- Speaker #0
Quand on parle capital humain, on parle souvent de droits et on parle souvent d'argent et on peut y ajouter une petite touche de transformation. Alors régulièrement, je reçois Isabelle Schwab, avocate et ancienne des RH, et Sandrine Dorbs, qui est une spécialiste du sujet des rémunérations et de l'argent dans l'entreprise. Et avec elle, nous décortiquons des sujets qui impactent le capital humain. Bonne écoute ! Et si les Français n'étaient pas... Les rois fainéants décrits de façon très large et en France et ailleurs, et si la vérité n'était pas un peu plus subtile, comme souvent d'ailleurs. C'est ce que nous avons essayé de décrypter dans cet épisode. Bonne écoute. Bonjour Sandrine, bonjour Isabelle.
- Speaker #1
Bonjour Magali, bonjour Isabelle.
- Speaker #2
Bonjour à toutes les deux.
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, nous avons décidé de parler des Français qui ne travaillent pas beaucoup. Et cet épisode sera publié au mois de mai, comme ça, ça incarne bien le fait que les Français ne travaillent pas beaucoup. Mais ce qu'on a voulu faire ensemble, c'est justement se poser la question. Est-ce que cette idée reçue que le Français serait plus en congé que ce qu'il est au travail est exacte ? Et est-ce qu'à la fin de l'année, ça fait une France qui produit moins ? Alors, bien sûr, comme presque à chaque fois, première question pour notre avocate préférée Isabelle. Est-ce que tu peux nous faire un peu un cadre, jours fériés, jours chômés, c'est quoi la différence, ça marche comment ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. Alors, effectivement, le mois de mai, c'est comme on l'appelle un mois gruyère, qui concentre la quasi-majorité en tout cas des jours fériés, puisqu'en France, il y a 11 jours fériés. Alors, bien sûr, il y a des exceptions en Alsace-Moselle, dans les départements d'Oust-Romère, il y en a un peu plus, mais... Grosso modo, il y a 11 jours fériés et on fait la différence entre le 1er mai et les autres jours fériés. Le 1er mai, c'est le seul jour férié chômé, obligatoirement chômé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Et bien sûr, il y a des exceptions.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Donc, certaines structures, en fait, qui ne peuvent pas arrêter leur activité. Donc, bon, là, il y a… Il y a plein de secteurs considérés. Je suis en train de chercher un exemple.
- Speaker #0
Les secteurs de la santé, je suppose.
- Speaker #2
Oui, voilà, la santé, les hôtels, les restaurants, etc.
- Speaker #0
Et le tourisme aussi. Oui,
- Speaker #2
le tourisme aussi. Et les autres jours fériés, en fait, la loi ne prévoit pas qu'ils soient obligatoirement chômés, mais très souvent, les conventions collectives le prévoient. Voilà.
- Speaker #0
Et si... j'ai un jour férié qui n'est pas chômé, si je fais travailler mon équipe le 8 mai, je les paye plus ?
- Speaker #2
Alors, la loi ne prévoit pas de majoration. Elle prévoit de la majoration que pour le 1er mai. Mais pour les jours fériés travaillés, il n'y a pas de majoration légale. En revanche, les conventions collectives quasi systématiquement prévoient des majorations.
- Speaker #0
Donc, ça veut dire que sinon, si on n'a pas de convention collective, on pourrait imaginer faire travailler une équipe le 8 mai et qui ne gagnent pas d'argent en plus.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord. Donc c'est à la fois un cadre et des applications qui ont été négociées et qui font qu'aujourd'hui ces jours ne sont pas travaillés. Mais ce n'était pas ce que prévoyait la loi en fait.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
C'est quand même une sacrée idée reçue. Tu vois Isabelle, tu me l'apprends. Moi je pensais que c'était légal de rémunérer les gens qui travaillent les jours fériés.
- Speaker #2
Non, non. Après, il y a les conventions et les accords, mais il y a aussi les usages.
- Speaker #1
Oui, ce que je veux dire, c'est que je pensais que c'était plus dans la loi. Je ne pensais pas que ça restait un accord de branche.
- Speaker #2
C'est vrai que c'est une idée reçue. Comme l'idée reçue de la journée de la solidarité, je ne sais pas si on en parle maintenant.
- Speaker #0
Oui, parce que moi, j'ai un petit sujet, mais qui remonte même aux 35 heures. C'est-à-dire, si on prend le secteur, si on ne prend pas ce qui est travail posté, D'accord ? Et vraiment posté, c'est-à-dire que... Posté à l'usine.
- Speaker #1
Ah pardon, ok.
- Speaker #0
Non, non, c'est-à-dire qu'à l'usine, t'as une chaîne, t'as besoin de 14 personnes, t'as besoin de 14 personnes. Si t'en as 12, ta chaîne, elle tourne pas. À l'hôpital, t'as besoin de 14 personnes, si t'en as 12, les 12 bossent plus, mais elles font le travail de 14 quelque part. Et finalement, cette idée des 35 heures, donc je remonte il y a longtemps, où on nous a expliqué qu'on allait travailler moins et que ça allait créer de l'emploi, on est bien d'accord qu'on a eu plus de jours de... congés, qu'on a travaillé plus les autres jours. C'est-à-dire que ce principe de subsidiarité, il n'existe pas. On a compensé les jours de RTT globalement, quand on était dans les services, mais même un peu partout, parce que je ne pense pas qu'il y ait eu de remplacement de un pour un avec la réduction des heures de travail. Et donc, la journée de solidarité... C'est pareil.
- Speaker #2
Alors, Journée de Solidarité, ce que je voulais vous dire surtout, c'est que ce n'est pas systématiquement le lundi de Pentecôte. Au tout début, dans les textes, on prévoyait de la fixer à un lundi de Pentecôte, mais depuis 2008, on peut choisir n'importe quel jour férié chômé,
- Speaker #0
qui était précédemment chômé, sauf le 1er mai. C'est précédemment chômé dans la Convention collective.
- Speaker #1
Alors ça, tu vois Isabelle, ça me rappelle l'année dernière, au moment du lundi de Pentecôte, dans ma copropriété, un voisin a fait des travaux, enfin a fait intervenir une société pour faire des travaux, et les gens se sont, alors ne sont pas allés se parler parce qu'on s'en était beaucoup trop simples, mais se sont scotchés sur la porte du voisin en question différents articles de loi, différents trucs, qui disaient un peu tout et son contraire, parce que les gens étaient persuadés que le lundi de Pentecôte était férié, point. Et qu'on n'avait pas à faire des travaux chez soi, surtout pas en faisant intervenir une entreprise. Alors moi, je travaillais, en l'occurrence, lundi de Pentecôte, parce que j'avais des clients qui travaillaient, mon conjoint travaillait. Et quand j'en parlais avec des voisins, ils disaient non, c'est illégal, on ne peut pas travailler lundi de Pentecôte. Et je te parle déjà de l'année dernière, de 2025, pas de 2008 ou 2007.
- Speaker #2
Non, non, non, c'est justement le seul jour où on ne peut pas travailler, le jour férié où on ne peut pas travailler, c'est le 1er mai. Tous les autres, on peut travailler. Et le lundi de Pentecôte... Il avait été choisi comme journée de la solidarité, donc journée de travailler.
- Speaker #0
Mais on est bien d'accord que le raisonnement, parce que la Banque de France par exemple, dit un jour férié c'est 0,1% du PIB, donc 2 à 3 milliards d'euros. Je suppose, alors je vérifierai, je le mettrai dans le descriptif de l'épisode, je suppose qu'ils ont pris le PIB total, ils ont développé, divisé par le nombre de jours travaillés et ils ont dit… Eh bien, si on travaille un jour de plus, on produit ça en plus. Mais on est d'accord que c'est faux. Toi qui travailles sur les chiffres, Sandrine, ça ne marche pas comme ça.
- Speaker #1
Moi, je n'y crois pas une seconde à ce calcul. Je n'y crois pas une seconde. Alors, je pense qu'il y a des environnements où potentiellement ça peut fonctionner. Vraiment, je pense qu'il y a des industries où il y a des… Je ne peux pas dire le nom du client, mais eux, ils sont dans la maintenance automobile. ils valorisent la présence. Ils ont besoin que les gens soient au travail. Donc, ils font plein de choses intéressantes sur la monétisation du CET. L'idée, c'est ne prends pas tes congés, viens travailler, on te rémunérera mieux. Il y a plein de choses qui sont faites sur la valorisation du temps de travail. Donc, eux, clairement, tu leur enlèves un jour, il y a un sujet, mais c'est un exemple. Enfin, ce n'est pas une règle. Moi, la plupart des environnements, tu rajoutes un jour de boulot, je ne suis pas sûre que l'entreprise, elle gagne tant en productivité que ça.
- Speaker #0
Je rajoute un jour de boulot, mon entreprise c'est une société de service aux entreprises, je rajoute un jour de boulot, je ne rajoute pas un jour de vente.
- Speaker #1
Tu vois, moi ça me fait penser, alors peut-être que les personnes qui nous écoutent vont trouver que j'exagère, mais moi ça me fait un peu penser à ce qui s'est passé quand on a ouvert les magasins les dimanches. On a ouvert les magasins les dimanches en disant, il y a des gens qui veulent faire les courses le dimanche, on a besoin de stimuler l'économie, donc si des gens sont chauds pour aller dépenser de l'argent le dimanche, on prend. Et je me souviens d'une interview que j'avais entendue de l'ancien patron des Galeries Lafayette, plusieurs années après, qui disait, constat, ça ne fonctionne pas.
- Speaker #0
Les gens ne génèrent pas de chiffre d'affaires en plus.
- Speaker #1
En fait, tu as 100 euros à dépenser, si tu ne les dépenses pas le mardi, tu vas les dépenser le dimanche, parce que tu as l'occasion de dépenser le dimanche. Et qu'au final, ils continuaient d'ouvrir le dimanche, non pas que ce soit une opportunité économique folle, mais parce que le printemps, leur concurrent direct qui est juste à côté ouvrait le dimanche. Et qu'en fait, on ne peut pas se permettre de ne pas ouvrir le dimanche, parce que t'es 100 euros. tu vas les dépenser dans un autre magasin et donc finalement on a ouvert le dimanche pour amener de la flexibilité aux gens et stimuler l'économie et au final les gens veulent ouvrir le dimanche parce qu'ils ne veulent pas être celui ou celle qui n'ouvre pas le dimanche et autre exemple peut-être que les gens en ont marre d'entendre parler de la semaine de 4 jours vous me direz ça fait longtemps on peut y retourner c'est le patron de LDLC qui est un des grands en fait de la semaine de 4 jours quand il parle de ce qu'il a fait dans son entreprise, au départ, c'est une semaine en quatre jours. Non, pardon, c'est la semaine de quatre jours, justement. L'idée, c'est qu'on ne travaille que quatre jours.
- Speaker #0
Il a baissé aussi le nombre d'heures.
- Speaker #1
Il a baissé le volume horaire. Et il s'est dit, puisque je retire une journée de travail aux équipes, je vais devoir recruter des gens pour faire ce travail. Et il se trouve que pas du tout. Ils ont beaucoup gagné en productivité, justement. Salut ! Quand je dis ça, je ne dis pas « rajoutons un jour férié » , mais moi ça me fait réfléchir sur est-ce que vraiment en supprimant un jour férié ou en travaillant un jour férié, on va tant gagner en productivité de salles ? Je ne suis pas sûre. Les entreprises qui ouvrent et qui font travailler les jours fériés, s'ils ont des bonnes raisons économiques, les restaurateurs, si tu ne les laisses pas ouvrir un jour férié...
- Speaker #0
Alors, on va parler de ce secteur-là, mais avant, je vais revenir sur LDLC, parce que je mettrai le lien dans le descriptif, je l'ai interviewé pour ce podcast il y a quelques mois, et ce qu'il explique très bien, d'autant plus que c'est ma profonde conviction, c'est qu'il a beaucoup expliqué, c'est-à-dire qu'il n'a pas décidé la semaine de 4 jours, ils ont pris du temps, et il a demandé aux équipes, en fait… par exemple au niveau d'un entrepôt ou au niveau d'un magasin, parce qu'ils ont des magasins, de regarder ce que ça changeait pour eux, de projeter l'activité et de dire combien il y aurait besoin de recrutement. Et en fait, les gens, quand ils ont fait ce travail-là, ont réalisé qu'au niveau d'un magasin, par exemple, avec la même équipe, on va avoir une couverture différente, ils ont pris en compte la fréquentation. Et donc, c'est les équipes elles-mêmes qui ont produit ce résultat qui fait qu'il a très peu recruté en passant un quatre jours. Il a un taux de fidélité des équipes qui est juste exceptionnel. Et c'est vrai, je te remercie Sandrine, parce que je ne pensais pas à eux. C'est bien la preuve qu'on peut travailler moins, gagner pareil et produire pareil en fait. Et produire mieux, on est dans du mieux en fait, clairement. Et c'est vrai que, alors tu viens d'ouvrir le sujet Sandrine, Isabelle nous dit qu'il y a des secteurs où il y a des dérogations. On est d'accord que quand on est en jour férié au mois de mai, qu'avec un peu de chance il fait beau, On est plus au resto, on est plus au café, on est plus dans le train, donc on contribue quand même. C'est-à-dire, si on supprime, imaginons qu'on décide de supprimer tous les jours fériés du mois de mai, il y a des secteurs entiers qui vont en souffrir, en fait.
- Speaker #1
C'est exactement pour ça, avant qu'Isabelle rentre dans le fond, je te prie de m'excuser Isabelle, c'est exactement pour ça qu'on a reculé sur ce fameux lundi de Pentecôte. Parce que la première année où on a décidé que le lundi de Pentecôte n'était plus férié et qu'on devait aller bosser, la première année, tout le monde est allé bosser le lundi de Pentecôte. les restaurateurs, ils ont fait la gueule quand même. C'était en juin, il faisait beau. C'est les restaurateurs qu'on a beaucoup vus aux infos, mais tu prends les hôteliers, tu prends tous ceux qui sont dans l'industrie du tourisme et du loisir. On s'est dit, super idée, monsieur Raffarin, mais nous, on fait comment dans une économie qui est déjà compliquée ?
- Speaker #0
Donc finalement, ça voudrait dire que l'économie des jours fériés en France, ça permet un transfert de richesses vers d'autres secteurs. qu'on ne pourrait pas faire si on était au bureau. Parce que, autant quand on a décidé de consommer 100 euros dans un magasin, on peut le faire le mardi ou on peut le faire le samedi, mais si on a décidé de boire un café en terrasse, c'est mieux que les jours fériés soient au mois de mai plutôt qu'au mois de novembre. Moi, je trouve ça plutôt malin, finalement, quand on creuse le sujet. Et ce café en terrasse, si on travaille ce jour-là, on ne le prendra pas. Donc, c'est vraiment une dépense qu'on supprime.
- Speaker #2
Et c'était un peu le sens de la proposition de loi, tu sais, sur le travail du premier mail qui a récemment été rejeté, en fait, qui a été rejeté par les députés après avoir été adopté par les sénateurs ?
- Speaker #1
Oh là là, mais vraiment, le Sénat, une assemblée qui est déconnectée du terrain, pardon. Oui, oui.
- Speaker #2
En tout cas, eux, voilà, eux voulaient cette loi et les députés, eux, étaient plutôt contre et d'ailleurs, ils l'ont rejetée. Mais le gouvernement va quand même proposer un projet de loi à ce sujet. En recadrant un peu les choses et en limitant le travail le 1er mai, l'idée, pour être claire, du travail le 1er mai, c'était d'ouvrir à plus de secteurs la possibilité de travailler le 1er mai.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et notamment le secteur des activités culturelles. Donc, les théâtres et tout ça. Je te rejoins dans l'idée de consommer plus, de faire vivre l'économie différemment. Là, c'était favoriser les activités culturelles. Il y avait aussi la vente de fleurs naturelles. dans les secteurs qui auraient pu ouvrir le 1er mai. Et bon, comme d'habitude, la vente de produits alimentaires et les commerces, la fabrication, la préparation d'aliments à emporter et à manger tout de suite.
- Speaker #0
D'accord. C'était ciblé sur certains secteurs, mais les acteurs, les sénateurs ?
- Speaker #2
Les sénateurs étaient OK sur cette proposition-là. Et les députés ont dit non, on rejette. Et donc cette année, ça ne sera pas appliqué du coup.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Puisqu'il n'y a pas de texte. Mais le gouvernement va proposer un texte revu qui sera potentiellement applicable l'année prochaine, du coup le 1er mai 2027. Et ça concernerait le travail le 1er mai dans les boulangeries, pâtisseries, artisanales et le secteur des fleuristes aussi. Voilà. Ils ont restreint le...
- Speaker #0
J'ai fait un post LinkedIn sur le sujet pour savoir qui considérait... que dans la qualité de vie et les conditions de travail, aujourd'hui, l'ouverture des boulangeries est un sujet majeur, j'ai eu peu d'écho, en fait. Donc, je suis quand même un peu étonnée, mais ça sera un autre sujet de podcast, mais je suis un peu étonnée des préoccupations de nos élus qui, je trouve, ne rejoignent pas les préoccupations que je croise au quotidien. dans l'entreprise. Alors quand on regarde les études, parce qu'aujourd'hui l'INSEE, la Banque de France et l'OCDE, donc il y a quand même du lourd, sont d'accord pour dire qu'on ne peut pas prouver qu'il y a une perte avec les jours fériés, qu'une partie est rattrapée dans toutes les activités où en fait on travaille plutôt à l'objectif et à la tâche et qu'une partie est redistribuée, c'est-à-dire qu'elle fait tourner des secteurs parce qu'on est… on est plus au cinéma, au restaurant, ces jours fériés-là, que quand on est au bureau. Donc finalement, cette idée que le français est un peu flémard, parce qu'il y a un peu cette idée-là, que le français est un peu flémard, et qui est entre autres nourrie par le nombre de jours fériés, ce qu'on se dit là et ce que montrent les études, c'est que le nombre de jours fériés en France ne génère pas moins de richesses et donc ne cautionne pas cette idée qu'on serait un peu flémard. On est d'accord.
- Speaker #2
En plus, c'est une fausse idée pour avoir, si on fait un peu de comparaison avec nos voisins, par exemple en Angleterre, ils ont moins de jours fériés, un tout petit peu moins, ils en ont 8 je crois ou 9, mais eux en fait, quand le jour férié tombe à week-end, ils le rattrapent le premier jour ouvrable suivant. Donc si vous avez un 8 mai, un samedi, comme c'était le cas l'année dernière, Et bon, là-bas, ce n'est pas férié, je choisis le mauvais jour. Mais si un jour férié tombe à week-end, finalement, le jour férié, ce sera le lundi. Et les gens ne viendront pas travailler le lundi. Donc, ils remportent le jour férié qu'ils perdent, en fait, si le jour férié tombe un jour qui n'est pas travaillé.
- Speaker #0
Et puis, entre 9 et 11, OK, on en a deux de plus. Ça ne fait pas une différence. Non. On a l'impression que les anglo-saxons travaillent beaucoup plus que nous. Deux jours d'écart, ce n'est pas énorme, en fait.
- Speaker #2
Non, clairement. Clairement, surtout si, quand il tombe un week-end, ils sont rattrapés. Et au final, les gens ont quand même un jour férié sur le premier jour de rap suivant. J'ai été très surpris.
- Speaker #0
L'année dernière, ils en ont eu plus que nous.
- Speaker #2
Mais il faudra vérifier, mais oui. Parce que nous, ça tombait pas mal le week-end.
- Speaker #1
Oui, ça me fait penser à un parallèle, alors que là aussi, il va vous paraître un peu osé. Moi, je suis fan de l'Eurovision, par exemple. Et on sait qu'organiser l'Eurovision, pour le pays qui... C'est le télédiffuseur public qui doit, alors si c'était en France par exemple, ce serait France TV, c'est le télédiffuseur public qui doit financer l'organisation du concours sur le territoire national. Donc à la fois, quand on gagne, on sait que ça va coûter une fortune aux télédiffuseurs publics, mais on sait que, et c'est prouvé, ce n'est pas du Sandrine Dorbe, c'est les chiffres, les retombées économiques après avoir organisé une session de l'Eurovision sont assez rapides. Alors je n'ai plus les chiffres en tête, mais l'année dernière c'était en Autriche. alors peut-être là c'est un peu tôt mais l'année précédente c'était en Suède on a déjà les chiffres des retombées sur la ville de Malmeux où avait lieu le concours et les retombées, alors oui ce qui est difficile c'est que c'est pas le financeur qui les a, c'est tout ce qu'il y a autour c'est le tourisme et c'est sur le long cours c'est pas le lendemain de l'Eurovision ou la semaine suivante c'est dans les mois à venir, c'est dans l'année à venir et ça, ça se mesure très bien et moi ça me fait penser à ça le sujet des jours de... de... Les jours fériés, parce que quelque part, c'est les entreprises qui les financent. Je ne viens pas travailler, je suis tout de même rémunérée. Et ce financement ne reviendra pas à l'entreprise directement. Ça va revenir à l'économie globale. Et c'est pour ça que le sujet, quand on s'était dit l'année dernière, on va supprimer deux jours fériés. Alors pourquoi deux, pourquoi pas trois, pourquoi pas deux ? Moi, je me disais, c'est une technique. Ils disent deux pour ensuite dire, allez, on n'en supprime qu'un. Et ensuite, on aurait été là, oh bah ouf, on ne va pas faire un jour férié. Bon, finalement, ça ne s'est pas fait, mais je trouvais que c'était un peu vraiment malvenu dans un moment où, quand on regarde le monde du travail, les gens veulent plus d'équilibre vie pro-vie perso, veulent plus de temps pour eux hors de l'entreprise. Et de l'autre côté, le gouvernement dit, on va vous y renvoyer un jour de plus.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #1
Et en plus, ce qui allait arriver, et ce qui fait le parallèle avec un autre sujet qui n'est pas notre sujet d'aujourd'hui, c'est le sujet de l'épargne salariale. C'est que, typiquement, si on nous avait supprimé un jour, on parlait du 8 mai, on va supprimer le 8 mai ce qui se serait passé c'est que les entreprises bien financées et ou bien organisées auraient offert le 8 mai comme certaines offrent le jour de solidarité du coup on aurait, je pense à l'épargne salariale parce que là on parle de défiscaliser le déblocage de l'intéressement en fait qui va en bénéficier ? les salariés d'entreprises qui ont de l'intéressement pas l'ensemble des salariés et donc là demain on supprime un jour qui va en bénéficier ? Merci. Pas ceux auxquels on pensait au départ. Ça ne va pas financer l'économie. Les boîtes qui ont de l'argent et qui ont leur gars qui va avec vont dire « Vous savez quoi ? On vous l'offre. Ne venez pas travailler ce jour-là et c'est pour nous, on paye la journée. » Comme ce qui se passe avec Journal de Solidarité. Donc, est-ce que vraiment on allait générer des gains de productivité avec ça ? Je n'y crois pas une seconde. Je ne suis pas du tout clé.
- Speaker #0
Et globalement, finalement, ce que montrent les chiffres, c'est que ça n'a pas été le cas. Et si on va jusqu'au bout, c'est-à-dire sur la productivité des Français, là aussi, on a des sources qui montrent qu'on est dans le top 5 mondial en termes de productivité, c'est-à-dire le PIB est amené au nombre d'heures travaillées. c'est-à-dire que contrairement… Alors remarquez, je ne sais pas s'il y a des idées reçues, en tout cas le français quand il est au travail, il travaille. Alors c'est vrai s'il y a des idées reçues sur les pauses déjeuner, mais finalement le français quand il est au travail, il travaille et il fait en sorte de faire entrer dans le temps qui est attribué au travail ce qu'il a à produire, c'est ça que ça veut dire en fait. C'est que globalement on s'organise et le point de Sandrine sur la conciliation vie privée-vie pro n'est pas anecdotique. en termes de santé. Mais alors là, bien sûr, moi je le vois bien, c'est comme quand je parle de prévention sur la santé mentale. C'est-à-dire qu'on ne peut pas le prouver, moi c'est ce que j'entends encore, on n'a pas les chiffres, on ne voit pas que ça diminue l'absentéisme. Mais quand on voit aujourd'hui le rapport au travail qui s'est un peu durci, faire venir les gens plus au travail, possiblement peut générer des coûts sur la santé. Je ne le jurerai pas, mais ce n'est pas complètement délirant. Et donc on est à la limite de la fausse bonne idée, c'est-à-dire... on ne fera pas gagner d'argent à la France, il n'y aura pas plus de cotisations retraites, ce n'est pas vrai, il n'y aura pas de création d'emplois, ce n'est pas vrai, et en plus, possiblement, les gens n'iront pas mieux, voire moins bien. Donc, il n'y a rien qui va dans ces projets, en fait. Vous êtes d'accord ?
- Speaker #1
Moi, je te suis.
- Speaker #0
Oui. Donc, nous, on est contre la suppression des jours fériés, et on est pour la conciliation vie privée-vie pro, parce que c'est très bon pour la santé, pour la santé mentale.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, peut-être qu'il faut qu'on précise un point. c'est que pour les personnes qui nous écoutent c'est qu'on est contre la suppression des jours fériés et aucune de nous n'est salariée c'est vrai t'as raison de le préciser c'est vrai,
- Speaker #0
c'est à dire qu'on pourrait être un peu il y a que nous qui travaillons et non non, il faut avoir une vision d'ensemble donc gardons les jours fériés faisons en sorte que les gens ont envie de venir travailler c'est quand même la solution idéale il faudra qu'on fasse un épisode sur qu'est-ce qui fait que les gens ont envie de venir travailler on va y réfléchir, merci à toutes les deux Merci. Merci d'avoir été avec nous aujourd'hui. Si vous avez aimé cet épisode, pensez à le partager avec vos collègues ou avec d'autres dirigeants et à nous laisser une petite note. Ça fait toujours plaisir et ça nous aide beaucoup. Vous souhaitez en savoir plus ? Abonnez-vous pour rester avec nous et sentez-vous libre de nous faire part de vos réflexions en commentaire. J'adore ça. Et si vous avez envie de partager votre histoire, ou vos expériences, n'hésitez pas à me contacter sur mon site lili-facilite-la-vie-info. À bientôt dans Capital Humain, le podcast pour que les salariés soient heureux et productifs.