- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent, un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des peurs qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité, une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Et j'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Aujourd'hui, je suis ravie d'accueillir Critel Albaret, notre experte en santé mentale.
- Speaker #1
Bonjour Claire, je suis super contente de ce nouvel épisode où on va parler de l'addiction exactement.
- Speaker #0
En fait, c'est un sujet très large l'addiction. Et c'est vrai qu'on en entend beaucoup parler, l'addiction au sucre, l'addiction au travail, l'addiction au sport, l'addiction aux relations toxiques. Donc c'est très très large. Oui. Et j'avais vraiment envie d'avoir ton regard et qu'on puisse échanger là-dessus aujourd'hui.
- Speaker #1
Et oui, et c'est vrai que quand au début tu m'as dit, ah tiens, il faut absolument qu'on aborde ce sujet que c'est sur l'addiction, je me suis dit, wow, l'addiction, c'est un sujet très technique, très scientifique, très complexe. Et en même temps, tout de suite, il y a un cliché derrière l'addiction. Quand on parle d'addiction, on pense tout de suite à l'alcool, on pense à la drogue. Alors qu'en fait, en effet, c'est bien ce que tu as dit, l'addiction, en fait, c'est très large. peut vraiment s'infuser dans plein d'endroits de notre vie. Et je propose, parce qu'il y a beaucoup de sujets qui peuvent être sur l'addiction, de l'aborder vraiment sur ce côté un peu 360 degrés, les éléments de la vie pour dire, tiens, en fait, je n'avais pas vu telle et telle chose, plutôt que de refaire toutes les définitions sur l'addiction, la partie scientifique. De le regarder qu'un autre angle, c'était OK.
- Speaker #0
Avec un immense plaisir. Allez, on y va. Alors déjà, est-ce qu'on est tous addicts à quelque chose ?
- Speaker #1
Non, je pense qu'on n'est pas forcément addict. L'addiction, c'est quand on va avoir ce moment où il y a une partie de nous qui ne va pas pouvoir s'en sortir. Quand je dis s'en sortir, c'est plus fort que nous. Il y a une notion de compulsion. Il y a une notion que même si ça nous fait mal, on y retourne. Donc, c'est ça dans l'addiction. Puis il y a des addictions. comme on va en parler aussi, je pense qu'ils sont parfois invisibles. Mais non, tout le monde ne peut pas forcément avoir une addiction.
- Speaker #0
En revanche, je suis sûre que l'addiction, c'est ce qu'on a tous en commun avec si on est addict, c'est qu'elle nous permet de nous échapper de notre réalité.
- Speaker #1
Alors, est-ce que l'addiction nous permet de nous échapper de notre réalité ? C'est de se dire peut-être, qu'est-ce qu'elle nous permet de fuir ? Qu'est-ce qu'elle nous permet d'éviter ? Est-ce que c'est la réalité ou est-ce que c'est un mécanisme de protection quand certains éléments de notre vie nous semblent un peu difficiles à traverser ? Parfois des moments présents, parfois des éléments qui viennent du passé, qui viennent de notre enfance et qui nous ont ouvert tellement de blessures dans notre vie que l'addiction est un moyen d'essayer de mettre des pansements. sur quelque chose qu'on n'a pas encore réussi à traiter. J'aime bien cette idée de le voir comme ça. Je trouve que l'addiction, quelle que soit la façon, mais il y a une maladie derrière, et je trouve que c'est quelque chose qui est très jugé, en fait. Derrière l'addiction, on a souvent... Ça dépend lesquels. L'addiction au travail, il n'y aura personne pour te... Surtout ton employeur, par exemple. Personne pour te dire, vous travaillez trop, cette addiction, c'est pas bien.
- Speaker #0
On est des enfants, quand même.
- Speaker #1
Oui, mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a des addictions jugées et des addictions permises, voire même des addictions qui vont peut-être stimuler. L'addiction au sport, par exemple, rarement quelqu'un va tout de suite te dire c'est trop. On va juste te dire, oh, il est trop, ou elle est trop dans la performance, ça lui prend trop de temps. Mais on ne le voit pas comme une addiction et donc on ne va pas te juger de la même façon. Quand tu es dans une addiction dans l'alcool, quand tu es dans une addiction dans les drogues, là, il y a une notion de te juger et on va presque un peu déposer sur toi le fait que tu es faible. C'est tout sauf ça. Alors que tu as une addiction dans le domaine du sport, il n'y a personne pour dire que tu es faible. C'est intéressant. Il y a une notion de regard posé dessus par la société.
- Speaker #0
Alors comme on aime bien échanger, mais surtout parler aussi de nos expériences, que c'est ça le but de ces échanges ensemble. Moi, j'ai été surprise et je l'ai appris en fait à 30 ans. J'étais dans une relation toxique dans laquelle... Alors j'ai aussi appris que j'étais victime et actrice, puisque tant qu'on reste, on est actrice. Enfin, j'ai compris que j'avais mon rôle à jouer, ça je voulais dire.
- Speaker #1
Oui, je te remercie en effet de préciser parce que c'est pas acteur, ça veut dire j'entretiens... Non,
- Speaker #0
pas du tout. C'est que, en restant dedans, je jouais ce rôle de rester dedans. Et en fait, un jour, justement, une spécialiste en addiction, et notamment en trauma, m'a dit, mais vous ne vous rendez pas compte, vous êtes addictes à cette violence. Et quand elle a employé ce mot, je te jure, en fait, ça a tiré une sonnette d'alarme où je me suis dit, mais elle a raison. En fait, je tolère, je me fais du mal à moi. quand c'est très calme. J'ai presque le sentiment que ça n'est pas normal. Et je me suis habituée à cette vie-là. Et à partir de ce moment-là, j'ai mis en route, je crois, une renaissance et une volonté. Et c'est pour ça que j'ai décidé de ne plus être actrice et d'agir pour me rétracter. Une deuxième image qu'elle m'a dit qui m'a beaucoup impactée, c'est qu'elle me dit, vous savez, les grenouilles, si elles sont dans de l'eau et qu'on rajoute de l'eau à chaque fois,
- Speaker #1
elles s'habituent.
- Speaker #0
Comme nous, dans un bas. On s'habitue à la chaleur. Alors que si on met tout de suite de l'eau brûlante, tout le monde saute, la grenouille et nous-mêmes. Et cette image-là m'a beaucoup aidée sur la capacité dans laquelle, de manière générale, une addiction nous endort petit à petit.
- Speaker #1
Alors, je pense que là-dedans, il y a deux choses que je vais pouvoir décrypter. Il y a l'idée du trauma et l'idée de l'addiction. Le fait, dans une relation toxique, de rester et de ne pas s'autoriser à quitter la relation, on a souvent des personnes qui ont eu cette capacité à résister. Résister à la douleur. Les gens résistants. Pas résilients, résistants.
- Speaker #0
C'est un peu mon cas.
- Speaker #1
Il y a de quoi résister. Mais que tu as dans ta vie, même professionnelle, ce sont plein de choses en même temps, et tu sais que tu es résistant. Tu sais que par rapport à quelqu'un d'autre, tu vas pouvoir y résister plus. On ne le juge pas, on ne dit pas c'est bien ou c'est pas bien, mais il y a cette notion de chez moi, si on a, par exemple, honoré le fait que résister, ça me donnait de la valeur. Ou si ça m'a permis d'être en sécurité parce que j'étais dans la résistance, la résistance, je considère que c'est quelque chose qui va participer à ma sécurité et je l'honore. Mais la problématique, c'est que dans une relation toxique, par exemple, je vais avoir du mal à sortir de la relation parce qu'en fait, je me... Je me dis,
- Speaker #0
pas comme ça,
- Speaker #1
mais on se dit, OK, cette résistance que je suis capable de résister, je peux tenir une journée de plus. Je peux tenir. Pourquoi tu ne te barres pas ?
- Speaker #0
Comme dans le boulot, d'ailleurs.
- Speaker #1
Exactement. C'est la même chose. Parce qu'on a cette capacité de résistance. Et c'est là où on a des candidats au burn-out, par exemple. Parce que cette capacité de résistance, ou dans le sport, des personnes qui vont aller vers la blessure par rapport à d'autres. Il y a une différence entre avoir cette capacité à pouvoir durer, à gérer l'effort et pouvoir se dépasser, ça c'est une chose, mais quand on a une très forte tolérance à la douleur, à cette résistance, et bien en effet c'est quelque chose qui peut parfois se retourner contre nous. Ce n'est pas qu'on est addict, parce que ça c'est encore différent, mais c'est dans ce que cette personne t'expliquait, elle t'avait parlé de... l'addiction et en même temps le trauma, le fait d'être un petit peu le grenouille dans l'eau, c'est qu'en fait, on finit par s'adapter à ce qui fait mal et puis un cran de plus, un cran de plus. Mais comme c'est toujours par palier, en fait, on a le temps de s'adapter et puis au bout d'un moment, on ne se rend plus compte qu'on est en train de cuire. Exactement,
- Speaker #0
de cuire, de brûler. Là, on s'adapte un peu comme on fait pour sortir. Mais ce qui était amusant, c'est que tu parlais de addict-honte. Et moi, quand elle m'a dit ça, ça m'a fait réagir dans le sens où je me suis dit, ah non, je ne suis pas une addict, moi. Tu vois, je me suis dit, ah non. Et en fait, ça m'a aidé, cette image m'a aidé à me dire, alors maintenant, comment je fais ?
- Speaker #1
Oui, je ne veux pas être addict à avoir mal à chaque fois.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je me suis dit, ah oui, tu as raison, addict, honte. Et d'ailleurs, il n'y a pas en avoir honte. Mais en tout cas, moi, ça m'a permis de prendre un autre chemin.
- Speaker #1
Alors, toi, tu as eu… Et c'est pour ça que je le dis aujourd'hui, tu es capable d'en choc.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Je ne veux pas m'appartenir, je ne veux pas me reconnaître là-dedans.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Maintenant, je voulais revenir sur, tu disais, dans le principe de cette grenouille dans l'eau. Donc ça, c'est quand on s'adapte à des blessures et qu'en fait, avec le temps, on finit par trouver normal quelque chose qui ne l'est pas. À côté de ça, si je vous ai une autre image pour l'addiction, et d'ailleurs il y a une petite vidéo en mode dessin animé qui est super bien faite pour parler de l'addiction. J'ai l'image pour chacun et j'amène à aller voir cette petite vidéo, je redonnerai les liens. Mais pour expliquer ce que c'est que l'addiction, on va voir qu'on peut le mettre pour tout. Tu as un petit personnage qui est sur la route et qui voit quelque chose un peu comme une petite lumière. Quelque chose qui donne envie, quelque chose qui attire. Il se baisse, il le prend, il le met dans sa bouche et puis il se sent super bien. Et puis il avance et il se sent tellement bien qu'en fait, il se dit « Ah, je veux le revivre » . Donc, il y va, il reprend, à nouveau il se sent bien. Bien quand la substance, la présence ne fait plus son effet, il se sent moins bien qu'avant. Et plus ça va, plus il prend la petite matière et plus le temps de bénéfice, de stimulant lié à ce qu'il vient de prendre est court. Et plus le moment de mal-être, en fait, et tu le vois, c'est super bien fait sur l'image, est de plus en plus... De plus en plus, c'est dur. Et alors, il s'affadit, il se durcit. Là où en fait, il était très bien avant, il va chercher de plus en plus cette lumière, ce morceau qui est là. Et il se rend compte qu'à la fin, à chaque fois qu'il l'ingère, ce n'est pas lumière, mais c'est vraiment quelque chose qui te détruit. Et ce que je trouve intéressant, c'est de voir sur ce cheminement ce qu'est réellement l'addiction. On a l'idée que ce soit une relation, le sport, la drogue, la nourriture, quel que soit l'endroit de l'addiction, le premier effet, si je prends par exemple, il faut mettre quelque chose dans le travail par exemple, eh bien je pense que c'est bien. Donc par exemple, donner beaucoup d'horaires de travail, se coucher tard, être l'élément sur lequel on peut compter. Si par exemple, on bosse ensemble et tu me dis Oh ! je te réponds à 23h, d'accord ? Et que tu m'envoies un message. Ah, mais Christelle, ça fait trop plaisir d'avoir quelqu'un qui répond. T'es hyper, comment dire, avec toi, t'es agile et autres. Moi, qu'est-ce qui se passe ? Je suis contente. Tu me dis, tu m'envoies, tu sais, la petite lumière, tu me dis, waouh, je te reconnais, j'ai de la valeur, j'ai envie de regoutter à ça. Donc, la prochaine fois que tu vas me renvoyer un message et que tu me dis, dis donc, qu'est-ce que t'es hyper réactif, toi, tu réponds tout de suite, eh bien, je vais te le faire à chaque fois. Sauf que plus je fais ça. Plus je suis dans le fait de créer un endroit où je m'appartiens de moins en moins, de moins en moins.
- Speaker #0
On va plus de messages à 23h.
- Speaker #1
Déjà, tu ne le fais pas. C'est un exemple, tu vois ce que je veux dire. Et c'est de se dire, en fait, comment, par rapport à ça, on va avoir cette addiction qui vient parler de nous. Parce que derrière l'addiction, il y a quoi ? Quand c'est relationnel, par exemple, quand c'est le travail, quand c'est le sport, c'est que derrière, il y a le besoin d'être utile, le besoin d'être reconnu, le besoin de se sentir appartenir. Pareil pour les drogues. On crée un microcosme, on a un écosystème. C'est pour ça que c'est si dur d'en sortir. Le boire de l'alcool, du vin et autres, c'est difficile de résister au fait de se dire, tiens, t'es pas drôle, allez, tu vas quand même prendre un verre. Donc, il y a... tout un écosystème autour. Donc, il faut comprendre que le schéma de l'addiction, il y a une partie de nous qui a une carence, souvent affective, entre guillemets, et que cette addiction nous donne le sentiment, l'illusion, que à travers ça, on est une meilleure personne, entre guillemets. Ou alors, si on ne veut pas voir la personne qu'on croit être.
- Speaker #0
Alors, ce qui est très important aussi, c'est que souvent, en fait, c'est les loyautés invisibles qui nous font répéter des schémas familiaux. Est-ce qu'on peut en parler ? Parce que c'est vrai que parfois, en fait, si toi, tu as une dépendance, elle te vient souvent de quelqu'un dans ta famille ou de... Ah mais... Sans que ça...
- Speaker #1
Bien sûr, moi, je vais te parler d'un cas personnel, là, pour une vôtre. Je veux dire, moi, j'avais un père qui était... Je pense... addict au travail, il était entrepreneur. Et je me rappelle, à l'époque, il avait travaillé sur toutes les... Il était acousticien, il travaillait sur toutes les tours de la Défense, les constructions des tours de la Défense. Et il avait des réunions à l'époque, c'était comme ça. C'était 4h04, 5h05, 7h07, 1h01 du matin, de la nuit, n'importe quel moment. Et moi, je voyais mon père comme un peu une sorte de héros, tu vois, l'entrepreneur qui était là, qui avait une vie complètement, j'ai envie de dire, pleine. Et lui, il était addict. parce qu'à travers ça, il s'était construit, il avait progressé socialement, il avait envie de nous faire plaisir, on le voyait dans ses yeux, ça brillait. Et donc, en fait, il nous transmet cette forme d'addiction. Et moi, pendant très longtemps, et je frôle encore, je ne suis plus en conscience, mais j'ai frôlé avec une période où le travail, c'est pour ça que j'ai décidé de faire de mon travail une passion, parce que tant qu'à faire, Quand tu... J'ai dit... C'était Mathieu Blanchard, un grand trailer, qui disait cette phrase. Quand on est allé jusqu'à être payé pour vivre ses rêves et les partager aux autres, c'est extraordinaire, mais c'est des choix qu'on fait pour ça. Et je me dis, si le travail est une addiction, je vais avoir une addiction qui est, je vais être addict à faire de mes rêves une réalité. J'essaie de le tourner d'une autre façon, mais en effet, le travail, c'est un endroit où on se réalise, on est reconnu, on guérit des blessures. Et donc, il faut être attentif à ce que ça donne.
- Speaker #0
La raison pour laquelle on travaille et pour laquelle on veut trop performer.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et parfois être absent aussi.
- Speaker #1
Oui, parce que derrière le travail, je te dis, la première chose que ça répare, ça peut réparer jusqu'en partie, c'est une renarticisation positive. Quelqu'un... à qui on a dit par exemple t'es nul, t'arriveras à rien à l'école et qui se réalise en tant qu'entrepreneur et qui est parti de rien qui n'a pas de diplôme et autre et qui se réalise tu vois bien qu'à travers ça tu as des signes de reconnaissance tu te sens bien à cet endroit-là t'as envie qu'une seule chose, c'est que ça dure je projette, attention je ne la connais pas personnellement mais je projette qu'il y ait les mains seules qui aujourd'hui en tant que femme entrepreneur et qui vient d'une histoire difficile. Mais je pense qu'elle peut avoir une petite addiction au travail parce qu'à travers ça, ça lui a ouvert tellement toutes les portes de revanche dans la vie. Et donc, une fois qu'on en prend conscience, on dit ok, ça a été une belle étape maintenant, comment je rééquilibre ?
- Speaker #0
Est-ce que tu penses qu'on peut travailler seule sur une addiction ou il faut absolument être accompagnée ?
- Speaker #1
Je pense que travailler seule sur une addiction, c'est costaud. Notamment quand on parle d'addiction aux médicaments, addiction à l'alcool, addiction sévère, sans protocole. Moi, je ne suis pas experte en addiction, et je pense particulièrement au professeur Laurent Carilla, et puis en plus qui, avec moi régulièrement dans l'émission « Ça commence aujourd'hui » , qui est LA référence en addiction.
- Speaker #0
On a besoin de le recevoir.
- Speaker #1
Et lui, c'est vraiment son sujet. Il y a un super podcast qui s'appelle Addiction. Et il te dira, oui, s'en sortir seule, c'est quand même, dans certains cas, il faut des protocoles. Vraiment, ce n'est pas dans certains cas.
- Speaker #0
Il y a des grosses étapes à respecter pour éviter de rechuter,
- Speaker #1
surtout. Oui, et c'est pour ça que je dis. Je connais ma limite aussi d'expertise dans la matière, parce que quel que soit nos métiers en santé mentale, on a des expertises. L'addiction, c'est un sujet tellement, tellement complexe que quand on aborde le traitement, la guérison, il faut avoir un discours d'expert, que là, je n'aurais pas.
- Speaker #0
Et comment on sait qu'on est addict ? Comment on peut le...
- Speaker #1
Je pense que quand... Quand on parle d'addiction, c'est quand vraiment, malgré le fait que ça fasse plus de mal que de bien, on y retourne et on continue. Je pense que c'est la première chose. On pourrait dire plein d'autres choses, mais pour moi, c'est celle qui... C'est quand il n'y a plus de plaisir, en fait. Au-delà, oui. Un, quand il n'y a plus de plaisir, mais surtout même quand ça fait mal et qu'on continue d'y aller. Il y a en effet le fait de dire que ça ne fait plus plaisir. Ça ne t'apporte plus le bénéfice que tu en attendrais au début. Et que malgré tout, malgré que tu vois la conséquence négative sur toi, tu continues. Je crois que c'est vraiment la première chose. Et la notion de plaisir, je pense que quand on parle d'addiction, en réalité la notion de plaisir, c'est ce qui diminue le plus vite. C'est ce qui disparaît le plus vite, bien sûr. Mais par contre, à quoi on est accro à revivre ce petit moment d'étincelle du début qui justement t'a fait tellement du bien et que tu veux retrouver, mais qui avec le temps dans l'addiction est de plus en plus courte, voire plus du tout présente et qui reste que la douleur, que la souffrance.
- Speaker #0
Merci Christelle, j'espère que cet épisode à nouveau pourra donner des petites... voilà, guidance à ceux qui nous écoutent et j'espère te revoir très prochainement merci beaucoup, très vite si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes soutenir Cerveau Puissant et suivre toutes les actualités, les échanges à venir et les contenus que je prépare pour continuer à nourrir ce qui fait vraiment la différence