- Speaker #0
Quoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par ces récits de vie et par cette quête de sens qui anime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien au-delà des cercles habituels qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais croisées autrement. Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti !
- Speaker #1
Aujourd'hui je t'emmène dans un épisode un peu particulier, un épisode sans scénario figé, sans plan trop ficelé, juste un cap, une intention, une présence. Avec mon invité Adèle, on a choisi de se laisser surprendre, d'oser l'inconnu, l'instant, ce qui va émerger entre nous sans l'avoir prévu. Et c'est peut-être justement là que réside la puissance de cette rencontre. Ce que je sais, c'est que son histoire nous parle de ses moments de vie, où l'on accepte de ne pas savoir, où le doute, l'inconfort, parfois même la douleur, deviennent les tremplins d'un retour à soi. Alors aujourd'hui, je te propose d'explorer cette question, et si se perdre était une condition pour se retrouver ? Avant de plonger dans cette conversation, je voudrais te dire quelques mots sur Adèle. Aujourd'hui, elle est psychologue et maman de deux enfants, elle accompagne les autres dans leur traversée, mais ce qui rend son regard si juste, c'est qu'elle connaît elle-même le goût de la chute. du doute, de la perte de repère. C'est une femme qui a choisi de ne plus porter de masque, de ne plus prétendre savoir, mais d'oser être simplement. Dans cet épisode, elle ne vient pas en experte, elle vient en humaine, avec son histoire, avec sa vérité du moment, et avec ce qu'elle souhaite te transmettre à toi qui écoutes. Et peut-être que dans ce qu'elle va déposer, tu y verras un peu de toi. Alors je t'invite à écouter avec le cœur grand ouvert. Cap vers toi. Cap vers Adèle, c'est parti ! Bonjour Adèle, bienvenue dans ce nouvel épisode de Cap vers toi.
- Speaker #2
Bonjour Laure, merci.
- Speaker #1
Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais que tu nous dises qui es-tu aujourd'hui ?
- Speaker #2
Eh bien, qui je suis aujourd'hui, c'est une vaste question, parce que moi j'aurais envie de me décrire comme quelqu'un en mouvement. J'aurais vachement du mal à me dire qui je suis, parce que j'ai l'impression que ça va affiger quelque chose et... Il y a vraiment depuis toujours dans ma vie cette recherche en fait de ne pas figer, que ce ne soit pas gravé dans le marbre, de dire qui je suis, parce que j'ai l'impression que ça pourrait m'enfermer. Donc qui je suis, ça serait ça, ça serait vraiment être en mouvement et essayer d'être à l'écoute de ce que je ressens, de ce qui me fait vibrer, de ce qui me parle. Être en perpétuelle évolution, je pense que ça serait vraiment ça, être ouverte aussi, tu vois, à découvrir, à rester curieuse. Voilà, c'est comme ça que je pourrais me décrire. Ok,
- Speaker #1
comme une femme en chemin.
- Speaker #2
Exactement. Et en mouvement. Et en mouvement, ouais.
- Speaker #1
Si tu devais te présenter avec le cœur d'une manière un peu spontanée, tu dirais quoi de toi là maintenant pour te définir dans ta vie perso et professionnelle ?
- Speaker #2
Moi j'aime bien quand même me décrire par le métier que je fais, qui est psychologue, parce que c'est vraiment un métier de cœur. C'est un métier qui me nourrit énormément, où chaque jour j'apprends à travers de l'autre. Ce qui me guide dans mes accompagnements, c'est vraiment d'offrir de la liberté et de l'ouverture à l'autre, de lui proposer un autre regard. J'aime accompagner l'autre, j'aime écouter l'autre, j'aime comprendre les histoires de vie. C'est vraiment quelque chose qui me passionne, de voir comment chacun évolue, par quoi il est passé, qu'est-ce qu'il a traversé, et vraiment pouvoir lui offrir mon accompagnement, mon soutien. Moi, ce que je dis souvent des psys, c'est qu'on est un peu des empêcheurs de tourner en rond. C'est vraiment proposer une autre manière de voir les choses, une autre manière de les comprendre et qui apporte des clés pour que la personne puisse continuer à cheminer avec. Dans la vie perso, j'ai envie de me décrire comme une maman, parce que c'est vraiment une partie super importante pour moi. Mes deux enfants, Jaël, 10 ans, et Noé, qui a 7 ans, parce qu'au travers d'eux, j'ai découvert énormément sur moi et cette facette de mère. m'apporte beaucoup au quotidien. Je suis aussi une épouse, ça fait 16 ans qu'on est ensemble avec Ruben. Une fille aussi, c'est une place importante pour moi, d'être auprès de mes parents, d'être en lien avec eux. Une sœur, parce que j'ai aussi deux sœurs et un frère. Et une amie, c'est aussi quelque chose de très important. Le lien à l'autre me passionne, être en lien, avancer j'allais dire en compagnie de l'autre dans toutes ces dimensions différentes et tous ces liens différents.
- Speaker #0
Moi aussi, j'adore être en lien. Et d'ailleurs, ce qui me nourrit dans ce podcast, c'est aussi le fait que je suis en lien avec mes invités quand on le prépare, quand on l'enregistre. J'adore ça, ça me nourrit beaucoup. Alors j'aime bien poser cette question à mes invités. Qu'est-ce qui t'a poussé à dire oui pour être en lien aujourd'hui avec moi ?
- Speaker #1
Parce qu'en plus, on a souhaité expérimenter un format un peu différent. Rien n'est trop préparé, on va laisser venir ce qui doit être là. Donc voilà, raconte-nous ce qui t'a poussé à dire oui à ce podcast.
- Speaker #2
Alors, deux envies. D'abord parce que dans mon positionnement, dans ma vie en général, je suis celle qui écoute, celle qui accompagne. Et je trouve ça hyper chouette d'être aussi celle qui prend la parole, qui se met un peu de l'autre côté du siège. Et je trouve ça hyper chouette. Et merci beaucoup Laure, parce que tu me donnes l'occasion de pouvoir raconter aussi. Qu'est-ce que vit une psychologue ? Parce que parfois j'ai pas mal de patients qui mettent un peu comme si c'était pas inhumaine sur une autre sphère. Et en fait non, vraiment je suis comme tout le monde, je suis humaine, je traverse des choses magnifiques dans ma vie et des choses douloureuses, des moments où je suis complètement perdue et je ne sais plus où j'en suis. Donc c'était vraiment pour moi l'occasion, j'allais dire, d'inverser un peu les rôles et je trouve ça hyper chouette. Donc merci de me donner cette occasion-là. et aussi parce que J'aime bien cette idée de transmission, de transmettre quelque chose. Quand tu m'as proposé de faire le podcast au début, je me suis dit mais moi, j'ai rien de particulier à dire. Et en même temps, tu vois ce que je dis à tous mes patients, mais chaque histoire de vie a un intérêt. Chaque histoire de vie a son extraordinaire en fait. Et de me dire que moi aussi, je peux m'autoriser à me dire que dans ma vie, il y a un chemin de vie qui peut être raconté, qui peut être entendu et qui peut-être peut intéresser et résonner pour les autres. Voilà, merci.
- Speaker #1
Merci à toi. de faire ce cadeau aussi à nos auditeurs et à nos auditrices. Et du coup, là, à ce stade de la conversation, est-ce que tu sens le message qui brûle en toi que tu as envie de partager ?
- Speaker #2
Alors, j'ai pas mal de messages à transmettre, mais pendant très longtemps, en fait, je crois que j'étais en quête de quelque chose et que je l'allais toujours chercher à l'extérieur, comme s'il me manquait quelque chose pour être complète, pour me sentir bien, pour me dire, voilà, ça y est, quand j'aurai ça, ça ira mieux. Et donc, j'ai eu pas mal de choses que j'ai obtenues dans ma vie. Et tu sais ce sentiment que non c'est toujours pas ça, non c'est toujours pas ça. Pour en arriver à bientôt 40 ans aujourd'hui, pour avoir la révélation,
- Speaker #1
il faut mieux tard que jamais,
- Speaker #2
on est bien d'accord, qu'en fait c'est pas à l'extérieur que je devais mener cette quête d'aller toujours chercher quelque chose qui m'aurait manqué, mais qu'en fait tout était à l'intérieur de moi et que c'était plutôt enlever des couches petit à petit de ce qui m'empêchait en fait de ressentir. ce que j'avais envie de ressentir. Et donc, voilà, le message, ça serait arrêtons de toujours aller chercher à l'extérieur ce qui nous manque et peut-être plutôt faire ce travail intérieur, d'enlever ces couches petit à petit pour arriver à vivre en fait ce qu'on a envie de vivre qui était déjà là depuis le début et où on a cru, où on nous a fait croire que pour trouver ce qu'on cherchait, c'était forcément à l'extérieur qu'on allait le trouver. Et je crois, l'autre message, voilà, ça va un peu ensemble, mais c'est cette idée que Pour accepter de se retrouver, il faut aussi se perdre. Parce qu'en fait, on a d'abord, pour moi, une identité qu'on nous pose à la naissance, puis tout au long de notre vie. Tu es ça, tu es ça, tu es ça, tu es une fille, tu t'appelles Adèle, tu as tel âge, voilà tes parents, voilà ta culture, voilà ta nationalité. Et que ça fait une dizaine d'années que tout mon travail, c'est justement presque de me désidentifier pour me retrouver. Donc se perdre, parce qu'au début, on a l'impression que c'est un peu le flou artistique. On peut même avoir un peu peur de devenir folle, de ne plus savoir qui on est. Et c'est parce qu'on le traverse et qu'on a confiance qu'on va se retrouver. Je ne sais pas comment dire, mais qu'on peut le traverser et finalement trouver à l'intérieur de soi ce qu'on cherchait à l'extérieur.
- Speaker #0
J'ai eu plein de questions qui me sont venues en t'écoutant. Il y en a une qui me reste.
- Speaker #1
Tu as dit « j'ai fait plein de choses dans ma vie » et puis tu t'es rendu compte que finalement, ce n'est pas l'extérieur qui allait t'amener cet alignement intérieur. Est-ce que tu te souviens ? du moment où tu as pris conscience de ça ?
- Speaker #2
Alors oui, oui, aujourd'hui. C'est-à-dire sur le moment, je ne me suis pas rendue compte. C'est ça qui est rigolo et je te remercie parce que c'est un peu grâce à ce podcast et le fait de re-réfléchir à ça. qu'au début, je pensais que c'était au moment de ma fausse couche. J'ai eu un fils aîné, qui a 10 ans aujourd'hui. Il avait à peu près un an et demi. C'était en juin 2016. J'ai fait une fausse couche à peu près à 4 mois. Et donc, j'ai eu plutôt de la chance dans ma vie. Tout ce que j'ai voulu mener, j'ai plutôt mené à bien. J'ai fait mes études, j'ai eu mon diplôme de psychologue. J'ai rencontré Ruben, on s'est mariés, on a eu notre premier enfant. Tout s'est passé bien. Et puis là, un peu le premier drame. dans ma vie, puis ressentie dans mes tripes. Parce que j'ai perdu cet enfant à 4 mois. Et donc, j'ai senti qu'à ce moment-là, il y avait un avant et un après dans ma vie. Mais je pense qu'en réalité, c'est au moment où j'ai donné naissance à mon fils que déjà, il y a eu un avant et un après. J'ai découvert quelque chose en moi que je ne connaissais pas du tout et qui m'a énormément bouleversée. J'étais en même temps très heureuse d'être maman et en même temps... Il y a eu beaucoup d'émotions comme de la colère et de la tristesse, très très fortes, alors que j'avais toujours imaginé qu'avoir un enfant, c'était de la joie. Mais à ce moment-là, quelque part, comme j'étais restée dans l'idéal de moi, de la mère que je voulais être, je n'en parlais à personne, je suis psy, j'ai tout gardé pour moi. Et puis, quelque part, le fait d'être ce psy, c'était presque une double peine parce que je ne m'autorisais pas, moi, à mal vivre les choses. Je devais savoir. Évidemment, quand j'ai fait ma fausse couche, je suis retournée au travail comme si de rien n'était, jusqu'au jour où... J'ai été voir le médecin qui m'a dit « Écoutez, là, vous êtes épuisé, vous vous arrêtez. » Et là, c'est comme si tout était retombé d'un coup. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps comme je n'avais, je crois, jamais pleuré autant. Et là, j'ai réalisé que je n'étais pas la mère que je voulais être avec mon fils aîné, qui avait donc un an et demi. Et c'est à ce moment-là que j'ai eu le déclic. Mais je pense que ça a commencé à la naissance de mon fils aîné. En gros, comme toute ma vie s'était plutôt déroulée, encore une fois j'ai fait mes études, j'ai rencontré Ruben, on s'est mariés, j'ai eu un travail, on a eu notre fils. Et donc voilà, la suite logique c'était ça y est j'ai accompli toutes les choses importantes qu'on nous dit dans la société pour réussir sa vie. Et donc mon fils naît et je ne me sens pas heureuse. Et ça a été très dur de l'avouer même encore aujourd'hui parce que pour moi la naissance de mon enfant, c'était forcément quelque chose de joyeux et surtout que je l'aime infiniment. Donc me dire que ça ne m'a pas rendu joyeuse, ça a été... en fait très douloureux. Et en même temps, je ressentais beaucoup de colère vis-à-vis de lui. Alors on est bien d'accord que ce n'était pas lui le problème, c'était moi. Que je ne comprenais pas. Et au lieu, à ce moment-là, de le traiter, je l'ai caché. Et c'est comme si, au moment de ma fausse couche, un an et demi après, j'ai réalisé que j'étais très mal en fait. Là où pendant un an et demi, je le savais, au fond de moi je le savais, mais c'était impossible à dire. Et là, je me suis autorisée à dire en fait, j'en suis. peu plus, je suis épuisée, je ne suis pas bien dans ce rôle de mère, je ne suis pas bien avec moi, il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #0
Tu parles de ton inconfort dans ton rôle de mère. Tu parles aussi que tu avais coché toutes les cases d'une vie parfaite et pourtant tu n'étais pas heureuse. Ça me fait penser à quelqu'un qui a enregistré le tout premier épisode de ce podcast comme vers toi.
- Speaker #1
Comment tu peux expliquer ça aujourd'hui ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as compris de cette période de ta vie ?
- Speaker #2
En fait, effectivement, c'est qu'à ce moment-là, j'ai commencé à me dire, j'ai tout, j'ai tout ce que j'ai voulu construire et bâtir. Et pourtant, il y a quelque chose en moi qui se sent malheureux. Et donc déjà, quelque chose d'assez nouveau pour moi, alors que pourtant je passe ma journée à dire aux gens qu'il faut exprimer son émotion. En fait, j'ai commencé à pleurer, à pleurer et à m'autoriser à pleurer et à dire que je n'allais pas bien. Parce que quand j'ai eu mon fils, ça m'est arrivé de temps en temps de pleurer. Ce qui arrive parfois, c'est que quand on voit quelqu'un en détresse, en fait, on se sent impuissant face à la détresse de l'autre, surtout quand c'est une jeune maman qui vient d'avoir un bébé. En fait, on attend de cette maman qu'elle nous dise « Oh, c'est génial, je suis comblée, je vis quelque chose d'extraordinaire » . Et donc, les fois où je m'autorisais à montrer ma détresse et que j'étais mal avec mon enfant, très vite, c'était balayé de « c'est la fatigue, c'est les hormones, ça va passer » . Et là, je crois que je me suis autorisée justement au moment de la fausse couche en disant en fait, c'est plus que ça. Ce n'est pas que de la fatigue et des hormones, évidemment, qui fait que je pouvais être plus à fleur de peau, mais c'est quelque chose de plus profond.
- Speaker #1
Est-ce que tu veux partager ce que c'était ?
- Speaker #2
Oui, avec plaisir. Et en même temps, c'est assez complexe, même encore aujourd'hui, de décrire ce que c'était du coup il y a huit ans. Parce que ça a été une énorme souffrance et je crois qu'on évite tous de se remettre dans la peau du moment où on a un des moments de ma vie où j'ai le plus souffert. Et je pense qu'en plus, comment je l'ai vécu à ce moment-là et comment aujourd'hui je m'en suis raconté une histoire, il y aurait plein de versions à donner. En fait, ce que j'ai ressenti, je crois, c'était vraiment cette idée que j'écoutais les autres. En fait, j'écoutais les autres, c'est-à-dire que je n'étais pas la mère que je voulais être avec mon fils. On m'a dit, en gros, quand tu as ton enfant, c'est deux mois et demi, après tu retournes travailler, après tu reprends ta vie. Et en fait, à aucun moment, je ne me suis posé la question de savoir qu'est-ce que moi j'avais envie. Puis en plus, il y avait un peu cette idée dans ma famille que les femmes sont indépendantes, on va travailler, c'est une victoire de pouvoir travailler, d'avoir sa propre indépendance. Donc voilà, j'ai suivi le chemin. Sauf qu'en fait, je n'avais aucune envie de laisser mon enfant, mais je ne pouvais pas le dire parce que j'avais l'impression d'être contre la lutte féminine. On a accédé au travail, à l'indépendance et moi, j'avais envie d'être avec lui. Et en même temps, quand j'étais avec mon enfant, parce que du coup, mon mari était retourné au travail, j'étais toute seule avec lui. En fait, ce n'est pas ça que j'avais envie. J'avais envie qu'on soit tous les trois. J'avais envie qu'on fasse famille. Et puis surtout, j'attendais que l'extérieur me dise comment être parce que je crois que toutes les mères ont envie d'être des mères. parfaite alors même s'il ya tous les bouquins aujourd'hui écrit sur comment ne peut surtout pas être une mère parfaite je mets au défi une maman de me dire qu'elle n'a pas envie d'être parfaite pour ses enfants et donc envie d'être parfaite et donc prendre de l'extérieur tous les conseils possibles pour que mon enfant en fait lui aussi soit parfait que je sois parfaite et qu'en étant parfaite qu'est ce qui montre que je suis parfaite parce que mon enfant est parfait et mon enfant n'était pas parfait et en plus il faisait des grosses grosses crises en fait
- Speaker #1
Et donc, du coup, est-ce que tu peux dire que c'est à ce moment-là de ta vie où tu t'es sentie un peu perdue ? Tu ne savais plus qui tu étais, ça y est, là, tu errais dans le monde sans trop savoir le cap que tu voulais prendre.
- Speaker #2
Exactement, c'est-à-dire qu'à ce moment-là, je me suis rendue compte que je n'étais en tout cas pas la mère que je voulais être, parce que j'étais une mère qui était à plein de moments tristes et à plein de moments en colère. Je me rappelle comme ça d'une anecdote où c'était mon anniversaire. Et donc, voilà, mon fils avait à peine un an et j'avais décidé que ce jour-là, ça serait une journée merveilleuse. Et mon fils a fait, je crois, que pleurer toute la journée. Et j'ai ressenti une colère où vraiment je détestais mon enfant qui m'avait gâché ma journée, qui, voilà, il n'avait même pas un an. Et après, toute la culpabilité qui retombe derrière, et en même temps de penser ça de mon fils, et en même temps de me dire, il y a un problème puisque la journée a été un enfer, mon enfant a fait des crises toute la journée. Qu'est-ce qui se passe ? On m'avait dit que ça serait le bonheur et en fait j'ai l'impression que je vis plus de moments difficiles que de bonheur avec mon enfant. Et donc là effectivement je me suis sentie complètement perdue déjà en tant que mère et puis tout à coup c'est comme si ça venait aussi me perdre dans mes valeurs. Je pensais que le bonheur c'était ça, je pensais qu'être heureuse c'était être avec mes enfants, je pensais que le bonheur c'était avoir une famille, je pensais que... Et donc, ça m'avait vacillée en fait sur toutes mes certitudes. Et tu vois, ce que je te disais au début, de penser que mon identité, c'était des certitudes. Et que tout à coup, j'en avais plus. Ça ne se passait pas du tout comme prévu. Et donc, si je n'ai plus de certitudes, je suis qui ? Sur quoi je peux me... Quel est mon socle ? Et à ce moment-là, ça a fait vaciller beaucoup de choses.
- Speaker #1
Et donc, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui vacille ? Comment tu continues à avancer malgré tout ?
- Speaker #2
Déjà, D'accepter d'écouter plus mon cœur avec mon fils. C'est-à-dire qu'il y avait cette idée, voilà, que... Enfin, c'est un exemple tout bête, mais par exemple, on ne dort pas avec son enfant. Eh bien, moi, j'ai commencé, alors il avait déjà un an et demi à ce moment-là, de me dire, en fait, si j'ai envie de dormir à côté de mon enfant, en fait, je peux me l'autoriser. De m'autoriser à dire qu'en fait, je préférais... Enfin, j'avais envie de passer plus de temps avec lui. Voilà, penser à diminuer le temps de mon travail. Voilà, à plus écouter, en fait. Alors, je parle du cœur, mais une petite voix à l'intérieur qui disait, mais pourquoi tu ne t'autorises pas à faire autrement, à faire à ta manière, à faire ce qui résonne en toi, sans savoir d'ailleurs si c'est bien ou si c'est mal, juste parce que tu as envie de le faire comme ça et pas parce qu'on te dit qu'il faut le faire comme ça. Et puis, c'est la qualité et le défaut de la psychologie, c'est qu'il y a plein de théories. Si toi, tu ne sais pas comment faire, la psychologie va t'apporter un cadre qui sécurise, mais en même temps, c'est un cadre comme une recette. Tu vois, c'est comme si... On avait tous la même recette de cuisine alors qu'on n'aime pas forcément tous les mêmes aliments et les mêmes épices. Et c'est ça que j'ai commencé à faire. À me dire, quelle épice j'ai envie de mettre dans mon plat ? Et d'abord, un tout petit peu. Et puis, comme quoi il y a vraiment quelque chose autour de mes enfants. Après, j'ai été enceinte de Noé. Et à ce moment-là, on a décidé de changer de ville. C'est plutôt moi à l'intérieur qui fais. On habitait à Paris et je disais, je ne peux pas élever mes enfants à Paris. Ce n'est pas une ville pour les enfants. Alors, je ne critique pas Paris. Je ne veux pas du tout dire que j'ai raison. C'est juste ma vérité. Ce n'était pas dans cet environnement-là que j'avais envie d'élever mes enfants. Donc, on est partis vivre à Bordeaux, puis ensuite plus près du bassin d'Arcachon. Et tout à coup, j'ai commencé à m'écouter et finalement, de me rendre compte que là où je me sentais enfermée, de « bon, encore une fois, j'ai mon mari, mon enfant à Paris, là où toute ma famille vit, là où j'ai toujours vécu, j'ai mon travail bien sécurisé à l'hôpital, mon mari avait son travail bien sécurisé à la banque. » Tout à coup, on fait tout voler en éclats. Je quitte l'hôpital, je suis enceinte de mon deuxième, on change de ville. Moi, j'arrête de travailler pendant un an. Donc cette fois-ci, je me suis écoutée pour être avec mon fils. Enfin du coup, avec les deux. Ruben a changé de métier. Enfin voilà. Et là, on a osé en fait faire quelque chose qui, en tout cas moi, me parlait beaucoup plus dans ma manière d'être mère et d'équilibrer ma vie entre toutes ces facettes à l'intérieur de moi.
- Speaker #0
La maternité t'a montré le chemin de reconnexion à soi. Alors on a parlé beaucoup d'Adèle, maman. Oui. Mais du coup, Adèle la femme, Adèle l'amie, quelle place elles ont dans ta vie à ce moment-là ?
- Speaker #2
Justement, la colère que je ressentais, ce que j'ai analysé plus tard pour mon fils quand il est né, c'est que la représentation de la mère parfaite, c'était la mère à 100% dévouée à son enfant, pour que son enfant ne manque de rien. Et donc, effectivement, là, je me suis complètement oubliée. Et surtout, c'était tellement important pour moi d'être cette mère parfaite que j'étais concentrée sur mon enfant et plus du tout sur moi, ce que je pouvais ressentir et quels étaient mes besoins. Et quelque part, j'attendais que ça vienne de l'extérieur, donc de mon mari, de ma famille, de mon entourage qui prennent soin de moi. Sauf qu'on est dans un monde où, à ce moment-là, mes parents travaillaient encore, mes frères et sœurs travaillaient, mes amis travaillaient, mon mari travaillait. Je me suis retrouvée toute seule à la maison en vouloir à mon enfant et à la Terre entière, en vrai, de me laisser toute seule, parce que je partais du principe, en tout cas, que pour que je puisse bien m'occuper de mon enfant, il fallait qu'on s'occupe bien de moi. Mais je me suis retrouvée toute seule. Et ne sachant pas, du coup, non plus vraiment m'occuper de moi toute seule. Et est-ce qu'en même temps, mais je n'ai pas non plus la réponse aujourd'hui, est-ce qu'on peut avoir la disponibilité de s'occuper d'un tout petit tout en s'occupant de soi ? Je pose la question. Je pense qu'il y en a qui peuvent peut-être aussi y arriver. Mais en tout cas, moi, j'ai bien vu que ça m'amenait dans une impasse et une impossibilité en même temps de demander de l'aide. Parce qu'à ce moment-là, je ne me sentais pas non plus légitime. Et c'est là où je suis bien torturée dans ma tête de temps en temps. J'ai besoin de ça, mais je ne suis pas légitime à le demander. Donc, j'ai besoin qu'on s'occupe de moi et qu'on me soutienne, mais je ne suis pas légitime à le demander parce que tu comprends, je suis une mère forte et parfaite et une femme forte et parfaite. Donc, moi, je ne demande pas d'aide, ce qui est quand même un compte pour une psychologue qui dit toute la journée qu'on a le droit d'être accompagnée.
- Speaker #1
Le cordonnier est le plus mal chaussé, c'est ça ? C'est ce qu'on dit, non ?
- Speaker #2
Mais j'ai changé, tu vois, j'ai évolué depuis le temps.
- Speaker #1
Hâte de savoir,
- Speaker #2
là, c'était il y a dix ans.
- Speaker #1
Justement, en fait, qu'est-ce que tu incarnes aujourd'hui que tu n'osais même pas imaginer à l'époque ?
- Speaker #2
Alors, ce que j'incarne aujourd'hui que je n'osais pas imaginer à l'époque... Et en même temps, je croyais que je l'étais déjà à l'époque, mais je me voilais la face. C'est d'être libre. Alors ça paraît tout bête, mais c'est vraiment la liberté et le libre arbitre. Pour moi, ça va ensemble. C'est-à-dire que je pense qu'avant, je pensais que j'étais libre, mais je subissais plutôt mes choix. Alors qu'aujourd'hui, j'ai compris, mais du coup, ça va aussi avec la responsabilité. J'ai vraiment compris que pas choisir, c'est choisir. J'avais l'impression il y a dix ans d'être libre, mais je sais plutôt ce qu'on me disait. J'écoutais ce que les autres pensaient et je faisais pour être parfaite, pas pour être moi. C'est mon chemin depuis 10 ans de ne pas reporter la responsabilité sur... Alors oui, on pourrait dire, il y a les parents, il y a l'éducation, il y a l'école, il y a la société. Oui, bien sûr, parce que je suis dans un système, mais c'est aussi moi qui me suis enfermée, qui ai pris pour acquis toutes ces images que j'ai apprises depuis l'enfance de la... de la femme et de la mère, et j'en ai fait quelque chose d'intérieur d'idéaliser.
- Speaker #1
Oui, mais comment on pourrait faire autrement ?
- Speaker #2
Justement, depuis dix ans, je me rends compte que le but n'est plus de correspondre à cette idéale, l'image que je m'étais fixée à moi-même, mais vraiment d'être la version plus authentique, qui parfois est un peu nulle, pourrie. à la ramasse et parfois qui me fait marrer, parfois que je trouve forte, mais plus dans une idéalisation de qui j'ai envie d'être. Tu vois, par exemple, j'avais une idéalisation de la femme, surtout pas étudiante. Et ça, ça a été dur parce que quand j'ai eu mon enfant, j'ai eu l'impression d'être chiante. Parce que je voulais qu'il se couche à telle heure, parce que je voulais qu'il mange sain et bio. Et ça a été terrible pour moi parce que j'avais l'image idéalisée que moi, je ne serais pas une femme chiante. Comme si en plus être chiante, c'était de demander des choses. Et c'est tout ça que petit à petit, j'ai abandonné, j'ai travaillé pour me dire... qu'exprimer mes besoins, exprimer ma vérité, comment moi je vois les choses, ce n'est pas être chiante. Et donc, désidéaliser cette image de moi.
- Speaker #1
Je me retrouve dans ce que tu dis parce que moi aussi, j'ai grandi avec des croyances fortes autour du travail. Moi, très clairement, ça a été un stage en fait sur le féminin sacré qui a complètement fait péter toutes ces croyances et qui m'a ouvert vraiment à quelque chose de différent, de plus grand et où là, j'ai compris qu'en fait, on pouvait choisir qui on voulait être. Et du coup, toi, ça serait quoi là ? Qu'est-ce qui a fait Merci. qu'un jour tu t'es dit, mais je peux en fait choisir et ne pas rester dans un idéal ?
- Speaker #2
En fait, moi, je ne l'ai pas vu comme toi. Je n'ai pas l'impression qu'il y a eu une chose en particulier, mais plein de choses successives. Donc, c'est là où je dis, tout a commencé, je crois, avec la naissance de mon fils. Mais à ce moment-là, je n'avais pas d'outil. Il y a eu cette fausse couche où tout à coup, je me suis dit, mais en fait, je ne vais pas bien. Et là, cette quête à l'extérieur de... Il me faut des outils pour comprendre ce que je suis en train de traverser. La naissance de mon deuxième où là je me suis dit je ne veux pas ça, je ne veux pas vivre cette vie-là et donc on est parti. Et le très très beau cadeau de ma vie justement c'est d'arriver dans ce coin vers Cachon où j'ai rencontré en fait, alors essentiellement des femmes mais je ne dis pas que c'est forcément des femmes mais moi ça a été le cas, plein de rencontres de femmes en fait libres, tu vois, dans leur liberté avec aussi bien sûr leurs difficultés. mais qui s'autorisait cette liberté-là. Et c'est comme si tout m'avait amenée, mais sans m'en rendre compte jusqu'à aujourd'hui, dix ans plus tard, que tous ces choix-là, petit à petit, avec les souffrances que j'ai vécues, qui m'ont amenée à aller rechercher à l'extérieur, m'a amenée tout à coup à vivre ici et à rencontrer plein de femmes libres, d'un coup, j'allais dire, et qui cherchent un petit peu ça. Certaines l'ont déjà trouvée, d'autres sont en chemin. Ce qui m'amène vraiment à dire que c'est pour le coup l'accompagnement, d'être accompagnée. finalement par ce que je recherchais. C'est comme si j'étais animée sans le savoir inconsciemment à l'intérieur de moi, de dire, mais je crois que c'est possible d'être une mère, d'être une femme, d'être une épouse, d'être une fille et d'être libre. Et comme tu disais, d'être créateur aussi de ces choix de vie et d'être bien dans ces choix-là et de revenir à soi, à quelque chose de plus authentique. Et ces dernières années, je n'ai rencontré pratiquement que des femmes là-dedans. Et c'est ça qui m'a donné la force, parce que tout à coup, c'est devenu dans mon champ des possibles.
- Speaker #0
Et l'univers est fort pour ça,
- Speaker #1
de nous mettre sur le chemin des personnes qui vont t'impulser, t'accompagner dans cette quête que tu dois traverser.
- Speaker #2
Je me rends compte, et c'est ça que je trouve incroyable aujourd'hui, que ça fait dix ans que j'étais animée finalement par cette quête. Alors en psychologie, on parlerait d'inconscient. Il y en a d'autres qui appelleraient ça l'âme, le karma, le destin, ou peut-être encore autre chose. D'aller rechercher, de me dire... il y a autre chose de possible. On peut vivre autrement, on peut faire autrement, mais sans savoir vraiment quoi. Et c'est là où on en revient à se sentir perdue. J'étais perdue, je ne savais pas vraiment ce que je recherchais. Je savais que je cherchais, mais je ne savais pas quoi, si ce n'est de réouvrir. Et moi, c'est souvent comme ça que j'aime travailler aussi avec mes patients, c'est on réouvre. Et là, tout à coup, on se dit, waouh, mais le champ est infini et quelque chose va nous guider plus dans une direction qu'une autre. Et là, qu'est-ce qui nous guide ? C'est un peu difficile, tu vois, à décrire, parce que qu'est-ce qui a fait qu'on est venu vivre dans le sud-ouest ? Alors oui, j'ai initié parce que j'étais enceinte de mon fils et je dis, je ne peux plus vivre ici, il faut partir. Au début, on hésitait entre Montpellier et Bordeaux. Pourquoi ? Ça, je n'ai pas vraiment, tu vois, de réponse. C'était les villes qui nous attiraient, comme ça. Et puis, mon mari trouve un travail à Bordeaux. Voilà, et donc, on a commencé là. Et puis, à Bordeaux, moi, j'ai dit, ah, ce n'est pas tout à fait ça. J'ai envie de me rapprocher de la nature et donc on s'est rapprochés du bassin. Et tu vois, comme si on était animés par quelque chose et tout ça m'a poussée. Finalement, le message que j'ai envie de faire passer, c'est que c'est la rencontre, les rencontres. Pour le coup, moi, ça n'en a pas été forcément qu'une, mais les rencontres qui, tout à coup, m'ont emmenée sur un autre chemin de vie, plus authentique et plus libre, parce que probablement qu'il y a 10 ans, c'était ça que je cherchais sans le savoir.
- Speaker #1
Il y a quelque chose aussi d'intéressant. que j'ai envie de relever, c'est aussi que tu étais accompagnée par un mari qui voulait aussi te soutenir et te suivre.
- Speaker #0
Parce qu'il aurait pu te dire, hors de question, on reste à Paris, près de la famille, c'est plus simple et moi j'ai pas envie de partir. Et là, ce que j'entends, c'est que tu as été quand même aussi soutenue par le cercle familial proche.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Je pense qu'il a senti ma détresse, en fait. Tu sais, on dit souvent, mais pas qu'en psychologie, mais qu'on sort d'un confort inconfortable quand ça devient trop inconfortable. le bénéfice que tu y avais parce que On avait nos familles, on avait un travail. Moi, j'en avais marre du travail où j'étais, mais on était relativement bien payés. On avait notre appart. Tu vois, sur le papier, il n'y avait rien de terrible dans ce qu'on vivait. Mais c'était vraiment à l'intérieur de moi où ce confort était devenu tellement inconfortable que ça a fini par créer une détresse et presque une urgence à partir. Et c'est vrai qu'à ce moment-là, mon mari avait aussi ses peurs et ses craintes, mais je pense qu'il a ressenti, après il faudrait lui demander. Mais il a ressenti à l'intérieur de moi presque un besoin vital. Et c'est vrai qu'il m'a vachement accompagnée là-dedans. C'est vrai que ça, c'était une vraie force qui m'est accompagnée.
- Speaker #0
Tu parles beaucoup de ressenti. Oui. Alors moi, j'y crois. Je crois que notre corps nous donne des signes, des indices pour avancer, pour prendre des décisions.
- Speaker #2
J'aimerais qu'on définisse comment on peut se rendre disponible pour se reconnecter à ses ressentis. Toi, Adèle, en tant que femme, en tant que psychologue, as-tu des conseils ou des expériences à partager ?
- Speaker #1
Alors, je pense que la réponse ne va pas forcément plaire. Parce que ce que je crois, tu vois, c'est que moi, je me suis reconnectée à mes ressentis le moment où, justement, cette souffrance de la fausse couche a été tellement grande que je n'ai plus eu le choix. Et qu'à partir de ce moment-là, je me suis beaucoup moins donnée le choix. d'arrêter de plus ressentir ce que je ressentais à l'intérieur de moi. Même si ça m'arrive encore, bien sûr, de me couper de mes ressentis. Mais c'est comme si tout à coup, de toute façon, ça m'avait tellement envahi que je ne pouvais plus ne plus les prendre en considération. Donc, c'est là où j'ai dit que ma réponse, ça ne va pas forcément plaire. C'est qu'en fait, c'est encore une fois un choix. Parce que nos ressentis, en vrai, ils n'attendent qu'une chose, c'est qu'on les ressente. Qu'on fasse attention à eux et qu'on prenne conscience d'eux. Donc, c'est vraiment un choix de les regarder. mais tu sais, pour moi, c'est comme si... Tout à coup, tu décidais de regarder à droite plutôt qu'à gauche. Mais tu peux regarder à gauche, rien ne t'en empêche. Et c'est aussi ça tout le travail que j'ai fait depuis dix ans. Par exemple, je ne regardais qu'à droite et je m'empêchais de regarder à gauche, mais rendre compte que c'était plutôt moi qui me limitais, parce que j'avais construit tout un tas de croyances, d'idéalisation aussi de ma représentation, de comment je devais être et de comment ça devait être, qui fait que je ne m'autorisais pas à regarder à gauche. Je ne m'autorisais pas. Mais personne en vrai ne m'en a empêchée. Donc, ma réponse, ça serait en fait, rien ne vous en empêche de commencer là, ici et maintenant, à regarder vos ressentis. Après, on sait bien que c'est plus compliqué que ça et qu'il y a tout ce travail finalement que j'essaye de faire. J'ai enlevé toutes ces couches que je m'étais mise ou que la société m'avait mise, à la limite, peu importe d'où ça vient, qui m'empêchaient de regarder à gauche parce que j'avais la croyance qu'à gauche, il ne fallait pas aller regarder de ce côté-là.
- Speaker #0
C'est ça. Et puis, c'est peut-être aussi la rencontre qui va te faire. ou rendre conscience que finalement, il y a plusieurs réalités possibles. Et qu'on choisit toujours le chemin qui est plus facile, parce qu'on connaît les codes, parce qu'on a été élevé comme ça, parce que c'est comme ça et c'est pas autrement. Alors qu'au fond de nous, on ressent, mais on n'ose pas y aller. Et puis le jour, il y a la rencontre qui te fait dire, mais attends, cocotte, si, va voir de l'autre côté. Et en fait, on se rend compte que de l'autre côté, c'est génial, quoi. Parce que c'est le chemin qu'on doit prendre maintenant.
- Speaker #1
Et en fait, ce que tu dis, je réalise juste ça, que depuis toute petite, et c'est peut-être ça qui m'a animée depuis toujours, c'est que je recherche cette diversité. Et tu vois, quand tu dis comment finalement commencer à prendre conscience, c'est peut-être juste continuer à être curieux, à aimer la différence. Du coup, ça, ça porte un regard qui ouvre. Et du coup, quand on ouvre, on va rencontrer. Moi, il y a vraiment des personnes, justement, ces femmes que j'ai rencontrées sur le bassin, qui à un moment donné m'ont dit « mais regarde, qu'est-ce qui t'en empêche ? » tout à coup de... C'est comme une révélation de dire, bah oui, rien. Et de se trouver un peu con de se dire, mais en fait, pourquoi je m'en suis empêchée depuis si longtemps ? Alors que là, quand on me dit, mais regarde, il suffit juste que tu mettes un pied devant l'autre et tu vas voir, tu vas y arriver. De se dire, bah oui, en fait, c'est possible. Je crois qu'il faut vraiment cette envie au fond de soi. Et ça, je ne sais pas comment on se la crée pour le coup. Est-ce qu'elle est là en chacun de nous à la naissance ou est-ce que ça se crée ? Je ne pourrais pas trop te donner cette réponse-là. Cette envie d'ouvrir, d'être curieux et d'être dans cette diversité. Et là, on rencontre. d'autres regards qui nous disent qu'on peut faire autre chose et possible.
- Speaker #0
Oui, on a tous le pouvoir de choisir sa vie. Adèle, aujourd'hui, où tu en es après dix ans d'expérimentation, de questionnement, de rencontre ?
- Speaker #1
Alors, où j'en suis aujourd'hui ? Je dirais que je suis toujours en chemin, mais moi en quête. J'accepte justement de plus chercher quelque chose et finalement de faire confiance que dans ce chemin, Je vais rencontrer, j'allais dire, ce que j'ai besoin de rencontrer parce que j'ai envie de continuer à évoluer, à apprendre, à être curieuse et surtout à être ouverte et à transmettre cette liberté et comment on la transmet le mieux, en la vivant, je crois. Et aujourd'hui où j'en suis, j'allais dire, je me sens bien parce que je suis dans la responsabilité de mes choix et de ma vie. Là où je pense qu'à un moment donné, c'était vertigineux pour moi et je pouvais avoir un petit peu peur. Aujourd'hui, je vois que c'est ça qui manque et en fait qui me fait énormément de bien parce que je peux me dire que ce que je suis en train de vivre là, c'est parce qu'il y a de toute façon une part de moi qui l'a voulu. Et déjà, ce que je vis aujourd'hui, il y a beaucoup de choses dans lesquelles je suis très heureuse et je suis très bien et que si je dois faire évoluer des choses, j'ai la possibilité. Et ça, c'est quand même une liberté énorme. Dans le fond, rien ne m'en empêche. Alors, ça ne veut pas dire que ça va arriver demain et que ça ne va pas me prendre du temps et encore des efforts. Mais ça réouvre un champ des possibles énorme et ça, c'est extrêmement agréable de pouvoir le vivre comme ça.
- Speaker #0
J'ai une question à te poser. Qu'est-ce que tu ne t'aurais pas autorisé il y a dix ans de ça, qu'aujourd'hui, tu te l'autorises sans problème ?
- Speaker #1
Justement, je crois te parler aussi librement que je le fais là avec toi. D'oser me dévoiler complètement, d'oser me montrer sous toutes ses facettes. celles qui sont avantageuses et celles qui le sont moins. Et aussi oser parler d'une forme de spiritualité. Moi qui étais athée et contre la religion, oser dire qu'on peut incarner ses choix. Tu vois, c'est ce qu'on disait tout à l'heure un petit peu, qu'il y a quelque chose de plus grand que nous qui nous guide aussi et qui nous amène les rencontres des personnes qui nous permettent de cheminer sur notre chemin. Voilà, de croire en fait. C'est ça qui est assez étonnant, c'est que... Oui, je dirais ça. C'est qu'avant, j'avais des certitudes et maintenant, j'en ai plus et je crois. Et c'est ok de croire. Tout est un peu possible si j'ai envie de le faire. Je pourrais le faire, bon, peut-être pas sauter en parachute ou des trucs comme ça. J'ai encore peur, mais l'envie va dépasser le blocage sur beaucoup de choses, je pense.
- Speaker #0
Après, la peur peut être là et peut ne pas être inhibitrice. Ça se dit ça ? Oui. Et au contraire, quand il y a de la peur, c'est qu'en général, c'est là où il faut aller. J'entends qu'en fait, à partir du moment où on est quand même en sécurité intérieurement, avec un certain alignement, finalement, on peut faire plein de choses. Et peu importe ce que l'extérieur va percevoir, si on est OK avec soi. Donc, je suis assez d'accord avec ça aussi. Qu'est-ce que ça fait du bien ! Exactement ! Qu'est-ce que ça fait du bien !
- Speaker #1
Et finalement, quand tu te poses cette question, je me dis... Et du coup, avoir aussi moins besoin de se sentir vivante dans de l'extraordinaire. Tu vois, c'est pour ça que qu'est-ce qui a changé ? En fait, c'est peut-être ça qui est bizarre, c'est que sur le papier, si tu regardes maintenant, j'ai toujours deux enfants, j'ai toujours mon mari. Bon alors, je n'habite plus à Paris, j'habite à côté du bassin, mais j'ai toujours une maison, je fais toujours le même travail. Donc, on pourrait croire que sur le papier, rien n'a changé. Et pourtant, j'ai vraiment le sentiment que tout a changé. Pas parce que justement, je me suis mise à faire des choses extraordinaires. Mais parce que ce que je fais, je le fais avec plus d'intensité et vraiment parce que c'est ma passion, parce que ça me plaît, parce que c'est là où j'ai envie d'être. Et juste, je le fais un peu différemment,
- Speaker #0
d'y mettre beaucoup plus de sens.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Et je ne le fais plus parce qu'il faut ou parce que c'est l'endroit où on m'a dit que je devais être.
- Speaker #0
Je trouve hyper intéressant ce que tu dis, parce que notamment pour nos jeunes, je pense à mes ados, mes deux filles qui sont très sur TikTok, les réseaux, où là, on leur amène une image de ce qu'il faut être, ce qu'on doit être. Et je trouve que c'est des messages hyper intéressants pour aussi cette génération-là de se dire, revenons à ce qu'on est vraiment et reconnectez-vous à ce que vous avez envie et pas ce qu'on vous propose d'être. Je trouve que c'est hyper important. Qu'aurais-tu envie de dire à celles et ceux... qui se sentent aujourd'hui un peu perdus là.
- Speaker #1
J'ai envie de dire que c'est une très bonne nouvelle. Il faut se sentir perdu pour vouloir trouver son chemin. Tant qu'on n'est pas perdu, on ne cherche pas son chemin. C'est en développant cette capacité de chercher que ça ouvre plein de choses, parce que c'est en cherchant, tu sais, comme si tu allais chercher un livre dans ta bibliothèque, et bien en cherchant, tu vas tomber sur plein d'autres livres auxquels tu n'aurais jamais imaginé. Puis il y en a évidemment qui ne vont pas te plaire, et puis d'autres, tu vas commencer à les lire, et tu vas du coup découvrir quelque chose de toi dans ce livre. Tu vas te passionner pour les étoiles alors que jamais tu n'aurais imaginé que ça te passionne. Donc c'est génial en fait d'être perdue. Et là, j'allais dire, c'est plus un souhait, c'est que dans ce moment où vous êtes perdue, je vous souhaite de tout cœur de trouver sur votre chemin ces personnes qui vous accompagnent, mais parfois elles ne se rendent même pas compte qu'elles vous accompagnent, elles sont juste là sur votre chemin. Et donc quand on est perdu, c'est presque le moment où il faut le plus ouvrir les yeux. C'est peut-être ça le message que je pourrais faire passer. Parce que parfois quand on est perdu, on a tendance à regarder ses pieds, à se renfermer, oser, même quand on est perdu, regarder, observer. Et en fait, je crois qu'autour de nous, il y a plein de personnes et d'outils qui vont justement nous aider à moins nous sentir perdus. Ouais,
- Speaker #0
merci. On arrive à la fin de cet épisode, de cette conversation improvisée. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'as pas dit et que tu chercherais à sortir maintenant, que tu aimerais rajouter ?
- Speaker #1
Écoute, là, le premier mot qui me est venu, c'est vraiment merci de m'offrir cette opportunité de me raconter parce que c'est un sacré exercice, en fait, de se raconter et pas que dans l'intimité, même si là, on est toutes les deux, il y a quelque chose d'intime, mais en sachant que ça va être entendu par le plus grand nombre. C'est un sacré exercice que tu me proposes là. C'est aussi au travers de ça que je découvre une autre facette de moi. Comment j'ai envie de me raconter et qu'est-ce que j'ai envie de transmettre. C'est un très beau cadeau.
- Speaker #0
Merci à toi d'avoir partagé ton histoire. Si de même, tu devais te raconter en une phrase, comment tu résumerais ton chemin ?
- Speaker #1
Tout est en nous, tout commence par soi. C'est peut-être ça l'enseignement aujourd'hui que j'ai compris. Ce qui n'empêche pas de chercher, d'être curieux et d'être ouvert. Mais que l'essentiel est déjà donné en fait. Ça pourrait être ça.
- Speaker #0
Effectivement, cet épisode est une belle invitation à se reconnecter à soi, à se reconnecter à ses ressentis. À travers ton histoire Adèle, je ressens la puissance et la force que nous avons tous. En fait, nous avons tous en nous les réponses. pour cheminer vers ce qui est le meilleur pour soi. Encore faut-il en avoir effectivement l'envie. Effectivement, être perdu, commencer à se questionner, c'est les premiers signes où on peut s'alerter et se dire « Ah, là, je ne suis pas vraiment au bon endroit » . Donc, merci à toi. Si cet épisode t'a inspiré, alors partage-le autour de toi, sur Instagram, sur Facebook, sur LinkedIn, partout, partout. Je te dis à très vite pour un prochain épisode de Cap vers toi. Adishatz.