- Speaker #0
On les appelle CEO, on les admire, on les écoute, on les cite, mais on oublie souvent que derrière le titre, il y a une personne, une vie et une histoire. Faites de choix pas évidents et de peur qu'on ne partage pas. CEO Recto Verso, c'est le podcast qui explore ces deux faces. Au recto, l'image publique, l'expertise, les réussites. Au verso, ce qu'on sait et ce qui nous forge vraiment. Je suis Lola Latar, fondatrice de l'agence de communication Kerencia. Et dans chaque épisode, je tends le micro à celles et ceux qui dirigent un projet, une entreprise ou un mouvement. On y parle communication, stratégie, décision.
- Speaker #1
mais aussi doute, solitude, virage et conviction. Parce que derrière chaque réussite, il y a ce qu'on ne montre pas. Et c'est souvent là qu'il y a le plus à comprendre et à apprendre. Alors bonne écoute.
- Speaker #0
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Christelle Mabille, qui a travaillé plus de 20 ans en banque, monté trois boîtes, présidé une association nationale. Bref, un parcours d'entrepreneur bien expérimenté, bien ancré. Et pourtant, à un moment donné, elle a vécu un infarctus. Et cet épisode... de podcast avec Christelle. C'est vraiment une plongée dans un sujet qu'on aborde peu. Finalement, ce que le corps encaisse, subit pendant que la tête court après la réussite, en tout cas la pseudo réussite. Bonjour Christelle.
- Speaker #1
Bonjour Lola, merci de m'avoir invitée.
- Speaker #0
Avec grand plaisir et avant qu'on commence, j'ai introduit brièvement le décor, mais est-ce que tu pourrais te présenter, nous dire ce que tu as fait ? dans ton ancienne carrière et ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, je suis Christelle Molin-Nabille. Je dis que je suis une ancienne banquière reconvertie. Donc, j'ai fait 20 ans de banque, principalement dans le réseau, mais aussi dans tout ce qui est back-office et formation. Donc, ce qui fait que je comprends à peu près toute la chaîne du monde bancaire. Et après, j'ai créé ma première boîte en 2000, je ne sais plus, 2014. Après avoir quitté la banque en 2010, en fait. Et depuis les dernières, j'ai créé la clique des entrepreneuses. Donc en fait, je travaille depuis toujours dans l'intermédiation financière. Et donc l'argent, c'est un peu mon dada.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr qu'avec une carrière aussi longue dans la banque, on garde des traces, on va dire.
- Speaker #1
On garde quelques traces, oui.
- Speaker #0
Et donc du coup, aujourd'hui, tu es à la tête de la clique des entrepreneuses. Est-ce que tu pourrais nous expliquer un peu c'est quoi exactement la mission de... de ce programme ou en tout cas de ce réseau ? Qu'est-ce que tu y transmets finalement ?
- Speaker #1
Alors en fait, je n'y transmets pas grand-chose. La Clique des entrepreneurs, j'ai créé un espace où les entrepreneurs peuvent venir se rencontrer, peuvent venir déposer en fait ce qu'elles ont envie de déposer. C'est « je vais super bien » , « je ne vais pas bien » , « j'ai un doute » , « j'ai quelque chose que j'aimerais déposer mais je ne sais pas à quoi en faire » . Donc c'est plutôt trois rendez-vous par semaine. Pas de suivi, on ne part pas d'un point A à un point Z, on ne fait pas de parcours. En fait, on vient juste pendant ces trois rendez-vous, si on a envie d'y venir, pour pouvoir déposer ce qu'on a envie d'y déposer à ce moment-là. Je travaille avec les huit piliers entrepreneuriaux que j'ai identifiés et en fait, on va traverser ces huit piliers entrepreneuriaux régulièrement.
- Speaker #0
Ok, donc c'est vraiment un espace, j'allais dire une safe place que tu as créé pour les entrepreneurs au féminin.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Entrepreneuse, alors je ne sais pas, si on dit entrepreneur...
- Speaker #1
C'est un vrai débat au départ. Mais j'ai positionné entrepreneuse.
- Speaker #0
Ce n'est pas un débat qu'on va avoir aujourd'hui, mais en tout cas, on a compris que c'était vraiment un cercle de femmes. C'est quoi, c'est par simple curiosité, c'est quoi un peu les problématiques, les difficultés qu'on t'adresse le plus souvent, qu'on évoque le plus souvent ?
- Speaker #1
Alors, ça va être le fait... Ma cible, c'est les femmes entrepreneurs qui se font seules. Donc la première chose, c'est la solitude. En fait, ce n'est pas la solitude parce qu'on se sent seule, mais on se sent seule dans les décisions, dans la stratégie, dans ce qu'on pense de mon offre, comment je vais pouvoir vendre ça, quelle posture je peux avoir. Voilà, on se sent seule là-dedans. Mais les principales questions, c'est aussi tout ce qui est l'aspect financier, comment je me rémunère. Comment je vais arriver au niveau de rémunération que j'ai envie d'arriver ? Ça va être, par exemple, hier, notamment lors d'une séance, on a travaillé sur une personne, une entrepreneuse, qui doute et qui prenait ça plutôt comme un défaut, quelque chose qui n'allait pas bien, alors qu'en fait, le doute, c'est une très belle force. Donc, c'est de transformer en fait ce qu'elle pense en quelque chose de plutôt positif et surtout de remettre à leur place la bonne posture. de femmes entrepreneurs et d'avancer dans leur aventure.
- Speaker #0
Quand on est une femme dans le milieu entrepreneurial, c'est vrai qu'on a beaucoup ces modèles qui sont Soit de la girlboss qui fait des millions, soit finalement des modèles plutôt masculins. Et que, je me rappelle, moi, à mes débuts, je me suis fait accompagner aussi. Et toutes ces questions de légitimité, de combien je peux facturer, et comment je facture, et comment j'aborde les choses. Et c'est un sacré tourbillon. Et c'est des choses qu'on, malheureusement, en tout cas moi, je trouve que malheureusement, on n'apprend pas à l'école. Et justement, quand tu dis, alors toi, tu les appelles les cliquettes. Moi, j'adore ce nom. Tu abordes souvent le sujet de l'argent avec elles de manière très concrète. Et tu dirais que c'est quoi, finalement, la vraie place que prend l'argent dans leur quotidien ?
- Speaker #1
Alors, en fait, en fond, il est là à 100 %, tout le temps, permanence. Et d'ailleurs, qu'on soit entrepreneur, salarié, retraité, peu importe. L'argent est toujours en fond derrière. Il ne faut pas oublier que quand on est entrepreneuse, le modèle entrepreneurial, il est masculin. Parce que, historiquement, c'est les hommes qui entreprenaient, c'est les hommes qui travaillaient, c'est eux qui rapportaient l'argent au foyer. Quand on est entrepreneuse, on a une double casquette. On a la casquette de femme, d'épouse, de soeur, de mère, son statut de femme classique. Et le statut d'entrepreneuse à rapporter de l'argent. Il faut savoir quand même que dans le monde aujourd'hui, sur 10 entrepreneurs, Il y a trois femmes, et sur les trois femmes, statistiquement, il y en a moins d'une qui se paye correctement, qui se rémunère correctement. Donc, avec les cliquettes, c'est un sujet qui revient systématiquement. La base, c'est d'avoir un business aligné, donc c'est de faire ce qu'on a envie de faire, ce pour quoi on est faite, ce qui nous plaît à ce moment-là, parce qu'on a des cycles, ça ne nous plaît pas toujours, mais en tout cas, ce qu'on a envie de vendre à ce moment-là, ce qu'on a envie de proposer, ce qu'on a envie d'apporter à nos clientes et à nos clients. Sans oublier qu'il faut que ça rapporte de l'argent. Il faut que ça permette de vivre décemment. Et le mot décemment, je vais me permettre juste de faire un petit aparté là-dessus. Le mot décemment, il n'y a pas de règle. En fait, on voit aujourd'hui beaucoup de choses sur les réseaux. Comment faire 10K ? Alors déjà, 10K de chiffre d'affaires, ça ne veut rien dire. Moi, ce que j'aime bien, c'est un résultat net. Et surtout, même au-delà du résultat net, c'est combien je me paye. Ça, c'est important. Au-delà d'avoir une boîte qui fonctionne. Ça, c'est la base aussi. Mais en fait, c'est de savoir ce dont on a besoin. C'est-à-dire qu'on a été élevés un peu avec le modèle princesse, Prince Charmant, princesse. Et quand on rentre dans le monde de l'entrepreneuriat, on est attiré par le modèle Girlboss, par le modèle multimillionnaire, par le modèle de toutes ces personnes qui ont créé, notamment Steve Jobs, leur boîte dans un garage et qui sont devenues multimilliardaires. Mais en fait, est-ce qu'on a réellement besoin de ça ? En tout cas, ça met une pression d'enfant-père. Donc, vivre décemment, c'est d'abord de savoir de quoi on en a besoin, quels sont nos projets, qu'est-ce qu'on a envie de financer, quels outils argent va pouvoir permettre de faire.
- Speaker #0
Oui, je plussoie tes propos parce que c'est vrai que, tu vois, il y a aussi, je pense, effectivement, ces modèles-là qu'on… féminin, masculin, peu importe, de réussite un peu fulgurante, ou en tout cas multimilliardaire, multimillionnaire, peu importe, quand tu regardes un peu, j'en sais rien, surtout Instagram, en fait, c'est des personnes qui sont vachement poussées, soit parce qu'elles ont du budget pump, soit parce que l'algorithme les pousse. Mais du coup, c'est vrai que quand on est baby entrepreneur et qu'on se lance, finalement, pour nous, quand on débute, c'est un peu la norme. Si tu n'arrives pas à faire ça, en fait, c'est... t'es nul, entre guillemets, je mets des guillemets, mais t'es moins bien que... Enfin, il y a quelque chose de cet ordre-là, ce qui fait que ça nous pousse à faire toujours plus, à nous mettre en difficulté, à la fois sur le perso et puis même émotionnellement en parlant, et puis sur notre santé mentale et physique. Et toi, qu'est-ce que tu leur dis ? En termes de posture, en termes de... Justement, tu dis se rémunérer décemment. Est-ce que tu les aides justement à calculer combien j'ai besoin pour vivre, tu vois, et de venir ajuster leur prix en fonction de ça ?
- Speaker #1
Alors, une des premières choses qu'on va faire, si nécessaire, puisque en fait, toutes celles qui viennent n'ont pas forcément besoin, par exemple, qu'on travaille sur leur offre, mais automatiquement, on va la revoir. L'idée, c'est qu'à un moment donné, il y a ça qui se pose et on va surtout travailler sur combien de temps tu mets pour répondre à une offre. et combien ça te rapporte. Donc en fait, il y a toujours à un moment donné l'offre qui va arriver. Donc l'idée, c'est de calculer quel est leur point mort, quel temps elles doivent mettre dans une offre, quel prix elles doivent avoir pour qu'elles puissent se rémunérer. La base, c'est de savoir combien tu veux, toi, tous les mois, pour pouvoir vivre. Avant toute chose, il faut déjà travailler sur son perso. Et ça, ce n'est pas vraiment mon sujet, même si on va l'aborder quand même de la même manière. Mais en fait, c'est de plutôt partir dans l'autre sens. Donc, je veux tant, en sachant que dès le premier mois, on ne va pas gagner 10 000. Et est-ce que 10 000, on en a vraiment besoin ? Est-ce que déjà se fixer 3 000 ou 4 000 ? Même 2 500, il y a des personnes qui, avec 2 000 euros... Ça va très bien aussi parce qu'elles ont une vie avant, parce qu'elles ont une maison qui n'est pas déjà pédignée ou elles ont des besoins qui ne sont pas les mêmes que tout le monde. Tout est OK. Et en fait, c'est de savoir quelle offre on met en face avec ce qu'elles ont envie de vendre, évidemment, ce qu'elles ont envie de proposer, pour que ça puisse répondre à ça. Et donc, en fait, on va aller travailler tous les différents chiffres. Alors là, je ne vais pas détailler exactement ce qu'on va travailler, mais on va plutôt travailler une posture. Une chose que je me suis vraiment aperçue chez les cliquettes et chez les entrepreneurs de façon générale, pas forcément que chez les cliquettes, surtout, alors moi je travaille avec des femmes qui ont une certaine maturité entrepreneuriale et une certaine maturité, c'est vrai que dans mes cliquettes, il n'y a pas de personnes qui démarrent en 20 ans, par exemple. J'ai plutôt des femmes qui ont déjà travaillé en tant que salariées et qui sont devenues entrepreneurs, donc ont eu une phase de reconversion. Et bien en fait, elles sont toujours dans cette... posture un peu de subordination. Et quand on est dans une posture de subordination, on ne peut pas vendre, on ne peut pas proposer, on ne peut pas prospecter de la bonne manière. On ne peut pas avoir un entretien avec une potentielle cliente ou un potentiel client à un niveau, ce n'est pas identique, mais à un même niveau, à un niveau égal en tout cas.
- Speaker #0
D'égal à égal. Mais on sent tous tes propos que tu... que tu nous partages, que ça sent le vécu. Et moi, j'ai envie d'aller creuser un peu ce vécu, parce que, je l'ai dit dans l'intro, tu viens du monde de la banque, tu as monté plusieurs boîtes, dirigé une association nationale, mais à un moment donné, tu as tout lâché. Et j'aimerais bien qu'on creuse, si tu le veux bien, le pourquoi, justement, tu as tout lâché. Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là pour toi, pour que tu mettes un stop à tout ça ?
- Speaker #1
Et bien en fait, c'est mon corps qui a dit stop, réellement. Donc j'ai fait un infarctus le matin où je devais partir en vacances pour les vacances de Noël. Nous allions prendre la route et j'ai regardé mon époux et je lui ai dit, il y a un truc qui ne va pas là. Et ça faisait déjà deux jours que je me sentais très très angoissée, mais pas comme une angoisse que je ne connaissais pas en fait. Vraiment, physiquement, je le ressentais dans mon corps. Mais quand même, j'ai continué à finir mes dossiers, j'ai emballé mes cadeaux, tout ça. Le lendemain, je me suis préparée parce qu'évidemment, comme j'avais plusieurs activités, j'habite dans la région du Nord et j'avais dit à mon époux, en fait, on va partir en voiture, on va s'arrêter à Paris. Paris, j'ai un déjeuner pro, j'ai une réunion pro. Et puis après, on partira sur... Ma famille est en Touraine, donc dans la Touraine. Mais avant ça, j'avais aussi un rendez-vous en visio avant de partir en voiture. tout était déjà bien qu'elle est, jusqu'au moment où mon corps, j'ai senti qu'il y avait un truc qui n'allait pas bien. Et je fais une petite parenthèse, surtout quand on a les signes du corps, on n'est pas habitué aux signes féminins. C'est-à-dire que, par exemple, l'infarctus féminin n'est pas du tout le même que l'infarctus masculin. Et donc, en fait, je n'ai pas du tout mis ce mot sur mes symptômes, parce que je n'avais pas mal dans le bras gauche, parce que, en fait, alors ça, je l'ai appris après, on n'a pas du tout les mêmes symptômes. Donc, j'ai été évidemment... emmené aux urgences. J'ai pas eu d'arrêt cardiaque. Mais là, on a regardé mon cœur et on a dit, il y a quelques petits soucis. Donc, j'ai subi un triple pontage, 8 mois d'arrêt maladie. Et donc, 8 mois d'arrêt maladie dans une boîte, quand on la porte toute seule, sans chiffre d'affaires, à un moment donné, ça coince. Surtout, en fait, ce qui s'est passé, c'est la veille de l'opération. C'est une opération courante. Il y a... Vraiment, voilà. Mais c'est quand même une opération qui peut durer entre 3 et 4 heures et demie de temps. et il y a quand même un risque puisqu'on arrête votre cœur. On met à l'extérieur, on ne met pas le cœur à l'extérieur, mais on met ce qu'on appelle une circulation extra-corporelle. Et donc, en fait, il y a un risque. Et là, vous êtes là et vous vous dites, en fait, tout ce que j'ai fait là, est-ce que ça a vraiment un sens ? Est-ce que de m'être épuisée à ce point-là, est-ce que ça a vraiment un sens ? Donc, peut-être que j'aurais pu être un peu moins en arrêt maladie. Mais en fait, non, parce qu'il y a la réparation du corps. Surtout quand on a des opérations comme celle-ci, quelle que soit la pathologie, ce n'est pas forcément l'exemple que je prends, mais en tout cas, quand c'est grave comme ça, votre corps a besoin de temps pour se réparer. Donc le cognitif, il vient après. D'abord, il répare le corporel, parce qu'en fait, votre corps, il a besoin de vivre. Et donc, en fait, il va d'abord réparer. Donc il y a un temps pour tout. Et en fait, huit mois, c'était même le minimum. Et peut-être qu'à aujourd'hui, j'aurais pris un peu plus de temps pour avoir le cognitif qui était à 100% derrière. Et en fait, ça fait réfléchir et ça se dit, est-ce que je recommence ? Est-ce que je refais ça ? Est-ce que ça vaut le coup, en fait, de s'épuiser comme ça ? Pour qu'à un moment donné, ton véhicule, qui est ton corps, te dise stop. Et que peut-être la prochaine fois, il dira vrai, moi, stop. Donc en fait, ça fait basculer quand même sur d'autres choses. Donc j'ai pris une décision radicale. J'ai fermé mes deux boîtes. J'ai démissionné de la présidence. Et j'ai réfléchi. Donc je ne suis pas repartie dans le salariat pendant huit mois. Bon, ce n'était pas pour moi. C'est sûr. Mais ça m'a permis de réfléchir et de repositionner en fait ce que j'avais vraiment envie. et qu'en fait, c'était une idée que j'avais depuis très, très, très longtemps et qui était juste un peu loin. Donc, il fallait qu'elle resienne. En t'écoutant parler, j'avais des frissons. Il y a plein de choses sur lesquelles j'aimerais rebondir,
- Speaker #0
mais c'est vrai que c'est assez fou de se dire tu pars en vacances de Noël, donc un truc hyper positif, mais en fait, tu cales une visio avant et puis tu as un dej et puis tu as une autre réunion. Enfin, tout est... Tu vois, un peu cette image de la « girl boss » qui a tout planifié, tout millimétré, tout nickel pour assurer ses responsabilités ou ce qu'elle s'impose pour réussir, pour cette fameuse réussite entrepreneuriale et le stop après. Donc, c'est violent. Et pour avoir vécu aussi des moments de bascule comme ça où il y a un avant et un après. tu te dis, est-ce que ça vaut vraiment le coup de perdre la santé mentale ou physique, tu vois, pour ça ? Et le ça, c'est le pro. Et du coup, tu as mis combien de temps, en fait, entre... Tu as dit l'infarctus à Noël, huit mois d'arrêt, huit mois, tu es retournée dans le salariat, tu te dis que ce n'était plus pour toi. Et donc après, il y a eu combien de temps entre, tu vois, le... Le moment où tu as quitté ton poste de salarié et la création finalement de la Clique des entrepreneurs ?
- Speaker #1
Il s'est passé un an.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Un an où j'ai réfléchi. Alors, j'arrivais à un âge où je ne savais pas exactement puisque j'ai 55 ans encore aujourd'hui. Donc en fait, ma carrière est quand même un peu derrière moi. Elle est devant moi aussi parce que j'ai encore du temps à faire. Tu ne te poses pas les mêmes questions que quand tu as 25 ans, 30 ans ou 40 ans même. Et là, je me suis posé la question, est-ce que tout simplement, je ne trouve pas un autre poste salarié cool ? Et puis, tu me trouves une activité un peu bénévole à côté qui va me permettre de me nourrir. Je suis quelqu'un de très curieux, qui a besoin de comprendre les choses et de connaître beaucoup de choses. Ou alors, est-ce que je me relance dans l'entreprenariat avec cette peur de retomber dans tes travers qui t'ont mené à ce que tu es ? là où tu en es. Et moi, en fait, j'ai commencé à bosser assez tôt. J'ai repris des études pendant ma carrière. Et en fait, pendant tout ce temps-là, il y a un fil conducteur, c'est la formation, c'est la transmission. Et je me suis dit, pour une fois, lance-toi. J'avais l'appui de mon époux, ça, c'est extrêmement important. Et donc, je me suis lancée dans la formation et donc, j'ai créé un programme, je me suis accompagnée. J'ai fait tout ça. Et en fait, au fur et à mesure, je me suis aperçue que ce n'était pas vraiment ça que j'avais envie. J'avais envie, effectivement, de transmettre, d'accompagner, de conseiller même, même si ce n'est pas tout à fait la même chose. Mais en fait, pas derrière un écran et que je ne vois pas les gens. J'avais envie d'être avec les personnes. Et c'est là où je me suis souvenue que, en fait, j'ai toujours rêvé d'un collectif. J'ai toujours rêvé de pouvoir... Parce qu'en fait, oui, je connais beaucoup de choses parce que j'ai l'âge, j'ai la maturité, j'ai eu un parcours. cours de vie qui fait que j'ai été obligée de connaître plein de choses. Puis je suis extrêmement curieuse. Donc, ok. Mais en fait, je ne connais pas tout. Loin de là. Et donc, en fait, c'est le collectif qui fait que c'est les paroles, par exemple, d'une cliquette qui va me dire « Ah oui, mais j'avais vu ça il y a peut-être 10 ans. Ah oui, en fait, si tu le mets comme ça, tu pourrais faire... » En fait, c'est ça qui fait la force de la chose. Et donc, en fait, cette formation, elle est toujours là. Elle me sert par petits modules. Mais en fait, c'est la... Au début, ce n'était pas la CLIC, c'était un autre nom d'ailleurs dont je ne me souviens plus. Et puis petit à petit, c'est le collectif qui est venu. Et en fait, j'ai pris une réelle décision lorsque le jugement pour la fermeture de ma boîte principale a été fait. Donc mars 2025. Et là, j'ai dit, OK, c'est ça que je veux. J'y travaillais déjà un peu, mais je n'arrivais pas vraiment à avancer. Parce que ça, la liquidation, c'est un autre débat. j'ai fait une masterclass dessus j'ai pas eu grand monde, c'est dommage parce que vraiment c'est un vrai débat c'est un vrai cheminement aussi mental et psychologique moi ma boîte j'ai eu pendant 9 ans qui m'a fait vivre, dans lequel je me suis beaucoup investie et j'ai été obligée de la fermer en liquidation et donc le jugement est arrivé en mars 2025 et je crois que le jour où j'ai reçu le courrier j'ai levé la tête et j'ai dit ok, c'est bon On peut y aller.
- Speaker #0
Et là, elle a cliqué les lèvres. Comme si, en fait, finalement, tu avais un boulet au pied, tu vois, qui... Au début, ce n'était pas un boulet, mais qui te restait, qui t'empêchait d'avancer sur ce à quoi t'aspirais réellement.
- Speaker #1
Tout à fait. Exactement.
- Speaker #0
Donc, voilà. Ah non, il s'est passé. Mars 2025, ça a été le début de la création, en tout cas, de ce collectif. Et donc... Aujourd'hui, c'est ta source de revenu principal ? Enfin, en tout cas, le collectif ?
- Speaker #1
Non, ce n'est pas encore la source de revenu principal. Ça a démarré tout ce qui a été le début de communication, ce genre de choses, avril 2025, et l'ouverture réelle, juin 2025. Volontairement, je l'ai fait avant l'été, donc c'était trois mois pour tester. Et effectivement, la clique juin 2025 et la clique septembre 2025, c'est la même chose en termes d'idées. En fait, ça a permis d'évoluer. Aujourd'hui, je n'ai pas suffisamment de clit pour en vivre. Mais en même temps, l'objectif, c'est ça. On est bien d'accord, c'est de revenir à ça. Mais à côté, je fais encore des prestats, dont mon ancien métier qui est l'intermédiation financière. Et ça me va bien aussi. Ça me permet de pouvoir naviguer, de voir d'autres personnes. Ça fait partie aussi de mon tempérament. J'ai un peu de mal à faire qu'une seule chose. Mais en tout cas, j'essaie de la faire de façon beaucoup plus raisonnable. que ce que je faisais précédemment. Il y a quand même des travers qui reviennent qui ne sont pas vraiment des travers. À partir du moment où on considère que c'est un fonctionnement et c'est mon fonctionnement.
- Speaker #0
Quand tu dis des travers, c'est de faire plein de choses en même temps, c'est ça ? Oui. Après, ce n'est pas moi qui vais dire qu'il faut faire comme ci, il faut faire comme ça, parce que je deal avec les mêmes travers au quotidien. Je ne pense pas que ce soit forcément un... un trait à corriger ou à ajuster. Je pense que c'est un équilibre à trouver entre, oui, cette curiosité, cette envie d'apprendre, de faire, de découvrir, de rencontrer de nouvelles personnes, et le soi, au sens santé, bien-être, personnel, en fait.
- Speaker #1
Donc, il faut ajuster, en fait. C'est pour ça que je parle, à partir du moment où on se connaît et qu'on connaît son fonctionnement, c'est d'accepter ce fonctionnement. et d'ajuster. Donc, ce n'est pas revenir comme dans un sanctuaire où on ne bouge plus, on reste comme ça, on ne fait qu'une activité. Non, parce qu'en fait, mentalement, ce n'est pas bon non plus. Donc, c'est arriver à ajuster, pouvoir vivre bien et vivre mieux.
- Speaker #0
Oui. Entre la Christelle d'aujourd'hui et la Christelle qui avait trois boîtes qui étaient sur tous les fronts. on sent qu'il y a quand même eu une bascule, un changement avec ce que tu as traversé. Est-ce que tu penses que la Christelle d'avant, entre guillemets, qui était un peu partout et qui avait plein de rendez-vous, etc., est-ce que tu penses que cette pression-là, tu te l'es mise pour répondre à une pseudo-réussite ou un idéal de vie que tu t'étais fixé ? J'aimerais bien t'entendre à ce sujet.
- Speaker #1
Alors, je pense que, effectivement, cette pression, je l'ai mise pour répondre à une injonction que je pense avoir eu, pas forcément mon éducation, mais aussi sociétale. Ça fait un peu partie de tout. Pour moi, on est élevés un peu dans le mode d'aile princesse. C'est-à-dire qu'on va rencontrer le prince charmant et on va vivre heureux avec les enfants tout au long de sa vie, d'accord ? Ça, c'est le premier mythe qu'on a un peu cassé. mais qui restent quand même. Surtout les femmes, les filles sont élevées comme ça. Et quand on rentre dans le monde de l'entrepreneuriat, ce que je disais tout à l'heure, on rentre dans le monde où... On va faire du fruit, quoi. On va devenir une multinationale avec des salariés. Enfin voilà, ça va devenir une usine à gaz. Et bien en fait, même si raisonnablement, on va se dire, ben non, non, ça ne va pas être comme ça, parce qu'on va grossir, mais de façon raisonnable, on ne va pas devenir un individu. Alors, je n'ai que ça en tête pour le moment, mais je n'ai pas que cette référence, mais c'est un peu ça. Et en fait, malgré tout, ça met une pression. Il y a cette première pression d'un peu d'injonction. Et puis, il y a la place de la femme entrepreneuse. Le modèle de l'entrepreneuriat, il est fait sur un modèle masculin. Alors, ce que je vais dire n'est absolument pas anti-masculin, anti-homme. Ce n'est pas du tout le propos, mais c'est un fait, c'est un constat. Aujourd'hui, le modèle entrepreneurial, encore aujourd'hui, est fait sur un modèle masculin. Et le modèle masculin, c'est quand même, malgré tout, et messieurs, vous faites ce que vous pouvez avec ce que vous avez. avec votre éducation aussi, c'est qu'ils peuvent s'intégrer, s'investir énormément dans leur boîte puisqu'il y a normalement Madame qui, à côté, s'occupe du foyer, des enfants, du plan de vie, et tout ça. Donc en fait, ça ne veut pas dire qu'ils ne font rien, mais ça veut dire qu'ils ont une part beaucoup plus importante à se consacrer à leur business. Et c'est très bien, ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui. Mais ça veut dire quand même que malgré tout, on a inconsciemment. en inconscient collectif, cette pression. Il faut qu'on réussisse. Il faut qu'on s'investisse. On n'a pas le droit d'être fatigué. On doit y aller. Et puis, dès qu'on a une idée, il faut qu'on la mette en place. Et puis, il faut aller chercher ci. Il faut aller chercher ça. Il faut prendre du client.
- Speaker #0
Et en fait,
- Speaker #1
il faut. Et à un moment donné, non, la femme, elle n'est pas faite pareil.
- Speaker #0
Elle est cyclique, en fait. C'est-à-dire qu'un homme, il a... Hormonalement parlant, il est à peu près un encéphalogramme plat tout au long du mois, sauf qu'une femme est cyclique de par ses hormones. Tu vas avoir le SPM et puis après tu vas... Et en fait, c'est rien que ça que notre métabolisme est complètement différent d'un point de vue hormonal. Donc forcément, ça crée déjà, je ne vais pas dire des inégalités, mais en tout cas des différences qui font que une femme ne peut pas entreprendre comme un homme et vice-versa, en fait. Et je lisais une étude, justement, sur les femmes entrepreneurs versus les hommes entrepreneurs et qui faisait, justement, un petit peu... Ils montraient un mois type d'une femme et un mois type d'un homme. Et j'ai trouvé ça hyper intéressant de voir un petit peu comment tout était corrélé, en fait. Mais je te rejoins sur le fait que... Déjà, il y a les injonctions qu'on s'impose nous, que la société impose, et que... Bref, des injonctions dont on se passerait bien. Mais malheureusement, je pense qu'il y aura toujours des injonctions. Je ne vais pas dire apprendre à vivre avec, parce que je ne suis pas d'accord de les accepter toute notre vie. Néanmoins, c'est comment... Ne pas idéaliser quelque chose qui finalement ne nous rendra pas nécessairement heureuse, tu vois. Ou heureux, peu importe.
- Speaker #1
Alors en fait, c'est surtout comment les travailler pour pouvoir se les approprier. Et donc les transformer parce que même d'une femme à une autre, ce n'est pas la même. On va prendre par exemple la femme qui est ménopausée, elle a toujours des cycles, mais qui sont moins visibles. Mais elle a toujours des cycles. Et en fait, c'est comment les adapter en fonction de ta vie. Si tu as des enfants en bas âge, effectivement, encore aujourd'hui, la femme a une part de travail supplémentaire de fait des enfants. En fait, c'est juste comment savoir le travailler.
- Speaker #0
Et du coup, je voulais te poser la question. Aujourd'hui, c'est quoi ? Il y avait la Christelle qui avait un certain standard de réussite. Et aujourd'hui, c'est quoi tes nouveaux critères de réussite ? Avec tout ce que tu as vécu, avec tout ton parcours, et notamment ton parcours au niveau santé, aujourd'hui, c'est quoi réellement ces critères ?
- Speaker #1
Alors, en fait, déjà une chose simple, c'est qu'avant, j'avais deux SAS, avec des pactes d'associés, avec tout ça. Aujourd'hui, je suis en micro-entreprise.
- Speaker #0
On sent que rien n'est dans ta voie.
- Speaker #1
Ah ouais, et en fait, alors... Aujourd'hui, il y a une obligation de comptabilité. Donc, ce n'est pas le sujet. Mais c'est tellement plus simple. Alors après, j'ai choisi ce statut aussi parce que je peux me permettre de choisir ce statut puisque compte mon âge, ma retraite, j'ai une carrière longue. Bref, je n'ai pas besoin forcément d'aller chercher.
- Speaker #0
en tout cas pour le moment, une structure plus complexe. Ça ne veut pas dire que je veux m'arrêter à la micro-entreprise. On verra ce que ça donne dans le futur. Mais l'idée, malgré tout, c'est de... Moi, ce que je veux, c'est être rémunérée à hauteur de mes besoins. Donc, en fait, je ne cherche plus le 10 000 par mois. Alors, si je le touche, très bien, tant mieux. OK, soit. Mais ce n'est pas ce que je recherche. Aujourd'hui, je recherche à ce que je puisse vivre confortablement. puisse partir en vacances, que je puisse préparer un peu plus encore mes retraites, peut-être donner de l'argent aux enfants. Je ne sais pas, mais en tout cas, de vivre juste avec ce que j'ai besoin et pas forcément... Je n'arriverai pas dans la caste des ultra-riches. Je n'arriverai même pas dans la caste des plus de millionnaires. Voir... Donc en fait, ça ne sert à rien de se mettre ce plancher, c'est juste... Ou ce plafond plutôt. C'est juste... savoir ce dont on a besoin, ce dont on a envie, quels sont nos projets, se connaître et avoir une structure qui est adaptée à ça. Pour ça que quand on va, je me permets, parce que c'est un vrai message, quand j'entends les entrepreneuses, notamment il y en a une qui m'a dit, oui, on m'a dit qu'il fallait que je prenne un vrai comptable. OK, pour quel besoin ? Et puis ce comptable, il m'a dit qu'il fallait que je monte une SARN. OK, et pourquoi tu dois monter une SARN ? Est-ce que c'est vraiment ça dont tu as besoin ? Est-ce que tu as fait une analyse de tes besoins financiers aujourd'hui, tes besoins en temps, ton futur ? Quel est ton niveau de retraite ? Tu as quel âge ? Quelle est ta structure familiale, patrimonialement ? En fait, de monter une boîte, contrairement à être salarié, ça engage un patrimoine, mais le patrimoine au sens large du terme. Et arrêtons, il y a eu une mode, à un moment donné, c'était les SAS. Les SAS U. Oui,
- Speaker #1
j'ai été en SAS U à un moment donné.
- Speaker #0
Voilà. C'est la grande mode. Donc, il faut avoir tous les comptables. Alors, pardon messieurs et mesdames les comptables, il y a des gens qui sont très bien et je pense que quand ils le disent, ils y croient à ce qu'ils disent. N'empêche qu'arrêtons de promouvoir quelque chose sans justification. Changer de structure derrière, c'est extrêmement compliqué. Écoute-le. Écoute-le. Et pour les entrepreneuses et les entrepreneurs, un comptable n'est pas un conseiller stratégique. C'est un comptable. C'est-à-dire que son job, c'est de regarder dans le rétro et pas de regarder ce qu'il y a devant.
- Speaker #1
Je vais mettre juste une petite parenthèse. En fait, ça dépend du type de comptable. C'est-à-dire que moi, j'ai eu par le passé un comptable qui effectivement faisait uniquement ma comptabilité. Donc, déclaration de TVA, les bilans annuels, et ça s'arrêtait là. Et par contre, j'ai changé de comptable. Et aujourd'hui, il fait évidemment ma compta. Mais il y a aussi au sein du cabinet une partie conseil et pilotage stratégique. Et pour moi, en fait, ça dépend du besoin et de l'envie. C'est-à-dire que si tu n'as pas besoin et si tu n'as pas l'envie forcément de grossir, très bien en fait, il n'y a pas de sous-statut. Comme il n'y a pas de sous-métier, il n'y a pas de sous-statut. Mais je pense que c'est aussi à voir. Mais en fait, ça dépend de tellement de critères, tu vois. de l'âge, de la situation familiale, des besoins financiers, du business model. On ne peut pas faire de généralité, mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a des comptables qui font aussi du conseil stratégique, heureusement. D'ailleurs, si celles et ceux qui nous écoutent cherchent un comptable, n'hésitez pas à m'écrire. Je vous donnerai le nom parce que, mon Dieu, que j'entends des horreurs sur... sur certains comptables de collègues entrepreneurs et entrepreneuses. Donc, voilà, si jamais… Je ferme la parenthèse.
- Speaker #0
Je veux juste te rajouter, et effectivement, je te rejoins, pas tous les comptables, mais comme dans tout métier, ce n'est pas tout le monde. C'est juste qu'il faut accepter d'avoir un budget. C'est-à-dire qu'on ne peut pas… Voilà. C'est-à-dire que le budget que tu as mis aujourd'hui dans ton comptable et que tu as mis précédemment n'est pas le même. Et c'est parce que tes besoins sont différents.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, c'est juste faire attention. à ça et ne pas croire qu'en payant un comptable pas grand-chose, en fait, il va regarder dans le pare-brise et pas que dans le rétroviseur. C'est juste ce que je voulais dire. Pardon, messieurs et mesdames les comptes.
- Speaker #1
Mais non, mais on les embrasse. C'est juste qu'en fait, ça dépend pareil du type de structure comptable. C'est-à-dire qu'il y en a, effectivement, c'est du pas cher. Donc, tu as ton comptable à 90 euros par mois. C'est formidable, tu payes pas cher. Par contre, tu n'as pas la partie conseil. Sauf que... Pour moi, à partir d'un moment quand tu évolues dans l'entreprenariat, cette partie conseil, elle devient aussi indispensable. Et donc, c'est sûr que tu vas payer sûrement 200 euros de plus par mois. Mais en fait, tout dépend des besoins. Tout dépend des besoins. Donc... Du coup, nouveau critère de réussite, la micro-entreprise pour l'aspect sérénité, facilité, etc. Est-ce qu'il y en a d'autres aujourd'hui ? Un ou deux autres de critères ?
- Speaker #0
Alors le critère de réussite, c'est d'avoir du temps pour moi. Alors autant faire se peut, je suis en démarrage, donc il ne faut pas se leurrer. Quand on est en démarrage, on n'est pas encore sur une semaine de quatre jours, on n'est pas à une semaine de vacances tous les mois, ce n'est pas ça. Par contre, j'ai pris une décision en 2026. toutes les 13e semaines il y a une semaine pour moi juste pour moi c'est même pas partir en vacances avec mon époux c'est une semaine pour moi parce que j'ai découvert il y a pas si longtemps que ça la méthode des 12 semaines pour les objectifs et je me suis dit super dans un trimestre il y a 13 semaines, je l'ai fait en 12 semaines et la 13e semaine elle est que pour moi donc il n'y a pas de rendez-vous avec les cliquettes il n'y a rien, il y a juste mon agenda ça ne veut pas dire que je ne vais pas travailler moi je suis passionnée de ce que je fais Donc, Ce n'est pas forcément une charge. Mais en tout cas, c'est une semaine qui ne sera que pour moi où je pense que je vais partir. Ça, c'est une première chose. Donc ça, c'est des changements. Et c'est du temps. Mon agenda, il n'est plus aussi serré qu'il l'était. Et il y a des temps qui sont, comment on dit ? Libres. Qui ne peuvent pas retirer. Ah oui. Mais ce sont tous des temps que je ne retire pas. C'est tout ce qui est activité physique. C'est tous les temps qui sont pour moi aussi. Parce qu'en plus, ça fait partie de la santé mentale. Et la santé mentale, ça permet qu'on soit en meilleure forme pour maintenir sa boîte. Donc voilà, les plus gros changements qu'il pourrait y avoir là-dessus. Et puis un suivi, ce n'est pas un changement parce que ça a toujours été plus ou moins, un suivi financier important sur ma structure pour pouvoir avoir une visibilité et surtout donc une liberté, puisqu'il y a visibilité, il y a liberté.
- Speaker #1
J'adore. Je suis carrément alignée avec cette phrase-là, enfin avec tout le reste, mais celle-ci, je valide fort. Christelle, pour celles et ceux qui se reconnaissent dans ton parcours, qui sont un peu partout, qui sont ambitieuses, qui ont des gros critères de réussite, mais qui sont un peu à bout de souffle, qu'est-ce que tu aimerais leur dire ? Qu'est-ce que tu penses qu'elles ont besoin d'entendre de par ton vécu ?
- Speaker #0
Alors, j'allais dire, la première, je t'aime beaucoup. beaucoup les phrases qui viennent un peu toutes seules. C'est « faites une pause » . Alors, ça ne veut pas dire arrêter tout. C'est faire une pause. Parce qu'en fait, quand on est fatigué, quand on est à bout de souffle, on n'est pas bon dans les décisions. On n'est pas bon dans la stratégie. On s'essouffle, en fait. Vraiment, en fait, on pousse, Mais à un moment donné, ça va craquer. Alors, ça ne va pas forcément craquer comme moi j'ai craqué. Mais ça va craquer parce que... on perd le plaisir dans ce qu'on a mis en place pour ça. Donc c'est faire une pause. Peut-être que c'est une journée par semaine qui est que pour vous. C'est exactement ce que je disais tout à l'heure, ça ne vous empêche pas de travailler. Il n'y a pas de rendez-vous téléphonique, il n'y a pas de visio, il n'y a pas de rendez-vous physique, il n'y a pas de choses professionnelles prises de tête. Il y a ce que vous aimez faire. Si par exemple, à un moment donné, vous vous êtes détendu parce que vous faites un support Canva, vous faites un support Canva dans cette journée-là. Et vous serez satisfait parce que vous l'aurez fait. Vous aurez repris du souffle. En fait, c'est ça. Et ne pas oublier cette partie aller marcher. Moi, je fais beaucoup de coaching en marchant. Quand le corps se met en mouvement, le cerveau s'allège. Si vous avez besoin de reprendre du souffle, prenez votre téléphone. Juste votre téléphone. Pas des écouteurs. Non, non. Votre téléphone. votre bonnet en ce moment parce qu'il fait un peu froid, vos baskets, et vous partez une demi-heure. Et à la limite, vous vous posez la question qui vous prend la tête en ce moment. Et vous partez. Pas de musique, pas de radio, rien. Et vous tournez pas avec cette question, juste vous marchez, vous vous concentrez à la limite sur vos pieds. Le contact des pieds sur le sol. Et vous verrez qu'à un moment donné, vous avez une idée. Vous prenez votre téléphone, vous mettez votre enregistreur et vous dites votre idée. sans chercher à bien faire des phrases. Vous lâchez ce que vous avez fait, vous éteignez, hop, vous continuez à marcher. Il y en a une autre qui va arriver, hop, vous reprenez, vous lâchez, et vous faites comme ça. Pendant une demi-heure, trois quarts d'heure, vous revenez et vous réécoutez, et vous verrez. C'est magique. Vraiment, c'est magique. Vous avez des idées que vous n'auriez pas eues si vous étiez resté derrière votre bureau. Et vous avez un souffle, parce que déjà votre corps s'est mis en mouvement, l'oxygène est arrivé. et l'oxygène pas que dans vos poumons, mais aussi dans votre cerveau. Et donc, en fait, ça allège votre mental. Ça vous permet de reprendre du souffle. Et ça, ça fait du bien. Mettez-vous cette petite routine. Ce n'est pas grand-chose. Ça fait du bien sur tout. Une demi-heure, pas de téléphone, pas d'écouteurs, vos baskets. Point.
- Speaker #1
Formidable. Écoute, je n'ai jamais testé, mais je me note bien ça précieusement, parce que je pense effectivement que ça peut... Marcher, oui, mais marcher avec le téléphone, sans écouteurs, etc., ça non. Mais je me le note. Est-ce que, Christelle, avant qu'on clôture cet épisode, est-ce qu'il y a une question que je ne t'ai pas posée et que tu aurais aimé que je te pose ?
- Speaker #0
Alors, il y a un sujet qu'on a effleuré. et qui peut-être la question que j'aurais bien aimé que tu me poses, c'est sur l'aspect financier des entrepreneurs, leur relation à l'argent. Alors, parce que c'est mon dada, ça fait 35 ans maintenant que je suis dans ce métier-là et que j'ai vu plein de choses. Quel que soit votre niveau d'entrepreneuriat, on a une expression qui dit souvent c'est le nerf de la guerre. Mais en fait, moi, le mot guerre me plaît pas. Mais on va dire que c'est le fil conducteur. Vous avez votre alignement, votre idée qui est le plat principal. La finance, c'est le dessert, c'est la douceur, c'est ce qui va vous permettre de clôturer tout correctement. C'est extrêmement important. Arrêtez, surtout mesdames les entrepreneuses, arrêtez de ne pas vous rémunérer. C'est extrêmement important. Même si c'est 1 000 euros par mois, 500 euros par mois au début, ce n'est pas grave. Faites ça de façon régulière et toujours suivez votre argent. C'est votre liberté. Plus vous mettrez un cadre sur vos finances, plus vous serez libre et plus vous pourrez créer tout ce que vous voulez. Voilà la question que j'aurais peut-être aimée de tuer une toise.
- Speaker #1
Eh bien écoute, formidable. Et en plus, je suis assez d'accord. Parce que surtout quand on ne connaît pas ces chiffres, il y a aussi... tout le temps un peu cette forme de stress ou d'angoisse, de pression de est-ce que je vais en faire assez ? Alors que quand en fait, un petit tableau, quelques lignes, hop, le chiffre d'affaires qui va rentrer, les charges, hop, soustraction, hop, ok. Et ça permet, au-delà du pilotage financier, en tout cas, personnellement, je trouve, de venir aussi alléger la charge mentale d'un point de vue financier.
- Speaker #0
Ah mais c'est pas un peu, c'est beaucoup. ça enlève du flou et la charge mentale elle est beaucoup souvent en partie parce que est-ce que je vais pouvoir payer, est-ce que je vais pouvoir me payer est-ce que je vais pouvoir manger parce que même si on est entrepreneuse ce qu'il y a derrière c'est sa vie perso il n'y a pas de dissociation oui ça aussi c'est un autre débat on aurait pu avoir plein de débats dans le débat mais on va s'arrêter là en tout cas merci
- Speaker #1
beaucoup Christelle où est-ce qu'on peut te retrouver si jamais on veut rejoindre la clique des entrepreneurs où est-ce qu'on peut te retrouver ?
- Speaker #0
Alors sur LinkedIn sur Insta sur Substack je découvre ce réseau depuis quelques mois et j'adore et j'ai un site web qui s'appelle lacliquesdesentrepreneuses.fr
- Speaker #1
Super je mettrai tous ces liens dans les notes de l'épisode en tout cas merci beaucoup Christelle pour... ta transparence et notre échange. Et puis,
- Speaker #0
je te souhaite plein de belles choses pour cette année 2026. Merci beaucoup. Plein de belles choses aussi à toi pour 2026. Profitons de cette année.
- Speaker #1
Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode de CEO Recto Verso. Si cette conversation vous a inspiré, touché ou donné matière à réfléchir, pensez à lui laisser une note 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée ou à le partager autour de vous, car c'est ce qui aide le podcast à grandir et c'est aussi une belle manière de soutenir mon travail. Vous pouvez également me retrouver sur LinkedIn ou sur notre site internet agence-carencia.com. On se retrouve très vite pour un prochain épisode et je vous dis à bientôt.