Speaker #0Il y a un truc qui me fascine, c'est que je remarque qu'à chaque fois qu'on quitte quelque chose ou qu'on quitte quelqu'un, que ce soit un travail, que ce soit un conjoint ou au moment d'un déménagement, il se passe souvent quelque chose d'assez singulier, c'est qu'on a besoin de dire du mal de ce que l'on quitte. On va dire que notre ex était toxique, on va dire que notre ancien boulot était insupportable ou on va dire que notre ancien logement était invivable. Et je me suis souvent demandé pourquoi. Est-ce que tout était vraiment si mauvais lorsqu'on vient de quitter ? Ou bien est-ce que c'est une histoire qu'on a besoin de se raconter pour pouvoir réussir à partir ? Aujourd'hui, j'ai vraiment envie de t'emmener plus loin sur cette réflexion parce que ces histoires qu'on se raconte, au moment du départ, c'est un vrai révélateur de la façon dont on construit notre vie et ça va venir directement impacter nos choix. Alors reste avec moi, on se retrouve tout de suite après le jingle. Bienvenue chez toi, je suis tellement heureuse de t'accueillir ici, dans ce podcast. Je suis Valérie Fayolle, mentor en leadership féminin et expert Feng Shui. Et ici, je m'adresse à toutes les femmes audacieuses qui ont envie de s'affranchir des codes, qui ont envie de s'affranchir de la norme pour se créer une vie qui leur ressemble vraiment. J'espère que cet espace sera pour toi une source d'énergie et une source d'inspiration. Tu retrouveras un nouvel épisode chaque semaine. Et si tu aimes ce que je te partage, pense à t'abonner et n'hésite pas. à le diffuser autour de toi. Bonjour à toutes, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, je voudrais vous raconter une histoire que j'ai vécue récemment. Il y a quelques semaines, j'ai eu une discussion avec une personne très proche et donc cette personne, elle me racontait qu'elle se sentait super mal à l'aise et qu'elle était très encombrée en ce moment dans une relation d'amitié qui lui pèse. Cette relation d'amitié, en fait, c'est une relation qui est ancienne, qui dure depuis plusieurs années, donc il y a de la loyauté qui est là. Mais c'est aussi une relation qui aujourd'hui ne la nourrit pas, ne la nourrit plus. C'est une relation qui lui demande beaucoup d'énergie. En vrai, elle aurait voulu que cette relation s'arrête, elle aurait voulu au moins la mettre entre parenthèses, mais elle n'ose pas. Et ce qu'elle m'a dit est assez fort, elle m'a dit je n'ai pas de raison suffisante. pour que la relation s'arrête. Cette personne-là ne m'a rien fait qui justifie que je lui dise que je ne veux plus la voir. Et là, je me suis rendue compte que partir simplement, c'était quelque chose de compliqué et que ça aurait été beaucoup plus simple pour elle de pouvoir le faire en claquant la porte, de pouvoir le faire sur un conflit, de pouvoir le faire sur un désaccord manifeste. Et comme si, en fait, il n'y aurait que cette façon-là de sortir d'une relation. comme si tout autre cause de départ, toute autre raison de départ ne serait pas justifiée. Et ça m'a vraiment interpellée parce que je me suis dit mais c'est fou. C'est fou parce que le problème c'est pas de sortir d'une relation, non, ce qui nous pose problème c'est ce besoin de créer une rupture, ce besoin de créer un désaccord pour pouvoir partir. Et ça, ça c'est vraiment symptomatique et ça nous rattrape hyper souvent, ça nous rattrape à plein d'endroits dans notre vie et c'est vraiment ce dont je vais vous parler aujourd'hui. Ça m'a fait penser à une autre histoire personnelle, à un autre moment de ma vie qui est plus ancien. C'est quand je me suis séparée du père de mes enfants. C'était fin 2012, et ce n'était pas du tout une séparation houleuse ou chaotique, c'était vraiment un choix partagé, c'était un choix partagé par lui et par moi. Alors, ce n'était pas facile, on était tristes, mais on sentait tous les deux qu'on était arrivés au bout du chemin ensemble. qu'on était dans une impasse, qu'on était un peu au maximum de ce qu'on avait envie de créer ensemble. On en a parlé et puis voilà, on s'est séparés. Et je me souviens de l'étonnement, je me souviens aussi de l'incompréhension de notre entourage à ce moment-là. Comment on pouvait se quitter sans se déchirer en fait ? Il y avait forcément, notre entourage cherchait un fautif dans l'histoire. Il y avait forcément autre chose derrière. Ça ne pouvait pas être aussi simple. On ne se quitte pas comme ça, on ne se quitte pas pour ça. Il fallait forcément qu'il y ait du drama derrière. Il fallait forcément que l'un de nous deux soit bourreau et l'autre victime, etc. Alors, je ne rentre pas dans les détails de notre séparation. Ce n'est pas l'objet ici. En fait, c'est devenu plus houleux par la suite. Mais l'année qui a suivi notre séparation, c'était vraiment un joli moment. C'était vraiment un joli moment pour nous deux, c'était plein d'attention mutuelle. Et je me souviens vraiment d'avoir pensé à ce moment-là, et je le pense d'ailleurs toujours aujourd'hui, que j'aimais profondément ce que j'avais partagé avec lui pendant toutes ces années. J'avais vraiment beaucoup de gratitude pour ça, même si on avait, comme tout le monde, traversé des moments difficiles, même s'il y avait eu des moments de tension extrême dans le couple, j'avais vraiment beaucoup de gratitude pour tout ce qu'on avait partagé. Et j'étais tellement heureuse aussi qu'on se sépare de cette façon-là. Que ce soit aussi naturel, aussi simple, et je ne vais pas dire léger, mais aussi précautionneux en fait. Mais j'ai aussi vu combien c'était dissonant pour l'entourage. Nos amis et la famille, encore une fois, ne comprenaient absolument pas, parce qu'en fait ils n'avaient personne à consoler. Et on ne leur demandait surtout pas de prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Et ça c'était compliqué pour eux. En fait, ça aurait été plus confortable pour eux si on avait eu à salir notre histoire ou ce moment délicat de notre vie pour pouvoir justifier notre choix. Et on peut être facilement tenté de se laisser embarquer là-dedans, on peut être facilement tenté de se laisser embarquer dans ce type de justification. Pourquoi la plupart, pour la plupart en fait, on a besoin de créer un rejet, on a besoin de créer de la rupture pour pouvoir partir ? Pourquoi notre cerveau il fait ça ? En fait c'est un mécanisme inconscient et c'est notre mental vraiment qui va venir créer ça, parce que quitter quelqu'un ou quelque chose qu'on aime encore, ça va venir créer une tension, ça va venir créer une tension intérieure. En fait, quand on aime encore mais qu'on part, on est en train de faire quelque chose qui n'est pas rationnel. Ça va à l'encontre de la raison. On aime et on s'en va quand même. C'est comme si on tendait un élastique qui tirait dans deux directions opposées. Cette tension-là, elle est super inconfortable pour notre système interne parce qu'elle met notre système interne dans une posture bancale, avec un pied dans la gratitude. et un pied dans le mouvement, un pied vers l'inconnu. Cette tension-là, ça peut créer du regret, du doute, de l'hésitation en fait. On a du mal à quitter ce qu'on quitte pour aller vers ce vers quoi on va. Et donc pour éviter cet inconfort, pour éviter cette tension-là, et pour nous aider à faire un choix, notre mental va faire ce qu'il sait faire le mieux, en fait il va trancher et il va simplifier. Il va réécrire le scénario. Pour lui, pour notre mental, ça ne va pas de dire j'aime mais je pars. Donc il va réécrire le scénario, il va réécrire l'histoire passée pour qu'elle aille dans le sens de notre choix. Et c'est là que notre mental va commencer à trier les événements dans notre mémoire. Comme par exemple pour pouvoir quitter un conjoint, on va aller sélectionner uniquement les moments où ça n'allait pas, on va aller se rappeler de tout ce qui nous agaçait chez l'autre. On va aller se rappeler de toutes les limites, de toutes les petites blessures, de tout ce qui a pu grincer dans la relation. Et c'est des choses qu'on avait peut-être relativisées jusque-là, mais on va lui donner une toute autre signification. Et ça va être pareil en toute situation, en fait. Vous pouvez le transposer dans une relation avec un patron, avec une relation d'amitié, etc. Notre mental va construire, sans qu'on lui demande quoi que ce soit, il va construire. tout seul, de son plein gré, un espèce de dossier à charge, pièce après pièce, pas parce que c'est la réalité, mais parce que c'est plus confortable pour justifier notre choix, c'est plus confortable pour justifier notre départ. C'est tellement plus simple, en fait, de quitter quelqu'un qui serait défaillant, alors que ça semble extrêmement compliqué de quitter quelqu'un qu'on aime encore, ou quelqu'un qui serait parfait, ou quelqu'un à qui on n'aurait rien à reprocher. Notre cerveau, il déteste la nuance, il déteste la contradiction aussi. On est dans une vision qui est très binaire, notre cerveau, lui, il veut que ce soit logique, il veut que ce soit cohérent, donc il y a des gentils, il y a des méchants, il y a des héros et il y a des bourreaux, il y a du noir, il y a du blanc, il y a du oui, il y a du non, et il met les choses dans des cases bien nettes. Quand on raconte une histoire où on dit « j'ai aimé cette personne et je m'en vais quand même » , il n'y a pas de case toute faite dans notre logiciel interne. Il n'y a pas de place dans notre système interne pour ça. Alors notre cerveau va transformer l'histoire avec les éléments qui l'arrangent pour que ça rentre dans une case. Et donc il va transformer le passé en ennemi, il va transformer l'histoire vécue en drame ou en souffrance pour qu'on puisse s'autoriser à avancer sans culpabilité et sans regret vers autre chose. Et c'est un vrai mécanisme de survie. Ça nous permet d'avancer, ça nous permet de faire de nouveaux choix, mais le problème... C'est que ça crée des choix qui sont des choix en réaction. Et ça se fait aussi au prix d'un rejet de ce qu'on a vécu. Alors qu'on pourrait vraiment regarder ce qu'on a vécu comme un trésor, comme une ressource, capitaliser notre vécu plutôt que de le rejeter. Et en fait, on n'a pas besoin de partir en claquant la porte. On n'a pas besoin de créer de dossiers à charge pour avoir le droit d'évoluer ou de changer de trajectoire ou de quitter quelqu'un ou de quitter un endroit. Mais c'est vrai qu'on a grandi dans ce modèle-là. On a grandi dans ce modèle-là qui est « je ronds pour partir » . On a tellement peu de modèles finalement autour de nous qui nous montrent qu'on peut partir sans détester. Que ce soit à l'école, dans les films, dans les histoires qu'on nous racontait quand on était petite, la séparation est souvent associée à une faute. Quelqu'un a mal agi, quelqu'un doit payer, c'est le prix à payer. Et donc on a grandi avec cette lecture-là. Et on l'applique ensuite à toutes nos évolutions. Même toutes nos ruptures, même les plus douces et même les plus alignées. Et c'est là que c'est paradoxal en fait, parce qu'on croit à tort. qu'il faudrait choisir un camp. On croit qu'il faut décider si c'était bien ou si c'était mal pour se donner la permission de tourner la page. Comme s'il fallait absolument qu'il y ait un verdict tranché, un verdict tranchant aussi pour soi, pour l'autre. Mais en réalité, la plupart de nos histoires, la plupart de nos relations, qu'elles soient personnelles ou professionnelles, elles ne se terminent pas parce qu'elles étaient mauvaises. Elle se termine tout simplement parce qu'on a fini de grandir, d'évoluer, d'apprendre, de se nourrir à cet endroit-là, et que la suite, elle se joue ailleurs. Et ça, c'est vraiment important d'en prendre conscience pour arriver à sortir de ce schéma-là, et de cette rupture obligée, j'ai envie de dire. Et puis, il y a aussi une autre raison à ce mécanisme de rupture. De rupture avec la négation, c'est que, et cette autre raison elle est assez insidieuse, c'est la peur du regard des autres. Et donc ça vient questionner notre capacité à assumer nos propres choix. Quand on annonce un départ, souvent les questions des autres elles fusent. On va dire, mais pourquoi tu quittes ton conjoint, vous aviez l'air si heureux ensemble. Ou, pourquoi tu quittes ton travail. Alors que c'est une sécurité ou que c'est le job parfait. Moi, c'est ce que j'ai entendu quand j'ai quitté le salariat en 2017, quand j'ai quitté mon poste d'urbaniste pour créer mon entreprise. C'était la stupéfaction autour de moi. Donc, j'ai vraiment entendu ça. Mais il y a aussi, dernièrement, j'ai fait le choix de venir m'installer à Montréal et c'est pourquoi tu pars vivre à Montréal ou ailleurs alors que ta vie ici paraît si confortable. Donc il y a toujours cette question du pourquoi qui est une question très du mental, mais ces questions-là, elles nous enferment. Et parfois, juste dire parce que j'en ai envie ou parce qu'autre chose m'appelle, on n'y arrive pas. Ça paraît presque insuffisant, comme si ce n'était pas une raison sérieuse, comme si un désir, notre désir, seul, sans justification, sans preuve à l'appui, sans... plaidoyer sans raison valable, comme si notre désir n'avait pas assez de poids pour porter une décision aussi importante qu'un départ, qu'une évolution, qu'un changement. Et donc, comme on ne se sent pas suffisamment justifiable, suffisamment validé, inconsciemment, on va se sentir obligé de produire ou de construire une explication qui rende notre décision recevable. qui la rend recevable non seulement à nos yeux, mais aussi aux yeux des autres. Une explication qui va rassurer ceux qui s'inquiètent, une explication qui va donner du sérieux à ceux qui, en fait, au fond, est porté par un élan intérieur et qui se passerait volontiers d'explications. Et c'est là encore, là aussi, qu'on va tisser une histoire. On dit que ce que l'on quitte, c'était toxique, ou qu'on n'en pouvait plus, ou que la situation était devenue intenable. Parfois c'est vrai, et c'est important aussi de le voir pour pouvoir en parler sans minimiser, mais parfois, et c'est souvent le cas, c'est surtout plus facile à raconter et plus facile à faire accepter par l'entourage en racontant cette histoire de rupture ou de toxicité plutôt que de dire simplement en fait j'ai évolué et maintenant j'ai envie d'autre chose. Et je crois qu'on sous-estime vraiment à quel point cette peur du jugement et ce besoin de validation surtout, ça va façonner nos récits. Ça va façonner les histoires qu'on se raconte. Et on ne réécrit pas seulement notre histoire pour nous-mêmes, en fait, on la réécrit pour l'auditoire, pour la famille qui va demander ce qui s'est passé, pour les collègues qui vont vouloir comprendre pourquoi tu quittes un poste que tout le monde t'enviait, pour les amis qui vont nous juger ou nous valider en fonction de ce qu'on va leur dire. Et donc, à force de fabriquer des histoires pour les autres, on finit par y croire nous-mêmes. Et donc on perd le fil aussi de ce qui était notre motivation première au départ, on perd la connexion aussi avec notre souveraineté. Mais un choix souverain, quel qu'il soit, c'est d'abord un choix qui n'a pas besoin d'être justifié en fait. Et s'il n'a pas besoin d'être justifié, alors on n'a plus besoin non plus de constituer un dossier à charge, on n'a plus besoin non plus de ternir ou de noircir l'histoire passée. C'est vraiment ce que j'avais envie de vous partager aujourd'hui, c'est le cœur de cet épisode. Pour moi, un choix souverain, ce n'est pas un choix qu'on fait contre quelque chose ou contre quelqu'un. Ce n'est pas un choix qui est en réaction. Un choix souverain, c'est un choix qui est pour. Pour plus grand, pour créer plus, pour plus d'expansion, pour plus d'amour, pour plus de fun. C'est vraiment un choix qui part d'un espace d'ouverture, pas d'un espace de fermeture, pas d'un espace de reproche, pas d'un espace de peur, pas d'un espace de regret ou d'amertume. Et on n'a vraiment pas besoin de tuer l'autre pour pouvoir le quitter. On n'a pas besoin non plus de ternir son passé pour avancer vers son futur. Et c'est ce que je vis aussi encore aujourd'hui, mais dernièrement j'ai fait un choix qui est important pour moi, j'ai choisi de changer de pays. J'ai choisi de quitter la France pour m'installer à Montréal, c'était là ces derniers jours, donc c'est vraiment de l'actualité récente, mais quand je fais ce choix, je ne suis pas en train de fuir un pays que je n'aime pas, je pourrais me raconter cette histoire-là, mais ce n'est pas le cas. J'aime profondément la France, mais j'ai envie de créer autre chose. Donc je choisis un autre espace pour me déployer autrement, pour nourrir mon goût de la découverte, pour explorer une version de moi que je ne peux visiter qu'en changeant de pays. Et quand j'ai quitté le père de mes enfants, c'était exactement la même chose. Je ne condamnais pas ce qu'on avait construit ensemble pendant des années, mais on choisissait ensemble une direction différente pour la suite de notre vie. Il n'y avait pas besoin pour ça d'effacer tout ce qu'il y avait eu de beau et de partagé avant. Et c'est tellement plus léger en fait de faire ses choix à partir de cet espace-là. Alors je ne dis pas que tout est parfait pour moi et que je fais toujours mes choix à partir de cet espace-là. Je me vois régulièrement encore en train de justifier certains de mes choix. Mais clairement quand on sort de ça, ça change tout. D'abord ça nous libère du besoin constant de démonter, de... casser méthodiquement ce qu'on laisse derrière soi pour essayer de se donner raison parce que, mine de rien, ça prend une énergie de dingue de se raconter toutes ces histoires, de se justifier, de noircir le tableau, ça prend beaucoup d'énergie. Et puis ça nous permet aussi de faire la paix, de rester en paix avec son passé. On va arrêter de revisiter l'histoire pour se convaincre. qu'on a eu raison, qu'on a bien fait, que l'autre est une mauvaise personne et que c'était l'enfer sur terre. Parce qu'en fait, quand on noircit systématiquement tout ce qu'on quitte, en vrai ça a un prix. Souvent on ne le voit pas tout de suite, parce que c'est vrai que quand on essaie de se convaincre qu'on a raison, on essaie de se convaincre que l'autre est un con pour faire court, ça nous fait du bien sur le moment. Mais c'est un soulagement qui est seulement passager, parce qu'en réalité ça vient abîmer une part de nous. Ça vient abîmer la part de nous qui a aimé, la part de nous qui a reçu, la part de nous qui a grandi grâce à cette relation, grâce à ce métier, grâce à cet endroit en fait. Si on détruit systématiquement le passé pour avancer, c'est comme si on se coupait d'une partie de notre histoire et donc quelque part on se coupe aussi de ce qui nous a amené là où on est aujourd'hui. Donc on pourrait au contraire voir toute la valeur de tout ce qui nous a amené jusqu'à présent. Et puis il y a autre chose aussi, c'est que chaque fois qu'on transforme une histoire passée, une histoire d'amour, s'il s'agit d'un couple, en une histoire de guerre, chaque fois qu'on refait le procès de quelqu'un pour se donner le droit de partir, en fait on s'entraîne inconsciemment à ne plus faire confiance à nos propres choix. Parce qu'on va envoyer à notre cerveau le message suivant qui dit en fait tu t'es trompé, tu t'es trompé, tu as fait un mauvais choix, cette personne elle n'était pas si bien, tu n'aurais jamais dû t'engager là-dedans. Et ce message-là, inconsciemment, on va se le répéter. On va se le répéter. Si on le répète sur tout ce qu'on quitte, en fait, ça va être juste énorme le poids que ça va prendre et ça va finir par grignoter notre confiance dans notre capacité à prendre des décisions pour notre futur aussi. C'est là qu'on va commencer à douter tout le temps, c'est là qu'on va avoir peur de faire des nouveaux choix parce qu'on va avoir peur de se tromper à nouveau, etc. Alors que si vous reconnaissez la valeur, si à l'inverse vous honorez ce que vous avez vécu, Même si vous partez, en fait, ça va renforcer quelque chose qui est essentiel, quelque chose qui est vraiment important, c'est la certitude que nos choix, quels qu'ils soient, avaient du sens. Même ceux qu'on ne referait plus aujourd'hui, même ceux qui appartiennent au passé, en fait, les choix qu'on fait à un instant T ont toujours du sens. Donc s'il y avait un message à retenir aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas besoin de détester ce qu'on quitte pour s'autoriser à partir ou à changer. On peut avoir aimé profondément, on peut avoir aimé sincèrement et choisir quand même autre chose pour la suite. On peut dire merci et au revoir simultanément, ces deux réalités peuvent coexister. Et ça aussi c'est la marque d'une femme souveraine. Une femme souveraine n'a pas besoin de transformer son passé en ennemi, en cauchemar, etc. pour s'autoriser à avancer ou à créer son futur. Notre vie c'est un continuum, tout ce qu'on vit fait sens. Et c'est vraiment précieux de l'honorer et de le regarder sous cet angle-là. C'est une vraie invitation à essayer le moins possible de créer des ruptures dans notre histoire, des ruptures en fermant des portes, tout fait sens absolument. Donc voilà ce que je voulais vous partager aujourd'hui. Ça me touche particulièrement ce sujet parce que je le vois tellement autour de moi, je le vois chez les femmes que j'accompagne et puis je le vis moi aussi bien sûr régulièrement. Je sens monter en moi cette petite tentation de justifier, de charger la barque pour me donner raison plus facilement. Mais je suis vraiment hyper vigilante là-dessus parce que c'est pas un petit sujet. C'est quelque chose qui vient nous chahuter en permanence. On se raconte des histoires tout le temps et on se raconte les histoires qui nous arrangent. les histoires qui nous arrangent sur nous, sur les autres, sur notre passé. Donc pour moi, il y a vraiment un point d'attention et un point de vigilance là-dessus, pour justement être consciente de ce mécanisme, et repérer toutes les fois où on sent qu'on est en train de construire un dossier à charge, contre quelqu'un ou contre quelque chose, pour se donner le droit d'avancer. On n'a vraiment pas besoin de ça, on n'a vraiment pas besoin de ces pseudo-autorisations pour avancer. En fait, quand on fait ça, ça nous enferme bien plus que ça ouvre. Alors... J'ai vraiment envie aussi, quand vous écoutez cet épisode, de vous demander comment ça résonne pour vous. Est-ce que vous reconnaissez ce mécanisme aussi ? Est-ce qu'il y a pour vous aussi, dans votre histoire des fois, où vous avez justifié un départ en salissant un peu, en habillant un peu ce que vous laissiez derrière vous ? Que ce soit une relation, que ce soit un métier, que ce soit un coach aussi, une amitié, un lieu. Est-ce que vous avez eu besoin de ça pour pouvoir dire ? ok je change, ok je passe à autre chose ok je crée quelque chose de différent dans ma vie, dites le moi en commentaire ou écrivez moi en direct, je vais vous laisser là dessus mais si cet épisode vous a parlé vraiment pensez à vous abonner pour ne rien manquer de la suite la semaine prochaine je vous parlerai justement de ma nouvelle installation à Montréal, de ce qui m'a motivée pour faire ce nouveau choix plutôt challengeant et je vous parlerai aussi des challenges que ça représente moi je vous dis à très bientôt, d'ici là prenez soin de vous surtout