Valérie FayolleHier matin, en regardant les réseaux sociaux, j'ai vu un poste qui m'a interpellée. C'est une femme que je ne connais pas personnellement, mais dont je suis le parcours depuis plusieurs années parce qu'on a navigué dans les mêmes univers. Et donc cette femme-là, elle annonce sur les réseaux qu'elle part. Elle annonce qu'elle vend tout, qu'elle vend y compris sa maison, qu'elle s'en va, sans savoir exactement où elle va atterrir. Alors ça m'a bien sûr rappelé mon propre parcours et mon départ vers ma vie nomade il y a 7 ans, mais surtout ce qui me frappe, c'est que je constate que c'est de plus en plus fréquent. Et au cours des derniers mois, en fait, j'ai en mémoire au moins 4 femmes qui ont fait ce même choix de tout quitter. Ce sont des femmes qui ont 40, 50, 60 ans, qui, les unes après les autres, sans se concerter, annoncent qu'elles quittent tout, annoncent qu'elles changent de mode de vie, annoncent souvent qu'elles changent aussi de pays. Et ce qui m'a frappée également, c'est qu'elles vivent quasiment toutes la même chose au moment de faire ce choix. c'est la peur de se séparer de leur maison et la peur de se séparer de leurs objets. Et c'est une peur qui est récurrente. C'est une peur que j'ai vécue moi aussi, c'est une peur qui révèle beaucoup plus de choses que ce que l'on croit et c'est de ça dont je voudrais vous parler aujourd'hui. Alors restez avec moi, on se retrouve tout de suite après le jingle. Bienvenue chez toi, je suis tellement heureuse de t'accueillir ici dans ce podcast. Je suis Valérie Fayolle, mentor en leadership féminin et expert Feng Shui. Et ici, je m'adresse à toutes les femmes audacieuses qui ont envie de s'affranchir des codes, qui ont envie de s'affranchir de la norme pour se créer une vie qui leur ressemble vraiment. J'espère que cet espace sera pour toi une source d'énergie et une source d'inspiration. Tu retrouveras un nouvel épisode chaque semaine. Et si tu aimes ce que je te partage, pense à t'abonner et n'hésite pas à le diffuser autour de toi. Bonjour à toutes, j'espère que vous allez bien. Alors je ne sais pas si vous l'avez remarqué comme moi, mais depuis quelques temps je vois ça de plus en plus, des femmes qui, à un moment donné de leur vie, décident de tout lâcher et de partir à l'aventure. Alors ce n'est pas juste partir se changer les idées quelques jours ou quelques semaines, c'est vraiment tout lâcher. On lâche la maison, on lâche son pays, on lâche souvent tout ce qu'on connaît déjà avec un changement assez radical. dans le mode de vie ou en tout cas un changement radical annoncé. Alors bien sûr j'ai déjà vu ça, c'est pas quelque chose de nouveau, j'en suis aussi l'illustration. Et au cours des dernières années j'ai eu régulièrement de longues conversations, plutôt en privé, avec des femmes de mon entourage qui se sont inspirées de mon propre parcours et de ma vie nomade. Certaines de ces femmes ont fait de nouveaux choix après les échanges que j'ai eu avec elles. Mais même si de mon côté je n'ai jamais fait la promotion du nomadisme, je n'ai jamais fait encourager les femmes à tout quitter, je ne le fais pas dans ma vie personnelle avec mes proches et je ne le fais pas non plus dans mes accompagnements parce que je pense que ce mode de vie ce n'est pas fait pour tout le monde et ce n'est pas non plus une fin en soi. Mais j'ai vu quand même ces changements-là, j'ai vu à quel point parfois je pouvais en inspirer certaines. Mais tant que c'était dans mon entourage, en fait, ces départs de femmes, ça restait assez... ponctuelle et assez anecdotique. Mais aujourd'hui, ce que je vois, c'est différent. En tout cas, j'ai vraiment le sentiment qu'il y a quelque chose de différent qui est en train de se jouer, comme si on sortait de l'exception, comme si on sortait de l'événement, en fait, pour aller vers quelque chose qui est plus un mouvement, quelque chose qui ressemble plus à un élan collectif. Et ce que je vois chez ces femmes qui annoncent dernièrement qu'elles quittent tout, c'est que ces femmes-là, elles n'ont pas 25 ou 30 ans. Ce sont des femmes qui ont une certaine maturité, elles ont déjà 40, 50, 60 ans, et on pourrait penser qu'à ces âges-là, il y a plus d'inertie, mais en fait, elles sont la preuve du contraire. Et aussi, ce que je vois souvent, dernièrement, quand elles font ce choix, elles partent souvent seules. Donc ce n'est pas un projet familial, ce n'est pas non plus un projet de couple. Alors pour certaines, oui, c'est le cas, mais pas pour toutes. souvent c'est vraiment un projet personnel, c'est un projet de vie, c'est un choix individuel. Et il y a une troisième chose que j'observe aussi, c'est que pour beaucoup d'entre elles, en tout cas, ce n'est pas une fuite, ça ne ressemble pas à une fuite. En général, les femmes que j'ai vues faire ce changement-là ces derniers temps, elles quittent une situation qui était plutôt confortable, d'un point de vue matériel en tout cas. Elles avaient une maison, elles avaient une situation professionnelle ou un business qui fonctionne bien, elles avaient un cadre plutôt confortable. ou en tout cas une certaine sécurité matérielle. Donc elles ne sont pas en train de fuir de l'insécurité. Elles ne sont pas en situation de précarité et elles cherchent à aller construire autre chose ailleurs sur cette base-là. Non, au contraire, c'est vraiment un choix en fait. C'est un choix qui part d'elles-mêmes. Elles choisissent de partir à l'aventure et de se créer une vie différente alors que leur environnement de départ était plutôt sécure. Donc tout ça, ça m'interpelle parce que... Pour moi, ça révèle un changement plus global dans l'autorisation que les femmes se donnent aujourd'hui. Et je le redis encore une fois, tout quitter pour partir sur une vie nomade, ce n'est pas une fin en soi. Mais dans ce que je perçois, c'est plutôt le symptôme. de quelque chose de plus profond qui se transforme aujourd'hui dans la façon dont les femmes vivent leur vie, sur notre capacité à faire des choix différents, sur notre capacité aussi à prendre des risques, à oser aller vers l'inconnu, à avancer seule, à s'écouter, à sortir des schémas tout tracés pour déployer notre propre vie, une vie qui nous ressemble, une vie qui nous appelle. Et ça pour moi c'est un signal qui est juste magnifique dans ce que je perçois. On n'est pas ou on n'est plus, je l'espère, dans un effet de mode ou de moins en moins. Et je sens vraiment qu'il y a des lignes qui sont en train de bouger chez les femmes, des autorisations qui sont là. Ça, c'est vraiment beau à voir. Alors c'est beau à voir, mais ce n'est pas toujours simple. Parce qu'il y a autre chose que je remarque aussi en découvrant toutes ces femmes et en lisant leurs témoignages, c'est que quand elles se préparent à faire ce grand saut vers l'inconnu, quand elles se préparent à partir, ce n'est pas que de l'excitation pure. Ce n'est pas non plus que de la légèreté ou que de l'insouciance comme on pourrait le croire. Donc on est loin de l'image un peu surfaite qu'on se fait parfois de la femme libre qui plaque tout sans se retourner, etc. Moi ce que je vois chez la plupart d'entre elles, chez ces femmes qui quittent tout, c'est aussi une forme d'appréhension, comme une peur diffuse en fait. Et cette peur, elles vont l'exprimer de façon plus ou moins implicite, mais elle transparaît clairement dans leurs témoignages. Et elle transparaît aussi dans les questions que me posent celles avec lesquelles j'ai pu échanger en direct. Les femmes avec lesquelles j'ai eu cette conversation, récente ou passée, en fait je crois que quand elles s'adressent à moi, elles viennent d'abord chercher une forme de validation. Ou en tout cas quelqu'un à qui parler, qui ne va pas leur dire que c'est de la folie, qui ne va pas leur dire mais non, surtout fais pas ça. Ça c'est probablement ce qu'elles entendent déjà dans leur entourage. Moi je l'ai beaucoup entendu il y a 7 ans quand j'ai tout vendu, quand j'ai tout quitté, j'ai beaucoup entendu mais ne fais pas ça. Donc en fait quand elles viennent échanger avec moi, elles viennent poser d'autres questions, elles viennent poser aussi les questions de celles qui ont déjà marché le chemin en fait. Et ce qui revient presque à chaque fois, ce ne sont pas des questions existentielles. En fait leurs questions elles sont souvent très pratico-pratiques, elles sont pratico-pratiques du moins en apparence. Parce que ce qu'on me demande souvent, c'est concrètement comment tu fais ? Concrètement, avec quoi tu voyages ? Comment se passent tes voyages, tes déplacements ? Et quels sont les objets qui t'accompagnent ? Est-ce que tes affaires ne te manquent pas, ne te manquent jamais ? Comment tu as fait pour tout quitter ? Donc ça, c'est des questions qui sont très concrètes. Et ces questions-là, c'est un vrai sujet, parce qu'il y a un premier gros challenge avant même de partir. Le premier gros challenge qui est là, c'est d'arriver à quitter, d'arriver à dire au revoir. à sa maison, à ses affaires et à tout ce qui nous a accompagnés pendant des années, parfois pendant toute une vie. Et cette préoccupation-là, qui a l'air très matérielle, en fait elle ne l'est pas du tout. Elle est surtout émotionnelle et ça révèle une de nos grandes peurs. Cette peur-là dont je te parle, elle ne concerne pas uniquement les femmes qui partent. Ce n'est pas qu'une peur de voyageuse. Et si tu m'écoutes aujourd'hui, peut-être que... Toi aujourd'hui, tu n'as peut-être pas de projet de déménagement, il n'y a peut-être aucune envie de vendre ta maison, aucun désir de partir à l'autre bout du monde, mais je suis à peu près certaine que cette peur, en fait, chacune de nous la connaît aussi. Elle prend simplement une autre forme. C'est exactement la même peur qui va venir se manifester à l'idée de changer de travail après 20 ans dans la même boîte. C'est la même peur qui se manifeste. à l'idée de se séparer d'un conjoint avec qui on partage le quotidien depuis des années. C'est aussi la même peur qui se manifeste tout simplement à l'idée de faire le tri dans notre bazar pour se séparer d'objets qui nous encombrent depuis longtemps, etc. et qu'on n'arrive pas à quitter. Alors oui, dans toutes ces situations, en fait, il ne s'agit pas de partir faire le tour du monde. Les circonstances, elles ne sont pas du tout les mêmes. En revanche, la peur qui est derrière, elle, elle est identique. Cette peur, c'est celle de perdre. Ce qui, jusqu'ici, nous était familier. C'est la peur de perdre ce qui constituait notre environnement de référence. C'est la peur de perdre tous nos repères, de perdre tout ce à quoi on était habitué, sans même s'en rendre compte. Et j'ai vraiment envie de parler plus longuement de cette peur aujourd'hui et de comment elle se traduit, parce que cette peur-là, en fait, elle vient de nous parler de notre sécurité extérieure et surtout de notre sécurité intérieure. Alors je vous le disais, la question qu'on me pose le plus souvent c'est « Mais comment tu as fait avec tes affaires ? Est-ce que tu n'as vraiment plus rien ? Est-ce que tes objets ne te manquent pas ? » Ça c'est un gros point de friction. L'autre jour je discutais justement avec une amie qui est aussi à un carrefour de vie, elle est en train de se séparer de son compagnon et elle est à la veille de quitter le domicile du couple. Donc elle traverse un moment de grande fragilité personnelle et elle aussi elle me posait ces questions-là. C'est la même problématique qui revenait, et elle me disait « Je vais devoir tout laisser derrière moi, c'est super douloureux. Comment toi tu fais pour que ce soit léger ? Comment tu fais pour être bien dans ta vie, sans t'entourer de toutes tes affaires ? Comment tu fais pour tout laisser derrière toi ? » Donc quelle que soit la situation, qu'on soit à la veille d'un départ choisi ou d'un départ subi, le fait de se séparer de ses affaires paraît souvent insurmontable pour beaucoup d'entre nous. Pourquoi ça paraît insurmontable ? Pourquoi ça fait si peur ? En fait, nos objets ne sont jamais de simples objets. Une théière, c'est pas seulement une théière, c'est en fait une théière qui nous a été offerte, je sais pas moi, par notre grand-mère. Un livre, c'est pas seulement l'objet du livre, c'est un livre qu'on a aimé, un livre qu'on a annoté, un livre qu'on a acheté dans certaines circonstances ou qui nous a aussi été offert. Une photo, c'est pareil, une photo, ça raconte une histoire. Donc certaines photos vont nous accompagner partout. Moi, c'est le cas avec une photo de mes enfants, par exemple. Un meuble, ce n'est pas juste une pièce de mobilier, c'est un objet qu'on a chiné, qu'on a peut-être acheté avec quelqu'un qu'on a aimé, etc. Donc, chacun de nos objets raconte une histoire. Nos objets, ils viennent matérialiser des souvenirs, des souvenirs qu'on n'a pas envie de perdre et qu'on a peur de perdre si on s'en sépare. Et ces objets-là aussi, ils nous rassurent. Ils nous rassurent. parce que d'une certaine façon, ils prouvent que notre vie d'avant a existé. Ils sont la trace matérielle, ils sont la preuve de tout notre vécu. Alors forcément, quand on imagine de l'équité, quand on imagine s'en séparer, on a l'impression qu'on va perdre une part de nous-mêmes. Et c'est ça qui fait peur. Donc la question qu'on me pose régulièrement, comment tu fais avec tes affaires, ce n'est pas une question de logistique. C'est vraiment une question émotionnelle et c'est surtout une question de sécurité intérieure. Ce que ça traduit en réalité, c'est si je n'ai plus mes repères autour de moi, si je n'ai plus mes affaires autour de moi, alors j'ai peur de ne plus savoir qui je suis. Alors j'ai peur de perdre mon identité. C'est un peu comme si chaque objet de notre maison venait nous dire voilà qui tu es, voilà ce que tu as vécu, voilà la preuve que tout ça a bien existé. Et donc une maison entière avec toutes les années d'accumulation qu'il y a dedans. Ça finit par ressembler à une sorte d'archive, de bibliothèque géante de nous-mêmes, comme une carte de visite, une carte d'identité de tout ce qu'on a vécu. Et l'idée de vider cette archive, même en partie, ça peut donner l'impression de perdre l'accès à des chapitres entiers de notre vie, de notre histoire, etc. C'est pour ça, par exemple, que certaines personnes ont du mal à se séparer des affaires de leurs enfants quand ils étaient petits. C'est pour ça aussi qu'on garde pendant des années des archives de notre vie d'étudiant, etc. C'est ce que je vois le plus souvent, c'est aussi ce que moi j'ai vécu, j'ai gardé mes travaux d'étudiante pendant très longtemps. Parce que ça me rappelait ce que j'avais vécu, traversé à ce moment-là, ça me rappelait aussi ce que j'avais écrit, ce que j'avais pensé, donc c'était quelque chose auquel j'avais besoin de tenir. Donc quand on quitte une maison ou quand on part sur une vie nomade, On quitte non seulement nos objets, mais on quitte aussi, ou en tout cas on pense quitter tout ce qu'ils représentent. On croit quitter tout ce qu'ils représentent. Et c'est pour ça que cette séparation paraît si douloureuse. Et ça nous rattrape même quand on choisit de partir, même quand c'est un choix. Et c'est ça qui est troublant et qui semble paradoxal. Parce qu'on peut avoir choisi son départ en toute conscience, comme moi ou comme toutes ces femmes que je vois en ce moment partir à l'aventure. On peut avoir désiré ce départ, on peut l'avoir préparé, en avoir rêvé pendant des années, et sentir malgré tout cette anxiété monter au moment de tout quitter ou au moment de tout vendre. Je l'ai vécu, moi aussi, et ce n'est pas une contradiction. C'est juste que ça vient toucher la question de notre sécurité et de notre identité à un moment où justement on s'apprête à changer de vie et où tout nous repère volant l'éclat. Donc c'est tout à fait cohérent d'avoir cette peur-là, ou en tout cas d'avoir une charge émotionnelle forte. Alors qu'est-ce que mon expérience nomade est venue changer dans ma perception aujourd'hui ? Parce que je ne me raconte plus du tout la même histoire à ce sujet. Quand j'ai tout quitté il y a 7 ans, j'ai eu moi aussi les mêmes peurs. J'ai vendu, j'ai donné, j'ai trié toutes mes affaires, absolument tout. Il y avait non seulement mes affaires, mais il y avait aussi celles de mes enfants, il y avait celles de mon passé, de mon histoire avec mon ex-mari, etc. Tout est parti. J'ai gardé très peu de choses et je voyage aujourd'hui avec seulement deux valises. et je me sens vraiment confortable avec ça. Mais j'ai dû en faire l'expérience et le vivre pour le savoir, pour savoir que ça allait devenir confortable, parce qu'honnêtement, j'ai eu peur, et je n'avais aucune garantie ni aucune certitude sur le fait que ce serait confortable. Et ce que j'ai compris aujourd'hui avec le recul, c'est qu'à ce moment-là, en me séparant de mes affaires, en me séparant de mes objets, j'avais simplement peur de perdre ma sécurité. Ce que ça révèle surtout, c'est que j'avais placé ma sécurité à l'extérieur de moi. Je comptais sur mon environnement et sur lui seul pour créer et pour entretenir mon sentiment de sécurité. Et quand j'ai déconstruit ça, quand ce cocon matériel n'a plus été là, je n'ai pas eu en fait d'autre choix. que d'aller rencontrer et renforcer ma propre sécurité intérieure. J'ai dû apprendre à me faire confiance. J'ai dû apprendre à me faire confiance puisque l'extérieur n'existait plus. J'ai dû aller chercher de la ressource à l'intérieur de moi. Et puis j'ai pu aussi me découvrir autrement. Loin de mes objets, loin de ma maison, en fait j'ai découvert des parts de moi qui ne se seraient probablement jamais révélées dans mon environnement d'avant. Parce que mes objets, même s'ils me rassuraient en fait, il m'enfermait d'une certaine façon aussi dans ma vie du passé. Il m'enfermait dans une identité qui n'était plus tout à fait d'actualité pour moi, mais je ne le savais pas. En quittant mes objets, je me suis en fait trouvée autrement. C'est comme si j'avais ouvert la porte pour me rencontrer autrement. Et ça, c'était vraiment le cadeau bonus, parce que je ne m'attendais pas du tout à avoir ce bénéfice-là, ce bénéfice identitaire. Et c'était vraiment un super cadeau. Mais je voudrais revenir encore sur cette notion de sécurité. Parce que c'est vraiment le point le plus sensible qui s'active pour la plupart d'entre nous à plein de moments dans notre vie. En fait, l'objet nous rassure parce qu'il est palpable, parce qu'il est tangible. On peut le toucher, on peut le prendre entre les mains. Donc notre système interne va interpréter ça en disant « ok, c'est bien réel, ça existe, la preuve, etc. » Donc on va faire porter à ces objets, à nos objets extérieurs, ils sont extérieurs, ce sont des éléments de notre décor, on va leur faire porter nos émotions, On va leur faire porter nos souvenirs, on va leur faire porter nos histoires, etc. Et en fait, ces éléments qu'on leur fait porter, ces objets extérieurs, ce sont des éléments plus intérieurs, ce sont des éléments émotionnels qu'on fait porter sur nos objets extérieurs. Donc en réalité, on fait une espèce de transfert et on fait en sorte que notre sécurité intérieure dépende de notre réalité extérieure. Et là, c'est un sujet qui est plus touchy parce que notre sécurité, elle devient artificielle. Elle ne dépend pas de nous, elle dépend de la présence. de nos objets, elle dépend de la stabilité de notre environnement, elle dépend du contexte extérieur. Donc quand on a fondé notre sécurité uniquement sur ces paramètres, alors en fait elle devient fragile, parce qu'un événement peut tout balayer d'un seul coup. Et je voyais l'autre jour ces images terribles, les images terribles de ces familles qui ont tout perdu lors des incendies en Gironde, quand elles retrouvent leur maison qui a brûlé. Avec tout ce qu'il y avait dedans, elles n'ont plus rien, donc c'est toute leur vie qui s'effondre. Parce que tous les repères disparaissent d'un coup dans des conditions dramatiques en plus, donc c'est extrêmement violent à vivre. Et c'est d'autant plus violent quand c'est soudain et quand on se sent impuissant, que ce soit avec ces événements liés au climat, mais aussi comme mon amie avec sa séparation actuelle, parce qu'elle a l'impression de perdre tous ses repères. Et elle a surtout l'impression de ne rien contrôler, de ne rien maîtriser, que c'est une profonde injustice en perdant sa maison. Et ça, c'est ce qui se passe quand on s'en remet uniquement à l'extérieur. Mais on peut aussi cultiver une autre approche. Et c'est quand on découvre qu'on peut se sentir en sécurité, même quand l'environnement change, que là, on va avoir un autre bénéfice. Parce qu'en fait, quand on quitte ses objets, et ça, c'est ce dont j'ai fait l'expérience, notre histoire, nos souvenirs, ne s'effacent pas pour autant. Et tout est bien là, tout est encore actif à l'intérieur de moi, tout ce que j'ai vécu tout au long de ma vie. Mais je n'ai plus besoin des objets pour me le rappeler. Et c'est probablement aussi pour ça que je ne sens pas l'urgence aujourd'hui de me poser quelque part. Je ne sens pas du tout le besoin de recréer cet environnement stable autour de moi, parce que je développe chaque jour un peu plus une forme de stabilité intérieure, de sécurité intérieure. Je sens qu'il y a vraiment quelque chose qui est là aujourd'hui que je ne connaissais pas il y a quelques années. Et c'est en lâchant mes repères extérieurs, en acceptant aussi l'inconfort que ça génère parfois, que j'ai pu développer cette autre forme de sécurité. Alors cette sécurité-là, cette sécurité intérieure, elle est plus lente à construire. Parce qu'elle ne repose pas sur des choses tangibles, sur des choses palpables. Elle est plus subtile et elle est plus inconfortable aussi à connecter, à trouver. Il y a parfois des moments qui sont vertigineux. Mais ces moments d'inconfort, en fait, ils sont de moins en moins présents. Et surtout, ce qui me va bien aujourd'hui, c'est que ma sécurité ne dépend plus, ou en tout cas de moins en moins, de ce qui m'entoure. Construire cette sécurité-là, cette sécurité intérieure, ça ne veut pas dire renoncer à s'entourer ou à aimer ces objets. Encore une fois, je ne suis pas en train de vous dire que vous devez vous mettre dans un mode minimaliste ou partir sur une vie nomade, ou tout balayer, partir en claquant la porte, etc., pour en faire l'expérience. Je ne suis absolument pas en train de vous dire ça. Ce que je suis en train de vous dire, c'est que vous n'êtes pas obligé de tout faire reposer sur l'extérieur. En fait, un objet peut venir embellir votre quotidien. Il peut venir vous faire plaisir, vous rappeler un souvenir, et c'est complètement légitime. Mais ne lui demandez pas de garantir votre sécurité intérieure. Sinon vous risquez de vous enfermer dans une vie, dans des peurs d'abord, et puis une vie qui est figée et dont vous aurez du mal à faire évoluer les contours. Donc voilà ce que je voulais vous partager aujourd'hui, et ce que j'ai vraiment envie que vous reteniez de cet épisode, c'est que c'est jamais l'objet qu'on a peur de perdre au fond. C'est la sécurité qu'on projette sur lui, sans même s'en rendre compte souvent. Alors la prochaine fois que vous sentez une résistance devant un placard que vous n'arrivez pas à vider, ou même simplement devant un changement à venir dans votre vie, regardez ce qui se joue derrière. Est-ce que c'est vraiment de vos affaires dont il est question, ou il y a une autre histoire ? Et quelle est l'histoire que vous vous racontez et qui cache en réalité un besoin de sécurité ? Et encore une fois, ce n'est pas une faiblesse, c'est juste qu'on a pris l'habitude de faire reposer notre sécurité au mauvais endroit. Donc oui, chérissez vos objets, mais ne faites pas reposer toute votre vie, tous vos choix ou tout votre futur sur eux. Il y aurait encore beaucoup, beaucoup à dire sur les objets et ce qu'ils représentent, ce n'est pas un petit sujet. Je ferai d'ailleurs certainement un ou plusieurs prochains épisodes pour vous en parler, et regarder de plus près ce qui se joue dans nos maisons, dans vos maisons. Moi je vais vous laisser là-dessus aujourd'hui, n'hésitez pas à m'écrire pour me dire comment cet épisode vous a parlé, et puis pensez surtout à vous abonner pour ne pas manquer la suite. Moi, je vous dis à très bientôt. On se retrouve la semaine prochaine. D'ici là, prenez soin de vous surtout.