- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent, un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des peurs qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité, une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Et j'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Il y a des gens qui choisissent la sécurité. Un poste stable, une case bien définie, un salaire qui tombe, et puis il y a les autres. Ceux qui, au sommet de leur carrière, décident de tout remettre en jeu pour aller plus loin, plus vrai, plus libre. Mon invité aujourd'hui, c'est clairement la deuxième catégorie. Alexia Maier, c'est d'abord plus de 15 ans de journaliste au plus haut niveau. TF1, France 2, LCI, les plus grandes rédactions de l'audiovisuel français. Elle a tout couvert. Les crises sanitaires, les commémorations nationales, les grands événements internationaux, les journaux de 13h, de 20h, les éditions week-end, les duplex en direct, les émissions spéciales. Elle a présenté sur Bonjour TF1, sur Télématin, sur LCI. Pendant des années, des millions de Français l'ont vue à l'antenne. Incarner cette journaliste rigoureuse, précise, toujours au cœur de l'info. Mais Alexia, c'est quelqu'un qui ne tient pas en place, dans le bon sens du terme. En septembre 2025, elle prend un virage radical. Elle quitte le monde rassurant, ou pas, on va en parler, de la grande télé, pour lancer Tous Wander, un média 100% indépendant, un podcast, une émission YouTube diffusée chaque mardi matin. Le concept ? Aller chercher dans la vie de chaque invité ce moment précis où tout a basculé et ça, ça nous plaît. Le point de bascule, cet instant charnière où une décision, une rencontre, une épreuve a tout changé. Des personnalités venues du monde politique, du 440, du sport, de la culture, de la science. Des discussions vraies, sans posture et sans langue de bois. C'est le journaliste qu'elle a toujours voulu faire. Libre, profond, humain. En mars 2026, elle co-signe avec la journaliste Julia von Elst, les conquérantes publiées aux éditions Plon. Un livre qui vient plus qu'un simple recueil de portraits, raconte la vie et la trajectoire de 31 femmes françaises, connues au nom. qui ont toutes en commun d'avoir fracassé les plafonds de verre. Un livre qui tombe à pic dans une époque où la question de la place des femmes n'a jamais été aussi centrale. Alexia Maier, journaliste, entrepreneuse, autrice, une femme qui interroge les trajectoires des autres et qui construit la sienne avec une sacrée audace. Bienvenue dans SavoPi.
- Speaker #1
Merci Claire, dis donc, c'est vachement joli comme intro.
- Speaker #0
C'est sympa. J'ai eu le plaisir, tu m'as reçu dans ton podcast et tu m'as fait aussi une super intro. Je voulais te mettre à l'honneur.
- Speaker #1
Pas joli, merci.
- Speaker #0
Écoute, c'est un court résumé de ton long parcours dont on va, je crois, disséquer un peu tout ça. Tout d'abord, chez Servo-Puissant, on commence toujours de la même manière, avec une phrase. Quelque chose qui te tient à cœur et qui explique qui tu es aujourd'hui.
- Speaker #1
Écoute, j'ai vu une phrase hier, donc je n'ai pas eu le temps de la prendre par cœur. Donc du coup, je l'ai notée. Vas-y, ne m'en veux pas.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'est Victor Hugo. Et tu vas comprendre pourquoi ça me parle. À la fois parce que j'aime entendre les gens, tu l'as dit, j'aime les rencontrer et je suis donc journaliste quand même depuis 15 ans. Écoute cette phrase. Il y a ceux que l'on croise, que l'on connaît à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie. C'est Victor Hugo. Et en fait, c'est vachement joli. Franchement, c'est un hasard total et c'est drôle que tu commences avec une phrase parce que j'ai vu cette phrase par hasard hier et je me suis dit mais c'est tellement juste. En fait, ce n'est pas forcément ce qu'on attend qui change notre vie, tu vois. Il y a des petites phrases, des petits moments. Et moi, j'aime me nourrir des trajectoires des gens que je rencontre qui soient super connus, pas connus, qui travaillent dans une ferme au fin fond de la Normandie. Pendant quatre ans et demi, j'ai été correspondante à Caen pour TF1, tu vois, qui vivent sur une île. J'ai fait des reportages au Seychelles. Enfin, je vais te raconter, moi, j'ai fait des trucs de dingue. Et après, tous ces gens que j'ai rencontrés m'ont amenée, en fait, à... des petits trucs sur l'humain et qui font que je suis l'Alexia d'aujourd'hui. J'ai presque 41 ans, tu vois.
- Speaker #0
Merci, en tout cas. C'est aussi pour ça que, nous, chez Sao Fissant, on a ces valeurs communes. Et c'est vrai que moi, en tout cas, je pense comme toi, je pense qu'en fait, il y a des phrases qui nous marquent. Et on le voit chez chacun de nos invités. Et en fait, à ce moment-là, on l'entend et ça nous réveille. Et c'est vrai que, voilà. Donc, si cette phrase d'hier t'a tendu la main... Il n'y a pas de hasard. Il n'y a pas de hasard. Et je suis ravie que tu nous la partages aujourd'hui parce que je la connaissais sans la connaître, mais tu vois... Pareil, elle va m'accompagner et accompagner.
- Speaker #1
Elle va recuser. Exactement.
- Speaker #0
Alors, tu parlais de tes années de journaliste. On a évidemment des milliards de questions là-dessus, parce qu'il y a plein de choses qui nous fascinent. D'abord, donc toi, tu as passé des années à interviewer les autres. Est-ce que finalement, poser des questions à tout le monde, ce n'était pas aussi une manière de chercher des réponses chez toi ?
- Speaker #1
Eh bien, c'est une bonne question, parce que très souvent, tu vas poser des questions qui t'intéressent. Tu vois ce que je veux dire ? Alors, soit pour te les poser à toi, soit pour éviter de te les poser, tu vois, il y a une part un petit peu inconsciente. Mais ouais, c'est assez juste. Je ne sais pas trop, en fait, c'est assez marrant. Je ne sais pas trop d'où ça m'est venu, en fait. J'ai l'impression que, je ne sais pas, que c'était assez presque divin, tu vois, que c'était écrit. En tout cas, ça a toujours été une évidence. J'ai toujours voulu être journaliste. Je crois que j'aime vraiment l'humain. J'aime rencontrer les gens, vraiment. Et puis, journaliste à la télé, quand même, ça m'intéressait bien. En fait, je voulais être comédienne pour te dire. Ma mère m'a dit, mais attendez, quelle mauvaise idée. Tu vas finir sous les ponts de Paris. Tu vas passer ta vie à attendre le scénario. C'est une très, très mauvaise idée. Et je pense que c'était une réponse un peu smart dans ma tête de 10 ans, parce que c'est venu tôt. Je me suis dit, OK, je ne peux pas être comédienne. Qu'est-ce que je peux faire ? Journaliste. Et ma mère m'a toujours dit que, alors là, je suis encore plus petite. Je regarde avec elle le 20h de TF1, parce qu'on regardait le 20h de TF1. On voit Mitterrand à la télé. Et je lui ai dit, c'est ça que je veux faire. Elle me dit, mais quoi ? Je dis, bah Mitterraine. Je veux passer à la télé et être reine. Bah voilà, je suis devenue Mitterraine. C'est génial. C'est rigolo, ouais. Voilà, donc du coup, finalement, tu vois, j'ai réalisé ce que je voulais.
- Speaker #0
Donc très tôt, t'as été. Très tôt,
- Speaker #1
et c'était venu comme ça. Et donc, oui, j'ai toujours aimé poser des questions. Je ne sais pas trop pourquoi.
- Speaker #0
On l'a un peu dit, tu l'as dit, c'est que c'est aussi cette forme de curiosité. En posant des questions aux autres, on apprend beaucoup. Complètement,
- Speaker #1
ouais, complètement. C'est très juste.
- Speaker #0
Et donc, ma question, c'était il y a un moment précis dans ton enfance où tu as su que tu voulais raconter les histoires des autres. Bah,
- Speaker #1
mi-terraine.
- Speaker #0
Mi-terraine. Et aujourd'hui, finalement, tu as fait 15 ans dans les plus grandes rédactions françaises. Quelle est la chose que la télévision t'a apprise que tu n'aurais apprise nulle part d'autre ?
- Speaker #1
Je travaille extrêmement vite. J'ai un esprit de synthèse. En fait, ce que les gens n'imaginent pas quand tu travailles à la télévision, C'est que tu as deux accouchements par jour, 13h-20h. Rares sont les métiers où tu as des charrettes, tu vois, deux fois par jour. En général, tu as un projet ou tu as une presse. Dans une semaine, dans dix jours, tu as le stress qui monte. Non, non, là, pas du tout. C'est-à-dire qu'en fait, tu te lèves le matin, tu ne sais pas ce que tu vas faire dans deux heures ou dans trois heures. C'est-à-dire que tu arrives à la rédac et parfois, on te dit, donc tu arrives à 9h30, tu vois. Il me faut pour 13h un sujet extrêmement compliqué sur la hausse du prix du pétrole. Le détroit d'Ormousse, par exemple, tu vois. Et t'es là, mais je n'y connais rien. Il faut que tu deviennes experte, tu vois. Poser les bonnes questions, trouver les bonnes personnes et les trouver pour dans une heure.
- Speaker #0
Ouais, t'as deux heures. En fait,
- Speaker #1
t'as deux heures pour traverser Paris ou envoyer un correspondant en région qui va tourner pour toi une interview. Et en fait, il faut aller très, très, très vite. Et ensuite, une fois que tu es face à ton texte en salle de montage, tu dois écrire très, très vite. Et ensuite, même la phase finale, quand tu enregistres, quand tu mets ta voix off, et là, c'est une très bonne maîtrise de ton stress. Parce qu'en fait, plus tu stresses, plus tu bafouilles, plus tu bafouilles, plus tu rates. Sauf que là, si tu enregistres à 12h56 et que ton sujet passe à 13h03, c'est très fréquent. Là, tu as intérêt à te maîtriser, à te calmer pour que ta voix soit parfaite. Surtout, nous, les femmes, c'est le côté un peu injuste. Quand tu stresses, tu montes dans les aigus. Eh ben là ! Donc moi, j'avais vraiment cette position. Moi, j'étais assise au bord de mon fauteuil, les jambes écartées. Tu te tiens bien droite, tu respires et en fait, tu te mentalises. Et parfois, j'entendais pour te dire, j'étais dans une salle où tu enregistres ta voix, avec un casque, porte fermée, puis une autre porte fermée, ce qui isole la salle du reste de la rédac. Et j'entendais, il est où le maillère ? Tu vois le sujet ? Et donc, toi, t'es là, je me calme, je suis zen, je vais le faire en one shot. Et en fait, ils hurlent ton nom de famille. C'était... Donc, écoute, pour te répondre, pardon, je fais une digression.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Je dirais esprit de synthèse, travailler vite et gestion du stress. Ne pas montrer que tu stresses. Aussi, parce que quand tu es en direct, par exemple, et ça m'est arrivé au moment du Covid ou des éditions spéciales, parfois, tu es en direct et ça m'est arrivé sur France 2 au TF1, il y a 5, 7 millions de gens qui vont te regarder. Alors, en vrai, tu ne les vois pas, évidemment. En vrai, tu vas parler. À ton collègue qui tient une caméra, donc tu parles à un petit carré rectangle noir, mais tu sais quand même au fond de toi qu'on te regarde. Et bien je trouve que dans cette gestion du stress, c'est un truc intéressant. Notamment une fois, j'ai peut-être une anecdote qui va te faire marrer, mais... On m'a demandé d'être en direct dans un tigre de l'armée. Donc un tigre, c'est un hélicoptère qui peut faire des loopings. Tu vois le truc ? Le 14 juillet, au-dessus des champs. Tu vois l'enjeu. C'est-à-dire qu'en fait TF1 fait sa spéciale truc-truc. On met Alexia dans l'hélicoptère. Et là, il faut que tu le fasses en one-shot, que tu sois parfaite. Parce que tout le monde regarde le 14 juillet, tu vois ? Et là, je suis dans mon hélico. En vrai, j'ai la nausée, tu ne peux pas savoir. J'avais fait un test deux jours avant avec les militaires. Le mec m'avait dit, vous les pilotez ? En vrai, je me dis, mais je ne peux pas vomir.
- Speaker #0
Mais il coûte un million. Tu en as un autre qui paraît qu'il y en a plein qui vomissent.
- Speaker #1
Oui, mais là, je me suis dit, c'est terrible parce que tu es harnachée dans ton truc. Devant toi, tu as plein d'électroniques qui coûtent des millions. Je me voyais, un, la honte totale et deux, ruiner le truc. Bref, je prends mon petit Merker. Et donc là, je me dis, OK, je suis au taquet, j'ai mon texte, machin. Bref, et là, deux minutes avant, j'avais mon portable quand même dans ma combi militaire. Et ça vibre. Et je ne sais plus ce qu'il m'envoie, mon rédacteur en chef. Impressionne-moi, un truc comme ça. Je me dis, quel texto de merde. Je suis dans un hélicoptère avec le truc. Il y a 5 millions de gens qui vont me regarder. Envoie-moi, j'ai confiance, tu vas tout déchirer. Ne me mets pas la pression, tu vois. Bon, écoute, j'ai tout déchiré. Ça a très, très bien marché. Mais voilà, tu vois, sur la gestion du stress, c'est un apprentissage.
- Speaker #0
Une grande école. Oui. Mais vous êtes beaucoup journaliste à le dire. Est-ce que, donc, quel est ton pire souvenir ou celui où tu as été le plus sous pression ? Alors, celui-là en est un, est-ce que tu en as un autre à nous partager ?
- Speaker #1
Bah, en fait, c'est difficile d'en isoler parce qu'en réalité, t'es sous pression tout le temps. Ce qui va, on va en parler, peut-être m'amener quelques années plus tard à changer. Mais en fait, t'es sous pression quasiment tous les jours. Un exemple pas facile, évidemment, je pense qu'une des pressions, c'est quand tu présentes une émission. Ce que j'ai fait pendant deux ans, j'ai co-présenté une émission sur LCI, sur de la géopolitique. Donc là, tu es en direct pendant deux heures. C'était tous les soirs week-end de 22h à minuit. Les coups de pression, c'est quand tu pars en édition spéciale. C'est quand on te dit dans l'oreillette, il y a une attaque au couteau, on n'en sait pas plus, on prend un tel... en duplex. Donc là, tu as quelqu'un en direct, qui en général est au téléphone parce que tu le prends dans les 5 minutes. Et puis ensuite, il faut meubler.
- Speaker #0
Ensuite, tu n'as pas d'info.
- Speaker #1
Là, tu es en direct sans filet. Là, tu es quand même sous pression. Peut-être que j'ai envie de citer aussi mon tout premier direct de toute ma vie. Franchement, ça m'a marquée. Comme beaucoup de journalistes, j'ai dit que j'en avais fait plein avant. J'étais correspondante en Normandie pour TF1 et donc on travaillait pour TF1 qui était mon employeur principal et aussi pour LCI qui dépend du même groupe. Et il y avait un train de déchets nucléaires qui traversait la Normandie pour aller en Allemagne. Et là, LCI m'appelle en me disant « Est-ce que tu as déjà fait des duplexes ? » « Ah oui, non mais attends, t'inquiète, je n'en avais jamais fait et je vais en faire 10 dans la journée. » Et là, j'ai eu du mal à m'endormir après. Avant, j'étais hop, tu vois. Mais le premier, j'avais les jambes qui tremblaient. Est-ce que parce que je pense que j'avais hyper peur. J'avais aussi un peu froid parce qu'on était au mois de novembre. Je pense que j'avais surtout hyper peur. Et j'avais bien appliqué ce qu'on m'avait dit. T'es ancrée, tu vois, pour ne pas bouger. Mais j'ai vraiment ce souvenir de l'oreillette. Parce qu'en fait, dans l'oreillette, t'entends la télé en vrai. Donc, t'entends l'émission, t'entends les pubs, tu vois. Et tout d'un coup, t'entends le retour antenne, tu vois. Et on retrouve en Normandie, Alexia Maillard. Il te pose la question. Et là, il y a un blanc. C'est à toi de parler. Tu vois ce que je veux dire ? En fait, il y a un côté vertigineux. En fait, la télé que tu entends dans ton oreille,
- Speaker #0
c'est toi qui passes à la télé.
- Speaker #1
Et en fait, j'ai eu l'impression de faire un plongeon dans le vide. Et je crois que je ne me suis pas rendue compte de ce que j'ai dit. Là, j'ai vraiment un souvenir très, très, très, très marqué. Et en même temps, j'ai adoré. Tu as des gens qui détestent l'antenne et tu as des gens qui adorent. Tu as des gens qui détestent les terrains de conflit, qui sont reporters de guerre. Il y en a qui adorent. L'antenne, c'est très particulier.
- Speaker #0
Chacun son besoin d'adrénaline. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Alors moi, ce dont on avait envie de parler aujourd'hui, c'était aussi tout le décor. Il y a beaucoup de gens qui veulent être, comme toi, grandes journalistes ou grands journalistes. Donc là, tu l'évoques, il y a quand même une pression énorme. On couvre des sujets souvent très compliqués, qui nous dépassent totalement. Tu n'es pas forcément experte de tout, loin de là. Mais il y a aussi... une ambiance. Et on ne se rend pas toujours compte de la réalité du quotidien du journaliste. Est-ce que tu as peut-être de nous partager quelques souvenirs ?
- Speaker #1
Oui, après, ce qu'il faut comprendre, c'est que moi, j'ai toujours dit... Je vais te dire mon analyse après 15 ans de télé. En fait, c'est que des gens qui ont des problèmes d'égo. Soit ils s'adorent, soit ils ne s'aiment pas et ils ont besoin de faire des trucs pour qu'on les aime. Et puis tu prends un shaker, tu fais ça, et tu dis « Allez, travaillez ensemble ! » Pour courage ! Tu vois, c'est exactement ça. Donc tu n'as que des gens qui ont des problèmes d'égo et tu les fais travailler ensemble. Ce n'est pas toujours évident. Mais c'est vraiment ce que j'ai analysé. Vraiment,
- Speaker #0
en termes de... aucun jugement, mais c'est vrai que globalement, en tout cas, en fait, il ressort aussi beaucoup de stress. Et pas d'entraide. C'est vrai que tout le monde se tire un peu. De meilleurs journalistes.
- Speaker #1
Alors, pas d'entraide, je dirais quand même que dans les rédacs, tu as une forme quand même d'entraide. De famille. En revanche, tu n'as pas d'entraide avec ceux qui sont considérés comme tes concurrents. Moi, j'ai un souvenir, mais tu vois, comme quoi, goût de karma. J'étais à Rouen. il y a eu un fait divers sinistre avec un ado qui s'est fait tuer par ses copains, je te passe l'histoire j'ai du mal à me garer, on arrive en retard devant le palais de justice et on rate ce qu'on appelle un panneau tu sais l'image, tu vois un point A et un point B on rate juste la voiture qui rentre dans le palais de justice avec les meurtriers présumés en tout cas et je me dis, mince, attends, c'est quand même une image importante et donc à ce moment là je travaille à TF1 je vais voir les mecs de France 2 où je travaillerai quelques années plus tard Mais en tout cas, ce jour-là, je dis, est-ce que je peux récupérer l'image ? C'est une image, on ne parle pas d'une interview. Ils font, ah ouais, non, désolé, etc. Ok, ok, ok, bon. Dans la même journée, parce qu'on va faire le pied de gruse qui arrive souvent, je suis devant le palais de justice, et je sympathise avec les mecs d'M6, qui ont fait la mère du jeune garçon qui a été malheureusement tué. Et quand elle sort, ils disent, c'est la mère, c'est la mère. Donc en fait, M6 et moi TF1, on se met au milieu, on fait l'interview, puis là... commence l'interview et là, on appelle ça une meute, quand on est douce là. Et donc, je suis hyper bien placée et tout. Et t'as une nana de E-Télé, à l'époque, qui arrive catastrophée, qui me dit « J'ai raté l'interview. » Et je lui dis « Mais je te la donne. » En fait, on était, je sais pas, 8 ou 10 télés, donc j'ai pas d'exclusivité, tu vois ce que je veux dire. Je lui ai donné. Et quand je me suis couchée le soir, je me suis dit « Quand même, tu sais quoi ? Moi, j'ai donné une interview d'un quart d'heure et dans la même journée, il y a un mec qui m'a refusé une image. » Ce n'est pas grave. Goût de karma.
- Speaker #0
Goût de karma.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Goût de karma. Et puis en plus, ce qui est vrai, c'est qu'à la base, vous faites aussi ce métier pour diffuser au plus grand nombre. Oui, mais pas quand même dans la... Oui, bien sûr. Tu as raison,
- Speaker #1
mais il y a beaucoup de concurrence.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de concurrence pour celui qui chope la meilleure image. Oui, puis on se met la pression. Je rappelle la raison pour laquelle vous le faites. Voilà, c'est vrai que... Enfin, je pense que c'est un... Tu vois, moi qui interview sur le podcast, regarde... Nous, on commence déjà à collaborer ensemble, on va se partager nos invités. Oui, oui, tu pourrais te dire, mais pourquoi on partage les invités ? Mais en fait, à trois mois d'écart, tant mieux que tes invités viennent aussi témoigner chez moi et vice-versa. Je pense qu'on a...
- Speaker #1
Et tu as raison, parce que moi, je me suis toujours dit, c'est un monde open source. Tu n'as pas d'exclusivité sur rien, en fait.
- Speaker #0
Oui, voilà.
- Speaker #1
Soit tu as créé le truc et ça t'appartient. Exactement. Si tu ne l'as pas créé, excuse-moi. Et puis tant mieux, d'ailleurs, les gens racontent leurs histoires. Moi, je suis comme ça depuis toujours. Mais c'est vrai que ce n'est pas le cas de tout le monde.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est vrai.
- Speaker #0
À un moment, tu sens que tu as fait ton temps, notamment pour des raisons, beaucoup de pression. Est-ce que tu peux nous raconter ? En vrai, tu travailles comme une dingue. Peux-tu nous raconter vraiment ? Tu es devenue un maman. Il y a un moment, la vie…
- Speaker #1
Un peu la trajectoire.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Écoute, alors… Moi, j'ai fait TF1, France 2, TF1, qui est revenu me chercher, LCI. Et en fait, pendant 15 ans, j'ai fait énormément de terrain. Je te l'ai dit à l'instant, il y a quelques minutes, tu n'as pas d'horaire. Tu ne sais pas ce que tu vas faire. Je me suis retrouvée en Belgique, à la frontière, parce qu'il y a un attentat dans un aéroport. J'ai passé trois jours dans ma petite chemise en soie à me les cahier. C'est quand même la réalité du terrain. Je fais beaucoup de terrain pendant 15 ans. Je n'ai pas d'horaire. J'ai des permes week-end, j'ai des permes de nuit. Et puis, je vais devenir maman pour la première fois. C'était mon rêve, en fait, d'être maman. Vraiment, c'était mon rêve. Bien sûr, je voulais être mitterraine, je voulais faire de la télé, mais mon rêve profond, c'était quand même d'être maman. Je rencontre le père de ma fille. Et pour tout te dire, pendant des années, et c'est marrant parce que je l'ai dit hier à ma fille, pendant des années, je priais et je demandais à mes enfants. J'imaginais, j'aime à croire qu'ils existaient quelque part avant d'arriver. Et je leur disais le soir en me couchant, après mes aventures de folie, de journaliste, je leur disais, bon, mes futurs enfants. Aidez-moi s'il vous plaît à faire la rencontre de votre papa parce que vraiment là je suis prête. Je n'arrêtais pas de leur parler et de leur dire, mais pour que vous puissiez venir dans mon ventre, il faut que je rencontre votre papa. Aidez-moi, tu vois. Donc c'était pour te dire à quel point j'avais vraiment, j'en rêvais. Et je rencontre Olivier, qui est aujourd'hui mon mari, et en fait, je tombe enceinte au bout de neuf mois. Et pour tout te raconter, je suis sur une spéciale 6 juin, donc on fait 6 juin 44, je passe ma journée à faire des directs dans un avion de l'époque, donc de la Seconde Guerre mondiale, avec zéro ceinture et tout, bon bref. Je fais ces duplexes, c'est incroyable, on n'arrête pas, on décolle, on décolle, machin, truc, truc, le direct. Et en fait, je suis dans ma chambre d'hôtel le soir et je lui dis, bon, écoute, Olivier, c'est ma dernière pilule. J'ai 34 ans. Écoute, je pense que ça va durer six mois minimum avant de tomber enceinte. Est-ce que tu serais d'accord que je ne reprenne pas la suite, quoi ? Parce que je prenais une pilule en continu. Il me dit, ouais, ouais, ouais, carrément. Et en fait, je suis tombée enceinte en 14 jours. Donc, tu vois, je ne m'y attendais pas du tout.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Et ma fille, elle devait vraiment, je pense, arriver, tu vois. Et ce qui est assez marrant, c'est que ce 14 juillet qui a suivi, donc tu vois, 6 juin, donc je suis tombée enceinte fin juin. Je l'apprends le 10 juillet et je devais faire l'émission spéciale du 14 juillet. Et tu sais ce que je devais faire ? Je devais sauter en parachute. Et j'avais dit oui. Et je me dis, je suis quand même très invitée parce que j'ai fait un test de grossesse. Enfin bon, on te dit vie normale, mais mon dolaz sautait en parachute et ça a été annulé. Donc il fallait vraiment qu'elle tienne, je pense, tu vois, et qu'elle arrive.
- Speaker #0
Elle est incroyable cette histoire et je trouve ça extraordinaire. Donc déjà, on parle beaucoup de prière, enfin on parle beaucoup de foi de manière générale. Et de s'adresser à ses futurs enfants avant de rencontrer le papa. Je pense que ça va parler à beaucoup de papa et de maman. Le fait de visualiser et de manifester. Oui, oui. Et on dit que les enfants nous choisissent. Mais bien sûr. Dans l'ésotérisme, on dit que les femmes nous choisissent. C'est-à-dire quand elles partent plus tôt. C'est-à-dire, il faut se coucher, tout ça. C'est qu'en fait, ce n'était pas le bon moment. On n'est pas vraiment prêtes. C'est une jolie manière de raconter. Moi, j'y crois énormément.
- Speaker #1
Moi aussi. Et d'ailleurs, mes enfants, je leur ai dit aux deux enfants. Restez là. Merci de m'avoir choisi. Non, je leur ai dit une fois qu'ils sont nés. Merci de m'avoir choisi. Je leur ai dit à tous les deux. Et donc, pour reprendre le fil de ta question, j'ai une vie de dingue. C'est sûr, dans les dîners, socialement, c'est rigolo. J'ai plein de trucs à raconter. Néanmoins, j'ai quand même envie de nourrir mon projet personnel qui est de fonder cette famille. Je suis tombée enceinte. Je reviens assez vite. Je trouve que les congés maternités ne sont pas très longs, finalement. Et là, partir en reportage commence à me devenir insupportable. En fait, vraiment, je trouvais extrêmement difficile d'être séparée de mon enfant que j'avais tant désiré. Et puis, je trouvais pas juste, même quand elle avait six mois, huit mois, de dire à ce soir et de pas rentrer. Parce que même à six ou huit mois, tu comprends, en fait, tu vois. Et j'ai des souvenirs, mais d'en avoir pleuré, tu vois, sur des quais de gare parce que l'interview prend du retard, tu prends le train suivant. Là, je commence à avoir un inconfort qui va s'accentuer parce qu'ensuite, je veux vraiment un deuxième enfant et je n'arrive pas à tomber enceinte. Hyper étrange. Première fois, ça prend 14 jours. La seconde fois, je n'arrive pas à tomber enceinte. Et peut-être que je n'arrive pas à tomber enceinte aussi parce que je ne suis pas heureuse dans mon quotidien, probablement. Tu vois, ça ne va pas. Et puis, parallèlement, je me dis que ça ne va pas. Il faut que je fasse autre chose. Et puis, je fais beaucoup de prières. J'ai eu des anges gardiens très efficaces. Et du coup, parallèlement, je commence à monter en puissance sur de l'antenne, que je faisais déjà. Et là, on me propose de faire des remplacements sur LCI de JT.
- Speaker #0
C'était à la base ce qui est le rêve ultime de n'importe quel journaliste.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, vraiment. Oui, oui, c'est clair.
- Speaker #0
C'est un peu le Graal.
- Speaker #1
Oui, c'est un peu le Graal. Et donc, pendant une saison, je vais à la fois faire du terrain, à la fois faire des JT et à la fois faire des remplacements de chef. Où je suis donc parfois chef de service adjoint du service économie de TF,
- Speaker #0
un peu occupé.
- Speaker #1
Et donc, parfois, j'étais chef du 13h. Donc, ça voulait dire que j'arrivais à 7h30 du matin et je présentais le JT sur LCI à minuit. Tu vois, je faisais ça. Et je me dis, je suis quand même un... tout petit peu fatiguée, j'ai un petit coup de barbe je vois et on me propose donc je me dis, bon je vais essayer de me fidéliser pour faire que des JT peut-être ça va m'aider à tomber enceinte parce qu'en plus je tombe enceinte, je fais une fausse couche donc là mais t'es pas presse, mais je pense que mon corps non plus et puis en fin de saison, tu sais souvent pareil t'as un shaker toi tu vas là, toi tu vas là, etc en fin de saison je suis reçue par le patron d'LCI qui me dit le... Écoute, on est hyper contents et on me propose de co-présenter une émission le week-end soir. Alors sur le coup, je me dis, parce qu'en fait, c'était extrêmement prestigieux, mais moi j'avais envie en toute franchise de me dire, je m'installe dans un truc avec des horaires un peu précis en journée parce que j'aimerais faire mon deuxième enfant, tu vois. Et en fait, évidemment j'ai accepté parce que c'était prestigieux et hyper intéressant. Et là, c'est plus que d'agiter, c'est qu'en fait, tu co-présentes deux heures de live sur de la géopolitique, tu vois. Et la magie a fait que, en fait, je suis tombée enceinte dans l'été. Et mon premier week-end, donc je travaille le week-end, je suis en train d'écrire mes textes et en fait, j'ai un petit truc dans le ventre, une petite décharge, et je me dis, je crois que je suis enceinte. Je crois que je suis enceinte, tu vois. Et en fait, j'ai fait un test de grossesse et j'étais enceinte. Donc du coup, ma seconde grossesse, je vais la vivre à l'antenne, en horaire décalé. Et voilà. Et donc, je vais prendre du poids, prendre du poids, parce que moi, je fais de l'hypothyroïdie. Donc, je vais gonfler sur ce petit tabouret en plexi à tel point que je finis par leur dire ne me filmez pas de dos. Je me souviens, c'était la cam 3. Parfois, il y avait un... C'était horrible. Parce que tu sais, quand tu présentes, tu as ton retour, en fait, antenne. Et donc, je voyais le retour. Et parfois, il y avait la cam 3. Je leur disais, mais arrêtez cette cam 3. Je débordais de mon tabouret en plexiglas. Voilà.
- Speaker #0
Et alors, ce qui est vrai aussi, on en a parlé tout à l'heure en off, c'est que le journalisme a toujours beaucoup impressionné. En tout cas, pour moi, c'est mieux qu'être comédienne, évidemment. Donc, il y a la réalité de ce temps, de ces sacrifiés. de pression, d'images constantes. Mais il y a aussi, finalement, enfin, c'est pas une question de... C'est bien, c'est pas bien, mais la réalité, toi, t'as une réalité économique aussi où, en fait, tu travailles, enfin, je sais pas, combien d'heures par...
- Speaker #1
Ah ben, je peux pas le chiffrer parce que c'est pas régulier, mais tu vois, quand je te décris des semaines entières où je fais 7h30, minuit...
- Speaker #0
Voilà. Et donc, finalement, et toi, en net, il y a un moment aussi où tu trouves que la balance, c'est...
- Speaker #1
Ben, en fait, c'est un métier qui est pas très bien payé. Alors, tout ça, évidemment, relativement...
- Speaker #0
Non, mais bien évidemment.
- Speaker #1
comparé au salaire médian français c'est vraiment ça fait partie du pourcentage de gens qui sont extrêmement bien payés ce que je voulais dire c'est que tu ne fais pas 35 heures déjà je pense que tu fais je sais pas 90 heures par semaine je sais pas il faudrait compter mais moi j'ai un bac plus 6 j'avais 15 ans d'expérience et pour tout te dire moi je le dis vraiment en toute franchise en net parce que finalement c'est important c'est ce que tu as sur ton compte en banque en net donc après prélèvement à la source J'avais 3400 euros. Et je ne sais que 3400 euros avec un bac plus 6, 15 ans d'expérience, des sacrifices sur ta vie de famille, sur ton organisation. Je trouve que ce n'est pas très cher payé. Mais je reconnais que c'est un excellent salaire.
- Speaker #0
Non, mais bien sûr. Là, c'est aussi relatif. Il peut être pour 90 heures par semaine. Exactement. Il y a un moment où il ne te reste plus de temps pour toi. Ah oui, c'est très bien. Exactement. Tu ne vois plus ta fille. Et donc, ça n'est pas... pas une vie finalement.
- Speaker #1
Oui, plus ma fille puis plus mon fils qui du coup va naître et en fait, je reprends le boulot et il a trois mois, tu vois, donc oui.
- Speaker #0
Alors, il y a une autre anecdote que tu voulais nous partager parce qu'on échangeait toutes les deux pour comprendre en fait la personne que tu es aujourd'hui et c'est vrai qu'il y avait une autre confidence que tu voulais nous faire. Tu as perdu ton papa quand tu étais très jeune, à 15 ans. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu le perds et surtout, comment tu te rencontres plus tard à quel point cette disparition ?
- Speaker #1
t'as guidé dans le bien comme dans le moins bien et finalement aujourd'hui pour le meilleur c'est assez intéressant ce terme de guidé que t'emploies parce que de toutes les épreuves et je sais qu'on partage cette idée mais de toutes les épreuves tu en retires quelque chose de positif et oui ça m'a guidé donc mes parents ont été séparés depuis très très longtemps et donc on est en 2000 il est Il est mort en 2000, il est mort le 13 juin 2000. Mon père a eu un cancer assez fulgurant, en fait, parce qu'il meurt en 6-8 mois. Sauf que mes parents sont séparés, donc je ne vis pas avec lui. Et il y a un moment, Noël 99, d'ailleurs, ma mère lui propose de venir boire l'apéro. Et là, je vois arriver mon père, que je n'avais pas vu depuis quelques mois, mais genre deux mois, tu vois. rachitique, sans cheveux, parce qu'évidemment, les chimios, je te parle de 99,2 mille, ils sont plus grandes. Et là, il est complètement affaibli, il a pris 50 ans, tu vois, et il reste pour l'apéro et là, je suis estomaquée. Enfin, je sais pas ce qui se passe. Il s'en va, parce qu'il n'est pas invité à rester dîner, le pauvre, c'est son dernier Noël, du coup. Et on débarrasse. Ma mère, parfois, peut être assez dure. On débarrasse et on se retrouve soit dans la cuisine, elle me dit « Écoute, Alexia, je pense que ton père a un cancer. » Ça peut durer trois mois comme trois ans. Et elle quitte la pièce. Voilà.
- Speaker #0
Effectivement.
- Speaker #1
Donc, c'était un peu abrupt. Donc, je me dis, OK, il a un cancer. Sauf que lui ne va jamais m'en parler.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et lui va me dire, t'as vu, je me suis rasé les cheveux. Et je dis, ah, c'est joli. Tu vois, je rends mon songeux, en fait. Je ne vais jamais... Tu n'oses pas poser de questions. Ben non, j'ai 14-15 ans, en fait. Tu vois,
- Speaker #0
c'est de là que te vient l'envie de poser des questions.
- Speaker #1
Peut-être. C'est possible. Ouais.
- Speaker #0
Non mais je te jure, je vais te le dire au début, mais...
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'est possible. T'es vraie, sûre ? Ouais, c'est possible.
- Speaker #0
En fait, tu t'as capté une information sans aucune explication et donc ça t'a choqué. Réputablement, c'est pour ça que tu fouilles partout dans l'information pour l'expliquer aux autres.
- Speaker #1
Je fouille, c'est ça.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai. L'histoire, c'est d'une évidence.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Et en tout cas, bref, je fais semblant de croire qu'il s'est coupé les cheveux. Il fait un régime, tu vois. Et donc, ça va aller assez vite. Et il va donc en effet mourir le 13 juin 2000. Et j'ai vraiment une phrase, j'ai un point de bascule, mais j'ai mis des années à comprendre que c'était un point de bascule. Ma mère est à l'étranger, mes parents ne sont plus ensemble. C'est la fin de l'école, je suis en troisième. Le frère de ma mère gentiment me dit, est-ce que ça te dit qu'on aille voir ton père ? Mais vraiment comme ça, tu vois. Ah oui, allons-y. Donc, je me souviens très bien évidemment de la tenue que je portais. J'avais un ensemble koukaï avec une jupe en jean avec des petits miroirs, tu sais, brodés au bout et un petit haut framboise. Tu vois, vraiment, je m'en souviens. Évidemment, comme tout le moment où tu es choqué, tu t'en souviens. Donc, je suis habillée comme ça. J'arrive à l'hôpital Cochin, je rentre dans la chambre, genre coucou, tu vois. Et là, en fait, je me rends compte qu'en fait, il est dans le coma, quoi. Qu'il est en fait au fond de son lit, qu'il fixe un truc, qu'il répond pas. Donc j'appelle l'infirmière, elle nous fait sortir mon oncle et moi. Et là, elle a cette phrase terrible, où j'ai donc 15 ans depuis deux mois. Et elle dit, ah ben c'est pour ce soir, tu vois. En fait, c'est pas une naissance, quoi. On parle de la mort de quelqu'un. Donc je trouve hallucinant cette phrase qui, évidemment, m'est restée. Et donc... De ce moment qui est extrêmement choquant, j'en ai quand même tiré du positif, c'est que pour moi, c'est une chance inouïe, il n'y a pas de hasard, d'avoir pu l'accompagner.
- Speaker #0
D'avoir pu lui dire au revoir.
- Speaker #1
En fait, c'est extrêmement violent d'accompagner quelqu'un qui décède. Ça fait un peu peur, tu vois. Et en même temps, je lui ai tenu la main. Je lui ai tenu la main et il n'a pas été seul. Quand je suis rentrée, il était tout seul. Après, là où je me suis promis, confiance pour confidence, transmis. J'avais quand même que 15 ans et je n'étais pas prête à le laisser partir. Donc, je l'ai pas mal secoué pour qu'il y ait une dernière respiration. En fait, j'ai eu du mal à me dire, OK, c'est la dernière. Et donc ça, je me suis dit quand même, si dans ma vie, ça m'arrive à nouveau d'accompagner quelqu'un, un proche ou quelqu'un qui n'est pas proche. Ça peut arriver dans la rue, je ne sais pas. Je me suis promis, je me suis dit, sois apaisante. Sois apaisante pour la personne qui vit ce moment parce que, en vrai, je n'ai pas dû être apaisante pour lui. Il n'a pas été seul, il était à côté de toi, à côté de toi. Oui, oui, oui. Mais je n'ai pas dû être apaisante. Tu sais, ça se trouve,
- Speaker #0
on ne sait pas à quel moment on part vraiment.
- Speaker #1
Oui, oui. En fait, tu faisais un copain conscient. En fait, si, parce que tantôt.
- Speaker #0
C'est une belle histoire, en tout cas, que tu nous racontes. Aujourd'hui, de toute manière, tu es notre troisième invité. On a parlé de deuil. Et non, mais je vais te dire un truc très vrai. C'est, je pense, un des sujets les plus compliqués à aborder. Vous l'abordez, en tout cas, tous les invités l'ont abordé avec une justesse. une joie, presque un bonheur. C'est un vrai partage que tu nous fais maintenant. Et je crois que ça doit... Voilà, ça nous concerne tous. Bah oui. Et tu l'as dit très justement, on pourrait presque accompagner quelqu'un qu'on ne connaît pas. Un jour, il y a un drame et tout.
- Speaker #1
Il y a des attentats. Ça m'a marquée quand j'ai couvert le Bataclan et les terrasses. À ce moment-là, je bossais à France 2. Et tu vois, je me suis souvenue de ce moment avec mon père parce qu'il y a eu beaucoup de gens qui ont accompagné des inconnus dans la mort. soit dans le Bataclan, soit dans des cafés, parce qu'on allait allonger des gens sur des tables. Et j'ai lu et j'ai reçu plein de témoignages de gens qui avaient fait ça. Et tu vois, ça m'a rappelé ce moment. Et oui, on est tous confrontés à la mort, évidemment le plus tard possible. Mais en tout cas, ce que je peux te dire pour avoir vu le moment de la bascule, en fait, tu as une forme d'apaisement. En fait, ça n'a pas l'air de faire mal. Tu vois, je crois que c'est rassurant. En fait, ça m'a rassurée sur cette bascule. Le plus tard possible, parce qu'il faut dire au revoir à ceux que t'aimes. Mais en fait, c'est OK quand ça nous arrivera.
- Speaker #0
Et donc, c'est de là que t'es devenue une conquérante, pour le coup.
- Speaker #1
Écoute, c'est de là. En tout cas, ce qui est assez marrant, c'est que ce souvenir un peu traumatique, je le classe.
- Speaker #0
T'en parles pas.
- Speaker #1
J'en parle pas. Je ne suis pas invitée à en parler non plus.
- Speaker #0
Et comme on t'a appris de le faire, déjà depuis l'annonce de la maladie, c'est comme ça. Voilà,
- Speaker #1
j'en parle pas. Et puis, je vais faire ce qu'on m'a toujours appris à faire, c'est-à-dire performer, faire des belles études. faire un boulot un peu « wow » , donc c'est là que je deviens journaliste à la télé, que j'accède à quand même, tu vois, des chaînes. D'ailleurs, bosser à TF1, France Depuis TF1, j'ai signé deux CDI à TF1 dans ma vie. Franchement, je pense que je connais deux personnes qui ont signé deux CDI à TF1 dans leur vie. Donc j'ai fait tout ça, et puis maintenant, ça va me revenir en pleine face. Déjà, c'est marrant, ces deux CDI à TF1, je les signe pas par hasard. Je rêvais donc d'être journaliste. Je fais un stage de troisième. Chance, je le fais à TF1, tu te rends compte ? Et je gagne le prix du meilleur rapport de stage en troisième.
- Speaker #0
Troisième, c'est quand on perdait ça, on est d'accord.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, mon dernier échange avec mon papa, qui est conscient, donc avant cette phase de coma. C'est que je lui montre mon rapport de stage, je lui dis que je l'ai gagné et je lui dis que je vais être journaliste à TF1. Et après, une semaine après, il s'en va. Et en fait, j'ai compris des années après. En fait, je me suis battue pour y arriver. J'ai tenu ma promesse et je l'ai tellement bien tenue que j'ai essayé d'autres états. Donc je pense que finalement, ce moment et cette période de vie a été assez fondatrice. tant dans mon choix des rédactions, tant que dans la suite, et pour te répondre, oui, parce que quand je deviens maman, finalement, j'ai une forme d'évidence, c'est assez bateau ce que je vais te dire, mais sur le fait que la vie passe à toute berzingue. Mon père meurt, j'ai 15 ans. Et en fait, quand mes enfants en aient, je me dis, mais ici, ça ne devait durer que 15 ans, en fait. Les enfants, ils ne vont pas se souvenir que j'ai présenté une émission ce soir sur l'Ukraine ou que j'ai fait un truc de dingue. En revanche, ils vont se souvenir qu'on a mangé une glace au parc Monceau, qui est près de chez nous, tu vois. J'ai failli rater les premiers pas de mon fils parce que je bossais, tu vois. Et c'est tombé un jour où je ne bossais pas. Je me suis dit, mais tu te rends compte ? J'aurais pu rater ces premiers pas. Enfin, aujourd'hui, on fait plus de 12 enfants quand même. Donc, si il n'y en a que deux, tu vois, c'est quand même... Et donc, ouais, j'ai eu une sorte de tsunami intérieur, mais que j'ai mis du temps à écouter. Parce que j'avais... tellement eu envie de faire ce métier et c'était tellement un but ultime que je ne pouvais pas l'arrêter en fait. Et puis en même temps, à l'intérieur de moi et ma tête et mon cœur me disent « Ah non, mais t'es pas du tout au bon endroit en fait. » Et donc, j'avais cette dissonance jusqu'à un moment où il y a eu une forme d'évidence où je me suis dit « Les rêves évoluent. J'ai réussi en fait à faire ce que je voulais faire. Et bien là, il est temps de changer. »
- Speaker #0
Et donc là, tu décides deux projets finalement. Ouais, déjà un, tu sors les conquérantes. Oui, c'était toi la conquérante à 15 ans, quand t'as accompagné ton père, c'était toi, puis ensuite tu l'as prouvé. Mais t'as voulu en faire un livre pour mettre à l'honneur d'autres femmes. Ça, c'est un premier projet. Et puis le deuxième, Tous Wander, les deux sont hyper liés.
- Speaker #1
Les deux sont liés. En fait, le premier projet, en effet, c'est ce livre qui arrive parce que je me dis, j'ai plein de sauts d'obstacles, mais toutes les femmes ont des sauts d'obstacles. Et comment elles font les autres, en fait ? Parce qu'en fait, on a les mêmes sauts d'obstacles. C'est le syndrome de l'imposteur. Le rapport au corps, la maternité, entreprendre, lever des fonds face à des maguies qui ne te regardent pas. Enfin bon, bref. Et en fait, je me suis dit, mais OK, on vit toutes le même truc. En bonne journaliste, je n'ai pas eu envie de me raconter moi. J'ai eu envie de questionner les autres. Et donc, j'ai écrit ce livre avec une copine qui a une histoire un peu similaire à BFM TV. Elle a fait 15 ans de politique. Et je lui ai dit, mais viens, on fait un truc et on va donner la parole aux femmes. Et donc, c'est ce qu'on a fait. On a fait 31 portraits de femmes. qui parlent de leur vie professionnelle avec différentes thématiques. On a vraiment anglais, c'est-à-dire qu'on pourrait toutes parler de plein de choses, mais on a vraiment anglais. Et elles sont connues. Il y en a certaines que vous ne connaissez pas, mais que vous allez découvrir. Mais il y a Elbron Pivet qui dirige l'Assemblée, Alexia Laroche-Hubert qui est la papesse du divertissement, Zaya Ziwani qui est le chef d'orchestre, Nina Métellier qui est pâtissière, etc. Et j'ai adoré mener ces entretiens, j'ai adoré passer une heure avec chacune de ces femmes. À la fois, je me suis dit à chaque fois, mais c'est une... thérapie de groupe. C'est extraordinaire. Je suis sortie super boostée à chaque fois parce que elles m'ont toutes raconté un truc qui m'a nourrie. Donc j'ai trouvé que c'était un cadeau qu'elles m'avaient fait, tu vois. Et le titre provisoire du livre, c'était Wonder Woman. Pour des raisons évidentes de droit, on l'a appelé les conquérantes. Néanmoins, j'aimais bien ce côté wonder et qui faisait écho à un truc aussi que j'avais au fond de moi. Parfois, quand je stresse à l'antenne... qui a 5 millions de gens, je ne le vis plus au quotidien parce que j'ai décidé de ne plus le vivre, je pensais à Beyoncé. Beyoncé, c'est mon petit secret. Juste avant l'antenne, juste avant un générique, je me dis, je suis Beyoncé, tu vois ? Et elle est Wonder. Et donc Wonder Woman, et je me suis dit, ok, ce n'est pas que les femmes, on est tous merveilleux, on a tous un punch, on a tous une énergie, une histoire à raconter. Et de là est né ce podcast, Tous Wonder, où j'ai à cœur de donner la parole aux gens qui sont connus et anonymes. et qui ont des histoires extraordinaires, au sens littéral du terme, quoi. Extraordinaires.
- Speaker #0
Alors justement, quelle est la différence entre interviewer pour un journal télévisé et interviewer pour un podcast ?
- Speaker #1
C'est hyper différent. En fait, pour un journal télé, tu es dans une posture, déjà même physique, tu te tiens complètement différemment. En fait, sur un journal télé, pour que tu comprennes, tu joues à CNN. Tu vois le truc ? Merci. Moi qui voulais être comédienne, c'est de la comédie. Et dans un podcast, en fait, tais-toi.
- Speaker #0
C'est l'authenticité pure.
- Speaker #1
C'est l'authenticité... Tu peux dire des mots familiers, tu peux bafouiller, c'est pas grave.
- Speaker #0
Parce que mignon.
- Speaker #1
Ouais, parfois je losote. Ouais, c'est pas grave, tu vois.
- Speaker #0
Moi, je bafouille.
- Speaker #1
C'est ainsi. C'est comme ça. Et en fait, c'est beaucoup plus sympa. Et en réalité, quand je co-présentais l'émission sur LCI et qu'on parlait de guerre, de géopolitique, d'Ukraine, de Russie, de Trump, de Chine. Donc, sur ce fameux retour, moi qui suis une gentille empathique, je regardais les mecs pour les encourager en souriant. Parce que parfois, ils stressaient les généraux. Bah, c'est des généraux, mais ils stressent quand même. Bien sûr, ils sont pas... Tu vois. je me disais, non mais attends, CNN tu vois, et en fait j'avais l'impression de jouer un rôle et de pas être moi-même.
- Speaker #0
Donc là maintenant podcast podcast,
- Speaker #1
bonheur total parce que du coup je rencontre que des gens qui m'intéressent c'est quand même beaucoup de boulot,
- Speaker #0
faut rappeler j'ai rien que tu racontes non mais l'envers du décor, parce que pareil moi je t'interview pour que tu racontes,
- Speaker #1
vas-y podcast c'est extrêmement difficile, le modèle économique est extrêmement difficile parce que pour faire un truc de qualité évidemment on n'est pas tout seul on est accompagné de gens dans la pièce là qu'on ne voit pas mais Merci.
- Speaker #0
On remercie d'ailleurs.
- Speaker #1
On remercie. On n'est pas que toutes les deux. Il y a des gens qui nous aident à filmer, qui nous aident à monter, qui vont nous conseiller, qui vont nous aider à faire des petits extraits. Il faut les programmer. Moi, quand j'ai découvert cet univers, je me suis rendu compte que je devais tous les matins faire un poste. Je me suis dit, je suis Kim Kardashian là. Je passe de CNN à Kim Kardashian. C'est quoi cette histoire ?
- Speaker #0
On ne se rend pas compte.
- Speaker #1
On ne se rend pas compte.
- Speaker #0
De à quel point c'est du boulot.
- Speaker #1
Hyper chronophage. C'est hyper chronophage.
- Speaker #0
Et en même temps, c'est fascinant.
- Speaker #1
Et en même temps, c'est fascinant. Et en même temps, ce qui est gratifiant, c'est que tu rencontres des gens extraordinaires. J'y reviens. Mais c'est vrai que c'est beaucoup de travail et le modèle économique n'est pas évident. C'est vrai.
- Speaker #0
C'est sûr. De toute manière, toujours beaucoup de travail. Nous, chez Sao Fisang, on aime bien quand même travailler.
- Speaker #1
Moi, je suis une bosseuse.
- Speaker #0
Passionnée, travailler, c'est quand même avec beaucoup de passion. Et puis, il faut suivre ses rêves. Beaucoup de nos invités le disent aussi. Tout est possible et rien n'est impossible. On entend des phrases toute la journée. Je vais te poser quelques questions sur justement ton background de spécialiste journaliste pour que tu puisses nous donner quelques conseils, à commencer par moi pour pouvoir rédactionner. Alors, tu travailles avec la parole, mais parfois la parole peut être très dangereuse. Existe-t-il des vérités que l'on paie cher ? Oui.
- Speaker #1
Je dirais que dans le monde de l'entreprise, quand on est une femme... parfois il y a des vérités qu'il faut, j'ai envie de dire, pas dire, mais c'est pas vrai en fait. Il faut les dire, mais on peut être puni. Il faut savoir qu'on peut être puni et qu'on peut déranger. Et que souvent il y a certaines phrases qui, sorties dans la bouche d'un mec, on dit « mais attends, il est hyper ambitieux, il a raison » . Et sorties dans la bouche d'une femme, on dit « mais elle est compliquée, elle est hystérique, elle est tout ça » . Donc, oui.
- Speaker #0
Et est-ce que tu as eu, donc pas forcément que des femmes, mais est-ce que tu as eu des gens au micro qui ont dit des choses et ils l'ont payé très cher ?
- Speaker #1
Alors, je ne suis pas une méchante. J'ai toujours fait attention de mettre les gens en valeur. Dans les reportages que j'ai faits, oui, on m'a dit beaucoup de trucs, parfois un peu choquants ou qui ne se disent pas, que je n'ai pas monté si bien pour ne pas mettre les gens en difficulté.
- Speaker #0
On parle beaucoup de résilience. Et moi, chez Serreux Puissants, j'aime beaucoup parler de foi, de foi de manière générale. Moi, je ne m'en cache pas, je suis de religion. Enfin voilà, j'ai été éduquée dans la foi catholique, mais je suis très curieuse de d'autres religions. Est-ce que tu crois qu'on peut parler de foi au micro ? Est-ce que tu sais t'autoriser ? Quelle est ta position là-dessus ? Parce que moi, pour le coup, personnellement, ça m'intéresse de savoir qu'est-ce qu'on a le droit de dire et qu'on n'a pas le droit de dire.
- Speaker #1
Moi, j'ai une foi qui est extrêmement développée. Je dirais même une spiritualité qui est extrêmement développée depuis l'enfance. Je suis catholique, mais il se trouve que je descends, enfin je viens de pasteur protestant et que j'ai épousé un homme qui est fils de pasteur protestant. Donc, tu vois, j'ai fait une sorte de psychologie transgénérationnelle que j'assume. Donc, c'est pour ça que je parle de spiritualité, parce que je crois que j'ai un mélange de religions aussi. Du côté de mon papa, ils étaient d'origine juive. Mon père était né en 1937, donc pendant la guerre. Mon nom de famille, Maier, est un nom de famille juive, donc il fallait le cacher. Donc de ce côté-là, en tout cas, la foi, la spiritualité, elle est complètement mise de côté. Pour te répondre, oui, je pense qu'on peut en parler au micro, même si c'est quand même dans la sphère de l'intime. Dans mon cas, cette foi et cette spiritualité, elles m'accompagnent tous les jours et depuis des années. Je fais beaucoup de prières. Je remercie énormément parce que je trouve que, OK, on peut demander, mais il faut aussi remercier. Donc tu as le droit de dire, s'il vous plaît, aidez-moi à trouver un sponsor pour mon podcast parce que le modèle économique est compliqué. Néanmoins, il faut dire merci infiniment de m'avoir permis de réaliser mes rêves et d'avoir la vie dont je rêvais là, aujourd'hui, à 40-41 ans. Donc, on peut en parler.
- Speaker #0
On peut parler de spiritualité en étant journaliste. Ce n'est pas un no-go.
- Speaker #1
On peut en parler dans un podcast. On ne peut pas en parler à l'antenne. Non, tu ne peux pas. Est-ce que tu n'es pas censé donner ton avis ? Tu es censé être un vecteur, transmettre.
- Speaker #0
Dans les médias, on parle aussi beaucoup de neutralité. Tu venais de le dire, d'objectivité. Est-ce que tu y crois encore à la neutralité ?
- Speaker #1
Oui, franchement, oui. Tu n'es pas un bon journaliste quand tu n'es pas neutre. Tu es obligé d'être neutre. Alors évidemment, tu as des opinions. Tu es un humain qui est éduqué, donc tu as forcément des opinions. Mais c'est extrêmement important de donner la parole à tout le monde et de rester neutre, tant en termes de politique, tant... Il y a aussi des gens qui font de la police-justice, tu vois, tu peux rencontrer des gens. Moi, il m'est arrivé de serrer la main d'un mec qui était un salak... Ouais, non, pas un salak, un... quelqu'un qui est un tueur. Résumé, quoi. Je me suis dit, mais attends, je lui serre la main, ça, d'un coup, il a tué des gens avec cette main-là. Mais en fait, non, pour rester neutre, en fait. Bien sûr que j'ai mon opinion et face à quelqu'un qui... à peut-être tuer quelqu'un d'autre. Comme tu l'as dit,
- Speaker #0
c'est un jeu de rôle.
- Speaker #1
C'est un jeu de rôle et t'es obligée. Il faut que tout le monde puisse avoir la parole et ton rôle, c'est de transmettre l'information. Donc c'est important.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une interview que tu regrettes ?
- Speaker #1
Non, parce que tout le monde peut parler.
- Speaker #0
Bien répondu. Et alors ensuite, maintenant, est-ce que si tu avais quelques recommandations à partager de manière générale sur la prise de parole, l'audace, les vérités ?
- Speaker #1
Écoute, sur la prise de parole, j'ai envie de dire, lancez-vous. En fait, j'ai vu tellement de gens stressés. Et c'est aussi pour ça que je suis contente aujourd'hui de prendre le temps et de recevoir les gens. À chaque fois, les gens, parce qu'il faut quand même comprendre, quand je travaillais à TF1 ou France 2, t'arrives pour le JT, parfois le 20h. Tu t'imagines, c'est le Graal. Imagine-toi un entrepreneur, t'as été appelé à 17h. On te dit, on déboule dans 40 minutes. OK ? Là, t'as... Le 20h de TF1 qui déboule, t'as un peu les chocottes, tu vois. Sauf que moi, 20h de TF1, il est déjà 17h. Donc en fait, je vais passer 10 minutes pour que tu dises un truc bien et je m'en vais. Et j'avais un peu l'impression de torturer les gens. Et pour ne pas les torturer, comme je suis une empathique née, j'étais hyper gentille et vraiment, je les aidais. Je faisais même du coaching, de prise de parole, tu vois. Et les gens me disaient, mais merci, mais vous m'étiez tellement à l'aise, tu vois. Merci, merci. En fait, lancez-vous, c'est pas grave. Vous tomberez toujours sur quelqu'un de bienveillant un jour qui va vous aider. il y en a qui sont faits pour ça, d'autres pas, et ce n'est pas grave. On a tous plein de qualités. Il y en a qui sont des bons orateurs, d'autres moins. Tant pis. Si vous avez un message à passer, allez-y. C'est tout.
- Speaker #0
Merveilleux conseil. Écoute, Alexia, on était ravies de te recevoir. Merci à toi. On va suivre évidemment toutes tes aventures. J'espère te recevoir à nouveau. Merci pour ces... On a quand même pas mal parlé de sujets divers et variés, tes confidences, et grâce à toi, on découvre un peu les coulisses du journalisme, du podcast.
- Speaker #1
Oui ! et du podcast. En tout cas, merci à toi. J'étais ravie de te recevoir et merci de ton invitation parce que je ne parle jamais de moi. Oui,
- Speaker #0
j'étais en train de le dire.
- Speaker #1
Pour moi, c'est un moment unique.
- Speaker #0
Je vous attend. Merci pour tes confidences. Si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes. Soutenir Cerveau Puissant et suivre toutes les actualités, les échanges à venir et les contenus que je prépare pour continuer à nourrir ce qui fait vraiment la différence.