Speaker #0Vous avez lancé votre activité ou bien vous êtes sur le point de le faire. Et il y a cette question qui vous revient un petit peu sans cesse et bien souvent la nuit, parce que c'est souvent la nuit qu'on remine un peu plus les questions, c'est est-ce que je vais réussir à en vivre ? Est-ce que finalement mon business va tenir financièrement ? Pour y répondre, vous vous dites qu'il va falloir faire des calculs. hyper compliqués, un prévisionnel d'activités, un business plan, de la compta, machin, des calculs savants et tout, et qu'il vous faut un bac plus 8 pour pouvoir réussir à les faire. Et donc, forcément, vous allez un petit peu procrastiner cette tâche-là, que vous procrastinez peut-être depuis des semaines, peut-être depuis des mois, alors qu'en réalité, c'est un calcul qui est hyper simple, et on va en parler aujourd'hui dans cet épisode, c'est une addition et deux divisions. C'est tout ! Il n'y a pas besoin de plus. Donc là, évidemment, je vous entendais déjà me dire, oui, mais Lucille, les chiffres, ce n'est pas mon truc, etc. Eh bien, c'est archi faux parce que vous savez très bien compter quand il s'agit de savoir ce qui vous reste sur le compte à la fin du mois. La peur des chiffres, en réalité, c'est juste un peu un réflexe qu'on vous a installé. Donc vraiment, il va falloir un petit peu déconstruire tout ça. Alors, la première étape, déjà pour... savoir si votre business, il est rentable et si vous allez pouvoir en vivre, ça va être déjà de commencer par vous et pas par votre business. On a toujours le mauvais réflexe de commencer par les charges pro, etc., alors qu'en réalité, il faut d'abord commencer par soi. Donc là, vous allez additionner toutes vos charges perso au votre loyer, votre remboursement pour votre prêt immobilier. les courses, l'essence, la vie d'une façon générale, bref absolument tout ce dont vous dépensez tous les mois pour vivre, pour payer vos factures. Et derrière, ça va vous donner un chiffre qui va être le minimum que vous allez devoir avoir pour vivre. Donc évidemment, quand on va calculer en fait ce minimum par mois pour vivre, on va aussi inclure... les dépenses un peu plaisir, les extras, les vacances, etc. Et vous saurez, j'aime bien faire deux calculs, comme ça vous savez en fait ce qu'il vous faut vraiment, le minimum du minimum pour payer vos factures, vos courses, pour manger et tout. Et après faire le deuxième calcul avec, en incluant les extras, éventuellement une épargne, etc. Et comme ça vous avez en fait un espèce de levier et vous savez que vraiment le minimum du minimum c'est temps et temps. et qu'en fait, on essaye de viser le plus possible, qui va inclure les extras, les vacances, etc. Ce chiffre-là, ça va être vraiment votre plancher, et c'est ce qui va un petit peu déterminer aussi vos objectifs business. On va en parler après. Le mauvais réflexe dans ce calcul-là de cette première étape, c'est de dire « je veux gagner correctement ma vie » . Ça, je suis désolée, mais c'est beaucoup trop flou. Il faut que vous ayez un chiffre en face parce que gagner correctement sa vie, je peux vous dire que ça ne signifie pas la même chose pour tout le monde. Moi, mon chiffre de je gagne correctement ma vie, ce n'est peut-être pas forcément le même que le vôtre. Donc, il faut que vous l'ayez calculé. Deuxième étape, là, on va passer à la partie business. Ça va être d'ajouter à cette rémunération minimale que vous allez vous sortir vos charges professionnelles. Vos abonnements, vos cotisations, votre sous-traitance, bref, tout ce que votre business, votre activité vous coûte chaque mois, que ce soit des charges fixes, c'est-à-dire des abonnements à des outils, le loyer de votre local, de votre magasin, j'en sais rien, et vos charges variables. Donc, c'est celles qui vont varier en fait en fonction du chiffre d'affaires que vous réalisez si vous êtes partenaire. par exemple artisan et que vous fabriquez vos produits, forcément vous avez de la matière première à payer qui, elle, va dépendre du nombre de produits que vous produisez. Et ça, c'est des charges variables. Les charges fixes, c'est vraiment celles qui ne bougent pas d'un mois à l'autre. Ça, vous allez les additionner et ça doit remonter directement dans le chiffre d'affaires que vous allez devoir générer. Vous additionnez ça à votre rémunération. Là, dans cette étape-là, on va garder vraiment le strict minimum et on va dégraisser les charges dont on n'a vraiment pas besoin. Si vous avez déjà votre business, je peux vous garantir, parce que moi je le fais tous les trois mois à peu près, je peux vous garantir qu'il faut vous facier le ménage, que ce soit dans vos charges pro, mais aussi dans vos charges perso. N'oubliez pas, le perso, on a aussi une quantité de charges dont on ne s'imagine pas, qui ne nous servent strictement à rien. Moi, je suis la pro pour prendre des abonnements à des outils que j'utilise pendant 15 jours et je les paye après pendant 3 mois alors que je les ai en réalité utilisés pendant 15 jours. C'est-à-dire qu'en vrai, ça ne m'a servi à rien du tout. Donc, c'est l'occasion de faire le ménage. Troisième étape, là, ça va être de calculer votre chiffre d'affaires minimal à réaliser. Donc, vous prenez votre rémunération que vous avez calculée en première étape, vous ajoutez les charges pro que vous avez calculées. En seconde étape, vous allez devoir calculer votre chiffre d'affaires minimal. Et là, vous allez me dire, en fait, je suis en micro-entreprise, donc mes cotisations URSAF dépendent du chiffre d'affaires. Donc comment est-ce que je fais ? En fait, c'est assez simple. Vous prenez votre objectif de chiffre d'affaires minimal, c'est-à-dire la rémunération que vous allez vous verser tous les mois pour vivre. plus vos charges pro, et vous multipliez ça par 1,6 si vous êtes en micro-entreprise, ou par 1,4 si vous êtes en société. Et là, ça vous donne le chiffre d'affaires minimal à réaliser. Alors évidemment, ça c'est des calculs un peu grosso modo, mais en tout cas, on tombe à chaque fois assez juste. Quatrième étape, là on va rentrer dans les objectifs business et dans ce qui est réalisable. Vous prenez du coup votre chiffre d'affaires que vous venez de calculer. Et vous allez le diviser par votre prix. Le résultat, c'est le nombre de clients qu'il vous faut par mois ou le nombre de ventes qu'il faut que vous fassiez par mois. Donc, c'est là qu'on se rend compte, bien souvent, que quand on vend, par exemple, un produit digital à 50 euros et qu'on a besoin de faire 5000 euros de chiffre d'affaires, et bien vendre 100 produits digitaux À 50 euros pour que ça fasse 5000 euros alors qu'on est sur du B2C par exemple et qu'on a une communauté de 200 personnes sur Instagram, c'est pas possible en fait. C'est là aussi qu'on se rend compte que si on ne travaille que 20 heures par semaine et qu'on doit faire 10 000 euros de chiffre d'affaires avec des séances de coaching à 70 euros la séance, et bien c'est pas possible non plus. En fait, là, dans cette quatrième étape, on va s'assurer tout simplement que le chiffre d'affaires que vous devez générer au minimum, il est réalisable par rapport aux moyens que vous avez pour le réaliser. Quand je parle de moyens, ça peut être des moyens en termes de temps que vous avez à consacrer à votre activité professionnelle. Ça peut être aussi en termes d'audience que vous avez sur les réseaux sociaux, en termes de potentiel business que vous avez au niveau de votre cible. Et si vous vous dites, bon bah ok, du coup ça ne marche pas avec mes prix actuels, je vais devoir augmenter mes prix pour être sûre de faire plus de chiffre d'affaires, attendez, pas si vite, parce qu'on n'augmente pas ses prix comme ça, il y a un moment donné, si vous devez augmenter vos prix, assurez-vous que votre cible, elle va acheter à ce prix-là et que vous ne soyez pas non plus complètement hors-cours. courses par rapport à vos concurrents. Cinquième étape, là on rentre dans le piège de la trésorerie parce que si on est rentable, si le chiffre d'affaires que vous avez calculé pour payer toutes vos charges, il est réalisable par rapport aux moyens que vous avez, ça ne veut pas dire que vous aurez de la trésorerie. Être rentable et avoir de la trésorerie, ce n'est pas du tout la même chose. Si vous n'avez pas écouté l'épisode, j'avais fait un épisode où j'avais construit un business plan en direct avec Winter Joseph, qui avait un projet de création d'entreprise dans tout ce qui était apport d'affaires. Et en fait, on s'est rendu compte qu'il était rentable sur le papier. Mais par contre, en fait, il allait se faire asphyxier financièrement par son modèle d'offre, parce qu'en fait, il devait avoir entre un an et un an et demi de besoin en fonds de roulement, du coup, en trésorerie, pour pouvoir commencer à encaisser ses premiers clients. Donc, c'est là où je vous dis... que vous pouvez être rentable sur le papier, mais vous vous retrouvez en fait à sec trois ou six mois plus tard parce que vos clients, ils vous payent, je ne sais pas, à 60, 90 jours ou que vous facturez à l'avancement et que c'est des prestations qui prennent un temps fou à avancer, etc. Donc, vous pouvez être rentable, mais quand même crever. Et le cimetière de l'entrepreneuriat est rempli justement d'entreprises qui ont des carnets de commandes qui sont... plein, mais qui, faute d'avoir de la trésorerie, se retrouvent à devoir déposer le bilan. Donc, c'est là où vous allez vous en rendre compte et vous vous dites « Ok, peut-être que je n'ai pas le bon modèle d'offre finalement, ou peut-être qu'il va falloir que je revoie mes conditions de paiement et des choses comme ça. » On est à la fin de cet épisode. S'il vous a aidé, n'hésitez pas à le liker, à le partager, à le commenter et à mettre une note 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée et notamment Spotify et Apple Podcast. Et quant à moi, je vous dis à très vite.