- Speaker #0
Pourquoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par ces récits de vie et par cette quête de sens qui anime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien au-delà des cercles habituels qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap, de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais croisées autrement. Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti ! Comment passer d'une vie où l'on se protège, où l'on contrôle tout, à une vie où l'on s'ouvre, où l'on fait confiance, où l'on lâche prise ? Alors plusieurs chemins sont possibles, mais dans cet épisode, nous allons explorer l'un d'entre eux. Aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Laetitia, mon invitée du jour, qui a traversé ce passage. Pendant longtemps, elle a fonctionné en mode bulldozer, travailleuse sociale, militante, fonctionnaire engagée, mère parfaite, mais souvent dans le sacrifice et le besoin de tout contrôler. Aujourd'hui, elle avance autrement. Dans cette conversation, tu vas découvrir une femme qui avance avec foi sur le chemin du cœur, qui a appris à accueillir ses ombres autant que sa lumière, à se tenir debout et à offrir sa couleur au monde. Alors, laisse-toi inspirer par cette rencontre Cap vers toi, Cap vers Laetitia. Bonjour Laetitia, bienvenue dans ce nouvel épisode de Cap vers toi.
- Speaker #1
Bonjour laure.
- Speaker #0
Merci infiniment d'avoir accepté mon invitation. Je t'ai rencontrée grâce à une amie. Et si tu écoutes ce podcast depuis le début, toi, cher auditeur, tu sais combien je crois à la puissance des rencontres. Elles ne sont jamais là par hasard, elles nous accompagnent, elles nous transforment, elles nous ouvrent de nouvelles portes. Laetitia, pour moi, c'est exactement ça. Une rencontre qui m'a fait découvrir une autre dimension de la vie, une spiritualité concrète, vivante. Avec elle, on parle librement des guides, de l'invisible, mais pas que. Nous avons choisi de nous asseoir ensemble face à ces micros. sans scénario figé, parce que ton histoire, c'est celle d'un passage du contrôle à la confiance, de la peur à l'ouverture, et plus particulièrement à l'ouverture du cœur. Et donc, nous avons souhaité laisser place à ceux qui doivent émerger dans l'instant présent de cette conversation. Tu es prête ?
- Speaker #1
Oui, je suis prête.
- Speaker #0
Allez, c'est parti ! Comment tu te sens là ? Ici et maintenant, à l'idée de partager ton histoire.
- Speaker #1
Je suis super émue par ton résumé qui me rappelle le chemin parcouru et que tout le chemin qui reste encore à parcourir. Je suis contente d'être là et j'espère être plus honnête, intègre et authentique avec celui pour te partager de ma petite expérience.
- Speaker #0
Je n'en doute pas. Donc fais-toi confiance et on y va ensemble. Qu'est-ce qui t'a poussée à dire oui à cette invitation ?
- Speaker #1
En fait, il y a quelque chose qui pousse en moi de partager mes découvertes intérieures et de pouvoir soutenir chaque personne qui s'intéresse à son monde intérieur et qui aimerait s'ouvrir. De pouvoir leur communiquer que c'est possible, même si on a l'impression des fois d'être piégé. On se prend pour système et mécanisme et que c'est difficile de les regarder. En fait, si on apprend à être gentil et qu'on comprend que la vie est gentille. Alors, change.
- Speaker #0
Tu as employé ce mot « monde intérieur » . Est-ce que tu peux le définir pour ceux qui pourraient ne pas bien le comprendre ?
- Speaker #1
Le monde intérieur, c'est très vaste pour moi. C'est un mélange entre l'énergie qui circule en nous et qui nous pousse à nous lever le matin, tous ces élans qu'il y a pour faire des choses, pour actionner, qui sont mélangés avec plein de pensées, de jugements, de croyances, etc. Et au milieu de ça, il y a une espèce de bordel émotionnel qui fait... Parfois, il y a plus de vagues, on se sent submergé. Et en fait, au fond de ça, il y a comme un océan calme d'amour qui croit en quelque chose de... de possibles dans la paix qui inspirent à vivre les relations en harmonie et de pouvoir exprimer cet amour. Et ce monde intérieur est composé de ce fond là, moi, qui est en chaque être humain, et à l'intérieur de moi je peux le sentir. Il y a tous ces obstacles et ces espèces de réactions et ces activateurs qui font bouger cette mer qui est calme à la base, et c'est apprendre à surfer le monde intérieur. Pour moi, c'est comme ça, c'est surfer sur tous les mouvements. Et comme tu disais tout à l'heure, tu as dit fais-toi confiance, c'est ça, c'est faire confiance à ces mouvements, de les accueillir, de les regarder et d'essayer de se comprendre et d'apprendre à ramener le calme. Et voilà, dans ce monde, tu as l'air à une espèce de contradiction permanente entre ce que je voudrais être et ce qui peut être, avec mes empêchements, mes idées, mes peurs, mes protections, etc. Et mon chemin aujourd'hui, c'est que j'aimerais faire un avec ça et intégrer tout.
- Speaker #0
J'aime beaucoup cette image de mer intérieure. Et d'ailleurs, je me demande comment le monde extérieur vient influencer notre monde intérieur. Quelle place il prend dans la compréhension de son propre monde intérieur ?
- Speaker #1
C'est une question très intéressante. Pour moi, le monde extérieur est le reflet de mon monde intérieur. C'est-à-dire, ce qui se passe dans la vie, ce que la vie m'amène, c'est pour me montrer quelque chose qui se passe dans mon monde intérieur que je n'arrive pas encore à voir. Et alors, chaque événement, chaque rencontre est comme une opportunité de me regarder. Et je dispose d'une maladie que j'ai développée au fil du temps par survie en premier temps, puis maintenant j'essaie de la suivre autrement. C'est-à-dire qu'il me fait danser la matière. C'est-à-dire que je pose une intention d'arriver quelque part, ou d'aller en dossier, je ne sais pas, n'importe quoi, et je pose une intention de moment antérieur d'ouvrir cette porte de là où je pense que j'ai besoin d'aller. si ce n'est pas fluide et que ce n'est pas c'est pas simple, la vie me dit c'est peut-être pas là. J'ai toujours forcé dans ma vie, puis là j'apprends à écouter que si ça force, c'est peut-être pas là. Et donc mon monde extérieur c'est un peu l'enseignant, le maître pour naviguer dans mon monde intérieur. Quand j'ai ouvert mon champ de conscience, j'ai commencé à prendre depuis l'an plus mes responsabilités. C'est-à-dire ce qui m'arrive, c'est ce que je crée. Comment je réagis, c'est ma responsabilité. Et du coup, les autres événements ont... ont un impact différent. C'est un peu sortir de la victimisation, les coups du sort. En tout cas, tu abordes la vie différemment maintenant avec cette vision.
- Speaker #0
Et donc, on y viendra effectivement, comment maintenant tu abordes ta vie. Là, si tu devais poser une image ou un mot ou autre chose qui te vient pour représenter ton histoire, ton parcours, qu'est-ce que ça serait ?
- Speaker #1
Ce qui me vient là, c'est apprendre à aimer ce qui est à l'intérieur de moi. et de l'extérieur. Et dans aimer, il y a accepter, rester connecté, lâcher pris, dire au revoir, pardonner, avoir confiance, garder la foi.
- Speaker #0
Je ressens beaucoup d'émotions en toi, Laetitia. Comme tu l'as dit, le chemin de compréhension de son monde intérieur n'est pas une mer tranquille. Il y a parfois de la houle qui nous fait tanguer. Tu as posé l'intention au début de partager en toute authenticité, je crois qu'on y est. Merci, merci pour ça. Et avant de plonger dans ton histoire, j'aimerais que tu nous partages qui es-tu aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je suis une mère de trois enfants. Je vis dans le Pays Basque, pas loin des montagnes. Je suis formatrice pour les travailleurs sociaux. Et de notre côté, je développe des activités autour d'espaces sacrés, spirituels. On nous propose des accompagnements individuels. qu'on appelle le coaching spirituel. Et aussi, je fais des guidances, des capacités médiumniques que j'utilise pour aider les personnes à découvrir leur monde intérieur et le soutien qu'ils peuvent avoir dans le visible et l'invisible. Je fais aussi des huttes de fusation, qui est une cérémonie de tradition amérindienne. Et je fais aussi des cercles d'enseignement où je partage ce que j'ai appris en proposant des exercices et de la pratique. Je fais aussi des groupes d'intervision pour pratiquer l'écoute compassionnelle. Je suis sollicitée pour accompagner aussi administrativement et coordonner des développements de projets professionnels qui ont du sens pour moi. Je suis coordinatrice d'un mouvement spirituel qui s'appelle les Spiritual Nomads, à côté de Marcus Wider qui est le fondateur. On cherche comment ouvrir au maximum des espaces de développement spirituel pour le plus grand nombre.
- Speaker #0
Donc tu n'as pas été tout le temps dans cet univers ?
- Speaker #1
Non. D'une certaine façon, oui. Mais concrètement, non.
- Speaker #0
Pour comprendre du coup comment tu en es arrivée là, je te propose de plonger dans ton histoire. Par quoi tu aimerais commencer ?
- Speaker #1
Tu veux que je te raconte ma vie ?
- Speaker #0
Ouais, je veux que tu nous racontes ta vie. Une condensée !
- Speaker #1
On sait, ok. J'ai un grand frère et une petite sœur et j'ai des parents qui sont mariés et encore mariés. Je suis arrivée dans une famille avec des parents qui ont une histoire qui est la leur, où ils ont été blessés par la vie. Et moi, je suis arrivée, j'ai été accueillie par un frère qui n'était pas forcément d'accord, je crois, au fond, pour mon arrivée. Et en fait, la stratégie que j'ai choisie pour grandir, de ce que je me souviens, de ce que j'ai peu de souvenirs, c'est que j'ai choisi la stratégie de ne pas prendre place et de la petite fille parfaite. Pour te dire, très jeune, j'étendais des machines, passais aspirateur pour soulager mes parents. Et j'étais plutôt silencieuse et solitaire. ça a été très difficile pour moi. de m'intégrer dans le groupe de père. Je me suis sentie toujours un peu à part, un peu différente. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait. Je sentais que le monde mentait. Je voyais les masques des gens. J'ai grandi dans un secret de famille. Ça a été très très douloureux, jusqu'à ce que par bonheur et par conscience et par amour, mes parents me ont libérée. Parce qu'à l'intérieur, dans mon monde intérieur, il s'est passé quelque chose ce jour-là. J'ai une gratitude infinie pour mes parents. que j'ai senti comme une espèce de bulle s'ouvrir. Et enfin, tout ce que j'avais ressenti, je pouvais voir que c'était réel. Qu'il y avait vraiment quelque chose qui était là, dessous, qui n'était pas dit. Et une fois qu'il a été nommé, ça a fait de l'espace en moi. Et là, j'ai compris que dire les choses était une médecine. Quand une chose a été nommée, ça crée une libération intérieure. Et en fait, tout au long de ma vie, j'ai vécu des choses comme ça, ces mouvements intérieurs clés, ça m'a enseigné certaines médecines. que j'ai intégré pour moi et pour aider les autres aujourd'hui. Je pense que c'est un projet d'initiation. Et ensuite, j'avais quand même du feu en moi et j'étais assez déterminée à me barrer de chez moi parce que je n'y étais pas bien. J'ai vécu des choses difficiles avec mon frère. Et donc, j'étais contente de partir. J'ai eu mon bac très tôt. Je suis partie en fac de psycho parce que ça m'intéressait. L'être humain, ça m'a toujours passionnée. Et puis bon, rapidement, j'ai vu que la fac, ce n'était pas trop le format que j'avais envie de recevoir. Et donc, j'ai commencé à faire des petits boulots. et je me suis rendue compte je ne vais pas faire ça de la nuit. Donc, je suis partie dans le travail social avec un bilan de compétences. Et là, pareil, j'ai rencontré une personne dans le bilan de compétences qui était psychologue. Et le gars, il avait démarré, il était ouvrier, il nous a raconté son parcours et il m'a transmis que tout est possible dans la vie. Tu peux aller où tu veux. C'était une rencontre clé aussi. Je me suis dit, OK, il n'y a pas de lignée dans le potentiel à partir du moment où tu mets de l'énergie dedans. Il n'y a rien qui est défini à l'avance. Et ça aussi, ça a été une prise de conscience énorme. Et donc, je suis partie dans le travail social. Et mes deux parents sont fonctionnaires. Et donc, le service, c'est quelque chose dans lequel j'ai grandi. Mes parents sont très généreux. J'ai un père qui est très droit, très rigoureux. Et une mère qui est vraiment à l'écoute dans leur qualité des autres. Et du coup, j'ai grandi aussi dans cet environnement. Et ça a été sans aucun doute une voie. Je me suis dit, là, je veux mettre au service. Et donc, je suis devenue conseillère en déconnexion sociale et familiale. J'ai été spécialisée dans le surendettement. J'ai travaillé pendant des années en travail social, à accompagner les gens à se sortir du merdier dans la matière. Puis après, j'ai devenu responsable d'un service d'aide à domicile. Je n'avais jamais dit que je travaillerais avec des personnes âgées. J'ai passé dix ans de ma vie magnifique, où j'ai rencontré des personnes en fin de vie qui m'ont partagé leur expérience et leur sagesse, et aussi qui m'ont fait côtoyer la mort. Et cet endroit, c'est l'endroit où tu fais le bilan. Il m'a pris beaucoup de plaisir à prendre soin d'eux. Et puis je suis tellement à fond, parce que j'ai un potentiel intellectuel fort, je vais y vivre. C'était une création de poste, donc pendant 10 ans, j'ai tout donné. Puis j'ai explosé, j'ai fait une dépression, voire un burn out. Je dis à raison, parce qu'entre-temps, j'ai eu deux enfants, et puis je me suis séparée. Et donc, l'accumulation de tout ce gros investissement et ces déceptions a fait qu'à un moment donné, mon corps a dit « Ok, stop » . Déjà, à l'arrivée de mes enfants, il y a des choses très importantes qui se sont passées, notamment la conscience de la puissance de donner naissance, naturellement. Moi, ça n'a fait aucun doute que je donnerais naissance naturellement. Et ça aussi, ça a été quelque chose de très puissant. Je remercie mes enfants d'être venus parce que là, j'ai commencé à vraiment rentrer à l'intérieur de moi et à creuser parce que ça réveille des choses très profondes de devenir parent, de devenir mère. Et donc là, j'ai commencé à me tourner un peu plus vers les médecines alternatives. Déjà, ma mère nous a fait baigner dedans avec l'homéopathie. On avait rencontré les professionnels un peu plus avant. alternatif. Et j'avais bien aimé. Et donc là, les enfants réveillent ça en moi. Mieux manger, jeter la télé, etc. Donc voilà, j'ouvre un nouveau champ de conscience. Et donc là, la vie me dit « bon, qu'est-ce que tu fais ? » L'année d'après, j'ai eu un grave accident. Je me suis brûlée avec de l'eau chaude. Ça a été aussi très initiatique, parce que j'étais toute seule et que je me suis sauvée la vie. Et pendant cette période d'hospitalisation, c'était comme une renaissance, parce que quand t'es brûlée, t'es dans un service un peu cocon, parce que t'as des risques d'infection graves. Là, je comprends qu'il y a des choses dans la vie qui ne vont pas, qui ne sont pas alignées, et que maintenant, il faut que je me mette au service tel que ça pousse en moi. Et donc là, j'ai fait beaucoup de rencontres qui me donnent ici aux baguettes de sourciers, etc. J'avais déjà fait des stages chamaniques, des stages de reiki, j'avais fait plein de choses, du tarot, etc. Et tous ces outils étaient en moi, c'était le bordel. Et puis là, ça s'est complètement aligné parce que la brûlure est une blessure d'ancrage aussi et je n'étais pas du tout ancrée. J'avais un égo spirituel énorme, j'avais tout compris, orgueil cosmique et je vivais au-dessus de mes émotions, au-dessus des gens. Et là, cet accident m'a ramenée. Il m'a dit, tu es à côté de la plaque. Donc maintenant, tu descends et tu viens dans la vie. Tu te laisses traverser par tes souffrances, en fait, parce que j'ai tellement fait de choses, tellement été dans l'action, dans mes élans, poussé par cette énergie aussi de la jeunesse, que je n'avais pas forcément pris le temps de digérer tout ce qui m'était arrivé. Et donc là, je rentre en digestion. Et tout change. J'arrête de fuir et je m'ancre. Et là, toute ma médiumité, toutes mes initiations et tout ça prennent forme à l'intérieur de moi d'une façon totalement différente et ont beaucoup plus d'impact sur moi et aussi sur les personnes que je rencontre. Parce que ça devient réel à l'intérieur de moi. J'arrête de nier des parties de moi. Et ce chemin vers s'unifier à l'intérieur, enfin accepter à l'intérieur et aimer ce qui s'est passé et ce qui est maintenant, ça m'a aidée à aimer les gens. Arrêter de me situer en dessous ou au-dessus. Et de vivre à l'horizontale, on est tous en chemin en fait. Et c'est pour moi le piège du développement personnel et de la spiritualité, c'est de penser à un moment donné que tu as tout compris, tu vois. Jamais, jamais. Pour moi en tout cas, je... Je pense que ça a fait un peu me tuer, en fait.
- Speaker #0
Justement, j'aimerais revenir là, quand tu dis j'avais un égo spirituel surdimensionné. Qu'est-ce qui t'a menée à être comme ça ?
- Speaker #1
Je pense que c'est vraiment une espèce de protection, de survie, parce qu'il y a tellement de souffrance que j'ai cherché un espace où je me sentais bien. Et donc, l'espace de l'invisible, où finalement, tu peux projeter plein de choses. Tu peux penser avoir la vérité, d'avoir compris comment fonctionne l'univers et que ça m'arrive encore de le faire. Mais de penser détenir la vérité, de donner des conseils aux gens, de leur expliquer comment ça fonctionne, de dire qu'ils ont tort et que moi j'ai raison, de ne pas être touchée par les gens. Ça aussi, j'étais complètement coupée. Je ne m'intéressais pas vraiment aux gens, je ne m'intéressais qu'à moi. Qu'à moi, ma vérité, qu'on m'écoute. On voit que j'étais un être de lumière, n'importe quoi.
- Speaker #0
On dit souvent que quand on se libère de l'ego, on s'ouvre enfin avec le cœur. Est-ce que pour toi, cette prise de conscience que tu étais dans un ego spirituel, ça a marqué le début du chemin pour être plus dans ton cœur ?
- Speaker #1
Quand je redescends de là, je vois ma vie, l'état de ma vie. C'est-à-dire que je me suis séparée, que j'ai abandonné mes enfants. D'après une absence émotionnelle, une non-disponibilité, je vois que je me suis très mal traitée, parce qu'après la séparation, la garde alternée, les parents se reconnaîtront, mais il se passe comme un espace de liberté, tout d'un coup, surtout après une période de sacrifice, parce que j'ai allaité mes enfants pendant un an et demi, les deux, donc j'ai eu quatre ans quand même où mon corps était dédié à mes enfants. Et donc là, je suis sortie beaucoup, j'ai eu des comportements addictifs, et donc je ne prenais pas soin de moi. Même au niveau de la sexualité, je ne me respectais pas. J'étais dans une forme de séduction parce que je me donnais tellement peu de valeur qu'en fait, ça s'est créé comme ça. Et dans le même temps, en parallèle, je lisais beaucoup de livres spirituels, je fais des formations, je m'initiais, etc. J'avais une espèce d'ombre et lumière qui cohabitaient, mais je niais mon ombre comme si... C'est pas grave, vous avez raison, on est libre dans la vie, on fait ce qu'on veut, il n'y a rien qui est mal. Et donc là, je prends conscience de la catastrophe, de l'état de ma vie, de voir le mal que j'ai fait autour de moi par mes comportements égoïstes. Et je redescends et ça fait mal. Je veux dire, le chemin du cœur, c'est pas les bisounours. C'est ce que je croyais au début. Mais non, le chemin du cœur, c'est dire, oui, il y a des choses en moi qui souffrent et qui génèrent des comportements inadaptés. En tout cas, qui sont à l'inverse de ce que j'aimerais dire au monde, de ce que je porte en moi. Et donc là, je prends cette réalité en pleine face. Je m'en veux. Donc oui, évidemment, je vous remontre à moi-même. Comment je suis pour me pardonner ? Et là, la psychologue de l'hôpital, elle me dit « Mais Bruno, vous vous êtes sauvé la vie. Il y a quelque chose en vous qui vous aime. » Et là, ça change toute ma vie. Je me dis en fait, je me suis raconté que je ne m'aimais pas, que je n'avais aucun respect pour moi. Mais ici, il y a une part de moi qui a du coup d'amour pour moi. Et ce jour-là, c'est elle qui est entrée en jeu et qui m'a dit qu'un autre chemin était possible. Et après, mon énergie a changé et s'est dirigée vers prendre soin de l'être que j'étais. Je soute ces facettes. Et là, j'ai commencé... Par exemple, c'est Lis Moubo qui propose ça, de donner des petits noms à son égo. Donc j'ai commencé à me dire... Par exemple, j'ai des tocs. Ma maison, c'est une maison témoin parce que j'ai besoin que l'espace soit rangé et en ordre. Ça me rassure. Et quand même, je l'appelle Monica, comme Monica Gaynor, tu vois. Voilà, j'ai une part masculine très forte qui est un peu guerrière. Je l'appelais Maximus. J'ai commencé à essayer d'être amicale avec cette partie de moi. Ça aussi, ça m'a beaucoup aidée. de me dire, bon, c'est là, c'est pas grave. Voilà, parce qu'il y avait autre chose qui me venait, mais c'est parti.
- Speaker #0
Et c'est intéressant, là, ce que tu proposes de faire, le petit exercice. Le fait de donner des petits noms comme ça à différentes personnalités que l'on peut avoir, c'est accepter qui on est, finalement. Et rentrer en lien avec notre monde intérieur avec beaucoup plus d'empathie. Voilà, c'est d'être plus doux aussi avec soi.
- Speaker #1
Oui, et aussi dans... processus, les enfants m'ont beaucoup aidée parce que quand j'ai décidé de réparer ma relation avec eux, donc de me réancrer et de reprendre pleinement ma place de mère, avec plus de culpabilité bien sûr, mais en tout cas, j'essaye d'en sortir et ça, c'est un long chemin parce que je me suis rendue compte que j'avais pris le chemin de parents en me disant, j'aurai une éducation meilleure que mes parents, c'est-à-dire que je ne les blesserai pas. Mais en fait, c'est n'importe quoi ça aussi, parce que le chemin des blessures, c'est comme quelque chose d'inévitable. dans le processus. Et j'ai réalisé que là, j'avais vraiment beaucoup de travail pour les resécuriser après cette période où j'avais disparu, en fait, d'une certaine manière. Et là, ils sont tous les deux anxieux, mes deux grands. Et j'ai compris que c'est de moi qui parlais. En tout cas, ça m'a permis de plus regarder à travers eux mes mécanismes et que moi aussi, j'avais des troubles du comportement, entre guillemets. C'est exagère, mais ça a été mes enseignants de me dire OK, ils n'ont pas un problème. C'est moi qui génère un environnement et qui génère de l'anxiété. Donc, comment je peux me sécuriser pour sécuriser mon environnement, pour que mes enfants se sécurisent ? Et là, après 5-6 ans de concentration sur cette part-là, il commence à aller mieux, parce que je vais mieux.
- Speaker #0
Oui, les enfants sont souvent le reflet ou du moins, ils nous amènent dans nos parts un peu sombres. Est-ce que tu peux nous partager, Laetitia, le comportement que tu avais adopté dans cette période de vie où tout devait être parfait ?
- Speaker #1
En fait, ça s'est joué sur tous les plans. Là, au niveau professionnel, je donnais tout mon temps et toute mon énergie pour que tout soit parfait, créer des choses, en faire grandir et tout ça. Donc là, il y avait un mélange de créativité et de contrôle que je me suis rendu compte surtout... Après le burn-out, quand j'ai eu du mal à rendre le téléphone, j'avais quand même une forme d'addiction à gérer mon service. Même si ça me faisait souffrir parce qu'il n'y avait pas de retour, il y avait quelque chose que je tenais en main et que j'ai eu du mal à lâcher. Et pareil, dans ma vie personnelle, avec les enfants, je voulais être la mère parfaite, de leur donner le meilleur, d'allaiter jusqu'à... Je faisais 47 kilos. Mais il fallait leur donner le meilleur. J'avais un... Le père de mes deux premiers est très timoreux, c'est plutôt voyageur. C'était vraiment deux contrastes. Moi, je maîtrisais tout à la maison, je faisais tout et après, je me plaignais. Parce qu'en fait, moi, j'avais besoin que tout soit sous contrôle, que tout soit comme je pensais que c'était bien que ce soit, dans mes idées fermées. Et après, je m'étais engagée dans une école associative. Là aussi, pareil, je m'engageais à fond dans notre association. En fait, je n'avais pas de limites. J'étais au service, mais c'était du sacrifice. Je ne sais pas pourquoi je faisais ça en vrai. Quand je me suis réveillée et que j'ai vu dans quel état je me suis amenée pour être la femme parfaite, plus de 10 milliards de choses, en plus d'avoir un comportement fuyant, j'avais un comportement hyper contrôlant et maltraitant envers moi-même et envers les autres, parce qu'en fait, je n'étais jamais vraiment en relation. Je n'étais pas vraiment là. Je suis un peu dure avec moi-même. J'ai eu quand même des superbes amitiés. J'exagère le trait, mais... Je me suis amenée jusqu'à la limite et pouvoir dire, ok, là, tu es dans la vie d'une certaine façon, mais il y a tout un pan de ce qui est beau dans la vie qui n'est pas vraiment vécu.
- Speaker #0
Et du coup, quel événement t'a fait stopper ce contrôle ? Est-ce que c'est ton accident ?
- Speaker #1
Non, c'est le burn-out. Là, on m'a dit de rester à la maison et j'ai dormi pendant quatre mois. C'était très dur de m'occuper des enfants et c'était très douloureux. Là, vraiment, mon corps, il était... Parce qu'en plus, je faisais du sport tous les midis. Enfin, pourquoi dire ? Parce qu'il fallait aussi avoir un corps parfait. J'avais deux enfants pour continuer à être aimée par mon conjoint. Il n'y avait pas un plan qui était épargné.
- Speaker #0
Et avec du recul, ce besoin de contrôle répondait à quoi ? Est-ce que tu sais mettre des mots aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, il est toujours là et il s'exprime en particulier quand il y a des choses qui m'échappent. Justement, quand il y a beaucoup de mouvements et beaucoup d'émotions. Et donc, oui, c'est quand je me sens insécurisée, ça s'active beaucoup. Je pense qu'il y a une idée de... c'est moche, mais d'être la meilleure, quoi. Ce que j'ai vu il n'y a pas longtemps, c'est que aussi cette notion de se rendre indispensable, ça s'en va à ce qu'on dit quand ça veut dire je me rends indispensable pour l'autre, mais je demande jamais rien. Ça, je maintiens mon interprétation. que j'ai besoin de personne, que je me débrouille toute seule et que de toute façon, il n'y a personne pour m'aider. Et en même temps, je suis indispensable. Comme ça, je crée une relation de dépendance. Du coup, ça sécurise puisque l'autre a besoin de moi donc il ne va pas me quitter comme ça, en fait. Que ce soit mes enfants, mon conjoint ou des relations professionnelles, amicales, tu vois. Et se mettre à cet endroit-là pour être sûre de ne pas être abandonnée. Tu vois, c'est triste, mais quand j'ai vu ça, c'était très douloureux. je me dis, moi je t'en ai là certes tu peux enlever L'autonomie, la puissance de l'autre, sa souveraineté, pour être sûre de ne pas être abandonnée, c'est quand même une idée par une forme d'inconscience et d'ignorance d'une partie de moi-même qui a peut-être très peur d'être seule. Ça, c'est hyper difficile de le voir au quotidien. C'est tellement mécanique et automatique. C'est tellement un programme enraciné. En tout cas, celui-là, chez moi, il est fort. Et je pense que selon les personnes, on a des programmes plus ou moins forts. et c'est douloureux et c'est étape par étape. Doucement, j'appelle ça, quand je me coupe, j'appelle ça Antarctique. Je me mets comme derrière un mur de glace, c'est comme Game of Thrones. Et ma glace, elle fond au soleil de l'amour et de la sécurité quand je suis dans une relation qui m'accueille. C'est comment me l'offrir à moi-même. Ça, c'est encore quelque chose qui n'est pas facile. Je ne suis pas que d'automne, mais je ne sais pas si je le serai un jour. C'est l'humanité qui va m'aider. à reprendre confiance dans la vie et dans les êtres humains, dans toute situation, même de violence.
- Speaker #0
Merci. En tout cas, d'une manière générale, je ne sais pas si tu es d'accord avec ça, c'est à partir du moment où tu mets quand même de la conscience sur les choses, avec cette volonté de ne pas rester engluée dans une réalité, c'est quand même mieux, non ? Tu en penses quoi, toi ?
- Speaker #1
Ce n'est pas un chemin facile. C'est mieux de prendre ses responsabilités, parce que ça nous redonne aussi une forme de... Ça double franchement, il y a une forme de souveraineté, de se dire que c'est moi qui crée, c'est moi qui peux me mettre en mouvement pour que quelque part ça puisse bouger ou s'apaiser en tout cas. De notre côté, ça renvoie à une forme de culpabilité, c'est ça le piège en fait. C'est que dans l'absolu, il n'y a rien à changer dans ce qu'on est. C'est plutôt un chemin d'acceptation, parce que est-ce qu'on va changer ? Est-ce que je vais changer vraiment ensemble ? Ou est-ce que je vais apprendre à aimer ce qui est imparfait chez moi ? et que je vais arrêter de courir après l'harmonie parfaite et finalement le refus du mouvement de la vie. Tu vois, par exemple, dans le corps humain, il y a un mouvement qui s'appelle l'homéostasie. C'est-à-dire que le corps recherche, les cellules recherchent toujours l'équilibre parfait. Mais c'est tout le temps en mouvement. Il y a toujours des déséquilibres. Et après, il met de l'énergie à aller vers cet équilibre. Mais ça bouge tout le temps. Et moi, je trouve que c'est une jolie image parce que le corps, il nous raconte. tout. C'est la même chose, c'est pas séparé de notre mouvement intérieur, émotionnel. Et que j'aimerais tant que je mette de l'énergie, mais qu'en fait, il suffit d'une chose pour que ça se redéséquilibre et que je ne contrôle rien.
- Speaker #0
Et dans ce chemin du cœur, justement, là, que tu as entamé finalement, on peut dire, depuis ton accident, on peut dire ça ?
- Speaker #1
Oui, on peut dire ça.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu pourrais nous partager deux ou trois expériences ou moments clés qui t'ont fait cheminer à chaque fois un peu plus sur ce chemin ?
- Speaker #1
Oui, alors mon chemin du cœur, je pense que je suis née avec, en vrai. C'est quelque chose qui m'a toujours poussée à y rechercher. Mais là, la vie m'a mis en face que je faisais une mauvaise route. Elle m'a remise sur ce chemin. En fait, il y a des moments clés dans ma vie où j'ai fait des retrouvailles avec moi-même. Par exemple, sur le chemin de Saint-Jacques, dans des démarches comme ça, seule. J'ai fait des retrouvailles avec moi-même et j'ai senti la joie d'être en vie. Mais ça, je dirais que c'est un peu comment retrouver le calme de la mer. quand il n'y a personne autour, une active de sauce. Ce serait plutôt des trices de conscience tout d'un coup.
- Speaker #0
Par exemple, sur un espace d'entraînement, de coaching, sur la formation que je suis avec Marcus Weider, on est en groupe et on s'entraîne. Et donc, Marcus montre le coaching. Et à un moment donné, la personne qui parle de sa vie, des promos qu'elle a vécu, tout ça, elle a beaucoup cheminé, elle raconte un rêve. Et à un moment donné, Marcus dit cette phrase, il dit « mais ça peut être fini » . Et là, j'ai pleuré pendant trois jours, parce qu'en fait, j'ai réalisé que oui, ça pouvait être fini. Le cauchemar dans lequel je suis enfermée, où je crois que je suis seule, qu'il n'y a personne, que je viens me débrouiller toute seule, que personne ne me comprend, que je suis à part, que de toute façon, je ne peux faire confiance à personne, que le monde est dangereux, ça c'est mon interprétation avec laquelle je suis rentrée dans la vie. Eh bien, ça peut être fini. Ça fait que c'est possible de voir les choses autrement. Je ne sais pas t'expliquer ce qui se passait à l'intérieur de moi, parce que ça a été deux mots à un moment où j'étais prête à les entendre. j'ai vu à l'intérieur de moi quelque chose un mur s'effondrer et un espace s'ouvrir ça m'a rendu triste pour moi-même de m'être dit ça fait tellement d'années que t'es bloqué dans cet espace si restreint qui t'empêche de voir la vie quelle qu'elle est ça peut être fini ça peut s'ouvrir et je sais pas quel est le mouvement intérieur pour moi il y a quelque chose de l'ordre de la grâce qui me dépasse dans ce processus de transformation mais j'ai fait répondre en trois jours et c'est pas moi qui étais coachée c'était quelqu'un d'autre que... chaque guérison de n'importe qui que ce soit autour de moi, était un peu la mienne. Et ça aussi, ça m'a beaucoup encouragée à continuer ce travail d'accompagnement parce que ça me rapproche de cette sensation d'unité. Ça m'enlève cette idée de séparation, que c'est chacun son histoire, etc., mais finalement, c'est pas si différent. Et ça ouvre des perspectives de tant que c'est aide, de solidarité, de soutien de l'individu vers la communauté. C'est l'humanité, en fait, qui se situe ici. Donc ça, ça a été un moment très fort. Et aussi le jour où je suis rentrée dans cette pièce, j'étais enceinte de ma dernière. Et là, je vois un homme qui parle et qui pleure. Et loin, je me suis assise, je me dis « Ok, là, je suis à la maison. » Parce que j'ai senti qu'ici, dans l'espace qui était créé, il y avait la possibilité d'être soi dans tous ces états. Et qu'il y avait un soutien dans l'invisible qui était énorme pour m'amener dans le chemin d'accepter d'être un être humain avec ses douleurs, mais aussi toute cette potentialité d'amour. Et qu'il n'y avait nulle part où aller, que tout était là.
- Speaker #1
Et est-ce qu'à ce moment-là, tu as accepté toute ta dualité ?
- Speaker #0
Alors ça, ce sera le chemin de toute ma vie et de plusieurs vies peut-être. En tout cas, j'apprends à essayer d'arrêter de vouloir changer et plutôt d'accepter ce qui est là et de savoir que chaque comportement que je juge comme inadapté ou qui me coupe, prend ses racines dans un endroit qui a été traumatisé ou bousculé. Et de ce trauma, je vais générer une interprétation. C'est que je réagis comme ça. Je me dis, j'aimerais enlever mes lunettes de mes blessures pour pouvoir voir la vie telle qu'elle est. Et ça a changé ma vie. Parce que je peux prendre la responsabilité que si je décide de regarder la vie d'une certaine façon, ça m'appartient et que personne n'est contre moi. Même si je me sens blessée, c'est quelque chose qui est touché, qui appartient à mon histoire, à mes mémoires et qui n'a rien à voir avec l'autre. Ce travail profond. de visite de mon monde intérieur et des racines de ma réactivité, ça me permet de me détacher, de me désidentifier et d'avoir des visions plus claires et avec du discernement et d'ouvrir un espace de compassion pour moi et pour les autres. Parce que je vois dans mon monde intérieur, plus je m'accepte, plus c'est facile d'accepter l'autre. Moins je me juge, moins je juge les autres. Et plus leurs petits fonctionnements me font rigoler et j'aime leurs petits fonctionnements.
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu dis là. Ce que je comprends, c'est qu'à partir du moment où on s'accepte vraiment tel qu'on est, on accueille aussi mieux les autres, c'est ça ? Ils viennent peut-être moins nous piquer, moins réveiller ces parts de nous blessées ?
- Speaker #0
Moi, clairement, mon laboratoire expérimental, c'est mes enfants. Quand je les ai récupérés de mon travail de réparation, j'ai vécu 2-3 ans dans le fer sur terre, avec des enfants tyranniques qui ne me respectaient pas. En fait, c'était mon maître pour me dire « tu n'es pas là » . Tu n'es pas disponible émotionnellement, tu ne te respectes pas, tu n'es pas aligné avec toi, tu vis dans la culpabilité. Ça a été dur pour moi d'aller visiter. J'ai cherché de l'aide extérieure, j'ai cherché que ce soit le père le responsable, etc. Il y a les enfants, leur caractère, leur histoire, leur mémoire, les choses qui me dépassent. Tout n'est pas de ma responsabilité, mais en tout cas, ce que je pouvais faire dans cette situation, c'est comprendre qu'est-ce que la vie me raconte. Et donc, à force de cheminer et de voir mon insécurité, de voir que... Je fuyais l'émotion de mes enfants parce que je n'étais pas à l'aise avec les miennes. Et donc, je ne me rendais pas disponible et je ne pouvais pas les accueillir. Plus j'ai commencé à accueillir les miennes, Plus ça commence à se calmer à la maison, plus j'ai pris mes responsabilités, mais seulement les miennes, plus le père a pu comprendre les siennes. C'est-à-dire que c'est moi qui crée un déséquilibre dans mon environnement du fait de ne pas être en place, en fait. De ne pas être à l'aise avec mes propres émotions, mes responsabilités, ma culpabilité. Qu'il y ait des histoires que je peux me raconter pour dire que je ne suis pas comme il faut ou pour dire que je suis mieux. Et ça, c'est tout le temps, c'est un mouvement permanent dans le mental. Je l'adore, mon mental, parce qu'il me fait faire des trucs de ouf. mais aussi m'amène dans des endroits d'enfer. Et c'est calmer cet endroit par la tendresse envers la création de ces personnages et de ces masques pour dire que tout va bien, ça va, on fait de notre mieux. Il y a une raison pourquoi c'est comme ça et ça va aller.
- Speaker #1
Quelle couleur tu veux partager au monde ? Tu en es où aujourd'hui ?
- Speaker #0
En fait, là, ce qui me vient avec ta question, je vois un arc-en-ciel, c'est la vision que j'ai là maintenant. Les couleurs changent, mais ça reste toujours beau. Et puis l'arc-en-ciel, il vient après la tempête, pour révéler que la tempête, si un rayon de lumière entre, elle ouvre la possibilité de réalité, de couleurs différentes, et qu'elles ne sont pas séparées. Qu'on peut voir les choses d'une façon multifacette, et de pouvoir danser sur cet arc-en-ciel. C'est ce que j'aime aujourd'hui. La couleur que j'aimerais donner à ma vie aujourd'hui, c'est... de danser sur l'arc-en-ciel ou de surfer sur toutes les vagues. Restant stable et en m'amusant, et en trouvant ça beau, en restant connectée à l'essentiel, aux éléments et à mon cœur.
- Speaker #1
L'arc-en-ciel, c'est beau comme image. Oui, je crois aussi qu'après la tempête, il y a cette promesse de lumière, cette promesse que tout est possible. Ça me fait penser à cette phrase que j'ai lue récemment. Quand vous sortirez de la tempête, Vous ne serez pas la même personne que celle qui est entrée. C'est tout l'intérêt de la tempête. Et c'est vrai, on ne ressort jamais identique des tempêtes. Si tu devais partager un conseil, une clé à celles et ceux qui cherchent à surfer sur les vagues, qui veulent apprendre à lâcher prise, à faire confiance, tu leur dirais quoi ? Quelle serait la première étape pour commencer ce passage ?
- Speaker #0
La première étape, c'est reconnaître. Reconnaître ce qui est, et même si c'est moche. Reconnaître, c'est accepter que ça peut être douloureux. Donc la pratique, c'est pleurer. Ne plus retenir ses larmes. Quand on regarde honnêtement ce qui se passe dans nos vies, et l'endroit où on est réellement, et l'état de fait, et de reconnaître que c'est douloureux. Après, il y a des outils, comme de trouver des espaces où on se sent suffisamment en sécurité. pour pouvoir parler de ces ombres et de dire, voilà, moi, comme mon gosse, il fait ça, j'ai envie de le tarter et ça me rend triste. Par exemple, il y a des groupes d'intervision qu'on pratique l'écoute compassionnelle, c'est-à-dire qu'on se tait pendant 10 minutes, la personne s'exprime, ensuite on lui pose des questions pour essayer de comprendre où elle est et ensuite on fait de la résonance, c'est-à-dire qu'on lui dit, depuis notre corps, depuis notre émotion et depuis notre cœur, ce qu'on a vu. Et en fait, c'est accepter d'être touché. et de toucher les personnes pour ouvrir cet espace compassionnel et dire « Oui, il n'y a rien à changer, c'est comme ça. » C'est douloureux. Et ça déjà, c'est du bien. Parce qu'en fait, on reste seul avec nos hontes. Je ne vais pas répondre, mais j'ai l'intention de rester seule avec mes hontes, avec l'idée que les gens vont penser ça de moi. Il y a comme quelque chose à protéger en cachant les ombres pour que les gens continuent à m'aimer. Parce que ce qui me guide, et ce qui m'a toujours guidée en tant qu'être humain, c'est que j'ai envie d'aimer et d'être aimée. Et donc j'ai peur que ça s'arrête si je ne suis pas comme il faut. Et je contiens tellement que des fois, c'est trop, et du coup je me coupe parce que je n'ai pas reconnu qu'il y avait quelque chose qui me faisait souffrir. Et ça ne veut pas dire que j'accuse l'autre, ça veut dire que je reconnais ma souffrance. C'est très différent. C'est très différent. Voilà, pour moi, ce serait reconnaître la première étape. Le chemin du cœur, encore je le redis, n'est pas un chemin facile. Ce n'est pas confortable du tout. On a passé notre vie, enfin j'ai passé ma vie, à fuir mes émotions pour ne pas déranger. À vouloir être utile et parfaite pour être aimée. À contrôler l'espace pour que les gens soient contents. Mais au final, ils ne sont jamais contents. Parce que dans leur histoire à eux, il y a des choses qu'ils ont besoin de voir et la vie active ça. Et moi, je fais partie de leur théâtre.
- Speaker #1
Quand je t'entends dire que le chemin du cœur, ce n'est pas confortable, waouh, ça fait flipper, ça donne pas envie d'y aller ! Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce que ça apporte du coup concrètement ?
- Speaker #0
Oui, en fait, pour moi, le chemin des cœurs, c'est d'ouvrir une route vers soi et vers le contact avec sa nature profonde. La nature profonde, ce qu'on peut appeler l'esprit, l'âme, où il y a quelque chose de pur. Fondamentalement, cette nature profonde aime. Il n'y a pas de question, il n'y a pas de sujet, en fait. On est né comme ça, un nouveau-né. Né comme ça, même s'il a déjà des mémoires de la grossesse de sa conception, de l'héritage de l'inné, tout ce qu'on veut, il vient dans cet état et il va s'adapter à son environnement pour continuer à être aimé parce qu'il en va de se survivre. Donc il va vite capter autour ce qui est attendu de lui, retrouver cet état d'amour pour soi, de pureté, de simplicité. Je ne sais pas si c'est possible, mais en tout cas, ce que ça peut apporter, c'est de vivre sa vie beaucoup plus libre avec beaucoup plus d'espace. C'est-à-dire que j'arrête de me poser des questions, de mettre de l'énergie, à me poser des questions de ce que vont penser les autres, est-ce que ça va leur plaire. T'imagines l'espace qui est libéré, de pouvoir être disponible à la réalité. Tu vois, ouvrir sa réalité relative, et c'est dans un nom de Marcus, mais je les reprends, la réalité relative, c'est-à-dire cette espèce de hier que tu mets devant la vie, parce que depuis tout petit, on t'a dit c'est quoi qui était bien, qui n'était pas bien, c'est quoi qui était attendu, c'est quoi être une bonne personne, c'est quoi être sécurisé, c'est quoi... Si on t'a dit ça, OK. Donc là, c'est les œillères. Et dire, bon, OK, alors si j'ouvre un peu la réalité, concrètement, qu'est-ce qui se passe ? Là, j'ai pris un chemin qui n'est pas le mien, parce que j'ai peur. OK, pas grave. Aujourd'hui, qu'est-ce que j'ai besoin pour m'amener un peu plus de sécurité ? Après, on fait le chemin tranquillement, doucement, vers soi, pour commencer à enlever les carapaces, les protections, d'essayer de comprendre pourquoi ils ont été nus là, et de chercher la sécurité, quoi. Vraiment, ce chemin du cœur. En tout cas, les souffrances et ce qui a besoin d'être vu ne peut s'exprimer que dans des conditions où la personne peut se déposer dans ces endroits qu'elle a considérés comme inavouables parce que c'était risqué de perdre l'amour. Une fois on a eu ta mort, c'est tout ce qui nous anime. Enfin, qui m'anime, moi. Je m'en rends compte. Du coup, toutes les intentions sont bonnes. Moi, en tout cas, j'aimerais trouver dans ma vie cette possibilité d'être Nifpo et de m'aider, de m'accompagner vers cette compassion. Et en plus, d'être disponible pour les autres, bien sûr.
- Speaker #1
Et quand je t'entends parler, là, Laetitia, ça me connecte à un enseignement qu'on a eu de Marcus dans le cadre du coaching spirituel, la métaphore des godasses. Est-ce que tu peux la partager ?
- Speaker #0
Cette métaphore de Marcus qui est très jolie, sur laquelle j'ai travaillé aussi. Moi, il m'en a donné une autre, je vais vous partager les deux. En fait, quand on arrive dans la vie, dans cette famille, avec tout ce qui nous est transmis, Et tout d'un coup, on arrive aussi, on a des chaussures. Et en fait, plus on passe sa vie à essayer de changer de chaussures, on a mal aux pieds, ça amène de la souffrance, on n'est pas bien dans ses baskets, parce que ce n'est pas nos baskets. Et en fait, l'idée, c'est de pouvoir dire, ok, ça, c'est mes chaussures, elles sont moches, elles sont vieilles, elles sont abîmées, elles sont tachées, elles sont brisées, elles sont décollées, mais c'est mes chaussures. Et en fait, plus j'essaierai de les enlever, Plus je serais inconfortable parce que je nie une partie de qui je suis, de mon histoire, en fait. Et c'est habiter ces chaussures, les prendre et dire, ouais, c'est mes chaussures. Elles sont moches, mais c'est mes putains de chaussures. Voilà. Et je suis comme ça et je reviens à la vie, comme ça, avec ces histoires, avec les tirer, ces cartes. Et c'est mon jeu. C'est ma partie. Je peux pas changer. Et ça, ça amène un peu aussi l'espace de dire, ok, j'arrête d'essayer d'être quelqu'un d'autre. Ça me décale de moi, en fait. C'est ça qui est conduit au burn-out. C'est de chercher la reconnaissance, l'amour à l'extérieur, tout ce qu'on n'arrive pas à se donner, en fait. Tellement d'énergie qui est mise à l'extérieur. Et après, on en veut à l'extérieur, parce qu'ils ne nous reconnaissent pas. Au final, on se trouve même en droit à chaque fois. Oui, j'ai voulu enlever mes chaussures. OK, maintenant, je les remets. Ah, ben voilà, la sandwich. C'est mes chaussures. et puis apprends à aimer ses chaussures. J'ai un exemple de Marc Simali. Mais là, tu es en train de descendre de ta Jeep. Moi, j'ai une Jeep. C'est bien bien, mon véhicule. Elle est toute cabossée, mais elle est tout terrain. Elle me permet d'aller partout. Je suis quand même assez, comment dire, téméraire. Et me dit, là, tu es en train de descendre de ta Jeep. Tu vas conduire quelle voiture ? Ce n'est pas ma voiture. Je ne sais pas conduire les autres voitures. Je vais forcément être maladroite. Moi, j'ai une Jeep. Je sais conduire ma Jeep. Et ça m'a mis beaucoup de tendresse envers mon... mon histoire, mon véhicule, mes mémoires, mon fonctionnement, etc. Et je me suis rendue compte à l'extérieur que moins je voulais descendre de ma vie, plus les gens étaient indulgents avec ma façon de faire qui est la mienne. qui est rapide, qui est feu, qui est parfois très irrespectueuse parce que frontale, etc. Enfin, irrespectueuse, entre guillemets, mais qui peut être un peu bourrine, quoi. Et en même temps, j'ai beaucoup de douceur. Et en fait, prendre mes chaussures, on m'a dit, ça me permet de lâcher prise, d'arrêter de m'inquiéter sur tout ça et de faire grandir en moi d'autres facettes que je ne connais pas, que je pense que je n'ai pas, comme la douceur, par exemple. Ça fait quelques années, depuis que j'enseigne, que les gens me disent « Oh, quelle douceur ! » Ah bon ? Mangez ça ! d'accord oui voilà tu vois et ça cohabite en fait l'idée c'est la cohabitation avec ce qui est là depuis longtemps qui appartient aux anciens que je l'accepte et du coup qui arrête de s'irriter et du coup il y a de l'espace pour d'autres choses aussi que je ne pensais pas disposer parce que je m'étais identifiée à ça voilà donc j'aime bien Magic en ce moment merci
- Speaker #1
on arrive à la fin de cet épisode est-ce que tu as quelque chose que tu voudrais rajouter ?
- Speaker #0
Il y a deux phrases que j'aime bien, qui m'aident beaucoup. Et je les partage aux gens qui peuvent traverser des moments de désespoir ou qui pensent que les choses sont filées et que tout passe. Tout passe. Et que la vie est gentille.
- Speaker #1
Merci. Merci infiniment, Laetitia, pour ce partage avec toute ton authenticité, ta vulnérabilité.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Laure, pour ce que tu fais. pour l'espace que tu ouvres, pour permettre de partager aussi le chemin de personnes. J'espère que ça inspirera des personnes à prendre leur propre chemin.
- Speaker #1
J'en suis sûre. Comment tu te sens là ?
- Speaker #0
Émue, très très touchée. Et je ressens de la beauté dans notre change aujourd'hui et aussi dans l'ouverture de mon monde intérieur. Merci pour ça.
- Speaker #1
Merci à toi Laetitia. Merci à vous d'avoir écouté. Si cette histoire nous rappelle qu'il est possible de passer du contrôle à la confiance et de trouver dans le cœur une boussole bien plus fiable que nos protections, alors demande-toi, quelle part de toi refuses-tu encore de voir par peur de ce que tu pourrais découvrir ? Si cet épisode t'a touché, partage-le autour de toi, partout partout, abonne-toi au podcast, laisse une note ou un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée ... On se retrouve très bientôt pour un nouveau chapitre de Cap vers toi. Adi Ausha !