Valérie FayolleQuand on rentre chez soi le soir, c'est pas toujours un moment de détente. On voudrait que ce soit, mais en réalité, au moment où on pose ses clés, au moment où on retire son manteau, en fait, il y a déjà plein de pensées qui nous submergent. Et on est fatigué à l'avance de tout ce qu'il y a à faire. Et j'ai vécu ça moi aussi, j'ai vécu cette contradiction entre la maison qui serait à la fois un cocon douillet dans lequel on aime revenir, mais aussi un espace de tension, un espace de contradiction. Un espace de conflit parfois, conflit avec les autres, conflit avec soi-même. Et souvent en fait on ne comprend pas pourquoi. On ne comprend pas ce qui se passe. Pourquoi je ne me sens pas vraiment bien chez moi ? Pourquoi ce n'est pas comme je le voudrais ? En fait on ne comprend pas d'où vient cette tension perçue ou vécue chez soi. Elle ne vient pas du tout de ce que l'on croit. Et il est temps de lever le voile sur ce qui se passe vraiment dans notre maison. Je vais en parler aujourd'hui, alors restez avec moi. On se retrouve tout de suite après le jingle. Bienvenue chez toi, je suis tellement heureuse de t'accueillir ici, dans ce podcast. Je suis Valérie Fayolle, mentor en leadership féminin et experte Feng Shui. Et ici, je m'adresse à toutes les femmes audacieuses qui ont envie de s'affranchir des codes, qui ont envie de s'affranchir de la norme pour se créer une vie qui leur ressemble vraiment. J'espère que cet espace sera pour toi une source d'énergie et une source d'inspiration. Tu retrouveras un nouvel épisode chaque semaine. Et si tu aimes ce que je te partage, pense à t'abonner et n'hésite pas. à le diffuser autour de toi. Bonjour à toutes, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Je vais vous parler de votre maison et de tout ce qu'elle représente sans même que vous vous en rendiez compte. Dans votre maison, en fait, il se passe plein de choses que vous ne voyez pas la plupart du temps et qui pourtant vont vous impacter directement tous les jours. C'est pour ça que ça va être super important d'aller regarder ça de près, d'aller mettre un coup. coup de zoom, un coup de projecteur vraiment là-dessus aujourd'hui. En fait, la maison, elle est importante pour chacun de nous. Alors, je fais un petit aparté dès le début, quand je parle de maison, bien sûr, je parle aussi d'appartement ou autre. La maison, c'est un terme générique que j'utilise pour parler de notre habitat. Donc, la maison, quelle que soit sa forme, elle est super importante pour chacun de nous. Et inconsciemment, en fait, on va faire beaucoup de projections dessus. C'est vraiment un espace de projection, on y met nos rêves, on y met nos projets. On entend beaucoup parler de la maison idéale, de la maison du bonheur, c'est dans les publicités, c'est dans les médias, on entend beaucoup ça. Et si vous avez déjà fait par exemple un vision board, un tableau de visualisation, c'est très tendance en développement personnel, mais si vous avez déjà fait ça, je suis prête à parier que vous avez mis dedans l'image d'une maison, si ce n'est pas plusieurs. C'est vraiment très courant en fait, on se projette avec notre maison, on se projette à travers notre maison. Quand on imagine notre futur, notre lieu de vie, notre maison, elle est toujours quelque part dans l'équation. On dit « ah j'aimerais vivre à tel endroit, ah j'aimerais que ma maison ressemble à ça » . C'est vraiment un espace de projection pour la plupart d'entre nous. Et ça ne se joue pas en fait, l'importance de la maison, ça ne se joue pas uniquement dans la sphère personnelle. Si on regarde à l'échelle de la société, on entend tout le temps parler de la maison. On en parle dans les médias, il y a beaucoup de magazines, il y a beaucoup de sites web aussi qui sont consacrés à la maison. Si vous allez dans un kiosque de presse, vous allez voir le nombre de revues qui sont consacrées à de la déco, à de l'aménagement, au jardin aussi. En fait, c'est juste énorme. Donc c'est un sujet qui prend beaucoup de place dans notre écosystème. Et puis c'est aussi un vrai sujet de société, là c'est l'ancienne urbaniste qui vous parle, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais la maison, l'habitat en tout cas, est un sujet, un enjeu économique, un enjeu aussi d'aménagement du territoire qui est extrêmement important. Donc en fait, la maison, ce n'est pas qu'une histoire entre vous et elle, c'est un sujet qui fait débat à tous les niveaux. On en parle ou on en entend parler tout le temps. On se dit toujours quand on rencontre quelqu'un, c'est où est-ce que tu habites, à quoi ressemble ta maison. C'est omniprésent en fait. Et avoir une maison, c'est un véritable enjeu d'identité, d'appartenance sociale, de réussite aussi, de réalisation de soi, etc. Bref, la maison elle est partout et on voit à quel point c'est un sujet important pour chacun de nous. Mais, parce qu'il y a un mais, contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, Avoir une maison, c'est absolument pas le gage de notre bonheur. En tout cas, ça ne suffit pas à faire notre bonheur, j'ai envie de dire, bien au contraire. Parce que, alors qu'on a projeté plein de choses sur notre maison, et sur le fait qu'on allait y être heureux, et qu'avec telle maison, tout allait forcément bien se passer, et que dans tel environnement, j'allais vivre ma plus belle vie, en fait, la réalité, elle est souvent bien différente. Et c'est là que ça frictionne. Parce que c'est là que ça déchante. Moi je vois énormément de femmes qui sont sous pression dans leur maison. C'est pas du tout la maison du bonheur. Et souvent c'est une pression qui est diffuse. Par exemple quand on se réveille le samedi matin, au début du week-end, avec cette sensation d'avoir un milliard de choses à faire dans la maison, au lieu de se détendre. Ça va être aussi quand on rentre de vacances, c'est peut-être ce que vous êtes en train de vivre là en ce moment ces jours-ci, mais quand on rentre de vacances et qu'on est fatigué, on se sent fatigué avant même d'avoir repris le boulot. Parce que le quotidien est déjà là en fait. Ça peut être aussi quand on est dans sa maison et qu'on veut inviter des amis, ça devrait être un moment joyeux. Et on va aller se mettre une pression de dingue pour que la maison soit parfaite. Je vais en reparler tout à l'heure mais ça c'est un gros sujet aussi. Il y a aussi cet inconfort qui est là, ou cette pression qui est là, quand des femmes, parce que c'est beaucoup des femmes que j'entends parler à ce sujet, mais qui ouvrent un placard et puis qui le referment aussi vite parce qu'elles culpabilisent du bazar ou du bordel qu'il y a dedans. Bref, la liste est longue, mais en fait, dans notre maison, on est souvent sous pression. Donc oui, c'est l'image, l'objet de beaucoup de nos fantasmes et de nos projections. Mais dans la réalité, on est souvent sous pression et on est loin de l'image de la maison sereine et du cocon douillet. En fait, on vit un stress intense chez soi qu'on a souvent du mal à qualifier, à identifier, parce que c'est un stress qui est diffus, qui est dilué. Il est difficile à qualifier dans le quotidien, mais c'est un stress qui est continu. Et j'avais vraiment envie qu'on regarde ça de plus près aujourd'hui, tant qu'on n'a pas fait la lumière là-dessus sur les raisons de ce stress, sur les raisons de cette... tension et de cette pression qu'on a au sein de la maison, c'est difficile, ça va être difficile d'en sortir. Pourquoi il y a cette pression ? Pourquoi la maison c'est cet espace de stress alors qu'on voudrait tous que ce soit notre espace ressource ? Pourquoi en fait il y a cette espèce d'ambivalence souvent entre ce à quoi on aspire et ce qu'on vit dans la réalité par rapport à la maison ? Ce qu'il faut comprendre en fait c'est que la maison c'est pas que un espace de projection personnelle ou un espace de bien-être à simplement aménager. C'est d'abord un espace où il y a énormément de conditionnements qui viennent s'exprimer, énormément d'habitudes et énormément de mécanismes inconscients qui viennent se jouer. Et je voudrais vraiment illustrer ça particulièrement sous l'angle des femmes. Les femmes, elles continuent d'avoir beaucoup de pression dans la maison, même aujourd'hui c'est quelque chose qui est toujours là. Et paradoxalement, elles continuent d'elles-mêmes aussi. à surinvestir cet espace-là, à surinvestir l'espace du foyer. J'ai un accompagnement qui est dédié à la maison. En fait, beaucoup de mes clientes sont des femmes. Ce n'est pas pour rien, en fait. C'est comme si la maison, c'était leur domaine. Et quand il y a une famille ou un conjoint, les femmes s'imposent souvent comme incontournables dans le fonctionnement du foyer, comme si elles étaient les dépositaires du bien-être de tous. Et les femmes d'ailleurs, elles... peuvent avoir un comportement parfois qui peut être un peu dictatorial par rapport à la maison. Elles prennent en charge beaucoup de choses spontanément, elles vont imposer leur vision, elles vont décider de ce qui est bien ou pas pour l'aménagement, pour l'organisation de l'espace, pour la déco, etc. Et souvent c'est imposé à l'autre, au conjoint qui va valider implicitement. Et quand je parle d'attitude dictatoriale, je dis ça avec vraiment beaucoup de tendresse. Je sais que ça peut heurter quand on a beaucoup de charges à la maison, parce qu'on a l'impression de subir et qu'on refuse de voir notre rôle là-dedans, mais pourtant c'est bien là. J'en rigole souvent avec mes clientes quand elles prennent conscience de ça. J'ai moi-même joué à ça pendant longtemps, c'était moi qui savais, moi qui faisais référence pour tout le fonctionnement de la maison quand j'étais mère de famille nombreuse. Même tout l'administratif du foyer passait par moi. Quand je vivais avec mes enfants quand ils étaient petits et leur papa, en fait, j'étais débordée, ça me faisait hurler, la charge de travail, la charge mentale aussi était énorme, mais au sein de la maison, c'était moi, de fait, qui prenais une certaine forme de l'ide. J'imposais aussi ma façon de faire, mon regard, etc. Donc oui, il y avait un peu de cette attitude dictatoriale de ma part. Mais d'où ça vient, ça ? D'où ça vient, ce n'est pas sorti de nulle part. Et si on est si nombreuses à reproduire ce schéma-là aussi, c'est bien que ça vienne de quelque part. En fait, ce déséquilibre et ce rapport de force qu'il y a souvent au sein du foyer, ce rapport plein de contradictions aussi sur qui fait quoi, etc., ce n'est pas quelque chose qui date d'aujourd'hui. Il y a beaucoup, beaucoup de poids lié au transgénérationnel derrière. Ce qu'il faut réaliser, c'est que pendant très longtemps, L'espace domestique était le seul endroit où les femmes pouvaient s'exprimer un peu. C'était le seul endroit où on leur laissait un semblant de pouvoir et un semblant d'autorité. Dans notre société patriarcale, en fait, les femmes n'avaient aucun pouvoir, aucune reconnaissance à l'extérieur du foyer dans la société. Pas de droit de vote, pas le droit de travailler sans l'accord de leur mari, pas de compte bancaire, etc. Et donc, on leur laissait comme attribut le bon fonctionnement du foyer. Les femmes se sont emparées de l'espace du foyer comme l'espace à partir duquel elles pouvaient exister, l'espace à partir duquel elles pouvaient obtenir une forme de reconnaissance, être valorisées, etc. Et il n'y a pas si longtemps, on enseignait aux jeunes femmes comment être une bonne ménagère. On ne leur apprenait pas un métier, on leur apprenait à tenir un foyer, avec des cours de couture, avec des cours de cuisine, avec des cours de maintien. Et ça, c'était vraiment le lot de la plupart des jeunes filles. Ce n'est pas étonnant en fait que la femme ait surinvesti l'espace domestique. C'était tout ce qu'on lui laissait. Et ce n'est pas de l'histoire ancienne ce dont je vous parle. C'est très récent, c'est ce que vivaient nos mères et nos grands-mères. Donc c'est encore très palpable aujourd'hui. C'est encore très présent dans nos modes de fonctionnement. Comment vous dire que ça a marqué et que ça marque tous les jours la relation avec notre maison ? Et aussi la façon dont les couples continuent de se répartir les tâches au sein du foyer. Parce qu'on ne va pas se raconter d'histoire. Oui, bien sûr, la charge de travail des femmes au sein de la maison est encore très lourde. Même si les mentalités ont évolué, en fait, il y a des schémas qui persistent. Et la répartition des tâches, elle est souvent très déséquilibrée entre les hommes et les femmes. Quand on voit d'où ça vient, on comprend mieux pourquoi ça se passe. Ce n'est pas parce que l'autre est une mauvaise personne, c'est parce qu'on est tous, les uns et les autres, en train de reproduire des schémas du transgénérationnel, des schémas anciens, mais qui sont bien ancrés dans nos modes de fonctionnement et dans notre inconscient. Et c'est une conversation que j'ai régulièrement avec mon conjoint. Et je vois bien qu'on ne pense pas du tout à partir du même endroit. On ne pense pas à partir du même espace. On ne voit pas la réalité à partir des mêmes conditionnements. Et je me souviens de cette fois où je préparais un repas, et il est entré dans la cuisine avec cette question toute simple, il m'a dit « est-ce que je peux t'aider ? » Ça a l'air tellement banal, mais moi ça m'a fait bondir, ça m'a fait surréagir. Parce que derrière cette question qui semble plutôt bienveillante et bien intentionnée, encore une fois, il y a toute cette marque de l'histoire des femmes. Cette question « est-ce que je peux t'aider ? » en fait, pour moi, elle est terrible. Parce que, sous couvert de bonnes intentions, elle sous-tend que l'homme viendrait en renfort dans un domaine qui ne serait pas le sien. Comme si la maison était un domaine où la femme saurait des choses naturellement et où l'homme se laisserait guider. Alors qu'en fait, ce ne sont que des schémas qui nous ont été transmis et qu'on reproduit de génération en génération. C'est très compliqué de s'en défaire. Et implicitement, en fait, ça continue de faire de la maison... Un espace surtout féminin. Implicitement, ça justifie aussi que les femmes aient toujours cette charge au sein du foyer. Comme si c'était dans l'ordre des choses. Elles gèrent, elles décident, elles organisent, et le conjoint viendrait apporter de l'aide. En fait, ça met les femmes en position de demander, et les hommes en position d'attente. Alors forcément, ça crée des conflits au sein du foyer. Et c'est valable aussi quand on est célibataire. Moi je vois des femmes qui s'empêchent de rencontrer l'amour parce qu'elles ne veulent pas ou ne veulent pas. plus partager l'espace avec un homme. Et c'est tellement dommage, en fait, d'en arriver là. Et je pense que si on en est là, c'est parce qu'on n'a pas les bonnes clés de lecture sur la situation. L'autre n'est pas une mauvaise personne. La maison est juste un espace qui concentre beaucoup de nos mécanismes inconscients et de nos conditionnements. Donc quand on va les décortiquer, on peut commencer à faire bouger les lignes. Mais je vous le disais tout à l'heure, en fait, c'est vraiment une valse à deux. Parce que les femmes continuent aussi de se comporter en maîtresses de maison. C'est subtil, mais c'est vraiment là et je le vois tous les jours. Quand on dit à notre conjoint « Ah mais non, mais tu ne vas pas accrocher ça parce que c'est moche, ne range pas ça comme ça » ou « Laisse, je vais le faire, ça ira plus vite » , en fait, toutes ces petites phrases qu'on sort aussi automatiquement, je suis prête à parier que vous vous êtes reconnus aussi, mais quand on fait ça, on est en train de reproduire ces mêmes schémas. On se plaint de porter seule la maison et en même temps, on a du mal à partager pleinement ce territoire. Donc il y a certains conditionnements qui ont vraiment la vigueur. Donc pas étonnant que le foyer partagé soit un espace de tension, un espace de conflit. Il y a des schémas qui nous dépassent, qui se rejouent inlassablement malgré nous. Et quand je dis ça, je ne suis pas en train de faire le procès des hommes. Je vous invite vraiment à ne pas faire de raccourci sur raccourci en reportant la faute sur l'autre. C'est important de comprendre que des deux côtés, en fait, on est pris dans des conditionnements et qu'on est pris dans l'héritage du transgénérationnel. Et puis, ça fait plusieurs minutes que je vous parle du couple, mais au fond, ce n'est pas le vrai sujet. Le couple, il est là pour venir illustrer, en fait, combien on est impacté par l'histoire, combien on est impacté par des phénomènes de société. Et pourtant ça se joue au niveau individuel, et puis surtout ça se joue au niveau inconscient dans notre maison. Et notre malaise ou notre mal-être chez nous, ce n'est pas une question de déco ou de mètre carré, on voudrait nous le faire croire en fait. Et surtout ce n'est pas qu'une question individuelle. Il y a une première vraie tension autour de la question de cet héritage sur la place des femmes dans un foyer. Et on le paie encore aujourd'hui, alors qu'on pourrait penser que c'est loin derrière et que c'est de l'histoire ancienne, mais en fait pas du tout. Et puis il y a autre chose aussi qui nous a été transmise sur les générations à travers la maison, c'est un réflexe d'évaluation. Et ça aussi, ça concerne particulièrement les femmes. Parce que pendant longtemps, en fait, c'est dans la maison qu'elles étaient évaluées sur leurs compétences et sur leurs capacités. On parlait de nous, on parlait des femmes comme des bonnes ménagères, on parlait des bonnes mères de famille, etc. Les termes utilisés en disent long. Mais en fait, inconsciemment, on continue aussi de reproduire ce schéma-là. C'est-à-dire que les femmes se jugent beaucoup. en fonction de l'état de leur maison, de l'état de leur intérieur. Et ça, c'est même quand elles vivent seules. Ce que je vois souvent, par exemple, ce sont des femmes qui vont s'empêcher d'inviter des amis chez elles sous prétexte que ce n'est pas assez bien ou que ce n'est pas assez rangé. Ou alors, on va faire une journée de ménage et de rangement à fond à chaque fois que quelqu'un doit venir. On va se raconter que c'est pour prendre soin de nos invités, mais en fait, pas du tout. C'est parce qu'on a peur du regard des autres, on a peur de leur jugement. Et on veut être irréprochable. à travers notre maison. C'est ça qui se joue en vrai. Je vois des femmes de tous les âges qui font ça. Et c'est très très fréquent chez les femmes que j'accompagne. C'est typiquement féminin. En fait, la maison devient un système d'évaluation permanent pour venir dire je suis une bonne ou une mauvaise personne. Je suis capable ou je suis incapable. En fonction de l'état de notre intérieur. Et moi, je vois beaucoup de culpabilité aussi chez les femmes qui sont débordées par le quotidien. Et ça, c'est absolument terrible. Et tout ça aussi, ça va impliquer de la comparaison. Parce que pour pouvoir s'évaluer soi-même, on va avoir besoin de se comparer. Sinon, ce ne serait pas drôle. Donc, bien sûr, c'est inconscient. Mais on va en permanence comparer notre maison à celle des autres. À celle de nos amis, à celle de notre famille, à celle de notre maman peut-être, à celle de nos collègues. Mais aussi avec la maison, on va comparer aussi avec la maison des magazines, les maisons de Pinterest, etc. Avec cette pensée sous-jacente, c'est est-ce que ma maison est assez bien ? Est-ce que la mienne est mieux que la leur en fait ? Et regardez toutes les fois où vous faites ça vous aussi. Par exemple, quand vous rendez visite à une amie qui vient d'emménager. Ou l'inverse, vous invitez chez vous après avoir une nouvelle maison. En fait, soit vous allez donner votre avis, ou alors vous allez attendre l'avis des autres. C'est implicite, en fait. C'est comme si on attendait une validation des autres. Comme si on se sentait aussi dans l'obligation de donner notre validation quand on est chez quelqu'un. Il y a ce « Ah, c'est beau chez toi ! » Et là, tout d'un coup, on se sent rassuré. On se sent reconnu, on se sent validé. C'est cette même comparaison aussi que je vois souvent après une séparation. Quand certaines femmes que j'accompagne se retrouvent dans un nouveau logement qui est plus petit, quand elles sont passées d'une maison familiale, avec un certain standing, à un appartement en location par exemple, plus petit, il y a beaucoup de femmes pour qui c'est absolument terrible en fait. Au-delà de l'émotion liée à la situation personnelle, il y a un vrai sentiment de déclassement. Les femmes vont comparer leur nouvelle maison à l'ancienne, immanquablement. Et elles peuvent se sentir dévalorisées si elles ont l'impression d'avoir perdu au change. Elles vont se sentir déclassées socialement. Et en fait, on compare en continu notre maison à celle qu'on a eue dans le passé, ou à celle des autres. Et en même temps qu'on fait cette comparaison, on s'évalue et on se juge en permanence à travers ça. Donc avec tout ça, pas étonnant qu'on se sente mal dans sa maison. Entre les conflits de genre, les conflits de territoire, Les comparaisons et les évaluations, en fait, notre maison peut devenir un véritable enfer si on ne sait pas décoder ce qui s'y passe vraiment. Donc vous le voyez, l'enjeu sur la maison est énorme. Ce n'est pas un petit sujet et c'est un sujet qui dépasse la seule question individuelle et la seule question du bien-être ou du confort. La maison représente beaucoup de choses, elle représente beaucoup de symboles, beaucoup de projections, beaucoup d'attentes qui sont rassemblées dans l'espace du foyer. Et il y a plein d'autres enjeux aussi autour de la maison que je ne vais pas développer, parce que sinon je pourrais en parler pendant des heures, mais juste pour vous en partager quelques-unes. La maison, c'est aussi un enjeu économique. En fait, c'est souvent le premier poste de dépense du foyer, donc il peut y avoir beaucoup de frictions, beaucoup de peurs activées à cet endroit, beaucoup d'insécurités liées aux questions d'argent autour de la maison. La maison, c'est aussi du patrimoine. Il y a beaucoup d'histoires de transmission, de transmission familiale. Il peut y avoir beaucoup de tensions, beaucoup de loyauté aussi autour des maisons de famille. Et puis la maison c'est un symbole de réussite ou de statut social, donc la maison elle va jouer dans l'image qu'on veut renvoyer aux autres. Donc évidemment que notre rapport à la maison il est chargé, il n'est pas simple. Il y a des symboles partout, il y a des enjeux qui nous dépassent. Et se sentir bien chez soi, ça ne peut pas se jouer seulement sur la couleur du papier peint en fait. Mais tant qu'on ne le voit pas, tant qu'on ne le sait pas, on peut continuer de se sentir mal chez soi et surtout de ne pas comprendre pourquoi. On croit qu'on a une relation personnelle avec notre maison, alors qu'en réalité, notre regard sur elle est traversé par des normes sociales, par des normes économiques, par des normes familiales et genrées, dont on n'a même pas conscience. Donc avant de transformer notre maison en votre maison, on a d'abord besoin de comprendre tout ce qui s'y joue. Ça va être vraiment essentiel si on veut pouvoir s'y sentir bien. Donc voilà ce que je voulais vous partager aujourd'hui. Ce n'est pas un petit sujet du tout. J'espère que ça aura de la valeur pour vous. Et j'aimerais d'ailleurs que vous me disiez quel est le point qui vous a fait le plus réagir. Est-ce qu'il y a des endroits où vous vous êtes reconnus ? Est-ce qu'il y a des endroits où vous avez eu des prises de conscience ? Est-ce que vous avez senti, identifié des points de friction qu'il y avait dans votre maison et que vous n'aviez pas vu jusqu'à maintenant ? La semaine prochaine, je viendrai encore approfondir ce sujet sur la maison parce qu'un seul épisode ne suffit pas. Je viendrai vous parler de la dimension émotionnelle de votre maison et de ce que vous ne voyez pas encore chez vous. Et il y a probablement des choses que vous allez découvrir là aussi. Donc pensez surtout à vous abonner pour ne pas manquer la suite. On se retrouve la semaine prochaine. Moi je vous dis à très bientôt. Et d'ici là, prenez soin de vous surtout.