- Speaker #0
Pourquoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par ces récits de vie et par cette quête de sens qui anime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien au-delà des cercles habituels qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap, de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais croisées autrement.
- Speaker #1
Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti !
- Speaker #0
Et si la précarité, loin d'être une punition, était en réalité un passage initiatique pour apprendre à faire confiance à la vie ? Vaste question, n'est-ce pas ? Aujourd'hui, je vous emmène à la rencontre de Lorane. Lorane est une femme qui a accepté de lâcher la sécurité que l'argent apporte pour aller vraiment se rencontrer. pour descendre davantage dans son cœur. Alors j'ai rencontré Laurane un peu par hasard, dans le cadre d'un mouvement solidaire. Il y avait chez elle quelque chose de doux et de puissant à la fois, une présence ancrée et traversée par la vie. Et puis au fil de nos échanges, j'ai découvert son histoire, celle d'une femme qui a choisi de quitter une vie confortable, stable, pour suivre un appel intérieur, celui de son âme. Un choix qui l'a amené à traverser la précarité, la peur, la perte de repères, mais aussi à découvrir une autre forme d'abondance, celle qui vient quand on ose faire confiance à la vie, même quand tout semble s'écrouler. Dans cet épisode, on va parler de foi, de courage, de ces moments où tout s'effondre pour mieux se réaligner. On va explorer ensemble ce que veut dire concrètement d'écouter son âme jusqu'au bout. Et si l'abondance, la vraie, celle du cœur et de la confiance, naissait précisément dans ces traversées-là ? Alors je t'invite à écouter avec le cœur grand ouvert, Cap vers toi, Cap vers Lorane, c'est parti ! Bonjour Lorane !
- Speaker #1
Coucou Laure !
- Speaker #0
Bienvenue dans ce nouvel épisode de Cap vers toi. Tu te sens comment là, face à ce micro ?
- Speaker #1
Je me sens à la fois toute petite. et à la fois toute grande, dans ce cœur qui est ouvert et dans ce sentiment d'expansion, de curiosité, de ce qui va sortir au travers de nos échanges. Et en même temps, je sens que ça réveille une part de ma vie intérieure et mon enfant intérieur est bien content de pouvoir s'exprimer aujourd'hui.
- Speaker #0
Ouais, merci. Avant de rentrer dans le vif du sujet, si tu devais te présenter là d'une manière un peu spontanée, tu dirais quoi de toi ?
- Speaker #1
Je m'appelle Laura-Anne, j'ai 36 ans, je suis une épicurienne de la vie. Je suis curieuse, j'aime m'ouvrir à tout ce que je ne connais pas. J'aime remettre ma vérité toujours en question pour pouvoir élargir ma conscience et apprendre de la vie, même si ce n'est pas toujours confortable.
- Speaker #0
Cool, j'adore. Laura-Anne, on s'est rencontrées, comme j'ai dit tout à l'heure, un peu par hasard, dans le cadre d'un mouvement solidaire. Enfin, un peu par hasard, je crois que rien n'arrive par hasard. Et j'ai senti tout de suite, en fait, cette connexion l'une à l'autre qui ne s'explique pas vraiment. Et pour moi, quand on a échangé sur ton histoire, c'était juste naturel et spontané de t'inviter dans ce podcast. Qu'est-ce qui t'a motivée à accepter mon invitation ?
- Speaker #1
Je crois que comme tu l'as nommé, il y a eu cette rencontre qui a été une évidence, même si d'un premier abord, elle pourrait paraître improbable ou magique ou par hasard. Quand on a commencé à échanger, j'ai senti qu'il y avait cette connexion qui se faisait tout de suite et qui a réveillé mon âme en fait, qui a réveillé mon cœur, qui a réveillé cette joie intérieure de sentir qu'il y avait quelque chose de juste en fait dans ce qu'on était en train de créer comme des retrouvailles aussi d'il y a quelques années ou peut-être d'anciennes vies, j'en sais rien. C'est tout de suite venu activer cette joie intérieure et je sais qu'aujourd'hui, cette joie intérieure, cette vibration, c'est ma boussole en fait. pour savoir si je suis sur le bon chemin ou pas, au-delà de ce que ma tête pourrait raconter. Parce qu'il faut savoir que j'ai quand même une tête très active. Donc elle aime bien tout analyser, tout comprendre, tout expliquer. Et en fait, au travers de mon expérience, de cette précarité qui a été traversée, j'ai vraiment compris et appris qu'il y a des choses qui ne s'expliquent pas et qui se vivent. Et d'être en connexion à ces sensations intérieures qui me montrent quand c'est mon âme qui guide et qui lead et qui me dit, vas-y, peu importe si c'est confortable, inconfortable, joyeux, pas joyeux, c'est là qu'il faut aller. Et c'est ça que j'écoute. Et c'est ça qui s'est passé dans notre... dans notre connexion ensemble. Et donc forcément, de dire oui à cette invitation, c'était une évidence en fait.
- Speaker #0
Merci. Oui, merci parce que je crois que ton histoire, ça va être un beau cadeau aussi pour tous les auditeurs et les auditrices qui vont nous écouter. Du coup, là, tu as parlé de joie intérieure, de boussole. Est-ce que ça t'a toujours porté dans la vie ou à un moment donné, il y a eu un moment de ta vie qui t'a reconnecté à ça ?
- Speaker #1
Je dirais que ça m'a toujours plus ou moins porté, mais de façon hyper inconsciente. Il y a des phases dans ma vie où j'ai fait des choix qui ont pu surprendre beaucoup de personnes et qui n'étaient absolument pas prévues, même moi-même. J'ai le souvenir, par exemple, de quand j'étais adolescente, cette passion qui est née pour le kayak assez rapidement et quasiment du jour au lendemain, je me disais à mes parents, je veux faire sport-études, je serai en équipe de France. Et du coup, ils me regardaient en mode, mais quel est le moustique qui l'a piqué ? Et en fait, ça a été vraiment un appel de mon âme à ce moment-là. dont je n'avais pas conscience parce que j'étais ado, que très clairement, ce n'était pas du tout l'éducation que j'avais non plus. D'être à l'écoute de cette hypersensibilité qui était la mienne, j'ai toujours été un peu ce vilain petit canard de la famille, ce côté ovni qu'on n'arrivait pas à comprendre. Je me souviens, mon père me disait souvent « Mais arrête de pleurer, pourquoi tu pleures autant ? » Et en fait, cette sensibilité, c'est quelque part mon âme qui venait parler au travers de mes émotions. J'ai écouté par Brib. Mais pas suffisamment. Et je dirais que l'électrochoc que j'ai eu, enfin, un des premiers électrochocs, c'était en 2017, où vraiment, j'avais l'impression de creuser ma tombe. J'étais infirmière, j'étais célibataire. Sur le papier, j'avais tout pour réussir, infirmière libérale, sur le point d'acheter un appartement, sur le point d'acheter un cabinet pour vraiment m'installer. Mais en fait, j'étais pas heureuse. Et j'avais vraiment cette sensation de mourir à petit feu, d'étouffer. Et là, je suis partie une semaine, j'ai fait un jeûne. Et là, ça a été la première révélation, en mode, si je continue comme ça, je vais m'enterrer. Donc, il faut que je me sorte de là. Et de là, j'ai fait un virage à 180 degrés. J'ai choisi de partir vivre sur Annecy. J'ai essayé de voir si ce n'était pas l'environnement qui faisait que je n'étais pas épanouie dans ma vie. En fait, j'ai toujours eu cette soif de liberté, cette envie de ressentir la vie pleinement à l'intérieur de moi. Et à ce moment-là, je me suis dit, je ne suis pas au bon endroit, je ne suis pas en train de faire ce qui est juste là. Donc, je suis partie, j'ai tout laissé. J'ai appelé le banquier en dernière minute, je devais signer la semaine d'après. Je l'ai appelé en mode, on annule tout. Je l'ai appelé ma collègue en lui disant, écoute, je suis désolée, mais je ne signerai pas. Donc, ça a été aussi difficile parce que ça demandait d'assumer aussi. les choix que je faisais et la responsabilité qu'il y avait derrière. Et trois mois après, je déménageais sur Annecy. Un mois après avoir déménagé, j'ai eu un burn-out et j'ai arrêté de travailler en tant qu'infirmière. Une première fois, je sentais que c'était vraiment mon âme, mon corps qui me disait « Stop, en fait, tu fais fausse route » . Et je suis partie à Bali faire une retraite de yoga. Plein d'imprévus, le volcan s'est déclenché, on a dû être sortis d'urgence de Bali, aller à Java. Et finalement, j'ai passé trois semaines sur l'île de Java, dans le silence, à parler à quasiment personne. Et ça a été à ce moment-là une première reconnexion au subtil et à cette voix intérieure que je ne me suis jamais autorisée à écouter pleinement parce qu'elle me faisait peur, de me laisser un peu plus guidée par ça. Ça, ça a été le premier switch.
- Speaker #0
Tu as dit « je me suis autorisée à ressentir la vie pleinement en moi » . Qu'est-ce que ça signifie pour toi ? Comment tu définis ça ?
- Speaker #1
Eh bien, comme je disais, moi qui suis de base quand même très cartésienne, très scientifique, très pragmatique, il y a eu ce truc dans les sensations, c'est déjà une ouverture, un allègement au niveau du cœur, une sensation d'avoir un second souffle, une respiration de sortir de cet espace où on est étriqué, où tout est dur, tout est lourd de la... sortir de la contraction en fait pour sentir déjà un premier mouvement d'expansion intérieur comme quelque chose qui vient s'ouvrir et derrière de sentir qu'il y a un regain d'énergie un élan de vie qui nous traverse qu'on peut pas expliquer, qui paraît complètement fou parce qu'on est en train de faire un truc qui est complètement fou et qui nous sort complètement de la zone de confort et... de ce qu'on a l'habitude de faire et d'être. Et pour autant, c'est comme s'il y avait ce truc plus grand à l'intérieur qui était là, enfin, je peux sortir, je peux m'exprimer. Et ce qui m'accompagne beaucoup, c'est cette image d'être au sommet de la montagne et d'avoir les bras grands ouverts, où tu sens que la personne, elle respire à plein poumon. Ben, c'est ça, en fait. C'est cette sensation-là que ça me donne à chaque fois. Qui demande de traverser de l'inconfort. Il ne faut pas se culpter. Ce n'est pas tout de suite ce sentiment de légèreté. Parce que forcément, la tête, elle carbure à 3000. Est-ce que c'est les bons choix ? Est-ce que c'est la bonne décision ? Est-ce que je ne vais pas le regretter ? Est-ce que, est-ce que, est-ce que, est-ce que ? Et comment, comment, comment, comment ? Et à un moment donné où tout ça, tu prends, tu laisses, tu laisses sur le trottoir. Tu dis, allez, j'y vais, je saute dans le vide. Et là, ça s'ouvre et ça s'alibère.
- Speaker #0
Et dans cet épisode, on va explorer comment, en fait, tu as appris à ressentir la vie en toi. Et du coup, ça a influencé tes choix. Donc là, on s'est quittés. tu étais à Bali, sur cette île Et du coup, qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? C'était quoi tes prises de conscience ?
- Speaker #1
Mes prises de conscience au moment où j'ai été à Bali, c'est de comprendre qu'avant de partir, j'étais vraiment dans ce côté un peu victime de la vie, de « c'est injuste, je ne comprends pas pourquoi ça m'arrive, j'ai toujours fait du mieux que je pouvais » . Ce côté un peu bon élève, en fait, qui ne comprend pas pourquoi il a une mauvaise note à l'école. Le fait d'être en retraite de yoga, d'être dans le mouvement, dans le corps, dans le silence, avec la respiration, avec ces autres plans qui font de nous des êtres multidimensionnels, c'est-à-dire le plan mental, le plan émotionnel, le plan spirituel notamment, et le plan physique, mais sous une autre forme, dans une autre conscience. Un jour, je me suis levée, ça m'est arrivé, je l'ai entendu sous forme de question de « et si c'était le plus beau cadeau que la vie pouvait me faire ? » Et là, j'ai senti dans mon corps, là où je ne faisais que pleurer, avant, j'ai senti dans mon corps une ouverture de « Ah, mais ouais, et si c'était pas le plus beau cadeau que la vie pouvait me réserver ? » Même si dans la forme, j'ai l'impression de tout perdre, j'ai l'impression d'avoir fait les mauvais choix, que tout s'effondre, est-ce que je dois pas passer par ce château de cartes qui s'effondre pour aller créer ce que j'ai vraiment envie de créer ? Et en fait, ça a été un électrochoc à ce moment-là, parce que ça a été au niveau de mon égo, me rendre compte que tout ce que j'avais construit dans ma vie jusqu'à mes 25 ans, c'était Merci. pour faire plaisir à mes parents, pour rentrer dans des cases, pour enfin rentrer dans une case, en fait. Moi qui, toute ma vie, ai eu la sensation que j'étais hors case et hors catégorie. Et donc, ça a été difficile de me rendre compte que je ne l'avais pas fait pour moi, mais que je l'avais fait notamment pour les autres et pour trouver de la reconnaissance et de la valeur aux yeux des autres et de l'amour. Et à partir du moment où je me suis posé cette question-là, je me suis dit, ouais, je sens que c'est comme si la vie, en tout cas quelque chose de plus grand... J'ai une croyance en l'univers, pas forcément dans un dieu particulier, mais comme s'il y avait cette force vitale qui nous traverse tout à chacun, qui était juste en train de me montrer pourquoi c'était en train de m'arriver. Et là, j'ai compris que finalement, toutes ces formations que je faisais en parallèle de mon métier d'infirmière, où tout le monde me disait « Mais Lorane, t'es en train d'aller dans tous les sens, c'est n'importe quoi, ça ressemble à rien » , j'étais là comme « Ouais, je sais, mais en même temps, je sais pas, ça m'appelle, à chaque fois il y avait cette C'était léger à l'intérieur de moi d'aller faire telle et telle formation, d'aller faire telle et telle chose. Et en fait, c'est comme si à ce moment-là précis, à Bali, tout le puzzle s'était regroupé et que j'avais pu avoir une vision beaucoup plus claire de pourquoi j'avais fait tout ça, là où je ne comprenais pas pourquoi je me sentais appelée à faire telle et telle chose et où ça avait l'air d'être vraiment dans la dispersion. En fait, j'ai compris à ce moment-là que tout m'invitait à venir unir ce que je faisais en tant qu'infirmière, mais de l'ouvrir à plus grand, comme je le disais, d'ouvrir à l'être humain avec un grand E, avec un grand H et pas juste donner des médicaments pour aller guérir un plan physique qui plus est, qu'on ne guérit même pas parce qu'on vient juste étouffer quelque part, ça c'est un autre sujet, mais étouffer avec les médicaments. Donc à ce moment-là, il y a vraiment eu cette clarté qui est arrivée de, ok, c'est le moment le plus dur de ma vie et en même temps, c'est le moment le plus beau parce que je sens qu'un nouveau départ est possible. Et que cette fois-ci, je ne me sens pas seule, je me sens soutenue pour pouvoir avancer.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a été le plus dur finalement dans cette période-là de prise de conscience, de se dire que tu faisais finalement fausse route, même si tu avais une vie que plein de personnes rêveraient en fait ?
- Speaker #1
Le plus dur, c'était d'assumer auprès des miens les choix que j'allais faire. Parce que tout le monde me disait « mais t'es complètement folle de lâcher tout ce que t'es en train de construire en fait » . Pourquoi t'as fait tout ça pour en arriver là ? C'est comme t'as gâché ta vie. Et c'était vraiment d'assumer cet appel intérieur en sachant que personne n'allait me comprendre ou que peu de personnes allaient me comprendre. Peut-être accepter aussi de ne pas être soutenue. Et que quoi qu'il arrive, je n'allais pas déroger en mon centre et en ce qui m'appelait. Ça, ça a été hyper dur. Parce que moi, je manquais terriblement de confiance en moi à ce moment-là encore plus. Et du coup, forcément, quand on fait des choix aussi dingues que ceux-là, moi, j'avais besoin d'aller chercher de la reconnaissance, de l'apaisement chez les autres. Mais oui, Lorane, tu as raison, tu fais les bons choix, vas-y, on est là pour te soutenir. Je savais que je n'allais pas avoir ça. En tout cas, pas de ma famille et des personnes qui étaient importantes. Et que même si je n'allais pas avoir ça, je sentais que la vie me mettait en garde de ne lâche pas ta direction. Et du coup, ça m'a demandé de sortir de cette posture de petite fille pour vraiment revenir dans cet engagement envers moi-même et de me dire s'il y a bien une seule personne à qui je dois offrir ça, c'est à moi. Parce que finalement, personne ne le fera à ma place. Il y a des cadeaux dans l'hypersensibilité, mais il y a aussi des choses qui sont parfois difficiles. C'est qu'en tant qu'hypersensible, tu sens, malgré ce que les autres vont pouvoir te dire. Mon entourage avait beau me dire « Oui, on est là pour te soutenir » , je sentais que c'était que des peurs qui parlaient, qui étaient là. Et moi, j'avais vraiment cette invitation à rester dans ton centre et ne te laisser pas toucher parce qu'ils pourraient te faire t'écrouler ou t'effondrer. Et juste, soit focus, soit déter sur pourquoi tu fais ça. Ça, ça a été, je dirais, le plus difficile, de ne pas lâcher mon centre.
- Speaker #0
Et du coup, comment tu t'es mis en mouvement vers ce nouveau chemin ?
- Speaker #1
Je suis partie en week-end sur Annecy, du coup, quand je suis rentrée de ce voyage. C'est comme si le petit poussé, l'univers, était en train de me guider. En discutant avec ma mère, elle m'a dit « Ah, mais je crois que j'ai un couple d'amis, son fils, sa copine, qui habitent sur Annecy, c'est un peu un bic-mac, mais tout s'est ouvert à ce moment-là. Et c'est ça aussi qui est venu me conforter dans les choix que j'étais en train de faire. C'est que aussi difficile et inconfortable était la situation, la transition dans laquelle j'étais. Ça s'est tellement placé avec justesse et évidence. En l'espace de deux semaines, j'avais trouvé un cabinet en tant qu'infirmière où j'allais pouvoir remplacer, même si à la fin, ça s'est terminé parce qu'il y a eu le burn-out. Mais tout s'est enchaîné avec tellement de justesse que je me suis dit, je dois être là-bas. Et donc, du coup, j'y suis allée, comme dit, en l'espace de trois mois. J'ai rendu mon appartement à Strasbourg. J'ai fait mes cartons. Mon père m'a aidée à déménager et je suis arrivée là-bas. Et ça a été le début de quelque chose de nouveau.
- Speaker #0
Ouais, est-ce que tu veux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
Ouais, je pense que c'était juste la suite logique de ce que je me quittais à Strasbourg. Déjà, arriver dans un endroit entouré de montagnes et d'eau. Je sentais dans l'environnement cette sécurité que la terre m'a portée, de sentir un élan d'ouverture, de « je vais pouvoir enfin être moi-même loin des personnes qui m'ont toujours connue » et accepter de déranger en fait, vu que je ne connais personne, je ne vais pas déranger grand monde. C'est comme si ça m'a permis vraiment de me reconnecter à moi-même sans les perturbateurs extérieurs qui viendraient déroger à ma fréquence à ce moment-là, parce que j'avais vraiment besoin en fait. Comme quand on va dans Vipassana et qu'on est dix jours dans le silence, juste connecté à soi, j'avais ce besoin de venir couper de l'extérieur pour vraiment me retrouver. Et ensuite, ça a été ouvrir ma première entreprise pour avoir des actions qui étaient alignées aux paroles, aux mots que j'avais, de vouloir vraiment être épanouie dans ma vie.
- Speaker #0
Là, tu voulais développer ton activité d'infirmière, te relancer en tant qu'infirmière ?
- Speaker #1
Non, je voulais continuer à travailler en tant qu'infirmière Merci. Parce que financièrement, ça me faisait flipper de ne plus rien avoir. Puis vu que j'étais en libéral, je n'avais pas d'aide, droit au chômage ou rien du tout. Donc, c'était continuer à mi-temps en tant qu'infirmière. Et en parallèle de ça, développer les soins, le côté thérapeute, le côté infirmière, mais plus de l'âme que du corps humain. Et en fait, j'ai fait un burn-out très rapidement en arrivant sur Annecy. Parce que c'était quand même beaucoup de changements d'un coup. Et c'était comme là la vie qui me montrait encore une fois de... En fait, de vouloir repartir en arrière dans le détrempeur. Vas-y, va à fond, va devant, va, avance. Et donc de là, je me suis dit, il faut que je me bouge. Et donc, j'ai utilisé cette médecine de l'action pour dépasser mes peurs, transcender tous ces espaces qui venaient me limiter, de j'y arriverai jamais, de qu'est-ce que je suis en train de faire, et pourquoi, et comment. Et donc du coup, j'ai appelé toutes les personnes des pages jaunes. Au fur et à mesure, de fil en aiguille, les choses se sont développées. Le bouche-arrêt a commencé à fonctionner. Et du coup, j'ai développé aussi mon activité, mon ressenti, les résultats que je pouvais avoir. Ça s'est fait finalement petit à petit, toujours dans « écoute-toi » , parce qu'à chaque fois que je sortais de l'écoute et de mon centre et de mon alignement, la vie me rappelait à l'ordre, en mode « c'est pas par là qu'il faut que tu ailles, tu rames » , soit parce que ça ne fonctionnait pas, soit parce que j'avais cette tendance à être un peu acharnée, tête brûlée, en mode « je veux que ça fonctionne comme ça, donc du coup je vais faire en sorte que ça fonctionne » . Et en fait, au bout d'un moment, on me dit « mais… » . Peut-être que si ça ne fonctionne pas comme j'ai envie que ça fonctionne, c'est juste la vie qui vient te remercier. Pas par là. Il y a un autre chemin que tu ne vois pas encore.
- Speaker #0
Il y a deux choses que j'entends là qui sont intéressantes. Déjà, la première, c'est de se dire que ce n'est pas parce qu'on ressent quelque chose profondément que la mise en action est facile, parce qu'on a toujours le mental qui vient aussi nous amener des peurs. Donc, c'est jongler entre ce que je ressens profondément et ce que le mental peut nous faire faire. Donc, parfois, là, effectivement, même si tu as eu... ce besoin, cette envie de partir, de reconstruire une vie ailleurs, tu as ton mental qui te rattrape et qui te fait expérimenter les mêmes choses dans un autre environnement pour te diriger aussi sur d'autres voies.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Et ça, je dirais, ça fait peu de temps que je l'ai capté. En tout cas, que j'arrive à moins me laisser emporter. C'est de m'en rendre compte parce que j'étais... Moi, je suis un peu une bisounours aussi. J'aime la magie, j'aime... J'ai cette tendance facile à me raconter des histoires avec des licornes et des marshmallows roses en mode tout est simple, tout est beau et tout est magique. Et du coup, j'avais ce désir ardent de « mais moi, je veux que ce soit simple » . Et donc, à chaque fois que c'était difficile, j'avais tendance à baisser les bras, à lâcher et à faire marche arrière. Et en fait, ce que j'ai capté là, surtout depuis que je suis devenue maman, ça a été du coup le deuxième palier. À un moment, tu me demandais quels ont été les moments clés à l'écoute de cette voix intérieure. Le deuxième moment clé, c'est le moment où je suis tombée enceinte de ma fille, où j'ai accouché et où il y a eu le postpartum. Et à ce moment-là, j'ai vraiment compris que ce n'est pas parce que ce n'est pas simple que ce n'est pas la bonne direction. Là où, surtout quand j'étais sportive de haut niveau, où je m'entraînais énormément, j'avais ce côté performance, discipline, rigueur qui faisait que je déconnectais la tête. j'avais un entraînement, un planning sur la semaine et j'y allais et en fait ça m'a cramé derrière j'ai revécu ça un petit peu là en devenant maman de me rendre compte que c'est pas tant la performance et le fait d'être dans la rigueur qui aide à maintenir son cap mais à un moment ou à un autre on passe par une phase d'inconfort où on aimerait baisser les bras où la tête s'active et c'est le moment où il faut surtout pas lâcher Merci. Et c'est pas ne pas lâcher en mode guerrier qui va tout péter et donc du coup notre côté intérieur énervé, masculine, désaligné, mais plus de revenir dans l'amour inconditionnel de soi-même, cette notion de mérite, qui fait que parce que je m'aime tellement et que j'ai envie profondément de m'offrir ce dont je rêve, je vais pas lâcher. Les actions restent les mêmes, mais qui je suis quand je fais les choses ? ça n'a rien à voir et du coup derrière les résultats l'impact qu'on va avoir dans la réalité dans la matière va être complètement différente et ce que j'ai compris c'est qu'il y a des phases où on est invité à passer par l'effort et où du coup ce sera pas simple où ça va coûter de l'énergie du temps plein de choses où ça va être même parfois même douloureux jusque dans le corps fini parce qu'en fait dans ces moments là l'effort permet de muscler cette connexion à cette voie intérieure, à notre âme. Et donc du coup, c'est exactement dans cette période de vie-là qu'on vient recréer, à mon sens, des nouvelles connexions neuronales, des nouveaux chemins qui vont nous permettre de sortir de nos croyances limitantes pour créer des croyances qui vont venir nous porter, qui vont venir nous servir, qui vont venir nous soutenir dans ce qu'on désire. Mais le temps que ces nouvelles croyances se fassent, que ces nouveaux chemins neuronaux se créent, il y a une phase d'inconfort qu'on va traverser, une phase de contraction, une phase de désespoir, une phase de fatigue intense. Et pour moi, c'est normal. Et aujourd'hui, j'arrive même à me dire, ok, je suis dans cette phase-là, c'est que je suis presque au bout du tunnel, mais que ça va me demander le dernier effort. J'aime beaucoup prendre l'exemple de l'accouchement physiologique, parce que du coup, pour ma première, j'ai eu... J'ai eu un désir d'accouchement physiologique, donc je me suis pas mal renseignée dans ce côté curieux de la vie. Et en fait, dans l'accouchement physiologique, à un moment donné, on passe par une phase de désespérance. C'est le moment où... Le bébé est en train de descendre, le col est complètement dilaté, ouvert, le bébé descend et c'est juste avant la phase d'expulsion. Et ce moment de désespérance quand on accouche, c'est le moment où on se dit « donnez-moi la plébiscite, j'ai trop mal ! » « Je vais mourir, je vais crever, je vais… » Voilà, ça c'est la phase de… en fait c'est vraiment le désespoir qui nous touche. Et juste après, il y a l'expulsion du bébé, il sort et il y a la délivrance. Et bien dans la vie, c'est pareil. On touche des fois cette phase de désespérance, de désespoir, où on baisse les bras. Et où en fait, soit on le voit comme un échec. Et moi, c'est ce que je voyais jusqu'à... Il n'y a pas si longtemps que ça. À chaque fois que j'étais dans cette phase de baisser les bras, je me disais, mais je ne vais jamais y arriver. Et du coup, j'étais très culpabilisante envers moi-même, très dans le jugement, dans le désamour de moi. Jusqu'à ce que je me dise, et si cette phase-là, c'était le moment où justement je suis invitée à ne pas lâcher, à y aller ? pour que derrière, il y ait l'ouverture, il y ait l'expulsion, il y ait l'expansion. Et à partir du moment où tu le vis, une fois, il y a une expérience qui s'ancre dans le corps et dans tes cellules, qui fait que tu t'en souviens, et tu sais que les fois où la désespérance revient, le désespoir revient, l'envie de lâcher, de baisser les bras revient, il y a ce truc dans le corps qui se réveille au-delà de la tête. C'est comme le cœur qui lide beaucoup plus fort que ton mental, et qui te dit « ok, ne lâche pas » . c'est surtout pas le moment de lâcher c'est juste le moment d'aller pousser une dernière fois pour que l'expansion arrive derrière et ça ça a été vraiment une leçon, un enseignement de la vie de me rendre compte que tout ne peut pas toujours être simple mais c'est pas parce que c'est pas simple qu'on est pas au bon endroit c'est parfois justement d'accepter d'être dans l'inconfort et dans la difficulté qui nous montre qu'on est exactement au bon endroit et que c'est à cet endroit là qu'on se forge, qu'on grandit, qu'on se consolide. On apprend aussi de la vie. Parce qu'il faut se souvenir qu'en tant qu'être humain, on s'est incarné sur Terre pour vivre des expériences. Si tout était facile, on serait déjà reparti. Et c'est dans ces moments-là, finalement, les plus durs, qu'on grandit le plus.
- Speaker #0
Et du coup, toi, dans cette nouvelle vie que tu voulais te créer à Annecy, est-ce que tu as eu ces moments vraiment de désespérance ?
- Speaker #1
Ah ouais. Ouais, justement, je pense que de 2017 à 2023, j'ai vécu les moments les plus sombres de ma nuit, tant émotionnels que physiques, que financiers. Il y en a certains qui appellent ça comme la nuit noire de l'âme. C'est des moments où vraiment on est en quête de sens. C'est ça qui m'a fait partir, c'est ça le moteur qui m'a fait prendre cette direction et fait ces choix. Mais il y a des fois où je sentais que j'étais dans les profondeurs, dans les abîmes. Et à chaque fois que j'y étais, je me disais, mais quand est-ce que ça va s'arrêter ? Quand est-ce que je vais pouvoir en sortir ? Des fois, ça faisait même peur de se dire, encore plus parce que j'étais infirmière, de me dire, ok, est-ce que là, je suis en train de passer à côté de quelque chose qui demande à être médicalisée ? Ou est-ce que c'est juste normal ? Donc, j'ai aussi choisi de prendre soin de moi et de me faire accompagner par plein de thérapeutes différents à ce moment-là pour ne pas être seule. et pour justement avoir ce collectif qui me permet de garder mon cap même quand c'est difficile et de pas laisser ces histoires mentales et émotionnelles prendre le dessus et continuer à me limiter et sortir vraiment de cette carapace qui avait été construite. Mais ouais, il y a eu des grands et longs moments de difficultés.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous en partager un notamment ? Parce que c'est vrai, on peut se dire qu'à un moment donné, quand on suit son instinct, ce qu'on ressent profondément, quand on est amené à quitter un travail, on se met en insécurité financière. Finalement, la sécurité financière, c'est un peu ce qui nous fait prendre des décisions ou ne pas les prendre d'ailleurs. Exactement. Et donc, est-ce que tu peux nous partager ce que tu as vécu par rapport à cette précarité ? Qu'est-ce que ça t'a amené dans la vie et comment tu en es ressortie plus grandie ?
- Speaker #1
En fait, je pense que la dégringolade s'est faite au fur et à mesure. Et au moment du Covid, je me continuais à bosser un peu en tant qu'infirmière. Et j'étais malade, je me suis mise en arrêt. La prévoyance, l'assurance privée a refusé de me payer mon congé maladie à ce moment-là parce qu'on était beaucoup d'infirmières à tomber malades. Et ça a été une dégringolade financière, du coup, parce que finalement, mes charges continuaient de courir. Et étant donné que j'étais malade, je n'avais pas de revenus qui permettaient de courir les charges qui sortaient. Je pense que ça a été le pompon, la cerise sur le gâteau, quoi. Ce truc de... Ça, c'est vraiment venu m'achever de me dire, « Ouais, mais autant l'insécurité émotionnelle, l'insécurité sous toutes ses formes. » J'arrivais à... maintenir le cap, autant là, quand c'est venu toucher les finances, je me suis dit, mais je vais jamais y arriver. Aujourd'hui, faut se le dire, sans argent, on n'est rien. Enfin, moi, j'ai toujours rêvé de travailler et d'offrir mes dons et mes talents sans avoir à me faire payer, mais personne ne paye mon loyer, personne ne paye mes courses, et c'est venu me chercher vraiment dans cette insécurité basique, essentielle de j'ai pas de thunes, je peux pas payer mon loyer, je peux pas payer mes courses. je ne peux pas payer mon électricité, comment je vais faire ? C'est vraiment venu me rapprocher de la mort, en tout cas dans les sensations, de me dire, si on continue comme ça, je vais crever, je vais me retrouver dehors, SDF. Alors forcément, ça vient chercher toutes les projections mentales que tu peux avoir de pour qui je vais passer, mais derrière ça, ça vient vraiment toucher ton instinct primaire. Et en fait, au même moment que je vivais cette précarité, je voyais mes dettes s'agrandir, le découvert. continuer et je travaillais en tant que thérapeute mais en fait arrivé à un moment donné ben tout ce qui rentrait ressortait pour payer les charges puis quand tu as découvert ça part dans les agios ça part dans les machins dans les trucs et j'avais vraiment l'impression d'être un panier percé et je me disais mais qu'est ce que je comprends pas qu'est ce que j'ai mal fait qu'est ce que qu'est ce que qu'est ce que vraiment dans cette masturbation intérieure mentale là et puis je suis tombée enceinte une première fois j'ai réattrapé le covid et une fois une fausse couche tardive donc Première machine à laver, dans l'insécurité que je suis en train de toucher, plus le fait que tout s'effondre dans mon corps parce que je suis en train de perdre mon bébé. Et comme plus rien n'avait d'importance, juste la vie que j'étais en train de porter, je suis en train de la perdre. Puis quelques mois plus tard, je fais mon deuil. Quelques mois plus tard, je retourne enceinte de Joy, du coup de ma fille. Et à ce moment-là, elle porte bien son prénom, c'est venu réveiller un truc à l'intérieur de moi. Dans cette notion de mérite en fait, de me dire... C'est pas la vie que j'ai choisi d'offrir à mes enfants. C'est pas l'engagement que j'ai pris en devenant maman, en choisissant de devenir maman, d'offrir une vie de précarité comme ça. Et derrière, je me suis dit, waouh, mais quelle est la vie que je suis en train de m'offrir depuis toutes ces années ? Où finalement, je suis toujours là pour les autres, à vouloir sauver les autres, mais moi, je ne me regarde même pas. Et ça m'a vraiment mis devant le miroir de à quel point j'étais en désamour de moi-même, à quel point je ne m'aimais pas. Dans les actions, je pouvais peut-être me faire croire que je prenais soin de moi. Mais en fait, dans les actions, je n'avais pas des actions qui étaient alignées avec l'amour inconditionnel de moi-même. Et au moment où Joy est arrivée, où j'ai accouché, il y a un truc qui s'est passé. Je crois que c'est à la fois le moment où j'ai le plus perdu foi en la vie, où je me suis dit, franchement, ce côté nouveau monde, nouvelle conscience. relation à l'argent consciente etc en fait bullshit je lâche, j'arrête de me faire croire qu'il y a quelque chose d'autre qui existe à la fois je lâchais et à la fois je me suis retrouvée pour la première fois de ma vie dans une posture de prière intérieure dernier appel à la vie de si t'existes vraiment montre moi que t'existes genre maintenant, pas plus tard maintenant et à ce moment là par une magie de synchronicité Merci. Il y a des choses qui sont arrivées dans ma vie, notamment ce mouvement d'économie qui est arrivé et qui est venu réouvrir plein de choses. Autant j'ai fait une descente aux enfers pendant cinq ans, autant la remontée derrière a été fulgurante et elle est juste venue appuyer tout ce que j'avais vécu seule, sans trop comprendre pourquoi, mais vraiment par l'expérience. Ça m'a permis de venir ramener de la conscience sur tout ce que j'avais vécu ces dernières années. Là où j'avais lâché, où en fait j'aurais jamais dû lâcher parce que j'étais toujours un poil de cul de réussir, dans les cinq années où tout a dégringolé, à chaque fois que c'était difficile, je lâchais. Et je finissais par chercher une autre voie, chercher une autre direction. Là où ce que j'ai compris, c'est que si je n'avais pas lâché à ce moment-là, ça n'aurait peut-être pas duré aussi longtemps. Et en même temps, de me dire que pour une raison ou pour une autre, ça devait se passer. Ça a ramené énormément d'humilité dans ma vie. Ça m'a ramené à énormément de simplicité aussi, en ouvrant ma conscience à tout ce qu'on peut faire sans argent et tout ce qui a de la valeur au-delà de ce qui peut être monnayable. Et aujourd'hui, je sens que je suis dans une phase de rééquilibrage où j'ai vécu l'abondance en tant qu'infirmière, enfin l'abondance, la suffisance en tant qu'infirmière, la précarité ensuite, et là vraiment de revenir dans c'est un juste équilibre de vie finalement. Et c'est là où je me suis dit, et ça j'ai toujours dit à ma mère quand j'étais au téléphone, je lui ai dit je comprends pourquoi il y a autant de personnes qui peuvent se suicider en vivant autant de difficultés parce que vraiment c'est dur quand t'as des appels de la banque, de toutes les institutions extérieures qui te mettent la pression en mode qu'est-ce qu'on fait et que toi tu es en train de trimer en mode qu'est-ce qu'on fait, je suis en train de chercher des solutions pour sortir de ça et j'arrive pas en fait de chercher de l'aide et de pas en avoir, en tout cas de pas en avoir eu au bon endroit.
- Speaker #0
enfin là où je cherchais l'aide elle était là mais je la voyais pas parce que je la cherchais pas dans un endroit et j'étais pas prête à m'ouvrir à la recevoir de là d'où elle venait parce que j'étais persuadée que c'était par une forme spécifique qu'elle devait arriver et pas par d'autres formes quand tu dis la vie m'a invitée à prendre soin de moi avant de prendre soin des autres est-ce que cette conscience là aussi te remet un peu au centre et t'ouvre des possibilités différentes ah
- Speaker #1
bah clairement Parce que du coup, elle te fait sortir de tous ces espaces de sacrifice, en tout cas, dans lesquels moi, je rentrais. En tant qu'infirmière et en tant que femme, c'est facile de rentrer là-dedans. Et juste de me mettre face à une des peurs que j'avais de paraître pour égoïste, si je pensais à moi. Et de me rendre compte qu'en fait, si tu ne penses pas à toi, personne ne va penser à toi. De voir à quel point je mettais une pression inconsciente à l'extérieur de, si moi, je te mets en priorité, il faut que toi, tu me mettes en priorité aussi. Du coup, toutes mes relations ne fonctionnaient jamais. Parce que soit c'était trop énergivore pour les autres, soit c'était jamais assez. Donc, il n'y avait pas d'épanouissement, en fait, dans les relations. Et elle finissait toujours par s'arrêter, que ce soit amicale ou amoureuse. Et du coup, le fait de devenir maman, et je me souviens, je l'avais, elle devait avoir 10 jours, je l'avais dans mes mains comme ça. Et ce qui m'a traversée, c'est à la fois de connecter à cette pureté que sont les enfants à ce moment-là. c'est à dire que eux ils ont pas de sphère mentale surdéveloppée. Eux, ils sont là juste dans ce côté pur de... Ils n'ont rien demandé à personne, ils sont juste là. Donc, il y a eu quelque chose qui a été réveillé à ce moment-là quand j'ai regardé ma fille. Et en même temps, de sentir que ça me donnait une force supplémentaire pour me dire que ce n'est pas l'exemple de femme que j'ai envie d'être pour ma fille. Je n'ai pas envie d'être celle qui se perd, alors que j'ai fait tous ces choix depuis 2017 pour me retrouver. Là, la vie vient me montrer qu'en fait, il y avait encore des choses à lâcher pour vraiment être à mon centre. Et je sais que son arrivée m'a vraiment aidée à sortir justement de tous ces espaces de sacrifice pour faire des choix en conscience dans ce qui était juste pour moi, encore une fois, même si ce n'était pas juste pour les autres.
- Speaker #0
Quelles sont ces choses que tu as dû lâcher ?
- Speaker #1
J'ai dû lâcher plein de choses et ça arrive au fur et à mesure. Et même encore aujourd'hui, il y a des choses qui arrivent. et c'est pour ça que... Pour moi, le développement personnel, ou en tout cas, la médecine holistique, est un bijou. C'est-à-dire que ce n'est pas l'un ou l'autre, en fait. Pendant très longtemps, j'étais dans la radicalité. Une fois que j'ai arrêté de travailler en tant qu'infirmière, de « oui, la médecine allopathique, c'est de la merde, il faut arrêter de l'utiliser » . Et je suis revenue un peu dans le centre de « en fait, elle est utile quand on en a besoin » . Et en même temps, il y a plein d'autres techniques qui nous permettent d'aller travailler le fond. pour éviter qu'à un moment donné, la forme et le corps physique en pâtissent. Et donc du coup, qu'est-ce que j'ai lâché ? Je suis allée enlever les couches de l'oignon au fur et à mesure. Donc ça a été la loyauté envers ma famille, ça a été les conditionnements dans lesquels j'ai grandi, ça a été la place de l'homme et du masculin au sein de la famille et notamment avec les femmes, de m'autoriser à être dans ma pleine puissance en tant que femme et de pouvoir l'exprimer pleinement sans avoir peur. peur de déranger, de nuire, sans être gênée aussi de me montrer là-dedans.
- Speaker #0
Ouais, super. Et qu'est-ce que tu incarnes aujourd'hui que tu n'aurais jamais imaginé incarner il y a 15 ans de ça ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. J'adore. Je dirais ça se voit plus dans le faire. Si tu m'avais dit, adolescente, que j'allais faire tous ces choix de vie, De quitter ma famille alors qu'on n'avait jamais déménagé, d'aller dans un endroit où je me retrouvais seule, de voyager dans des pays étrangers, alors que ma plus grande peur, c'était de ne pas me faire comprendre parce que je ne parlais pas anglais. Je trouvais que je n'aimais jamais de la vie. Et en fait, aujourd'hui, je pense que j'aurais jamais cru être aussi audacieuse et culottée, en quelque sorte. Il y a des fois où je suis hyper peureuse. C'est ça qui est fou, c'est qu'il y a une radicalité encore.
- Speaker #0
Quel message t'aimerais faire passer à ces gens qui peuvent être dans cette situation-là de doute, d'inconfort, qui sentent qu'au fond d'eux, il y a quelque chose qui bouillonne ? Mais leur mental les garde dans des schémas enfermants. Ce serait quoi, là, ton message ?
- Speaker #1
Allez-y !
- Speaker #0
Go !
- Speaker #1
Allez-y ! Allumer le feu aux fesses et laisser le turbo partir. Non, c'est ça, c'est soyez dans l'audace, en fait. C'est une des phrases que je retiens, que je me répète souvent. Quand j'ai peur, j'y vais. Donc, c'est laisser cette audace vous traverser et vous accompagner. Ça, c'est vraiment... Pour moi, un message essentiel que j'ai à cœur de transmettre à mes enfants, en fait, déjà à la base, parce que tout mon vécu là, tout ce qu'on vient de raconter, ce qui aujourd'hui me touche et me met en gratitude, c'est que je sais que je l'ai traversé pour moi, mais pour mes enfants et pour le collectif. C'est-à-dire que mon expérience me permet aujourd'hui de transmettre un message, d'incarner quelque chose, d'être un exemple pour les personnes, les femmes et les hommes. qui se sentiront appelés et surtout de laisser les personnes être libres d'être celles qu'elles sont véritablement. Pas au travers de mauvais masques, mais juste laisser les cœurs parler en fait.
- Speaker #0
Merci de déposer ça parce que c'est un peu le concept de ce podcast. C'est effectivement que chaque histoire personnelle devienne une histoire universelle qui peut toucher et inspirer celles ou ceux qui écouteront cet épisode. Donc merci infiniment. On arrive presque à la fin de cet épisode. Alors, deux petites questions encore. La première, c'est si tu devais résumer ton histoire en une phrase, ça serait laquelle ?
- Speaker #1
Je dirais accepter de toucher le fond pour aller encore plus loin, encore plus haut.
- Speaker #0
Merci, beau message. Et je ne sais pas, là, est-ce que tu as quelque chose que tu n'as pas encore dit, que tu aimerais rajouter ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que j'aurais envie de rajouter ? Ce qui me touche, c'est de sentir qu'au travers de cette discussion, il y a déjà quelque chose qui vibre et qui se partage. Et comme tu le disais, au travers de cette création de podcast, que finalement les histoires de tout à chacun puissent contribuer à l'expansion et à la vie des personnes qui sont dans cette période de doute. Ça me ramène à cette notion de collectif, de me rendre compte que seule on peut y arriver, mais qu'ensemble on peut aller plus loin. Et moi, c'est ce qui m'a vraiment portée et ce que je pourrais ragoûter du coup, c'est n'hésitez pas à parler, à se faire accompagner, à être soutenue, à s'ouvrir, à recevoir de l'aide du collectif. Je crois qu'aujourd'hui, on est dans une société de performance où il faut toujours aller plus vite et faire plus pour prouver qu'on est capable, qu'on mérite. Et s'il y a bien un truc que j'ai envie d'ajouter, c'est oser être dans la vulnérabilité de votre être, oser être dans cette humilité, oser lâcher tout ce que vous portez sur vos épaules pour ne plus avoir à faire seul et aller expérimenter le faire ensemble. Toutes ces années, je l'ai fait seule et à partir du moment où j'ai été dans ce mouvement et où j'ai trouvé un collectif qui finalement avait des valeurs en commun, une conscience en commun, ça m'a portée en fait, ça m'a vraiment donné des ailes. dans les moments où c'était dur et où j'avais envie de baisser les bras, de sentir qu'il y avait ces personnes qui étaient autour de moi, prêtes à me soutenir. « Non, Laura, ce n'est pas le moment de lâcher, va, lui, donne tout ! » Et du coup, c'est comme un peu ce truc de compétition où tu es à 10 mètres de ta ligne d'arrivée, où tu n'en peux plus, où tu es à bout de force, et où il y a cette force intérieure, parce que les gens t'encouragent, qui te traversent et qui te permettent d'aller, de puiser des forces qui sont juste inestimables. Ça, c'est la puissance du collectif. Donc c'est ça que je pourrais rajouter. Ce n'est pas attendre d'être soutenu par l'univers, c'est faire le premier pas et l'univers te soutiendra.
- Speaker #0
Oui, merci beaucoup. Moi, là, ce que j'ai envie de rajouter à la fin de cet épisode, c'est merci la vie de t'avoir mis sur mon chemin. Et ce que je retiens aussi, c'est cette phrase que tu as prononcée, j'ai peur, mais j'y vais. Oui. Je crois que souvent, derrière la peur, il y a de belles choses qui s'ouvrent. à nous. Donc, merci infiniment Lorane pour ce partage. On arrive à la fin de cet épisode. Comment tu te sens là ?
- Speaker #1
En joie. Ouais. En gratitude et en joie d'avoir pu passer ce moment déjà ensemble, de savoir que ça viendra peut-être toucher des cœurs et soutenir des personnes dans le tumulte de la vie. De me dire que c'est ma petite part aussi à moi dans le monde pour rêver d'un monde meilleur et pour aller le créer en fait, pas juste le rêver. Et ça, c'est hyper important de me dire... Je mets ma pierre à l'édifice pour le monde d'aujourd'hui et le monde de demain que je laisserai à mes enfants pour que quelque chose de plus conscient, de plus juste, de plus connecté à la paix puisse exister.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Avec joie.
- Speaker #0
Merci pour ce témoignage puissant, sans tabou, profondément inspirant. Si vous avez été touché, inspiré, secoué même un petit peu, c'est peut-être que vous êtes prêt, vous aussi. à suivre votre âme. Si cet épisode t'a inspiré, partage-le un peu partout autour de toi, sur Instagram, Facebook, LinkedIn. N'hésite pas à laisser une note et un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Je te dis à très vite dans le prochain épisode de Cap vers toi. Adi chat !