- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent, un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des peurs qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité, une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Et j'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Aujourd'hui, je reçois une femme au parcours rare, une femme qui a connu très jeune une exposition médiatique fulgurante et qui a dû apprendre, presque du jour au lendemain, à vivre avec le regard des autres, avec le jugement, avec les étiquettes et avec tout ce que la société peut projeter sur une femme quand elle sort des caisses. Clara Morgan s'est fait connaître au début des années 2000 dans un contexte qui l'a immédiatement propulsée sous les projecteurs. Une notoriété aussi rapide que brutale. qui l'a installée dans une image très forte, parfois réductrice, parfois difficile à porter, et dont beaucoup auraient eu du mal à détacher. Mais ce qui rend son parcours particulièrement intéressant, c'est justement ce qui s'est passé après. Au lieu de disparaître, au lieu de subir, elle a choisi de se reconstruire, de se réinventer, de reprendre le contrôle de sa trajectoire. Au fil des années, elle a mené plusieurs vies en une seule. Animatrice, chanteuse... Meneuse de revues, productrice de spectacles, entrepreneuse, elle a construit une carrière sur la durée, avec une constance et une discipline, ce qu'on ne soupçonne pas toujours derrière une image de l'amour. Elle a aussi fait le choix de l'indépendance, en produisant ses propres projets, en maîtrisant son image, en refusant de se laisser définir uniquement par son passé. Et cela demande une force intérieure immense, parce que le regard du public, lui, met souvent beaucoup de temps à évoluer, beaucoup plus que la personne elle-même. Son parcours... relève des questions très profondes. Comment se reconstruire quand on a été enfermé dans une image ? Comment continuer à avancer quand le jugement colle à la peau ? Comment vieillir quand on a été associé très tôt au désir ? D'ailleurs, le personnage public, il y a une femme qui a traversé des moments de doute, des périodes de solitude, des remises en question, et qui a dû trouver en elle la force de continuer, sans toujours pouvoir compter sur la compréhension des autres. Aujourd'hui, plus de 20 ans après ses débuts, Clara Morgan a... incarne une forme de résilience très particulière, silencieuse, lucide, construite dans le temps et qui interroge profondément notre rapport au regard, à la réputation, à la liberté et à l'identité. Clara Morgan, merci d'être avec nous chez Cerveau Puissant.
- Speaker #1
Écoutez, je suis ravie, j'ai apprécié d'être au bon endroit.
- Speaker #0
Exactement, nous aussi on est ravis de te recevoir aujourd'hui. Alors chez Cerveau Puissant, on commence toujours de la même manière, on aime poser à nos invités... La question, est-ce que tu as une citation, un mantra qui t'a toujours guidée, qui te définit aujourd'hui ?
- Speaker #1
Elle ne savait pas que c'était impossible, alors elle l'a fait. Je sais que c'est au masculin d'habitude. On attribue cette citation à Mark Twain, mais en réalité, j'ai l'impression qu'il y a plusieurs auteurs. Alors, j'ai eu envie de féminiser tout ça pour me sentir directement visée. Et c'est vrai, je pense que si j'avais su l'ampleur de... de la tâche que je m'apprêtais à accomplir. Peut-être que je n'aurais pas eu cette vie, mais l'inconscience et l'espoir, c'est vrai, créent des rêves qui sont au-dessus de nous. Et on passe parfois des vies à vouloir les atteindre. Et cette citation m'a beaucoup portée. Oui, je ne savais pas que c'était impossible, alors je l'ai fait.
- Speaker #0
Merveilleux. Et c'est vrai que ça te définit extrêmement bien. C'est ce que je disais tout à l'heure, tu es une femme très audacieuse. Surprenante parce qu'on a l'impression que pour toi, rien n'est impossible.
- Speaker #1
Mais c'est ça l'été. Et je pense que maintenant que je suis dans la spiritualité, beaucoup plus que... On en parlera tout au long, mais c'est vrai que j'ai beaucoup avancé, comme nous tous. Je me rends compte que c'est la naïveté qui crée l'espoir d'absolu et de sommet. Donc dans cette... énergie de croyance pure, parce que nous, on en est persuadés, on sait que pour nous, c'est déjà fait. Et j'ai appris bien plus tard, avec des chamanes, etc., que ce qui voulait faire venir la pluie, l'imaginer dégouliner sur eux était déjà dans l'instant de pluie. Et en créant une vérité, on force l'univers à intégrer cette vérité et en faire une absolue. de vérité. Mais je l'ai fait en inconscience. Maintenant, je sais que c'était la seule façon de faire.
- Speaker #0
Oui, et que chacun des moments de ta vie, en fait, font la femme que tu es aujourd'hui.
- Speaker #1
Ah oui, bon, ça c'est vrai pour tout le monde. Pour tout le monde, je pense, oui.
- Speaker #0
Comment, on peut faire un petit regard en arrière, comment est-ce que tu pourrais résumer ton parcours de vie jusqu'à aujourd'hui ?
- Speaker #1
Vous tombez extrêmement bien, je suis en train d'écrire ma biographie. Là, elle est bien. Et du coup, je suis plongée là-dedans. Je n'avais pas tellement envie avant de replonger encore dans l'enfance, parce que je l'ai fait beaucoup personnellement pour ma psychanalyse, donc il a fallu que j'avance pas mal pour rendre les choses disibles et publiques, et j'en suis là. Le parcours d'une enfant qui ne voulait pas être mise dans une case, ne voulait pas être enfermée. Sans avoir une claustrophobie diagnostiquée, je me suis très vite rendue compte que j'allais devenir folle dans une vie monotone et que je n'étais pas faite pour une vie classique de métro, boulot, dodo. Et ça m'a rendue très en colère au tout début parce que je n'avais pas de solution. Et puis cette colère m'a portée, je pense... à un niveau de non-acceptation qui m'a fait tout transgresser.
- Speaker #0
Donc, en fait, tu voulais tellement être différente des autres que tu as été prendre effectivement...
- Speaker #1
J'étais. En tout cas, je me sentais très différente des autres. Mais c'est surtout que je ne voulais pas une vie classique. Moi, j'ai fait un BTS Action Co. Et la plupart des gens qui font ça, en général, se retrouvent dans les métiers de la banque, derrière les comptoirs, etc. J'ai eu... Deux, trois expériences de job, de mini-boulot, tu vois. Je me rappelle, je travaillais dans une boutique de fringues parce que je voulais être indépendante financièrement à mes 14 ans. On voit plus ça aujourd'hui, c'est totalement illégal. Mais je me disais, allez,
- Speaker #0
il y avait des... J'étais comme quoi ? Je faisais des petits boulots.
- Speaker #1
Avant, ça passait. Bon, écoute. Et du coup, mais quel bonheur. Il faut faire travailler les ados. Parce que moi, personnellement, j'ai eu des révélations. J'étais dans cette boutique et je commençais à détester les gens. simplement parce qu'ils marchaient libres dans la rue et que moi j'étais enfermée. Et je me suis dit, mais cette posture, tu ne peux pas l'avoir dans ta vie parce que tu vas devenir... En fait, j'ai eu une projection de meuf méchante, quoi. Parce que, pas à sa place. Et je pense qu'effectivement, les humains, quand on n'est pas à notre place, on peut noircir. Et parfois, on ne comprend pas, on dit, les gens ne sont pas agréables, à Paris, ils ne sourient pas. Ben oui, parce qu'ils sont dans une fausse vie. Ils sont dans une vie dans laquelle on les a placés. Ils sont dans des cases, ils ont répondu à une demande. Et quand on ne répond pas à cette demande, on paraît quelqu'un d'extravagant, pour la plus minime des insultes, à quelqu'un de complètement dingue. C'est plus facile pour tous ceux qui ont suivi les règles de se mettre à détester ceux qui ne les suivent pas.
- Speaker #0
Donc toi, les règles, tu les as ? Suivi à ta manière et pas suivi de manière conventionnelle, si on peut dire ça comme ça. Donc tu as, on l'a dit, une exposition fulgurante, très jeune. Tu es quand même propulsée, je pense que peu de gens en France ne te connaissent pas, ou n'ont pas déjà entendu ton nom. Et finalement, c'est une carrière, donc tu es très vite exposée, mais ça ne dure pas si longtemps que ça, finalement, ta première exposition médiatique.
- Speaker #1
Alors, moi je n'ai jamais cessé d'être dans les médias. Et c'est en ça qu'à 40 ans, j'ai fait un beau burn-out parce que l'ego nous mène toujours plus loin dans l'acquisition de richesses, dans l'acquisition de puissance, de pouvoir. C'est une fuite en avant, on peut ne jamais s'arrêter. Et merci aux événements qui arrivent dans la vie et qui nous stoppent physiquement parce que mentalement, on n'a pas trop de limites. Mais si tu parles de la période qui est uniquement liée à celle de la pornographie... Ça a été de mes 19 à mes 20 ans. Mais par contre, je n'ai jamais été aussi exposée qu'après finalement. Parce que les gens ne se rendent pas tellement compte, mais ce n'est pas tellement dans les films que j'ai été connue. C'est par la médiatisation puisque même avant de tourner, j'avais tourné à 19 ans, mais mon film n'était pas sorti. J'étais déjà nominée Starlet ou Outdoor. Ce qui a fait qu'en fait, ça a créé... créer l'effervescence parce qu'à l'époque, les hautes d'or, je suis tombée aussi dans une époque où en fait, ce qui s'est passé, c'est que les hautes d'or à Cannes... Et ce faisait en même temps que le festival. Et ça, ça a vécu en parallèle pendant quelques années avant moi. Et l'année où je suis arrivée, ça a explosé parce que le festival officiel a voulu interdire les hautes d'or. Du coup, ils ont fait en sorte que la salle des remises de prix soit fermée. Et les gens du milieu du X ont défilé sur la croisette avec la statue. Bon bref, un énorme événement auquel j'ai participé.
- Speaker #0
Tu as un énorme peur. Oui,
- Speaker #1
mais attendez pas. Du coup, ils ont cherché à mettre en avant des personnalités. Et moi, je venais d'arriver, et c'est comme ça que je me suis retrouvée à faire la couvre de VSD, un magazine traditionnel, je le rappelle, alors que mon film n'était même pas sorti. Car moi, je me suis retrouvée dans une époque où je passais bien, parce que j'étais une petite blonde de 19 ans qui avait l'air de s'être perdue, qui tournait qu'avec son mec en plus, au milieu de fils, c'est vrai, assez modifiée physiquement. Et je pense qu'on s'est servi de moi, et du coup je me suis servi aussi de toute cette mouvance. Donc tu sais, c'est toujours la même chose d'être au bon endroit au bon moment. Ça s'est fait comme ça pour moi.
- Speaker #0
Est-ce qu'à un moment, tu as souffert de ce regard des autres, où justement en fait tu n'étais devenue plus qu'une petite partie de toi et pas l'intégralité ? Ou est-ce que pour le coup...
- Speaker #1
Là ça a été bien plus tard. Dans la réalité, j'ai vécu de mes 20 ans à mes 30 ans. Dans une espèce de course à la reconnaissance, en fait je me suis suicidée socialement à 19 ans, c'est comme ça que je l'appelle un suicide social, clairement.
- Speaker #0
Pour remettre mon suite.
- Speaker #1
Oui, et après j'ai mis 10 ans à me reconstruire publiquement, à vouloir prouver que j'étais intelligente, à vouloir prouver que je n'étais pas qu'un corps, à prouver, à prouver, à prouver, et ça, en fait c'était infini. parce que Les gens pensent ce qu'ils veulent, tu ne peux pas persuader un pays entier. Et j'ai cru que oui. J'ai cru qu'à force de faire des médias, à force de m'exprimer, je pourrais persuader la terre entière de m'aimer. Et évidemment, c'était un combat perdu d'avance dans lequel je me suis épuisée. Et ensuite, évidemment, il y a eu d'autres périodes. Mais pendant dix ans, je n'ai rien vu de tout ça. Je voulais juste, au contraire cette fois-ci, cocher toutes les cases pour être acceptée. Après les avoir toutes décochées.
- Speaker #0
Et donc, c'est marrant parce que 10 ans, ça correspond aussi, si je ne dis pas de décision, à ta fille à 10 ans.
- Speaker #1
À peu près, oui. Oui, carrément.
- Speaker #0
Et donc, pendant 10 ans, tu cours après les médias. L'amour. L'amour, la visibilité. Et puis, tu l'as déjà évoqué, à un moment, ton corps te freine, ton âme te freine.
- Speaker #1
Oui, tout s'arrête.
- Speaker #0
Et là, tu fais ce que toi tu dis, un burn-out.
- Speaker #1
Oui, ça a changé ma vie. Et en fait, ce qui s'est passé, étonnamment, c'est que ça s'est passé pendant le Covid. C'est-à-dire qu'au moment où la vie nous a tous arrêtés, eh bien, mon corps a arrêté aussi. Mais dans un truc, il y avait quelque chose, avant que ce soit physique, de l'ordre de la déception intersidérale, parce que je me suis rendu compte que tout ce que j'avais créé, ma marque, Clara, n'était que du vent. n'existait absolument pas. J'avais créé un personnage qui m'était totalement inutile dans une ère comme le Covid où je ne pouvais plus exister, je ne pouvais plus être en représentation. Tout ce qui était physique était inexistant. Donc en fait, je me suis retrouvée avec moi-même. Et c'est la première fois que je me suis re-regardée et que je me suis demandé où en était Emmanuel. Et là, la réponse a été dure. A été dure.
- Speaker #0
Alors,
- Speaker #1
c'est drôle parce qu'elle n'était plus rien.
- Speaker #0
Toi, tu as le sentiment de dire, parce qu'en fait, justement, pendant le Covid, en tout cas, c'est quand même un moment où il y a plein de couples qui ont été confinés, qui ont dû se retrouver, qui ont trouvé borsé, divorcé. Non, mais retrouver la sexualité.
- Speaker #1
Il y a eu des grandes... Il y a eu des grandes bouleverses.
- Speaker #0
Moi, justement, la figure féminine de liberté que tu es avait, pour moi, à mon sens, en tout cas, une place à prendre sur les couples, le corps. Non mais la tendresse, tous ces choses aussi que tu évoques. Tout ça,
- Speaker #1
je le voyais. Mais le problème, c'est que j'étais trop débordée. Donc je faisais tout. Parce que je ne savais pas dire non. Dès qu'il y avait un projet sexy, j'y allais. Même moi, j'avais trop d'idées. En fait, le problème, c'est que je suis une machine un peu à idées. Je suis hyperactive. Ça me réveille la nuit. Il faut que j'écris. J'écris tout en spectacle avec ces idées du féminisme. Je faisais. Mais le problème, c'est que je me dispersais parce que mon égo avait vraiment besoin d'être nourri. Et quand tout s'arrête... Et bien tout qui revient à sa place. Ce qui est futile, ça saute aux yeux. Et ce qui est essentiel reprend sa place. Donc je me suis réoccupée de ma famille. J'ai pu constater mes propres colères. J'ai pu constater certaines choses qui m'avaient beaucoup abîmée. J'ai fait à manger. J'ai fait un potager. Je me suis mise à refaire du sport, pas pour... exposer, mais plus de yoga pour me reconnecter. Je n'étais pas ancrée du tout. Mais ça, ça a été après la grosse prise de conscience que j'appelle un burn-out, parce que je ne voulais pas rester au fond. Donc, il a fallu que je trouve des choses pour remonter. Et ça a été énormément de lecture, énormément d'apprentissage. Mon mari, je lui fais peur parce que j'enchaînais Jung, la géométrie sacrée. Les trucs, si je te parle de la spiritualité bien sûr, avec l'Ayurveda, le Tantra, mon mari m'a dit tu vas où avec tout ça parce que je ne sais pas comment tu fais, les informations elles sont diverses et ça ne vient pas du même endroit. Et en fait, j'en suis rendu compte qu'il y avait un truc magique, il y avait vraiment besoin d'apprendre et de nourriture spirituelle et intellectuelle. Et en fait, à force, je me suis rendu compte que le cerveau était bien fait parce que... Ça fait un nettoyage naturel, c'est-à-dire que ça prend dans toutes les cultures que ce qui a du sens pour toi. Et en fait, à un moment, tu as un big bang cérébral. C'est-à-dire que Jung va connecter avec le tantra, le tantra va connecter avec le tai-chi, avec la bio-énergie, avec les chakras, avec le yoga. Et d'un coup, tu as un truc où tout s'aligne. Je ne m'avancerai pas sur les éveils personnels, parce que c'est très difficile, je trouve, de définir l'éveil. Chacun a sa façon de le définir et en plus, je pense qu'il n'y a pas qu'un éveil personnel, il y en a beaucoup, il y a des steps. Et en tout cas, mon éveil a été suite à ce burn-out qui m'a demandé de la nourriture intellectuelle et spirituelle surtout. Et au bout d'une année, un peu plus, j'ai vécu mon propre Big Bang et j'ai mis à changer les choses dans la matière. Mais dans la matière, tout prend beaucoup plus de temps.
- Speaker #0
Bien sûr. Mais écoute, ça se voit en tout cas que... Non, c'est vrai. Dans ton énergie et dans la manière dont tu t'exprimes qu'un gros travail a été fait. Donc, bravo. C'est très insatiable.
- Speaker #1
Ça se voit. Mais en tout cas, oui. Oui, la quarantaine nous aide beaucoup. Oui, bien. Moi, je trouve. Je suis content d'acheter mes sanctuaires aussi bien que depuis ma quarantaine. Et c'est ce travail qui a commencé là. J'ai 45 ans et je n'ai pas de problème avec ça. Alors qu'à 30 ans, j'en avais peur.
- Speaker #0
Alors, on va revenir sur un point qui m'intéresse personnellement, le tantra. Le tantra est extrêmement méconnu des gens. Moi, je l'ai connu via Osho quand j'avais 20 ans. Parce que la phase que toi, tu as eu à 30 ans, moi, je l'ai eu à 20 ans. Pareil, j'étais un peu en boulimie de quête spirituelle où je touchais un peu à tout. J'ai appuyé sur plein de boutons et puis tu as raison, ça naturellement ça s'annule. Et en fait le tantra là-bas, est-ce que tu peux bien expliquer aux gens ce que c'est ? Parce que ça n'est pas que de la sexualité, c'est de la sensualité, c'est du ressenti.
- Speaker #1
Pour moi c'est au contraire presque l'antisexualité.
- Speaker #0
Parce que les gens pensent ?
- Speaker #1
Oui je sais mais moi je ne suis pas une spécialiste. Chacun a son parcours et moi je vis un parcours personnel avec le tantra et mon mari. On avait besoin à un moment dans nos vies de désaxer la sexualité, parce que la routine, etc., j'ai un vrai conflit intérieur avec ça, et j'ai découvert de moi que j'étais quand même dopée à l'intensité, que j'avais utilisé énormément la partie ventrale de mon système nerveux, de mon air vague, en activant toujours la partie sympathique, c'est-à-dire l'action. Dans tout ce qui est asiatique, le Tao, etc., on parle de la part yang, qui est le faire, le succès, l'action, le challenge. J'étais que là-dedans. C'est vrai que quand on tombe après un burn-out, on se rend compte du déséquilibre. Et moi, je me suis rendue compte que mon yin était totalement maltraité. C'est-à-dire, évidemment, toute la partie dorsale du nerve agale. La méditation, la discussion, la sororité, l'entraide, le repos et tout ce qui en découle, la partie lunaire de notre personnalité. Et du coup, je me suis dit que si je ne la nourrissais pas, j'allais droit vers un cancer. Quelque chose de grave, c'était sûr. C'était comme une certitude. Et ça a été un besoin viscéral. Pendant quatre ans, j'ai énormément pleuré, parce que je n'ai pas pleuré pendant dix ans. J'étais une machine de guerre. Et du coup, quand tout se retourne, c'est douloureux, parce que c'est violent. Tu passes d'un extrême à l'autre. Et du coup, en nourrissant mon yin, je me suis apporté ma propre sensualité. C'est-à-dire, pour moi, la sensualité... C'est pas que c'est pas la sexualité, ça n'a rien à voir, c'est deux mondes. Et j'étais pas sensuelle avec moi-même. La sensualité ne peut pas être une démonstration, tu vois, et pourtant j'étais là-dedans. Et je suis redevenue sensuelle, aimante, avec moi-même, en m'apportant douceur, amour et respect, notamment par la nourriture, on peut pas manger tout ce qui traîne, ça c'est du respect envers soi, on n'est pas de poubelle. Et oui, mais bon, on n'apprend pas ça. On nous apprend à finir les restes, à se tenir bien à table, ça reste ce qui est le plus important. Pas du tout. C'est très long parce qu'il faut redécouvrir tout. La façon de se traiter, de s'alimenter, de s'aimer.
- Speaker #0
C'est 4 ans pour moi.
- Speaker #1
Et le tantra est arrivé à un moment où j'avais besoin de me connecter autrement à mon mari. Et on l'a fait un peu pour rigoler. Sauf qu'on n'a pas rigolé longtemps. Parce que la p... puissance du tantra et monumental et puis surtout ça vous amène ailleurs. Et vous faites plus l'amour physique, vous faites l'amour énergétiquement. Et je sais que je vais passer pour une dingue, j'en ai rien à faire. On peut jouir de plein d'endroits. Du genou, du dos, du cœur, du ventre. Il y a des choses qui sont incroyables parce qu'en fait, on ne nous apprend rien de tout ça. Mais il y a des endroits de notre corps.
- Speaker #0
Tant même les stucs.
- Speaker #1
Oui, en plus. Alors, vraiment, on est dans le massage. On est dans le toucher avec mon mari. Le massage tantrique, je sais qu'il y en a qui font ça sans se toucher. Nous, on aime bien le massage. Alors attention, ce qui est fou, c'est que quand je me fais assez masser, en Thaïlande, je me fais beaucoup masser. C'est très profond. Tu sais, ils font des points de tension forts. J'aime beaucoup ça. Mais alors là, j'ai découvert... L'effleurement. Et un effleurement peut te faire pleurer et te faire plus mal que si on appuie fort sur un point tantrique, un point qui regrouperait plusieurs connexions nerveuses. Et en fait, partout dans le corps, on a des points, dans le mollet, dans le genou, sous le bras, enfin bref, qui abritent nos traumas. Et en fait, même pas en appuyant dessus, en effleurant par exemple. Avec certains touchés, je me suis rendue compte qu'on pouvait faire ce qu'on appelle des régressions. Mais tout ça, je ne l'avais pas appris. Je l'ai vécu et je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Et donc, dans des actes, on va dire, de détente, de partage, qui ne sont pas de la sexualité, qui sont au-delà, en fait, il y a des émotions d'enfant qui ressurgissent et tu ne sais pas ce que c'est. Donc, tu pleures, tu as une tristesse d'un coup absolu. Et puis, joie ! Rire absolu. Et puis, tristesse. Et puis, colère. À taper sur le lit, à ta concon. Alors, moi, personnellement, je me suis dit, j'ai pété un plan. Là, je suis allée dans un endroit que je ne maîtrise pas du tout. Et puis, j'ai apprivoisé ça. On a apprivoisé ça avec mon mari. On a essayé de comprendre, etc. Ça s'appelle des régressions. Et c'est toutes les émotions d'enfants qui sont restées dans le corps et qui sont bloquées. Alors il y a des gens qui vont se mettre à avoir des spasmes quand ils se détendent, il y en a d'autres qui vont agir autrement, il y a des grandes catégories et des façons différentes d'évacuer ça, mais c'est pas quelque chose de facile, c'est un vrai chemin. Et en tout cas, le tantra, on va dire, m'a révélé de grandes vérités sur moi. Et en tout cas, les jouissances ne naissent pas forcément. Là où on croit et là où c'est facile, il y a des choses grâce au tantra de redécouverte et je ne pourrais pas l'expliquer autrement que de dire le tantra n'est pas de la sexualité. Si je devais choisir un mot, ce serait l'attention. Ok, deux mots, ce serait attention et intention. Ces choses qu'on ne se donne pas forcément dans la sexualité. Dans la sexualité, tu vas chercher à acquérir, surtout quand tu n'aimes pas. forcément, l'autre est un objet. Donc, tu vas chercher la jouissance personnelle. Et puis, quand tu aimes, donc tu es dans une relation plus filia, Il y a les trois steps dans l'amour. Filia, ça dépasse Eros. Eros, c'est je prends, je prends. Filia, c'est je prends, mais je donne. Et quand tu entres dans filia, c'est-à-dire une relation à long terme qui commence à s'intéresser vraiment à l'autre, tu es dans le partage. Et c'est là, je pense, qu'on peut commencer le tantra et à chercher parce qu'on n'est plus dans une jouissance absolue. Si tu ne jouis pas, ce n'est pas le problème parce que tu vas découvrir. Au contraire, ne pas jouir où c'est facile, tu vas aller chercher d'autres choses. Et si tu as attention et intention, t'es déjà presque plus dans la sexualité. Et c'est fou ce qui peut arriver quand tu as ces deux mots.
- Speaker #0
Non mais je suis ravie qu'on parle de ça parce que moi je te dis, j'ai découvert ce concept à 20 ans. J'ai vécu pendant 6 ans en Amérique latine, en Argentine.
- Speaker #1
Ah oui, là-bas, il y a beaucoup de...
- Speaker #0
Et moi, les gens rigolaient quand je parlais de tantra exactement. Et en fait, le tantra, toi tu l'as... Tu l'as défini de manière, moi je le définirais, c'est une connexion des énergies.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et la puissance de l'énergie sensuelle, en tout cas qu'on a dans notre corps, est incroyable. Et comme tu l'as dit, est beaucoup plus puissante parfois que la jouissance telle qu'on la connaît. Le deuxième point, et on en parlait hier là-dessus, c'est que je crois que nos enfants, moi je suis comme toi, j'ai un fils qui a 10 ans, une petite qui a 3 ans, et souvent on dit que la sexualité des jeunes est un peu perdue et qu'ils ont...
- Speaker #1
Tu vois notre société qui la perd, faut arrêter.
- Speaker #0
Non mais... quoi dans la carte ? c'est hyper important quand tu me l'as parlé de tantrage pour moi c'est romantique ce que je pense que pour moi j'ai trouvé mon romantisme là-dedans parce que mon mari m'a prouvé qu'en
- Speaker #1
fait on pouvait de loin surpasser la simple attente de la jouissance et s'aimer véritablement en... énergétiquement. Quand on rentre là-dedans, on ne peut plus faire le petit crac-crac normal.
- Speaker #0
Alors, ce qui est impressionnant, c'est qu'en fait, ton histoire, c'est quand même aussi une histoire de conte de fées.
- Speaker #1
Oh, écoute, oui, il peut y avoir un peu ça.
- Speaker #0
C'est-à-dire que là, quand tu en parles, on sent qu'il y a un amour incroyable. Vous avez évolué côte à côte, encore aujourd'hui. Même ce renouveau, enfin, là, on va parler de tout le monde.
- Speaker #1
À chaque fois que je parle de ça, les gens sont étonnés de ce que tu vas... dire. Dans un couple, c'est très difficile les éveils.
- Speaker #0
Non mais c'est hallucinant en fait, toutes ces steps que vous avez passées, comme si vous étiez en fait fait l'un pour l'autre, deux âmes qui s'éveillent l'une et l'autre et c'est vrai qu'on sent cet amour, ce respect et à quel point vous avez évolué. Parce que tu as toujours été accompagnée,
- Speaker #1
si je ne dis pas de bêtises. Non, non. On s'est mis ensemble quand on avait 30 ans. Avant ça, on était, on travaillait ensemble. Il était producteur de musique sur ma tournée. Et en fait, j'étais avec quelqu'un qui me faisait beaucoup de mal. Il n'était pas bien dans son couple. Et pendant deux ans, on se racontait à l'arrière du bus nos douleurs affectives. Et il me voyait maigrir à vue d'œil. Et il se demandait comment je pouvais me faire souffrir, comme me laisser faire comme ça. Sauf qu'avec le temps, maintenant, je sais que je choisissais la souffrance. Mais bon, tout ça, il pouvait avoir du chemin pour se rendre compte. Ce que je veux dire, c'est qu'on a été amis deux ans avant de se mettre ensemble, vraiment à 30 ans. Et ensuite, on est passé par... Là, on a 45 ans tous les deux, donc ça fait 15 ans qu'on traverse effectivement beaucoup de phases. On a failli se séparer à des moments. On a connu des grands bouleversements qui ont fait qu'on s'est rechoisis plein de fois. Mais c'est clair que pour moi, le couple, c'est un puzzle organique, vivant. C'est-à-dire que c'est tout le temps. en mouvement, mais il faut que l'un trouve sa place dans cette énergie dualiste. Mais j'ai des amis, par exemple masculins, qui me ressemblent exactement, ils ont les mêmes travers que moi, les mêmes zones d'ombre, etc. Je les aime, mais ensemble, ce serait impossible, parce que justement, on ne peut pas, je pense, traverser la vie avec des gens qui ont les mêmes zones d'ombre que nous, même si on peut avoir de l'affection. Et mon mari a d'autres zones d'ombre, il n'y a pas de problème. Mais on est complémentaires. Et je pense que... Avant, je choisissais des gens comme moi. Et j'étais tout le temps dans la douleur. Et j'ai choisi un yang ancré.
- Speaker #0
Mais qui a beaucoup évolué depuis.
- Speaker #1
C'est impressionnant parce que on dit toujours qu'on est des miroirs les uns les autres. Et c'est vrai que moi, dans ce que tu dis, il y a des choses que j'ai faites comme toi. Tu as raison, je choisis quelqu'un qui est trop similaire. Ça t'entraîne dans des mauvais endroits alors que quelqu'un de complémentaire, ancré là où toi tu ne l'es pas et vice versa.
- Speaker #0
Moi, je cherchais des gens plus perturbés que moi. Mais sans le vouloir, c'est inconscient. T'es attirée comme un aimant. Et tu sais, ça me fait de la peine quand j'entends les femmes qui disent « Je reproduis toujours. » Les mêmes schémas, je suis toujours attirée, alors ça c'est le grand mot, par les pervers narcissiques, etc. Mais en fait, ce qui est dur, c'est de se rendre compte à un moment qu'on les choisit, on est attirée inconsciemment. Et moi je dis souvent, si je n'avais pas eu toutes ces douleurs avant, je pense que j'aurais pu passer à côté de mon mari complètement sans le voir. Alors qu'il est sublime, c'est juste qu'il n'était pas assez dangereux.
- Speaker #1
Moi c'est exactement pareil, je n'ai pas du tout la même histoire que toi, mais beaucoup de similitudes en tout cas. Et j'ai choisi avant mon mari des gens qui ne me correspondaient pas forcément. Et je n'aurais pas vu mon mari alors que j'étais... Tu sais, moi,
- Speaker #0
comment j'ai appelé ça ? Dopé à l'intensité. Ça te correspond aussi ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Ouais. Ça, c'est dur.
- Speaker #1
Et là où je te rejoins, et je le dis beaucoup dans les talks, inconsciemment, j'ai choisi... Enfin, on est quand même assez maîtres de notre destin. La vie ne cesse de t'envoyer des signaux jusqu'à ce que tu comprennes. Non, mais... C'est la boucle, tu as un mal. Exactement. Et ce qui est vrai, c'est que moi aussi, dans mes canaux mal emballés, j'ai été décherchée. C'est totalement inconscient et c'est pas grave.
- Speaker #0
Mais sur le moment, on se sent vraiment victime. Regarde ce qu'il me fait. Et puis alors, c'est des relations magnifiques où ça ne... Enfin, pas magnifiques, mais marrantes, dans lesquelles ça ne cesse de se casser. C'est-à-dire que c'est tout le temps des ruptures et des reprises, parce que les deux sont dans une recherche d'intensité. Et tant qu'ils sont ensemble et qu'ils se reconnaissent dans leurs blessures et leurs travers, c'est infini. Et pour moi, le cycle est rompu quand tu trouves quelqu'un qui n'est pas comme toi.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et moi, au début, l'amour qu'il me donnait m'effondéait.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
T'es genre en fait, oh non non, mais attends, c'est pas assez dangereux, c'est trop facile. Mais tu sais ce qu'il te faut en fait, parce que là, t'étais tellement malheureuse avec lui. Et tu te rends compte à un moment, tu te dis non mais là, il faut bon. Elle est quand même géniale cette relation, tu vois bien que t'es face à des peurs ancestrales, de l'attachement, de la liberté, de... Il faut, il faut. Bon, écoute, c'est l'expérience de la matière, on est là pour ça, avancer, donc on avance toutes. Mais c'est dommage, on avance à vue, je trouve. Personne ne nous apprend rien sur les relations humaines, ni à calmer notre système nerveux, à respirer. Enfin, on nous apprend des maths, et c'est super les maths, mais moi j'ai détesté les maths, avant de comprendre, par exemple, que c'était sublime les maths. Les maths, c'est de la magie, la géométrie sacrée, si on m'avait présenté le truc. comme ça, je pense que je serais devenue mathématicienne. Sauf qu'on t'apprend des trucs qui ne sont vraiment pas intéressants.
- Speaker #1
On ne parle pas.
- Speaker #0
Rien n'a de sens, je trouve, dans l'éducation. Et moi, j'ai décidé d'enlever ma fille de ce système parce que ça n'a pas fonctionné pour moi. Ni pour mon mari.
- Speaker #1
Pareil, je te rejoins. Il y a plein de choses que j'aime dans le système français, mais l'éducation... Moi, j'en suis passée entre les lignes parce que j'étais pas trop mauvaise élève, mais je trouve que ça correspond pas du tout à mes enfants qui sont des grands sportifs, des grands sensibles. Et j'aime développer leur audace, leur imagination, leur confiance en eux, et puis leur ressenti. Et leur expliquer les choses aussi. Tu l'as dit, on va arriver beaucoup dans la spiritualité. Ce que l'Argentine m'a donné, c'est cette connexion au monde, à la nature, aux âmes, à l'invisible. Mais vraiment. Et je crois d'ailleurs, c'est comme ça qu'on se repère entre les âmes. C'est le plus bel apprentissage de la vie finalement.
- Speaker #0
J'ai déscolarisé ma fille. Là, elle est à l'école, dans une école internationale à Koh Phangan, en Thaïlande.
- Speaker #1
Quand je suis allée pour l'inscrire, j'ai cru que c'était un endroit de jeu. Tellement il y a des cerceaux, des trampolines et de la couleur.
- Speaker #0
Et j'ai dit à la... J'ai dit à la dame, c'est quoi votre enjeu ? Et elle m'a dit, on attend tellement de temps pour devenir spirituelle, pour apprendre à utiliser notre système nerveux, à savoir le calmer, que j'ai décidé de créer une école pour apprendre ça aux enfants plus tôt. J'ai tout quitté.
- Speaker #1
J'ai tout accéléré.
- Speaker #0
Et j'ai dit, voilà, c'est là. Et je suis partie de cette école en pleurant. en promettant de revenir avec ma fille parce que j'étais là-bas en vacances. Et ça a tout repositionné parce que j'ai la chance de pouvoir ouvrir des portes. et me laisser les traverser quand je pense que c'est juste. Mais on enferme les gens. En France, on leur fait croire qu'ils sont obligés d'être là, obligés de scolariser leurs enfants, les enfants dans des systèmes qui ne sont pas forcément convenables pour tous. On vous explique que ça va être très difficile de vendre en France, de quitter la France, etc. Alors que ce n'est pas difficile. Et il faut un peu de courage. Mais quand on l'a fait, parfois on se demande pourquoi on ne l'a pas fait avant. Moi, j'aime la France profondément, je suis là six mois de l'année. Mais si j'étais là un an tout le temps, je pense que je deviendrais dingue. Et que, en tout cas, moi, l'équipe de ma famille, je l'ai trouvée en alternant les choses. Et on vous fait croire que c'est impossible d'avoir un enfant qui est scolarisé moitié à l'étranger, à moitié ici. Et je viens témoigner que c'est tout à fait envisageable et même assez facile.
- Speaker #1
Merci de nous rappeler, c'est vraiment important, t'as raison. Parce qu'il y a plein de gens qui ont des rêves et qui ont des envies et qui se stoppent, comme tu dis, avec des peurs. Et tu as raison, tout ce qu'on peut nous mettre dans la tête.
- Speaker #0
Oui, mais ils se font exprès de nous. Parce que si on n'avait pas peur, on serait beaucoup plus libre.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
La peur aide beaucoup les États. Les États sont des grandes entreprises. Il ne faut pas que tout le monde... Tite le navire, sinon ça ne tient plus.
- Speaker #1
Ça, c'est sûr. Et donc aujourd'hui, on vient déjà de traverser, avec tes côtés, cette transformation. intérieure et spirituelle. Aujourd'hui, tu as une nouvelle vie, si on peut dire. Tu fais des retraites. Est-ce que tu peux nous en parler ? J'ai l'impression que c'est... Moi, j'ai un peu compris ce que c'était que tes retraites. Ça doit être un mélange d'alignement avec soi, de sensualité, de spiritualité, de reconnexion au féminin. Retour au corps. Retour au corps.
- Speaker #0
On fait une petite erreur dans cette société matérialiste-là. C'est qu'on peut confondre corps et corps. Par exemple, comme j'ai beaucoup utilisé et exposé mon corps, quand je parle de recours au corps, retour au corps, on va me dire « mais t'as jamais quitté ? » Et en fait, si, j'ai jamais habité mon corps. Parce que je m'en servais comme un outil, comme quelque chose dont j'étais fière, quelque chose qui me servait à avancer, sans jamais éteindre mon esprit, parce qu'évidemment, c'était très bien piloté, toute cette histoire, je vous assure, mais en fait, j'habitais plus du tout mon corps. Je me suis rendue compte, pendant mon burn-out, etc., que j'étais coupée en deux. En réalité, il n'y avait que mes chakras supérieurs qui étaient actifs. C'est-à-dire qu'à l'heure aimée, j'aimais. Pas de problème. J'avais toujours un grand cœur ouvert. Je viens du sud, toujours souriante, même quand ce n'est pas nécessaire. Tu vois, être acceptée, sourire, aimer. J'étais vraiment dans un truc sincère là-dedans, toujours. Le chakra de la gorge s'exprimait alors là. Je suis hyper douée, je suis marseillaise, je sais exprimer mes sentiments, tout va bien, je parle, je parle. Le chakra, évidemment, de la tête, du cerveau, qui réfléchit, qui sait où il va, qui est directif, qui est dans le contrôle, j'y étais parfaitement. Sauf qu'en fait, cette sensation d'être coupée en deux, il fallait que je la comprenne, il fallait que j'étudie, je ne comprenais pas. Eh bien, les chakras supérieurs, ça commence par le plexus solaire. La confiance en soi, la gestion de l'ego, ça commence à coincer. Parce que quand on a mal au plexus solaire tout le temps, c'est qu'il y a un problème avec la gestion de son ego. C'est qu'il faut tout le temps le nourrir, c'est une bête l'ego, c'est une bête qui a faim, tu vois. Et si tu nourris, nourris, nourris, il n'y a jamais de sensation de satiété en fait. C'est la fuite en avant, ça peut toujours être plus, plus riche, plus successful. Plus puissant, plus toujours. Donc ça, ça demande énormément d'énergie. Du coup, les chakras inférieurs sont presque morts, plus mouris. La famille, l'alignement, tout ce qui est chakra personnel. Et puis la sexualité, ça c'est ce qui se délite en dernier. Quand vraiment, ton corps dysfonctionne. Et je ne vais peut-être pas... tout définir, mais le féminin sacré a expliqué tellement de choses. Et ça m'est presque tombée dessus. C'est-à-dire qu'au moment où j'en avais le plus besoin, où j'étais le plus mal, où je pleurais tout le temps, où j'étais au fond, je vois un post d'une fille qui s'appelle Noémie Rodrigo, qui parle le féminin sacré. Je regarde le truc avec des yeux comme ça. Je ne comprends rien à ce qu'elle dit, mais comme j'ai un instinct très fort et que je manque de féminin beaucoup dans ma vie... Parce que j'ai toujours pensé, même si c'était vrai en partie, mais en tout cas je le portais en moi, que les femmes me détestaient par rapport à mon parcours, par rapport à mes choix, par rapport à ce que j'avais exposé. J'étais vraiment dans un truc de protection par rapport au féminin. Du coup, j'étais coupée de mon féminin, très dans mon yang. On a parlé de ces forces qui sont très yang dans cette société de toujours plus de faire, Bref, coupée de mon yin absolument, j'ai dit c'est ça. Mais là, je savais que j'allais me faire mal parce qu'en gros, j'allais faire nord-sud,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #0
Et je ne savais pas où j'allais. Et c'est la première fois de ma vie que j'ai lâché le contrôle. C'est-à-dire que je ne savais absolument pas ce qui allait m'arriver. Et je me suis retrouvée avec 30 femmes, en me demandant comment elles me percevaient. Je me suis toujours rassurée avec le regard masculin. Tu vois, ça me construisait, ça me rassurait. Peu de femmes m'ont aidée dans mon parcours pro. Il y en a eu 2-3 qui ont fait un travail absolument incroyable. J'en ai confiance, mais la plupart, ce n'est pas des femmes qui m'ont aidée. Et d'un coup, cette immersion dans le féminin sacré a ouvert des portes inconnues. J'ai commencé à me laisser guider par Noémie. Elle fait des guidances hypnotiques. Et en fait, j'ai touché à l'intérieur de moi à des bêtes, à des choses noires qui voulaient sortir, de cris. Et en fait, quand tu le vois à l'extérieur ou à la télé, tu me sens complètement folle. Moi, je n'étais pas dans ce travail spirituel. Quand ça t'arrive, ça te dépasse tellement que ça te transcende et que ça ne peut pas être un avant et un après. Tu ne peux pas retourner dans ta vie en disant « j'ai vécu ça » . Non, moi, ça a été… Un tel bouleversement du retour à moi, je me suis rendu compte que j'avais beau mettre le corps sur un piédestal en disant « Voilà, c'est mon outil, j'en suis fière » , j'ai complètement méprisé. Presque que j'allais au sport pour être à la hauteur de mes calendriers. Je n'étais pas du tout dans un respect personnel. C'est dur à avaler quand on se dit « Ah ok, il faut tout reconstruire, ma façon de manger, ma façon de me traiter, ma façon de... j'ai plus fait de sport, j'ai fait du yoga, enfin tout... » Tout ça est passé par le féminin sacré. Et en gros, ça m'a tellement transformée que j'ai décidé d'utiliser ma notoriété pour livrer ce qui m'avait été livré, pour transmettre. Et je dis aux femmes qui viennent à mes retraites, franchement, mon rêve, c'est qu'il vous arrive ce qui m'est arrivé et que vous aussi, vous puissiez à la limite trouver vos chemins. Et il y en a dans mes retraites qui, après... Je vous salue. vont plus loin. Moi, par exemple, après ça, je me suis formée à l'hypnose, je me suis formée au tantra. En fait, c'est une porte. Tu peux en ouvrir plein derrière.
- Speaker #1
Ce qui est amusant, c'est que tu disais, si on te voit en retraite, un peu chamanique, en transformation, ça peut faire peur. Ce qui est drôle, c'est que juste avant, tu parlais, tu as dit si j'avais continué comme ça, j'aurais eu un cancer. Et en fait, si tu veux, moi, l'image que je vais faire et ce que je crois,
- Speaker #0
j'ai craché mon cancer, j'ai l'avortement au cancer.
- Speaker #1
Et en fait, je le vois. Et en fait, en le disant, et c'est important de le dire aux gens qui nous écoutent là, c'est qu'en fait, il vaut mieux se rouler par terre et pleurer pendant quatre jours et sortir nos traumas, notre rang générationnel. Dans ces bled-là, le problème, c'est que de sortir d'une maladie et en fait, la maladie sont ce que nous n'avons jamais exprimé. Donc, il vaut mieux, moi, je préfère voir des groupes qui crient et je l'ai aussi beaucoup vécu en faisant des retraites en silence très jeune. Alors aujourd'hui, je le fais, je pense, moins que toi, surtout à Paris, mais c'est vraiment une quête que j'ai en moi et je pense qu'il ne faut jamais avoir... honte du mal qu'on se rend compte.
- Speaker #0
Mais la société entière nous fait croire que de toute façon, on a vu, ça va beaucoup plus loin que ça, tous les gens qui étaient pile dans une vérité absolue avec ce qui s'est passé pendant le Covid, et même tous ceux qui nous gouvernent, etc. Tous les gens qui ont qui sortent un petit peu, on les prend pour tu sais, des complotistes, des gens bizarres. C'est très facile de dire, eux sont différents. Voilà. Mais en même temps, je comprends parce que tant que t'es dans un film, t'as pas envie qu'on te dise, tiens, t'as vu cette vidéo ? Je suis en train de regarder un film. Je suis bien dedans, je m'identifie au personnage, lâche-moi. Je vais bien là-dedans. C'est dur d'éteindre la télé. En plein milieu du film, c'est dur. Et personnellement, j'ai pas eu cette force. Il a fallu que le monde s'arrête. qui est le Covid, qui enferme Clara, qui la muse elle pour dire « Mais qui je suis derrière ? » « Emmanuelle est morte ou elle peut être réanimée ? » Mais sans qu'on m'arrête, je ne me serais pas arrêtée toute seule. Donc je comprends tous ces gens qui presque se moquent parce que c'est facile de ne pas vouloir le voir. C'est trop dur d'y aller.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Mais c'est trop dur d'y aller volontairement.
- Speaker #1
Après le Covid, et on a reçu beaucoup d'invités, enfin je veux dire le Covid est un vrai pivot.
- Speaker #0
C'est dur de dire ça quand tu penses que c'est une maladie qui tuait. Ouais j'jure mais en fait ça a fait du bien à tellement de gens.
- Speaker #1
Mais tu sais comme les révolutions, comme les guerres et tout, tous les dysfonctionnements créent des nouvelles énergies.
- Speaker #0
J'appelle ça secouer la boule à neige. Secouer la boule à neige.
- Speaker #1
Aujourd'hui, c'est une question que j'aimerais te poser, peut-être qu'elle est trop personnelle. Qui es-tu ? Tu es Clara ou tu es Emmanuelle à ton avis ? Bah moi je vois Emmanuelle.
- Speaker #0
Merci déjà.
- Speaker #1
Mais on doit continuer à t'appeler Clara parce que c'est con.
- Speaker #0
Alors déjà quand on me pose des questions, je dis fais ce que tu veux.
- Speaker #1
Je m'en fous. Je n'ai pas peur de t'appeler Clara en fait. Si tu veux,
- Speaker #0
je m'en fiche un peu. Je ne vais pas en gros être différente en fonction de qui tu vas nommer. Parce que j'ai aussi fait ce travail évidemment d'archétype etc. Il a fallu que je saucissonne toutes mes personnalités pour pouvoir... Réunir tout le monde, c'est-à-dire qu'à un moment, dans mon grand travail junguien, il y a eu Clara, Emmanuel, Manu, Aurélie, j'en ai d'autres. Mais du coup, au début, j'ai cru qu'il fallait disséquer. Donc je l'ai fait, je suis intuitive, tu vois, je dissèque, j'ai bien compris. Ça, c'est cette personnalité, c'est celle-là dont je me sers. Je mets ce masque-là quand j'ai besoin de cette vision-là du monde. Et quand tu dissèques, tu te rends compte qu'il faut réconcilier. Mais c'est toujours le travail des Romains. Tu sais, ils coupaient tout, ils pensaient que la tôme était la plus petite partie. L'idée, c'était de disséquer, disséquer. Moi, je suis allée disséquer, disséquer. Et à un moment, quand c'était plus concret pour moi, j'ai rassemblé tout le monde. Et aujourd'hui, je pense quand même ne faire qu'une. C'est-à-dire que j'adore mettre du rouge à lèvres rouge pour venir te voir, sachant que je ne me maquille pas pendant six mois. Tu vois ? Et de prendre du plaisir dans tout. Dans le fait de mettre du rouge à lèvres rouges, dans le fait de ne pas me faire de brushing aussi. Bref, c'est des trucs un peu personnels parce que je me suis jamais... J'avais vraiment l'impression de devoir cocher des cases, d'être les cheveux lisses et tout. Tu sais, se lisser la personnalité. Je répondais toujours aux questions un peu par les mêmes réponses. J'étais dans un truc un peu lisse parce que je me dis vraiment très envie et besoin de me faire accepter. Donc là, tu parles... totalement à Emmanuel qui a la capacité d'utiliser ses masques en pleine conscience.
- Speaker #1
Merveilleux. Si tu as un dernier conseil à nous donner, à toutes ces femmes et ces hommes qui nous écoutent pour être alignées avec eux-mêmes.
- Speaker #0
Alors, je n'ai pas de conseil parce que je ne veux pas du tout me mettre dans cette position. Par contre, il y a un truc qui m'a aidée et que je peux partager. Bon, il y a plein de choses qui m'ont aidée, mais il y a un truc auquel je pense qui est très simple. Ne faites qu'une seule chose à la fois. Ça, ça a changé ma vie. T'as le droit de tout, ne t'interdis rien. Mais quand tu bois, bois. Quand tu fumes, fume. Quand tu manges, apprécie. Parce qu'en fait, ton corps ne va pas gérer les calories de la même façon, ne va pas prendre les vertus des aliments de la même façon si tu fais autre chose et que tu es dans l'inconscience. Dès que tu mets de la conscience sur les choses, L'amour devient tantra, par exemple. La nourriture devient nourriture du corps et de l'âme. Tout prend une importance avec l'intention. Moi, je m'autorise de fumer de temps en temps, mais je ne vais pas avoir une conversation en même temps. Je vais apprécier exactement ce que je suis en train de faire. Et je trouve que le monde actuel est à contre-courant total de ça. Parce qu'on est dans une possibilité sur un écran d'ouvrir 15 onglets, de regarder un programme tout en gérant ses comptes bancaires et ses réseaux sociaux. Et en fait, on se croit hyper puissant et très intelligent à dire « J'ai cette capacité immense d'être multiple. » On use énormément son âme à faire ça. Et depuis que je fais une seule chose à la fois, j'essaie, c'est pas toujours simple. Notamment quand on a des enfants. d'être dans une seule chose,
- Speaker #1
je trouve que tout se réaligne pas mal comme ça. C'est un très bon conseil que je vais appliquer. Ça me parle beaucoup de manière... Merci pour cette conversation passionnante. Tu es la bienvenue quand tu veux.
- Speaker #0
Je vais revenir en octobre parce que, comme je te dis,
- Speaker #1
je sors ma bio et j'aimerais venir t'en parler. Et bravo pour ce parcours fascinant. Merci, Rémy. C'était très touchant de t'entendre.
- Speaker #0
Avec plaisir. Merci. Si tu as aimé ce podcast...
- Speaker #1
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