parasites. son chemin. Voilà, c'est quoi les repères vraiment pour rester aligné ? On parlait d'alignement tout à l'heure. Et éviter de se disperser.
- Speaker #1
Je dirais que c'est d'être en harmonie avec son émotion. C'est de comprendre l'émotion qui nous anime parce que l'émotion précède toujours l'action. D'ailleurs, émotion, il y a du vœu français, émotion, qui est l'énergie en mouvement. Et quand on comprend ce qu'on veut vraiment, Donc l'élan revient aussi. Alors peut-être qu'il y a une tendance parfois pour certaines à se disperser. Tout dépend aussi de ce qu'on entend par dispersion.
- Speaker #0
Oui, ça peut être un processus finalement qui nous amène à...
- Speaker #1
Oui, parce que la dispersion, ça peut être simplement un besoin de liberté ou de diversité. Et dans ce cas, c'est simplement suivre ses envies sans culpabilité. Par contre, si c'est une manière de se saboter, là c'est autre chose. Et c'est comme une forme de distraction qui va venir nous titiller et nous empêcher parfois d'atteindre ce qu'on veut vraiment. C'est ce qui nous ramène au fameux plafond de verre qui a été étudié par un psychologue américain et qui justement explique que parfois on veut tellement quelque chose qu'on a tendance à se saboter parce qu'on n'est pas habitué à atteindre ce qu'on veut, ça dépasse tout ce qu'on a connu. Et là il y a un phénomène effectivement qui vient se saboter par peur de l'inconnu parce que On se sent en danger et c'est tout à fait normal, c'est l'inconnu. Et à ce moment-là, la dispersion pourrait être du sabotage.
- Speaker #0
Et à côté de la dispersion, il y a aussi l'hésitation, l'immobilisme. Alors on se met en action et puis tout d'un coup, on doute. Est-ce que je vais dans la bonne direction ? Et on reste planté là. Comment on fait pour éviter de retomber dans cette remise en question constante du chemin qu'on prend et avancer ?
- Speaker #1
C'est ancré, c'est encore une fois passé par le corps. J'ai... beaucoup parlé des émotions, du corps, du cœur. C'est quitter une bonne fois pour toutes la tête quelques instants. Ça fait des vacances, vous ne trouvez pas quand je dis ça ?
- Speaker #0
Mais c'est tellement difficile.
- Speaker #1
Ça fait bien fou de quitter la tête et d'aller dans le corps pour justement aller ancrer tout ça dans le corps, toutes ces nouvelles sensations, ces nouvelles émotions. Je dirais qu'il y a aussi la communauté de soutien, de femmes, de ne pas rester seule avec ça. Je suis chaque fois agréablement surprise. de voir à quel point les femmes, ça leur fait du bien de se dire « Ah, je ne suis pas seule ! » et ça leur fait énormément de bien. Et revenir à l'intention posée dès que le doute revient. Donc, quelle est mon intention ? Quel est mon désir ? Quelle est mon envie d'avancer ?
- Speaker #0
Vous parlez souvent de revenir au cœur. Et voilà, il y a quelqu'un dans mon entourage à qui je pense en particulier. Mais je suis certaine que si je donnais ce conseil à cette personne, mais enfin, revient au cœur, sa réponse serait, mais j'en sais rien, moi. Qu'est-ce que ça... Comment je reviens au cœur, en fait ? Qu'est-ce que je dois faire ? Je ne sais pas. C'est conceptuel pour moi, mais concrètement... Et c'est vrai que ça paraît évident, quand on le dit, de revenir au cœur. Mais en fait, comment on fait ?
- Speaker #1
Mais parce qu'on a oublié qu'on avait un cœur. Quand je dis aux femmes pendant cet exercice, écoutez les battements de votre cœur, je vois qu'il y a un flottement, genre, ah quoi, mon cœur il bat, vraiment ? Et donc oui, le cœur il bat. C'est mieux, ça marche mieux. Le cœur bat et il a plein de fluctuations différentes et plein de subtilités. On n'est pas obligé de dire, je reviens au cœur, parce que c'est un peu conceptuel, un peu abstrait, mais c'est simplement le ressenti. Et le ressenti de gratitude, en fait, c'est réellement ça. ouvre le cœur, c'est ce ressenti, pas simplement l'imaginer, mais c'est ressentir ce que ça fait. Où est-ce que ça se place dans le corps ? Est-ce que j'ai des papillons dans le ventre ? Est-ce que tout d'un coup j'ai de la chaleur qui arrive ? Est-ce que j'ai des picotements ? Et c'est par là qu'on revient finalement au cœur, par le biais de ces ressentis et de ces émotions.
- Speaker #0
Et quand le cœur et la tête ne disent pas la même chose ? C'est là qu'on est bloqué, j'imagine. Complètement bloqué. Comment on ressort de cette situation ?
- Speaker #1
C'est décéléré. Simplement, quand vous dites le cœur et la tête, c'est comme si le cœur, on veut y aller, donc on appuie sur l'accélérateur à fond. La tête dit, non, stop, attention, tu as eu des échecs, c'est trop tard, tu n'y arriveras pas. Boum, c'est la pédale de frein. On sait que quand on appuie sur les deux en même temps,
- Speaker #0
ça marche moins bien.
- Speaker #1
Ça ne marche pas du tout. Ça patine. En plus, on s'y puise. Et à la fin, on vide. tout notre carburant. Et l'idée, c'est simplement de décélérer un petit peu, de voir, d'avancer, de se dire « Ok, tout va bien, je continue. » On voit que tout va bien, donc on décélère encore un peu plus, on retire un peu plus le pied du frein, et on avance pas à pas, en se sentant de plus en plus en sécurité.
- Speaker #0
Et quel rôle l'entourage peut jouer dans tout ça ? Parce qu'on parlait du fait de parler avec d'autres femmes, mais l'entourage il est important aussi.
- Speaker #1
Très important, on se définit par son entourage. Vous connaissez la phrase qui dit qu'on est la somme des cinq personnes qu'on fréquente le plus. Et sans aucun jugement, c'est juste qu'on a les mêmes habitudes. On a même vu dans des villages ruraux que les personnes, quand elles restaient dans leur village, touchaient le même salaire, elles avaient la même manière de vivre que tout le monde. C'est comme si on ne pouvait pas sortir de ça, de l'environnement. Et donc l'environnement est très très important. Est-ce qu'il va être soutenant l'environnement ? Est-ce qu'il va être jugeant ? Je connais beaucoup de femmes qui n'osent pas se lancer dans l'aventure, de prendre du temps pour elles et de prendre du temps pour soi, parce qu'elles disent souvent, mais qu'est-ce que mon compagnon va dire ? Qu'est-ce que mon mari va dire ? L'entourage ne comprend pas. Qu'est-ce que mes enfants vont dire ? Qu'est-ce que mes amis ? Parce que tout l'entourage aura tendance, et pas leur faute, mais à vouloir toujours vous garder tel que vous étiez. et tout change de rassureur. C'est rassurant de rester dans la tribu.
- Speaker #0
Et comment on communique finalement à son... On se dit, ok, maintenant je dois faire cette métamorphose, on parlait du papillon tout à l'heure. Est-ce qu'on doit dire à son entourage, voilà, j'ai besoin de prendre un temps d'arrêt pour moi, de redéfinir qui je suis, ou est-ce qu'en fait, finalement, non, ça n'a pas de sens que de le faire de manière...
- Speaker #1
Tonitruante.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je dirais que c'est très personnel. Encore une fois, ça dépend de la relation qu'on a avec l'entourage. Et là où peut-être que certaines femmes auront le besoin à un moment donné de se dire ok, je reprends ma puissance intérieure et je dis à tout le monde, voilà maintenant, foutez-moi la paix quelques jours ou quelques heures, je prends du temps pour moi. Par contre, j'invite toujours évidemment à communiquer dans la douceur, à communiquer ses besoins avant de faire des reproches à l'autre, parce que ça peut sortir d'une manière telle que la personne en face se sente agressée. C'est contre-productif. C'est complètement contre-productif. Et c'est d'y aller en douceur. Et surtout, moi, ce que je prône, c'est d'abord d'être soi l'exemple qu'on voudrait que les autres soient. Et donc, si on veut plus d'amour de la part de l'autre, on va montrer plus d'amour. Si on veut plus de compréhension de la part de l'autre, on va être plus compréhensif.
- Speaker #0
Alors, je vais vous demander de faire un petit exercice, un petit peu difficile, mais je suis sûre qu'on va y arriver.
- Speaker #1
Je m'échauffe, là. Je fais des pompes.
- Speaker #0
Si on devait... Voilà, structurer un espèce de petit mode d'emploi en 3-4 étapes, très concrète pour les personnes qui nous écoutent. Ce serait quoi le petit mode d'emploi ? 3-4 étapes, ok, on a parlé du corps, c'est un début de réponse.
- Speaker #1
J'ai testé les modes d'emploi, mais franchement, ça marche rarement. Parce que justement, les modes d'emploi, c'est des conseils génériques. C'est des conseils génériques. Et j'encourage les femmes à aller vraiment comprendre et mettre en place ce qui, pour elles, fonctionne. Quand quelque chose fonctionne, on intensifie ce qui fonctionne. Et par contre, s'il faut parler de quelques étapes pour allumer cette flamme intérieure, je repartirai de ce parcours que je propose aux femmes qui rentrent dans mon accompagnement. qui se passe en quatre étapes, que j'ai appelées, en trois étapes pardon, la méthode vie. Voilà, c'est le brouillard de 50 ans, on ne sait plus compter jusqu'à quatre. Un, c'est d'abord la vision. On en a parlé, je ne me reconnais plus, qui je suis aujourd'hui, et qu'est-ce qui me fait encore vibrer aujourd'hui. Le I, comme l'identité. Ok, aujourd'hui j'ai porté des masques, j'ai eu des rôles, mais aujourd'hui si je retire... Tous ces masques, qu'est-ce qui aujourd'hui me donne encore envie d'avancer ? Et puis il y a le E de l'élan qui est de passer à l'action, mais plus que passer à l'action, c'est de se mettre en mouvement en incarnant qui on est devenu. Alors souvent on dit, oui mais je ne vais pas changer, moi ça fait 50 ans que je suis comme ça, changer ça équivaudrait à me trahir, parfois elles peuvent penser ça, mais non en fait quand on regarde dans sa vie, on a déjà des tas de rôles. On est au travail, on n'est pas la même qu'en famille, qu'avec les amis, qu'avec son conjoint. Et l'idée, c'est d'aller, s'il y a des rôles qui ne nous conviennent plus, simplement les laisser de côté. Et voilà, on peut divorcer avec tout le monde, sauf avec nous-mêmes.
- Speaker #0
Avec soi-même, c'est plus compliqué, j'allais vous le dire.
- Speaker #1
Et donc, ce n'est pas du tout se trahir, c'est uniquement remettre à jour cette femme qu'on est aujourd'hui, en laissant de côté les rôles dont on ne veut plus, on peut choisir, flûte. prendre de nouveaux rôles, ceux qu'on a choisis consciemment.
- Speaker #0
Pour celles qui nous écoutent et qui souhaitent aller plus loin, parce que vous parliez justement de votre accompagnement, comment est-ce qu'on peut vous retrouver concrètement et bénéficier de ce programme
- Speaker #1
VIE ? Il suffit de taper Isabeau Pape, et vous allez tomber sur mon site internet, où là, j'ai mis en place un appel de 30 minutes pour pouvoir y offrir... pour pouvoir voir où en est la personne, comprendre ce qu'elle vit actuellement et voir tout simplement si on peut travailler ensemble, si c'est adapté à son moment de vie et à sa personnalité. Et donc, c'est pour ça que par an, j'organise deux accompagnements qui durent six mois avec un maximum de douze femmes pour justement revenir à soi. Ça s'appelle Retour à soi. On est en communauté parce que c'est important qu'elles puissent aussi... Ça me frappe à chaque fois qu'il y en a... une qui raconte son histoire, à quel point ça résonne chez toutes les autres. Et ils se disent, oh oui, mais moi aussi, mais c'est dingue, mais c'est fou. Et c'est comme on utilise ce terme qui est normalisé. Ok, c'est de se dire, ce que je vis, c'est pas anormal, il n'y a rien qui cloche chez moi, je vois qu'il y a plein d'autres femmes qui sont dans le cas, et ça leur fait énormément de bien.
- Speaker #0
Merci Isabeau, nous arrivons tout doucement à la fin de cet épisode. En conclusion, si une auditrice nous écoute et se dit « j'ai 50 ans et j'ai envie de me reprendre en main » , quel serait le premier geste que vous lui conseillez ?
- Speaker #1
Je dirais que c'est tout simplement se poser.
- Speaker #0
S'arrêter, comme on l'a dit tout à l'heure. S'arrêter,
- Speaker #1
se poser, calmement. Je sais que ça peut provoquer parfois de l'inconfort. Et de se poser cette question « qu'est-ce que je veux réellement dans les 35 prochaines années de ma vie, puisqu'il y a 50 ans ? » On a encore 34,8 ans devant soi selon l'OMS. Une femme vit jusqu'à 84,6 ans. Et c'est de se dire, mais qu'est-ce que je veux maintenant aujourd'hui pour moi ? Et pour ça, j'ai préparé un petit exercice. Je ne sais pas si vous voulez vous prêter au petit jeu.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Et c'est simplement marquer un temps d'arrêt. Je ne sais pas s'il y a une question que vous vous posez en ce moment, ou il y a quelque chose qui vous titille, ou il y a quelque chose qui…
- Speaker #0
Certainement. D'un point de vue personnel, oui, c'est sûr.
- Speaker #1
Ok, alors. Ne me verbalisez pas. Je fais l'exercice. Voilà, on fait l'exercice. Je vais vous inviter simplement à bien vous asseoir sur votre chaise, les fesses bien à plat, à porter simplement l'attention sur la zone du cœur. Et pour ça, prendre simplement une grande inspiration, ça peut aider. Et expirer. Je sais que ce n'est pas évident en studio, mais simplement s'imaginer qu'on porte l'attention sur le cœur, sur la zone du cœur. Voilà.
- Speaker #0
Et j'invite les auditrices à faire pareil, évidemment.
- Speaker #1
Et c'est à respirer simplement, profondément, lentement,
- Speaker #2
et d'évoquer une émotion positive, ressentir, que ce soit la gratitude... que ce soit du calme, de l'amour,
- Speaker #1
et se poser la question, quelle est la meilleure réponse à cette situation ? Et simplement laisser émerger ce qui arrive. Je ne dis pas qu'il y a quelque chose qui va émerger tout de suite, surtout qu'on est en studio, mais j'invite vraiment les femmes à recréer la connexion avec leur cœur. à lui laisser de la place. On oublie que le cœur, c'est l'organe qui s'est formé avant tous les autres, dans la période où on était dans le ventre de notre maman. Et c'est simplement lui faire confiance. Il a déjà les réponses. Et une fois qu'on a ne fût-ce que ce début de réponse, le corps va simplement se remettre en mouvement, parce qu'il se sentira en sécurité. Cet exercice... Il est tiré des recherches sur la cohérence cardiaque qui était étudiée depuis une trentaine d'années maintenant aux Etats-Unis et qui montre réellement que la biochimie du corps se modifie, que les hormones du bien-être se mettent en mouvement et mettent le système nerveux au repos, calme et on quitte le mode survie et on ressent la personne qu'on est vraiment, en dehors des doutes, en dehors de la peur. et en dehors de qui on pense qu'on doit être.
- Speaker #0
Merci, Isabeau, pour ce moment de calme et d'introspection. Je vous emporte dans ma poche pour le reste de la journée. Merci, évidemment, je vous invite tous à faire cet exercice, parce que c'est vrai que s'arrêter, c'est y voir plus clair aussi. Isabeau, avant qu'on ne se quitte, je voudrais vous demander de résumer cet épisode en quatre messages clés. Quels seraient-ils ? Avec quoi vous avez envie que les auditrices repartent de cet épisode ?
- Speaker #1
C'est d'abord de se dire, ok, il n'y a rien qui clôt chez moi. Ok, pour l'instant, je ne me reconnais plus. Il y a le corps qui change. C'est la foire aux hormones. Donc un jour, je suis en pleine forme. L'autre jour, je me transforme en furie.
- Speaker #0
Et c'est ok.
- Speaker #1
Et c'est ok. C'est une mutation, en fait. Toute mutation est transitoire. Et donc, c'est de penser à ce papillon. qui, quand elle est une chenille et qu'on a eu marre de bouffer, comme nous, on a quasiment bouffé pendant 50 ans, l'extérieur, c'est de monter, de se créer un petit cocon. Et là, dans ce cocon, pour l'instant, on se met volontairement un petit peu en retrait pour pouvoir laisser l'opportunité de renaître différemment. La deuxième chose que je dirais, c'est que le cœur, c'est notre meilleur ami, c'est notre meilleur guide. Et lui redonner sa place, se laisser guider par les messages qu'il nous envoie à longueur de journée. Et qu'on a tendance à vite mettre de côté, à mettre vite sous le tapis. C'est simplement lui dire ok. Oui, c'est ça. J'ai cette image de ce cœur qui grandit et de le laisser un petit peu vivre aussi, libéré. Troisième clé, c'est qu'il échappait trop tard. C'est un très bon message. Et que la vraie vie commence quand on se donne la place. permission de se prioriser et que pour ça, il n'y a pas d'âge. Et qu'à 52 ans, je parle pour moi, mais au-delà de 50 ans, on a encore l'énergie, on a encore des envies, on a encore tellement de choses à accomplir que c'est jamais trop tard. Et quatrième clé, c'est de ne pas attendre que tout soit parfait avant de commencer. C'est un seul petit pas suffit à se remettre en mouvement.
- Speaker #0
Merci beaucoup Isabeau pour votre temps et pour tout ce que vous avez partagé avec nous aujourd'hui. C'est un plaisir.
- Speaker #1
Merci beaucoup,
- Speaker #0
Alors, pour prolonger cet échange, nous allons passer à la chronique phyto- et nutrique consacrée aux nutriments et extraits végétaux importants à l'aube de la cinquantaine. Bonjour, Laurence.
- Speaker #1
Bonjour, Perrine.
- Speaker #0
Alors, Laurence, on vient de parler d'élan, de motivation et de remise en mouvement. Mais à 50 ans, il y a aussi le corps qui évolue et avec les changements hormonaux, est-ce que les besoins nutritionnels changent ?
- Speaker #3
Oui, clairement. Autour de 50 ans, et donc Donc, un peu avant 50 ans, normalement, on rentre dans la périménopause, puis la ménopause. Et ça signifie qu'il y a une baisse progressive des oestrogènes. Et ces changements hormonaux ont des effets très concrets sur le corps. Le métabolisme va ralentir, la masse musculaire diminue, la répartition de la graisse évolue et les oeufs deviennent plus fragiles, car tous ces processus physiologiques dépendent en fait des oestrogènes.
- Speaker #0
Ce n'est pas des bonnes nouvelles, ça, Laurence.
- Speaker #3
Mais oui, mais il faut s'adapter. Voilà, notre corps est en train de s'adapter. Et donc tout cela implique... que les besoins nutritionnels ne sont plus les mêmes. On a notamment besoin de davantage de protéines pour préserver la masse musculaire, de nutriments qui vont soutenir le système osseux ou qui vont aider à réguler le stress et l'énergie. Et l'alimentation devient donc moins automatique, mais un peu plus stratégique. Il vous faut penser un petit peu à ce qu'on va manger. Oui,
- Speaker #0
pas de pilote automatique.
- Speaker #3
Exactement.
- Speaker #0
Alors dans cette période où l'on peut ressentir moins d'élan ou plus de fatigue, en quoi l'alimentation peut-elle vraiment faire la différence au quotidien ?
- Speaker #3
L'alimentation joue notamment un rôle fondamental sur l'énergie. Ce que l'on mange va influencer directement la glycémie, c'est-à-dire le taux de glucose dans le sang, donc la stabilité de l'énergie au cours de la journée, mais il va également influencer le système nerveux et le niveau d'inflammation. Une alimentation qui est riche en sucre rapide, par exemple, va accentuer les pics et les chutes. d'énergie. Il ne faut pas non plus oublier que nos neurotransmetteurs, comme la dopamine, qui va nous donner de l'élan le matin, par exemple, ça dépend de notre assiette. Il faut donc se tourner vers des repas qui sont équilibrés, notamment avec des protéines qui contiennent les précurseurs des neurotransmetteurs, justement, des fibres, du bon gras, ce qui va permettre de stabiliser l'énergie, de réduire la fatigue et d'améliorer la concentration. C'est donc un levier très puissant qui est souvent sous-estimé.
- Speaker #0
Et les oméga-3, Laurence, ils sont souvent mis en avant durant cette période. Quel est leur intérêt ?
- Speaker #3
Alors les oméga-3 sont particulièrement intéressants vers 45-50 ans. Ce sont des acides gras qui sont dits essentiels parce qu'ils ont un rôle clé dans plusieurs fonctions importantes de notre organisme. Ils vont notamment soutenir le cerveau, donc le système nerveux central. Ils vont améliorer la mémoire et soutenir l'humeur. Ils vont participer à la régulation des phénomènes inflammatoires. et ils vont également avoir... un effet protecteur sur le système cardiovasculaire. Il faut savoir, et c'est vraiment quelque chose qui est souvent ignoré, que le risque cardiovasculaire augmente de manière importante pour les femmes au moment de la ménopause, car les oestrogènes ont un effet protecteur, et évidemment, comme on perd les oestrogènes, on perd cet effet protecteur. Les omégatoires peuvent être apportés via l'alimentation, on va les retrouver principalement dans les poissons gras, comme les sardines, les anchois, etc. mais également dans des huiles végétales comme l'huile de colza ou de chanvre. Alors je parle de celles-là parce que ce sont des huiles qui peuvent être produites en Belgique. Donc c'est un peu plus intéressant que le maïs ou le tournesol. Et si nécessaire, on peut se tourner vers la complémentation.
- Speaker #0
Alors au-delà des oméga-3, quels autres nutriments, Laurence, méritent une attention particulière après 50 ans ?
- Speaker #3
Plusieurs nutriments deviennent vraiment prioritaires. Je pense notamment à la vitamine K2 ou D3. qui sont importantes pour la santé osseuse, pour l'immunité et la santé cardiovasculaire. Mais il y a également le magnésium ou le calcium qui viennent compléter le tableau, non seulement à nouveau pour cette santé osseuse et musculaire, donc on a bien compris qu'opèrent nos muscles au moment de la ménopause, mais ça va également soutenir le système nerveux, surtout le magnésium. Les protéines jouent un rôle clé pour limiter la fonte musculaire à nouveau et les vitamines du groupe B et le magnésium. comme notre produit phare, Magnesium Quatro 900, sont également importants pour l'énergie et la gestion du stress. Et enfin, on peut penser aux antioxydants que l'on va retrouver dans les fruits et les légumes colorés qui vont permettre de lutter contre le stress oxydatif et donc de soutenir l'avancement en âge, en bonne santé. Et c'est vraiment important.
- Speaker #0
Est-ce que certaines plantes peuvent être intéressantes pour soutenir l'équilibre peut-être émotionnel à cette période de la vie ?
- Speaker #3
Oui, oui, tout à fait. Certaines plantes peuvent être de vrais alliés. Les plantes qui sont dites adaptogènes, comme la rhodiola ou la schwaganda, vont aider l'organisme à mieux s'adapter au stress et aussi à retrouver de l'énergie. Une autre plante que j'aime beaucoup, c'est le safran, qui va être intéressante pour soutenir l'humeur et réduire les états de fatigue émotionnels. On peut avoir ce brouillard mental et être un peu plus anxieuse. On peut également se tourner vers des plantes comme la lavande ou la milice, qui vont plutôt agir sur l'apaisement, le sommeil et la détente du système nerveux. Alors chez BeLive, on peut vous proposer une nouvelle formule de notre Ashwagandha Plus qui va contenir évidemment de l'Ashwagandha qui est bio, mais également un extrait de mélisse de haute qualité. Donc ça va jouer à la fois sur le stress passager et sur le sommeil.
- Speaker #0
Pour une femme de 50 ans qui a envie de se sentir plus tonique, plus alignée au quotidien, quelles seraient tes recommandations en matière de supplémentation ?
- Speaker #3
Si je devais proposer une base simple et efficace, je commencerais bien sûr par la vitamine D qui est très souvent carencée chez la plupart des personnes. Ce sont des chiffres qui sont assez connus. Mais ça c'est la base. C'est la base, que ce soit en Belgique ou un peu partout dans le monde occidental, on est très souvent carencés en vitamine D. Et son compagnon, c'est le magnésium. Donc ça va permettre de soutenir le système nerveux et de réduire la fatigue. Mais il faut savoir qu'en fait, le magnésium va aider la vitamine D à être sous une forme plus biodisponible. Donc prendre les deux en même temps, c'est vraiment une très bonne idée. Donc on a déjà parlé des oméga 3, donc ils font partie de la base. Et ce qui est assez intéressant, c'est qu'il y a quand même des études qui soutiennent cela, et notamment l'Institut de santé américain, donc le NIH. a publié récemment une étude qui montre qu'effectivement, ou en tout cas qui recommande ces trois compléments alimentaires, plus également des probiotiques, mais je n'en parlerai pas aujourd'hui. Et donc, on pourrait rajouter à ça, en fait, un complexe de vitamine B pour soutenir, comme je l'ai dit, l'équilibre du système nerveux et également pour soutenir la production d'énergie. Et en fonction des besoins spécifiques, notamment au niveau psycho-émotionnel, moi, j'aime bien la shwagandha. ou le safran, comme je viens de l'expliquer. Et donc ça, ça permet effectivement de retrouver de la sérénité et un peu plus de vitalité. Mais évidemment, l'idée, ce n'est pas de prendre 45 compléments alimentaires. Et donc, c'est vraiment d'aller vers, de se tourner vers nos besoins spécifiques en fonction des moments et effectivement de notre humeur.
- Speaker #0
Et ça reste un soutien et pas une contrainte.
- Speaker #3
Tout à fait, donc c'est un accompagnement. Et donc, il y a effectivement, déjà, à commencer par l'assiette, je pense que c'est toujours la base.
- Speaker #0
Merci Laurence et merci à tous. Si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair et que vous l'avez apprécié, pensez à vous abonner à BeLiveTalk sur votre plateforme d'écoute préférée. Et si vous souhaitez nous soutenir, vous pouvez nous laisser une note 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Cela permet au podcast d'être évidemment plus visible et d'aider d'autres femmes à s'informer de manière éclairée. On se retrouve ! Le mois prochain avec un nouvel épisode intitulé Au secours, je suis épuisée. Tout un programme. A bientôt.