- Speaker #0
Pourquoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par ces récits de vie et par cette quête de sens qui anime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien au-delà des cercles habituels qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap, de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais croisées autrement. Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti ! Comment on se construit quand on a grandi avec des mots qui blessent, des regards qui jugent, des étiquettes qui enferment ? Est-ce qu'on peut se relever quand on a été rabaissé ? Est-ce qu'on peut choisir une autre route que celle qu'on a voulu tracer pour nous ? Dans ce nouvel épisode, on part à la rencontre de Fabrice, alias Fabio pour les intimes. Derrière sa carrure de rugbyman se cache un homme au grand cœur, un homme bienveillant, authentique et humain, qui a su transformer les coups durs en leçons de vie. Jeune, on lui disait qu'il ne ferait rien de sa vie, il a pourtant tracé sa propre route, une route semée d'obstacles, mais aussi de rencontres fondatrices. Ses épreuves, ses douleurs, ses détours, il les porte en lui, et c'est ce qui le rend ainsi inspirant. Aujourd'hui, il dirige une entreprise avec plus de 800 salariés. Et surtout, il incarne un leadership profondément humain. En préparant notre échange, il m'a envoyé cette phrase de Jean Dormeson qui résonne fort en lui. « Merci pour les roses, merci pour les épines. La vie n'est pas une fête perpétuelle. C'est une vallée de larmes, mais c'est aussi une vallée de roses. » Alors, aujourd'hui, on va explorer cette vallée ensemble. On va parler de résilience, de blessures qui construisent, de rencontres qui bousculent. et de choix qui transforment. Alors bonjour Fabrice, bienvenue dans cet épisode.
- Speaker #1
Bonjour Laura.
- Speaker #0
Avant tout, j'aimerais te dire un grand merci d'avoir accepté mon invitation. Je sais que ce n'est pas évident pour toi de parler de toi, de ton parcours, de ton histoire. Et justement, c'est un vrai cadeau que tu nous fais aujourd'hui. Alors on ne se connaît pas depuis très longtemps, c'est vrai, mais tu fais partie de ces rencontres qui ne s'expliquent pas. Un peu comme celle aussi avec Yannick, l'invité de mon deuxième épisode, que tu connais très bien d'ailleurs. On a fêté le nouvel an ensemble, entourés d'amis. Et je me souviens très précisément du moment où je t'ai demandé « raconte-moi ton histoire » . Tu étais un peu gênée. Tu l'as partagée rapidement, sans trop t'attarder. Et pourtant, ce que tu m'as livré ce soir-là, c'était puissant. Alors pour moi, c'était une évidence. Tu devais être dans ce podcast. Parce que ton parcours est inspirant. Parce qu'il parle à ceux qui doutent. à ceux qu'on a enfermés trop tôt dans des cases et parce qu'ils méritent d'être entendus, surtout par les jeunes générations qui cherchent des modèles de courage d'humanité. Alors voilà, aujourd'hui, on prend le temps, le temps ensemble d'aller un peu plus loin que ce que tu montres. Comment te sens-tu là, ici et maintenant ?
- Speaker #1
Écoute, ça va. Je me sens bien. Même si ce n'est pas un exercice facile pour moi, je trouve très intéressant ces moments de partage.
- Speaker #0
Merci. Tu es prêt ?
- Speaker #1
Je suis prêt.
- Speaker #0
Alors c'est parti.
- Speaker #1
On y va.
- Speaker #0
On y va. Avant qu'on rentre dans ton histoire, j'aimerais que tu nous dises, qui es-tu ? Qui est Fabrice ?
- Speaker #1
Fabrice, c'est un homme épanoui, heureux dans sa vie, qui s'est construit seul, mais pas que, avec des gens, avec des rencontres, beaucoup de rencontres, positives, négatives, qui m'ont permis de grandir, de savoir où je voulais aller, sans reculer, sans abandonner, et de pouvoir me projeter, sans trop regarder le passé.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, concrètement, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que je fais dans la vie ? Je suis l'heureux papa de deux garçons qui ont 15 ans et 19 ans. Je suis marié à une adorable femme que tu connais aussi. Sur le côté professionnel, je suis cofondateur d'une entreprise adaptée basée dans les Landes. Donc ça veut dire que nous avons une obligation d'embauche de minimum 55% de personnes en situation de handicap. Nous avons plusieurs métiers, une corrélation entre tous. On a à peu près 13 sites différents. dans l'Aquitaine. Au niveau personnel, je vis une vie comme je l'ai souhaitée, entourée de la famille, des amis, des animaux. C'est ça qui me fait avancer tous les jours, c'est mon moteur. Ok,
- Speaker #0
donc on verra au cours de cet épisode que le chemin a été fastidieux parfois pour arriver à ce que tu es aujourd'hui. Mais avant ça, j'aimerais te poser cette question que je pose souvent à mes invités parce qu'elle m'intéresse. Qu'est-ce qui t'a donné envie de dire oui à cette conversation ?
- Speaker #1
La rémunération, surtout. Je t'ai posé le rip sur la table de la cuisine, merci beaucoup. Sinon, un peu plus sérieusement, qu'est-ce qui m'a fait accepter ? Ça a été ton approche. Tu as su me rassurer, j'aime pas forcément à être mis en avant. Et il y a aussi l'envie d'enregistrer quelque chose pour plus tard. Pas pour moi, pour les enfants, pour leur enfant, pour la descendance, qu'il y ait une trace. C'est très important, je me suis intéressé un peu trop tard à mon goût, à l'histoire de ma famille. J'ai écouté les histoires de mon père, de son enfance, qui m'ont un peu bouleversé, mais bouleversé comme un homme. Donc en fait, ça m'a surtout fait réfléchir. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que Merci. J'ai envie juste de laisser cette trace. Mes enfants, aujourd'hui, connaissent mon parcours. On en rit beaucoup. Ils n'ont pas vu la souffrance, ils n'ont pas vu tout ça. Je les encourage à discuter encore beaucoup avec mes parents, puisque j'ai la chance de les avoir encore. Je n'ai plus mes grands-parents. Ils les ont connus, ils en ont profité. Je leur raconte beaucoup d'histoires de famille. Nous avons une histoire de famille du côté de mon père qui est très atypique. Et mon père a eu une enfance également très atypique. Et c'est cette envie que j'ai, en fait, de laisser cette trace. Alors, ce n'est pas Fabrice qui la laisse, c'est Fabrice qui va la laisser, mais pour ses enfants et ses enfants et ses enfants et leurs enfants.
- Speaker #0
C'est beau, mais merci d'avoir cette intention-là. J'aimerais revenir sur cette vidéo de Jean Dormeson que tu m'as envoyée quand on a échangé sur la préparation de cet épisode. J'en ai parlé un peu tout à l'heure. Donc, Jean Dormeson dit cette phrase. Merci pour les roses, merci pour les épines. La vie n'est pas une fête perpétuelle, c'est une vallée de larmes, mais c'est aussi une vallée de roses. Et si vous parlez des larmes, il ne faut pas oublier les roses. Et si vous parlez des roses, il ne faut pas oublier les larmes. Pourquoi ces mots sont importants pour toi ?
- Speaker #1
Ces mots sont importants parce que, tout d'abord, dans ce poème, je ne sais pas si on peut appeler ça un poème, je trouve intéressant parce que ça résume beaucoup de choses dans la vie d'un homme ou d'une femme. On a des passages qui sont plus... plutôt satisfaisant. On a des passages qui sont beaucoup plus durs. Mais c'est la vie, en fait, de chaque personne. On n'a pas tous une vie remplie de roses. Il y a des épines qui viennent aussi greffer assez régulièrement. Je pense très peu au passé. Je suis plutôt du genre ni remords ni regrets. On avance et on se projette essentiellement sur l'avenir. J'ai beaucoup aimé dans un de tes podcasts précédents que j'écoutais dernièrement qu'on était de passage. Et donc, pour moi, c'est important, la vie, de la prendre avec sérieux, mais aussi avec une grande légèreté. Voilà, on est juste de passage.
- Speaker #0
Donc, ce que j'entends là, c'est qu'effectivement, il faut accepter que dans la vie, on peut avoir des épines, mais aussi des roses, et que ça fait partie de la vie, ça fait partie aussi de là où tu en es aujourd'hui.
- Speaker #1
En fait, oui, il faut avoir des épines. Personnellement, ça m'a construit, ça m'a élevé. Il y a des périodes où, oui, ça a été difficile, mais je savais que de toute façon, en travaillant, en n'abandonnant pas, j'allais y arriver.
- Speaker #0
Donc si tu es d'accord avec ça, on va se replonger dans ton histoire, dans tes épines et dans tes roses. Voilà, je te laisse le choix de commencer parce que tu as envie de nous partager.
- Speaker #1
D'accord. Ma vie, mon parcours de vie commence à mes 12 ans, je dirais, mon entrée au collège. Ça n'a pas été un choc, au contraire, pour moi ça a été un énorme terrain de jeu. Alors je n'étais évidemment pas du tout adapté au cursus scolaire, je redouble à 5e. Mon professeur principal dit, devant toute la classe, ce qu'on va faire avec lui, c'est qu'on va l'envoyer jusqu'en troisième, sans le faire redoubler, comme ça on s'en débarrasse. J'étais pas méchant, j'étais respectueux, c'est juste que j'avais pas envie, en fait j'étais pas du tout à ma place. La seule chose qu'on me proposait, c'était de venir peindre un bâtiment, puisque mon père l'était. Chose que j'ai faite. Je l'ai fait, puisque de toute façon, au mois d'août, après la troisième, je n'avais aucune école qui m'acceptait. Après un cérapelle peinture à morcings, Donc que j'ai fait, je suis parti apprenti dans l'entreprise de mon père, qu'il gérait avec son frère, ils étaient tous les deux, on était tous les trois du coup. Cette période-là, je l'ai extrêmement bien vécue, ça m'a permis de connaître mon père qui travaillait énormément en fait pour nous offrir tout ce qu'on souhaitait, je l'ai compris plus tard. Peut-être qu'on y reviendra sur mon père, c'est une histoire très intéressante. J'arrive à mes 18 ans, je ne savais pas quoi faire, je prolonge par un brevet professionnel sur Bordeaux. Donc c'était trois semaines dans l'entreprise de mon père et mon oncle et une semaine à l'école. Bon, quand c'était l'école, évidemment, je n'allais jamais à l'école. J'y allais très très peu. Je traînais à la Victoire, dans les bars de la Victoire à Bordeaux, je les connais tous. Et au bout d'une année, j'ai intégré les pompiers volontaires de mon village, de Perorade dans l'Élande. Donc là déjà, ça a été pour moi une bascule. Je l'ai intégré parce que ma maman disait à des amis devant moi que j'étais quelqu'un de très sensible. Et pour lui prouver qu'en fait, j'étais pas forcément quelqu'un de sensible, mais elle avait raison en plus. De suite, je me suis inscrit. J'ai eu mon permis à 18 ans et un mois. Je suis parti m'inscrire auprès du papa de Yannick, justement, puisque c'était le chef de centre. Et donc, gros bouleversement. Peut-être qu'on y reviendra sur les pompiers, mais ça a changé ma vie. C'est ce qui m'a fait perdre toutes ces émotions que je retrouve puisque je suis à la retraite depuis trois ans. Ça a été un choc. Ça a été un réel choc.
- Speaker #0
Si tu veux raconter.
- Speaker #1
Alors, les pompiers, ça a été pour moi la meilleure école. Très dur parce que les anciens regardent tous les nouveaux un peu de travers. Yannick était pompier déjà à l'époque. On se connaissait un peu mais on n'était pas forcément amis comme on peut l'être aujourd'hui. Les premiers mois, les premières années ont été très difficiles. On voit des choses qu'on n'est pas censé voir. Sauf évidemment dans ce contexte médical. Je n'ai pas lâché, ça m'a tenu pendant 25 années. Aujourd'hui il y a des choses qui sont enfouies, qui sont là. Et je le redis, c'est pour ça que je retrouve des émotions depuis la retraite. très facilement ému alors que je le découvre en fait parce que j'étais pas du tout comme ça j'étais très très dur, rien ne me faisait vaciller j'ai fait des choses qui sont même inavouables dans ce contexte j'ai pris ma retraite il y a 3 ans ça a été très très dur d'arrêter j'ai mis 6 mois compliqués Lucie a trouvé la solution, mon épouse a m'offert un chien ça a été une très très bonne idée et voilà, maintenant c'est du passé, mais on est pompiers à vie quand même
- Speaker #0
Finalement, ton objectif qui était de rentrer dans les pompiers pour prouver à ta mère que tu n'étais pas forcément sensible. Donc pendant 25 ans, tu as fait le job et coupé de tes émotions. Et donc, quand tu as pris ta retraite de pompier, ce qui a été compliqué, est-ce que ça a été ça de te reconnecter avec ta sensibilité et de te découvrir autrement ?
- Speaker #1
Inconsciemment, je pense que quand on est pompier, on est quelqu'un auprès des gens. On ne se rend pas compte, une fois de plus. On est au milieu, donc on ne se rend pas compte. Et à un moment, je me suis dit, mais tu es une personne... « Langda, tu n'es plus utile, tu ne donnes plus ton temps à intervenir pour aider l'autre. » Ça a été le plus difficile, je pense. Je me suis trouvé quelques cointes en plus. Je me suis mis sur des applications, je suis appelé de temps en temps. Ça me mettait en forme. Je pense que je me suis senti inutile. Je me sentais vraiment inutile pendant ces 25 années, même si ça a été difficile. Il y a une espèce de masque qui se met quand on a ce fameux bip qui sonne à la ceinture. Mes proches et mon épouse me le disaient. C'était plus là. Et ce masque, il s'enlève quand on rouvre la porte de la maison, en fait. L'intervention, elle est occultée. On n'y pense pas. On y pense à la caserne en se changeant, mais dès qu'on arrive à la maison, c'est terminé. Donc tout ça, c'est un fouille, je ne sais pas où.
- Speaker #0
Donc à 18 ans, tu intègres les pompiers. Mais du coup, qu'est-ce qui se passe en parallèle aussi ? Ta vie professionnelle continue ?
- Speaker #1
Donc on retourne à Blanquefort pour le CFA, pour préparer un brevet professionnel. Alors je vais quand même un peu en cours. C'est assez facile, les cours qui sont donnés, la partie pratique aussi, c'est intéressant. Mon professeur de l'époque me convoque deux mois avant l'examen du brevet professionnel et me dit, écoute, chaque année, on en sort un, celui qui s'en sort le mieux, et on l'envoie à Paris pour le concours de professeur de peinture pour terminer dans un CFA. Je lui dis oui, et alors ? Je vous propose. Je lui dis, c'est pas en alphabetique ou quoi ? Non, non, il me dit, non, non, parce que je pense que vous avez les capacités, voilà. Mais je lui ai dit, mais il faut aller où après ? Ah, mais vous serez muté à Paris, etc. Oui, oui, je lui ai dit, OK, on fait comme ça. Je rentre chez moi le vendredi. À l'époque, il fallait aller à la mairie pour devancer son service militaire. Je l'ai devancé, en fait, et je suis parti faire mon service militaire. C'est-à-dire que je m'en suis sorti de cette situation qui était pour moi juste impossible. De quitter le coin à 19 ans et devenir professeur, en fait, je ne me sentais déjà pas du tout la capacité. Je n'ai pas su dire non à cette personne. Donc je me suis sorti d'une galère par une autre galère.
- Speaker #0
Le service militaire était pour toi ?
- Speaker #1
Oui, ça a été une grosse galère. On va le voir. Voilà, ça a été une grosse galère. Le service militaire, je m'étais fait pistonner pour aller à Mont-de-Marsan pour être pompier de l'air, pompier d'aéroport sur les pistes. Hyper intéressant. Je reçois la convocation pour aller aux classes. Je me retrouve à Évereux, chez les fusillés commando. J'arrive en pleine nuit, par le train, dans un buf, où ils sont tous rasés. Ils sont tous habillés pareil. et moi j'étais là, c'est la première fois que je sortais de ma vie que j'étais passé par Paris Je n'étais jamais sorti de mes landes profondes. Je n'ai pas aimé les phrases. Ça a été très dur, très violent. Moi, je ne voulais pas faire ça. Vous allez sauter en parachute de nuit. Vous allez défendre la France avec vos FAMAS, donner la reprise aux femmes, vous allez dormir avec. Ça a été mondieux. Et là, je me suis dit, il va falloir être bon pour te sortir de cette situation. Parce qu'en fait, mon piston n'avait pas du tout fonctionné. J'ai prétexté un problème physique, une jambe plus courte que l'autre. Quand le médecin m'a mesuré du nombril au pied, j'ai un peu travaillé. Il m'a dit 3 cm. Monsieur, je suis désolé, vous êtes inapte. Et je vois encore le tampon. Inapte en rouge. Fugier commando. Inapte.
- Speaker #0
Et là, c'est le soulagement.
- Speaker #1
Génial. Donc, je suis muté à Cazaux pour terminer mes classes. Je passe 15 jours dans les bois à creuser des trous, à jeter des grenades à plâtre. Je trouve ça pas chouette du tout. Mais on est tous dans la même galère. On est des potes. On marche. On fait des marches de nuit. On est tous dans la même galère. On mange des rations. On se régale. On partage. C'est intéressant. Et deux mois après mon arrivée, je suis muté à Mont-de-Marsan. J'arrive, on est 1500 hommes. Et là, parole alphabétique, ah bah dis-en, oui, qu'est-ce que tu veux faire ? Moi, je suis pompier. Ah bah, on en cherche. Et là, je finis mes huit mois pompier de l'air, à conduire les camions, à passer mon poids lourd, à prendre plein de choses, aller dans les bois avec les camions de feu. C'était hyper intéressant, être au plus près des avions de chasse. Donc, d'une galère, je suis parti dans une autre qui s'est extrêmement bien finie. Après, il y a eu l'après-armée. Donc, j'avais bien calculé, j'étais parti en septembre pour finir en juin pour ne pas rater les fêtes.
- Speaker #0
Lesquelles, parce que dans les Landes, il y en a plein.
- Speaker #1
Peyrehorade, Dax, Bayonne. Je n'avais pas encore le vice de Pampelune. Ça m'a pris un peu plus tard. On faisait toutes les petites fêtes du coin. Et là, quand même, je suis rentré à la maison. Pour moi, il était hors de question d'être au chômage. Parce que c'était un choix de ne pas faire grand-chose. Donc, j'ai été livré de la bière pour Cronenbourg. J'ai fait ça un mois, j'ai arrêté. Ils voulaient m'embaucher, j'ai arrêté. Parce que c'était dur. Quand je me revois dire ça à ce patron qui cherchait du monde, qui cherchait du personnel, je lui dis non c'est trop dur J'aimerais le revoir pour lui dire, mais non, en fait, je suis désolé. Je n'avais pas juste pas envie, moi. On m'a proposé des postes, de travailler à la poste, de livrer des colis. Je refusais, en fait, je ne faisais rien. À l'époque, j'avais une copine qui avait un père qui devait repeindre ses volets. J'étais chez lui à Oloron, Sainte-Marie, en fait. Et j'arrive un dimanche, j'étais tout seul avec lui. Le lundi, on commence à attaquer. Mon frère m'appelle, il me dit, salut Fafa, écoute, il cherche un peintre en bâtiment chez Quitsilver à Cabreton. J'ai dit, mais pour faire quoi un peintre ? Il faut repeindre le sol du stock. Et la nuit, puisque la journée, il travaille, il faut tout remettre en place. Je lui dis, mais c'est combien de temps ? C'est un terrain de 15 jours. Alors, je dis, non, non, tu sais quoi, Jérôme, merci beaucoup, mais non, je ne vais pas y aller. Je raccroche. Le papa de mon ex-petite amie me dit, c'était qui ? C'était mon frère. C'était pour quoi ? Je lui raconte. Il me dit, tu le rappelles de suite, t'y vas. Tu commences demain. D'accord. Je suis resté 7 ans chez Quicksilver. donc j'ai fait de la peinture J'ai déchargé les containers, j'ai fait du conditionnement de produits, j'ai fait de la préparation de commandes, j'ai fait du bipage de commandes, j'ai fait des expéditions, j'ai fini responsable d'une grosse partie de la logistique. Et quand j'ai démissionné, ça fait partie aussi de ce moment de bascule où mon patron, qui s'appelait Pierre Amies, qui était le fondateur de la partie technique de Quicksilver, qui venait d'être nommé directeur Europe de Quicksilver, Je lui dis, tu tombes bien, je venais de prendre mon ordinateur et de tout jeter par terre. Il me dit, qu'est-ce qui t'arrive ? J'ai dit, coup de pierre, j'ai fait le tour. Donc, tu es là, je m'en vais. Et je te propose de rester un mois ou deux, vous allez trouver quelqu'un pour mon poste. Il n'y a rien de compliqué. Et je lui dis, je suis désolé, merci pour tout. Et il s'en va, il avait toujours les mains dans les poches. Il m'appelle sur mon poste, donc je ramasse mon téléphone. Et il me dit, tu peux monter s'il te plaît ? Oui, oui, je monte. Je me dis que là je vais me faire engueuler. Il me dit tu veux partir ? « Ouais, je lui dis, mais qu'est-ce que tu vas faire ? » « Je sais pas. » « Bon, ok. Mais moi, je te prends comme commercial. » « Ben, je lui dis, non, pourquoi ? » « Tu vas être mon commercial, Aquitaine et Midi-Pyrénées. » « D'accord ? Tu vas vendre nos produits, tu les connais. » « Mais je lui dis, mais pourquoi ? Pourquoi moi ? » « Parce que c'est toi, parce que tu as une connaissance des produits, ça va le faire. » « Pourquoi tu veux pas ? » Il me dit. « Mais je veux pas te décevoir. » « Ah, tu veux pas me décevoir ? » « C'est toi. » C'est lui qui m'a appelé Fabio pour la première fois. Il me jette dans le bureau du directeur commercial France et directeur commercial Europe. Il dit, c'est le nouveau commercial. Il ferme la porte. Le boss, l'Europe, il sort. J'entends dans le couloir. Non ! Il revient, il dit, bienvenue. Non mais j'ai dit, gars, moi je veux pas. Bon, on bataille. C'était moi. Ce que j'ai appris beaucoup plus tard, c'est qu'ils étaient là, tous les deux dans le bureau, en train de rédiger le contrat du commercial qu'ils venaient d'embaucher. Et en fait, cet homme, Pierre Agnès, c'est grâce à lui, je pense, aussi beaucoup, que je suis là aujourd'hui. Je ne sais pas pourquoi cet homme a cru en moi. Peut-être parce que justement j'ai compensé mon manque de... de scolarité, de tout ça par le travail. C'est-à-dire que j'arrivais à 6h, je repartais à 20h pour son stock, pour sa logistique. J'étais dévoué à cette société. Elle m'a permis de rencontrer Lucie aussi. Et cet homme a cru en moi en fait. Aujourd'hui, je me vois en lui quand je manage.
- Speaker #0
On reviendra après effectivement sur ta manière de manager. Mais là, ce qui est intéressant quand je t'écoute, c'est qu'à chaque décision que tu as dû prendre, il y a toujours eu une personne. qui t'a poussé. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, je vois dans cette expérience professionnelle chez Quicksilver, cette évolution aussi de partir de tout en bas pour finalement finir commercial chez Quicksilver. Tout est possible avec du recul maintenant. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire aux jeunes aujourd'hui ? C'est quoi le message ?
- Speaker #1
J'en parle souvent des rencontres. Je dis aux gens, surtout soyez attentifs. Il y a des gens qui sont là pour vous. On ne s'en rend pas compte. Quelqu'un insiste auprès de vous et a envie de vous aider, en fait, il vous tend la main. Comme un enfant, il n'y a qu'à l'attraper. Généralement, ça se passe bien. C'est des rencontres qui sont positives. Il y a des rencontres négatives, qui sont exécrables, mais par contre, qui m'ont nourri. J'ai eu un manager un jour. Je me suis toujours dit que je managerais le contraire de lui. Il m'a beaucoup aidé dans sa façon de mal me manager. Si j'ai un message à faire passer, c'est... Tente, rate, souffre, ose, recommence, aime. Mais surtout, n'abandonne jamais. Parce que d'un échec, on s'en nourrit énormément. Et on peut même retenter la même chose différemment. Mais il ne faut jamais abandonner. Jamais.
- Speaker #0
Et du coup, là, ça me fait penser au petit Fabrice qui était au collège. Tes professeurs ne croyaient pas en toi. Tu m'as partagé ces mots. Tu as dit que tu étais un bon à rien, que tu ne réussirais pas dans ta vie. Quand on voit ton parcours, comment ces mots ont résonné en toi ? Est-ce que tu as repensé à ces années-là où on ne croyait pas en toi ? Est-ce que ça a ébranlé ta confiance en toi ? Est-ce qu'au contraire, ça t'a transcendé ?
- Speaker #1
Alors, pas forcément, je n'y pensais pas. Ça m'a marqué, mais je l'ai ressenti beaucoup plus tard. Là, dans ces époques-là, j'étais complètement insouciant. J'avance, je regardais très peu le passé. C'est ma mère, en fait, qui me disait beaucoup « Tu as vu où tu en es aujourd'hui par rapport à quand tu étais au collège ? » Je lui disais « Maman, oui, mais tu étais inquiète. » « Mais je te l'ai dit. » Et en fin de troisième, ma maman, je lui avais dit « Mais tu sais, j'ai pas réussi, mais qu'est-ce que je me suis amusé. » Je me suis fait une bande de copains. Et on se réunit chaque année, depuis plus de 20 ans, pour faire la fête. Et ça a été pour moi, en fait, un super moment. Sauf pas dans les cours, bien sûr. Où c'était très très dur. Et peut-être que plus tard, oui, j'ai réalisé que... La violence des propos, mais en fait, j'étais pas le seul. À l'époque, il n'y avait pas toute cette bienveillance qu'il peut y avoir aujourd'hui. C'était à nous de nous adapter aux profs. Mais je ne suis pas en charge, je ne suis pas tout ça, parce que j'ai conscience. Ils avaient un cours à donner, ils le donnaient. Ils n'avaient pas forcément envie d'être embêtés par un gamin qui sortait une blague ridicule, comme on a pu faire.
- Speaker #0
Donc, est-ce que Fabrice, maintenant, tu peux nous partager la transition entre ton poste de... commercial chez Quicksilver et le fait que tu sois devenu chef d'entreprise aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors une rencontre aussi, je vais y revenir. Chez Quicksilver, j'étais dans un confort de vie extraordinaire. Je gagnais ma vie à 26 ans comme je pense très peu de personnes gagnent leur vie. Habillé de la tête aux pieds, véhicule, tout, j'avais tout. C'était un gros confort. Ça ne me convenait plus, j'avais besoin d'un nouveau challenge parce que... En plus, je sentais que la société allait être rachetée par la maison mère et ça ne pouvait pas continuer comme ça de toute façon. Donc à ce moment-là, j'avais l'idée de créer une entreprise de logistique pour justement les industries du surf. J'avais bien identifié que c'était un besoin chez eux, ce type de prestation. C'est à ce moment-là où Lucie, mon épouse, m'a dit « j'ai mon amie d'enfance, Sylvie, qui veut nous présenter son copain de Toulouse » . Et je lui ai dit « écoute, oui, pourquoi pas, une brègle de plus, un repas, moi je prends, de toute façon, j'adore ça » . Et lors de cette première rencontre, on discute. Ce que je n'avais pas capté, c'est qu'il avait un projet pour moi. Et donc je dis à Lucie, c'est bizarre, on ne fait que parler travail. Moi, ça ne m'intéresse pas de parler travail. Je ne parle pas de travail avec les gens. En dehors du boulot, bien sûr. Et lorsque j'arrive à une soirée où je ne connais pas les gens, ce n'est sûrement pas la première question que je vais poser à quelqu'un. Surtout pas. Et ce n'est surtout pas celle à laquelle je vais répondre si on me la pose. Je dis à Lucie, bon écoute, oui, oui, il est très gentil. Voilà. On n'était pas du tout dans les mêmes sphères. Il était DRH d'une grosse société toulousaine. Et il insiste pour nous revoir. On se revoit, on refait un repas. Et en fait, il m'explique que par sa rencontre avec Sylvie, il veut venir habiter dans les dents de. Il m'explique qu'il va avoir du mal à trouver du boulot et qu'il a un souhait de créer une entreprise adaptée. Et il me dit, si j'ai bien compris, toi tu veux créer une entreprise de logistique. Je lui dis, c'est ça. Il me dit, écoute, j'ai une proposition à te faire. Moi j'ai tout le savoir, la connaissance, ressources humaines, finances, administratives. Par contre, le réseau, le côté commerce, le côté opérationnel, je ne l'ai pas. Et je lui dis, ben moi c'est le contraire. Donc, à 2h du matin, autour d'un verre de rhum, on s'est associés. le lendemain je vais démissionner de Quicksilver Alors je suis resté encore quelques mois pour faire une transition. Ça nous a pris quelque temps administrativement parce qu'on a besoin techniquement d'agréments pour monter ce type de société. Donc ça nous a pris quelques mois et on a démarré en avril 2008 chez le client Quicksilver. Donc la bascule totale, mon confort, mon salaire qui était extraordinaire. Je repasse au SMIC dans un cangou de place avec un enfant, Lucie enceinte. J'étais pompier, je faisais des projets immobiliers. J'ai failli me noyer là. Et on s'en est sorti, ça a mis 5 ans, on galérait 5 ans. Donc là, il y a une chose que je suis sûr, c'est que je ne recommencerai pas. Je ne recommencerai pas, je vais tout faire pour aller au bout, au bout de ma vie professionnelle avec cette société, parce que ça a été dur quand même, ça a été dur. Je ne pensais pas, là j'ai vu des murs se monter devant moi et une fois passé, derrière, il y avait un corps plus gros. Comme un bateau qui prend des vagues scélérates en pleine face, ça a été ça en fait. Et toujours, je ne parle pas beaucoup, on ne dirait pas, mais je ne parle pas beaucoup. Donc j'échange très peu à la maison sur les sujets professionnels. Une fois que je passe le portail, c'est un peu comme les pompiers, je suis à la maison. Et aujourd'hui, oui, effectivement, l'entreprise, donc 2008, aujourd'hui elle a 17 ans. Il y a encore des difficultés, mais il y en aura toujours. Par contre. Le salarié est au cœur de nos préoccupations de tous les jours. Il y a des moments magiques, agréables. Il y a des moments très tristes, très difficiles. On est confronté à beaucoup de choses, à la mort. On parle de handicap lourd, on parle de maladie. C'est le contraire pour moi d'une entreprise de business. On l'a construit à l'envers. Le salarié est au cœur de nos préoccupations, mais avec ça, il en découle une belle prestation. On a voulu vraiment créer une entreprise. différente, complètement différente avec des valeurs. Des valeurs que l'on prône tous les jours et on travaille avec ces valeurs tous les jours.
- Speaker #0
C'est beau. Et du coup, tu me partages que parfois tu ressens le syndrome de l'imposteur. On te dit souvent, mais Fabrice, c'est fantastique ce que tu as construit. Peux-tu nous expliquer pourquoi tu ressens encore ce sentiment-là ?
- Speaker #1
Alors oui, c'est un sujet. En fait, je n'ai pas la vision de ce que j'ai fait. Je le redis, je me retourne rarement. J'avance. Je vis le moment présent. Il y a des gens, oui, qu'on croise et qui sont là pour nous le rappeler et qui nous jettent des fleurs, beaucoup. Mais très rapidement, j'essaie d'éluder les questions professionnelles. Alors évidemment, quand c'est ni le lieu ni l'endroit, je reste très professionnel dans ma vie professionnelle. Non, je n'ai pas du tout conscience. Lucie me le rappelle des fois aussi, mais pour moi, c'est difficile. On ne définit pas une personne par ses diplômes ou son travail, en fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu es fier aujourd'hui de ce que tu as créé ?
- Speaker #1
Est-ce que je suis fier de ce que j'ai créé aujourd'hui ? Je serais fier quand je ferais le bilan sur mon lit de mort. Non, je ne suis pas fier parce que je suis un humain parmi des milliards d'autres. J'essaie juste de faire des choses et mon objectif c'est de créer de l'emploi pour les personnes en situation de handicap ou très éloignées de l'emploi. Mon objectif il est là et j'y vais, je le fais à fond. Mais non, je ne fais rien, je ne sauve pas le monde en fait. Je ne fais pas grand-chose. Il y a des gens pour qui on peut être très fier. Mais je n'en fais pas partie. Je fais mon petit bout de chemin. C'est peut-être ça, le syndrome de l'imposteur, je ne sais pas. Donc je me cache très souvent derrière l'humour. J'ai une grande capacité à éluder les questions et à passer à autre chose sans aucun problème.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu as parlé vite fait de ton papa. Est-ce que tu as envie d'en parler ? Qu'est-ce qui t'a apporté dans ta construction ?
- Speaker #1
Mon père... Le premier souvenir que j'ai de lui, c'est à 15 ans, quand il me dit « oui, tu vas te repeindre » . Jusqu'à là, je n'avais pas de souvenir. Je ne comprenais pas, mais j'ai compris pourquoi. J'ai un autre souvenir aussi où il nous avait amené un samedi en vacances à Andaya, avec mon frère, ma sœur et ma mère. Il était resté la journée, il était reparti. Il n'avait pas dormi avec nous. Il était venu nous chercher le vendredi soir d'après. Je ne comprenais pas. Tout ça, c'est au couvert qu'il devait travailler. Il y a quelques années maintenant, je dirais, il y a... 15, 16, 17 ans. Je me suis intéressé à la vie de mon papa, en fait, que j'ai la chance d'avoir encore. J'ai posé une bouteille sur la table, j'ai pris deux verres, je lui ai dit, raconte-moi. j'interne les trucs, raconte-moi ta vie Il m'a raconté sa vie en fait. Ah, mon Dieu, je ne m'attendais pas du tout à ça. Donc j'ai compris pourquoi je n'avais pas vu mon père en grandissant.
- Speaker #0
Parce qu'il a travaillé de toutes ses forces jusqu'au bout pour nous offrir tout le contraire de la vie que lui a eue. Il a fini à la DAS avec son frère, ses deux soeurs aussi. Sa grande soeur était en hôpital psy. Elle est rentrée à 18 ans, elle y est décédée. Il a vu son père mourir. Sa maman était alcoolique, donc ma grand-mère. Elle était en hôpital, donc il a été placé. Ça a été très difficile pour lui ces périodes-là. Ça a été très difficile pour lui. Et pendant qu'il a été placé, en fait, il s'est juré, il a juré devant la famille d'accueil que plus tard, il aurait une grande maison avec une piscine et qu'il travaillerait à fond pour ça et que ses enfants, sa femme ne travaillerait pas pour élever ses enfants, qu'il ne manque de rien et qu'il travaillera à fond jusqu'au bout. Et en fait, c'est ce qu'il a fait. Et donc, je lui ai dit, mais je comprends. Je comprends pourquoi je ne t'ai pas vu, en fait. Je comprends très bien. Et je lui ai dit, je te remercie. Mais moi, je n'avais pas conscience de ça. Mais j'ai monté tout ça, c'était important. Je devais avoir 30 ans à peu près. Donc cet homme, en fait, il a eu une enfance plus que difficile. Et c'est ce que j'essayais aussi, moi, de retranscrire auprès de mes enfants. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je bosse. Tout ce que je fais, c'est en pensant à eux pour plus tard, qu'ils aient des facilités dans le démarrage de leur vie pro. J'ai compris beaucoup. Il a sacrifié sa vie pour nous embellir la nôtre. Pour lui, ça n'a pas été un sacrifice. Parce qu'il s'est éclaté, il nous voyait, il nous regardait. Je le voyais faire, mais je ne comprenais pas. Il devait se dire... J'y suis arrivé. Évidemment, je parle de mon père, mais j'ai une maman. Elle est magique aussi. Ils sont très inspirants dans leur quotidien auprès de nous. Ils feraient tout pour nous. Je ferai tout pour eux. Je ferai tout pour mes enfants. Ils feraient tout pour mes enfants. C'est une belle solidarité familiale. Et c'est vrai que c'est beaucoup plus facile d'avancer dans la vie avec ce cercle autour. Bienveillant.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as réussi, toi, aujourd'hui ? C'est aussi dire à tes professeurs du collège, en fait, vous voyez, j'ai réussi.
- Speaker #0
Non, je ne les renvoie pas du tout, non. Mais au contraire, en fait, ils m'ont boosté. Tu ne feras rien, tu seras dans la rue. Heureusement que tu as ton père, heureusement que tu as ta mère. Va travailler chez lui, au moins tu auras un boulot. Je trouve ça bien parce que c'est comme la rencontre avec le mauvais manager. Ça booste, ça booste terrible.
- Speaker #1
Oui, ça t'a boosté. Pour d'autres, ça pourrait les déstabiliser, mais en tout cas, toi, tu vois ça comme des boosts pour avancer dans la vie. Il y a sûrement peut-être des gens qui écoutent et qui se sentent nuls, pas faits pour réussir. Tu leur dirais quoi ?
- Speaker #0
Alors, j'ai envie de leur dire ce que je te disais avant, en fait. Tente, ose, recommence, aime, donne, partage, n'abandonne jamais. C'est cette phrase-là qui me sert beaucoup, surtout ni remords ni regrets, n'aie pas de honte, n'aie pas de peine, ne te cache pas et retente. Ça marchera.
- Speaker #1
Si tu devais résumer ton parcours, quand je mets en ligne une phrase, ce serait laquelle ?
- Speaker #0
Si je devais résumer mon parcours, rien n'est joué d'avance.
- Speaker #1
Tout est à écrire.
- Speaker #0
Oui, c'est tiré d'un bouquin que j'ai lu. Je ne sais pas pourquoi, j'ai lu un livre dans ma vie. J'ai lu celui-là parce que sur la couverture, il y avait marqué l'extraordinaire parcours d'un enfant de la DAS devenu PDG d'une multinationale aux Etats-Unis. Et je me suis retrouvé... En fin de la danse, j'ai de suite pensé à mon père. Et ensuite, je ne suis pas un extraordinaire PDG d'une multinationale américaine, mais j'ai quand même construit aujourd'hui ma société. Et ce livre, je l'ai lu en 4-5 heures. Et en fait, la première partie, c'est mon père. La deuxième partie, c'est moi. Donc la danse, il a vécu dans les bois, sorti de l'école, aucun diplôme. Il s'est remis à travailler, c'est ce que j'ai fait. J'ai été passer un master à Paris. Et puis, en fait, il a travaillé, il a gravi les échelons, il est devenu PDG. Et son parcours, il est très inspirant. Et le livre s'appelle « Rien n'est joué d'avance » , tu vois.
- Speaker #1
Fabio montre un tatouage qu'il a sur le bras. Ou il est noté.
- Speaker #0
« Rien n'est joué d'avance » , c'est pour ne pas l'oublier.
- Speaker #1
Merci infiniment. Nous arrivons à la fin de cet épisode. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'as pas encore dit et que tu aimerais rajouter ?
- Speaker #0
Ouais, rajouter, donc, comme je le disais en préambule, pour moi, ce qui est important, c'est de laisser une trace pour les générations suivantes. Je vais dire un petit mot. Je vais essayer de ne pas avoir trop d'émotions. Je vais dire un petit mot à mes enfants. Les gars, l'histoire de famille, c'est extrêmement important. Vous le savez, je vous en parle très souvent. Nos ancêtres, ils sont là, ils sont très importants. Si on est là aujourd'hui, c'est encore une fois de plus, c'est des rencontres qui se sont faites. entre des gens qui se sont accordés. Surtout chez nous, vous le savez, ça va d'Espagne aux Etats-Unis en passant par le Béarn. Vivez en famille, soyez très bienveillants avec la famille. Continuez à faire vivre tous ces moments familiaux. Vous avez le lieu, vous savez de quoi je parle. Faites ce que j'ai fait avec vous, vous élevez dans la musique, écoutez beaucoup de musique. Mon dernier dit tout le temps, on sait que papa est à la maison quand il y a la musique. S'il n'y a pas de musique, c'est que papa n'est pas à la maison. Ça m'a fait énormément d'émotions la première fois que j'ai entendu ça. Sachez que je n'ai pas les mêmes discours peut-être que vous pouvez avoir avec maman, c'est long moment d'échange. Je suis un papa qui a beaucoup de mal à se poser, qui a beaucoup de mal à entendre, à écouter, peut-être un peu de pudeur. Je sais que vous allez faire de grandes choses et que vous n'avez pas forcément besoin de moi. Tout ce que j'ai dit avant dans ce moment, c'est que je suis juste un être normal. Je n'ai pas de valeur ajoutée et je sais que vous ferez vos propres expériences et que tout se passera bien. Soyez gentils, respectueux et n'oubliez surtout pas pour les générations futures que nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous la transmettons à nos enfants. C'est ce que je veux faire avec vous.
- Speaker #1
Merci infiniment Fabrice.
- Speaker #0
De rien.
- Speaker #1
Pour ces mots, pour tes enfants. Merci pour ta présence, pour ta sincérité, pour ce que tu as osé livrer aujourd'hui. Ouais, ton parcours nous rappelle une chose essentielle, rien n'est figé. Ce qu'on vit, ce qu'on subit, ce qu'on nous dit ne définit pas qui l'on est, ni qui l'on peut devenir. Tu incarnes cette vérité puissante, on peut avoir été étiqueté. et devenir un leader profondément humain. On peut avoir été baissé et choisir de ne pas baisser à son tour. Ton message aujourd'hui fait du bien à celles et ceux qui doutent, à celles et ceux qui cherchent, à celles et ceux qui ont besoin d'une preuve que la résilience peut être fertile, et surtout à toute une génération qui se cherche, qui doute, qui ne sait pas encore quelle direction prendre. Comme tu le dis si bien, encore une fois, rien n'est joué d'avance. Oui, on peut décider de sa propre trajectoire. Alors merci pour ta confiance. Merci pour les roses et merci pour les épines que tu nous as partagées. J'ai envie de m'adresser plus particulièrement à ceux et celles qui doutent encore de leur valeur, que l'histoire de Fabrice vous rappelle que ce ne sont pas les autres qui écrivent votre destinée, c'est vous-même. Et à toi qui nous écoutes, j'ai envie de te poser cette question. Quelle étiquette t'empêche encore d'avancer ? Nous arrivons à la fin de cet épisode. J'espère que cette conversation t'a inspiré, qu'elle t'a touché là où tu en avais besoin. Si c'est le cas, n'hésite pas à laisser une note ou un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée pour soutenir ce podcast. Ça aide vraiment à faire rayonner ces histoires. Je te dis à très vite pour un prochain épisode de Cap vers toi. Et d'ici là, ose aller vers toi. Adishatz !