Speaker #0On veut tous laisser une trace, créer quelque chose de fort, être utile, impactant, admiré. Mais parfois, à force de vouloir briller, on finit complètement cramé. Tu gères des responsabilités, des projets, des personnes, des imprévus, et tu n'as pas de temps pour toi. T'avances parce qu'il faut avancer, pas parce que t'as une énergie au top. Tu n'écoutes pas un podcast sur la fatigue invisible parce que t'as du temps à perdre, tu l'écoutes. parce qu'une part de toi sent bien que quelque chose n'est plus comme avant. Bienvenue dans Captain Cramé, saison 2, l'envers du mental. Un podcast pour celles et ceux qui brillent, parfois, jusqu'à s'éteindre. Ici, on décrypte les trajectoires de personnes réelles, des vraies montées, des vraies descentes et des déclics inattendus. Parce que ce n'est pas que dans les films que les gens s'effondrent en silence. C'est aussi dans les entreprises, les bureaux, les cabinets, les open space, les visios sans fin. Et il est temps qu'on en parle pour de vrai. On veut tous laisser une trace, créer quelque chose de fort, être utile, impactant, admiré. Mais parfois, à force de vouloir briller, on finit complètement cramé. Stromae l'a vécu deux fois. Et pas dans l'ombre, non. En pleine lumière, en plein succès, en plein boom. On l'a vu chanter des textes sombres avec des mélodies qui font danser. On a tous vibré sur Alors on danse, sans vraiment entendre que ça parlait d'un gars qui était en train de s'effondrer. Il a toujours eu ce talent de rendre l'effondrement limite attirant. Mais voilà, même ce génie a un corps. Et un jour, son corps a dit stop. En 2015, il est au sommet et il interrompt tout. Tournée mondiale en pause. Le silence après le bruit. Puis, en 2023, même scénario. Mais cette fois, il dit les mots. Il parle de santé mentale. Il choisit de ne pas faire de promo. Et rien que ça, ça fait du bien. Entendre quelqu'un qu'on admire dire « je vais pas bien » et « j'ai pas à m'excuser » . Le plus fou dans tout ça, c'est qu'on fait exactement pareil. Alors pas avec des salles de concert pleines, mais avec des boîtes mail pleines, des réunions qui s'enchaînent, des « allez, encore un effort » , répétées comme un mantra. On croit que tant qu'on tient debout, c'est que ça va. Mais la fatigue, elle ne commence pas par une chute. Elle commence juste par un frisson, un doute. Et quand on n'écoute pas, elle frappe encore plus fort. Et c'est là qu'on reconnaît le schéma. On se pousse au nom de ce qu'on croit être la responsabilité. On s'étire jusqu'à ce que ça craque. Comme si le fait de continuer à produire prouvait qu'on allait bien. Eh ben non, ça ne passe pas. Ça finit toujours par casser. Le cerveau, lui, il est moins tolérant que nous. Il n'a pas de patience pour notre ego. Quand il sent qu'on en fait trop, Il passe en mode économie d'énergie, comme un téléphone à 5%. Il baisse la lumière, il ferme les applis. Sauf que nous, à ce moment-là, qu'est-ce qu'on fait ? On en lance 15 de plus, on ouvre Netflix, on répond à un message, et on planifie plein de trucs. Puis après, on s'étonne que tout bug. Mais c'est pas le monde qui déconne, c'est juste notre système nerveux qui dit Merci. T'as pas écouté ? Alors je coupe. Ce qui est dur, c'est qu'on nous a jamais appris à écouter notre corps. On nous a appris à l'ignorer. À le maîtriser même. Tiens bon, ne te plains pas, fais l'effort. Et si t'as besoin d'arrêter, c'est que t'es faible. Non ? Et pourtant, quand Stroma est dit stop, On ne l'a pas vraiment traité de fragile. Parce qu'on sent que c'est juste, parce que ça sonne vrai, et parce qu'on s'y reconnaît un peu. Ce qu'on appelle discipline, parfois, c'est juste du déni bien habillé. On est persuadé qu'on gère, qu'on est fort, mais on est juste en train de se pousser hors de la route. Stromae, lui, il a continué d'écrire. Il a sorti Multitude, un album magnifique. Mais derrière les chansons, les interviews, les clips... Il y avait encore ce poids, cette pression, cette envie de faire bien, trop bien, jusqu'à ce qu'il dise encore une fois « Non, c'est trop » . Et cette fois, il ne le dit pas après l'effondrement, il le dit avant. Et ça, c'est une révolution. La vérité, c'est qu'on veut tous produire du beau, du fort, du marquant, mais à quel prix ? À quoi bon créer si ça nous détruit en même temps ? À quoi bon inspirer si on se vide en coulisses ? La vérité, c'est que le corps envoie des signaux. Toujours. Mais on les zappe. Parce qu'il ne crie pas. Il murmure. T'as déjà remarqué que tu te réveillais plus fatigué que quand tu t'es couché ? Que t'as perdu ton humour ? Remplacé par une forme de sarcasme ? Que tu lis un mail et que deux secondes après, t'as oublié ce qu'il disait ? Que tu respires vite ? Mais jamais profondément ? Qu'une forme de colère flotte dans l'air, sensible précise ? Que tu manges mal, ou presque pas ? Que tu laisses la télé ou un podcast allumé juste pour ne pas entendre ce qui se passe dans ta tête ? C'est pas juste la vie d'adulte, ça. C'est un système d'alarme. Et ce système, Stromae l'a entendu. Deux fois. Et à chaque fois, il a choisi de s'arrêter. Pas parce qu'il était fragile, mais parce qu'il était vivant et qu'il voulait le rester. Ce qu'on vit souvent, c'est une tournée mal réglée. Tu te lèves, tu fonces, tu t'épuises, tu te couches et tu recommences. Métro, boulot, insomnie et même pas les projecteurs pour faire illusion. C'est comme passer en boucle un disque rayé. Même la plus belle des chansons, à force, devient insupportable. Mais alors pourquoi on continue ? À cause des croyances. Ces petites phrases qui tournent en fond sonore et qui nous tiennent éveillés. Si je ralentis, je perds tout. Je dois finir avant de me reposer. C'est rien, je suis juste un peu fatiguée. Les autres y arrivent, donc moi aussi. Je ne peux pas dire non. Personne ne pourra le faire à ma place. Tu vois le piège ? On se croit irremplaçable. Mais même les idoles tombent, et souvent, c'est là qu'elles deviennent plus vraies. Alors comment on sort de là ? Déjà, on arrête de nier. On identifie ce que le corps dit, pas ce qu'on voudrait entendre. Est-ce que c'est de la fatigue, de l'insomnie, de la douleur, du brouillard mental ? On l'observe, sans jugement. Le corps... C'est pas un ennemi. C'est pas non plus un outil en fait. C'est un coéquipier. Et comme tout bon coéquipier, il a besoin de pause. Ensuite, on agit. Pas dans un mois. Là, maintenant. On bloque un vrai moment de vide. Pas un moment sans réunion mais avec 50 mails à traiter. Un vrai moment. On dit non une fois. à une demande non urgente, juste pour voir, juste pour sentir ce que ça fait. On dort un peu plus, on mange un peu mieux, on respire un peu plus lentement, on ralentit, pas pour être inefficace, bien au contraire, mais pour redevenir entier. Stromae, aujourd'hui, ne crée plus à la chaîne. Il crée quand ça vibre, quand c'est juste, quand son système est prêt. Il a changé de tempo. Et si on faisait pareil ? On croit que lâcher, c'est abandonner. Mais lâcher, c'est reconnaître que la machine interne, elle a besoin de carburant. Pas de coup de fouet. Si notre vie était un concert, on mériterait une balance sonore. Pas une cacophonie. On mérite de ne pas s'éteindre au nom de ce qu'on veut offrir. Et toi, tu serais prêt à ralentir ? Pas à tout arrêter. juste à reprendre ton souffle. Parce qu'on peut être intense sans se détruire et on peut être brillant sans brûler. Alors voilà, tu viens de t'accorder un espace. Pas une pause pour t'échapper, mais une pause pour regarder en face ceux qui s'essoufflent. T'as pas besoin de tout changer pour aller mieux. Mais peut-être qu'il serait temps d'arrêter d'endosser un rôle qui te coûte trop cher. Dans les prochains épisodes, nous allons sourire, grincer un peu, secouer quelques croyances et surtout, retrouver de l'élan, du vrai. Si cet épisode t'a parlé, partage-le avec une personne brillante, engagée, performante, mais qui est en veille prolongée. Je suis sûre que t'as quelqu'un comme ça dans ton entourage. Abonne-toi et n'hésite pas à m'envoyer un petit message pour me dire ce que ce podcast t'inspire, ou tout simplement, respire un bon coup. Sans masque et sans autre objectif que de préserver ta santé car on n'a qu'une seule vie et on ne sait pas quand elle va s'arrêter. Alors ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter, non ? Merci encore d'avoir pris le temps d'écouter cet épisode jusqu'au bout. Prends soin de toi et à très vite.